/ .'
HISTOMU: GÉNÉRALE DE PARIS
COlJ.KCTIO^i l)K DOCUMENTS
FONDER
AVKC L'AlM'ItOIIATION l)E L'EMPEREUR
PAR M. LK BAHn^ H A. L SSM A N N , SÉNATKOB
nirr.r or. \.k srink
ET PUBLIÉE SOOS LES AUSPICES DU CONSEIL MUNICIPAL
PAKIS ET SES HISTORIENS
AUX XIV ET XV SIÈCLES
TOUS DROITS RÉSERVÉS.
f r
IIISTOIUK (;knkiule dk pabis
PARIS
KT SES HISTOlilKNS
AIX XIV ET Xr SIKCLKS
DOCIIMKNTS KT KCBITS (iKKilNVIX
neCUEILLIS KT COMMKNTKS
LK HOl X l)K LINCY
COMSEIIVATEUB HOÎinmiRK DK H BIBLIOTIIKOI K liK I.MR^K\*I.
L. M. TISSEUAÎNI)
!IECai!T«inE-AI\rHIVI8TE MI L\ rOUVISSIOM DE> TIKVtCX niSTORK.'! U Xtl Lt VILU DE rt>l>
Piirisiniiiiim
PARIS
IMPlUiVIKIUE IMPERIALE
M DCCC LXVII
DC
i:n5
AVANT-PROPOS.
Dans la préface du premier volume des Hisloriem de France [litrum gal-
licarum et francicarum Scriptores^, [nûAïé an lySS, l'illustre bénédictin Dom
liouquel, succédant aux Pierre Pithou, aux Du Chesne, aux Du Gange,
aux Mabillon, rappelait le haut patronage accordé à cette œuvre nationale
par les Colbert et les d'Aguesseau , et s'exprimait en ces termes : « Nous en-
« treprenons d'exécuter un projet aussi utile en soi que vaste dans ce qu'il
«renferme, le plus important qui puisse être proposé pour la gloire de nos
«souverains et le plus intéressant pour notre nation*''.??
L'Edilité parisienne s'est inspirée d'une pensée semblable, le jour où
elle a posé les bases de YHistoire générale de Paris. Dans l'idée synthétique
qu'exprime ce titre collectif se trouvaient évidemment compris, en pre-
mière ligne, les anciens chroniqueurs parisiens (PflmieHsi'«m rerum Scriptores),
ces figures encore indécises qu'on aperçoit vaguement dans les lointaines
perspectives de nos annales, et auxquels il convient de donner une place
parmi ceux qui ont bien mérité de la cité. Oubliés ou inconnus pour la plu-
|)art, ils devaient être, tout d'abord, recherchés et remis en lumière. La
Ville, dont ils se sont constitués les historiographes, leur rend aujourd'hui,
en faisant eiilror leurs ouvrages dans un recueil monumental, la justice
qui leur était due et l'hommage auquel ils avaient droit de prétendre.
On ne soupçonne généralement pas combien est considérable le nombre
des écrits qui intéressent, h divers degrés, l'histoire de la capitale. Parmi les
moins connus figurent précisément ceux «jui remontent au delà des deux der-
niers siècles, et qui aboiulent en renseignements des plus précieux. Mœurs,
"' Recueil des Hisloriem des Gaulet et de la France, t. I. préface, p. i.
lot I
de Pari»
rvwmSiiiflmit.l
VI PARIS ET SES HISTORIENS AUX XIV ET XV SIECLES,
coutumes, traditions, topographie, statistique, {jrands manoirs et petites
demeures , événements considérables et menus incidents de la rue, tout y est
exposé ou indiqué, et cette diversité même constitue un de leurs grands
attraits. Spectateurs des lieux dont ils parlent et témoins des faits qu'ils ra-
content, les vieux historiens de Paris sont, plus |)arliculièrement, descrip-
teurs. Nous les voyons parcourir librement ces rues dont on ne donne ailleurs
que la nomenclature, pénétrer dans ces hôtels dont les anciens plans ne
montrent que les contours, en dépeindre minutieusement l'intérieur et nous
en présenter les hôtes. Dans celte course à travers la Ville, ils ne s'arrêtent
point sur le seuil des boutiques et des églises, à la porte des collèges et
des hospices, devant le péristyle des «séjours?? et des palais; ils y intro-
duisent le lecteur et lui font apercevoir tout un monde qui travaille, prie,
enseigne, souffre, ou s'ébat joyeusement. C'est la société du temps prise sur
le vif; c'est la physionomie d'une époque saisie et fixée par des observateurs
en situation de bien voir et en mesure de bien raconter. Quand on soulève
les couches de poussière qui couvrent ces parchemins séculaires, on re-
trouve, comme à Pompéi, un âge endormi, mais vivant, une génération qui
semble muette, mais dont la voix révèle à qui l'écoute attentivement mille
détails pleins d'intérêt.
imporUDc» Ces documents, si éminemment parisiens, sont les pierres mêmes de
éiendu. l'édilice qu'il s'agit d'élever; aussi M. le Sénateur Préfet de la Seine a-t-il
prescrit de les recueillir tous sans exception. Livres ou manuscrits, ouvrages
complets ou simples fragments, éloges ou pamphlets, riches miniatures ou
dessins plus ou moins imparfaits, plans exacts ou vues pittoresques, tout ce
qui peut aider à reconstituer les aspects successifs de la capitale, à retracer
tes diverses phases de son existence, à la faire connaître intimement à toutes
les époques de son histoire, doit être recherché, découvert et classé métho-
diquement, pour être mis au jour lorsque le moment sera venu. Cette im-
mense investigation a connnencé; elle embrasse les grands dépôts littéraires
et artistiques, les archives, les bibliothèques et galeries j)articulières, ainsi
que les collections privées, si riches eu documents de tout genre; elle ne se
borne ni à Paris, ni même à la France; elle s'étend à l'étranger, avec l'espoir
et
lencj
lies rpcfatrclics
AVANT-PIUJPOS. VII
Fondé d'y retrouver ce qu ont pu y transporter de richesses historiques les
guerres, les rëvolutions, les ventes, les héritages et autres incidents de ia
vie des peuples et des individus. Les chercheurs auxquels est confiée la
mission de scruter les trésors d'art et d'histoire que la science, le goût, la
curiosité ont entassés sur tous les points, se sont donc mis en relations
suivies avec les conservateurs des archives et des hihliothèques, ainsi qu'avec
les savants et les collectionneurs dont l'ohligcante érudition pouvait enrichir
V Histoire générale de Paris. Pour écarter les obstacles qui pouvaient entraver
cette recherche niulli[)le, LL. Exe. les Ministres des affaires étrangères et de
rinstniclion publique, ainsi que les représentants de l'Empereur près des
grandes Cours de l'Europe, ont été, à diverses reprises, priés de seconder
les vues du Premier Magistrat de la cité. Grâce à ce concours de bons
ollices, la Commission dos Travaux historiques a obtenu communication de
manuscrits précieux, de miniatures inestimables, de livres appartenant aux
premières années de la typographie parisienne, passés depuis longtemps à
l'état de raretés bibliographiques, et presque inconnus des bibliophiles.
Parmi ces richesses, les unes appartiennent à une époque encore insuffisam-
ment étudiée, et ont été mises en réserve pour être plus tard libéralement
communiquées au public; les autres, qu'on a pu immédiatement utiliser,
contribuent dans une large proj)ortion à l'éclat du présent volume. Nous
citerons notamment deux manuscrits de la bibliothèque royale de Bruxelles
et de la bibliothèque Augusta Palalina de Vienne, une miniature apparte-
nant au riche dépôt de la couronne à la Haye, et un incunable, exemplaire
unique conservé à la bibliothèque de la ville de Grenoble.
Des recherches faites jusqu'ici il est résulté que les premiers essais d'his- umh
toire parisienne peuvent être classés en trois catégories assez distinctes. »'*r*4«*«*«"*'
Antérieurement au xiv" siècle, on rencontre en grand nombre des mentions
isolées, des passages à extraire, dont la réunion formera des excerpta très-
variés, très-intéressants, une sorte d'anthologie historique extrêmement
curieuse. Avec le xiv* siècle seulement apparaissent les premiers écrivains
qui aient consacré à la Ville de Paris un travail de quelque étendue, et
présenté leurs idées sous la forme d'une composition régulière. Chroni-
vm PARIS ET SES HISTORIENS AUX XIV ET XV SIECLES,
queurs, historiens, descripteurs, quel que soit le nom qu'on leur donne, ces
écrivains marquent une ëpoque dislincle et constituent un âge à part. Après
eux viennent les lettrés, les savants, les chercheurs, dont les ouvrages,
multipliés par l'imprimerie, offrent généralement le caractère de compila-
tions érudites, et se rattachent ainsi à l'époque moderne.
La période intermédiaire, que les éditeurs se sont crus en mesure d'em-
brasser tout d'abord, est celle qui promet les documents les moins connus
et les révélations les plus piquantes. Placée entre l'époque des fragments ol
celle des livres, elle offre, comme productions caractéristiques, des traités,
des éloges, des récits, àes poëmes descriptifs. Dans un espace d'environ deux
siècles et demi, elle nous montre une série d'écrivains qui ont conçu et
exécuté le projet de faire une œuvre plus spécialement j)arisienne. Par suite
de l'oubli où ces auteurs sont restés pendant plusieurs siècles, ils ont con-
servé jusqu'à nos jours tout le charme de la nouveauté. Leurs noms,
presque ignorés aujourd'hui, ont eu autrefois leur part de célébrité: ils ne
peuvent manquer de la retrouver avec le monument qui s'élève.
Limii™ hisiorique. Lc volumc que publie la Ville de Paris, et qui comprend une notable
irfscni ïohime. partie de cette intéressante période, a son point de départ et son point d'ar-
rivée nettement indiqués. 11 commence avec le xiv* siècle, époque de la plus
grande splendeur des manuscrits, et se termine avec la première moitié du
xv", la veille de la découverte de l'imprimerie. Que d'événemenL« généraux
entre ces deux dates! Mais aussi combien de faits dune importance toute
parisienne, combien de particularités relatives à notre capitale, et que ses
annalistes doivent soigneusement enregistrer! Les écrivains du temps ont
recueilli quelques-unes de ces miettes de l'histoire de Paris, et nous les re-
cueillons à notre tour dans les poudreux in-folio qui les recèlent. Si par un
hasard inespéré, que nous appelons de tous nos vœux, quebjue découverte
importante nous obligeait de faire remonter un peu plus haut l'époque à
laquelle apparaissent les premiers historiens de Paris, le remaniement de
dates qui pourrait en résulter serait amplement compensé par les avantages
que nous assurerait une telle trouvaille. Pour une rectiGcation qui s'imposerait
à nous, il y aurait à coup sûr quelques vérités nouvelles acquises à la science.
IJt.l.
AVANT-PROPOS. is
Il semble que les premiers dcgcripleurs de Paris soient l'expression dune u»
situation qui ne se révèle nettement, comme nous l'avons dit plus haut, que
vers le commencement du xiv" siècle. De lMiilij)pe-Auguste à Philippe le Bel
(ii8o-i3iA), Paris, lon{jlem[)s immobile, est en travail de formation.
L'œuvre lente et lahorieiiso, comme toutes les créations du moyen âge,
apparaît enfin, presque complète, à l'avènement de Louis le Ilutin : la Ville
a son enceinte, sa forteresse royale, ses quatre grandes voies pavées, ses
halles, son Université, son Parlement rendu sédentaire. Ce nest plus une
réunion do clos sur la rive gauche, et un amas de bourgs sur la rive droite.
avec une cathédrale et un palais dans l'île qui sépare ces diverses agglomé-
rations. La Ville est unifiée; elle devient un être moral, une personnalité
considérable, et dès lors, comme à point nommé, elle trouve des historiens.
Le premier en date est Jean de Jandun, dont la biographie, à peine irj,f„é,nn,
soupçonnée jusqu'ici , est entrée, grâce à nos investigations, dans le domaine ^f
de l'histoire. Bien (|u'il ait écrit en iSaS, il appartient, par ses tendances
politiques et religieuses, à l'époque de Pliilip[>e le Hei plutôt qu'au règne
peu caractérisé des deux successeurs de ce souverain , et il manjue ainsi une
période distincte dans les annales parisiennes. C'est à ce moment, en effet,
(jue le pouvoir parlementaire se constitue, que les collèges se fondent et
arrivent à former un ensemble (^universitas). La Ville voit alors s'élever dans
son sein deux puissances nouvelles : les légistes et les docteurs. Bientôt la lutte
éclate entre ces représentants de l'Etat et de l'Eglise; elle divise l'Univer-
sité, irrite le Parlement, passionne tous les esprits. Paris et Avignon sont les
i\o.u\ termes de la polémique, et c'est à cette polémi(jue même que nous de-
vons le premier tableau de la grandeur parisienne au moyen âge. Le livre
de Jean de Jandun est, dans son ensemble, l'expression exacte de la situa-
tion que nous venons d'esquisser, et, dans ses détails, le résumé un peu
louangeur de ce que le siècle précédent avait fait pour la prospérité de la
capitale.
Le commentaire de Haoul de Presles est moins significatif: on n'y trouve
point la (race des agitations qui ensanglantèrent la Ville pendant la captivité
X PARIS ET SES HISTORIENS AUX XIV' ET XV SIÈCLES,
du roi Jean et la re'gence du Dauphin (i 356-i 364). Peut-être l'auteur a-t-il
voulu de'tourner les regards de ces scènes affligeantes : il remonte le cours
des âges, parle des premiers Francs, de la Loi Salique, de Charlemagne,
de l'Oriflamme, comme s'il voulait faire oublier les tristesses du présent,
en mettant sous les yeux de ses contemporains le tableau d'un passé glorieux.
Néanmoins il est de son temps : il a soin de constater, par une description
sommaire, tout ce que Paris devait au gouvernement réparateur de Charles V
(i 364-1 38o). Le roi qui fil faire de trsi beaux maçonnages'",» qui bâtit
l'hôtel Saint-Paul, qui doubla l'enceinte de sa capitale et prépara, par l'ab-
sorption définitive des derniers bourgs de la rive droite, la prospérité future
de cette partie de la Ville, occupe, dans l'histoire de Paris, une place aussi
considérable que Philippe-Auguste, saint Louis et Philippe le Bel. Raoul de
Presles, son clerc et son familier, nous a conservé le souvenir de ce règne
dans un hors-d'œuvre de dix pages '^', que les historiens de Paris ont long-
temps négligé, mais dont les topographes tirent aujourd hui un grand profit '''.
D«c„|,iio„,ieP.r« Guillebert de Metz, le troisième écrivain compris dans ce volume, a conçu
par
Guiii.wi d^ Met,, plus largement son sujet: l'ouvrage qu'il nous a laissé est, tout à la fois,
une reproduction augmentée du commentaire de Raoul de Presles, un ré-
sumé desDt'te et Crieries des xni* et xiv'' siècles, un tableau de Paris d'après
les souvenirs des contemporains et les impressions propres de l'auteur. Il v
a donc quelques redites dans la première partie de ce livre; mais, comme
le texte ofl"re, au point de vue historique et philologique, des additions et des
variantes de quelque importance, on n'a point hésité k le reproduire inté-
gralement. La seconde moitié est entièrement neuve et pleine d'intérêt.
<*> Expression de Christine de Pisan dans le lÀ- ies comptes de Pierre Culdoê, de i36& à i368.
vre des fais et bonnes meurs du sage roi Charles le ont ëlë ainsi réveil aux r^ards. La résulUts
Quint, ch. xi. — Ces trbeaux maçonnages «désignent importants de cette découverte sont consignés dans
sans doute les travaux de construction que Charles V le deuxième volume de la Topographie historique du
fit exécuter au Louvre, et que les fouilles récem- Vieux Pari*, qui doit paraître prochainemenL
nient entreprises sur l'initiative de M. le Sénateur ''' Le commentaire de Raoul de Presles se rat-
Préfet de la Seine ont complètement mis à décou- tache à la description de Rome et de la Jérusalem
vert. La partie du quadrangle ff depuis la tour de céleste dans la Cite' de Dieu.
ifla Chapelle avec la tour de la Fauconnerie <'' Feu A. Rerty a utilisé plusieurs indications
d'une des tours d"emprès le pont-levis et devant de Raoul de Presles. (Voir Topographie lùttorique
"le pan de mur ensuivant la tour qui fait le du Vieux Paris, r^on du I^u\Te et des Tuileries,
îTCoin sur Saine devers Paris,» mentionnées dans I, p. ig.)
tko-i-ikZh.
AVANT-1»U0P0S. M
(l'est l'époque où le Paris de Charles V et des premières anoëes de Charles M
est dans toute sa fraîcheur; où la Ville a ses grandes voies percées, ses
hôtels seigneuriaux construits, ses coUe'ges et la plupart de ses églises à l'état
d'aclièvemenl'''. Ace moment ont lieu des cérémonies d'apparat et des réce|>-
lions princièrcs ([ui se succèdent pendant un quart de siècle; les grandes
lorlunes bourgeoises, produites par tout ce déploiement de luxe, se forment
ou se consolident; d'opulentes confréries s'établissent aux Saint-Innocents,
à Sainl-Jacc|uos-la-Houclierie, à Saint-Jean-en-Grève, et les petites maisons
darlisans, dont la Tailh; de i3i3 constate la fréquence, font place à de
grands logis en ra|)port avec la richesse des nouveaux propriétaires. Paris se
montre donc sous un tout autre asj)ecl qu'à l'époque de Jean de Janduu :
l'Université y est encore toute -puissante; mais l'Eglise, déchirée par le
schisme, la Royauté, abaissée par la démence, n'y sont plus entourées du
même prestige. L'aristocratie se ruine par ses prodigalités, et la bourgeoisie
parisienne, économe jusque dans son faste, habile jusque dans ses excès,
îispire déjà à la remplacer. En dehors des luttes de partis dont il ne dit mot.
le livre de (luillebert de Metz laisse apercevoir assez clairement l'état de la
société parisienne au commencement du w" siècle, et, à ce titre, il constitue
un document des plus précieux.
Aux ouvrages de Uaoul de Presles et de (iuillebert de Metz se rattachent *
des appendices d'une certaine étendue, destinés à compléter le tableau ébauché
par ces deux descripteurs. Malgré le développement donné aux notices biogra-
phiques et critiques, et la large proportion dans laquelle les textes sont an-
notés, quelques additions spéciales ont paru indispensables. Les deux écri-
vains, comme la plupart des vieux auteurs, gagnent à être ainsi accompa-
gnés : leur narration, toujours attachante, est parfois obscure et inégale;
des mentions trop sommaires s y rencontrent à côté de détails très-minutieux .
''' M. Albert l^enoir (Staùsli'iue vionumetilale , du-Giiet. Bnrbctto.Jean-Tisun, de Fom, deCItiin.
fxplicalion dos planclios, iiitrod. p. vu) cite, pomii de la Tn-moillc. etc. (.îuilloliert de Mets aioale aiu
les frrnnili!s cdiistriicliniis des \iv' et xv' siècles. <<<1ifia?s civils ci-dessus énumérës les sotnptueuae»
Saiiil-Sévei'in , les Ci^lcstins, les (îraiids-Carines. maisons des Jacques Ducy, des Miles Baillet. des
lesDoiiiinicnins. lu clui|iclle du Collège de licauvais . (luillemin Sanguin, des Digne Rapoude. des Bu-
le couvent des BernnrdiDs. le cloître des (".armes- reau de Danipmarlin . et autres riches demeures
Billettes, les liAtels de Boui-gogne. du Chevalier- que Jean de Jandun avait uienlioiuxies eu bloc
4*
1U>ml*,Pmèm
it Cmikbtfl *t Mrti.
XI. PARIS ET SES HISTORIENS AUX XIV ET XV SIECLES.
et l'ampleur de certaines descriptions fait d'autant mieux ressortir l'insuffi-
sance des renseignements qui les précèdent ou qui les suivent.
i.a i.,.i saiique. Lg premier appendice est consacré à la Loi Salique , pour laquelle les Pari-
siens ont toujours montré le plus vif attachement, et qu'ilsconsidéraient,à bon
droit, comme le principe conservateur de la monarchie. Deux monuments,
un trophée et une inscription , consacraient, dans l'église Notre-Dame, le sou-
venir des grandes applications de cette loi. Les reproduire, c'était commenter
par des faits le texte des auteurs qui, dans leur description de Paris, ont
donné place au célèbre article emprunté à l'antique charte des Saliens.
i,orifl.mme. Avaut de devenir l'étendard de la France, l'Oriflamme était la bannière
de Saint-Denis. En temps de paix, la population parisienne, dans ses visites
à la vieille abbaye, aimait à contempler ce palladium de l'indépendance
nationale. Lorsque la guerre éclatait, elle assistait avec émotion au départ
d'un drapeau qu'elle considérait comme le gage assuré de la protection du
saint martyr; et, lorsque le succès avait couronné ses vœux, elle accourait
encore pour saluer ce signe sacré, auquel elle attribuait le salut de la patrie,
La levée, le retour de l'Oriflamme étaient donc des événemenUs parisiens; on
leur a consacré un court appendice destiné à compléter les détails que
donnent à cet égard Raoul de Presles et Guillebert de Metz.
CliAs^es do Noire-Dame.
'■« Une troisième addition comprend le texte même d une pièce originale,
(|ui nous a été obligeamment signalée par M. Léopold Delisle, membre de
l'Institut : c'est une liste des châsses de Notre-Dame, incomplètement énu-
mérées par Guillebert de Metz. Ce document donne une idée des objets
dart et de dévotion qui remplissaient alors les trésors des églises parisiennes
et excitaient au plus haut point la piété des fidèles. Un autre genre d'intérêt
s'attache à la fabrication de ces objets : elle alimentait l'une des grandes
industries de Paris, l'orfèvrerie, si florissante aux xiv' et xv" siècles.
Le Dit des Trois Morts et des Trois Vifs, sculpté au portail des Saints-lnno-
LaD^MH/ZL. cents, et la Dame Macabre, peinte sur les murailles du cimetière qui entourait
Le Dit des Trois Morts
et
des Trois Vi/s
AVANT-PBOPOS, un
celte (^'glise, forment la matière des quatrième et cinquième appendices. Ce»
«leux lu{jubres compositions, contemporaines de Guillebert de Metz, sont
bien l'expression de cette triste époque, qui vit Paris au pouvoir d'un roi
insensé, d'une reine désordonnée, de deux factions implacables et d'un
ennemi triomphant. Reproduites par la typographie parisienne dès les pre-
mières années de la découverte de rim|)rimerie, figures et inscriptions
appartiennent incontestablement à l'histoire artistique et littéraire de la
capitale. C'est à ce titre que lo digne successeur des VVechel et des Estienne,
M. Ambroise Firmin Didot, membre du conseil municipal et possesseur
d'une collection inestimable, a bien voulu mettre à notre disposition l'un
des rarissimes exemplaires des vieilles éditions de Guyol Marchant.
Les deux appendices qui suivent sont consacrés à la Bourgeoisie pari- u
sienne, aux Lettrés, aux Artistes et aux Artisans, mentionnés par Guillebert •""'*
de Metz dans le chapitre final de son ouvrage. Ici les développements
étaient commandés par l'imjjorlance du sujet et par l'intérêt qui s'attache
uaturelloment aux rares individualités dont les anciens auteurs nous ont
conservé les noms. Il y a une véritable satisfaction à pouvoir se retracer
ces grandes existences bourgeoises, presque inconnues aujourd'hui, et qui,
de leur temps, ont occu[)é une j)lace considérable dans le monde parisien.
On évoque des abîmes du passé tout le Paris des xiv* et xv" siècles, lorsqu'on
parvient à faire revivre ces physionomies de grands seigneurs, de gens
d'église, d'universitaires, de marchands et (rd'artificeulx ouvriers,?' qui se
dessinent si brillamment sur le fond triste et sombre des schismes et des
guerres intestines.
Au tableau rapide du développement de la bourgeoisie parisienne suc-
cède la biographie des riches personnages que Guillebert de Metz a connus,
et (]ul paraissent avoir été les Mécènes des écrivains et des artistes de leur
Icinps. Viennent ensuite des listes de Parisiens notables, aussi complètes
(piil a été possible de les dresser, et qui permettent au lecteur de passer en
revue les métiers et corporations de la cité au commencement du xv' siècle.
Tous les éléments en ont été puisés aux sources mêmes : les Rôles de la
Taille, les Comptes de l'Hôtel, de l'Argenterie, de la Prévôté, des Maisons
M"'
prêtèrent serment
h Jcnii sfln<i Peur
(nnill i/ii8).
XIV PARIS ET SES HISTORIENS AUX XIV ET XV SIECLES.
crAnjou, d'Orléans et de Bourgogne, les Preuves de Fe'libien, de Doni
BouiHart, et autres historiens ou monographes de même importance, ont
fourni les noms et les qualités des personnages. Les éditeurs les ont rangés
par catégories, afin de mettre dans ce diflicile travail Tordre sans lequel il
ne présenterait point d'utilité.
Li... Un document de ce genre, authentique et complet en lui-même, qui
lie!! Boiirjfcois de Paris i • • / I
n'exigeait, pour être apprécié à sa juste valeur, qu une reproduction intégrale
et un fac-similé , a été signalé par un archéologue bien connu, M. Benjamin
Fillon, de Fonlenay-Vendée, et obligeamment communiqué par M. (iuil-
bault, juge honoraire à Saintes. Les excès de la faction Cabochienne sont bien
connus; néanmoins ce sanglant épisode des révolutions parisiennes trouve
un commentaire saisissant dans \m sim|)le r^île, dressé au moment même où
Guillebert de Metz écrivait sa Description de Paris; c'est la Liste des Uourfreoi»
qui prêtèrent, au mois d'août lÙiS, serment de fidélité h Jean sans Peur. Qjie de
rapprochements viennent à l'esprit, lorsqu'on voit, par la pensée, ces mar-
chands ruinés, éperdus, défiler devant le Bourguignon, le lendemain de
l'exécution de Capeluche, au nombre de plus de seize cents, précédés du
Prévôt des Marchands, des Kchevins, de tout le corps de Ville, accompagnés
même du clergé de Paris, et se grouper ainsi autour du terrible duc pour
former, sous la croix de Saint-André, la ligue des hommes d'ordre contre
les pillards et les assassins!
Apciroph^ Des considérations de même nature ont engagé les éditeurs de ce volume
de Christine île Pisan
»u«p«ri.iens .'j y placer la virulente apostrophe de Christine de Pisan aux Parisiens,
morceau d'une singulière énergie, composé l'année même oii Jeanne d'Arc
versait son sang sous les murs de la capitale (i 699). Lorsqu'on voit la cou-
rageuse veuve, recluse volontaire au monastère de Poissy depuis l'entrée
des Anglais dans la capitale, souhaiter la bienvenue à l'héroïne d'Orléans,
malgré la tyrannie de la faction dominante, et gourmaiider les modérés, les
bien intentionnés, qu'on voit toujours gémir et laisser faire, on aime à saluer
en même temps le courage civil et la valeur militaire, si bien faits pour se
comprendre. Deux femmes de cœur s'efforçant de raffermir, l'ime par l'épée.
AVANT-PROPOS. xt
l'autre par la plume, le sentiment national allaihli par vin{jt années «le
{juerres civiles, c'est un grand et hean spectacle à opposer aux (léfaillance»
(le cette triste époque.
Ia' niouvemenl littéraire et artistique des xiv* et .w* siècles, indiqué
seulement par (iuillebert de Metz, exigeait, pour être bien compris, des
développements d'une certaine étendue. Paris avait alors ses théologiens, ses
docteurs, sescanonistes, ses prédicateurs et ses harangueurs populaires, or-
ganes passionnés des partis qui divisaient la capitale et le royaume. Les tra-
ducteurs, les poètes y recevaient chez de riches bourgeois une honorable
et féconde hospitalité; les copistes, les enlumineurs, aux gages des grands
.seigneurs amis de toutes les magnifîcences, multipliaient les livres et les
miniatures, tandis que les trouvères, les jongleurs, les ménestrels, dociles
instruments du luxe des demeures princières, auxiliaires empressés des
l'êtes bourgeoises et des ébats du menu peuple, aidaient à dérider les visages,
trop souvent et trop justement soucieux. A côté de ces représentants du gai
savoir, fliiillebert de Metz mentionne de graves personnages, les astrologues
et les médecins qu'on rencontre partout, à la cour, chez les princes, au
milieu des rues de Paris, et qui occupent ainsi une place importante dans
le mouvement général de cette époque. Enfin, les artistes du temps, qua-
lifiés modestement d'crartificeulx ouvriers, r figurent avec honneur dans cet
intéressant tableau. L'orlevrerie en particulier, art parisien par excellence,
jetait alors son plus vif éclat; les produits du métier s'entassaient dans les
palais, dans les églises, sur les dressoirs de l'aristocratie, et contribuaient,
comme l'arcliitecture, la peinture et la statuaire, à caractériser le goût du
temps. Les membres de cette fameuse corporation appartenaient aux riches
familles de la bourgeoisie, et arrivaient sans peine aux plus hautes dignités
municipales. Pour chaque catégorie du monde parisien, (luillebert de Melz
n'indique que les sommités; c'est dans la liste des Bourgeois de Paris qu'il
faut chercher les notabilités de second ordre'"'.
'"' Le XXIV* volume de VHitloirf lillèraire de un travail analogue sur les beaux-arts par M. Er-
la France, (|ui ronlicnt le savant discours de feu nest Renan, a fourni de nombreuses indications
J. V. Le Clerc sur Yélul dos letli-cs au xiv' siècle, et pour les sixième et septième appendices.
Im
••I UT* H If
Essaia
de
flu XVI* si^cl**.
XVI PARIS ET SES HISTORIENS AUX XIV ET XV SIECLES.
Deux morceaux d'une nature fort diffe'rente terminent la s«»rie de nos ap-
Kiaiisiique pari.ienne pgndjces ct v jettent une certaine variété. Des chiffres singuliers énoncés par
Guillebert de Metz, des supputations un peu hasardeuses mises en avant par
d'autres écrivains de la même époque, ont suggéré l'idée d'un E$$ai $ur la
statistique parisienne du ai\' au x y l' siècle. En une matière si ardue et avec des
renseignements si peu précis, on s'est tenu dans de prudentes généralités.
Cependant on s'est efforcé d'amener le chiffre de la population et de la con-
sommation parisiennes à un degré suffisant d'approximation, seul résultat
sérieux et raisonnable auquel il soit jusqu'ici possible d'atteindre.
I^es Cintf leUre$
Wtt nom de Paris ,
arrosticlio de ihiH.
Les Cinq lettres du nom de Paris compilé par un notable clerc normant sont un
remarquable échantillon de ces jeux d'esprit, ou plutôt de ces jeux de mots,
qui avaient alors le privilège d'occuper les versificateurs et d'amuser les oisifs,
mais qui devaient mettre à la torture les Saumaises de la postérité. Guille-
bert de Metz a copié lui-même le morceau que nous reproduisons, et il en a
fait, en quelque sorte, la préface de son livre. Cette circonstance nous ame-
nait naturellement à rechercher les origines de ce genre bizarre, et à ratta-
cher aux compilations analogues le singulier dithyrambe du clerc normand.
Les appendices, destinés à compléter le tableau esquissé par Guillebert
de Metz, suivent donc pas à pas le texte original. Sérieux ou légers, tristes
ou plaisants, ils ont, à défaut d'autre mérite, celui de refléter exactement
l'époque que l'auteur a voulu peindre, et d'aider ainsi le lecteur à la juger
en toute connaissance de cause. Développés selon cette méthode et com-
mentés par d'autres pièces contemporaines, les vieux textes cessent d'être une
lettre morte. L'horizon historique s'agrandit; les descriptions, les récits ne
sont plus limités à un lieu, à une époque fixes; l'âme humaine, qu'on pou-
vait croire absente, apparaît aux regards; un souffle puissant ravive la flamme
qui sommeillait sous la cendre, et l'on est heureux de découvrir des idées.
des préjugés, des passions, c'est-à-dire l'homme même, là où l'on pensait
ne rencontrer que des détails oiseux et d'insignifiantes amplifications.
poémc dMcripiif Trente années environ séparent l'œuvre de Guillebert de Metz de celle
que nous a laissée le poète Astesan; mais il semble que, dans ce court inter-
d'Astesan.
AVANT-PROPOS. ifii
valle, un siècle entier ail passe sur la France. Le moyen âge n'est pas termine
dans l'ordre politicjue, et Louis XI aura beaucoup à lutter encore pour ac-
complir son œuvre; toutefois, dans le domaine des lettres et des arts, le
renouveau commence à se faire sentir, et la maison d'Ork'ans est l'instru-
ment le plus actif de cette transformation. Paris apaisd, contenu, mécontent
peut-ôtre, vit d'abord en deliors du mouvement. Un demi-siècle de guerres
civiles l'a dévasté et appauvri; il panse ses plaies, relève son industrie, réta-
blit son commerce, célèbre par des fôtes l'anniversaire de l'expulsion des
Anglais, et appelle de nouveau cette invasion paisible des étrangers riches
ou studieux qui ont toujours fait la fortune de la Ville et la gloire de lUni-
versité. Pendant que s'accomplit cette œuvre de restauration, le Roi et la
Cour sont sur les bords de la Loire et s'initient aux belles choses qui leur
viennent des pays ultramontains. De leur côté, les fils de Louis d'Orléans
et de Valentine de Milan font de fréquents voyages au delà des monts.
amènent avec eux des versificateurs en avance d'un siècle sur les lettrés
français, apportent à Paris des idées nouvelles, des objets d'art inconnus
aux bons bourgeois, et jettent ainsi, dans la vieille cité du xv* siècle, les
semences d'un nouvel ordre de choses. Le poëme d'Astesan, c'est le Paris
(\u moyen Age vu par un lettré italien, la veille de la Renaissance^'*.
La période historique que le présent volume embrasse avait, ainsi qu'on
l'a dit plus haut, son terme naturel dans la découverte de rimj)rimerie, et
le désir d'arriver jusqu'à cette date a contraint les éditeurs de donner à leur
travail des proportions un [)eu iiuisitées. C'est en i46c) qu Ulrich Ceriug
installe ses presses à la Sorbonne, et qu'au demi-jour du manuscrit succède
la pleine lumière du livre. La Ville ne change pas immédiatement d'aspect.
et les premières descriptions de Paris, reproduites par l'industrie nouvelle,
sont encore des éloges ou des poèmes en latin. Cependant les idées se modi-
fient, le point de vue se déplace et l'on commence à voir la Ville sous un
'■' La seconde partie de l'ouvrage d'Astesan est la riguenr, retrancher ces morceaux , dont l'ëtendur
ronsaciH^e h la description des châteaux et n'sidences n'est pas considérable ; mais il eût fallu , pour cela .
lie In fninille d'Orléans, ainsi qu'il l'éniinDTalion mutiler mie (vuvre intéressante, qui ap|>artient.
(les objets d'art et de piété existant dans les villes ilaiis son ens«>ml)le, à l'histoire de Paris, et qui est
de France que le poète a visitées. On aiu'ait pu . à d'ailleurs complètement inédile.
où t'arr^l* I* mIb
riaifrii
xvm PARIS ET SES HISTORIENS AUX XIV* ET XV SIÈCLES.
autre aspect. Aussi la période intermédiaire, telle que les éditeurs Pont définie
plus haut, comprend-elle encore ces écrits attardés, derniers représentants
d'un genre qui appartient plus particulièrement à l'époque des manuscrits
et qui s'éteindra avec le xvi* siècle.
nep.é«nuiio„. Les textes qui forment le fond de ce volume demandaient, ainsi que nous
ligiirées.
lavons déjà fait observer, à être lus comme tous les vieux écrits, c'est-
à-dire avec des éclaircissements et des représentations figurées. Ce besoin
d'élucidation complète, que le mot latin illmlrare exj)rime si bien, ne sau-
rait être limité aux notes et aux appendices qui s'adressent à l'intelligence
et à la réflexion. L'œil a ses exigences comme l'esprit, et c'est ce que le
moyen âge avait admirablement compris. Les anciens enlumineurs, inter-
prètes du sentiment public, sentaient que, si le grave parchemin veut être
égayé, c'est parce que les lettres déforme, c'eslr-à-dire exécutées par d'habiles
copistes, fussent-elles employées à exprimer les pensées du plus savant clerc,
ne disent pas, ne montrent pas tout ce que le lecteur veut connaître et
contempler de ses yeux. Aussi imaginèrent-ils les lettre* ornées, les vignettes,
les miniatures, autant pour rendre sensibles des idées souvent obscures et
subtiles, que pour reposer agréablement le regard trop longtemps attaché
sur les textes. Cette nécessité est bien plus impérieuse, lors<{u'on reproduit,
de nos jours, de vieux écrits oubliés pendant des siècles et tout imprégnés
des idées, des préjugés, des passions d'une autre époque. Facilement intel-
ligibles pour la génération contemporaine, dont ils retraçaient la physio-
nomie et traduisaient la pensée intime, ces anciens documents auraient pu.
dans leur nouveauté, se passer de toute représentation figurée; mais aujour-
d'hui, en présence d'un monde nouveau, après qu'on a vu s'effacer les der-
nières traditions qui pouvaient aider encore à l'intelligence des vieux auteurs,
il est devenu absolument indispensable de ressusciter le passé pour les yeux,
avec tous les moyens que fournissent l'art et la science, comme on le fait
revivre pour l'esprit, avec toutes les ressources de l'érudition.
Kécmiio Dom Bouquet ne s'était pas dissimulé cette nécessité, bien qu'il fût plus
pièto. rapproché des époques où vécurent les pères de notre histoire. Il avait eu
d'ui
iUuttration cnm
AVANT-PROPOS. xn
l'intontion d'enrichir son recueil de tous les objets d'art et d'antiquitë qui
couvraient alors le sol du pays. Dans sa pensée, la collection des HwlorietiK
de France devait être un panth(?on et un niu8<5e national : «Pour orner el
«illustrer l'ouvra^je que nous entreprenons, il seroit à propos, dit-il. di-
ff donner les antiquités françoises, et de faire graver pour cet effet les mo-
rnunients qui nous en restent. On tireroit les portraits des rois, des reines,
rrdes princes du sang et autres grands seigneurs, des églises qu'ils ont hiUies.
ffdes monastères qu'ils ont fondés, de leurs tombeaux, des édifices jiublics cl
« des vieux livres écrits de leur tems. Les cabinets des curieux nous l'our-
" niroient des cachets, des sceaux, des pierres gravées, des médailles, etc.''U
Ce vaste programme a séduit, au siècle dernier, un archéologue éminent
et un curieux célèbre : Montfaucon et Gaignières. Tous deux ont essayé de le
remplir, et la science historique doit à leurs immenses travaux la conservation
de documents figurés d'une valeur inappréciable'"^'. De nos jours, M. Albert
Lenoir, riche tout à la fois de l'héritage paternel et de son propre fonds, a
voulu aussi réaliser, mais pour Paris seulement, le projet que Dom Bouquet
avait conçu pour la France entière. La Statistique monumentale esl le résultai
de ses longs efforts. Œuvre largement conçue, mais réduite, par un fâcheux
concours de circonstances, rf à la publication presque exclusive des productions
ffde l'architecture'^', fl elle a dû rester en deçà des nécessités artistiques si
variées auxquelles Montfaucon et Gaignières avaient entrepris de pourvoir.
En effet, quand on veut faire revivre la physionomie des vieux âges, avec
les mille détails qu'une telle résurrection comporte, les monuments ne sont
qii'uno faible partie de ce vaste ensemble. Ce genre de représentations, tou-
jours un peu froid, laisse en dehors la vie publique et privée du pays ou de
la cité, c'est-à-dire l'homme même, tel que les miniatures et les dessins
de l'époque nous le représentent, avec ce naïf abandon qui est le caractère
de la vérité. Les générations passent; les monuments restent, il semble, pour
'" Hecimil de* Historiens de-i Gaule* et de la iconographiques réunies par ce célèbre colleclion-
FriiHce, t. I. préfnro, p. xi pl \ii. nour sont conservés à la RibliollK\|ue impériale df
'*' Le* Mnimmeiits de la monarchie françoi*e , par Paris et à la bibliolh(-que Bo<lléienne d'Oxford.
Dom RemanI dn Montfaucon, Paris, 1799-1733. ''' Albert I^jioir, StatUtifu wowiiwtiirtfe if
f) vol. in-folin. contiennent de nombreux dessins Pari*, explication des planches, in-4*, 1867. In-
foiu'nis par (ïnijnières. Les débris des richesses Irmluction. p. ix.
malérielle.
XX PARIS ET SES HISTORIENS AUX XIV ET XV SIECLES,
qui les voit aujourd'hui, encore debout au milieu des villes renouvelées,
qu'ils ont toujours abrité les mêmes individus, tandis que, à leur pied, à
l'ombre de leur grande masse, les populations se sont agitées, les mœurs
ont changé avec les idées et les sentiments, la société s'est transformée de
siècle en siècle. Cette immobilité, précieuse pour l'histoire de l'art et pour
l'étude de la topographie, laisse complètement au dépourvu l'historien et
le moraliste : il leur faut aller chercher ailleurs la trace de l'homme, c'est-
à-dire le mouvement et la vie. Dom Bouquet la dit : c'est dans les « vieux
«livres,» dans les rr cabinets des curieux, w qu'on trouve le moyen d'inter-
préter sûrement les anciens textes et de reconstituer fidèlement les époques
disparues.
M,Hie dviiicaiion L'exécutiou matérielle, telle que les éditeurs la désiraient, devait être
large, complète, comme tous les grands travaux que la Ville exécute elle-
même ou dont elle favorise l'accomplissement. Ce vœu, soumis à l'Adminis-
tration municipale, a reçu d'elle le plus favorable accueil. La Commission
des Travaux historiques, digne interprète des vues du Chef éminent de l'Edi-
lité parisienne, est allée au delà même des espérances qu'on avait pu conce-
voir. Dans sa pensée, comme dans celle du Conseil municipal, iu Ville de
Paris, publiant sa propre histoire, ne doit mettre aucune limite au beau et
au bien.
Des dispositions aussi libérales ont conduit à adopter, pour le présent
volume, un système d'illustrations qui pût embrasser toutes les manifesta-
tions extérieures de la pensée artistique, utiliser toutes les ressources du
métier et produire des représentations complètement vivantes. Au point de
vue de l'art, \a fonne et la couleur ont leurs droits aussi bien que \efond et la
ligne. Or, un mode de reproduction en noir les méconnaît involontairement ,
et en sacrifie toujours quelque chose. 11 convient donc de placer, à côté des
meilleurs produits de la gravure sur bois et sur acier, quelques-unes de ces
planches en or et en couleur, telles que la chromolithographie les donne,
et qui constituent de véritables merveilles de finesse et de coloris, lorsqu'elles
sont traitées par de véritables artistes.
11 existe, en outre, des procédés nouveaux, encore incomplets, mais dignes
AVANT-PHOPOS. »i
de fixer rattenlion et de concourir à l'éclat des grandes publications histo-
riques. Ces procédés, dont la photograpliie est la base, ont lait, depuis quel-
ques années, des progrès réels; appliqués à des ouvrages comme celui-ci,
même au risque de certaines défectuosités passagères, ils doivent nécessai-
rement entrer dans une voie de perfectionnement continu et réaliser un
jour les promesses qu'ils contiennent en germe. Il était digne de la Ville
de Paris, protectrice naturelle des écrivains et des artistes, de diriger, en
les encourageant, les efforts tentés de toutes parts pour amener les divers
procédés liéliographiques à des résultats sérieusement pratiques. C'était
assurer la fidélité des reproductions figurées dans un recueil où le fac-
similé est de rigueur, et servir l'art et l'industrie, en même temps qu'on
s'efforçait de rendre la vie et le mouvement à l'histoire,
«
Grâce à une munificence si intelligente, on a pu employer simultanément
tous les modes de représentation artistique. Aussi le volume qu'on présente
au public contient-il des spécimens rares et curieux des genres les plus
différents : les vieux portraits de la galerie parisienne y sont largement
encadrés, et les vues les plus anciennes de la capitale y figurent, avec ce
mélange de vérité et de fantaisie qui était, au moyen âge, le caractère propre
de la miniature. Choisis, autant que possible, parmi les documents gra-
phiques contemporains des auteurs qu'on reproduit, les sujets se rattachent
étroitement aux descriptions et aux récits, lorsqu'ils ne sont pas empruntés
aux textes eux-mêmes ; ce ne sont donc point des images destinées à diver-
sifier l'aspect du livre, mais des commentaires pour l'œil, comme les notices,
les notes et les appendices sont des illustrations pour l'esprit.
Parmi ces différentes représentations, les fac-similé de miniatures occu-
pent le premier rang, et ils le doivent autant à la valeur artistique des
sujets originaux qu'à l'éclat et à l'exactitude des reproductions. Les manus-
crits qui renferment ces trésors sont tous d'origine parisienne, et comptent
parmi les plus remarquables spécimens de l'art des enlumineurs au moyen
âge : il suffit de nommer la Vie de Monseigneur Saint Denis (iSyS), la tra-
duction de la Cité de Dieu (1878); le De'caméron de Boccace, translaté par
(juy d'Arezzo et Laurent de Premier-Fait (1 /io5), les Cetit Ballades de Chris-
XXII PARIS ET SES HISTORIENS AUX XIV ET XV SIÈCLES,
tine de Pisan (i4io), et le célèbre missel de Juvénal des Ursins {itiaU-
i/tSa), cédé par M. Ambroise Firmin Didot à la Ville de Paris. Toutes ces
miniatures sont encadrées dans le texte auquel elles appartiennent, ou avec
lequel elles ont un rapport naturel.
Il en est deux cependant qui ne correspondent point à une description
ou à un récit, et qui se présentent au lecteur avec une simple notice expli-
cative. La première, empruntée au manuscrit de Juvénal des L'rsins, pré-
sente, sur le premier plan, les Bergers recevant la nouvelle de la naissance
du Christ; la seconde, qui est égarée dans le manuscrit original au milieu
d'une sorte d'histoire universelle, représente le siège de Jérusalem par les
soldats d'Anliochus : toutes deux cependant donnent une vue de Paris vers
le milieu du xv^ siècle. En les reproduisant Tune et l'autre et en accom-
pagnant cette reproduction d'une notice explicative, les éditeurs ont voulu
donner deux remarquables spécimens de l'art parisien, et rendre sensible
la manière des anciens miniaturistes. Au moyen âge, la fantaisie a d'abord
régné en maîtresse; puis il s'est fait une sorte de compromis entre le réel
et l'idéal, et la vérité de temps, de lieu, appréciée de mieux en mieux à
mesure qu'on approchait de l'époque moderne, a fini par aboutira celte loi
parfaitement ralionelle qui, sous le nom de couleur historique et locale,
régit aujourd'hui toutes les manifestations de l'art.
Les miniatures constituent la partie la plus riche des illustrations de ce
volume; toutefois il est d'autres planches moins brillantes qui présentent,
au point de vue historique, le même degré d'intérêt. De ce nombre sont les
portraits, signatures, armoiries de Parisiens célèbres aux xiv* et xv* siècles,
des vues de monuments et objets d'art de la même époque, des fac-similé
d'écritures et autres documents graphiques, dont l'ensemble constitue une
sorte de musée contemporain.
v»« ginénu Deux vues générales ou plans cavaliers complètent et résument le tableau
parisien esquissé par les auteurs dont les ouvrages sont reproduits dans ce
livre. L'une donne ce qu'on appelait «un pourtraict?» de Paris vers la fin du
xiv" siècle, et s'applique, dans son ensemble, à toute la période historique
que le volume embrasse. L'autre montre la ville de Senlis vers i SaS. et n'a
Plans cavaliers.
AVANT-PHOPOS. xnii
été dressée que pour servir de pièce à l'appui d'une singulière comparaison.
Une petite ville de province, mise, dans l'ardeur d'une discussion scolastique
entre Jean de .landun et son contradicteur, presque au niveau d'une capitale,
n'était-ce pas une ënormité, même au commencement du xiv* siècle? La
représentation des deux cites rendra la disproportion plus manifeste, et per-
mettra en même temps d'expliquer certains passages du Traité des bttanges
de Paris. Ces deux plans cavaliers sont l'œuvre patiente et savamment éliidiëe
de M. Henri Legrand, architecte-archéologue, attaché au Service des Tra-
vaux historiques, qui a exposé lui-même, dans une notice explicative, l'éco-
nomie générale de son travail.
Les éditeurs croient s'être acquittés de leur tâche avec le zèle qu'on
attendait deux. Toutefois, leurs efforts eussent été insuffisants, s'ils n'avaient
trouvé dans la haute approbation de la Commission des Travaux histo-
riques de la Ville un puissant encouragement, et dans l'assistance perma-
nente de la Sous-Commission un secours toujours éclairé, toujours bien-
veillant. Ils ont été particulièrement touchés de la sollicitude avec laquelle
la Sous-Commission, chargée de sauvegarder tant d'autres intérêts, a suivi
les diverses phases de l'entreprise : textes, traductions, notices, illustrations,
elle a tout vu de près, tout examiné, et son influence, aussi discrète que sa-
lutaire, s'est étendue jusqu'aux moindres détails de l'ouvrage. De son côté,
le Service des Travaux historiques n'a rien épargné pour seconder les in-
tentions des éditeurs et le bon vouloir de la Sous-Commission; depuis le
Chef de Section jusqu'au dernier employé, tous ont apporté leur contingent
de recherches, de transcriptions, de renseignements sur les textes, d'indi-
cations techniques pour les planches, et cette action multiple n'a pas peu
contribué à aplanir les dilllcultés inséparables d'une telle publication. Un
jeune archiviste-paléographe, M. Bruel, a, de plus, donné à l'un des édi-
teurs une |)îul do collaboration consciencieuse pour la révision des textes
et la première préparation des traductions et des notices.
Au dehors, l'œuvre a excité un égal intérêt: des savants, dont le nom fait
autorité, ont bien voulu lire quelques épreuves de ce volume et faire pro-
fiter les éditeurs de leurs judicieuses observations. Il suffit de nommer, parmi
MorM «ai MilMm
XXIV
PARIS ET SES HISTORIENS AUX XIV ET XV SIÈCLES,
les membres de l'Institut, MM. Paulin Paris, L(?opolcl Delisle; à l'Ecole des
Chartes, MM. J. Quicherat, Vallet de Viriville; aux Archives de l'Empire,
MM. Douet d'Arcq, Boutaric, Meyer; dans les bibliothèques, MM. Paul
Lacroix, H. Cocheris, J. Cousin, et autres bibliophiles, dont l'e'rudition pari-
sienne n'est jamais en défaut. A la Bibliothèque impe'riale, on s'est montré
très-désireux de seconder les eiïorts de la Ville : M. l'Administrateur général
Directeur et MM. les Conservateurs des divers départements ont donné aux
travailleurs toutes les facilités en leur pouvoir. Les représentations figurées
dont le volume est enrichi eussent été impossibles sans un tel concours.
Enfin, les éditeurs sont heureux de reconnaître l'obligeant empressement
avec lequel MM. ViolIet-le-Duc, le baron F. de Guilhermy, J. Gailhabaud,
Ed. Fournier, ont bien voulu fournir aussi au Service des Travaux histo-
riques des indications, des dessins, des planches même, oiTres gracieuses
dont on a tiré grand profit.
inlerpréUtion
«rlisliquo.
Les sujets choisis par la Sous-Commission ont trouvé d'habiles interprètes :
reproduits directement par la photographie ou traduits par le crayon de
MM. Ch. Fichot et Van Elven, et gravés ensuite par les procédés héliogra-
phiques de MM. Durand, Le Maire, Drivet, ils présentent, dans la catégorie
des planches en noir, l'état actuel de ce genre de gravure, soit en relief, soit
en creux, tandis que \es fac-similé de miniatures en or et en couleur, exé"-
cutés, sous l'habile direction de MM. Engelmann et Graf, par MM. Schûitze,
Faure, Daumont, Moreau, Pralon, Roobol, marquent le point le plus élevé
auquel soient arrivées jusqu'ici les reproductions en chromolithographie.
Conclusino.
Le présent volume, dont on a nettement indiqué les limites, est appelé
à prendre son rang dans la série des Historiens de Paris, de même que cette
série marque, dès à présent, sa place dans la collection générale fondée
par M. le Sénateur Préfet de la Seine. Il forme, en fait, le point de départ
d'un recueil complet, dont les nombreux éléments ne pourront être réunis
qu'après de longues et minutieuses recherches. C'est donc, pour les écrivains
dont la Ville a bien voulu agréer la collaboration , un devoir de placer, à
côté de leurs remercîments, une requête toute spéciale en faveur de l'œuvre
AVANT-PROPOS. »t
qu'ils ont l'honneur d'itiau^jurer : «Il nous reste maintenant, /fcrivait Dom
?» Bouquet en terminant sa prëlace, à prier les savants de nous faire part de
ff leurs lumières, de nous aider de leurs conseils, et de nous communiquer ce
rr qu'ils auroient de particulier concernant notre dessein; c'est ce que nous
<T attendons de leur amour pour les lettres et de leur zèle pour la gloire de
" la nation Françoise '"'. n
Cet appel, que le monde savant a si bien entendu et si bien compris au
siècle dernier, les éditeurs actuels de Paris et ses Historiens l'adressent aujour-
d'hui à tous avec une ëgale confiance. Si déjà l'on a pu leur venir efficace-
ment en aide, alors que leur dessein était à peine connu de quelques-uns,
ils ont lieu d'espérer un plus grand nombre d'utiles renseignements, de pré-
cieuses communications, quand leur enlrej)rise aura éveillé l'attention de
tous ceux qui aiment le vieux Paris et (|ui suivent avec sympathie le cours
de ses glorieuses destinées. L'antique cité, mère commune des lettrés et des
érudits, patrie adoptive des intelligences de tous les âges et de toutes les
nations, a vu allluer et se succéder dans son sein des générations d'admi-
rateurs et d'amis. N'est-il pas juste que cette aima mater recueille, en quelque
sorte, les bénéfices d'une renommée et d'une hospitalité séculaires, aujour-
d'hui qu'elle se propose de réunir, comme dans une même galerie, la longue
suite de tableaux historiques qui lui retraceront ce qu'elle fut autrefois? Les
savants continuateurs de Dom Bouquet et de Dora Clément, avec lesquels le
Service des Travaux historiques s'honore d'être en relations, les chercheurs
de Paris, de la province et de l'étranger, les bibliophiles, les collectionneurs,
— qui sont tous Parisiens par quebjue côté, — se feront certainement un
devoir d'apporter de plus en plus à un pareil travail le concours de leurs
lumières et de leurs richesses. Grâce à cette combinaison d'efforts et de
bonnes volontés, dont la répul)li(|ue des lettres olTre dheureux exemples,
le nionuuient à élever sera digne de la Ville qui en a conçu le projet, digne
de l'œuvre qui a pour titre : Histoire générale de Paris.
"' Recueil des llUtorieiu des Gaulet et de la France, L I, |>réface, p. xu.
PARIS
ET SKS HISTOIUKNS
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX
DES XIV ET XV' SIÈCLES
/
SOMMAIRE DU TEXTE.
I.
DEUX ÉLOGES DE LA VILLE DE PARIS COMPOSÉS EN 1323
PAR JEAN DE JANDUN ET UN ANONYME QUALIFIÉ DE DICTATEUR.
NOTICB BIOGRAPHIQUE ET CRITIQDE l\
Premier éloge, par dn Anonïme 99-a3
|)Kll\rK.>IK KLOGK, PAR JeAN DE JaNDUK 39-33
I'kkmikhi! paktib. — L'Université. — Les facultés. — Les coilëjjes 36-35
DtvxièHK PARTIS. — Les églises. — Notre-Dame. — i>a Sainte-Cha|)eile. — Le Pa-
lais. — [>es Halles. — Les maisons de Paris. — Les arti-
sans. — Le caractère des Parisiens. — La Seine. — Le»
aliments ou les vivres. — I^ olimat de Poris. — L'éloge des
rois de France 44-45
ÏRoisiàng PARTIS. — Les inconséquences du Dictateur 64-65
QoATRiàitK PARTiB. — Les avantages et les agréments de Senlis . 74-/5
IL
COMMKNTAIHK DK KAOIL DE PRESLES CONTE.NAM L.\h DESCRIPTION DE PARIS
SOUS CHARLES V.
Notice Bior.ntPinijuE et critique M.".
Texte. — Prkmikrb partib. — l\«%uiiié des anciennes chroniques (lo
DKViiitiB rARTiK. — Description de Paris io8
MUT. — I. *•
SIX DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
m.
DESCRIPTION DE LA VILLE DE PARIS SOIS CHARLES VI,
PAR GUILLEBERT DE METZ.
Notice critique et biographique 119
Texte. — PHBUiàHB pabtib. — Résumé de» anciennes chroniques i3i
DgvtiàuK PÂKTig. — Description de la ville de Paris
La Ciié. 1 5«
Le Palais 1 58
Les PonU 160
\jllniver$ité ou rive gauche. — Kg-lises. — Monastères. — Colléjfes. —
Hues. — Places j>ubliques 1 6&
1^ Ville ou rive droite. — ^ises. — Chapitres. — Collèges 1 83
Le cimetière des Innocents 1 93
Les hâlels des prélats, des seigneurs et des bourgeois 1 9&
L'hAtel de matlre Jacques Ducy, Duchi ou Doiichi (dit Dnchié) 199
Les rues de la Ville 901
Les murs de Paris 990
Les portes de la rive droite et la banlieue su
Les portes de la rive gauche et la banlieue aai
Tableau de Paris et détails statistiques «Sa
IV.
APPENDICES AUX DEUX DESCRIPTIO>S PRÉCÉDENTES.
Notice explicative aJo
I. — LA LOI SALIQUE CHEZ LES HISTORIENS DE PARIS ,4.3
II. — L'ORIFLAMME ^57
III. — LES CHÂSSES DE NOTRE-DAME ,61
IV. — LE DIT DES TROIS MORTS ET DES TROIS VIFS, sculpté au |>oi-tail de IV^ise des
Saints-Innocents. — Notice «65
Texte et planches. (Reproduction de l'édition princeps de Guyot Mardianl.
1 486.) ,^5
V. — LA DANSE MACARRE peinte sur les murailles des Cliamiere. — Notice ^83
Texte et planches. (Reproduction des éditions princeps de Guyot Marchaiil.
1485-1486.) 391
VI. — LA BOURGEOISIE PARISIENNE A LA FIN DU XIV SIÈCLE ET AU COMMEN-
CEMENT DU W. — Tableao géhéral 819
Bureau de Dakpmartin 3,5
Digne Rapondb 335
GuiLLEMiN Sanguin 34o
SOMMAfllE DL' TEXTE. xxu
Jacques Ducy, Duchy ou Douchi (dit Ducaié) Zkj
Miles IUillet 3&9
Liste de» notables habitants de Paru à la rm du xiv* «ikLE et au coiiHEficEanrr
DU XV' 353
RÔLK lies BoLIlOEOIS QOI PRhèHEItT SBRMKST i JbaH tÀKê PmOM , DVC ÙB BoVH-
GOGNB, EN AOÛT iùi8. ( Manmcrit original.) Syi
VII. — LKS LETTRfe, I.KS ARTISTES ET LES ARTISANS DE PARIS A LA FIN DU
XIV SIÈCLE ET AU COMMENCEMENT DU XV'. — Tableau Gi->itxi. 391
1° Leh Théologiens et les Canonistes. (Gilles Detichoin[)s. — L'abbt^du Mont-
Sainl-Michei. — L'évéque du Puy.) 397
9* Les PKéDicATEURg ET les Harangueurs. (Geraon. — Jacques Le Grand. — Le
minisire des Malhurins. — Eustache de Pavilly, etc.) ho%
3° Les Traducteurs et les Poètes. (Laurent de Premierfail, Christine de
Pisan , etc. ) & 1 9
à" Apostrophe de Christine de Pisan aux Parisiens. (Extrait du «très bel ditië«
compose par elle, en 1^99, à la louange de Jeanne d'Arc.) 4«o
5° Les Trolvères, les Jongleurs et les Ménestrels. (Bacon, le prince d'amours,
le llidologieii allemand qui jouait de la vielle, Guillaume Dencel et Perrin
de Sens, Cresceques, Cbynenudy, etc.) 4«8
6° Les Médecins, les Chirurgiens, les Astrologues. (Thomas de Pisan, Thomas
de Sainl-Pierre , Gilles Sous-le-Four, Henri de Fontaines, etc.) 438
7° Les Ecrivains et les Enlumineurs. (Les deux Flainel, Gobert, Sicart, Crespy,
Guillemin, Perrin, etc.) 447
8° Les Orfèvres et rartificeulx Ouvriers, h (Herman, Willoini, Andry, le po-
tier, etc.) 466
Vin. — ESSAIS DE STATISTIQUE PARISIENNE DU XIV AU XV SIÈCLE 485
Population 486
Consommation 490
IX. — LES CINQ LETTRES DU NOM DE PARIS COMPILÉ PAR UN NOTABLE CLERC
NORMAND. — Notice 497
Texte original et paraphrase 5o6-5o7
V.
PARIS ET LES PRINCIPALES VILLES DE FRANCE SOUS LE RÈGNE DE CHARLES VII,
POÈME DESCRIPTIF D'ANTOINE ASTESAN.
Notice biographique et critique 5iS
Dédicaces S98-599
Description de Paris. (Les pnts. — Les palais. — La Bastille. — Les églises. — La Sainte-
Chapelle. — Les reliques. — Notre-Dame. — Les Cëlestins. — L'HAtel-Dieu. — L'Univer-
XXXII DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
**•
site. — Le Parlement. — Les artisans. — La population. — Ijes jeune* filles. — Le boii de
Vincennes. — Le bourg de Saint-Denis.) 53o-.S3i
L* GUERBE CONTRE LES AnGLAIS 55o-55l
Le cuâtead de Coucr et aitrbs résidences de u famille n'Oniui» Sâi-553
Les grandes villes de France visitées pab le porte. (Lyon. — BooigM. ^ Bioi*. — OH^«m.
— Tours. — Noyon. — Sentis. — Compiègne. — I.^on. — Soiaioos. — Amiem.) .Î6&-S65
VI.
PARIS SELON LES MINIATCRISTES DU XV« SlàCLE.
Notice explicative . . . S8i
vn.
VUE RESTITUÉE DE PARIS EN M . CGC . LXXX.
ET PLAN CAVALIER DE SENL»S A LA MÊME ÉPOQlJE.
Notices explicatives Sgo
SOMMAIRE DES PLANCHES.
I.
MINIATURES.
1. Le Petit-Pont de Paris au xiv* siècle. {Fac-similé d'une minioUire de la Vie de .Voiuei-
gneitr sninct Deriyii, manuscrit du temps.) Présentation du livre au Roi dans la
[lartie supérieure de la plaiidic &i
a. Raoul be Presles offrant à Charles V la traduction de la Cité de Dêbv. (Fae-timik
du premier folio de l'exemplaire original présenté au Roi.) <j8
3. Martyre et ensevelissement de saint Denis. {Fac-similé d'une miniature de la Vie de
Monseigneur sainct Denys. ) 1 1 &
It. La Maison aux Piliers, la Grève et la Cité. {Fac-similé d'une miniature du missel de
JuvénnI des Ursins, Formant lettre ornée de l'oflice de la Fête-Dieu '"'.) 197
5. L'Oriflamme. (Trois types authentiques des xiii*, xiv* et xv' siècles.) aSg
6. Laurent de Prehierfait et Antoine d'Arezzo traduisant le DécAM^RON dans la maison de
Bureau de Dampmarlin. {Fac-similé d'une miniature d'un manuscrit du xv* siècle '''.) 4i 4
7. Christine de Pisan composant ses ouvrages. ( Fac-similé d'une miniature d'un manuscrit
du .xv* siècle '''.) 4«7
8. L'int£rieur de la Sainte-Chapelle et les insignes reliques de la Passion. {Facsimiie
d'une miniature du missel de Ju vénal des Ursins, formant lettre ornée de l'ofTice de»
Saintes-Reliques '''.) 587
9. Un si^ge au xv' siècle, avec une vue de Paris sur le second plan. {Fac-similé d'une mi-
niature de la chronique de Jean de Courcy.) 589
10. Vue partielle de Paris. {Fac-similé d'une miniature du raisisel de Juvénal des Ursins,
formant lettre ornée de l'ofTice de Noël '*'.) 586
'*' En haut de la miniature se lisent les mots euns beauli dii et que je lew envoyé , Et de dillier dietU
suivants : Quod ipsc. In festo snnclis^imi corporis. . . que j'ai la (prare. Malt snurr soil leur paix. Je ne «1-
''* La miniature se trouve encadrée entre deux voye Aux lieautz dit ne bons, mes Umtevoye. . .
fiiHfiiienls de |)r»!face : Infnndre nouielle science. . . '*' En haut de la miniature se lisent le* mots :
et : Cy commence le prologue. . . Quod ipse. In festo reliquinrvm. .
''' Le texte des Cent ballades commence avec la '*' Au bas de la miniature on lit :(OeMfiu)
lettre ornée : Aucunes gens me prie que je face Au- unigeniti rrfulgencia decorare. . ,
XXXIV
i3<>
DOCUMENTS ET ÉCRITS OHIGIXALX.
II.
FAC-SIMILE EN COLLEIR.
j . Je*> de Janddx ( Traité de* louange* de Paru). Fae-timik partiel de deos folio» de*
nuscriU de Paris et de Vienne **•
a. Gdillebbbi de Metz (Traduction du Déeameron, lran*criplion du livre de Sydrar). Fae-
simile éublissant Tidenlilë de l'ëcriture des Iroi» manuscriU • «6
3. Gdillebert de Metz {De*cription de Pari*]. Fae-timile du premier folio recto du ma
nuscrit unique
4. GoiLLEBEBT DE Metz (Description de Pari*). Fae-timile du dernier folio ver» du ma-
nuscrit unique •"
5. Antoine Astesan (Poème detcriptif). Fae-iimle de la première page et de fécusson du
duc Louis d'0rl(?an8 *•'
Ul.
FAC-SIMILE EM NOIR.
1. ScBAU BT SIGBiTDBB DE DiGNB RaPO<IDE, HiaCBAIlD R M0KIOB «B PiBIB 3&0
Q. Rôle de la liste des boirgeois de Pabis qci paArkun sbuient eitu lbs bairs as Jus
SANS Pedb, au mois d'août 1/118 (recto et verso) 870
3. Fàc-simile d'dn ti UBitis écrit par Flaniel le jeune 46 1
IV.
GRAVURES SIR ROIS OU SUR ACIER ET HÉLIOGRAVURES SUR CUIVRE
HORS TEXTE.
1 . Le cuEr de saint Louis. (Reliquaire de la Sainte-Chapelle. ) A7
a. Le Gband-Pont de Pabis ad xiv* siicLs. (Miniature du temps.) ... S&
3. Plan de Sbnlis ad temps de Jean de Janodn. (Dessin et restitution de M. Henry Legraod.) 7&
It. La Commcnion de saint Denis. (Miniature du \i\' siècle.) i56
5. Les deux bas-beliefs des sebgents de Bocvines à Saintb-Cathebine do Val-des-Ecoliebs,
conservés à la Basilique de Saint-Denis 1 90-1 gt
(>. Le Fanal dd cimetière des Innocents (d'après un dessin original) igS
7. Les Portes de Paris ad xv' siècle. (Restitution de A. Bonnardot. dessins de Cb. Fichot.) aai
8. Les Portes de Paris au .xv* siècle. (Idem.) 99&
9. Les Montjoies sur le chemin de Paris à Saint-Denis (d'après les planches du maréchal
d'Uxeiies et la Topogivphie de Zeilier publiée par Gaspar Merian.) a3o
SOMMAIHI-: DES PLANCHES. xxxv
I u. Statuk dk Digne Raponde, marchand et Bounr.EoiH de Paris (d'aprèg un desttin orignal du
monument érigé dans la Sainte-Chapelle de Dijon) 336
11. La Tour de nouRCOGNE, résidence de Jean sans Peur à Pabis (1/^07). (Dessin de Cli.
Ficliot et lestitulioii de A. Berty.) 343
lù. Jean sans Peur donnant audience dans une chambre de la Tour de Bourgogne. (Miniature
du XV* siècle [liog].) 344
I,'!. Pierre d'Ailly et Jean (îkrson, chanceliers de l'Université (d'après Len vraU portrait»
et vies den homme» illustres de Tbevel) 4c»a
16. Le duc Louis d'Orléans recevant de Christine de Pisan la dédicace de l'épIthe d'Othéa
À Hector. (Miniature du xv' siècle.) 4i8
i5. Saint-Julien-des-Ménestriers, chapelle patronale des ménestrels de Paris. (Vue restituée
d'après Millin. ) 434
i(). Portrait de Nicolas Flamel. (Ancienne estampe de la collection Koth.) 453
17. Statue de Nicolas Flamel au portail de l'église Sainte-Geneviève-des-Ardents (d'après
lu planciie donnée par l'abbé Villaiu ) Idem.
18. L'Arcade du charnier des Innocents et le Petit Portail de Saint-Jacqdes-la-Boucherie .
PAR Nicolas Flamel (d'après les planches d'Arnauld de la Chevallerie et de l'ablK-
Villain) 45,4
19. La Châsse de Saint-Cermain-des-Prés, exécutée en 1^07 par trois orfèvres parisiens
(d'après la planche de Doni Bouillart et la restitution de M. Viollet-Ie-Diic) 48;»
•io. Le comte d'Angoulême, aïeul de François I", protecteur du poète Astesan (d'après Les
vrais portraits et vies des hommes illustres de Thevet) 5i8
91. I^E duc Charles d'Orléans, fils aIné de Louis et de Valbntine de Milan, protecteur du
poète Astesan (d'après une miniature du temps et une gravure de Gaucher) 5a4
aa. Le tombeau du duc Louis d'Orléans aux Célestins (d'après un dessin original) 54i
V.
GR.4VURES SUR ROIS ET HÉLIOGRAVURES SUR CUIVRE DANS LE TEXTE.
1. Parisibxsium rervh scriptobbs. (Fleuron.) 1
■).. Statue équestre ou trophée érigé ad xiv* sièclb dans l'église Notre-Dame db Paris
(d'après la Cosmographie de Thevet) s45
3. Le dit des Trois morts et des Trois vifs, sculpté au portail de l'église des Saints-Inno-
cents. [Fac-similc de l'édition princeps de Guyot Marchant.) (Deux sujets.) 377-479
4. La Danse Macabre , peinte sur les murailles des charniers des Saints-Innocents. (Fac-similf
des éditions princeps de Guyot Marchant.) (Vingt-quatre sujets.) 493-3 16
5. La Famille des Bureau. (Armoiries, jetons, croix des Bureau, etc.) 393-33i-33.S
f>. La Famille des Sanguin. (Armoiries.) 34o-347
7. La Famille des Baillet. (Armoiries.) 349
8. Une des maisons de Nicolas Flamel, rue de Montmorency (d'après la planciie donnée par
l'ubbé Villain) 'i.">7
xxxM DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
(). Un Dressoir âv xv'sikcle. (Restitutioa de M. VioUet-le-Due.) A76
1 o. Pabis sans pair. (Dicton et jeu de nioU dei anciens biKtoriens sur le nom de Pans. ) . . . . 5io
VI.
GRANDE GRAVURK SUR ACIER.
Plan cavalier de Paris ek i38o (restitution de M. Henn l.effrand). accompagnant le prneiil voluiiw.
DEUX ÉLOGES
[)K
LA VILLE DE PARIS
COMPOSES EN 1323
l'Ail
JEA^ DE JANDUN
ET Ui\ ANOÎSYME QUALIFIÉ DE DICTATEUR.
HIST. — 1.
NOTICK.
Losrlein KIojjes (U' la ville de Paris doiil nous donnons ici le texte, traduit pour la pre-
mière l'ois en iran(;ais, sont intéressants à divers litres. Le [dus étendu contient sur notre
capitale des rensei{jnements historiques nombreux et importants. Tous deux .sont de curieux
modèles du sujet et du style de ces thèses scolastiques en usajje au moyen âge parmi les
rt suppôts de l'Université.» L'ensemble forme une discussion dont le but parait être d'établir
la |)réétninence de Paris sur Senlis, en d'autres termes, de démontrer l'evcellence de la vie
de Paris comparée à la vie de province; mais on v découvre de nombreuses allusions à des
démêlés polititpies et religieux, ce qui donne aux deux écrits, témoins et échos de la lutte,
le caractère d'une polémique ardente et passionnée.
Le premier de ces Eloges est très-court, et ne renferme, en apparence, »|ue de pom-
peuses ijénéralités; c'est l'œuvre d'un anonyme désigné par son adversaire sous le nom de
Dictateur, ou maître dans l'art de bien dire'". Le .second, (|ui est de beaucoup le plus
intéressant, contient une indication d'auteur ou de copiste : à la fin de l'un des deux .seuls
manuscrits qui nous en ont conservé le texte, on lit ces mots : Scripttu complète per Joliannem
de Genduno. Quand nous avons fait connaître pour la première fois, en i855, les deux
Eloges dont il s'agit, nous pensions que ces mots s'appli(|uaient au travail matériel de la
transcription. Aussi n'avons-nous cru pouvoir désigner l'auteur de l'opuscule que sous le
titre de l'Anontjmc de Senlis; ce (|ui n'était pas très-exact non plus, car on verra plus loin
(jue Jean de Jandun n'a fait que séjourner j)eu de temps à Senlis, et qu'il portait, comme
c'était alors l'usage, le nom du lieu de sa naissance. Ce n'est que l'année suivante, quand
nous avons publié, de concert avec l'érudit et regretté M, Tarannc. dans le Bulletin du
Comité de la Lnngtie, de f Histoire et des Arts de la France, le texte latin des deux Eloges, (pie
nous avons désigné Jean de Jandun comme l'auteur de l'écrit le plus important; et une
étude approfondie du sujet a confirmé notre appréciation. Il est invraisemblable, en effet,
(|u'un homme de la valeur de Jean de Jandun, tout occupe d'enseignement et de hautes
discussions philosophiques, ait eniployé son temps à copier des manuscrits. De plus, on
découvre dans l'éloge de Paris de si nombreuses ressemblances d'idées et de style avec les
ouvrages dont il est l'auteur avéré, (ju'on ne peut raisonnablement lui refuser la paternité
de celui-ci. Enfin, ce qui tend à établir que le prétendu tran.scripteur est l'écrivain lui-
même, et que le mot scriptus doit s'entendre de la composition de l'ouvrage, c'est que, h la
suite de cette mention, se trouve une prière oij le »cr»))tor(dans le sens latin) demande aux
''' Le Dictateur était le mntlre de rhétorique, lié, Diclamen, Dilewr, qui bien dit, Dietaior. (Glo*-
l'hérilier direct du riiéteiir grec et latin. Du Gange sariiim média- et infimœ Iniinilati* . ëdit. Henschel.
donne Inul le groupe de mois : Ditier. Dictnrc. Di- \n-h'. F. Didol. t. II. p. S.'i-i.')
hWci
i DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
gens de bien d'ajouter à son œuvre tout ce qui lui manque pour la gloire de Dieu; et \m
circonstances où il se trouvait alors expliquent parfaitement cette pr.^aution oratoire.
On ne connaît qu'imparfaitement la vie de Jean de Jandun; le lieu de sa naissance ■
même été l'objet de nombreuses discussions entre les savants. Un érudit du xvi* siècle,
Mathias Flaccim, surnommé lllyricu», dans un ouvrage publié à Bâlc en i556, sous le
titre de Catalogw testium veritatis. considère Jean de Jandun comme étant originaire de
Gand : assertion que reproduisirent Wharlon et tous les critiques après luit". A cette erreur,
fondée probablement sur l'ancienne orthographe du nom de Jandun {Geniunum, ainsi que
portent les manuscrits), Melchior Goldasl, autre érudil du siècle suivant, répondit, comme
on le lui a reproché, par une seconde faute de lecture, en substituant le mot PeruMmut ï
l'adjectif Parisinus, ce qui faisait de Jean de Jandun un étudiant ou un docteur de Përouse.
La méprise fut d'autant moins remarquée qu'il s'agissait d'un écrivain dont le nom est
constamment associé à celui de Marsile de Padoue; on les considéra donc, durant un cer-
tain temps, comme italiens tous deux; Pertuinut devint le pendant de Patannut^ .
11 était résené à un savant français, Casimir Oudin, ancien religieux prémonlré, con-
verti au protestantisme, de fixer définitivement le lieu de naissance de Jean de Jandun :
«C'est un village, dit-il, situé en Champagne, à égale distance de Ilhétel sur l'Aisne et de
«Mézières sur la Meuse. J'y suis allé souvent, dans les années 1607 el i658, pour m'y
«récréer, lorsque j'étais élève de rhétorique et jirécepteur du fils afné d'une dame dont
«le château et les terres se trouvaient sur le territoire de Jandun et de Modignis. \illages
«distants d'une lieue environ l'un de l'autre ^^ Michel Denis, auteur d'un savant ouvrage
sur les manuscrits de la Bibliothèque Palatine de Vienne, se range à l'avis de Casimir Oudin
et formule sa pensée dans les termes suivants : «Je crois que le collaborateur de Marsile
« de Padoue est Jean de Jandun , qu'on a pris pour un docteur de Pérouse et pour un ci-
«toyen de Gand, jusqu'à ce que Oudin prouvât que son pays natal est bien le bourg de
«Jandun, entre Rhétel et Mézières, villes de Champagne *'.» Lin chercheur plus moderne,
l'abbé Bouillot, auteur de la Biographie ardeiinaite ' , n'hésite pas, de son côté, à adopter
l'opinion de Casimir Oudin et de Michel Denis; il fait naitre Jean de Jandun vers l'an
1 Q90, dans le bourg dont cet écrivain a toujours porté le nom, sur les confins du comté
de Champagne et du duché de Lorraine, au diocèse de Reims'*'.
1
''' Fabricius y met un peu plus de conscience :
il cite toutes les variantes du nom de Jandun : c Jo-
rhannes de Gandavo, sive du (landuno, aliis lieJan-
rr duno, aliis de Gedmio;rt mais il lombe dans la
même erreur que Goldast , en plaçant à Pérouse la
chaire de noire auteur : irPenisia." Iheologiani el
rrphiiosopliiam docuit.» Celle allimialiou du célèbre
bibliographe allemand a paru sérieuse à quelques
énidits ; toutefois rien ne prouve que Jean de Jandun
ait quitte Paris ou Senlis avant son excommunica-
tion, et, d'autre part, tout porte à croire qu'un doc-
leur frappé par l'Eglise n'a pu être chargé d'ensei-
gner In théologie, surtout dans une ville italienne.
L'épithète de Perutimu ne lui serait donc applicable
en aucun cas.
' Du Roullny lui-même est tombé iaat œUe
erreur (//ù/. l nitertilatu Pari». L IV, p. «o5).
'*' CommetUari»» de Seriptoribtu Eteh$ir anli^t
(Lipsite, 179-1, in-foi.). t. Ill, col. 883.
'*' Codiees manuseripli tkeologiei BiblioÛtecte P»-
latina VindobonentU , t. Il, t' partie, eol. 16&8.
xii, fol. 196.
'' Biogr. ardennaitt ( Pari» , 1 8.3o , iii-8*) , Il , ii«.
'*> Jandun est aujourd'hui un petit bourg do
département des Ardennes . arrondisaeincnt de Mé-
zières, canton de Ligny-l'AblMye.
ÉLOGES DE LA VILLE DE PARIS. 5
On ne peut guiTo savoir comment se passa l'enfance de notre auteur, et par quel con- s.jni«««^.
cours dc3 circonstances il vint à Paris. li en fut peut-éire de lui comme de tant d'autres
élèves de rUniversit(5 : l)oursier de quelque coUéfje, étudiant besoijjneux, puis maître es art»,
et enfin docteur de l'une des quatre facultés, doclor hirretatus, comme on disait alors, il put
se faire promptement une de ces réputations académiques qui décidaient alors de l'avenir
d'un jeune homme.
Ce qui prouve qu'il avait pris ses grades de bonne heure et qu'il était en possession ^h« rf>|4ai.
d'une précoce renommée, c'est que nous le trouvons en 1 3 1 5 , c'est-à-dire à l'âge de vingt-
cinq ans, maître des Arttens, magister Artislarum, au collège de Navarre, alors dans tout
l'éclat de sa nouveauté*". C'est en celle qualité qu'il assista, dans la salle capitulaire du
collège, à une réunion générale des maîtres et des élèves, convoqués pour entendre la
lecture du règlement de la nouvelle maison et pour en jurer l'observation fidèle. Après le
maître de théologie, nommé Alain Gontier, et les élèves qui suivaient cet enseignement,
vint le maître des Artiens, Jean de Jandun, qualifié, comme ses trente disciples, de itw-
dens in arlibus. L'historien du collège de Navarre, Jean de Launoy, donne les noms de ce»
trente élèves. La division de grammaire, ayant à sa tête Jean Rotulct, succéda à celle des
arts, et la cérémonie se termina par la prestation de serment du chapelain et des adminis-
trateurs du nouveau gymitnse^'-\
Aux termes de la charte de fondation du collège de Navarre, le maître des Artiens devait •« L-ifi..
être le sujet le plus distingué de la faculté, ce qui donne la mesure du talent et des con-
naissances de Jean de Jandun'^'. De plus, et en verlu des statuts donnés en i3i5 par
l'évèque de Meaux et l'abbé de Saint-Denis, exécuteurs testamentaires de la reine de
Navarre, il devait appartenir par sa naissance soit à la Champagne, dont la fondatrice était
de son vivant comtesse palatine, soit à la province ecclésiastique de Sens'**. Jean de Jandun
réunissait, sans doute, les conditions exigées, nouvelle preuve de son origine champenoise
si longtemps méconnue.
C'est pendant son séjour au collège de Navarre que le jeune professeur, qualifié depéri-
patélicien, composa les ouvrages auxquels il dut sa ré|)utation. Oudin en donne la liste : ce
sont d'abord des Questions sur la physique d'Aristote, puis des Commentaires sur les xit livret
de la mélapliysi(]ue, et des Questions sur les trois livres de l'àme, du même philosophe, enfin
des leçons sur les Livres du ciel et du monde, suivies d'un examen de la doctrine d'Averroës
sur la Substance du monde'^^K Tous ces travaux, (pii étaient sans doute le produit del'ensei-
'> La fondation du roll(!{fe de Nnvnrro |)ar Jeanne, rfloine et à cours Et ce jurra il h l'entrer, et
épuse de l'liilii)[>ole Bol, est del'nnnée i;5o/i. rr promeltro loyaulment, et aura double Iwurse.»
'*> Regii Nfivnrrœ Gymnasii Parisiensis historia (Du Boullay, Hist. Unkers. Paris, t. IV, p. 76.)
...rt«f/o»r7o(m /.rtMm»Vi(Piirisiis. i()8-!),t.I,p.38. *' ffMagislri. provisor, ca|)cllani et clerici
'' ttl^e maislie qui lira aussi illecques aux Ar- irscliolares laui in granunalira cl logica quant in
ffciens sera pris le plus convenable de sa faculté, rtheologia, de (erra Campaniw, qu* fuit dicUe D.
(fsans acception de personne ne de nation; et aussi tRefjina' fundalricis. . . vel de provineia Senoiiensi
iricel niaislre face continuel résidance ouecque les (rassuiuantur.-! (///«/. L'niveri. Pari*. I. !\.p. 90.)
tt enfants, pour lire leur aordinaire h l'heure cer- '*> Comment, de Script. Eccl.antiq.l.Ml. col 8&'i.
6 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
gnemenl philosophique donné au collège de Navarre par Jean de Jandun, lui avaient valu
le nom de philosophe très-pénëlrant , philotophus acutiuimu», qualification que lui ont con-
servée ses éditeurs de Venise (i553). Il convient d'v ajouter un commentaire d'un autre
ordre, que Casimir Oudin ne mentionne pas, et d'où l'on pourrait inférer que notre auteur
enseigna les humanités avant de professer la philosophie : il s'agit de la rhétorique d'Ari»-
tote, «le moins commenté de ses ouvrages,» dit V. Le Clerc, et qui le fut par le maître
des Artiens du collège de Navarre*".
saiiaisoi. Jean de Jandun dut prohahlemcnt à la renommée qu'il s'était faite par ces divers tra-
.Miir»iMoi>a,ioue. vau\ la connaïssancc du franciscain Marsile de Padoue, ancien recteur de l'Université
de Paris, qui avait étudié le droit à l'Université d'Orléans, et dont la réputation était de-
puis longtemps établie en deçà et au delà des monts '^'. L'enseignement qu'on donnait à
Orléans, et que Bertrand do Got ainsi que Jacques d'Eusc, devenus plus lard papes tous
deux, étaient venus y chercher, n'était sans doute pas favorable aux doctrine» (|ue Boni-
face Vlll avait cherché si opiniâtrement à faire prévaloir contre Philippe le Bel. Les
légistes de la couronne s'étaient, on le sait, montrés très-jaloux des prérogatives de leur
maître; et ceux d'Orléans, en particulier, devaient probablement avoir les mêmes ten-
dances''; Quoi qu'il en soit, leur élève était un adversaire décidé de la souveraineté tem-
porelle des papes, et il ne tarda pas à faire partager ses senliment.s à son nouvel ami. Le
résultat de leur liaison fut la composition et la publication d'un livre qui parut sous le
nom de Marsile de Padoue, mais que l'opinion publique attribua également au professeur
du collège de Navarre.
umfcmni,-,i,hjmx. Dans Cet ouvragc , intitulé modestement Z)f/(>n«9r;v>cu'*', Manilede Padoue ne se bornait
''' Ce commentaire appartient à la Bibliothèque à ce qu'il parait, une ■pUlude toute partieiiiière.
royale <le Bruxelles. (Ms. n° 86.'). art. 5.) Dès 1986. Guilbame de MIcoo , évéque d'Amio».
'" Marsile de Padoue, Mariiliu* Palarinu*, i\6 «lisait d'eux : irAureiiaDenMaperitioRt in jurvqiuni
à Padoue dans la seconde moitié du xiii* siècle. "Parisicnses et iiiagis inleiligentea.* Pour acquérir
mort à Mrfnte-Malto en i.3a8, avait élë, en i.3i-3. ce renom, dil \. Le Qcrc (//««. Ikt. de Ut Frmtet,
recteur de l'UniversiU' de Paris, probaliiemenl à t. XXIV, p. a5&). «les profaMeun d'OrlëaiM avaient
l'époque où Jean de Jandun étudiait à In Faruilé -dû résister aux IiuIIm d'Ilonorii» III. qui inlenli-
des arts. On trouve constamment son nom acconi- usaient m France l'étude du droit romain. • \.'tm\r
pagné de la mention suivante, diversement ortho- juridique dOriéans. très - protégée par Phiiip|i.-
graphiée, selon les auteurs: de Menamlrmo, May- le Bel qui voulait en faire un iottrimieiil de n^-
nandrino, Maynardino. (Voyez Du Boullay. Hitl. sistanre. eut pour professeurs Pierre de IWk-
Mfiii'. Paris, t. IV, p. 20.5 et suiv.; C. Oudin. Com- iktcIip. Guillaume de Cuneo. Hoger le Fort, dil
meni. de Script. Eccl. anl. t. III, col. 883 et suiv.) Taillefer. archevêque de Bourges, les cafdinaux
Il appartenait à l'ordre des franciscains cl partageait Pierre Deschamps, Pierre IWrtrandi. etc. Elle n
les sentiments des Frairicelles sur la fameuse ques compté pour éludianU Reiichlin. Pierre de l'I-:»-
tion qui agiU si longtemps le monde des Ihéolo- toile. Théodore de Bèie, Anne Dubourg et autres
giens : De paupertate Christi. célébrités.
'> L'Université d'Orléans, fondée en i3o6, et ' Oudin lui donne ce Utre; Du Boullay 1.- d.-
qui comprenait d'abord les quatre facultés, se signe sous le nom de ZVe«0"«w /«<■". I^csous-litiv
voua bientôt à l'enseignement exclusif du droit . est moins pacifique : Contre la juridiction umtrpêtdH
étude pour laquelle les habitants du pays avaient , pontife romain.
ELOGES DE LA VILLE DE PARIS. 7
pas à soutenir la nullité du fameux privilège octroyé aux papes par Constantin, privilège
sur l(;fpiel reposait la doctrine de la suprématie temporelle du souverain pontificat; mai»
encore il émettait les propositions suivantes, qui furent déclarées fausses et hérétiques par
le pape Jean XXII , adversaire déclaré des Fratricelles et des G«//ican«<" :
I. Ni le pape, ni aucun ministre de l'Evangile n'a, de droit divin, de pouvoir dans l'Etat
(i« politia); mais il est soumis, sous ce rapport, aux magistrats, c'est-à-dire aux princes.
H. Les princes seuls ont le pouvoir temporel [jus dominii), et, à cet égard, ils sont, de
droit divin, supérieurs au Pape et aux clercs.
III. Les évèques et les prêtres ne peuvent posséder ni le principal ni de grandes richessej!.
IV. Les Apôtres ont été égaux en office et en dignité, et il en est de même de leurs suc-
cesseurs.
V. Les discussions sur la religion doivent être tranchées, non par le Pape, mais par le
Concile.
VI. Il appartient au Concile, et non au Pape, de régler les rites ecclésiastiques, d'excom-
munier les princes ou le peuple, et d'in.scrire au catalogue des saints les hommes remar-
quables par leur piété.
Ces six propositions, que la Cour d'Avignon trouvait également mal sonnantes, et qu'elle
put ainsi condamner en bloc, ne furent pas accueillies de la même manière à Paris. La
Sorbonne distingua entre les doctrines purement religieuses et celles qui concernaienl le
pouvoir temporel, potestas gladii. Du BouUay ajoute que, si Marsile de Padoue et Jean de
Jandun n'eussent attaqué, dans leur écrit, que cette dernière autorité, ils auraient trouvé
(le noirdireux défenseurs, même parmi les docteurs orthodoxes : jdures luibuièsent, etiam
calhohcos, dcfemores.
Aussi la Faculté de théologie s'abstint-elle de blâmer collectivement les six propositions
mises à l'index. Elle crut devoir en extraire quatre autres de l'ouvrage incriminé, el les
condamna, dit encore Du Boullay, pour obéir aux ordres de Jean XXII , universalis Eccletia
Moiimrhœ jussis ohsequens^-\ Voici ces propositions :
I. Saint Pierre n'a pas plus été le chef do l'Eglise que les autres Apôtres, et il n'a pas eu
une autorité plus grande que la leur. Jésus-Christ donc n'a pas constitué de chef et de
vicaire pour son église.
II. Il appartient à l'Empereur de corriger, de punir, d'instituer et de déposer le Pape,
m. Tout ecclésiastique, qu'il soit pape , archevêque ou simple prêtre, a la même autorité
et la même juridiction, selon l'institution du Christ. Si donc l'un a plus d'autorité que
'■' La bulle de contlainnalion que citeiil Oudiu
et Du Boullay couinieuce par ces mots : Liceljtixta
iloctriiinm apostoli, etc.
'*' La Sorbonne li<*sita naturellement à condam-
ner deux anciens di^jnitaires de l'Universilc^, doul
l'un môme avait élé recteur quinze ans auparavant;
V. Le Clerc le constate en ces termes : tEn t'^•i■J,
t le Soint-Siég* fulmina un lonjj décret contre Mar-
-silc de Padoue. Jean de Jandun et les autres ad-
■rversaires du pouvoir absolu de Rome : la Facilité
-de l)iëolo([ie finit encore par condamner à son (oiir
-des banliesscs prématurées, ainsi qu'une rédac-
-tion française des doctrines de Marsile; mais cette
-condamnation ne fut point s|>ontanée, et elle se
-fit atlenilre lonfrtemps.n (Hittoirt litlèrairt dr la
t'rance, t. X\1V, p. 34 1.)
Poui-suilcs
contre
.Marsilf de Padoiio
8 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
l'aulre, c'est que l'Empereur lui en a accordé davantage; or l'Empereur peut toujouw
retirer ce qu'il a donné.
iV. Le Pape et même toute l'église réunie ne peuvent, à moins que l'Empereur ne le* y
autorise, infligera personne une punition coartive, lors même qu'elle s'appliquerait h un
scélérat, destructeur de la foi et ennemi de la religion calliolique.
En se bornant à condamner ces quatre propositions, et en refusant d'envelopper dan» la
même censure les théories relatives au pouvoir temporel ainsi qu'à la suprématie pontificale,
. Jean .le j»n,i„„. j^ gorbonnc donuait clairement h entendre qu'elle ne partageait pas tous les sentimenU de
la Cour d'Avignon"'. Cependant, comme son attachement à la foi catholique était sincère,
et qu'elle voulait empêcher les doctrines vraiment hétérodoxes de se répandre dans le
royaume, elle prit, ainsi que nous l'apprend encore Du Boullay, des mesures énergiques
pour découvrir l'auteur d'une certaine traduction française du Defmaor faeu, fait presque
sans exemple avant Philippe le Bel, dit V. Le Clerc, «qui prouve que la langue vulgaire
« s'emparait enfin de ces controverses , et qu'on faisait appel à l'opinion de tous sur des choses
«que s'étaient réservées jusque-là les clercs et les lettrés, r, Le traducteur pouvait bien être
Jean de Jandun, qu'on voit partout associé à Marsile de Padoue, el qui aurait d'autant
mieux vulgarisé les doctrines du novateur qu'il les connaissait davantage el se trouvait,
par sa position , plus en mesure de les répandre. C'était du moins re que prétendaient ses
ennemis, et il faut croire qu'ils avaient grand intérêt à le charger de celte compromellanle
version, puisqu'on les voit renouveler cette accusation, un demi-siècle après la publica-
tion de la bulle de Jean XXII. En effet, dans le cours de l'année i 876, Jean de la Chaleur.
chancelier de Notre-Dame, eut, en cette qualité, à faire une instruction sur celle intermi-
nable affaire. Le Pape, qui était alors Grégoire XI, lui avait fait dénoncer ladite traduction
par le ministère d'un notaire public, en rattribuanl à un docteur de Soi4>onne : «Aussitôt.
«dit V. Le Clerc, commence une enquête .sur l'auteur de celle traduction, bien plus dange-
rs reuse que le latin, et dont un théologien de Paris est accusé. Tous les docteurs jurent, les
«uns après les autres, qu'ils en sont innocents, qu'ils n'ont point vu le livre, qu'ils ne savent
«pas et' n'ont jamais su quel en est l'auteur, qu'ils n'ont de soupçon, à cet égard, contre
«personne. Nicole Oresme, Jean Golein, le» deux laborieux traducteurs, quand on leur parle de
« Marsite de Padoue, jurent qu'il» n'ont point traduit Jean de Jandun; maître Richard Barba, encore
vplus habite, fait entendre que l'auteur du latin, alors en Allema/pie, jnurrait bien Faroir traduit
«/ui-m^mc'- . n II y a, en effet, beaucoup d'habileté dans ces in.sinualions et ces réticences.
'' Les réserves qu'elle fit alors sont com|tléle- rà la dernière, qne Jénu-Chrùl n'n point donnée i
ment d'accord avec son enseignement traditionnel. if#oii Eglise, comme le clergé de France l'a déclaré
Aux xvn'et xvni' siècles, elle eût peut-être raënagé utolennellemenl en 168a. Jean XXII . ajoute Crevier.
encore davantage Jean de Jandun et Marsile de Pa- iropposoit excès i excès ; il s'attribuoil le« deux poi»-
doue. "Qu'il me soit permis,» dit Crevier, après «fsances; il se constituoit le monarque universel.
avoir cit^ les propositions condamnées , irde distin- «dans le temporel comme dan» le spirituel. Par là . il
ttguer le dernier article d'avec les pi-écédents, et irexcitoitlajusteindignationdesprinces.etildonnoit
trd'insérer ici le jugement qu'en a porté M. l'abbé iroccasion à des esprits lénu-raires douUw de leur
(T Fleury : La condamnation de cet article , dit-il , tend ircôlë , comme il outruil du sien. » ( Crevier. Histoire
KÙ la confusion des deux puissances , la spirituelle et de l'Université de Pari», I. Il, p. 71.)
tria temporelle; car les peines coaclives appartiennent ''' Hi»l. litt. delà France, t. XXIV, p. 344.
ÉLOGKS DE LA VILLE DE PARIS. 9
Selon Oudin, Jean de Jandun avait l'ail plus qu'une simple traduction : aux lermet» de
l'interrogatoire subi à Avignon, le ao mai iSqS, par François de Venise, l'un des adhé-
rents de la doctrine nouvelle, il 6la\l de notoriété publique, à Paris, que Jean de Jandun
et Marsilc de Pudoue avaient employé deux mois à composer leur libelle : per duon même»
compilaverunt didum libellum; qu'ils l'avaient copié ou fait copier par leurs amis, et qu'ils
lui avaient donné la plus grande publicité possible. On conçoit dès lors que le séjour de
Senlis n'ait plus offert, soit à Jean de Jandun, soit à ses amis, une sécurité suflisante : il
s'agissait, en effet, non-seulement d'une peine disciplinaire, mais bien d'une intervention
du bras séculier contre les fauteurs et pro[)agateurs des doctrines condamnées : ut vel illos
censura; suce mucrone ferirel , veljudicis secularis gladio feriendo» denuntiaret, disait la Faculté
de théologie, eu faisant rechercher les traducteurs du Difensor paci» ^^K
Ce ne fut qu'en 1 33o , c'est-à-dire trois ans après la publication de la bulle de Jean XXII ,
que la Sorbonne prononça son arrêt. On pourrait en inférer que Jean de Jandun ne quitta
pas sa retraite avant de se sentir directement menacé; mais il résulte de l'interrogatoire
de François de Venise qu'en 1828 il était déjà parti pour l'Allemagne, puisqu'un des
principaux griefs articulés contre ledit François, c'était d'avoir prêté de l'argent aux deux
excommuniés, au moment de leur départ, fait qu'il avoua, tout en le rejetant sur d'autres
personnes. L'excommunication, même sans peine coactive, avait suffi pour chasser de Senlis
le complice de Marsile de Padoue.
Lrtir
pour r
On comprend un peu moins pourquoi il s'était rendu dans cette ville dès i3a3, car la
publication du Defensor pacis ne date que de i334. Mais, puisque nous en sommes réduits
aux conjectures, il n'y a pas d'invraisemblance à supposer que Jean de Jandun, dont on
soupçonnait déjà les tendances, et qui se sentait peut-être surveillé de trop près à Paris,
soit allé chercher à Senlis un lieu et des circonstances plus favorables à la propagation de
ses doctrines, un abri contre les mesures (ju'il pouvait redouter, enfin un peu plus de
calme et de secret pour la composition du livre auquel il mettait alors la dernière main.
Pourquoi fit-il choix de Senlis plutôt que de toute autre ville? Il y a de ce fait plusieurs
explications au moins plausibles. La première et la plus naturelle, c'est que le palais
épiscopal de Senlis pouvait être considéré à bon droit comme un lieu de refuge |)our les
universitaires in([uiétés ; en effet, depuis près d'un siècle, la charge de conservateur apos-
Sqoar
ilr Snu àe imnimm
i Sni<%.
''' V. Le Clerc résume ainsi in grande querelle
fies doux ijouvoii-s. tlont l'affaire de Jean de Jandun
ne fui qu'un incident : "i^a première fois, l'attaque
■«•fui violente, et elle le panil davnntog'e encore,
f parce qu'elle al!ajtis(]u'h l'insulle; mais on ne s'é-
-tait (•ependaiit pas encore écavUS des longues lia-
-l)iUides du respect pour l'figlise; dans le Pontife,
-riiomme seul, l'ennemi du roi Philippe fut mal-
••Irailé... !,a niellée confuse des dernières années fui
"bien plus dangereuse... Les (écrits, qu'on peulregnr-
-der, avec les excommunications, comme les armes
"des comballanls, prennent, h leur tour, quand le
irschisme éclate, un autre caractère... L'assaut n'est
^poinl dirigé contre un seul pape; c'est le pouvoir
"pajjal qui, sous les divers noms d'Urbain \ I ou de
tCItîment VII , de Boniface IX ou de Benoit XIII . est
"(lélri par les divers partis. Ciuillnume Okani, Mi-
n chel de (^dsène . Jean de Jandun , et plus tard Gerson .
"Clamanges , n'ont jwint les mômes doctrines; mais,
rcomme ils ont toujours un pape à coml»attre. leurs
ff dissidences, qui paraissent secondaires parmi de si
(^grands ictérùts , se perdent dans les cris unanimes
ffde haine et de malédiction que Lullier n'a point
rsurpassés.i {Hitt. litt. dtlaFranct, t. XXIV, p. 9.)
nisT. — I.
10 DOCUMENTS ET ECRITS OIIICINAUX.
tolique des priv litiges de l'Universilë de Paris appartenait aujt .?v<>quesde Scnli». En laSa,
le pape Innocent IV avait cru devoir conférer ce titre à Adam de Chanibly, qui ocfupail
alors le siège de Senlis, et notifier par des lettres spéciales sa décision à tous les maîtres
et écoliers. Les termes dans les(|uels le Souverain Pontife investit Adam de Chambly de
cette mission prolectrice sont des plus explicites : FratemiUtti tute, dit Innocent IV. /m-
apostolica scripla, mandamus quatenus magiilro» et tcholares non permitbu ah uUquibuM inJebite
tnolestari. Et non-seulement le Pape ne veut pas qu'on maltraite les maîtres ou les étu«lianl«.
mais il défend absolument d'excommunier, d'interdire ou m^me de 8us|>pndre des hommes
qui s'appliquent à l'élude si attrayante de la sagesse, dantet opérant Mpienùœ qiur plurimwm
nos dekdat; il se rapj)ellc qu'il a été étudiant lui-même, no* aliquando diKtplmi* tcholatheU
insudantes, el il conq)te sur l'évéque de Senlis pour mettre ses chers universitaires à l'abri
de toute molestation'".
Nous ne trouvons pas de mention particulière pour les quatre évoques Robert de la
Houssaye, Robert de Cressonsart, Gautier de Chambly et Pierre Cailleu ou Quaillou. qui
se succédèrent sur le siège épiscopal de Senlis après In mort d'Adam de Chambly; mais on
constate qu'en i3o8 Gui de Plailly a pour auxiliaires, dans son oITire de conservateur, les
évéques de Meaux et de Reauvais, que Clément V lui avait assori»'-* par la bulle Sane Ji-
lectorum'^^K Dix ans plus tard, nous retrouvons l'évêque de Senlis, Pierre Rarrière, investi
seul des fonctions de conservateur; c'est à lui que Jean Wll adresse la bulle Aferlmm
eorum, dirigée, dit Du Roullay, contra moletUitoret inivenibiti*. Le Pontife, plus explicite
encore qu'Innocent IV. veut qu'on accorde aide et faveur aux universitaires inquiéti'>$. o/h-
portuni prœsidio favoris assistere ; et, |>our témoigner toute l'importance qu'il attache à celte
question, il fait suivre cette bulle d'une seconde, qui fut publiée à quatre mois de distance,
et qui commence par les mots suivants : Se profectum illorum ^'.
Il dut donc sembler tout naturel au |>rofesseur du collège de Navarre d'aller demander
asile et protection au conservateur des privilèges du corps enseignant; et tout |>orte à croire
(|ue les sympathies de Pierre Rarrière étaient acquist^ de préférence aux universitaires dis-^
sidents, puisque nous le voyons, en iSag. c'est-à-dire deux ans après la condamnation «le
.Marsile de Padoue, sommé de souscrire à la bulle Parisiente siudium, qui restreignait m-s
pouvoirs en même temps que les privilèges de l'Université. Les deux bulles de 1 3 1 8 étaient
surtout dirigées contre les ennemis des étudiants, contra moleslatore»; celle de i.3a6. au
contraire, a pour objet de réfréner les maîtres cl tVoliei-s r|ui abusent de leurs privilèges.
magistros vel scholares abusores. On comprend «pic l'éx^que de Senlis ait attendu quatre ans
avant d'y adhérer, mais on s'explique également que le Pape ait cru devoir donner* un
second mandat de conservateur à Gille de Ponloise, abbé de Saint-Denis, et que l'abbé
de Sainte-Geneviève ait cité le prélat retardataire à comparaître devant l'Lniversitè as-
semblée aux Malhurins, pour y prêter le serment exigé. Pierre Rarrière donna probable-
ment quelque satisfaction aux exigences du Pape et des universitaires, car le titre de con-
servateur ne lui fut point retiré. Toutefois, l'un de ses successeurs. Robert de Plaillv, dut
publier, en i34i, la bulle Fréquenter ex inultorum, dans laquelle Renott XII intimait aux
'" Du BoiiUay, HistoriaUniversitalU Paris. 1. 111, •' Hitt. Unicert. Pari*, l. IV, p. 1 13.
P- aia. »' Hitl. Unirer*. Pari*, t. IV, p. i8o.
ELOGES DE LA VILLE DE PARIS.
11
conservateurs des privil(5ges de rUniversit/; l'ordre de ne pas les oulrc-passer : Ne uterentur
uhra formam in ei.idem contentam, dit le Gnllta cltrtutitinn.
Jean de Jandun connaissait Irès-prohahliinient les dispositions de Pierre Barrière; il
savait qu'il trouverait à Senlis, indépendamment de la protection épiscopale. l'appui de»
ordres mendiants, qui y étaient fort bien représentés, puisque la ville possédait alors des
Cordeliers, des Capucins et des Carmes, sans compter les couvents de Franciscains épars
dans le diocèse. 11 pouvait, en outre, espérer que le concile de la province ecclésiastique d*-
Heinis, dont la convocation était prochaine, ne répudierait pas complètement les doctrines
de Marsilc de Padoue. Sous ce rapport, ses espérances lurent trompées; le concile se tint
à Senlis même ; il l'ut présidé par l'archevêque Guillaume de Trie , et l'on y vit siéger, à côté
de Pierre Barrière, Gérard de Courtonne, évoque de Soissons, Albert de Roye, évêque de
Laon, Jean de Marijjny, évéque de Beauvais, Pierre de Latilly, évoque deChâlons, et Fou-
cault de Rochechouart, évoque de Noyon"'. Les doctrines relatives au pouvoir temporel
ainsi qu'à la pauvreté du Christ n'y trouvèrent pas de défenseurs, et le séjour de Senlis
<levinl dès lors aussi dilTicile pour Jean de Jandun que l'était déjà celui de Paris. Les
théories du Defensor pacis étaient censurées partout, excepté en Bavière; les conciles pro-
vinciaux d'Avignon, de Marciac, de Ruffec, de Toulouse, avaient adhéré à la bulle de
Jean XXII; l'Université seule hésitait encore, mais il était facile de voir qu'elle allait être
entraînée dans le mouvement. La position n'était plus tenable pour Jean de Jandun; tous
les a])puis lui man(|uaient h la fois; la royauté elle-même, qu'il croyait avoir intéressée à
sa cause, semblait l'abandonner à ses ennemis. Selon toute apparence, il quitta Senlis
peu après la promulgation des décrets du concile, et l'évêque Pierre Barrière dut lui mé-
nager le moyen de se retirer en Allemagne, seule contrée où il pût encore trouver un asile.
Quoi (pi'il en soit, après le procès de François de Venise et l'arrêt de la Sorbonne, il
n'est plus question de Jean de Jandun. Retiré on Allemagne'- , sous la protection de Louis
de Bavière, il consacra probablement les loisirs de l'exil à la révision des traités philoso-
phiques qui avaient fait sa réputation à Paris, et à la composition de nouveaux ouvrages.
H avait dû emporter dans sa fuite ses manuscrits, et en particulier son Eloge de Paris:
ObmiU
''' Les (l(?prcls du roncilo do Senlis ne font pns
mention des doctrines relatives au pouvoir teniporei
et à la pauvreté du Christ; ils sont muets également
sur la |)crsniuic de Jonn de Jandun; mais nous trou-
vons dans les actes du concile de Marciac , qui pré-
céda de ([uclques semaines seulement celui de Senlis ,
mi titre spécialement consacré nttx mesures protec-
trices h prendre en faveur de ceux qui implorent la
pi"otecli()ii du cierge; c'est le litre \1 [De confugien-
libus ad Ecclesiam).
'' Indi'pondaiimicnl dos raisons particulières
qu'avait Jean do Jandun pour choisir cette retraite,
il existait alors des motifs généraux assez puissants
pour engager les universitaires de Paris à chercher,
dans l'occasion , un refuge au delà du Ithin. L'Al-
lemagne était une des quatre nations de la Facidié
des arts; de plus, dit V. Le Clerc, «ries deux peu-
ff pies s'étaient depuis longtemps rapprochés. Citcaux
ffétait en comnumauté de prières et d'inlérét,* avec
fies nombreux monastères germaniques. Alt)ert le
(f Grand avait professé à Paris. Voici maintenant
ff Henri de Hesse, Albert de Prague, Allnrlde Ho-
rcheuberg. Marciled'highen. l'Irich il'Au(p<bourg.
r Henri de Minden, qui prennent part à l'enseigix^
nroent et aux dignités de nos écoles. Nos docteurs.
<th leur lour. dans leur existence (nniltlée. comme
rJcan de Jandun, Gerson, et plus tard Itanms, ont
<t recours h l'hospitalité d'un pays qui avait prolité
rde leurs leçons.» (//«/. lia. de la France, I. XXI\ ,
p. 5i4.)
12 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
c'est sans doute pour cette raison que, depuis plusieurs siècles, ce dernier écrit fait partie
des collections de la Bibliothèque impériale de Vienne, ainsi que nous le dirons plus tard.
Nous avons vainement cherché à en savoir davantage sur le séjour de Jean de Jandun en
Allemagne; les savants les plus autorisés, et en particulier M. le Iwron de Mùnch-Belling-
hausen, conservateur de la Bibliothèque Augu»la-Paklina, n'ont pu, malgré tout leur
bon vouloir, nous renseigner plus exactement. S'il faut en croire le témoignage de maître
Richard Barba, que nous avons déjà cité, l'ami de Marsile de Padoue aurait existé encore
en 1876, c'est-à-dire quarante-neuf ans après son départ de Paris; il cAt été alors plus
qu'octogénaire. Ce qui paraît assez vraisemblable, c'est que les docteurs de Paris n'avaient
pas conservé de relations avec lui, et qu'ils le supposaient vivant au moment de l'interroga-
toire que leur fit subir le chancelier de Notre-Dame. Correspondre avec un excommunié eût
été, à celteépoque, chosefort compromettante, et les confrères deJean de Jandun ne purent
ou ne voulurent fournir sur son compte que des renseignements de date très-ancienne.
("irconslancps
ilari
Voici maintenant à quelle occasion ont été écrits les deux Eloges dont le texte va suivre.
lesquelles ou; éic âriis Jcan de Janduu était donc retiré à Senlis, lorsque, le 3 juillet i3a3, ainsi qu'il nous
oge». l'apprend lui-même à la fin de son ouvrage '", il reçut d'un de ses amis particuliers une
lettre dans laquelle on lui disait, en employant les termes de l'école : «Avouex-le, être à
«Paris, c'est exister dans le sens absolu du mot (^timpliciUr); être ailleurs, c'est exister acci-
«dentellement, à certains égards (^tecundum quid);n ce (|ui signifie en langage ordinaire :
fetre à Paris, c'est vivre; être ailleurs, c'est végéter ^. Jean de Jandun crut sans doute ou
qu'on le raillait dans le monde universitaire ou qu'on s'y réjouissait de sa disparition;
aussi, pour braver ses détracteurs, répliqua-t-il en employant l'une des formes usitées
alors pour les actes publics et pour les notifications aux écoles : Noverint unitmi... ^.
Sa réponse est moins une lettre qu'une sorte de manifeste tour à tour agressif et circons-
pect. 11 y justifie l'existence d'un honnête homme à Senlis, décrit les agréments de cette
ville, la fertilité du territoire environnant, l'abondance des vins qu'on v récolte et l'excel-
lence du pain qu'on y fabrique. Il vante, en outre, la propreté des rues pavées, la salu-
brité de la température, les qualités aimables et solides des habitants, la beauté des foréU
voisines , etc.
Un certain personnage, ennemi de l'auteur, eut connaissance de cet éloge, composé
peut-être à son intention; il y vit une bravade ou tout au moins un parallèle injurieux
"' C'est dans la quatrième partie de l'Éloge de
Paris que se trouve l'Éloge de Senlis , prétexte de
toute celte polémique. Régulièrement, ce morceau
aurait dû être placé en tète du manuscrit, puisqu'il
contient la formule de notification et l'exposé des
circonstances qui ont engagé l'auteur h prendre la
plume ; mais il est probable que Jean de Jandun n'a
pas voulu fournir de nouvelles armes à son adver-
saire, en donnant à Senlis la place d'honneur, et
qu'il a cru devoir rejeter prudemment l'éloge de
cette ville à la fin de son ouvrage.
'*' Cette pensée a été souvent exprimée depuis ;
Gresaet notamment l'a formulée dans ce vers bien
connu :
Oo ne vit qu'A Pam, et l'on légHe ailknirt.
( t« JMkaaI. «d* m . Mte» n.)
''' Elle répond h une des anciennes formules
françaises : ifOn fait assavoir; sachent tous.-' On
trouve également, dans le /?«■. du Ordonn. roy.
dans Du Boullay, etc. : irNoveril universitas vestra,
<rNoveritis, Notum facimus, Pateat universis, etc.»
ELOGES DE LA VILLE DE PARIS. 13
pour Paris; aussi dcrivil-il sur le ton laudatif le plus exa(i[(^ré, dans un style obscur et
prétentieux, un panéjjyricpie où il inetlait Paris incomparablement au-dessus de toutes le»
autres villes. Il reprochait en outre à Jean de Jandun son in(jratitudc envers cette jiatrie
commune des Français et des étrangers, le persiflait de n'avoir pas compté parmi les agré-
ments de Senlis les myriades de mouches, les grenouilles avec leurs concerts harmonieux, et
finissait par se démas([uer en appelant sur la tête de son ennemi les foudres de la vengeance
divine.
Celui-ci crut devoir protester contre des interprétations qu'il avait peut-être provoquées.
11 eût mis sans doute moins de chaleur dans sa réponse si les menaces dont il était l'objet
ne lui eussent rappelé l'animosité de ses adversaires et les périls de sa situation. A une
attaque violente il répondit en usant de beaucoup de ménagements envers son contradic-
teur; mais il tint à lui prouver qu'on pouvait, sans cesser d'être juste à l'égard de Senlis,
faire de Paris un éloge complet, justifié par des faits positifs, oii l'on ne se bornerait pas
«à des métaphores pompeuses, à de vagues généralités qui ne disent rien à l'esprit. n En
conséquence, il composa un Traité, qui affecte également le ton du panégyrique, et dont le
style est souvent obscur et déclamatoire; toutefois c'est une œuvre plus sérieuse el mieux
raisonnée que le factum passionné du Dictateur. Nous ignorons quelle impression elle pro-
duisit sur l'esprit de cet irascible personnage.
Le premier des deux Eloges a pour tout mérite d'avoir provoqué l'écrit de Jean de aui.»
Jandun. Nous avons dit plus haut qu'il ne renferme que de pompeuses banalités, et n'a î^m-r Éi«g».
d'autre but que de rendre odieux l'ancien professeur du collège de Navarre : le lecteur en
jugera.
Quant au second traité, divisé par l'auteur en quatre parties, nous allons le faire con- rmitaii ftn
naître en résumant les principaux faits qu'il contient.
Dans la première partie, chacune des quatre Facultés, dont la réunion composait l'Uni-
versité de Paris, est le sujet d'un chapitre séparé. Celle des arts, comme la plus ancienne,
occupe le premier rang; elle était établie, depuis longtemps déjà , dans la rue du Fouarre '".
L'auteur, après avoir indiqué les études auxquelles on s'y livrait, fait l'éloge des sept arts
libéraux et des diverses parties de la philosophie, «qui répand ses lumières dans toutes
R les âmes dignes de les recevoir. ->
Au second rang est la Faculté de théologie, établie dans la paisible rue de Sorbonne,
■«où des maîtres pleins de vertu, par de fréquents exercices de lecture et de dispute, éclair-
«cissent les écritures de l'Ancien et du Nouveau Testament, et s'efforcent, par de fréquentes
«prédications, d'enraciner dans les cœurs ies vérités de la loi divine, n
<'' Au sujet des écoles de la rue du Fouarre et Paris, J. V. Le Clerc, mort depuis peu, travail qui
de leur état vers la fin du xiu' siècle, nous signale- fait partie du tome X\! de VHUloire litténtirt de U
rons, entre autres docunienls. le remai-qualile Ira- France et qui a pour litre : Siger de Braient et le*
vail du savant doyen de la Kacuilé des lettres de école* de la rue du Fouarre.
<)■ Mmàkm tUf-
1/, DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
En troisième lieu, l'auteur nomme la Faculté des décrets et des décrélales, établie dans ia
rue du Clos-Bruneau. Cet enseignement, comme il le remanjue, était fort im|>ortant pour
l'administration des églises; c'était, en effet, un cours de droit ecclésiasti(|ue. Le droit civil
n'était pas enseigné alors à Paris; plus d'un siècle après cette époque, en i/i5i, le poète
Astesan, dont nous publions plus loin l'œuvre encore inédite, nous dit que les Français,
c'est-à-dire les habitants de l'Ile de France, et en particulier les Parisiens, ne s'inquiétaient
pas du droit civil. L'Université fondée à Orléans dès i3o6, et confirmée par Philippe le
Bel en i3i9, remplaçait à cet égard celle de Paris'".
Vient enfin la Faculté de médecine, dont l'auteur n'indique pas le siège, et qui n'était
pas encore fixée rue de la Bùcberie®. Il en dit peu de chose, et nous peint seulement les
médecins allant par les rues, revêtus d'habits précieux «et la léte couverte du bonnet doc-
toral. ^ Il ajoute que les apothicaires demeuraient tous sur le tri$-cHèbrt Petit-Pont ou aux
alentours, et qu'ils avaient soin d'étaler aux regards les vases qui renfermaient leurs médi-
caments.
Déuiu En donnant au Petit-Pont l'épithèle de très-célèbre, Jean de Jandun fait sans doute allu-
"" " ''"'"''°"' sion à une époque antérieure à celle où il écrivait, et qui nous reporte aux premiers temps
de l'Université de Paris, c'est-à-dire à la seconde moitié du xn' siècle. II résulte de certains
vers latins, dont un sous-prieur de l'abbaye de Saint-Victor à Paris, nommé Godefroy, est
l'auteur, qu'à cette époque le Petit-Pont était habité principalement par les élèves et les
professeurs d'une des sectes de philosophie scolasliquc (|ui se partageaient l'école. Godefroy
donne, au sujet de la construction et de l'état matériel du Petil-Ponl, au m* siècle, des
détails curieux, signalés par l'abbé Le Beuf. qui, le premier, a cité ces vers. Il nous apprend
que les disciples d'un nommé Jean avaient fait bâtir ce pont à leurs dé|>ens, qu'ils y po.s-
sédaient chacun une maison, et qu'on les appelait Ut Parri-Pontint. Il donne, en outre,
sur l'étal matériel de ce pont des détails utiles à faire connaître. Voici la traduction de ces
quatrains : <^De$ hommes ont construit un pont de leurs propres mains et ont créé un pas-'
«sage commode au-dessus du fleuve; ils y ont établi des maisons pour chacun d'eux; et
R c'est de \k qu'ils ont pris le nom d'Imbitant* dupant [Parri-Pontin»), Les matériaux n'en sont
«pas moins beaux que l'architecture; le dessous du pont est formé de piles en pierres tail-
r. lées, et cette solide structure est appuyée sur des colonnes fortes comme l'airain, qui
«défient à jamais tous les chocs. Le dessus du pont est garni de pavés bien unis, décoré
«d'enseignes d'or et d'argent (dorées et argentées), muni des deux côtés de murs assez
«élevés pour que la foule inexpérimentée n'ait pas de chute à redouter. Mais il y a aussi
«des saillies ou ouvrages extérieurs [exedras), au moyen desquels on peut voir leau du
«fleuve et en sonder la profondeur cachée. Quelques-uns viennent se livrer aussi en cet
«endroit au plaisir de ia natation, et rafraîchir leurs membres brAlés par les artieurs de
«l'été. Là se tient une école de docteurs vénérables, éminents par leur science et leur.--
'■' Voir plus loin le texte du poëme d' Astesan. sesl installée dans celle nir. (Voir le curn-ux opav-
veis 21 3. cule publié en i866 par M. Achille Cbëreau. sous
'> C'est seulement au milieu du xv' siècle que ce litre : \otiee «iir le$ anciennes éeoh» de méJeeme
lEcole de médecine, jusque-là sans domicile fixe. de la ne de la Bùekerie, etc. Paris . in-8*."i
ÉLOGES DE LA VILLE DE PARIS.
15
«mœurs, qui instruisent les populations ifjnoranles. ?leureux le peuple qui a de tel»
r- maîtres "". »
La seconde partie de cet Éloge, divis(5e en dix chapitres, est la plus curieuse pour l'his-
toire de notre capitale. Dans le premier chapitre, l'auteur parle des églises en général; il ne
s'arrête en particulier que sur Notre-Dame et la Sainte-Chapelle, qu'il appelle simplement
la Chapelle royale. Notre-Dame est, suivant lui, le plus grand , le plus imposant, le plus mer-
veilleux monument qui existe, par la magnificence et la hauteur de ses tours, par cette suit»*
si compli(juée de voûtes latérales inférieures et supérieures , ces nombreuses chapelles si bril-
lantes placées dans tout le pourtour de l'église, ce crucifix dont les bras étendus séparent le
chœur de la nef; ces deux grandes roses, opposées l'une à l'autre, parfaitement semblables,
(!t dont les vitraux brillaient alors, comme encore aujourd'hui, de couleurs si vives et de
lij'ures si riches et si variées. La Chapelle royale, dite plus tard Sainte-Chapelle, située dans
rintcricur du Palais, se fait rcmarcjuer par sa structure solide, par le fini de ses pein-
tures, ses images dorées, la transparence de ses vitraux, les riches ornements de ses autels
et de ses châsses, au point qu'en y entrant «on se croit ravi au ciel et introduit dans un»*
« des plus belles chambres du paradis. » Mais l'auteur ne dit rien des objets vénérés pour
lesquels saint Louis avait fait construire la chapelle du Palais : nous voulons parler des
reliques, dont on trouve dans le poëme d'Astesan une énumération très-complète.
Le second chapitre contient la description du Palais qui était alors le siège de la royauté,
et oîi se tenait le Parlement, rendu sédentaire à Paris depuis i3o9 seulement. L'auteur
indique dans la Grande Salle les statues des rois de France, et la table de marbre « dont la
DtmMiimt fttm.
' ' DE PARVI PONTANIS.
Quidam poiilum miinibcis suis cxtriixcriint,
El ppr nquas facilem transitum fccurunl,
In quo sibi singiill doinos statucrunt;
Undc poiitis incole iiouicii accepcTuiit.
Deceiis est matoria, dcccns est figura;
(]uhicoruiii lapidum sub est quadraturu;
Stat coUimpnis ciicis sulida structura,
Nallis œotioiiibus uniqiinm ruitura.
Paviincntis dcsuper opus est poliluni.
Aureis ar(;enteis si|;riis insigiilluin.
Editis Intei'ibus iindiipic niunituui,
Ne ruinaui timcat vul|;u8 irapeiituiii.
Sed et habet eiedras per quas speculantur,
Et latcuteiii fluinlnis fuiidum prrscrutaiitur.
Alii nalatibus ipiuquc delcdaiitur,
Et estivis sulibus usii recrenntur.
Venorandus sedet hic ordo seniorum
Et doctrine gratia prcniiiicns et iiioruin.
Simpliccs erudiunt lurbas pnpuluruiii.
0 beatus populus talluiii rccturuni !
L'ai)!)!' Lo l\c\i{ (Dissci-talioiis mir rilistoirc eccU-
Kiastiiiue et ciiile de Parig , etc. l'tiris, 17/11, in-ia,
3 vol. t. H, p. qSi : Notice des différentes secten de
Philosophes qui èloieiil <) Paris au xii' siècle, etc.)
donne les vci^ que nous repix)duisons ici. après les
nvoir collationiiés sur le manuscrit original (Bi-
bliothèque impériale, fonds Saint-Victor 91a. olim
1198). M. l'ahbé Dufour nous a signalé cp cu-
rieux passage, i'arnii les liisloiiens nio<lernes de
Paris, Dulaure l'avait connu et indique d'après
l'nbbd Le Reuf. mais sans re|)roduire les vers {His-
toire de Paris, l. 11, p. i3i de l'édition in-ia.
Pari», t8a5). Pendant tout le xiu* siècle, le Petit-
Pont est resté célèbre. Après les diutes successives
survenues en 1196, iJoti, laSo. tjgO, et qui en
fuiiièreiit les maisons, malgré les assurances don-
nées parGodefroy , les pliilosoplies Parvi-l'ontins fu-
rent remplacés par des marrliaiids de tout genre.
Joinville . qui éirivail quinze aniiiVs à peu près avant
Jean de Jandun , dit en priant de l'incendie allu-
mé par les Sairasiiis citasses de Damielte dans le
bazar 011 étaient entass^ies toutes sortes de mar-
chandises : iT il advint de cette chose comme si qnel-
Tipiiiii demain (dont Dieu le ganle!^ mettait le
irfeu au Petit-Pont. 1 {OEuerts de JoiHrille , édit. de
M. Nalalis de Wailly, Pari». 1867. in-8*. p. 109.)
— lîuillebeit de Metz , que nous publions plus loin .
donne t^aleiiieut une description du Pelit-Pont.
16 DOCUMENTS ET ÉCHITS OHIGINALX.
«surface polie est illuminée par les rayons du soleil couchant.» Là, des deux côtés, dit-il.
sont assis sur des sièges élevés des hommes d'état, maîtres des recjuétes ou notaires du Roi.
La position occupée dans le Palais par le Parlement est désignée avec soin : dans la (iraml'
Chambre, dont l'entrée est au nord du Palais, "- siègent ces hommes d'une prudence toujours
«éveillée, que l'on appelle les maîtres du Parlement, occupés sans cesse à rendre des scn-
«tenccs, suivant la justice, sans acception des personnes, et toujours incorruptibles.»
Le troisième chapitre est consacré aux édifices civils : l'auteur ne donne de détails que
sur les Halles, qu'il appelle Aulœ Campellorum (les Champeaux). Il est ici tout à fait ori-
ginal; c'est le seul écrivain d'une date reculée qui nous transmette des détails aimndantj.
et circonstanciés sur les Halles, lesquelles ressemblaient fort, à cette époque, à ce que l'on
nomme de nos jours un bazar. Il s'excuse d'abord de ne pouvoir décrire tout ce qu'il a vu
dans les bàlimenls des Halles des Champeaux : aux salles inférieures, des quantités innom-
brables de draps plus beaux les uns que les autres; des fourrures, des soieries, des étoffes
faites de substances étrangères , dont il ignore le nom latin. La prtie supérieure de l'édi-
fice forme une immense galerie, où sont exposés tous les objets qui servent tant à l'ha-
billement (|u'à la parure: couronnes, tresses, bonnets, peignes, besicles ou miroirs, cein-
tures, boucles, bourses, gants, colliers, etc. Ce spectacle merveilleux méritait, pour #tre
connu et apprécié, d'iMre vu non pas une ou deux fois, mais tous les jours, sans pouvoir
jamais lasser la patience ou satisfaire pleinement la curiosité. L'auteur tennine ce cha-
pitre par quelques mots sur les hôtels des rois, comtes, ducs, chevaliers, barons el
prélats : ils sont si vastes, si nombreux, assure-t-il, que, sans compter les autres maison.^,
ils pourraient, à eux seuls, former une très-grande ville
Dans le quatrième chapitre, Jean de Jandun parle des artistes et ouvriers de tout
genre qu'il considère comme le complément indispensable du corps |K>lilique, doctrine
des plus libérales, qu'il emprunte d'ailleurs à Aristote. Ils sont en si grand nombre.
dil-il, qu'il n'y a pas deux maisons de suite qui n'en soient peuplées. Il énumère ensuite,
sans ordre et sans donner de détails, la plupart des industries alors en usage : le» images
peintes, sculptées ou en relief, le travail des selles et harnais, des épées, lances, arcs,
flèches, boucliers, cuirasses, casques et autres amies. Il ajoute, à propos des boulangers,
un détail d'autant plus curieux qu'il est encore exact de nos jours : tant à cause de la ma-
nière dont ils travaillent, dil-il, que du grain et de l'eau qu'ils emploient, ils savent donner
au pain une ([ualilé supérieure et une délicatesse que l'on chercherait vainement ailleurs.
11 indique encore la fabrication des vases d'or et d'argent qu'il place principalement sur
le Grand-Pont, où l'on entend, dil-il, retentir les marteaux tombant en cadence sur
l'enclume. Les parcheminiers, les écrivains, les enlumineurs, les relieurs tenninent celte
nomenclature un peu sèche.
Au chapitre cinquième, l'auteur essaye de dépeindre le caractère moral et physique des
Parisiens. Us sont généralement modérés, dit-il, mais, s'ils s'écartent de la ligne du milieu,
ils deviennent plutôt irascibles qu'apathiques; ils ont de l'affabilité, et. s'ils pèchent par
excès, ils se montrent plutôt calmes et froids qu'insolents ">. Les Parisiens et la plupart des
Français sont enjoués: mais ils tombent plutôt dans la bouffonnerie que dans la rusticité.
'•■'' Celle apparenle contradiction n'-sulle des termes mêmes de Jean de Jandun. (Voir a* part. ch. v.i
KLOGES DE LA VILLE DE PARIS. 17
francs et ouverts, ils deviennent quel(|uefois vantards. Ils ne .sont ni trop grands, ni trop
petits, ni trop forts, ni trop faibles, également capables des fonctions civiles et des fatigues
de la guerre. Les femmes, w malgré les rechercbes de leur parure et les beautés ineffables
"de leur visage, sont honnêtes. Si quelcpies-unes se sont écartées des voies de la sagesse,
r je prie Dieu qu'il les y ramène! » s'écrie notre auteur, non sans une légère pointe d'ironie.
Au sixième chapitre, Jean de Jandun parle, mais trop .succinctement, de la Seine et
du commerce dont ce fleuve était depuis longtemps une voie importante. Il énumère les
principales denrées qui faisaient l'objet de la navigation : les vins, le blé, le foin, l'avoine,
le sel, lo charbon et le bois.
Dans le septième chapitre, l'auteur fait mention des boissons et des vivres; mais il ne
dit à cet égard que d'insignifiantes généralités. Le site de Paris, ajoute-t-il, cl même celui
de toute la France, est admirable par son heureux climat, qui est tempéré entre l'excès du
chaud et du froid. Ce climat exerce une influence bienfaisante sur l'esprit des habitants.
Tel est le fond du huitième chapitre. Le neuvième et le dixième se composent d'un résumé
du livre en forme d'épilogue, et d'une énuméralion, en forme de tableau, des titres pom-
peux que l'auteur donne au roi de France.
La troisième partie de l'opuscule est employée ii réfuter longuement, et avec les subtilités Ti.
de l'école, quelques assertions de l'adversaire: c'est ce que l'auteur appelle les inconséquence»
renfermées dans le discours du Dictateur.
rr*rt.
La quatrième n'est que l'Lloge de Senlis, qui a donné lieu à toute cette polémique et ontrito*
qui en est réellement le préambule.
Le style de Jean de Jandun est souvent très-obscur : il a fallu que M. Taranne, qui le sitI».«
premier a établi le texte original, eût une grande connaissance de la latinité scolastique
pour éclaireir maints [)assages. On sait qu'il est dillicile, et quelquefois impossible, de dé-
terminer le sens que les docteurs du xiv' siècle attriliuaient à tel mot latin, qui de nos jours
n'est plus interprété de même '". Aussi M. Bruel , archiviste paléographe . chargé de préparer
'■' Voici le jugement, un peu sévère, porté par
V. Le Clerc sur la valeur littéraire du groupe
d'honinies auquel appartient Jean de Jandun :
rDans leurs œuvres latines, où ils se servent d'une
"langue qui est celle de leur vie tout entière, où
cnous recevons immédiatement l'impression de ce
frqu'ils ont dû penser en latin, il est bien rare
"(pi'inie page moins pédantesque, moins hérissée
trde citations et de fonnules, se rapproche assez
«•des exemples de composition et de goût laissés
«•par les maîtres, pour nous faire comprendre le
"Succès de quelques hommes qui eurent, même
iT comme écrivains, une renonnnée éclatante, et
"qu'on ne peut plus lire aujourd'hui. Le crédit
ttilont ils jouirent alors s"explique-l-il mieux par In
"Supériorité morale, par le caractère, par leur rAli-
"dans l'histoire de leur temps? Nous ne le croyons
"pas non ]>lus; il nous semble qu'il y a toujours
"quelque chose à regretter dans ces penoonages
"qui, de l'humble obscurité de l'école, se sont
"élevés sur la sct'ne du monde. Jean de Jandun.
"Guillaume Okam, François de Mayrouis. Jean
"Buridan, n'ont jwinl do qualités qui égalent l'em-
" portement de leurs passions Ihcologiques ou po-
"litiqucs. Même au temps de la plus grande auto-
"rité des docteurs de Paris ils ont pu avoir
"assez de mérite |K)ur sortir de la foule, mais pas
"assez |M)ur acquérir une rt'putalion durable dans
"l'Église ou dans l'Etat. i> {Hi»l. litt. de la France,
t. \X1V. p. 369.)
\nleur historique.
Manuscrils
ilc!> deux Eloges.
MaïuiM-rit <le Paris.
18 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX
la traduction de ce latin |)rélentieux, entortillé et assez barbare, a-t-il eu à lutter contre
des difficultés sans nombre. 11 lui a été recommandé surtout de se tenir le plus près pos-
sible du texte, afin de laisser si cette polémique, conduite d'après les habitudes de l'école,
toute son emphase et toute son orifjinalité'*'.
La première partie de cet Élofje, consacrée à l'Université de Paris, est écrite dans un
langage très-scolastique et remplie d'indications précieuses sur les luttes, les idées et le
style de ce temps. La seconde est de beaucoup la plus importante au jwint de vue où nous
nous plaçons. De nombreux renseignements histori(|ues relatifs à Paris s'y trouvent, en
effet, principalement dans la première moitié. La quatrième partie, qui contient l'éloge de
Senlis, renferme quelques détails curieux, par exenqile, le pavage des rues de cette ville de
l'ancien V'alois, ce qui n'était pas ordinaire au xiv' siècle, la qualité supérieure du pain
qu'on y fabriquait, et aussi la fraîcheur et la fécondité des campagnes environnantes. Si ce
n'est pas une exagération de l'auteur, qui aurait trouvé là matière à écrire une églogue
en prose ou à railler agréablement ses détracteurs, ScnlLs était jKirvenu, au xiv* siècle, à
un degré remarquable de propreté, et son territoire offrait une Ix-lle rnltnre.
On ne connaît (|ue deux manuscrits de ces opuscules, l'un à la Bibliothèque im|>érial<>
(le Paris, l'autre à In Bil)liothè(|ue impériale de Vienne. Ijc manuscrit de Paru renferme
seulement l'écrit le plus étendu, et ne porte aucun nom d'auteur; celui de Vienne con-
tient l<3 texte conq)lct des deux KIoges, avec le nom de Jean de Jandun. Il était absolument
nécessaire de l'étudier; aussi M. le Sénateur Préfet de la Seine a-t-il eu recours à l'obli-
geante entremise de LL. Exe. les ministres de l'instruction publique et des affaires étran-
gères pour obtenir l'envoi de ce manuscrit à l'Hôtel de Ville. Aussitôt que S. Exe. l'am-
bassadeur de France à Vienne eut exprimé le désir qu'il était chargé de transmettre.
MM. les conservateurs de la Bibliothèque impériale de Vienne, autorisés par le ministre
compétent, mirent le plus grand empressement à y satisfaire.
Le manuscrit de la Bibliothèque impériale de Paris forme un volume |>etit in-&*'*', com-
posé de cent soixante et seize feuillets de vélin. Autrefois relié en bois couvert de vélin
blanc, il a été revêtu depuis peu d'une demi-reliure en maroquin rouge. Il secom|)oso de
|)lusieurs traités qui ont été transcrits dans la seconde moitié du xiv* siècle.
Voici la liste de ces ouvrages :
1. Ltber Pétri Cellenti» abbatis, de Panibtu Sacre Scripture.
''> Michel Denis, qui avait lu i'Élogc de Paris,
regrettait que cet intéressant ouvrage n'eût point
encore trouvé d'éditeur : bLcs hommes de lettres,
f dit-il, connaissent parfuilement les œuvres phi-
■'losophiques de Jean de Jandun, qui sont impri-
frmées depuis longtemps. Quant b son Traité des
"louanges de Part* , pereonne n'a encore eu la
it pensée de le mettre au jour. Il mériterait d'être
tr transcrit ici en entier; mais cette reproduction
en
'^n'entre pas dans mon plan.* CepoidMit il
trouvait le style trop seolMtiqoe et la phrase
quelque peu boursoudée: c'était, à ses yeux, iu»e
œuvre de jeune homme : Slylum lamen pkrati stho-
latticajueenililerturgiàMm. (Codieesmamuer. theolog.
llibl. Palat. Vindob. t. II. a* part. col. l648, «il.
fol. 196.)
''' Ce fomiat.applicable seulement aux |)archemins.
ne doit pas s'entendre de la feuille d'impression.
ÉLOGES DE LA VILLE DE PAULS. 19
H. Notule et flistinctiones quedam morales, cum quibmdam vemibux, fol. 89.
in. De penitenlia , fol. 97.
IV. Lther quidam pcnileiiliaLi, qui corrcctor vocatur et medicus, fol. 1 06.
V. Glosa brcvu .super ejmlolas, fol. lay.
VI, VII et VIII. Sermo in die Cène, fol. i65; in Epiphanin, 167; in Annunliatione domi-
tiica, l'yo.
IX. Tractatus de laudibus urbis Parisiorum, fol. 170. Une note <?crite au xv* siècle, el
placée au verso du dernier folio, désijjne ainsi cet ouvrage: Tractatus de laudibu» Urbit
urhium, scilicet Parisius.
L'Klofje de Paris, écrit d'une main autre que celle à qui l'on doit les traités précé-
dents, commence au folio 170 r", et est daté de i3a3. Les caractères en sont fort diffi-
ciles à décliiiïrer, à cause des abréviations nombreuses et de la mauvaise qualité de l'encre,
[)rinci|)ak'nient sur les feuillets relatifs à Paris. Au bas du folio 1 r°, on lit : «Hic liber est
«Sancti Victoris Parisiensis. Quicunique (mm furatus fuerit, vel celaverit, vcl titulum i.stum
«deleverit, anatliema sil. Amen. 1 Au bas du folio i 70 r° (où commence lElojje df Paris),
on trouve ce disti(jue :
Ilic iil)er est Soncli Victoris Parisiensis.
Iiiveiiiens qiiis ci reildat amore Dci.
Ce manuscrit [)rovienl donc de l'abbaye Saint- Victor de Paris. Il porte, à la Biblio-
thèque inqjériale, le n" 6/19 des manuscrits latins qui ont appartenu à cette communauté;
sur le verso du folio 169, dont le recto est resté blanc, on lit une table des chapitres.
Le manuscrit de la Bibliothèque impériale de Vienne, qui renferme seul l'écrit du Dicta- ikanrhi 4> ik
teur anonyme, est un volume in-/i° (voir la note 2 de la pa{;e 16), aussi sur vélin, com-
posé de plusieurs parties, toutes écrites vers la fin du xiv' siècle. Les ouvrages ou extraits
contenus dans ce manuscrit peuvent se ramener aux ([uatre groupes suivants :
I. Quatre traités ou discours sur différents sujets de morale et de religion par Albert
de Brescia. Cette première partie a été écrite moitié sur papier, moitié sur vélin, par un
nonuné Jacques de Balynin, en i383. Fol. 100.
II. Sept opuscules concernant la théologie et les matières ecclésiastiques, parmi lesquels
on remarque : 1° Liber de orlu et vita béate Virginis Marie, et de injantia Salvaloris. et dt-
versi tractatus de Assumptione et transitu béate et gloriose Virginis Marie, fol. 107; a' Provin-
ciale curie romane, continens omnes provincias el omnes subjectas ecclesias Summo Pontijici per
totum orbem terrarum, copiatum anno domini m""" ccc"' xxn', fol. laa; 3° Articuli Pari-
sius condempnati pcr dominum Stephauum, cpiscopum Parisiensem, de consdio magistrorum théo-
logie, anno Domini m" ducentcsimo h.x.xvi', die dominica, qua cantatur Jérusalem; fol. lag.
III. Six traités de médecine ou d'histoire naturelle, traduits de l'arabe ou du grec en
latin, fol. i/i 1-189 ^°-
IV. Plusieurs con-stitutions des papes Clément VI, Benoît XII et Jean XXII, sur divers
sujets, fol. 190-195 v".
Enfin, le Traité de l'Eloge de Paris commence au folio 196.
Pour plus de détails sur les divers ouvrages qui compoM'iil rt- manuscrit, on jmîuI
3.
Travaux aiilérieurs :
pulilication actuelle.
20 DOCUMKNTS ET ÉCKITS OHIGINALX.
consulter Michel Denis, Codices manutcripli llteologici DMoUi. Palat. YinJoboneMtM. Vintloboiue
(Vienne), 1800, t. II, a' partie, col. i63q.
Ce manuscrit, coté autrefois R. ai 38, porte aujourd'hui le n' 4753. L'Elope de Pari>
y remplit les folios 196 à at 1. Grâce ù l'envoi provoqué par M. le baron Haussniann.
nous avons pu coliationncr le texte, ajouter en manchettes les sommaires placés en marge
par le scribe, et (|ui, pour la plupart, sont indéchiffrables dans le manuscrit de Paris, Nous
nous sommes assurés que le texte a été transcrit d'après un ori^pnal autre que la copie de
l'ancienne Bibliotln-cpie de Saint-Victor que nous avons décrite plus haut; car il contient des
additions importantes. C'est seulement dans ce manuscrit qu'on rencontre les mots : « Per
«Johannem de Genduno. » Le fac-similé ri-joint reproduit la partie du folio aog r* de ce
manuscrit, contenant Yexplicit et le nom de l'auteur, ainsi quf h- haut de la pajje du im.i-
nuscrit de Paris où se voit le tableau synoptique des titres du roi de France (fol. 1 7<J
C'est seulement dans le manuscrit de Vienne que se trouve le morceau attribué par Jean
de Jandun au personnage qu'il qualifie de Dictateur. Quoiqu'il y soit placé le dernier, nous
avons cru devoir intervertir cet ordre et mettre en première lifjne le factum qui a provoqué
la composition de l'autre. Il en résulte un peu moins de confusion dans cette suite de
compositions scolasliques, où la réponse ne se comprend qu'apn'-s .ivoir été précédée de
l'objection.
Ces curieux opuscules nous avaient été signalés vers 18&1; c'est un ancien élève de
l'Ecole des Chartes, M. Barbeu du Rocher, qui, après en avoir pris copie à Vienne, nous a
fait offre de sa transcription. Il existe une analyse de cet Éloge dans l'introduction placée
en tête de la Description de la ville de Pari» au xv" siiele, par GuiUebert de Metz, dont nous
avons donné une première édition en i85.5 '". Le texte latin a été inséré pour la première
fois en i856, dans le Bulletin du Comité de la Lanfpie, de Tïliitoire et de* Arta de la France,
publié par le Ministère de l'Instruction pul)li(|ue; il en a été fait à très-petit nombre un
tirage à part. Quelques notes philologiques avaient été mises par M. Taranne au bas des
pages de la première édition; nous en avons ajouté un grand nombre qui font des deux
Eloges une publication complètement nouvelle. Ces annotations ont été placées tantât au
bas du texte latin, tantôt au-dessous de la traduction française, selon qu'elles offraient le
caractère d'observations philologiques ou d'éclaircissement.s historiques et littéraires; elles
se suivent donc du recto au recto et du verso au verso.
'La seconde édition de cet ouvrage, précédée breuscs notes historiques et Inpographiques . fait
d'une notice toute nouvelle et accompagnée de nom- partie du présent volume.
- itM iv- JANDUN - TRAIT? DES L0UAUCK3 Dï PARU. -
1
M«i)u*cnt d« Paru (Bibl. intp. ras. Utina. tooda SMnvVictor, n* M9 )
PftC-aii&lU htfliogrftpbiqua do fol. t Va r*. Prataiwa mûitirf. — Voir U UaU imprimé, p. 6t.
f|
r
. <]u fol ftOt» r* PnwOn MokkiA — V^r I» «wta
p ttt
PREMIER ÉLOGE.
22
DOCUMENTS ET ÉCIUTS OHIGINUX.
I.
RECOMMENTATIO
CIVITATIS PARISIENSIS".
Circuivi teiian», cliinata curicta peiainbulans, a fiiiibiis luslrans solierler, el
inquirensquis, ex locis habitabilibus. in spb'iidoreet aniciiitalesui, graduscompa-
lationis excedeiis, tanla polleret pieeminenlia ut iocoruiii ceteroruin genus sup-
pellativum^*' precelleret, et signis ac virtutibus digne Paradisi nomine ineruerit
insigniii. Et ecce, sub quadani niundi tiansiens dyamelro^', valles Iransrurrens
at(|ue montes, in quibus, licel innunjera quasi dclectabiiia prima facie singulis
niichi sensibus occuriissent, figure visui cum roloribus variisel innumeris, auditui
sonorum discrimina, ceteraque gustui et uiphatui ^ laudabilia,ad locum tandem,
divino nutu declinnns, ubi me veiud in luco pascue coliocavi, natura cogenle sub
demonstratione potissima, locum michi stationis et quietis elcgi, duni in ilio
sanctitatis solio, virtus omnis amcnitatis, jocunditatis et exceilentie, omniumque
dona graliarum et virtulum incomparabili coj)ia pollcrent; meque virtule reno-
valum in virum alterum transtulit admiratio tante novitatis ut, que prius niichi
objecta fuerant, nuilius gradus pulcritudinis aut amenitatis digna forent.
In quo septem artes libérales septcm candelabra ante Deum lucentia continue
representare perpendi; a quibus omue scibile suniit exordium. Hec enirn civita-
tum mater mons est, vallis est, atque |)lanities. Ab hoc ctenim nions [eslj quare .
instar Iriumphantislberusaleni, Altissimi sapientia in sanctis montibusei>trundata.
' Daiis le manuscrit, le titre est place à la lin
du texte : E cake udsumo , dit Michel Denis, et il
ajoute, pour justifier l'addition de cet écrit : Oppor-
tune hic addita hwc recommentatio ; etl eniin illa con-
tra quant Joh. de Jamluno ciilamum gtrinjcil. (Cod.
mon. theol. Bibl. Palat. Vindob.)
•*' Suppellalwum , par allitération, pour svperla-
tivum. Le passage suivant, reproduit par d'Achery
(Spicileg. t. X, p. ûa4), d'après le Getta cotuulum
Andegav. fixe parfaitement l'acception du mot :
/m Aulùtiodorenm urbe, amUum pnfriam el rimetu
rtni scPEHLiJiri bajnùu et prtedi» mtbwrhmm poiti-
debat. Il s'agit d'un coinle de Gâtinais.
''' Ce mot. que nous traduiaoo* par ligne ou
degré, n'est employé ici ni dans le sens étymolo-
gique que lui donnent Vitruve et Columelle, ni
dans l'acception que lui prête le code Thëodosieo.
Le contexte aide à l'intelligence de celte expres-
sion.
'■ Forme altérée du mot olfactu*.
ELOGE DE LA CITE DE P.AHIS. 23
I.
ÉLOGE
DE LA CITÉ DE PARIS.
J'ai fait le lour du rnon(ie, |)arcourant tous les climats, les ('étudiant avec soin depuis leurs
points extrêmes, recherchant quel endroit, parmi les lieux habitahles, surpassait les autres
en beauté, en afjr<5ment avec une préc^minence telle qu'il fiît supérieur aux autres séjours
les plus remarquables, et qu'il méritât dignement, par sa température et ses autres quali-
tés, d'être décoré du nom de Paradis. Et voici que, passant sous une certaine ligne du monde,
marchant ù travers les montagnes et les vallées, où des spectacles sans nombre et pleins
d'agréments s'étaient présentés au premier regard à chacun de mes sens (à mes yeux, des
figures revêtues de couleurs variées et innombrables; à mes oreilles, des mélodies; à mon
goût, à mon odorat, des sensations agréables), me sentant poussé par la volonté divine,
j'ai choisi enfin, pour m'arrêler et me reposer, un lieu où je me suis établi comme dans un
pâturage'", sous l'impulsion puissante de la nature qui me le montrait; tandis que, sur ce
trône de sainteté, toute amabilité, toute joie, toute supériorité, tous les dons des grâces et
des vertus se trouvaient réunis en nombre incomparable. Dans l'admiration d'un spectacle
aussi nouveau, je sentis mes forces renaître; je devins un autre homme, au point que le>
conlrées qui s'étaient d'abord offertes à mes yeux ne me paraissaient plus dignes d'aucun
renom de beauté ou de charme.
J ai vu dans ce lieu les sept arts libéraux, représentant les sept candélabres qui brûlent
sans cesse devant Dieu, et qui sont l'origine de tout ce (ju'on peut savoir'^'. Cette mère des
cités est à la fois une montagne, une vallée et une plaine. Elle est une montagne, parce
que, à l'instar de la triomphante Jérusalem, la sagesse du Très-Haut y est établie sur les
''• L'auteur, à qui le liuigage biblique est fanii- rrcnndelabronuiiaurooruin. — Etcamiolabraiiepteiii.
lier, emploie fré(|uemment des expressions cm- ^seplem ecclesifle sunt. << Le» sept candëlabm «le
pruntces aux saintes Ecritures. Celle-ci appartient à l'Apocalypse ont M diversement inlerpriHi^s tinns la
un des psaumes de David ( le ■> -i') : In loco pmcuie ibi symbolicpie clirétienne du moyon âge. L'auteur nim-
me collocnrit; elle rappelle suilisanunent les babi- nyme de l'Eloge de Paris nous donne ici un exemple
tudes primitives des Israt'lites et de tous les peuples de ces sortes d'interprt'l.ations. M. (îuéneltault . dam
pasteurs, pour lesquels un bon pAturage est la pre- son Dielionnuirc icnnoffraphijue de$ momtimtnlg 4e
mi(>re couilitiDU de stjour. l'anùquitc chrétienne et du moyen âge (Paris. l8à3,
'*' Allusion aux vei-seLs i-j, i!5, 90 du livre pre- in-8*, 9 vol.), au mot (landèlalnr , indique queJ-
mier (11' rA|)(u-alvpse de saint Jean : ffEt convei-sus ques-uns des travaux d'arch^iogie relatifs » r»*
ifvidi srplciu candelabni nurea. — In nie<lio septeni sujet.
24 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX,
per tumorem " scientiaium ceteris eminentior. Vallis est in soileiiipni Htudtuitiuiii
quiète, quos non aura gravis impetit, vel caumatis *'aut fii};oris ausleritas offendit
per excessum. Planities est in aspectu scientilico , (|ue toluni orbeni in iclu oculi
comprehendit, cujuslibet interpositionisobstaculo penitus excluso; tanlo purius et
evidentius quanto intellectus ipse sensus excedit niatcriales. Et, ut evidentius utar
contento pro continente, hec est illa nutrix collegii tan» relebris et faniosi, quod,
veiud alteruni voluptatis castissinie l'aradisum, sacris plantariis consituin, agrum
plénum, cui benedixit Altissimus, procul dubio dextera Domini coluit et plan-
tavit. Ad quem quidem amenitatis locum pienius irrigandum, a fonte sapientie in
excelsis habundanlcr aque vive confluunt; et in loco confluentie efliriunt mare
magnum, a quo velud per diverses aiveos flumina scientie salutaris ad omnia
mundi ciimata derivantur, universamque terrani Christi (idelium inebriant et
fecundant.
Cujus felici commercio, regnum Francie pre regnis aliis patet, a longuis rétro
temporibus, evidenti lumine, tripbci preeminentia claruisse que tribus personis in
Trinitale Sancta concurrentibus attribuuntur, potentia scilicet, sapientia et begni-
gnitate ; et per hoc in se babuisse vestigium Trinitatis : in strenuitate militum po-
tens, in clero literarum scientia predito sapiens, et in ciementi principum begni-
gnitate begnignum''. Quorum medio si duo destituantur extrema *', concurrent,
quoniam potentia, nisi fuerit sapientia temperata, in presunq)tionem prorumpit.
se ad arrogantiam extollendo; begnignitas insuper, si eadem subfulta non fuerit,
in desolationem dégénérât, et elFicitur fatuitali cognata. Quapropler utrique sa-
pientia est nccessaria , sine qua neutra illarum virtutis nonicn obtinet vcl elTectum.
Sapientia vcro nutritur studio literarum: «juo, quasi fluvio de loco deliciarum
egresso, non solum regnum predictum irrigatur et fecundatur, perSpiritus Sancti
gratiam', verum et Paradisus'*' Ecclesie generalis, cujus alveus iila civitas, ymo
civitatum mater et domina antedicta, ex eo quod générale studium ibidem viguit,
hactenus noscitur extitisse.
<') Frontin parait élre le premier auteur qui oit
employé le mot tvmor dans le sens physique. Le
participe lumorntvx a été pris depuis dans la môme
acception.
'' Ce mot grec . que les dictionnaires classiques
indiquent comme étant d'une latinité douteuse, a
été fort usité au moyen âge : après L'Ipien . on cons-
tate que Arnould, abbé de Bonvaux. Florus. diacre
lie Lyon, ainsi que les auteurs des Vies de saint
Gilbert et de saint Jacques de Tarantaise . lont em-
ployé dans le sens de forte chaleur.
*'' M. Henschel cite la forme Begninut pour
BenigHiu dans des l^etlres de l'an 1 36i ; il n« donne
pas d'exemple de l'emploi des deux g. ( Voyez Du
Cange. Gin*», mtd. et infm. lat. l. I, p. 638.)
'-'' On retrouve dans ce moyen (neAwn) et dam
ces extrêmes (eitrema) une réminiscence involon-
taire des trois tennes du syllogisme.
Le mot Paradisut, employé avec une alTecta-
tion marquée dans ce paragraphe ainsi que dans les
deux préféflenis, prépare le lecteur à la singidière
étymologic qui fait le fond de l'alinéa suivant, et
qu'on retrouve, en substance, chez la plupart des
auteurs de ce tem|>s.
KLOGE DE LA CITÉ DE PARIS. 25
saintes montajjnes'", et dépasse les autres par l'élévation de sa science. C'est une vallée,
si l'on considère le calme solennel des hommes d'étude qui n'y sont ni inquiétés par un vent
impétueux, ni exposés aux atteintes excessives du chaud et du froid. C'est une plaine, au
point do vue de la science, car on y emhrasse d'un coup d'œil le monde entier, sans l'in-
terposition d'aucun obstacle, avec d'autant plus de clarté et d'évidence que l'intelligence
dépasse les sens matériels. Et pour le montrer plus manifestement, en citant le contenu
pour le contenant, c'est la nourrice de ce collège si célèbre et si connu '^' qui, comme un
autre Paradis de très-chastes délices, semé de plants sacrés, semblable à un champ abon-
dant, fertile, béni du Très-Haut, a été sans aucun doute cultivé et planté par la main de
Dieu. Pour arroser plus complètement ce lieu de délices, des eaux vives alïluent abondam-
ment de la source de la sagesse d'en haut, et forment au confluent une grande mer, de
la(pieile, comme par dilTércnls lits, les fleuves d'une science salutaire prennent leur cour»
vers tous les climats du monde, où ils vont enivrer et féconder toute la terre des fidèles du
Christ.
C'est grâce à cet heureux commerce que, depuis longtemps dans le passé, l'on voit le
royaume de France briller au-dessus des autres royaumes, en pleine possession de la triple
supériorité qui est attribuée aux trois personnes unies dans la Sainte-Trinité, savoir : la
puissance, la sagesse et la bonté. Par là, il porte en lui l'image de la Trinité : il est puis-
sant par la valeur de ses chevaliers, sage par la science littéraire de son clergé, bon par la
générosité et la clémence de ses princes"'. Le second de ces attributs, à défaut des autres,
les réunirait tous deux, car la puissance, si elle n'est tempérée par la sagesse, devient de
la présomption, en s'élevant à l'arrogance; et la bonté, si elle n'est clle-miîme soutenue,
dégénère en faiblesse et devient voisine de la sottise. C'est pourquoi l'une et l'autre ont
pour fondement nécessaire la sagesse, sans laquelle aucune d'elles n'a ni le nom ni l'effet
d'une vertu. La sagesse se nourrit de l'étude des lettres, qui, ainsi qu'un fleuve sorti d'un
lieu de délices, arrose et féconde, grâce au Saint-Esprit, non-seulement le royaume dont
nous parlons, mais encore le Paradis de l'Eglise générale, dont celte cité, ou plutôt celte
mère et maîtresse des cités, est connue jusqu'ici pour avoir été le berceau, parce que l'en-
semble des études y a toujours été en honneur'*'.
'"' Il est évidemment question ici de iMoiil-
(iiiirtrc et de la montagne Sainle-Gdneviève, que
l'auteur compare aux monts de Sion et du fiol-
gotha.
'•' Le mot collegium, suivi des épitlièles célèbre
el/ttmosum, [»arait devoir s'oppliijuer à la Sor-
boiiuo fondée vei-s le milieu du \ni' siècle, pour de
pauvres étudiants en llii^ologie, et qui ne tarda
pas h être cond)lc'e des l'aveui-s de l'épiscopal, ainsi
que des encouragements du Saint-Sit'ge. Le Dicla-
leur appartenait pcut-ôtre h celle maison, si l'on
en juge par le pompeux éloge qu'il en fait.
''' Ces comparaisons, qui sont dans le goAl du
lemp , nous semblent aujourd'hui (étranges et
presque téméraires. Cependant on comprend ces
hardiesses ihéologiques, surtout après la longue luKe
de Philippe le Bel et de iioniface VIIL L'auteur pro-
leste ici contre les ftWIieuses ini|)utatioDs des avocats
de la Cour de Rome, qui avoient fait de la France
un assez triste tableau.
<*' Paris et ses écoles ont rendu, en etTel. les
plus grands services h l'hglise. Sans |>arier det
papes et des prélats qu'ils lui ont donnés, mus
citer la brillante époque de saint Bernard . il suffit
de rappeler les Ronaventure et les Thomas d'Aquin.
(]ui allèrent porter à Rome et dans le monde CD-
•t
26 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIfil.NAUX.
Ad cujus siquideni croationein priinariam loci, sueque siluationis conlif^uratio-
nem, virtus elementaris vana procul dubio fuisset, nisi tolius armoiiie celestis, di
vino nutu mediante, concursus intervenissel, facieiis in re nialeriaii rem celestem,
a Paradiso parum in nomine, et si non re, declinationeiii dictam Parisius. 0 mili-
tantis Ecclesie civitas admiianda, quinyino singuioruni patria tuli refugii, quis te
tali titulo nominis insignivit, ut in littera vel sillaba discrepares a Paradisi voca-
bulo?Certe non tibi, mater amena, sed potius inponenti'", cujus lingua fleumatis^
iniquo pondère turgens, salis expers, munditie tibi nomen pro parte cincopavit ''.
Que si cum epeiithesi permutando concurrereiil, facile Parisium in Paradisum
converterent. Cum igitur in tuis visceribus habeas, o mater, unde tibi inederi po-
teris, barbarisme precipere digneris super premissis permutandis, cum non re,
sed solum nomine a Paradiso discrepes.
Ofelix vallisdeliciarum, ad quam bona cuncta confluunta mundi finibus! Docla
legis mistica docens et predicans tu, quasi vitis fructiferans suavitatem odoris'*';
cujus flores, fruclus bonoris et bonestatis; pulcra ut luna, elecla ut sol '^' ; de qua
dici poterit et merilo : tr Transite ad me qui concupiscitis me'", et a generationi-
trbus meis adimplebimini. Spiritus enim meus super mei dulcis, et hereditas mea
«super mel et favum.^ Quis mente captus ponere presumpsit in gradu compa-
rationis aliarum, cum penitus in génère discrepes, que potius singulorum ad te
veiud matrem confluentium patria (|uam civitas dici mercris? De tuis alumpnis
esse non creditur, quia per ingratiludinis vitium in matrem suam committeret'^'.
Quoniam, et si feda fores prostibularia. vel ignominioso quovis nomine fedata,
quod absit, uteri tui germen, sallem si legittimum foret, se libi opponere non
deberet; quin potius ad tui nominis defensionem totis viribus aspirare.
Modo ita est, et mundus novil universus le fore mundam, immaculatam el
tanquam sine ruga '*'. De qua novies commémorât Ecclesia 0 admirative, «fO sa-
pientia,Ticum suis sequentibus, in tantum quod qui laudes tibi accumularc nititur.
solem facibus ignire molitur ad luminis incrementa. ttinauo de tbrono Domini.
'•' Sous-entendez nomen. I^ raol mjtu qui suit Du Cangp. édition Heoscbel, t. VI, p. àyi.)
rend la construction barbare. '•' EcclentuOk. c. iiif , t. a3 et «qq.
'*' FleuiiM, en patois picard Jleume , dit Du '' Can/w. c. vi, v. 9.
Gange; c'est une forme adoucie du latin ou plutôt *' Eeeksùutie. e. xxit. v. 96.
du grec ( (^Xéyiia). P) Cmmmttere . employé intransitivement , c'e*t-à-
•'' Se trouve dans Vegèce, sous la forme *yn- dire sans complément, dans le sens Aeerimen
copare; on le rencontre avec lortliograplie em- mi/(«re. (C<om. de Du Gange, suppl. de Caqtentier,
ployée ici dans la Vie de Henri V. roi d'An- t. I,col. ioA5.)
ffleterre (Elmliam), chap. \lviii, p. 19. ( Voyei ''' Epitt. ad EjÀet. c. v, v. «7.
laOGE DE LA CITÉ DE l'AIilS. 27
Quant à la création piiniilive de ce lieu et à la confiijuration de son site, la force de»
éléments aurait été vaine, si le concours de toute la céleste harmonie n'était intervenu, par
l'action de la volonté divine, pour faire d'une chose matérielle une chose céleste, ne dif-
férant que fort peu du Paradis par l'appellation, puisqu'elle n'en diffère pas en réalité, Parié
enfin, nom dérivé du mot Paradis. 0 admirable cité de l'Eglise militante, et de plus patrie
et refuge assuré de chacun, quel est celui qui vous a décorée d'un nom qui ne diffière du
mot de Paradis que par une lettre ou une simple syllabe? Certes ce n'est pas à vous, douce
mère, c'est à celui qui vous donna ce nom qu'il faut reprocher de l'avoir abrégé en partie,
parce que sa langue trop épaisse et trop chargée manquait de délicatesse et de goût. Si ces
lettres étaient modifiées par é[)cnthèse*", on changerait facilement Paris en Paradis. Puisque
vous ave/, ô ma mère, au fond de vous même de quoi guérir ce mal, daignez ordonner à
cette langue barbare de changer les lettres dont j'ai parlé, car ce n'est pas en fait, mai»
seulement par le nom, que vous différez du Paradis.
0 heureuse vallée de délices vers laquelle afiluent tous les biens des extrémités du
monde ! Vous êtes savante , puisque vous enseignez et proclamez les mystères de la loi , comme
une vigne qui porte pour fruits la suavité des |)arfums. Vos fleurs sont des fruits d'honneur
et d'honnôlcté. Vous êtes belle comme la lune, choisie comme le soleil; c'est de vous que
l'on pourra dire avec raison : «Venez à moi, vous tous qui soupirez après moi, et vous
«userez remplis de mes générations. Mon esprit est plus doux que le suc des fleurs, et mon
r héritage vaut mieux que les rayons de miel'-'.îi Quel est riiomme assez dépourvu de bon
sens pour vous mettre en parallèle avec les autres villes, vous qui différez entièrement
d'elles par le genre, et qui méritez d'être appelée plutôt la patrie que la cité de ceux qui
accourent à vous comme à une mère? On ne supposera jamais qu'il soit un de vos enfants,
parce ([u'il commettrait là un crime d'ingratitude envers sa mère. En effet , si vous étiez une
vile courtisane ou une femme souillée de quelque nom infâme (que Dieu nous en préserve!)
ce n'est pas au fruit de vos entrailles, du moins s'il était légitime, qu'il conviendrait de
vous en faire un reproche ; mais il devrait plutôt concourir de toutes ses forces à la défense
de votre nom.
Quoi qu'il arrive pour le moment, l'univers entier sait (jue vous serez toujours pure, sans
tache et, pour ainsi dire, sans ride. C'est pour vous que chaque année l'Église fait entendre
neuf fois l'exclamation admirative 0!"' «0 science!» et la suite. Celui qui s'efforce
d'accumuler les louanges en votre honneur ressemble donc à l'homme qui prétendrait
embraser le soleil avec des flambeaux, pour augmenter la lumière de cet astre. Puissent,
lier la science qu'ils avaient recueillie dans les écoles <*' A partir de cet endroit . le Ion change visible-
do Paris. ment; lëloge fait place h l'invective.
'"' Épentiièse, (tternie de grammaire, addition, •'' 1.68 grandes antiennes de lAvent commen-
ff insertion d'une lettre ou m<^nie d'une syllabe au mi- cent par 0, et sont appelées les Olerie*. Il y eo •
irliou d'un mot.i (Liltré.) Les auteurs latins et grecs neuf dans le ba'viaire do Paris, sept seulement dans
de la décadence ont fait un fréquent usage de cette le bréviaire romain. On les chante avant et apr^ le
ligure, qui prAte,coninieon le voit, au ffl/ewiiour. Les Mngiiificiil. C'est une sorte de dithyrambe enl'hoo-
beaux esprits du moyen âge la leui- ont empruntée. neur du Messie.
28 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX,
juxta Johaiinis eulogium, tonilrua prodeant, voces et fulgura '", et de cdcstis ma-
jestatis preconio, ad terrendos impios, divine salisfactionis splendeat gladius, {;la-
dius divine ullionis, in illum qui prefatuin locum benedictionis et gratie Silvanecto
compararc velud elTionsf-* usurpavit; qui tantum discrepat a Silvanecto quantum
Paradisus a silva '.
Si Silvanectum silve, piata, pascuc et cetera circumstent liujusmodi, lus potius
locis desertis alestant quam in [hujusmodi] comniendationem qualemcumque re-
ducentur; nisi silvam sillogismis, ranas retlioribus, prata
Veteris Novique Testamenti et cetera litice'*' se coniparare
présumât.
Aliud restât memoria dignum quod, in comparatione prefata, locum opti-
neret non modicum, ranarum videlicet copia Silvanecti vigcns liinc et inde, que
multiplici dissonnntia per tritonum tonum et cum dyapente tonuni nec
non et dyapason cum ditonot*', per arsim cl tliesim'"', prêter usuin aliorum mu-
sicorum, quasi novo mélodie génère recitando fruuntur : que dictam civitateiii
rcddunt suo judicio commendabilem forte. Que si in laudem Silvanecti recitata
forent, et muscarum collisioncm inibi confluentium non tacuisset, mt^rito fuisset
admitlenda commentatio. De preconiis itaque ncmorum, cum suis unibris delec-
tabilibus, ad crines et cesariem malris prefatc tam preccise tam<|uc potcntis ac
decorem, tanta est comparatio, nisi fallor, quanta caude cque fétide regine cri-
nibus aut imperatricis. Valeat igitur illa aima mater Parisius, amena patria, que
parem non novit™ hactcnus in orbe, nec parificari merctur aut mercbilur in sernia
seculorum. Amen.
'■' Apocal. c. XVI, V. 18.
'' Celte expression , d'où vient évidemment notre
mot effronté, ne se trouve que dans Vopiscus et
Alcimus Avitus. Le moyen âge l'a recueillie. ( Voyer
Du Gange, ddit. HenscliH, t. III, p. 1/1.)
'' Jeu de mots intraduisible entre Paritiu* et
Sikanectuiii , Paradisus et Sikn.
'*' Quoique lenianuscritde Vienne n'indique point
ici de lacune, ce passage est évidemment altéré; il
manque un mol répondant h prata , de même que
sillogisnm et rethoribu* correspondent h tykam et
à ranas. Litice semble Aire la (in d'un adverbe.
'' Il ne faudrait pas chercber dans ces termes
tecbniques l'expression seulement d'accords disgra-
cieux IcU que peuvent en faire entendre les gre-
nouille. L'auteur, par plaisanterie, a accumule
|>éle-m6le le triton, le tun avec la quinte, c'e«t-4-
dire la sixte; l'octave avec la tierce, c'est-à-dire le
dixii^me, dissonances et conaonnance*. pour dire
que ceUe nouvelle esp^ de musiciens, dans leurs
accords comme dans leur mesure, vont au hasard,
sans loi ni règle.
*' Arsi*, temp levé; tketit, temps frappé.
!'' Paris sans pair : «Cui par est nihil et nibil
-secundum." Idée qu'on trouve exprimée sous ces
deux formes par tous les auteurs du moyen Age
qui ont parlé de Paris. (Voyei S^ippl. des Antifùl.
de Paris, de Du Breul, iGSq, p. i.)
ÉLOGE DE LA CITÉ DE PARIS. 29
du trône du Scifjnour, suivant la |)rophélie de Jean, sortir des tonnerres, des voix et des
éclairs! Et puissions-nous voir, à la gloire de la cëlestc majesté et h la terreur des impies,
briller le glaive du châtiment divin, le glaive de la vengeance divine, sur celui qui a eu
l'irnpudcnce de comparer à Sonlis ce lieu de bénédiction et de grâce, qui diffère autant de
Senlis que le Paradis d'une forôt'".
Si Senlis est entouré de forôts, de prés, de pâturages et d'autres lieux de ce genre, ce
voisinage atteste plutôt la solitude de ce pays qu'il ne le recommande d'une manière quel-
(•on{|ue; à moins qu'on ne veuille comparer la forêt au syllogisme, les grenouilles aux
rhéteurs, les prés de l'Ancien et du Nouveau Testament, etc. . . .
(^Lacune dans le texte.)
Il y a encore une chose qui mérite une place remarquable dans le parallèle en question,
c'est la quantité de grenouilles qui vivent çà et là dans Senlis, et qui, par leurs nombreuses
dissonances sur le triton, le ton avec la quinte, l'octave avec la tierce, par élévation el
abaissement, contre l'usage des autres musiciens, emploient, pour ainsi parler, un nouveau
genre de mélodie, ce qui rend, au jugement de l'auteur, cette ville fort recommandable.
S'il avait dit tout cela à la louange de Senlis, et qu'il n'eut point passé sous silence la
foule des mouches qui s'y rassemblent, on aurait dû admettre l'éloge "'. Quant à celui des
forêts et de leurs ombrages agréables, rapprochés de la chevelure et de la beauté d'une
mère si grande et si puissante, c'est la même comparaison, si je ne me trompe, que celle
des crins d'une mauvaise jument avec les cheveux d'une reine ou d'une impératrice. Donr
vie et prospérité à Paris, à celte illustre mère, à cette douce patrie, qui, jusqu'à présent,
n'a point connu d'égale dans le monde, qui mérite et méritera de n'en avoir jamais dans lo
siècles des siècles. Ainsi soit-il.
'■' Sous cette discussion futile en apparence, où
la gravité des paroles et des menaces paraît hors
de toute proportion avec tes intërt^ts en jeu, il se
cache manifestement, ainsi que nous l'avons fait
pressentir dans la Notice, un dëbat beaucoup plus
sérieux. Circonstance singulière, et que le lecteur
ne nuuKjuera pas de remarquer, c'est que le seul
endroit des deux Eloges qui présente une lacune
est précisément celui oià le Dictateur semble avoii-
voulu se démasquer. Il est bien permis de consi-
dérer celte lacune comme nue suppression faite
après coup.
'' En se plaçant dans l'onlrc d'idées qu'indique
la noie précédente, ne peut-on pas supposer que
Senlis, où s'était réfugié, saus doute avec quelques
amis, le défenseur du pouvoir temporel, repi"ésen-
lait , aux yeux du Dictateur, les doctrines niâmes qui
avaient amené In fuite de Jean de Jandun, tandis
que Paris, maintenu par la Sorbonne dans les .saines
idées, et ayant conservé ses docteurs orthodoxes,
personnitiait les vTais principes? L'hypoliièse n'est
pas sans vraisemblance, quand on songe aux sin-
gulières habitudes de style dont ces deux Éloges
nous donnent de si fréquents exemples, et qu'on se
demande ce que jieuvent *tre ces "grenouilles'' et
ces <r mouches" qui abondaient alors k Senlis. Le
Dictateur, qui parlait à mots couverts, ëlait sans
doute fort bien compris par ses lecteurs , qui savaient
de quelles mouches et de quelles grenouilles on leor
parlait. L'explication que nous hasardons rend peut-
être moins étranges le ton im|>éneux du DIrtaiew
et les menaces qu'il accumule sur la iHe du rtH'ugié
de Senlis. L'éloge de Paris, au lieu d'être, comme
il l'est aujounl'hui pour nous, le fond même de la
question, n'était alors, selon loule apparence . que
VeJtèrieur du ilébat.
> '
DEUXIEME ELOGE.
32 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAIX.
II.
TRACTATLS
DE LAUDIBUS PARISIUS.
INCIPIT PROLOGCS 171 TRACTATUM DE LAUDIBUS PAIIMUS.
proiogu, Benedicla sit illa divine Providentie ineffabilis cternitas, «jue michi digiiata fuit
illud ordinare propositum, ni Silvaneclcnsium loconim amenitalcs pro viribus
conscriberem , et eorum preconia, per que sui crealoris magnificentia recognos-
citur, non tacerem! Ex istorum enim prospectu, utinan» benivoloet ad intentionis
mee sinceritalem directo, quidam vir facundus, queni Deus rustodiat et dirigat,
motivum sumpsisse videtur ad illani precelsam et gloriosissimam turmam virorum
sublimium, que valleni Parisiensem bealilicat, collaudandam. Ego autem illorum
laudes et honores lanto viscerosius aiïecto peruniversi orbis circuitum proniulgari.
quanto sapientie eorum salutifera dogmata, quantum in ipsis extitit, me phiioso-
phicis nolitiis inslruxerunt.
Verum quia vir pretactus, quem Deus custodiat et dirigat, ad enarrandam gra-
tiam Parisius, ad cujus descriptionem non sulFicerent omnes lingue, nonnisi ex
quibusdani universalibus que nicbil cnovent aut modirum, et ex aliquibus simi-^
litudinibus methaphoricisque, elsi aliquaiiter obicclant animum, paucis tamen aut
nullis quietant certitudinibus intellectum; et rursus ex nonnullis verbis commu-
nibus aliunde collectis consliluil suum opus; eaproptcr, invocato primitus Dei
auxilio, ad gloriam magnificentie regni Francorum , cujus principativum locum,
utpote médium ('', vel quasi, tenet urbs inclita Parisius, proposui aliqua colligere
per que virorum sludiosorum, quorum generosos animos in Parisiensi studio labor
nutrit, ex ipsorum propriis operibus, interne dignitates aliquaiiter elucescent. Et
ut copiosior sit iste libellus, reliquorum bonorum gênera (juibus illa fccundissima
parens Parisius urbes supergredilur universas, prout michi Deus concesserit , pro-
paiabo.
'*' Le mot médium a élé ajouté par le manuscrit pas au ceiitn- du royaume; mais le jeune mo-
de Vienne. On ne peut guère donner à celle ex- narque avait l'esprit entreprenant, et Jean de Jan-
pression qu'un sens gi'ographique , avec celte dis- dun. qui fait de lui un ma[piif)que éloge (p. 60-69
tinction, toutefois, qu'il s'agirait alors de la Gaule et 6ii), voulait peut-être, en plaçant habilement le
sous Jules César ou de la France sous Charie- mot médium , lui suggérer l'idée de reculer les fron-
magne. .4u temps de Charles le Bel , Paris n'était tières de son empire.
TRAITE DES LOUANGES DE PARIS. 33
II.
TRAITÉ
DES LOUANGES DE PARIS.
ICI COMMENCE LE PROLOGUE I)U TRAITE DES LOUANGES DE PARIS.
Bénie soit l'ineffable éternité de la divine Providence, qui a daigné in'inspirer le projet
de décrire, suivant mes forces, les agréments du pays de Senlis, et de faire l'éloge de ces
lieux qui révèlent la magnificence de leur créateur'"! C'est, en effet, la lecture de cet éloge
(Dieu veuille qu'elle ait été faite avec un esprit bienveillant, sachant reconnaître la sincé-
rité de mes intentions!) qui semble avoir fourni à un homme éloquent (que Dieu gard«*
et conduise!) un motif pour louer cette phalange illustre et glorieuse d'hommes éminents
qui font le bonheur do la vallée de Paris '^'. Quant à moi, j'ai d'autant plus à cœur de ré-
pandre par tout l'univers leurs louanges et leurs titres de gloire, que les enseignements
salutaires de leur science m'ont, autant qu'il a été en eux, mieux pourvu de connaissances
philosophiques.
Mais puisque la personne dont j'ai parlé (que Dieu la garde et la conduise!) n'a employé,
pour retracer les agréments de Paris, à la description duquel ne suffiraient pas toutes les
langues du monde, que des généralités qui ne nous touchent que peu ou point, certains rap-
prochements et certaines métaphores qui, tout en récréant quelque peu l'esprit, ne donnent à
l'inlclligenceni une certitude, ni un repos complet; puisqu'il a composé son ouvrage de quel-
(jues lieux communs recueillis chez autrui ,j'ai cru devoir, de mon côté, après avoir invoqué le
secours de Dieu, et pour la plus grande gloire du royaume de France, où l'illustre ville de Paris
tient la première place, en occupant à peu près le centre du pays, entreprendre de recueillir
(juclques traits qui fassent briller quelque peu, par leurs œuvres mêmes, les mérites cachés des
hommes d'étude dont le travail nourrit les généreuses intelligences dans l'Université de Paris.
Kt pour enrichir ce petit livre, je ferai connaître , autant que Dieu me le permettra, les autres
genres de biens par lesquels Paris, cette mère féconde, surpasse toutes les autres villes.
<"' Au début de ce Iraild, nous croyons devoir '*' L'auteur ménage en npjMirence le Dictaient
prt?venir le lecteur dos liahitudcs de style qu'il y auquel ilrëpond,et les nombreux adversaires qu"il
l'cncoiilrcrn ; l'auleur se complaît dans l'imitation a laissés h Paris. Il a soin de dire que toute la
des tournures et dans l'emploi des mots de la lan- science uni versiUiire n'a |>as ëroigré avec lui , et que
gue tliéolo(ji(|ue et liturgique. La premii're phrase les liommes instniils abondent à Paris. Il pousse
de son ouvrage est calqui'e sur une iènédictwii (pi'on nu^me la modestie jusqu'à se dire l'élève de ceui
rt^cite à Vêpres. qui le rappellent si durement aux convenances.
3/, DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Ainplius, quia vir ille, fortassis non ex sua consideralione propria, sed ex in-
competenli relatione quoiumdam, michi faiso, nolo dicere mentiendo, videtur
imponere quod civitatem Silvanectenseni supra faniosain multitudincm Parisien-
sium incolaruni niagiiificare presumpsi (non dico quod absit, sed quod abest et
jibfuit et aberil in eternum), idcirco compulsus suni illius opusculi mei verba
propria post hujus negocioli coniplemenluna subjungere, eaque ilii diclatori et
ceteris quibus videre placebil offerre, ut, si in illis verbis clausulam quamquain
excessum Silvanecti supra Parisius innucnlem prospexerit, illam micbi per ver-
bonim propriorum scripturam ostendat'". Ego autem paraluni me cxhibeo, sine
cujusbbet contradictionis obslaculo, eam proi-sus abraderc, et de lapsu qui, si
appareat, ex inadvertentia, Deo testante, accidit, penitere. Si vero nichil taie,
sed soluni et absolutum veritatis tesliraonium de Siivanecti iaudibus invenerit,
rur nie cedit!'''?
Adhuc autem |)ropono, iilo favente cujus inelTabilis intuitus cuncta perlustrat,
salis patenter concludere quod, in carta predicti viri, quatuor de gravioribus incon-
venientibus sunt inclusa. Erunt igitur in isto tractatu partes quatuor princi|)ale8,
<[uarum prima erit de iaudibus studii Parisiensis; sccunda, de quibusdam ceteris
Parisiensibus eminentiis; terlia, de inconvenientibus predidi dictatoris; quarta, de
utililalil)iis Silvanecti.
PRIMA PARS.
CAPITULUM PRIMUM.
OK LAUDK STCDU PARISIENSIS, PRIMO QLANTl'll AD FACULTATEM
PHILOSOPHIE SBU ARTIUM ").
i-tRTioiLA pnivt. Iiicipiens ita(|ue a génère bonorum'** honorabilitate atque dignilale prioruin,
inconZTnr dico quod in urbe urbium Parisius, in vico vocalo Slraminum. non solum septem
artes libérales exercitantur, sed et totius pliiiosojdiici luininis jocundissiina clari-
tas, veritatis sincère dilTusis radiis, animas sui capares illustrât. Ibidem quoque
pbilosophici nectaris suavissima fragrantia tam subtilis diiïusionis susceptivos oi-
factus obleclat. Quippe divinorum j)rincipiorum inagnalia. nature sécréta, aslro-
lARTiciLA iiv logia, mathcmatica, virtuturaque moralium salubria média inibi j>ropalanlur. Ibi
Do ptitlosophi.1 .• ,• ..... i|. 1 'I'*
i«iniinic.iiaii>n. etcumi coiilluunt magistri ydonei, qui non solum logices .sed et totius adinini-
''' Mirhel Denis, qui avait fait une «^tudepai-ticu- "Iractatuni adoniavit. illa insuper ralione motus,
licre des deux Éloges, en motive ainsi la compo- irquod aller vindicias suas ronstiluil. nonnisi ex qui-
sition : trFecerat id noster (Jean de Jandun), et trhu8daniuniversaiibu8,etr.-(^/N/. nKiiiM«(rr)>(ifAm-
itsuo Sylyanecti elogio commoverat tiniiii , ut ail Ing. liibl. Pnlal. I jWoA. t.II. i'part.rol. i048.)
ffncundum, ad concinnandas Parisioruni veluti vin- *' t Quia me ctrdiiT^ Joanii. wni, a3.
tdicias, quibus caussabatur noslruni bujus nrbis ™ Seu artium, ajoulc parle ras. de \iennc.
Tglori,T quodani modo detraxisse.L't igitur eioslen- '" lionorum, indispensable pur le sens, est
«ciernt ncquaquam ea se mente fuisse, praesentem donné seulement par le ms. de Vienne.
TRAITÉ DES LOUANGES DE PARIS. 35
Do plus, comme cet homme, non sans doute d'après un examen personnel de mon ëcril,
mais sur le rapport malveillant de quelques individus, me veut imputer par erreur, je ne di»
|)oinl par mensonge, la prétention que j'aurais eue de cék'brer la ville de Senlis et de la
mettre au-dessus de Paris, cité fameuse par la multitude de ses habitants (je ne dis point :
puisse cela n'être pas! mais cela n'est pas, n'a pas été et ne sera jamais), j'ai donc été porté
à ajouter à ce petit travail les termes mêmes de mon opuscule, et à les offrir à ce Dictateur cl
à tous ceux qui voudront voir cet écrit''', afin que, s'ils y trouvent une expression quel-
conque d'où résulte une certaine prééminence de Senlis sur Paris, ils me la montrent par
le témoignage écrit de mes propres paroles. Quant à moi, je me tiens prêt, sans opposer
d'obstacle, sans faire aucune objection, à effacer entièrement ces mots, et à regretter une
faute qui, si elle se rencontre, est arrivée. Dieu m'en est témoin, par inadvertance. Que
s'il ne trouve rien de tel , mais le simple et exact témoignage de la vérité sur l'éloge de
Senlis, pourquoi m'attaqu{3-t-il ?
Je me propose encore, avec la grâce do celui dont l'ineffable regard embrasse toutes
choses, de montrer que dans la lettre de la personne susdite se trouvent quatre graves
inconséquences. Il y aura donc, dans ce traité, quatre parties principales, dont la première
sera l'éloge de l'Université de Paris; la deuxième traitera de certaines autres supériorités
de Paris; la troisième, des inconsé<|uences du susdit dictateur; la quatrième, des agré-
ments de Senlis.
PREMIÈRE PARTIE.
CHAPITRE PREMIER.
DE L'ÉLOGE DE L'ONIVERSITÉ DE PARIS, ET, EN PREHIER LIEU, DE L* PACCLTÉ
DE PIIILOSOPIIIE OlI DES ARTS.
En commençant par le genre de biens qui est le premier en honneur et en dignité, je S i
dis que dans la ville des villes, à Paris, dans la rue dite du Fouarre'*', non-seulement on „
enseigne les sept arts libéraux, mais que, de plus, la clarté très-agréable de toute lumière
philosophi(jue, répandant les rayons de la |)ure vérité, illumine les âmes capables de la
recevoir. Là aussi l'odeur la plus suave du nectar philosophique réjouit l'odorat apte à re-
cueillir une émanation si délicate. Les merveilles des principes divins, les secrets de la
nature, l'astrologie, les maihématiqueset les ressources salutaires que procurent les vertus
morales y sont dévoilés aux regards. Là se réunissent en foule de savants maîtres qui en-
''' Jean de Jandun explique parfailcment pour- core anjounlliui; elle est silutV dans le rinquièow
quoi il a joint l'Éloge de Paris h celui de Senlis, et arromlissenient . quartier Saint-Jacques, rominence
coinnicnl il a eu In |)(Mist% de donner îi son (cuvre ii In rue île In Bùrheric et linil à la rue Gtiamit. On
1(1 foririe d'une ciiculaiie. peut voir i e (|ui a été dit sur le» écoles de la me
*'' La rue du Fouarre , où se tenaient le» cours des «lu Fouaire dans l'article de M . J. V. Le Clerc , que
deux Farullt% de théologie et des nrls, existe en- nous avons signale plus haut.
Dtli
PAKTICILA III
[U' pliilosophiii
naluralibuA.
l'AItTICiLA n .
Il>' philosophis
inctaphisicis.
l'AIITIClLA \ .
I)i' pliilosopilis
uuthcmattciK.
3G DOCUMENTS ET ÉCHITS OHIGINAL'X.
culative partis documenta premittunt <'>. Ibi siquidem vigent dodores insignes
qui et naturarum inferiorum celestiumque virtutum arcliana exercilatc mentis
velocitate percurrunt, et eo ampliores conditori nature gratias agunt, quanto non
solum eam ex ea parte prospiciunt que publica est, sed cum'*' secreliora ejus
inlrarunt. Adhuc autem ibidem glorificantur sapientes excelsi qui de principiis a
niotu et inagnitudine separatisî», que intelligentias vocant, utrunque scrutantur
occulta, scientes bcnc quod ratio non irapletur manifestis; major enim et pul-
chrior ejus pars in occultis est'*'. Amplius, nonne dogmatizatur in vice philoso-
phie infaliibilist^*' et incontradicibilis doctrine mathematice certitude, per quam
numerorum et figurarum, lam secundum se quam per célestes magnitudines,
sonos armonicos ac visuaies radios contractorum , mirabilia accidentia indicantur'*'?
rlRTICULA Vl'.
iîua- <-st adminiculalivu
aitronomie
cl atlrologjp.
l'AnTlCI LA «II*.
Ite plùlosophiii
0 {doriosissime Deus, quantam fecisti humane créature tui amoris notitiani.
cum eidem celestium motuum per te statutas peryodos, dislancia» centrorum.
magnitudines orbium, situs polorum, Signorum virtutes ac Planetarum dignitates
innotescere prebuisti! Rursus j)hilosophie moralis directio gratiosa, per quam
iinius hominis regimen in se ipso melioratur, et domestice multitudinisdispensatio
prospcratur, totiusque civilis pluralitatis optimus ordo distinguitur ab aliis, et
docetur per sua convenientia princij)ia conservari. Nonquid''' ex illo sapicnlie
salutaris indeliciente fluvio hauritur, ut soiet?
PIRTICUU VIII .
la qua auctor
se excusât
(le iinn ulleriori
rommendatione
philosnphoruni.
Hec itaque pro Facultatis artium, quin mio philoso|)hie, laudibus ad presens
collegisse sufTicint'") : qui enim anq)liorem tractatum de specialibus hujus agri
'"' Maîtres qui enseignent les ëlëments, comme
la {[rammaire , la rliélorique et toutes les connais-
sances préparant à i'dtude de la logique et des
mitres sciences.
'*' Ainsi porte le texte ; il semble qu'il faudrait
plutôt scdenim, ou W etiam; mais l'auteur a voulu
rappeler la phrase de Sénèque : "Equidem tune
^rnaturte reruni gratias ago, qiium illam non ab
'Iiac parte video, qua» publica est, sed quum se-
«Tcretiora ejus intravi.i tQuœiil. nalur. I, pra;f.)
Seulement le philosophe chrétien substitue à l'ex-
|)ression miturœ rerum, qui rappelle Lucrèce et
loute l'école d'Épicure, les mots coniitori nalurtr ,
qui excluent toute idée d'athéisme.
''' Par ces expressions, il faut entendre les prin-
cipes immobiles et iticletidm , c'est-îi-dire , abstrac-
tion faite du mouvement et de l'étendue.
''' Voici la phrase entière, telle que Sénèque l'a
écrite : ffQusedam aperta sunt, qusedam obscura;
•'a\teria que seimu compreliendiintur, (pie ineiiio-
"ria; obociira, que extra liée sunt. Ratio autetii
rrnon implelur manifestis; ninjor ejus pars pui-
-chriorque in occultis est.» (Senec. Kpùt. 90.)
*'' Leçon du manuicrit de Vienne, préférable
à ineffabitit , du manuscrit de Paris, quoiqu'elle
donne un sens encore très-prétenlieux. 1^ philoso-
phie scolastique était , en eiïct , fort loin de l'infail-
libilité; l'expression suivante MroNlnii»n'^'/i« , appli-
quée aux mathématiques, science de déduction pure,
est, au contraire, de la plus |>arfaitc exactitude.
'*> M. Cliaries Jourdain . qui a bien \ oiilu revoir
les épreuves des Deux Éloges et nous indicpier
d'utiles corrections, pense qu'il faut lire eontracin-
Inrum ou conlrectalorum , dans le sens de manier
avec soin, étudier attentivemenl.
''> Pour numquid, dans le sens de tumut.
'*' Sujieiat, ms. de Vienne. Le manuscrit de
Paris donne tujiciant.
s 3.
Dm fliiliiinhi
Dn
De l'Mir
4( l'M»ral«git .
TRAITÉ DES LOUANGES DE PARIS. 37
soignent non-seulement la logique, mais encore toutes les connaissances qui préparent aux
sciences plus élevées. Là fleurissent d'illustres docteurs qui parcourent, avec la rapidité
d'un esprit exercé, les mystères des natures inférieures et des vertus célestes, cl qui se
monlrenl d'autant plus reconnaissants envers le créateur de la nature, qu'ils ne la regardent
j)as du côté où elle est visible à tous, mais qu'ils en ont pénétré les profondeurs les plus s i
cachées. Là encore se voient dans leur gloire des sages éminents qui s'appliquent à l'étude
des principes, abstraction faite du mouvement et de la dimension, que l'on appelle intelli-
gences, et qui en sondent les profondeurs, sachant bien que l'évidence n'est pas le fait de
la raison , mais que la plus belle et la meilleure part de celle-ci reste cachée. Enfin n'est-ce
pas dans cette rue que sont démontrés les résultats certains d'une philosophie infaillible et
d'une science mathématique incontestable, qui indique les merveilleuses rencontres des
nombres et des figures, soit considérés en eux-mêmes, soit appliqués aux grandeurs cé-
lestes, aux sons harmoniques et aux rayons visuels'".
0 Dieu très-glorieux , quelle idée vous nous avez donnée de votre amour pour les hommes. s r,
en leur fournissant les moyens de connaître les périodes fixées par vous aux mouvements
célestes, les dislances des centres, la grandeur des mondes, la situation des pôles, les vertus
des Signes'*, l'ordre et les rangs des Planètes! Que dire ensuite de la philosophie morale,
guide aimable à l'aide duquel l'homme, considéré isolément, se perfectionne dans sa con-
duite, puis introduit une heureuse économie dans sa nombreuse famille, et distingue enfin
entre tous les systèmes le régime le meilleur pour l'ensemble des citoyens, en même temps
qu'il apprend à le maintenir par les principes qui lui conviennent'"? Ne vient-on pas,
sqIou la coutume, puiser dans ce fleuve inépuisable de salutaire sagesse?
Qu'il nous suffise, pour le moment, d'avoir réuni ces traits pour l'éloge de la Faculté s 8
des arts ou de philosophie'*'. Celui qui désirerait un traité plus détaillé sur les fruil.s '''
''' Ces périphrases servent à désigner l'aslronr}- rrques'y donnaient depuis longtemps les controverses
mie, la imisiqtifi et l'opliqiie. "de pnre |(hilosopliie avait pivpart? les esprits i
'*' I>"iuitcui' vtuil [)ail('r ici des vertus et de l'in- iriine liberlé non moins grande dans les questions
(luence que l'on attribuait au moyen Age , et même irde gouvernement. Nous savons quelles pens«^
!)eaii('oii|) plus lard, niix douze Sij[rios du Zodiacpie. rrhordies on y recueillait vers l'an iSoy, aux leçons
I/aliiianucli des lirrjjors, les almanachs de Lit'ge, irdu philosophe Sigcr sur la |>olilique d'Aristnte.
de Mathieu Laenshorgli el autres livres populaires irQuinze ans après, on y allait chercher encore.
du nit^inn goiirp, donnent à cet (^gard les plus sin- «ainsi que nous l'apprend Jean de Jandan.(/aiM/M
guliiTS n'nscignetnctils. (V^oyez lo lonie 1" d'un eu- «cours de philosophie morale, datu un feutt iiifpm-
ricux ouvrage intitulé llinloirc des livres populaires rrsnhle de salutaire sagesse, les pritieipes du pfifee-
OM de la lillérature du colportage, par C. Nisard,etc. ir tionnement de soi-même, de l'économie domestique et
Paris, i8f)4, a vol. in-iQ.) rde la meilleure administration d'un Etat. Ceux qui
''' Cet enseignement constituait ce qu'on appel- itprésidaienl à ce libre enst'ignenicnt . attesté par les
lerait de nos jours un cours d'économie |)olitif|iie. "auditeurs, furent ap|>clés. dans les tem|>sde Iroa-
Voici en quels lormes V. Le Clerc le qualifie : ffl>es tbles, h délibérer sur les aiïaircs de leur p>ys-*
ffmali('rcsp»lili(pirs, dèsqu'eilesfurenl entrées dans {Hisl. litt. de In France, t. XXIV, p. 960.)
(rlesdiscussionsphiiosophiquesdelarueduFouarre, ''' La Faculté des arts orcupe le premier rang
irne tardèrent pas à faire quelque bruit. La liberté dans l'écrit de Jean de Jandun , ainsi que dans l'an-
acr im |*iT«ii>tw.
PARTICILA PRIMA.
De niagistri^
se II
<liM-lorihu9 in theologia.
PAItTICLLA I) .
De lectoribufi
Sfnlenciarum.
PARTICtU m .
De cerUmint'
iiitellf^luali Icclnritrn
théologie .
in qiiQ e^emplirnl
i|p tribus nolabilibiis
f]nf^lioiiil»us.
38 DOCLMENTS ET ÉCRITS OHIGINALX.
fertiiissimi fructibus cxpeleret, sibi ipsi quodain mo«lo negarel, juxUi illud" ;
(t Sibi ipsi negat qui quod difliciie est petit, -n
CAPITLLUM SECUNDUM.
DE LAl'DIBVS^') THEOLOGOBl'M.
In vico quietissimo noininato Sorbone<'>, nec non in religiusorum duinibus
valde niuitis, admirari poteris reverendissimos patres et dominos qui, velut cé-
lestes et divini satrape, ad apices buniane perfectionis, prout intellectus niagni-
tudiiii conjuiictus'*' accipere potest, féliciter subiimati, sacralissimas Neteris et
Novi Testamenti scripturas ieclurarum ac disputationum frequentibiis exercitiis
solemniter élucidant, ac saluberrima divine iegis oracula, que et ipsi per sanc-
toruni operum evidentiani verificant in se ipsis, crebro dévote predirationis elo-
quio in cordibus fideliuin radicare laborant. 0 inipersrrutabilis divine cunctipo-
tentie magnitude! quot et quanti lectores Senlenliarinn'^''K pro luis invisibilibus.
per ea que facta sunt visibilia'") inspiciendis, fatigantur laboribus, maceraniur vigi-
liis,etsollicitudinibusanxiantur! Gentilium n.imque pbilnso|)liorum nunc obliqua''
roctificant, iiunr errores exterminant; nunc veritates ab illis naturali lumine per-
scrutatas, tanquam ab injustis possessoribus , pro catliolice fidei defensionc susci-
piunt, prout decet. Licet autem omnes isti vcritatis strenuissimi professores ad
unicum finem potissimum, ut]>ote ad summe Trinilatis noticiam vel aniorem.
censeantur intendere, unum tamen fréquenter contingit eis, quod apud simpli-
ciores admirationc non caret; et est quod de eisdem ronclusionibus diversi con-
trarias opiniones delTendunl'*'. Nonquid'*' enini firmiter asserunt ipsorum alicpii
totani honn'nis subslantiam unica forma subslantiali multas habente virtutes esse
conlentam; aiii vero ex adverso demonstrant animam sensitivam et intellectivam
in liomine quidditativam'" et substanciali diversitalc distingui" ? Adhuc aulcni
''' Senec. rrin proverbiis. >! 1^ vers doit ilre
ninsi dispose: irN^at sibi i|)se qui quod diflicile
(test petit." (Phèdre, ëdil. Barbou. p. a36.)
<*' Manuscrit de Vienne, ;>rMOMÏ(.
"') Ibid. Serbone.
'*' Expression einployëe par Jean de Jandun,
Qii(F»l. in metaphi/t. lib. II, queest. 4.
'' Les Sentences de Pierre Lombard , évêque de
Paris, dont la lecture était, avec celle de la Bible,
le fond de l'enseignement théolojjifjue an moyen âge.
*' Saint Paul a dit [llehrœ. \i. 3) : rUt ex vi-
"sibilibus visibilia lièrent;') et lÉglise chante encore
dans l'une des Préfaces du Missel romain : ff Ut, dum
ffvisibililer Deum cognoscimus. per hune in invisibi-
fflium aniorem rapiamur.i
''' Ce latin bizarre présente cependant des ex-
pressions d'une grande originalité : on a vu plus
haut irverificare in Mip«> evideotiam Morlomm
iropenim ;* il y a lira de remarquer ici le ntot obli-
qua , distinct de errortê , et appliqué aux dctni-vëriMi
des philosophes païens.
' Il suflit de rappeler le plus grand inoniimenl
théologique du moyen âge, la Somme de !>aiiil Tho-
mas, où chaque proposition est précMée d'une dé-
monstration contraire.
'*' Comme plus haut, pour nwmqtiid ou nonne.
'"' Du pronom inteirogatir quid? la terminologie
scolastique. dont la férondilé est proverbiale. ii
formé le substantif quiddiuis, essence d'une chose,
et l'adjectif quiddilaiirut , essentiel.
'"' Il y a là une allusion aux fameuses discussions
qu'a soulevées pendant tout le moyen âge la théo-
rie d'Arislole sur l'âme, et (pii ont produit un si
grand nombre de commentaires.
TRAITÉ DES LOUANGES DE PARIS. 39
particuliers de cette terre si fertile se les refuserait, si je puis le dire, suivant ce mot
connu : Demander une chose difficile, c'est se la refuser à soi-mâme.
CHAPITRE II.
i^LOGE DES TIléOLOGieXS.
Dans la très-paisible rue nommée de Sorbonne'", comme aussi dans nombre de maisons s r
religieuses, on peut admirer des pères vénérables, des seigneurs, et, pour ainsi dire, des """^^f**
satrapes célestes et divins, parvenus heureusement au faîte de la perfection humaine, au-
tant que peut le faire l'intelligence unie à la grandeur, qui élucident solennellement les
textes sacrés de l'Ancien et du Nouveau Testament, par des exercices fréquenU de lecture
et de discussion''^', et qui, par leurs éloquentes prédications souvent renouvelées, s'efforcent
d'enraciner dans les cœurs les vérités salutaires de la loi divine, qu'ils réalisent en eux-
mêmes par leurs saintes œuvres. 0 grandeur insondable de la toute-puissance divine!
Combien de savants lecteurs des Sentences, voulant examiner les choses invisibles à la lu- s i.
mière de celles que vous avez rendues visibles, se fatiguent par leurs travaux, maigrissent ,„t„„ dîTvoiM^,
dans les veilles, et sont rongés par de continuels soucis! Tantôt ils redressent les écarts
des philosophes païens; tantôt ils écrasent leurs erreurs; tantôt enfin ils revendiquent,
comme il convient, pour la défense de la foi catholique, les vérités découvertes par les
pîîïens, grâce à la lumière naturelle, et qui étaient, pour ainsi parler, entre les mains de
détenteurs illégitimes'". Cependant, quoique tous ces hommes, qui font profession de re- $3.
chercher ardemment la vérité, passent pour tendre à une fin uni(|ue et supri?me, savoir "* ""^^J^"'*''*^
la connaissance et l'amour de la souveraine Trinité, il leur arrive souvent (ce qui ne ******"* *m'*'
laisse pas d'étonner les gens un peu simples) de soutenir sur les mêmes conclusions des
opinions opposées. N'en voit-on pas quelques-uns affirmer que toute la substance de
l'homme est contenue dans une seule forme substantielle ayant plusieurs vertus, tandis
que d'autres démontrent, au contraire, que l'àme sensitive et l'âme inlellectivc constituent
chacune une nature particulière dans l'homme, et se distinguent par une diversité d»-
cienne université. Elle se considérait comme étant joura, le couronnement des études faites k la Fa-
la l)nse do l'ensei|fnenipnl public, ol. par coiisé- culte des arLs.
([uenl, cuMiiiic runiversitiî eile-nii^me, n'ayant pris ''' ffLes disputes des tliéologiens.in riVro quietit-
un nom particulier qu'au moment où les trois autres rùssimo nominato Sorltonte, comme on l'écrivait en
facultés avaient commencé îi se constituer. I,e rec- itiSa.*?, n'étaient pas toujours arcompagnëes de ce
leur était toujours pris dans son sein; elle «lisposait '-calme dont leur fait iionneur un contemporain. «
(lo ([uatre voix, à raison des (jiialre luttions dont (Hisl. lill. de la France, t. \XIV, p. 960.)
elle était composée, ce qui lui assurait la majorité '*' Ces deux mois résument la double mélliode
dans toutes les réunions {générales. Elle avait le pri- de renseignement scolaslique : lecture du lexlc
vilége (lo convoquer tout le corps ensciffnant, de avec explication ou conunentaire; questions pro-
surveillcr le parchemin, c'est-à-dire toute la librai- |>osécs sur le texte et provoquant des discussions.
rie (lu temps, le Pré aux Clercs, les AUes et ébats (Thurot, De l'organiêaùou de /'«
d(»s écoliers, etc. etc. Le nom de faculté de pbiloso- l'Universilè de Paris, rlr. p. 73-75.)
phie que lui donne Jean de Jandun s'explique par ''' Tous les Pères de l'Eglise grecque et latine
la prééminence de cet enseijfuement : la pbiloso- ont revendiqué |»our le cbristianisnie les xérilés
pliic était aloi-s, comme elle l'est encore de nos morales entrevues par les philosophes païens. (Noy.
40 DOCUMENTS ET ÉCRITS OniGINAUX.
quidam illoruru conslanlcr affîmiant quod siipposila ejusdem specialissime speciei
sibi inviceni comparata alicujus unilatis ac idcntitatis realitati subjecla sunt 'i; alii
Yero e contrario prorsus hoc neganl.
Aniplius illoruni plurimi omnes polentias animo cognitivas in taiitiiin asiruuiil
osse pure passivas, ul, nec in se nec in suis objcclis aul subjoctis' , aliquid agaiit;
alii vero e regione non minus evidenter convincert' putant ipsas, sallem suos aclus
secundos, objectis lerminanlibus aut disponenlibus, eliccre seu producere in se
ipsis'*'. In biis igilur et similibus viri speculalivi, terrcnaruin cupiditatuni caligi-
nibus non subjecti, intcllectualia ccrtamina pro veritatis invcntione fréquentant.
Unus quidem obicit, alter solvit; unus replicat, alter refellil. El, ut unico dicam
sermonc, quidquid in talium pcrscrulatione problematuin unus manu jiotenti vi-
vificare aut fortilicare iiitilur, alter brachio cxcelso interinicreaut debilitarcconatur,
salva tanien penitus et onmino integralitcr et inviolabilitcr articulorum (Idei sin-
cera confessionc. Quid autom utilitatis et qualitcr religioni catholice conférât
taie gimnasium ^ , Deus novil; et ab ipsorum sedulitatibus potorit hue addiscere qui
ab eis hujuscemodi proccssuram'^', non prolervie sed discipline gratia, lucis et
temporibus congruis, expetet rationem.
CAPITLLL'M TERCILM.
DE FACULTATE DECRETORLll ET DECBBTALIVM.
PARTIClLi PRtVl.
I>'' ulilitatc Facultatii
«lecretorum
in «-ommuni.
l'.tnTIClLA 11 .
De originï* Farultalii
decrelonim
ft decrelalium.
In vico quem nominant'** Ciausum Rrunelh', decretorum et decretahuin lectores
proficui in multitudine numerosa sua jura pro|)onunt. (Juorum quanta sit regen-
dis ecclesiis oportunitas, hiis diebus bcne perpendunt illi qui capitulurum et ruria-
ruiii tractandis et disceptandis negociis sunt intcnti. Hadix nanique omnium niar
lorum, humana cupiditas, qua plerumque homo, inordinalo utpote unius intenso
''' l^es espèces très- spéciales, Vuiiité, Yidrulilè,
la réalilé, sont autant de souvenirs de la fameu^ie
querelle des Réalistes et des Nominaux qui durait
depuis près de trois siècles. Jean de Jandun connais-
sait évidemment les arguments des deux |>artis;
mais il évite de se prononcer.
'*' Les expressions dont se sert encore la philo-
sophie contemporaine, Vobjecti/et le subjectif, sont
empnmtées, on le voit, à la terminologie scolas-
tique.
''' Tous ces termes appartiennent à la philosophie
autant qu'à la théologie; les philosophes, ainsi que
les théologiens , comme autrefois les sophistes . dis-
cutaient sur toutes les matières le pour et le contre.
sic et twn, et ils déployaient, dans ces luttes sté-
riles , une fécondité de langage qui aurait dû trou-
ver un meilleur emploi.
'*' L'expression ^miM«NiM, employ<'e ici pour
qualifier l'exercice de gymtuuti^e intellectuel le au-
quel se livraient les philosophe* de ce temps . rap-
|>elle le root non moins heureiu par lequel un illusUv
écrivain, récemment enlevé à b science, a désigné
les tournois scolastiques du moyen Age. M. \ ictor
Cousin les considérait comme fune puissante es-
crime qui n'avait pas peu contribué à fortifier la
raison humaine.
'*' Il .semble impossible de lire autre chose dans
le manuscrit de Paris. La construction de la phrase
exigerait plutAt un mot au génitif dé|)endant de
ratùmem , comme procetiendi. L'abréviation du ma-
nuscrit de Vienne |)ermettrait, à la rigueur, de lire
processuum, leçon qui serait certainement préfé-
rable.
^*' Manuscrit de Vienne, roaml.
TRAITÉ DES LOUANGES DE PARIS. 4f
substance? Quelques-uns assurent que les sujets d'une même espèce Irès-distincle parti-
cipenl à une m<?mc essence qui existe réellement, qui est une et identique à elle-même
chez tous ces sujets comparés entre eux; d'autres au contraire le nient.
Plusieurs d'entre eux assurent que toutes les puissances cognitives de l'âme sont telle-
ment passives, qu'elles n'agissent ni en elles-mêmes, ni dans leurs objet» ou sujets;
d'autres, au contraire, avec non moins d'évidence, pensent convaincre leurs auditeurs que
du moins ces puissances créent et produisent elles-mêmes leurs actes indirects, suivant la
détermination ou la disposition des objets. C'est dans ces questions et d'autres semblables
que des hommes spéculatifs, dont le regard n'est pas obscurci par le nuage des passions
terrestres, livrent des combats intellectuels pour la découverte de la vérité. L'un objecte,
l'autre résout l'objection; l'un réplique, l'autre réfute. Et, pour me ré.sumer en quelques
mots, tout ce que, dans la discussion de ces problèmes, l'un s'efforce d'animer et de fortifier
d'une main puissante, l'autre, le bras levé, s'étudie à le renverser ou à l'ébranler, sauf à
confesser d'abord pleinement et de toute manière son attachement sincère et inviolable k
l'intégrité dos articles de foi"*. Quelle utilité, quel avantage la religion catholique lire-t-elle
de cet exercice? Dieu le sait, et ces hommes eux-mêmes s'empresseront de le faire connaître
à celui qui demandera, non par moquerie, mais pour son instruction, dans un lieu et en
un temps convenables, la raison de ce mode de procéder'*'.
CHAPITRE liï.
DE LA FACULTÉ DES DECnETS ET DES DÉCRÉTALES.
Dans la rue qu'on nomme Clos-Bruneau ''', les utiles lecteurs des décrets et des décrétales $ i-.
proposent leurs doctrines devant une multitude nombreuse d'auditeurs. L'importance et
l'à-propos de cette étude, pour l'administration des églises, peuvent être appréciés, de nos
jours, par ceux qui ont à traiter et à discuter les affaires des chapitres et des cures. La s ».
cupidité humaine, racine de tous les maux, qui la plupart du temps s'attache à l'homme,
lîullet . //^s^ del'clahlissement du christianisme , etc.). (rlieu de s'inquiëler du surcroît d'incertitudes qu'il
Tertullien considère les aveux de Platon, de Gicëron (rajoutait à tant d'autres, et de la masse de» intér-
êt des slo'iciens, comme le l(5inoi{piajje d'une âme irprétalions diverses qui continuaient de s'aocn-
nalurellement clirtSlienne : ttleslimonium animaB irmuler autour de lui.» {Hiil. lill. de la France,
irnaliu-nliter clirisliana». i t. XXIV, p. '109.)
<' Les disputes ihtyogiques étaient toujours '*' La rue du Clos-Bnineau , désignée id, est la
précédées d'une profession de foi. (Dionys. Cislerc. même qui a porté jusqu'à nos jours le nom de nu
Principinm in 1° Sentcnliar. (° 9 r°, 1" col. Dar{jentré. SainiJean-de-Bcauraix , nom qu'elle n pris vers la fin
CoUect.judicior. de novis enoribus, 1. 1 , 1 " part. 217.) du x\ * siî-cle. Le (^los-Rnineau . la me du Founrre et
'*' V. Le Clerc a relevé ce passage, qui est, en la Maison de Sorbonne, dont il est parié pnWdem-
efTet, frès-sifyiiilicntif : «Les plus habiles rommen- ment, ont été les l)erceaux de l'Université de Paris.
ir Intours, dit-il, en élaieiil venus à se dt'fier d'une II ne faut pas confondre cette rue du Uo*-linmeau
cpliiiosopliie qui, désormais réduite h combiner avec une outre du même nom qiii longeai! un ie-
«des mots et des formules, |)araissait regarder cond Clot-lirunenu , en censive de Saint-Cicrmain-
(t toutes les conclusions connue indilTérentes . pourvu des-Prés, et n'a été ouverte qu'au wi' siècle. Elle a
(T qu'elle eût argumenté Le péripnlélicien qui pris, vers le milieu du siMe suivant , le nom de rue
iffoisail entendre ces plaintes, Jean de Jandun. eut de Condé, qu'elle porie encore aujourtl'hui.
D*rMilitf
laFMaM4M«ento
Dt rM<|ia>
h FmW in Utntt
PAIITICI LA PHIMi.
Do
niiilicisia rommuoi.
PAIITICVLA II
De npltmis medicis.
42 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
ainore, corporaliter afficitur ad se ipsum, ad tanlam fréquenter perducit iniqui-
tateni judiciura rationis, ut liomo id quod suiirn non est, sed alterius, per fraudis
aut violentie nequitiam sibi usurpare présumât. Hinc autem oriRinantur morlales
discordie; hinc oriuntur lites verbales; hinc injurie corporales exsurgunt^». Quod
animadvertentes viri deniurgici'*', populorum regiminibus intendentes, ex comniu-
nibus nature juribus per convenientes determinationes arctatisC, jura legalia «eu
Icges proprias constituerunt; per quorum observantiam salutarem, sponte devi-
tatis aut judicis oflicio decisis litibus, sub pacis et quietis jocunditate, prout hujus
mundiW procellosus tumultus admittit, Deus altissimus adoratur in terris. Hoc
igitur, in quantum miclii ad presens apparet, unum est ex iliis ad que venera-
biles decretorum ac decretaUum professores insudant.
CAPITULUM QUARTUM.
DE LAUDE MEDICORCM.
In illa consolationis ac remedioruni génitrice piissima, medicinarum magistri
qui ad sanitatis custodiani et egritudinum curas, nichil ex contingentibus omit-
tendo*^', laborant, quos etiam propter necessitat<*m ab Altissimo creatos^*' Sapiens
honorarc prccepit, in plenitudine tante numerositalis habundant, ut cis, in suis
preciosis liabitibus et capitibus birretatis ■" incedentibus per vicos, pro sue artis fini-
bus capescendis, facile qui ipsis indiguerit valeat obviare. 0 quam graciosi sunl iili
optimi medicorum qui, artem magis philosophice proscqucntes, suppositis quibus-
dam philosophie'^) phisicc conditionibus ultimalis, pro sanitate et omnino bona et
paiera hahitudine servanda , canones"' operandi subordinant; et precognita , sublili-
late sollertie aut continuitate studii, sensatis, collectis atque collalis indiciis, morbo-
ruin principia, per efficaces, expertas et proprias remediorum virtutes, extirpant!
Sic enini, ablato ab egrotantibus ultimi terrihilium formidati merore, ad salvan-
dam eani que*'"' in ipso vivere dulcedinem naturalem vitalcque solatium resu-
''' Toute cette partie est indéchifTrable dans le
manuscrit de Paris. Les caractères en sont presque
entièrement effacés.
'*' Pour demurg-ici (Irjfiiovpyol). Ce mot em-
ployé par Tite-Live, ne se trouve pas dans Du
Gange, sous la forme demurgiciu.
''' Nous avons déjà fait reniaixjuer, dans ce style
bizarre et tourmente , plusieurs expressions singu-
lièrement expressives : juribus arclatis nous parait
être un terme énergique et original.
'•' Manuiicrit de Vienne : Hujutmodi.
'*' Le sens de ce membre de phrase a quelque
chose d'un peu vague à cause de lexpression coii-
tingentibus ; nous l'avons interprétée dans le sens
de ces occasions favorables, de ces crises heureuses
qu'un médecin hal>ile ne manque pas de saisir.
'*' ir Honora medicimi propter neccssitatem ! ete-
irnim illunicreavil Altissinuis. » Eecltê.c. \xxviii , v.i .
''' Du sui>slantif &irre<iiM , berrel, barrette, on
a fait l'adjectif verbal bitrtMiu, ooitSé, et le mot
birrettilio, cérémonie où un licencié recevait le
bonnet de docteur.
<*' PkilctopUe, ajouté par le ms. de Vieime. L'école
d'Ionie regardait, en effet, l'étude de la nature
comme une partie essentielle de la philosophie.
'** Le mot canm est employé ici dans le sens de ri^
ecclésiastique, et, par extension, règle en général :
Canonet dicimu* régula* quiu SS. Pâtre» eontUluenmt.
(DuCange,éd. Henschel, 11,99, ^'acception.)
''*' Sous-entendu e*l.
TRAITÉ DES LOUANGES DE PARIS. 4S
en lui inspirant la passion dcjsordonnr-e d'une chose pour en jouir seul, conduit fréquem-
ment le jugement de sa raison à une injustice telle, qu'il prétend s'emparer, par les voie»
perverses de la fraude et de la violence, de ce qui n'est pas à lui et de ce qui appartient
à autrui. C'est là l'origine des discordes humaines, la source des di.scussions verbale», la
cause des injures corporelles. A ce spectacle, des magistrats appliqués au gouvernement
des peuples, restreignant le droit naturel dans de justes bornes, ont établi un droit légal,
ou, pour employer le mot propre, des lois. Grâce à l'observation salutaire de ces lois, qui
évite les procès ou les fait trancher par le juge, au milieu de la joie, de la paix et du
calme, autant toutefois que le comportent les agitations orageuses de ce monde, le Très-
Haut est adoré sur la terre. Telle est donc, autant qu'il m'apparait pour le moment, une
des fins auxquelles les vénérables professeurs de décrets et de dccrétales consacrent leurs
labours.
CHAPITRE IV.
ÉLOGE DES HéuECINS.
Dans le sein de cette tendre mère '", qui a des consolations pour l'esprit et des remède*
pour le corps, les maîtres de la médecine, qui travaillent à nous conserver la santé et à
nous soigner dans nos maladies, sans omettre aucune circonstance favorable, ces hommes
que le Sage nous a ordonné d'honorer comme étant créés par le Très-Haut pour nous
secourir, se montrent en si grand nombre, marchant dans les rues revêtus d'habits pré-
cieux, la tête couverte d'un bonnet doctoral, lorsqu'ils vont remplir les fonctions de leur
état, qu'il est facile à ([uiconcpie a besoin d'eux de les y rencontrer'*'. Quelle reconnaissance
ne doit-on pas à ces princes de la médecine, qui étudient les principes de leur art plutôt
selon les règles de la philosophie, en y mêlant toutefois quelques-unes des profondes res-
sources de la physique, pour conserver la santé, l'entière beauté et prestance du corps, qui
savent mettre en sous-ordre les règles ordinaires, et qui, par la finesse de leur sagacité
ou la continuité de leurs études, connaissant à l'avance les principes des maladies, grâce
aux symptômes qti'ils comprennent, recueillent et comparent, extirpent les maladies par
des remèdes efficaces, éprouvés et appropriés'^'! C'est ainsi que, enlevant aux malades les
S 1*
DaaoBalii
Mnkm
4rPkrit.
''' Il s'agit toujours de l'Université, qui comptait
l'ëcole de niëdecine au nombre de ses facultt^s.
'*' Le porlrnil que Jean de Jaiulun trace des mé-
decins de son Icnips est peut-i^trc un peu flatté, du
moins au point de vue de la fortune et de la tenue. I.e
docteur Achille Chércau, (|iii a beaucoup étudié les
humbles oriffines île la Facullé, lui prèle des dehors
i)eaur()up plus modestes. itA la lin du xin' siècle,
iT dit-il , la Faculté de médecine de Paris était fondée;
ffninis où alln-t-elle s'abriter? On a rlierclié avec
wamoiir ce pi-eniicr lieu dans lequel nos j>ères ont
«commencé leurs exercices, et on le chercherait en-
(rcore, si l'on ne se fût pas convaincu que les mattrcs
(ren médecine, après s'être séparés des autres éeolM
irde la rue du Fouarre, pauvres et dénués de toal
•rsecours public, incapables de s'acheter la plus pe-
(rlite bicoque, avaient pris le parti de vivre au jour
frle jour, de demander aux ^ises, aux abbayes, un
ir petit coin oîi ils pussent s'assembler... Cet état de
rrboses a duré |)lus de deux cents ans.* {Noiiet «r
les (mcienne* ècolet de mtètàmt JekneJtk Béekerit,
p. 6.)
''' Cette définition de la mt'-derine et de la pra-
tique nuklicalc témoigne d'un jugeoMot sain et
éclairé; on n'apprécierait pas mieux, de nos joon,
le r61e et les procédés des nëdacms.
6.
M DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX,
mendum, Deo et vere operantibus, gaudeut se esse niinistros. Apotliecarii vero,
qui de medicamiiiuin maleriis subseiviuntC, et aromaticarum specieruiii oblecta-
menta infinita conficiunt, super illum et juxta famosissiraum vocatum Parvuni
Pontem, atque in ceteris plerisque locis patentibus, suoruni vasoruni, in quibus
exquisita claudunlur inedicamina, pulcritudines non occultant.
SECUADA PARS PRINCIPALIS HUJLS TRACTATUS,
IN QDA AGITL'R DE QUIBUSDAM EXCELLENTIIS PARISIl'S, PRETER STL'DIL'V Et'*'cMVBBSIT\TKM :
ET CGNTINET NOVEm'^* CAPITULA.
PARTICDLl Plim.
De
ecclesia in roniniuoi.
PAHTICI LA 11*.
CAPITULUM PRIMUM.
DE ECCLESUS ET PRECIPL'E DE ECCLESIA <*' B. MARIE ET DE CAPELLA REGIA.
In illo siquidem christiane professionis saiuberrimo sacrario, domus egregie
Deo consecrate in tanta inultitudine fundate sunt, quod forsan inulte, de putentio-
ribus cbristianitatis'^' urbibus, tanta aularuin Dei numcrositate non gaudent. Inter
De ecclesia beaie Mario qygg jUa teiribilissima ^'' gloriosissiine Virginis Dei genitricis Marie ecclesia non
•d diia» tnrm. iuiiucrito, sicut sol inter astra, prefulget. Et quant vis nonnulli, per sui arbitrii
libertatera, propler ad paucainspicere'''' faciliter, enunciantcs, dicunt quarunidam
aiiaruin hujus pulcriludinem precellere, puto tamen, salvis ipsorum reverenliis,
quod, si ad totum et ad singula ddigentius altonderont, cito ab bac recédèrent
opinione. Ubi eniin, queso, reperient ipsi duas talis magnificcntie turres perfec-
tas, sic exccisas, sic latas, sic fortes, tali et tain mulliplici décorum varielate.
circumamictas'^)? Lbi, queso, reperient voltarum lateraliuin et secuiidum sub et
supra t'* ordinem tôt membrorum ? Ubi, queso, reperient tôt circumstantium
capellarum iucidissimas amenitates? Amplius, dicant miclii in qua ecclesiarum vi-
debo tante magniludinis crucem,cujus ununi bracliium cliorum distinguit a navi.
Demum libenter addiscerem ubi sunt laies duo circuli''*", sibi invicem secundum
PARTICILA m'.
De \olUs ecclesie
béate iMarie.
PAnriciLA iv".
De capcllis.
PAnTIClLA ï".
De cruce (empli,
PARTICCLA Vl*.
De
iluobus circulis vilrealis
qui vocantiir 0.
'■' Le rôle secondaire des pharmaciens est par-
faitement indiqué par le mot subserrtunl.
'*' Manuscrit de Vienne, «eu.
'*' Ainsi portent les deux manuscrits. Cependant
celle partie contient dix chapitres.
''' De ecclesia, ajouté par le ms. de Vienne.
''> A la place de ce mot donné |>ar le manuscrit
de Vienne, le manuscrit de Paris porte ex cicitati-
bus, qui ne forme pas de sens.
'*' Quœ mole sua terrorem incutlt speclantibuM.
(Du Breul, Antiq. de Paris, p. 6.) rLa majesté
r terrible de la cathédrale l'a surtout frapiié.* {Hitl.
Uu. de la France, I. \\!V, p. 609.)
''' Construction liarbare, faute de l'article grec.
pour propterea quodadpauca itapicereposâunlfaciliUr.
''*' L'auteur fait allusion au texte bien connu :
rCircumdata varictate, circuoiamicta varietalibus.*
{Ps. XLIT, Y. 10, l5.)
'•' Construction dans le genre de la précédente ;
tub et supra sont le complément de secumiym.
'"' Les roses des deux portails latéraux; on les
appelle vulgairement encore aujourd'hui des 0.
ituoni^fttt ttgi tet manifeûa libio pfrntiqnrîttfttm^ manr
titc îrnirfuô-conùfio&^nmtanirf inîtj gtiinia ppft: Icc mimaii^
ucm-artiiôTXOçnUôniùruxîcit ixalee.ct ^xnl:^fmpniui puton^jn^r
cutn uûiô lViû(h luîcantur moxDmc oincti ficprtcnt iifit lilrr
qiinncumq; totrkcquc fur mco Cmptu muan-tr ère 'ï^;^^:^
i U Uorsiu
Le Petit Pont de Pans au XIV" Siècle
.'âc-stMite dune a/mjùire Je U Vie de. Monseigneur Saincl Denis MsdeU 3UoMq Aip''.'biiAfSvmmtTM0,f«/4
TRAITÉ DES LOUANfJES DE PARIS. 45
iliiifjrins et les terreurs de la mort, ils se font une joie de s'employer, avec l'aide deDiea et
rinfluence du printemps'", pour conserver aux hommes la douceur innée de vivre, et leur
l'.iirc! rclrouvor les consolations do l'existence. Les apothicaires, qui préparent la matière
d(!s médicaments et qui fahri(|uont d'infinies variétés d'épices aromatiques, habitent sur le
très-célèbre l*ctit-Pont ou aux alentours'^', ainsi que dans la plupart des autres endroits
fréquentés, et ils étalent avec complaisance de beaux vases contenant les remèdes les plus
recherchés '^'.
DEUXIÈME PARTIE PRINCIPALE DE CE TRAITÉ,
OUI CONTIENT NEUF CHAPITIIES, ET DANS LAQUELLE IL EST QUESTION DE CERTAINES SUPERIORITES
DE l'AniS, EN DEHORS DES ÉCOLES OU DE L'UNIVERSITE.
CHAPITRE PREMIER.
DES EGLISES ET PRINCIPALEMENT DE NOTRE-DAME ET DE LA CHAPELLE ROYALE.
A Paris, sanctuaire privilégié de la religion chrétienne, de beaux édifices consacrés à S i".
Dieu ont été fondés en si grand nombre, qu'il n'y a probablement pas beaucoup de villes, "" " *^
parmi les plus puissantes de la chrétienté, qui puissent se vanter de compter autant de
maisons de Dieu. Parmi ces palais, l'imposante église de la très-glorieuse Vierge Marie, $ «.
mère de Dieu, brille au premier rang et à juste titre, comme le soleil au milieu des autres ""h
astres. Et, bien que certaines personnes, par la liberté de leur appréciation, ne pouvant "* "^
voir facilement que peu d'objets, soutiennent que la beauté de quelques autres égli.ses
l'emporte sur celle-ci, je pense, sauf leur respect, que, s'ils l'examinaient attentivement
dans l'ensemble et dans les détails, ils abandonneraient bientôt cette opinion. Oii trouver,
je vous le demande, deux tours d'une telle magnificence, aussi parfaites, aussi hautes,
aussi larges, aussi fortes, enrichies d'une telle variété, d'une telle multiplicité d'ornements?
Où rencontrer, je vous prie, une suite si eompliqu(?e de voûtes latérales tant inf(?rieures que |^ ^J^^
supérieures? Où trouver, je le répète, l'éclatante splendeur d'une telle ceinture de cba- j^^
pelles? Ce n'est pas tout : dites-moi dans quelle église je verrai une croix d'une pareille ^
nàxé
5 6
grandeur'"', dont un bras sépare le chœur de la nef? Enfin l'on me ferait plaisir de me dire '•''•'"»»'' ""éiBii
^•t I'mi I
''' Il est remarquable de voir indi(juer ici celle ilccins (|ui l'aynient peut-être guëri; oussi traduil-il
iiitlueiice du renouveau qiie l'auleiu-, malgré son es- le passage : 0 quam graeioti $unt illi optimi medie«-
lime pour les mddcciiis, senilile considërer comme rvm , par ces mots : tOIi! qu'il faut aimer ces bons
étant aussi puissaiilo que leur art. rmt'dccins.i il trouve le pam'gyrique des apolhi-
''' Voir, h légard du Pelil-Pont, ce qui en est caires irphis court et plus simple.» {Hi*t. lia. de h
dil dans la notice pincée en l6Ui des deux Éloges. France, t. XXIV. p. '17a.)
''' Le savant auteur du Discours sur l'étal des '*' La plu[)arl des liistoriens de l'aris onl \>»s»t
lettres au .ni' siMe cite ce chapitre comme fort sous silence ce grand cniri(i\ qui sé|>«rail le rbreur
intéressant. Il y voit l'expression d'une certaine ten- de Notro-Dame de la nef et qui fut détruit, proba-
dresse de la part de Jean de Jandun pour les nié- blemeni en 1 G99 , lors de la construction du maître
PARTIGULA TH.
Dp régit capella.
A6 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
rectain lineam opposite situati, quibus propter simililudincm nomen atUibuuiit
quarte vocalis; intra quos minores orbes et orbiculi miro artificio, sic quideiii
circulariter, sic auteni angulariter ordinati, circumdant vitreas rutilantes preliosis
coloribus ac figuris picturarum subtilissimis venustatas. Rêvera puto banc eccle-
siam talis attente cernentibus admirationis causam prcbere, ut vix ex ejus inspec-
tione possit anima satiari.
Sed et illa formosissinia capellarum, capella régis, infra menia mansionis régie
decentissime situata, inlegerrimis et indissolubilibus solidissiniorum lapidum gau-
det structuris. Picturarum colores electissinii, ymaginuni deauratio preciosa,
vitrearum circumquaque rutilantium décora pervietas, altarium venustissima
paramenta,sanctuariorum virtutes mirifice, capsularuni <'> figurationes exlranee*
genimis adornatc fuigentibus, tantam uticpie illi orationis domui largiuntur de-
coris yperbolem,ut, in eani subingrcdiens, quasi raptus ad celuni, »e non imme-
rito unam de Paradisi polissimis rarneris pulet intrare.
4>ARTICI.'LA Tlll .
De
sanctÎA que 6iint
in
ecclesiis
mnltrialibuft.
0 quam salubres in illis oratoriis Deo potentissimo preces fundunt, cum spi-
ritalcs et interne puritatcs ipsorum precantium cor|)oralibiis et externis oratorio-
rum munditiis proportionaliter correspondent!
0 quam placide piissimo Deo in illis tabernaculis laudes canuntur, cum ipso-
rum corda canentium sunt amenis tabernaculorum picturis analogice virtutibus
venustata !
0 quam acceptabilia gloriosissimo Deo super bec altaria holocausta parantur,
cum ipsorum sacrificantiiira vita, correspondentc deaurationi altarium ciaritale.
resplendet*^'!
'*' Captularum ou caytalarumfLe rns. de Vienne
porte camlarum. Ces trois mots ont été a«ei g^oé-
raleraent employés les uns j>otir les autres : cejwn-
(lant capsula signifie particulièrement reliquaire ou
ciboire, caysala, diminutif de eay$a, coffret, cas-
sette, etcasula, chasuble.
<"' Cette expression peut s'entendre ou de l'ori-
gine ou de l'apparence étrangère des ornements et
figurations qui décoraient la Sainte-Chapelle. L'œu-
vre de Pierre de Montereau étant un édifice émi-
nemment français par sou architecture. Jean de
Jamiun fait peui-^kre allusion aux artiste» floren-
tins qui avaient été employés à la fabrication des
nombreuses pièces d'orfèvrerie coin|)osant les reli-
quaires dont ce meneilleux sanctuaire était enrichi.
Peut-^tre làut-il traduire j^fwotMMe* extnmee pw-
onumemU ej-térieur* , en opposition avec les rifhwMn
intérieures des rliAsscs.
'' Dans le manuscrit de Vienne, ces exclama-
tions 0 quam salubret , etc. 0 quam plaeidt , etc. O
quam acceptabilia , etc. sont disposées en forme de
tableau . de la manière suivante :
0 quam
salubrcii in
illis oratoriis Deo
potentissimo preces funduntnr,
cum spiritales et inti>rne puritatps
ipsorum precantium corporalibus et
eiternis oratoriorum munditiis proportio-
naliter correspondent!
0 qnam
placide piiuimo
Deo in illis (al>em«ciilii
landes canunt, cum ipso-
rum corda canentium sunl
amenis tabernaculorum
plctnris analogice vir-
tatibos TCDUstalal
O quam
•eeepUbilia
gliiiiaiiMinui Deo sa-
per bec allaria boloeao-
sta parantur. cum ipaoraai
sacri6cantinm nia , cor
deaurationi altahom e
riUte.NsirieiKlet!
Van Klven del.
HKl.IQI AIUK KN AlU,l-.Ni immvI lUl'OlSSK
UlT lECHEF nr. SAINT LOI! I:
.■xroulr par l'oHrvrr G JL..i>.'<'l au enmni'du XlV'SircIe.
K i \ 1 «.rr A L^ 5^;>rt CHAi'Li.i.t:
Or b dwfHW njab.
.<g1i<
TRAITI^: DES LOUANGES DE PARIS. 47
où je pourrais voir deux semblables roses se faisanl face mutuellement en lipne droite,
roses aux(|uelles la ressemblance a fait donner le nom de la quatrième voyelle. Au-dessous,
des roses plus petites, des rosaces disposées avec un art merveilleux, les une» en cercles,
les autres en losanges, entourent des vitraux étincclants embellis de couleurs prt^cieuses
et de figures peintes avec la plus exquise délicatesse. En vérité, je pense que cette église
offre à ceux qui la regardent attentivement un tel sujet d'admiration, que l'âme a peine
il se rassasier de la contempler.
Mais la plus belle des chapelles, la chapelle du Roi, très-convenablement placée dans s
l'enceinte delà demeure royale"', se fait admirer par sa très-forte structure et par l'indestruc-
tible solidité des matériaux dont elle est formée. Les couleurs très-choisies de ses peintures,
les dorures précieuses de ses images, la pure transparence des vitraux qui brillent de tous
côtés, les riches parements de ses autels, les vertus merveilleuses de ses sanctuaires, les or-
nements étrangers de ses châsses décorées de joyaux éclatants, donnent à cette maison de
prière un tel degré do beauté, qu'en y entrant on se croit ravi au ciel , et que l'on s'imagine
avec raison être introduit dans une des plus belles chambres du Paradis''^'.
Oh! qu'elles sont salutaires les prières qui montent de ces sanctuaires vers le Dieu tout- j h
puissant, lorsque la pureté intérieure de l'esprit des fidèles répond exactement aux orne-
ments corporels et extérieurs des oratoires^*'!
Oh! qu'elles sont douces les louanges du Dieu très-miséricordieux, chantées dans ces
tabernacles, lorsque les cœurs de ceux qui les chantent sont embellis par des vertus en
harmonie avec les belles peintures des tabernacles!
Oh! qu'ils sont agréables au Dieu très-glorieux les holocaustes préparés sur ces autels.
lorsque la vie des sacrificateurs brille d'un éclat égal à l'or des autels!
autel ëlevé pour nccnni|ilir le vd'ii fait par Louis XIII, s[ilnndi(le reliquaire pu nrjfeul (lor<*. L'nuleur ne dit
en i638, vœu par lo(juel il niellait sou royaume ricu de cet (Ivdnenient qui avait ilù ce[)eiirlant avoir
sous la protection de la Vierjfe. Le Père Du Breul, un retentissement immense,
au livre I" de ses y1»/(iy«i/c'» rfePnrw, est le seul qui '*' M. Ernest Renan cite presque tout ce cha-
fasso mention de ce crucidx; ce qu'il dit en fait pitre dans son Dltcoiirs sur l'étal des bemix-mU am
«■{jretler la dcsliuction : irLe grand crucitix cpii est xiv' siècle. Sa traduction présente quelqaes Itères
ff au-dessus de la ffraude porte du cœur, avec la variantes de sens, notamment en ce qui concerne!»
ffcroix, n'est (|uo d'une pièce : (pii sont deux chefs- détracteurs de Notre-Dame, qu'il qualifie "d'cspn'lt
"d'œuvre de taille et sculpture;'» pajje i3 de l'édi- détroits, » tandis que l'auteur ne constate qu'iuie
lion de 1611. Nous proposons délire, au passage simple liberté d'appréciation , /)#r tni arUlru /l'Wta-
«lu texte latin, au lieu de ciijus iwiif hrnchium, /fm. Ouant^ '"Sainle-r.liapc-lîe, que Jean deJandnn
riy'us QVODQVK brachitim, c'est-à-dire chaque bras. trouve très-convenablement placée dans l'enceinte da
ce (pii ri>pon(l mieux à la li'op courte description de Palais, M. Renan dit qu'elle vsemUe se eaàner par
Du Ureul. irmodestie derrière les murs de la demeure royale. «
'■' La Sainte-Chapelle, commencée en ia45. (Ilist. iitt. de la France, l. \\l\, p. Go^.)
|)ar Pierre de Montercan, et achevée en ia48, était '' Il y a, dans le texte latin, une coosInielMO
dans tout son éclat au moment où écrivait Jean de symétrique marquée par les ejspressionsfiiràato^r»-
Jandun. Dix-sept ans auparavant, le roi Philip|)e cnii/inm et wiis</i/i»« oratorMrw»; il est bien diflîcile
le Bel y avait fait transporter en grande |M>mpe le de la faire ressortir en français, à cause du double
chef de saint Louis, précieuse dépouille pour la- sens du mot mundida, qui signifie à la fois parrt^
(|ui>lle l'orfévTe Guillaume Juliani avait exécuté un et ornement.
48
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
PtBTICUU PmMA.
De
fortitudine
et magnitudine
ptlacii régis.
PARTICCLA II*.
De
vinaginibus
regum
in palaeio.
PARTICl'LA m*.
D.-
nit-nsa marmorea.
pauticili If .
De
tfommuoi utilitate
régis.
PAITICDLA V*.
De
magistris requeaUruni
rt nntarii«.
CAPITULUM SECUNDL'M.
DE PALATIO REGIS, IN QIO EST ALIQUID DE MAGISTBIS PABLAME^TI ET RBQl'ESTARllI,
ET DE KOTARUS.
In Hla monarchie Francorum illustrissima sede, insigne quoddam regaiis ma-
gnificenlie signuni, gloriosissimum palatium construclum est. Cujiis inexpugna-
biles mûri sunt ab invicem tante capacitatis aniplitudine distantes, ut jmpulum
continere valeant infinitum. Pro inclite vero recordationis honore, ydola cuncto-
rum regum Francie , qui hactenus precesserunt, sunl ibidem adeo perfecte repre-
sentationis proprietate formata, ut primitus inspiciens ipsa fere judicet quasi viva.
Sed et marmorea mensa, sue politissime planitiei uniformitate rcfulgens, sub occi-
dentalium vitrearum iuminc fixa, sic tamon quod ad oriens rcspiciunt convivan-
tes, tante profecto magnitudinis existit, quod,si mensuram ejus absque probatione
proponerem, timerem niichi non credi,
nia siquidem aula regia non propter obscenas bcstiahum vohiptatum desidias
decorata est; non pro fallacibus atque fictitiis inanis glorie preconiis conficta est:
non propter superbie tyrannice perniciosos conventus roborata est; sed operosc,
elTicaci at([uc totali soUicitudini monarchice prudentie, publiée utilitati incre-
meiita jugiter iinperanlis, propriissimc coaptata. Ktcnim super patentes lateralium
sedium altitudincs hujus aule, cunctis fere diebus, insident viri politici'^, quorum
hii quidem magistri requestarum, illi vero régis notarii, ex ofliciis propriis nomi-
nantur; a quibus, secundum suos ordines, precepto monarche laborantibus rem
publicara prosperari, nunc gratiarum benigni et honesti favores, nunc requeste,
sinccri juris statera librate, fere incessanter émanant.
l'AIITICl LA Vl.
De
inagislris
Parlamentoriim .
In caméra vero spaciosa et speciosa'^*, ad quod hostium, in boreali palatii muro
construttum, ingressum prebet, que pro negociorum arduitatibus, majoris eget,
tranquillitate secreti, sedent pro tribunalibus oculaie peritie viri, vocali magistri
Parlamcntorum; a quorum infallibilibus jurium et consuetudinum prudcntiis.
discussis hinc inde cum omni maturitate ac mansuetudine causis, irrefragabilia
progrediunlur fulmina scntentiarum, per quas justis et innoxiis hominibus letitie
tripudia, partibus et niuneribus prorsus exclusis, solo Dei et juris intuitu, largiun-
tur. Iniqui vero et impii, juxta sue iniquitatis mensuram, aflUictione et roiseria
saturantur.
'■' Ce mot marque très-nettement le caractère
politique du Parlement. Dès le commencement du
XIV* siècle , ce grand corps nVtait pas seulement
considéré comme une réunion de magistrats appelés
exclusivement à rendre la justice : on les regardait
comme chargés par le Roi de contribuer à la pros-
périté de l'État : prtrcepto monarehe laborantUm* rtm
publicam protperari.
'*' Nouvel exemple de ces jeux de mots qui ont
été légués au moyen âge par la décadence latine :
l'auteur n'a pas résisté au désir de rapprocher *pe-
ciota de tpnciota.
•t
imrà.
TRAITÉ DES LOUANGES DE PARIS. 49
CHAPITRE H.
DU PALAIS DU ROI , OÙ IL EST PARL^ DES MaItRES DU PARLEMENT, DES MaItRES DES BBQOiîBS
ET DES NOTAIRES ROYAUX.
Dans ce siéfje Irès-illuslre de la monarchie française a été ëlevé un splendide palais, f ,
témoijjnagc superbe de la magnificence royale. Ses murailles inexpugnables offrent entre '*''•
elles une enceinte assez vaste et assez étendue pour pouvoir contenir un peuple innom-
brable. Par honneur pour leur glorieuse mémoire, les statues de tous les rois de France, | ,
qui jusqu'à ce jour ont occupé le trône, sont réunies en ce lieu; elles sont d'une ressem-
blance si expressive, qu'à première vue on les croirait vivantes. La table de marbre, dont (3
la surface uniforme offre le plus brillant poli, est placée au couchant, sous le reflet des »•••'»**•*«■■*»
vitraux, en sorte que les convives'" sont tournés vers l'orient; elle est d'une telle grandeur
que, si j'en citais les dimensions sans fournir la preuve de mon (Ure, je craindrais qu'on
ne me crût pas.
Le palais du roi n'a été ni décoré pour l'indolence et les grossiers plaisirs des sens, ni s S.
élevé pour flatter la vanité fausse et trompeuse d'une vaine gloire, ni fortifié pour abriter "'î".'^*!^'"''
les perfides complots d'une orgueilleuse tyrannie; mais il a été merveilleusement adapté aux
soins actifs, efficaces, complets de la prudence de nos rois, qui cherchent sans cesse par
leurs ordonnances à accroître le bien-être public. En effet, sur les sièges élevés qui $5.
s'offrent des deux côtés de la salle, on voit s'asseoir presque tous les jours des hommes **""**",?* ''"'
d'Etat, que l'on nomme, d'après leurs fonctions propres, les uns Maîtres des requêtes, le» *•■*■<■ «•}»»•
autres notaires du roi. Tous, suivant leur rang, obéissant aux ordres de la royauté, tra-
vaillent à faire prospérer la chose publi(|ue; c'est d'eux qu'émanent pres(|ue incessamment
les faveurs bienveillantes et honorables des grâces; c'est par eux que sont présentées les
requêtes pesées avec les balances de l'équité la plus sincère.
Dans une vaste et belle chambre, à laquelle donne accès une porte spéciale, pratiquée S 6.
dans le mur septentrional du palais, parce que les affaires difficiles qui s'y traitent exigent
une plus grande tranquillité et une plus com|)lète retraite, siègent à leur tribunal des
hommes d'une habileté toujours éveillée, que l'on nomme les Maîtres du Parlement'*'. Leur
infaillible connaissance du droit et des coutumes leur permet de discuter les causes en toute
maturité et indulgence, et de lancer les foudres de leurs sentences définitives, qui donnent
des transports de joie aux innocents et aux justes, parce qu'elles sont rendues sans qu'on
ait égard ni aux personnes ni aux présents, dans la contemplation de Dieu seul et du
droit. Mais les méchants et les impies, dans la mesure de leur iniquité, sont abreuvés
d'amertume et de malheur.
i'> OnilîiinitîtlaTuliltHleMurhiedanslesgrniutes <*' C'est le nom qu'oo donnait alon k lom les
occnsions. Le Journal d'un bourifeoit de Parts nous conseillers du Parlement de Paris . derc» ou laïques ;
apinond que. le 16 ddceinbie i43i, Henri VI, les prësidenU ne furent clajjlis qu'un peu plus larJ.
fraprès son sacre, vint nu Pnllnys disner, luy et sa sous le règne de Piiilip|>c de Valois. qui, par m» or-
ffcompiiij;nio, et disna en la gi-nnt salle, à la Table donnnnce de i3'i3, créa Iw Iroù pramien dont le
irdc Marbre, "t nom soit parvenu jusqu'à noua. Il Mnbie rémHar
1118T. — I. 7
50
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
fABTICtLA PniMA.
De colUcutis in Aula
ùiinpéllonim
generelilor.
PASTICUU 11*.
De
contint» JD pariibus
inferioribui.
PARnCLLA m .
De
contentis
in superioribus
partjbus.
PABTlGLLi IT .
De
quadam
suniniaria lande
Aularum
r.umpt-llorum.
CAPITULUM TERTIUM.
DE AULIS CAMPELLORLH ET DE ALIIS DOMIBLS PAUISIIS.
Ista si quidcni jocunditatis amcnissime niansio lct<d)uiida, sub incstiiiiabiliutn
preciosoruin gazopliilaciis perinaximis, cunctas et universas jocaliuiii species, in
domo iule Campellornm vocata, présentât. Ibi nainqiie, si facuitates tibi suppe-
tuiit et voluntas, cinere poteris omnia gênera ornanientoruni, que saj;acissinia fac-
tive ralionis industria, ut iacune desideria complcantur, doproperat excogilare.
Istorum autem generum singulas velle specialissimas species describere, forsan hoc
opus tante prolixitatis dispendio prolongarct, quod et in lectoris anima generaret
iastidium, et sui actoris ignaviam, propter impossibilia sibi querere"), insinuaret.
Hoc tamen prorsus nolo tacere quod, in quibusdam inferiorum parlium illius
foralis donius, oITeruntur, quasi sub innunieris congeriebus et cumulis, panni
pulcri, puirrioreset pulcherrimi; in aliis autem forraturc'^' décentes, hee quideni
ex aninialiuni pellibus, ilie vero e\ sindalis ''' constitute; aiic quoque ex ceteris
delicalis et extrancis materiebus facte sunt, quarum propria nomina latini ydio-
matis niichi fateor esse ignota. In superioribus vero ilbus edis pariibus, que ad
moduni unius vici mirabilis longitudinis ordinate sunt, pretenduntur speciaba par-
ticularum humani corporis paramenta; pro capite quidem corone, séria et mitre;
discriminalia quoque eburnoa pro ca|)inis; spécula pro oculis^*); cinguli pro ium-
bis; burse pro lateribus; cyrothece pro manibus; monilia pro pectorc; ceteraque
talia de quibus nominum latinorum penuria, magis quam visive cognitionis defec-
tus, me tacere conjpollit. Sed, ut illa politorum corporum rcfulgentia rrebcrrima,
quorum secunduni individua numerus infmitus complemenlo proFunde et dearti-
culale narrationis obsistit, saltim in aiiqua superHciali summa, tangere se perniit-
tant, liceal ila proponere : In illis foralibus locis, procedenlium visibus lot et taies
sponsalium jocundilatum ac festivitatum celebrium varie decorationes arridenl, ut,
una série semiplene prospecta, impetus desiderii mox festinet ad alteram, et, tota
longitudine pcrtransita, insatialus resumende oblectationis aiïeclus, non solum
semel neque bis, sed quasi infinicies, ad principium refleclcndo, si ratio sibi cre-
deret, inspectiones faceret iterare.
''' Celte leçon est celle du manuscrit de Vienne.
Le manuscrit de Paris, h peu près indt'cliiffrable
en cet endroit . semble porter, impoxsibilem qutriihiin ,
ou impossihilium sibi qutesitum; ce qui revient au
niêiiie pour le sens.
**' FoRRATDRi!. ptlUtium quo vetùt omatur, tel
eliam id quo aliquidmunituretfardtur. (Du Caniie,
1. III, p. 372, éd. Henschel.)
''' Étoffes de soie. (Voyez du Gange, Glos». med.
et inf. latin, au mot Cendalum.)
'' Spécula pro orulit. Dan» la pn^iiinTe ••diliun
de cet éloge, nous avions traduit ces mots par
bètielei pour le$ yeur; mais les bësides, d'une
invention moderne en i3as, ne devaient pas Hre
encore assez répandues pour se trouver aux Halles
des Champeaux. Ces roots, au milieu d'une énu-
méralion d'objets de toilette et de luxe, semblent
devoir (Ire mieux interprétés dans un sens analogue
à celui des expressions' qui les précèdent et les
suivent.
TIUITÉ DES LOUANGES DE PARIS. 51
CHAPITHE III.
OKS HALLES DES CIIAHPEAUX ET DES AUTBES MAISONS DE PARIS.
Ce joyeux séjour des plus agréables divertissements offre, en de très-grandes montres s i".
pleines de trésors inestimables, toutes les espèces les plus diverses de joyaux réunis dans """^T^***"'
la maison dite les Halles des Cltampenux. Là, si vous en avez le désir et les movens, vous
pourrez acheter tous les genres d'ornements que l'industrie la plus exercée, l'esprit le plus
inventif se bâtent d'imaginer pour combler tous vos désirs. Vouloir décrire, dans leur»
détails, toutes les spécialités que renferment ces genres, ce serait allonger cet ouvrage et
lui donner une longueur telle, qu'elle ferait naître l'ennui dans l'âme du lecteur, et lui
montrerait combien l'auteur s'oublie quand il cherche des choses impossibles. Je ne veux $,.
pas toutefois omettre entièrement de dire que, dans quelques endroits des parties infé- j„ '*"**
rieures de ce marché, et pour ainsi dire sous des amas, des monceaux d'autres marchan-
dises, se trouvent des draps plus beaux les uns que les autres; dans d'autres, de superbes
pelisses, les unes faites de peaux de bêtes, les autres d'étoffes de soie, d'autres enfin
composées de matières délicates et étrangères, dont j'avoue ne pas connaître les noms
latins. Dans la partie supérieure de l'édifice, qui forme comme une rue d'une étonnante s 3.
longueur, sont exposés tous les objets qui servent à parer les différentes parties du corps tnm^nimmnitimn,
humain : pour la tête, des couronnes, des tresses, des bonnets; des peignes d'ivoire pour
les cheveux, des miroirs pour se regarder, des ceintures pour les reins, des bourses pour
suspendre au côté, des gants pour les mains, des colliers pour la poitrine, et autres choses
de ce genre, que je ne j)uis citer, plut«)t à cause de la pénurie des mots latins que faute
de les avoir bien vues. Mais, pour que les splendeurs sans nombre de ces brillants objets, $ 4.
dont les variétés et le nombre infini s'opposent à une description complète et détaillée, *" 1,
])ui.ssent du moins être effleurées dans un ensemble superficiel, laissez-moi vous parler
ainsi : Dans ces lieux d'exposition , les regards des promeneurs voient sourire à leurs yeux
tant de décorations pour les divertissements des noces et pour les grandes fêtes, qu'après
avoir parcouru à demi une rangée un désir impétueux les porte vers l'autre, cl qu'après
avoir traversé toute la longueur une insatiable ardeur de renouveler ce plaisir, non pas
une fois ni deux, mais comme indéfiniment, en reprenant au commencement, leur ferait
recommencer l'excursion, s'ils voulaient en croire leur dé.sir"'.
de ce que dit Jean de Jandun que les notaires du Pamii les travaux inodcmps, nous gignalerons une
lloi et les maîtres des re(|U(Mes étaient désignes aussi notice du regrettable M. lîrûn, mo;l i la lin de
sous ce litre de maitres. On peut consulter sur l'ori- 1 866. Celle notice se trouve en lète du lonie I" de*
gine et Torganisalioii |iriniitive du Parlement de Arles du Parlement , fuhVié» par onire de l'Empe-
l'aris les ouvrages suivants : i" Hecherclies sur la reur, sousia dirertionde M.lcman|iiisdeLaBorde.
France, par Etienne Pasquier; ^' De l'origine et esta- garde général des Archives. Nous croyons savoir, en
hlisscinnit du Parlement et autres jiirisdiclionsrmjalles outre, que le savant et lalwrieux auteur de l'ou-
estans dans l'enclos du Palais Royal de Paris, par vrage intitulé La France sous Pkilippt le Bel pré-
Pierre de Miraulmont, etc. Paris, i6i9, in-8°: jwre' un grand travail sur ce sujet
T Treize livres des Parlements de France, etc. par '' V. I.e Clere cite ce chapitre qu'il considère
B. de la noclie-Kla>in. Bortleaux, 1617, in-folio. comme fort curieux, et le rapproche des passages
PARTICULA ï
De
domibus
rommunibus.
PARTICULA Tl .
De
riomibut magnaliim.
PARTICILA PimA.
D.:
manuartifiribus
in conimuni.
PARTICULA II .
Vf
pictoribus
et ymagînatoribus.
PAITICULA III*.
De
raetoribns armonim.
PARTICULA IV .
De factoribuavesliulii.
PARTICULA <*.
Oi> pantini factnribus.
52 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
De domo igitur quam vocanl Halos Campellorum dicta sunt tanla. Al vero si
quis omnem ceterarum domorum Parisius nunieruin summare vellet, fortassis
laboraret in irritum.paulo minus illo qui mullorum undique hyspidorum capilum
pilos, aut agri magni stipulas, aut ingentis silve folia dinuinerare temptaret. Qua-
îia vero^'' et quanta faniosorum divituni liospitia! Hec quidem regum, coniitum,
ducum, milituin, celerorumque baroniini, illa vero ecclesie prelatorum; ulicjue
plurima sunt, magna sunt et fortia, pulcra sunt et décora, in tantum quod ex iilis
solis, si ab aliis segregata subsistèrent, constitui posset civitas admiranda.
CAPITULUM QUARTUM.
DE ARTIFICIBUS MANUALIBl'S.
. Habitum '^' autem est hiis, si considerare non displicet, de manuartificibus an-
nectere. Dicamus igitur quod manuales artifices, sine quibus uitimata poiitice
communicationis'*' integritas non completur, in illo nccessitatum copiosissimo suj>-
plemento, tante spissitudinis vicinitate compressi sunt, ut, undique pcrlustrantibus
oculis, vix ipsorum continencie due domus contigue videantur expertes. Et ut ine-
narrabiles per singula humanarum artium industrias, sub quoruradam generum
summa, capitulare temptemus, fas sit ita diccre : Hic siquidem reperies cunctaruni
ymaginum, seu scultura, seu pictura, seu elevalione consistentium, subtilissimos
formatores. Hic videbis bellicorum instrumentorum , quinimo singulorum que ne-
cessaria sunt equitibus,sagacissimos constructores; sellas enim et frena, gladioset
scuta, lanceas et jacula, arcus, balistas'*', malleos et sagittas, loricas et platas'*',
cucufas'"' et galeas; et breviter, quecumque liumano coq)ori pro invasione et resis-
tentia conveniunt, sic habundant in illa securitatis tranquilissima mansione, ul et
hostium ferocitates perterrere valeant, et incolarum corda fidelium, divine lameo
potentie munimento posito pro oculis, trepidare non sinant. Hic rursus invenies
indumentorum atque ornamentorum curiosissimos paratores.
De panis autem factoribus lioc interponere non pudet, quod vel ipsi mirabili
''' Le manuscrit de Vienne ajoute ici «iin(.
'*' Dans le sens de visum est ou conveuien* ett.
'') Ainsi porte le texte. 11 semble qu'il faudrait
plutôt communionis.
'' Balista , appareil h lancer, machina jaeulatoria,
dit Du Cang^. Nous le traduisons ici ^marbaUtes,
avec i'autorilé du cëlèbre lexicographe qiii cite un
compte de Barlbélemy du Dracb, contemporain de
Jean de Jandun (i 338) , où il est fait mention d'une
(tarbaleste de cor et d'if, à tour, à haussepié , à bau-
itdrier, à tailler.» (T. I, p. 559, ëd. Henschel.)
'*' Plata , lame métallique , dont le nom s'est con-
servé jusqu'à nos jours : rrlta nostri appellabant
rarmaturas ex laminis ferreis confectas, cujusmodi
irhabuisse Sarniatas scribit Tacilus < (Du Gange,
t. V, p. agA, ëd. Henschel.) Christophe Hartuock
nous apprend : «rPlalani esse joricam qua pectus
itlogitur, indcqiie eos qui loricas ronficiunl platner
capiiellari.» Les platner allemands avaient autre-
fois une très-grande rëputalimi.
'*' Cdcifa, diminutif de aiphia, coiiïiire quel-
conque, est mentionné dans un registre du Par-
lement de Paris. B. fol. 44, parmi les arrêts de
l'année 197g. Il est dit dans ce document que
Jean de la Chapelle, ëcuyer, et ses com|)lices se
rendront à un lieu indiqué, m ealigù... in tunieis,
sine zonit, tint capmeiit et sine cneuJU. Cucvfa dé-
signe dans notre texte une coifTure militaire.
TRAITÉ DES LOUANGES DE PARIS. 53
J'on ai dit assez sur la maison que l'on appelle les Ihilhis de» Champeaux. Mais qui vou-
drait compter le nombre des autres maisons de Paris, travaillerait probablement en vain, ***
à pou près comme celui qui essayerait de compter les cheveux de plusieurs t^tes abondam-
ment fournies, ou les /ipis d'une vaste moisson, ou les feuilles d'une grande forêt. Que s 6.
de grands et beaux hôtels de riches fameux! Les uns sont ceux des rois, des comtes, des •*"****• r»^
ducs, des chevaliers et des autres barons; les autres appartiennent aux prélats; tous sont
nombreux, grands, bien bâtis, beaux et splendides, au point qu'à eux seuls et séparés de»
autres maisons ils pourraient constituer une merveilleuse cité'".
CHAPITRE IV.
DES ARTISANS HANDEL8.
11 nous paraît bon, si cet examen ne vous déplaît pas, d'ajouter ici quelques remarques $ ,«•.
sur les artisans manuels. Disons donc que les artisans manuels, sans lesquels l'intégrité '*"•»«'■" •"f'"*^
de l'association politique n'est pas complète'^*, au milieu de cet ensemble si abondant de
tous les éléments nécessaires, se pressent dans un voisinage si rapproché et en un tel
nombre, que les yeux, en parcourant toutes les rues, ne peuvent trouver deux maisons
conliguës qui n'en soient plus ou moins peuplées. Et afin de grouper sous quelques chefs
principaux les différents genres d'industries qu'on ne peut décrire en détail, qu'il nous
soit permis de parler ainsi : A Paris, on trouve des imagiers très-habiles, soit en sculpture, j ,.
soit en peinture, soit en relief; là vous verrez d'ingénieux constructeurs d'instruments de **" .
guerre et môme de tous les objets nécessaires aux cavaliers : selles et freins, épées et ï 3.
boucliers, lances et javelots, arcs et arbalètes, maillets et flèches, cuirasses et lames de '"""'
métal, bonnets de fer et casques; enfin, pour abréger, toutes les armes convenables à
l'attacpie et à la défense se trouvent en tel nombre dans cette tranquille demeure de la
sécurité, qu'elles peuvent effrayer l'esprit farouche des ennemis, et qu'elles bannissent
toute crainte du cœur des habitants fidèles; ce qui ne les empêche pas de placer devant
leurs yeux le rempart de la puissance divine"'. Vous y trouverez en outre des hommes qui s •,.
fabricjuent avec un très-grand soin des vêtements et des ornements.
Quant aux boulangers, il n'est pas déplacé de dire ici qu'ils sont eux-mêmes doués i s.
analogues de Joinvillc et de Guillcbert de Metz. qu'aujourd'hui d'Etat possible sans l«ur concours.
{Hist. litt. de la France, t. XXIV, p. igS.) M. Eni. •'' Les industries militaires occupent une plac*
Renan le cite l'jjalenienl, et en traduit la plus grande relativement considt'rable dans celle ënumëralion
partie, comme un tt'moigiiajfe de la splendeur ar- des mt'tiers parisiens. Paris éXsùi, en effet, le si^ge
tistique et conmierciale de Paris à cette époque. principal de la fabrication des armes de guerre.
(Même volume, p. (ho.) Etienne Roileau consacre plusieurstilresde son litre
''' On verra dans (îuillebert de Metz l'indication aux heaumier», aux mettrts gaainitn itfimriamx,
et la description de quelques-uns de cesliôlels. aux marchands défier et d'ackier, matière première
''' Cette pens(<e appartient h Aristote. qui la foi^ de l'armurerie. On peut citer, plus lard, les onloD-
mule ainsi au VP livre , S n : . . . wv ivev -aàhv àiù- nances royales de l 'u i et 1 44 1 sur les etrtShtn,
ruTovo/xeiCTOai. Bien que les ouvriers n'occupassent, celles de 1467 sur \c» ffmrhÙMwrê , et de nombreux
ni on Grèce ni au moyen Age, la place (pie leur 0 règlements recueillis jwir De l.amart> pour la com-
fiiito l'industrie moderne . il n'y avait pas plus alors |)ogition du livre M! du Traàè de la polkt.
PJtRTlCliLA Tl .
D«
farlorihuB vaaorum.
PARTIl'.DLl TU .
De
fiirlorihtis lihroruni.
54 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORKîINALX.
arlis pieiogativa cuiictis aliis 8ui {;eneris dotati sunt, aut ipsoinini matcrie, ulpotc
jjraiia et aqua, in tanlum nieliores sunl ceteris, ul, ob hoc, panes quos faciunl
quasi incommensurabilem suscipiant bonitalis et delicationis "* excessum. Melius
auteni est si bec ambo concurrant. Insuper nietallicoruni vasorum, precipiie de
auro et argenlo, stanno et cupro, figuralores'* optimi 8upra Pontem vocatuni
Magnum, atque in ceteris", prout unicuiquesuppotit, pluribus locis, maiieos super
incudes, quasi arnionice concurrenlibus ictibus. faciunt resonare. Adhur pcrga-
nienarii, scriptorcs, illuminalores atque ligatores librorum'*' ad ministerium sa-
picntic tanto studiosius invigilant sua opéra decorare, quanlo copiosins, ab ilia
profundissiraa scaturigine cunctorum bonorum, scientiaruni jocundissimi fontes
egrcdiuntur. De ceteris autem manuartiricum inodis, tum qnare sunt salis noli,
tum quare prolixitatem vereor, non eb'go ultra multiplicare sermoncs.
CAPITLLLM QIINTLM.
;(»)
ET ACCIDe>Tli CORPORIII.
PAffTICILA PIIHA
D.-
morilms
QCOD EST DE CONDICIOMBIS POPILI PARISIE>ISIS QLOAD NORES>
Cum ad Parisienses alumpnos, per niores animaruni et accidenlia corporuni
describendos, me converterent, visum fuit miclii quod mulli viroruni , ab antiqua
pnpuii PnriMemi». seiiiinuni propagatione Parisius genitorum, tali ulique niansuctudinis moderatione
fruunlur, quod, ex laudabili consuetudine, niediocriler se liabent ad irascenduni :
qui vero ipsoruni déclinant a medio, frequentius per iracundiam quain per ire pau-
citatem transgrediuntur. Plcrique etiam eorum "^' videntur deccnlis aflabililatis at-
que urbnnitatis spirituali dulcedine graliosi : qui autem ipsoruni déclinant a medio
inagis se ])lacidos exliibcnl qiiam protervos. Plurimi quoquc Parisiensium et ge-
nciaiifer Gallorum sunt excojienter eutrapeli : (]ui vero déclinant a medio plus
in boniolocliiam quam in agroybexam^'' cadunt. ob defcclum congrue discipline:
Adhuc Parisiaci populi magna quidem pars aperta est et verax; sed, si qui ipso-
'"' Ce mot est d'une latinitt' fort iloulciise : on ne
le trouve que dans les additions de Carpentier et
avec le sens de rœu.
'*' L'auieur emploie indistinctement les exppes-
sionsfactor cl ffpiralor qui ne se confondent point,
même dans la basse latinité. Arnobe entend le molji-
gurator dans le sens d'une représentation par image ;
nous le traduisons ici par ciseleur.
''' Le mot ewteris, rapproché de pluribus, avec
lequel il fonne un véritable pléonasme, nous avait
suggéré l'idée dune ellipse, celle de pontibut. Dans
cette hypothèse, le Grand Pont n'aurait pas été le
siège unique de l'industrie des orfèvres et des potiers ;
mais, comme Tauteur ajoute le mot locis, tpii im-
plique une dissémination plus grande encore des ate-
liers dont il s'agit , nous n'avons pas cru devoir intro-
duire cette nuance de sens dans la traduction.
'*' Tonte l'induslne émineninient [«risienne de
\a fabrication des livres, comme dit Jean de Jandun ,
se rattache aux quatre mots qu'il emploie ici : les
pergamenarii , dont la nie subsiste encore; les serip-
lurtt, que riniprimerie a remplacés; les iUumina-
lore», qu'elle ne remplacera jamais, et les UgaUm»,
dont les travaux passaient ensuite aux mains des
orfèvres, qui en faisaient de véritables objets d'art.
''' Le manuscrit de Vienne ajoute ici animarum,
comme dans la première phrase du chapitre.
'** Eorum , ajouté par le ms. de Menne.
''* L'auteur emploie ici plusieurs mots grec»,
qu'il latinise : EvrpaireXoi , enjoués ; ^fioXo-
}(^lti. bouffonnerie; àjpotxit. rusiicilé. grossiè-
reté. Ce dernier mot a été singulièrement défiguré
par le copiste. Peut-être faudrait-il lire agroy-
keyam.
i.v. (;i\.\Ni) l'oM l'i. l'Aïus Al Mv- sn-xi.K
TRAITÉ DES LOUANGES DE PARIS. 35
d'une supériorité étonnante dans leur art sur tous les autres ouvriers de ce genre, ou que
les matières (|u'ils emploient, savoir le {jrain et l'eau, sont tellement préférables aux aulrctt,
que, pour celte raison, les pains (pi'ils rabriquenl acquièrent un degré increvable de
honlé et de délicatesse'". Mieux vaut encore (pie ces deux qualités .soient réunies. En outre,
d'excellents ciseleurs de vases de métal, principalement d'or et d'argent, d'étain et de
cuivre, se trouvent sur le Grand Pont, et en beaucoup d'autres endroits, suivant la commo-
dité de chacun, et font retentir les marteaux sur les enclumes, en formant comme une
cadence harmonieuse. Il y a encore les parchcminiers, les écrivains, les enlumineurs cl les
relieurs, qui travaillent avec d'autant plus d'ardeur à décorer les œuvres de la scienc** „
dont ils sont les serviteurs, qu'ils voient couler avec plus d'abondance les riantes fontaines
des connaissances humaines jaillissant de cette source inépuisable de tous les biens. Quant
aux autres espèces d'artisans manuels, soit [>arcc qu'ils sont assez connus, soit parce cjue
je crains la prolixité, je n'en dirai rien, ne voulant pas prolonger ce discours.
CHAPITRE V.
DBS CONDITIONS DU PEl'PLE PARISIEN QUANT AD MORAL ET AD PHYSIQUE.
En me disposant à décrire le caractère moral et physique des enfants de Paris, il m'a
semblé que beaucoup de ceux qui sont nés à Paris, d'une ancienne famille, sont doués
d'une telle modération cl d'une telle douceur, que, par une louable habitude, ils ont peu
de penchant à se mettre en colère; mais ceux d'entre eux qui s'écartent de la droite ligne
pèchent |)lulôt par enq)orleinent que par apathie. La plupart d'entre eux paraissent
agréables par leur charmante allabililé, leur urbanité et la douceur de leur esprit; mais
ceux d'entre eux qui ne se maintiennent pas dans un juste-milieu se montrent plutôt
calmes (ju'insolents'"^'. La plupart des Parisiens, et en général des Français, sont remar-
quablement enjoués; mais, s'ils dévient d'un côté ou de l'autre, ils tombent plutôt dans la
bouffonnerie que dans la rusticité, par défaut d'éducation convenable. Le peuple de Paris
Dm
se.
Dm
■Ml lirm.
''' Les lalmelierit de Paris ont toujours eu une
{fronde répiilalion : il siidil do parcourir les ordon-
iiniices et irjfleiiiciils (|iii les coiicernenl pour se
couvaincrc de l'iniportanco que l'aulorilt' el la cor-
poration cllc-niènie allaehaient à la bonne qualité
du |)ain. Le Livre des Mèlicr», ilKticnno Boileau
[ \" partie, litre 1), s'en ex|)riuie ainsi : irQuanl li
«Rois a donc! à son nieslre Panclicr le niesticr de
irtaleniftlier, li nieslre Panelier doit venir a Pari» el
"•faire asseinhler louz les tal('iiipliers. . . El doit cslire
(f XII dos plus pi'i'udoim's di' iiicsliorde laleniolier. . .
''qui niiex sachent connoistre le pain, el qui plus
"sadiPiit du ineslicr. pour ]<> profil à ceus qui de-
rrdaiis la vil(( seul. El doivonl icfl \ii preudonies
tfjurcr. .. que ou ju(|ier le pain, qu'il nespargne-
wronl ne paronl, no niiii.' Ils n'éparjjnairni por-
sonne, en eiïul, dans Iciii's fn'qucntcs excursions :
frQiiant li meslre el li ]\ae vont paniii la vile. . . il
irprendrent un sei^nt du Clinslelet . el as lenestm
ff ou il Ireuvenl le pain à vendre. . . rojyuardrnl se il
iresl soullisons ou non.'> El en cas d'insutlisiuice dr
poids ou de qualité, toute la foumt'e ëtait coofi»-
<|ui^ : "Li nieslre. li jure, ajoute Élienne Boilenu.
(T feront doner por Dieu le pain."
'*' Nous avons déjà fait remarquer dans la NoUn*
que ces deux alllrnialions saocenives inipliqti<>nl
une certaine contradiction, h moins loutefoi» que
Jean de Jandun ni'tablisso ici deux catégories de
Porisiens : les uns, gens du peuple, qui !i'eni|ior(enl
quelquefois; les autres, hommes affables, polis.
bien éievtis, qui ne tombent jamais dans cet ci-
rés. Les expressions latines afiUUlts, winilM.
gpirilualù (itilerdo semblent appuyer cette conjec-
ture.
PARTICVU II.
^cridentibus
corjiorum viroruni.
PARTICIU m.
Dp
mulieribus.
56 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX,
rum lelinquunt médium, inveniuntur jactaiitiores itliquaiiter. Ipsorum autem cor-
pora nec despeclibilis nanositatis brevilale vilcscunt, neque {;iganlee moiis one-
rositale pigrescunl. Et adliuc ipsorum mcmbra nec servilis, ut, verbi gratia.
Milonici, roboris brutescunt ferocitate, nec nioliitiei feminee flexibilitate flectun-
tur; sed subinediocris stature formosa procerositale '"' formata sunt, tanto nicbi-
lominus, prout liberis innatum est, munita vigore quantus ad civileni vitam
sulïicit, et quantus ad bellicas re({uiritur actiones.
Hec de viris. De nmlieribus autem quid référendum "'? Opinor quod uxores et
matrone légitime, non obstantibus curiosis et muitiphariis indumentorum suorum
lasciviis, et non obstantibus suarum pulchritudinibus inelfabilibus facierum, ma-
trimonii leges custodierunt('>, et, per Dei gratiam, conservabunt illesas. Si que
vero ipsarura, per variam dolosc Cyprigene. corrigiam, spisse sapientis intellectum
furate sunt^*', rogo Deum piissimum, qui solus potest ex immundo mundum fa-
cere, quatinus ipsas reducat ad statum salutLs.
CAPITULLM SEXTUM.
DE FLLVIO PAR1SIE:«SI, VOCATO ^OHnE PROPRIO SECA^A.
Ad illud fecundissimuni declivum Parisius, cui ab Excclso concessum fuisM
videtur terreni vices gerere Paradisi, fluvius juste faniosus, Secana vocatus, acce-
dit. Gujus magnitudinis congrua mediocritas, suique fluxus non proceilosi sed
tranquiili velocitas moderata, ex variis mundi partibus opulentias humanis usibus
oportunas uberrime subministrat. Vina elenim Grecie, Varnacie'*', Rupelie, Vas-
conie, Borgundie, copiose déportât. Trilicum, siliginem, pisa, fabas, fenum, ad-
venam, sai, carbones et ligna propinat ad plénum.
''' Manuscrit de Vienne : procerilate.
'*' Manuscrit de Vienne : re/eram.
''' Le manuscrit de Paris donne custodiunt.
'*' Ce passa^fe pn^scnte divers sens à l'esprit;
nous avons adopté celui qui rend le mieux raison
des deux mots les plus iin|K>rlanlii, sapientis et in-
tellectum, tout en se rattachant naturellement au
contexte. Il s'agit, en effet, des femmes mariées,
timtronœ legitiiiiœ ,ei de l'usajje qu'elles ont pu faire,
soit avant, soit depuis leur mariage, de la fameuse
ceinture de Vénus. Jean de Jandun s'exprime, à cet
égard, avec la plus grande réserve, quoiiju'on fût
de son temps infiniment moins discret au fond et
dans la forme. M. Paulin Paris cite, en latin, bien
entendu, un proverbe de cette époque qui traite
les Parisiennes avec la dernière irrévérence :
Parisius iiali non posaunt esse beati.
Non saut felices, quia maires sont meretrice*.
Cette grave accusation formulée, selon l'usage du
temps , dans deux vers léonins rimant à l'hémisticbe ,
se trouve consignée sur la seconde feuille de garde
d'un volume in-folio parvo provenant de l'ancienne
bibliothèque de Mazarin et |>ortant à la Uibliotlièque
impériale (département des manuscrits) le n* &««
du fonds français. Rien autrement galant était l'au-
teur anonyme du roman de la Poire, qui s'exprime
ainsi sur le compte des Parisiennes :
. . . VtÊ puedet M Ua dames,
Ca MOllaileari.eeioiides jame* [gtwtmm)
De iMrtM csIm qat Mal aies;
Taot ■ODteoartoiMtatMii<«i(taatéM),
Tant sont vaillant et bien apriaes
Qu'en nul blasme ne sont reprise*.
( Histoire littéraire de la France , tome XXII .
p. 874.)
''' Manuscrit de Vienne : Vermicie, vins de Gre-
nache, nommés aussi avec les vins de Grèce par
Eustache Deschamps. ( Voyez Legrand d'Aussy, Vie
privée des Français, t. III, p. A8.)
0»
s».
TRAITÉ DES LOUANGES DE PAIUS. 57
est en grande partie franc et ouvert; mais ceux qui ne demeurent pas dans la droite voie
peuvent devenir quelquefois un peu trop vantards. La taille des Parisiens ne descend pas s i.
jusqu'à la petitesse méprisable des nains; mais aussi leur corps ne s'alanfjuit point sous """^
le poids d'uni! gigantesque masse. Leurs membres n'ont ni la rudesse brutale et scnile '•***»™»
d'un athlète comme Milon, ni la mollesse et l'élasticité des chairs de la femme; mais ils
sont doués d'une stature moyenne, d'une belle prestance, qualités qui n'en sont pas moins
acconq)agnécs, comme il convient à des hommes libres, de la vigueur nécessaire pour la vie
civile et pour les fatigues de la guerre"'.
Voilà pour les hommes. Que dire maintenant des femmes? J'aime à croire que les épouM's
et les mères de famille, nonobstant le luxe et la diversité excessive de leurs ajustements, et
malgré les beautés ineffables de leur visage f'^', conservent les lois du mariage, et que, grâce
à Dieu, elles les conserveront hors de toute atteinte. Si pourtant quelques-unes d'entre
elles, enchaînant leurs maris à la ceinture changeante de l'artificieuse Cypris, ont surpris
honteusement la religion d'un homme sage, je prie le Dieu très-miséricordieuv, qui seul
|)(Mit rendre pur ce qui ne l'est pas, de les ramener dans la voie du salut.
CHAPITItE VI.
ou FLEUVE QCI PASSE À PABIS KT QUE L'ON APPELLE LA SEIXg.
Dans ce fertile bassin de Paris, qui semble avoir reçu du Très-Haut le rôle de Paradis
terrestre"', un fleuve justement célèbre, nommé la Seine, vient se répandre. La grandeur
suilisantc de son lit, la rapidité modérée de son cours non impétueux mais tranquille. \
fournissent en abondance les richesses de toutes les parties du monde nécessaires au\
l)esoins de l'honinie. La Seine y apporte en grand nombre les vins de la Grèce, de Gre-
nache, de la Rochelle, de Gascogne, de Rourgogne; elle amène en quantité du froment,
du seigle, des pois, des fèves, du foin, de l'avoine, du sel, du charbon et des bois**'.
'' Il sernit curieux de rechercher, dons les divers
iiuleui-s (|ui ont t^crit sur Paris, les traits fbiidamen-
lau\ (lu c.ii'acU're parisien , et de constater ainsi que
ce type s'est perpétué à travers les siècles. Un pa-
reil travail excède manifestement les proportions
d'une simple note, el nous ne pouvons ici qu'en
suggérer lidée au lecteur.
'' [.a beauté des Parisiemies a toujours été pro-
verbiale; cependant on leur a plus d'une fois contesté
ce privilège. Nous citerons , entre autres pièces du
débat, le petit livre intitulé : Puellarum Arenioneit-
sium advemus Pan-lilsiaims dcfornup prestnntin con-
certatio ,exL. Claudii Eiisis rliriloiionihiis ( Tliolosa; ,
i599, in-li°).
'" On retrouve ici le jeu de mots du Dictnicur,
Parisics, Paradisus; Jean de Jandun l'aura sans
doute reproduit pour ne pas être accusé une se-
conde fois d'irrévérence envers la grande ville. Celle
(répentlièse» se rencontre d'ailleurs cheï presque
tous les auteurs du temps : Français et étrangers
proclament à l'envi que Paris est un Paradis. En
i^lili. notamment. RichanI de Bury, ëvéqne de
Durham, grand chancelier d'Angleterre, et grand
amateur de livres, s'écrie, h propos des trésors de
science que renfermaient les boutiques des vingl-
buil libraires jurés : >-0h! quel torrent de joie a
ff inondé notre cœur toutes les fois que nous avons
irpu visiter Paris, ce Paradis du monde, PmWmwm
itmundi Paritiiu. n ( liickardi de Bury, epùe. Damelm.
Philobiblion , Helmsladii, fjoZ. el Paris. ëdïL Co-
clieris. i856, ch. vin.)
'*' Ce» inarrhandis<>s ont toujourit fait le fond du
commerce par eau . sur la Seine el ses alUuenU. Voir
les grandes ordonnances de Chartes VI ( i & i S ) . de
Louis XIV (1679), qui ont régie w n^oce, et le
Traité de la police, t. III.
8
58
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
l'AKTlClLA CniMA.
IV Imno situ pArinius.
CAPITULUM SEPTIMUM.
DE CIB^RIIS SEU VICTLALIBt'S.
Grande siquideiii lueuiu fragile dorsuin pondus opprimeret, si CMiicloruni cibo-
rum species niererentur in hoc opère loca noniinibus propriis occupare distincta.
Omnes enim bestiarum terre, aque et aeris, adhuc auteni piantarum, fructuuni
et lejjuniinuin differentias, quorum subsUncie per cpscsini paralo vel optesim "
esui conveniunl, qnis enarrabit? Heor autein in presenli hoc osse suiliciens quod
onini tenipore lot et taies nutrinientoruni inaneries'^' nniniunt urbeni, ut excita-
luni i'anie, in sohriis aut in delicatis saporibus, palatuni suo desiderio non frus-
tretur. Pretiuni vero vendilionis et einptionis taliuni sub tali rationis inensura
decurrit, qualem teniporis ydoneitas et ineptitudo perniittit. Quod enim niirabile
videtur, non nunquani visum est hoc accidere quod, quanto majores populorum
turme inibi confluant, tanto victualium exuberantior copia et copiosior exub«-
rantia", prêter'* analogum crementum caristie'*', prescntatur ibidem.
CAPITULUM OCTAVUM'»'.
DE SITU PARISItS ET TOTIUS RALLIE , H QIO EST QLOUDAIl CORRELARIl'It
DE REOIBLS rRA^CIE.
Mirabilis in suoruni perfectione donorum divine muniHccntie plcnitudo, que
prêter dicta gcncra bonorum, quasi liumani corporis fragilitatis miserta et anime
|)assibililati compatiens , nodum Parisiaci territorii, sed et totius Gallie piena^')
fecunda sub tali celestium rorporum collocavit aspectu, talosque prebuit eis lu-
minarium influentias radiorum, ut sui habitatnres strictura non rigeant frigoris
''' Deux mois grecs latinisés |>ar l'auU'iir.
'*' C'est (le ce mot (ju'est dérivé le sulistantir
français manière.
'' Ces redondances de mots, dans lesquelles !<■
(jualilicatif du |ircniier sujet devient sujet à son
lonr et est qualifie par un adjectif fonné du subs-
tantif précédemment employé , constituent un ome-
Mient oratoire fort employé par les rhéteurs de la
l>asse et de la moyenne latinité. Les Pères de l'Église
iiont pas échappé, sur ce point, à ta contagion:
saint .Augustin, notamment, s'écrie en divers en-
droits des Soliloque* et des Coiifeuioni : "0 beala
"' solitudo ! 0 soia heatitudo! 0 felix a>ternitasl 0
"œterna félicitas! etc.»
'*' Prœler nous a paru avoir ici le sens priva-
tif. En elTet, si on le traduisait par les mots en de-
hors de, indépendamment de, l'éloge que l'auteur
veut donner à Paris serait beaucoup moindre, et
l'on ne s'expliquerait plus l'admiration qu'excite
en lui le fadle approvisionnement <ie la capitale.
'' CiRiSTii, cherté, de earere, manquer; on le
trouve aooa la forme earittia. earittio, eamtm,
carieia , etc. (Ehi Cange. édit. Henschei. t. II.
p. 179 el i8«.)
<*' Tout ce chapitre, qu'on pourrait intituler le
chapitre de» dliwtfi et rapprocher de la fanieu8<>
lliéoric de lioolMq[Dieu {E*prit de* Iaù*, liv. \IV.
XV, XVI, XVH), est un résumé de la doctrine
d'Arislote. Consulter à ce sujet la traduction de In
Politique (liv. IV (7), chap. vi , étiit. de J. fSarthé-
lemy Saint-Hilaire).
^ Plana ? Les deux manuscrits donnent plena ;
mais le changement de la voyelle n'est pas sans
exemple. M. Henschei cite une charte de lilafi,
dans laquelle est employé le mol piano, qui n'offre
pas un sens clair, et il ajoute : f nisi legendum sit
'^pro pleno.yi i_Du Cange. édit. Henschei. t. V.
p. •.91.)
TFIAITK DKS L01A.\GES Dh l'AHIS.
CIIAPITIIE Vil.
DES ALIMENTS BT DES VIVBES.
Un grand poids écraserait certainement mes faibles épaules, si tuules tes espèces de
mets méritaient d'occuper sous leurs noms propres des places distinctes dans cet ouvrage'".
Qui énumérera en effet les diverses espèces d'animaux de la terre, de l'eau et de l'air, les
variétés de plantes, de fruits et de légumes, qui, bouillis ou rôtis, conviennent à la nour-
riture de l'homme? Je pense qu'il suflit pour le moment de dire que celle ville est munie
en tout temps de provisions si variées et si belles, qu'un palais excité par la faim ne sera
jiunais privé de se satisfaire avec des mets simples ou recherchés. Mais le prix de vente et
d'iichat de ces denrées subit les variations de taux i|ue commande l'opportunité ou la dilli-
cullé des temps, (le qui semble merveilleux, c'est qu'il est arrivé souvent (|ue plus la mul-
titude afflue à Paris, plus on y apporte un nombre exubérant, une exubérance nombreuse
de vivres, sans qu'il se produise une augmentation |)roportionnelle du prix des denrées '^^
CHAPITRE Vm.
DU CLIMAT DE l'AllIS ET DK TOUTE LA FIIANCE, AVEC l^ COROLLAIRE SIR LE> HOIS
DE FIIANCE '^ .
Il faut admirer dans la perfection complète de ses dons hi divine munificence qui,
après les biens dont nous avons parlé, prenant en pitié la fragilité du corps de l'homme et
compatissant à la sensibilité de son ànie, a placé les fertiles plaines, non-seulement du ter-
ritoire parisien, mais encore de toute la France, sous un tel aspect des corps célestes,
et leur a procuré une telle influence des rayons lumineux, que leurs habitants n'ont pas à
souffrir les rigueurs glacées d'un froid excessif, ni à craindre que, sous l'action d'une cba-
$ i".
DrUkm"
•'' Ce rrgrnnd poids i n'a pns cITrayt! un antre
historien dp Paris, In savant cl laborieux Ue I^i-
inare. L'énuniéralion qu'il donne , d'après les do-
cuinciits ori{jinaux, des cibaria et des victualia au
xiv' siècle, remplit deux énormes in-folios, les
tomes 11 et 111 du Truite de la police. Chaque variéti'
de viande, de poisson, de {jibier. de lëguines, de
fruits, de boissons et d'assaisonnements ou t'pices.
y (HTupe un article distinct. Vient ensuite la rt'gle-
inentation de toutes ces marchandises au double
point de vue de riionm^lett' des transactions coin-
inerciales et du facile ap|)ort des provisions. Tontes
les questions eflleun'es ici pur Jean de Jandun y
sont examinées en détail et avec les plus amples
ilévelop|)ements. Nous ne pouvons cpie renvoyer le
lecteur à ce )[rand ouvrage, ainsi qu'à la volumi-
neuse collection manuscrite forntëe par l'auteur.
Cette collection, qui se compose de deux cents vo-
lumes in-folio, a été récemment disjwsëe par les
soins de M. I administrolcur général de ta Biblio-
thèque impériale dans l'ordre des douze livres
qu'avait prévus l'auteur.
"> Ainsi le courant commercial était déjà établi à
Paris, de telle sorte qu'une plus grande afHueocede
population provoquait immédiatement un apport
plus considérable de denrées alimentaires. En l'ab-
sence de documents statistiques . toujours si rares
à cette époque, on éprouve quelque satisbelioo i
constater, dès le commencement du xiv' siècle . ce(l«
application toute naturelle de la loi économique
qui ri-glc le rapport entre l'offre et la demande
''> On pourrait s'étonner de voir rétinies dnii»
le même chapiln^ deux id(<<>» d'un ordre *i din<v
rent ; mais . comme on le verra plus loin . l'auleiir
fait dériver la pn^-minence de la Krance. ainsi
que les hautes destinées de ses rois . du climat Ae
leur capitale et de l'Iieurwise leui|ieralure At tout
le rovatmie.
8.
PARTICILA II'.
De efTectibus
bone Gallirorum
rompleiionis.
PARTICL'U m'.
(Jiteest correlsli^utn
rei^ibuit Fraiirie.
PARTICCLA IV',
De
(fuadani objcrliorif .
Oilacio
n-sponsionis.
60 DOCUMENTS ET ÉCRITS OHIGINAUX.
excessivi, nec ah ipsorurn coiporibus, segrejjanlis apertuia caioris, sanguis et spi-
ritus latenter exalent. Horuni etenim primuin, sua aiitiperistasi ■ calorein nativum
IbrtiOcans, sanguiiiein quoque circa cor faciens ebullire, ad impetum tante ira-
cuiidie, qiiiniino feralis ferocilatis, inclinai, ut per consilium solerter inquirere et
recto judicio providere non sinat : secundum vcro, infrigidatis visceribus nimie
timiditatis tremulenlia subinducta, formidolosis superintendere instigat adinven-
lionibus cautelarum '"'. At vero qualitas tertia que in Gallia procreatur, sub pro-
porlionalis commixtionis beneGcio médians inter ista, ab hoc quidcm extremorum
virilem principative animositatis vigorem , ah illo vero divinativc previsionis ins*-
tinctum sihi vendicat per naturam. Ex quibus non adulatione scd veritate com-
pulsus hoc elicio, quod iliustrissiniis et precellentissimis Francie regibus inonar-
chicuni totius orbis doniinium, salteni ex native pronitatis ad meiius jure, debetur.
Si quis auteni michi opposuerit in hac parte, quod ego illam prerogalivam de
Gallicis predico, quant summus philosophorum Aristoteies suorum Politicorum
septinio'*' affirniavil de Grecis, huic utique objectioni, si et prout niichi conces-
serit Deus, cum a domino rege michi impositum fuerit, respondere sludebo.
CAPITULUM NONUM.
IN QUO, PER MODUM EPILOGI , POMTL'R QUEDAM SLMMARIA EXCLWATIO PRO PARISIIS.
CIVITATE INCLITA.
Redeundo ilaque ad propositum, et in capitulo parvo recolligendo preconia
(jiiedani, dicanuis : Glorielur in Domino, et a cunclis bone vohintatis hominibus
glorificetur locus ille healus in quo vigent et pollenl tôt gênera sapientum , a quo-
rum labiis, velut ab excelsorum niontiuin lateralihus aperturis, per totius orbis
circuitum doctrine sahihres, tanquani irriguorum fluminum indeficientes Huxus,
"' Encore un mot grec latinise par Jean de
Jandun.
'*' Jean de Jandun va ici plus loin quAristote.
Le Stagirite, en effet, n'avait parlé que des peuples
habitant les climats froids : rà év toîs yj/v^pott
T&aots éOvn ; il leur accordait l)eaucoup de courage .
tout en leur déniant l'intelligence et l'industrie :
Q^Jflo\t (tèv iall -aÀrjptj. havolts i' évieéaTepi
xai Téxyijs. Ce qu'il ajoute sur l'apathie des races
asiatiques dillère entièrement de ce que notre au-
teur dit ici des peuples méridionaux; il leur re-
proche leur mollesse, leur servilité, et nullement
la trop facile ébulUtion de leur sang : éJdvfKt, lUnep
àpxàlieva. kù SovAevovri SiarsAef. [Politique,
liv. IV (7), ch. VI, édit. Barthélémy Saint-Hi-
laire. )
<" Voici le passage auquel Jean de Jandun
fait allusion : rTo rùv tXXtjvùJv yévot, 'Ansep
rrfitaeiet xsri roùt rànovt, odran ifi^oiv fit-
'Tipjei' xai 7«p Mvftov xai havorfrixàv iali •
"SuVircp iXeiOtpàv rt hartXtî xal ^iXriala «o-
fXrmàiuvov, xai ivvéïievov ipx*"" ■aivram, fi«â«
Ttvyx^i'»»' laroAiTeias : La race grecque, qui.
irtopographiquenient, est intermécliaire, réunit
T toutes les qualités des deux autres, tille possède,
trà la fois, l'intelligence et le courage. Elle sait, en
-même tenq», garder son indépendance et fonner
"de bons gouvernements, capable, « eUe était
•réunie en un teul Etal , de conquérir l'univers. -
(Politique, édit. Barthélémy Saint- Hilaire, loe.
cil.) Le passage que nous avons souligné établit,
d'une part, les tendances monarchiques d'Aristote
ainsi que ses prédilections pour la domination
macédonienne, et, d'autre part, l'application que
Jean de Jandun en fait à la France féodale du
XIV' siècle.
TRAITÉ DES LOUANGES DE PARIS. 61
leur dissolvante, leurs corps dilatés ne laissent échapper insensiblement leur sang et leur»
esprits. L'un des deux climats, |)ar la réaction qu'il produit, fortifiant la chaleur native, fait
bouillir le san|; autour du cœur, et pousse les hommes à un tel defjré de colère et même
de férocité sauvage, qu'il ne leur laisse pas le loisir d'intcrro(jer soigneusement la tagMw
et de prévoir, par un jugement droit, ce qui doit arriver; l'autre insinue dans les cœur*
glacés les terreurs d'une excessive timidité, et les excite à se protéger par les inventions
craintives de la défiance. Mais le troisième climat, qui se produit en France, forme l'inter-
médiaire entre ces deux extrêmes; sous le bénéfice d'un mélange proportionnel, et par
un bienfait de la nature, il emprunte pour lui, au premier de ces climats, la vigueur virile
d'une ardeur souveraine, au second, l'instinct d'une sage prévoyance. Je conclus de là,
non par ilaltcrie, mais sous l'impulsion du la vérité, que le gouvernement monarchique de
tout l'univers appartient aux très- illustres et souverains rois de France, du moins par le
droit d'une impulsion native vers ce qui est mieux '". Si l'on m'objecte sur ce point que
j'accorde aux Français la prérogative que le prince des philosophes, Aristote, au septième
livre de sa Politique, avait attribuée aux Grecs, je ne répondrai à cette objection, si Dieu
le permet, que quand le Roi, notre sire, m'en aura fait un devoir '*'.
CHAPITRE IX.
DANS LEQUEL, EN FOnUE D'éPILOGDE, ON TRODTB DN KÉSVUi EXCLiMATIP
POUR L'ILLUSTRE CIT^ DE PARIS.
Revenant donc à notre sujet, et résumant dans un court chapitre «{uelques motifs d'éloge,
nous dirons : Qu'il s'enorgueillisse dans le Seigneur, que tous les hommes de bonne volonté
le glorilicnl, ce lieu fortuné qui voit vivre et grandir tant d'espèces de sages, des lèvres
desquels, comme du liane entr'ouvert des hautes montagnes, jaillissent et se répandent par
tout le monde de salutaires doctrines, ainsi que les flots inépuisables des fleuves bienfai-
i t.
DntCrtt
S 3.
M4iPn
Sk.
''' La conclusion n'est pas lrès-ri{jour<îusft , sur-
tout fin ce qui concerne l'argument tird des climats;
ijuant nu droit de pri'ponddrance nnivorsclle quo
in France possi^erail m vortu «de son impulsion
"native vers en qui est mieux, i c'est une tli(?orifi
dont les applications appartiennent au domaine de
la polilicpio propronionl dite, surtout de celle qu'on
appelle, de nos jours, In politi(pie d'intervention ou
de conquôlo. Jean de Janilun la conseille ici au
jeune roi (ihorlos le lîel .
'' On peut ôtre ëtonni' , nu premier abord , de voir
Jean de Jnndun attendre la permission du Roi pour
discuter une assertion il'Aristote; nmisil ne l'undrait
pns, à notre avis, voir dnns ce pnssajje une allusion
aux dilïih-entes fortunes qu'ont (^prouvt'es, pendant
le moyen âge, les doctrines de ce philosophe. La
c prérogative 1 concddt^e aux (îrecs, ou plutAt aux
Macëdonicns, par le pivceplcur d' .Alexandre le
Grand, s'accordait trop bien avec les théories de
Mnrsile de Padoue sur le pouvoir temporel pour
que notre auteur ne rap])liquât pas aux Français.
Cette hcuéimnic nouvelle , qu'il enipninte autant aux
traditions du souverain Pontifical qu'à la Potiliquf
d'Aristote, devait être fort du godt du nouveiau
Roi, lequel était alors, depuis un an seulement.
Charles IV, dit le Rcl. On sait que le jeune monarque
avait pris d'almrd pour modèles Philippe .\ugaste et
Philip|>c le Rel, et que les coninMOwoMQls de M»
règne promettaient une brillaDie ëpoqoe. JeM de
Jandun , brouillé avec l'Église , mal avec rL'niversit^,
devait naturellement se tourner vers le trâoe;e(c'cit
ainsi que s'explique le dithyrambe monarchique dn
chapitre X. Quant à la doclrine d'Ariatote sor la
ir prérogative^ royale, il la réfutera. dil-iL quoid
le Roi lui en aura fait un devoir rigoureux . c'est-
à-dire jauais.
62 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
eruinpunt! Exullet in Domino, et a cunctis bone voiuntatis liuniinibus'*' atloilaliir
locus ille sanctus cujus incole tôt, tantis et talibus orationuni tabernaculis, glo-
riani Salvatoris adorant! Letetur in Domino, et a cunctis bonc voiuntatis buminibus
cuUaudctur iocus ille fccundus quem fluminis impctus letiOcat, non quidem hor-
ribilis et procellosus, sed delectabiiis et tran(|uillus! Gratuletur in Domino, et a
cunctis bonc voiuntatis bominibus admiretur locus ille propitius, in quo tôt divi-
tiaruni susceptacula fundata sunt, ut sue per se sudicientie intégrités ipum nullo
bono utili, delectabili vel honesto relinquat orbatuni! Et in bac prosperilalis |)le-
nitudine totali banc urbeni urbium custodiat et dirigat Princeps ille suprcinus qui
unus, infinité virtutis inimenso vigore, totum dirigit universum!
CAPUT DECIMLM.
QUOD EST DK BEGE KRANCIE ; ET EJLS MODUS SCRIBEFSDI SIC EST DUERSIS 4B AMIS. l'ROPTER
VENERANDAM ET ADMIR\>OAM CELSITl DINEM REGIE MUEST4TIS.
Glorietur j
Exultet 1 . ,^
!.. / in Donniio, et a cunctis bone
I^etetur i
s
s
Glorifjcetur
glorificetur inclitissimu
voiuntatis bominibus ) atU.llatur cbristianissimu
collaudctur serenissiinus
admiretur victoriosissinius
Ihereditario (*'
. fe''«''«""o
(justissiino
potentissirao
/ studiosi. etc.
récrimine ) ^^ infidelium, etc.
ad suam, etc.
subditi, etc.
Studiosi viri precipuo sapientie et prudentie clipeo, pace videlicet ac libertate,
gaudent se esse munitos.
Ab infidelium nequitiis deffenditur populus christianus.
Ad suam potentissimam sedem, per aptissimum fluminis cui-suin, suas opulen-
cias dirigunt varie nationes, et juste commutationis débita lucra reportant.
î^J Hominilms, ajouté par le ms. de Vienne. *meliu8 esse monslravi. » U spectacle des agitations
<" Le ms. de Vienne ajoute ici une note impor- qui accompagnaient chaque élection au trône du
tante : <r Quod [alibi] multipUciler eiectiva instilutione Saint-Empire aura sans doute suggéré cette glose.
THAITÉ DES LOUANGES DE PARIS. 63
sants! Qu'il tressaille dans le Seigneur, et que tous les hommes de bonne volonté le
c(5lèbrcnt, ce lieu saint dont les habitants adorent la gloire du Sauveur dans un si grand
nonihro de vastes et beanx oratoires! Qu'il se rt^jouissc dans le Seigneur, et qu'il soit loué
par tous les hommes de bonne volonté, ce lieu fécond embelli par le cours d'un fleuve
(jui n'est ni eflrayanl ni impétueux, mais agréable et tranquille. Qu'il se félicite dans le
Seigneur, et qu'il soit admiré par tous les hommes de bonne volonté, ce lieu propice,
dans lequel sont les réservoirs de toutes les richesses, au point que l'ensemble de ses seule»
ressources ne le laisse privé d'aucun bien utile, agréable ou honnête! Que dans la pléni-
tude de cette prospérité cette ville des villes soit gardée et gouvernée par le Prince suprême,
qui seul, par l'immense vigueur d'un mérite infini, dirige tout l'univers'"!
CHAPITRE X.
DD ROI DB FRANCE (lA MANIÈRE D'ÉCRIRE EST ICI OIFF^RENTE DES AUTRES, À CAUSE
DE LA VÉNÉIIARLE ET ADMIRABLE GRANDEUR DE LA MAJESTÉ ROYALe).
Gloire \
Allégresse f , , „ .
) dans le Seigneur, et que tous
Joie (
Glorification /
glorifient le très-illustre.
les hommes de bonne volonté.
exaltent le Irès-chrélien ,
louent le sérénissime,
\ admirent le très-victorieux,
héréditaire,
. 1, • I très-heureux ,
monarque des Français, sous I empire. .{
' (rès-jusle,
très-puissant, etc.
les hommes d'étude, etc.
, contre les agressions, etc.
du(|U(;l <
' dans cette puissante cite, etc.
soumis volontairement, etc.
Les hommes d'étude se réjouissent de se voir couverts du solide bouclier de la sagess»* et
de la prudence, c'est-à-dire de la paix et de la liberté.
Contre les agressions des infidèles le peuple chrétien est protégé.
Dans cette puissante cité, qui est leur capitale, les diverses nations, par le courant pro-
pice du fleuve, apportent leurs richesses et remportent le gain légitime que donnent de
justes échanges.
'' !.(• "l'riiice siiprôiiie,» (|Uo Jonii do Jninluii noimullon, |H)rtnnl romtaiiiiuilinii dps KratrirHIrii. Il
fxnlln ainsi, veiinil de foniicr nvec Jean XXil un ôlait PxlrAnienirnt iin|K)rlant do mnH-ner Churies IV
projet <le croisndo. cl m rapprociienienl avait dt'- aux idttei |M)lili(|nos de sn deiu prédéeotMan;
ln-riiiiii> rrnivi<rsil)< îi sniisrriri> h In l)nll(> C.um inirr iiiissi Jrnn de Jnndun ne hii ménage pwt r(4ngr.
64 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Subditi volunlarii vicinorum suorum non oppriniuntur injuriis, nec inipunila
superbie licentia suis vicinis injuriantur "'.
Glorielur. Istud capitulum de rege'*' rationabiliter ordinaluni est jiost iiliiiii
epylogiim, hoc respectu quare, sicut in epylogo recolliguntur quasi omnia prius
dicta, sic in perfectione Régis continentur omnia bona suorum subditurum, juxta
illud Aristotelis, Ethicorum libro 8°<" : «f Non enim est rex qui non per se suITiciens
(T et in omnibus bonis superexcellens. -n
CAPITULUM PIU.MUM TERCIE PARTIS.
DE OSTENSIONE PRIMl INCONVEMEMTIS INCLtSI Vi DICTAMINE CUljSDAli DICTATORIS.
Tertaptr. Eb que ^*' iu presenti capitulo sum dicturus profecto non dicerem, nisi dilectio
,,ut'oii'™cmquai'uor vcii timofem vinceret displicendi. Verum quia secundum Pliilosophum, Elhico-
.ommissa in dicumiiM! ruoi priuio, (T opoptct ppo salute veritatis etiam lamiliaria despicere '*' •« , dico, m
quantum michi apparet, quod m verbis linus <lictatoris qui micni se opposuit,
(|ualuor de niajoribus inconveniontil)US sunt commissa.
Primuin incoiiveniens est, falsi impos.sibilrs as.sertio; secundum, honeslatis mo-
lalis per adulacionis vilium trausgressio; tercium, cujusdam repujpiancie seu oppo-
.sitionis implicita confessio; (juartum, Parisiensis excellencie intoierabilis depressio.
Primum probo sic : Quicumque asserit omne scibile sumere exordium a septeni
liberalibusartibus, iile asserit faisum et impossibile. Hoc apparet, quare certum est
quod Deus et intelligencie, et corpora celestia, et quatuor elementa, lapides,
metalla, plante, animalia, rores, pluvie, nubes, nives, grandines, fuigura, toni-
trua et coruscationes sunt quedam scibilia, et tamcn nullum istonim sumit exor-
dium a septem liberalibus artibus. Sed dictator, cum quo nunc disputo. dicil
quod omne scibile sumit exordium a septem liberalibus artibus. in hiis verbis:
cr In quo septem artes libérales septem candelabra ante Deum lucentia continue
«rrepresehtare perpendi, a quibus omne scibile sumit exordium. Quare, etc.* •" Sic
r.ujus ostensionin
molivum patiiil
fi\ pmhrmio.
'*' Depuis glorielur jusqu'à ces derniers mots
vicinis injuriantur, toutes les parties de ce tableau se
suivent dans le manuscrit sur une seule bande ho-
rizontale. Les quatre derniers alinéa sont disposes,
comme on le voit . à la suite d'une accolade placée
après le mot regimine, et semblent, dans l'intention
de l'auteur, correspondre aux quatre mots enfer-
més sous les accolades précédentes : ir Glorielur. . .
ffglorificetur inclitissimus . . . liereditario . . . stu-
itdiosi... etc. ; exultet . . . attollatur christianissi-
(tmus . . feiicissimo . . . ab infidelium , etc. i
'*' De rcge , ajouté par le ms. de Vienne.
''> Cap. .\ii.
'*) Le manuscrit de Paris donne ici , de la même
écriture que le texte du traité , une note qui ne se
trouve pas dans le manuscrit de Vienne . et que nous
avons cru devoir laisser à la marge, bien que. en
réalité, elle constitue le litre de la troisième partie
de cet écrit. Le respect des intentions de l'auleur
nous a seul empécbé de la disposer en forme d'in-
titulé, comme pour les trois autres parties.
<*' Aristote, Moral, lib. I, cap. n. p. 6, d, édit.
Duval. Nous ne citons point ici le texte grec, parce
qu'il est conforme à la version latine.
'•' Cette citation est au di'-bul de lEIoge de la
cité de Pari», p. aa. Le mol qtuire qu'ajoute Jean de
Jandun ne s'y trouve pas; c'est i'er^o du syllogisme
que notre dialecticien prèle au Dictateur, bien que
celui-ci ait fait une simple comparaison , sans con-
clure. Le procédé lui a paru de bonne guerre.
TRAITÉ DES LOUANGES DE PAMIS. 65
Soumis volontairement, ils ne sont pas opprimés par l'injustice de leurs voisins, el il»
no leur font pas non plus subir impunément les caprices de leur orpueil.
Gloire, etc. Ce chapitre a il6 disposé suivant l'ordre des idées, après l'Kpilojjue '■, par
cette raison que, de tiahua que dans l'Kpiloyue est réuni tout ce qui a été dit aupara-
vant, de même dans la perfection du Uoi sont contenus tous les biens de ses sujets, suivant
ce mot d'Aristol(!, livre VIII des Morales : Celui-là n'est pas roi qui par lui-même n'e«l
pas suffisant et supérieur en tous biens "".
CHAPITRE PREMIER DE LA TROISIÈME PARTIE».
Otf L'ON MONTIIE LA PnEMiÈRE INCONSEQUENCE nENFERMÉE DANS LE PACTl'M D'I \ (.KllitIV iilIKIKIH.
Ce que je vais dire dans ce présent chapitre, je ne le dirais certainement pas si
l'amour de la vérité ne triomphait en moi de la crainte de déplaire. Mais puisque, selon
le I'liiloso])he, au I" livre de ses Morales, il faut, pour le salut de la vérité, dédai{;ner ^mi» iM«M4fMH»
même ses atfections de famille, je dis qu'à mon sens, dans les paroles du Dictateur qui ^m
s'est attaqué à moi, quatre inconséquences principales sont à signaler. 4'MnttaiafMkv
La première est l'assertion d'une fausseté impossible; la deuxième est la violation de <i mu «■miimin
riionnêleté morab^ par le vice de l'adulation; la troisième, un aveu implicite d'un certain
désaccord et d'une certaine opposition; la quatrième, un dénigrement insoutenable de la
supériorité de Paris. Voici ma première démonstration : Quiconque allirmc que tout ce que
l'on peut savoir prend son origine dans les sept arts libéraux, celui-là avance une chose im-
possible et fausse. Cela est évident, car il est certain (|ue Dieu et les intelligences, et les
corps célestes, et les quatre éléments, les pierres, les métaux, les plantes, les animaux, les
rosées, les pluies, les nuages, les neiges, les grêles, les foudres, les tonnerres, les éclairs,
sont des choses qu'on peut savoir, et cependant aucune d'elles ne tire son origine des sept
arts libéraux. Mais le Dictateur, avec qui je discute en ce moment, dit que tout ce qu'il est
possible de savoir tire son origine des sept arts libéraux, et il s'exprime en ces termes :
^t Dans ce lieu, les sept arts libéraux figurent, suivant moi, les .sept chandeliers qui brillent
«continuellement devant Dieu, et dont tout ce qu'on peut savoir lire son origine. Donc i
L nvJ.Ml.ML.
'' Ce que rduleur o|)|ielle rplhfpic est le ciia-
pitre IX, qui précède le tiihleou ililhyrainbique du
chapitre \.
*' l/nnnlnijie que rnuloiir prétend élal)lir ici
entre l'épilogue , où il a résumé toul son livre, el la
majesté royale, dans laquelle viennent se fondre
tous les luériles. toutes les (pialilés, tous les biens
lies sujets, est Irès-contestahie au point do vue de
la logique el du simple bon sens. Mais, avec lo dé-
(inilion de la niyaulé, telle qu'il l'o prise dans Aris-
tole. avec le souvenir encore vivant île saint I.,ouis,
qui avait été la pcrsonnilicalion de la justice et de
la religion sur le Inine. Jean de Jandun a raison
de soutenir que le Uoi doit ôlre la plus liaule ex-
pression de toutes les vertus sociales. Ln tel idéal
ne pouvait qu'ajouter au prestige du pouvoir royal .
surtout h une épotpie où les prétentions de la cour
de Home el les violences des l>arons romproniH-
laienl, dans une ceiifline mesure, le prinri|M> d'au-
torité.
■'' Dans celle Iroisictiic parlie . Jean île Jandun
cesse d'user envers son odversaire de ménagenifiiLo
au moins apparents, comme il l'a fait au dëbat dp
son Trniir: il prend m^me trè»-réMiaiDent I'oSeb-
sivc; on sent qu'il vient de se placer tous b pro-
teclion du Roi. et qu il compte bien n'Mre pas
sarrilié aux vengponces «le ses enneini.».
(i(; |)OCLlME^TS ET ÉCBITS OlilOINALV.
palet piiiiiuin disconveniens. Ampliiis, nuiiKjuid ipse seplein artes liberuivs suiit
(|iiedani scibilia, cuin de ipsis possint aliqua demonslran? El tamen nuiius, nisi
piolerviendo positionem cnstodiens '■, dicerel ipsas cxordium suroerc a se ipsis.
CAPITIJLUM SECLNDUM,
QtOD EST DP. SECUNDO IMCONVEMEVTI.
^ull(; probo secundum inconveniens. Omnis qui rem aliquaiii, dalo quod vi-
ciosa esset, prédicat esse delTeiidendam , per adulationis vitiuin mores honeslos
traiisgredi se prétendit. Haiic stasim "" declaro aiictoritate Senece, qui sic dicit :
(rSimiliter reprehensibilis est niinia iaudatio sicut inimoderata viluperalio : illa
(tenini adulatioiie, ista vero iiiali|Tiiitale suspecta est'^'.i' (Juis aulcm, ex nimietatc
laudis, posset se magis reddere adulatione suspectum quam ille qui rem aliquam,
date quod vitiosa esset, deffondendam esse propoiiit. Se<] dicta ior cum <|Uo dis-
ituto sic agit. Loquens enini de inclitissima urbe Parisius, dicit bec verba : r(Juo-
ffiiiam, si feda esses prostibularia, vel ignoniinioso quovis nomine fedata. quod
frab.sit, ulerisW lui gernien se tibi opponere non debcrct, qniri potius ad tui uo-
(rminis delFensionem lotis viribus aspirare.i"
Hec sunt verba ejus. Ego autem respondeo quod nec Parisius, nec rem ali-
(pjani, nec personam^, si feda esset prostibularia et ignominiosa, sustinerc debe-
rem. Qnid auten» sentio de Parisius" patet ex dictis.
'"' Posilionem autodire, garder sa |)ogitJoii. ex-
pression slratt'giqtie de la plus jjrando justesse, et
qui fait adtnimblenient comprendre ce quVlnit un
exercice d'argumentation au moyen âge. L'attaque
et la défense avaient lieu dans tontes les règles, et
l'on n'abandonnait la |M>sition prise, c'est-à-dire le
terrain qu'on avait choisi, la thèse philosophique
(]u'on s'était donné la mission de soutenir h ou-
trance, qu'au moment où l'on se sentait forcé dans
ses dernière i-eli-anchenieuLs. Kncfin" à cet instant
suprême restait-il une ressource à l'assiégé : il
pouvait l'ester effrontément sur la hrèclie , et bra-
ver {prolervire) son vainqueur.
'*' Dans le sens de ihesim. Ainsi porte le manus-
rrit de Vienne. Ceini de Paris donne tlalim, qui ne
signifie rien, ou j)eul-étre tUicim, forme vicieuse
du vrai mot.
''' Cette phrase de Sénèque , vraisemblablement
altérée, ne se retrouve, lexluellemenl du moins,
dans aucun des ouvrages de ce philosophe qui
sont parvenus jusqu'à nous. On en rencontre, il
est vrai, les éléments assez reconnaissables dans
plusieurs paaiagM de> Éftlre», des QaettioM m-
lurellet, et des deux traités De Ira, De Trait-
quillitalt animi. (Voir, k ce sujet, ï Index in Si-
netam jàilotopkum, puldié par M. Boaillet, dans
la savante collection ternaire . Parts, iSSs, t. V.
9' partie).
'*' Sic, pour Mleri. On ne trouve en effet, ni dans
la bonne latinité ni au moyen âge. la forme irier.
uteriâ.
*' .Ver pertomam, ajouté par le manuscrit de
Vienne, pral>ablcment |>aroe qu'on a compris que
l'épitliètt^ proilibulnria ne |>ouvait s'applirpier à
une chose, mais seulement à une |>ersonne n«lle,
ou tout au moins i une personne morale comme
Paris.
'*' l>e lecteur a déjà remarqué que le mot Pari-
nus, employé partons les auteurs du moyen âge.
est du geni-e neutre et complètement indt-clinable.
A la fin de ce chapitre et dans les premières lignes
de l'autre, il est construit, sous la même forme,
avec tous les cas . et s'accorde avec le comparatif
copiotiut.
TRAITÉ F)KS LOUANGES DE PARIS. «:7
Ainsi se montre la première inconséquence. Disons plus : les sept arts lib<!Taux ne sont-il»
pas eux-m(5mes des choses à savoir, puisque l'on peut faire sur eux quelques di^'monslra-
lions"'? El cependant personne, à moins de soutenir sa thèse avec effronterie'*, n'oserait
dire qu'ils (ircnl leur orifjine d'eux-miî'mes.
CHAPITRE II,
QUI TRAITE DE LA SECONDE inCONsioUeKCE.
Je vais établir la seconde inconséquence. Quiconque, étant donné qu'une chose est
vicieuse, avance qu'il va la soutenir, annonce la prétention de violer l'honnêteté des rnœurs
par le vice de l'adulation. J'a|)puie cette thèse sur l'autorité de Sénèque, qui parle ainsi :
«Aussi répréhonsiblo est une louanfje excessive qu'un blâme immodéré: l'une est suspecte
f d'adulation, l'autre de méchanceté." Or, qui |)ourrait se rendre plus suspect de flatterie,
par l'excès de l'éloye, que celui qui, sachant une chose vicieuse, se propose de la défendre
C'est ce que fait le Dictateur avec lequel je discute. En parlant de l'illustre ville de Paris,
il dit ces mots : «Car, si vous étiez une vile courtisane ou une femme souillée de (|uel(|u<-
«nom infâme (que Dieu nous en préserve!), ce n'est pas au fruit de vos entrailles qu'il
«conviendrait de vous en faire un reproche; mais il devrait plutôt concourir de toutes ses
«forces à la défense de votre nom.»
Telles sont ses paroles. Quant à moi, je réponds que ni l'ari.s, ni une autre ciiose, m
une personne quelcon(|ue, n'aurait droit à être défendue par moi, si c'était une courtisane
honteuse et souillée. Quant à ce que je pense de Paris, cela se voit à mes paroles.
'' Ces vaines applications des textes de l'Écri-
ture oux choses de la raison et de 1 expérience ne
pouvaient avoir d'outre résultat cjue d'engendrer
des controverses sans fondement et sans fin.
*'' On peut signaler, comme exemple de ces
thèses soutenues h oulronce. celle que Jean de
Jandun défend dans son livre De Anima (quœst. 16.
r 3si v°. Il' col. F.). Il s'agit, corunio pour les sept
arts libéraux, d'une faculté ayont son principe en
elle-mt^nie. Le subtil raisonneur essaye d'abord de
répondre à celte question : irQuid sit immedialuni
rrprincipium scnsationis?» Il examine ensuite, à ce
sujet, deux opinions qu'il rejette comme contrnii-es
à la doctrine d'Aristote, et il ajoute : rrK^ dico ad
j-pra^ens , sicut alias dixi , quod necesse est in anima
ffsensitiva esse virluleni nnturniem per se aciivani
(T scnsationis. i'.tlnpc polcst vocari.sen«is -activus,
rtpiod |>robo.ad |)riL-sens, duabtis rationibirs princi-
" paliter, ad (|uaruni priniam suppono quatuor prin-
ffcipin manifesta : l'rimum est quwl sensatio, seu
rf.seiiliic. iiidigi'l ali(pio principio effeclivo |ior»e et
tt iinmediato , etc.; secunda supiiosilio est . quod iilud
•rens est nobilius «lio. rujus ofieriitio propria et pa-
ir se est nobilior perfectissima o|)erationeallerius. etc. :
irlertia supposilio est quo<l elliccre aliquid est sini-
irpliciter nobilius quam rocipere illud idem; quarto
irsuppositio est quod s|)ecics rei seu forme sensibilb
"non est simplicilrr nobilior quam virtus anima- sen-
"siliva;, etc. Et |K)tesl sic syllogiz.iri : \ irtiis prr)-
" \ma animse cognoscitive est res simpiiriter dignior
irsed accidente, cpiod potest eaae in inanim«ti>
(rpotentia sensitiva est virtns proftna anime rog-
moscitivie, ut pianifestum est. et ipsa spedes rei
"sensibilis est accidcns . quod |K)lest inveniri io reliac
"inanimalis. ut manifeslum est. Quare. etc.- Celtr
citation, un peu longue |toul-étre. nom a paru cu-
rieuse à plus d'un titre : elle donne d'alnini unr
haute idée du talent de Jean de Jamlun cninnH*
<lialecticien; puis elle fait bien comprendre toute la
vérité du mot qu'il emploie : Pnlmiemdo potilmmem
etulodire , ganlcr effronlénienl sa position phi-
Innophiqne.
68 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
GAPITULUM TERTIUM.
DE TERCIO l1ilC0<<IVK!«IB?iTI.
.Osteiisis (luobus inconvenienlibus, procède ad lercium. Quicumque, inlen-
(leiis laudare Parisius, pro tali accidente Silvaiiectuin vitupérât, quod niulto co-
piosius Parisius invenitur, ille in suis verbis saltem implicite confiletur opposila.
Veibi gralia, in simili, si quis Platonem nigerrimum existenteni pollicetur sine
omnis vituperii admixtione laudare, Socratem vero, qui minus niger est, ob nigre-
dinem blasfeniat, numquid illo sincère Platonem laudat? Sed dictator cum quo
disputo sicegit. Nam pro muscarum multitudine et ranarum,anlifrasice poetizans,
detrahit Silvanecto in hiis verbis : irUnum tamen restât memoria dignum, quod
cin coniparatione prefata locum obtineret non modicum, ranarum videlicet copia
tr Silvanecli vigens hinc inde. n Et quibusdam interpositis dicit sic : « Que si in
fflaudem Silvanecli recitata forent, et muscarum coltisionem inibi confluontium
trnon tacuisset, nierito fuisset admittenda commentatio. -^ Ecce qualiter iste liomo,
sub (|uodam tcnui antifrasis velamento, innoxii Siivanecti, pro ranarum et mus-
carum multitudine, nititur imminuere laudem.
Ego autem, salva pace, respondeo quod et musce, et pulices, et cetera de
putrefactis exorla, longe numerosiusmultiplicantur in humecte vallis concavo, ad
({uod fere ex nuUa parte omnino libère ventus accedit, quam in monte mediocris
altitudinis, omnium ventorum flatibus exposito circumquaque. Licet ergo vera-
citcr Parisius omnino nicbil pariai quod ei a benivolo et sani judicii viro debeat
impropcrari, si tamen illius bominis verba esscnt undique vcracia. palam estquid
sequeretur ex illis. Visum est auleni michi, ut causa solacii dicam, quod iste dic-^
tator se ipsum aliquo modo conformât illi securi de qua Esopus poeta satis jocosum
conlixit ttpologum^". Erat enim sccuris quedam privala manubrio, ita ut, non
habens quo teneretur, nulli audebat secando nocere. Ipsa vero pro ligno, de quo
sibi tentorium^*' fieret, rogavit silvam. Quo per ignaviam silve securi concesso,
voluit omnes nemoris arbores dilacerare. Simili quoque modo, cum Parisiensem
gloriam nicbil penitus coinquinare valeat, iste tamen larga, ne dicam prodiga,
lingue et manus licencia, organum blasfomie, quantum in ipso extitil, minisiravit.
Sed, per Dei gratiam, nullus hominum sic desipiet, ut ita tenui et exsulîla-
bili!'' caligine studeat hujuscemodi luminis radios offuscare; nullusque demen-
tabitur rabie tanti furoris, ut sic imbecilli jaculo^** in lam solidis meniis attemplet
'"' Esopi Fabul. III, f. i3. De Secureet \emore. se confondre avec le substantif lenlorium, tente?
'*' Ainsi portent les deux manuscrits. Ce mol est '' Littéralement : sur lequel il suflit de souffler
sans doute altëré , mais il doit signifier ici un moyen |K>ur le dissiper.
d'être tenu, un manche. Ne pourrait-on pas lire ,., telumque imbeUe sine icto
tenorium, leçon qui aurait l'avantage de ne pas CoDjicit (Tii^. £wW. lib. Il, t. $ii.)
TRAITÉ DES LOUANGES DE PARIS. 69
CHAI'ITHE in.
Après avoir monlr(5 deux incons(5quences, j'arrive à ia troisième. Celui qui, voulant
louer Paris, blîline Scniis pour cette circonstance fortuite, que Paris se trouve beaucoup
plus consi(I«5rable, celui-là fait preuve, dans ses paroles, d'une contradiction au moins im-
plicite. Par exemple, pour prendre un cas semblable, si l'on promet de louer, sans aucun
mélange de blâme, Platon comme très-noir, et que l'on dénigre, à cause de sa noirceur,
Socratc qui est moins noir, est-ce avec sincérité que l'on fait l'éloge de Platon? Eh bien,
le Dictateur avec lequel je discute a agi ainsi; car, à propos des mouches et des grenouilles,
faisant de la poésie ironique, il décrit Senlis en ces termes : r^Une chose digne de mémoire
t« reste à dire, <|ui aurait occupé, dans la comparaison précédente, une place importante;
«c'est le nombre des grenouilles qui existent do toutes parts à Senlis. »» Après un inter-
valle, il ajoute : «Si c'était là un éloge pour Senlis, et que l'auteur n'eût point passé sous
«silence l'aflluence énorme des mouches qui s'y pressent, on aurait dû, h bon droit,
«accepter son éloge.» Voilà comment cet homme, sous un léger voile d'ironie, s'efforce de
diminuer le mérite d'une ville inoffensive, à cause de la multitude dos grenouilles et des
mouches.
Quant à moi, sans entrer en guerre, je réponds que les mouches, les puces, et les
autres insectes nés de In putréfaction, se multiplient en bien plus grand nombre dans le
creux d'une vallée humide, où il n'existe pres(|uc aucun côté par lequel lèvent pénètn»
«l'une manière tout à fait libre, que sur une montagne d'une hauteur moyenne, exposée de
toutes parts au souQle du vent'". Bien que Paris, en réalité, ne produise rien qui puisse lui
^trc reproché par un homme bienveillant et d'un jugement sain, si cependant les paroles
de cet homme étaient de tout point vraies, on voit bien ce qui en résulterait. Mais il me
paraît, pour le dire en forme de consolation, que ce Dictateur ressemble, en quelque
façon, à cette cognée sur laquelle le poëtc Esope a fait un apologue assez plaisant. Il était
une cognée privée de manche, de sorte que, ne donnant aucune prise à la main, elle ne
pouvait rien couper, rien blesser. Elle pria la forêt de lui donner du bois pour se faire
un manche. L'imprévoyance de la forc't le lui ayant accordé, elle voulut se mettre à mu-
tiler tous les arbres. De même cet homme, qui ne [)eut ternir d'aucune manière la gloire
de Paris, s'est fait, autant qu'il l'a pu, un instrument de blasphème, en donnant une
licence énorme, pour ne pas dire excessive, à sa langue et à sa plume.
Mais, grâce à Dieu, il ne se trouvera pas un homme assez insensé pour vouloir obs-
curcir de ce brouillard léger et éphémère les rayons d'un tel astre; personne ne voudra
porter l'excès de la folie assez loin pour lancer un Irait si débile sur d'aussi solides mu-
<') Jean de Jonduii rdpond ici, en termes un peu bien, en lisant la phrase suivante, qu'il «t loin de
vifs, nux porlides insiniinlions quo lo Dictateur avait (l(^lai)jiier Paris, et qti'il ne fait que remlre attaque
glis$*Vs daiiii la [H^roraison do son œuvre. On sent pour attaque.
70 DOCLMENTS ET ÉCRITS OHIGINAUX.
quodcuinque vestigiuiu pcrcussionis inferre. Si quis auteiii a me quereret qunliler
Parisius aut quevis alia civitas, villa vel caslrum, pro raiiis, muscis aut piilicibus,
non nieretur vituperari, ([uerani ah eo an oninis liomo mereretur aut nullus pro
superfluitatum triplicis digestionis emissione culpari; preserliin qiiare muitoruni
testimonio creditur quod, qiianto honiines ex subtiiiuribus et delicalioribus ciba-
riis nutriti sunt, tanto, si fas essel dicere, fctidiores et borribiiiores egesliones
oniittnnt. Cujus roi causarn et molivum bene novorunt pbiluzofi phisici'''. qui uv~
culta iiaturaliuni'^' accidentiuni principia studiose pet-<|uirunt.
CAPITL'LL'M QLARTIM.
UE QLABTU l>CO>VE.Mi;>TI.
Ad quarlum inconveniens ostendcndum sic procedo. Suppoiio,secundurn graiii-
matioos. immo secundum naturain rei, Ires esse gradus coniparationis, posili-
vum. comparativum et suppeiiativum: verbi gratis, bonus, mclior, optimus.
Nunc arguo : Quicumque dicit Parisius in nullo grndu romparationis esse [)onen-
dani, concedit eaiu non esse bonam, et ex ronsequenti nec nieliorem ner opli-
iiiau). Hoc statiin patet ex ypothesi, quoniani bonuni s<dtim ''- rundanienlab'ter
est in uno, utpote in positivo, gradu conq)ai'ationis. Dicere igitur Parisius bonain
esse, et in nullo gradu conq)arationis existere, implicite rontradirnnt; et banc
plicam sic explico'^\ si tibi placet : Si enim in nullo grndu est. non igitur in posi-
tivo; et si bona est, in positivo est. Ergo Parisius est in gradu positivo, et non
est in gradu positivo. Pulchcriudusest iste. Sed aurtorcum quo roliudo** ronredit
quod Parisius in nullo gradu romparationis ponenda est, in islis verbis : (rQuJK
ff mente captus te ponere presumpsit in gradu ronqiarationis aliarum. runi peni-
«tus in génère discrepos; (jue potins singulorum, ad le confluenlium velut m.ir-
(ftrem, patria quam rivitas diri mereris?-
Hec quidem sunt ejus verba. Al forsan dicet ali<|uis (juod verba liujus sapientis
non sunt ad literam capienda , prout aspectu primo sonare videntur, sed expo-
nenda sunt. ad melius, ut ex ipsis veritas intelligatur. Hespondeo : Oum doctorej*
attonti solemnium ** sapientum famosis libris et autenticis trartatibus cxponendis
'■' Variantes dorlhographe qu'on ne peut allri- trois expressions implieiU, plicam et explieo, qui
huer qu'à l'inadvcttance du copiste . attendu que ont la ni^nie racine.
les mêmes mots se retrouvent ailleurs très-correcte- <*' Les expressions Imlut, coUudo, prt>u\eut que
ment écrits. Jean de Jandun , tout en ayant recours aux subti-
'*' Le mot tmtwaliutn est ajoute par le manuscrit |it^ de la scolastique [wur confondre son adver-
de Vienne. saire, ne considérait cette discussion que comme un
''' Cette forme se rencontre assez fréquemment jeu. En effet, si le DicUUew n'avait pas «i des
pour saltem. Du Gange en cite plusieurs exemples motifs cachés pour lui chercher noise, tout ce dé-
pris dans le code Théodosien. ainsi que dans Mu- |,at nous [tamttrait une véritable plaisanterie,
raton et les hagiographes. «i Solemtiium . expression (jui fait image quand
•' Il y a évidemment ici un jeu de mots sur les on l'applique aux sages de lantiquité.
THAITIÎ.DES LOUANGES DK l'AIlJS. 7i
railles ol y laisser les trafics impuissantps Ae sew coup. Si qucl(|u'iiri me dcniandait
pourquoi i'aris, ou toute autre cil*'!, ville ou place forte, ne ni(''rite pas dVHrc blâmé pour
ses {jrenoiiillcs, ses mouches ou ses puces, je lui demanderais si tout homme, quel qu'il
soit, ne mi'Titerail pas d'être blâmé pour avoir rendu le superflu d'une triple digestion?
Car, s'il faut en croire le témoignage d'un grand nombre, plus les hommes se sont nourrix
d'aliments recherchés et délicats, plus les matières rejelées sont, s'il est permis de le dire,
fétides et repoussantes "'. La cause et le motif en sont bien connus des philosophes phy-
siciens, qui étudient avec soin les principes cachés des phénomènes naturels.
CHAPITHK IV.
DE LA QCATIUÈME I.XCONSéQlENCE.
J'arrive ainsi à faire voir la quatrième inconséfjuence. Je suppcse, suivant ces gram-
mairiens, et ce qui est plus, suivant la nature des choses, qu'il y a trois degrés de compa-
raison : le positif, le comparatif et le superlatif; par exemple, bon, meilleur, trèsrlwo.
Maintenant je raisonne : Quicon(|ue dit que Paris ne peut être placé à aucun degré de
comparaison accorde qu'il n'est point bon, et par conséquent ni meilleur ni très-bon. Cela
ressort immédiatement de l'hypothèse, car le bien est nécessairement dans un degré de
coniparaisoii, par exemple dans le positif. Dire que Paris est bon, et qu'il n'est dans aucun
degré du conq)araison, cela implitjuc contradiction; et, avec votre permission, je débrouil-
lerai cette énigme, car, si Paris n'est a aucun degré, il n'est pas dans le positif, et s'il est
bon, il est dans le positif. Donc Paris est dans le positif et n'est pas dans le positif. Voilà
un beau jeu d'esprit! Eh bien, l'auteur avec qui je discute accorde que Paris ne doit «Hre
placé en aucun degré de comparaison, et il s'exprime ainsi : «Quel homme est asse«
«dépourvu de sens pour vous mettre en comparaison avec les autres villes, vous qui dif-
« ferez entièrement d'elles par le genre, vous qui méritez plutôt d'être nommée la patrie
«que la cité de ceux que l'on voit accourir à vous comme à une mère?»»
Telles sont ses expressions. Mais on dira peut-être que les paroles de ce sage ne doivent
pas être prises à la lettre, suivant le sens qu'elles semblent présenter au premier aspect,
mais être exposées dans la meilleure acception, afin que la vérité qui en découle soit com-
prise. Je réponds : Lorsque des docteurs studieux travaillent à faire connaître les livres
' ' Cette comparaison est peu (Inlleiise pour Pnris ;
Mifris Jean do Jiindiin , ainsi qno nous l'iivons déjà
fuit ohsorver, no fuil que rc^pondre aux invectives
«lu Dictateur. De plus, l'existence paisible qu'il
menait ù Senlis lui faisait sentir plus vivement le
contraste de la vie d'intrigue et ilr dt'ifllion qui
•finit celle de ses ennemis dans l'Eplise cl dans l'Uni-
versité. Il n'en aimail pas moins Paris . comme l'oi-
mail, h quatre siiVles et demi de distance, un autiv
lialiitani do Senlis ou de ses environs, un aulit! cen-
seur de la corruption {larisienne : f Adieu, Pmiâ,
ville de houe et de fumée, v s't'criail le solitaire d'Er-
menonville, en quittant son modeste logis de la rue
PIAtrière, sauf à y revenir avec le plus grand em-
presscmonl . après quelques annto d'abaenee. Jean
de Jandun. s'il avait eu la liberté de le iàira.
aurait ])arcillement quitté les fontaines et les
grands bois qui le cliomiaient si fort . pour te nm-
seau de la rue du Fonarre et la montée dn Clo»-
Bnmeau.
72 DOCUMENTS ET ÉCUITS ORIGINAUX.
insistunl, utique bene decel eos, ex observaiitla j;ratitudiiiis lioiieslale, veiLis
obscurisel ambiguis sententias attiibucrcsaniores, juxta illud ArislolelLs a" sue'"
Metbafisice'*' : «Non solum reddere gratias jiislum est illis (juuruiii opiiiionibus
(raHquis communicaverit, sed et hiis qui supcriicialiler aliriuid euuntiaverunl. i
Beiiigiiis quoque judicibus, cum siinpliciuni aul niiscrabiliuu) personaruui accu-
saliones aut dcflensiones dijudicanl, licilum est, cpykeye''' virlutis ofiicio, ad
quam iiativus huinane coinpassioiiis insliiiclus inrbnat, veiba legis dcmenler iu-
tcrprelari, ul docet Aristoleles Ethic. B"'*': irln disputalivo autcm cerlamine, rudis
«utique et inbers merito judicarelur oppoiiens '*', qui suum respondeutcm , dura
«disputai, iiislrueret, et qui omiiiuo adversaiiti non adversaretur omnino. n Sed
nunc est ita quod vir illc '*'', qui me secum disputare compulit, nedum nie ins-
truerc et verba niea''^ dulciler exponcre non elegil; verum per falsam, ne dicani
mendacem, iniposluram facti quod nunquam mcditalus ruoram, Deo teste, nec ex
verborum meoruni signilicatis bubelur, niicbi sine jusla causa se voluisse insinuât
adversari.
Anqdius, liccl ex cujusdani consuetudinis favore, tolerabiie videatur vel excusa-
biie quoquo modo quod abquis indeiiberate lo(|uens, et rethoricis ornatibus non
intcndens, proférât talc verbum : « Hoc bonuni sine comparalione melius illo bono, <"
id est incomprebensibili exccssu (sic cxponuni aiiqui): (|uod tamen in (am solemni
diclaniinc, de lam arduo negocio et sic gloriose niagnilicencie stiio, dicatur bonum
aliquod in nullo comparationis gradu esse ponendum, quo jure aut qua virlute
vel liccntia pcrmissum sit. non est penitus nianifestum. Quod autem fortassis, pro
dicli ratione vel causa interponitur, Parisius ejusdein generis cum ceteris non
esse, quare magis nonien patrie quam civitatis merelur, miclii utique videtur ess»»
iiiirabile. Nam certum est quod buinana spocies non minori dignitatis et nobili-
latis exccssu vermibus antefertur, quam Parisius cuilibet alteri civitati. Hoc lamen
non obslante, in codera naturali et iogico ponuntur génère liorao et verrais; et
ipse bomo per graduni comparationis ad talia referri non indignalur, cura di-
catur et sit dignissima creatura creaturarum. Amplius, si patria nicbil aliud est
nisi quoddaiii totum ex villis, castris et civitatibus congregatum. niirum est quo-
inodo Parisius, etiam si patria essel, quod sinq)liciler non concedo, excluderetur
a génère civitatis, nisi quis, ut positionem custodiat, dicat ipsura totuni extra
genus suarum partium contineri : quod forsan logicis et nietbapbisicis non videtur.
'■' Sue, ajouté par le ms. de Vienne. table de l'auteur une des gkMes nombreuses ajou-
'*' Cap. I. lées aux manuscrits.
"' Éirie/xsia, douceur, mansuétude. ''' Merito judicarelur opponent, mois ajoalé» [tar
'*' Arist. Moral. 1. V, c. xiv, p. 7a, c. d. La ci- le ras. de Vienne,
tation qui suit immédiatement n'est pas d'Aristote; '*> Ille, ajouté par le ms. de \icnne.
Jean de Jandun aura confondu avec le texte véri- '' Mea. Ms. de Vienne Nedum pour non iolum.
TRAITÉ DES LOUANGES DE PARIS. 7S
célèbres et les traites authentiques des sages les plus respectables''', il leur sied toujoun,
[)ar un devoir d'honnêteté et de reconnaissance, de découvrir, sous des termes obscurs et
ambijrus, des pensées plus raisonnables qu'on ne le croyait d'abord, suivant ce mol d'Ana-
tole, au livre 11 de sa Métaphysique : «Non-seulement il est juste de rendre grâces à ccuj
«dont nous ])énétrons facilement les idées, mais encore à ceux qui ne se sont exprimés que
«d'une manière insuffisante, v Des juges bienveillants, lorsqu'ils ont à décider sur l'accusa-
tion ou la défense de personnes simples ou malheureuses, peuvent obéir au devoir de la
douceur, à laquelle porte l'instinct de la compassion naturelle à l'homme, et interpréter
avec indulgence les termes de la loi, comme enseigne Aristole, Morales, livre V : «Dans une
«lutte oratoire, novice et maladroit serait celui qui fournirait, pendant le débat, des armes
«à son adversaire, et qui, attaqué de toutes parts, n'attaquerait pas aussi de toutes parts
« l'assaillant. » Mais il arrive maintenant que cet homme , qui m'a forcé de discuter avec
lui, non-seulement n'a pas voulu me fournir des armes et exposer avec indulgence mes
paroles, mais encore que, par la supposition fausse, pour ne pas dire menteuse, d'un
fait auquel je n'avais jamais songé, Dieu m'en est témoin, et qui ne se trouve pas exprimé
dans mes paroles, il insinue sans juste motif qu'il a voulu être en oj)position avec moi.
De plus, bien que, à la faveur d'une certaine habitude, il paraisse quelque peu tolë-
rable ou excusable d'écrire, sans y avoir réfléchi et sans viser aux ornements de la rhéto-
rique, une semblable phrase : «Ce bien est sans comparaison meilleur que ce bien;» c'est
là une licence incompréhensible (suivant l'opinion de quelques-uns). Mais que, dans un
discours si solennel , sur une aff'aire aussi importante et dans un style du plus grand appa-
rat, on dise qu'un bien ne peut être placé à aucun degré de comparaison, de quel droit,
par quel pouvoir ou quelle licence cola est-il permis, c'est ce que je ne vois pas bien.
Quant à ce qu'il nous oppose, probablement pour raison et pour motif de ses paroles, que
Paris n'est pas du même genre que les autres villes, parce qu'il mérite plutôt le nom de
patrie que celui de cité, cela me semble de tous points étrange. Car il est certain que l'es-
pèce humaine ne surpasse pas plus en dignité et en noblesse les vers de terre, que Paris
n'est supérieur à toute autre cité. Cela n'empêche pas que les naturalistes et les logiciens
placent dans le même genre l'homme et le ver de terre; et l'homme lui-même ne s'indigne
point d'être rapproché, par le degré de comparaison, de tels animaux, puisqu'on rap|>elle
et qu'il est en réalité la plus noble créature des créatures. De même, si une patrie n'est
rien autre chose qu'une réunion de villes, de châteaux et de cités, comment Paris, quand
même ce serait une patrie, ce que je n'admets pas absolument, serait-il exclu du genre
des cités, à moins de dire, pour soutenir la thèse, que le tout n'est jias du même genre
que les parties, ce qui n'est pas, j'imagine, conforme à la logique cl à la métaphysique.
'*' L'autour plaide ici sa propre cause et relie de qu'il lui emprunte? En effet, on ne retroim |MH
tous les commentateurs; cepondant, *>n glosant sur toujours texturllrment dans leurs ou^-nigc* le»
Aristolr , n'aurail-il pas un peu abus«.' de la maxime pensdes qu'il attribue aiu phikMopim i
74 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Hec igitur que michi, exercitalionis gratia et zelo veritatis, apparuertinl, cuiii
lali maiisucludinis (|uiete et persuasibiiis rationis coiitiiiciitia suscipiuiilur al) iilo,
ut, nec per iracundiain turbatus verba injurie, detrectationis aut niaicdictionis
eructet, nec per inconlinentiam aut superbiam portinax vcl obslinalus, coloralioni-
bus (iclitiis aut itnpositionibus falsis sua dicta deiïendat!
l'AIlTICtLA PBItlA.
In qiia tjingilur occasin
liujua partit.
PiBTICVLA II*.
De
impugnatione
cujusdam dicti.
PIRTICHU m*.
De
rilïw rirea
SilvanectURl.
QUARTA PARS ET ULTIMA OUJUS TRACTATUS,
UNICUM HABENS CAPITULLM DE UTILITATIBLS LALOABILIBL'S SILVA\ECTI.
In noniine Dei omuipotentis, amen.
Noveriut universi quod, anno Verbi incarnati iSaS^i'), 3* die Julii, residenti
michi in Siivancctensi urbe, unus ex speciaiibus amicis meis, vir ulique magne
probitatis et profundc sapienlic, inler ceteras suc epistole dausulas, hune ser-
monem conscripsit : k Opinor te confiteri quod esse Parisius est esse simpliciter;
tresse alibi est'^) esse non nisi secundum quid.n Et quamvis hune sermonem pos-
sem ratione philosophica faciliter impugnare, co videlicet quod nullum esse acci-
dentale est esse simpliciter absoiutc, secundum Aristotelem 7' sue Methafisiee'*';
esse autem Parisius est esse accidentale, eum possit, subjecto suo eodem numéro
rémanente, corrumpi; quia lamen sermo predietus in quoddam spéciale preju-
dicium Silvanectensis excellentie verti videtur, visum est michi bonum ut illi di-
lecto meo aliqua conscriberem de este in Silvanecio; quibus inteiiectis et ad e$»e
Parisius comparatis, videat ipse in quo sensu poteril verbum suum verifieare
decenter.
Dixi ergo ei sic : Esse in Silvanecto est existere in quodam mcdio circumfe-
rentie silvarum, quarum procere ramoseque arbores non tanta sunt ad invieem
spissitudine dempsatc, (|uin liberum volenli per ras pro dcductione proccdere
relinquant incessum, nec inter eas tanta existât locorum distancia. quin umbre
moderamine, prohibitis per comas arborum calefactivis radiorum solarium re-
flexibus, réfrigèrent ineedentem. Verum quia humanam sensualitatem, in trans-
mutatione gaudentem, nicliil oblectare consuevit, nisi quod aliqua varietas reficit,
juxta illud Tullii in prohemio veteris Relhoriee : <rln omnibus rébus similitudo est
(t mater satietatisW;, de quo Esopus in 22° apologo : «Omne bonum precium
ffnimio vilescit in usu'*';^ ea propter non solum grandes arbores circumferen-
tiam tenent, sed et minime et médiocres. In minimis quidem suis tcmporibus fra-
''' Cette date est en chiffres arabes dans les deux
manuscrits.
'*' EtI, ajouté par le ms. de Vienne.
''' Voyez surtout le eh. iv.
'•' Ces mots se trouvent, non pas dans le début
de la Rhétorique Ad Herennium, mais au livre I" de
l'Invention , ch. h t .
''' Egopi Fabulantm lib. H, fab. a, De Hanit
petenùbu» regem. L'imprimé porte : Omne boni jire-
tium, etc.
t , '
u:.^-V?V,-,-.. ■•,';•';;
UitM
« 4
«. <
W/ ï « t >
4 ..•;•«<•:
■*A,
«!(;l
-t .•■;'':«^-'irv^
•••••.*•.■■ ■•5::-.-:-.Ver-:
* ♦
i; 4
^S*««:
It^
r,% M
.%^^
iife
L£GEIDE
PLAM OB •BULia.
A iMn-Dw.caUdabii
H. L«gr«nd , dnl ,
Hviisgr. OurK&d.
PLAN DE LA VILLE DE SKNLIS.
B LSinl.
C I. rmhoaii.
DSPim.
E S'-Geanjèn.
F S. AifBtn. I
G S lutin. ftniMai in-
H l. tteM. pniM.
I S. Toott. ikh]!
K S. iNrin.fritni
L 8.ffiliia.iuliéiipMiM
MLaOoriilita.
N UiCifgdBL
0 LetCaiaxt
P LiOuny
Q TiHlkMenti.ilibQiL \
» Cbllil((tki^l.LMii|
& tilché
« HM-Dm.
d i"-hMk.
« Gmietla]
y landiliDi. hiCkn|B i
ItlKbfe
g Inw.
kùmmatnkHm !
1 roBtuiBcniL
k hntkfm.
l FMéiOML I
MFtotiS RMiMàPM-
Sinii-linn.
a PMiiiInn.
« ta» Mm.
y Brifm
• lièMi
H. Llar.nd, r«il. H.l. %n- T"....*
VUE RKSTITDSI DE LA VILLE DE SEILIS AO HT' SltCLK
l'"r 7*-
TRAfTl^: DES LOUANGES DE PAFUS. 75
Puissent ces réflexions, que j'ai développées pour m'excrccr'", et parce que j'aime la
vérité, être reçues par mon adversaire avec une telle modération, un le! calme appuyé sur
la force persuasive de la raison, (pi'il ne vienne point, troublé par la colère, me jeter de»
paroles d'injure, de dénigreinenl ou de malédiction; qu'il ne s'obstine point, par igno-
rance ou par orgueil , à défendre ses assertions au moyen de prétextes mensongers et de
suppositions sans motifs !
$ I-.
oèr***
kfMt I I lu
ttritHiitrit.
IWMalNa
QUATRIÈME ET DERMÈRE PARTIE DE CE TRAITÉ,
QUI N'A QU'UN SEUL CHAPITRE, SUR LES LOUABLES AVANTAGES DE SENLIS^*'.
Au nom du Dieu tout-puissant, ainsi soil-il.
Je fais savoir à tous que, l'an de l'Incarnation 1 3^3, le 3' jour de juillet, moi, résidant
à Senlis, je reçus d'un de mes amis particuliers, bomme d'une grande probité et d'une
science profonde, une lettre oiî, entre autres choses, il me tenait le discours suivant : «Je
«^ pense que vous avouerez qu'être à Paris, c'est être dans le sens absolu, et qu'être ail-
fleurs, c'est être à certains égards seulement, n J'aurais pu facilement attaquer ce langage s i.
par une raison philosophique, à savoir que nul être accidentel ne constitue un être simple
et absolu, suivant Arislole, au Vil* livre de sa Métaphysique; or, le fait d'être à Paris cons-
titue un être accidentel, car il peut changer, le sujet demeurant en la même qualité;
mais, par la raison que ce discours peut causer un certain préjudice particulier à l'excel-
lente réputation de Senlis, il m'a semblé bon d'écrire à mon ami quelques réflexions sur
être à Senlis. Je désire qu'il les comprenne, qu'il les compare à être à Paris, et qu'il voie
lui-même en quel sens il pourra raisonnablement rendre vraies ces paroles.
Je lui ai donc parlé ainsi : Etre à Senlis, c'est vivre au milieu d'un cercle de forêts dont s 3.
les arbres élevés et touffus ne sont pas tellement serrés les uns contre les autres qu'ils ne ^ . "p, '^„f,
laissent un passage pour la promenade à celui qui veut les parcourir; cependant il n'y a
pas entre eux une telle dislance qu'ils ne puissent, interceptant au moyen de leurs cimes
chevelues les brûlants reflets des rayons du soleil, rafraîchir par leur ombre le promeneur.
Mais, comme la délicatesse humaine se réjouit dans le changement, et que rien oe peut
la charmer si ce n'est ce qui est renouvelé par la variété, suivant cette parole de Cicëron
au début de YlnveiUion : «En toutes choses, l'uniformité est mère de la satiété;» et cette
autre d'Esope, dans son xxn* apologue : pTout bien précieux perd de sa valeur par un trop
« fréquent usage; » pour cela, il y a non-seulement de grands arbres qui occupent ce demi-
cercle, mais il y en a aussi de très-petits et de moyens. Au milieu des plus petits on voit
") L'aveu est précieux dons la bouche d'un dia- têtu- et la riposte de Jean de Jandun. Nous avon*
leclicicn de profession. dit. daa» la Notice, que l'auteur l'avait placée k la
'*' Celle qunliièinp paille esl. on n'nliUK In pro- lin do l'Éloge de Poris. probablement pour ne pas
mièrc, puisqu'elle a provotjiK.' i'ultuquu du Dicta- exciter de nouvelles n'criiiiiualions.
76 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
gorum, morarum.avellanarum, pirorum et pomorum odorifera copia prescntatur.
In mediocribus vero, quod dulcius est, pliiloiiiciiarutn ceterarumque avicularuni
et avium jocunda lascivia, quasi phisicis suarum caiitilcnarum expressa conso-
nanciis, humanos oblectant auditus. Hoc igitur est uniim esse.
PARTICULA IT ,
D<
ortis
et TÏridariis.
l'AHTlClLA V
De
folllibuti
SilvBnerii,
Aliud vero esse, in gloria Silvanecti, est lioc : esse in ortis irriguis, floridis
viridariis ac pomeriis fructuosis : esse in pratis iongis latisque, quibus adoles-
centis herbe delectabiiis viror, et rulilantium infra eam (lorum décora varietaD.
picturam prebent hunianis visibus arridcntem : esse insuper secus fontes limpi-
dissimos ex montium iateribus erumpentes, quorum clare possunt conspici, licet
iata, sua limpidissima et purissinia '') pervietate, profunda.
PARTiciLA »!'. Amplius, esse Silvanecti est esse in vineis vinorum Gallicanorum pcrutili mo-
ïinei, ei gr.ni.. deraminc copiosis. Frumentorum quoque pro albissimis panibus, ac ceterorum
granorum que natura propter honiinem procreavit, tanta, per Dei gratiain, copia
suppetit, quod salis est.
PARTICtUTII ,
De domibuf .
PAnTIClXA Tlll .
De caTpis.
Hursus esse in Silvanecto est esse in doniibus egregiis niuroruui fortissimo-
rum, non ex fragili plastro, scd ex durissimis iapidibus et pulcherrimis, artiG-
ciosa sagacitate constructis : in quibus etiam ioca profundissima , solidis circum-
data petrarum structuris, sue frigiditalis intcnso vigore, in estivis teinporibus vina
sic réfrigérant, quod, per vitream duricicm frigus alterative penetrans, aerem con-
tiguum quasi subito dempsat in aquam, et bibentium faucibus et stomacis desi-
deratam refrigerii voluptatera largitur.
PARTICULA I*.
Oe pisribuii.
PARTicBti H*. Adhuc esse in Silvanecto est esse in monte gratioso mediocris altitudinis, ila
ei iminHii'."siiTanecu. ut et paviuicHta civitatîs nulla ferc lutorum turpitudine maculata sint, sed plana,
pura et munda per totum ; et mediocrium venlorum flatus modesti, neduni
a pravis vaporibus, si quos reperiant, aerem dépurent, sed et redolentes fumos
ex pianlis neraorum et berbis praforum resolutos adducant. Ceterum ad inte-
grandam per se sufllcientiam liujus loci, prêter multiformes animalium volati-
liuni et terrestrium species, quibus Silvanectenses incole splendide et liberaliter
nutriuntur, tanta et ta m recens, pinguis et bene sapida, utriusque maneriei'*',
piscium copia propinatur. quod diebus, quibus ceterarumcarniuni usibus convenit
abstinere, non minori commoditatc reficitur sobrictas eorumdem, quam alibi alie
sagininose pinguedines, curiosis salsarum pungentium acuminibus permixte, suf-
ficere valeant faucibus delicatis. Que plura? Lactis dulcissimi, purissimi butiri.
PARTICl'LA ïl .
De lacliciiitit.
'■' El purissima, mots ajoutés par le manuscrit
de Vienne.
'' Ces mots présentent deux sens à l'esprit ;
poisson frais et sale, poisson de mer et d'eau
douce. Comme il est fort difficile de préciser, nous
n'avons donné qu'une interprétation générale.
THAITÉ DES LOUANGES DE PARIS. 77
jiaraîlre, suivant les saisons, une abondance embaumée de fraises, de raùre», d'avelines,
de poires et de pommes. Sur les arbres de moyenne élévation (spectacle plus ajjréablc),
prennent leurs joyeux ébats des troupes de rossignols cl d'autres oiseaux et oiselets, qui
ex[)riment leur joie par les accords musicaux de leurs chansons, réjouissant ceux qui le»
entourent. C'est là une manière d'être.
Une autre manière d'être, qui fait la gloire de Senlis, est celle-ci : Être dans des jardins j -,.
arrosés d'eaux vives, dans des vergers fleuris, dans des potagers fertiles; être dans de vastes ^"J^T***
prairies, où l'agréable verdure de l'herbe naissante et la variété charmante des fleurs
qui remaillent de leurs couleurs présentent aux yeux de l'homme un riant tableau; être 15.
en outre au bord de sources très-limpides qui s'échappent des flancs des collines, et dont "*"*■"'"' ''*'"*^
le lit, quelque profond qu'il soit, peut être aperçu, grâce à leur transparence et à leur
limpidité.
Être à Senlis, c'est encore être dans le pays des vins de France abondants et d'une J 6.
douceur très-salutaire'". Les blés aussi qui servent à fabriquer des pains très-blancs, et les
autres céréales que la nature a créées pour l'homme, s'y trouvent, grâce à Dieu, en telle
quantité qu'elles y suffisent.
Ktrc à Senlis, c'est encore être dans de belles demeures formées des murs les plus forte, s 7.
non d'un fragile plâtre'''), mais des pierres les plus dures et les plus belles ''', disposées «>"■•«"
avec une industrieuse habileté. Dans ces maisons, les caves, entourées de solides construc- $8.
tions de pierres, grâce au degré de leur fraîcheur, refroidissent tellenient les vins dans la
saison d'été, que le froid les pénètre à travers la dureté du verre, condense presque aus-
sitôt en eau l'air environnant, et procure ù la gorge et à l'estomac des buveurs ia volupté
désirée du rafraîchissement.
Etre à Senlis, c'est encore être sur une gracieuse colline d'une médiocre élévation, en $„
sorte que les pavés de la ville ne sont presque point souillés des taches de la boue, mais '*''"
sont tout i\ fait unis, propres et nets. Le souflle modéré de vents peu violents non-seu- *••'
lenient purifie l'air des vapeurs malsaines, s'il y en avait, mais apporte les parfums com-
posés des plantes des forêts et des herbes des prés. Au reste, pour compléter le tableau des 5 ,^
ressources de ce lieu , à part les multiples espèces d'animaux volatiles et terrestres dont les "■ »*"
habitants de Senlis se nourrissent largement et en abondance, il y a une telle quantité de
poissons frais, succulents et de bon goût, de toutes sortes, que les jours où l'on doit faire
abstinence de viande, l'appétit sobre des habitants se satisfait aussi facilement que pour-
raient le faire ailleurs des estomacs délicats avec des viandes grasses mêlées aux excitations
recherchées des sauces piquantes. Que dire de plus? Le lait le plus doux, le beurre le plus 1 n.
' On ne parle phis aujounibui des vins de vcillc's : Aslesan, Sloa. Knolielsdorf, dont nous pu-
Senlis. l>lioii!i les poëmrs dans en volume et dans le MÙ-
'*' L'emploi du plAlre pour ia conslruclion des vanl. consacrent un certain nombre de ver» à la
maisons de Paris remonte h une haute anti- description des procéda d'extraction H de nÙM ca
<piilt'. Jenii de Jnndiiii rite ce (jenrn de nin(«Viaux œuvre du gyf*t.
coninie chose comuiunc et de peu de valeur. AprtS* "' Les carrières des eovirons de Senlù ool eo-
lui, ou contraire , les étrangers s en sont ^mer- core oujonnlluii une grande rëpatalion.
PUtTICVLAXn
De
populo
SitvanMfniii.
pARTicuu xm,
Que ett oratio
pm SiKfttiPflo,
78 DOCUMENTS ET ÉCRITS OIUGINALX.
caseorum crassornni cxuborantia grandis minoribiis ac mcdiocribiis porsonis,
exclusa cerebroruiii pcrturbatioiie furiosa, que alios pbiriinos saisis piiriyitivis
gaudenlcs quasi inccssauler exagital, vite (juiete discipliuatam solontiam '' ol sim-
plicitatem columbinam largitur.
Prêter hec, esse Silvanecti est esse et convivere populo Gailicano, pacifico,
miti, amicabili et fideli. Et, ut uno sermone nniam, uiiiversa gênera bonorum,
que Deus, natura et ars pro humanis usibus et coinmodilalibus produxcrunt,
exliiiarant, per Dei gratiam, Silvaneclum; in tantum quod celestis patrie pulcri-
tiido ol paradisiace jocunditatis amenitas per eam representari videnlur.
Hune ita(|ue locuni amenuni, divine vcnerationi specialibus prerogativis ac-
conunodum , sub prosperoruin eventuuni continuatis successibus, custodiat et
conservet Deus ipse suprenius, a que cuncta bona procedunt. Amen.
Ëxplicit Iractatus de laudibus urbis urbiuin Paiisius, cujus una pars est de
utililatibus Silvanecti, propinquitatis ad ipsain Parisius confinia gratulantis; scrip-
tus complète, anno Verbi incarnati iSqS', 6* die novembris, per Jobannem de
Genduno '*'.
Suscipe. (jueso, bénigne Deus, quodcumipie libi jus gratianim pro liiie isto |)os-
sum solvere; et lac ut nullus bec inspiciens delrabat ipsi ', sed, ad compleiidum
quidquid déficit ad tuum decus, omnis vir bonus corde et manu cooperctur.
Amen.
''' Celte expression semble faire allusion k ce
vers de Plaute : rSolens siini; ea esl disciplina.*
(Curcul. I. V. 99.)
'*' Les quatre derniers mots sont donnes par le
manuscrit de Vienne seulement, ainsi que nous
lovons dit dans la .Notice : c est la signature de
l'auteur.
'' Ipti |iaratt avoir ici un sens personnel, à
raison du mot hee qui pn'cède et avec le(|uel il ne
peut s'accorder : Jean de Jandun souhaite qu'on ne
le calomnie pas à cause du livre qu'il vient d'ëcrire.
Nous n'avons pas cru devoir indiquer dans ta Ira-'
duction celte nuance, qui se confond d'ailleurs avec
le sens génén\.
TRAITÉ DES LOUANGES DE PARIS. 79
pur, les froinajfffs yras en abondance pour les fortunes moyenne» et petites, en fournis-
sant le moyen d'ëviter celle perturbation furieuse des esprits r|ui afjite sans cesse la plu-
part des amateurs des mets ëpictis, donnent aux babilants de Scnlis une habitude r«^glëe de
vie tranquille et une simplicité de colombe.
En outre, être à Senlis, c'est exister et vivre au milieu du peuple français, paisible, dout,
aimable cl sûr. Et, pour finir en un mot, tous les genres de biens que Dieu, la nature et
l'art ont produits pour les usages et la commodit(^ des hommes, se trouvent, grâce à Dieu.
r(-unis pour l'agrément de Scnlis , au point que la beauté de la céleste patrie et la dou-
ceur de la joie du Paradis sen)blent représentées par cette ville '".
Que ce lieu agréable, approjtrié au culte divin par une prérogative spéciale, soit, après
une suite non interrompue d'heureux événements, conservé et protégé par le Dieu suprême,
de qui procèdent tous les biens. Ainsi soit-il.
s 11,
S IS.
Ici finit le traité de l'Éloge de Paris, la ville des villes, éloge dont une partie est con-
sacrée à célébrer les avantages de Scnlis, cité heureuse d'être si rapprochée de Paris; il
a été achevé l'an de l'Incarnation i3q3, le û" jour de novembre, par Jean de Jandun.
Recevez, je vous prie, ô Dieu bon, toutes les actions de grâces que je vous dois pour la
fin de ce travail, et faites que personne, en parcourant cette œuvre, n'en devienne le
détracteur, mais que tout honnête homme coopère de cœur et de fait è compléter ce qui
y manque pour votre gloire. Ainsi soit-il '^'.
'"' Il est (liflicile d'apprécier aujoiinl'liiii l'exacti-
tude du tableau que notre auteur o tracé de Senlis
et de ses environs , la ville ayant été coniplélement
renouvelée dans le cours du xv' siècle. Les monu-
ments restent; mais la physionomie intérieure d'une
ville, l'aspect de la canipajjne environnante, les
mœurs, les habitudes , les fortunes, etc. se modi-
fient avec les années. Toutefois, M. Legrand, ar-
ciiitecle à Ikauvais et savant archéologue, a pu
i"estituer un plan et une vue cavalière de Scnlis,
en remontant aussi haut que possible. Nous don-
nons ici ces deux documents, qui sont tout à fuit
inédits et qui, avec le plan de Paris aux \i\' et
xv' siècles, placé en t^le de ce volume, aideront au
parallèle que Jean de Jandun et le Diclalew ont
cherché h établir.
<'' Après avoir analys*- cet éloge avec beaucoup
de soin, Michel Denis ajoute : AÀ voilà celte de»-
ircription de Paris, l'une des plus ancienim. des
Tplus curieuses et des plus rares : En ex anli^nùêi-
rtmis Lulelùc detcriptionibu* curiotmn sane et nuiê-
vsimam.n (CoHice* mamueripti Uuoiogiei Bihiiolket»
Vahuiiue MiutobonentU , t. II. <i' part. col. 16&8.
\\u, fol. 196.)
COMMENTAIHE
AJOUTÉ
l'AR UAOLL DK P H ES LES
A SA TRADUCTION DE LA CITÉ DE DIEU (LIVRE V. CHMMTMK XXV)
ET CONTENANT
UNE DESCHIPTIOIN
DE LA VILLE DE PAULS
sous CHARLES V.
1371.
NOTICE.
Avant de prc'î.senler l'analyse du commentaire que Raoul de Presles eut l'heureuse id«^
d'ajouter à sa traduction du livre de saint Augustin, nous croyons utile de faire connaître,
avec (|ucl(|ue détail, la famille, la vie, les fonctions et les divers ouvrages de cet auteur,
i|ui compte avec raison au nombre des écrivains remanjuables du xiv* siècle"). On connaît
l'nmour du roi Charles V pour les lettres; on sait que ce monarque avait réuni au Louvre
une l)ibliofliè(|ue de plus de mille volumes, chiffre considérable à cette époque, qu'il en-
couragea de toute manière les travaux littéraires de ses sujets, et attira dans son royaume
plusieurs savants étrangers. Haoul de Presles eut largement part aux faveurs répandues par
le Roi sur les lettrés; les ouvrages rpi'il nous a laissés prouvent (|u'il en était des plus dignes.
B*d«l <■ Pi ém.
Voici d'abord ce que nous savons de sa famille'^'. Le premier personnage connu pour s*
avoir porté ce nom est Raoul de Presles'*', sire de LizVi jurisconsulte et avocat du roi
Philippe le Bel, puis conseiller au Parlement, en i3i(). Avant d'obtenir ce dernier hon-
neur, il eut à passer par une cruelle épreuve : à la mort de Philippe le Bel, il fut impliqué
dans l'accusation portée contre Pierre de Latilly, pair et chancelier de France, soupçonné
d'avoir empoisonné le Roi, qui avait succombé à une maladie lente restée inconnue aux
médecins, et d'avoir fait mourir de la m<*nie manière Jean de Châteauvillain, évéquc de
Clhàlons, son prédécesseur. Raoul de Presles fut mis en prison et y demeura près d'une
année; mais ni la [)erte de .ses biens ni les tortures ne lui arrachèrent aucun aveu qui pût
''' Les (létnils «|ui vont suivre sur la vie et le*
ouvrages de Uttoul de Presles, sont extralLs . en partie,
lies i'ccIhmtIics (|iio lt> snviiiil l.nnrelot n |)ul)li('>es
îtoiis ce lilri' <laiis l(!s Mém. de l'Acud. des inscript,
et belles lettres , t. XIII, lyio, édit, in-6".
'' \.o preiitipr poiiil mis pu liiniière |»«r Laii-
celol { Mail, de l'Aoïd. des inscr. I. XIII. p. Ooy).
c'est que le nom de Rooul de Presles n appiirtonu h
plnsipiirs ppi-soniin(fes dislinrls. conlrnirpriipiit iui\
(issprtions de \a (Iroix du Moine qui fiiisuil. du pèrp.
de ronde et du neveu, un seul et niénie individu.
''' Le village dont In fiuMille |)orlnil le nom est
Preslps sur l'Aisnp, qui fortiip «njounlliui uup com-
muup sous |p nom dp IWsles ri liovcs, cnnlon de
Itrnisnp. arrondissement de Soissons. Le Inisor de
l'église renferme un reliquaire form^ d'un tube eu
cristal de roche, soutenu jwr deux pignons en ver-
Mipil. dans le style fleuri du x\* siède. Cest peal-
(Hre un don de la famille de Presles. si génévase
envers tes églises et les colites. Le village de Lixy.
dont Raoul I" était sire, est sans douli» Lixy-siir-
Ourcq. chef- lieu de canton, amMidisseiiMml de
Meaux (Seine-et-Marne). OMe seigneurie lui avait
«'le doiuiée, en i3m. |»nr Jpnn el Enguermnd dp
Guines. héritiers d'Knguemind IV, sire de Couc}.
en ronsidémtion de s«>s Unis senires. "bons COB-
rsaulx et rortoisies;* il est dit, dans les iettrrs de
donation, que cette seigneurie était Mtuee au diocèse
dp Mpaux. I Mrmoim de l'Aernéèmi* dtti
1. Mil. p. 608.)
II.
84
DOCUMENTS ET ÉCRITS OHIGINAUX.
donner atleinle à son innocence. Enfin , au mois de septembre 1 3 1 5, sa femme, son frère el
ses amis obtinrent, de Louis le Hutin, une lettre d'absolution qui fut ratifiée par Philippe le
Long, en i3i6. On ne sait s'il recouvra ses biens confis<]U('s et déjà distribués à différentes
personnes, mais il paraît certain que les rois I^uis le Hutin, Philippe le Long et Charles
le Bel le comblèrent de dons et d'honneurs, pour réparer l'injustice qu'il avait soufferte' .
Philippe le Long l'anoblit même, lui et sa postérité, en septembre iSi^; ce qui fut sans
elfet pour l'avenir, puisque Raoul de Presles n'eut point d'enfants de sa femme Jeanne de
Chastcl, darne de Monglat : c'est du moins ce qui résulte des actes qu'ils ont passés par de-
vant notaire. On apprend par ces mêmes documents qu'ils ont fait de nombreuses donations
aux églises, el affranchi les hommes et les femmes «de corps*» de leurs terres. Raoul de
Presles avait fondé, en 1 3 1 3, dans l'Université de Paris, un collège qui porta son nom jus-
qu'à son absorption dans le collège de Louis le Grand, en 1763. Il augmenta plus tard les
fonds de ce collège et y fonda deux chapelles desservies par doux chapelains, avec quinze
bourses pour les étudiants du diocèse de Soissons. On place sa mort entre i3a5 et i33i.
Sii femme lui survécut juscpi'en 133^ et peut-être just^u'en i3/i6. Ce personnage, juris-
consulte sous Philippe le Bel et les fils de ce monarque, n'était donc point ecclésiastique,
quoiqu'il soit qualifié de clerieuê dans plusieurs arrêts'^', encore moins confesseur de
Charles V, ainsi qu'on s'est plu à le répéter sans critique; il ne |>eut, en outre, être l'auteur
des ouvrages qui portent son nom, puisque ces ouvrages n'ont été publiées qu'après i36o.
Kaoul II.
Raoul de Presles, deuxième du nom, sire de Lizy, était neveu de celui dont on vient de
parler, et devint son héritier, à défaut d'enfant.s légitimes. Dans l'année i33i, il fit, en
cette qualité, deux transactions avec les écoliers en faveur desquels son oncle avait fondé
des bourses'*). Accusé d'avoir contrefait le scci de la veuve, sa tante, il fut emprisonné,
mais, au mois de mai i3iSi6, il obtint de Philippe VI de Valois des lettres de rémission,
qui sont ainsi motivées : «Attendu qu'il a bien servi le Roy en ses guerres, à ses propres
«couz et despens, pour lesquiez choses il a (jrandement mis et frayé du sien, etc.» Ces
lettres montrent donc que Raoul II faisait profession des armes, et qu'ainsi on ne doit
point liïi attribuer la traduction de la Citi de Dieu et les autres traités mis sous le nom de
Raoul de Presles, puisque le traducteur nous est représenté dans les manuscrits du temp,
ainsi que l'a remarqué l'abbé Le Beuf, «avec une tonsure faite comme celle des cordeliers,
« une robe violette et une fourrure, » c'est-à-dire dans le costume des clercs et des lettrés'*'.
''' (rLe Roy, ayant attention à ses services, et
(T considérant qu'il avoit souffert moult île peines,
"griés, el de damages de coqw el de biens, eaqueix
cil convenoit bien que remède fust mis, délivra son
"Corps el tous ses biens pI misl n nnanl tout ce qui
irnuroil pu avoir esté faicl contre luy.i (I)uCliesne,
Preuves de l'hUl. de la maison de Chatlillon , p. 907.)
Néanmoins, les donataires des biens confisqué),
condamnés à restitution , eurent l)eauconp île peine
à se dessaisir, et demandèrent des dtfdoiniiia(jemenl$.
I, "affaire n'était pas terminée à la mort de Pliilip])e
le Long; M. Lacabane pense niêiiie qu'elle ne put
aboutir. {Bihlioth. de l'Ecole de* ekarte», 1" série,
t. m, p. 19.)
<*' Personnes de condition servile dont le eorp*
apprlonail au seigneur.
'' Los Olim (I. m , 9' part. é<lil. Beiignot) con-
tiennent plusieurs de ces arrêts ; mais on y trouve
t^lenient un accord de 1 3 1 7 qui tranche la ques-
tion. !>es roniractants sont, d'un rôt**, la commune
de Vailly. de l'autre, magitler Radulpkvt de l'raellit
et ejus ujcor. ( Voy. p. 1 1 98.)
"> Cf. Du Bouliay. //.*/. U„k. Pari*, t. IV. p. 168.
"' I.e manuscrit dont parle l'abbé Le Beuf ( Mém.
DESCIUPTION DE PARIS SOUS CHARLES V. 85
Il eut des enfants, au nombre desquels était vraisemljlablernfnl, dit Lancelot, Jeanne de
Prosles, fille de Louis, alias Raoul, sei{;neur de Lizy. Jeanne fut maîtresse de Pliilip|ie le
Roii, duc do Bour{jo[jne, et mère d'Antoine, bâtard do Bourjjofjne.
Nous arrivons à notre auteur, Raoul III de Presles, fils de Raoul 1", mais fils illé-
Ijitiinc'". L'histoire do sa naissance se trouve dans le prt^'ambulc dos lettres de légitimation
(jui lui furent accordées par Charles V, au mois de décembre iS^S. On y lit que son père
l'avait eu do Marie des Portes, autrement des Vertus, lors(iu'il était en prison et hors d'étal
de vivre avec sa femme ^'^K Cette circonstance, qui n'implique en définitive qu'un défaut de
surveillance, et ne fut invoquée plus lard que pour établir la filiation naturelle du deman-
deur, reporte la naissance do Raoul III aux années i 3 > /i ou j 3 i ô , époque de la détention
de son père. Lorsqu'il fut on âjje do choisir un élat, il embrassa la |)rofession d'avocat el
y acquit bientôt une grande réputation, puisqu'il devint avocat du Roi, c'est-à-dire avocat
fjénéral; mais ses ouvrages devaient lui faire une renommée plus durable.
un.
Le savant Lancelot pense (pie le livre qui lui valut l'honneur d'<?lre connu parliculièr»'-
nient do Charles V est l'allégorie latine inliluléo Mwia, qu'il dédia à ce prince. Il placo
vers i3Gô l'époque où cet ouvrage fut composé; Raoul avait alors environ cinquante ans.
ol lui-même se nomme tout simplement Raoul de Presles le jeune. Charles V goâla beau-
coup son esprit et ses connai.ssances; ayant conçu pour lui une estime particulière, il le
chargea de faire, entre autres ouvrages, la traduction de la Cité de Dieu, de saint Aufpistin.
livre que le monarque alToclionnait. Bien que Raoul do Presles eût consenti difficilement, à
cause de son âge et de ses travaux, à se charger d'une tâche au.ssi lourde, il .s'en acquitta
en moins do (juatre années, de la Tous.sainl 13^1 au i" septembre iS^S, ain.si qu'on le
voit à la fin de plusieurs manuscrits de sa traduction. Charles V, pour le déterminer à ce
travail, lui avait assigné d'abord une pension de quatre cents livres'*', qui fut ensuite portée
Owk
de i'Acad. des inscript, t. XVIl, p. 7^1) ap|)arlient ù
In l)il)liollii\[iie Sniiite-fipiievi(''ve. Celui dp In Rihlio-
llii^jiio impérinle, dont nous roprodiiisoiis In pre-
mière pnge, reprdseiile Hnoiil III avec un vêtement
(pii pnniil cxrliire In profession niilitnii-e. Lancelot
dit avoir vu Texemplaire, aux armes de liélliunc,
n° 68.36, 6887, (pii passait pour avoir été offert par
railleur nu roi Charles V. I^ niininliire de prdsen-
talion montre, njoiite-t-il. ir railleur à jjenoux, nuë
"teste, snns tonsure, lialiilld d'une robe noin> par
n dessus laquelle en est une autre rouge , avec un ciia-
itpeaii de même couleur." Dans le maniiscril l.eTel-
lier, 11° 67 I Q . Uaoïil de Presles est vêtu l'en homme
ifdo loix, son rhnpcron sur IVpaule gauche, replié
fsiir le liras, sn lioiii-se pendante h son costé, etc."
Tout ceci, ajoute Lancelot, "scrt à nppuycr ce que
«j'ai dit, que Raoul de Presles estoit laïc.» (Vcm.
de I'Acad. des inscript. t. XIII. p. 655.)
'*' Lancelot place ici un certain Raoul de Ptrtatu
ou Preaus, dont le nom, as.sez commun àceUe»-|io-
que, parait être le même que celui de la famille de
Presles; ccpndant les Olim, qui le qualident de »clerr
irle i-oy.t l'apiiellent Itadulphus de Perellù, ce qai
impliquemit une autre origine. (T. U, p. hhi, 11.)
<*' ffCuni dilectiis et lidelLs consiliarius iiosicr
ffmagisler Rndul|iluisde Pracllis ,riliu8 cnndam ni«-
irgislri Rndulplii de IVnellis. pnedecessonim n<Mitn>-
rnim consiliarii. et Mario* de Porta, aliter de \ir-
irlutibus, excopula prohibtta, pnrdictn patresnom
(Tcarceribus pra<dece8!iortuii nooironim exateaie,
irnec accessum ad iixorem suaiii haltère paate (fi*
irpoRsenle), fuerit procrealos.» (Rq[Hirp du Tr^.
desi charl. cote io5. pièce Lini.)
'> l.e fait est consigne dans les complet de Jean
Lhuissier, receveur g^ëoM des aides: 'A M* Raoul
*de PracUes. ad vocal et conseiller do Roy, par
86 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
à ia somme de six cents livres, à prendre sur la recette de la terre de Vailly*". En6n, lorsque
la traduction et les expositions furent achevées, Charles V se montra tellement satisfait de
ce travail , qu'il voulut que la pension de six cents livres fût continuée à l'auteur sa vie
durant. Il fit plus encore : il lui donna la char(;e de maître des requêtes, en iSyS, année
oij son protégé demanda les lettres de légitimation dont nous avons parlé.
Si, doiworoii Paris. Raoul de Presles demeurait rue Neuve-Saint-Merry, au coin d'une ruelle appelée Etpau-
larl (probablement Pierre-Aulard). Ayant acheté dans la suite une maison située de l'autre
côté de ladite ruelle, en face de celle qu'il habitait, afin d'y faire « aucunes estudes spacieuses
« et secrettes pour mettre ses livres dont il a plusieurs, et esconvient qu'il en soit grandement
«garni, tant pour nous servir en translacions et expositions, comme en autres choses, dont
((nous l'avons chargé et chargeons de jour en jour,» il obtint du Roi non -seulement la
permission d'avoir une petite galerie au-dessus de ladite ruelle, pour aller d'une maison à
l'autre, mais encore remise de la finance qui aurait dû être payée pour cette permission,
«le Roy ayant eu considération aux bons et agréables senices qu'il luy a faix ou tenqis
((passé, et fait continuellement de jour en jour '*'. v
sos.krniir».oiiéc.. Q^j jjg connaîl oas, dune manière positive, les détails de la vie de Raoul de Presles, ù
Miuion ' _ * _
loni il anriiiK'iéHiirit^. partir de l'année 1376. Cependant il est une circonstance considérable qui, si elle pouvait
Mro, bien établie, se placerait précisément vers celte époque, et ajouterait un certain éclat
à la mémoire de notre auteur. Selon V. Le Clerc'*', Raoul de Presles aurait été, en 1876
ou 1377, député par Charles V vers le pape Grégoire XI, pour l'engager à prolonger son
séjour à Avignon, et il aurait joint ses efforts à ceux du duc d'Anjou, frère du Roi, envoyé
tout exprès de Toulouse avec les mêmes instructions. Le savant auteur du Discourt tur fitat
des lettres au xiv' tiMe donne à entendre que Raoul assistait à la fameuse entrevue où le
duc adjura solennellement le souverain Pontife de ne point partir pour Rome, ce qui fut
absolument sans effet sur la détermination de Grégoire XI. Celte assertion, contrairement
aux habitudes bien connues de l'auleur, n'est appuyée par aucun témoignage, el Froissarl,
auquel il'renvoie, ne fait nulle mention de la présence de Raoul de Presles"'. Même lacune
dans l'Histoire des Popes, publiée à La Haye, en 1733, par Fr. Rruys, ainsi que dans l'ou-
vrage d'Etienne Baluze ( Vitœ Paparum Avenionensium). Toutefois on trouve dans les notes
irniendement donne à Paris, le 98 octobre tSyi,
frpar lequel il lui ordonne, ])onr l'utilité de luy, du
I- royaume et de toute la crestienneté . de translater
ffdu latin en françois le livre de saint Augustin, de
irla Cité de Dieu, et, pour ce, luy a donné quatre
"■mil francs d"or par chacun an. jusqu'à ce que la
'rdite translation soit faite, à quatre termes par cha-
(f cun an. »
''' Vailly, Iwurg situé sur la rive droite de l'Aisne,
h peu de distance des villages de Presles, Cys et
Condé, (jui faisaient partie de la seigneurie concédée
h Raoul 1"; c'est aujourd'hui un chef-lieu de canton
de farrondissenient de Soissons (Aisne).
''' Les lettres furent donnëes "ou chastel du bois
rde V incennesn en mai 1 Sya. Lancelot , qui les cite,
fait renianpicr cjue Raoul de Prestes devait avoir
un certain nombre de livres pr«?cieux, puisqu'il lui
fallait des irestudes spacieuses et secrettes ■" pour les
loger.
''' Hitloàt Uaéraire de la France, t. XXIV. p. 96.
'*' Froissart indique d'abonl les motifs qui en-
gagèrent Grégoire XI à se rendre en Italie : «O
>rPa|>e estoit de petite complexion et maladif; si
(rsouffmit plus de |)eine que nul autre; et lui estant
nà Avignon, il s'esloit si fort enrpescbé des be-
f songnes de France, et tant travaillé du Roy et de
DESCRIPTION DR PARIS SOUS CHARLES V. 87
de ce dernier livre un passage qui jclte quelque jour sur la question. Après avoir pari/; de
l'ëlcction de Jacques d'Euse, qui prit le nom de Jean XXII, Baluze ajoute : «Jean, comte
«de Forez, et Raoul de Presles supplièrent le nouvel élu de vouloir bien diff^-rer la cënS-
«monie de son couronnement, et de la fixer à un jour où Philippe, comte de Poitou, qui
«gouvernait alors les royaumes de France et de Navarre, pourrait comniodi-ment v assister.
R Le pape Jean, ayant égard à cette demande, diff(5ra son couronnement de quinze jours'". ^^
Or, l'élection de Jean XXII ayant eu lieu en l'année 1 3 1 6 , le personnage qui joignit w«.
instances à celles du comte de Forez ne peut être que le père de notre auteur. Kaoul I"
avait été, en effet, ainsi que nous l'avons dit plus haut, absous par Louis le Hutin, en sep-
tembre i3i5, et cette absolution, ratifiée par Philippe le Long, fut suivie de beaucoup d'au-
tres faveurs, parmi los(juclles il faut, très-probablement, compter l'ambassade d'Avignon^' .
Ce souvenir scrail-il resté dans l'esprit de V. Le Clerc, et aurait-il amené une confusion
entre les deux personnages ? Nous n'oserions l'aflirmer, mais nous inclinons à le croire.
Deux raisons importantes militent en faveur de notre o[)inion : et d'abord, à l'époque
du départ de Grégoire XI, c'est-à-dire en 1876 ou 1377, Rao"' de Presles était âgé.
maladif et tout occupé de travaux littéraires; est-ce bien un tel ambassadeur qu'il conve-
nait d'envoyer à Avignon, voyage long et pénible à cette époque? Puis il existe des Irac^'s
écrites de cette mission dij)lomaliqae, et il paraît en résulter qu'elle fut confiée, non pas
à notre auteur, mais bien à Philippe de Maizières, conseiller du roi Charles V et chanc(>-
lier (lu royaume de Chypre. L'abbé Le Beuf a trouvé, dans les comptes de l'Hôtel de Ville
d'Auxerre, pour l'an 1875, un article ainsi conçu : «Item, pour deux poz de vin, couverts
«de deux pains, donnés et présentés, pour et au nom des habitans, à Mons. Philippe de
«Maizières, chevalier, maislre d'hostel de M. d'Anjo, qui passa par Auserre au mois de
«septembre 1375, x sols iv deniers;» et il ajoute : «(ieci doit apparemment se rapporter
cses frères, qu'à peine |)ouvoit il entendre à luy.
ffSi dit h sny iiicsrnc qu'il les l'Ioiijrncroit, pourestrc
(tniifiux à son repos, n Après avoir raconte' ensuite
les vains efforts du duc d'Anjou, il ajoute : irQuand
"le duc vit (|u"il n'en viendroit point à chef pour
frraison ne belle parole qu'il seust dire ne montrer,
f si prit congd du Pape et luy dit nu partir : Père
vSainct , roiis roux en tille: en un pnïs et entre ffetu
(Toù vous estes pclilcment aijmé, et laissez la fontaine
"de foij et le royaume où l'Eglise a plus defoy et
tr d'excellence qu'en tout Je momie; et par votre faict
«pourra V Eglise cheoir en grand' Iribulation ; car, te
«vous mourez par de là (ce qui est bien apparent,
net comme voz médecins le dient), les Rommains (qui
"Sont mrrreilleu.r et traliistres) seront seigneurs et
ff maistrcs de tous les cardinaux , et feront Pape de force
"à leur voulante. Nonobstant toutes ces pnrolles et
rr plusieurs autres belles et sa{fes raisons, onr<pies
(til ne voulut arrester, qu'il ne se niisl en cbeniin.»
(Ilist. et cronique de Messire Jehan Froissart, vol. II ,
cil. xni. p. 91, ëdit. de Lyon, i558, in-folio.)
''' irPost electionern, cuni Jobauucs, coines Fu-
nrcsii, et Radulphns de Praellis ei supplicassent uti
ircoronotionis suœ solemnia differre vellet. tlieaique
itipsi coronationi pncligere. in qua Philippus. eo-
ffuics PicUiviensis, qui (uni regeiiat régna Francic
<ret Navarroi, ei |)os$et coniniode interreate. Jo-
rr bannes Papa ca solemnia, in graliani ejas. pn>-
itrogavit nsque ad dies quinderini.i ( Vil» Papanm
Avenionemium , auct. Slcph. Ikluzio. t. I. col. 6I7.
Parisiis, 1698, in-à*.)
<*' C'est également l'opinion de Lancdot : aprè»
avoir dit que Raoul I" avait été charge, dès i3i6.
frde la garde des bulles et aalm lettres immé»
"du Pape, pour des dispenses ei priWh^ges aceonfet
rrà nos Rois, et du soin d'en faire expAlierde no»-
itvellcs,» il ajoute que -celle gnnle hii fut donn^
nh Lyon, au voyage que Philippe le Long, aion
ir comte de Poitiers et n^n( du royaume, y fil
"pour presser r^eclion d'un Pa|ie, en septraibrr
«]3iC.> {M^moire$derAc»d.émmicripi.L XIII.
p. 6t3.)
88 DOCUMEiNTS ET ECRITS ORIGI.NAL'X.
«au temps où Philippe fut envoyé par Charles V vers le pape Grégoire XI; il put alors passer
«par Auxerre, et on lui aura présenté, à son passage, le pain et le vin, selon l'usage qui se
«praliquoit envers les personnes d'un certain rang'".» M. Paulin Paris, qui a fait de celte
question une étude toute particulière, explique fort bien comment Philippe de Maizicres a
pu être chargé d'une pareille mission : conseiller du roi Charles V, fort dévoué au culte de
la Vierge dont il avait fait agréer une nouvelle fête par ce même pape Grégoire XI, connu
à la cour d'Avignon oii il s'était déjà rendu, il se trouvait tout naturellement désigné pour
ce voyage, surtout si on lui attribuait, alors comme aujourd'hui, la composition du Somnium
Vtridarii, qui contient une thèse en faveur de l'Immaculée Conception. Cet ouvrage ayant
été considéré, par Lancelot et par l'abbé Le Beuf, comme l'un des travaux de Raoul de
Presles, on conq)rendrait que l'auteur de ce pieux traité ait été envoyé à Avignon; mais la
présomption tombe avec l'attribution du livre.
Resterait, h l'appui de l'opinion émise par V. Le Clerc, le passage d'Etienne Pasquier
où il est dit que «Philippe le Long depescha à Rome maistrc Raoul de Presles, l'un de ses
<xMaistres des recjuestes , n pour la grosse question du pouvoir temporel des Rois'' ; mais
Lancelot fait observer très-judicieusement que ce prétendu voyage se confond avec celui
de 1 3 1 6 "', date qui ne peut s'appliquer qu'à Raoul I", et il ajoute que la qualité de Maître
des requêtes n'appartenait qu'à Raoul III. Cette nouvelle confusion expliquerait encore l'as-
sociation d'idées qui a pu se faire dans l'esprit de V. Le Clerc.
Sa mort. Quoi qu'il en soit, la date de la mort de Raoul de Presles est certaine : d'abord son suc-
cesseur immédiat, comme maître des re<|uétes, Guy Chrétien, figure en cette qualité dans
un compte de i383; puis une note placée à la lin d'un exemplaire du Muta indique po-
sitivement, d'après l'épilaphe qui .se lisait sur la tomlx* de Raoul de Presles, dans l'église de
Sainl-.Merry, qu'il décéda la veille de la Saint-Martin d'hiver, en l'année i38a'*'.
"' Mém. de l'Aead. des iiueripî. t. XVII, p. 5o5. » voyage de Rouie.» {Mém. de V Académie de* iiu-
M. Paulin Paris a citd ce passage dons ses Nourelles criplioni, l. XIII, p. 6t3.)
recherches sur k véritable auteur du Songe du Ver- '*' Voici cette noie, qui se trouve à la fin du
Ifier, cl il y trouve un argument pour dlabiir que le nianusrril latin 3-1.3.3 de la Biblioth<V|up impMale:
Sofflntum FirtWariï doit être attribué à Philippe de rlslr Radul|)hu.s de Praellis consiliarius fuit et
Maizières, plutôt qu'à Raoul de Presles. {Mémoires rtnagister requeslanini liospitionim regum Caroli
de l'Académie des inscriptions, nouv. coUect. L XV, irQuinti et Caroli VI". Scripsit auteni Coni|>endiuni
P- 391.) (Tel hune libnun quem intitulavil Musam. Transtntit
'*' Le traité De polestate pontificali , composé par retiam de latine in ydioma vnigai-e. seu gallirum.
Baoul m, ne peut aider h établir la réalité du cBibliam et librum Augiutini De cititate Dei; et
voyage à Avignon ; l'auteur y soutient des doctrines rdecessil anno m* ccc octogesimo secundo in vigilia
très-opposées à celles de la Papuli' , ce qui eût cer- irsancli Martini hyemalis , proul in ejus epilapliio su-
tainemenl compromis le succès de la négociation. «rperejus tumbam in ecclesia Sancti Mederici Pari-
(Voyez Melchior Goldast, Monarchia, t. I, p. 39.) rsius inca[K>lia parorhiescrihilur. Morabatur autem
''' irC'estpeut-êtrecequiadonnélieiiàPas<piier, «rin vico novo Sancti Mederici, satis prope conum'"'
irqui avait vu le compte de Raoul de Presles, des r versus quadrivium Templi. Ejus animam hal>eat
(tfrais qu'il avoit faits pour la ganle. la copie et irParadisus. Vidi ego in Computo onlinario baillivie
«l'expédition de différentes buUes, d'imaginer ce rViromandie de anno n' ccc* sepluagesimo mi".
<*> C'est par nrrear que Lancelot a mis comtntmu. Il dit lui-mime que Raoul demeurait au coin de la raellu Eipautart. L'abbé
Le Beuf a remarqué cette faute. HUt. du dioc. de Paru, I, 36&.
DESCRIPTION DE PARIS SOUS CHARLES V. 89
Lancflol croit ([uc Raoul de Presles était laïque, et cela pour les raisons suivantes : il n'a
jamais pris la qualilc; de clerc dans aucun de ses ouvrages, et on ne la lui a jamais donnée
dans aucun des actes qui ont été cités ci-dessus. On pourrait en outre, selon le même sa-
vant, induire d'un passage de la traduction de la Cité de Dieu que Raoul de Presles était
marié, parce qu'il semi)le parler du mariage comme un homme qui en a l'expërience"'.
Toutefois il est certain (|u'il n'a pas été confesseur de Charles V, fonction qu'on avait déjà
attribuée à son cousin; on connaît, en ell'et, les noms des confesseurs de ce roi, qui sont
tous des religieux de l'ordre de Saint-Dominique. D'ailleurs, s'il eût eu ce titre, Raoul de
Presles n'aurait pas négligé de le prendre, et les auteurs de son temps en auraient parlé.
Quant à ses écrits, il dit lui-même, dans un passage de la dédicace à Charles V, qui
précède sa traduction de la Citil de Dieu, avoir composé les ouvrages suivants : t' le Com~
jiendium moral de lu Chose publique; 9° le livre r[ui s'aj)pelle li Muse; 3° les Chroniquet en
français, contetnporisées depuis le commencement du monde jusques au temps de Tarquin t Orgueil-
leux et du roi Camhise; h° Quelques epistles. De ces ouvrages, un seul, qui faisait probable-
ment partie des Epistles, est parvenu jus(|u'à nous; c'est le livre qui s'appelle Muta et dont
nous parlerons plus loin.
Raoul de Presles était déjà vieux lorsqu'il reçut de Charles V l'ordre de traduire la
Bible en français; toutefois il n'hésita pas à accepter cette nouvelle tâche, comme il ledit
lui-même en son prologue : «Mon très rcdoubté seigneur, quand vous me commandaslex
« à translater la Bible en françois, je mis en délibération lequel étoit le plus fort à moi du
«faire ou du laisser refuser; car je considérai la grandeur de l'œuvre et mon petit moyen,
«d'une part, et, de l'aulre, je considérai rpi'il n'étoil rien (|ue je vous pusse ni dusse refu-
«ser. Je considérai derechef mon âge et l'adverse fortune de ma maladie, et les autres
«œuvres que j'avois faites, n De ce prologue et de quelques autres détails donnés par Raoul
de Presles sur sa manière de traduire, Lancelot et le P. Lelong ont conclu qu'il était au-
teur d'une traduction complète des Saintes Ecritures. La Croix du Maine, au contraire,
et plusieurs autres écrivains, ont fait honneur de celte traduction à Nicolas Oresme, le cé-
lèbre professeur du collège de Navarre. Pour nous, les études que nous avons faites sur ce
sujet, il y a déjà de longues années, nous ont donné la certitude qu'on ne peut lui attribuer
qu'une traduction de la Genèse, du Livre de Job et du Nouveau Testament'". Son grand
ronpitulo Rpcrpte de Vailly, ([uod isie Ra(liil|ihu.s radvÙMiiii'nt soiivpiit fl aucunes lois sniis \p |,ii( h
clmlM'lint 11 reffc Cnn>lo V'° prnsionein de vi' I. [wr -roulpp des doux mariez ou de l'un d'eux, iiou» en
«annum supra dicta terra de Vailly, pro vacando rdirons quelque pou.» (Ci'/e de Dit», In. XV. «-
f lil)priiis trntisinliniii incniornli iibri De cintale Dei, posilioii ou couimenlaire du rlmpilre xxxvi.i
ffquciu de ejus niaiidiilo Irniisfereiulnin in (jallice '*' Un possiage «lu prologue ril«< |»arle I*. LeltHig
ffsusceperat. Signe A. Releviegne N.s sendde indiquer que Raoul avoit commence à Ira-
''• Voici ce passage : (tI)ii ninl ou mnuvniselii'qui diiire les Lirm de$ fioi$, on tout au moins qu'il
iront estd ou sont en mariage entre les mariez . s'au- était prt>s de le taire . puisqu'il avait arrMi^ «oo plan
ffcun» y en a euz, nous nous en taisons, pour ce «le Iruduclion : «Là où je vermy. dil-il. qii'il j ara
eque nous ne croyons pas tout ce que l'en dit. et rre|)elilion d'une niosiiie chow. «ooanw en Pan-
"si n'y trouvasmos jiimnis mai. fors les communes rli|)omenon et en Esdras le aecoot. et affleon. je
rnialadit's que rliarun scel «pii In esté. Mais de "ferai n<srision. etc. o (AMa. ir fyfeaif.AaHMrr^.
ffcures, peine», soussys et courroux de niariagesqui I. XIII. p. 656.)
Birr. — I. 1 1
1
90 DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
Age et les maladies dont il parle l'auront sans doute empêche de terminer un aussi long
travail, ce qui est à regretter, car les fragments que l'on connaît de la traduction de la
Genèse sont d'un style très-remarquai)!('i". Lancelot, dans se» Mémoires sur Raoul de
Presles, après avoir indiqué la traduction do la Bible, signale encore un autre ouvrage du
même auteur intitulé le Roi paci/tjue, mais dont le manuscrit ne s'est pas retrouvé. Il cile
lîgalement une traduction abrégée du Songe du Vergier, demandée à Kaoul de Presles par
le roi Charles V'*'. Quant à l'œuvre originale, elle a donné lieu à une discussion qui dur»-
depuis plus de deux siècles et qui n'a pas encore dit son dernier mol. Savaron, les frères
Sainte-Marthe et Naudé ont attribué le Somnium \iridarii à Charles de Louviers; d'autres
critiques, moins autorisés, en ont fait honneur soit à Nicolas Oresme, soit à Guillaume de
Dormans; Lancelot incline à croire que Haoul de Presles a fait l'original ainsi que la tra-
duction; enfin, de nos jours, M, Paulin Paris a composé deux savants mémoires pour éta-
blir que le véritable auteur du livre est Philippe de Maizières'".
Le traité intitulé Musa, dont nous allons parler avec quelque détail, prce qu'il con-
tient un passage relatif à l'histoire de Paris, peut être regardé comme un des premiers que
Kaoul do Presles ait composés. Il a été rédigé vraisemblablement soit dans le cours, soit à la
suite des ravages exercés en France par les Grandes Compagnies, c'est-à-dire vers i365
ou i366, puisque ces bandes d'aventuriers furent conduites en Espagne par Duguesclin
en i36.^.
Anaiyw Cet ouvrage, dit lancelot, est une fiction assez ingénieuse, écrite en prose mêlée de
ii,rf iinhuio n..» ^♦^'■'' ^^ •'•^ fragments de vers, {|ui sont pour la plupart lires des poêles anciens. Dans le
dessein de découvrir les causes et les remèdes des maux de toute sorte qui affligent son
siècle, l'auteur s'adresse à toutes les puissances de la terre et du ciel, aux planètes, aux
étoiles, aux jurisconsultes, aux astrologues, etc.; il a recours à la pyromancie, à l'hydro-
mancic, à ce qu'il a|)pelle ïart spécuUiire, c'est-à-dire à l'invocation des mânes ou génies, etc.
Ces diverses épreuves nr> lui ayant pas réussi, il prend le parti de voyager pour consulter
tous les oracles connus. C'est ainsi qu'après avoir parcouru l'Italie et la Grèce, après élrc
même descendu aux enfers, il arrive à Athènes, oîi Minerve**' se présente à lui pour le con-
'"' Voyeià ce sujet ce que nous avons dit p. \\\i» évidniiinicnt de Raoul de Presles. car, dans le iiia-
el suivantes de l'inlrodiirtioi) au volume |>ublié en nusrrit de Snint-Viclor, elle commence ainsi : "Au
i8ûi : Les Quatre Livre* de* Roi* traduits etiJraH- •cominoiideineiit île Ires haut et excellent priuce
cm» du xu' siècle, pulilit's par Le Roux de Lincy. "Cbaries. par la grâce de Dieu . le V* roy de France
i'aris. Imprimerie royale (Collection des Documents -<le ce nom , maisln- Raoul de Praelles translata de
inédits). irlatin en françois la question <|ui enssuiti
<*> Dans le cataloguede la rrlibrairie» deCharlesV, '"' Mèm.derAead.desiiueript. anc.collect. t. XII! .
on trouve, dit Lincelot, après le Son/re du Vergier, p. 660 et suiv.; nouv. collect. t. XV. p. 336, 339.
"Un autre petit livret couvertde soye à une couver- '*' Le |)ortrait;>Ay«iofo^^ije de la déesse y est fait
If ture d'un Gresillon , qui traite de ceste matière. 1 avec un tel luxe de détails et une telle lil)erté de des-
Ce même ouvTage est plu» explicitement désigné cription , qu'on doit y voir une nouvelle preuve de
dans le catalogue de la bibliothèipie de Charles V : l'état laïque de Raoul de Presles. On ne s'explique-
'■Un autre petit livret couvert de soye h unesereure rail ])as, en effet, qu'un ecclésiastique eût osé offrir
-d'un Grislon , qui traite d'icelle matière , escript de à Charles V la chaste Pallas dans un déshabillé aussi
f- lettre formée en françois , etc. i Cette traduction est complet.
DESCHIPTION DE PARIS SOUS CHARLES V, 91
(luire à rAr(5oj)a[;e. 11 y voit Tautcl (lë(li<5 au dieu inconnu, ol, pendant qu'il se plaint devoir
l'objet de ses désirs encore ajourn*^-, un homme vénérable, qu'il reconnaîtra plu» lard iwur
^trc saint Denis, lui apparaît et lui reproche son ignorance. Ce personnajje l'inslniit on partit*
des mystères de notre relijjion, entre autres, de celui de la Trinité, après quoi il disparaît.
Le voyageur se remet en prières; une voix se fait entendre et lui donne le conseil Huivant :
«Ketourno à Paris; près de cette ville, va au mont des .Martyrs, de là h Tricfne», où sont
«dédiés deux autels. Tu y trouveras, avec ses compagnons, celui qui a élevé cet autel'', el
«tu lui adresseras tes vœux. Il mettra lin à tes peines et il te satisfera sur l'objet de te*
«pensées.» Alors, ajoute Raoul de Presles, «rempli de joie, me croyant au comble de me»
«vœux et délivré de tout .souci, je regagne ma demeure et je gravis la montagne de
«Mercure.»
Mais le voyageur est assailli tout à coup par un violent orage accompagné d'éclairs, de
pluie et de gr<île. 11 déchire .ses vêlements, répand de la cendre sur sa tête et prie les puis-
sances de la nuit de l'arracher à la mort. «A ces mots, s'écrie-t-il , j'aperçois devant moi,
«à mi-côte*''', une petite basilique, et j'y entre. Dès que j'ai vu les ossements placés dan.s
«une châsse élevée, et lu rin.scription, je reconnais l'autel de saint Denis et de ses compa-
« gnons, le lieu où ils ont consommé leur martyre et qu'ils ont consacré par leur sang:
«c'est pour cela qu'il a perdu le nom de Mercure, j)our prendre celui de .Mont-des-Mar-
«tyrs. Pénétré d'une joie vive, j'adresse ma prière au saint, et je fonde en ce lieu un feu
«perpétuel, afin que le gardien du sanctuaire veille sur une flamme éternelle, image des
« célestes clartés. Après avoir accom|)li ces cérémonies, je traverse la montagne, je descend»
«l'autre versant, je me rends à Tricînes, et, à mon entrée dans le bourg de Catulle'*,
«j'aperçois une ancienne basilique. J'y pénètre, et, en la visitant, je vois trois toml)eaux,
«sur lesquels sont placées trois statues. Je lis les épitaphes des saints Denis, Rustique et
«Éleuthère; j'aj)prends (jue ce sont leurs effigies, que leurs corps ont été autrefois dépo.sés
«en ce lieu, mais qu'ils ont été depuis transférés au grand autel. Persuadé alors que j'ai
«trouvé les dieux que je cherchais, je me rends en toute hâte au grand autel, et. après
«en avoir aperçu différents autres, je monte quelques degrés; l'éclat de l'or et des pierre-
«ries frappe mes yeux, et je me jette au pied de l'autel '*'. »
''' L'auteur confond ici saint Denis l'Aréopogile,
prcniier évêque d'Athènes, martyris*? ver» l'an g5.
avec saint Denis, npfltre de Paris, niartyrist^en Q70,
(jOlle confusion a iHé Ir^s-frt'ciuenlp an moyen Age.
pendant la Henaissanre, et ni^nie jusqu'au milieu
du xvn* siècle. (Voir dans la liiblintliriiue historique
de In France, du P. Loloiijf, édit. Fonlelle, t. V.
table, p. 933, les nombreux ouvrages que celte
question a fait (Vloro.)
'*' Le plan de Du OiTcau, dresst? vers i56o,
inonirc h mi-côte la chapelle noù saint Denys fut
ird(k;oM avec ses rontpaijfiions. 1
''' Le bourg de Catulle , Catolinnnn, (mIiiIIit rinis,
n'est autre chose (pic la ville de Saint-Denis; Du
Hreul mentionne, au temps de Dagobert, rIo cha-
|>elle de Catulle. » Quant nu mot Trichur, ({ui ni a-
pliquc' plus loin , il dc'signait plus |>artirulièrent«nl
la distance com|)rise entre Saint-Denis el Paris.
( Voir les lleiunrques île Itonamy. dam le l. Wlll d*»
Mém. de l'Aead. de* itucripl. anc. collert. p. t88.)
'*' ir Lares répète, ail. et pnipe Latedam. Marti-
irnini conscende monleni . Tririnas pcf^g* binis dir-
ffcalnm ans. Hic runi «icib «rectomn invmir*.
"Hune volo supplici adi. Hir lalxiri liio finem im-
iTiranet el menlis indirabit ronrcptuni. v Tune ptr-
ffletus quasi polilus voto et tocius npen labari»
rrreplo lares, et velu! tocius ralamilatis oliiitas \m-
irleciam |>ergo. montenMpie coDsceado Ihicuiiiuu.
<r Et bec dirons in ntontk tÊteun nedio no-
ir dicam concernons basiiicani subintro. l'tquo om
92 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Nous avons cru devoir traduire et rapporter en entier ce passage de la Jfiue, parce qu'il
nous donne une idée de l'étal oîi étaient les églises de Saint-Denis et de Montmartre à cette
époque. Il y est en outre question d'un lieu très-peu connu , Trlcine». Lancelot pense qu'il
faut entendre par là Saint-Denis, et il conjecture que Raoul de Presles aurait pu fort bien
imaginer ce nom Tricinœ ou Tricenœ pour exprimer la distance de Saint-Denis à Paris, (|ui
est de trente stades, comme on a, dit-il, nommé Vinccnnes (Fiee/ur), parce qu'il est éloigné
de vingt stades de Paris, «quod vicenis seu viginti stadiis abessent ab urbe Lutetia'*'. »
Tplurima in sublime capsa'"' conspexi posita, titu-
f lumque perlegi , Dionisii sociorumcpe ejus fuisse""'
fragiiovi arani, inibiquo consuniniasse niarlirium'''
"et suo venerahilein sanguine consocrasse ItKuni , et
Tob hoc Mercurii sublato uoniine .Martinuii iiiontcin
faccepisse nonien. Tune pro nimio fluctuansgaudio,
iforatione compicla, iocuni igné dolo |)erenipni, ut
tad siniilitudinem celestiuni siderum loc i rustos pei^
"petua invigilet flamnia. Quibus rite |>eractis . mon-
itteni perlranseo, descendo coliem, Tririnas pergo.
•^et (latuluni subintraiis vicuni vetuslani roncerno
Tbasilicam. Hancadco.eteamperiustrans très video
"tumulos et desu|)er très [lositas statuas. Tune epi-
ftaphia lego, Dionisii scilicet, Kustiri ot Elutherii,
fret eorum esse effigies, inibique quondani fuisse
r-coi'iiora lunuilata, sed ad niagnani démuni aram
••translata fuisse''*'. Tune privatos invenissc deos
"sciens, cita via ad arani decurm magnam ; et muila
■rlustrans altaria . modicos conscendens gradus . auri
f gemmanunque|)crcu98it oculos nitlor, et ad altaris
"provolutuspedes, etc.>i(Bibl.imp. iiis. latin 3'ja3.
fol. i5 V*. — xiv* siècle.) Voir, à cet ^ard, la Topo-
graphie historique du Vieux Pari* ( région du Louvre
et des Tuileries), t. I, p. ig.
''' Le savant Bonaniy. historiographe de la ville
de Paris, ne s"est pas contcnlii des explications con-
jecturales donndes par [.lancelot : fSi des lectures
"plus intéressantes, dit-il, ne l'a voient pas distrait
(•sur quelques-uns de nos anciens titres, trop coni-
RUiuns pour avoir pu écbap|)er à ses recherches, il
"auroit changé sa conjecture par rap|>ort h la ville
cde Saint-Denys, et n'auroit pas attribué à l'érudi-
ftion de Raoul de Presles l'invention du mot Tri-
«cinœ'Kri Et, pour appuyer siu" des titres positifs
rhypollièse de son confrère, Bonamy cite : i* une
charte de Saint-I^andry, reproduite par Du Breul ;
a* un récit attribué à un chroniqueur contem|>orain
deCliarles le Ciiauve, et consigné par Mabillon dans
ses Aela SS. ord. S. Ilenedieti; 3* des lettres don-
nées par le roi Eudes, en 89^, et imprimées par
Félibien dans les Preuteê de son Hitioire de Saint-
Déni»; It' des titres de Charles le Chauve, du roi
Robert et du jiape Adrien IV, mentionnés par Du
Breul et Doublet; 5" enfin les prétendues lettres de
Dagol>ert !" cpii déterminent les limites de l'asile de
Saint-Denis. Bonamy donne cette dernière autorité
|)our ce qu'elle |M>ut valoir; mais il insiste sur ta
charte de Saint-l^iMiry, où il est dit que, "en sui-
"vant le grand chemin royal, on arrive au vivier qui
"■est aupn-sdu |)ontde Tricinet, par où l'on retourne
ff à la fontaine de Sainl-Reuiy . ■ ■ per regalem ttratam .
"donee reniatur ad rirarium In enpite Trieiniponli*...
ntuqne ad loevmfonti* Saneti Bemigii.^ (Du Breul .
Antiquitei de Pari*, n. ti^ii.) Les lettres du roi
Eudes ne sont pas moins explicites : ce prince con-
cède h l'abbaye de Saint-Denis un moulin, voisin du
monastère, sur la rivière de (^rou, près le pont de '
Trieine*: Coneedimu* molettdinumjuxiamonaiterium ,
tuperjlurium Chrodoldi, tuperponUin Trieina. (Fé-
libien, Histoire de Saint- Deiii* , Preuve*, n° 101. |
Enfin, après avoir renvoyé le lecteur à Ylliftoire de
Saint-Denii , |HirDom Doublet(p.787,8a9 et Soi).
|K>ur les documents émanés de Charles le Chauve,
du roi Robert et du |>a|)e Adrien IV, où il est fait
mention de ce même pont de Trictnes, Bonamy
conclut en disant que irce qu'il a rapporté suffira
f pour rendre raison du nom de Trieine*, que Raoul
"de Presles donnoit à l'abbaye de Saint-Denys, et
'*> Le texte donne claptum ou clapti: Ce maniucrit e*t en ginénl awex batif; ooe nuin •ncienne l'« corrigé uioz benreiue-
ment en qiicl(|uc8 endroits; mais elle s'est trompée dans d'antres.
"I Texte -.fore.
'*' Texte : martirum.
'■'' Texte ./ore.
''' Lancelot a écrit en eOet(tf«m. dt FAcaJ. itt iiutript. t XIII, p. 6i3) : «Pour Tricuua, c'est un nom particulier à Raonl de
«Presles. Seroit-ceun ancien nom qui se serait perdu? En seroit-ceun que cet auteur aurait imaginé? Accoutumé au nom de Vin-
«cennes. . . auroit-il cru estre en droit , dans un ouvrage où il affecte une érudition très-étendue et une latinité très-recberebée ,
"■l'appeler Saint-Denys Triciniu, ttc.T
DESCRIPTION DE PARIS SOUS CHARLES V. 9S
Nous n'analyserons pas la fin de cet ouvrage, parce que les détails qu'on y trouve sont
<';tran|];crs ù l'Iiistoirc de Pans. Saint Denis donne encore au voyageur de sages conseils; naais
celui-ci les oublie aussitôt après <5tre rentré dans ses foyers, parce (ju'on lui a fait manger
du |)aiti de j»avot et hoire de l'eau du lleuve Léthé; c'est ce que l'auteur appelle un repas
so|)liisli((uc, cœita sopliislica. Ces sortes de fictions ou de songes étaient, du reste, un cadre
fort usité au moyen A(jc : le Songe du Vergier, le Songe du Pèlerin, le Songe d'Enfer, le Livre
de la vision, de Christine de Pisan, et beaucoup d'autres compositions du même genre, ont
été imaginés pour rendre possible l'émission de certaines idées qu'il cât été périlleux de
produire sous une autre forme.
Avant d'arriver à l'œuvre principale de Raoul de Presles, nous devons encore mentionner
son Discours sur l'OriJlamme, qui n'a été imprimé ni dans l'édition d'Abbeville, ni dans cclb-
de Paris. Lancelot pense que ce discours fut écrit vers i36o, à l'occasion de la guerre que
Charles V déclara au roi d'Angleterre et au prince de Galles, et il donne de cette opinion
des raisons assez plausibles'". L'auteur jugea sans doute que le sujet n'était pas suQisam-
incnt traité, car il le reprit et le développa dans sa préface de la Cité de Dieu. Dans ce
nouvel essai, il s'attache, dit Lancelot, à commenter le passage suivant des Macttabées, qu'il
a pris pour texte : Accipe sanctum gladium, munus a Deo, quo dejicies adversarios populi nui ;
et il divise son discours en trois propositions : «Premièrement, que tout prince chrestieo,
«lequel en guerre se expose en péril de juste mort, pour la deffense de son peuple et ven-
«gence des péchiez, doit avoir conficnce principalement en Dieu; secondement, es oraisons
«et prières de saiiicle Eglise; et tiercement, en la faveur et secours des amis de Dieu et
«benoisls sains du Paradis.» Le Discours sur l'OriJlamme ayant été, comme le Commentaire
sur Paris, reproduit presque intégralement par Guillebcrt de Metz, nous rétablissons en
note le texte original, et nous.y ajoutons tous les éclaircissements que la critique moderne
a pu nous fournir'^'.
Lu traduction de la Cité de Dieu est l'ouvrage le plus remarquable de Raoul de Presles,
non-seulement h cause de l'importance de l'œuvre reproduite, mais encore en raison des
commentaires ou des expositions, dans les(juels il fait preuve d'une grande érudition ft
d'une connaissance très-étendue de nos antiquités nationales. Le manuscrit que nous avons
suivi, comme presque tous les autres manuscrits que nous signalons plus loin, est précédé
d'une liste des écrivains sacrés et profanes que Raoul de Presles a connus et cités; ces
écrivains sont au nombre de cent vingt-cinq. Voici, comme preuve de l'érudition qu'il y
(li'pioie, les noms, par ordre alphabétique, des auteurs grecs et latins dont il invoque le
témoignage : Apulée, Aristote, Aulu-Gelle, Caton, Eutrope, Florus, Hippocrate, Julius
Celsus, Justin, Juvénal, Lucain, Lucrèce, Macrobe, Omere (Homère), Orace (Horace),
Orose, Ovide, Perse, Plante, Platon, Pline, Salluste,Sénèque,Stace, Suétone, Tbéophraste,
Tullius (Cicéron), Valère-Maxime, Virgile.
iT pour coiivniiif ro (jue cet (Vrivnin ne l"a pas inventé . '' Mém. de l'Acad. de* iiueripl. aoc. coliert. l. Mil .
(rpuisqu'on le connoissoit longloiiips avant luy." p. 698.
(Mém. de l'Acad. des intcript. t. XVUI , anc. coUect. ''^ C'est dans le Icxle deGuiliebert de Mete que le
p. a88.) lecteur trouvera les variante* et les <
Mr l'd
Ta
Commentftirp imr P»ri«.
04 DOCUMENTS ET ÉCRITS OHIGINAUX.
C'est dans son commenlairc sur le chapitre xxv du livre V, chapitre dans lequel saint
Augustin parie des prospérités que Dieu a accordée» à l'empereur chrétien Constantin,
que Raoul de Presles s'est occupé, par analogie, de l'origine des Français, de leur établis-
sement dans les Gaules, de la fondation et de l'agrandissement de Paris, des antiquités
qu'on y signalait de son temps, ainsi que de plusieurs bourgs et villages du Parisis. Les
auteurs qu'il cite sont, pour la plupart, ceux qui ont écrit depuis le t* siècle jusqu'à son
temps : ainsi on remarquera, dans le passage qui concerne Paris, les noms de Paul Orose,
auteur du v' siècle; de Julius Ceisus, qui a fait, au vu* siècle, une révision des CommenUiirfs
de Jules César; de Hugues de Saint-Victor, de Hugues de Fleury, de Baldericus ou Baudry,
évérpie de Dol, de Geolfroy de Monmouth. qui appartiennent tous au xu' siècle; de Guil-
lemius Armoricanus, ou Guillaume le Breton, et de Hélinand, auteurs du xiii' siècle; enfin
de Bernardus Guidonis, qui vivait au xw". 11 n'est donc pas étonnant qu'ayant puisé à de
pareilles sources Raoul de Presles ail accueilli un certain nombre de récits fabuleux; nous
les indiquons dans l'analyse qui suit. Nous devons mettre aussi le lecteur en garde contre
les élymologies souvent séduisantes, mais fort peu exactes, données par notre auteur; on
en trouvera de singuliers exemples dans le cours de son texte.
V«k'iir
de ce eommenlAÎn*.
Ce qui fait principalement la valeur de cette exposition, c'est ce que Raoul de Presles
nous dit d'après ce qu'il voyait lui-même chaque jour; ce sont les détails vrais et précis
qu'il donne sur l'étal de différents endroits du Paris de son temps. Toutefois le lecteur
doit remarquer qu'il n'a plus sous les yeux un ouvrage descriptif, comme le Traité de*
louanges de Paris, composé en 1 3a3; il n'est même point question, dans le commentaire de
Raoul de Presles, d'un seul monument de Paris au point de vue de l'art. L'auteur regarde
les choses d'une manière plus générale, et s'occupe surtout de retracer les accroissements
successifs de la Ville; il donne, à ce sujet, des renseignements topographiques qui ont de
l'importance, et il ajoute quelques détails de mœurs que nous signalerons en leur lieu.
An romin''!ilnin'.
La première partie du commentaire de Raoul de Presles est un résumé des traditions
fabuleuses que les chroniqueurs avaient recueillies sur les origines de la nation française,
et que les compilateurs ont senilemenl reproduites, jusqu'à ce que Corrozet et Du Breul
en aient fait justice. Viennent ensuite des détails peu historiques sur la période gallo-
romaine, et ce n'est qu'après de longues inutilités que l'auteur arrive à donner des rensei-
gnements positifs sur le Paris qu'il habitait. Le Commentaire devient alors des plus intéres-
sants : on y trouve notamment des détails fort curieux sur certaines rues de Paris et sur
l'origine des noms qu'elles portaient à cette époque. La viel place aux poursiaux était ainsi
appelée «à cause du marché des besles qui étoit par deçà la rue aux Bourdonnois. » La
Crois-du-Trioucr prenait son nom «des bestes que l'on y Irioyt" ;•' le carrefour Guillori, ou
Guigne-Orille , était l'endroit «oîi l'en couppoit les oreilles.» L'auteur remarque que la bou-
cherie était hors de la Ville, et «c'esloit raison,» ajoute-t-il. Auprès «estoit une place où
« l'en gettoit les chiens morts ; » c'est là , selon lui , l'origine de la ruelle dite la Fosseaux-Chiens.
La Ville fut ensuite fermée jusqu'au lieu que l'on nomme f ArchetSaint-Merry , dont Raoul
'"' Mémoires de l'Académie royale des inscriplions et btUet-leltres, t. XVIII, p. 388-991.
DESCHIPTIOiN DE PARIS SOUS CHARLES V. 95
(l(! Preslcsdit que «il appert encore le coslé d'une porte,» détail d'autant plu» authentique
(|uo l'auteur, comme nous l'avons vu précédemment, demeurait non loin de là. Cette |K>rt«
conduisait à la rivière, «au lieu que l'en dit les Planches de mi-bray, ou m-bra$,y> ain»i
nommé, suivant l'auteur, parce que c'était «la moitié du bras de Saine.» C'est là encore
une ctymolo[pe contestable. Los boucheries et les cimetières se faisaient alors hors des cité*
«pour les (tpimaisies et les corrupcions eschicver. » C'est ainsi que le cimetière des Inno-
cents était iiors de la Ville. L'auteur nous fait ensuite assister à la création du marché qui
reçut le nom de Chumpeaux, «parce (|ue c'estoient touz champs.» Les habitations suivirent
le marché; bientôt on fit des halles «pour vendre toutes manières de denrées;» et la Ville
s'étendit jusqu'à la bastille Saint-Denis, (jui en formait la limite au temps de Charles V,
comme le dit formellement Raoul de Presles. 11 ajoute comme preuve de ce fait que,
lorsque l'église de Saint-Majjloirc fut transférée au lieu où elle est «à présent» (c'est-à-din-
en iSyi), elle était dite «près de Paris.»
A ces détails succède une digression sur le château des Bégaux, ou Bagauie», à Saint-
Maur-des- Fossés, et sur les chrétiens Amans et Ilélien qui y furent assiégés et pris par Maxi-
mien Hercule. Puis Raoul de Presles nous apprend qu'au temps oiî Jules César vint à Pari»
il y avait en France trois espèces de gens, les Druides, les Chevaliers et le peuple. Il nomni*-
Ics principaux loiiq)les des Druides : Montmurlre , dit alors le temple de Mercure, Courl-
Demanchc (près Pontoise) et Montjaout (montajjne près de Magny, dans le Vexin français).
Raoul de Presles répète ici ce que l'on a vu dans le passage de la Muse rapporté plus haut.
savoir (pie le mont de Mercure perdit son nom après le supplice de saint Denis et de ses
conipaj;nons, et prit celui de Montmartre. A ce propos, il parle de trois églises qui au-
raient été fondées à Paris par saint Denis : «la première, de la Trenité, en l'église où est
«aouré à présent saint Bcnoist, et y mist moinncs; la seconde. Saint Estienne des Grieui,
«qui par corrupcion de nom est appelée Saint Estienne de Grès, et y fist une petite chap-
« pelle où il chantoil; la tierce, Notre-Dame des Champs, en laquelc église il demouroit,
«et y fu prins. » L'abbé Le Beuf a dit ce qu'il fallait croire sur la prétendue fondation de
ces trois églises par le martyr saint Denis'".
Raoul (le Presles lemunc par un extrait de Geoffroy de Monmouth, dans lequel il est dit
(ju'il y avait en France, au temps d'Elie, douze pairs qui étaient «pareulz en dignité.» Il
y est également question, au temps d'Isaïe et d'Osée, d'un prétendu roi de France nommé
Aganipj)us, qui avait épousé la fille d'un roi d'Angleterre nommé Leyr'*', et qui alla réta-
blir son beau-père en son royaume. Raoul de Presles conclut de tous ces témoignages que
«Paris a esté f(mdé merveilleusement longtemps avant Valentinien.» Tel est, autant (jue
nous avons pu le montrer dans une rapide analyse, le commentaire de Raoul de Presles
sur l'origine des Français et la fondation de Paris.
e
Ce commentaire a été souvent cité par les historiens de notre Ville; quelques-uns nuWu
ne se sont pas fait faute de se l'approprier, sans dire où ils le prenaient. C'est ainsi que Guil-
lebert de Melz y a puisé la matière des onze premiers chapitres de sa Description de Parié.
en se contentant d'y faire quebjues additions insignifiantes. Pour nous, nous n'avons pas cru
'"' Hitt. de lit ville et de toul le diocèse de Pari* . '*' Le roi Lear. (Voir plus loin, p. t lô, b oole
1. [, p. ato, 995, 99g. explicative.)
iMkèl
MauuscriU
He U CAté d* Dim.
96 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
devoir nous contenter du texte de Raoul de Presles, cité ou reproduit généralement d'après
les extraits que Lancelot en a donnés dans ses deux mémoires sur la vie et les ouvrages de
cet auteur; nous avons tenu à remonter aux sources mêmes. Nous avons donc consulté les
manuscrits de la Cité de Dieu que possède la Bibliothèque impériale; et nous avons pu nous
procurer un texte plus complet, plus exact, quant au langage employé du temps de Raoul
de Presles, que le texte donné par Guillebcrt de Metz. Pour faciliter la lecture, nous avons
cru devoir reproduire en marge les titres mis à chaque chapitre dans ce dernier manuscrit.
La traduction de la Cité de Dieu a obtenu pendant plusieurs siècles un immense succès.
11 suffit, pour en être convaincu, de savoir (|uc les manuscrits s'en multiplièrent à l'infini,
et l'on en conserve aujourd'hui un assez grand nombre d'exemplaires dans les bibliothèques
publiques de Paris, de province ou de l'étranger, et même aussi dans quelques collections
particulières. Plusieurs de ces manuscrits ont appartenu soit aux princes de la Maison de
France dont ils portent les armoiries, soit aux grands seigneurs du xv* siècle, les plus amis
des arts et des lettres'". Le Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque impériale possède
quinze de ces manuscrits, dont la majeure partie est sur vélin et ornée de superbes minia-
tures. Le plus précieux de tous est celui que l'auteur présenta lui-même à Charles V; il
faisait partie de la bibliothèque du Louvre. Après avoir passé en Angleterre, quand le duc
de Bedford y transporta la collection formée par Charles V et Charles VI, en i43o, ce ma-
nuscrit était, au xvui* siècle, la propriété de Gaignières, et revint à la Bibliothèque royale
en 1711, avec la célèbre collection de cet amateur'''. C'est un livre magnifique, du vélin
le plus choisi, format petit in-folio, divisé en deux tomes, relié en maroquin rouge, aux
armes de Gaignières; il est écrit sur deux colonnes, par un calligraphe des plus habiles,
et orné de vingt-deux miniatures exécutées par deux mains très-différentes. Celles qui sont
en camaïeux sont des plus remarquables; on en peut juger par \e fac-similé d'une de ce»
miniatures placée au commencement du tome premier, et que nous donnons ici : Raoul de
Presles lui-même y est représenté offrant son livre à Charles V.
'•' Vqici un exemple , entre autres , du prix que les
princes eux-nièiiies attachaient à la possession d'une
copie de la Cité de Dieu. tLc duc Louis d'Orléans,
(Tcet ami des poêles , des chroniqueurs, des Iraduc-
tr leurs , qui achetait beaucoup de livres, qui en fai-
trsail exécuter avec luxe et en recevait du Roi, ne
ff dédaignait pas d'en emprunter : en 1898, il fait
f payer aux écoliers du collège de Presles dix francs
«pour le prest et louage d'un livre enfrançoi», nomme
trie Livre de la Citède Dieu, qu'ils presterent aMon-
vgeigneur le Duc, pour certain temps, pour y étudier
itet d'iceluy faire sa volonté. Il n'empruntait sans
rdoute cet exemplaire de l'ouvrage de saint Au-
rrguslin, traduit par Raoul de Presles, que pour le
tr faire copier, comme plus exact que les autres.»
(Hist. litt. de la France, t. XXIV, p. aoo.)
'*' François Roger de Gaignières , gouverneur des
ville, château et principauté de Joinville, a été un
des collectionneurs les plus intelligents de son époque ;
il était né en i633 et mourut le 37 mars 1715. Il
avait employé son temps et sa fortune à réunir une
collection considérable de peintures, de desuns,
d'estampes, et principalement «le manuscrits rela-
tifs à l'histoire de France. Par un acte notarié du
1 9 février 1711, cette collection fut cédée au Roi .
moyennant une rente viagère de 4. 000 livres et
3/1,000 livres argent comptant, dont ao.ooo livres
payables après la mort de (îaignières, qui fit preuve
d'un grand désintéressement, car les richesses ar-
tistiques amassées par ses soins valaient bien davan-
tage. ( Voyez , sur Gaignières et sa collection , l'ou-
vTage de ^L Hennin, Les manuscrits de l'histoire de
France, catalogue des productions de la sculpture, de
la peinture et de la gravure, relatives à l'histoire de la
France et des Français , Paris, i856-i863, in-8*,
10 volumes, 1. 1", p. 267.)
DESCRIPTION DE PARIS SOUS CHARLES V. 97
Indépendamment du manuscrit du fonds Gaijjnièrcs, n* 1 879, la Bibliothèque imiH^riale
possède, avons-nous dit, quatorze manuscrits delà traduction de la Cité de Dieu , par Raoul
de Presies. Kn voici l'énumi^ration, à lar[ucile nous avons ajouté quelques détails sur le» nluc
remar(|ual)les d'entre ces manuscrits. Les dix premiers ont été décrits dans les deux pre-
miers volumes de l'ouvrarje bien connu que M. l'aulin Paris a publié sous ce titre : Les
Manuscritu français de la lhl/lwtliê(jue du fini, leur histoire et celte des textes allemand», anfrltiiê,
hollandais, italiens, esjmfrnols de la même collection , Paris, 1 836-1 848, in-8% 7 volumes.
1° Ancien fonds français, n° 17 [Olim, 6712). Manuscrit du xv* siècle, divisé en deux
tomes, dont le premier seulement nous est parvenu, orné de très-belles miniatures; il a
été fait pour Louis de Bruges, seigneur de la Gnithuyse. (Voyez M. P. Paris.)
•i° Ihidem, n™ 1 8 et 1 9 [Olim, 6719'* et 671a'). Manuscrit in-folio, à deux colonnes,
de la dernière moitié du xv* siècle; magni(i(|ue exemplaire, relié en maroquin rouge, aux
armes de France , et provenant de la l)ibliothè(pic de Messire Charles-Maurice Le Tellier,
archevéquc-duc de Reims. Ce manuscrit a été décrit par Lancelot, dans son mémoire sur
Raoul de Preslcs.
3° N"" go et 3 1 (O/j'm, 67 1 3 et 67 1 A). Manuscrit in-folio à deux colonnes, du xv* siècle,
relié on maroquin rnugo, aux armes de France. Acquis pour Pierre, duc de Bourbon, (p-and
sénéchal, et mari de la fille de Louis XI, Anne de Beaujcu, ainsi que le témoigne une
quittance du 1" mars 1^87, jointe au premier volume.
4* N° aa (0/i'm, 6716). Fin du xv* siècle. Incomplet.
5° N" aS et a4 (0/i'm, 6716* et 6716'). Manuscrit in-folio h deux colonnes, du com-
mencement du xv* siècle, suivant M. P. Paris.
6° N"* 3 5 et 36 [Olim, 6715'*" et 6715'-'). Manuscrit in-folio h deux colonnes,
xv' siècle.
7° N" 37 et 38 {^Olim, 6715 ' et 6715°). Manuscrit in-folio à deux colonnes, fin du
xiv' siècle, suivant M. P. Paris. 11 est relié en maroquin rouge, aux armes de Colbert sur les
plats, avec ses initiales au dos du volume (J. B. C). Ce manuscrit offre de belles miniatures
et de larges encadrements, sur fond d'or, ainsi que des initiales alternativement en or et en
couleur.
8° N" 170 et 171 [Olim, 6834 et 6835). Manuscrit in-folio à deux colonnes, xt* siècle,
relié en maroquin rouge, aux armes de France. M. P. Paris pense que ce manuscrit pourrait
bien être celui que l'on voit décrit dans l'inventaire de Charles V, n" 1 98 de l'édition de M. Van
Praet, et (|ne Cilles Mailet avait, en i38(), remis au duc d'Anjou. Ce dernier prince l'aurait
emporté en Italie, et, depuis, la Cité de Dieu aurait passé dans la bibliothèque des Vi.sconli.
9" N" 17a et 178 [Olim, G836et6837). Manuscrit in-folio à deux colonnes, xVsii-cle,
relié en maroquin rouge, aux armes de Béthune (ancienne bibliothèque Béthune). M. Paris
a fait remarquer, après Lancelot, la fausseté de la note écrite sur la première feuille de
garde des deux volumes. Ce n'est pas là l'exemplaire offert à Charles V.
1 0° N° 1 7/1 (O/ùn, 6838). Un seul volume in-folio, incomplet, relié en maroquin rouj^e.
aux armes de France. M. P. Paris a retracé les nombreuses vicissitudes de ce volume.
11° N° 910 [Olim, 7370). Manuscrit in-4", sur papier, xt* siècle.
1 3* Fonds français, n° 637 1 . Un volume in-folio, à deux colonnes , sur vélin , xit* siècle.
Provient de la Saintc-Chapolle de Bourges.
nisT. — I. iS
98 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
i3° Ibidem, n° 6079 [Olim, S. Fr. 15/49). Vo'"™c in-folio, à deux cofonncs, roMé en
veau antique, xiv' siècle, incomplet.
tti' Fonds français, n" i5/ii 1 et i54ia. Manuscrit in-folio du xv* au xvi* siècle. Le
premier volume porte cette note : «Ex bibliotheca ross. Coisliniana, olim Segueriana,
tquam Illust. Henricus du Cambout, dux de (ïoislin, par Francise, cpiscopus Metensi.s, etc.
«tmonasterio S. Germani a Pratis legavit anno u.dcc.xxxii. »
La bibliothèque de l'Arsenal possède trois exemplaires de la traduction de la Cité de Dieu
par Raoul de Presles. Nous ne citerons que le manuscrit coté Th(''ol. Fr. 35. C'est un vo-
lume in-folio maximo, relié en maroquin noir; il est en vélin, écrit sur deux colonnes, et
paraît être du xiv* siècle. Cet exemplaire a appartenu à Gilbert, comte de Monlpensier et
dauphin d'Auvergne de i486 à 1^96 : on voit la signature de ce personnage sur le folio
de garde, en tétc du volume.
La bibliothèque de Sainte-Geneviève possède encore un manuscrit de l'ouvrage de Raoul
de Presles, qui mérite d'être signalé. C'est un volume grand in-folio, écrit sur vélin, à deux
colonnes, vers le milieu du xv' siècle. Il est orné de vingt-deux miniatures, cinq grandes et
dix-sept petites, placées au commencement de chaque livre. Elles sont d'une exécution re-
marquable, surtout les grandes, (jue l'artiste a divisées en plusieurs compartiments. Les
pages sur lesquelles se trouvent les cinq grandes miniatures sont ornées au.ssi de riches bor-
dures en or et en couleurs, au milieu desquelles on lit, répétée deux fois, cette devise : Vi
Hativet^ m'a brvl^. La même devise est repétée quelquefois sur les bordures, ù mi-page,
qui accompagnent les petites miniatures. Ce manuscrit appartient à la bibliothèque Sainte-
Geneviève depuis l'année 1717. La reliure, en peau de truie avec fermoirs et coins de
cuivre, très-solide, est moderne, ainsi que l'étui en chagrin noir qui renfenne ce beau
volume.
ùiUoiis imprimik^ L'ouvrage de Raoul de Presles a été imprimé deux fois : la première, dans l'année 1 486,
I» cw rff nirv. en deux volumes in-folio goth. sur deux colonnes; c'est le plus ancien livre sorti des pressjes
d'Abbeville; la seconde fois, en 1 53 1 , à Paris, chez N. Savetier, in-folio goth. (Voir Brunel,
Manuel du libraire, etc. au mot Augustinus.) Nous avons pris soin decollationner notre texte
sur ces deux éditions, qui se trouvent à la Bibliothèque impériale; sauf deux variantes que
nous avons indiquées, le texte en est conforme à celui des anciens manuscrits.
v-Tç.':''^
n
Wz
in lit
'"Hl
[5ômw^Sitëntpncr. (CJïur
lUelf (|iir Koj» îr ftatr.^f Ka
joui» pwcUtô vie t)ùbU fer
lutteur et Ûnrt.cûUtiDÛmi
)ur(r^ if ûr ipms taur aDir einàû'
met ttpn OTûtoo W)tp Ceijjnair.teeua
Ituuà; cCômc pl_T>nf..wlm.3nih)tr.T3f
rît jftautee quiôitt i ce lûuT» fwy)«rî
^Tft clpCre.mrttft Uiiglf ïDp Cb mictmn
îtiou> les orfuuit>A?t mtrrCœpioivtf '*
îDtdlrapluftiuBhfatiUjuft.m.pîia
|Mip(ldîTrnuftr ciït} cUf (curiTiotitr
2 foniDltou; mtivô ouiaiirijjjiî t'f
(Dnùf q cUf iPffît^Outttrinftmôflc
cWlt Cblal(|pnRcnr ^ ffô 6io m cUr
p2cuuf.^t(tu9q'nf itumt nigiiiter le
Coleu plamenirt fàô flmjiîlfUf us gtttr
Id» ctfo 11 np (t utnirl^Qifrqiir im Piê
«fUtu:ttnnàgtnf(baivlutittS4Jrnvp
mfôblfqunrU»})iu8niu;rv'|ttingifr
m pluôjpieiiièraïuilZEtom lœottrur
îrldrtrrgliA\(^inaltnffftJl3jluVj»nii
tiuf(jamàf.é.aujîiidx,|J^faîpinmr
met c la îamne k la fonïn la œu Aita
noiiouirpiolution îeemttw.vf II la îr
ciaiîition ce lalwioite tnmtr.^Duqô nfe
ÎPtou? ;mîr totnu» îr legliûr pnutuif
nccDlaûluut.ne tiôtppua ùhiultrmt
a «$ cipO» en Cnffliff ■îPdairi.etfnnmi \%lxJj^
ftirr. CÎJty offonr If» luntg ttftnomgs ^ «i nir»^^
•ttmcppdnpIrHUbqttrufia.iH.miUf /c^TTv
U)Uuiies. *f t que (tUu mmt (|a|frnne
que tom icô luuï»u<ut leiw.i£|ètn)n'
irnicM.mcrquejlcecputt cniKtmtt
le tolni .Cansfteehir.vîirit alTauoir la
Itnoitrmjutr.iftaiatraitié |our en
aumr la ocgiunOiincr OicdU. û haïutr
mtiuctripnfbnîcmmt que nuieâr*" |
Dm ftrmirf.nrapni ufnir ûpftiuitinr
©mmc U a iiiit.r(Jâaï« oeimne tit
en ce q ue au(t aftmuf lax^ pzouu"
Ccs6\on.s et grttr oué qui ne puecut jbj
îr bioitirgautr utoieiiXufli niouf 6
auguûntAfeuequi neufuleuttrgïtrùT
îuTttnnentlfumf'Colai.^fnhu&uoir
laituoite mmtr.rt la viau-for cu^
cnue.toneumci'.roHime fou'tlœlr
Initnp Co ut il eu iu cr p lufim w niam
eirs.nio? onidm'etirpianieûiptifv
ctcoumupneî.i^iannnir il tiH^JÎ
Cc8 linifô qur u ûft. vf ontia fauftum.
OTontui luauitipos ;e lr«*nbv (Pte u
pluCaiiçauhiv.Uun».qui ùiut aCTe '" |
nottmiw- <r't aitrluur nietfiufe tr
la ate cr oiru.î(jjftjur utb cames tout
aulti cmiinie nionr.è.ielttu leuà^c
liftr.punr que aconipiifti Ccntt pr
tentrnict ix la oiuinitr.q niUi tr?au
tiïDenangelifttseft ccnn}uir al aigle,
ptimllenient niouf.é au^iihn àxx
icc îomi » œ Icçùlif i> nutme rpiut î
îDiteihrojuîpiir.ftrlauif iiar auCTi
oôtue laigie ctT irputrRor iCouneuii
ire oifiaur Uçpta^ ur. qut uir biêtxnif 1
or ajuûcnf.tautr a auue et mjauV xrk
luim- uani iitr, la ti o li leiir et tpaaiir
oruie _p lôimp.»ft ni ap«« uie êhu a* et
omtimielr ttnipkitu)n.tft-{uetoiitw
i.jMBB»iii,ii>-vv5ZJ:;j..*jj
RAOUL DE PRESLES offrant sa traducUon de la Cité de Dieu au ro: Charies
Ficsimik de Upt&mère paae du Ms de k BM btfHf tonds Caaoténs.F !Si
DESCRIPTION
DE
LA VILLE DE PARIS
sous CHAULES V,
PAR
RAOLL DE I»Hi:SLi:s.
(tHADL'CTION DK 11 CITÉ DE DIEL , LIVRE V, CHAPITRE XXV.)
lieriiardits (imdonis'^\ en son calliaiogiie que i) fist des papes, des emiiereui"» et
des roys de France, ou xli" chapitre du cathalo{jue des empereurs, lequel parie
de Gracien lemj)crcur, dit que ce Gracien fut occis des Parisiens a Lyons par
ceuls qui estoient soubs le gouvernement dun de leurs dux appelle Merohaudus,
et pour ce estoient appelles Merobaudi. Et par ce il semble que ou temps de Val-
Iciilinioii oust ja a Paris ducs et gouverneurs. Et pour ce que nous sommes a
' ' Bemardus Guidonis, religieux dominicain, in-
quisiteur delà foi h Toulouse, puis évoque de Tuy,
en Gniicp.pl de I.wlt^'vc, en Longuedoc. dtail né en
i-jOo. dans le Limousin. Élu, en 1817. procureur
{fi'iierni de son ordre h la cour d'Avifjnon. il fui
cliarjj»? par le Pnpe de plusieurs uj'gociation» \w\i-
liqiics en Italie ri en Allein.ijjne, ce ([ui pi-ouve que,
dans In cpieivlle qui divisait nloi-s Louis de llnvit>rp
el FrAlf'ric d'Autriche, il avoit pris [wrli pour ce
ilernior (pie soutennit <<iier(ji(pieiuent Jeiui Wll.
(iuidonis étiiit diinc l'iKhersaliv de Jcnu de Jaiidun.
Plusieurs de ses nombreux ouvrages ont été publiiis
pur Uiiliize, le P. Lal>l)e. Fr. Iloscpiel. .Siiriiis, (Jis-
tel . Doiu Martèno . les ISolhiiidistes. les continuateurs
del). llouqucl. etc.; les autres, i-esles.i léUitde ma-
nuscrit et conservés ou couvent des frères pr^beur*
de Toulouse , sont ODJourd'hiii dispenÀ dans plu-
sieurs bibliothèques. Ceux qui offrent quelque iolérêt
historique et que Raoul de Presies a dd eonsalter
sont: une Chronique dt* mmvtrmu Fmtt^, itfmù
J. C. jusqu'en tSSi ; une Dettriplkm de* Gamlm et
origine de Im mentrehiejraneoite ; une Gàtmiogit êm
comte» de Ttmkme; un livn> de la FtnJMim il
l'ordre de Grandtmmt; un Traite tknmla^ifu dtt
roncHe» gàtdnmx; les Kiit de mmU FiUtnm, de mumt
Tlioma» tTAqm» , dm ptpm Oimnt V tt Jetm XXII ,
et un Traité chronologique dit ctmtUmgitmwur.Snn
Truite de la paurrrtr dt J. ('.. contre le* FmtrieiUtÊ ne
laisse aucun doute »ur \a [tort qu'il prit i la lullr
dans laquelle succomba Jean de Jamiun.
i3.
100 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
l'orine''' des François et du temps de la fondacion de Paris^^\ et aussi des ducs et
roys qui premièrement y habitèrent, nous en parlerons un pou, selon ce que nous
en avons peu veoir et sentir par les croniqueurs qui ont trailié ceste matière, si
comme Helinant^^\ Bernardus Guidonis, Gnillermus Annoricanus'^^^ maistrc Hue de
Saint Victor ^'"^ et ceii qui fist la division du monde qui se commence In exordio
rerum, lequel croniqua comme fist Vincent <'>, et dist moult de choses singulières
''' Orine, origine.
'*' Les six premières lignes du texte de Raoul de
Prestes n'ont pas élé reproduites par Guillebert de
Metz, qui commence son rëcit aux mois imprimés
en italiques.
<'' On connaît deux ëcrivains, presque contem-
porains, qui ont j)orté le nom d'Hélinant. Le pre-
mier, selon M. Barlbëleniy Haurdau , a|)partenait k
l'ordre de Cîteaux et aurait vécu dans le xu' siècle;
il serait auteur d'un Commentaire sur l'Apocalifpte et
de quelques gloses sur \ Exode. Le second, né dans
le Beauvaisis et mort, suivant Dom Brial, après
l'année i aag , fut d'abord poète de cour, puis moine
à l'abbaye de Froidmont. On connaît de lui des Vert
sur la mort, des Sermons, trois opuscules intitulés
Flores Helinandi, et une Chronique, insérée par Tes-
sier dans ie Bibliotheca Cisterciensis. Dom Brial con-
sidère ce dernier ouwage comme dénué de tout
intérêt; il supjwse, d'après le catalogue de la bi-
bliolbèque Cottonienne , qu'on possède en Angleterre
un manuscrit de cette chronique plus étendu que
celui de la bibliothèque Cistercienne. ( Uist. litt. de la
France, t. XVIII, p. 91.)
'*' Guillermus Armoricnnus, (îuiUaume le Bre-
ton, chroniqueur et poète célèbre, naquit en Bre-
tagne entre les années 1 1 65 et 1 1 70 ; il survécut
au roi Louis VIII, mort en laaô. Devenu clerc ou
chapelain de Philippe-Auguste, il suivit ce prince
dans plusieius de ses ex])édilions, fut envoyé à
Rome pour obtenir la dissolution du mariage conclu
avec Ingeburge, et fit l'éducation d'un (Ils naturel
du roi. Ses ouvrages sont : La Pliilippide, poème
épique de plus de neuf mille vers, composé de 1 9 1 8
à 193/1, et oij sont racontés tous les événements
importants de la vie de Philippe II; Les Gestes de
Philippe-Auguste, chronique en prose faisant suite
à la vie de ce prince, écrite par Rigord. Ces deux
grandes compositions , fort remarquables pour leur
époque, ont été imprimées dans plusieurs recueils
historiques, et notamment dans le Scriptores rerum
gallicarum.
•'' Hue de Saint Victor, Hugues de Saint-Victor,
moine de l'abbaye de ce nom à Paris, oii il mou-
rut en 1 1 & I , occupe dans l'histoire littéraire du
xn* siècle un rang égal à celui de saint Atisebne et
de saint Bernard. U doit cette gloire autant à ses
écrits qu'à l'éclat de son enseignement. Ses ou-
vrages, imprimés successivement à Paris, en iSaC,
i Venise, en i588, i Mayence et è Cologne, en
1617, et enfin h Rouen, en 16&8, sont des plas
variés : In nomenclature qu'en donne Fabricius ( Bibl.
Itfl. médite et injimœ œtatii , t III, p. 3oo et seq.)
occupe plus de quatre colonnes ; mais M . Bartbéiemy
Hauréau a fait oliserver que les derniers éditeurs,
■'gens d'un faible discernement,') ont entassé pèle
niéle dans ce recueil, sous le nom de Hugues de
Saint-Victor, les écrits de divers autres écrivains, et
notamment ceux de Hugues de Fouilloi. Sa chro-
nique, citée par Raoul de Presles, parait avoir été
continuée par Albéric de TroU-Fonlaines. (Voyei
Fabricius, liibl. med. et injim. latin, t. II, p. 3o9,
et YHist. litt. de la France, t. XII, p. 67.) Ce der-
nier recueil classe la clut>nique de Hugues de Saint-
Victor parmi les ou\Tages inédits.
'*' Vincent, Vincent de licauvais, savant domini-
cain français, né vers 1 190 et mort vers 1 964 , fiit
honoré de l'estime de saint Louis, qui l'encouragea
dans SCS travaux. Ses ouvrages sont de vastes com-
jiilations pleines de science, mais dépourvues d'o-
riginalité; il leur a donné uniformément le nom de
Spéculum. Le Spéculum historiale, traduit en 1 h^h
par Jean du Vignay (Paris, 5 vol. in-fol.), est on
recueil d'extraits faits chez les historiens et chroni-
queurs; le Spéculum naturale offre, dit Fabricius,
trois cent cinquante noms d'auteurs grecs , latins el
arabes; le Spéculum doctrinale traile de théologie , de
philosophie et de politique. D'autres ouvTages lui
sont encore attribués ; Daunou en a donné la nomen-
clature dans le t. XVIII de l'Hist. litt. de la France.
La recherche des sources du Miroir historial, mise
auconcoiu^en 1 836, par l'Académie des inscrip-
tions, a valu un prix à M. Boutaric.
DESCRIPTION DE PARIS SOUS CHARLES V. 101
et ne se voult nom ruer (''; Hugo Fhnacengis^'^\ et Orote, en son Ormestet", et plu-
sieurs autres (jui cm ont parl/î diversement et en diverses manières. Le» uns
trcuvent que, après la destruction de Troyes, Antenor se parti avecqucs xn mill»*
de ses gens on xxn nefs, et vint jusfjues en Pannonie, qui au jour duy estappeil<-e
Hongnerie W. La , es Palus ou Mares qui se appelloienl Meotides, ediflTicrent une cité,
laquelc ii appelleront Sicainbre, la ou a présent a une cité qui est appellée Bude;
et y demeurèrent longuement et mullciplierent en grant gent^.
Or avint que ou temps de Valleiitinien, unes gens que len appelloit les Allains,
qui estoient venus de Saxonne '*\ se rebellèrent contre les Rommains; les quiex
''' Nous ijjnorons quel est ce chroni(jueur «qui
ne se voult noinnicm cl dont Raoul de l'rcsles lui-
ruéuic ne coiiimissuil piis le nom.
''' Ilufto Floriucensiii , llii{jucs de Sainte-Marie,
moine de Ficury, mort vers 1 1 ao , est auteur d'une
(•lironi(|ii(' inlitiili'c llisloria ecelesiaslica , qui a élé
ini|ii'iiiiéo à Munsler en iG38, ot fait jiurlie du
t. IX des Scriptores de Pertz. Son traité De jiotentale
rcjjali et snccriUttnli (ligniUilc , piihlii- par Italuze dans
le t. IV de ses MiscdUinen , est une apologie très-
vive de l'autorilt' des rois, et fuit ainsi de Hujfues
de Fieury l'un des précurseui-s de Jean de Jandun.
'"' Paul Orose, historien et lh(?olojjien latin, né a
Tarragoneen Kspagno, vivait dans la première moi-
tié du v'siècleaprèsJ. C. 11 fut l'ami de suint Augus-
tin, de saint Ji'i'Aino, et fadvei-sairc de Pelage. Son
principal ouvrage est l7/o»7«c«(rt, vaste compilation
historique en sept livres, sans valeur réelle, mais
précieuse conmie monument de la langue et de la
littérature latines au \' siècle. Lu donnée de celivi-e
est h peu près la môme que celle du De civilale Dei,
et l'on s'e\pli(|ue cette ressemblance en se rappelant
que Paul Orose reçut . pour la composition de son
œuvre, les conseils de saint Augustin, lui pi-ésence
des malheurs qui accablaient l'empire romain et que
les païens allrihuaieiit à l'abandon des Dieux de la
|)alrie, Orose chcrclie, comme son mailre, à établir
que les calamités humaines sont de tous les temps,
et (pi'on n'rst heureux (pi'au ciel; celle pensée est
le seul lien (pii unit les laits historiques entas.s<'s par
l'auteur. L'œuvre de Paul Orose, ti-ès-goi^lée au
moyen ilge. a été souvent imprinn'e et traduite. F,es
manuscrits la <lésignenl sous divers tili-es : llisinria
adversHx Pniramntm rnhimninit; De rliiMbus et mi-
seruK muniU : llormesta , Ormeslaou Onniftn. Selon
certains crilicpies, celle dernièiv appellation serait
la meilleuiv; on a même prélendu qu'elle uiuail
été formée de trois mots : Or. m. Ula, abrétialiom
de Orom mundi hisloria.
'*' Les chroniqueurs que Rooul de Presles prr>n(i
pour gnid(?s font suivre h Anténor une route toute
différente de celle que lui assigne Virgile, inteqiriie
des traditions qui s'étaient |>eq)étuées jus<[u'à lui.
Selon [Enéide, le prince troyen se serait embarqua
après la prise de celte ville, et aurait abordé sur le
rivage des Vénales. Gagnant alors finlérieur du pajr*.
il aurait fondé une ville qui porta d'abord son nom,
Antenoris urbem, et qui depuis fut apjiciëe Pala-
vium, Padoue:
Aotcnor potuit, mediii elapnit Acfaim,
lllyrico* prnetrare sioui, tique ioUau latq*
Régna l.iburnarum et rooleai mpuut Tinuri,
L'nde per ora DOTem tuIo cnm murmare roontii
It mare proniptnm , el ptUgo premit irTa lonaiili.
Hic Umeii ille urliem PaUri KdeM|ae loeani
Teacrorum , ot grnli uomen dedil, tiiDMiaa Siit
TroU.
(AmI. likl.f. itMif.)
'*' N'y ourait-il ps là imc vague réaiiiiiscenee
des émigrations des Kimris? On sait que ces p«i-
ples . chassés des bords du Pont-Ku\in par les in-
vasions scytbiques. fondirent sur l'illyrie. puis sur
l'Italie, et |HMiétrèrent ('gaiement dans les Gauk».
l'our <pie ce récit eût quelque vralsembiance. il
faudrait supposer que la petite flotte «FAntéMir
entra dans la mer Noin-, el remonta ensuite le
Danube jus<pi'à la hauteur de Bude; mai» la gi»-
graphie des chroniqueurs du moyen âge ett tmil
aussi en défaut que leur chronologie. Noot o'ca
voutoius |)our preuve qtie les Palus Méotidet (mer
d'AzoH qu'ils placent sur les liords de Flfleretca
pleine Pannonif
<*' l.<>s Alain> ti'ii.iiriii de Imiucoup plus loin;ib
erraient a\ec leurs troupeaux dans tes steppes qui
102 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
estoicnt diz Allains dun fleuve qui se appelle Lanus^", aussi comme les Ailemans
sont diz dun autre fleuve qui est appelle LemannusM, Et comme Vallcnlinien, qui
lors estoit empereur veist que ii ni povoist mettre remède, et sceust celles {jens
que Antenoravoit amenez, et qui la sestoient logiés, estre fors, puissans et liardiz,
et (|ui autre fois avoient résisté contre les Hommains, combien que il fussent lor
leurs tributaires, il leur ofl"ri a relachier leur Ireu par x ans, mais que il voul-
sissent mettre ces Allains en lobbeissance des Rommains. Lesquelz li accordèrent
et le firent. El pour ce orent remission par les x ans de leur truage ■' . Mais les x ans
passés il refusèrent a payer le treu; et pour ce les Rommains sappareillerent pour
leur faire guerre; et les François mistrent paine a eulx deflendre et resistei-, et
assemblèrent ensemble a tel dommage toutes voies des Francoys que a pou que ilz
ne recurent grant perte, si comme dit Sigiberl en sa cronique'*\
Autres croniques dient quil nattendirent mie Vallentinien, mais sen partirent,
et vindrent selon le Rin en Germanie. Et après sen vindrent vers Gambray et
vei-s Tournay et les prindrent; et de la en France et la conquirent.
Du
fmn
De ceste matière parle maistre Hue de Saint-Victor qui dit que aucuns deulz
furent diz François dun duc appelle Francio, qui estoit i bomme très puissant
en batailles.
Il y a autres oppinions plusieurs sur la manière de venir en Hongrie et de leur
département aussi, et quelz cliemins ilz tindrent, et queles terres ilz habitèrent. El
pour ce que, si comme nous avons dit, ceste matière chiet en m poins : lun de la
naissance des premiers François , desquiex descendirent les premiers roys de France;
le secont des premiers rois francois, et comment il emprindrcnt premièrement a
avoir seignourie et en quels lieux, et le tiers quant la ville de Paris fu premiere-
s'ëlendenl entre le Volga et le Tanau, lorsque les
Huns fondirent sur ce |)eu|)lc et l'entraînèrent avec
eux. Kn moins d'un dciiii-siccle le vaste empire des
Huns comprit tout le jwys situe entre la mer Cas-
pieiuie. la rive droite du Danul>e et le Rhin. C'est
ce que Raoul de Presles appelle la Saxonne, en con-
fondant les Huns avec les Alains.
''1 Probablement la Lahn, rivière qui naît en
Westphalie. traverse la Hesse, le ducbë de Nassau,
et tond)e dans le Rhin, près de Niederlahnstein.
**' Ce fleuve Lemanniu ne peut être que le RhAne ,
qui traverse, comme on sait, le lac de Genève, mais
qui n'est allemand qu'à sa source. Quant à l'dty-
nioiogie donnée par Raoul de Presles au mot Alle-
wiffHS, elle est des plus contestables; alleman signifie
littéralement : tout à fait honuue.
'"' Truage, même sens que treu, tribut.
' Sigibert, Sigebert de Gembloux , chroniqueur
né vers io.3o. dans la Relgique wallonne, mort en
1 1 1 '2 . au monastère des Réné<lictins de Gembloux .
où il passa la plus grande partie de sa vie, prit parti
pour l'empereur Henri IV dans la lutte cpie ce prince
soutint contre Grégoire VII. Sa Qrom'yi/c, composée
avec soin et assez purement écrite pour l'époque, a
joui d'un grand crédit an moyen âge; elle s'étend
de l'année 38 1 h 1 1 1 1 . Imprimée à Paris en 1 5 1 3
par Heiu-i Estienne. et h Anvers en i6o8, elle a été
reproduite par M. Uelhmann. d'après le mannscrit
autographe de l'auteur, dans le t. \'l des Scriplortt
de Pertz. avec les chroniques d'Anselme de Gem-
bloux, de Hugues de Saint-Victor, de Turpin, de
Olton de Frisingen. d'Hélinant. de Guillaume de
Malmesbury , etc. ( Voyez également \'Hisl. litt. de la
France, t. IX.)
DESCRIPTION DE PARIS SOUS CHARLES V. 103
riKmt c(li(Ti(5e, qui est le clicf et la plus princijmj ville du royaume de France;
nous cri dirons aussi comme nous avons dit de Komme.
Prins et retenu pour rcppetlé ce que nous avons devant dit : maistre iiue de
Saint Victor en sa cronique, et celi qui fist les croniques de France et la division
du monde en son livre (pii sappclle In exordio rerum, racomptent de lorine des
Francoys en ceste manière; et encores celi qui fist celle cronique In exordio rerum dit
(|iiil (Ml ,1 vehue une plus parfaite que celle de Hue de Saint Victor; et racomptent
(jue Francion, fds de Hector, qui lu filz Priant, et Turcus qui fu fdz de Troilu»,
qui sernbliiMement fu filz de Priant, roy de Troies, apr/'S la destruction dicelle
ville de Troyes, senfouirent et eschapperent avec très grant multitude de gens
(larmes. Et aussi s(^n partirent Helenus i adavineur'", lequel estoil aussi filz de
Priant,, et En(';e, le lilz dAncliisos, et que cel Helenus a tout nul et n'^ hommes vinsl
en Grèce et y fist j)liisieurs cliastiaux, villes et cités, et y dcujoura li et sa posté-
rité; et Enée sen vinst en Ytale et espousa la fille du roy Latin, et desconfit Tur-
nus, qui estoit roy des lUililiens. Et Francio et Turcus se divisèrent en n parties,
dont les uns suyvirent Francio, et les autres suivirent Turcus; et firent chascune
partie leur duc, cest assavoir les uns de Francio et les autres de Turcus'-'.
Turcus vint en Sace et y demeura et habita, et pour ce sont il encores dis Turs
de Turcusf''. Et Francio sen vinst en Hongrie, ou il ediflia la cité de Sicambre, de
cost('! les Palus ou Mares Meotides dont nous avons parlé dessus; et fu ou temps
de David. Et quant il y ot demeuré environ n cens et .\xx ans, le peuple quil a voit
amené crut par lole manière que il ny avoit pas assés lieu pour eulz habiter. Si
sen parti de la environ xxn" hommes pour quérir lieu convenable ou ils peussent
habiter; passèrent Germanie et le Rin, et vindrent jusques sus la rivière de Saine;
et avisèrent le lieu ou a présent est Paris. Et pour ce que il le virent bel et deli-
lable, gras et plantureux et bien assis pour y habiter, il firent et fondèrent une
cité, laquele ils appcllerenl Lutesse, a Inlo, cest à dire pour la gresse du pays. Et
fu edidiée celle cité ou temps de Aniasie,roy de Juda,et de Jheroboam, roydisrael,
vui'^ et XXX ans avant lincarnacion notre Seigneur'*'. Et sap{)ellerent Parisiens, ou
''' Adttvineur, devin.
''' Il y n dans tout cwi un indinnpn confus drs
fictions |)0('li(jiies mises en anivro jwr Viiifile et des
traditions ([u'nvniont |)ii laisser le souvenir des co-
lonies plH'iiiriennes. rliodiennes et phocdennes, aux-
(juelies le midi de la (!aule dut sn première civili-
sation.
'' L'auteur paroll avoir eu un vague pressen-
timent de rorijfiiie asiatique des Turcs. On ne
connaissait pas, au moyen Age, le Turkeslnn et
ce vaste plateau du Thiliet d'où sont descendues
tant de iiii{rralions. Pour les cbroniipieurs d'alors.
l'Asie Mineure était loiile l'Asie, el, grâce it Ho-
mère ainsi qu'à Virgile, dont on aceeptait les 6b-
tinns sans contrôle. Troie ^it rcganUe comiiie le
berceau de toutes les nations cunSpéennet. Quant
aux Francs, on ne voulait pas les oomidérar
comme apprlenant aux races germaniques, dont
C(<sar, Tacite, Anunien Marcellin, etc. ont fait un
portrait si peu flalt(<; on |)rëfl^it se raltaclMT »u\
peuples Iw'roïques chantes par FëpopA" grecque et
latine.
' (.a date qtie Raoul de Proie* aangne è «tta
prétendue fondation et aux migratio(u qui l'au-
roient précwléc rend toute
superflue.
Du nnm de Pan».
104 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
pour Paris le fils Priant, ou de Parisia en grec, qui vault autant comme hardiesse
en latin.
A quoy saccorde Guillermus Armoricanus en sa cronique quil fist de Phelippe
le Hardi, dit autrement Dieu donné ('', laquelle est appelléc PhUipica^*\ quant a
ce quil se nommèrent Parisiens, ou il dit en i ver que les Frans qui vindrent a
Lutesse sappcllerent Parisiens, le nom signifioit quil estoient hardis. Et sont les
vers telz :
El se Parisios dixerunt nominc Franci ,
Quod sonat audaces, elc.
Si fait il quant a celle première venue des Troyens a Paris. Car il recite et dit
que après ce que il orent ediffié celle cité de Sicambre, comme il feussent en mer-
veilleuses grant gent, et leur duc ou chevetaine '' , appelle Ybor, avecques xxii
mille de gens sen vinst quérir païs pour habiter; et ala tant que il arriva ou lieu
ou a présent est Paris; et pour ce que, comme dit est, le pays li sembla gras, y
ediffia la cité de Lutece, qui a présent est appellée Paris, lequel lappella de ce
nom Lutece pour la cause dessus dicte ^*'. Et aussi édifièrent plusieurs villes pour
habiter a lenviron de Paris, que ilz appellerent de ce nom; si comme Rueil en
Parisi, qui fu chastel royal et chief de chaslellerie, Cormeilles, Louvres, Roissi,
qui toutes furent nommées en Parisi, et Ville Puriste^'' ; toutes les queles retreuvent
encore ce nom. La demourerent et habitèrent paisiblement, jusques a ce que les
autres se partyrent de Sycambre, par la force de lempereur Valentinien qui leur
fist guerre pour ce que ilz ne luy vouloyent payer le treuage '*'. Et demourerent ces
"' Ces surnoms n'ont pas ëlë conserves à Phi-
lippe Il , né au mois d'août (Augustus), et plus parti-
culièrement connu sous le nom de Philippe-Auguste.
Quant à l'épilhèle de Hardi, elle a élé donnée plus
tard à Philippe ill, fds de Saint-Louis.
'*' Philipica. C'est le poënie sur Philippe -Au-
guste, par Guillaume le Breton, que l'auteur a déjà
cité au commencement de son récit. Voici les vers
dont il donne plus loin un fragment altéré :
Et se Parisios dixerunt nomine Grcco ,
Quod sonat eipositum nostris audaeia verbi».
PfluirnDM liber I.
(Hatmim iê Frtmtt, t. XVII, p. m.)
''' Chevetaine, capitaine.
'*' Raoul de Presles oublie de dire à quelle
langue appartient cette élymologie. Lutetia, a luto
dicta, ont dit les historiens venus après lui; mais
c'eût été faire parler latin les émigrants des (r Ma-
res Meolides.i II est vrai que Guillaume le Bre-
ton les fait parler grec, ce qui est un peu plus
vraisemblable chez des peuples d'origine troyenne.
''' Ville Paritie, ou riY/<r Pari$iœ , villes fondées
par les Parisiens. L'abbé Le Beuf a fait remarquer
l'exagération de tous ces détails. irCe n'est point,
n dit-il, dans les ouvrages fabuleux, tels que ceux
ffdont s'est seni Raoul de Presles sous le règne du
irroi Charles V, qu'il faut chercher l'antiquité de
«Louvre. Cet écrivain, voulant faire parade d'éru-
ffdition pour le temps auquel il vivoit. a mis dans
(rune de ses notes sur la traduction des livres de
•rsaint Augustin de la Cité de Dieu, au chapitre xxv,
irque Louvre en Parisis est l'un de ces lieux que les
rrSicambres avec Ybor, leur duc, édiCèrent en
irméme temps que Lulèce, Cormeilles, Roissy, et
iTCcla huit cent trente ans avant la venue de J. C.
rCe trait est bon pour ceux qui veulent se re-
r paître de fables." (Hitt. du diocèse de Paris, t. V,
p. 468.)
'*' Treuage, encore une autre forme dérivée de
treu, tribut.
DESCRIPTION DE PARIS SOUS CHARLES V. 105
gens de Ybor a Lulece et es parties denviron, avant que les autres Francoys y
venisscnl mil ii° un" et x ans ou environ, cest assavoir vni cens et xxx ans avant
lincarnacion et le rcmenant*'' apr<''s lincarnacion.
f^a manière du département fu (juc il se partirent soubz le gouvernement de
iir dux; cest assavoir Simo, Gerehaudus et Marcomirus. Simo et Gerehaudus sen
vindrent en Germanie, sur la rivière du Hin, et suhjufjuerent les Allemans et les
Turinjjues, les Belges, les Saxons et les Lorrains, prindrcnt Coulongne et gasterent
plusieurs autres villes, et demourerent en une partie dAlemaigne qui pour eulz
a a nom encores Franconia; et celle cronique nous avons vehue et leue, et est
moult notable et moult singulier ^^\
Aucunes croninuos dieiit que Simo, Gercbaudus et Marcomirus demourerent •>" »•■■*•<• •v-
en Germanie sans passer le Hin; et que la mesmes en Germanie fu fait Pliara-
mundus, (ils de Marcomirus, roy des François; et que, ajjr/'s ce que Marcomirus et
Simo furent mors, le peuple voult avoir roy aussi comme les autres pays; et eslu-
rent a roy ce Pliaramondus, fds de Marcomirus, lequel fu constitué roy en Ger-
manie, ou temps de Honorius lempereur, ou ix' an de son empire, nu cens et
XX ans après la nativité de Nostre Seigneur, et régna environ xi ans sans passer
Germanie t'''.
Et en son temps fu faite la loy sali([ue, dont nous avons parlé cv dessus, ou Cy
m" livre sur lexposicion du xxi'' chapitre. Et ce est assés croiable, car par le livre
BB^vHW W9 !■ IM
'■' Le remenant, le reste, du latin remanere.
'*' Il n'y n plu» h discuter aujourd'hui l'identittS
des Francs avec les Germains occidentaux que Ta-
cite appelle Isliwone*. Toutefois on doit, dans une
certaine mesure, tenir compte d'une tradition rop-
portéc |)nr Gri^goire de Tours , livre il , eh. ix , sui-
vant laquelle les Francs seraient venus de Pannonie.
Iknucnup (riiypotli(''ses plus ou moins ingdniiuses
ont élé billies sur ce |>nssage; mais on ne peut y
voir que le vague et lointain souvenir d'une émi-
gration leutoniquo. diMioiichant en Allemagne par la
vallée du Danube et la fon^t Hercynie. Ce qui fait
surtout (lôlaut Ji Raoul de Presles, c'est la chrono-
logie et la science ethnogra|)hique, qu'on ne soup-
çoiniail pas de son temps. Les Froncs n'apparaissent
sur le llliin que vers l'an 9/11 do notre ère, et, loin
d'être une nation d'origine grecque ou Iroycnne. ils
sont un mélniigc de peti|>ln(les germniups arrivi^es
depuis loiigtenqjs des hauts plateaux de l'Asie et
désignées sous les noms de Sicaïubre», Calte*. An-
griimrs, Hamnve», Hattervare», Bmcthet, U*ii>èlft,
Tcnclèreit , Ampuivares , etc.
IIIST. — I.
''' Toute cette généalogie pssait pour incontes-
table au temps de Uooul de Presl<>s. In siWe et
demi après lui, J. Tritheiiii , abl)é de .S|>anheiin,
près de Trêves, puis de Saint-Jacques de Wurti-
bourg, la reproduisit avec plus de détails dans too
traité De origine genti* Franeorum , imprime k k
suite du livre intitulé Compendnmt stM fcwwm»
chronicoruin de origine gentù et rtgum Fmeonam ti
Pippinum. ( Mayence , 1 .^ 1 5 , et Paris , 1 ôSg . in-M. )
Tritheim avait pris pour guifie le chroniqueur Hu-
nebauld, aticlor nulliut fidei, dit Fabriciu». L'ou-
vrage de llunebaultl a pour litre : liiÊtarimrmm «
hfUo Trojann utque ad Clodvm Itmform Uri XVlIf.
Tritheim ajouta douze livres à cette indigeste com-
pilation; il avait été. dit encore Fabridos, trotapé
par l'étiquette, et il croyait, en se faisant le eooli»
nuateur de iiunebauld . avoir affaire k un histo-
rien sërieux : TritketHiMi , tfh»iii» àKtfttê tkak,
et tolidum Fnmeonm UêtorïogrtflmmlnÊtlmtmum
dubitOM. . . ( Bibl med. et iit/ùm. «Ml. L III . p. ivj.)
Raoul de Presles est donc excusable d'avoir eu la
même confiance no siède et demi plus t6t.
106
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
mesmes de celle loy salique, il appert que elle fu faite en Aleniaingne par un des
plus {jrans, si comme nous lavons mis ou lieu dessus dit<'>.
Bu.ero„dr.«(;io.iio. Aprés régna Claudio son fdz, et fu ou temps de Theodosius le secont. Et fu le
premier roy de France qui passa le Rin et qui transporta dessa le Rin le roiaume
des François , qui paravant avoit esté en Germanie ; et conquisl Cambray et Tournay .
Après li vinst Meroveus , après la nativité Nostre Seigneur ini cens xlix ans. En
son temps commença la renommée des Francoys et des roys de France. Et fu si
vaillent et si ])uissant en son temps, que les Francoys furent appelles Merovei pour
sa vaillance. 11 commença a régner ou temps de Theodosius le Josne, ou xxv* an
de son empire, environ un cens l et ans après lavenement de Nostre Seigneur, si
comme toutes ces choses Bemardm Guidonis met en sa cronique.
Or est il voir que quant les autres François qui sestoient parti/, de Sicambre
sen vindrent a Lutesse, il leur vouldrent faire guerre; mais quant il sorent que
cestoient ceulz que Ybor y avoit amenés, et (jue cestoit tout i pueple, il sentre
firent grant feste, et demourerent ensemble paisiblement, soubs i roy et soubs
une seignourieW; et la ville qui avoit nom Lulcce il appellerent Paris, disant que
cestoit lait nom et ort que Lutece <'>.
A lopinion qui parle de Francio et de Turcus saccorde Baldericus, evesque de
Dol (*', en sa cronique quil fist du passage doultre mer, ou tiers livre, qui dit que
les Turs tiennent que eulz et les Francoys sont tous i peuple et partiz dun
pays (•'■>, et dient que nulz nest digne destre chevalier sil nest François ou Turc.
De Julius CoMr.
Encores pour demonstrer lancienneté de Paris, et comment elle est fondée dan-
'■' Voir, à la suite du livre de Guillebert de MeU ,
l'appendice relatif k la Loi Salique.
*' Il est presque inutile de faire remarquer que
les choses ne se passèrent pas aussi ir paisiblement, n
Loin d'accueillir les nouveaux venus comme des
frères , les Parisiens leur résistèrent énergiquement.
Les hostilités, dit un historien moderne, se con-
centrèrent durant plusieurs années autour de Paris ;
Glovis avait compris l'importance de cette ville, et
voulait s'en emparer à tout prix. Chaque printemps
ramenait les barbares du Soissonnais dans le Pa-
risis , et la belle vallée de la Seine était ravagée sans
relâche; mais les Parisiens, secourus sans doute
par les cités armoricaines , résistaient aussi opiniâ-
trement aux Francs que naguère les Arvemes aux
(îoths.
'*' Lait nom et ort ( ord) , nom vilain et désagréable ;
allusion à la racine du mot Lutèce, lutum, boue,
limon, fange.
'*' Balderieu*, Baudry, chroniqueur célèbre, né
vers le milieu du onzième siècle, à Meung-sur-lx)ire.
et mort en 1 1 3o , fut d'abord moine de IJourgueil ,
puis évèque de Dol en Bretagne. Il a lais.sé une vie
«le Robert d'Arbrissel. plusieurs poèmes, dans l'un
desquels il est question de la conquête de l'.Angle-
terre par les Normands, et une histoire de la pre-
mière croisade , dont le titre est : Hittoritr Hiem-
golijmilanœ libri quatuor. \j; fond de celte chronique,
qui ne comprend que quatre années , est emprunté
à Theudebode, dont l'ouvrage fait paKie de la
collection publiée par Du Chesne. Baudry avait
assisté au concile de ClermonI , oîi fut résolue l'ex-
pédition ; c'est pour cette raison qu'il s'en est fait
le narrateur. Son récit se trouve dans le volumineux
recueil de Bongars, Getta Dei per Franco» (Hanau,
1611, t. II), ainsi que dans le troisième volume
des HUlorievs occidentaux des Croitadet.
'*■ Dun pays, c'est-à-dire d'un même pays.
DESCRIPTION DE PARIS SOUS CHARLES V. 107
cienlé , il se treuve au Vl" livre (iaJulius Celms <"', De hello (Jallico, (lu(|U(;l Julius CeMr
list |)arti(!, que quant ce Julius vint en France; dt; par les HoniniainH, Paris t^sluil
habitée de {^cns grans et puissans, qui sappelloient Pari-siens; et tenoient la ciU'*
seulement, lacjuele estoit si forte pour ioi-s, et estoit tellement fermée dyaue, que
li niesnies lesnioiiigne que len iiy pooil passer; or est tout atterri par gravoyh,
li(!ns et autres ordures que; len y a dc^puis geté. Il fu longuement devant, car le»
Parisiens, qui estoient tout environ Paris et juscjues a Melun, avoient une telc cous-
tume que lantost comme guerre leur sourdoit'-' il venoienl tous a Paris a secours
pour estre plus fors, et ne leur chaloit du remenanl '".
Or avint (jue, si comme il faisoit siège devant Paris, et que tous les Parisiens si
estoient retrais et vuidié tout le remenant, il savisa de prendre Melun, et le prisl
de fait; et par ce fu seigneur de la rivière, et povoit venir assaillir de quelconque
part (piil li plaisoit. Quant il ot long temps esté devant sanz riens faire, il fist
s*>mblant (|uil se partisl et de lever son siège, et scn ala droit a Ville Juyve, (|ui a
droit parler est appellée Ville Julwe pour le corps saint de celle sainte qui y re-
pose**'. Et comme i appelle Gamulogenus, qui estoit de Rouen, auquel, combien
(juil fust ancien, estoit baillé pour sa vaillance tout le gouvernement des gens
darmes, leur dist que ce nestoit que faintise'*', et quil se gardassent bien <|uil
ne le poursuivissent, il ne le vouldrent croire, mais alerenl après et lataindrent;
et tantost ses gens quil avoit laissié en embuscbe vindrent et les enclorrent, et y
ot grant desconfiture. Et ce fu la cause qui pour lors les fist estre tributaires des
lîommains, car oncques homme ni entra ne ne la prist par force'''. Dont il fist le
palais de Termes, qui esloit ainsi appelle pour ce que la se payoient le treliuz
'■' Julius Celsiis, critique grec du va" siècle , connu
par une révision des Commenlntrcs de César, qui esl
j(tinle à plusieui's iiininiscril.s des Commenlnires. (V oy.
Schneider, Pelrarch. Ilisl. Jiilii CrFsnris, Leipzig,
1827, in-8°.) C'est pourquoi Hnoul de Preslc^s cite
ici les Commentaires de Ci^sar comme faisant partie
de l'ouvrage de Ceisus.
''' Soiiriloit , naissait, arrivait.
•'' El ne leur chaloil du remenaut, ils ne se sou-
cinieiit point du i-esle. Ile là lesulistniitif»ion-rAn/orr,
qui n éli' nhaiulomié [)nur In forme nonchalanct.
*' L'abbé Le Beuf s'est fort exercé sur l'élymo-
iogie de ce nom : On trouve, dil-il, écrit en fran-
çais, Villfjuif, Vilkjiiire et Villejuil ; en latin, vllln
Jud(Fa, villa Jude et villa Julittw. Quant <i lui, il
propose villa Gesedum ou ri7/rt Josedum, d'où l'on
aurait fait le pays de Josais ou Josas, le mot (le-
xedum , ajoute-t-il , désignant, dès le temps de Fro-
donrd , une pamissc de Paris. L'élyniologie de Uaoul
il<> Presles, moins cherchée ce|)endant que la sienne.
ne lui paraît pas acceptable, attendu que. dès le
xiv' siècle, il était faux que le corps de sainte Ju-
littc ou Julive reposât h Villejuif. Enfin rabl>é Le
lieuf repousse égolemenl l'hypothèse qui atlribuf
aux Juifs le nom de ce village : irll n'est pas certain .
irdit-il, que les Juifs aient demeuré en ce lieu.
irqu'ils l'aient presque entièrement acquis par \euv
ir immenses usures, et qu'il y en eilt (|ui y furent
«brûlés." {Ilisl. du dioeise de Paris, t. X. p. 87.
38, 39.)
<*' FttitUist , feinte , ruse de guerre.
<'' Sur cette expédition de Jules César, ou plulAl
de Labiemis. et sur la fondation du palais de*
Th<>nn»'s. on |)eut consulter l><imTous.<aint du Pl»-
sis , Noutellt* atmales de Paris, tte. p. h ; Mtmmn»
sur les muifùlîe gMt-rvmaimm 4» Péris , pvM.Jol-
iois , 1. 1", p. 85 ; Mnstiree jvvmmm ptr étetn eu-
ranU h rAetMmtittmttr^^limuitMhê ktUm,tlr.
Paris. 18&3. in-i*; et les travoux modernes de
MM. de Soulcy. J. Quicherat. Creuly. Boniier. etc.
Lintci'prctatioii du nom
des ni09 (le Paris.
108 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX,
aus ternies qui estoient ordenés^. Et adont les gens commencierent a ediflTier
maisons a lenviron de ce chastel et a eulx y lojrier; et commença celle partie lors
a estre premièrement habitée. Nencores ne depuis longtemps ne fu lautre partie
de Paris devers Saint Denis, la quele est a présent la plus grant, habitée. Mais
avoit partout forés et grans bois, et y faisoit len moût domicides.
Le marchié des bestes estoit par dessa la rue aus Bourdonnoys, ou lieu que len
dit le siège au deschargeur'*'; et encores lappelle len la viez place aus poursiaux.
Et a la croys du Tyrouer*'' se tryoient les bestes; et pour ce, a proprement parler,
est elle appellée la Crois du Triouer pour les bestes que len trioyt^*'.
Au carrefor Guillori estoit le pillori ou len couppoit les oreilles; et pour ce, a
proprement parler, il est appelé le carrefour Guigne orille W.
Et la boucherie estoit ou elle est a présent, comme tout hors de la cité, et ces-
toit raison. Et emprés, ou est Perrin Gasselint*', estoit une place ou len gettoit les
chiens mors, qui sappelloit la Fosse aux chiens; et encores y a il une ruelle qui est
ainsi appellée (^'.
'■' Cette ëtymologie plus que naïve prouve que
Raoul de Presles, comme l'immense majorité de
ses contemporains, ignorait le gi-cc. On sait qu'il
ëtait passé en habitude de latiniser ou d'omeUre
les mots de cette langue intercalés dans les auteurs ;
de là ce proverbe plus ou moins authentique :
Grœcum est, non legiiur.
''' La rue des Déchargeurs existe encore : elle
s'étend de la rue de Rivoli à la rue de la Ferronnerie.
''' La croix du Tyrouer, Triouer ou Trahoir se
trouvait h l'angle des rues Saint-Honoré et de
l'Arbre-Sec, à peu près sur l'emplacement de la fon-
taine actuelle.
'*' Variantes des éditions imprimées à Abbeville
en 1686, à Paris en i53i : «Et a la crois du crioir
ffcrioient les bestes; et pour ce est elle proprement
(rappelée la croùc du crioir, pour les bestes que l'on
tiy tuoit.» Voyez aussi Topographie du Vieux Pari»,
par M. A. Berty, 1. 1", p. 69, où sont citées les di-
verses manières dont ce nom a été ortliographié
depuis le xiii* siècle; l'auteur adopte, quant à l'éty-
mologie, la première opinion de Raoul de Presles.
*' Ce carrefour était situé au coin des rues de
la Vannerie et de la Coutellerie; Sauvai le nomme
carrefour des Recommandarenses. La rue de la Cou-
tellerie, qui y aboutissait , n'était connue au xiu* siècle
que sous le nom de Vieille oreille, Veteris auris;
c'est ce qui résulte notamment, dit Jaillot, d'une
transaction de l'année 1228, entre les religieux de
Sainl-Maur et rabl)aye de Sainte-Geneviève. Quant
h l'étymologie donnée par Raoul de Presles et re-
produite |>ar l'auteur des Tablettes parisienneë,
Jaillot ne la trouve pas fondée : «On coupoit, dit-
iril, les oreilles dans les carrefours, aux halles et
crantres places publiques; celui-ci pouvoit être un
irlicu patibulaire de la justice de Saint-Eloi ou de
irSaint-Maur; mais je ne vois pas que, ni dans notre
ir ancien langage, ni dans le nouveau, le mot gui-
"gner ail jamais signifié couper. Ce carrefour fut
irensuite nommé Guillori. l^c rôle de la taxe de > 3 1 .3
irnous apprend qu'un maréchal appelé Guillori y
irderacuroit; on trouve aussi un fief qui porte le
<rméme nom, ce qui aura sans doute engagé h le
«donner à ce carrefour.» (Reckerehes «w la tille de
Pari», quartier do la Grève, p. i5.)
'*' I>a rue Perrin Gasseiin formait la continua-
tion de la rue du Chevalier-du-Guet et aboutissait
h la rue Saint-Denis; elle a disparu par suite de
l'ouverture de la rue de Rivoli.
''' La ruelle dont il est question commençait à
la me des Bourdonnais et se prolongeait jusqu'à la
rue Tirechape, dans une direction à peu près pa-
rallèle à la rue Sainl-Honoré. Par sa situation hors
de l'enceinte de Philippe- Auguste, elle servait de
voirie. L'endroit a été nommé Marché aux pour-
ceaux. Plate aux chaU et Fosse aux chiens. Dès le
commencement du xiv* siècle, ce n'était plus qu'une
impasse. Une autre Fosse aux chiens existait fort
DESCRIPTION DE PARIS SOUS CHARLES V. 109
Depuis fu hal)itée et fermée Paris jusque» au lieu que leri dit a larchnt Saint
Merry '', ou il appert encores le costé dune porte. Et la fu la maison Beniart des
Foss('is'^*, ou Guillaume dOrenge fu logié quant il desconGt Ysoré, qui faisoit siège
devant Paris*''.
Geste porte aloit tout droit sans tourner a la rivière, au lieu que Icn dit les
Planches de mi bray ; et la avoit i pont de fust qui sadressoit droit a Saint Denis
de la Gliartre , et de la tout droit parmi la cité sadressoit a lautre pont que
len dit Petit Pont. Et estoit ce lieu dit, a proprement parler, les Planches de mi
|)rèM de \h, et dans des conditions semblables, h
l'extrémitti des rues do Itdthisy et des Fossës-Sninl-
Germain-rAiixeiTois. (Voir Jniilot, quartiers Sainte-
Opportune, p. i5, et du Louvre, p. vu.)
''' L'Archet ou porte Saint-Merry faisait partie
d'une enceinte de Paris antiîrieure h celle de Phi-
lippc-Auijuste; il était situé nie Saint-Martin, |irès
de la rue Neuve-Saint-Merry. Raoul de l'resles
nous apprend qu'il restait encore de son temps le
ircosté d'une porte,» et Jaillot aflirme que iril en
irsubsisloit encore quelques vestiges auxv' siècle.»
Cette entrée de Paris produisait , h titre de péage ,
un certain revenu h l'abbaye de Saint-Denis. I/abbé
Suger, qui administra si sagement l(! royaume j)cn-
dant la seconde croisade, sut, selon certains au-
teurs, tirer cinquante livres [)ar an de ce péage,
qui n'en |)roduisuit annuellement que <louze.
''' L'nuteiu" rappelle ici un épisode de la cbanson
de geste de (îuillmuue d'Orange, intitidéc le Mo-
ntage Guillaume. Bernard <les Fossés est ce pauvi*e
serf h cpii le vaillant |)aladin doimo cent sous d'ar-
gent pour aller en ville lui acheter des vivres :
Berniini s'en vct la dctlons en la cit,
Vers Petit Pont atorno son chemin.
Chapons ochata et ploviera et perdris,
PbIii hiili-tc, Ac\ poivre, del comin;
De la rhandoile no inist pas en obli,
Clox de giruRo et pomea de jardin ,
Fain et avaine au bon deitner de pris, etc.
Ouatit au ir géant Ysoré desconlit [wr Guillaume,"
on croyait voir sa tondw sur la rive gauche de la
Seine, près de la barrière d'Arcueil; elle portail
le nom de Tonil)e-Issoire. C'est ce qui nisulte du
passage suivant d'ini abii'gé en prose du roman
de (iiiillaïuiie d'Orange, fait au xv* siècle, et n»-
produit par M. Paulin Paris, qui a fait du Moniage
Guillaume l'objet d'un double travail. «On y voit,
irdit M. Paris, que le géant se tenait en an lieu
irqu'on dit Notre-Dame des Champ.» Quand le*
assiégés, revenus de leur terreur, sortirent de la
ville et reconnurent son cada^Te, ils le mesurèrent
et trouvèrent que, rrsans la teste, il pouvoit bien
(ravoir .xv pie<ls de longueur. Si puet l'en en«»r
irveoir le lieu ou Guillaume le laissa mort, car en
«propre y onlonna le Roy et fist faire une en-
(fseigne, etc.» Sauvai a composé sur le géant Isoré
et sur la Toml)e-!ssoire une dissertation qui est
malheureusement resiée incomplète , et qui n'a {loinl
encore été publi)>e. L'abbë Le Beof s'en est égale-
ment occupé dans son Histoirt d» iio^te de Pmû,
1. 1", p. aSo, aSi.
''' L'arrivée du géant à Paris et le séjour qu'y lit
Guillaume d'Orange, hôte de Bernard des F'ossé*.
sont racontés tout au long dans le Momage Guil-
laume que nous venons de citer, et dont M. Paulin
Paris donne l'analyse au tome VI de ses ManuMcrit*
français, r D'après ce passage , ajoute M. Paulin Paris ,
«conféré avec les anciennes cartes et les bons histo-
« riens de Paris, la maison de Bernard des Fo«és
«était située ht la sortie de la rue actuelle de» Éeri-
n vains, dans la rue <fef Arcm <''. Telle était l'opinion
«consacrée au xv* siècle; mais il faut convt-nir
«qu'elle s'accorde assez mal avec le récit |KN'lique
«qui fait naturellement venir Gaillanmc k Paris
Tpar Orléans et par Etampes :
TrvspaaM AuMire et OrimM «t Ertaayw
Truiquc* Pari* M vait «oqaM altMjr».
-De ce cAté il gagnait la rive gauche de la Seine,
i-el non la rive droite <*', sur laquelle était l'cniplaee-
«meiit de V Archer Saint-.Vnry. Quoi qu'il en soit.
«Guillaume, arrivant le soir au terme de son voyage.
"' I,n rue ilr» Ècneaina et la rue det Arrù n'existent plus. L'cndivit indiqué corrsipoaJ M paiat Mtaé i rialMVMiiM d«
rue» de Hivoii et Saint-Martin.
""' Dans le nouveau travail que M. Paulin Paris a publié sur le MomUg* GniUmim {BêL SlUr. 4t U fV«nM« , L XXU , p. &t7).
il ajoute cotte judicieuse réflexion : «Guillaume d'Orange, arrivant d'OrUaiM, d«t oaturrlleiiieol M prixalar i nm fartai» b
«rive gauche de la Seine; et le trouvère ne laisse aucun doute sur ec point, M (iMant d'abord travwtsr U pâlit pMt è iMaard.
«luand il va chercher des provisions.*
110 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
bras, car cestoit la moitié du bras de Saine'"; et qui auroit une corde et ia menast
de la porte Saint Martin jusques a la rivière, et par la rivière a la Juyerie'*' droit
au petit pont de pierre abatu, et de la a la porte Saint Jacques, elle yroit droit
comme une lingne, sanz tourner ne ca ne la.
Après ien fist le cimentiere ou lieu ou est leglise des innocens, qui estoit lors
tout hors et loing de la ville, si comme Ien le faisoit anciennement; car Ien faisoit
et les boucheries et les cimentieres tout hors des cités, pour les punaisies "- et pour
les corrupcions eschiever.
Prés de ce cimentiere Ien commença a faire le marchié; et lappelloit Ien
Champiaux, pour ce que cestoient touz champs; et encoresa ce lieu retenu le nom.
Et pour raison du marchié y commencèrent premièrement les gens a faire loges et
petites bordes (*', comme firent les Bourguignons quant ils vindrent premièrement
euBourgoingne *'. Et puis petit a petit y edifTierent maisons; et y Ost Ien haies pour
vendre toutes manières de denrées. Et ainsi crut la ville jusques a la porte Saint
Denys; et la fu fermée et fu abatue la vielle muraille; et a présent sestent la ville
jusques a la bastille Saint Denis ^•'.
ira bien de la peine à pénétrer dans les murs de
<r Paris. La gaite ou sentinelle du roi I<ouis refuse de
(rie reconnaître; mais, toucht'e de ses sollicitations,
•relie ajoute, pour adoucir l'expression de ses refus :
Par seul itant que eitc* erestieo ,
Et que vos ai parier d« Dca del ciel,
Selonc mon sens vous verrai cooseillir :
Ici amont, delès cel pin plenier,
A un fossé qui est et grand et viez;
Uns povres boms est illec bebergié . . .
Or soies là tros qu'a l'aube eseUirier.
it Guillaume finit, en effet, par demander et ob-
ff tenir l'hospilalitë de Beniard des Fosses. Les dé-
tails de la réception sont comicpies et amusants.^
{Les Manuscrits françaù de la Bibliothèque du Roi,
t. VI, p. i43 et suiv. — Hisl. Utl. de la France,
t. XXil, p. 5a7 et suiv.)
'■' Cette dtymologie a ét^ contestëe; le <rpont de
fust.i ou les Planches de Mibrai, devaient peut-être
leur nom à im territoire; le P. Dubois cite, en
effet {Ilist. eceles. Paris, t. II, p. 76), un diplôme
de Henri I", date de 1089, et le Gallia ehristiana
(t. Vil, col. 3 10) mentionne également un moulin
en Mibrai, m Malbraio, que Robert Pisel avait donné
au prieuré de Saint-Martin-des-Ghamps. René Macé ,
moine de Vendôme, dans son poëme manuscrit in-
titulé Le Bon Prince, donne une troisième étymo-
logie que Jaillot reproduit après Marrier {Monast.
reg. S. Martini de Campis hist. Paris, 1687, in-4°.
p. i6); la voici:
L'BapMWV viaol ptr la CoataOerie
JoMja'aa eariiHir iioiiiid< U Tumerie
Où fut jadis U Planebc de Mibn| ;
Tel nom porloit pour 1* rtfM et le èrmf
GeUi de Seyne eo «ne erenie tnacbe,
Entre le pont que l'on pasoil i pioieh*,
El on l'dloit pour être eo lArelé, etc.
Ije mot bray, en latin du moyen âge braium,
signifie boue , limon , fange , et le mot braye, partie
de rivière resserrée entre deux digues (Du Gange,
édit. Henschel, t. V, p. 78). Dans ce sens, Mibrai
signifierait au milieu de la boue, in medio braio.
'*' Juyerie, nie de la Juiverie.
''' Punaisies , mauvaises odeurs , exhalaisons mal-
saines.
'*' Bordes , maisons ou fermes. Ce mot est encore
usité dans le centre et le midi de la Franc.
'*' Presque tous les Burgondes étaient gens de
métier, -ouvriers en charpente ou en menuiserie. -
■lit lin historien moderne. On s'explique alors qu'il»
aient facilement construit éloges et petites bordes."
On verra plus loin ce que Guillebert de Met* fait
de ce dernier mot.
'*' La porte Saint-Denis , apfiartenanl à l'enceinte
de Philippe-Auguste , était située dans l'axe de la rue
Saint-Denis, à jieu près à égale dislance des rues
Mauconseil et du Petit-Lion; elle touchait à l'im-
passe des Peintres. La me Turbigo, à son point
d'intersection avec la rue Saint-Denis , en marque
aujourd'hui l'emplacement.
DESCRIPTION DR PARIS SOUS CHARLES V. III
Quil soit vray il appert, car quant leglise de Saint Ma{j!oirc, la quele fu pre-
mièrement en la cité, fu transporté ou lieu ou elle est a présent*'', elle fu édifiée au»
champs; et se treuve encores que en la dacte des lettres royaux qui furent faitte«
pour lors, avoit et a escript : Donné en nostre église de Saint Magloire de les Cham-
piaux prés de Paris ^'^K
Encores se treuve il en la vie de saint Babolein '*', qui ou temps de Clodoveu»
fonda une abaie a Saint Mor, (jui lors estoit appelles les Fossés '*>, que ou temps que
.Iulius César fu en France et quil lot aussi comme toute conquise, il sen vint de '
Sens a Meleun, et de la vers Paris par la rivière de Sainne, entra en la rivière
de Marne pour aler con((uerre la cité de Miaux; et arriva ou lieu ou est legiise de
Saint Mor a présent; et la demoura tout liver, ou quel temps diver les anciens se
roposoient ne naloicnt en guerre jusques au prinslenqis. Il si loga et tout son ost,
pendant le([uel temps, pour ce (juil vit le lieu bel et la place forte, tant pour la
rivière comme pour la situacion du lieu, il y fîst faire i chastel trop merveilleuse-
ment fort, qui se fermoit de n costés de la rivière de Marne, et par devers Paris de
fors murs et de grans fossés. Et fu ce cliastel appelle le Chastel de Begaux, pour
une manière de gens aus quiex il h^ bailla a garder, les quiex estoient appelles
Regaux'*'.
Ce chastel dura jusques au temps de Maximien , appelle Herculeius, qui fu envoyé
Um«i
ta
SaM(M«<fc»r«
'*' Lo seconde éjjlise Snint-Ma(floirn était située
Ji t'exlniniitë sud de la rue Salle-au-Conile, enln-
les mes Saint-Denis et Quincampoix , h peu de dis-
tance des éjjlises Saint-F.cu et du Saint-Sépulcre.
Le couvent qui l'entourait fut occupé, de 1 138 à
1579, par des religieux de l'ordre de Saint-Benoit ,
et, h partir de cette dernière époque, par (]cs JUIfx
pénilmtes. L'église et le couvent de Saint-Magloirc.
suppritnt's en 1790 et vendus le 6 vendémiaire
au V, ont fourni le terrain nécessaire à l'ouverture
de rini])asse Saint -Magloire en 1807, et plus n'-
cemmcnt au percement de la rue de Ratnbuteau et
du boidevnrd de St-hastopol.
''' Sur les Halles des C.hampenux, voir le Traité
des louanges de Paris, ci-dessus, p. 5o et 5i.
''' La vie de Saint-Babulein. que donnent les
Acta Snnelorum , t. V, p. 179, ne fait , bien entendu ,
nulle menlion du pn'lendu st'jourde Ct'sar sur l'eni-
|)lacemcnt de Saint-Maur-des-Fossi!», et de son ex-
pédition tt|)our aler coiupieriv la cité de Miaux.-'
(Vile <|ue mentionne ici Raoul de Presles est une
biographie anonyme composée au xi' siècle par un
moine de l'nbbnye. L'abbé Ia^ Beuf n fait olMH'rver,
après DU. .Mabillon. Bouquet. Hivcl, 1.' P. I.ecointc
et les Bollandistes, que cet auteur 'a manqua de
-î critique, lorsqu'il a voulu parler de ce qui éloil
irarrivë sept cents ans avant lui.o
'*' Sur l'abbaye de Saint-Maur-des-Foasës et le
château des Inégaux ou Bagaudes, voyex, oatre le
curieux article de l'abbë Le Beuf (U V, p. 98, de
r//i'*/. du diocèse de Paris) . les Fie» de S. Maw et de
S. Babolein, publiées parDuBreul. p. 97. et p. 187
du Supplemenhm antiquilalum urbis Parisiûctr, eU.
l'arisiis. i6t^i. in- 4'. et le Gallia ehristiana.
'' "Qui |)eut croire, dit l'abtié Le Beuf, que
-c'est Jules (.'.éiar qui avoit fait faire les oa«
irdont il est parlé ici . et qu'il leur donna le 1
" de Catirum Hngaudamm , à cauM que eem an-
-qucls il en coulia la garde s'appeMeat BagaodeaT
tTous les gens versés dans la lecture des aaoH
-auteurs conviennent que le non de BagawlM a'a
-conunencé ii {Mirnistre que troia ceob MM tftèt,
-sçavoir sous l'empire de Diodëtien tt
-Ce fut le nom que portèranl akm V
-rautcs de miHxinlenIs, prindpafeiMQt de {
irnom qui, quoique d'abord ne aignifiant en gioé-
-rnl qu'une atacmbiée, parla suite devint odiea,
ira cause que cet Bagavdca k méktient de pdhr.
112 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
en France pour mettre a mort tous crestiens et destruire toutes les églises; et y fu
envoyé par Dioclecien lemperere, lequel le fist corapaignon de son royaume.
Ce Maximien Herculeius, quant il vint en France, trouva que Amant et Helien,
n crestiens qui ne vouloient point estre subgés ans Rommains ne aourer les ydoles,
pour résister a Maximien sestoient mis a garant''' en ce chastel, acompaignés de
plusieurs de ces Begaux. La vint Maximien et fist siège devant le chastel par long
temps; et finablement le prinst et mist a mort tous les Begaux et autres crestiens
quil pot trouver; et arrasa le chastel tellement quil ny demeura que la place
vuide. Des Begaux ainsi occis par ce Maximien, et de Amant et Helien, et com-
ment il furent vaincus legieremenf^, parle Orose ou VU* livre de son Ormeste, ou
XXXI* chapitre '''.
Dm
gens iiommet Draides.
Ëncores est il assavoir que en ce temps que Julius César vint devant Paris, et
pour conquerre France, elle estoit gouvernée par certaines gens, si comme dit
Julius Celsus en son Vi' livre. Il y avoit unes gens qui estoient appelles Druydes, et
si y avoit chevaliers, etsy y estoit le peuple duquel len ne faisoit point de conte,
car il estoient aussi comme serfs; et quant il se veoient grevés ou oppressés par
aucun, il se rendoient au plus fort.
Les Druydes estoient aussi comme les souverains evesques, qui gouvernoient et
temporel et esperituel, apprenoient aus enfans science et doctrine, congnoissoient
de toutes manières de causes et jugoient, fussent crimineles ou civiles, personneles
ou réelles.
Touz les ans assembloit tout le peuple devant eulz a certain jour en une mon-
taingne consacrée a Jupiter, qui a présent est appellée Montjaout ('' , en latin
Mons Jovis. La faisoient droit a chascun; et sil en y avoit aucuns qui ne voulsissent
obéir a leurs decrés et tenir leurs jugemens, il li estoit deffendu a sacrefier, ne
ne recevoit len point ses sacrefices, qui estoit une très grief paine a celi a qui il
"de voler, en sorte qu'il fut donné à tous ceux qui
nrefusoient d'obéir aux empereurs. i (Hist. du dioe.
de Paris, t. V, p. 98. )
'■' Settoietil mit a garant, s'étaient retranchés.
'*' Legierement, facilement et ici complètement.
''' Raoul de Presles indique ici la source très-
peu sûre où il a pris les détails qui précèdent, et
où avait également puisé l'auteur anonyme de la
vie de saint Babolein. Avant Paul Orose, Aurelius
Victor et Eutrope avaient parlé de l'expédition de
Maximien Hercule, mais, ainsi que le fait observer
l'abbé Le Beuf, irsans désigner la province et encore
moins le canton. 1 L'historien du diocèse de Paris,
fort de fautorité des savants sur lesquels il s'appuie,
ne croit pas qu'Amand et Élien fussent chrétiens,
qu'ils se soient retirés à Saint-Maur-les-Fossës, et
qu'ils y aient subi le martyre. "11 n'est pas besoin.
" ajoute-t-il , de critiquer davantage l'auteur d'une
trl^nde qui a voulu deviner les faits au bout de
"Sept cents ans.» {Hist. dudioc.de Paris, i.\\ p. 99.)
**' Monijavoult , village du département de l'Oise ,
arrondissement de Beauvais, canton de Chaumont
en Vexin. est situé sur un point culminant, à aoS
mètres d'altitude. On y a découvert des sépultures
celtiques, des débris de sarcophages, des médailles,
des briques et autres vestiges des époques gauloise
et gallo-romaine. Raoul de Presles parait donc avoir
été bien informé.
DESCHIi'TlO.N OK l'AHIS SOUS CHARLES V. IIS
estoil (lofTondu. Tous le fuyoienl, ne ne parloient point a li, ne»*'' que a excom-
mcnic'!; cl se il se plainijnoient daucun, Ion ne ii en faisoil point de droit.
Ces Druides estoienl (juilU^s de tous Ireluiz, de touz os''^' et de toutes chevau-
ch(';es; ne il naloient en bataille pour ({uelconque neccessit<^' ; et si estoient franset
quittes de toutes prestacions et redevances que les autres paioient; et pour celle
cause plusieurs aloient a lescole et apprcnoienl.
Entre tous les autres il en y avoit i souverain qui avoit puissance sur tous
les autres Druydes; et quant il esloitmort, len eslisoit le plus souflisanl après; et
se il en y avoit plusieurs de pareil estât, len en eslisoit i par le conseil des autres
Druides; et aucunes foys se combatoit len pour avoir celle seignourie, selon ce
(|uil estoient j)uissans.
Lautre manière de |jens estoit de chevaliers; et ceulz cy nculendoient a riens
(jue ans armes et a faire injure a leurs voisins, ou rebouter <'' ceulz (jui leur fai-
soicnt injures; et selon ce que cliascun estoit plus riches et plus puissans, il estoit
{jarni de {jens.
Quant il se esconvenoit'*' armer, il esconvenoit que tous les jounes hommes se
présentassent ensemble; et se il en y avoit aucun qui demourast derrière, ilz le
faisoicnt mourir de très cruelle mort. Il ne soufroient que leurs enfans veinssent
devant eulz jusques a ce que il fussent en cel aage que ilz se peussent armer;
et (lisoient <|ue cestoit laide chose que i enfant avant son aage sapparust devant
son père.
Il estoient merveilleusement enclins aus religions de leure Diex et a leurs sa-
crefices; entre les quiex ils aouraient'*' sur toutes les autres Mercure, et après
\|)olin, Mars, Jupiter et Minerve. Quant ilz estoient tourmentés daucunes griefves
maladies, ou en grant péril de leurs corps en aucune bataille, il sacretlioient a
leurs Diex houmies vifs, ou eulz mesmes se vouoient a sacrefier. Car leurs Druydes
leur avoient enseigné que, pour racheter la vie dun homme, len devoit donner
aus Diex la vie dun homme, ou autrement il tenoient que le courroux des Diex
nesloit pas soullisamment apaisié. Il avoient autres sacrefices communs et pu-
bliques, cest assavoir (jue il faisoient une très grant ydole ou simulacre dosiers,
et lomplissoient de honunes vifs, et puis boutoient le feu dedens et les ardoient;
et meltoient dedens communément larrons et robeurs, et gens convaincus dau-
cune mauvaistié. Et disoient (|ue les Diex avoient ces sacrefices très agréables, et
en estoient les Diex plus favourables a ceulz qui estoient ainsi condampnès. Et
quant il avoient delTaute de telz gens, il sacrellioient par tele manière les inno-
ccns. Hz fiiisoient aussi sacrefices des bestes quilz avoient prinses.
''' Net que, non plus qiio. '"' RelxHiler, repousser.
'■' 0« on o«r, oxpt'tlilious militaires d'inUWtgrf- '*' Eêtomnoil, fonvoinit.
nëral, par o|)|)osilion nux chevauchées ou (fticrres '*' Afmrmenir ndorairnt.
privdc».
1II>T. I. |5
\\à DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIf.INALX.
Moult de choses y a autres que dit encore» ce Julius Celsus, lesquelz nous
laissons pour cause de brieft('''".
Tant y a que le principal de leurs temples estoit ou maintenant est Mont-
martre, qui estoit lors appelle le Temple de Mercure pour ce que son temple v
estoit'-'. Le secont estoit le temple dApolin, et estoit a Court démanche, qui se dit
(;n latin Curia dominica, et est oultre Pontoise, ou lieu que len dit a présent la
mer dAutye '*'. Le tiers estoit Montjaoust, qui estoit consacré a Jupiter. Et en tous
ces Hi se faisoient sacrefiices par tele manière, que quant len faisoit sacrefice a
Court démanche, qui est ou millieu, len veoit des n autres monlaignes ce sa-
creffice'*'.
De Saint-Pcni».
A celle montaingne de Mercure fu envoyé par Domician Maxence et mené
monseigneur saint Denis et ses compaignons, pour sacreffier a Mercure en son
temple qui la estoit, et dont il appert encore la vielle muraille; et pour ce quil
ne le voull faire, fu ramené li et ses com|)aignons jusque» au lieu ou est sa chap-
pelle, et la furent tous décollés. Et pour celle cause, ce mont, qui par avant avoit
a nom le Mont de Mercure, pardi son nom et fu appelle le Mont des Martirs; et
encores est.
Ce monseigneur saint Denis fonda a Paris m esglises : la première, de la Tre-
nité, est leglise ou est aouré a présent saint Benoisl, et y mist moinnes; la se-
conde. Saint Estienne des Grieux, (|ui par corrupcion de nom est appellée Saint
Estienne de Grés, et y fist une petite chappelle ou il chantoit; la tierce. Notre
Dame des Champs, en laquele église il demouroit, et y fu prins**.
'*' Tous les détails qui pr^èdent sont pris dans
les Commentairet de irce Juliiis OIsiis.» liv. VI.
'"' Voyez sur le Mont de Mercure , devenu Mont
des Martyrs , puis Montmartre , la notice sur Raoul
de Presles et le passage du Miun que nous avons
cit^.
''' Court démanche , aujounrhui (lourdimanche ,
commune du canton et de l'arrondissement de Pon-
toise, département de Seine-et-Oise. Ce que Raoul
de Presles appelle --la mer d'Autyo est probable-
ment le plateau ou plaine élevée, aquor, qui s'étend
rie Poiiloise l\ Triel. Celle région est couverte de
grands bois qui portent encore aujourd'hui le nom
de Hautil.
''' Les trois montagnes que Raoul de Presles «lit
avoir été le siège du culte druidique sont situées
en droite ligne, dans la direction de Paris à Rouen,
lies Gaulois les utilisèrent peul-Atre pour organiser
la défense du pays, en y allumant ces grands feux
qui servaient alors de signaux télégraphiques.
'' L'abbé l^e Beuf relève trèa-vmaMot cesirois
erreurs de Raoul de Presles : »II ëtoit, dit-il, par-
i-donnable au \iv' siècle de croire, comme a fait
-Raoul de Presles, en son commentaire sur S. Au-
"gustin de la Cité de Dieu, que S. Denis, ayant bâti
l'en ce lieu une église, y mit des moines. Comme
"l'on méprise avec raison ces traits fabuleux, je ne
-m'arrétoisqu'à cequi m'a |>aru digne de croyance."
Voilà pour la fondation de l'élis*- S.iint-Renoil ,
qu'il établit ensuite hi.storiquement. Quant h Saint-
Ktienne-des-Grèfl , tk Gretùbtu : 'Je suis bien ëloi-
tfgné, dit-il. d'en remonter l'origine nu siècle de
-S. Denis, puisque ceux qui l'ont cru n'ont étéfon-
"dés que sur l'usage de la surnommer des Grès,
-qu'ils s'imaginoient venir du latin de Grtrfix
-(Grieux, Grecs) et en qui ils Irouvoient un rapjjort
-évident avec S. Denis l'Aréopagite." Suivent de
nombreux litres du xin* siècle où l'église est appe-
lée Sancii Slei>ham de CireMibus. Enfin Notre-Danie-
des-Champs, quoique d'origine fort ancienne, puis-
çain curûi cclm (knctr troîtna niiilicn v5P
vÂuc qnnimcpiiuittr îtuotr Cqrlmit;?>^
■««fif •••s>»
S' Denis se
Ficsimiic du
bCiUn id icyende.au lieu de sa sépulture Lnscve;isseîr.eni gu martyr
dfe ifa Vie de Monseigneur Saincl Denis Ms *k tblietMv ka^Fhids fsuxjti rf^: V53
DESCRIPTION DE PARIS SOUS CHARLES V. 115
Et ces choses avons nous dit pour nionstrer lancienne creacion de Paris.
Mais encores pour le monstrer plus cleremetit, Guillerrnm Monumelen$ii'-'\ en sa
cronique (jue len appelle le Brut, dit que ou temps que Brutus se parti de Grèce
et que il queroit pays j)our habiter, il vinst en Aquitaine, dont Golfarius estoitroy,
qui cstoit Poitevin; et après ce quil fu desconOt de Brutus, il sen vinst en Franc»-
pour querre secours; et dit que lors en France avoit xii pers qui estoient pareulz'*'
eu dijjnelé. El dit que ce fu ou temps de Hely.
Encores dil il en ce mesmes livre que il y ot i roy en France, ou temps de \sii\i"
oL dOsée les prophètes'^', qui ot a nom Aganipus, le(juel otesposé'*' la (ille dun ro\
dEnyleterre appelle Leyr, lequel depuis fu bouté hors de son royaume dEngle-
terre; et vinst a secours a Aganipus, qui passa en Engleterre et a force darmes
le remist en son royaume '*'. Par quoy len peut veoir que la cité de Paris fut fon-
dée merveilleusement longtemps avant l'empereur Vallentinien.
Et ces choses souffisenl quant a ceste partie, et pour ce nous retournons a lex-
j)osicion du texte.
(jirelle «si citdc dnns un docuiiient du viii* siècle,
ne peut Atie considérée comme ayunl été bâlie par
saint Denis. C'était, dit Le Beuf, un oratoire jdacé,
comme celui de Saint-Mirliel. au milieu des vignes
et des sé[)ultures (jui s'étendaient sur tout le ré-
vère occidental du plateau de Sainte-Geneviève. On
l'avait surnommée de Campis, autant pour désigner
sa situation cpie pour la distinguer de l'église ca-
lliédralc. {Ilist. du dioc. de Paris, 1. 1", p. a i o, aa3,
a3a. — Voir, en outre, l'édit. Cocheris, 1. 1", p. 9t.)
''' Le chroniqueur <pie Raoul de Presles appelle
iuiproprenienl (liiillfimiix est (imifridiix on Galfridim
Monumelensis ((leolFroy de Moutmontli), né vers
1 100, proliahliMuent dans la ville dont il portail le
nom, et mort en iif)'!; il l'ut d'abord bénédictin.
puis arcliidiacre de l'église de Montmouth et év^pie
de Sainl-Asapli. Ses onviages ont presfine tous le
caractère légeudaii-e. Sou Histoire des llrcluns, dans
laquelle il a fait entrer les pro|)liéties de Penchan-
teur Merlin et les aventures d'Arthur, lui valut, dil-
on, le surnom de (lalfridus Arturus. Cette com|)i-
lation eut im iuunense .succès au moyen âge; les
nuuiuscrits s'en multiplièrent, et plus tard elle ent
de nombivuses éditions imprimées. On cite celles
de Paris (i.')o8 et i5i7). de lleidelbei-jf (iSSy).
deIx)ndi-e8(i7t8,i83o, t844), deHalle(i85a).
La rhmnicpie de rieoiïmx de Montiiioulh est la mine
d'où Ware a lii-é son roman du Brut; Unoul de
Pi-esles la désigne même sous ce nom. C'est égale-
ment (I cette source cpiont puisi- li-s auteur» de
presque tous les romans <le la Table ronde.
'*> Pareuk , ^atu , pareils.
'^' Il est facile de voir que toute cette riironologie
est fantastique : les synchronismes que ttaoul de
Presles cliei-clie à établir d'après Geoffroy de Mont-
mouth ne reposent que sur des légendes.
'*' Esponé, é|)ou8é.
'"' I<eyr ou Lear, roi d'.^ngleterre. avait troi»
elles, Gonerille. Ragau et Cordelia. L.e« ayant in-
terrogées afin de connollre leur amour pour lui . il fui
si salisfaitdela répon.-* flatteuse des deux premières,
qu'il leur promit ses ëlats après sa mort et leur en
donna la moitié en les mariant: ses gendre», impa-
tients de i-ectieillir celte sucres.sinn. le délrAnèrent.
Ce fut le mari de la dernière. Aganippiis. qui lavait
éponstV sans dot. <pii vint n'tablir \jp\t sur son
tJi^ne. Ou jK-ut lire l'histoire du roi Leyr et de ses
trois filles dans le Roman de Brut, par Wace {wn
1697-9114). Ce roman, aussi bien que la riiro-
nique de Geoffroy de Monmoulh . |taralt avoir M
inconnu à Shakes|>eare ; au moins n'en a-l-il eu
que des souvenirs d'après certains oavragei
|>opulaires de son tenqw; et il a trouvé
inspirations poiu* son dranx* dans une
ballade publiée par Pévéque Percy. (Voir le Homam
de lirMi, |tar Waoe, poëte du xn* ùkie, pahU pw
Le Koux de IJncy. Rouen. 1 836-38. 'm-9', « vol.
t I-. p. 84.)
iS.
DESCRIPTION
DE
LA VILLE DE PARIS
sous CllAlILKS VI
PAR GUILLEBEllT DE METZ.
1407 — \à3à.
NOTICE.
(ionliîiircincnl i'i l'ordre suivi dans les deux notices précédentes, nous nous propoaoof t>rin>*mr>*
d'analyser tout d'abord l'ouvrage de (juiliebert de Metz; puis nous chercherons à faire
connaître sa personne, sa profession et les circonstances les plus saillantes de sa vie. La
raison de ce mode de procéder est des plus naturelles : l'écrivain, ou plutôt le «Iran»-
cripvain,» comme il se désigne lui-même, n'est guère connu que par ses oeuvres; et sa
hiograpliie, tout incomplète qu'elle soit encore aujourd'hui, ne peut se déduire que de la
lecture (le son livre et de l'examen de ses autres travaux.
La l)e»crij)twn de la ville de Paria est divi.sée en trente chapitres, qui ne répondent pas (ou- u<ii«4*
jours aux titres (|ue l'auteur leur donne; mais cet en.semble est composé de deux parties trè»-
(iistinctes (pi'il est important de signaler : i° la partie enq)runtée aux chroniqueurs de toutes
les épo(|ues antérieures au xv' siècle, et .se terminant avec le dix-neuvième chapitre; a* la
partie orijjinale comprise dans les dix derniers chapitres. C'est là (|ue Guillebert expose
l'état de la \ille de Paris, telle (pi'il l'avait vue.
Les onze premiers chapitres sont la copie pres(|ue textuelle du commentaire ajouté par
Itaoul de Presles au chapitre xxv du livre V de sa traduction de la Cité de Iheu^'K Guilleberl .bcmuiIh .hliu
de Metz développe, an chapitre v, ce cpi'a dit son devancier sur la loi saliijue; de même, à
la lin dn chapitre \i, dont Haoïil de Presles avait traduit les principaux détails de GeotTroy
(le Monmonth, il ajoute un fait relatif au prétendu roi de France, Aganip|>us, fait qu'il em-
prunte au même chroniqueur. Il est d'autant plus surprenant que notre auteur n'ait pas dit
à quelle source il puisait cette partie de son ouvrage, (pie plus loin, chapitres xtii et xviii,
il déclare naïvement avoir trouvé tous les détails (pi'il donne sur la suprématie des rois de
France et sur l'oriflamme dans le préambule |)lacé par Raoul de Presles en léfe de sa tra-
duction du livre de saint Augustin.
Depuis le cha|)itre xii, intitulé Des aticieii» François, ju.squ'au chapitre xvii inclusivement ,
Guilleberl a pris jmur guides difl'érentes chroniques, entre le.squelles il cite au chapitre un
les cél('-bres (]hroniqu(>s de Saint-Denis. A la fin du chapitre xv, con.<iacré à Chariemagnc.
il ajoute le singulier détail «pie voici : In compagnon d'armes du grand empereur, charge
(le garder la marche d'Angleterre, entra daii>i ce pa>«.. en fît la rompièli- ••t. après avoir
'' Nous UV0II8 pris soin de relever todics les variantes el de les indiquer en notes.
120 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
relevé le nom et les armoiries des ducs et chefs vaincus, il en présenta le rôle à Cliarlenia^jne.
Ainsi l'Angleterre aurait été, suivant Guillebert de Metz, soumise pour la première fois aux
Français'". Guillebert ajoute qu'il emprunte ce fait à Guillautne de Laigny, historiographe trit-
éprouvé^'^K Peut-on voir dans ce récit un souvenir bien effacé de la conquête de Guillaume,
duc de Normandie, et dans le rôle des vaincus dressé pour Charlcmagne un autre souvenir
du fameux doomsdny boolc? Quoi qu'il en soit, cette addition mérite d'être signalée, sur-
tout quand on se rappelle que l'auteur .s'exprimait ainsi à une époque où la France était
occupée presque enti»;rement par les Anglais.
Le chapitre xix ne contient <|u'une liste de,s douze pairs de France, ecclésiasti(|ues et sécu-
liers. Cette liste est précédée d'un (|uatrain en forme de logogripfae, compo.sé avec le nom
latin complet ou abrégé de ces douze pairs. Ces logogriphes français ou latins passaient
alors pour des jeux d'esprit et étaient fort en vogue; nous en avons fait remarquer un
premier exemple au chapitre x de la seconde partie de l'Eloge de Paris, composé par Jean
de Jandun (tableau .synoj)liqno des vertus attribuées au roi de France*); on en trouvera
un second spécimen plus complet dans un de nos appendices au livre de Guillebert de
Metz (»).
Partie
originale cjc Touvrage.
Avec le chapitre xx commence la seconde ]partie de la Description de Pari», c'est le
côté important et vraiment original. L'auteur n'écrit plus d'après le témoignage des livres
qu'il avait pu consulter, mais il dépeint la ville de Paris telle qu'elle était, et surtout telle
qu'elle avait été dans les premières années du xv* siècle, en 1607 principalement; c'est
ainsi qu'il faut expliquer le préand)ule placé en tétc de la deuxième partie.
A<i>er(génfniid«Piro. Guillcbert de Metz a composé cette description à différentes époques, car au chapitre un
il parle de l'année 1 4oo , w où la ville estoit dans sa fleur; v et plus bas , à propos des maisons
du pont Notre-Dame, il dit (pie cinq maisons furent commencées en i4aa, «l'an que cette
description fut faite, n Au dernier chapitre, Guillebert s'écrie : «Grant chose estoit de Paris,
«quant... les roys de France, de Navarre et de Cecille, plusieurs ducs, contes, prclas et
«autres seigneurs notables frequentoient illec assiduelment. » Il ajoute un peu plus loin
que «l'enqiereur de Grèce, l'empereur de Romme, et autres roys et princes des diverses
«parties du monde souloienl venir solacier( se distraire) à Paris;» et enfin que plus de cent
vingt mille personnes à cheval assistèrent au couronnement de la reine Isabeau de Bavière.
'"' L'histoire fabuleuse de Charlemagne ne parle
que très-brièvement de la conquête que le grand
Eni|)ereiir aurait faite de rAiijflelprre ; pe|)endant
cette conquéle est indiqxw'e dans la Chronique de
Turpin et dans la Chanson de Roland. ( Voyex l'im-
portant ouvrage de M. Gaston Paris, Histoire poé-
tique de Charlemagne, in-8°, p. ag.'J.)
'*' Nous n'avons pu, malgré de minutieuses re-
cherches , découvrir les traces de ce chroniqueur :
Oudin, Fabriciiis. Wliarton. Du Bouliay n'en font
pas mention; La Croix du Maine cl Du Verdier se
taisent également ; enfin . parmi les cent quatre-vingt
onze Guillaume dont les noms ont ël^ recueillis et
classés |>ar Du Cange dans son Index seu nomenclator
scriplonim mediœ et infimœ latinitatis, il n'est nul-
lement question de Guillaume de Laigny. Inutile
d'ajouter que les Biographies, dites universelles,
sont muettes sur ce point.
'•' Voir p. 6a et 63.
'*' Il s'agit des r cinq lettres du nom de Paris com-
trpilé par ung notable clerc normant, l'an de grâce
irmil quatre cens dix huit.D (Voir aux ap()cadices.)
DESCRIPTION DE PARIS SOUS CHARLES VI. lîl
Tout celu nous reporte aux premières années du rè(jne de Charles VI, de i38o à i385 et
même auparavant. I)'a|)rès la date que l'auteur lui-même a fixée au titre de son livre, il
écrivait ce chapitre en lUih; par conséquent il remontait à plus d'un demi-siècle en
arrifVc, et sans doute il était déjà vieux. Pour comprendre les rejjrcts qu'il témoif'ne sur la
splendeur éteinte de la (jrande capitale, il faut se rapjx'ler les circonstances au milieu des-
quelles il écrivait'". En \Mfi, la domination anglaise, étahlie depuis plus de vinjjt an»,
avait ruiné la France, et par conséquent appauvri Paris; la population, décimée par les
massacres, la proscription, la peste, était divisée en deux camps, dont le plus nombreux se
com[)osait de Bour{;uijjnons joints aux Anglais'^'. Ces circonstances étaient nécessaires à
'■' Ces rpffrels sont [)liis vivement expriiiids dans
ffUMjj Ixîiiu i\iin''v (jui fut fait en i^iig, par Chris-
tine de l'isan , à la lonange de Jeanne d'Arc , et que
M. Achillo Jiil)inal a piihlii? en i838. Celte pièce
reniai'(|uul)l(', ddiil nous rcjji'oduisons une l)onne
partie en appendice, prouve que le souvenir de
l'antique prnspérili' do Paris rnstail au cœur de tous
ceux qui avoieiil vu le n'-gnc de Charles V et les
coninicnccmeiils de celui de Charles VI. Christine
de Pisau avait aloi-s h peu près le ini^ine /\ffe que
Guilleherl de Metz; d(!vouée au parli du dauphin,
petit-(lls de son bienfaiteur, elle traduil nalurclle-
meiil sa ponsdn avec plus de liberté' (|ue ne pouvait
le faire le libraire de " Monsieur le duc Jean de Bour-
"gogne.i
Je souloie
Me t«nir Irislcmcnt pm cnjfp;
Mais or cliaii(;nrni mnn langage
De |>liMir en chant, quanl recouvré
Ay Jiion temps. . . .
Bicu IDO part avois enduré.
I.'nii mil c(xc XXIX
Rcprint a luire li soleil;
Il ramené le bon temps neaf
Que on «voit vcu do droit oil
Puis longtemps, dont plusieurs en deuil
OrcHt vcsipii; j"cn stiis de ceulx;
Mais plus do rien je ne me deuil.
Quant orea roy ce que je veulx.
'' La ruine de Paris et de ses environs par la
domination an(jlaise est un fait hors de doute, au
dire m<5me du Ilour(feois de Piirig, «pii nous a
laissé un journal des dvt'nements dont il a élé le lé-
moiu, et tpii s'y montre partoul InV-partisan de
Henri \ 1 t'I du dur diî lU'dford. Kn se renfermant
dans les anni'cs indiquées par (luillcbcrt de Meli,
on peut recueillir de nombreux l('moi(jna(fes de
cette triste n'alitt'. Le a juin t Wo , le Itour^fois de
Pari» l'ont les lignes suivantes : «^ Aussi losl que les
lîArminai furent départit, les Angloys.kon gixf ou
T mal gré de leurs cappilainet , pillèrent toute l'ab-
r baye de Saint Mor des fouez , et la ville si au n«t ,
cqu'il n'y laissèrent pas les cullicres au pot qu'ils
"n'apportassent, et ceulx de davant i leur entrée
iravoient bien pillé, et les darrains encore rien n'y
c laissèrent : quelle pitié!» Au 4 septembre de la
m^mc année, il nous apprend que 'pauvre* gens
rn'avoienl ne vin ne pitance, ce non uog pou de
itnoix et du pain et de l'eauë, car pour ne fèves De
'rmangeoient point, car ils coustoient tropenarhapl.
iret plus en cuire; et pour ce se appelissoit moult
(T Paris de gcns.n Kn juillet t&3<i, même état de
choses : 'On avoit grand disette de vins h Paris, et
ffde pain par cas poreil... Veei là comme tout en
'alloil. quant toute la Une fut destniitte des ungs,
des autres gasterent Beausse et (ïastinois et tout
'le pays.» Trois ans après, en i&3S, la banlieue
de Paris est mise à feu et h sang : «Vers la fin
■rd'aoust, vint grand foison d'Angioys; ib aasie-
cgeretit ceux qui dedans Saint Denis estoient. et
'leur osterent la rivière qu'on nomme (]rout, et à
«faire leurs logeys despecerenl les maisons de Saint
'Ouïn, de llaubcrvilliers. de la Chappelle. brief
rde tous les viltaiges d'entour, qui n'y demeura ne
irhuys, ne fenestre, ne traillis de fer. ne quelque
ffchose qu'on pust enqK>rter; ne n'y demoara au
'champs , depuis qu'ils furent logei , fèves, ne pob,
irne quelque autre chose; et se y avoit encore des
«biens sur terre, mais quelque choae n'y de-
'moura; et cop|)oient les > ignés a tout le grain, et
ralloient piller tous les villaiges d'eulour Saint
'Denis.» L'année suivante, le parti de Charles VII
l'emporte; les Anglais sont obligés de fuir; mais ib
ne quittent pas le pays sans le dévaster encore :
it Le mardy des Testes de Pasques . écnl le Bovgtti»
tide Paru, les gouverneurs de Paris firent pwtir
renviron niynuit bien six ou huit cents Angiop
r|)our aler bouler le feu en tous les |ieUs vilUgas
'et grans qui sont entre Paris et Pontoise sur la
«6
1-2-2 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
rappeler pour pouvoir apprécier à leur juste valeur les détails que Guilleberl nous a
transmis.
figiiK» de u CM. Le chapitre xx est consacré aux églises qui existaient dans la Cité. L'auteur fait une
description assez détaillée de Notre-Dame et des principales curiosités qu'on y voyait. Dans
le cloître, il compte trois tribunaux ecclésiastiques : celui de l'évéque, celui des chanoines,
celui du maitre des letlametU», fonction importante dont nous parlerons plus tard.
i>»iai>,sainu>-ci<«i>eii<, Il meutionnuc, BU chapitre xxi, le Palais, la Sainte-Chapelle et l'Hôtel-Dicu , et nous
lUld-Dieu
apprend que la fameuse table de marbre était composée de neuf pièces. Il ne fait qu'indi-
quer les marchands établis dans le Palais; toutefois il cite un potier d'étain , habile ouvrier,
tenant des rossignols qui chantaient pendant l'hiver. Quelle que soit l'explication qu'il faille
donner de cette merveille, Guillebert de Metz en était fort épris, car il revient encore,
dans son dernier chapitre, sur l'ingénieux artisan auquel on la devaiu
Pools rtniM. Bien que le chapitre xxii ait pour titre Det Ponts, notre auteur l'a terminé par une
énumération des rues de la Cité. Les détails qu'il nous donne sur les quatre ponts existant
à cette époque sont assez courts, mais curieux. A propos du Grand Pont (aujourd'hui le
Pont-au-Change), il dit que, dans l'année i4oo, quand Paris était dans sa fleur, il y
passait tant de monde, qu'on y voyait toujours un blanc moine ou un blanc citerai. Astcsan,
le poète, a fait la même observation , vers i A5o, mais il dit que le moine était ooir, et, au
xvii* siècle, elle a été appliquée au Pont-Neuf; seulement on a joint au cheval et au moine
une femme de mauvaise vie.
CoiMpi.^iiM* Le commencement du chapitre xxui contient l'énumération des collèges dont se com-
' ™" ' ""^ ■ posait l'Université de Paris et des é(^ises qui les avoisinaient. La fin est consacrée à une
nomenclature des rues comprises dans cette partie de la Ville.
ÉdiEcn Dans les chapitres xxiv et xxv, Guillebert parle des édises, des édifices de toute sorte,
silui^s dan» la Ki«.. • • i l l i l i l- ■ • i>
et principalement des hôtels et des habitations particulières qui se trouvaient dans la partie
basse de la Ville, c'est-à-dire sur la rive droite de la Seine. Ces deux chapitres sont remplis
des renseignements les plus précieux : l'auteur y signale, dans l'église collégiale de Sainte-
Gatherine-du-Val-des-Ecoliers, une image de Bertrand Duguesclin dont les historiens n'ont
pas parlé; dans l'église des Célestins, deux peintures «de souveraine maîtrise,») la pre-
mière représentant Notre-Dame, la seconde le Paradis et FEnfer. Nous n'avons trouvé nulle
part ailleurs une mention quelconque de ces objets d'arL
iT rivière de Seine, et quant ils furent à Saint Denis, r jours guerroicr leurs voisins sans cause, parquoy
«ils pillèrent l'Abbaye, et vray est qu'en l'Abbaye rils meurenllousniauvaisenient.it On pourrait con-
ff aucuns ne prenoient les reliques pour l'argent linuer ces cilalions; elles sufllsent [wur démontrer
iravoir qui autour estoit.n Et quelques lignes plus que la bourgeoisie parisienne elle-même, quoique
loin, pour racbeter probablement l'aveu de ses sym- ralliée en grande partie à la cause de Henri VF.
pathics antérieures, le Bourgeois de Paris ajoute: reconnaissait le dommage immense que lui avait
irLes Angloys, de leur droite nature, veulent tou- causé la lutte des deux dynasties.
DESCF{IPTION DE PARIS SOUS CHARLES VI.
123
Ce qui est dit au sujet de l'éfjlise et du cimetière des Innocents, bien que déjà connu,
n'est pas sans importance, et jette un nouveau jour sur quelques point» controvers/'s. Guil-
iebert mentionne notamment la Danse des Morts, qu'il nomme la Danse Macahre , et l'indique
comme t'itant [Xiinte sur les murs du cimeti^;re'''. Il parle aussi de celte tour en pierre
surmonl(''e d'une imajje de Notre-Dame, qui se trouvait placée au milieu du cimetière, et
qui servait sans doute de fanal. Dans plusieurs autres cimetières de la France, on connaît des
monuments du môme genre, et les archéologues les ont justement désignés sou« le nom de
lanternes des morts. Guillebert se contente de signaler celui-là, construit, dit-il, par un
homme qui s'était vanté , de son vivant, «que les chiens ne pisseroient point sur son sé-
pulchre. »
Dans le deuxième volume de ses Recherches sur les Antiquités de la ville de Paris, Sauvai a
réuni des détails nombreux sur la majeure partie des h6tels énumérés par Guillebert de
Metz. Il en est cependant quelques-uns que celui-ci fait connaître pour la première foi»
et (pii appartenaient à de riches bourfjeois de Paris : l'hôtel de Difpie Responde, rue de la
Vieille-Monnaie ; le bel hôtel de Bureau de Dampmartin , rue de la Courroirie, où ce génèrent
citoyen donnait asile à un écrivain de grande autorité, mahrcLMurentduPremierfait;vl enfin,
dans la rue des «Prouvelles,» l'hôtel de Maître Jacques Duchié ''•. Guillebert a consacré la
majeure partie du chapitre xxv à la description de cet hôtel; c'est une des pages les plus
curieuses de son livre. Il n'oublie rien : les oiseaux dans la cour, les devises morales qui
couvraient les murs de la salle d'entrée, les instruments de musique, les jeux de toute sorte.
la cliapellc, le cabinet d'étude, les lits, les tables sculptées, les tapis qui les couvraient,
les fourrures, les armes offensives et défensives, les salles hautes, jusqu'aux (jiroucttes
ornées de figures dorées qui surmontaient le toit de la maison. Il fait un grand éloge des
qualités physiques et morales de Maître Duchié, ainsi que de l'obéissance et de la cour-
toisie de ses nombreux serviteurs. Guillebert de Metz avait été, sans aucun doute, bien
accueilli dans cette maison opulente; il y avait trouvé un hôte généreux, peut-^tre même
un Mécène. 11 mentionne encore l'hôtel de Guitlemin Hanguin, rue des Bourdonnais, comme
un «excellent édifice, où il a de sereures autant comme il a de jours en l'an;» celui de
Mille Baillet, trésorier du Roi, rue de la Verrerie, dans lequel il y avait une chapelle où
l'on célébrait l'olfice divin tous les jours, des salles, chambres et études au rez-de-chauss^
pour l'été, aux étages supérieurs pour l'hiver. On y comptait autant de vitraux qu'il y a de
jours dans l'année. Guillebert répète ce détail en plusieurs endroits; on peut douter de
son exactitude.
'■> Galiriel Poignot, dnns ses Jlfcherckes sur les
Danses des Morts, etc. Dijon-Paris, 1806, in -8*,
p. 77 ot suiv. a donné des détails rnricnx sur la
Danse Macabre. M. A. Ronnordot possible un (a-
bleaii des plus inlérossnnts, représentant le ciiiie-
tière des Innorenls. I.'inipniianre de re Injjubre
sujet, au |)oint de vue de l'histoire de Paris, nous
a déterminés h réunir, en appendice, le» texte»
et les dessins dont parle (laillobert d« Mrtt, et qù
sont de ré|KM]ue où il écrivait.
(*) Nous avons cru devoir consacrer un appen-
dice k ta biographie des pefaouagM importanla
cités par Guillebert de Meti et contonporains de ce!
(Vrivain. I.e tableau qu'il a fait de Pans, ver» la fin
du XIV* siècle et au eommeoeement du xv*, n'en
sera «pie plu» complet
16.
Ruet de Pari»
«iir la rive ciroilr.
13a
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Dans le chapitre xxvi , i! donne la liste des rues de Paris situées sur la rive droite de la
Seine, et termine en disant que le nombre de toutes les voies de la capitale s'élève à quatre
cent et dix. Les différentes nomenclatures qu'il en a faites ont le plus grand rapport avec
le Dit des rues de Paris de Guillot et quelques autres pièces du même genre déjà connues.
Elles offrent cependant un avantage qu'il est bon de signaler, c'est que Guillebert ajoute le
plus souvent au nom de la rue l'indication des marchandises qui s'y vendaient et du corps
d'état qui l'habitait.
Porii', Les chapitres xxviii et xxix ne renferment pas seulement, comme on pourrait le croire
' """"""' '"'■ d'après le titre, des détails sur les portes de Paris; on y trouve encore des renseignements
sur les endroits remarquables des environs, tels que Saint-Maur-des-Fossés, Saint-Denis,
Montmartre et plusieurs autres.
Notable* habitants.
Proressiotis
et îadustrin curieuses,
Scribes.
Enfîn, dans le chapitre xxx et dernier, Guillebert de Metz a entrepris de faire connaître
les notables habitants de Paris : tous les rangs de la société sont tour à tour passés en
revue, depuis les rois et les empereurs qui venaient à Paris pour se distraire, jusqu'aux
mendiants que Guillebert porte au nombre formidable de quatre-vingt mille. Dans cette
énuméralion, les sciences, les arts, les lettres ne sont pas oubliés : des noms déjà connus
s'y trouvent, tels que ceux de Flamel, de Gerson et de Christine de Pisan.
Mais ce qui n'est pas moins curieux, ce sont des noms de savants, de musiciens, de
scribes, d'artisans de toute sorte, dont jusqu'ici l'on n'avait pas même soupçonné l'exi.stence
à cette époque. C'est ainsi qu'après avoir nommé plusieurs personnages connus alors, soit
dans les lettres, soit dans les arts, soit dans le commerce et la riche bourgeoisie, il en signale
plusieurs autres dont il faut renoncer à trouver la moindre trace en dehors de la mention
qu'il en fait; par exemple : le théologien Alemant, qui jouoit sur la vielle; Guillemin Dan-
cel et Perrin de Sens, habiles harpistes; Cresceques, joueur de rebec; Chynenudy, le joueur
de cornemuse et de flûte; Bacon, qui accompagnait sur la vielle ses «siphonies, tragédies
et chansons.» Ce dernier était sans doute un de ces jongleurs dont les devanciers ont,
pendant plusieurs siècles, récité dans les châteaux, dans les hôtels, et aussi dans les
demeures plus humbles des bourgeois et des gens de métiers, les fabliaux et les romans
de chevalerie. Guillebert signale encore d'autres artistes ou fabricants habiles, tels que :
un polisseur de diamants du nom d'Herman, un orfèvre appelé Willelmus, un fabricant
d'objets en cuivre et laiton argentés ou dorés, nommé Andry, et enfin ce potier d'étain qui
tenait des rossignols chantant en hiver, industrie dont nous avons déjà parlé et qui a paru si
singulière à notre auteur qu'il a répété deux fois ce renseignement. N'aurail-il pas voulu
désigner ainsi un marchand de jouets d'enfanLs? Nous livrons cette conjecture à la sagacité
de nos lecteurs*".
Après avoir parlé de Bacon, signalé plus haut comme un jongleur, Guillebert cite les
'"' Nous rappelons ici au lecteur qu'il trouvera , k
la lin de la Description de Paris, des détails sur les
littérateurs, artistes et artisans mentionnés par
Guillebert de Metz.
DESCHII>TI()N DE PARIS SOUS CIIAKLES VI. 125
scrihe» les plus rcmarr|iiablcs de Paris à son époque; on verra, par les détaiJg donnés plu»
loin, que son opinion à cet égard est des plus importantes, puisque lui-même était Irè»-
habilc en cet art. Un de ceux qu'il a nommés, Flamel l'ainé, egcrivain qui faitoil tant (Tau-
mosnt; et lt(ispitiilit(^ , est bien ronnu; mais (juiilebert sifjnale plusieurs autres scribes contem-
porains (|ui étaient fort habiles et dont l'existence nous est ainsi révélée pour la première
fois. C'est d'abord Gobert, qui avait composé un art d'écrire et de tailler les plumes, traité
(|ui n'est pas parvenu jusqu'à nous; ce sont ensuite plusieurs élèves de ce Gobert, qui
tous ont eu assez de talent pour que les princes du temps se soient empressés de les rete-
nir à leur service. Flamel le jeune était écrivain du duc de Berry; Sicart, du roi Richard II
d'Anjjieterro; Guillcmin, du (;rand-ma{lrc de Hiiodes; Cre»py, de Louis, duc d'Orléans;
Perrin, de l'empereur Sijjisniond. Il en existait, en outre, plusieurs autres que notre auteur
n'a pas nommés, et parmi lesquels il se plaçait probablement.
On trouve encore dans ce chapitre, aussi curieux que singulier, quelques détails de sta- DMi>4t
tisli([ue. Nous ne pensons pas qu'il faille les prendre tous ;\ la lettre; il y a probablement
beaucoup d'exagération dans les quatre mille tavernes Je vin qui, suivant l'auteur, existaient
à Paris. On doit en dire autant des quatre-vingt mille mendiants qu'il signale, aussi bien que
des cent vingt mille personnes à cheval qui accompagnèrent la reine Isabeau de Bavière à son
entrée dans Paris, et qui toutes étaient payées par cette reine, ajoute Guillebert; mais il
dit encore que l'on conq)lait dans Paris «plus de soixante mille escripvains,» ce qui vou-
lait dire scrilies, enlumineurs, et pcut-(5lre libraires. Ce nombre a été également trouvé
excessif. Cependant (iuillebert, par la profession qu'il exerçait, devait être très au courant
de tout ce qui concernait la librairie de son temps. Si l'on donne au nom d'écrivains l'in-
terprétation que nous proposons, nous ne pensons pas que Guillebert ait beaucoup exagéré.
Les documents du tenq)s nous signalent la ville de Paris comme étant le centre intellcc-
(uel le plus consid('iable de l'Kurope hi cette époque; c'est ce qui résulte notamment des
curieux détails recueillis sur ce point par le savant V. Le Clerc dans son Discours sur l'état
(les lettres en France au xiv' siècle '".
Avec les renseignements qui précèdent et quelques autres que nous avons pu recueillir,
il devient possible d'escpiisser à grands traits la biographie de Guillebert de Metz. Jusqu'au
jour où sa descriplion de Paris a été signalée aux amateurs, cet écrivain était resté inconnu.
Kn supposant cpi'il eiU atteint sa soixante et dixième année quand il composa son livre,
puis(ju'il se donne comme témoin de faits déjà fort éloignés de l'époque où il écrivait, il
devait être né entre i35o et i36o, sans doute dans la ville de Metz, dont il |M)rlait le
nom. Cette ville, au xiv' siècle, faisait partie du gouvernement des Trois Evéchés (Metz.
Toul et Verdun); elle relevait alors do l'Empereur, mais elle était soumise à une sorte
d'aristocratie, conqmsée de six familles avec un maître Echevin, un conseil des Treize el un
conseil des Prud'lionnnes; révê([ue de Metz avait aussi de grandes prérogatives. Guillebert
était donc allemand d'origine.
'"' Tome XXIV de V Histoire lilléraire de la l'rnncr.
126 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Sa vie» Pari.. Au xiv' sièclc, la natioii allemande, l'une des quatre dont se composait la Faculté de»
Arts, était nombreuse à l'Université de Paris; Guillebert y vint, comme la plupart de ses
compatriotes, et tout fait supposer qu'il n'avait alors que vingt ou vingt-cinq ans, car il
parle d'événements qui se sont accomplis sous ses yeux en l'an i38o. Ce qui permet de
voir en lui un élève de l'Université, ce sont les éloges qu'il ne manque pas de faire des
maîtres qui s'y sont rendus célèbres dans la première moitié du xt* siècle, tels que Germm,
Jacques Legrand, Pierre d'AHly, Pierre Le Roy, Gilles sou» le Four et plusieurs autres; c'est,
de plus, la variété de connaissances dont il fait preuve, la facilité, l'élégance relative avec
lesquelles son ouvrage est écrit. Il y séjourna pendant longues années et y recueillit les notes
qui lui ont servi à composer son livre; toutefois il avait probablement cessé d'y demeurer
quand il écrivit la Description de la Ville de Paris. Une circonstance nous engage à émettre
cette opinion, c'est que les cbapitres xxiii et xxiv, consacrés à l'énuraération des rues de
Paris, contiennent plusieurs noms estropiés, ce qui autorise h croire que Guillebert n'était
pas en situation de contrôler ses dires, et qu'il écrivait de mémoire d'après ses notes et
ses impressions d'autrefois.
iieaseignemonis Qucl que soil le degré de vraisemblance des conjectures qui précèdent, nous n'en étions
»ur Guii°eb^'de Meii P^^ Hioins jusqu'ici réduits à de simples inductions, rapprochant quelques faits, recueillant
par un mmiBcnt quelqucs datcs éparses dans la Description de Paris, lorsqu'un de nos confrères, bien connu
In bibiioibique paj. gçg ouvrages nombreux et son érudition, M. Paul Lacroix, conservateur de la biblio-
ilelAniona). * "
thèque de l'Arsenal, nous a signalé un manuscrit qui jette beaucoup de jour sur la pro-
fession exercée par notre auteur. C'est un volume grand in-folio , inscrit au Catalogue de
cette bibliothèque sous le numéro B. L. F. a63; il est relié en maroquin vert, aux armes
du marquis de Paulmy, et provient, sans nul doute, de l'ancienne bibliothèque des ducs
de Bourgogne. Il est orné de cent miniatures, sur lesquelles nous reviendrons plus loin,
et contient la première traduction du Décaméron, de Boccace, faite en iluli par un poêle
nommé Laurent de Premierfait, dont parle Guillebert dans sa Description de Paris. Au
folio II v° de la table du manuscrit se trouve la rubrique suivante : Explicit là table dd
TRiNSCRIPVAlN GciLLEBEIlT DE MeTZ, BOSTE DE l'EsCD DE FrA.NCE À GrAMOKT.
A la fin du manuscrit, au folio 3 96 r*, on lit : «Cy fine le livre appelle Decameron,
«ou autrement le prince Galeot surnommé, qui contient cent nouvelles racomptées en dix
«jours par sept femmes et trois jouvenceaulx, lequel livre ja pieça compila et escripvi Jehan
«Bocace de Certalo en langaige florentin, et qui nagueres a esté translaté premièrement
«en latin et secondement en françois, à Paris, à l'ostel de noble, sage et honneste homme
«Bureau de Dampmartin, citoien de Paris, escuier, conseiller de très puissant et très noble
«prince Charles VI' de* son nom, roy de France, par moy, Laurent de Premierfait, famil-
«lier du dit Bureau, lesqueles deux translations, par trois ans faites, furent accomplies le
«quinziesme jour de juing, l'an mil quatre cens et xvij.n f^Collationné.v
Cette suscription est la même que celle d'un autre manuscrit de la traduction de Boc-
cace qui est conservé à la Bibliothèque impériale.
Le manuscrit renferme environ cent miniatures, une par nouvelle; elles sont divisées
en deux compartiments, ce qui fait un total de deux cents sujets empruntés aux récits du
Décaméron. On y remarque deux manières différentes : l'une qui est française, l'autre qui
1^ '
I
ô
^1
y
,..,trad par LAURENT Db PHbMlLR hAii
pitpar GUlLLF.BERT.r^ '." ■ •
' .'ornsscni s\- i'jb'sean' fiLF JtH5 J
4-Le; •
«MMcn/ <èAitiMltrw A^*
DESCRIPTION DE PARIS SOLS CHARLES VI. «7
csl allemande. Au bas des miniatures de la vinpl-sixi^-me nouvelle (f* ii5 r'), on lit ee*
indications donn/ics probablement à l'artiste allemand chargii de peindre les miniatures,
pour lesfpielles le copiste avait r('!s<!rv('î de la plafc : « .;. mmi en ./, wef, ./. man en ,;. «rf
v^Hlucnde neuen ./. rivière. — ./. man end ./. vcvj dccn neuen dand m een bedde neuen ./, bad»-
<f.cupe.n Ce cpji veut dire : «Un homme et une femme se tenant près d'une rivière. —
Un homme et une femme étant couchés ensemble dans un lit; auprès un baquet. « Les
miniatures répondent parfaitement à ces indications. On trouve encore des explications du
môme genre aux miniatures 37, a8 et ag. Les deux cinquièmes environ des miniatures
sont allemandes, notamment les douze premières, celles des nouvelles at à a4 et afi à 3o,
comme aussi Uk à 5o et ôa à 58. Les autres, c'est-à-dire environ soixante, nous paraissent
l'œuvre d'un artiste français et des plus habiles. Il suffira de citer les miniatures des nou-
velles i3 à 90, 5a à 9a et (j4 à 100. On voit que l'artiste français a terminé le manus-
crit, tandis que le miniaturiste allemand l'a commencé.
Que pouvons-nous conclure des renseignements (pii précèdent? D'après la rubrique du
f° h v°, il nous paraît à peu près certain (|uc Guillebert , auteur de la Dencriplion de Parii,
a écrit ce manuscrit du Décaméron , et qu'il était possesseur ou habitant d'un hôtel ayant pour
enseigne l'Kcu de France, à Gramont, sans doute Grammont, ville de la Flandre orientale.
Lorsqu'il a transcrit ce beau volume, peut-ôtre demeurait-il lui-même à Paris; peut-i'tn-
était-il l'hôte de Bureau de Darn[)marfin, dont il nous parle avec éloge. Dans cette hypo-
thèse, il aurait fait ce travail d'après l'original, vraisemblablement sous la direction de
l'auteur, avec lequel il serait entré en relations chez Bureau de Dampmartin; enfin il a
soin de nous prévenir que sa copie a été collationnée ; tout porterait à croire qu'il a exé-
cuté cette collation avec le traducteur. En examinant ce beau livre, écrit d'une main très-
habile, très-expérimentée, orné d'arabesques ii la plume et d'une extrême élégance, sans
compter les miniatures et les fleurons en or et en couleurs, nous étions porté à considérer
Guillebert de Metz comme un écrivain de profession, partageant sur ce point l'opinion
émise par M. Paul Lacroix. Cependant nous avons cru devoir interroger .M. Léopold De-
lisle, membre de l'Institut, et l'un des collaboraleui-s du Service historique de la ville de
Paris; nous lui devons la communication suivante :
wKn 181 5, l'adniinislralion de la Bibliothèque royale remit à M. Lammens, délégué
«du roi des Pays-Bas unis, trois exemplaires du livre de Sidrac. L'un d'eux est ainsi dési-
pgné dans une note écrite de la main «le Méon :
v.Le livre de Sydrac ou de lu fontaine de toutes sciences; le Lucidaire, 1 volume in -fol.
Rxv' siècle, lettres grises, arabesques, miniatures. On lit à la fin que ces deux ouvrages
« ont été écrits de la main de Guillebert de MeU , libraire de M. le duc Jean de Bourgogne^^K «
'*' Ces trois manuscrits sont in(li(]ut<s dans le ca- deux seulement dans le Catalogue dm mmmttrits é»
Iniojjue tie In bil)liollièque des ducs de Bourgogne, la Bibliothèque des dmes de BtmrgDgm, par M. Mar-
dresst' en 1A77. sons lo lilro suivant: Inrcnloire dfs clinl, BruxplK's, tbhi, in-fol. p. «55. Ni l'on ni
meubles de Charlen le Téméraire, etc. (\n\ei p. ny laiilre «io ces deux ouvrages ne donn«n( l« nom de
de In Uibliolhèque protyimip-aphique , ou librairie des lëcrivain qne Mëon a si(^alë dans la note repro-
/î^(/Mroiy(>fm. publiée par M. Barrois, Paris, i83o, duitc plus haut. Noos avons cfaerehé vaÏMinent k>
in-T, n" 1576, 1577, 1578 ) Nous en retrouvons nom de Guillebert de Mets, soit àmt las inven-
128 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Le renseignement était exact; la mention relevée par Méon nous a été transmise de La
Haye, où le volume qui la contient, et qui est relié aux armes des princes d'Orange-Nassau,
a été réintégré en 18 ta"'. Guillebert de Metz était donc scribe de profession, et de plus
il prenait le titre de libraire du duc de Bourgogne. Le temps pendant lequel il a séjourné
à Paris, et qu'il a indiqué lui-môme, c'est-à-dire de 1607 à i434, correspond bien à
l'époque oiî Jean sans Peur dominait dans la capitale. Après 1 & 1 9 , lorsque le duc eut
été assassiné sur le pont de Montcreau, Guillebert n'en continua pas moins de résider k
Paris, et rien ne prouve qu'il y ait été inquiété. Les détails aussi curieux que singuliers
qu'il donne sur les savants, les universitaires et les écrivains en prose ou en vers, les scribes,
les enlumineurs, les artistes en tous genres qu'il y avait connus, acquièrent ainsi une grande
valeur, puisque le «transcripvain» parle d'une industrie qui lui était familière et de per-
sonnages au milieu desquels il vivait.
ManuKrie unique Le seul manuscrit connu de la Description de Pari» par Guillebert de Metz provient de
la DnilipiiJ» it Pari,, l'anciennc bibliothèque des ducs de Bourgogne, et fait partie de la bibliothèque royale de
Bruxelles, où il est inscrit sous le n* 9663. C'est un volume in-folio, en vélin, couvert
d'une reliure moderne en veau, avec un dos de maroquin rouge. Les N couronnés qu'on v
remarquait il y a quelques années indiquaient que ce volume avait été relié à Paris, sous
le règne de Napoléon I", pour la Bibliothèque impériale, où il a été repris en 181 5.
dette reliure, qui rappelait le passage du manuscrit en France, a été enlevée depuis i853,
et remplacée par un dos de veau fauve, couvert de dorures, parmi lesquelles figurent les
armoiries de la Belgique.
Ouvragt-^ conleiiU!)
ce manuscrit.
Le volume contient les ouvrages suivants :
,0 p ^ r°. — Roman d'Othea et de la Déesse Prudence (en tête une assez belle minia-
ture).
taires de la maison des ducs de Bourgogne, publia
par Delabarre, en 1729 (Mémoiret pour tenir à
l'Histoire de France et de Bourgogne, in-4° ) , soit dans
quelques autres travaux plus récents; nous avons
aussi compulse les ouvrages importants publiés par
M. le marquis de La Borde, nolanmienl sur les ar-
chives de la maison de Bourgogne (Les duc* de
Bourgogne, étudei sur le» lettre», le» art», etc. pen-
dant le ly' sikle, etc. Preuve», Paris, iSig-iSoS,
in-8°, 3 vol.), sans être plus heureux. Nous avons
eu recours encore à l'extrême obligeance de M. de La
Borde, que nous nous sommes empressé de con-
sulter, et qui a écrit pour nous h M. Pincharl, con-
servateur des Archives à Bnixelles, savant très-versé
dans la connaissance des documents de tout genre
relatifs aux quatre ducs de Bourgogne. M. Pinchart
n'a pas rencontré d'indication se rapportant à Guil-
lebert de Metz. Il est vrai que le titre pris par ce
aeribe n'implique pas nécessairement qu'il ait été
altaché à la maison du duc Jean sans Peur; peut-
être avait-il seidemenl vendu des manuscrits à ce
prince en sa qualité d'écrivain libraire. Au sujet du
mot de b-antcripeain , qui se trouve dans le manus-
crit de la bibliothè(|ue de l'Arsenal, nous ferons
remarquer que ce mot n'est pas ordinaire; c'est la
première fois que nous le rencontrons parmi les in-
dications du même genre, assez fréquentes dans les
manuscrits. Guillebert n'a-t-il pas voulu dire qu'il
avait été le premier à transcrire sur du veiin et en
belles lettres ornées la traduction du Dêeamèron de
Boccace, faite par Ijiurenl de Premierfail?Nous sou-
mettons cetteopinion à nos confrères en paléographie.
'') Grâce à l'obligeance de M. Campbell , sous-
bibliothécaire, nous avons pu recevoir le fac-similé
photographique de cette mention, et nous le don-
nons avec ïexplicit du manuscrit de l'Arsenal.
DESCRIPTION DE PARIS SOUS CHARLES VI. 129
•i" F° 76 r". — Soncqiic, des quatre Vertus, avec un prologue du traducteur.
3° F° 97 r°. — Le» Kpistros du Débat sur le Hoiiiinaii de la Rose entre notables |)er-
sonnes Maistrc Gautier Col, gênerai conseiller du Roy, rnaistre Jean Joliannes, prevost de
l'Ile, et dauioiselle Christine de Pisan.
ti° F" 1 10 r°. — Cy commence ung traicté de parler et de taire, compilé par unj; clerc
degrant auctorité, à Paris, l'an de grâce mil un c. et sept.
5" F° 1 1 6 r°. — Des cin(| lettres du nom de Paris compilé par ung notable clerc Nor-
Miant; l'an de grâce mil quatre cens dix huit. — Il s'agit ici d'un éloge de Paris, in.signifianl
au point de vue historique; il est composé de cinq strophes de douze vers chacune, qui com-
mencent tous par la mCmic lettre'".
(»• P 1 18 r°. — La Description de la ville de Paris et de l'excellence du Royaume de
France, transcript cl exfraict de pluseurs aucteurs par Guillebert de Meta, l'an mil iiii' el
XXXMll (1 A.Vi).
On remarquera les deux expressions trés-signifîcatives dont se sert Guillebert de Metz (.mnAnn,*^.
dans le titre même qu'il a donné à son œuvre : sa Vescription de la ville de Paris a été *lran*-
if.crij)le el exlrairle de j)luscurs aucteurs,» ce qui implique un double travail d'écriture cl
de compilation. Faut-il maintenant reconnaître à notre auteur un troisième mérite, celui
de minialuristc? lin érudit dont le nom fait autorité, M. Paul Lacroix, incline à le croire,
el ce qui l'y engagerait, c'est l'étonnante similitude de style que présentent la miniature
dont le roman d'Othéa est orné dans le manuscrit de Rruxelles'^' et les miniatures du Dé-
caméron conservé à la bibiiollièque de l'Arsenal. Ces deux volumes étant autbentiquement
l'ccuvre calli{jrnphique de Guillebert de Melz, il faudrait supposer qu'on a eu recours, pour
l'un el poin- l'autre, au même enlumineur, si l'on ne préfère, comme M. Paul Lacroix,
attribuer à notre auteur les miniatures ainsi que le texte.
M. A. Bonnardot, dans le Bulletin de. l'Alliance des Arts (n" de décembre i8A5 el tnnm
janvier i84G), a le premier signalé l'ouvrage de Guillebert de Metz, et en a donné
quelques fragments; en 18/18, il a réinq)rimé son travail à la page qo d'un opuscule con-
sacré à Gilles Corrozet, le premier en date des vrais historiens de cette ville. En i8d3.
nous avons fait transcrire, à Bruxelles, la Description de Paris, et nous avons collationné
'"' Nous reproduisons, en appendice, celte pièce
singulière, et nous clierclions à (k'l)rouillcr le sens
bizarre qui résulte de cet accou|)lenient de mots
coniniençiint tous pnr la môme Icllro.
' Oi'lti-niininture, pinci'e a In première pnge du
roman d'Ollida, ornc^e d'une bordure h fleurons
d'or el de couleurs . est remplie presque entièrement
par une ligure qui reprt'sente dmiir Justice tenant
d'une mniii le glaive el de l'autre le liviv de la Loi.
Klle est assise sur une chaise Irès-lnqfo ; h sa gauche ,
Miêérlcorde , velue d'un miinteaii d't'viVpie. avec la
mitre el la crosse, se penche vers elle comme pour
riniploivr; à SA droite, un clerc couvert d'une rol)e
bleue, h chausses rouges, ubis sur un pliant, érni
avec ntlenlion; il repréiente Informatiom. \^ chaise
sur laquelle est assise iawie Justice se trouve au mi-
lieu d'une arcade en marbre blanc, soutenue par
deux colonnes très-Ibères, dont la l>ase repo»e
sur un socle carré. Sur la partie de gauche, on lit :
Cremew de Dim. — Loyml/. — Ctmml. — Pru-
dence. Sur celle de droite : Éftùlt. — Umrdrmttu.
— Renowmèe. — Diligence. En haut de la minia-
ture, sur le fronton de celle arcade en marbre, oa
lit au milieu. Hotmnir; i gauche . ffaisaw ; à dreite ,
Irn'c'. ('.<> travail, qui rsl d'une belle <
a été fait avec beauro«ip de soin.
BIST. — I.
130 DOCUMENTS ET ECRITS ORIGI.NAl \.
cetlf copie sur le manuscrit ori{jinal. En i855, nous l'avons iMibli/u'. a\«'c un*" introduc-
tion, dans la Collection des pièce» rare» et inAlitei, (^dilée par !<• lilirairt» Aiilirv : <•»• pt-iil voiuni<>
in-ia a él^ rapidement épuisé.
Publication nciudic. Gfâce aux démarches que M. le baron Haussmann a provoquées à Hruxelles, comme il
l'avait fait n Vienne pour le texte de Jean de Jandun, le manuscrit de l'ouvra^^e de (iuil-
leberl de Metz a été envoyé à l'Hôtel de Ville; nous avons donc pu collalionner de nouveau
le texte, et donner U's fac-»imile du premier et du dernier feuillet de la Ihtrriylion tir
Pari». Si l'on compare ces feuillets avec le manuscrit de la traduction de Bocrace (|ui a|>-
partient à la bibliothèque de l'Arsenal, ainsi qu'avec la mention si^rnaléepar Méon. double
fac-similé (|ue nous avons également fait exécuter afin de {lermettre au le<'leur «l'en ju^er
lui-même, on incline à croire (pie les trois volumes ont été écrits jiar la même main, mais
à des épctques différentes. Le manuscrit de Bruxelles serait donc l'œuvre originale <lc Ciiil-
lebert de Metz.
Le lecteur reconnaitra sans peine (|ue la pré.sente édition est de beaucoup supérieure à
celle de i855. Sans parler de l'exécution typographique et des planches, qui ajoutent un
nouvel attrait à la |>ublication, nous croyons pouvoir dire que la notice a été complète-
ment refondue, les notes augmentées dans une proportion Irès-considérable, et la topo-
{.Taphie du vieux Paris indi(|uée aussi exactement <|u'il est possible de le faire par voie
d'annotations. Une série d'ap|)endices complète le tableau de notre capitale au commen-
cement du XV* siècle, tel que l'auteur a eu l'intention de l'esquisser.
n
/^^
:/'
^à
rr--°
'/
o/
M
c^J
Hntfi ^Cft^£t ncffnntr/du^LC 4(hzu cèflt£ tfVo/S
^M/fli^eCouni fntotét^ ^fiffitvt^vt ^ic^
dufttédbp (Kfxmurti^ eiiXkmBil/£a wt éfeAj^vf
JmtJ nie €^[f^ptfftt.0t^/U^^)tmcHrtrtn^X^f^
•'ac simile delal?paje dune Dascriplion de '- ^'■"° de Pans. par OUILLE-'
Mi de là Bihliothèijut poyêk cte Bruxelles. N*95S9 fc'
-imclilh Cn|«(m4iu
LA DESCHIPÏION
DE LA VILLE DE PARIS
KT DE L'EXCELLENCE DL ROYAUME DE FRANCE,
TRANSCRIPT RT EXTRAICT DE PLUSEURS ALCTEVRS
FAR GUILLEBËRT DK MliiTZ.
I.'AIS MIL lllr ET XXXIIII
PREMIERE PARTIE
(I)
1 '.
Des François ^'' et de la fuiidalioii de Paris, et aussi des ducs et roysqui preniie-
reinent y liabilerent, deviserons cy ung petit •*', selon ce que nous avons pu veoir
el sentir par les chroniqueurs qui en ont parié et traitié ceste matière, si comme
Helinanl'-'*, Rernardns Guidonis, Guiliennus Arinoricanus, maistre Hue de Saint
Victor, et celui (|ui lisl la division du niorule qui se commence In exordin rerum,
lequel croniqua comme Vincent'"', et dit moult de choses singulières, et ne se
voult nonnner; Huguo Floriacensis et Orose, en son Onneste, et pluseui-s autres
(|ui en ont parlé diversement et en diverses manières. Les ungs treuveni que.
'■' Nous avons cru dovoir distiiifruer ainsi les
deux |H)iii(nis de rauivro de (iuilli<lHTl de Metz, en
|in^('n<iiil louiclois !<• Iwlcur qii»> celle division
n'existe pas dans le manuscrit. Il importait, en
elFel. que In n'priKlurlion fût iiil('|ri-nie. el d'autre
|)art il couMMiuil d'uvertir, coruiuc nous l'avons déjii
tiiit dans la notice, que les détails authentiques, les
r(Mis('i|rnpnu>nts vriiitnent ori|pMiuix se trouvent dans
la seconde moitié de i'uuvrn)re.
'*' Les chilTres placés en Itïte di>s chapitres n'exis-
tent |Mis dans le nianuscriL Nous les avons ajouta
|M)iir ohtenir une ineiUeun diviiiao du taie.
'' (îuillebert de Mete a n^gNgë les six preaùèras
lignesduconunentairede Raoul de Pirslm; ilneoom-
mence (pi'ii la septième, el nu milieu d'osé pfcnae.
' \ annule de Riioid de Pn^^les ; -nooa en per-
lerons un |iou. -
'*' Voir le» nole> iijiuii.i-s au Icxle «le Rantil d>>
Prcsies.
*' Var. "coninie l'isl Vincent.'
132 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
après la destruction de Troyes, Antenor se party avec douze mille de ses gens et
douze nelz; et vint jusques en Pannonie, qui au jour duy est appelée Hongrie. La,
es palus ou mares qui se appeloient Meotides, edidierent une cité, laquele il appel-
lerent Sicambre, la ou est a présent une cité appellée Bude; et y demourerent
longuement et multiplièrent en grant gent.
Or avint que ou temps de Valentinien, unes gens que len appeloit les Ailains,
qui estoient venus de Saxonne, se rebellèrent contre les Rommains; lesquelx
estoient diz Allains, dun fleuve qui se appelle Lanus; aussi comme les Allemans
sont diz dun autre fleuve qui est appelle Lemannus. Et comme Valentinien, qui
lors estoit empereur, veist que il ny povoit mettre remède, et sceust celles gens
que Antenor avoit amenez, et qui la sestoient logiez, estre fors, puissans et hardis,
et autreflbis avoienl résisté contre les Rommains, combien que ilz feussent lors
leurs tributaires, il leur olTry a relaschier leur treu par dix ans, mais que ilz voul-
sissent mettre ces Allains en lobeissance des Rommains ; lesquelx lui accordèrent
et le firent. Et pour ce orent remission par dix ans de leur treuage ; mais, les dix
ans passez, ilz refusèrent a paier le treu. Et pour ce les Ronnnains sappareilie-
rent pour leur faire guerre, et les François mistrent paine a eulx defl"endre et
résister, et assemblèrent ensemble, a grant dommage toutesvoies des François que
a pou que ilz ne recurent grant perte, si comme Sigibert en sa cronique raconte^".
Autres croniques dicnt quil nattendirent mie Valentinien, mais sen partirent,
et vindrent selon le Rin en Germanie. Et après sen vindrent vers Cambray et vers
Tournay et les prindrent ; et de la en France et la conquirent.
n.
DU NOM FRA^iCOIS.
De ceste matière parle Hue de Saint Victor, qui dit que aucuns deulx furent
diz François dun duc appelle Francio, qui estoit ung homme très puissant en
batailles. 11 a autres oppinions pluseurs sur la manière de venir en Hongrie, et de
leur département aussi, et quelx chemins ilz tindrent, et queles terres ilz habitè-
rent. Et pour ce que, si comme nous avons dit, ceste matière chiet en trois poins :
l'un de la naissance des premiers François, desquelx descendirent les premiers
roys de France; le second des premiers rois francois, et comment ilz emprindrent
premièrement a avoir seigneurie et en quelx lieux; et le tiers quant la ville de
Paris fu premièrement édifiée, qui est le chief et la plus principal ville du royaume
de France, nous en dirons aussi comme il sensuit^*'.
Prinset retenu pour répété ce que nous avons devant dit, maistre Hue de Saint
Victor en sa cronique, et cellui qui fist les croniques de la division du monde
en son livre qui sappelle In exordio rerum, racontent de lorine des Francois en
''' Variante : irsi comme dit Sigibert en sa cro- '*' Var. irnous en dirons aussi comme nous
nique." avons dit de Romme.»
DESCRIPTION DE PARIS SOUS CHAULES VI. 133
ceste manière. Et encorcs celliii qui fist celle cronique /n exordio rerum dit quil
en a (le lui''* une plus parfaite que Hue de Saint Victor; et raconte que Francio.
(ilz de Hector, (|ui lu lilz de Priant, etTurcus, qui fu fdz de Trodus, qui sembla-
bicnient lu lil/ de Priant, roy d<î Troies, apr*;» la destruction dicelle ville deTroies,
senluircnt et eschapperent a iv^'s (jrant multitude'*' de f»en8 darmcs. El aussi «en
partirent Helenus, ung adevincur, lequel cstoit aussi fdz de Priant, et Enéc, le filz
dAnchiscs, et que cel Helenus a tout mille deux cens hommes vint en Grèce et
y list pluscurs chasteaulx, villes et citez, et y demoura lui et sa postérité. Et Enée
sen vint en Ytalie et espousa la fille du roy Latin, et desconfisl Turnus, qui estoit
roy des lUitilieiis. Kt Krancio et Turcus se devisèrent en deux parties, dont les
unys suivirent Francio, les autres Turcus, et en firent chacune partie leur duc :
ccst assavoir les unjjs de Francio, et les autres de Turcus. Turcus vint en Sciteou
Sithe'*', et y demoura et habita; et pour ce sont ilz diz<*' Turs de Turcus; et Francio
sen vint en Hongrie, ou il edidia la cité de Sicambre, de costé les Palus ou Mares
Meotides, dont nous avons parlé dessus, et fu ou temps de David. Et quant il y
ot demouré environ deux cens et trente ans, le peuple quil avoit admené crut
par tele manière qued ny avoit pas assez lieu pour eulx habiter. Si sen partirent
environ vingt deux mil hommes pour quérir lieu convenable ou ilz peussent habi-
ter, passèrent Germanie et le Hin, et vindrent jusques sur la rivière de Sainne et
adviserent le lieu ou a présent est Paris; et pour ce que ilz le virent bel et delic-
table, gras et plentiveux'''', et bien assiz pour y habiter, ilz firent une cité, laquele
ils appelèrent Lutesse, a luto, cest a dire pour la gresse du pays. Et fu ediffiée
celle cité ou temps de Amasic, roy de Juda, et de Jéroboam, roy disrael, huit cent
et trente ans avant lincarnation Noslre Seigneur. Et sappellerent Parisiens, ou
pour Paris le filz Priant, ou de parisia en grec'' , qui vault autant comme har-
diesse en latin.
m.
DU NOM DE PARIS.
Guillermus Armoricanus W en sa cronique quil fist de Philippe le Hardy, dit
autrement Dicudonné, laquele est appellée Phtlipica, quant a ce quilz se nona-
nierent Parisiens, il dit en ung ver que les Francs qui vindrent à Lutesse sappel-
lerent Parisiens, lequel nom signifioit quils estoient hardiz; et sont les vers teli:
Et 80 Parisios dixerunt nominc Franci,
Quod sonat audaces etc.
''' Var. ffdil quil pu a veluie.»
''• Vnr. (tavec tr»'» grant multitude.*
''' Var. irviulonSaco.»
'*' Var. (Tsoul-il cucorcs dis.»
'' Var. rrplauturcux.i
<" Le mot grec, amngrf pour la cnmmotlil^ de
l'ëtymoiogie, est «wfSflvvfo.
<^' Var. l'A quny saeeorde Guill«Tnuu .Annori-
eanus.* construclioD pioa régulière que «Ue de
Guillebert de MeU.
134 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGIIVAUX.
Si fait il quant a celle première venue desTroyens a Paris, car il recite et dit
que, après ce que ilz orent ediffié celle cité de Sicambre, comme ils faussent creuz^''
a merveillez grans gens, ung leur duc ou chevetaine, appelle Ybor, avec vingt et un
mille de gens, sen vint quérir pays pour habiter, et ala tant que il arriva ou lieu
ou a présent est Paris. Et pour ce que, comme dit est, le pays lui sembla gras,
edillia la cité de Lutece, qui a présent est appellée Paris; lequel de son nom lap-
pella Lutece pour la cause dessus dicte. Et aussi edilTierent pluscurs villes pour
habiter a lenviron de Paris, comme appendances*^', que ilz appelèrent de ce nom;
si comme Rueil en Parisi, qui fu chaste! royal et cliief de chastelerie ; Cormeilles,
Louvres, Roissi, qui toutes furent nommées en Parisie et villes Parisi^*'; toutes
lesqueles retiennent'*' encore ce nom. La deraourerent et habitèrent paisiblement
jusques a ce que les autres se partirent de Sicambre, par la force de lempereur
Valentinien, qui leur fist guerre pour ce que ilz ne vouloient paier le truage aux
Rommains et amcrent mieulx a eulx en partir que dcmourer soubz le treuage'^'.
Et demourerent ces gens de Ybor a Lutece et es parties denviron, avant que les
autres François y venissent, mil deux cent quatre vingt et dix ans ou environ, cest
assavoir huit cent et trente ans avant lincarnation et le renienant après iincarna-
tion. La manière du département fu que ilz se partirent soubz le gouvernement
de trois ducz, cest assavoir Simo, Gcrebaudus et Marcouiirus; sen vindrent en
Germanie, sur la rivière du Rin, et subjuguèrent les Alenians, les Turingues, les
Belges, les Saxons et les Lorrains, prindrent Coulongne et gastcrent piuseurs
autres villes, et demourerent en une partie dAlemaigne qui pour eulx a nom
encores Franconia. — Et celle cronique nous avons veue et leue, et est moult
notable et moult singulière.
IV.
DES PREMIERS ROTS DE FRANCK.
Aucunes croniquesdienf que Simo, Gerebaudus'*' et Marcomirus dcmorcrent en
Germanie sans passer le Rin; et que la mesmes en Germanie fu fait Pharamun-
dus, lllz de Marconiinis, roy des François; et (|ue, après ce que Marcomirus et Simo
furent mors, le peuple voull avoir roy aussi comme les autres pays; et eslurent a
roy ce Pharamundus, (iiz de Marcomirus, lequel fu constitué roi en Germanie, ou
temps de Honorius lenq)ereur, ou neuvième an de son empire, quatre cent et vingt
ans après la nativité de Nostre Seigneur, et régna environ onze ans sans passer
Germanie.
'*' Le mot Rcreuzn a élé ajoute par Guillebert a fait remarquer l'exagératioD de tous ces dë-
de Metz. tails.
'' Les mots comme appendancet ne se trouvent ''' Var. «Telreuvent encore ce nom.i
pas dans Raoul de Presies. '= Ce dernier membre de phrase a été ajouté
''' L'abbé Le Beuf. dans son Histoire du dio- par Guillebert de Meti.
cète de Paris, t. IV, p. .'168, à larticle Louvre, '*' Le texte porte Genebaudut.
DESCRIPTION DE PARIS SOLS CHAHLES VI.
I :{;,
CY PARLEBO!SS DE LA LOI SALIQUE '*'.
Laquele fu dicte Salica Lex pour ce que les gens du pays estoient noble peuple,
comme il appert, car ceulx qui firent celle loy furent ceulx (jiii firent première-
ment et ordonnèrent les loix de France; et furent a ce ordonnez et esicuz des
barons de France, ou de ceulx de qui les François descendirent : cest assavoir
(lue fille ne succederoit a royaume ne autres grans scignories aians gouverne-
ment d(; la chose publicjuc, afin (luc mieulx et plus puissamment feust défendue
la chose publique par les mash's (|ii(' par les femelles.
A ce sacordenl Thomas Valcnsis (!t Franciscus de Moranis'*'; lequel Francis-
cus soult a lobjection que len pourroit faire des filles de Saphat ' dont la Bible
parle Numeromm vi(resimo seplimo^'^\ et dit que royaume nesl pas hérédité, mais
est dignit('!, regardant toute l'administration de la chose publique. Geste loy re-
commande Gellius au vingt deuxième livre De Nocltbus altiris («c)W, disant quele
'"' Raoul (le Pre8l(i8 est beau(X)up plus bref sur
le clia|)itre de la Loi Saiique : il renvoie à ce qu'il
en a dit au \\i' chapitre du III" livre de sa tradu(5-
lioa de lu CÀlè de Dieu. (Voir aux aj)p™<lices. )
'*' Ces deux auteurs ont parlé incidemment de la
loi sali(pie. Le premier doit Atre Thomas U alleis ou
Thomas di; fîalles, docteur en thiiologie de l'uni-
versit(^ dOxford, (jui vivait en i.33o. Il a écrit plu-
sieurs commentaires sur la Bible. (Voir Fabricius,
mu. medii ati, etc. t. VI, p. a 65.) Quonl au se-
cond. François de Mayronis, il élait Français, né à
Barcelonnelte, et mourut vers 1 3a5. (Voir, pour le
(îatalojfuc de ses ouvrages, (pii sont nondireux, Fa-
bricius, hc. cil. t. Il , p. 1 (jS.) Au sujet de la loi sa-
iique , nous renvoyons h l'appendice , où sont réunies
les diverses indications relatives h cette (picslion.
'' Les filles de Salphad, (ils d'Hepher, r^qui fut
-lilsde Galaad, qui fut (ils de Mnchir, qui fut (ils de
«rManassé, qui fut (ils de Joseph. n exposèrent h
Moïse, au monicnt du partagée de la terre de Cha-
nanii, (pic \mr père (Hait mort dans le désert, sans
avoir eu d'enfants mi\les; qu'il n'avait point parti-
cipé h la révolte deCoré, Dathan etAbiron, et que
son nom ne devait pas disparaître parce (pie Dieu
ne lui avait pas donné de fils. Moïse, ne voulant pas
lésondri" lui-nii^me la (piestion. en irféra au Sei-
{jnciu', (pii lui répondit : trLes (illes de Salphad de-
<r mandent une chose juste; donne-leur une part au
■'milieu des terres appartenant aux |)areiils de leur
rpère, et dis au peuple d'Israël : Lovsqu'un Immme
•xera mori tans enfant mule, «oh héritage i>n.t.irrii à
tta Jille.yi (Nombres, ch. xivi, ver», i-io.) Lm
adversaires de la loi saiique ont toujours arguë de
ce texte; mais François de Mayronis leur répondait,
dès le xiii' siècle, comme le ferait de nos jours un
publiciste de l'école libérale : irRoyaume n'est pa>
rr hérédité, mais dignité, regardant toute l'admi-
irnislration de la chose publi(pie. »
'*' Numeroruin vi(fei>imo seplimo, c'eit-à-dire au
Lirre de* Nombre», chapitre xxvii.
''' Gellius, Aulu -Celle. C'est au chapitre i" du
livre XX, et non XXII, dans la discussion entre le
jurisconsulte Sextus Catcilius et le philosophe Favo-
rinus sur la loi des Douze Tables . que se tntuve le
passage reproduit assez exactement ici : Quid uti-
liut plebiscito Vnconio de eoereendù mtJtemm luere-
ditntibus? dit Sexius (^ox-ilius. et il ajoute : Ommm
tamen hiec oblilerala. La loi \'oconia . tombée en dé-
suétude au teinp d'Aulu-Cdle. était ainsi conçue :
Ne fUM ceniHt Jurredem rirginrm mmlirremre insti-
Ivertl. Portée par le tnbiin \ oconius, l'an de Rone
58&, elle avait pour but de restreindre k de ev-
taines proportions (cent mille sesterces) le droit de
succession des filles et des feoiiiies. Cioëron. daw
sa seconde action contreVerris(lib. 1, 4i. it.&S.
&&), l'invoque [lour prouver qa'Anniin.Aseilus. qui
n'était pas rir rentu*. c'e*t^-dire qui a'avail p«
déclaré le chiiïre de H fortnne am mmon. pou-
vait tester en faveur de sa (ille unique . et que . pv
cons4iquent. Verr<>s, en faisant pMwr l'héritage i
un neveu dAsellus. qui dut payer cbèremeot la dé-
cision du préteur, avait conimb UM véritable ap»-
136 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX,
chose est plus prouffitable que ce que femme ne succède pas a hérédité"!. Saint
Grégoire, ou trente cinquième chapitre de ses Morales, dit que lusage de la vie
ancienne nestoit point que les femmes héritassent avec les masles, pour ce que, si
comme il dit, que la seurté de la loy qui a acoustumé tousjoursde garder la forte
chose, et non tenir compte des foibles, si sestudia plus a mettre avant et a sentir
plus les aigres choses que les bénignes, cest a dire que les hommes, qui sont plus
habiles a défendre que les femmes, qui sont moles et fresles de leur nature, te-
nissent les héritages'*'.
M.
DU SECOND ROT CLODIO.
Apres régna Clodio son fdz, ce fu ou temps de Theodosius le second; et fu le
premier roy de France qui passa le Hin et qui transporta de ca le Rin le royaume
des François, qui par avant avoit esté en Germanie, et conquist Cambray et
Tournay. Après lui vint Meroveus, après la nativité Notre Seigneur quatre cent
quarante neuf ans. En son temps commença la renommée des François et des roys
de France. Et fu si vaillant et si puissant en son temps, que les François furent
appelez Merovei pour sa vaillance; il commença a régner ou temps de Theodo-
liation. L'orateur romain revient sur cette quenlion
dans l'un de ses ouvrages philosophiques (Dejini-
biu bonorum el malonim, lib. li, 17), à propos
d'une interposition de ])er8onnc entre Quintus ¥a-
dius Gallus et sa fille. C'était en efTet le moyen le
plus souvent employé pour éluder la loi ; mais ce
moyen offrait quelque danger lorsque l'héritier fidu-
ciaire était de mauvaise foi, comme ce Sextilius
Rufus dont parie Cicéron. La loi Voconia a été sa-
vamment discutée par Jacques Pcrizonius dans ses
Animadversione» hisloricœ (Amsterdam, i685);
Montesquieu s'en est aussi beaucoup occupé {Es-
prit des loi*, liv. XX VII. De» Un* sur le* tuc-
eestions).
'*' L'auteur abrège ce qu'a dit Raoul de Presles
sur la loi salique, dans son exposition sur le vingt
et unième chapitre du livre III. Entre autres dé-
tails il omet les suivants : ir Et encores le voit on
iten plusieurs parties tant du royaume de France,
ft comme dailieurs, car entre les nobles ne suc-
fr cèdent point, mais ont tant seulement mariage.
rct en Bretaigne lainsné prent tout et en Ver-
rrmendois les mainsnez tous ensemble ne prennent
ffque le tiers; la quele loy fu dicte salica pour
itce que les gens du pays esloient nobles et noble
(t peuple. Et il appert, car ceux qui firent celle
ffloy furent ceulx qui premièrement firent et or-
T donnèrent les lois de France, et furent a ce or-
ff donnez et esleux des barons de France, ou de
rreux de qui les François descendirent, afin que
fria chose publique feust mieulx et plus puissam-
nment deffendue par les masles que |>ar les fe-
irmelles. n (Voir l'appendice à la fin du livre de Guil-
lebert de Metz.)
' Voici le passage auquel Guillebert de Metz
fait allusion : r L'sus vite veteris non habebatur ut be-
Tcdilatem femina; inter masculos sortirentur. quia
"•logis severilas furlia Higens, infirma conlcmnens,
fdistncta potius sluduit quam benigna sancire. 1
Celte rigueur de la loi judaïque , ajoute saint Gré-
goire, a été adoucie par N. S. Jésus -Christ, au
moins en ce qui concerne l'héritage céleste , auquel
tous sont conviés, sans distinction de sexe : "Sed pio
r nostro Redemtore veniente , nullus , infirmitatis sue
•rconscius. de sorticuda ccelestis patrie heredilate
rdesperet Pater enim noster, inter masculos etiam ,
"feminis jura successionis tribuit, quia, inter fortes
i-atque perfectos, infirmes et humiles ad sortent
rsupernae haîreditatis admittit. . . Sorores ergo cum
rfratribus ad ha^redilatem veniunt.i {Sanct. Greg.
Papw Moralium lib. XWV, cap. xix, col. iiCô,
t. I, éd. Paris. 1706.)
DESCRIPTION DE PARIS SOUS CIIAItLh.s M. 137
sius le Jiicnne , ou vin(;t-cinquieme an de son empire , environ quatre cenl cinquante
jiris npiV-s ladvcnonicnt de Notre Sei{jneiir, si comme toutes ces chose» Bernardus
(iiiidonis''' mol en sa cronique. Or <;st il voir (jue (juant les François qui scs-
l()i(!iil partis de; Sicambre seu vindrenl a Lutece, ilz leur vouidrent faire jjuerre;
mais (pianl ilz sceurent (jue cesloient ceulx que Ybor y avoit amenez et que ces-
loil tout UHjf peuple, ilz scntrefirent {jrant feste; et demourcrent ensemble paisi-
i)lement soubz ung roy et soubz une seijjnorie; et la ville qui avoit nom Lutece ilz
ap|)ollerent Paris, disant que cestoit lait nom et ort que Lutece.
A loppinion qui'*' parle de Francio et de Turcus sacorde Naldericus, eve84|ue
de Dol''', en sa cronique (juil fist du passage doultre mer, ou tiers livre, qui dil
(|iie les Turcs tiennent (pie eulx et les François sont tout ung peuple et parais
(lung pays; et que nulz nesl digne destre chevalier sil nest François ou Turc.
VII.
DE JULIU8 CESAR.
Encores pour demonstrer de Paris lancienneté, el comment elle est fondée
dancienneté, il se treuve ou Vl"^ livre do Julius Celsus'*\ De bello Gallico , du(piel
.Iulius Cosar list ])artie, que quant ce Julius vint en France de par les Hommains,
Paris csloit habiloo de gens grans ol ])uissans qui sappclloiont Parisiens; el IcnoienI
la cité seulomoiil, laqiicio ostoit si forte pour lors, el csloit tolement fermée diaue.
(pio lui inesines losmoignc (jue len ny povoit passer. Or est lout aterri par gra-
vois, lions el autres ordures que len y a depuis getté. 11 fu longuement devant,
car les Parisiens, qui estoienl environ Paris el jus(|ues a Melun, avoient une tele
coustumc que tantost comme guerre leur sourdoit ilz venoienl tous a Paris a se-
<ourspour estre plus fors; et neleur chaloil du remenant'*'. Oravintque, si comme
il faisoit siège devant Paris et que tous les Parisiens si estoienl retrais et vuidié
tout lo roinonanl, il savisa de prendre Melun; et le print de fait. Et par ce fu
soigneur do la rivière, et povoit venir assaillir de quehjue part que il lui plaisoit.
Quant il ol esté longtemps devant sans riens faire, il list semblant que il se par-
tist ot de lover son siogo, el sen ala droit a \ illc juyve, qui a droit parler est aj)-
poloo \illr JhIi/hc pour le corps saint do celle sainte qui y repose'*'. Et comme ung
appelé Camulogonus qui esloil do Houen, auquel, combien quil fust très ancien,
estoit baillé pour sa vaillance tout le gouvernement des gens darmes'" , leur deisl
''' fi»-Nnr(/iM(i'uiV/om>;voir, |>oiirceclironi(]iipiir. '*' Et ne leur chaloit Ju rememuU, H n'avaient
los nolps plac«5e8 au hn» du t«xle île Unoul de Presios. aucun souri du reste.
'*' Le loxic |)oitt> par rireur ^miV. '*' 1^ coninienlnire de Rnoul de Pnalo ronbeut
''' Vdldn-iriiK ou Italtlniriis . Itnudi-y, ev^ue do une note à cet lîjfanl.
Dol; voir dgaicnient les notes ouxquelies nous avons ' Raoul de Presles place ici une réfloion qiw
<li-jà n'nv(iyi<. (iuilleborl de MeUt a oiniM< : 'Lequel, qoanl il vit
' Julius CeLius, Hc. Idem. 'la manière de Juliu». etc-
HIST. — I. •■
138 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
que ce nesloit que faintise et quilz se gardassent bien que il ne le poui-suivissent,
ilz ne le vouldrent croire, mais alerent apr<'*8 et latendirent*''; et tantost ses gens
quil avoit laissic'* en embûche vindrent et les enclorent, et y ot grant descon-
(iture. El ce fu la cause qui pour lors les fist estre tributaires des Rommains, car
onques homme ny entra ne ne la prinst par force. Dont il fist le palais de Ter-
mes, qui estoit ainsi appelle pour ce que la se paioient les trchuz aux termes qui
esloient ordonnez; et adont les gens commenciercnt a ediflier maisons a Icnviron
de ce chastel et a eulx logier'*'. Et conmienca ceste partie lors a estre première-
ment habitée; ne encore ne depuis longtemps ne fu lautre partie de Paris devers
Saint Denis, laquele est a présent la plus grant, habitée; mais avoit par tout forés
et grans bois, et y faisoit len mouit domicides.
Vin.
LINTERPRETATIOM DES NOMS DES RUES DE PARIS.
Le marchié des bestes estoit par de ca la rue aux Bourdonnois, ou lieu que
len dit le siège au deschargeur, et encores lappelle len la viez place aux pour-
ceaux; et a la croix du Triouer se trioient les bestes; et pour ce, a proprement
parler, est elle appellée la Croix du Triouer pour les bestes que len y tiroit^". Au
carrefour (luillori estoit le pillori ou len coppoit les oreilles; et pour ce, a propre-
ment parler, il est appelle le carrefour Guigne oreille. Et la boucherie estoit ou
elle est a présent, comme tout hors de la cité; et cestoit raison. Et emprés ou
Perin Gasselin osloit une place ou len gettoit les chiens morts, qui sappelloit la
Fosse des chiens; et encores y a une ruelle (jui ainsi est appellée W. Depuis fu habi-
tée et fermée Paris jusques au lieu que len dit a larchet Saint Mcrry, ou il appert
encores le costé dune porte. Et la fu la maison Bernart des Fossés, ou Guillaume
d'Orenge fu logié quant il desconlit Vsoré, qui faisoit .««iege devant Paris. Ceste
porte aloit tout droit sans tourner a la rivière, ou lieu que len dit les Planches de
Mibray; et la avoit ung pont de fust et sadi-ecoit droit a Saint Denis de la Chartre,
et de la tout droit parmy la cité sadrecoit a lautre pont que len dit Petit Pont.
Et estoit ce lieu dit, a proprement parler, les Planches de Mibras; car cestoit la
moitié du bras de Sainne. Et qui auroit une corde et la menast de la porte Saint
Martin jusques a la rivière, a la Juyerie, droit au petit pont de pierre abatu, et
'■' Var. iret l'alaindrenl. » Satiété des Anliquaire* de France, et pnblid separé-
'*' Au sujet de l'expëdition de Jules César, on ment; il est relatif à la bataille qui eut lieu entre
plutôt de son lieutenant Labienus. contre Paris. Labienus et les Parisiens; Paris, i85Q,in-8*.
nous avons renvoyé plus haut aux Annale» de '' Les deux auteurs ont employé indilTérem-
Park, par Dom Toussaint Dupiessis. et aux Mé- nient les mots: triouer cX tirouer, trier et tirer; c'est
moires de Jollois. Quant a la i)atnille livrée sous Pa- la même racine trahere.
ris, nous indiquerons encore un mémoire de M. J. '' Var. ^encores y a il une ruelle qui est ainsi
Quicherat, publié au tome XXI des Mémoires de In >r appellée.*
DESCIUPTION DE PARIS SOUS CHAHLKS VI. 139
(lo ia jusqucs a la porte Saint Jaques, elle yroit droit curnme une ligne, sans tour-
ner ne ca ne la.
Après len fist les cliimelieres''' ou lieu ou est leglise des Innocens, qui pstoit
lors tout liors et loing de la ville, si comme len les faisoit anciennement; car
len faisoit et les boucheries et les cimetières tout hors des citez, pour les punaisies'*'
et pour les corruptions eschiver'''. Prés de la cimitiere len commença a faire le
marchië; et lappeloit len Charapiaux'*), pour ce que cestoient tous champs; et en-
cores a ce lieu retenu le nom. Kt pour raison du marchié y commencierent pre-
niicreincnt les gens a faire loges petites et ordes'', comme firent les Bourguign«)iis
(|uaiil ilz vindrcnl prcmierenïent en Bourgoigne. El puis petit a j)etit y édifiè-
rent maisons, et y fist len haies pour vendre toutes manières de denrées. El ainsi
crut la ville jusques a la porte Saint Denis. El la fut fermée et fu ahatue la vieille
muraille, et a présent sestent la ville juscpies a la bastille Saint Denis. Quil soit
vray il appert, car quant leglise de Saint Magloire, laquele fu premièrement en
la cité, fu transporté ou lieu ou elle est a présent, elle fu édifiée aux champ.
Et se treuve encore que en la date des lettres royaux cpii furent faictes pour
lors, avoit et par escript : Donné en nostre église de Saint Magloire de lez Cham-
piaux prés de Paris'"'.
I\.
DUNG CIIASTEL QUK JlILtUS CKSAR KIST A SAINT-MOR DES FOSSBZ.
Encores se treuve il en la vie de saint Babolein, qui ou temps de Clodové fonda
une abbaye a Saint Mor, qui lors esloit appeliez les Fossez, que ou temp fpie
.Iiilius César fu en France, et quil lot ainsi comme toute conquise, il sen vint de
Seiiz a Melun, et de la vers Paris par la rivière de [Seine, entra en la rivière de]
Marne, pour aler conquerre la cité de Meaux; et arriva au lieu ou est leglise de
Saint Mor a présent, et la demoura tout liver, ou(juel temps diver les anciens se
reposoienl ne naloient en guerre juscpies au printemps. Il si loga el tout son ost,
j)endanl kujuel temps, pour ce (piil vil le lieu si bel et la place forte, tant pour la
rivière comme pour la situation du lieu, il y fist faire ung chastel trop merveilleu-
'' l.a dilTëronce de dialecte ou plutôt (le pinnoii- "' Guillet)ert de Meti, en siipprimanl b iellre
cinliou se fait ici sentir: Raoul de Prestes, qui élait initiale du mot bordes employë par lUout de
ilo ril(>-en-l'"nince, iVrit cimcHticie ; ('millchprt de IV^iles . change tout h fait le sens: le MdMianlif. qui
Met/, oripiiuiire du pays messin ou de In l''landre signifie uiaisonnolte . se trouve Iransformë en I «djec-
wallonne, orlliogriipliie le mot comme il le pronon- tif ord, sale . malpropre,
rail : chimetihe. De plus il le fait du f(<niinin. '*' Au sujet des notes euplieati»» MuqneHe*
" Punaisie, mauvaise odeur, puanteur. (Voyez |)onrrait donner lieu ce ct»«pitre. nom mvoyoM,
le G/o««ni;p (le Hucange au mol Impurirm.) une fois |>our toutes, à celles que nous vnm
''' Var. (teschiever.i ajouliVs au (x>n[imentair« de Raoïd de PtoIm rt
•'■ Au sujet (les linlles des Chnmpeaiix. il y a qu'il t'Inil inutile de r^p^ter. Us variantet i
(pielque inlenH ii comparer la (lfsrri|)tion qu'en a offraient (pielque intt'rèl. et BOOt leiW
lioimi'e Jean de Jandun , pages 5o et 5i. «enienl indiqua.
i8.
1/iO DOCUMENTS ET ÉCHITS ORIGINAUX.
seiiieiit fort, qui se fernioit des deux costez de la rivière de Marne, et par de vers
Paris, de fors murs et de gransfossez. Et fu ce cliaslel appelle le Cliaslel des Begaux,
pour une manière de gens ausquelx il le bailla a garder, lesquelx estoient appeliez
Begaux. Ce cliaslel dura jusques au temps de .Maximien, appelle Herculeius, qui fut
envoie en France pour mettre a mort tous chrestiens et destruire toutes les églises,
et y fu envoie par Dioclesien lempereur, lequel fu compaignon de son royaume"*.
Ce Maximien Herculeius, quant il vint en France, trouva que Amant et Holien,
deus cliristiens qui ne vouloient point estre subgés aux Rommains ne aourer les
ydoles, pour résister a Maximien sestoient mis a garant en ce cliastcl, acompai-
gniés de pluseurs de ces Begaux. La vint Maximien et fist siège devant le cliastel
par longtenqjs; et finablement le print et mist a mort tous les Begaux et autres
cliristiens quil pot trouver; et arrasa le cliastel telement «piil ne demoura que
la place vuide. Des Begaux ainsi occis par ce Maximien, et de Amant et de Helien,
et comment ilz furent vaincus legierement, parle Orose ou septième livre de son
Ormesle, ou trente et uniesme chapitre'*'.
DES (iE>S NOMMEZ DRUIDES.
Kncorc est il assavoir que en ce temps que Julius Cosar vint devant Paris, et pour
conquerre France, elle estoit gouvernée par certaines gens. Si comme dit Julius
Celsus en son sixième livre, il y a voit unes gens qui estoient appeliez Druides;
et si y avoit chevaliers, et si y estoit le peuple duquel len [ne] faisoit conte, car
ilz estoient aussi comme serfz : et quant ilz se veoient grevez ou oppressez par
aucun, il se rendoient au plus fort. Les Druides estoient aussi comme les souve-
rains evesques, (jui gouvernoient et temporel et espirituel, apprenoient aux ep-
fans science et doctrine, cognoissoient de toutes manières de causes et jugoient,
feussent crimineles ou civilles, personneles ou réelles. Tous les ans assembloit tout
le peuple devant eulx a certain jour, en «ne montaigne consacrée a Jupiter, qui a
présent est appellée Montjaou, en latin mom Jovix. La faisoient droit a chacun; et
sil en y avoit aucuns (jui ne voulsissent obéir a leurs decrés et tenir leurs jugemens,
il lui estoit défendu a sacrefier, ne [ne] recevoit len point ses sacrifices, qui estoit
une très grief paine a cellui a qui il estoit défendu : tous le fuioient, ne ne par-
loient point a lui, ne plus que a ung excommenié. Et se il se plaignoit daucun.
len ne lui en faisoit point de droit. Ces Druides estoient quittes de tous treliuz,
de tous ostz et de toutes chevaucées; ne ilz ne aloient en bataille pour quelconque
'■^ Variante: iriequel le lîsl compaignon de son frrnsliranonini manu, quos Vacaudas vocnljanl.
royaume» -[wniiciosos tunniltus escilavissenl, Maximianiim,
'*' Voici le texte de Paul Orose, qu'on peut "cognomenlo Herculiuin, Ca?sarem fecit, iiiisit-
égalenient ajouter à la note 3 de la page iiq.* ^que in Gallias; qui facile agrestium hominuni
|)our le texte de Raoul de Presles : (rDiocletianus, "rimperitam et confusam manuni militari virtute
(rquiun in Gallia Amandus et Helianus. collecta tTCorn|iescuit.i)
DKSCHIPTION DK PAHIS SOLS CHAULKS VI. H|
iHîccessilé. Et si estoi«nt francs et quittes de toutes prestacions et redevances que
les autres paioient. Et pour celle cause pluseurs aloient à iescolle et aprenoient.
Entre tous les autres il y en avoit ung souverain qui avoit puissance sur tous
les autres Druides; et ([uaiit il estoit mort, len eslisoit le plus soufTisant apri^s. Et se
il en y avoit pluseurs de pareil estât, len en eslisoit [uii{j] parle conseil des autres
Druides; et aucunes fois se couibatoit len pour avoir celle seigneurie, selon ce
quilz osloieiil puissans. Lautre manière de gens estoit de chevaliers; et ceuU cy
nctitondoiont a riens que aux armes et a faire injure a leurs voisins, ou rehouler
ceulx (|ui leur faisoienl injures. Et selon ce (|ue cliascun estoit plus riches et plus
j)uiHsans, il estoit plus garny de gens. Quant il esconvenoit armer <", il esconvcnoil
que tous les juennes ^' hommes se présentassent ensemble; et se il en y avoit aucun
qui demourast derrière, ilz le faisoient morir de tr<5s cruele mort. Hz ne soufTroient
([U(! leurs enfants venissent devant eulx jus(jues a ce que ilz feussent en cel eage
que ils se peussent armer; et disoient que cestoit laide chose que ung enfant
avant son eage sapparust devant son père. Hz estoient merveilleusement enclins
aux religions de leurs Dieux'' et a leurs sacrifices; entre lesquels ils aouroient sur
tous les autres Mercure, et a|)rés Apolin, Mars, Jupiter et Minerve.
Quant ilz estoient tormentez dauciines griefves maladies, ou en grant péril de
leur corps en aucune bataille, ils sacridioient a leurs Dieux hommes vifz, on eulx
mesmes venoient sacriiTier'*'; car leurs Druides leur a voient enseigné que, pour
racheter la vie dun homme, [len devoit donner aus Dieux la vie dun homme], ou
autrement ilz tenoient que le courroux des Dieux nesloit pas soullisament appaisié.
Hz avoient autres sacrifices communs et publiques, cest a assavoir que ilz faisoient
une très grant ydolc ou simulacre dosiers, et lenqiiissoient de hommes vifz, et
puis boutoient le feu dedens et les ardoient; et mettoient dedens communément
larrons et robeurs, et gens convaincus daucune mauvaisti»'. Et disoient que les
Dieux avoient ces sacrifices très agréables; et en estoient les Dieux plus favorables
a ceulx qui estoient ainsi condempnez; et [quant il avoient deffautc de telz gens,
il sacreflioient par] tele manière des iimocents mesme; ils faisoient aussi sacrifices
• les bestes que ilz avoient prinses.
Moult de choses y a autre ce que dit encores Julius Celsus, lesquelz nous laij^sons
pour cause de briefté. Tant y a que le principal de leurs temples estoit ou maintenant
csl Monliuarlre, qui estoit loi-s appelle le uu)nl de Mercure pour ce que son temple y
estoit. Le second estoit le temple de Apolin, et estoit dit Court Dimenche. qui se dit
en latin Ciiria Dominica; et estoultre Ponloise, ou lieu que len dit a présent la mer
'"' QttaiU il e»coiwennil armer, (junnd il fallait peut dire que, dan» l'espace d'un dcmi-siide eti»i-
|irfîii(lrn tos nrnios. ron, la langue a sensiblement varie : Raoul de Pretici
' Itnoiil <lo l'ivsles (^ril joune»; rniilIcIxTt de (écrivait encore bitx, comme au lemp* dn Croi-
Motz -jiKMines. Il sades; Guillebert de MoU dit Dieux.
<'> Iniltipcndnninient des dilïï'rences locales, on '*' Var. «euh manette voooienl a sarreâer.*
142 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
(lAiitye. Le tiers estoit Mont Jaoust, qui estoil consacré a Jupiter. Et en tous ces
trois se faisoient sacrifices par tele manière, que quant len faisoit sacrifice a Court
Dimenche, qui est ou milieu, len veoit des deux autres montaignes ce sacrifice.
XI.
DE SAINT DENIS.
A celle montaigne de Mercure fut envoie par Domicien Maxence et mené mon-
seigneur saint Denis et ses compaignons, pour faire sacrifice a Mercure en son
temple qui la estoit, et dont il appert encore de la vieille muraille. Et pour ce quil
ne le voult faire, fu ramené lui et ses compaignons jusques au lieu ou est sa chap-
pelle, et la furent décollez. Et pour celle cause, ce mont, qui par avant avoit a
nom le Mont de Mercure, perdy son nom et fu appelle le Mont des Marlirs; et
encore est. Ce monseigneur saint Denis fonda a Paris trois églises : la première, de
Trinité, cest leglise ou est aouré a présent saint Benoit, et y mit moynnes; la
seconde, Saint Estienne des Grecs''), qui par corruption de nom est appellée Saint
Estienne des Degrez, et y (ist une petite cliappelle ou il cliantoit; la tierce, Noslre
Dame des Champs, en laquelc église il demouroit, et y fu prins. Et ces choses
avons nous dit pour monslrer lancicnne création de Paris.
Mais encores pour le monstrer plus clcrement, Guillermm Momimelenm^^\ en sa
cronique que len appelle le Brut, dit que ou lenq)s que Brutus se parti de Grèce et
que il queroit pays pour habiter, il vint en Acquilaine, dont Golfarius estoit roy, qui
estoit Poitevin; et après ce quil fu desconfit de Brutus, il sen vint en France pour
querre secours. Et dit que lors en France avoit douze pers qui estoient pareilz'^' en
dignité; et di que ce fu ou temps de Hely. Encores dit il oultre en ce mesme livre que
il y ot ung roy en France, ou temps de Ysaïe et dOsée les prophètes, qui ot a nom
Aganipus, lequel ot espouséla fille du roy dEnglelerre appelle Leyr, lequel fu depuis
bouté hors de son royaume dEngleterre, et vint a secoursa Aganipus^, qui passa en
Engleterre et a force darmes le remist en son royaume. Par quoy len puet veoir que
la cité de Paris fu fondée merveilleusement longtemps avant lempereur Valentinien'*'.
XII.
DES ANCIENS FBANCOIS.
Es histoires et autres escriplures desRommains et anciens escripvains latins, et
'■' Guiilebert de Metz a remplace par le mot texte, semble faire contre-sens. C'est, au contraire,
Grec» l'ancienne forme Grieux qu'avait employc'e Aganippus qui vint au secours de son beau-père.
Raoul de Presles. '*' Ici se termine le commentaire que l'auteur a
<*' Guillennu» Monumelensi» , c'est Geoffroy de emprunta presque littéralement à Raoul de Prcsles.
Monmoulh que l'auteur veut désigner. (Voirencore Guiilebert de Metz sujiprimc tout naturellement la
les notes de Raoul de Presles.) plirase de transition par laquelle le traducteur de la
''' Var. frparculx.Ti Cité de Dieu annonce qu'il retourne «k l'exposicion
'*' La seconde préposition à, qui est dans le du texte.»
DESCRIPTION DE PARIS SOUS CHARLES VI. 1«
autres auclcurs, est trouv(^ des procsccs et chevaleries des François qui coiiquist-
renl avant ladviineauîiit Nostn; Sei{jiieur loiijjtemps Loinbardie, Homme, l'uille,
Calal)re, la terre de Labour, \irri(|ue. Macédoine, Grèce et prant partie dOrient'' .
Kt fondèrent oultrc les monts pluseurs villes et chastcaux. Et dit Justin, unp tr*'*»
notable historien, (|uil fu jadis tel temps que les Roys dOrient ne faisoicnl nulz
prans batailles sans la puissance des François, qui estoient partis bien trois cent
mille et espandus es parties de par de la'*'. Et mesmes les seijjneurs de Turquie el
autres, quant les François leur orent aidi/î à recouvrer leurs terres et pay», ils
donn(!rent chois aux François den prendre tele portion quil leur plairoit.
Or leray une manière de somme de tous les plus especiaulx et haulx fais eu
armes et en conquestes (juc je trouve des anciens François, pour abregicr le»
liseurs de tant de croniques veoir et cerchier; et que on les puist savoir prompte-
menl el dolegier (^'. Et se on me demande se tout est vray ce que rcciteray, je
respons (pie pieca en send)lable cas fu respondu par un clerc nomni*; Crispus :
La veril(!! en soit requise et imputée, ou le contraire, aux historiens et aucteurs des
quelx jay loyanment tout extrait (*>.
Mil.
DU nOY CLOVIS ET DU «OYAUME DAUSTRASIE.
Par le contenu des croniques de Saint Denis, je Ireuve que trois générations
''' Giiillcbert de Metz fait ici allusiiin aux expt'--
(lilioiis (les (înulnisen Iloiic, au sitigc de Clusium.
h h hatdilh; d' Allia, ainsi ({u'ntix coiirsrs dos Cisal-
pins dans le ccnire-et dans le midi de la |)i'csqu'ile.
Il l'appelle également le passage des Galles ou (îalates
et des Kinu'is eu (irèce, leur première expédition en
Tlu'iice el en Macédoine, leur deuxième expé-dilion
eu Thessalic et en Ëtolie, ainsi que leur descente
en Asie Mineure pour rétablir iNicomède sur le trône
de Itilliynie.
'' Voici le passage auquel Guillebert de Met*
l'ait allusion : irtialloruni, ea tenipcslale. tonlœ f(i'-
rrcundilalis juvenlus fuit, ut Asiani onuicm. veliit
rrexaminc ali(|uu, impleimt. Denique nofpic reges
"Orienlis. sine merccnario Gallorumexercitu, ulla
"Iiello gesserunt; ueque puisi regnoadalios, (juani
iradCiullos, coidugeriuit." (Jusl. //i«<. lili. \\V, a.)
''' Delegier, choisir.
'*' Un rierr nommé Crixpiin. Por ces mois, i'ou-
leur parait vouloir désigner Sallusle , dont le surnom ,
comme on le sait, était Crispus. Cependant on no
trouve rien, ni dans les ouvrages entiers, ni dans les
fragments liisturi(|ue$ de Sallusle parvenus jus<|u'à
nous , (]ui réponde exactenieut h la plirasc citée ici .
sauf le début du iv' cliapitre de Calilina : " L'rlicni Ro-
Tniam, sicuti ego accepi, condidere alque habaere
ffiiiilio Trojoni, qui, .V.nea dure, profugi. etc.» Cp
qu'on peut constater, en recueillant Itfs jugements
portés sur cet écrivain par les auteurs latins eux-
mômcs, c'est que, pour la composition du graml
cor|>s d'histoire si savanmienl restitué au sièclr
dernier par le président De Brosses. Sallusle avait
largement mis ses devanciers h contribution : £x
ffTfPco tmiulala Salliulu plurima , dit Quinlilien
{De Intlil. Oral. iib. IX, cap. ui). et il ajoute la
fameuse épigrammc :
Et Terlui aoliqui mullum furalc t.aloan
Critpr (/Mlib. nil.cap.iii.1
D'où il suit que Sallusle s'appropriait sans «cnipale
les mois el les choses. Resterait le grave reproche
de compilation sans critique, articuk- par Guillobert
de Metz. On |>eut l'apiHiyer sur un pasMge d« Sué-
tone : apn^'s avoir rnp|>orlé le jageaaieol Uiêaiyin
|>orlésurles mœurs de SalluslsparLoiM, Mmt-
rhi de Pom|)éc, rhistorien des C^aan achève le
l>ortrait en ce* lennea : tPimtmm priteonm Crt»-
ir niiiipie rerbomm imtruiitimimmm/unm. • ( Dtgrmm-
matid$ ri rkHoriku. ) Le fraotais qui , ilaM les Boia ,
i/j4 documents et écrits originaux.
principales ont esté ca arrière des roys de France"' : la première des Merovées, la
seconde de Pépin, le père Charlemaine, et la tierce de Hue Cappet, Delà première
issi le fort roy Cloys, premier roy creslien, qui après ce quil ot desconlil le roy
dAlemaigne en bataille et acquis Bour(;oin[jne(*', il acreulet estendy le royaume de
France jusques aux nions Pirenées qui sont lenfnV dArragon et départent France
des Espaignes'".
Je ne parle mie de tous les roys de France, car ce nest pas mon propos, ne de
leurs colateraux qui estoient roys dAustrasie, dont le principal siège estoit a Mes
en Lorraine, qui estoit appellée es croniques lancienne France. Et sestcndoit
icellui royaume dAustrasie tout le long du Rin, quilz appellent la première ou la
basse Alemaigne. Et par de la comprcnoil une partie de Honguerie jusques aux
parties de Tharse'*'. Mais me reslraindray a aucuns fais particuliers daucuns. Et
du remanant soit recouru aux croniques qui plus en vouldra savoir.
XIV.
DU BOV CLOTilRK ET DAGOBEnT.
Le roy Clotaire dit le Granl et Dagobert son lilz abattirent jadis si lorgueil de
Saxoigne, et, comme dit listoire, gasterent telement la terre par feu et par occi-
sion, quilz ny laissèrent ung seul hoir masle qui fust plus long de lespée audit
Clotaire. Et pareillement fist en Esclavonieledit Dagobert, qui fonda Saint Denis'*'.
Charles Martel desconfist en deux batailles certains tirans paiens qui vouloient
seignorir et couquerre France. Et estoient sept cent mil hommes dont lune bataille
fil a Poitiers et lautre dencoste Nerbonne; esqucles il occist trois cent quatre
vingt six mil mescreans. Si fist il plusieurs autres grans fais qui long seroionl a
ne brave pas l'honnélclé, pourrait bien, si le fait
ëlnit prouvM, appeler crompilaleiir sans critique*
un fur inervdilistimut.
''' Les Chnmifue» de Sainl-btnii, ou Grande*
Chronique» de France, ont été r(Hlig«*es. dès les |)rp-
niiers temps de la monarchie , par les religieux . qui
les conservaient dans le trésor de l'AbLtaye. Un
moine de Saint-Denis suivait la cour. aPu) de re-
cueillir les faits à mesure qu'ils se produisaient.
Lorsqu'un roi uioiu'ait, les notes ainsi prises ser-
vaient d'éléments pour écrire l'histoire de son
règne; et cette histoire, après avoir été lue et adop-
tée en assemblée capitulaire, était incorporée aux
Grandes Chronique*.
''' Allusion à la bataille de Tolbiac et à la dé-
faite de Gondebaud.
''' Il s'agit ici de la conquête de l'Aquitaine,
moins la Seplimanie qui resta aux Wisigoths.
*'' Il est diihcile de savoir ce que Guillebert de
Metz entend par les fr|iarties de Tharse.» Tarse,
aujounlhui Tarsous, capitale de l'ancienne Cilicie.
est situées en Asie Mineure . pn'-s de lembourhure
du Cydnus dans la Médilerranée. Très^viderament
le royaume d'Auslrasie ne s'étendait pas jus(pie-ià.
Quant au pays de Tharsis, que l'Écrilure Sainte
cite h cAté du pays de Saba, c'était une contrée
vague et lointaine où les vaisseaux de Saiomon
allaient chercher des métaux précieux. Le royaume
d'Austrasie n'ayant jamais dépassé les limites de la
Bavière actuelle , il faut ranger parmi les fables ce
que notre auteur en dit , d'après le récit des chroni-
queurs.
'' L'expédition dont parle Guillebert de Metx
est celle de Dagol)ert contre Samo , roi des Wendes
ou Tchèques. Le succès fut loin de répondre aux
espérances du roi franc, qui se vengea de ce mé-
compte en faisant égorger neuf mille familles de
Bulgares ( 63 1 ).
DESCniI>TI(3N DE PARIS SOUS CHARLES V!. 145
raconter. Et fii siirnommc'! Martel pour ce quil portoit uii{{ grand martel en ba-
taille. Il conquisl Aiernaifjne, Bavière, Saxoiiifjn»; Frise, Bourgoin|jne, et IJon»
sur le Rosne. Pépin, père Charlernaine, a])n''s pluseurs victoires, passa les mon»
et fist son tributaire Ilastulplie, roy des Lombars. Itollant aussi fu merveilleux
en armes, et Olivier son corapaignon.
XV.
DAUCUNS FAIS CHAnLEHAINK EN BBIBF.
Je ne me vueil ja arrester de parler des fais que Cliaricmaine fist avant quil
feustroy en sa jiiennesce. Je treuve par pluseurs aucteurs et cscripvains notables
que la première bataille quil fist, puis (|ue son père mouru, fu en Acquitaine,
contre le duc Gailïer*'', quil fist son homme et vassal; puis passa les mons a la
requesle de lapostole Adrien, et subjuga Désir ('", le roy des Lombars, quil envoia
en exil. Si rendy au pape et aux Rommains ce quil''' leur avoit osté, et bailla le
royaume a Pépin son filz, qui le tint plus de trente ans. Pareillement disposa il et
ordonna a sa voulenté de la duchié dAquillée, quil conquist en ce mesme volage;
et les Venissiens aussi, lesquelz il bailla a lempereur de Conslantinoble. Puis guer-
roia les Saxions ou Sesnes, qui fu la plus grieve guerre que les François eurent
de ce temps. Si dura par trente années; mais entre deux ne laissa mie a faire
grans fais ailleurs l'. Kl linablement lurent iceulx Saxions tous desconfis et soubsmiz
a Cliaricmaine. De rechief conquist Puille, Calabre et la terre de Labour contre
le duc Assegée et toute Ytalie'^l Puis conquist Bavière contre le duc Statille'*'.
<"' Gaiffer, Guaifre ou Waïfrc nvail eu le tort de
donner asile h Grifon , frère de Pépin et de Carlo-
nian.
'•' Désir, Desiderius, Didier, roi des Lombards.
'" n (Didier).
'*' Mais entre deux, etc. c'est-à-dire : mais entre
CCS deux grondes actions il ne laissa pas d'en faire
d'autres ailleurs.
'' Cette conquête de » toute Ytalie» n'est pas plus
ronfornio h la vërilé historique que l'expAlition de
(iliarleiMfijjne eu Palestine. Le capitulaire de Tliion-
villo(8o6), par lequel Charlemagne divise son em-
pire entre ses trois lils, détermine la portion de
l'Italie conquise par l'Empereur : elle comprenait
tout l'ancien royaume des Lombards, depuis les
Alpes jusqu'à l'Atenms (Pescora) et le Liris (Gari-
Ifliniio), plus la marclie Trévisane, colle de Carin-
tbie et le ducbé de Frioul. Quant au patrimoine de
saint Pierre, il se composait, comme on le sait, du
duclié do Rome, c'est-h-tlire de l'ancien Latium,
de la Sabine, de l'exarcbal du llavonne et de la
Pentapole. Nous devons faire obser^-er, en outre,
qu'il n'est question nulle part de ce «duc Assegéei
contre lequel Charlemagne aurait conquis i* Puille .
irCalabre et la terre de labour.» C'est peut-être
Aréghis,duc de Bénëvent.qui. en 776, avait formé
une ligue avec Adaighis, prince des I/ombard*. Hil-
debrand , duc de S|M)lète . Rolgaut . duc de Frioul .
et Reginald, duc de Clusion. |>our rétablir findé-
pendanre lombarde. On sait que Rolgaut seul pé-
rit en défendant la cité de Frioul . et que Charle-
magne, obligé de retourner prompirinent à Womn
pour le champ de Mai , ne poussa |>as plus loin m
victoire.
'*' Le duc irStalille* est plus connu aoas lenom
de Tassile; il voulut réunir contre Gharlenugne les
Grecs, les Awares et les Slaves. Vainca avant d'a-
voir combattu, il fut forcé de reconnaître «qu'il
«avoit |N>ché en toulea chona.» et il dut remettre
au vainqueur le duchë de Bavière qu'il avait refu
de Pépin. Charlemagne le fit enfenner à l'abiwyF
de Jumioges.
>9
U6 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Après, Esclavonie, Honguerie, Panonie, le royaume de Dace et Derieinarclie;
Liège, Flandres, Haynau, Brabant, Guéries, Juliers, la haulte et la basse Bour-
goingne, Prouvence, Savoie, Lorraine, Lucliembourc, de Mes, de Tboul, de
Verdun, de Trêves, de Couloingne, de Maience, de Strabourc, et pluscurs autres
pays qui bonnement ne se peuent expliquier en francois, comme Suaves, Sorabes,
Abrodiciens*'', et telz manières de gens, sans ceulx qui par son renom vindrent
en son amisiic^.
Puis conquist il toutes les Espaignes; mais il ot premièrement nettoie le Saint
Sépulcre des Païens, et osté les Crestiens de misérable servitule. Il augmenta et
acrut tant son empire quil fist lais et dons en son testament, sans nommer celles
d'Espaigne, à vingt-deux arcevescliiés et églises métropolitaines, comme Romme, Ra-
venne. Milan, Acquilée, Grâce'*', Couloigne, Maience, Taillebourc'^', Trêves, Be-
sançon, Lyons, Vienne, Arle, Nerbonne, Ambrun , Tarentaise, Bordeaux, Sens,
Tours, Bourges, Rains et Rouen; et en toutes les églises sulTragans. Et dit listoire
que le roy des Escoclies <^' il ot si a voulenté et en son obéissance, quiiz lappeloient
leur seigneur, et euiz ses serviteurs et subgez; de quoy lacteur'^' dit qu'il en avoit
plusieurs lettres et epistres.
Maistre Guillaume de Laigny, bistoriografîe très esprouvé, en parle en reste
manière : «r Ung compaignon d'armes a Charlemaine, dist il, appelle Guy, qui gar-
doit la marche d'Engleterre, y entra a grant puissance, a qui toute Engleterre se
rendy. Et les armes des roys et des ducs qui sestoient rendus, inscripts les noms
de chacun, présenta a Charlemaine; et ainsi lors premièrement fu conquise En-
gleterre des Francois (*'. v
XVI.
DU nOY PHILIPPE LE CONQUERANT ET DE SON FILZ LOÏS DE MONTPANCIER
(7)
Le' roy Philippe Dieu donné, appelle par sa proesce le Conquérant, descondst
au pont de Bouvines l'empereur Othon dAlemaigne, et prist le conte Ferrant de
''' 1.168 peuples ainsi désignes habitaient à l'ouest
de l'Empire : les Suaves , race originaire de la Col-
chide, s'étaient arrêtés sur les bords de la mer
-Noire, les Sorabes entre le Danube et l'Oder, et les
Abrodiciens vers le Raab et la Theiss.
'*' Gratz en Styrie.
''' Ce mot est évidemment altéré : le testament
de Charlemagne, conservé par Éginhard . porte
Sahibourg, ville archiépiscopale de la Bavière.
>*' Le roi d'Kcosse dont il est question ne peut
être qu'Alpin, père de Kenneth II, ou Drusken,
chef des Pietés, qui, pendant le règne de Charle-
magne, tinrent les Scots en échec. Si les relations
dont parle Guillebert de Metz ont réellement existé ,
c'est que la renommée du grand empereur avait
pénétré jusque chez ces nations à demi barbares.
Alcuin, originaire du nord de la Grande-Bretagne,
y contribua jjetit-êlre.
'*' Laeleur, l'auteur.
'*' Voir plus haut la notice surGuillebert de Metz.
''' Il s'a<[it ici du roi Philippe 11, surnommé, de
son tem|>s . Dieudonné et le Conquérant. Ces deux ap-
pellations ne se sont pas conservées; Philippe 11 esl
plus connu aujourd'hui sous le nom d'Auguste .
parce qu'il était né au mois d'août. Quant à son
fils Louis VIII, le nom de Monlpentier lui a été
donné parce qu'il mourut, en ia66, dans cette pe-
tite ville de l'Auvergne.
DESCRIPTION DE PARIS SOIS CHAULES VI. 147
Flandres, le conte Regnault de Bouloinjjnc et autres jusque» a trente baniere».
Et adjousta au royaume les contez de Vermendois, de Clerniont, de Pontieu,
dAlençon, du Mans, de Tours, dArijjiers et de Poitiers; et fist fermer le bois d*-
Vincennes et la ville de Paris. Si laissa en son testament a Saint Jehan de Jheru-
salem cent mille livres, aux Templiers cent mille livres, aux Hospitaliers cent
mille livres; et a autres couvens et pluseurs ejjlises fist {jrans lais et beaux dons.
Kii ce temps, le dit roy Philippe avoit envoie Loys, son (Hz, contre le roy Jehan
dl!]n(jlelorro, quil doscoiilisl a la Moche le Moine. Et tost aj)rt''S passa le dit l^y»
en Kiiglelerre, et fu reccu de ceulx de Londres a fjranl révérence. Et pluseurs
autres citez se rendirent a lui, pour ce quilz veoit bien quilz ne povoient résister
a sa puissance. Et comme dit listoire, presque lous les barons dEnffleterre lui
lir<;nl leaulté et hommajfe, et furent sur le point de déposer le roy Jehan et de
introniser le dit Loys; mais assez tost apr<''s le delaissierent'''.
Et pour faire lin, il me vient au devant ce que Tulles''^' dit des François, quil
lu jadis en leur povoir de sauver ou destruire lempire de Homme. Et encore autre
part dist il que les Dieux avoient fait {jrant {jrace aux Ytaliens de mettre les mous
entre eulx et les François, pour tant (piilz ne les concjucissent legierement quant
ilz vouldroient. Et Saluste dit aussi que les Uommains se combatoient a toute^
autres nations pour leurs vertus monstrer et exercer; mais quant ilz se comba-
toient aux François, cestoit pour eulx défendre et non mie par gloire'".
XVII.
DE LEXCELLEISCE DU ROYAUME DE FRANCE
(»)
Hecitc maistre Haoul de Praelles ou préambule quil fist au livre intitulé De
(Àvitale Dei, lcf|uel livre il translata de latin en francois pour et a la requeste du
''' I/expë(lilion que raconte ici Guillebert de
Melz est celle que Pliili|i|)c Auguste ordonnn, en
iai6, contre Jean sans Terre, violateur de in
Grande charte et en lutte ouverte avec se» sujets.
Appuyé par les barons et les pn'lots qui lui avaient
proposé la couronne. Louis VIII pu! espérer un
instant de monter sur le trÔMc d'Anjflelerre; mais
la mort de Jean renversa toutes ses espérances.
'*' Tulles, Mnrciis Tullius (licéron. Il n'est pas
facile de retrouver, dans la volumineuse collection
des œuvres de l'orateur romain, la phrase h la-
quelle Ciuillehert de Meir. fait allusion. On peut
en r(!cueillir les éiénienls eu parcoiunnt les Plii-
lippiques et les Catilinaires. Dans le» (li>ux der-
nière discoure contre C.atilinn. notamment, ii pro-
pos des (K'pulés des Allolirojjes. envoyés itbclli
trTruiisalpini et lunudtus (iallici evcilandi causa,"
C.icéron reconnaît que l'appoint des (îaulois pouvait
amener le moment fatal : irFataleni kunc esse an-
rrnum ad interitum hujus urbis atqiie imperii;* e(
que le conspirateur les avait ap|>elés pour renvenpr
la république <ie fond en comble : vhic ad e*er-
irtenda fundamenta reipublice Gallot areewit»
{Catil. III, IV : IV. VI.)
<'' Même ditliculté que pn<eManinent |HNir rr-
trouver, dans ce qui nous r^e de Salluste . U phratr
inexaclenienicili'e el probablement mal traduite par
('•iiilleb<>rt de .Metz. Kien de semblable dans Ju-
ffurlha et dam les fragments de VHùtoiret
dans Qiiilina souleinent on reoconlre deux |
ayant quelqtie analogie avec la dlalMNi de Min au-
teur : Cap. XL. cNator» gens GaBJcabeHwmaert;»
Cap. LU. irUaHomm gentem inièalissimam nomini
ir Komano. «
(*' Dans ce chapitre . Gailieliert de MeU. ainsi
qu'il l'avoue dès la preniit'ïre ligne, reproduit la
l/i8 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
loy Charles cinquiesme ''' de ce nom , surnommé le Riche <*'. Premièrement que le roy
de France est le plus grant, le plus noble, le plus catholique et le plus puissant
des Cresliens; secondement que cest le plus digne roy, car avec ce (jue en leur
baptesme soient enoings du saint cresme, comme est ung chascun bon creslien.
encore par excellence sont ilz roys consacrez et si dignement enoings comme de
la sainte liqueur qui par ung coulon, comme nous tenons fermement que ce fu le
Saint Esperit mis en celle forme, apporta du ciel en son bec en une petite am-
pulie ou fiole, et la mist, veant tout le peuple, en la main de monseigneur saint
Remy, loi*s arcevesque de Rains, qui tantost en consacra les fons et en oingny le
roy Clovis, premier roy crestien. Et en ceste révérence, et pour ce très grant et
trt's noble mistere, tous les roys de France qui depuis ont esté, a leur première
création, ont esté consacrez a Rains de la liqueur de ce saint ampulle. Si ne tiengne
iiulz que celle consécration soit sans très grant, digne et notable mistere, car par
icelle ont les roys tele vertu et puissance qui leur est donnée et attribuée de Dieu,
quils font miracles si grandes et appertes, quilz garissent dune très horrible ma-
ladie qui sappelle les escroelles, de la(|uele nul autre prince terrien ne puet garir
fors lui.
Item '" les roys de France portent les trois fleurs de lys en signe de la benoîte
Trinité, qui de Dieu par son angle furent envoyés au dit Clovis '*' poursoy combattre
contre le roy Caudat^*', qui estoil venu**' a grant multitude de gens es parties de
France, et qui a voit fait, mis et ordonné son siège a Conflans Sainte Honorine *''';
dont combien que la bataille commencast en la valée, fu elle finée*'' en la mon-
taigne en laquele est a présent la tour de Montjoie, et fu la pris premièrement
et nommé le cry en armes des roys de France, cest assavoir Montjoie Saint Denis.
Et en la révérence de ceste victoire et de ce que ces armes Nostre Seigneur en-
voia du ciel par ung angle'"*, et demonstra a ung hermite qui se tenoit en icelle
valée,. dencoste une fontaine en ung hermitage, disant quil feist raser les armes
des trois [croissans] que Clovis portoit en son escu. Et feist mettre en ce lieu les
trois fleurs de liz, et en icelle se combatist; et il aiiroit victoire contre le roy
plus grande partie du prologrie place par Raoul de
Presles en léte de sa translation de la Cilé de Dieu.
Seulement le traducteur, s'adressent à Charles V,
emploie partout la seconde personne, tandis que
(îuillebert de Metz y substitue la troisième. Nous
indiquerons dans le cours du chapitre les variantes
de texte.
'"' Le manuscrit original porte, sans doute par
erreur, VI*.
<') Ce surnom , qui s'explique par les habitudes
il'ëconomie que Charles V avait dû contracter h la
suite des guerres dësasti'euses du roi Jean , ne lui
a pas ëtë conserve par la postérité. Christine de
Pisnn, contemporaine du monarque, l'appelle déjà
Charles le Sage.
•'' Var. iret si portez.*
"' Raoul de Presles ajoute : <t premier roy mt-
tien."
'*' Addition de Raoul de Presles : «rqui estoil
Sarrazin et adversaire de la foy crestienne. »
'•* nD'Alemaingne,- ajoute Raoul de Presles.
''' C'est à Cuiilebert de .Metz que sont dus les
deux mots ir Sainte Honorine.»
*'' Var. irtoulevoies fu elle achevée."
'*' Ici, comme plus haut et plus bas, Raoul de
Presles écrit rangre. '
DESCRIPTION DE PARIS SOUS CHARLES VI. 149
Caudal; lequfîl liermite le révéla a la femme Clovis, sainte Crolilde'"', qui repairoit
souvent au dit homiilage et appoiioit au saint hennile sa récréation; laquele les
emporta et eflaca les [croissans], et y niist les trois fleurs de liz. La fu fondé ung
lieu de reli{jieux qui fu et encore» est appelle lALbaye de Joie'* en vaJ, enlaquele
lescu de ces armes a esté par longtemps en révérence de ce.
XVIII.
DE LORIFLAMBE ^^K
Item le seul roy de Franco porte singulièrement l'oriflambe en bataille'**; cest
assavoir ung glaive tout doré, ou est attacliié une Lanière vermeille, laquelle ilz**'
ont acoustumé de venir prendre et qucrre en leglise de monseigneur saint Denis
en grant solennité'"' et dévotion; car premièrement la procession vient au devant
du roy''' jusques a l'issue du cloistre. Et après la pourcession, sont attains le»
benois corps sains de monseigneur saint Denis et de ses compaignons, et mis sur
lautcl en grant révérence; et aussi le corps saint monseigneur saint Loys. Puis
est mise ceste baniere ployée desoubz les corporaulx, ou est consacré le corps de
Notre Seignour Jliesucrist; lequel le Roy reçoit dignement, après la célébration de
la messe. Si fait cellui a (|ui le; Hoy la esleu a baillier comme au plus vaillant
prcudommc et plus vaillant ciievalicr. Et ce fait, le baise le Hoi a la bouche, et
In lui baille. El la le tient entre ses mains par grant révérence, afin que les barons
assistens le puissent baisier comme relique et chose digne ; et en [le] baillant pour le
porter'*' en grant révérence a lonneur du roy et du royaume. En tele manière "'le
prist ce souverain protecteur et défenseur singulier de leglise monseigneur saint
Charles, jadis empereur et roy de France, quant il ala a secours a lempereur
Constantin, qui estoit empereur de Conslantinoble, pour délivrer son pays des
Sarrasins (jui locru])oicnt, et aussi la terre sainte de Jherusalem'"'. Et lequel empe-
reur d(; Conslanlinohle le manda par la vision quil avoil veuc devant son lit, qui
fu tele selon les'"' ancieiuies liisloires; c'est assavoir que devant icellui empereur,
aux pies de son lit, il sapparut ung chevalier armé de toutes armes et monté à
cheval, tenant une hante toute dorée, du bout de laquelc hante yssoit flambe a
merveilles grande.
'*' Kaoul de Presles avait omis le nom de sainte '*' Raoul de Presles pla«> iri le mot "i
Clolil(l(\ et il ajoute : irsi ronunc vous le savet.
'*' Le manuscrit (le Uiioul do Prpsios porte Jode, ''' Var. fvous vient a leocootre.*
qui, sous la forme ^Wr, ra|)pelle In racine ^on- '' Itooul de Presles ajoute id m mois i
dium. tifs : "li faites faire serenient solempnd de la [
''' Nous faisons, au dt'liut de ce chapitre, la r et porter, etc. «
même n>nmnpie «pie pour le pn^ctUeiit, et nous '*' Var. "ainsi b print, etc.»
renvoyons en outre le lecteur h l'appendice plac<' h '"*' Voir, sur cette prt'tewlue oxp^itioa de Chax^
la fin de cette description. lemagne, ce que nous en avons dit en
" \ar. «et si porte» seul roy, etc.- Raotd de Presles.
'" Var. ff vos devanciers." '"' Raoul de Prcsle» ajoute
150 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Si comme Constantin <'> feust en grant perplexité de savoir quele signification
cestoit et que tele chose signifioit, ung angle sapparut a lui, (jui lui dist r[ue
cellui quil avoit veu, cestoit cellui (jui delivreroit le |)ays de Sarrasins. Si cogneut
Constantin par ce quil avoit veu que cestoit le roy Ciiarlemainu, a présent nommé
monseigneur saint Charles***. Et tantost le manda. Qui, entendu le mandement et
la vision, tantost ala a Saint Denis, et print la baniere vermeille en tele révé-
rence comme vous mavez oy raconter, mist la couronne sur lautel et laissa le
royaume de France en la protection de monseigneur saint Denis. Et ceste baniere
ainsi reveremment prise, et en tele dévotion, se party et ala a Constantinoble ; si
vainqui les Sarrasins et en délivra le pays. Et en ceste révérence tant de la sainte
vision comme de la noble victoire quil ot, lont aussi acoustumé a prendre ses
successeurs roys de France *'*. Et j)ortent hante dorée, et pour ce est appelée orv-
Qambe, pour la flambe qu'ap|)arut au bout de la hante**' dorée.
Si est la baniere vermeille en la remembrance du {glorieux martir ou martirs
monseigneur saint Denis et ses compaignons, qui premiers apporta la foy en
France pourlaquele il et ses conq)aignons furent martirisiés. Et doit estre atta-
chée ceste baniere, comme dit est, a une hante dorée, pour avoir tousjours recor-
dation et mémoire '*' dicelle hante et noble vision de nostre foy et de leur glorieuse
passion. Si ont tenu les anciens*'' qu'elle ne doit point estre desployée sans 1res
grant neccessité; et qui plus est, la victoire eue*'', qu'elle doit estre rapportée
a grant dévotion et révérence en leglise monseigneur saint Denis, et rendue sur
son autel, en remembrance de la victoire, ainsi comme fist Charlemaine.
Loriflambe est une baniere vermeille a cinq frenges, bordée de houpes de vert;
si doit estre portée plus haulte et par dessus les banieres royaux **'. De ce me croy,
car j'en ay veu deux de mon temps sur lautel des glorieux martirs, en chascune
partie de lautel une; et estoient enhantées de deux petites hantes dargent dorées,
ou pendoient a chacune une baniere vermeille, dont lune estoil appelé[e] la ba-
niere Charlemaine ; et se portoit par révérence par ung des ofliciers religieux a
certaines processions**'. Item ces choses dénotent et signifient par vraie raison, (jue
par ce les roys de France doivent estre *"" soulz principaulx protecteurs, champions
et défenseurs de leglise, comme ont esté les roys anciens*"'. Et ce tient le saint
'"' Var. "Et comme il feiisl."
'*' Raoul de Presles et Giiillebert de Metz ad-
mettent connue valable la canonisation prononcée
par i'anti-pnpe Pascal lUm^
''' Var. (fvos devanciers et vous. -
'*' Le texte porte _^o>nie.
''' Var. iret vraye mémoire."
'*' Var itvos devanciers.".
''' Var. iT la victoire faite. "
'*' Cette phrase tout entière a été ajoutée par
Guillebert de Metz ; elle ne se trouve point dans le
texte de Raoul de Presles. ou du moins elle est
conçue autrement et n'occupe pas la même place.
'*) Ici se place la phrase originale de Raoul de
Presles; elle est ainsi conçue : "VA est ce que Ion
f appelle proprement loriflanmie, et dont elle vint
irde ce qui en [)eut estre venu a ma petite congnois-
"tsance."
''*' Var. itvous estes et devez estre."
"' Var. l' vos devanciers. 1)
DESCRIPTION DE PARIS SOUS CHARLES VI. 151
siège de Romnic, qui a acou8turn<5 a cscrijji-e aux roys de France singulièrement
en lintitulation des lettres : au Ivh cliristieri des princes.
Et jusques cy descript maistre Kaoul d»; l'raellc», jadis advocat ou Parlement
de Paris.
XIX.
SENSUIVENT LES DOUZE PERS DE FRANCE <''.
Lingo^"'. Remy, Lau |
Nor. Aqui. Burgundia suiit ( * "'
No. Catha. Bciva. Thol j
(larn|)ania, Flaiidria sunt ( *^"*'
Les ecclesiastes.
Larcevesque de Rains
Levesque de Lengres 1 Ducs.
Levescjue de Laon i
Levesque de Noion ■
Levesque de Cliaalons | Contes.
Levesque de Beauvais '
Les séculiers.
Le duc de Bourgoingne, doyen.
Le duc de Normandie.
Le duc d'Ac(piitaine.
Le conte de Klandres.
Le conte de (^lianipaigne.
Le conte de Tlioiiloiist'.
*'' Raoul de l'resics ayant par\é, liaim soii cotii-
nioiilnin", des Tclniizo pers n un temps de ('.«'snr,
CiuilIclM'rt lie Met/ a cru devoir en donner la liste,
non ps il cette dpoqiic It^gendaire, mais au teinp
«ù il vivait.
'*' Voici coninicnt on doit lire ces ipialre li|pies
formant deux mauvais vers mnëmoteclmi(|ues , où
sont i-cpro<luils en at)rég<i les nonis latins des ikmir
|>nirs : l,iMffo[nes{. Ilemi. Lau{dunum].No(j mania].
A(|ui[lnnia|. Burgundia sunt du[ratU8]. ^No(Tio-
dununij , Càllia|launum|. Belva(aiin]. Tboi(oM].
(laiiipania, KlaiHirin suni rom[ilalus]. — Cert i
M. Jules (Juiclierat . professeur de l'École fW rhartn .
«pie nous devons cette pxpiicalion.
152
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
DEUXIEME PARTIE.
XX.
SENSUIT LA DESCRIPTION DE LA VILLE DE PARIS DE LAN MIL QUATRE CENS ET SEPT. LAQUELLE
DESCRIPTION EST DEVISE EN CINQ PARTIES. LA PREMIERE PARTIE CONTIENT LA MOYENNE
PARTIE APPELIÉE LA CITE, ENTRE DEUX BRAS DU FLEUVE DE SAINE. LA SECONDE PARTIE EST
DE LA UAULTE PARTIE DE LA VILLE OU LES ESCOLES DE LUMVERSITÉ SONT. LA TIERCE
PARTIE PARLE DE LA BASSE PARTIE DE LA VILLE DEVERS SAINT DENIS EN FRANCE. LA QUARTE
EST DES PORTES DE TOUTE LA VILLE. LA CINQUIEME PARTIE DEVISE EN GENERAL DE
LEXCELLENCE DE LA VULE.
La première est de la Cite '*'.
La est leglise cathédrale de Nostre Dame, qui par dedens a de long deux cent*
pies, et de large quatre vingt pies'*'. Si sont es trois premières entrées quarante
colombes") que on puet environner; aussi y a vingt colombes dont il a a chascune
une chappelle que on ne puet environner'*'. Entour le cuer de leglise sont aussi
'*' Cette rubrique est de Guillebertde Meta.
'*' Le calcul de Guillebert de Metz n'est pas exact.
Dès le cominencemcnt du xvii' siècle, le P. Du Ureul
citait, pour indiquer les dimensions de Notre-Dame,
les vers suivants qu'on lisait sur un tableau place
près de la statue de saint Cbristophe , au second pi-
lier de la nef:
Si tu reux sfaroir comme ett ample
De Notre-Dame le grand temple :
Il a dans oeuvre , pour le seur,
Dix et sept toise* de haoltenr.
Sur la largeur de vingt et quatre;
Et soixante cinq , sans rabattre ,
A de long; aux tours hanll montas
Trente quatre sont bien comptées;
Le tont fondé sur pilotis ,
Aussi vray que ie te le dis.
( Tktmtn du mtifmict ik Ptrii, édit.
de i6ti , p. g.)
Ainsi Guillebert de Metz fait erreur de cent quatre-
vingt-dix pieds pour la longuetu*, et de soixante pieds
pour la largeur.
''* Colombes, colonnes.
''' Par ces mots : irque on puet, que on ne puet
(f environner, » l'auteur veut dire , sans doute , autour
desquelles il est |K>ssible ou impossible de circuler.
Quant au nombre des chapelles que Guillebert de
Met! égale à celui des colonnes , il ëlail de vingt-cinq ,
en y comprenant sans doute le maltre-autcl et l'autel
dos pare8>eux, allare pigtvrum '"', dit Du Bretd, qui
en donne la liste suivante : Saint-Denis , Saint-Kemy,
Saint^Martial , Saint-Lëonard , Saint-Biaise et Saint-
Geoi^ges, Sainte-Geneviève. Saint-Julien-le-Pauvre
et Sain te-Marie-Égyptionne, Sainte-Catherine, Saint-
Nicolas, Saint-Julien-du-Mans , Saitit-Jean-l'Evan-
gëliste et Sainte-Agnès , Saint-Eiisladie, Saint-Jean-
rÉvangt^liste et Sainte-Marie-Madeleine, Saints-
Ferr»k)l-et-Ferrution , Saint-Miclicl . Saint-Martin et
Sainte-Anne, Sainte-Foy, Saint-Eutrope, la Décol-
lation de Saint-Jean-Baptiste , Saint-Louis , Saint-lii-
gobert, Saint-Nicaise, Saint-Etienne. Cette éninné-
ration ne se concilie guère avec celle de Guillebert
de Metz , qui ne compte pas moins de quarante-
sept chapelles. Dans ce nombre figurent peut-^trc
les chapelles particulières qu'on a successivement
établies dans rintérieur de l'église.
<*> C'était l'autel où se disait la dernière
DESCIUPTION DE PARIS SOUS CHARLES Vf. 153
auUiiil (Jo coulombes et de cbappolles. La place qui est ou milieu de leplise, cesl
«•ntre le cuer et lenliée, cuulienl autant despace comme de douze colombes; et v
;i six cbappciles''*. Entour le cuer sont entailliés de pierre les fais des aposlres et
listoire de Jos(;ph le patriarche''''*, de plaisant ouvrage, et maistre Pierre du Coin-
fjtiet (''. A lentrée est limage de saint Christofle, de merveilleuse haulteur et
'''' il ne peut 6tre queslion , dans ce iriiiilicu de
ffléiflise,» qiindes clinpollns du jiibd.ddlniilns |K)ur
l'accoMiplinsoinonl du vimi do Louis XIII, et de celles
du traiisc])t.
''' Le» piu-lies de has-reliefs dont |iarl(' ici Ouil-
l<'iiei't de Met/., et (pii n'existent plus iuijourd luii,
coires|>ondent «ans doute h l'extréniiti; nbsidule du
cliieurel au JmIm' (pii en l'enniiil IVnIrA». Les lirèclica
(pir néccssitu la déconilion nouvelle ordoiuiée par
Louis XIV, en ex(!cutiou du vœti de son jx>re, firent
sans doute disparaître "les fais des aposlres et lis-
'toire de Josejili le patriarche. d Du Breid, ipii a
décrit »\olre-I)urue avant cette nuitilalion, s'exprime
en ces termes : irLo chœur est clos d'un nnir percé
rù joui' autour du f[rand autel, au haut du<pu>l sont
' repifseiitez , eu jrrauds pei'soniiaijt.'s de |)ierre dorez
-et hieu peints, l'histoire du Nouveau Testament, et
"■plus lias riiisloiredii Vieil Teslaïuenl, avec des es-
f crils au dessouhs qui explicpient les dites liistoires. »
( Théâtre des anùquilez de Paris, éd. de 1 6 1 Q , p. 1 3. )
Jean llavy, "Uiasson de Notre-Dame de Paris, jMir
'l'espace de xwi ans. commença ces nouvelles his-
~loires, et maistre Jean le Bouteiller l(;s a parfaites
-(iu l'an HccccLi.D Telle était l'inscription qui se
voyait autrefois pr(>s de la Porte Itoiijje. L'ouvrage
■l'était donc pas achevé au moment où GuillelMM't de
Metz écrivait.
*^' Maistre Pierre du Colngnel. Pierre de Cu-
gnières, chevalier, conseiller et avocat {jénéroi du
Parlement de Paris, sous Philippe de Valois, défen-
dit \ ijfoureusemenl i'aulorité royale contre le clergé
et l'université. Pour se venger de lui on plaça . dit-
on. dans (pielques églises de Paris, et notamment
à Notre-Dame, des marmousets de pierre, contre
lesquels ou éteignait les cierges en répétant ces mots
ironiipu's : Tu disais vrai, du Coignet. .M. Paulin Paris
cmit, au contraire, que longtemps avant PieiT«? de
Cugnières il existait à Noti-e-Dame, au fond du
chœur, une pierre grossièrement façoiniéf, et cpie
-de l'haliitude qu'avaient prise les bedeaux d'y
Téteiuilre les cierges en les rognant contre celle fi-
"gure grolewpie, on lui donnait le nom de Coffuel.
If Im maie renommée de Pierre de Cugnières onprès
BIST. — I.
•rdu clergé, ajoute M. Paulin Paris , fit qu'on «e phit ii
'•transfonnerce Cognel en Cngnière*.» {Mmmteril$
français, t. IV, p. ?>•].) WaMinn, au prologae de ion
IV' livre, fait allusion au même lait quand il dit :
irEt parce que. selon le pmverlie des Limoains,
ira faire la gueule d'iing four sont trois pierrai n^
rrcessaires, vous les associerez à niatslre Pierre dn
tCoingnet, par vous jadis pour ntesme caoae pé-
irtrifié. n Noël du Fail , seigneur de ta HénsMye, dan*
ses Contes d'Eulrapel (c. i" de la justice) , a rapportéœ
fuit . ainsi qu'Etienne Pasquier, liv. III , chap. ut, de
ses Ikcherches, etc. (filons encore une pièce en ver»
français de quatre feuillets gothiques, intitulée Le
testament et épitophe de maistre Pierre du Quignel. En
voici la suscriplion : ('.y finist le grant èpitofkt —
maistre Pierre du Quignct , — composa par Htau du
Gulaphe, — en un soir par ung matinel, — le cin-
quantiesme de ginet — en l'an deux mille rx et dix,
— en biau papier blanc et bien net, — à la requesie de
Béutrix. Pierre du Coignet ou Jean du Coignol.
comme on rup|)elle vulgairement, n'est |kis moin»
connu à Sens ; la niétro[>ole prit fuit et cause pour
sa sulTragante. irL'an iSag, dit Du Hreul, inaisUv
"Pierre de Cuneriis (appelé par dérision du Cui-
fgnel), advocat du roi Philippe de Valois, plaida
T publiquement contre les privilleges. imniunilez et
«rfranchises de l'Iïglise, tendant à letir oster la ju»-
frtire temporelle. Mais, après avoir esU$ réiiitrf el
l'remlxirré |«ir le docte Pierre Bertrand, énKfue
"d'Aulun, le Roy conclud qu'il auginenleroit plus-
' tosl les droits de l'Kjjlise que de les osipr ou dirai-
t nuer, poiu-veu cpiils reganlassenl anssi de loiirrost^
"h amender et corriger ce qui mérite aniendemenl
"et correction. Geste magnanime rrponce est eom-
•■ prise en deux carmes (vers), qui sont eacriia an
T portail de l'église cathédrale de Sens, soos Tefigie
tde ce Roi armé et à cheval, comme il est i notre
"église de Paris, et tout leis :
oRagnaalii ««ri capMW fgo eallar hakai,
■Juro ran cirri lilii]rtihaw|a» iMri.
"MaisUv Pierre du Cuignet estant ainii dédiea de
<rsa prétention, on Ta comparé et donné le non k
tune i>olitc et laide figwv qui est i un coing du
10
154 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX,
noble ouvrage"'. En ceste église est le chief saint Philippe laposlrc, et le cliief
saint Marcel, evesque de Paris, et divei-ses reliciues pluseurs * . La table du grant
autel dessus et celle de desoubz sont dargent dorez '. Il y a deux clochiei-s ou il
a autant de degrez comme il a de jours en lan *. En lun est une cloche que len
puet a paine par quatre fois avironner, les bras estendus '*), Il y a une chappelle
de costé comme len va au chapitre, de merveilleuse façon; et y est la légende
Job entaillée ('^'; et par dehors leglise sont belles y mages. Auprès de leglise, est le
palais levesque dun costé : la tient on les plais devant lollicial de leve8<iuc et
fjubë de l'ëg^ise, du costë du tiiidy.aii dessoubsde
fia figure d'enfer, et n'est aucun rëput«5 avoir veu
"•ceste «église, s'il n'a veu ceste griuâace.» (Tkeatre
des antiquitez de Paris, p. ï6.)
'"' Le saint Clirislo|>be de Notre-Dame, dont Bë-
guillet a donn»! une Mie n'<lnilc, et <jue nous reprodui-
rons plus tard , en grand , d'npivs un dessin original ,
est ainsi décrit |)ar Du Breul: »A i'entrëe de ladite
" église , vers occident . contre le second pilier d'icelle ,
fon voit l'image de saint Clu-istophle |K)rtiuit Notre
irSauveur sur ses épaules au travers d'un bras de
ffmer; et à l'opposite, contre le premier pillier du
irniesme costé méridional, ou voit un chevalier re-
rr présenté à genoux sur une plate forme soiistenue
-rpar une colonne de pierre, avec cet escril au i>as :
trc'esl la représentation de noble komme messire An-
irloine des Essars, chevalier, jadis sieur de Tkieure et
nde Glatigni, au valde Gatie, conseiller et ckamhellan
"du Boif nostre sire Charles sixiesme de ce nom : le-
tquel chevalier Jit faire ce grand image, en l'honiteur
<rel remembrance de Monsieur Sainct Chrislophle, en
f l'an l'ii S. Priez Dieu pour son âme. Ceste statue de
«sainct Clirislople est naïfvement décrite \mr niaistre
ir Raoul Hoterey, advocat au grand conseil, en son
"livre intitulée Lulecia.9 (Thealre des antiquitez de
Paris, éd. de 161 a, p. 6.) Du lîreid aurait pu
ajouter que les poètes Aslosan , Stoa et Knobelsdorf ,
dont les descriptions feront partie de ce recueil,
ont également cité la statue du célèbre Porte Christ.
'*' Nous donnons, aux appendices, un état des re-
liques existant à Notre-Dame à la fin du xv* siècle.
Du Breul cite les chasses de saint Philipj», de
saint Mai-cel, de Notre-Dame, de saint Lucain, de
saint Côme et de saint Daniicn , de saint Justin . de
saint Séverin, de saint Gendulplie, de saint Denis,
de saint Martin, de saint Am.-uid, de saint Avit,
de saint Brice, de saint Prix, de saint Cortc, de
saint Amateur, de saint Didier, de saint Eutro[)e , de
saint Florent, des deux saints Germain de Paris et
'*' Ce devait è(re une sorte de crécelle.
d'Auxerre et de sainte Ursule, plus un fragment
du tombeau de Notre Seigneur. ( Th. des aniiq. édiL
de 1 6 1 4 , p. .3() et suiv.) i^ |>lu|iart de ces relique*
ont été détruites à ré|>o<jue de la Bévolutioii; il en
reste quelques-unes au trésor de Notre-Dame.
'' il est diflicile de bien enteiMJre c<' |Missage; la
table irde dessoul>ST! était probablement la plate-
forme de l'autel; quant à celle "de dessus, « c'était
peut-être une sorte de surtout mobile dont on re-
couvrait l'autel après la célébration des saints mys-
tères. De nos jours, on garnit encore les autels d'un
lapis lorsqu'on ne doit plus y oflicierdans la journée.
'' Cette coniparaiMMi est restée |topidairp : on en
usait souvent autrefois, sans se demander si elle
était bien juste.
'*' Ces détails relatifs aux tours et au bourdon
de Notre-Dame ne sont pas très-exacts. Du Breul
compte trois cent quatre-vingt-neuf degrés pour
arriver au sommet des tours. Il donne le nombre des
cloches qui, de son temps, y étaient placées: -Il y
l'en avait, dit-il , huicl grosses : deux à la tour qui
"est du costé de l'hostel episcn|>al. nommez Marie
"et Jaaiuelinc, desquelles la première fut refondue
ren l'an «Sgy; et en l'autre tour sont Gabrielle,
"Guillaume, Pasqtiier et Thibaidd, et les deux que
-l'on nonune les Moineaux. Dans le |)etil clocher,
-ajoute-t-il, sur la croisée de l'église, sont six pe-
"tites cloches, non comprise la cloche de Imis '', la-
"cpielle on ne sonne que depuis ra|>rès disnée du
"jeudi absolut, jus(]ues au matin de la vigile de
"Pas(pies.*Quantau diamètre du bourdon , il est de
huit pieds en hauteur et en largeur, au rap|>ort de
M. Gilbert, qui donne sur ce jKiint quelcjues ren-
seignements curieux. (Voyez Description historique
de la basilique métropolitaine de Paris, Paris, iSai ,
in-8', p. i46.)
*' Cette chapelle devait être très-voisine des ins-
criptions faites h la mémoire des "ymagiers» Ravy
et Le Bouleiller.
DESCHFPTfON DK PARIS SOUS CFIARLES VI, 155
flovcTrit ses auditeurs; aussi le maistre des testamens y tient sa court'", Dautre
costi'; fletneurent les clianoines; et y est la court de loflicial et de larcliediacrc
La dicte effiise de Nostrc Daine est dexcellcnt ouvrage dedens et dehors,
Kii la CÂU; sont qiiinzo ejjiises paroschiales; cest assavoir:
de Saint l'ierre aux Bcufs'*',
de Saint Pierre dos Assis '^',
de Saint ChristolleW,
de Sainte Marie Magdaleine**',
de Sainte Marine '•',
<'' Mimlre des lenlatncnn. Officier de la jiiridir-
lion ëpisropole clinr(;i? du ju(;er les causes reinlivcs
aux testaments. Ces causes, pcndont le moyen âge,
appartenaient h la juridiction ecclésiastique. Du
Gange diîfinil ainsi le Mattre des testaments, r/ui
lites ad lestumcnlu npcclantes dijiidicaljal , et il cite
des lettres de i483, où se trouve ce passage :
rfPour lequel testament accomplir icelltii suppliant,
fra esté convenu eu In court de l'évesque de l'oic-
ff tiers, par-<ievant son oflicial atidict lieu, par-<le-
ffvaut le Miiisire des testamens. i (Gloêt. tned. el
infim. lutin. 6M. Heusdiel, t. IV, p. 181.)
'*' L't'glise de Sainl-Pierre-aux-liœufs , situde dans
lu nie de ce nom , siu- reiii|)lacement de In rue d'Ar-
coleet de rim|>as.'ie Sniute- Marine, cpii viennent de
disparaître, n'avnit, dit Jaillot,rieude l'euinrqunble
que son nntiquitii. C'est une erreur : il suffit d'en
voir le portail, nppliqud depuis quelques nnuA-s h
l<i façade de l'église Sniut-Sëveriii, pour se con-
vaincre que le style de Snint-Pierre-aux-Bœufs np-
partnnnit n In meilleure époipie. Elail-<>lle In paroisse
ou le si('g<> de In coiifi-érie des boiicliere de la Citd?
Devait-elle son nom à la cure des bœufs malades,
qu'on y pratiquait avec une clef rougie au feu, ou
à deux t(Mes de b(euf, sorte d'armoiries d'une fa-
mille Le Beuf, lesquelles eu <l<?coraient le portail?
M. H. Coclieris n snvnuuuent discuté ces questions
dans sou excellente édition de l,e Beuf. L'église Sniut-
l'ierr«>-aux-B(i"ufs a été démolie en 1837.
''' Saint-Pierrt dtê Assis, des Arcis, des Arsis,
et m/^ine des Asmjriens, était une |H'tite église s«*-
partVilu clievetde Snint-Bartliélemy par ime simple
ruelle. I,es quatre noms qu'elle n jwrtés ont donné
lieu à aut^uit d'élymologies et d'opinious sur son
origine; Jaillot les énumèi-e et les discute. (Quar-
lirr de la Cité, p. 46.) Supprimée en 1791. elle a
été démolie vers 1800; en 1819, on n ouvert sur
sou i-MipIjicerneiit In riHievnul rue nnx l'Ieurs.
'' [/église Saint-Christophe ou Chrislo/h, élnie
dons la rue rie ce nom, qui vient de diuparattrr .
existait dés le vu' sijfcle; on a même prétendu qu'elle
servait de chapelle aux comtes de l'aris; inai* il
semble plus proltable qu'elle dé|>endail d'un mooa»-
tère de filles. Devenue lieu d'asile au coiiunenrenient
du ix' siècle, puis érigée en paroisse au xn', époque
où elle avait été reconstniite, elle fut démolie en
17 '17, pour l'élargissement de la place du Parvis et
la construction du IWttiment des EnfanU trouva. La
deniif^rc rét'dilicalion reiuonlnil n lAg'i.
'*' F/église de Sainte- M adekine ,»i{née presque h
l'angle des rues de la Juiverie, de la VieiUe-Draperie
et des Marmousets, avait ét<' détruite, en trè»-
{frnnde partie, antérieurement à louvertupe de la
rue de Constantine. M. Berty a raconté comment
elle avait été constniite ven la fin du xii'siède, sur
le teirain d'une ancienne synagogne, et agrandie
successivement ; la s> nngogne eHe-méme fut trans-
formée en église , par ordre de Philippe Auguste . se-
lon le témoignage bien coiuiu de Guillaume Le
Breton :
Eedmiat fecit uenri pro tjnagogit ,
In qaocaiiK|M km tekola Tri tyna|ati faincl
Devenue successivement éf^ paroÏMiale et archi-
presbytérale , la Maddeine avait vu sacimnMriptioo
agrandie ]>ar la réunion des parowM deSual-Len
et Stiinl-Cilles, de .Sninl-Chrittophe et <le
Geneviève des Artlents. Supprima eo 1 79* , \
en 1793. elle fut démolie en 179S.
>') Sainte- Marine. liam rimpuae<feeeiioai, ëtail
encore del>out, ipioique méenoMnmhfe, en i86€:
établie fort anciennement, elle servait de parowae
pour K-s gens de févèrhé et des coun; et ka m»-
riages ordonnés par l'oflScialil^. c'etlrè-dire tftit
cohabitation, s'y faisaient avec lefiunaaaMHMide
pille dont on a tant parlé. Le prévôt dsi
Kriini'ni» Mip>n v ;n.nil été Ulhum^
156 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
de Saint Denis de la Chartre'", ou Nostre Seigneur acommenia '* Saint
Denis;
de Saint Berlclemy<'\
de Sainte Geneviève des Ardans'*',
de Saint Simpliorien'*'.
de Saint Landry'*",
'"' Saint -Deni»-de- la -Chartre, qu'une ancienne
tradilion désignait connue avoisinant le lieu où le
saint a|x^tre fut emprisonné, était une ancienne
église, construite probahlenient à la suite des in-
cursioiLsdes Normands et près de la prison publique.
Desservie par des chanoines dès le commencement
du XI* siècle, elle fut placée plus tani sous la dé-
pendance des religieux de Saint-Marlindes-Chanqw.
Cette église était double, selon un nnli(pie usage,
c'est-à-dire qu'il y avait dans son enceinte deux [>a-
roisses distinctes : l'une dans la nef, l'autre dans un
bas-côté. Supprinitîe et vendue à ré|KKpie de la Ré-
volution, elle avait été com])létenient dénaturée, et
l'on n'en a retrouvé que des restes informes en 1866.
'*' i4commenm , donna la communion. i^Or minet
"Denys, célébrant en la dicte prison le saint sacri-
"lice de la messe pour fortifier les chrestiens de la
itsaincte communion . à la fraction de l'hostie Nostre-
"Sauveur s'apparut visiblement à tous ceux qui es-
-rloienten la chartre avec une clarté admirable, etc."
(Du Rreul. Antiquité: de Pari*, etc. liv. I", p. 1 15.)
La vie de ir Monseigneur sainci Denys.n à laquelle
nous avons fait deux emprunts, contient une ma-
gnifique miniature représentant celte scène.
''' Saint-Bnrthéletny était, aprj>s Noire -Daine,
l'édifice religieux le plus iiiiporlant de la Cité.
D'abord simple chapelle, fondt?e et dotëe par les
Rois , puis église royale parce quelle était la paroisse
du l'ulais, elle fui successivement desservie par des
chanoines, érigée en abbaye, sous le vocable de
saint Barthélémy et saint Magloirc, et église parois-
siale avec une circonscription distincte. I^es religieux
de Saint-Benoit qui foccupaient. l'ayant abandon-
née en 1 138 pour se transporter à Saiiil-Magloire ,
elle ne garda que le nom de Saint- Barthélémy,
qu'elle a conservé jusqu'à sa destruction. Réparée
et agrandie à plusieurs reprises depuis 1 809 , elle a
été reconstruite en grande partie vers la fin du sii«le
dernier. Sur son emplacement, qui faisiiit face à la
Grand'Salle du Palais , ont été disposés un tliéàlre et
une salle de bal , lesquels ont été détruits lors de la
construction du nouveau Tribunal de commerce.
"' Smnte-Geneviète-de»-Ardeiu , appelée la Pedle
<ians le rAle de la taxe de 1 3 1 3 , |>ar opposition à
la grande Sainle-Geneviève-du-Moiit. devait son
siiniom auyhi tacré ou mal du ardais, qui fit tant
de ravages au m* siècle. La châsse de la sainte,
descendue à .Notre-Dame, ayant (,niéri. dil-on,
nombre de malades, le pape lnnor<>iit II ordonna
qu'une fêle comnM^moralive serait c^le1)rée chaque
année, le a6 novembre, dans les deux sanctuaires,
t^lui de la Cité, silué nie .Neuve-Nolre-Dame . à
, quekpifti |ias du Parvis, n'était guère qu'une cfaa-
|)elle, ipioiqu'il eût le titre de |>aroii>se. \je |>ortail
avait été reconstruit . en 1 &oa . |>arles libéralités de
Nicolas Flamel. On y voyait la statue à genoux de ce
généreux bienfaiteur; nous la reproduisons aux ap-
pen<lices de fîuilleljerl de Melt. Sainte-Geneviève-
des-Anlents fui alMllue, en 17^7, |H)ur l'agran-
dissement de l'hApital des Enfants trouvés.
"' SaintSyiiiphorien n'était sé|)aré de Saiiil-I)enis-
de-la-(iharti-e que |iar la rue du llaut-Moulin. Ce
|ietit oratoire avait succédé, aa xiii* siècle, i une
ancienne cha|¥>l|e de Sainte-Catherine, fondée sur
l'emplacement de la Chartre (Cnrccr Glaucini), où
saint Denis a été emprisonné. Dotée par Matliieu .
comte de Reaumont , Aliénor ou Eléonore , comtesse
de Vemiandois , et Gamier de Saint-I^zare, l'irise
de Sainl-Sy mphorien fut desserv ie |)ar des clia|)elains
et des chanoines jusqu'en 1 70& , époque où elle fut
cédée à la confrérie des peintres . scul|>teurs et gra-
veurs qui lui doimèrent le nom de leur |)atron. saint
Luc. Apri-s avoir été supprimée et vendue, elle fiil
engloUV» dans les vastes constnictions de la Belle-
Jardinière, au milieu des<juelles le senice historique
de la ville de Paris l'a retrouvée presque intacte. L'ar-
chitecte 'du nouvel HAtel-Dieu , à qui cet oratoire
avait été recommandé, n'a pu. malheureusement,
lui donner place dans le plan de ses coiLstructions.
''' L'église Saint-Landry, fondée avant le xii* siè-
cle, peq)éluait le souvenir du pieux évêque auquel
on doit la fondation de l'Hôlel-Dieu; |)eut-étre était-
ce l'oratoire même du saint. Dès 1171, elle était
placée sous le patronage de la grande ^ise Saint-
I.A COMMl'NION 1)1'. SAIM' l>|-\IS
il.in.» I.i prison |)iil>li(|tif ili* l.tit<T< ("■Iniintii ).
DKSCHIPTIO.N DE PAIUS SOLS CIIARI.FS VI,
de Saint Germain le Vieil''',
de Sainte Croix'''',
de Saint Jelian le Hond'*',
de Saint Massias'*' et de Saint Michiel'*'.
En la Cité est le prieuré de Saint Eloy '*',
157
Cifirniuin-l'AiixoiTois. Ellnfut roconslniite h la fin du
vv' siteli-, sii|)|)ririi(^(î en 1791, vf'ii(Jue mi lyga et
(l('iii()lio. Son ('iii|)luc(>iiK>nl était recouvert par les
maisous ((iii faisainiit raii|r|e du (|iiai .Napoléon, des
i-ucsd'ArRoio et Saint-Landry. Quelques vestiges des
l'ondations ont été reconnues en i8(»().
'"' Saint- Germain- le-Vieiu: (velus) ou l'Evietuv
[iiquonHfi), selon la bizarre élyiiiolojfie de Talihé Le
Ueul', était situé entre les rues de la Calandre et du
Marché-Neuf, dans l'angle rentrant formé par cette
dernifVe voie. Celte église, ancienne rlia|)elle bap-
tismale de Noti-e-Dame , sous le titre de Saint-Jean-
Itaptiste, existait dès le ix* siècle, et servit, lors des
incui-sions des .Normands, d'asile aux nîligieux de
Saint-Cerniain-des-l'rés, ipii y laissèrent un bras
de ce saint, en témoignage de reconnaissance. On
croyait d'ailleurs que saint Germain lui-niôme y
avait résidé au vi* siècle, ce qui expliquerait le choix
d'iuie telle retraite, au ix*, par les religieux de ce
nom. A)p'andie en i/iSS et i56o, elle a ët^ sup-
|)ritiiée en 17<)1, et vendue en l'an iv. Son empla-
cement est marqué approximativement par le pa-
villon sud-est de la nouvelle casenic nmniri|>ale.
'' Stiinte-Croi.r n'était qu'une cha|)elle occupant
l'angle des rues de ce nom et de la Vieille-I)raj)erie.
L'origine en est fort obscure; Jailint croit qu'elle
servait, dès le vn* siècle, d'inlirmerie aux i-eligieiises
de Saint-Kloi, qn'elle reprit son nom et fut érigée
en |)aroisse vers h» xii' siècle. Itéédilié<! et agrandie
de 1 /i5o il 1 599 , elle fut supprimée et vendue h In
Révolution. Il en subsistait encoiv (|uel(pies murs eu
i8()6, vei-s le milieu de la rue Constantine.
'*' Reaucoiq) d'églises avaient autrefois yxtur ba|)-
tistèiv un édilice sépait*, et qnclipies-unes ont con-
servé cet usage; ainsi YamioxrpSaiiil-Jean-Buitlùilej
auquel succéda Saint-Germain-le-Vieux , contenait
les l'onls baptismaux de Notre-Dame. Kappntcbé de
cette église, h une époque qu'il est dillirile <le pré-
ciser, ce baplistèn> fut construit en forme de rotonde;
il était très-voisin de la |M)rte septentrionale de la
cathédrale, et lonrhail presque à la façade; c'était la
paroisse des laïques habitant dans le cloilr<\ Dé-
moli en 1768, il a donné, pndant un demi-siècle.
son nom h Sainl-Denis-du-Pas , petite ^iae Htaëe
au chevet de Notre-Dame, où avaient éti' tran<if<<réi
les fondations ainsi que les fonts l>aplismau(. (iuil-
leljert de Met/ ne dit rien de ce dernier sanctuaire.
'*' Saint-Martial , que notre autPiirap|M-lle,Saml-
Mouia», et qu'on trouve également indiqué itons l«i
noms de Sainl-Maeiel et Maeial, n'était autre diow
(ine le chœur de l'andaine ^ise du nionattire Saint-
Kloi , dont l'enclos a été oocu|ié depuis par le cou-
vent des Barnahite», lequel était situé derrière la
partie méridionale de l'hémicycle faisant face k k
{p'ille du l'alais de justice. Sépré de la wSk laqnele
il avait apprtenu, le clievet de Saint- Eloi devint
paroisse distincte et subsista jusqu'au coimiienre-
ment du xvni* siècle.
'' La clia|)clle Saint-Michel, située entre la rue
de la Barillerie (l)oulevard du Palais) et la cour de
la Sainte-Chapelle, sur laquelle elle avait son entrée,
existait avant l'hilip|)e .Auguste, puis<|ue ce prince
y fut kiptisé. D'abonl en dehors de l'enceinle du
Palais, elle y fut conqmse à ré|KHpie où l'on en re-
con.struisit la clôture, et Charles VI funit, en t. 385,
à la Trésorerie de la Sainle-Chopelle. Elle a disparu
h la lin du siècle deniier, lors de l'élargissement de
la rue de la Rarillerie.
'*' Ce que Guillel)ert de Metz ap|)elle- le prieuré
irdc Saint-Éloy* est |>eut-étre le plus ancien é)abii>-
sement religieux rie la Cité. Le célèbre ministre de
Dagol)ert , ayant obtenu du monarque un vaste ter-
rain, situé en face du Palais, y lit cnnstniire un
monastère de filles, qu'il mit sous finvocation de
saint Martial. éviVpie de Limoges, et dans lequel il
plaça des reliques de ce saint. L'enclos du mniiai
tère, appelé la ceinture de Saint-Éloji, êaà Kmltf
par les chemins on rues qui ont été nomm^ de-
puis de la Barillerie, de la Cakmin, mue Fhm H
de la Vieille-Draffrie. On lui a dooorf. eaocwraK-
nient avec le nom de Saint-Martial , eehd de %aà
Éloy, son fondateur, et de Sainte-Aure. M pn-
niièrc abbesse. Cédé, dia le »i* aMe, i Tabbaye de
Saint-Maur-lea-Foaaé», ce monastère eut k subir
toutes sortes de viciMitndei; il tombait en minet
lorsque M** de Gondi . premier ardwvèque de Paria .
158
DOCUMENTS ET ÉCRITS OHIGl.NALX.
et le collège nommé Dix Huil^".
XXI.
DU PALAIS.
Le Palais Royal '^' dure des le Giant Pont ou est lorologe ''* jusques a Pont
Neuf (*'. La salle du Palais a de long six vingt pies et de large cinquante pies; il y
a huit colombes : la est la table de marbre de neuf pièces^*'; la sont les vmages des
roys qui ont régné en France; la sont procureurs de Parlement et advocas**'. La sale
des merchiers a de long quatre vingt pies. La vent on divers joyaux dor, dargent,
de pierres précieuses et autres*'*.
le donna, en i6a6, aux clercs rdguliersde ta Con-
grégation de Saint- Paul, connu» sou» le nom de
Barnabiles. L*s nouveaux |>ossesseurs firent re-
construire les bâtiments conventuels et l'église, qni
a subsisté jusqu'en ces dernières années. Elle servait
de dépôt d'archives el de magasin pour le mobilier
de l'Élat. Le portail, transporté pierre |»ar pierre,
u été appli(pié à l'église des iSlancs-Mantcaux.
'" Ce collège des Dix-Huit écoliers consistait ori-
ginairemenl on une simple cband>re oii ils logeaient
à i' Hôtel-Dieu. Achetée en 1171, moyennant cin-
quante-deux livTCS, par Jocius de l^ndonna , croisé ,
de retour de la Terre Sainte, celle ehnmbre fut l'ob-
jet d'autres libéralités, et se transforma peu à peu
en une maison, sise rue de Venise, près la rue
!Seuve-!Sotre-Dame. !>• collège des fUr-Huil, réuni
à la maison de Sorbonne , fut transfert? , à une époque
un peu incertaine, dans la nie des Poirées (rue
Restant). Il est certain qu'au temps de Guillel>ert
de Metz ce modeste établissement n'avait pas en-
core quitté les environs de flIôlel-Dieu.
'*' Le Palais-Royal, dont le nom est porté au-
jourd'hui par l'ancien Palais-Cardinal, n'est autre
(|ue le palais de la Cité; il durait (s'étendait) et dure
encore du pont au Change au pont Saint-Michel ,
moins quelques maisons appartenant à la me de la
Sainte-Chapelle.
<'• Gnillebert de Metz a vu «l'orologe» un siècle
et demi avant sa première restauration. Ce n'est
qu'en novembre 1 585 , dit Du Breul , que n^on acheva
ffde reprendre et enrichir le quadran de l'Horloge
fdu Palais, au haut duquel on voit la figure d'un
fcolomb blanc (dénotant le Sainct-Esprit) et les
itescussons de France et Pologne, 1 en souvenir de
Henri UI. ( Théâtre des antiquitez de Paris, p. aSo.)
'*' Cette appellation , appliquée de nos jours au
pont construit sous le règne de Henri III et de
Henri IV, à la pointe occidentale de la Cité, déugnait
autrefois le ])ont SniiU-Michel, le plus récent des
quatre qui existaient nu temp de Cuillel»ert de Metz.
'■*' M. Bonnardot , dans les fragments qu'il a pu-
bliés de Guillebert de Metz, ob«erve avec raison
que cet auteur est le seul qui nous fasse connaître
qde la fameuse table de marbre était com|MMée de
neuf pièces , p. 9 & des Etude* sur Gilles Comnet, tti.
Paris, 18/18, in-8*. (Voir ce que Jean de Jandun
dit de cette fameuse table aux pages 48 et iig.)
'*' La (îrandSiille existait encore au temps de Du
Breul , qui nous en a laissé la description suivante :
"On voit, autour de reste salle, les statues de tous
'nos anciens Boys, depuis Pharamoml justpies à
"Charles IX, des<pielles les unes sont représentée»
"avans les mains hautes, et les autres comme les
"ayans basses on pendantes, pour diversifier et
"faire cognoistre (selon plusieurs) celles qui efli-
"gient les infortiinez et faynéanU. d'avec les autres
"Valeureux et vertueux, qui ont eu toiisjours les
-mahis et asmes tendues au ciel. Il y a des escrits
-gravez au Ims de ces statues, lesquels contiennent
-et déclarent leurs noms et les années de leurs rè-
"gne et dece<ls; ce que j'ai obmis pour neslre pro-
"lixe. Ces statues et tout le lambris de ladite salle
"Ont esté peincts d'or et d'azur. » ( Théâtre des anti-
quitez de Paris, p. 997.) M. E. Boutaric, notre sa-
vant collaborateur, a publié, dans les Métmire* de
la Société des Antiquaires de France (t. XXVIl), de
très-curieuses recherches sur le Parlement et sur la
partie du Palais qui lui est consacrée.
''' La salle ou galerie des merciers a conservé,
jusqu'au siècle dernier, sa destination marchande.
Une fort belle gravure d'Abraham Bosse, que nous
donnerons dans un volume suivant, la repr&ente
comme le siège d'un commerce très-actif d'objets
de toilette. La librairie y était également installée
DESCRIPTION DE PARIS SOUS CHARLES VI. 159
En la SaiiiU; Ghappelle est fjrant partie de la sainte croix, de la sainte couronne
cl autres hoiioitcs reliques a merveilles. Et y a ung jjrant pié dun griffon^".
Au i'alais sont salles et chambres pour lopier le Hoy et les douze per»'*'. Si est de
bel édifice a tours et yniages dedens et dehors; et y a beaujardin. Au Palais sont
les seigruîurs de Parlement ou les roys de France ont acousturaé de seoir en ju-
gement. La sont les seigneurs des requestes qui ont cognoissance des causes des
officiers du Roy. La est la chambre des seigneurs des conqites, des trésoriers, des
receveurs, du concierge et dautres odiciers^''. La est laudience. Et devant le Palais
demeure ung pottier deslain, bon ouvrier de merveilleux vaisseaux destain; et
lenoit des rossignols qui cliantoicnt en yver'*'.
Le grant liospilal, (jue le roy saint Loys fonda, dure des leglise Nostre-Dame,
jusqucs a Petit Pont; si a devant lospital, en rue neufve, trente sept manoirs
avec une boucherie, et place vuide devant la chapelle de lospital (*'.
<lans la partie qui confinait h la Suinte-Cbopclle :
Burbin et les vers du Lutrin sont dons toutes les
iiMMiioircs. I)(! nos joMi-sJa (fnlme des inciriers ne
l'cnfcrnio plus (jiie les lMuti((ues des rostuniicrs du
l'alais; c'est le seul vestige qui lui reste de son on-
cienne spU-ndeur.
''' Dans l'invcnlairc des reliques de la Sainte-
(ihapelle, dressé en 1673, et publié par M. Douct
d'Ai'cq, Revue archéotofrique , année i848, d n'est
nullement (picstion de ca grand pié de grijbn , men-
tionné encore dans le poëme d'Aslesun, en i4âi.
On trouvera, aux notes (pii acconquignent notre tra-
duction, (piel(jues détails sur l'onijine de ce débris
singulier. Quant îi son exhibition duns l'intériinir
de la Sointe-Cbapelle, c'était chose parfaitement
(•onrorme aux idiics du Icnips, ainsi que le fait jii-
iliciousonicnt remarquer M. de Guilherniy. fLaca-
f thédrale, dit-il, était, pour les populations d'alors,
"non-seideiiioMl le lieu de la prière et la demeure de
irDieu, mais le centre tlii mouvement intellectuel,
"le dé|)ôl de toutes les Iradilions d'art et de toutes
ffics connaissances binnaines. Ce que nous place-
"fions dans les armoir<<s d'un nuisée, nos pères le
ffconfuiient aux trésoi-s dt!s é(jlis(>s. (le <pie nous
f cbercbons dans les livres, ils allaient le lire en ca-
"roctî'res vivantes sur les ébrasures des portes ou
ffsur les vitraux dt>s feiitHres. Et voilà |Hiur(pioi, à
KcMé des scènes religieuses et des allégories nio-
"rales, nous reumuli'ous, en si grand noud)re, au\
" parois de nos cathédrales, ces calendriei-s, ces en-
cscigncnienU de boUuiiquc et de zoologie , ces détails
"Sur les priM'édés des arts et des uiéliei-s, cesaver-
irtissements sur l'hygiène, sur le lH)n enqdoi du
iflenqw, sur ragricultmv, qui conqtreud ime cn-
rcyclo]>édie & l'usage et à la portée de tous.» {Iti-
néraire archéologique de Parti, p. 3o.) Eo ee qui
concerne plus s|)écialciuent le ^ed de griffon et au-
tres curiositi^s de ce genre, M. de Guilbenny die
un passage du lialional des divin» ofieet, où Guil-
laume Durand nous apprend que, (bins les calb^
drales de Lion, de Meims, de liayciu, de Com-
niingcs, à Saint-Denis, à Saint-iiertin , connue i la
Saiiite-Cba|>elle . on suspendait des œufs d'autruche .
on conservait des cAtes de ludeines, des crocodiles
enq>aitlés, des conies de licorne, des ongle» de grif-
fon, etc. irafin que le {icuple en fût davantage attiré
cdans le lieu saint et mieux dLs|>osé à la piët^.»
'*' A l'époque où l'crivait Guillebert de MeU, le
palais de la Cité et la forteresse du Louvre n'étaient
pas la demeure habituelle d«-s mis. qui résidaient,
le plus souvent . à rbôlel Saint-Paul et au bois de V in-
cennes. "Nos Roys viennent y loger, dit Du Breul,
'rqtiand ils se marient et font leur entrée en nostre
irvillc.» {Theatn de» antiquitez de Pari», p. 998.)
''> Voir, dans le Traité dm kmâmgtêit Pmù, ce
(pic Jean de Jauduu dit de tout eet dignitaires,
p. 48 et /19.
(*i Nous avons donné, dans la notice, une expli-
cation conjecturale de ce fait (p. 14&).
''' irA r^rd des bâtiment de l'Hdtel-Dieu . dit
itJaillot, ils ne consisloient, avant le règne de saint
ir Louis, que dans trois ou quatre eorps de iogit,
«ravec l'ancienne chapelle da saint Ghfntopbe. Ce
<r prince les augmenta eoDMUrabieaientetOttiBlde
(rbien à cette maison, qu'il en est n^gardë 1
<rlc fondateur. « (fiecAsreAat tritifu» «v la
de Pari», etc. Quartier de h Cit^. t 1.) L'HAtal-
Dieu possédait deux chapeBw : la principale availM
160
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
XXU.
DES PONS.
Granl Ponl '" a de lun costc soixante huit louages et de lautre costé soixante
et douze; la demeurent les changeurs dun costé et orfèvres dautre costé. En lan
quatorze cent, et quant la ville estoit en sa fleur, passoient tant de gens toute
jour sur ce pont, que on y encontroil adez ung blanc moine ou ung blanc cheval.
Pont Nostre Dame^^^ : la sont beaux manoirs; si en y a soixante quatre qui appar-
tiennent a la Ville, et dix-huit qui sont a diverses personnes; si y furent commen-
ciés encore cinq maisons lan quatorze cent vingt-deux, que cesle description fu
faite.
Petit Pont^^^ est moult fort; et est des le fondement de grans lames attaciés
iTConstniicte des deniers d'un nomme Oudart de
«rMocreiix, niaistre changeur et Ijoiirgwois de Paris,
it comme il apjM>rt jwr une lame de cuivre altarliëe
Tcontre le mur de ladictc chapelle, à main gauche,
T proche du grand autel;» l'autre ëtait voisine du
Petit-Pont et renfermait deux autels, mais on n'y
disait pas hahittielicment la messe. ( Théâtre de* an-
tiquités, p. yà, 76.)
"' Le premier Grand-Pont est le pont de Cliarles
le Chauve , dont une pile a élé dt'couverte en 1 855 ;
il occupait l'emplacement actuel du ponl Notre-
Dame, et avait certainement succAld à un pont ro-
main. Le second, cpii est mentionne en i55t et
i-jyS, et qui s'écroula en 199O, faisait communi-
quer le Palais avec le Châtelet; c'est celui cpi'on re-
garde comme le plus ancien Grand-Pont. Il fut
renqilacd : 1° par le pont aux Changeurs, qui ten-
dait de la 'rue Saint-Barthélémy en la Cité k celle de
la Vieille-Joaillerie : c'est celui dont |iarle Guillebert
de Metz; a* par le pont aux Meuniers, qui menait
de la tour de l'Morloge du Palais à la porte du Châ-
telet. Ces deux ponts formaient un angle aigu dont
le sommet était occupé par im massif de maisons.
Le pont aux Meuniers fut renversé en 1 5 96, et re-
construit en 1 609 par Charles Marchand, dont il prit
le nom; mais un incendie les dévora tous deux en
i6ai. On en rebâtit un seul en solides pierres de
taille. Achevé en j 647, il a subsisté jusqu'à ces der-
nières années. (Consulter farticie pid>lié par M. Berty
dans la Revue archéologique.)
'*' Par transaction entre l'Échevinage |Kirisicn et
les religieux de Saint-Magloire , et après lettres pa-
tentes de Charles VI , en date du mois de juillet
i4i4, le pont Notre-Dame, commencé peut-être
quelques années auparavant, fut constniit en bois.
s'il faut en croire Rol)ert Gaguin , et il ne supportait
pas , selon Guillebert de Melz , moins de quatre-vingt-
sept maisons. Celte énorme charge le fit écrouler
quatre-vingt-cinq ans après son achèvement (9 5 oc-
tobre 1&99). On «ait que cette chute donna lieu i
un long procès, où furent inqditpiés le Prévôt des
Marrhantls et les Échevins. Un ap|M>l fut fait il
tous les architectes pour la reconsiniction du ponl;
la ville acconla la pn'-férence à Joanue* Jumndut,
corddier de Vérone, qui termina son œuvre en
i5i9. Le pont Notre-Dame ainsi reconstniit a Mé
Tobjet de nombreuses ré|>arations depuis ]54o jus-
qu'à nos jours. Il avait probablement renqilacé le
irpont de fust,» dont (wrle Raoul de Presles.
<'' Le Petit-Pont, dont il a déjà été question
dans le Traité det louanges de Paris, est mentionné
par Ablion , qui en raconte la chute. Rigonl le cite
(Clément pour dire qu'il s'écroula fan 1 906, après
avoir été rebâti en pierres par l'évéque Maurice de
Sully. Nouvelles chutes en i-iSo. 1996. i395,
1 376 et 1 898 , à la suite desquelles on se borna à
établir une passerelle en bois. En 1 896 , le Parle-
ment trouva un moyen plus ingénieux que juste
de le faire réédifier en pierres. Il condanma sept
malheureux juifs, cou|iables d'avoir cherché à ra-
mener au judaïsme un des leurs qui avait abjuré :
1* à être battus de verges irpar trois samedis en
ntrois divers lieux;» 9* à payer dix mille livres pa-
risis , dont neuf mille cinq cents seraient employés
à la reconstniction du Petit-Pont ; 3* à être détenus
jusqu'à parfait jiayement de cette somme; 4* à être
bannis du royaume; 5* à voir tout le reste de letu^
biens confisqué; ce qui eut lieu. Le Petit-Pont était
donc de construction toute récente lorsque Jean de
Jandun l'admirait (t393); au tem])s de Guillebert
DESCRIPTION DE PARIS SOUS CHARLES VI. 161
tMisemblc a fer et a plont. La est petit Cliastelct, si espés de mur que on y menroit
bien par dessus une charrette. Si sont dessus ces murs beaux jardins; ia est une
viz double, dont ceuix qui montent par une voie ne sapparcoivent point des autres
qui descendent par laulre voie.
Ponl Neuf^^'> est bien maisonné.
Les rues qui sont en la Cité sensuivent en tele manière, que on les pourroit aler
qui vouldroit^"'; c'est assavoir :
de Petit Pont a rue Neufve Noslre Dame,
de la es rues des Coulons''*,
de Saint Christode'*',
la ruelle du Parvis'*',
le port Levesciue'"*',
la yrant rue Saint ChristoOe^,
Saint Pierre aux Beufs'*',
de MnU il avait ddjh âli rocnnslniit (l'iog). Les
maisons (ju'il siipjmrtait furent rét'<liliées syindtri-
quenient une première fois en 1 559 , et une seconde
fois en iGo3. Hiiiiu! pur les débordements au mi-
lieu du xvn' siècle, il fut restauré en iCâg et brûlé
en 1718. Heconslniil alors sans maisons, il a sul»-
sislé jusque dans ces dernières années. Les détails
que donne notre auteur siu- ré|)aisseur des murs du
l'elit-CbAlelel, les beaux jardins qui les couron-
naient et la «vis double» par Inipielleon y montait ne
se trouvent pas chez les autres historiens de Paris.
'" Le Pont-Neuf on plutôt |H)nt Saint-Michel,
nom qu'il devait h la chaplle voisine, aurait été.
selon certains ailleurs, construit originairement en
pierres, ou du moins on oiirait commencé à poser
de larges assises pour les piles. Du Broiil, qui dis-
cute le fait, croit, d'après Du Haillan, qu'il fut
d'abord établi en bois, et on attribue la construc-
tion Hii célèbre prévAt de Paris, llugura Aiibriol,
qui aclicva l'enceinte de Charles V et fit bâtir la
Haslille. Jaillol ci-oil ([u'il avait succédé au pont jeté
par Charles le Chauve sur le |)etit bras (hi fleuve,
pour faire suite à celui qui existait sur le grand
bras; mais M. Ad. Rerty a di'iiumiii' le conlrain*.
Au moment où Arivait Giiilleherl de .Metz, c'est-Ji-
<lire environ un demi- siècle après, il était itbien
maisonné;-' cependant il avait été renversé [Mvr les
gloces en 1607. Détniit de nouveau par le choc
successif de deux Itateaiix (i5'i7), le pont Saint-
Michel fut n'tabli en bois, et emporté en 1616. Ré-
éflilié pres(pie iiiim<<dinleiuent, il a sul»sis(é jus«prà
rouvcrliire du biiulevard Saint-Michel.
'*' C'e8t-Ji-<lire qu'il est facile de les parcourir,
en passant de l'une dans fautre. tant elle» le loi-
vent et se corresjmndenl bien.
''' La rue de* Coulant n'était ({u'une ruelle abou-
tissant h la me Neuve-Notre-Dame. Dans un titre
de t'ihti. elle est ainsi désignée : parca rutila ad
cnput eccleiiœ SancUe Genmefœ parrte (Sointe-(ie-
neviève-des-Ardents).
'*' La rue Sainl-Chritlophe commençait au coin
des rues de ia Juiverie et du Marcb^Palu (de la
Cité), et alwntissait au Parvis-Notre-Dame. Klle a
été détruite tout récemment |iour l'élabhsseinent
du nouvel HAtel-Dieu. Lne nielle du même nom
lui était contigiië.
'' La ruelle du Parri* était une des quatre pe-
tites rues (pii aboutissaient à ia rue Neuve-Notre-
Dame; elle a été détruite, ainsi que la me des Coo-
Ions, lors de l'agrandissement du i'oms et h Pépoqne
de la conotriicticHi du iWltiment des Enfants trouvée
On sait que cet é<iilice, ipii sert aujourd'hui d'an-
nexé h l'ilAtei-Dieu , et qui disparaîtra trè»-prodMi-
nement . a été |)endanl ipieique tenip« le «^ de
l'administration de l'Assistance nul>liqui>.
*' Getpron applail Porf-f JMfW était la partie
du bord di> l'eau située le long du jardin de Tëvé-
rhé jusqu'au remua. On y arrivait par la petite
rue du Port-l'Evèipie. ipion nommait auwi meda»
Bateaux , riCM ad Battlloë.
<" Guillel>ert de MeU cile deux foi* b rw &mf-
CArt«iO/)Ae; il a voulu probabteiiient parier de h
me et de la raelle.
" La rue Smtl-Pitnt-mtx-Bmifi , botdée par
ai
163 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Sainte Marine''',
de la CocalrisW,
la Gonfrarie'*',
Champ Roussy'*',
de la Pomme '*',
de la Licorne'"',
Marché Palus''',
la Juerie''',
la Petite Orberie'*',
la rue des Fevres ""',
l'église de ce nom , s'ëlendait du Parvis-Notre-Dame
à la rue des Maniiousets, point où elle faisait face
à la rue du Chevet-Saint-Landry. On la trouve in-
diquée dès laoC, dit Jaillot, sous le nom de rue
SaiiU-Père-aux-Buefi ; dan» le Dil de* rue* de Pari*,
par Guiliot, elle est appelée nu Saint-Pire-i-Beiu.
Elle a fait place, en 1898, à la rue d'Arcole, qui a
disparu oile-iiiême en 1 866.
'*' L'impasse Sainte-Marine portait au m' siècle
le nom de ruelle; elle avait, en effet, deux iscues.
puisque une ordonnance de 1 & 1 7, citée par Jaillot,
ordonne de la fermer h l'une de ses extrémités. Elle
aboutissait alors à la j)()rte du Cloitre-Notre-Dame ,
près de Saint-Jean-le-Rond. Diminuée lors de l'ou-
verture de la rue d'Arcole, elle a disparu avec celte
dernière voie.
'*' La rue Cocatrix s'ouvrait en face de l'impasse
Sainte-Marine, et aboutissait, en retour d'équerre,
il la rue des Trois-Canettes. Son nom était celui
d'une famille considérable qui possédait un petit fief
dans la Cité. L'n acte de i3oo, cité |>ar Jaillot, in-
dique ainsi ce fief : Domu* Cocatrici* quœ coniigil
domui Marmotetorum. Réduite de moitié par l'ou-
verture de la rue Conslantine , en i836, la rue Co-
ralrix a dispru en 1866.
''' La rue de la CMiifrèrie-Nolre- Daine faisait pri-
mitivement partie de la rue Cocatrix; on l'a appe-
lée ensuite Cour-Ferri ou Ferron, puis rue de la
(Mnfrèrie-Notre-Dame , parce que la maison de la
Communalité des Chapelains y était située; inie en-
seigne lui a fait donner au xvi* siècle le nom de
rue des Deux-Ilenniles , qu'elle a conservé jusqu'en
1866. L'ouverture de la rue de Constantine l'avait
ixâduite à quelques maisons seulement.
'*' La rue que Guillebert de Metjs appelle de
Champ-Roussi a porté successivement les noms de
Champrosai ou Champrosé,. Champron, Champourri,
Champrouuier* , Ckampjlory et Champroty. Jaillot
nous apprend qu'un jeu de paume, dit de Perpi-
gnan, y était situé au xvi* siècle, et qu'elle en prit
le nom. Elle joignait U rue des Trois-Caneltet h
la rue des Mannousets. Coupée en deux tronçoaa
par la rue Constantine, elle a, comme toutes les
préoëdoitw, dispani en 1 866.
'*> La me de la Pomme ou de la Pomm^lkmge
n'était autre que la rue des Trois-Canettes. à la-
quelle alMutissaient les rues Cocatrix et <le Peqii-
gnan. Selon Sauvai, elle aurait dû son nom k deux
maisons appelées la Grande et la Petite-Canette. De
la rue de la Licorne, elle s'infléchissait vers la nie
Saint-Christophe, et débouchait sur le Parvis, à
l'état de ruelle très-resserrée.
'*' La rue de la Licorne joignait les mes Saint-
Christophe et des Marmousets, parallèlement à la
rue de la Juiverie (de la Cité), en contournant
le chevet de la Madeleine; il en restait encore un
tronçon en t866.
'' La rue du Marchè-Palm formait la continua-
tion de la rue de la Juiverie et aboutissait au Petit-
Pont. Elle devait son nom à la proximité du mar-
ché qui a subsisté jusqu'à la construction de la
caserne de la Cité.
'*' La Juierie, Juerie, Juyerie, Juyrie, Juitcie,
Jmferie ou Juiverie était le milieu de la rue de la
Cité; elle devait son nom aux Juifs qui l'habitaient,
et dont la synagogue était située sur l'emplacement
de l'ancienne église Sainte-Madeleine, i l'angle de
la rue des Mannousets.
•^ La Peùte-Orberie , qu'on appelait aussi Four
ou Cour-Ba**et , n'était qu'un passage faisant com-
muniquer les rues de la Juiverie et aux Fèves; il
n'existait déjà plus au siècle dernier.
'"' La rue des Ferre», au Feure, aux RtM, joi-
gnait les rues de la Calandre et de la Vieille-Dra-
DESCRIPTION DE PARIS SOUS CHARLES M.
la Calandre''',
la Ganterie'-',
la Grant Orberie'*',
la Barillerie '*',
la Vieille Draperie'*',
la Saveterie'"',
Sainte Croix'''',
Saint Loren8^*\
(le la Lanterne'"',
des Marmousez'"",
tes
perie, parallèlement à la rue de la Juiverie; on la
trouve nommée via ad Fubros, dënominotion er-
poiide, cl licm Vaharum. Hi'dnile par l'ouverture de
lu rue Coustiuitine, elle a {janlé jusqu'en 186G de
sa partie tndridionale.
''' La fameuse Calandre, voie triomphale par
où l'on se rendait du Palais à Notre-Uame, passait
pour une large rue au xni* siècle; elle devait «on
nom à un lialiitniit rpii i^tait, dit Jaillot. ou rJoaii
de la Kal(!ndre,)i ou (t.Nieolas le Kalendreiu*. n La
nouvelle caserne de la Garde de Paris occupe l'em-
placement de cette rue.
"' La Ganterie, la Canneterie, la Carelerie, la
Chavalerie ou Savaterie était (m composé de cinq
tronçons formant une ligne brisée, ce qui explique
les dilTérenles appellalions qu'on a données à ces
fragments de rues. Elle joignait la rue de la Ca-
landre h celle de la Vieille -Draperie, traversant
l'ancien enclos Snin'-Éloi, dont elle avait relemi le
nom, et contournait le monastère des Itaniabiles.
Elle a été absorbée dans la nouvelle caserne.
'' La Grrtn<-OrAcn> , ainsi nonmiée par Guillot
et Guillebert de Metz, était la rue ou quai du
Marclié-N'euf. Fermée, avant le xvi* siècle, du eût»*
de la rue du Marché-Palu, elle rejoignit, en iSSy,
()ar un coude, la rue Neuve-Notre-Dame. Pourvu
au siècle dernier d'un marché aux herbes et au
poisson, d'une boucherie et (l'un coq» de ganle.
le quai du Mnrclx'-Neuf fut doté, en i8o4. de la
Morgue, installtH> jusque-là dans la bas-se geAle du
ChAtelet. Ce fiuièbre établissement a élé transporté
en iHd'i à la pointe orientale de la Cité, sur tuie
|>artie de l'euiplacenient connu autrefois sous le nom
de Terrain ou Motte aux Papelard*.
'*' La llarillerie , ainsi nonunée h cause des fa-
bricants de barils qui l'habilnient. et non la Habil-
lerie, connue ru[ipellent Corroxel et Robert Céual,
par une plaisanterie que Jaillot qualifie de fade, lon-
geait l'enclos du Palais depuis le |iont Saint-Mirliei
jusqu'à la rue de la Vieille- Draperie. Élargie en
1 78'ji. et pourvue d'une place senii-drenlaire Guunt
face à la cour de Mai , elle a conferré wm nom jiu-
qu'ii l'établissement du boulevard du Palais (1860).
''' La nie de la Vieille-Draperie alhiit du Palai»
à la me des Marmousets, entre les Banubites, les
églises Saint-llarthélemy et Saint-Pierre-des-Aras;
habitt^ d'aliord par de<( Juifs, puis, après leur ex-
pulsion, |)ar des drapiers, elle avait reçu, dit-on.
le nom de Judtearia pannijieerum , qui ne s'applique,
en réalité, qu'à la \ ieille-Dmperie. Élargie en i6«o
et 1673, elle a fait place, en tSaS.klaruedeCons-
tantine et. de nos jours, à l'avenue qui sucrMe i
cette dernière voie.
'• La Savaterie, que Guillebert de Meli appelle
la Ganterie, était la rue Saint-Éloi.
''' |ji me Sainte-Croir n'était qu'une melle aboti-
tissant aux mes de la \ ieille-Draperie et Genrais-
Laurent, |)arallèlement k la me de la lanterne; eUe
longeait la façade de Féglise Sainte-Croù.
'"' Il s'agit ici de la me Gerrmu-Lmaml . dont le
dernier tronçon vient de dis[)araltre. et qu'on trouve
mentionnée dès le xin' siècle. Elle rétinisMit la me
de la lanterne à celle de la \'ieille-Draperie. Noos
avons imprimé en italique le nom de cette rue
ainsi que tmiles les autre* dénominalions de traÏM
publiques altérées par Guillebert de MeU.
^') l.a rae de U Lutteme , ainsi nommée k CMiar
ti'une enseigne qui s'y trouvait, était rextrémil^
septentrionale de cette voie qui s'appelait , au midi
me du Marrht^Palu , au centre, me de U Juiverie.
an noni me de la Lukenm, et qui raostitae h rw
actuelle de In Cité EBe • porté eBe-niAme ph
noms, que M. Ilerty a nknét à partir de 1 ti5.
" [Mus heureuse que b plupart de (
16/, DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
de la Colombe^'',
le port Saint Landry'^',
de la Cage^^\
de Limage'*',
Glaitigny'^', ou est les fillettes;
Saint Denis de la Cliartre '*',
la Peletterie''', ou len fait les châlits, et dillec a Graut Pont.
XXXIIl.
EN LA HAULTE PARTIE DE LA ViLLB CD LES ESCOLES SONT.
Leglise paroscliiale de Sains Pierre et Pol, que len dist de Sainte-Geneviève W.
nrëcèdent, la rue det Mannoutel» gubsisle encore en
partie; le tronçon qui en reste fomie la continua-
tion de la rue Chanoinesse. Elle devait son appel-
lation à une maison imjwrtanle ddsignA> dans les
anciens titres sous le nom de Domus Marmotelorum.
C'est là que la tradition plaçait la demeure du pâ-
tissier et du barbier qui faisaient connuerce de
chair humaine. La pierre du chien, qu'on regardait
comme un t<'iiioi(piage de cette sanglante histoire,
était engagée dans une maison Tonnant l'angle de
la rue des Deux-Ermites.
'■' La rue de la Colombe est encore h peu près
telle que Guillebert de Met/ l'a vue; elle joignait
de son temps le» rues d'Enfer (Basse-des-Ursins)
aux rues des Mannousets et Chanoinesse; lors de
l'ouverture du quai Napoléon en 1808, on lui a
ménagé un débouché sur ce quai.
'^ Le port Sainl-Landry ou port .Voftr-Dawf était
situé au, débouché de la me Saiut-I.andry siu" le
fleuve, à quelques mètres en aval du moderne |)ont
d'Arcole; on y descendait par une |)eiite douce par-
lant de la rue des Marmousets, l^ nwr de soutè-
nement du quai Najtoléon a fait disparaître ce |)ort.
''' M. Berly pense qu'il s'agit ici de la rue du
Clievet-Saint-Landry.
'•' Celte rue est regardée par Jaiilot connne se
confondant avec la rue Haule-des-Ursins. M. Berty
croit qu'elle n'est autre chose que la rue Saint-
Landry, et il se propose de citer, à l'appui de son
opinion , plusieurs chartes qui étiiblissent la syno-
nymie.
'' La rue de Ghtigny, parallèle aux rues Saint-
Landry, de la Colombe, et démolie poiw rétablisse-
ment du nouvel Hôtel-Dieu, n'avait rien qui justi-
fiât la gracieuse appellation qu'elle portait au moyen
âge. Le Val-d'Amow, «où est les fillettes, 1 n'a
jamais étë, il est vrai, qu'une sorte de ghetto, dans
lequel la police renfermait les ribaudes de ce temps.
'*' La ne Sainl-DeMit-de-la-Charlre , vieu* SoMb
Diongtii de Careere, a subsisté jusqu'en 1866 sons
le nom de me du Haul-Moulin ; elle réunissait par
un coude les rues de Glatigny et de la Lanterne,
débouchant ainsi sur le pont Notre-Dame, dont elle
continuait la ligne de maisons avant l'ouverture du
quai Na|>oléon. Elle séprait en outre les églises de
Saint-Denis-de-b-Cbartre et de Saint-Synipborien
nu Saint-Luc, dont les vestiges ont été reconnus et
relevés en i86€.
^ La Pelleterie aboutissait dmie pari à l'église
Saint-Denis-<le-la-Chartre et de l'autre h la Grand'
Selle du Palais, sur inie partie de l'emplacement
occupé jwr l'ancien Marchï'-aux-Fleurs. Elle fut ha-
bitée |iar des pelletiers après l'expulsion des Juifs,
vers la fin du xn* siècle, oe qui lui valut son nom.
Au temps de Guillebert de Meti, on y faisait "des
châlits, « c'est-à-dire des couchettes ou bois de lit.
'•> Ce vénérable sanctuaire est anpelé, par Gré-
goire de Tours et Frédegaire , È/fli*e de Saint-
Pierre et Basilique de* SainU-Apôlret ; le nom de
Sainte-Geneviève ne lui fut donné qu'au vu' siède.
concurremment avec ceux de Saint -Pierre et Saint-
Paul , sous lesquels on la désignait encore au temps
de Guillebert de Metz. L'église Sainte -Geneviève
fut ruinée au ix' siède pr les Normands et com-
plètement réédifiée vers la fin du xn' siècle. Détniite
en prtie jwr la foudre, l'an i/i83, elle fut l'objet
de nombreuses et importantes réparations. La cons-
truction du nouveau temple (Panthéon), qui dura
de 1708 jusquà la Révolution, rendait l'ancienne
^lise inutile; aussi fut-elle démolie en 1808. et
sur son emplaceiiicnl a été ouverte la nie Clovis.
Sainte-Geneviève était accolée à Saint-Etienne-du-
DESCRIPTION DE PARIS SOUS CHARLES VI. 165
llciii (le Saint Estienne"', de Saint Scverin^^', de Saint Cosme^", de Saint Mchoias
au Cliardoiineict''', de Saint llylaire'*' et de Saint Benoit**'. Labbayc de chanoine»
Mont; il n'en reste qu'une tour, coinpriiie dans les
cour» (lu lycée Napoldon.
''' iSaiiil- lùimne-du- Monl n'dtait priiiiiliveuicnt
qu'une chapelle lidpemlant de Sainte -Geneviève,
et ddsignéo successiveruenl par les vocables de
Notre-Dame, Saint- Jean et Saint- Klienne. L'ac-
croissenient <le la |>npulation, déteriuind par la clô-
ture «le l'Iiilippc Auf^usU;, qui mettait h l'abri les
clos «le la rive (jnuclie, enjfagea les reli|jieiix île
Suinte-tîeiievif^ve à faire construire sur un terrain
contigu à leur dglise un ëdilice distinct devant
servir de paroisse. Coiniuencé dans les |)retnières
iinndos du xii' sit'îcle, Saint-Etienne dtait devenu
insuHisant à la (in du xv' siècle, et dut être recons-
Iniit dans de plus vastes proportions. Tout dtjiit
lerniind en iCny. Celte channanle djjlise, dont on
admire ù lion droit le portail, les galeries inté-
rieures et le jubd, a étd soigneusement restaurée,
il Y a cpielques années, par M. Baltard.
'^' Lorigine de l'église Sainl-Séferin est assez
«)l)scure. On croit généralement que ce fut d'aboni
un oratoire bâti en l'honneur d'un pieux solitaire
«pii vivait à Paris au temps de Childcbert I", et
«pii eut saint Cloud pour di.sci])le. Toutefois quel-
«pies auteui"s pensent qu'il s'agit pliit«\t de saint
Sdverin, abbé «l'Agauiie, aujourd'hui Saint-Mau-
rice-en-Valais (Suisse). Jaillot est d'avis que "il a
cpii se former un monastère, après la mort, sur
«•l'emplacement même de la celhde de l'anachorète
rparisifîu, et qu'on aiu-a Ixiti inie chapelle sur son
iT tombeau. 1 Quoi qu'il en soit, l'église Saint-Séve-
riii existait dès le xi' siècle. Reconstruite et agrandie
en i.'l'iy et liSg, elle a reçu, en 1837, le |)ortail
«le Saint-Picrre-aux-Bœufs, qui décore aujounrhui
sa l'a«;a«le.
'' Sailli Cùvic et saint Daiiiieii, jialixins des chi-
rurgiens, avaient donné leur nom k la chapelle des
Corch'liei-s. dont le couvent occiqiait la plus grande
partie de rcs|Mice compris aujourd'hui entre les
mes de l'École-de-MAIecine, Antoine- Uuiwis et
llacine. Deux églises s'élevaient aux d(Mix extrémités
de ce vaste «>nrlos, l'une sur l'emplaiTment actuel
de la place de ri">ole-de-Médtîcine, l'autn; h l'angle
«le celle rue et de la me Racine. C'est cette dei^
nière «pii porlail le nom «le Saint-CAme et Sainl-
Damien; ell«' avait été construite, ainsi (jue Saint-
André-des-Arls, au commencement du xui' siècle.
et toutes deux avaient été cédée» h rCnivenitë en
i365. Saint-CAme, tiége de la coofrérie det elii-
nirgieiis , fut supprimé en 1 790 et vendu en Tan \ ;
l'église n'a ét^ détruite qu'en 1 836 ; rampbilhëitn-
de chirurgie existe encore et eat oecupë pu rÉcole
impériale de dessin.
'*' Ia! fief du (Àardmiut, ou du CJurdomerel .
avait donné son nom h cette église, dont l'origifte
a été fort disciit«?e jiar les historiens de Pans.
Jaillot di'uiontre qu'elle a été fondée ven le miliea
du xni* siècle : irL'ancienne église, dit-il. avoil
i»été constniitc vers l'orient d'biver et le long dn
f canal de la Bièvre; mais, ce canal ayant été sup-
iT primé, et l'église commençant h tomliereii ruines.
(Ton prit, en iG56. le parti d'en roastniire une
ff nouvel le à côté de l'ancienne et dans une dirertion
«■opposée.» [Quart, de la place Mauberl, p. lâo.)
Les travaux ne furent achevés (|u'cn 1 709 . sauf la
façade principale sur la rue Saint-Victor, qui est
encore k faire. L'église .Saint-Nicolas -du- Cbanlmn
net a été l'objet de diverses ré|>arations lors de
l'ouverture du Imulevard Saiut-G»Tmniii.
'*' Il règne la plus grande ol)scurité sur l'origine
de l'église Sainl-llilaire. Ce qui est certain, c'est
que ce |)etit é<lifice, situé h l'angle des nies de»
Sept-Voies et du Mont-Saint-ililaire, vi«-à-m le
déirauché de la me des Carmes, avait été reoooft-
tniit en i3oo, augmenté en 1470, et enrichi de
divers omemenLs au commencement du xtui* siède.
Supprimée connue paroisse en 1790, et vendue en
Tan rv, l'église Saint-Hilaire a presque emnpiéle-
ment dispru.
'•' Saiiit-llmml est encore un sanctuaire d'ori-
gine très-ancienne. Une charte de Henri 1" déclare
qu'elle était déjii depuis longtem|is. anliqmihu, an
jwuvoir des rois de France, ce qui (ait croire k
Jaillot qu'elle avait été bâtie «ers le n* tièàe.
Placée d'abord sous le vocable de saint Raequ»",
elle prit au xn* siècle le nom de Saiut-Dciiolt , ainsi
que launuSnerie ou hôpital voisin oeenptf depuis
|)ar les Maihurins. Elle devait ce demi»T nom. dit
lablié l.e Beiif, non [ms h l'illustre loiidateur de
l'abbaye du Mont-Cassin, mais au imotM Dieu,
benedictu» Detu, conmie on disait au taajta Ige.
L'église de Saint-Renott était orientée m
c'est-à-dire que la façade regartUt b
aussi I Bp|>el«it-on Saint-Benoit le iestawiwf ou i
166 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
réguliers a Sainte Geneviève, ou len tient les plais devant labbé des causes dont le
pape se desmet. Si y est la chancellerie de luniversité; et convient que le chan-
celiicrsoit de lordre dicelle abbaye; et a labbé liaulte justice, moyenne et basse'".
Aussi est leglise de tele prérogative que nul patriarche, arcevesque ne evesque
ny pevent entrer en leurs propres habis, fors en labit de chanoine'*'. Item il y a
tornê, Beiiediclug maie vertu*. Rebâtie en partie
sous le règne de François I", rdparée et auginentëe
en 1680, elle fut supprimée en 1791, et vendue
en l'an vu ; affectée dcjjuis aux usages les plus pro-
fanes, elle a abrité notamment le Théâtre du Pan-
théon, et n'a disparu qu'en i853, pr suite de
l'ouverture de la rue des Écoles.
'"' Les chanoines régulier* de Sainte -Geneviève
ont succédé en 11 48 aux chanoines téeuUert, qui
occupaient d'abord l'abbaye. Une nouvelle réforme
V fut introduite en i695 par le cardinal de Laro-
chefoticauld. Quant aux droits dont jouissait cette
congrégation, voici connnent Du Breui s'en expri-
me : ir L'abbé de Sainte-Geneviève est juge et con-
iTservateur des privilèges aposlolics, et député |>ar
irle sainct siège pour cognoislre et juger de toutes
f causes tant ecclésiastiques que civiles et prophanes,
irc'est-à-dire de deptes de matières décimales, de
T portions canoniques et congrues, de petitoire,
fde bénéfices, de pension créée et constituée par le
iTPa|)e sur aucuns bénéfices, soit evesché, abbayes,
fprieurez ou ciu-es. I>es appels de ses sentences
nrcssortissent immédiatement au Sainct Siège, sans
rrque ny diocésain, n)ctro|>olitain ny primat y
«•puisse prétendre autliorité. attendu qiieny l'abbé
«•ne les siens ne doivent de|)endre que du Pape, et
«•qu'ils ont autant de pouvoir et d'aulhorité en leur
ffjurisdiclion que les primats en ont es leur, des-
«•quels immédiatement on ap|)elle à Rome.» {Th.
de* aniiquitei, p. 277). Du Breul donne ensuite,
d'après Choppin (De *acra politia , hv. li, t. V), la
liste des corps constitués, collèges, chapitres, etc.
«qui ont leurs causes commises en la dicte conser-
«vation ou diambre apostolique de Sainte-Gene-
« viesve. » Quant à «• la chancellerie de 1" Université, « elle
appartenait, comme l'on sait, aux deux chanceliers
de Notre-Dame et de Sainte-Geneviève; «•mais
«celui-ci, dit Du Breul, a esté seul jadis en
«ceste charge; car nous trouvons que les premiers
«collèges et plus habitez furent fondez en ceste
«inontaigne, esquels il semble que les chanoines
«Saincte-Geneviesve y commettoient des régents
«cl précepteurs. 1 Le chancelier de Notre-Dame
n'était ëvideniment ps de cet avis, et il appuyait
également ses prétentions sur l'ancienneté des
écoles du Cloître de la Cathédrale. L'histoire de
leurs démtiës occupe de nombreuses pages dans
l'ouvrage de Du Boullay. En 1 953, le pape .Alexan-
dre IV reconnaissait encore au chaDcelier de Sainte-
Geneviève le droit «de donner licence en (ouïe Ch
frculté;i mais les chanceliers de Notre-Dame, et en
particulier Pierre Comestor, Jean de Candelis et
Pbitip|te de Crève ne cessèrent de battre en brèche
les privilèges de leur rival. Le pape Benoit XI mit
lin au débat en acconlant aux Amw chanceliers
les deux privilèges. «Par suite de cette décision, dit
«Du Breul, les facilitez de théologie, décrets et
«médecine vont seulement à l'Eveschè pour les li-
«cences et le bonnet, et \vmt les arts sont departix
«à tous les deux chanceliers.»
Nous empnintons encore à Du Rretil ipielques
ligues sur la juridiction temporelle de l'abbave
Sainte -Geneviève : «Elle s'estend, dit -il, en une
irlxMine |>artie de l'Université, et en la [tliipart du
trfauljoiirg dit de Saiiict-Marcel , où lesdils .Abbé et
«Couvent ont les droicts de justice haute, moyenne
«etbasse.de fa ire bnisler, d'aubeineet d'espargne-et
«aulres belles |iar(iciilaritez approprii'es aux sei-
«gneiirs (|ui ont droict de plain haulicrt. Et pour ce.
«ibonl leurs prisons, juges, greffiers, procureur
«fiscal, et autres officiers de justice.» ( Théâtre det
antiquitei de Pari*, p. 979.)
'*' La prérogative, dont parle ici Guillebert de
Metz, n'est |>as mentionnée, au moins explicite-
ment, par les historiens de Paris. Du Breul, en
exposant le cèrèiiioiiial de rentrée d'un nouvel
évéque de Paris dans sa ville épiscopale, nous
appren<l qu'après avoir été reçu à la porte de l'ab-
baye de Sainte-Geneviève jjar labbé et les cha-
noines, le prélat entrait au chœur, s'agenouillait
sur un carreau, puis était conduit à Tautel oîi il
faisait son offrande. Celait alors seulement qu'il
allait «au revestiaire se revestir de ses habits ëpis-
«copaux , et qu'il revenoil se seoir en une chaire
«parée à costé du niaistre autel. r [Théâtre de* «1-
tiqùtez de Pari*, p. 385.)
DESCRIPTION DE PARIS SOUS CHARLES VI. 167
une croustc''' soiibs la moyenne partie du cuer, ou sont les sépulcres de Sainte
Geneviève et daulres sains. Item en la tierce basse partie du cuer ou les cha-
noines chantent; la est la tombe du roy Cloïs, le premier creslien ([ui fonda celle
église, et de la roy ne sainte Crotilde sespeuse. Au collège des Bernardins est une
église de moult bel et liault édifice; et y est une vis merveilleuse ou il a doubles
«logrez, que ceulx qui montent ou descendent par lun des degr/îs ne scevent
liens des autres qui vont par les autres degr/'s'*'. Lcglise des Matelinsi", ou le
''' Crouste, grotle, c'esl-à-dire nne crypte. A
propos (lo Ih crypte de Sainte-denevièvc, Du Hreiil
s'exprime uiiisi : trL'on tient que la clinppelle suus-
irterrainc, vulfjnirement a|>pel('H! la cave, qui est
«rencor dessous le premier cliœur de ceste église,
«estoit de grande aiiti(|uitc' , dos que Clovis list ele-
rrver la nouvelle église , et que des lors elle esloit
itdile des mcsmes a[K)strcs saint Pierre et saint
Paul.» {Théâtre des anliquitei. de Paris, etc. 1619,
\i\-U', p. 968.) Tous les historiens de Paris ont dé-
crit ces tombeaux. Celui de Sainte-Geneviève a été
déposd, en 179ÏI, à Saint-Étienne-du-Monl, qui en
garde l'enveloppe extérieure; lu châsse n été portée,
en 1793, à la Monnaie, et les reliques ont été en
grande partie jetées au vent. On a cru reconnaître
les reste» de Clovis et de sainte Clotilde lors de la
destniction, en 1807, de l'ancienne éjflise Sainte-
Geneviève, pour l'ouverture de la rue Clovis, qui
en occupe l'emplncemeiit.
'*' Sauvai a donné la description suivante de cet
escalier, qui comptait nu nombre des merveilles du
vieux Paris : irOn y voit une vis tournante double
ih colonnes, où l'on entre par deux portes, et où
irl'un monte par deux endroits, sans que de l'un on
"•puisse être vu de l'autre; celte vis a dix pieds de
If profondeur, et chaque marche porte de hauteur
ffhuit à neuf pouces. Les marches sont di'Ianh'es et
"ne sont point revêtues d'autres pierres. C'est le
"degré de lu manière la plus simple et la plus rare
"de Paris : toutes les marches sont par dessous dé-
"lai*dées; sa beauté et sa simplicité consistent dans
"les girons de l'un et de l'auti-e, porliinl un pied ou
"environ, qui sont entrelacés . enclavés, emboîtA,
"enchufnés. enchâssés, entrelaillés l'un dans l'autre
"et s'entremonleut d'une façon aussi ferme (jue gen-
"lille. Les marehes de l'autre bout sont nppuyAs
"Sur la nniraille de la tour qui l'environne; ces deux
"escaliers sont égaux l'un h l'autre en toutes leurs
"iwrties; la façon du noyau est send)luhle de haut
"en bas, et les marches pareilles en longueur, en
"largeur et en hauteur. L'élite et le degré furent
"CoiMMiencés par le pape Benoit XII du nom. de
"l'ordre de saint Bernard, eontinué par un cardi-
"ual du même ordre, nommé Guillaume. Cet d»-
"grés n'ont que deux croisées, l'une qui le« éclaire
" tous deux par en haut et l'autre |Mir en bas. Le plut
" petit fut fait |iour conduire aux voùles dea Mb
r laisses de l'église et a cimpiante-sept marches de
"haut; l'autre est imparfait et devoit conduire lur
"les voûtes hautes. Il y a des recrans dans les murs
"hors d'œuvre qui 8up|>ortent les marches; car les
"marehes ne sont point |)osées dans les mm^. de
"Crainte que le nmr venant à se démentir ne les
"rompit, cassAi et entralnil avec soi; si bien que
"par ce moyen-là. le mur manquant, ces reeraos
"demeureroient 8us|)endus sur le noyau. La façon
ir véritablement est assés gotlii<|ue et |ieu agréable,
"et même quand il s'y trouveroit moins de mou-
"lures, le degré n'en seroit que mieux et auroit une
"grAce qu'il n'a pas. L'Oise est un gothique, mais
"de la plus belle, de la plus délicate et plus gmde
"manière que nous ayons à Paris, et si la largeur
"des nefs étoit proportionnée à leur hauteur, cese-
"roit un gothique incomparable. C'est un bAtiment
"tout en l'air, il est haut et étroit ; mais c'est la ma-
" nière de tous les gothiques qui nous restent •
(Sauvai. Antiquité* de Pari* , i. I, p. &3.'i
<*' MattUiu; c'est l'Oise des Madmnmt, qui était
située rue des Mathurins-Sainl-Jaeqaei. n* 10.
L'Université tenait efTectivemeiit set anamliUMdan
cette église. On |)eut contaher i ee «^ : Parlm
de* pièce* et acte* qui eonetnmU fatM fmaU H
ancien d« tUnivermiè de Pttrù, aiOMtrar h ne-
leur, qui en e*t et a toujomr* été k rkif, tir. Pferit,
i653, in-&'. — En tète du travail de M. Vdkl
de Viriville sur l'Université de Paru,
le tome 1" du Afioym 4f* « db fa
on trouve le fÊC-tmik d'une miniature représen-
tant l'assemblée géoénle des docteura de ILoiver-
silé de Paris.
168 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
recteur lient ses plais; et le conservateur et lofficial du chancelier; aussi y lient on
les congrégations de toute luniversité'". Les quatre ordres, cest assavoir :
Jacopins, Cordeliers, Augustins et Carmes^''*;
Les collèges de cardinal Lenioine**',
des Bons Enfans'*',
de Beauvais'*',
deRains^"',
''' Le consenateur, c'est-à-dire le conservateur
des privilèges apostoliques et royaux, comme {"était
le chancelier de Sainte-Geneviève. ( Voyez à ce sujet
p. 917 et suiv. du Becueit des privilège* de l'Uni-
versilêde Pari», etc. Paris, 1676 , in-4*, par Égassc
Du Boulay.)
'' On sait combien fut longtie et acharnée la
lutte de rUniversité contre les onlres mendiants, et
quel éclat ces derniers jetèrent, surtout au xn* siècle,
sur l'enseignement des écoles de Paris. Une bulle du
pape Alexandre IV, en date du 1 -2 mai 1 357, ouvrit
les portes de l'Université à tous les religieux. Les
Dominicains et les Franciscains, qu'on a appelés de-
puis Jacobin* et Cordelier*, étaient, dit Crevier, les
premiers et les seuls acteurs dans la querelle; mais
ils frayèrent le chemin aux Cannes et aux Augustins ,
qui s'étaient formés et établis après eux.
''' Le collège du Cardinal Lemoine fut fondé au
conmiencement du xrv' siècle frpour les pauvres
"maîtres et escoliers estudiant h Paris en la maison
rdu Chardonnet , « et on le nomma la maiton du
Cardinal. On y compta d'aboni soixante théologiens
et quarante artiens. avec une cure attacitée h la
chapelle ; mais la dotation étant devenue insuflisante ,
on réduisit, en i5/i5, le nombre des boiu^iers &
dix-huit. L#8 bâtiments , reconstniits presque com-
plètement en 1757, existent encore en partie et sont
adossés à l'ancieu séminaire des Bons-Enfants ou <le
Sainl-Firmin (aujourd'hui dépAt du Domaine de
l'Etat ). h l'angle des rues Saint-Victor et du Canli-
nal-Lemoine. La cliaiielle a été détniite |)endant la
Révolution.
'*' Le collège des Bons-Enfant* (écoliers labo-
rieux, par opposition aux Mauvai*-Garçon* ou étu-
diants turbulents et indociles) remontait au xni' siècle
et était presque abandonné en itiai, lorsque saint
Vincent de Paul en fut nommé chapelain. Il y jeta
les premiers fondements de la Mi*gion, a?u\Te à la-
quelle le collège fut réuni en 1627, ce qui en fit
un séminaire. Transfonnë en prison pendant la
Terreur, le séminaire des Bons- Enfants, qui avait
pris le nom de Saint-Fimiin en 1707. fut le tiiéétre
d'un affreux massacre dans les journées de s^tenibre
1794. Les bâtiments . vendus en l'an tv. furent affec-
tés en 1817 k l'institution des Jeunes Aveugles , en
18&3 h la Garde munici|>ale. et dans ces dernières
années on y a transféré le dè|>dt du Domaine, au-
trefois installé aux Bamabites.
'*' L,e collée de Dorman* ■ Bemuai* , fondé en
'1870 |>ar le cardinal Jean de Donnans, év^ie de
Beauvais, pour de fiauvres écoliers des diocèses de
Reims et de Soissons, a occupé un rang distingué
dans l'ancienne L'niversité; Rollin a été t'im de ses
prinri|>aux. On lui adjoignit, en 1597. le coll^«>
de Presles; mais on l'a réuni en 1769 au collège
de I>ouis-le-Grand . et l'on y a installé à la même
épo(pie le collège de Lisieux. dont le déplacement
était nécessité par le percement de la rue Socifflot
et la formation des aliords de Sainte-Geneviève.
Les bâtiments du collège de Beauvais, après avoir
servi en 181 5 k l'établissement d'une école dite
à la LaHca*lre, ont été convertis en magasins
pour les liApitanx militaires, et acquis enfin, dans
ces dernières années, par les Dominicains, qui y ont
transporté leur établissement des Cannes. La cha-
pelle, charmant édifice du meilleur style, a été res-
taurée par leurs soins.
'*' Le coU^ de Reim*, établi vers le conanence-
ment du xv* siècle [wr (îuy de Roze. arehevè<pie de
celle ville, fut pillé et pres<pie détniit peu de temps
après sa fondation. Relevé |>ar Charies V. qui y an-
nexa le collège de Rèthel. il fut incendié en i55o et
re'labli par le canlinal de Mailli, arcbevètpie de
Reims. Réuni à l'iniversilè '*' en 1768, il fut sup-
primé en 1790, et les bâtiments ont été acquL«
quelques années après par le collège de Sainte-
Barbe. Ces bâtiments se développent sur les nies
Chartière, de Reims et des Sept- Voies.
"' C'est-à-dire au collège de Louia-le-Grand , après l'interdiction prononcée par le Parlement contre le« Jèaoile^. L'annexion
d'un certain nombre de petits établisaements à l'ancien collège de Clermonl continua la proapérité de cette maison.
DESCRIPTION DK l'AIUS SOLS CIIAHLKS VI. 169
de Saint Jehan ''>, ou les doclcurs de decrés sassemblent ,
de Sorbonne'''',
de Navarre'*', ou il y a trois sciences : de ars, de gramaire et do
tlieolojjie;
cellui de Cholles'*',
de Therouane**',
"' (Ifi rollf^ijn (In Siiiiit-Jenn nn poiil Alrn (|iifi In
colk'gn ri(! Hi-uiiviiis, (|iin (iiiilloi>r>rt di; Metz vient
(tcpendaiit de mentionner, et qui a pu porter dpnle-
nienl ret antre riDtii, soit h nuise de son fondateur
ou do lo me dans laquelle il dtaitsitud, soit parce
que In chapelle fut (Mdiéî en i38o 80us l'invoca-
tion de saint Jeiui rÉvnn{ft'liste, soit enfin pnree
que la priîsentation de toutes les places vacantes
dans ce coiiéjfe appartenait h l'aiilid de Saint-
Jean-des-Vijjues. Ce qu'il y a de certain, c'est (jtie
la rue et le colii^jfe de Dorinans-Beauvais «fiaient
situes au clos iiruneaii , m claiim llnmelli , et nous
avons vu <pie Jean de Jandun ( Tratlé des louau/ret
de Parix, p. 'lo et /ii ) fait la inArne reninrtpie (pie
(iiiillebert di; Metz : ffLoslecteui-s de discrets y expo-
ffsent leurs doctrines. i
'*' Le collf'jje de Sorbonne fut fond(', coiiiiiie on
le soit, par llohert Sorbon, sous le règne de saint
Louis, ])our de irpaiivr.'s niaislres et escoliers en
t tlieolojfie. » Ce fut d'abonl le coll(5g;e de Calvi ou
In Petite Sorhonne. On y apprenait les liuniaiiit(^s
et In ]iliilosopliie,coiiiiiiepr('[iarntion à la llu'olo(;ie
qui y fut bientôt exclusivement enseiçmfe. Ln r(^pu-
tntiou de la maison de Sorhonne devint immense
dans tout le monde cliri'tieii, et ses docteiii-s furent
une sorte de concile [)ermanent. Log(?s, comme ils
se |;;l(>i'if]aient de vivre, "eu toute pauvret(',-» ils
avaient cependant besoin d'((spaco; mais ils ne s'a-
ffraiidirenl ipi'en 1697. Leur protecteur, le cardi-
nal de llirlielieu, lit construire les hAlimenLs (pii
existent encore aujourd'hui. La chapelle, où il fut
iuhnuK?, n'a (tt(< acliev(<e (pi'en id.'î,^. Les biUiments
de la Sorbonne, restas snns emploi pendant vingt
ans , ont M compris , en « 808 . dans la dotation de
rUiiivei-sil»? impt'riide, et (h'sijfiu's, en i8ji, pour
être le chef-lieu de rAcad(!mie de Paris et le sii^je de
trois faciilt('s (Ihifologie. lettres. sriences'I.
'''' Nous avons racontt' la fondation du colK'ge de
Navarre dans lu Notice consncrA» à Jean de Jandun.
Nous ajouterons (pie celle maison. pii's<|ue eiiti<^re-
nient ruinée sous le r«''ipie de Charles VI, fut n'ta-
lilie. selon le dt'sir de Charles VII . |>ar le roi lx)ui» XI
en 1 hCt'i , et s'afp^ndit . un sit'-rle plus tani , par l'ad-
jonction des colh'jjes de Boncourt et de Toiiniay. L*
f noble collège de .Navarre, comme l'appelle W^txni,
"l'ifcole de la noblesse françoise et rhomutir de
f ri'niversit<? de Paris,-' «fiait fniquent^ Mirtoul par
les nis de famille , et il avait coiiserrë nue grande rë-
piitation. Sitppriin(f en i~<jo, le coll^ de Navarre
devint bient(^t le si('ge de V École centrak det tnmmx
pulilicê, devenue de|iuis si ciflèbre sons le nom d'É-
cole polytechnitpie. Lne grande partie des aneiem
bâtiments sultsiste encore; mais on y a (ait, i di-
vei-ses reprises, d'iiii|H>rlantes ad«litions.
'•' Le collège des CholUlM fut fon«l«f , ver» la lin du
MU* sifVle, au iimyen des lilM-rnlit>'s du ranliiial
Jean (>holet, h'gaten France, et de Jean de Bulles,
archidiacre de Boiien , l'un de ses exëculeurs leala-
mentaires. On n'y comptait d'abonl «pie seize JKMir-
siers lh(fologiens,aii\(piels furent adjoints plus tard
autant de boursiers grammairiens. Il a éié rëiini à
rUiiiversit(< en 1763. Ses l>Atinienls font partie aii-
jotii-d'hiii des dj'iM-ndances de Sainte-Barbe et du
lyci'e Louis-le-(ïrand, au milieu des<|uelle8 ils sont
situes.
'' On ne connaît sous le nom de Thèrouanne ou
riroi/CHwe qu'un ancien (ief voisin de. Saint-Eustaelie,
et qui, par corruption, a laisse son nom k la me
Pirouette. fiiiillelHîrl de Metz a proltnbleiiient voulu
parler ici de l'un des collèges «leToumay qu'il ne rite
pas ailleurs. De ces deux établissement» fondé* au
xiv* sit'^le . l'un . situ«' pres<pie à l'angle de» niesSainl-
Ililaireet des Carmes, «'tait plus connu toos le nom
de collrife des Lombards ; une partie dea hlllBWIlll
existe encore. L'antre t'tablissemenl était rontiga an
collège «le Boncourt (emplacement occupé par ITiA-
tel du commandanl de ri->ole |)olyterhiii<|ue et le
Iws de la me Clovis). Il a èlè réunie rc dentier eol-
l(<ge,que Cuillebertde Meta a po.desoa tonpi, dé-
signer s«)us le nom de TMvMniM, coBiniB WMW le
dirons plus loin. Reste une d«nnière bypollièae,
selon laquelle notre auteur aurait voulu d«UgBer le
colli'ge deMonlaigii.cpii comptait au nombre de as»
bienfaiteurs Gilles «le Monlaigu . cardinal de TW-
a«
170 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
de lAve Maria'",
de Boncourt'*',
de Laon ''*,
de Cligny'*>,
de Harecourl**',
des Trésoriers '*\
rouenne, chancelier de Fronce. Il e»l vrai que(îuil-
lel)ert de Metz ne désigne point ailleurs ce collf'ge
si célèbre par la frugalité de son régime; mais il
faut dire aussi qu'où ne voit nulle pari le» -pauvres
Ta|)ettes de VIoiilaigui considérés coninte écoliers
de Thérouanne.
''> Le collège de VAve-Maria était situé ou liant
de la rue de la Montiigne-Saiiite-tîeneviève. près de
l'église Saint-Étienne-du-Monl; il devait son nom à
l'image de .Nolre-l)an>e qni servait d'enseigne <i la
maison dans laquelle il avait été fondé, lies deux
j)remiei-s iiioLs de la Salvlalion angrllque, placés au-
«lessous de In sainte image . servaient aiitsi . concur-
remment avec le nom du fondateur Jean Hubant,
h désigner cecollége, qui n'eut jamais d'im|>ortaiice.
Établi vers le milieu du xiv' siècle, organisé par l<>
célèbre Pierre d'Ailly et l'abbé de SointMienevière,
il fut réuni au collège tle I»uis-le-(îrniid en 1767.
cl supprimé à la Uévolution. Les bâtiments sont
devenus propriété privée en 1810.
'*' Le collège de Boncourt, fondé au milieu du
xiv' siècle, par Pierre de ISécoud, sur l'emplacement
d'un hôtel des évêques d'Orléans, fut désigné origi-
nairement sous le titre de eoUegium Becodiaimm ;
lîoncourt n'est qu'une altération du nom du fonda-
teur. Institué pour "huit pausres escoliers qui
-auront chacun cpialre sols par semaine,* et qu'on
devait choisir -en le eves<jiiié de Tlierouenne . - il
eut pour annexe l'un des deux collèges deTouniay,
et fut réuni lui-même, en i638, au collège de Na-
varre , dont il a suivi dès lors toutes les vicissitudes.
'' Le collège de Laon était situé à droite, en
gravissant la rue de la Montagne-Sainle-lieneviève,
et ses bâtiments étaient contigus à ceux des Carmes
de la place Maubert. Fondé au clos Bruneau. en
1 3 1 3 . par Guy, chanoine de Lion , trésorier de la
Sainte-Chapelle, et Raoul de Presles, père de celui
dont nous publions le connnenlaire. il se dédoubla
dix ans après, et chaque établissement eut une
existence distincte. En i34o, le collège de Laon fut
transféré au lieu qu'il a toujoui-s occupé depuis.
Aux seize artiens pour lesquels il avait été institué
furent adjoinU, dans la suite, des écoliers en théolo-
gie et en médecine. Réuni au collège de I^uis-le-
Crand en 17C3. il fut supprimé à la Kèvolutiou et
aliéné en 1 Bas. La me de* Ecoles occupe une partie
de son emplacement.
'' Le collège de -C/^jf,» c'est-à-dire CMigny
ou UuH^, qu'il ne faut point confottdre avec l'IiAtei
abbatial de ce nom, occupait presque tout l'empla-
cement circonscrit aujourd'hui par les rues Cujas.
V ictor Cousin, le lioulevard Saint-Michel et la place
de la Sorbonne. C'est le long de cette place que
s'élevait la chapelle du collège, laquelle a servi d'a-
telier au |)eintn> David. Elle n'a été démolie qu'en
1 834 avec le beau cloître contign. Le collège, fondé
à la fin du xni* siècle par les al>l>és de Cluny. avait
èlè supprifnè dw 1790 et aliéné en l'an v. De» par-
ties des liâtinients ont subsisté jusqu'en 1 860.
'' L'inscription plar<« sur la magniliquc façade
du nouveau lycrâ Saint-lx)uis ne lais.se aucun doute
sur l'emplacement de l'ancien colli^^ d'Harcourt,
fondé en 1480 pr Raoul d'Harcourt. cliaooine de
Paris , pour les |)auvres étudiants de Normandie. Il
fut l'objet de nond>reuse8 faveurs et dut s'agrandir
successivement pour contenir tous les écoliers que
sa réputation lui amenait. Ix>uis XIII fut un de ses
bienfaiteurs : aussi avait-on placé la cha|)elle cons-
truite au xvii* siècle sous l'invocation de saint I>ouis.
Reconstruit en 1673. agrandi {lendant In Révolution
et l'Empire aux dépens de l'ancien collège de Jus-
tice et de plusieurs maisons environnantes , le col-
lège d'Harcourt transformé se profile majestueuse-
ment sur le nouveau boulevard Saint-Michel.
'*' Le collège des Trttorieri ou du Thréêorier.
eoUegium Quœntorum, quodrulgo Thesaurarionimmm-
eupatur, était situé entre les rues de la Harpe, des
Maçons et Neuve-Richelieu, avec entrée par celle
dernière me; il avait été fondé en laGS par (juil-
laume de Saane, trésorier de l'Oise de Rouen,
pour douze théologiens et douze artiens du pays de
Caux. Déchu de son ancienne prospérité, il fnt
réuni à l'Université en 1763. et supprimé k la
Révolution.
DESCRIPTION DE PARIS SOLS CHARLES VI.
de Norbohne ''',
de Dainpvile <'^',
de Prcmonslré'*,
de Bour(;oin{jne''',
dAutliun W,
de Saint-Gervais^*',
de Tours (^),
171
'' Une des belles maisons de i'unciennc rue de
lii IIui'|io portail, au-dessus de la |>orlo d'entité , une
Iwiidcnile riscic'c! diiiis lu pierre iiver relie inscrip-
liori, dolle/fiiim .\iirlwu(e ; c'éUiit i'iilaldisseiiienl
londi! en i?>fj par Bernard de Fages, archevêque
(le Niiri)oiiiK', en fuveur de neiiff'eoiiers de son dio-
cèse, lùirichi pur le pape Clc'iuenl VI ( PicuTC lloger) ,
ipii lui devail son édncalion, le coildije de Nurbonne
iidniil suecessivenienl des artiens, des théologiens,
des étudiants en médecine et en di'oil. Il était en
pleine reconstruction, lors<{uc les lettres patentes de
lyCI, (pie nous avons plus d'une fois citées, le réu-
nirent à rUnivei-silé. Les ijâliuieiiLs, vendus à l'é-
p(N|n(! de la Révolution . ont été (h'niolis pour l'ou-
verture du boulevard Suint-Michel.
''' Le collège (le Daiiirillc, i\' In ville ou de Dntnp-
lille, que (iniih^bert tlo Metz cite deux fois, était
situé enti-e les rues Pierre Sarrazin et des Corde-
liers (de l'Hcoic-de-Médecine), très-près delà me de
lu llurpe. Institué en i38o par Michel de Uuinville,
archidiacre d'Arras, (îérard et Jean, ses frères, il
était destiné i\ douze |)auvres écoliers des diocèses
d'Arras et de Noyon. Juiliot nous apprend (|ue, •'à
"l'angle de cette maison, dans les rues de la Ilar|te
iret des Gordeliers, on avait sculpté les ligures des
Tois Jean et Charles V. et celles des fondateurs,
"qui présentaient il la Siiinte Vierge le principal et
"les boursiei-s du collège." (Recherches, etc. Quart.
Saint-\iidit''-<les-Ails, p. 6i.) Iléuni au collège de
Louis-le-(irau(l en lytiS, coinine pifsque tous les
petits colh'ges. il fui supprime à la Hévolution, el
les hâtimenl^, aliénés en l'an xi, ont été démolis en
i8ao.
''' IjC collège des Prêmonlrès avait été iiislitiié.
vei-s le milieu du xin* siècle, par les chanoines n'gii-
liers de Saint-Augustin, dits de /Vr'»io«/rc ( abbaye
8ilu(<e dans la forêt de Coiici). Im maison île Pierre
Sarnizin. ii l'angle des rues Rautefcuillc et des
{<ordeliei>, fut leur première acquisition; mais elle
s'agrandit successivement, et les jeunes disciples de
saint Norbert furent bientôt largement bistaUés.
Prolf^gé por le Pape et le Roi, le eoli^ ou frieurt
^\(^ Prémuulrés prospéra, et Ms bâtinienU, dit Du
lireiil, formaient un Ilot de maiiton, int»k. Il* uni
été vendus en i79'J. L'(^i«c, qui a M «eule di^-
niolie , formait le coin des deux rue*; Feiaplaemneiil
est occujMf |Hir un café el des magMiiM
''' Le colU^e de lluurgttgne était très-voiiiii du
prieuré des Prémonln-s. puis4|ue son euiplaennent
est occiqié de|)iiis 1769 |Mir l'École de médecine. Il
avait été fondé en i3!i9 |>ar les exéciiletin t«si«-
mentaires de Jeanne, comtesse de Bouivogw.
épouse de Philip|ie-le-Long, -pour vingt |iour» e^-
"coliers des province et comté de Bourgoigiie.o IV
nombreux règlemenU cités |iar Félibieii el l>obi-
neau (//ùr. de Parié, t. III, p. 635 et *uiv.) oui
été faits |)Our ce collège, qui n'était ce|M>miant pu-
de plein exercice, el qui fut , en l'année 1 -jù'i . nniiii
h l'Université. I.«8 bAtimcnts, acquis en 1 769. ont éii-
démolis, et rarchilectc Gondoiiui a élevé sur leur
emplacement l'édifice où si^ aujourd'hui la Fa-
culté de médecine.
'*' Le collège lïAutyn devait sa fondation au cé-
lèbre cardinal Pierre Bertrand, év^ique de celte
ville et adversaire détriaré de Pierre de Cuguiére» :
il était situé entre l'Oise Soinl-Audré-dea-.Arts el
la rue de l'Hirondelle, el logeait quinx4> b<Hir»ioi>
éliidiaiiLs en ttiéologie. en droit el en phiki>o|>liie.
Béuni en 176& i fUniversilé. il fut uccufié pen-
dant plusieurs années |Kir une ëeole gratuite de
dessin. Les bâtiiuetits ont été vendua «n 1 807 H
démolis en iSiiB.
'*> Le collège que (iiiilleberl de .MeU appctte de
Sainl-Gerraù n'est autre que celui de Mai^ Ginm$
dont nous |iarlons plus loin, à l'article Cit%f 4e
liayeMJr.
*'' Fondé au conmienfenienl du xit* tiède par
Étienne de Bourgueil, archevN|ue de Toun, leeol-
lège de ce nom ne logeait qu'un pniici|Ml et qua-
rante iMiursiers. Insuffiaanuiienl doté, il «^gelait de-
puis longues années, lorsqu'il fui réuni, «MMMloale»
les petite» maisons du même genre, «1 eol^
at.
172
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
(le Saint Estienne^'',
de Saint Benoit,
de Dennemarche'*',
de PrellesW,
de Cambray '*',
de Dainville '*',
de Justice W,
dArras '''',
Loiiis-le-Ciraiid. Il était situé au numéro 7 de lani«»
Serpente. Les bâtiments, déclarés propriété nationale
en 1790, ont été vendus en 1793.
'■' Nous ne savons de quel établissement Guille-
i)ert de Metx veut ici paHer; les historiens de Paris
et ceux de rCniversité ne mentionnent aucun col-
lège du nom de Saint-Etieime. Il est probable qu'il
entend par là l'église colléfriale de Saint -Etienne.
Même explication jwur le collège de Sainl-Benoil ,
qui vient api-ès.
*' I^ collège de "Deunemarehe,* de fDampne-
'tnark ou de À'u««xe,» comme on lit dans un censier
de 1 38o , est apjwlédans un arrêt de 1 384 ^maison
irfondée |>ar un docteur du jwys de Daee jwur le»
•récoliers de ce royaume.^ Du Roullay fait remonter
au xn' sitK-le la fondation de ce collège, qui était
situé rue de la Monlagnc-Sainte-<jaieviève. Selon
Jaillot, il fut acquis, en 1 386, par les Carmes, dont
le logement restoit iK-lit et arcté,"» et devint, en
i/i3u, l'objet d'une transaction avec le collt^ de
Laon, attendu qu'il était alors irvuide, vacque et
"Comme inhabitable.)) On le lit donc miettre en
^criées et subhastations au Chasteiet , « et les écoliers
de Dace reçurent en échange ifune maison et ses
Tapitartenances, assise à Paris contre ie Petit-Pont,
l'en la rue de la Gallande.n Cette transaction avait
lieu au moment où écrivait (juillel)ert de Metz.
''' Le collège de Presie» est inséparable du sou-
venir d'un des historiens de Paris, et du célèbre
Ranms qui en fut le princi])al. Pour tout ce qui
regarde la fondation , nous renvoyons à la \otice qui
prècAle le Commentaire de llnoul de Presles; quant
à la mort tragique de Pierre la Karnée, elle est ad-
mirablement racontée dans l'ouvrage que M. Wad-
dinglon a consacré à cette grande figure. On sait
que le collège de Presles était contigu à celui de
Dormans-Reauvais, et qu'on trouva commode d'al-
lenier les classes entre ces deiLX établissements. Cet
état de choses subsista jusqu'en 1 699 , éjKjque où
Rollin réunit l'exercice entier des études au collège
dont il était ie principal. ( Voir ce que nous avoiut
dit au coU^ de Btmuaiê sur la destination ulté-
rieure des bAtiniento.)
'*' Le collège de Cambrai ou des Troù-Eeifuei
avait été institué, en i3i8, par Guillaume
d'Auxonne. èvê«jue de Cambrai, dont l'œuvre fut
achevée par Hugues de Pomard , èvè({ue de Langres .
et Hugues d'Arcy, èvéque de I^on , ce qui lui valut
sa seconde dénomination. Il était destiné il loger
un maître, un cha|>elain et sept boursiers à h no-
mination du chancelier de l'Eglise de Paris. Les bâ-
timents de ce coll^ furent acquis, en 161a, pour
la reconstruction du (^ollt'ge Royal fondé |)ar Fran-
çois I", mais ils ne furent démolis qu'en 1 776. Le
collée de Trégwr, fondé en lôaS, et augmenté
en 1675 du collège de Léon ou Karemliert, avait
été acheté deux ans avant le collège de Cam-
brai. Les nouvelles constructions du CoUigt Bogai.
connu aujourd'hui sous le nom de CoUêgt de France ,
furent achevées vers t775; elles ont été augmen-
tées en i83&.
'*' Voir à la page 171, note 9.
'** IjC collège de Justice, proche voisin de celui
d'Harcoui't. faisait face, sur la nie de la Haqie.
au collège de Séez. Il avait été fondé, vers le mi-
lieu du xiv' siècle, |iar Jean de Justice, chanoine
de l'aris , jwur huit l»oursiers de Rouen et quatre
de Rayeux , diocèse du fondateur. D'autres bourses
y furent créées successivement; mais en 1761 on
en consacra le produit à la reconstruction des bâ-
timents, qui ont été, comme on l'a vu, incorporés
à ceux du collège d'Harcourt. Le colh'ge de Justice
avait eu , en 1 766 , le sort de tous les jwtits collèges
dits (Tsans exercice,» c'est-à-dire où il ne se faisait
jKis de cours complets. L'Université, les considérant
comme de simples |)ensioimats , astreignit leurs
écoliers à suivre les classes des grands collèges.
'' Le collège d'y^rra» était assez éloigné du centre
universitaire, jHiisqu'il s'élevait dans la rue des
Murs (qui lui dut son nouveau nom), presque à
DESCRIPTION DE PARIS SOUS CHARLES VI.
de Baieux''',
de Mignon'-'),
de Lisicux'*',
de raaislre GervaisW,
de Boncourt'*',
de Mercrnonsticr'"',
173
I iiiijfli! (\(: lu rue Suint-Victor. Fondd dnns In pre-
iii'd'vn nioitit^ <lu xiv* sièclo, par Nicolas le Candre-
lier, uliris Caiiderlier, abbeî de Saint-Waasld'Arras,
"pro Msii et siistenlatione paiipeniin Kcliolariuiii
ToriiiiKloniiii de civitute vol dia'cesi Atrehatensi,»
il occupa d'abord une petite tnaisun au mont Saint-
llilaire, et fut, après une existence nio<leste, réuni
à r Université en ijCy'i. l-es hûtinicnts ont élé a\\6-
n(!s on Fan ii.
''' Colle/fin m lîajnccnse , lisait-on, il y a (jiiel([ue8
années, rue de lu Harpe, sur une porte ogivale ù
demi ruinée qui conduisait h la rue dos Maçons-
Sorbonne. C'était le dernier débris du colléjje de
Bayeux, institué en 1809 par (îuillaunie Bonet,
évoque de cette ville, mais originaii'c du di(K-è»edu
Mans et élevé dans celui d'Angers. Aussi les douze
bourses (pi'il fonda étiiient-clles réservées aux
pauvres écoliei-s do ces deux derniers diocèses. Il ne
faut pas confondi-e ce collège, qui perdit son exis-
tence distincte en i7G.'5 et fut supprimé à la Bévo-
lution, avec un autre collège de Bayeux, plus connu
sous le nom do Mailre-Gervai» , et fondé en 1870
par Maître dervais Chrétien, chanoine de Bayeux,
de l'aris et (rphysicien» (médecin) de Charles V.
Cet établissement était situé rue du Foin-Saint-
Jacques, presque h l'angle de la rue Boulcbrie;
plus considérable (pie le pnkédent, il admettait des
arliens, des thiiologiens , des étudiants en droit et
en médecine, qui étaient qualifiés de boursiers du
liai. Dirigé depuis iG^t) |)ar deux docteurs de Sor-
bomie et incorporé à l'Université en tyCS, le col-
lège de Mattrc Gervais devint, en l'un xin, une ca-
serne d'infanterie. Il a été démoli pour l'ouverture
du boulevard Suint-Cicrmain.
'*' Le collège Mignon existe encore à l'angle de
la rue de ce nom et de la rue Serpente; une im-
primerie y est installc'o depuis plusieurs années.
Créé en i3/i3 par Jean Mignon, arrhidiacro de
Blois et ninttre des comptes à Paris, pour douie
èroliei's de sa famille . il fut n^fornié en iSSg et
donné en 1 ûH'i aux religieux de (irandmont ou Hiè-
■■nnymites, en échange des pnipriélés que ces der-
niers possédaient au boiti de Vincennes , et qui fuivnl
plus tard cédées aux Minimes. Il prit dè« lors le noai
de collège de (îrandmont, et fut occupé par wpt re-
ligieux de cet onire juMpi'en 1 769 , é(io«pie h la-
(pielle il perdit son existence propre. Le» liâlimeni*
actuel» datent de 17&9; loués à de* particulien
en 1770, déclarés pmpriété nationale en 1790, ik
ont servi , pendant quel(|ucs années, de dépôt pour
les archives du Trésor Royal, et ont été aliënés
en 1834.
'^> Le collège de Litieux fut fondé en 1 336 par
Guy de Harcourt, évéque de Lisieux. Environ un
siècle plus tard, Guillaume d'Estouteville, fun tk>
ses successeurs sur ce siège èpiscopal , et l'abbë de Fé-
camp , frère du prélat . achetèrent r proche l'endostfai
c monastère de Sainte-Geneviève, quelques maison»
(rdè|)utècs pour faire un collège iionuiié k colUgt it
« Torchi, auquel collège il y aura douze théologfieos
fret vingt-quatre arliens. 1 La dénomination du ihmi-
vel établissement était em|)nuilée h l'une des terre»
de la famille d'Estouteville; mais il ne résulta pa»
de cette création deux collèges distincts; le second
ne fut qu'inie fondation comprise dans le premier.
Les plaiLs de SonfUot exigeant le déplacement du
collège deLisieux, un arrêt de 1764 onlonna qu'il
serait réuni à celui de Louis-le-Grand; mais on re-
vint bientôt sur cette décision. Ce fut le coli^ de
Beauvais qui eut h subir l'annejiion . et qui dut céder
ses biUiments au collège de Lisieux. (Voir la noie
relative au collège de Dormant -Bttmrais.) L'an-
cienne fondation des d'Estouteville or«i|tait fent-
placenient circonscrit aujourd'hui par FÉcole de
droit. In mairie du \' arroiHlissenicnt et le péràlyie
du Panthéon.
(*> Le cdV^AeUaitrt-Gtnm» a M nMntioDné
plus liant, dans la note relative an coH^ de
Bayeux.
'*> Voir à la page 170, note 9.
'*' Le collège de Mmmoiulier, on Mn mtutiii ,
MaJH* motuuUrmm, était situé me Saint-JMi|iM>,
entre le odl^ de Clermont ou Louis-le-Gnuid «t
celui du IHessis-Sorboiuie; il omqiait une |i«rlie
17â DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINALX.
de Sainte Geneviève ('*,
de Saint Denise et autres.
Item moult de pedagoges a grant nombre descoliers'*. Item lez Petit Pont ven-
doit on j)ouIailles, eufs, venoisons cl autres vivres; et en la place Maubcrt, le
pain. Les murs de la ville sont moult fors et espcs que on y menroil bien une
cliarretle dessus <*'. En lisle Nostre Dame sont palais pour Initier'*' et berseaux
pour traire de larbaleste et de lare a main '*>.
Les i-ues commençons de Petit Pont en la me de la lluclietle :
Sacalie ''',
des bâtiments aujourd'hui en démolition. Le nom et
k patronage de Saint-Martin avaient éié donnés,
dès le conimeucenipul du xiv' siècle, à la maison
fondé; |hu- Geoffroy du Plessis , irnotaii'e de la saincte
ir église romaine, î< ou coin de la rue du Cinietière-
Saint-Benoil , et qui complail l'ahbé de Mamiuutior
au nombre de ses administrateurs. Les deux éta-
blissements, créés à oiue ans de distance, ayant la
même chapelle et le même fondateur, conservèrent
ce|)endant une existence distincte; mais les Jésuites
acquirent, en 16^11, celui qui était plus voisin de
leur collège de CIcrniont, et le collège du Plessis,
restaui-é par ordre du cardinal <lc Richelieu, fut
dès lors tout à fuit st'puré de son frère jumeau.
'"' Guilleberl de Metz semble considérer ici l'ab-
Iwye de Sainte-(!eneviève connue un collège; ce
n'en était \ms un dans le sens étroit du mot; mais
l'antitpie réputation des écoles de ce monastère
s'était perpétuée jusqu'aux tenq>s où vivait notre
auteur. Libraire, rrtranscripvaini et prol>ablement
élève de l'Université. Guillebert savait |M'ut être que
Huboldus de Liège était venu . au x* siècle , enseigner
à Saiute-tîencviève; qu'Abailard y avait eu de nom-
breux diàciples; que les études y étaient très-floris-
santes au xii' siècle, et qu'il y existait même, au
commencement du xni', une école intérieure fondée
par l'abbé Ëlienue, afin , dit Crcvier, que le tunmlte
des étudiants du dehors ne troublât ]>as la régula-
rité de la maison; enfin l'un des deux clianceiiers
de l'Université résidait à Sainte-Geneviève. Open-
dant les études classiques pro|)rement dites n'ont
point été organisées à Sainte - Geneviève , comme
dans les collèges ordinaires.
'*' Mathieu de Vendôme, abbé de Saint-Denis,
acquit, vers le milieu du xni* siècle, plusieurs mai-
sons et jardins sur un emplacement circonscrit au-
joiml'hui par les rues Contrescarpe, Dauphine.
des Grands-Augustins et le quai de oe nom, aGn
d'y bâtir un coli^ pour les jeunes reiigie«ix de
son monastère; l'hôtel de l'ablié v était contigii.
L'un et l'autre furent détruits en 1 607, et sur l'es-
pace qu'ils occupaient a été ouverte la rue Chris-
tine, ainsi qu'une partie de la rue d'Anjou-Dau-
idiine.
'*' Lafêdagtfimoa pensionnats existaient à Paris
dès le UT* aiède, ainsi qu'il résulte d'un procès
dans lequel figurent les écoliers de Guillaume Veulet ,
beendtf ai droit, réunis efaei lui an nombre de do-
quante. Les pëdagognes dèpemlaient des .Yab'oM
de la Facohë dm arts, et entretenaient des r^ents
dans leurs maison». Aux termes d'un décret {lorté
le 90 mars i&58 par la Faculté des arts, nul ne
|>ou vait , sans permission expresse de ladite Faculté ,
ouvrir une nouvelle |)è«lag«gie.
'*' «J'ai vu, dit M. Bonnardot, beaucoup de frag-
fments de ce mur de Philippe-Auguste; quand il
irn'a pas été aminci par les propriétaires, il forme
rnnc terrasse d'environ six pieds de largeur, etc.»
{Etude$ sur Cormet, Oe. p. 96.) — Ou peut con-
sulter aussi un travail curieux du même auteur :
DUtertotiom archèotogiipM tur les ancienne* enceinte*
de Pari*, etc. Paris, 1869, in-à*.
'*' Peut-être faut-il lire pâli» , pieux , [lalissade.
— irLuitier. » luclari, se trouve, dit Du Cange
(Gloêtaire franeait), dans le Roman du Renart et
dans la Chanson de Roland.
'*' irDans les plans de Paris et dans les gravures
17 antérieures à 1 6 1 6 . on voit encore dans l'Ile Notre-
-Dame des constructions de chaume qui servent de
f^but ou bersault à des tireurs d'arc.* (Bonnardot.
Etude* tur Corrozel, etc. p. 97.)
'' Sacalie ou laSacalie, comme Tappeile Guillol.
existe encore sous le nom de Zacharie , qu'elle porte .
dit Juillot , depuis le xvn* siècle ; elle ne réunissait
DESCRIPTION DE PARIS SOUS CHARrFS VI.
Aroii(lelle''>,
La nie Pavée (''',
de labbc'; Saint Denis <'*,
Saint Germain '*',
Saint Andry des Ars (»*"',
Poupée W,
la Barre W,
aux l'oitevinsW^
la Serjxsnle <"',
I7S
.•mlrefois «jim les ruos Soiiit-Séverin et de la Hu-
clifillfl; l'ancienne ruelle de» Trois -Chandeliers \a
cnnliniie mijonrd'iiiii jiis(|ii'iiii i|uni.
''' La rue de l' lUionddlc , (jiii commence à la rue
(lll-le-Cœur (Gilifs-Cœur ou Ic-Queiix) et se ter-
mine nMJoiii'd'iiiii pnr mi passage (yirauchanl sur
la place de la l''()ntainfvSHinl-Micliel . est ap|M'li'e,
en laoo, nw d'Arnmdnle eti Luiis (ancien territoire
dont elle faisjiit partie); en laaa, rue d'Arondelle;
en i';i();i, rue d'Ilirondiile. Guillot dcrit Uèrouduk,
el, au milieu du xiv* siit-le, on trouve vicus de
Iroiidrlla. Jaillot pense que c'est le nom d'une en-
seijjj-ne.
'*' La rue Pavée joint la rue Sainl-Andnî-des-
.\rlsau quai des Augustin». Au xyi* siècle, dit Jaillol,
on la noiriinail nie Puvée-d' AndmtiHos , appellation
singulière dont on ne trouve |ias la raison.
'^' Dans la note relative au coll(<(je de Saint-Denis,
nous avons dit que lahbé Mathieu de Vendôme
avait fait conslniire, en i 269, pour les jointes reli-
jfieux de son ordi-e, un rollt'ge entouré <le vastes
jardins et d(^|)endances. Le chemin qui Iravei-sait ce
terrain fui ajipelé rue A-l'abbé-de-Sninl-Deiiiii , du
Colléifo-Sninl-DcmH , des Ecoles ou des Kcnliers-de-
Snint-Denis. C'est aujoui-d'hui la rue des (îrands-
Vujfiislins, ipii joint le <piai de ce nom à la rue
Saint -.André-tles-Arls. Klle doit celte appellation au
l'ouvent des religieux ou ermites de Saint-Augustin
transféras, vers la (in du xni' siècle, du clos du
(lliardoniiet.au lieu qu"occni>e aujourd'hui l'ancien
marché de la \ allée.
(t.itti.) j^ |,j|g Saittt-André-des-Arlt s'est appei<fe
originairement nie de Lans, ainsi que la rue de la
Hnchette, dont elle forme la continuation; elle prit
le nom de Saint- Germain vers réjKique où l'ahW
de ce monastèi-e donna h cens le terrain sur leipiel
lurent ouvertes plusieiii-s petites rues environnantes
[i 179). Après la construction de l'église Saint-Andn-
(1019), elle fut appelée génévicmenl roe SaiiU-An-
dré, Sainl-Atidrieu-det-Art , Sainl-Atèdrt-tkê-ArltH
de» Ares. (Voir Jaillol. Quart. Saint-André, p. 7.)
'•' I^ rue Poupée, «ju'on a appelée Popée, Poim-
pée et Pompée, existait avant le xni' siècle. Jusqu'à
ces dernières années, elle joignait les mes Haiit/^
feuille et de la Har|)e; niais l'ouverture du brMile-
vard Saint-Michel a masqué son débouclié de ce
côte, et ce n'est plus aujourd'hui qu'une inipoMc
ouverte sur la rue iiaulefeiiille.
'*' Au xv' siècle, le nom de la llarre était donné,
dit Jaillot, à la partie de ia me Haiitereiiillc <pii
s'étend de la place Saint-André-des-Arls à la nie
des Poitevins, «apiHiremnientà cause de Jean de la
"Barre, avocat, qui demeurait rue Saint-André.
<Tvis-h-vis celleH"i.- (}n fapitelait aussi me Saint-
André ou du (^hevet-Saint-Aiidré. La |iartie supé-
rieure de cette voie était désignée, au xvi' siècle,
sous le nom de Haute-feuillre ou Haulffeuille , tiewt
de llauta folia , ^en raison des arbres iiMito e(
TtoiilTiis dont cette nie (louvait être bordée, a Celte
dénomination a été appliquée plus tanl i la rae
tout entière.
*'' I^ rue des ou aux Poiterins réunit, en for-
mant équerre. la me Hautefeiiille à celle du Bat-
toir, qui est alisorlxte aujourd'hui dans b rue Ser-
|ientc; elle a porté, au xiii' siècle, les noms de
Gui-le-Queur, Ginurl, Gérard 011 Gmml-4MX-Pm-
tevins.
•' Ijt me Serpente, rictu tortuom$$, aurait dA w
nom iraux sinuosités qu'elle foraioit k TinsUr des
«serpents, avant qu'ell<> eât été redreHér;* opimon
victorieiisemenl comlnttiie par M. Berly. Cette voie,
ipii a toujours été rectilijpie, fut onverle, en 1 179.
avec les mes Saint- André, Mignon et im Cimetàrt'
.WN(-.4iu/rr (Siif^r). Ri^duile i mn eitrfaiiK oriui
taie |)nr le perrenient du ImiilevntiSaint-Midiei.file
s'est flccnie. à l'autre exlréinilé , de la rue du Balloir.
17G DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
la Plastriere ''',
Haiilte fuelle^*),
Champ Petit'»',
(lu Paon W,
des Cordelles (*',
de HarecourtW,
Pierre GasseUn'^''^
de la Harpe ***,
la grant rue Saint Severin'*',
le carrefour Saint Jaques'"*',
des Notaires et Escripvains '"*,
'•' La Plâtrière est celte même rue du Battoir
qui faisait suite à la nie Serpente; Guillot la déii{riio
égaletiient sous ce nom. A prtir du xvi* siècle, la
Vieille-PItîlrih-e est appelle rue du Battoir, dénoiui-
nation qu'elle a gardi'e depuis.
'*' Pour la rue nllaulle-Jùelle,^ voir la note rela-
tive à la rue de lu Barre.
''' irJe vois dans un papier terrier, dit Sauvai
"(t. I, p. 17*»). q"e. devant le collège Mignon, il
iry avoit alors, en la nie des Pelitt-Cliamps , un logis
-rbâli dans le coin de la nie Vieilte-Plâtrière ; de là
"j'inftre que, de ce teiii|w-là. In nie Mignon s'appe-
'loit apparcmmeiil rue des Petits-Champs, n D'autre
part, Guillot nous apprend que
Par la rue de llaule-reiiille
Ving en la rue de Champ petit.
La rue Champ-Petit ou des Petits-Champs est donc
représentée aujounl'hui par les rues Mignon et du
Jardinet qui se soudent en étpierre.
'' On distinguait autrefois la rue du Paon et
celle du Petit -Paon, qui n'est plus aujourd'hui
qu'une impasse terminée par les bâtiments de l'Ecole
de médt^ine. Le nom de la nie , connu dès l'année
tûlt6, provenait d'ime enseigne; on lui a 8ul)stitué
récemment celui du baron Larreij; mais la voie est
restée la même: elle conduit de la rue de l'Ecole-de-
Médecine à la rue du Jardinet.
''' Guillot appelait déjà rue dex Cordeles la rue
actuelle de l'École-de-Médecine, qu'on plaça ensuite
sous le vocable de saint Germain, de saint Came et
saint Damien. Le couvent fondé en 1280 par les
Franciscains, ou Cordeliers, fixa le nom que cette
rue a porté jusqu'en 1 790. On lui a donné , pendant
quelques amiées, celui de Marat.
'*' La rue de la Harpe, dont il ne reste aujour-
d'hui que la partie inférieure, était autrefois divi-
sée eu deux parties que distinguaient deut iioiiig
dilTérentjs; on l'appelait me de la Harpe ou de la
Ilerpe, depuis la me Saint-Séverin jusqu'à la nie
des Cordeliers (de T Ecole -de -.Médecine), et de ce
point à l'ancienne place Saint-Michel, rue Sainl-
(j>sme ou rue aux Hoirs -d'Hareourt. Ces hoirs
étaient sans doute les héritiers ou boursiers ins-
titués par Raoul d'Hareourt, fondateur du coli^
de ce nom. On sait que la partie su|>érieure de la
nie de la Harpe a fait place au boulevard Saint-
Michel.
''' Guillebert de Meti place ici une rue Pierre-
GasseUn, dont les historiens de Paris ne font au-
cune mention. On ne connaissait, sous le nom de
Perrin-Gasselin , qu'une nie ou nielle appartenant à
l'ancien quartier de Sainte-Opportune, et réunis-
sant la nie Saint-Denis à la ci-<levant rue du Che-
valier-du-Guet. Notre auteur a très -certainement
voulu désigner la me Pierre-Sarrasin.
••' Voir, pour la rue de la Harpe, la note rela-
tive à la rue des Hoirs-d'Harcourl.
'*' La 0 grant rue Saint Sererin , » par opposi-
tion à la nie des Prêtres, qui était dite la nielle ou
ruellette Saint-Séverin , existe encore et joint la rue
de la Haq>e à la nie Saint-Jactpies ; elle ne mérite
guère l'épithète que lui doiwe Guillelwrt de Metz.
"" On comprend, par la succession des mes
(prémimère notre auteur, que le carrefour Saint-
Jac/jues était situé au |>oint où la me de ce nom
rencontre les mes Galande, Saint-Séverin et Saint-
Jiilien-le-Pauvre. Le dégagement du chevet de l'é-
glise Saint-Séverin , o|)éré depuis peu , rend à celle
ap|)ellation un certain air de vérité.
'"' La me «•rfe» Notaires et Escripvains,'' ticus
Scriptorum, est appelée par Guillot me "as Escri-
ir vains.» Vers la fin du \i\' siècle et depuis, elle a
DESCRIPTION DE PAllIS SOIS CHAHLKS \\.
la ruelelte Saint Severin '"',
Ronrf (Ic! Brie'^',
(les l'aiclicMiiiiiiers^'',
duFoirig(*>,
Saint Matliurint''.
le cloistre Saint Benoit '.
Sorhonne^'',
(le (lllifjny''",
177
M gdn<?roleinent tioiiinide rtie den Parcheminiert ou
(le la Piirclieminerie , vicu» Perfjiiineiumorvm , np[M"l-
lalinn (iiù'llc a {fîirtif'c dqniis. Elln tlnvait élr»; flori*-
saiilo h r('iM)([ii(' (le Giiillcborlde MrU, s'il est vrai,
(^oiiinie il le dit au cliD|iilrc xxx, que irlcn Houioit
-estimer a Paris plus de soixante mille escripvoins.Ti
Il l'ant reconnaître cjue cette grande industrie ëtflit
rf^|>andue dans tout le quartier des Ecoles, et que
rancienne rue des r Notaires et Escripvainst pou-
vait l)ien n'en être que le centre. La me de In Par-
chemincrie a conserve en grande partie son ancien
aspect; elle traverse de la rue Saint-Jacques à la
me de la Harpe.
" l'our In ruelklle ou ru(' «uj Prêlret-Snlnt-Sè-
verin , qui existe encore , entre les rues Boutebrie et
Sainl-SAerin. voir la note relative h cette dernière
rue.
'" On a écrit Boure de Brie, Bour/r de Brye,
Bniit de Bnje et Boiillehrle ; ce sont niilaiil d'altt'ra-
lions du nom vrai, qui est Kreinhoiu'g ou Kreni-
burge de Brie, vicvs Eremhurgi» de Bria et Braia,
au xui' siiVIe. Vers In lin du \iv'. on la nommait
aussi rue des Enlumineurs . ricug llluiiiinatnnim ,
industrie qui (lorissait h côtt' de celle des parche-
miniers. La rue Boutebrie, qui continue la me des
l'rêtres-Snint-S<Herin et aboutissait rue du Foin,
a M récemment diminuée de longueur et élargie
par suite de l'ouverture du boulevard Snint-Ger-
main.
'' Voir, pour la rue des Parcheminiers , qui n"é-
toit probablement qu'une section de la rue des tNo-
"taires et Esrripvains. ■» In noie i-elalive h celte
dernièi'e rue. La niellelle Saint -StWerin et la rue
Boutebrie la coupaient elTectivement en deux tron-
çons inégaux.
*' [,a rue du Foin a été absorlx'e |hu" le biiule-
vni-d Saint-(!ermain. Dès la fin du xm* siècle on
Inppelail rue Ofnin. On trouve ensuite les noms de
In t'ennerie , nu Fnin . au.r Moines de Cernai, h
cause de l'IiAtel des abbts de Vaux-Cernay qui s'v
Irouvoit. Il s'y était eameni, au coin iIp la rue
Boutebrie. une "uioison de la Reine-Blanrlie. «
'' L'abl)é Le Beuf conrr)nd la nie Sainl-\la-
ihurin avec celle des Mathurin*. iaillol a nrleȎ cette
erreur, et Guillebert de Meti nous prouve que te.
redressement est fondé, puistpi'il («rie jibis loin
de la rue des Matburins elle-même. (ïuillot, ilanh
son Dit, va de la nie Ofain i la nie Saini-Malkt-
lin, ce qui alors n'était |ias |K)ssible, piiisipie le cou-
vent des Trinitaires oti Mathiirias et iencios du
palais d<>s Themies se rejoignaient. Il fallait que
tîuillot remontitt la rue de In iloqie qu'il venait de
descendn>, ou (|u°il délioucliât dans la nie Saiiil-
Jocques, laquelle |)ortait, entre autres noms, celui
de "(îrant rue vers Soint-Mathelùi.* 1^ nie -Soinl-
''Matburiii" était donc une section de la nie Saint-
Jacques.
"' Le cloître Saint-Benoît existe encore en (lartie,
entre la me des Mathiirins et celle de» Émles.
dont le |(ercement a cliangé Taspert de ce quartier.
Il était situé derrière le chevet île r^tse île a>
nom.
'" La niodenic rue deSorbonne ocni|ie le même
enqilacement qu'autrefois; on la nommait très-an-
ciennement me des Portes et de» Ikur-Porles , riemt
ad Portas , ad Ihas Portas. La fondation du coU^w
de Sorbonneliii valut, à la fin du iiu* sièHe, le non
de vievs de Sorbonia ou Snrbonit; Guillot la noiiinie
'■rue as Hoirs de Sorbonoe*.* Du Bmil fa con-
fondue avec la me de Omf9-Gmmk, et eeile-ci avec
la nie dt Compe-Gorgt. rueUei voinm. (Voir m
(pi'en dit Jean de Jnndun, pagM 38 M Sf.)
*' Im me dt Clunif , que GuiBebart de Meti ap-
pelle de Cligny, comme le coli^ de ce nom, et
Ciuillot me à l'abbé de Clignif, tcOÊt» mteon. CmI
In portion de la me Victor-Cooan eoBprite eatre
la place de la Sortioane et de b me des Gordien,
avant l'ouverture de la partie inférieure de b me
des Gris (Cujas). Elle alioutUsait au pa.4Mig« des Ja-
cobins, ainsi que le montre le plan de La CaSIe
«S
178 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
de 7Wc/('),
de Porel,
des Cordiers*'',
des Jacobins,
Saint Estienne des Grecs '*,
de Loteraine''^\
de I0spilal^''\
la Charterie '**',
(1784). Sur celui de Jaillol (1778), elle dëbouclie
dans la rue des Grès.
''1 Tliorel esl la rue lO Corbel» de GuiUot; c'était
une prlie de la rue des Grès ( Cujas ). Quant à Porel,
autre nom estropié (Guillol écrit Ponel), il désigne
Irès-probablenienl la rue deê Poiréet , noniniée rinu
ad Poretns en iqC'i, vieut Poretarum en 137 », et
depuis rue Porêt , des Poréei et dei Poiréet. Elle
commence à la rue Saint-Jacques, point où elle a
été élargie en 1889, pour former la place du col-
lège de Loui»-le-Grand , et aboutit en contre-haut
et par un retour d'équerre à la rue des Cordier».
Cette seconde portion de la voie était appelée rue
Newe-des-Poirèe». On a substitué récenunenl à ces
deux anciennes ap|)cllations les noms du chancelier
Gerson et du grammairien Restaut.
'*' La rue des Cordiers, qui a conservé son an-
cienne physionomie, met en communication la rue
Saint-Jacques et l'ancienne rue de Cluny. Guillot
l'appelle "rue as Cordiers ," cl Jaillol pense qu'elle
devait son nom à des flleurs de chanvre. Il ajoute
qu'elle se- prolongeait |)eut-^lre jusqu'à la nie de
la Harpe, sur remplacement de l'ancien passage
des Jacobins, que Giiillebert de Metz énonce à la
suite de celte rue. Le passage des Jacobins devait
son nom au couvent des Dominicains ou frères Prê-
cheurs, établis au xiu' siècle, entre les rues Saint-
Jacques et de la Harpe, et ainsi nommés eux-
mêmes k cause d'une chapelle de Saint-Jacques qui
leur avait été concédée. On sait que l'ancien Parloir
aux Bourgeois, qui était contigu à leur couvent,
leur fut donné par Louis XII, en i5o&. La partie
inférieure de la rue Cujas représente à peu près
aujourd'hui l'ancien passage des Jacobins , qui était ,
avant la Révolution, fermé par une porte sur la
rue de la Harpe.
''' Les prétendus Grec* ou Grieux de Raoul de
Presles se retrouvent ici. Le Beuf el Jaillol s'accor-
dent h dire que la rue est désignée dans les an-
ciens titres sous le nom de viau Je Greuit, et
i'^liise sous celui de Sanehu Siepkamu de Gres-
sibus. Ce mot Grei , dont certains historiens ont iait
degrés, gradus, que d'autres ont transformé en
Egris, Egrtssus urbis, parait être, dit Jaillol, un
nom de territoire; M. (À>cberij) en donne deux ëty-
mologies nouvelies : gret, pierre, et gresium, col-
line. La rue Saint-Eùeime~deê-Grees s'étendait, au
siècle dernier, de la rue Saint -Jacques au carré
Sainte -Geneviève. Depuis les grands travaux de
Soufflot sur ce |)oint, elle débouche sur la place du
Panlliéon. Prolongée vers la rue de la Haq)e, par
suite de la démolilion du couvent des Jacobins, elle
a reçu tout récenuuent le nom d'un célèt>re juriscon-
Kulle (Cujas).
'*' Nous avions d alionl [X'nsé que (iuiilo|)ert de
Metz désignait ainsi la rue des Bernanlias, au coin
de laquelle il existait, dit Sauvai, un hAlel de Lor-
raine ou de Bar, qui fonnait l'angle du quai de la
TounicUe; mais la marche de l'auteur s'op|K«e à
cette explication. M. .Adolphe Berty pense que Guil-
leliert de Metz a mal lu, el pr conséquent mal
copié le Dit de (ïuillol; qu'd faut lire i^rue de
rOseroie» ou plutAt wde la .N'oyeroie," et que cette
désignation s'applique à la rue Froid-Mantel, qui
constituait l'extrémité orientale de la rue du Cime-
tière-Saint-Bcnolt.
'*' On éprouve d'aboni quelque emlwrras pour
la rue de /'0«/)i//i/ mentionnée jKir Guillol, qui y
fut témoin d'une querelle de femmes; mais, en y ré-
fléchissant, on se convainc que celte rue, si voisine
de la commanderie ou hôpital de Saint-Jean-de-La-
li-an, était In rue Saint-Jean-de-Latran elle-même.
Elle est comprise aujourd'hui dans la rue des Écoles.
'•' Ce qui appuie fortement les conclusions de
la note précédente, c'est que notre auteur passe de
la rue de l'Ospital en la rue Charterie ou CMartière ,
qui existe encore et conduit de la rue Saiiil-HilaiiT
à la me de Reims. 1
DKSCUIPTION DE PARIS SOIS CHARLES VI.
Saint Sirnpiiorien ('',
de Maine l"^',
du duc de Bourjjoinijne,
des Lavendiers^^\
de Savoie (*',
Sailli Ililairc '^',
de Judas ("), du l'olit Four ('',
le carrefour Saint llilaire'"',
clos Bruuel ("', ou sont les escoles de Uecrés;
179
''' La rue Sainl-Symphorien-ileii-ViifMi, ainsi noiii-
niL'e \x cause d'une cliapcllc voisine, et parce qu'elle
uvnil 6\ié ouvoi-tr? h travers dos vijfnoliies , ii (?((• iippeitfe
aussi y«'(i7c rue Saiulc-ltarhe , et (Milin rue des Ckolels.
Elle séparait les deux collèges de ce nom et longeait
en outre les iiiiii-s du (•oiif'jrc de Cleruiont. En 1 8/i5 ,
le sol decetic ruelle a étti cède au coiléjfede Louis-le-
Grand et à linstitutioii de Saintc-ISarbe. Guillol dit :
En la rue Sainl-Sypliorieii
On inai|;ncnt li logiplien (i^);yplion, bohémien).
Tout ce quartier a étd, jusqu'à sa d(?niolilion en
186G, le rtkeptacle des fflogiptiens» modernes.
'*' Celte rue de Miime ne peut tHre que la rue
de lleimn, (pii joint In rue (iliarretière h celle des
Sept-Voics , et doit son nom au colit'ge de Reims ,
aujoiM-d'Iuii aunexe de Siiiiite-Ikrbe. Guillebert de
Metz la désigne ainsi, sans doute, parce que les
ëvéques du Mans y avaient une maison mentionnée,
en 1 ,'}8o, diuis un ceusier de Sninle-Geneviève. Quant
h son troisième nom de rue du Duc ou au Duc-tle-
liourgogne. Sauvai nous np|)rend que les ducs de
Rourgogne de la seconde race y avaient un hôtel.
''' l'jicore une erreur de copie; lisez : nut des
Ainiiitdiers ou Alinaiidiers. luette voie, dont on n
beaucoup discuté l'étymologie , est mentioimée dès
le xui* siècle. Kllc porte aujoiirtrimi le nom de l'as-
tronome Lapliice.
'*' La rue de Savoie, qu'il ne faut pas confondre
avec celle du (piartier Snint-André-des-Art-s. et
t|ui porte le même nom <lims le Dit de Guillot, est.
selon toute pi-olwbililé, la rue des Sepl-Voies, Sefh-
lem Vinnim , apud Septem Via». Ce n'est donc point
"pour la rime, n comme le pense Jnillot. que ce nom
a été ainsi dédguit^ |)uis(pif(;uillebertde Metz t'crit
en prose; il faut n'y voir qu'une altération popu-
laire. La rue des Sept-Voirs subsiste encon" : elle
joint la rue Saint-llilaire à la place du i'antbéon.
* Voir les notes 6 et 7.
<*' Là rue de Judo», viau Jtide, cHëe dès Ir mi-
lieu du XIII* siècle dans le» lilra de Sainie-Gene-
viève , joignait la rue des Carmes à la nie de la
.Montagne Sainte-Geneviève, et était continuée |>ar
la rue Traventine. Elle devait très-probablement son
nom aux Juifs qui riiabitaient. Otte <\éBOuim6cKk
ayant |>aru mal soimaiit<;, un lui substitua . m 1 838.
celle de rue du CAos-liruneau , qui ap|>artetiait au-
trefois à la nie Jean-de-Beauvais et rappelait un
lieu célèbre dans l'histoire de cette r^ioo. Par suite
de l'ouverlurf- de la me des Écoles, il ne reste au-
jourd'hui de la nie Judo* qu'une rangiée de vietUes
maisons perchées au sommet d'une fidaise.
''' La rue du Pelil-Four, ou du Petit-F<mr-Saimi-
Hilaire, rieus ou niella Fumi, est mentionnée, dès
le milieu du xin* siècle, dans le cartulaire de Sainte-
Geneviève; elle devait son nom ù un four banal qui
appartenait à l'Oise Saint-Hilaire. Elle existe en-
core et continue la rue d'Ecosse en retour d'équeire.
pour aboutir dans la rue des Sept- Voies.
''' L^ rue et le carrefoor Smml-Hilairt, point
culminant du clos Bruneau . ont ganlé leur antique
|)liysionomie. Dès le milieu du xtii' siècle, le carlu-
laii-e <le Sorbonne indique la me sous le nom de
rirM« superior Satteti-HUarii ; on l'a conibiidiie avec
la rue Fromeiilel ou Froid mniilel, qui en est voisHW.
et dont la dénomination a beauciHip occupe les sc-
vanLs. lin double carrefour était formé, k Teit. par
In jonction des mes Sainl-ililaire. des Carmes, des
Sept- Voies, la nielle aux Bœuls; il Tonest, par b
rtMicontre des mes Saint-Jean-de-Lalran . Jesa-de-
Reauvais, Frnmentel , Charretière et Saint-Hilaire.
Ou y remarquait le fameux /Vitr^^srÉm, ooasimil
pnr l(>s soins et niix frais de Robert Certiin, ev^de
Snint-liilaire et pniKi|ial du coU<^ Seinte-Bariie.
'*' Le ve/affinme/, ousonlles asBohideDecféi.»
est bien eonmi par tout ce qui prMde: la voie <|ai
le longeait était la me Jean-de-Beauvais. Guillot le
aS.
180 DOCUMENTS ET ÉCRITS OUIGINALX.
Roseau ('*,
des Englois''^', ou les bons couteliers demeurent,
desLavendieres'^',
a Toumanl '*',
la graiit rue Sainte Geneviève*** et la petite rueletle'"' Saint Marcel,
ClopinC,
Traversaine'*',
nomme (rClos 15nn)iau;» Tahbv Lp Beufa voulu voir
dans colle «Idiioiiiination un souvenir des chemins
perrdsou chaussa de Bruiieliaul; il est plus simple
d'y voir un nom de propriétaire : Clausum Bru-
nelli, dil Jean de Jandnn (p. lio et 4 «), auquel nous
l'envoyons pour i'enseignemenl des décrets el décre-
tales. M. H. (^ocheris a donné une excellente note
sur les grandes cl |>clites écoles de décrets, dans son
édition de Le Beuf, t. Il, p. i53. L^ rue Jean-de-
Beauvais, quoique coupée par la nie des Ecoles,
suljsisle encore.
''' I>es historiens de Paris ne parlent pas de cette
rue; on ne la trouve mentionna» que dans le Dil co-
pié en )83(j, par M. Teulel. à la hil>lioth('>que Cot-
tonienne de lx)ndres , cl puhlié par Géraud , ii In suite
du l((Me de la Taille de i aga. Si l'on suit la mardie
de (iuillol . qui diflere |)en de celle de (îuilleliert de
Metz . un voit entre, le clos Bruneau et la rue des
Anglais, paraître la me «du Noyer,* vieus NtKMm,
de Nueibut el de Nucerii», dénomination «prelle de-
vait aux noyers dont le clos Bruneau était imrdé.
puis la irrue à Plastriere» ou me du Plâtre, qui joint
encore aujourd'hui la rue Saint-Jacques è la me des
Lavandières. 1^ me "■Boseau,i si elle a jamais existé,
serait l'une de ces deux voies; peut-^lre aurait-elle
dû ce nom aux roseaux qui croissaient sur les limites
du clos Bruneau . ou dont on se servait pour alimen-
ter le leu des foure à plaire. Celle ély mologie , comme
l'existence de la rue elle-même, est une pure hypo-
thèse.
" I>a rue de» Engloi* que Guillol ap|)elle ras
irEngloisii existe encore, quoique tronquée à son
extrémité nord; elle réunit les mes Galande et des
Noyei-s. On la connaissait sous ce nom dès le
xin' siècle; Sauvai croit qu'elle le devait irau long
<i séjour que les Anglois ont fait à Paris;* Jaillot
estime qu'il pourrait bien «venir de la nation d'An-
irgielerre el d'Allemagne, l'une des quatre de la Ffi-
(fcuilé des arts. i L« renseignement fourni par Guil-
lebert de Metz sur l'industrie dont celle me était le
siège ne se trouve nulle pari ailleurs.
'*' Elle existe encore près de la place Mauhert.
*' Nous pensions que ces niotA signifiaient en
lournanl; car, pour se diriger de la rue des Lavan-
dières vers la me de la Moiitagne-Sainte-(jeiieviève ,
i\ faut tourner k droite; mais M. Berly inchne k
croire que l'auteur a voulu désigner ou la me Perdue
(Maître-Albert), qui lourne, en effet, pour gagner
le quai, ou la mellc de VYtore, qui tonnait aussi
[lour aller de la me des Noyers à la |>lace Maubert.
^' La «grant rae> on me de la MontoffneSainle-
Ge»eeiive, vicut Genorr/iu, a gardé, malgré les
percements toisins, une |tartie de son ancienne
physionomie. Elle existait déjà au xi* siècle.
'*' La ir petite melettc Saint-Marcel , de quoi luii
■rdes bouts ciiiet sur lelre* {atrium, carré Sainte-
Geneviève), irel lautre si se raporte droit a la me
irde la Forte Saint Marcel . " dit Giiillot , était . selon
fabbé Ije Beuf, une melle qui altoulissait k la me
Bordet. Cette désignation ne peut s'appliquer qu'à la
me actuelle des Prétres-Saint- Etienne.
■' 1^ me (^lopin exi.stc encore, mais singuhère-
iiieiil aiiioimlne : en effet, |mrtaiit de la me des
Eossés-Saint-Victor, elle se termine au mur de sou-
tèiieiiient de l'h^-ole polytechnique et n'a d'autre
almutissanl que la me d'Arras, avec laipielle elle
forme équerre. L<e reste du parcours a été supprimé
en i86â, et englobé dans les dé|)endances de
l'École. Il reste, sous le nom d'im|>asse Clopin,
l'ancien débouché de cette me sur la me Descartes.
Elle devait son nom à la rgrant niais<jn Cloiiin.*
qui y fut bâtie vers le milieu du xiii' siècle. .Au xm"
on la trouve appelée me du Champ ou du Chemin-
Gaillard; l'imprimeur Guyot-Marchand y demeurait.
*' H n'existe plus aujourd'hui que l'emplacement
de la me Trmer$ine, Travertaine ou Travertière,
cpii formait vers Pest la continuation de la seconde
me du Clos-Bmneau, elqiie suq)loiiibaienl les ter-
rasses de l'ancien collège de .Navan-e. Elle était
bâtie dès le xiv* siècle, puisque Guillot la cite :
Et pais la rue Trarenair.e .
Qui Cet en bani bien loin de S.iinne.
DESCRIPTION DK PAHIS SOI.'S CIIARLKS VI.
d(!s Mathurins"',
Saint Victor (2),
de Versailles'",
du Bon PuisW,
dAlixaridre'*',
Saint Nicolas'"),
de IJievre'"',
rue Perdue'"',
la place Mauhert ''',
181
'' On ne s'explique guère que GuillelxTl de
Metz place ici une rue des Mathurin»; il est en effet
«Idiis lu n'jjioii Siiiiil-Victor, et ne peut ninsi re-
lirmisser clieiiiin pour rcjjujjner le quartier Saint-
Benoit où 86 trouvait la rue de» Mathurin.s. Il liuil
prnliahliMMf'nt lire rue des Mura, vicun Murorum,
iiotn (pie la rue d'Arras portait anciennement, parce
qu'elle lon(;eait sur ce point l'enceinte de l'liilip|)c-
Auijiist*!. (îuillot vn directement de la rue Trnver-
sine h la rue d'Arras :
Km|ires est la rue des Murs;
De clicniincr n« fut pas mus (fotigué);
elles se touolieiit en effet.
''' La rue Sninl-Viclor, dont il ne reste plus au-
jourd'hui que le cMé septentrional , devait son nom h
\a C('i(M)n' ahliayc dont elle diait voisine. Kllc le por-
tait prol)al)lcrncnt dès le règne de Louis-le-Gros. Au
delh des rues actuelles des Fossés-Saint-Victor et
Saint-Bernard commençait le faubourjf Saint-Victor,
aujourd'hui rues l.umé et (leoffroy-Saint-llilaire.
"' La rue de TerMiZ/M n'existe plus depuis ipiel-
ques mois; elle {fravissail le coteau depuis la rue
Saint-\'iclor jus<|u'à la rue Traversine. (Iuillot l'ap-
pelle rrue de Verseille;» elle devait son nom, dit
Jaillot, à une famille distinguée dont l'histoire fait
mi'iilioii dès le xi' siècle. Pierre de Ventalii* y de-
ineiirail en 1S178.
' Parallèlement h la rue de Versailles s'élevait
la rue du Unn-Vuitu . détruite aussi en 1866, et
habitée, selon Sauvai, dès le milieu du xni' siècle.
Klli^ «levait son nom h im puiLs pidilic ipii existait
k cette éptMpie et la séparait de la nie du Paon.
'"' Cette rue irAlixandre» ou Alexandre avait la
même dirtn-tion <pie les prt'cédentes , et portail, dès
les pnMuièivs unni'es du xni* siècle, le nom <le vient
Mrxmulri Aiifrlici , rue Me.randre-Lttnjjlo'ig. L'ne en-
seigne lui a valu la dénomination d<> rue du Paon,
qui lui est resté jus4|u'h sa destruction, en 1866.
"' 1^ rue Saint-IVieoliu , (uiraiièle aux Iroi» pré-
cédentes, devait son nom i l'i^lse voisine et «00
surnom au clos du Chnrdonnet qu'elle Iraveruit. Lp
cartidaire de Sainte-^îeneviève l'apiielle, en noo.
vieus tancti Nieolai propre Pitleum;eeslU' Ihn-Pmiu
dont nous venons de jwrler. Gnillot déclare qu'il
s'y rendit sans peine en venant de la nie du Paon :
En la rue Saiot McoIm
Du Chardonnsi , ne fui pas lai.
Déjà enbrriée par la nie des Kcolos, elle a disparu
pr suite du percement de la rue Monge.
*'' La rue de Bièere subsiste encore; elle conduit
(le la place Maul)ert aux anciens (trnndn-Drgrtt par
où l'on montait au «piai. Ap|iel(>e au wiu* sièdc
riciM de Bevra et Bievra , elle devait ce nom à une
dérivation de la rivière de Bièvre acconléc aux re-
ligieux de Saint-Victor par (klon . abbé de Sainte-
Geneviève , et sur les instances de saint Bemanl.
Ce canal, (pii traversait l'enclos de l'abbave Sainl-
V icior, le terrain des Bons-Knfants (angle des rue*
Saint-Victor et du Canlinal-I>>innine) et des Ber-
nanlins (casenie de la nie de Pobwy, Foiirrière.ete.).
(h^hoiichait dans la Seine, à l'extrémité nord de la
rue de Bièvre. C'est seulement en if»74 que la ri-
vière , détournée , eut 368 . dans une autre direction .
a ('!)' rapprochée de son lit priniilir. Klle n'a p« inbi
de (li>riva(i<>n depuis c(>tte é|)nque; mais oa sait ipi'i
partir du |)oint où elle coupe la me Geoflroy-Sainl-
llilaire, elle sera jel('e dans l'j^ut de la nie Linn»-
et du boulevard Saint-tiennoiii , |KMir Mre conduite ,
|mr un grand collecteur, ou |nhiI de la Gxio«tle, où
elle travenera la Seine, se dirigeant ven Asaières.
*' I^ nie Perdue est parallèle h la me de Bièvre.
Guillot et le RAIe de In Taxe de 1 3 1 3 en inot mea-
tion. On lui a doiim^ n'c(>niiiien( le nom de Mtàn
Albert, (Ml souvenir de ce cdèbre dorteur.
* L'niitiipieyfte JÊwtAirt, thétefdw prouet»
de Villon et de bien d'autres "mauvais
182 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
aux Deux Portes*'*,
la Calandre '*',
des Ras*'^
du FeurreW, ou len list des ars,
Saint Julien**',
la Bouclierie**',
la Poissonnerie*''.
avant lui, doit-elle son nom au fameux dominicain
qui y aurait tenu dcoie publique en plein air, faute
de local assez vaste pour abriter ses auditeurs ; i
un évêque de Paris du nom de Maldebert, ou h
Aubert, second obbë de Suinte4îeneviève?... Adhnc
sub judice lu eil. L'ouverture du boulevanl Saint-
Gerniiiin lui a fait perdre une partie de son ancienne
physionomie; on ne la recunnait plus aujourd'hui
qu'au débouche de la rue Galande.
'"' Ijx nie iet Deux-Porles en avait trois au
temps de Guillol. et, si elle ne les a pas consendes
jusqu'à nos jours , elle en a du moins garde le nom.
Corrozet est d'accord avec GuillelK-rt de Meti pour
ne lui en donner que deux. Quant à l'oriffine de
cette di'noniination , il faut choisir entre l'opinion
de Le Beuf et celle de Jaillot. \je premier pense
que "Cette me étoit fermde en trois endroits, et
irqiie la porte du c&lé de la rue (înlande étoit au
(tbout de la rue Jacintlie;i le second estime que
ces trois portes étaient celles des trois maisons que
contenait la rue au comuicuceiueut du xiv' siècle.
La rue existe encore et a conservé un peu de son
ancien aspect. Elle unit la place Maubert k la rue
de l'Hôlel-Colbert.
•*' La'voie que Guillebert désigne ici très-impro-
prement sous le nom de Calandre, dénomination
exclusivement propre h la rue qui existait dans la
Cité, n'est autre que la rue déjà nonmiée, un siècle
plus tôt , Gallande ou la Galtande. I>a famille de Uar-
lande était célèbre au xi* siècle, et le clos Mauvoisin
lui apjjartenait. C'est dans ce clos que furent per-
cées, au commencement du xni' siècle, les rues
Galande, des Trois-Portes , des Rats (de l'Hôtel-
Colbert) et du Fouarre. Ces voies, qui sultsistent
encore presque entières, sont aujourd'hui l'un des
rares spéciuiens des vieux quartiers de Paris.
•'' La rue des Ras, que Guillot appelle impro-
prement rue d'Aras ,
Od se nourissent maint grant ras ,
devait son nom à une enseigne , dit Jaillot . et non
pas à ces rongeurs. Le nom d' Hôlel-Colbert lui a
été donné en iSag, sur la demande des proprié-
taires, et en souvenir d'une maison qu'y (Mtssildpit
le célèbre ministre. Elle sulisiste en entier et joint
la nie Galande à la nie de la Bûcherie. I>~t an-
ciennes écoles de médecine occu|>aient l'angle de
cette dernière nie ; les bâtiinent« sont encore debout .
mais dénaturés au dedans et défigiirés au dehors.
' [>a nie "du Feurrt, ou len list des ars.i est
le célèbre rieu» Straminum , où l'herbe et la paille
jonchaient, à défaut de carrelage ou de tapis, le
.soldes écoles. (îiiillot. qui l'ajificllc "nie de l'Ecole,*
dit qu'on y vendait ^et lain et fuerre ensemble. n
ce qui conduirait à une autre origine du moi frum
on fouarre. Quoi qu'il en soit, c'est le bereeau de la
Faculté des arts. (Voir ce qu'en dit Jean de Jandun .
p. 3& et 35.) Elle subsiste encore aujourd'hui et joint
la rue de la ilùchene à la rue Galande.
'' Iji rue Saint- Julien-le-Paurre est un autre vé-
nérable débris du vieux Paris; elle subsiste encore,
ainsi (pie la |>etite et curieuse église à Inquelle elle
doit son nom.
<*' La Bieherie ou Bomekerie, comme écrit notre
auteur, est désignée, dans les titres de Sainte^^îéne-
viève , sous le nom de ri'nw de Boucharia , Boekeria et
Buêekaria, la Busekerie de Petit-Pont ; Corrozet adopte
l'orthographe de Giiilleliert de Metz. Chemin limi-
tant le clos de Garlande du côté de la rivière, elle
est devenue rue et s'est garnie d'Iiabilations pen-
dant les XIII* et XI** siècles. La construction du
quai Montebello et des deux annexes de l'HAtel-Dieu
a singulièrement modifié l'ancienne physionomie
de celte rue.
''' I^ Poissonnerie était une nielle qui descendait
de la rue de la Bûcherie à la rivière, et s'appelait
également la place au Poisson. DeChiiyes et Jaillot
l'appellent nie du Cameau ou du Pelil-Carntau ; et
1^ Caille, rue du Port-à-Maùre-Pierre. Il v a toute
apparence que Le Beuf s'est trompé en la confon-
dant avec la rue du Petit-Pont et l'impasse (îloriette.
Jaillot l'indique comme longeant l'aile droite du
Petit-Châtelet.
DESCRIPTION DE PAHIS SOUS CHARLES VI
183
XXIV.
EN LA BASSE PARTIE DE LA VILLE, DEÇA LES PONTS.
Les églises paroischiales de Saint Jaques de la Boucherie'",
de Saint Eiistace^,
de Saint Germain dAucerre'*',
des Innocens'*',
de Saint Marry '*',
''* Saint-Jacfiues-lii-Bouelierie ëlail l'une des plu»
uMcienrKis (^jjiisiw île PfU'is. Lu |)lii|iiirt des iiistorifiis
ont |)eiis(' (|ir('lleavuil r(!m|ilacfi uii<'aiili(iiiiM-lm|)('lle
de Suinte-Anne, ou de Soinle-Aijnès , selon l'ubW
Le Bciif. Ce point n'n pu Aire ronipléteiiient éciuirci
pur l'ul)!)!'; Viliiin , unteiir d'une suvunle nionojp'upiiie
de cette église. L'(?difice, circonscrit par les rues du
r.loitre-Saint-Jncques, des Écrivains et des Arcis,
avait son ciievet sur celle dernière rue , sa façade à
droite et en aiijpiement de la lour, perpeiidicuiaire-
nient h la nie de Rivoli. C'était probablement la
troisième ('([lise édiliA; sur ce point; elle apparlenuil
aux xiv'et xv* siècles, etdi-vuit bcuiicoiipaux iibiTfi-
litdsdes riclies bourgeois du quartier; la tour, coni-
Mienctk' en i5o8, n'avait él(! tenninA? que sous le
rèjjne de; François I". Le voisinage de la tGrant
Boucherie^ du C.liâtelet lui avait valu le surnom qui
servait à hnlistinguer des autres c'glises sous lemAnie
vocable [Saiicli Jncohi de ('itrnijiclna). Supprimée en
1790, vendue en l'an v, et ddniolie |K)ur rétablis-
sement d'un marché au linge et aux babils , elle a
légué il notre siècle sa magnidque tour, dignement
restauré)! par M. liallu.
<*' Saint-Eutilnclie a son histoire comme Saint-
Jacques-la-lloucberie; des scènes de loule nature y
ont eu lieu ; noMd>re de bourgeois di- Paris et de
l^rsonnages illustres en ont été les bienfaiteurs ou
V ont eu leur sépulliuv. L'édilice qu'on admire au-
jourd'hui a riMoplucé une cha|)elle de Sainte-Agnès,
dont il est fait mention dès le connnencement du
xiii' siècle et (|ui avait été érigée en cure sous le
vocable de saint Kuslache. (]elle nouvelle dénonii-
nalion, dit Jaillol, rrvenoilapparenunenl deijuelque
«Tclicjue de ce saint qu'on obtint de l'abbaye de
ff Saint-Denis, où son corps avoil élé di'posé." Après
avoir été jilusieurs fois réparée et agrandie, l'église
de Sainl-Euslache fui complètement réédifiéede i53-i
à iG'i'j. Le |M)rt«il qu'on trouvait rrde mauvais
fgoùt,'' et (pii d'ailleui's n'était |>as achevé, fut tlé-
truit |>our faire place à celui de Mansart de Jouy ,
substitution des plus regrettable*. On a depui*
longtenqw le projet de remplacer le lounl pérûtyle
grec, maladroitement accolé à une église de la B^
naissance, par un portail en hannonie avec le (tyle
de l'édifice.
''' Saint-Germmn-l' Auxerrou , églite royala el
paroissiale, est des plus vénérables par mq ani»-
quité, puisqu'il en est fait mention dès le vu* siècle,
et que les iNormands s'y fortifièrent, lors du
de Paris. irlttUie et nïbiîtie |>ar nos rois, nolamn
sous le règne de Charles VII, elle prit le titre de
royalp, qui lui fut roiifirmé lorsque le l.ouvre devint
la résidence habituelle des souverains. » Sauvai et
Le Beuf ont énuméré les diverses recoiistnirlions
de celte église. M. J. Quichenil a publié, en outre,
dans les Mém. de la S<>r. den Antiq. de France, un très-
remarquable travail intitulé LeMtroUtainU Genmmm,
'* L'égILse de» Sainlu-InnoeeiU» s'élevait an coin
de la rue Saint-Denis et de l'ancienne me aux Fers,
vers l'angle noi-d-est du square actuel. L'origine eo
est fort obscure ; ce qu'on peut aflimier . c'est qu'elle
existait dès le règne de l^uis-le-Jeune, puisfpi'il
en est fait mention en 1 1 56 dans une (ransariinii
entre le chapitre Saint-Merry et Fabbaye de Saint-
Magloire. Jaillol croit qu'elle avait iV coaslniile sur
renqilacemenl de la cha|M-lle des morts, dont Imu
les cimetières étaient autn'fois |iourvus. Réédifiée
et agrandie par Philip|MvAugusle. avec les denian
des Juifs, l't'glise des Saints-Innocents fut démolie
en 1786, lors de la siipiHvssion du cimetière et
des charniers . et la paroisse réunie k celle de Saiol»-
Opjwrtune. Neuf confréries y avaient leur ai^.
' Saint-Merry note encore; le premier édifice
de ce nom, bAli sur l'emplacement d'une anciaMM
rha|M>lle dt'ditV h saint Pierre, reçiil le vocalil* de
saint Mt'-déric, solitaire qui vivait au ni* aiède,
comme saint Sévenn , à o6ié de Toraloire qui devait
un jour être r»¥difié et porter son nom. Ce sanc-
tuaire, qui succéda i la chapelle primitive et qni
avait élé hili aux frais d'Odon ou Eudes le Fan-
18/1
DOCLMEMS ET ÉCHITS ORIGINAUX.
(le Saint Sauveur '",
de Saint Honnoré, ou est Noslre Dame de \ertus
de Saint Pol «,
de Saint Gervais'*',
de Saint Jehan <'*',
coiinier, dont on y voyait la sépulture, fut rf-
constiuil, une première fois au coinmenceaienl du
xiii* siècle, et une seconde fois sous le règne de
François I"; c'est l'église actuelle, qui ne fut ter-
minée qu'en 1619. Devenue Temple du Commerce
en 1793, et rendue au culte peu de temps après,
elle a été depuis l'objet de diverses n-staurations.
'' L'église Sain/-6"«u(T«r, qui était située à l'angle
nord de la rue de ce nom et de la rue Saint-Denis,
avait remplacé, à une époque iiidélemiinée. une
chapelle dite de la Tour, ra cause, ilit Jaillot, dune
fftour qui en étoit voisine.» Quelle était cette tour?
A quelle enceinte |K)uvail-elle appartenir? C'est ce
qu'il est difficile de |)réciser. Quoi (juil en soit,
la paroisse Saint-Sauveur existait dès la lin du
xui* siècle; l'édidce fut reconstruit ai i56o. réparé
et agrandi en 1.^71 , i0.i'j et 1718. Supprimé*' et
démolie à l'époque de la Révolution, l'église Saint-
Sauveur a fait place h un établissement de bains.
' L'église S«iH/-//onorp, projetée dès i9o4 |tar
Renold Clierey et son épouse Sy bille, qui la do-
tèrent richement, était terminée quelques années
après et pour\ue de vingt et une prébendes ou
ehanoinies; c'était donc une collégiale, avec titre
curial , mais pour les maisons du cloître seulement.
Le fameux cardinal Dubois , qui avait occupé l'un
des canonicals de Saint-Honoré. y était inhumé,
l^ cloître Saint-Ilonoré existe encore; l'église, pe-
tite et basse, avait été agrandie en 1 679 ; elle occu-
pait la partie du cloître la plus rapprochée de la
rue Saint-Honoré, à gauche du passage qui com-
munique avec cette rue. Supprimée en 1790 et ven-
due en 179a , elle a fait place h des maisons privées.
Quanta tr.Nostre Dame de Nertus," c'était sans doute
une statue miraculeuse de la Vierge, comme celle
du village d'Aubervilliers dont parlent du Breul
et Le Beuf. Sauvai (t. 111. p. hht) mentionne "les
-maistres et gouverneurs de la confrairie Nostre-
" Dame-des-Vertus , fondée en l'i^lise Saint-Honoré .
-aux Boureliers de la ville de Paris. -
■'' L'église Saint-Paul avait succédé à une an-
cienne chapelle cimelériale, dite de Sainl-Paul-des-
CÀamps, où furent inhumés Sainte-Aure, abbessc
de Sainl-Éloi, et l'abbé Quintilien. En 1107, elle
fut donnée , coiiiiiie le monastère de Saint-Éloi et
tout ce qui en dé|M'ndait . ii labbayc de Saint-Maur-
les-Fossës. Rebâtie au siècle suivant, mais non
comprise daits fenceinte de Phili|)[ie Auguste, elle
fut l'objet ifagrandissements et de réprations con-
sidérables. lors<|ue Charles V eut fait bâtir dans le
voisinage le fameux hAlel rdes granis esbals."
connu sou» le nom d'Hôtel Saint-Paul; elle devint
alors {laroisse royale. L'église Saint-Paul était en-
tourée d'un cimetière, «l'un charnier, d'une an-
cieiuie grange dite de Saint-Eloi , située presque à
l'angle de la rue Saint-Antoine, et cpii a longtemps
servi de prison publique. L'hâteldesabliésdeSaint-
'klaur. placé entre l'église et l'hAtel Saint-Paul . avait
été absorln' dans les dé|ten<larice8 de la demeure
royale. Supprimée en 1 790 . \endue en fan v, et dé-
molie en l'an vu. l'c^ise Saint-Paul a complètement
dis|iani; son emplacement est occu|>é |)ar une cour,
des hangars et une hôtellerie qui |)ortent les n** 3o
et 3s sur la nie Saint-Paul.
'*' L'Oise Saint-Gereai* est. dit Jaillot, la plus
ancienne dont il soit fait mention sur la rive droite
de la Seine; elle existait déjà sous répisro|tat de
saint (îenuain. Dexenue proisse, par 8uit<; de» ac-
croissements successifs de Paris, et comprise dam
l'enceinte antérieure à celle de Philip|>e- Auguste , elle
fut rebâtie au commencement du xiii* siècle, consi-
dérablement agrandie en 1.S81. et décorée en 1617
d'un beau |)ortail classique par Salomon de Brosse.
Devant la façade de Sainl-Gervais s'élevait le fa-
meux orme, ou ourmeeiau (comme l'appelle (iuillot).
(pi'on voit encore figuré sur les plans du siècle der-
nier. On a donné, au sujet de cet arbre, deux ex-
plications ('-gaiement acceptables : c'était ou une
réminiscence de l'ancien usage qui consistait à plan-
ter des palmiers, des ormes et autres arbres devant
les basiliques élevées en l'honneur des martyrs; ou
une application parisienne de la coutume i|ui faisait
de l'orme proissial le centre des affaires et de»
plaisirs du village. Sauvai cite im compte de 1 &&3
où il est <lit que certaines rentes doivent être jiayées
-à l'Orme Saint-Gervais. "
''' Saint-Jean-en-Grèce était le baptistère extérieur
de Sainl-Gervais, comme Saint-Jean-le-Rond était
DESCRIPTION DE PARIS SOIS CHARLES Vf.
de Saint Nicholas lez Saint Martin'",
de Saint Josse '■',
de Saint Gille'^' et de Saint Julien'*'.
Labbaye de Saint Ma{;loire, dont labbé a juridiction temporele'^
185
Les priorés de Saint Martin'*',
la cliapcilc iiaptismole de Notre-Dame. Érigée en
niire vers le commencement du xiii* siècle, par
suite de l'accroissement de Paris et de la division
de la |)oroiss(! Sninl-CJervnis, cette ('glise devint une
collégiale et eut un cloître; elle fut agrandie en
i-àIi^ . I .TaG et i ySf). On ii|>[iclait Fillcllen île Saint-
Jean les (jualre coniinunaulés des Blancs-.Manteuux ,
des Carnies-Billettes , des Capucins et des Enfants
du Saint-Esprit, qui nccoiiipagnaient dans les pro-
cessions le clergf! de lu paroisse. L'église Saint-Jean-
en-Grève et son cloître dtaient limites par les rues des
Vieilles-Ciamisons, du Cloître, du Monceau-Saint-
(Jcrvais et de Martrni, aujourd'hui disparues; l'em-
plucement (pi'ils occupaient est représente par la
salle qui en porte le nom et par la golerie dite des
fêles. Supprimée eu 1790, l'c-glise Saint-Jean- en-
Grève a été démolie l'année suivante.
''* Saint-Nicolas-des-Champ* n'était, dans l'ori-
gine, (pi'une cliapolle hAlie |)rès du monastère
Saint-Martin, pour les besoins religieiu du voisi-
nage; on trouve cette église mentionnée dès l'an-
née 1 1 1 9 , et, avant la (in du xn* siècle, elle avait le
titre paroissial. Réparée et agrandie en 1 Aao et en
157G, l'église Saiut-Nicolus resta, jusqu'à l'époijue
de la Révolution, sous la dépendance des religieux
de Saint-Marlin. qui avaient droit de nomination h
la cure. L'édifice a dc'jà été dégagé des constructions
vidgaires ([ui l'entouraient, par l'élargissement de
la rue Saiul-Maiiiu et l'ouverture de la rue Tur-
l)igo; il le sera encore davantage par le prolonge-
ment de la rue Réaumur.
'' L'église Sninl-Josge était située h fangle nord-
ouest formé par les rues Quincampoix et Aubry-
le-Boucher. D'abord sirn|)le chapelle, hors des nuirs,
elle y fut compiise lors de la construction de l'en-
ceinte dite de Philippe .hifpmte , et séparée de la
paroisse Saiul-Laurcut, dont elle dépeu(lnit,;)ro/>»fr
intolerahilem distnnliam, disent les litres de fonda-
lion. Celle érerlion date de taGo. Reconslruile en
1G79, avec la façade tournée au sud, elle fut dé-
molie en 1791.
''' L'église Sninl-f.pii el SniHl-Gilles . que notre
auteur désigne seulement sous ce dernier vocoble,
existe encore, entre la rue Saint-Denis et le Iraule-
vard de Sébastopoi, et n'était, vera le milieu dn
xni* siècle, qu'une cba|)elle succursale de Saint- IW-
thélcniy en la Cité. Reeouiniile un siAde «prêt,
elle fut érigée en paroiaae Tan 1 61 7 sealemenl; r^
parée et agrandie en 1797, supprimée en 1790.
et vendue en ton v , elle fut rendue au nille en
1 8 1 .'1. Le chevet a été réduit du c6té du boulevard ,
niais les bas côtés ont été récemment iaoUs et n»-
taiirés; on a constniit. déplus, un pretbylère et
une chapelle des catéclmmei.
" S(tinl-Julien-de*-.MMtrien était une modeste
cha()elle située rue Saint-Martin, entre la rue dei
Petits-Champs (BrantAmc) et la cour du Maure;
elle avait été fondée en i33o par des uiénélrien
ou joueurs d'instruments, (|ui fonnèrent le pieux
dessein d'y établir un hôpital |M>ur les |iauvres pa*-
sanUs. Ils la dotèrent de seize livres de rente, s' imi-
tent i leurs confrères pour perpétuer cette bonne
œuvre, et placèrent leur cha|)c||e, oinsi <|ue leur
hôpital, sous le vocable de saint Julien, de laint
Georges et de saint Genès. Le récit de cette ko-
dation est raconté pr Du Breul avec une simpiialé
touchante. I>a confrérie de Saint-Julien a joui . jus-
qu'au siècle dernier, des privilèges de fondation.
Détniits à l'époque de la Révolution, la chapelle et
l'hôpital ont fait place h une maison partirulifTe.
'"' L'abbaye de Sninl-llarlkflemy el Saint-Ma-
ghire, fondée au l' siècle dans la Cité, fut transférée.
en 1 1 38 , sur le chemin de Saint-Denis . en luie
chapelle de Saint-Georges, possédée par les reli-
gieux qui avaient succédé atu ancient ciianoiMa de
Sainl-Barthélemy. Cette translation eut pour résul-
tat l'érection de l'église Saint-Bartliélomy en pa-
roisse, de telle sorte que le nom de Sainl-Magtoire
resta au nouvel étabbasement Après on s^^r de
trois siècles dans ce nouveau monastira, les re-
ligieux durent, en 1Ô79. se Irampoiler m 60-
boiirg Saint-Janpies. La reine Catherine de Mt^di-
cis installa h leiu- place des lilies pénilailei. (Voir,
au suqilus, la note 1 de la |Mige m.)
i" Le ffpriorë de Saint-Martin* eat le cMbre mo-
nastère de Smiu-Martin 4m Cknmfê, daot in ori-
gineaet Texistenee sont exposées da» fc anvant «m-
vngv de Dom Marner. Dès le ti* siècle, smnl Martin .
«4
186
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX,
de la Trinité"' et du Temple <'', qui est aux hospitaliers.
dont \e culte a toujours été populaire, était honore
h Paris ; Grégoire de Tours le dit foriiiellemenl ;
mais les historiens ne sont pas d'accord sur rem-
placement de ce premier oratoire. Au commence-
ment du vin* siècle, une église existait sous ce vo-
cable dans la partie nord de la ville, et les Nonnands
la ravagèrent. Henri 1" la litreconstmire, ainsi que
le clottre dont elle était entourée, et y plaça des
chanoines sécidiers qui furent i-eniplacés, peu de
temps après, par des Bénédictins de Cluny. (^lle
mesure réduisit l'abbaye Saint-Martin h l'état de
prieuré; c'était le second de cet ordre; aux prieur»
réguliers succédèrent les conimendataires qui se
sont jwrpétués jusqu'à la Révolution. L'enceinte du
monastère, qui i-enfermait, selon Du Breul, un ter-
rain de quatorze arpents, était formée de murs
flanqués de tourelles ; il en existe encore une i demi
Iransformée en fontaine publique, presque à l'angle
(les rues Saint-Martin et du Vert-Bois. Celte en-
ceinte avait été bâtie vei-s la lin du xiii' siècle. I>e
cloître fut reconslruit de 1709 h 1790, et une par-
tie de l'enclos , autrefois consacrée aux duels judi-
ciaires, servit de marché jusqu'en 176.1. Supprimé
en 1790, le prieuré de Saint-Martin fut aiïedé à
divers usages; on y logea les bureaux d'une mai-
rie; on fit dans l'église un essai de Conservatoire
des arts et métiers, essai qui devait aboutir à une
grande institution. Des travaux considérables ont
donné, dans ces dernières années, un as|)ect tout
nouveau au vieux monastère. Nous ne terminerons
|)as celle note sans renvoyer le lecteur k l'exr/'lleril
travail qnp M. H. Cocheris a publié sur la gestion
temporelle du prieuré. [Hitlnirr du diocèse de Parti,
t. n, p. 333.)
''' L'hôpital de la Trinité, que (îuillelHMi de Meti
qualifie de prieuré , fut fondé , vers la fin du xn'siècle
ou au commencement du xui*, pr Guillaume Escu
h Col, ad opug paiiperum rjusdnn loei; il s'a|i[)elait
l'hApital de la Croix de Ut Heine, dit Jaillot, "à
rr cause d'une croix ainsi nommée, placée au coin
"des mes Grenetat et de Saint-Denis, où cet hôpi-
tf tal fut conslniit. -^ Quelques aimées après, il prit le
nom de la Trinité -rqui étoit prol)ablenient le vo-
T cable de la chapelle," et il recul dès lors des pè-
lerins de passage, peregn'norum tantummodo tran-
seuntium, aux termes d'une sentence de 1207. Au
xiv' siècle, l'hospitalité n'éliinl plus pratiquée à la
Trinité, les confrèi-es de la Passion y louèrent une
grande salle pour y représenter les Mystères; mais.
en 1 5&5 , ils durent céder la place aux Enfants pau-
vres qui, par arrêt du Pariement, devaient y être
"hébergés et élevés en la religion chrétienne. n A
partir de celte é|Mque, les Préniontrés, qui avaient
fait le service de l'hôpital , entrent devoir se retirer.
L'asile contenait trente-six filles et cent garçons,
qu'on élevait et h qui on apprenait un état : c'était
ce qu'on appelle de nos jours un orpbeiinal. C'était
de plus un lieu privilégié où les artisans arrivaient
h gagner la maîtrise. I^ Trinité, dite hotpùt im
EnfanU-llIeH* , fut supprimée à l'époque de la Révo-
lion. L'enclos, qui était considérable, puisfpi'il s'é-
tendait de la rue (îrenétat à la rue Guérin-Uoisseau ,
avee deux enlré«>8 sur la nie Saint-Denis , fut coiipë
par des passages, et l'on y établit des maisonnettes
en bois qui formaient de |>etiles mes à l'épofjue
où écrivait I>a Tynna (1819). C'est Tannée où fut
vendue l'église, qui avait été réédifiée en 1698 et
dont le |>ortail datait de 1671. I>es maisons cons-
truites sur cet emplacement ont été démolies, dans
ces dernières années, pour l'ouverture du iKMilevard
de Sébasto|M)l et de In me de Paleslm.
'" 1^ Temple a eu tous les genres de célébrité.
On comialt l'origine de l'ordre religieux et militaire
<le8 Templiers; ce qu'on sait un peu moins, c'est la
date de leur établissement à Paris; toutefois il en est
fait mention dès le règne de 1/)uls le Jeune. La sup-
pression de l'ordre en i3i4, le supplice du Grand
Maître et les divers inridents du long procès qui
précéda ce dénouement, sont dans toutes les mé-
moires. L'enclos que les Templiers |K>ssé<laient à
Paris était si considérable, qu'on l'appelait 1 1///1
nota Tentpli; il fut attribué, par amH du Parie-
ment rendu en i3t3, aux chevaliers de Saint -Jean
de Jénisalem . connus depuis sous le nom de che-
valiers de Malte. Cet ordre y a été maintenu jus-
qu'à la Révolution , el il y faisait exercer les fonctions
«•uriales par des clia{>elains. Devenu la rf%idence
du grand prieiu-. le Temple fut le lliéâtre de i^pe-
-tits soupers" dont on a fait beaucoup de bmil
au dernier siède. Après la suppression de l'Ordre
en 1790. il eut la douloureuse destination que
chacun sait. La tour, qui rap|)elait de tristes sou-
venirs, fut démolie en 181 1 ; dans l'anrien enclos,
autrefois flanqué de tours, qui était lieu d'asile et
de privilège, a été ouvert, en 1809, le marché au
vieux linge , qui vient de faire place à une élégante
conslmction en fer et briques. L'ancien liAlel et le
jardin du grand prieur ont été, sous l'Empire, la
DESCUIPTION Dt FAltlS SOLS CHAKLKS M.
liOstel des quinze virifjts Aveugles'''.
Les Heijliincs''''.
Les lions Knfiins'''.
La cliappelle des bonnes femmes Haudry^'.
Les églises de Saint Bon(^\
de Sainte Avoye'",
187
résidence du Ministre des cultes; puis on y a ins-
tullé un couvent de Bénédictines de l'Adoration
|)er[i(''tii(Jle du Saiiit-Sucieinent. Cedemior étalilis-
senienl a siihsisté jusqu'en «853; sur son «îinpiaci'-
iiientaété disposé un square; on y a construit aussi
un lavoir et un étahilKsoincnt de bains, (|ui ont fait
place à lu nouvelle mairie du m' urrondissomcnl.
''' Les Quinie-Vingtii de la rue Saint-llonorésonl
l'ohjet d'une rnoni)|,'rapliie complète dans le tome 1"
de la Topoffrapliie du Vietuc Pari», par M. Adolphe
Berty. Nous y renvoyons le lecteur.
'*' Les Béifuines ou religieuses de VAve-Marin
étaient primitivement dos (illes ou veuves pieuses,
réunies volonljiii'enicnt pour vivre en comnuin ;
leur maison se nommait le Itéguinage. Fondé vers
le milieu du \m* siècle, l'établissement fut donné
par Louis XI aux religi(nises du tiei-s ordi-e de
Saint-François, dites sœurs de Sainte-Claire. C'est
de celle (''poque que flate le nom d'Ave Maria, par
lequel on désijfiui les trois récitations quotidiennes
de la Salutation angélicjue. Le couvent de l'iire-
Maria, bAti r-delez la porte IJarbeel," c'est-à-dire
en dehors de l'enceinte de Philippe .Auguste, fut
su])primé en 1790, et les bâtiments alfectés ymi
après à une caserne d'infanterie. Ils existent encore
aujourd'hui, mais ils doivent prochainement dispa-
raître; l'ilot qu'ils forment e.st circon.srrit |>ar les
nies des Barrés, du Fauconnier, Charletnagne et
des Jardins-Saint-Panl.
Le nom de lions-Enfanls était conunun à tous
les écoliers pauvres et laborieux élevés par churittî.
(iBUX donl veut parler ici notre aulein- sont très-
probablement les Bons-Enfants Saint-llonoré, pour
lesquels Ftiennc Belot et .\da, sa fenunc, insli-
luèi-ent, en iao8, un iu^pilal ou c<j|lége sous la di-
rection d'un chanoine de Sjtinl-Honoi-é. Jacques
(Àeur fut l'un des bienfaiteurs de cet établissement.
Supprimé en 1790, avec une cha[)elle de Sainte-
Claire qui en <lé|MMidait, le coHége d'Klienne Belot
ocru|Miil l'emplacement conqiris entre le débouché
ocridenlid de la rue Montesquieu et le passige
qui cnnniiiuiiipie du cloître Saint-llonon' à la rue
des llnii-i-I'nljnl^
'*' Les «bonnes iemmes liaudry." vulgauieimmi
appelées loi Itaudrieltt» ou les VieUlf-llawlneUai,
étaient primitivement des fianmes veuves pour le>>-
quelles un établissement de bienfiùnnee fat fondé,
en i3o(>, par Etienne Haudry. f^nd fianetier de
l'hilip|)e le Bel. Otte connnunauté fut n niplinfti
de|)uis par un véritable couvent . qui fut IransCM,
en iCaa, au faubourg Saint-iloiioré. et dont les
bâtiments, oinsi que la chapelle, subsistent eoeore
sous le nom de YAfsomplirm.
''' L'origine de la cba{>>>lle Snini-ll(m est des plos
obscures; Sauvai, Le Beuf et Jaillot n'ont pu ni sa-
voir si elle avait succédé à une clia|><-lle de Sainte-
Coloml)e, connue on fa prétendu, ni pn-ctser l'em-
placement de ce dernier édifice. Le rapprocbemenl
de CCS deux noms a fait cn>ire à l'abbë Le Ikeof que
le saint, comme la sainte, appartenait au dioeise
de Sens. Il existe, en effet, sur un monticule voisin
de cette ville, les restes d'une ancienne clia|M>ile de
saint Bon, mnetu* Baldiu; mais son homonyme pa-
risien est désigné en latin sous le nom de Bomitiu.
C'est sous ce dernier vocable que la chapeiie est
mentionnée, au xm' siècle, conune dépendant de
l'abbaye de Saint-.Maur-les-Fossés. Elle était {letile.
d'une construction très-ancienne, et avait son sol
au-dessous du pavé de la me; son portail bisail
face h la nie de la Lanterne. Supprimée en 179».
la chapelle Suint-Bon a fait place à un coqis de garde.
puis ù une maison |>artiridière qui |iortail le nu-
méro 8 et a été démolie en 1 8.'>.'{.
°' Sainte Hedwige , plus connue en France sons
le nom de tainfe Avoù, était fille fie Bortlmld. dne
de Carinthie, et soeur d'Agnès de .Mérauie. \cuve
de Henri, duc de Silésic et de Pologne, elle faoda
dans son (uys une abbaye de l'ordre de Citeaux . \
mounit en i-i&.l et fut canonisée en is6o. La niai-
son (pii (tortait S4in nom à Paris était situ^ dans la
rue de ce nom . à son point d'iiilenectioo avec la
me de Rambuleau; die avait été fondée, en ia88.
I>ar Jean Séipienn* , rhevecier de Saint Meiiy. et one
veuve nommée Constance de Sainl-Jacqoei, pour j
installer une commanaulé de panvrea twn— m
iiiiiiii^ i|iiiiii|ii,i(rA)air<>!LC«s fimme*. qui n'apfwrte-
188 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Les esglises de Saint Eloy'",
des religieuses appelées les Filles Dieu '".
Les collèges de Louvres^**,
de Sainte Oporlune'*',
naienl d'abord à aucun ordre religieux, suivirent
en 1692 ia règle des Ursulines. Ij; couvent, sup-
primé en 1790 et vendu en l'an v, a dié démoli
pour le percement de la rue de Ranibuteau.
O II s'agit ici de la chapelle de» Orfèvre», située
dans la rue de ce nom et élevée , au xiv* siècle, par
la confrérie de Paris, sous le vocable de son illustre
patron. A cette chapelle fut annexé im hâpital spé-
cialement consacré aux pauvres de la coqwration et
à leurs veuves âgées et infirmes. La chapelle et la
maison hospitalière furent restaurées et agrandies
vers le milieu du xvi* siècle , aux frais de la con-
frérie; Philibert De Lonne et Germain Pilon y lais-
sèrent des traces de leur talent. Supprimés en 1790
et vendus dès l'an vi , hôpital et chapelle sont assez
peu reconnaissables aujourd'hui. Toutefois le groupe
de petites rues où ils avaient été bâtis, & quelques
pas seulement de la moderne pince du ChAtelet , a
conservé en grande partie son ancien asjiect.
'*' Les Fille* -Dieu occu|)aient un vaste enclos
compris entre la rue Saint-Denis et la Ville neure
ou quartier Bonne-Nouvelle. Fondé, dans la pre-
mière moitié du xm' siècle, par Guillaume d'Au-
vergne , évêqiie de Paris , l'établissement , qui était un
refiige pour les filles repenties, fut d'aljord placé
hors de la ville, en la censive et près de Saint-La-
ïare; mais', lors de la constniction de l'enceinte de
Charles V, qui l'eût laissé en dehors , exposé h toutes
les attaques, il fut transféré par l'évêque Jean de
Meulant cen une maison et jardins sis hors la |)orte
" Saint-Denis 1 (celle de Philippe Auguste). I^ les
repenties furent en même temps hospitalières , et re-
çurent les pauvres femmes maladt» ; mais le relâche-
ment , la débauche même envahirent le nouveau re-
fuge , et , Charies VIII ayant ordonné , en 1 483 , que
les religieuses réforujées de Fontevrault s'y installe-
raient , elles acceptèrent le nom de Fille»-Dieu , sous
lequel on désignait déjà la comiiuinauté. Au siècle
«lernier, dit Jaillot , on voyait encore au chevet exté-
rieur de la chapelle Sainte-Madeleine, qui dépendait
du couvent, un crucifix devant lequel on conduisait les
criminels qu'on allait exécuter à Montfaucon ; ils le
baisaient, recevaient de l'eau bénite, et les Filles-
Dieu leur apportaient trois morceaux de pain et du
vin. Ce triste repas s'appelait le dernier marne» du
patient. Supprimé en 1790 et vendu en l'an vi, le
cf)uvenl des Filles-Dieu a été démoli en 1 798 . et sur
son emplacement ont été ouverts la rue et les pas-
sages du Caire; il en reste encore quelques déjiefi-
dances contiguës aux cours des Mirades et Sainte-
Catherine.
''' Guillebert de Metz , ainsi que nous l'avons déjà
fait remarquer, appelle »collégesi les ^ises cf>llé-
giales. Celle dont il veut parler ici ne peut être que
Saint-Thomas ou Saintr-Nicolas-du-Lou\Te, dont la
monographie se trouve dans la Topt^aphie hitto-
rique du Vieux Pari», région du Ixiuvre et des Tui-
leries, I, p. 96 et 109.
'' L'origine de l'église royale, collégiale et pa-
roissiale de Sainte-Opportune, conmie celle de toutes
les anciennes fondations religieuses, présente le*
plus grandes ol>scurilés : |>amii les historiens de
Paris, les uns la font remonter h Charies te Chauve,
les autres l'attribuent à Louis le Bègue, à Louis le
Gros et même h Louis le Jeune. Ce qui semble plus
probable, c'est que le premier établissement date
de la seconde moitié du ix' siècle; qu'il eut jwur
auteur Hildebrand, évêque de Sëei, chassé de son
diocèse pr les Normands, et qu'il fut placé sous le
vocable de sainte Op|)ortune, abbesse de .Monlreuil,
dont les reliques y furent transportées. L'Oise fut
dotée de vastes terrains qui foniièrenl plus lard la
ceiiUure de Sainte-Opportune , et ac(piirent une grande
valeur. Le chapitre était composé originairement de
quatre chanoines seulement; on institua ensuite un
curé prébendier et des vicaires , puis , par la division
des bénéfices, on porta le nombre des prébendes à
seiie. L'église et le cloître Sainte-Opportune étaient
limités pr la place de ce nom , les rues Coiuialon
et de l'Aiguillerie; le chœur était de la seconde
moitié du xn* siècle ; mais la nef, construite au xn^
avait été répréc et agrandie h la fin du xv*; ia
tour était remarquable pr les ornements qui la dé-
coraient. M. H. Cocheris a donné , dans sa nouvelle
édition de l'ahbéLe Beuf (t. II. p. 189). de curieux
détails sur les redevances annuelles de la bouque-
tière de Sainte-Opportune. Supprimée en 1790,
l'c^lise a été vendue en 1792 et démolie en 1796.
DESCRIPTION DE PARIS SOUS CHARLES VI.
Les collèges du Saint Sépulcre''',
de la Tririil/;,
des Billettes(2),
de Sainte Croix*",
des Guillcinins**',
189
'"' Le chapitre du Saint-Sépulcre, qui devait, dan»
lu [lerisëe de ses fuiidutoiii-ii, Être uii liApital poiir
le» |)èlerin8 allant en Puinslinfi ou revenant de (r
pieux voyage, fut détounii? lie celte destination
lorsque les croisades cessèrent d'être la g^rande
pr<?orcupation des princes d'Occident. Inslitud pr
la irConlrëric du Sainl-Sépulcre d'Outremer," au
moyen des libéralité* de Louis de Bourbon, comte
de Clerniont, et enrichi par les untnAnes des fi-
dèles, le nouvel dtublissenicnt compta hientât seize
canonicals et dix-sept chapellenies ; mais les uns et
les autres fui-ent rdduits plus tard, [wur assiu^r
un reverni sullisant Ji ceux qui en relaient pourvus.
ConsidtVt^ comme lM^pil<il et nîimi, j)ar l'tfdit de
1679. aux ordres de Saint-Lazare et de Notre-
l)anie-<lu-Mont-Carmel, le chapitre du Saint-S^
pulcre rwouvra, en lOgS, son existence [)ropre et
l'administration de ses biens ; il dtait dans la dé-
pendance lin chapitre Noire-Dame et formait |)a-
roisse pour les liabiUmts du cloître. L'c'glis<> du
Saint-Sdpulcre avait é\ié reconstruite de i5a3 h
i655, et les maisons canoniales rebâties en 171 '1.
Ddclanîs pro|)ri(U«' nationale en 1790, les bâtiments
furent vendus, l'annt'e suivante, à une comjw-
gnie hollandaise qui y fit ouvrir une cour et un |)as-
sajje, qu'elle entoura de constructions uniformes.
Le nom de IhiUirr fut domu? an |>iiss<ige et à la
cour, en l'hoimeur de In République batave nou-
vellement fondée (i7().")); l'un el faiitre ont dis-
|)aru |)ar suite du jK'rceinenl du boulevanl de
Sébastopol. La partie orientale de la rue de la Coa-
sonnerie en marque aujourd'hui l'emplacement.
M. H. Cocheris a |)ublié, dans sa nouvelle édition
de Le Beuf (t. Il, p. a33), une si'rie de documents
fort intéressants sur le Saint-S<'pulcre.
'*' En cigi), un Juif, du nom de Jonnlhas, •ha-
bitant du lief des FLimuiuU on de la Brelimiurir .
commit un sacrilège; en expiation de ce crime, et
sur reinplacenienl niAme de In maison où il avait
('lé arciiuqili, Ueinier Flnminjj, bourgeois de Paris,
fit construire une cha|)elle qu'on ap|>*<ln la Mainnn
lies Mirnclr.1. el dans laquelle (lui df Joinville <>la-
lilit (|uelques années upn'>s un h(\pitnl des»<'rvi |>ar
les Unspitalirru lie la charité Xotrt-Damr. Ces reli-
gieux, qui suivaient la règle de laint Auguttin, y
furent remplacés , en 1 633 , par les Carme* d« FOIk
servance de Rennes, qui ont occupé la maiioo m»-
qu'n la Révolulirm. IjC cloître, dont une partie ett
encore dans un M état de consenation, date de
1 3.')o ; l'église et le couvent ont été raeonitniita on
peu plus tant , el terminés dans ks prcrnihet mtaém
du XV' Riëcle. Quant i l'Oise, elle a ëU MJ666e
en » -jhlt , sur les dessias de frère Claude, religieux
dominicain. L(^ religieuv Billettet qui devaient leur
nom h de |)<>lits scapulaires appliqués sur leurs v^
lenients, furent supprimé» en 1790, comme lontea
les autres congrégations religieuses ; les bâtiments
qu'ils occu|Kiient, vendus en l'an 11 el ui. ont été.
quinze ans plus tard , rachetés en partie pr la ville
de Paris |K)tir rétablissement d'un temple et d'une
école destinés aux luthériens de la Contnsioa
d'.Augsbourg. (^ette affectation leur a été cauaerrée.
'*' I.«s chanoines régtdiers de Sainte - Croir .
proches voisins des Billettes, furent institués en
1 9 1 1 par Théodore de Celles, chanoine de Liège.
et s'établirent à Paris, vers taâS; on les appela
Croitier», Porte-Croix, Frire* de Sainte-Croix, à
cause de ce pieux end)lème qu'ils portaient sur
leurs vêtements. I^ maison qu'ils occupaient <ren
ffla Bretonnerie,^ fief qu'on nommait au.ssi -Champ
(Taux Bretonstet cTerr<*aux F^lamands.^ leur avait
été c<!<lé |iar fillustre fondateur de ia Sorbonne.
Roliert SoHmmi, qui i-eçut une imlenmilé de saint
I^uis, pn)tecteur des nouveaux religi«*ui. I>>ur
^ise fut bâtie par le célèbre Kudes de Monlreuil .
architecte des Oninze-Vingts. des Chartreux, de
riiôlel-Dieu . des Blancs-Manteaux, etc.; elle avait
son entrée sur la rue Sainte-Croix. La caO^iale
fut supprimée en 1 790, et les bAliinenis vendus «m
179.*) ; sur leur enqilncenient s'^vent aujourd'hui
des conslnielions privw-s, relit** |>ar un pHMgeel
une cour i l'ancienne impasse de la me des Bil-
lelles. Il existe encore sur ce point de curieuse*
subslnictions.
'" 1^ monaslèn' de Guillebert de Wrix. appela
-k-sOuillemins,' duledu milieu du xni'siède. Il fui
fondé .en 1 ^ .'>S , |tar |ps ttifi 4r Smnit Mmit, nou-
vel ordre mendiant qui avait adopK la rè^ de sainl
190
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Les collèges de Sainte Katherine'",
des Celestiens'*',
Auguslin , el que le second concile de Lyon supprima
n 1 374. Aces religieux, dont il ne restait plus que
trois iore de la suppression , succédèrent les GuiUe-
mles, solitaires qui avaient [K)ur [wtron saint Guil-
laume de Malevul, obéissaient à lu règle de saint
Benoit, et étaient déjà établis ù Moiitrouge. Le nom
de Blanci-Mfinleau.r , que le peuple avait déjà donné
à leurs prélécesseurs , leur resta, bien que leurs
vêtements fussent noirs; et ils se maintinrent dam
ce monastère jusqu'en l'année tôt 8, où ils deman-
dèrent à être agrégés h la congrégation réformée
des Bénédictins , comme sous le nom de Sainl-Matir.
Cette incorporation eut pour résultat de retremper
les Guillemites, el la nouvelle maison des Blancs-
Manteaux ne tarda |kis h se faire une réputation so-
lide dans le monde de la science. L.a première cha-
pelle du monastère avait été bâtie en ia58, au
moyen des libéralités de saint Louis ; la seconde fut
construite de iSgy à i4o8. Trop à l'étroit dans
leur enclos primitif, les Guillemites s'agrandirent,
en 1 4o/i , aux dé|)ens de l'enceinte de Pliilip|)e Au-
guste à laquelle ils confinaient , et bâtirent , en 1 685 .
l'église qui existe encore aujourd'hui. Cet édifice,
tourne vers le nord , est à quelque dislance de l'an-
cienne église, qui était régulièrement orientée et lou-
chait ])res(|ue h la vieille rue du Temple. Le monas-
tère ayant été supprimé en 1790, les bâtimenU
furent vendus en l'an v , mais l'église fut rachetée
en 1807, pour élre érigée en paroisse. Une rue,
dite des GuiUnmle», ouverte à travers les jardins du
«mvenl, a dû en couper les bâtinienis pour débou-
cher rue de Paradis ; la partie de gauche est deve-
nue le presbytère , el celle de droite a été transfor-
mée en habitations particulières.
'*' Le Val de» Ecoliers, congrégation célèbre, fut
fondé, en moi, dans une solitude du diocèse de
I^angres. par quatre savants professeurs de l' Uni-
versité de Paris, (]ui se mirent sous la protection
de sainte Catherine. L«s étudiants, attirés par la
science et la vertu des nouveaux religieux , les sui-
virent en foule, d'abord dans une vallée appelée
ValUs Barbillorum , puis au lieu dit les Vannes ,
sur les bords de la Marne, où ils furent transférés
par l'évèque de Lingres. Lciu* établissement à Pa-
ris date de laaS; ils le durent aux lit>éraiités de
Nicolas Giboin, bourgeois de Paris, de Pierre de
Brenne. el surtout ù l'inilialive de Blanche de Cas-
tille et de saint Louis , qui avaient à cœur d'acquit-
ter le vu'u fait par les sergents d'annes de Philippe
Auguste , au pont de Bouvines. Le terrain qui leur
fut cédé était situé près de la prie Baudet ou Bau-
doyer, el en étal de culture, ce qui leur lit donner
le nom de Cktotoines de la Couture. On mit tant
d'empreaMUMilt h activer leur installation, que,
|)aniii lean liieniàiteurs, les uns se chargèrent de
l'^iw, les autres du réfectoire, des écoles, des
chambres d'hAles, ceui-ci du dortoir et du doitre.
ceux-lù des «laites du chœur, de l'inlirmerie el de
la clia|ielle, ainsi que de la clôture du monastère.
L'institut ayant |>enlu de sa ferveur primitive, on
y introduisit, en 1699, les chanoines réformés de
Sainte-f ieneviève , qui y demeurèrent jusqu'en 1 767,
époque où ils furent transférés dans les bâtiments
précédemment ocCTq>és |Mir les J^Hiitea de la me
Saint-Antoine (aujourd'hui lycée Gharlemagiie ).
Sur l'emplacement du prieuré, qui fut démoli en
177&. el de l'église, qui subsista jusqu'en 1777,
furent ouvertes les rues Caron , du Colombier, Ja-
rente , Necker et la place du marché Sainte-Cathe-
rine ; le prix des terrains fut employé k la cons-
truction de la nouvelle église Sainte-Geneviève
(Panthéon). Tout cet ensemble de voies publiques
existe encore aujourd'hui.
*' Les CèlesÙHs, instilui's en Italie, vers le mi-
lieu du xni' siècle, eurent bienlàt, comme tous'ies
ordres reUgieux . la pensée de s'établir à Paris. Iji
fumille Marcel, qui occupait un rang distingué
dans la Imurgeoisie parisienne , les y aida dès les
premières années du xiv* siècle, et le roi Charles V
se déclara leur bienfaiteur ; il leur donna plusieurs
bourses, 10,000 francs d'or, des liois poiu- la cons-
truction de leur église , et une partie des jardins de
rhAlel Saint-Paid. (Charles VI ajouta de nouvelles
faveurs h tous ces dons, et Ixiuis, duc d'Orléans,
son frère, fil construire dans le monastère unecha-
|)elle où les tombeaux, les sculptures, les tableaux,
les vitraux se nmlliplièrent de manière à former
un véritable nuiS(H> de fart français. L* poêle Aste-
san énumère une partie de ces meneilles ; Millin
en a donné une description détaillée dans le tome I"
de ses Aiiliffuilès nationales. liC cloître, reconstruit
en iSSg, renfermait également de nombreux objets
d'art. l.es bâtiments des Céleslins furent affectés,
en 1 79 1 , au logement des Aveugles et des Sourds-
si
î=J.g
c^
^ F
^ I
S ï=^
&^
il
^ fi
|î
#:^^^ ,?%^^ ^'^-^ >;< ^K^^:^
kl.
:^jf
i =
l
s
i
3
■ 1*
■5 ••
E 3 r-
DESCRIPTION DE PAKIS SOIS rUMH.ES Vl. 191
Les (;olh!{j(;s de Saint Anthoine le Petit'' ,
du Saint Esperit^ et de Saint Jaques, surnomm/' de lOspilal'».
que Cliaricniaine fonda, et autres.
MiKîts. Quel(jiU!s !iiini!cs iipn's, on l<« U'uiisforina
(Ml wiserne, dosliiiatioii qu'ils oril consfTVfio jusqu'il
nos jours, h la suite de nombreux travaux de res-
tauration et d'affrandisseiiient. L'éjjlisc, adievf?e
<'ii 1^70, n'a (U(? (lénidlie (|ii'en 18/17; elle dtait
situ»5e h l'angle des rues de Sully et du l'etit-Musc.
'' La cruelle maladie coiiiiiie Sfius le nom de
ffu sacré, mat îles Ardenls, mal Saiiit-Auluine , ins-
pira, vers la fin du xi* siècle, h quelques hommes
l)ieiifiiisaiits, la pensive <ie fonder des hôpitaux |)our
les iiii'orliiiK^s qui en étiiient alttïints. Une comiiiu-
iiauU^ s«?cidière, dite des Chmmines ou Frires de
Sniiil- Antoine, se consacra à cette œuvre, d'ahord
au diocèse de Vienne, puis à Paris, sous le r^gne
du roi Jean. Le Dauphin , depuis (iluirles V, favorisa
le nouvel (îtaiilissemenl, en leur donnant » un grant
riiiarioir appel»' la Saussjiie,?» entre les rues Saint-
Antoine et du Roi-(le-Siciie ; la maison qu'on y
(tonsiruisit fut (-rigde en commanderie de France;
elle rcTiferiiiait une cliapelle el un liA|)i(al. La eoin-
maiiderie do Paris, unie à relie de Itaiileul , en fut
së|)ai-ée, l'on i5q3, par l'empereur Charles-Ouint,
puis supprimée en 1618, et transformée en sëmi-
imire ou colh'fje pour l'instrudinn des jeunes reli-
Ifieux de l'Ordre. IteiiAlie en 1 G8() et ])resque iii-
eendiëe en lyoS . la maison du Petit-Saint- AiUoine ,
ainsi nommcfe pour la disliiijrucr <le la grande ali-
hnye située dans le fauliourg d,. ce nom, fut sujh
prinuîe en 1791 el vendue en l'an vi. Sur son em-
placement on a ouvert , en 1 Soti , un |>ossape qui
a ét(' di'lniit lors du perceinenl de la rue de Rivoli ,
et qui est représente aujourd'hui por l'extrémité
méridionale de la rue des Juifs.
'' liliûpit^il du Smnt-Esi)rit devait sa fondation
à deux iiei-sonnes charitables qui achetèrent, l'an
1 36'J , une maison et une «rgranche sise en Grève, "
pour y recueillir les orphelins. Une confrérie fut
instituée pour le piol(!gcr, et il fut pourvu d'une
chapelle, dans les premières années du xv* siècle.
Le voisina((e de la Maison au.r Piliers ne lui yor-
mit pas de s'ajjrandir; au contraire, la construction
du nouvel Hôtel de Ville exigeant la cession d'un
terrain dépendant de l'IiApilal, la Ville fut chargi'e.
«lit Jaillot, "de l'aire au pignon de devant la clia-
'•|>elle un nrc de vingt-huit pieds de haut sur nu-
-tant de large, |iour appliquer le doiouf k Faug-
"inentalion de ladite cha|>eile, de iàîreeontniire un
-portail en |tierreH de tailles, etc.i Elle fil de plut,
en l'année 1 (i n . rétalilir h neuf U-s deux voùIm àf
féglise el construire un pvillon. L'hApital duSainl-
Kspril fomiailun carré limité, à l'ouest |iar la piaer
de tîrève, n l'est (Mir la rue des Vieilles-liamiMNit.
au sud j)or le coqw de logis septentrional de l'HA-
lel de Ville, aiupiel la citapelle était accolée; od y
accédait jwr l'arc tlil du Sainl-Etprit , qui faisail
|)endant ii larcode Saint-Jean. Cel établissement
charitable, qui, depuis 1C79, dé|iendail de l'HApi-
tal général et avait |>oiir annexe le (iraiid Imrtn
des pnuiret, fut supprimé en I7gi,e<ie*l
(pii en (lé|)endaienl ne tardèrent pat k tin 1
pour fagrandisscment de l'ilàtel de Ville. Les eo»-
truclions qui les avaient remplacés ont di<ipani
elles-mêmes, en |835, pour la fonnalion du |H5ri-
mètre du nouveau Palais municipal.
''' L'Hôpital Saiut-Jari/ues ,enmmPco\mil\i Saint-
Sépulcre, dut .sa fondation, non ]»» à Cbarlemagiie.
mais à une confrérie de |M!lenns qui voulurent nlTrir
un o.sile h ceux qui allaient h Saint-Jacquet de Coo»-
postelle ou en revenaient. Ce projet fut réalise entre
les années 1 3t 7 el 1 39.5, grâce aux libéralités de
plusieurs liauLs jtersonnages , parmi lesquels ligurr
Philippe de Valois. I.'égli.se était desservie |)ar qua-
torze cha|>elains qui prirent plus tard le nom de
chanoines. L'IiApilal comptait quarante liU,et doo-
noit chaque nuit asile h quatn^vingts |Hiu\res. qui
recevaient, en outre, «les vivres le lendemain, avant
leur départ, itéunie i Tordre de >otn>-Danie du
Mont-Cannel el de Saint -Lifare par deux édita
de t6-j-j et i7-)9, puis rendue à son exiitenep
propre |>ar lettres patentes de fj3k, la roaitoa
des pèlerins Saint-Jacques, qui avait peu à pev
|)enlii son caractère hospitalier, a été supprimer
en 1 790. el les bâtiments vendus pr l'adminuli*-
lion des hospices, de tSta k 1817. Sur l'empUcr-
ment ipi'ils ocru|>aienl ont été ouvert» ka nm
Saint-Jacques-l'IIApital et des PfJeiiiia. ainii que
le prolongement de la nie Mondétour, voiea qui
viennent d'être détruites en partie par le ptrCB— t
de la rue Turbij^o. I,'»'};li»c Saint-JacqMB s'4enil
h l'angle des mes Saint- Denis et 1
192 DOGLMEMS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
A Saint Anthoine est ung oxal^^^ de bois entaillié excellemment.
A Sainte Katcleine est le sépulcre Nostre Seigneur en tele forme comme il est
en Jherusalemt^h el si est en celle église limage de Bertram Clakin, tele comme
il souloit estre en son vivant'".
Aux Gelestins est paradis et enfer en painture, avec autres pourtraitures de
noble euvre en ung cuer a part. Item devant le cuer de Icglise a ung autel est
painte yniage de Nostre Dame, de souveraine niaistrise**'.
A leglise des Innocens est ung innocent entier enchâssé dor et dargent'*'. La
sont engigneuseraent entailliés de pierre les images des trois vife et [des] trois
'"' Le mot vrai parait être orcel, ourcel, our-
ceau, en latin ocellus, oreelbu et urceohu. Du Cange
cite : w Ocellus cuni ysopo suo vel a'persorio. " —
r Un orcel d'argent a eauë benoisle. » ( Glou. med.
et infim. lai. ddit. Henschel, t. IV, p. 694 et 798.)
L'oxal serait donc un vase à eau liënite; cependant
ocelliu s'appliquerait assez à un goupillon, lequel
est percé de [«tiLs yeiu-, et le mol uneolu* indi-
querait aussi les poils dont on garnit cet instrument.
'*' C'est du temps même de Guillebert île Metz
que ce tombeau fut placé dans l'église Sainte-Ca-
therine, Voici en quels termes Du Breul s'en ex-
prime : irDans le chœur, à main senestre vers le
itcloistre, on voit représentée l'Annonciation de ia
If Nativité du Fils de Dieu; et de l'autre costé l'on
ffvoit comme une grotte souterraine, dans laquelle
«est représenté le sepulchre où le corj» de Nostre
<r Sauveur fut mis, et cet escrit est au-dessus : Ce
nêépukhre de Jêmi Jvl faicl l'an làso et depuis re-
itpeintl'an 1.577.11 (Thealre des anlùfvilei , p. 88a.)
'*' Le fait d'une image de Bertrand DuGuesclin,
placée dans l'église collégiale Sainte-Catherine du
Val-des-Écoliers, est d'autant plus curieux que les
historiens de Paris n'en font aucune mention.
M. Bounardot l'a remarqué dans ses extraits de
Guillebert de Metz ; il croit que cet auteur a pris
pour une statue de Du Guesclin un des sergents
d'armes fondateurs de cette église, dont on voyait
la portraiture au portail (page 97 des Ehidet tur
Gilles Corrozel, etc.). Cette circonstance nous a dé-
terminés à faire reproduire l'admirable ex-voto de
la victoire de Bouvines, qui fut placé, en 1890, à
la façade de Sainte-Catherine, et qui est aujourd'hui
conservé dans la basiliejue de Saint-Denis. Si ce
n'est pas Timage de Bertram Clakin, c'est du moins
un admirable morceau de sculpture parisienne, con-
temporain de noire auteur.
'•' Millin, 1. 1, S 3 , de ses Antiquités nationales, a
donné la descriplira très-détaillée des tableaux, sta-
tues, vitraux qui ornaient l'Oise dea Câettin* et
en faisaient un véritable musée de l'art français du
XIV* au xviii* siècle. \ propos du chœur de cette
^ise et du mattre-autel , il parie bien d'un retable
curieux donné en 1607 par .Arthur de Montaubaii,
mais ce ne \yeui être là l'image de Notre-Dame
dont parie Guillebert de .Metz. On ne trouve non
plus aucune mention d'une peinture représentant le
paradis et l'enfer.
'^'' L'Innocent dont il est ici question n'est pai
une des jeunes victimes de la fureur d'Hérode, bien
que Du Breul nous assure qu'il existait , dans ceUe
église, "la jambe entière en chair et en os d'un des
«'innocents occis par Herode, laquelle, environ d'un
"demi pied de long, est portée sur le bras d'un
•range. ■ Il s'agit d'un de ces enfants chrétiens que
lesJuiiii^rgeaient, dit-on, en liaine de la religion
ou |>our se venger des persécutions dont ib étaient
l'objet. Les divers historiens de Paris ne r('\o<pient
{ws le Dut en doute : "Que tes Juifs , dit Du Breul . dis-
ir perses par les r^ons catholiques , eussent accous-
" tiimé tous les ans de prendre un enfant chrétien . le
ir mener en heu souterrain et , le vendredi de la semaine
"saincte, le cruciOer en despilet niesprit de Nosire
"Seigneur Jésus Christ, plusieurs auteurs le certi-
"ficnt. . . . .Après lavoir lié en croix , ils l'estran-
"gloient à demy, ou lui metloient un haillon à la
"bouche, pour l'empescber de crier. Cela faict, ils
"hiy faisoient ouvrir les veines, et si de toutes
"parts le perçoieiit de longues esguilles. I.« sang
"qui en distiltoit estoit reçu dans un grand bassin,
"et en goustoient quelque peu. et le reste ils le
"gardoienl.i Le martyr cpi'on vénérait à féglise
des Saints-Innocents était le jeiuie Richard, mis i
mort à Pontoiseen 1 179. et transporté à Paris, où
il resUi jusqu'à fépoque de la dominalion anglaise :
"Les Anglois, dit encore Du Breul. fayanl tiré du
GUILLEBERT DE METZ.
Gravure h^lîographiqu*.
. Durand et La Hatrt.
LE FANAL DU CIMETIÈRE DES INNOCEUTS
d'après un dessin original fail en 1786 , par l'architecte C L Bermer, sur l'ordre du lieulenanl général de police
Thiroui de Crosne , et appartenant à M. Albert Lcnoir.
p.ijp' 193.
DESCRIPTION f)K F'AHIS SOLS CHARLKS M. t9S
mors'"; la vsl unf; cimitieru iiiuult {;ruiit, enclos t\f. maisons appelles charniers,
la ou leH os des mors sont enUissoS'''. Illec sont paintures notables de la danee ma-
cabre et autres, avec escriptures pour esmouvoir les gens a dévotion^'. Lune
partie du cirnitiere a|>partieiit à Ic^jlise des Iniiocens, lautre partie est pour le
grarit liospitiil , <;l In lierct* partie est pour les églises de Paris qui nont [>oint de
cimetière. Item en ce cimetière est une tournelle en lieu dun tomliel, ou il a
une ym!i[;e de Nostrc Dnine entaillée de piern-, iiirtiill bien faicle; laquele tour-
nelle len dist que utif; lioiiinx' list faire sur sa sépulture pour ce quil sestoit
vîiiift' en son vivant (|ue les ciiiens ne pisseroient point sur son sépulcre*'.
-!W|inl<:lire, If lnin>|]oitrri'iit en Angleterre pur
"(levoliou, et ne demctira KiMilcnicnt i|ue le cbefcn
"IVgliiie de* Sointu-liinrK-ciilii. " (Thentre de» ant'vi.
|). 83a ot »uiv.) (iiiilIclM'il il»; Mfl/, » dune vu w\U'
relique fort peu de teiii|)8 avant hoii enlèvement.
''' I.ieti Trois Vifs et les Trois Mort* sont , ci-après,
l'objet d'un ap|)endice spéciid.
"' Tous lu» liistorieuH de Poris , depuis (luillounie
le Brutoii , tint pHrl(* surccssivenifiil iln riiiicliort'
d(!S Innocents. Siiuvul , entre autr(>s , y o vu l)Uiiuroup
de choses : d'abord le tonil)eou de Nicolas Flaniel
et de IVrnclii'. s<i f('iiirrii-,ronleiM|M)niins de Guille-
bert de Metz , "•lequel toniUuui est pri-s de In |M)rte,
ffdu ciwXi de lu rue Soint Denys, sous les charniers,
"OÙ il y a plusieurs ti^'urcs que l(>s rhiiuist(>s croient
"renfermer les mystères de lu pierre pliilosophnle;^
il y n r(^mnr(|ué en outre, r dessus l'arcade, proche
"de l'i'glisc, une Irès-U'lle ligure, jwrchi'e si liaul
"Cl si mal orientëc, <|u'il fuut avoir l(>s yeux très-
"Ifons et très-fins pour jujjenpie c'est une d(st meil-
"Icures ligures de Paris.» Souval cite encore enn
"pleureur j;/llé mnlirieusement |>or ceux qui l'ont
"luoilell*^, lopicl pleure de sorte «pi'en le rejjnr-
"dant on a envie aussi de pleurer v- {AntiqviU» de
Paris , I. I", p. ."{.">()) ; un s<pielelle, chefHriiMivre de
(ieriiiflin Pilon, disent li>s uns, de Frunçois (îenlyl,
assurent les autres, et un bas-relief dit "du fou-
"droyi^- di^ il Ponce Trelmlli. Les charniers, au li<-
moignage de Snuval. avaient qunlre-vingt-qunlre
arches. Nicolas Flumel , ilil l'ablx' Vilain , en lit cons-
truire une en 1 38g , "alors que l'on Iwtissoit succra-
"sivenient les choniiers nu\ dt'|)ens des riches Immic-
"1,'fois de Puris, ipii se fnisoieiit un devoir «l'y contri-
"buer, comme à une u-uvre de religion;» |Miis une
seconde, en 1A07, vis-à-vis de In pn'mière, pour
servir h la s«<pulturc de sa fenune. (Ilitt. critique dt
Nieola* Flamel, p. 3a et 10&.) Du Bretd, qui <<cn-
vnil un demi-siècle avant Sauvai, ne conqite que
quatre-vingts arcades et des * galetas où Toa «oit uoi-
" infinité d'ossements et testes de I
" lielles et boon» giaMws ii repréMOtar k {
"<^ iropertiiMoeeifenMtrBvaiiîitf lHnHUM.*( 71m^
des antiijuiln, p. 83i.) La demièn deteription àf
ce lieu funèbre, avant m dartmdiai, art «fe Mar-
cier, qui put voir, au-deMoaa de* gtWku, las aar-
chandm de niodea et le* écrivains publics envalu»-
sant Tatiie des morla : «Lo iqueiettai, dilril, sobI
"entant au-deasus de lent» iMaa, dam eaa gra-
"niers surcharges de Icun poids. Caa
"accunndéi frap|>ent les n-gards, el c'est ao I
"des d«^bris vennoulus de tnnle géo^raliom, (
"n'oiïrent plus que des os en poudre; e'eatao 1
-de l'odeur fétide et cadav^reuw, qui vient t
"l'odorat, qu'on voit ceHea-d adieter das modea.
"celles-lù dicter des lettres unooraoaak* On ant
ipie les rlinniiers (les Innocents furent (
I yKf) , et les oss<>ments tran^iorfési
M. Bonnunlot o publie, tiana le lonw 10 de k j
unir fr$f Ile de» Aru, une iria-intdnaaaala dtade anr
le cimetière des Innocenta.
<'> Conaoher. ci-aprèt. Tappcodiee wniafré è k
Danae Macabre, telle qu'on la voyait, dit le niaon»-
crit de Saint -Victor, au ctinetière des Innocente.
prwa kabetwr aftd Stmetam Imotmliim.
<*' Ce serait là une singulière origine : de at-
testerait. dit M. Bonnardot. qne ka dnaM avaient
alors l'enlnV biire dana ks diMiiina de fmù.
Quand à la toumele, dont i
sou» les yeux du lecteur, elka I
historiens de Pari». PigMMi «( Le Bcnf y ont re-
connu un ancien fanal émÊitd. aoit k raeeveir daa
cierges bn\ianl en llioanenr dn tr^paaaés, sait h
ëckiier I» fidèka «pii se nmkieiBt h Ti^. et
même ka paMnte et ha niaiilunili M. de CaiH
mont ( Gmu« iTaniifwlw aMMHMnlaAw , t. VI . p. SS6 )
eiprinie k mène opinion. L'abfaé Le Benf déoit
194 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
La tour et le chastel du Louvre ou il [y] a logis pour le Roy et les douze pers^".
Item la Bastille Saint Anthoine, qui est moult forte'*'.
Item lostel de Bourbon, qui est de moult riche et plaisant ouvrage'*'.
Les hostelz de Saint Pol, ou le Roy et la Royne demouroient'*';
de Petit Muche, ou le Daulphin demouroit'**;
Ihostel de Cecille, appartenans au Roy de Jherusalem et de Cecille'*';
ainsi ce fanal : » Cette turricuie a, dans le haut,
rrhuit ouvertures quarrées oblongues, pratiquées
(tsous (les formes de cintres un peu pointues. Le
rrbas et le haut de la lanterne sont entourés dune
T sculpture en pointe de diamant; le sommet ne
rrparoit point terminé par un globe mais par une
«•espèce de grosse fleur. La croix qui surmonte le
rr tout est une chose ajoutée. ' ( Hist. du dioc. de Pari» ,
1. 1, p. 81.) Une statue de la Vierge, abritée par un
auvent, avait été appliquée au fanal des Innocents,
à une époque qu'il est difficile de préciser; on la
désignait sous le nom de iXotre-Dame-des-Bois ; ce
qui a fait dire h quelques historiens que le lieu
m. le cimetière des Innocents fut établi avait été
autrefois couvert par une forêt.
'"' Voir la Topographie historique du Vieux Paris,
région du Louvre et des Tuileries, I, p. 1 13.
'*' La description de la Bastille est dans tous les
historiens de Paris.
''' Voir la Topographie historique du Vieux Paris ,
région du Louvre et des Tuileries , I , p. 33 et suiv.
'*' (tL'hostel solenniel des grants esbattements , "
construit par Charles V, occupait presque tout rem-
placement compris entre les rues Saint-Paul , Saint-
Antoine, du Petit-Musc et le quai des Célestins sur
lequel il avait sa principale entrée. Quoiqu'il eût été
incorporé au domaine dès 1 364 , afin de Tu'en estrc
'TJamais démembré pour quelque cause et raison
frque ce pust estre, n diverees parties en furent suc-
cessivement ahénées , et François 1" en consonuna la
vente fan i5i6. Les rues Beautreillis , des Lions,
INeuve-Saint-Paul (Charles V ) etde la Cerisaie ont été
ouvertes sur l'emplacement de l'ancienne demeure
royale, dont il reste encore quelques vestiges dans
les bâtiments occupés par la Compagnie de l'eau de
Seine purifiée. Sauvai , Félibien et Piganiol ont donné
de l'hôtel Saint-Paid des descriptions détaillées.
'*' tfCent ans avant Charles VI, dit Jaillot, il
Texistoit un hôtel du Petit-Musc, dont la rue a pi'is
fie nom, ou auquel elle a doiuié le sien; il s'éten-
rrdoit depuis la rue Saint-Antoine presque jusqu'à
tcelle de la Cerisaie. •> C'est le manoir de ir Petit
irMuebe, où le Daulphin (Charles VII) demouroiti^
au temps de Guillebert de Metz , et qui fut, un peu
plus tard, réuni à l'hôtel Saint-Paul. 11 avait él^
acheté , en 1 3 1 a , jwr Louis I", duc de Bourbon ,
qui l'agrandit au moyen de la maison dite du Pont
Perrin, parce qu'elle était voisine du jwnt jeté sur
l'égout de la rue Saint-Antoine. Charles V l'avait
réuni à fhôtel Saint-Paul ; Charles VI le fit recons-
truire, ce qui lui valut le nom d'Hôtel Neuf, qu'il
échangea successivement contre ceux d'hôtel d'É-
lampes, de Bretagne, d'Orange, de Valentinois, de
Boissi, de Langres, et enfin du Maine, en l'honneur
du duc de Mayenne qui le lit reconstruii-e sur les
dessins de Du Cerceau. Au xvii' siècle, l'hôlel
fut occupé par le prince de Vaudémont et le prési-
dent d'Ormesson ; les bâtiments qui en restent for-
ment l'angle des rues Saint-Antoine et du Petit-Musc.
'*' L'hôtel dont il est ici question devait son nom
à Charles, comte d'Anjou et de Provence, frère de
saint Louis, ap|>elé aux royaumes de INaples et de
Sicile. Il passa à son fils qui le donna , en 1 ^99 , au
fils de Philippe le Ilai'di , Charles de Valois et d'A-
lençon , dont les descenilants le possédèrent jusqu'au
règne de Charles VI. Le raoDarc[ue, en ayant obtenu
cession de Pierre, comte d'Alençon, l'an 1890, le
donna à Bobert et Charles de Bausson. L'hôtel ap-
partint depuis aux rois de Navarre et aux comtes
deTancarville;ilfut rebâti, dans la seconde moitié
du xvi' siècle, par les canlinaux de Meudon et de
Birague , puis acquis par le maréchal de Boquelaure ,
qui le revendit à François d'Orléans-Longueville.
Il appartint ensuite au ministre de Chavigny et au
duc de La Force dont il prit le nom. Dans les der-
nières années du règne de Louis XIV, il fut divisé
en deux parties, dont fune, connue sous le nom de
Petite-Force, forma l'hôtel de Bricnne et avait son
entrée rue Pavée, au Marais; l'autre, applée la
Grande-Force, fut acquis, en 1754, par le comte
d'Argensou, au nom du Boi qui voulait y établir
l'École militaire. On sait que ce projet reçut une
tout autre exécution. Le roi Louis XVI ayant sup-
primé les prisons du For-l'Évèque et du Petit-Chà-
DESCRIPTION DE PARIS SOUS LHAHLKS \ I.
Ilioslel (le TourtMîllcs, au duc dOrleans'";
llioslel ilArtois, au duc de Bourj;oiupne*'*;
lostcl du Hoy de Navarre'*';
19»
lelr-l, en 1780, ctb prison Soinl-Mnrtin , en 1785,
lu Grnnilf.'-FWce dwviiil un li'-n «li- (li-iiMilinu |iri'U'ii-
liv«, nt 1(1 IVtile-Korcr fui olli'rti-i' n I cirijin-.ouiic-
inent <i<r» filles |>uliiir|iim. Pendant \a Terreur, lo
Fon'c fut le th<^Atrc ileHerneH Minf^lnntes un noinlire
(leH(|iiell(»t He ploce l'aHiuiHHinal dr- la princeHM' de
lianiludle. CeUe vieille demeure, si iiinfpdièrenient
IrmiMlbnn^. tmidiuit de vi'tiiHU', lonM|iie. en iH/io,
nn di'eri'td In conKlriirlioii de In prison dite<^ Mauu;
|iar suite les hAlinienls riu'ent di'riiolis en i85o, M
«ur leur euiplneement on a ouvert la rue Mollier,
ainsi que le priilnhfjpuient de In nie de» Rosiers.
'"' L'IiAtt'l ou iMiinis dm Tounirllen ne fut d'n-
l)ord qu'une demeure seif^neuriaie reconstruite par
Pierre irOrpeuiout , clinurelier de Krnnre, el ven-
due |)nr HOU lils, en l'io'j, nu dur de iierri , frère
de Charles V, qui In ri'dn nu dur d'Orléans. Devenu
pfu n|>ri's u)niHon roynle. l'IiAlcl des Tournciles fut.
jiendanl rocrupiition nM|(liiise, In rtmilence du duc
de Bedford, qui rnfjrnudilde manière h comprendre
dniis les iii*|H>iid(Hir«<s tout le tfrrniu rirronsrril nu-
jourd'hui pnr le houlevnrd, In rue Soiut-(îilles, In
rue de Turenne jusipin son débourlu' dnns In nie
Saint-Antoine et relte derni(''n>ruejusrprnu i)oint de
dè|)nrt. Dnnn»' pnr F^ouis M h son un'deriu Jacques
Coitier, |K)ur en jouir sn viedurnut . il retleviut ensuite
hnliitntion royole : c'est li que mourut I.«ni8 XII.
et (pie Henri il fut blesse mortellement. f>> plan de
Du Ceicemi , di-esséà pu près vers celte »'|>oque, fait
voir les lices dont le terrain étnit entouré pour les tour-
nois, et les Kfltiiiieutsdoiit I'IkMcI se r«iu|M>snil «lors.
On suil qu'un édil dt> 1 .")(i5 ordonna la dt'inoliliou rlu
pninis des Tournelles, que reUe œuvre de destruc-
tion fut assez l<in(;tie. cl que la place Royale, avec
les rues dont elle est entoun'-e, ne fut rominencée
qu'on i6oà. Au moment où écrivait (iuillebert de
Metz. l'IiAlel appartenait fOU duc d'Orléans, o re<pii
date If ivcil. piiisipie le dur fut ns,sassiné en 1A07.
I/es durs de Rourjjojfue de la seconde race
avaient leur liAtel au mont Snint-llilaire. et In me de
Reims a |>orl<' leur nom ( v. p. 171). note •)). Lorsque
le durlié eut été uni à la roun>ime,le manoir de la
rive (gauche y fui éjralenienl incorpon' , et Pliilipp
le Ifnnii. eu i-ecevant l'iiivesliliin' du duché, dut
loper à I li<\lel d'Artois qui apjtnrlcnait n son épouse
Mnrguerile. duclM>s.s<> de Klundre et ci«ute»»e d'Ar-
tois. Il recouvra plus tard 100 1
il aima iniaai iiabiter eein qui U «mmé da k Ah
ebeiM. Jean tana Peur at lat mrtimmn Minai la
iiiAme préUnoee. <rCe fut longtemps, dit Saaval.
-une maison fcwgiw, ^traite el iionÛe ifei mur* de
-la ville, entrepri* par PUlippa Aogaite. qni r^
•rgnoienl entre U rue Maoeooaefl, k me Pavée et
"la nie du Petit-Lioo. dont il raile cneoi* daa pana
«daiw ce* rue»-Ui et qnekpiea tam..... On enk
"même que ee grand et viaos eoqia de lo|pi qn'on
fvoit le long de la rue MaiieenaaU fut tonilinil
" |>ar quelqu'un de ceux de* premiei» comles d'Ar-
"tois; mais on ne doiitp |Miint qiiePhihp|M> le Hardi.
ren étant devenu prripriétaire par m mariage, le
-port» nu delà des mur» de k vile jnaqn'è k ma
» Pavée el i celle du Petit-Lion, pane que eea mm
"ne servoient plus de rien de|Hiis qu'on en eut eonn
~ menré d'onln>s . etc. < Quant à k part de eana-
Iniction qu'il faut attribuer k Jean tans Penr. San-
val la détennine avec une grande nctlel^ : cLedne
-et sa femme, dit-il. roecmrent d'aï grand eorpa
-d'hAtel ^1 tubtUu encan m ftrtie, et qui «1
«-couronne de grandi fronlom gotUqnei de pierre.
" rehaussa <ie leurs armes; et de phis raeconipn-
"frnèrent d'un petit pvillon que Monstrtfcl al )m
r registres de la Chambre des comptes noaHMal
-dongeon, avec une chambre toule de pierre de
'tnille. que Jean liii-m^ie, surnomma sana Pew.
«Trassassin du duc d'Orléans, lit bAtir tant api*
-pour sa sûreté. U plu» forte qu'il pot. et lemn-
"iiée de macheconlia, oè lentei ka nniu il ma-
r choit. - t Ui*t. H rttktrtlm im màtf. JbktMtde
Pari», t. II. p. 64. 65.) On 1
vient d'èUv dénMNqué. et qn'il 1
restaiin'. apr^ avoir été dégagé de
C'est le dernier reste de PhAlel d'Arlok et de Bonr-
(jojjiie. dont François 1", jiar un édil de iSA3. ar-
donna la démolition . el dont une partie fat aofake.
en I .S48. par lea conMras de k Fmàm. p«k «e-
cu|M<e par k broeine troupe de comédien» qni an
prit le nom. La nw au Oun protongée. an tnm-
çon de la me Franfaiae el ki piuyôflé» «Inéta k
droite et à ganrbe île cette me
d'hm remplacement d«a cnrim
n Sauvai mmple knl Mkk dm Nk da Na-
varre i Pari», mi phitAi huit demanna qn'it an!
•S.
1% DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
lostel de Flandres, que le duc Jehan de Bourgoingne donna au duc An-
thoine de Brabant''';
les hostelz dAlenchon '■^>,
de Hollande'»',
successivement habitées. Au temps où écrivait Guil-
lebert de Metz , trois seulement pouvaient être con-
sidérées comme tr lostel du Roy de Navarre ;i c'é-
taient : 1° iria grande maison qui régnoit le long
trde la rue du Cocq et de celle des Deux-Portes , n
oïl logeait, en 1891, Blanche de Navarre, veuve
de Philippe de Valois, et qui fut vendue, en 1417.
par Catherine d'Alençon, veuve de Pierre de Na-
varre; 2° fria maison de la rue des Bouchers, vis-
r à-vis la chapelle de Bracque, qui régnoit le long
rrde la rue du Chaume, tout devant l'hôtel de Guise,
fret aboutissoit à la rue de l'Échelle-du-Temple,»
laquelle maison était occupée, dans la première
moitié du xv' siècle, par Jean d'Aragon, Blanche
de Navarre , son épouse , et Charles de Navarre , leur
fils; 3° "le logis sis dans la rue de Paradis et celle
fdu Chaume, à l'endroit où est à présent le ina-
.-nége découvert et la fontaine de l'hôtel de Guise,
Tvis à vis le portail de la Merci ;i lequel fut oc-
cupé par Bernard d'Armagnac, duc de Nemours,
et confisqué plus tard par Louis XI. Ces deux der-
nière hôtels étaient presque contigus, et c'est sans
aucun doute de l'un d'eux que veut parler notre
auteur. Ils ont été englobés, vers le milieu du
xvi'siècle, dans les dépendances de l'hôtel deGuise,
qui passa, en 1697, au prince de Rohan-Soubise ,
ilont il a gardé le nom jusqu'à l'époque de la Bé-
volution. Les Archives de l'Empire y ont été ins-
tallées par un décret en date du 6 mars 1 808.
''' fr Lostel de Flandres, que le duc Jehan de
r Bourgoingne donna au duc AnlhoinedeBrabant,"
était situé , dit Sauvai , près de l'enceinte deCharles V,
entre les rues Plâtrière (J. J. Rousseau), Coquil-
lière, Pagevin et des Vieux -Augustins; c'était,
ajoute-t-il, fune grande isie que Gui de Dam-
n- pierre, comte de Flandre, acheta de Pierre Co-
ffquiller, de Simon Matiphas et de l'évêque Buci,Ti
et qui fut agrandi de frtout le jtourpris, manoir et
r terres des Augustins , 1 ce qui en étendit les limites
jusqu'aux rues Montmartre et de la Jussienne.
Construit vers la fin du xiii' siècle, l'hôtel demeura
propriété des comtes de Flandre jusqu'au mariage
de Marguerite avec le duc Philippe, fils du roi Jean.
Dans le partage que les époux firent de leurs biens ,
en 1/102. l'aîné, qui fut depuis Jean sans Peur,
choisit l'hôtel d'Artois ou de Bourgogne, et laissa
l'autre à Antoine, son frère cadet, duc de Brabant.
de Limboiu-g, de Luxembourg, etc. qui y fixa son
habitation. Maximilien d'.4utriche, après son ma-
riage avec Marie de Bourgogne, réserva cette de-
meure pour son fils Philippe et en fit l'objet d'une
stipulation particulière dans les traités de 1 48a et
1693, conclus avec Louis XI et Charles VIII. Il le
confia ensuite à la garde d'Ohvier de la Marche,
qui, contrairement à ses engagements, le laissa
tomber en ruines. Les confrères de la Passion , à la
recherche de grands logis abandonnés pour y re-
présenter les mystères , firent choix de Fhôtel de
Flandre, comme de l'hôtel de Bourgogne, et ils y
jouèrent pendant quelques années; mais le même
édit de i543, que nous avons déjà cité, ordonna
la démolition des deux hôtels. François I", il faut
en convenir, n'avait pas à se louer de la Maison d'Au-
triche , héritière des domaines de Bourgogne. L'hôtel
de Flandre fut divisé, dit Sauvai , en vingt-trois places
ou lots, et il en resta deux gros pavillons carrés,
l'un sur la rue Coquillière, l'autre sur la nie Coq-
Héron, où se trouvait l'une des entrées du manoir;
ces derniers vestiges disparurent en 1 6 1 8. Sur rem-
placement de la demeure ducale furent élevés les
hôtels d'Épemon , de Bullion et plusieurs autres.
"' Sauvai énumère un grand nombre de logis
ayant appartenu aux comtes de Valois et d'Alençon
(t. II, p. 69 et suiv.). Dans la nomenclature qu'il
en donne, trois |K)uvaient porter le nom de chostel
-dAlenchon,» à l'époque de Guillebert de Metz :
1 " celui qui était situé dans la rue rlu Boi-de-Sicile
et fut vendu , en 1 389, à Charles VI ; -j" celui qui
s'élevait vers le milieu de la rue des Cinq-Diamants
( partie de la rue Quincampoix comprise entre les
rues des Lombards et Aiibry-le-Boucher) ; 3° l'hôtel
bâti par le fameux surintendant <les finances En-
guerrand de Marigny. qui fut ]iendu à Montfauron.
Ce dernier manoir, confisqué en 1 3 1 â, fut donné par
Louis le Hutin à son (ils Philip|)e, comte de Valois
et duc d'Alençon. M. Adolphe Berty en a fail la
monographie (Topographie hisl. du Vietu- Paris,
région du Louvre et des Tuileries. I , p. 88 et suiv.)
''' On ne comiaît aucune mention d'un hôtel de
Hollande à cette époque. Guillebert de Metz aurait-
■ -X' .F^'ii-'-miÊne^.it
OWJitftflo (ànrtiOhntatt
re de Schulb
Chcomolrtii£n6elniarn &Craf
,^lr
La Maison aux Piliers ja Place de Grève et une partie de la Cité .vers le milieu duXV^Siéci-
Fac-simûe d'u/ie jmrusicire du Missel de Juvénal des ^v%\V\^ . £jMoihéj de JaMe de J'ansJbl53,nxi)
DKSCFUPTION F)E PAIUS SOUS CHARLES VI. 197
Ifis hostclz d<; Monta|;u ' ,
de Tournay ' ,
<lc riiron'' cl pliiscurs aiilres;
Le riliuNl:ill<;t, ou U; l'nivosl il<! Paris et ses auditeurs tiennent les plais; et la
sont IcH prisons en merveilleux nombre'*' ;
Loslel (le la Ville en la plac<: de Grève, ou le Prévost des Marchans et les Ea-
chcvins font loy*';
Lostcl appelé le Four Levesque, ou len plaide les causes du temporel de U
juridiction de levesque de Paris; cest en la rue de lEscolc Saint Germain * ;
il Vnlilll |iiii'|i'l' <l un lli'ili-l ilr's iiMili.'iss.'iilriirH (\p
llolliindc. iiiilrrifiir il r«'lui ([iic <li)ll;iii| con^lniiiil
riii! Vi<»ill('-<lii-T<'tii|)le, nt qui existe encore aujotu--
il'luii au n" fi-j'!i'Aa u'cst point invrais(>nil)liil)lc,
cl jitMil-Ati'c l'tKlificc, ('•Ifvi- au coinnicnciMncnt du
xvin* BJèclf', nrcii|Mvt-il lu place de l'ancien liAicl.
'' '"' l/cnilwHTns est plus )jrnii<l |W)ur les liAli'ls
(le Miiiit(ii([ii et «le Toumny. (îuiileJMTt fie Melz
a-l-il iliittigiM^ »oiu ces deux noms une maison or-
(■U|m'i! leni|K)ruin'inonl |mr les év/kjue» «leTouniny.
et lui logis ayant ap|Mirt)>nii aux Montai^pi , |RMit-
Atn' au c(<ltM)n' siirinteiulant des Hnonres, décapité
en l'iog, époque h laquelle notre auteur se trou-
vait il Paris? Veut-il parler des colléjfes de ce nom
situés sur la inontairne Sainte4iencvit>ve, et dont
les bâtiments servaient de n'sidenrc aux foixtateurs ,
ovanl d'Atre oITeriés ii renseignement ? On ne peut
énieltri" sur ce point que des ronjeclurt».
''* L'hôtel de C/imon fut construit, en i383. |Mir
le ronnélalile de ce nom , sur l'emplarement du
grand cliantier du Temple, qui s'étendait au sud
de la rue des Qiiatro-Fils; il était donc dans su
nouveau))' loi-sipie Ciiiillelierl de Met/ écrivait.
ApW's avoir ap|Nirtenu ii divers propriétaires, il fui
ar(|iiis (Mir la mai.son de (îuise, qui, sur son em-
placeiiK'iil . aiigmeiili' de relui qu'orriiimient les
lu'ttels lie .Navarre, de In lloclie-tiiiytHi et pliLsieurs
logis de moindre im|Hirtanre, lit liAtir la som|>-
tiieuse (lemeiiiv connue, depuis 1697, sous le nom
d'IiAti'l Sotibise.
•'' Tous les historiens de Paris oui parlé du
ChAtelet el de ses g«»ôles. Malingre, Brice et De l<a
marn< en attrihuent la conslriirlioii
pi-eimei
tlésjir; r.orn)i!et el Sauvai en foiil Imiuieur il Tem-
|H'n'nr Julien. Ce qui parall hors de doute, c'est
que le l'irand el le l'elil-dliiUelet . rormanl l^le de
|M>nl, étaient d'alionl une forliliralioii deslintv ii
rouvrir In ville. On n'est |>a8 bien lixé sur l'é|M)que
où fut créée bjumln tinn i|iii i.
(iraiid-(jhAtelet : elle parait y .!•
XI* siècle, ou du moins il en n«t lait 0
é|toquc. Le Grand -ChAtelet, 1
Louis, de iiiia i i<66. prmji/
construit de 1 &85 k 1 5oo , agrandi et répmré
\a flu du xvu* tiède, a snbMlé jw^'cn t8i3.
•'■|M>que à laquelle il a ét^ démoli. Sor M» eapl*-
reinent avait été coostraite U Chambre im ■»-
taires, antérieure à celle qui Ibnne aufouwriwi
l'angle de la me Saint-Denis et dn bouiewwl de
S'basto|>ol. Les prisona y ëtaieot «eo oMrfaflm
- nombre 1 au temps de (luillebert de lleli; <■
effet, une ordonnance dellenri Vl.rendiieeni&<.S.
en énuiiiére onze.
' "Loslel de la Ville* dont il est ici question.
était alors la Mmmm aux PiStrt, dite Mm»m de
(l'rèir ou Mmmm tmx Dmflmu, avmt que b ViHe
en eiU fait l'acquisition (t3S7K Nooaeo iloniwi
une vue prise vers le milieu dn tv* aède, et «»-
|iruntée au eâtfire mannacrit de Jomewl do»
L'rsins. Au moment où écrivait (luillebert de Mets .
rl->lievinag« puiiieo venait «rètre rétaUi (i4it).
après un séquestre de plus de Ircpte aném; il
semble que noire auteur ait vonhl CMtfiatur et
fait, ovec lo brièvel^ qui bi «Il ImUm!*. m
écrivant ce» mot» ajgiiifiwtift : *oà le Pl«««sl des
- Marchans et les Eadwvim faut loy.a
* 1>> For-fÉrifte (/bnoN Epitttfi), qu'oa •
eu le tort d'écrire Fort «t Fom- fiffdfw, était le
iribimal de la juriilictioa épieropele. Établi dTeberd
ilaiis la Cité, selon toute eppeteore. il fiittnMiM.
vers le milieu du xn* tiède, tor le luiituiie ém
Cluini|MN«ux.Kn i37a,aacnMliteq«*idlMlala<nK
Saint-Cemiainl'Auxenvit. vi»4-Tia le Far fc Bm.
Reeoattmit pertidhoMat ca i6&«. i eetHi bialAl
Il envie iw|eau |Hciwe|nBeBpm,MiCBBienBimvt
\'«^{\X de 1676 . qui r^oniieeit tm CUtalal testas let
198 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Les halles des draps, de peleterie, de mercerie, de cuirs, de pain, de fruit
et dautres choses, contenans lespace dune ville de grandeur"'.
Aux halles, lez le pillory, est une fontaine, en la rue Saint Denis deux, et en
la rue Saint Martin deux'^l En Grève est lestaple des vins, du bois, de charbons,
de foing et autres marchandises en nefz ; la sont les porteurs dafeutrures et bote-
justices particulières. Transformé en maison de dé-
tention, le For-l'Évêque était plus particulièrement
une prison pour dettes, qui fut supprimée par
Louis XVI, en 1780. D était situé rue Saint-Ger-
main-l'Auxerrois , entre les rues de rArche-Marion
(débouché de la rue des Bourdonnais) et ia rue
des Fuseaux (débouché de la rue Bertin-Poirée),
avec façade sur le quai de la Mégisserie.
'■' L'histoire sommaire des Halles de Paris est
erposée par JaiUot (Recherches hist. Quartier des
Halles, p. 20), depuis la première acquisition du
terrain des Charapeaux par Louis le Gros jusqu'à
la fin du siècle dernier. Au temps oh écrivait Guil-
lebert de Metz , les Halles avaient pris un tel déve-
loppement, dit l'auteur auquel nous renvoyons,
fr qu'il n'y avoit guère de sortes de marchands qui
(f n'eussent la leur.» De là le nom des rues voisines
(la Lingerie, la Toilerie, la Poterie, la Friperie, la
Cordonnerie, la Chanvrerie, la Courroirie, etc.);
Sauvai ajoute (t. I, p. 1^7 et suiv.) que plusieurs
marchands forains avaient des halles particulières
portant le nom des villes qu'ils habitaient. Cet en-
semble, (t contenant l'espace d'une ville de gran-
it deur,» s'est conservé presque intact jusqu'à ces
dernières années.
'*' Guillebert de Metz ne compte que cinq fon-
taines publiques sur la rive droite, au temps où il
écrivait. L'eau qu'elles débitaient provenait surtout
de Belleville , et. était amenée à Paris par un système
de conduites que Du Breul a minutieusement dé-
crit : (fLes Prévosts des Marchands et Eschevins,
"dit-il, ont fait construire de grands aqueducs ou
<r canaux composez de murs de maçonnerie et pierre
tfde taille, pavez de grandes noues ou esviers aussi
(tde pierres, contenent detix aqueducts, cinq cents
«toises de longueur et plus, sans qu'il y aie aucune
fr clarté, sinon celle que l'on y peut porter avec feu ,
fret de six pieds de hauteur, sur trois pieds de lar-
(fgeur, le long desquels les personnes peuvent fa-
ffcilement cheminer la lumière à la main; lesquels
T aqueducts sont accompagnez d'auges ou recep-
fftacles pour faire rouer et purifier l'eau desdites
rr sources : à l'entrée desquels est une forme de bas-
fftiment, auquel y a un grand réceptacle servant
ffd'acueil pour recevoir les eaux descendants d'une
tf montagne sablonneuse, appelée la montagne de
"Belleville sur Sablon; au haut et fin duquel aque-
irduct est un regard en forme ronde, et au milieu
(rd'iceluy une forme de puits, servant d'auge à re-
(Tcevoir trois belles sources, descendans en iceluy
irpar trois divers endroits; édifice voûté en forme
fr ronde, appelle ciel de four, gamy de son ouver-
irture pour une lanterne à jour; et en iceluy deux
fr descentes de pareille forme ronde, édifice artule
fret curieusement bâti : desquelles noues ou esviers.
iten l'an 1 457, en fut refait de neuf environ quatre
rrvingt seize toises de longueur, le surplas desdits
rr aqueducts ou canaux basty de grande antiquité."
( Théâtre des antiq. de Pari», p. 1 069.) Les cinq fon-
taines alimentées par ces conduites étaient, selon
notre auteur : 1° la fontaine des Halles, qui était
contiguë au Pilori , et que les anciens plans mon-
trent , en effet , à côté de cet édicule, dans la direc-
tion de la rue de la Chanvrerie; a° les deux fon-
taines de la rue Saint-Denis, c'est-à-dire celle des
Innocents, attenante à l'église de ce nom, et celle du
Ponceau , qui formait l'angle des rues Saint-Denis
etdesÉgouts; 3° les deux fontaines de la rue Saint-
Martin, c'est-à-dire la fontaine Maubuée, au coin
de ces deux roes, et celle qui était adossée aux
murailles de l'abbaye Saint-Martin-des-Champs.
Toutes ces fontaines ont été reconstruites aux xvi*,
xvn' et xviii* siècles. Du Breul, Sauvai et Jaillot
donnent les dates suivantes: i6o5 pour la fontaine
des Halles; i55o pour celle des Innocents; lôag
et i6o5 pour celle du Ponceau; 1784 pour la fon-
taine Maubuée, et 1790 pour celle du prieuré
Saint-Martin. Toutes ces fontaines remontaient à
une haute antiquité ; il est question , en effet , de la
fontaine des Innocents en 1978, et de la fontaine
Maubuée en 1857. Quant à celles que Guillebert
de Metz ne mentionne pas, ou qui excèdent le
nombre de cinq, fril y a tant de temps, dit Sauvai,
tr qu'on a fait celles de la Croix du Trahoir. de la
ff Trinité, de Saint-JuUen, des Cinq-Diamants, de
rrla Barre-<lu-Bec, de la Reine, de la Porte-Baudets
DESCRIPTION DE PARIS SOUS CHARLES VI. IM
leurs de foinf;''). Le bel hostcl <lo Bureau Dampmartiti, en la (lourarie^ ; lequel Bu-
reau, entre les autres choses de son «.-stal, tcnoit ung poëte de forant auctorité,
appelle inaistre Lorens de Premier Fait; lostel de Digne Ke»|K>nde, en la vieille
Monnoie'**, et autres pluscurs**'.
XXV.
LOSTEL DE MAIKTHK J\QIE8 DtIClué EN LA RIE DE PROUVELLES '^.
La porte duquel est enlaiilic de art merveilleux; en la cour estoient paons et
divers oysuuux u plaisance. I.^ première salle est embellie de divers tableaui et
escriptures don.sei{;ii(;ni(;iis alacliiés et |)endus aux parois. Lne autre salle raemplie
de toutes manières diiislrumens, harpes, orgues, vielles, guitenies, psalterions et
autres, deuquelz le dit maistre Jacpies savait jouer de tous. Une autre salle e»toit
garnie de jeux deschez, de tables, et dautres diverses manières de jeux, a grant
nombre. Item une belle chappelle ou il avoit des pulpitres a mettre livres deams
de merveilleux art, lcs(|uelx on l'aisoit venir a divers sièges loings et prés, a destre
et a senestre. Item ung estude ou les parois estoient couvers de pieres précieuses
et despices de souefvc oudeur. Item utie chandire ou estoient foureurcs de piii-
seurs manières. Item pluscui-s autres chambres richement adoubez de lits, de
itI (Io Mnrlc. (pio pcrsniinn ne sait qui Ira a fait
"faire, non pluH <|ne la fontaine de Sainte-Avoye.»
{Hut. et recli. des nul. de l'ari», t. I. p. aiS.)
<'' L.a miniature deJouvenel des Ureins montre
«trestapic des vins, du lM)i8, de cliurbons, de îam^
"et autres nian-liiindises en nefi.n c'est-à-dire ar-
rivant pur lialeaux. Quant aux "afeutnires.n que
Du Caii|[e enre^rislre sous la forme i^etUremenl et
afeutrècure , r't'-laieut des ohjeU de hanuchement ,
Mn» doute (mur les rhevaux de rhorroi et de ha-
lajfe. Presque tout le ronunerre d'approvisionne-
ment de Paris se fai.suit par eau; il a été n'^lt' |iar
la {p-ande ordonnance de iftiâ, et plus tard |>ar
celle de it'iy'j. (|ue nous avons dt'jù cil«^'.
"' Il existait deux voies de rt* nom. fune, aj>-
|)el('e irla Courorie'i ou rue de la (limrroirie ((lor-
rearii viau), est repr»Wnt<'« aujourd'hui jwr le
tronçon de la rue île Venise qui joint les rue»
Sainl-Denis et Suint -Martin. Ildlie dt'-s la lin du
\ ni' siècle et déugnëe sous le nom de rue Plàirihe,
elle enq>runta aux rorroyeiirs qui l'Iiahitaient la
déuoniinalioii qui lui fut donm-e au siiVIe suivant.
(Voir pour fauln? "Courarie" la note i. p. 900.)
''' l.a rue de la Vieill»- Monnaie, qui joignait i
la rue di>s i.ondiards celles des Écrivains et delà
lleaumerie, a dis|iaru il y a quelques ann^. km
(le l'ouvertun» du boulevard de SâMstopol. et «si
alMorlxV» aujourd'hui par la rtie de Rivoli ; Te
ment en est repn-sentt' par le* maisans
le long de ce boulevard , entre l'angle Doni«rtqo'fl
forme avec la nie de Rivoli et le àéboaAi de la
rue lies Lombards. U est bit mention, dès k COlÊt-
nienccnient du xin* tiède, de la rVie»4laanoie.«
et les maisons dont elle ëtait botdée Mol ditai «-
tuéesia ¥oM(afta. Au xvii'siède.oarappdait rmit
la PuMmetOtrie. sans doute k cause de rindastria
qui avait surc«^lé i la fabricatk» de h »niMMii>. Aa
temps de (îuillel>ert de MeU, « devait être laàéfe
d'un riche ni^^oce, puisque Digne Bespowdt. dont
l'opulenn' élail proveriNafe, y avait sa 1
' Voir, aux a|>pnidif«s. les 1
nous avons pu recueillir Mir Bonaa <
Laurent de Premier-Fait et Digae Respoadt.
'" Voir aux appendices pour les
relatifs à Jacqura Duchie. La nie dis IVaaa«iM,<
laquelle ^it située la BHgHl
|iar notre auteur, aMappeWe fVAwrsi , fVnMmu .
/VaMmftlrsuaewfCt enfin IVsuratr*s(f»nM fm^
iyMrsnm ). Les prêtres de Saint-Enstache y deawi
raient d«s le ini* tiMe. La piaa gi— de partie de
cette vote est compriM ayardlni daw h» Haies
centraiea. dont dla bnw ■» rw <
200 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX,
tables engigneusement entaillies et parés de riches draps et tapis a Offrais (". Item
en une autre chambre haulte estoient grand nombre darbalestes, dont les aucuns
estoient pains a belles figures. La estoient estendars, banieres, pennons'^*, arcs a
main, picques, faussars'^', planchons W, haches, guisarmes'-'), mailles de fer et de
plont, pavais(^>, targes'"'', escus, canons et autres engins, avec plenté darmeures;
et briefment il y avoit aussi comme toutes manières dappareils de guerre. Item
la estoit une fenestre faite de merveillable artifice, par ia(|uele on mettoit hors
une teste de plates de fer'" creuse, parmy laquele on regardoit et parloit a ceulx
de hors, se besoing estoit, sans doubter le trait. Item par dessus tout lostel estoit
une chambre carrée, ou estoient fenesfrcs de tous costés pour regarder par dessus
la ville. Et quant on y mengoit, on montoit et avaloit vins et viandes a une polie,
pour ce que trop hault eust été a porter. Et par dessus les pignacles de lostel
estoient belles ymages dorées'"'. Cestui maistre Jaques Duchié estoit bel homme,
de honneste habit et moult notable; si tenoit serviteurs bien moriginés et instruis,
devenant contenance, entre lesquelx estoit lun maistre charpentier, qui conti-
nuelraent ouvroit a lostel. Grant foison de riches bourgois avoit, et dofliciers que
on appeloit petis royetaux de grandeur.
Lostel de Guillemin Sanguin, en la rue Bourdonnois'"", dexcellent édifice, ou
il a de sereures autant comme il a de jours en lan. Les hostels des evesques et
prelas en grant quantité, des seigneurs de parlement, des seigneurs de la chambre
des comptes, des chevaliers, bourgois et divers officiers. Entre lesquelx estoit lostel
'•' Ce mot se trouve sous les formes suivantes :
Orfrais, orfrois, orfrays, orfreis et aurfrés; en latin
aurifriffia et orfresium; il désigne une frange d'or.
'*' Le pennon était plus particulièrement l'éten-
dard des bacheliers, et quekjuefois celui des écuyers.
''' Le faussarl, fausart ou fauchon (Jalsarim)
était une -sorte de poignard.
''' On appelait planchon (plansonus) une manière
de pique ou d'épieu; le diminutif était ///««cAoncAe/.
''' On désignait sous le nom de guimrme une
hache ou demi-pique dont s'armaient les guysar-
miers.
'*' Pavais pour pavois.
''' Le mot large avait cinq acceptions : c'était
ou un bouclier de forme déterminée, ou une arme
défensive quelconque, ou une épée de Turquie, ou
une monnaie , ou une embarcation ; il est employé
ici dans l'un des trois premiers sens.
<"' Voir dans le Traité des louanges de Paris,
p. 59 , la note relative au mot plata. Quant à la
" teste de plates de fer creuse -r dont il est ici question ,
c'était un appareil en lames de fer, qui permettait
aux assiégés d'observer sans danger les assiégeants.
■'' Cette curieuse description nous remet en mé-
moire les détails que donne Christine de Pisan sur
la demeure d'une marchande de Paris, récemment
accouchée, à qui elle va faire visite. L'ameublement
y est d'une richesse égale à celle que Guillebert ad-
mire chez Jacques Duchié. (Cité des dames, Paris,
i536, fol. 107 v°).
""' La rue des Bourdonnais, où était situé l'hôtel
deOuillemin-SangUin, existe encore, mais elle s'est
augmentée , vers le sud , des rues Thibaull-aujc-bés
et de l'Arche-Marion. Au temps oîi écrivait Guille-
bert de Metz , on y remarquait la grande maison
des Cameaux, acquise en i363 par Philippe, duc
d'Orléans, frère du roi Jean, et vendue peu de
temps après à Gui de la Trémouille, qui l'habitait
en 1898. Sauvai constate que cette maison seigneu-
riale cessa pendant quelques années d'appartenir
aux Li Trémouille, qui la rachetèrent en i4ai.
N'aurait-elle pas été, pendant cet intervalle, ha-
bitée par Guillemin Sanguin, sous le nom duquel
Guillebert de Metz la mentionnerait? C'est une con-
jecture que nous nous permettons. (Voir aux ap-
pendices pour la famille Sanguin. )
DESCRIPTION DE PAIUS SOLS CHARLES VI. SOI
de mre Mille Baillet en la Voirrie^*', qui estoit trésorier du Hoy;ou quelhoitel ettoit
iiih; cli!i|)|)<-lle ou len celehroil ctiuscun jour loflice divin. Il y avoit Miles, cliamhret
el usludes en bas pour domourer en est*'* |>ar terre, et en liauit tout |>areilleni(rnt
ou len iiabiloil en vver; si y avoit dos voirrieres autant qui! a de jours en lan.
Avec ce, ledit sire Mille avoit hors Paris, de trois costez de la ville ou ses héritage»
estoicnt, si (jrans iiostel/, a liaiilte court et basse, que unj; granl prince se y logoil
bien. Au.ssi |)luseurs autres avoient des beaulx liostelz dehors.
Entour Ciiastelet vendoit on sel, fruit et herbes, et aussi y faisoit on tout lan
cliappeaux de diverses fleurs et verdeurs; et devant Chastelet estoit la {;rant bou-
ciieric''^'. Devant lostel de lamiral, lez Saint Jehan *'\ estoit une diverse grossi*
pierre de merveilleuse façon, que len nomme le Pet au Deable'**. Et a la porl<'
Baudet vendoit on moult de vivres (^'.
XXVI.
LES RIKS DE LA BASSE PARTIE DE LA VILLE^'''.
A commcncier de sur Grant Pont à la Pierre au Poisson ^''s de la a la rue de la
Saiinerie, ou len vendoit les saussiches'" .
'■ I.n nie île In \ rrrerie a ('•(•'' a(i|t«lëe «uccessi-
veiiienl Voirerie, \oirie, I arène et Terrene. Jailiot
croit qu'ollo devait ce dernier nom à un verrier ou
vilriiM' (|iii riinhilnit. (Voir niix Appendices les dë-
lutU iviiitii's ù 1(1 lainille Idullct.)
'*' l.ii Griiiiile-lloiiriterie u ël»! longuement dt"-
ci-ilc par les historiens de Pnri» : Pijrnniol en |»or-
tirulier (De»cri[>lion de la rille de Pnrii, t. II.
p. i5i) et Jiiillot ((Juarlier Saml-JncffurM-la-Bou-
rlinie, |i. 17) ont donne des dëloils Irès-circons-
liincii'H sin- raiiriennelë de cet étnblisseiiient . se»
d<'|HMi(lanrrH, ses diverses reconstructions el le
Moiiihrc rirs ('taux qu'on y comptait. Elle ëtoit si-
dur. coMiine on le sait. pn-s<|ue à la naissance de
la ruf Saint-Denis. eiiln> le (jrnnd (iliâtelet cl la nie
Saint -Jan|u<>H- la -lionclicrie. qui lui devait ce sur-
nom.
L'amiral dont il est ici ipicsliou |H>nrrail liien
•MreJean de Ik-uil, comte de Saiictin-.donl le |H'n'
perdit la vie à Azinciiurt. el qui jjnerroya lui-
nit^me ovec une |frnnde énergie conli-e les Anj^lais.
Sauvai nous appivnd que son liôlel était situé rue
llarir-<ln-llec. c'est -à-diiT liV-s-pi-î"* dn Pel-au-
Diiible, par «niM^pient tle». Saint Jehan.»
'*' Sauvai, l. I. p. i.''>7 de ses llerhrrche* , rte.
cite un nrr^l du Parlement, du lû novembre t liiu.
on il est parlé de la pierre dite du Pet -oh- Diable.
M. Iluiinardul , qui avait iléjii rcproiluil ce passage
■l»T. — I.
dans les extraits <|u'il a donnés de GniUebert de
Metx ( ÉhuU» *ur G. Corroul, p. 3a). en parie piM
longuement p. 1 9 de ses DiêterUOmm mar Im m-
ceinte* de Pari*. D'après ces mois *de meralaHe
façon , " il |>enseqne cette pierre était ornée de taàp-
tures. Elle aurait, en tout cas. donné aoa Ma k h
rue où elle était situiV- . et qui joignait Tégliae Sainl-
Jean-en-(îrève à la nie de la Tiseranderie.
'*' C'est le marché Saint-Jean . établi sur rem-
placement de l'ancien cimetière , ei mentionné daas
le RtMe de la Taxe de i3i3 Mos eenon: «le 1
ciai Sainct Jelian. 1
-*' L'auteur reprend ici sa nomeiidalure des 1
de Paris ; l'onire dons le<|iiel il les énumère est
pres<|ue idenliqiiement cdui qu'a suivi Giiiilol. W
qui nous mnlimie dans la pensée qw 1
affaire à une copie en prose, où tootesks I
nécessitées par la rime ont été 1
(^ La Pierrriim-Poiitom était 1
iMiit le droïKl-t ihAleiet an coochmrt e( alwalamal h
la me de la Saiinerie. Elle devait ce nom ma pirrm
qui y étaient disposées el sur letquellet k» pois-
sonniers étalainil leur marriiandise; on k trouve
mentionnée dès le xii* siècle. L'emplacMMat ^'de
ocru|Niil est couvert aujounThni par le tbéltn dn
ChAleM.
' l.arueA'Jn&nracrWjotgnaakViedle-^Bllée'-
il<>-Misère ^|>ar1ir orienlak d« «|Mi de k Még»-
•G
202 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
La A/es^Mtmc''';
lescole Saint Germain, ou en vent le bois'^';
la rue des Lavendiercs '',
de Jehan Lonlier^,
de Berthin Porée(*\
de Guihen^''\
de Maie Porole'",
Gosselin <"',
série) à la rue Sainl-Germain-rAuxeiTois; elle de-
vait celte dénomination à l'ancienne Maison de la
marchandise du sel, qui en était voisine. Citée dès
le xiii' siècle, la rue de la Saunerie n"a dispani que
dans ces dernières années, pour l'ouverture de
l'avenue Victoria et la construction du théâtre du
Châtelet. En sa qualité de Lorrain, Guillebert de
Metz n'ouhlie pas de dire qu'on y vendait des
trsaussiches.»
''' La Mégisserie devait son nom à l'industrie
qui s'y était étahlie. Appelée d'alwrd quai de la Sau-
nerie, parce qu'elle était voisine de la Maison de la
tiiarchandise de sel, puis Vallée -de -Misère à son
extrémité orientale, elle était connue vulgairement ,
surtout dans les deux dei-niei-s siècles, sous la dé-
jiomination de quai de la Ferraille, a cause des
marchands de fer qui y tenaient boutique. C'était
le siège de l'industrie des racoleui-s. I^ construction
de ce quai remontait à l'époque de Philippe le Bel;
antérieurement le terrain descendait en jiente douce
jusqu'à la Seine , et la rue Saint-Germain-l'Auxerrois
('tait la seule voie de communication entre le Châ-
lelet et le Louvre.
'•*' Le quai de l'Ecole fait suite au quai de la Mé-
gisserie. Un article sj)écial lui est consacré dans la
Topographie historique du Vieux Paris, région du
Louvre et des Tuileries , I, p. 3o.
'■'' La rue de-i Lavandières - Sainte - Opportune
existe encore, quoique coupée en quatre tronçons
pai- l'avenue Victoria, les rues de Rivoli et des
Halles. Comme son homonyme de la rive gauche,
elle fut primitivement habitée par les .Nausicaa de
la capitale ; on la trouve mentionnée dès le xin' siècle.
'*' La rue Jehan-Lointier est mentionnée dans des
liti-es du xh' siècle; le nom de Lantier, qu'elle porte
aujourd'hui, est une altération de la forme véri-
table. Sa partie occidentale joint encore la rue des
Lavandières à la rue Bertin-Poiréeet constitue, avec
quelques ruelles avoisinantes, tout un vieux quar-
tier caché au milieu des constmctions somptueuses
(pli l'enserrent de toutes parts. La partie orientale a
été reconstruite et aboutit à la rue Saint-Denis.
'*' La rue Bertin-Poiréc ou de Berlliin-Porée , selon
notre auteui-, devait ce nom, qu'on lui donnait
déjà dans la première moitié du \ui' siècle, à un
bourgeois qui l'habitait. Raccourcie à son extrémité
septentrionale j)ar l'ouverture de la rue de Rivoli ,
élargie dans le reste de son parcours et augmentée
'de l'ancienne ruelle des Fuseaux, qui la fait dé-
boucher sur le quai, elle a Iwaucoup penhi de son
ancienne physionomie.
'*' Cette rue Guibert n'est jws indiquée dans le
Dit de Guillot ; mais on la trouve dans celui que
(îéraud a imprimé à la suite du Rôle de la Taille de
laga. Elle a du s'étendre de la rue Bertin-Poirée
à la nie Béthisy, car Jaillot a constaté qu'en i .3oo
il existait sur ce point une rue Gilbert-Langlois , d'où
l'on aura fait, en supprimant le nom patronymique,
(îilbert et Guibert.
'' La me de Male-Parole ou des Mauvaises-Pa-
roles se confondait autrefois ou avait une entrée
commune avec la me des Deux-Boules, quoiqu'elle
en soit reslt'e distincte jusqu'à sa suppression pour
l'ouverture de la rue de Rivoli. Elle jwrtait déjà ce
nom dès le xn* siècle, concurremment avec celui de
Mauconseil; j)eut-ètre formait-elle une équerre, dit
Jaillot, car on l'appelait, au xvi' siècle, rue Guil-
laume-Porée, ce qui semblerait indiquer un abou-
tissant sur la rue Bertin-Poirée, par où elle aurait
touché à la me des Deux-Boules.
'*' Gasseliii ou Perrin- Gosselin était une meUe
qui réunissait la me Saint-Denis à la place du
Chevalier-du-Guet, d'où elle était continuée par la
me de ce nom jusqu'à celle des Lavandières; toute
la région se nommait, du xni' au xvi* siècle, le
Perrin-Gasseliti. La formation de la place du Châtelet
et l'ouverture de la me de Rivoli ainsi que de l'ave-
nue Victoria ont fait disparaître cette ancienne voie.
DESCRIPTION DE 1>AHIS SOLS CHABLE8 VI, SfS
la rue la Haubergme'^;
la Tablelcrie <", ou len faisoil pignes, œilles, tables et autre* ou-
vrages di voire;
a Petis Soulcrs'",
le cloislre Sainte Oportuue'^^
la Charoiiiicrie'*',
lu Ferronnerie,
(le Baudoin Prenage'*',
de Haoul lngnier^''\
des Deschargeurs**' ;
la place aux Pourceaux''''*,
la rue de« Bourdonnois'"*',
''' Il fiiiil l'oroiinaUrR iloiis lu lltiul>rr/ferie i\v
noli'e iiutciir In riip di; lu llnnin/ferie , (|iii u Hiilii
d'ailleura pltisieura autrot olU'ratioiM. Giiillot écrit
lléilm/fm'f ; iiii (mIi'I du xv' «icrln iloiiiic Arongerie ,
('( l'on Iroint- llniiclifrie «Ion» Corrozfl. Elle devait
Hoiu doute cette dëiioiuinatioii au poiHson (|u'on y
vendait, et non li un l'icf I lurent, dit Jiiillot. L'ou-
vcrturr <lr lu rur dt-s ilullf-t l'u fuit dis|Mirnttrp.
'*' La Tabletterie joignait In nie Suinl-Driii» au
doitre Sainlo-()|>|iortuno; elle t'tnit fort ronrte. Au
comnipnrpnirnt du \m' hiMp, on In nonunnit In
llauterie; on l'u u|i|><'i)'o (>nsuit<< In Cordouunrrie , In
rue Saillie-Opportune , et enlin In Tabletterie, dëno-
minnlion con-iciNn' jnH(|n'ù l'ouvoiinn' do In nie
d)'s ilulirs. dunslui|ucllc l'IltM^^t enijIolN'f. (inillolirrt
de Metx dnumère les objets qui lui avaient volu ce
dernier nom. et <|ni n|)|MirtieniH*nt , en eiïet. à Tin-
dii>lrii' du lidtli'lier,
La rue ira Pelis Soûlera* est d<%i{;iH'e ii |)eu
|>W'S df lu nit^Mio mnnii'>r<< dnns le Dit de (luillot.
Mais i|u etuil-ce (|iio celle rue ^ a |>«'tis soulers de
Ixizeiuie?- Siuival |M'nrlie [lour In rue de l'Mffuil-
Irrir , (|iii contoiirnuil IV'|jli»c Sainlo-O|)|>ortune nu
nor<l: Juillol rmil. nu rontraire, <|u'il H'a{jit de In
me Courldlon, <|ui en lM)nlnit le chevet nu sud.
(jes deux voies existent encore, mais elles ont. en
grande |>nrtie, |)enlii leur nnrien ns|iert.
" Le cloître Sninte-OpiMirtime élnil fonnt' |>nr l«>s
deux mes indi(|u*^ dans la note pn'n'deiite. <>t
nvnit son enlnv sur In pince de ce nom. On |>«'Ut
enniiv en délerniiner le |i<Tini^tre.
'*' Ln Charronnerie (ricm kiir<mnorvm) <'t«il une
section de la Ferronnerie, comme sous ce dernier
nom dès le milieu du xm' sitVIe. ('.<s deux dénomi-
nations s'nppli(pinient, l'une h la |Mrtic orientale,
louln ., ■ , |. 1 hc fircidentale <!«' U vo^. La raedr
lu Kenoiiiirui •■-{ ii'li-lriT diilu l'bisloife pw Tm-
sassinat de Henri IV ; elle nisl« encorr aujoanThai.
' U rue de AnM<oM-/V«Myt, que GuilkX a|H
|telle Bmdom^-PrtHgmt, a doantf lirâ k une ducu»-
»ion assex vive entre les bisturiem de Paris. Sauvai
et l/< R«>ur l'ont confomlup avec la rue Raoul-Lave-
nier («lu Plat-<r^2tnin); Jaillot. en lui restituait soo
vt<rital)le nom de Itollim-pnud-gage , soaticBl oa'de
était (Mirallèle ii celte n». mais qu'elle en est rt»tér
distincte; elle existe encore II Tétot d'iniiHiste entn-
la me des Fourreurs et celle du l'Iat-d'btain.
''' On a écrit successivement Haornl-F Àremtrt .
Ikmland-l'Arenier, Haoul-le-Vanmtr et lUuml'ljm-
lemier. Cette me. <|ui est àUe dèa la lin du
xiu* «iède. existe encore sms le nom de rue ^«
Plal-4'Ètain : elle réunit les nies des DëclMifMn
et des Lavandiércs-Sainte-Opporluue.
'''Guillot mentionne «lesie^a I)escaiti>eears.<
Ce siège nux di'chnrgriirs était une voirie oa dé-
charge puhliipie. comme la 'place aux Po
et le carrefour Guillorv'. qui en Hnm
La me se fomin plus tanl |tar suite de Ta
ment de Paris, el tes iiumoadioet forçat
plus loin. Raccooràe i sim eilrénii^ i
|>ar le perreoienl de la rue de Rivoli, la nie «las
l)<'chaq^urs vient li'Mre entamée de iio«v«aa. k
l'autre extn'mité. |Mir la me des llaBea.
<*^ La plut» mu /Wmwax, dont il (■( i
dans la note précédmle, était k ca
par ht niea de la FcfTOHMrie et des Dédavfaan.
" La me dtt m «ai- Bimi aii. qae Cail-
lot «Vril 'S BonrdnoM»,* partait, è h fla da
xm' siècle, les noms de Adm»-MmÊtim et de Sa*
Gmllimme-Bmritn , aotahle* habitants qui v de-
«6
204 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
la rue de Thibaut aux Dez''',
de Bethissiî^),
de Jehan dOrleans'",
de Tirechappe '*',
la cave [sic) de Ponthis '^',
Gloriette"^),
lArbre Sec,
Cul de BaconW,
la fosse Saint Germain**',
iiieuraient sans doute ; ce qui explique la dënoiiii-
iiation plurielle qu'on lui donnait déjh au comnien-
œment du xiv" siècle. La rue des Bourdonnais existe
encore aujourd'hui; seulement on l'a augmenta»
des rues Thibault-aux-D(?s et de l'Arche-Marion ,
i|ui la continuaient au sud.
''' On a écrit de bien des manières les mots
Tliibault-aux-Dés : Jaillot ne donne pas moins de
six variantes , sans compter trois traductions latines
(Quartier Sainte-Oppnrtune , p. Sa). La rue, qu'on
trouve mentionnée dès le commencement du
xni' siècle, a conservé en partie son ancien aspect;
fille forme, depuis quelques années, une section de
la rue des Bourdonnais; mais son jjarcours propre
est très-facile à déterminer : il s'étendait de la nie
Saint-Germain -l'AuxeiTois h celle de Rivoli, point
où la rue Thil)aiilt-aux-Dés aboutissait à la rue Bé-
Ihisy.
'*' La rae Uéthisy, qui a été absorbée dans la
rue de Rivoli, joignait, par un coude, la rue
Hertin-Poirée aux fossés Saint-(jermain-r.4uxerrois.
Dès le xiii' siècle, elle portait deux noms qu'elle
devait évidemment h des habitations jjarticulières :
il l'est, c'était la rue Béthisy; à l'ouest, c'est-à-dire
entre les nies de l'Arbre-Sec et de la Monnaie, on
la nonmiait rue au Cums ou Qunim de Ponthis,
parce que le comte de Ponthieu y avait un hôtel
dont l'entrée était sur la nie de l'Arbre-Sec. L'édil
de 1 702 a donné à cette section le nom de me des
Fossés-Saint-Germain. La rue de Rivoli n'a épargné
que l'extrémité occidentale de la rue des Fossés-
Saint-Germain-l'Anxerrois. On sait que l'amiral
Coligny demeurait rue Béthisy.
''' Selon le Dit que Géraud a reproduit et que
Guillel)ert de Metz parait avoir suivi assez exacte-
ment, cette rue fr Jehan dOrleans." dont Guillot ne
parle point, ne serait autre que la me, Jean-k Gou-
tter ou Jean-Léveiller, appelée depuis ruelle des
Troig- Visages. S'il n'en était point ainsi, il faudrait
supposer qu'une troisième section de la rue Béthisv,
ou une partie <le la rue Tirechape , a pu porter le
nom de Jean-d' Orléans.
''' La rue Tirechape , dont il restait un fragment
assez bien conservé à son débouché dans la nie
Saint-Honoré , vient d'être absorf>ée par la me du
Pont-Neuf. Jaillot a constaté qu'il en est fait men-
tion dès la première moitié du xiii* siècle, et il in-
cline à croire qu'elle devait son nom aux sollicita-
tions indiscrètes des fripiers qui l'habitaient.
'*' Voir pour cette nie ce qui a été dit de la rae
Béthisy.
'"' Gloriclle ou Daine-Glorietle n'était autre chose
que la me Baillet, qui existe encore (entre les mes
de la Monnaie et de l'Arbre-Sec). On ignore l'ori-
gine de la première appellation ; mais la seconde
était due à une ancienne famille parisienne, qui avait
peut-être sa demeure dans cette rae.
''' I^ Cul-de-Bacon ou Col-de-Bacon est appelé le
Coup-de-Baston dans un Dit du xv* siècle et le Cowt-
Bâlon un peu plus tard. Sauvai cite un compte de
confiscations de 1 4 9 1 , où est mentionnée une <r mai-
'sona estuves» nommée le Co/-rfc-B«con. C'était une
impasse qui, réunie à celle de Sourdis, formait
une rae alwutissant il'une part à la rue de l'Arbre-
Sec , et de l'autre aux Fossés-Saint-Germain-l'Auxer-
rois. Jaillot croit que cette voie devait son nom à
Adam Chardeporc (Chair-de-jwrc), qui possédait,
au \m' siècle, plusieurs maisons dans cette région;
le mot Bacon, que la langue anglaise a conservé,
s'expliquerait alors de lui-même. Cette impasse a
disparu lors de l'ouverture de la me de Rivoli.
'*' La Fosse ou le FosséSaint-Germain faisait pri-
mitivement partie de la rae Béthisy, ainsi que nous
l'avons dit à propos de cette voie; c'était la me "au
irCuens de Ponthis ^ et aussi la Fosse-aur-Chiens ,
dénomination moins pompeuse qu'elle devait à la
DESCRIPTFON DR PAfUS SOUS CHARLES VI.
le trou Hcrnarl*",
la poiio du Louvre,
H;miI(! Iliclie**'.
A la porto Saint Honnori^ demeurent les drappiers.
La rue dAvijjnon '*>,
de Jelian Tison'*',
la crois du Tliirouer'*',
la me de Neclle'*',
du IW\
des Estuves'",
du Four"",
SfS
proxiniiU^ ri'iinn voirie, l/fklit de 1709 lui donna
lo nom (lue p)rte encore iiiijoiirrriiiii le (ronçon
re»|terlr [>nr In nie do Hivoli. On snil que le Fos§«^-
Snint-(fennuiu nvnit rl(^ creuM^ pnr lex Norinandu,
en 866, loroqii'ilii (établirent leur ranip dan» cH
endroit.
'" Le If Trou-Bernard," (h^noinination oltt'r^.
eut nientionn(^, en 1971, «ous le nom de TruHcus
Itfnuinli (Tronr-Rcrnnnl). A pnrtir du w* si(>cle,
dit Jiiillot, on In n|>|iel<' rue du Dfmi-Saint, parce
«ju'une statue h inoiti(' liri.s('e y avait M mine pour
inlenlire l(> pnssnfje nux ciievnux. (letti- ruelle fni-
snit conuniuiiipier le cloilre Snint-(!erinnin nvec In
me de» Fo»s«^s. l/enipincenient qu'elle occupait est
ninnpii' niijourd'liui par la façade de la mairie du
1" nrrnndissenienl.
'•' !,<• Louvre, la nie d'Autriche et la Porte-Stiint-
Honoré ont M, de la part de M. Adolplie Berly.
l'ohjel d'i^tudes nppmfondies. (Voir lo Topographie
ImUtrique du I ieu.r Pari* , ii'jfion du Louvre <>! des
Tuilerie», I, p. 7, ii3, i64, etc.)
''' (îuillel)ert de Mcir. appelle rue d'ArigHon la
nie d'Averon, Arron n\\ Dnveron, noms qu'elle
devait, dit Souval, soit au hameau d'Evron ou
d'Vvrou. pi-t^ Neuilly-sur-Maroe, soit Ji un prieun-
de I)nYi<i-()ii , près l'oissy ; les seigneurs d'Evmn ou
le prieur de Dnveron y auraient eu un liAlel. Ro-
l>ert de Unilleul. clerc des Ooniples, y denieurnil
l'ii i/i'j,'t, et Jnillot |>ense qii(> {eWp a 6U'' l'orijjiiie
de la d(<noiniiinlii>n niiuv(>lle. Lo rue Itnilteul. qui
existe encore, fnit rnniiiiiiniquer la rue de l'Arlire-
Sec À In rue du Louvre (ancienne me des Poulies V
'*' Ln rue Jean-Ti»oH n'est plus qu'un Ironçim
de quelques nuMres tenant h h nie Railleul; la me
de Hivoli n em|)orti! loule In partie m«'ridionale de
celle voie qui aboulissuil aux FoM^-Sainl-Ger-
main. Elle devait son nom k une noUbie famille
parisienne, dont il est fait menltoa dis le ui* tiède.
'*' La ir(}roix du Tliirouer^ forme un artide
étendu dans la Topographie historique dm Vieux
Paris, rég. du l/nivre et dei Tniieriei , 1, p. (9.
<*> I^ rue d'OrUant-Smnl-Himor^, qui M |M«-
kmgeoil joaqn'à la me CoqnilKra avuit k cow-
tniction de TliAtel de Soiiiooa, Aait a|>peiée. «■
xiii' siècle, rue de S$$U ou \teHe, nmmitllmlk
ou Nigelta, k caoae de rhAtel que Jean, arigaeur
de Nesie, y possëdait et qui fut détruit poor faire
|)lare h In demeure de C.otlierine de Misliris. Le a^
jour que le roi de lloli^me lit dam rhAlcl de NmIf
amena , pour lo me , un Aaafentall ie àfaoaù-
nation; enfin, dans les demièrea amiëea do uv*
si^le, elle prit le nom du duc I.aa» d'Oriéma.
nouveoii proprii'Uiire de l'IiAtel. Elle etisie ewfww
sous celte m^me appellation.
^ Celle me, que le Dit de la iHlilintlx'qae OM-
lonienne ap|M-lle du Pet, ne aerail-dle pool edfe
((ui est menlionnëe par Contuet aont le nom de
Prmtoir-dm-BrHaaé'Aênl.ktamed^ttahtle^W'
sin appartenant «a eonnélable d'.Albrrt? Dmb ce
cas , il faudrait y voir, soit un tronçon de la me daa
Deux-F^iis, qui avait CMore. au wi' Merle. Iroia
np|>rllalious dilTi^miiM, aoit une rae Rmmt-ilmim-
cet, ou Hnoul-Vucei , que le oMaier de TMAi in-
di(pie fn i37«, soit enfin une portion de h me
Saiiit-iionoré.
<*' Dea étanê pmir damea niatiitnl da» mIIb
rue dèa k eonuMneeneat dn tn*iiè(le.EB i36o.
elle se nommait d^ rae das VitiÊm Éimm, appel*
laiion ipii vient d'Atrc Muafée «aalre k •«■ d'an
historien de Parts (Sauvai). EBe fait coaHMMfMr
la rue Saint- Honore avce cela dea Dan-ficw.
"' U me dm Fmr (fw Vwn«in) a
206 DOCUMENTS ET ÉCRITS OHIGINAUX.
la rue des Escus<",
du Chasteau'^',
des Pilonnes (^), a la Crois Neufve***,
de Montmartre'*',
du Prestre de Saint Eustacet®',
la Tonnelerie*'';
la halle au blé'*', et toutes les halles de draps, de pain, de farine, de vieilles
robes, et dautres diverses choses.
jusqu'à ces dernières années le nom qu'elle devait
au four banal situé dans la Couture de l'Evêque, et
qu'elle portait déjà dès le milieu du xiii* siècle. On
y remarquait l'hôtel du duc de Berry, qui passa au
connétable d'Albret et donna son nom à une rue
voisine. La formation du périmètre des Halles cen-
trales et la comnmniealion projetée avec la Halle
au blé changeront la physionomie de cette rue.
''' Nous voyons reparaître ici , sous une autre dé-
nomination, la rue du Pressoir-du-Bret,qui fait l'ob-
jet d'une note précédente. Une enseigne des Eau, ou
des Deux-Ecug, a donné son nom à toute cette voie,
dont elle ne désignait primitivement qu'une partie.
'*' Cette rue est désignée par Guillot sous le
nom de irChastiau festu.» I^e Castellum festucte
dont il est ici question est l'objet d'un savant ar-
ticle dans la Topographie historique du Vieux Pari»,
rég. du Louvre et des Tuileries, I, p. 5o; il avait
donné son nom à une section de la rue Saint-Ho-
noré. Toutes les variantes sont indiquées dans l'ou-
vrage auquel nous renvoyons le lecteur.
''' Guillot place ici la rue ra Prouvoires,» et
il a raison; en quittant la rue Saint-Honoré ou du
Château-Fétu , il était logique de prendre la rue des
Prouvaires qui conduit à Saint-Eustache et à la rue
Montmartre. La rue (tdes Pironnesi ne saurait
donc être confondue avecla rue Pirouette, située au
delà des Halles ; il y a là une erreur de copie. Pour
la rue des Prouvaires, qui vient de disparaître en
grande partie, voir la note 5 de la page 199.
'*' Le plan de Dheulland montre, entre l'église
Saint-Eustache et la rue du Jour, une ruelle qui
était parallèle à cette dernière voie, et que Jaillot
considère comme la rue de la Croit -Neuve men-
tionnée par Guillot et Guillebert de Metz. Cette rue
aurait disparu lors de la construction de l'édifice
actuellement existant, et il en serait resté le pas-
sage qui fait communiquer le portail du nord avec
la rue Montmartre. Sauvai et Le Beuf croient qu'il
s'agit de la nie Traînée, qui contournait l'église au
sud depuis la rue du Jour jusqu'à la pointe Sainte-
Eustache. Cette opinion ne manque pas de vrai-
semblance.
''' Le chemin, qui est devenu la rue Montmartre,
est une des plus anciennes voies de Paris; sa direc-
tion, qui tend vci-s la butte oîi la tradition place le
martyre de Saint-Denis et de ses compagnons, n'a
|)as sensiblement varié. (Voir Jaillot, 17' quartier,
p. 35 et suiv.) La partie de cette rue existant à l'é-
poque de Guillebert de Metz s'étendait de la pointe
Sainte-Eustache à la rue des Fossés-.Montmartre
(d'Aboukir).
'*'• Cette rue du w Prestre de Saint-Eustache, i que
Guillot ne mentionne point, si ce n'est sous le nom
de Raoul Roissolle, voie qu'il place immédiatement
avant la Croix- Neuve, paraît être positivement
l'ancienne rue Tramée, dont il est question plus haut.
Sauvai affirme qu'en i3oo elle s'apjielait la ruelle
au Curé; et , dans le Rôle de la Taxe de 1 .3i 3, elle
est dénommée ruelle au curé de Saint- Huijutace. La
rue Traînée a disparu , il y a quelques années , lors
de l'établissement des Halles centrales.
''' La Tonnellerie, dont les derniers vestiges vien-
nent de disparaître, était la me ou le chemin rsoubs
ffles grands piliers des Halles. » Dès le xni* siècle,
elle était connue sous ce nom. Les piliers , dont notre
époque n'a vu qu'une partie , régnaient encore à la fin
du siècle dernier, presjpie tout le long du |)ourtour
du marché, c'est-à-dire depuis la rue Saint-Honoré
jusqu'à celle de la Cossonnerie. Ils ont eu leurs
jours de splendeur, comme la Salle des merciers au
Palais, les arcades de la place Royale et les gale-
ries du palais de RicheUeu.
'•' Guillebert de Metz mentionne ici toutes les
divisions du grand marché parisien, que Jean de
Jandun et Raoul de Presles nous représentant
comme un immense bazar. Les galeries primitives
devinrent des rues : la Fromagerie, la Cossonnerie,
la Cordonnerie, la Petite et la Grande-Friperie, la
Poterie, la Lingerie, etc. Quelques-unes de ces
DBSCHIPTION DE PARIS SOLS CHARLES VI.
Ln rue du Feurre''', ou demeurent le» rnercliiere;
la Corlionnerie^'), ou ien vent poullailie<(:
des i'resclieurs''',
de la Cliaiiverie'*',
a Maudeslour'*',
au carrefour**',
«le Jelian PourchfiM' ,
307
rues )'\jiit)'iit encore à l'éUil de Iroiiroiis. Ix?h liis-
liirieiiH (le l'iiriK, nnlnniineril Sauvai (liv. VII,
j). 6'i7 cl Huiv.) et Jnillot (Quartier de» llnlkê,
|). fio), nul rnronli' les ori(pnes el expniM? le» déve-
li)|i|)enients des llnlieg de Parii*, dejHiin le niarrlu^
Polii, dnn» la CÀlé, juH(|u'aiix dernifirn «(frandintM--
nienls des (lliani|)eaiix.
'' l,n l'iie du h'fiirre ou au Feurre «il upjtelw! |Mir
(iiiillol frn r«>vrc.i Un documenl de. i39t la dë-
sifrne niiisi : vicus Fabri juxta llalas; on o écrit en-
suite 'iM.' Fève* ot aux Fer*. Celle voio dtait ondenne ;
elle joi|riinil le niairli<^ de» Poin^n on du Jonlinage
h la nie SniiiUDenis, et lK)rnnit nu nord les rlinr-
niei-s des Innoreiils. Il en rciite un câk^ iUius lo dt's
noniinntion de me lleiijer.
' (iuillot de l'iu'is ér.ril Onutonneric; fîuillelK'rt
de Met/., e\|iriniiint sn prnnoni'ialion , dit -(ioclion-
"nerie.o connue il fVril "(lliiniclière;" Siuivnl el
IIoImm-I Ci'unI appuient relie leçon; l'un dit qu'au
\\\' siècle elle s'(ip|>elnil via Cnrhmmerie, l'nnlm la
désijpie nous le nom de lin Poiriilariii ; on Iniuve
plus fréquennuent (}}iocomterif , (Mconnerie, eifinfin
('.lutiiimiurir. Celle voie, qui joifpiiiil nutn-fois la rue
de In KniMinfjerie ï\ In me .Sninl-Denis, a l'U? en-
tièrement trniisforint'e; raccourcie du cAti' des
llnlles. nUjpneiitiV dnns In direction du houlevnnl
de S'haslopol, l'Inrjpe dans tout son p.ircnniN. elle
n tout il fait rlionjr<^ d'as|)ert.
''' l,n me des Prrchnim ou au Prèchrur t-Uiit po-
rnllèle à celle de In Cossonnerie; on In rnniinissail
nous ce nom dès le \ii* sitVIe, el elle Ir ilr\.iii soit à
nn de ses linhitnnts.soit n une hôtellerie où |>eudail
I eiwijyne du IVèclieur. Di'lniite en majeure |tartie
Inrs (le la l'ornintion iln |MM'iMiè(n< des Halles n>u-
Irnlis , elle est resti'e h r«<lnl <le tronçon et n'a jjiièn'
conservé que son déitonché sur In me Sninl-I)«Mus.
'" l.a CÀiiHircne , ou (^hnnrrrir, ('.hiim-errerie ,
dham-oirie et Champroirtrie , foisait rouuuuniquer
In me Saint-I)<<nis nviT In nie Mondétour; c'élnil In
Cniiurbière |Nn-isienne, pnistpron lo trouve dmigiHV
dans plusieurs actes en latin sous le nom de Cumi-
Ijeria. Klle n'uiail dét le uifnidB.tiït
(|u'il s'y trouvait au tt'nkle us'llattd d«b mr-
nchandisede poÏMonde mer.* Elle a^alMorii^.
en 1 8/i& , dan* le tracé de la me de RaniialMn.
<'> Guillolëcril.l/M<£r«(o«r;leiRAI«debTaile
de i3oo et i3i3 donnent la roétne nrthnjrapliii.
l/oblM^ I^ Deufcniit que ce mot
détour, c'cst-à-^lire uiaiivaùi paMip, 1
truattil* qui remplissaient les deui rue*
auxquelles ils ont laissé leur nom ; maù de* lilni
du xui* siiVIe désifpient ainsi la nie : rirai fw 4»-
cilur Momletor, aliat MaUeêlor; et serait donc on
nom de climat nu d'Iinliitant. Avant l'auvertare dr
la rue de Rand>ulcau , la rue Mondétour TtniniriH
çait il la me du Cygne et aboatiiNil k edb dw
Prêcheurs. Raccourcie de ce cAté, en i84i, de a
été, par suite de l'ouverture de la me de Tnriiigo.
considén'-e comme une anneie de ceUe voie nou-
velle, élar^e et alignée avec Tnne des mea coo-
vertet des Halles centrales.
'*' l.e Carrtfimr dont il est id question était . dit
Jaillot. la première entrée des HaUea. et l'on y per-
cevait les droits sur les denrées serrant k l'app»-
visionnement de Paris; (luiilot TappeUe Iê CÊmfmr
de la Tour. Il était situé è l'angle des detii nMS de
In Tmanderte. et on y voyait un puits rrnnmnn.
dit Puiu d'.imour, qui fut rebAli en lôsS. Gniiiol
dit que le puits séparait le rarreCMV, e« qui s'ar-
ronlc bien avec la position indiquée.
') IJi où Cuilleberl de Met< placr nw rue de
Jrhnn Pomrthfirt , (îuilM dit simplement qu'on «oit
une haltilalion appartenant è on certain y«fcm Pitkft-
clou . que le Dtide la biliiiothèque Cotlouiwr ap-
|)elle JrknH PoittiKkrc. Ne faut -3 paa COoduv ds
celte circonstance que notre auteur, copiant sans erv
tique ces deux dorumenis. a pris, non pas le Pirée
pour un liomnte. mais un homme pour u aon de
met C'est la seule conjerture k I
snmMer: à moins, lautabsi, qut .
ne soit autre que Mm Gtlw, pnoaMgu sous la
nom duquel on désignait . an m* «iérle . dit Senvsl .
208 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
la rue de la Truanderie''',
de Jehan Vigne''^',
de Nicholas Buée^^\
de Mauconseil**';
de Saint Denis'^', ou demeurent espiciers, apoticaires et selliers;
la rue aux Seriez ^^ ;
Bourc Labbé'^', ou estoient femmes de legiere vie;
la partie de la rue Mondëtour comprise entre celles
du Cygne et de la Truanderie.
<'' La Truanderie (repaire de Iruands, ou lieu
de perception de l'impôt, treu, tru, Iruaffe) n'est
indiquée par Guillebert de Metz que comme une
voie unique; Guillot, qui l'avait précédé d'un siècle,
est plus exact : il en compte deux qu'on trouve
mentionnées dès le milieu du xiii* siècle. Ces deux
voies existaient encore il y a quelques mois; mais
l'ouverture de la rue de Turbigo en a considérable-
ment changé l'antique physionomie.
''' Jean Bigne, échevin de Paris en 1 381, ou
son homonyme ir valet de l'illustre roi de France 1
et mentionné dans un acte de 1381), a probable-
ment donné son nom h cette me, qui joignait la
Grande-Truanderie aux piliers des Halles. Dans les
titres du xv' siècle, le f a remplacé le A, et l'on
trouve Vigne et Vingne. Au xvii', la rue est dési-
gnée sous le nom de la Réale ( sorte de galère) .
qu'elle devait probablement à une enseigne. Déjîi
raccourcie ])ar l'ouverture de la rue de Randjuteau ,
la rue Jean-Bigue ou de la Réale. élargie par suite
du percement de la rue de Turbigo , ne sera plus
qu'une annexe de cette dernière voie.
''' Le -Dit de la bibliothèque Cottonienne donne
"•Nicholas Unce,i et Guillot, irNicolas .\rode,n du
nom d'une riche famille bourgeoise qui a fourni,
en laSi, un membre à l'Échevinage parisien. Buée
était peut-être un surnom du personnage auquel
la nie devait son appellation. Quant à la voie elle-
même. Le Beuf croit la reconnaître dans la rue
Comtesse-d'Artois (Montorgueil). Jaillot pense que
ce devait être la très-courte rue de la Pohite-Sainl-
Eustache, qui, continuant celle de la Fromagerie
à partir des piliers des Halles, formait le tronc
commun des rues Montorgueil et Montmartre. La
rue de Ranibuteau finit à cet endroit.
'*' La rue Mauconseil, ou Mal-Conseil , en latin
ficus Mali Consilii, est mentionnée sous ce nom dès
le milieu du xiii* siècle; elle le devait probablement
à un de ses habitants. Elle vient de disparaître par
suite du percement de la rue de Turbigo et du
prolongement de la rue aux Ours, qui , en se croi-
sant sur son emplacement, ont mis à découvert le
donjon des ducs de Bourgogne.
'*' La rue Saint-Denis est, comme on sait, l'une
des plus anciennes voies de Paris; au xiv' siècle on
rap|)elait la Sellerie, dans la partie désignée j»ar
Guillebert de Metz , et cette dénomination conGrme
bien les renseignements tpi'il nous donne. Quant
aux épiciers et aux apothicaires, ils n'ont jws. de-
puis lors, abandonné le quartier. En dehors de Ut
porte, la voie se nommait "la grant ruei ou "■la
"chaussée Monsieur Sainct Denys.»
'•' La marche de Guillebert de Metz diflère ici
de celle de Guillot ; mais elle se rapproche de celle
que nous indique le Dit de la bibliothèque Cotlo-
nienne. La porte Saint-Denis , appartenant à l'en-
ceinte de Philippe-Auguste, avait empêché Guillot
d'aller plus loin. Notre auteur ne trouve plus le
même obstacle : l'encemte de Chartes V est cons-
truite; aussi s'engage-l-il dans une rue aux Senei,
qui le conduit au Bourg-l'Abbé. Nous avions lu tout
d'abord « sénestre, parce que la rue aux Ouës.- la
seule qui, de la rue Saint-Denis, puisse donner ac-
cès au Bourg-l'Abbé, est effectivement à gauche de
cette rue , et la rue Bourg-l'Abbé également à gauche
de la rue aux Ouës; mais nous avons trouvé dans
les Preuves de Félibien un arrêt du Parlement de
l'année i5oi, où il est fait mention de la rue au.r
Senes, sans autre indication. Ne faudrait-il pas |)lu-
têt lire anseres, traduction latine du mot oies, au-
quel la rue avait emprunté son nom?
''' Le Bourg-l'Abbé devait son nom, dit Jaillol,
à l'abbé de Saint-Magloire dont il dépendait, et
non à l'abljé de Saint-Martin , qui n'en possédait
qu'une petite partie; il existait dès l'époque ca-
roUngienne, s'accrut insensiblement et fut englobé
dans l'enceinte dite de Charles V. La rue princi-
pale joignait la rue aux Ouës à la rue Grenétat, en
franchissant l'ancienne muraille de Philippe-Au-
guste; elle a été supprimée pour le passage du
DESCRIPTION DE PAIUS SOUS CHARLES VI.
la rue de Saint-Marlin'^ ou demeurent les ouvriers darein;
de Petis Champs'*;
de Bcaul)ourc<'), ou avoit des fillelles en cul de sac;
de Griejfron lanfjevin'*';
des Ménestrels''^', ou Icn tient escoles des ménestrels;
des Estuvcs''';
la TveHscillie, de Berlraul qui Z)or/'''';
de Quiquempoit'**, la demeurent les orfèvres;
309
boulevnnl «le S(îl»nsl<>(K)l. I,c« femmes «rde iegiere
rrvico qui l'Ixibilaicnt au temps de Gnillebert de
Metz lui ont lni»»ë une imputation (|ui «'est pcr-
pëtudc jusqu'au niècln dmiier.
''' On ne »'expli(|uo {juitc coiumont notre au-
teur a |)U aller de la rue liourj^-rALIx* h \a rue S<iint-
Martin; il lui n fallu nécessairement empmiiter In
rue du (îrnnd-llurleur ou In rue (îreni'tat, <|ui exis-
taient dès le .\ni' siècle et qu'il ne mentionne [mint.
Quoi (|u'il en soit , la rue Saint-Martin , dont l'orifpne
est pn)hal)lemi>nt nussi anrienne cpie relie de la rue
Soint-Denis , élnit un centre industriel à l'éjMHpie
où il écrivait : Guillot y avait >toï chanter en latin;n
Guillebert de Metz y entend une autre nMisi(|ue,
le bruit que les «ouvriers darein " iiroduisent en
frap[>nnt sur l'enclume.
'' Ln rue îles Priils- Champs (lirantùme) est
encore, à \ku de chose [)r(''s, telle cjue notre auteur
dut la voir; elle joint la nie Saint-Martin h la nie
BenidK)ur(f. On In trouve nientionm'e dès le milieu
du xiii' siècle, connne situ<'>e in campit , ainsi que
le prieuré dont elle était voisine.
''' Le Beau-Bourff avait les mœurs légères,
comme le Ilourjj-l'AbW; c'était primitivement une
région limitée par les rues Mnubuée, (înniier-
Sninl-Larare, Snint-Mnrtin et Sainte-Avoye, et qui
commençn h se |)eu|iler vers la fin du xi' siècle. 1^
voie principale en a conservé le nom ; elle commence
i la joncti >n des mes Mnobué-e et Simon-le-Franc.
pour se terminer h celle des mes Michel-le-Comte
et (irenier-Sainl-Laznre. On lui a adjoint depuis
|>eu la rue Trnnsnonain, qui porte aujounlhui le
même nom. Le ffcul de saci désigne l'impasse fiw-
thavi ou celle îles Anglait, qui existent encore.
*' Lo rue Girffroi ou Gtojfrwf-l' Angfvin est pla-
ciH>. dans le Dit de Cuillot, après oeile des Mèu*-
trtU ; et c'est . en effet , cette deniière Toie qn'on ren-
contre en délKinchant de la rue de» Petits-Champs
«lans In nie llenubourg. Lo me GeolTroy-rAngcvin .
cpii joint les rues Beaubourg el du Temple, est
mentionnée dès le iiii* siAde; eOedoit i
cette ap|>ellation à l'un de Me andeoe d
hobitants, dont ootre auiear a dtfgnré le i
(' Lo rue de* MéiuttreU ou Méi
lo rue Ileauboai^ h la rue Saini-Denit, tt ëéti
absorbée par la me de Rambuteau. Elle devait aoB
nom aux joueurs de vielle et jimglMn qui llw-
bitaient; on lo Uvuve mentiomiée. dès la premièiv
moitié du xiii'siède, sous les noms de riau MtiU-
torum , viau Joculatomm. On a dit ensuite me des
Jugleur» ou Jongleur*, et enfin rue im
ou MèHitrieri. L'église ptronale de en
en était très-rapprocfaée (voir p. i85. noie A), et
leur eontenatairt y ëtoit installé, s'il faut en croirp
(ùiilleliert de Meti.
(*> La rue de* Étme*, parallèle k la prdcddeMe.
existe encore: elle doit, comme son bomonvme du
quartier Suint -Honoré, le nom qu'elle porte aus
bains qu'on y ovoit établis dès le xm* nèele. A eeUe
é|K)que, on Inpiiclait rue Cwj/tay dm Bmê, Wicw
Gaujridide Balneolit. Il y o lien decroire que eeGeoF'
froy avait été le fondateur des ^vee dont 9 s'agit
''^ La "Trefilière,» dont notre auleur éeordie le
nom. est accompagnée, dans les titres do un* siède.
du nom de llauUbotax, Enrnhmrg oo HdnmAmrf:
Guillot écrit SeiuUhour*. Au xn*, elle quitta ee noa.
qui désignait probabiamaot UM 1
marchande , |>oiir prendra ceW dW i
d'un Iwurgeois , Brrlami-^ui-dcrt. EnGn an itn* siède .
l'enseigne de VEm d* Vmm M vaiat one I
dénomination qu'elle a tnneerr^e jaeqnli Ma j
La rue d« Vm**, aujourd'hui divisa m dan
çons , se bornait autrefois i la partie qui joint la
rue Saint-Denis à la roeQaincanipQii;ona,dcpnis
peu, étendu cette dénoaiinnlion i randenne rae 4t
la Courroirie. (Voir page 199, nale t.)
<*> Cette rae, qni eut, an oannMneMHnl éi
xvui* siède, nae si grande netarîM, a dWaffriie
Cùt^mpoil, Qnùmmfil et Qmiatwmfmtt. Ôt d»>
vail son nom. dit Le Bevf, k
aisT. — I.
•7
210
DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
la rue de Aubry le Boucliier;
la Courarie''', ou demeurent les ouvriers de dyamanset autres pierriers;
de Amaury de Roussi'^';
de Troussevache*'';
de Guillaume Josse**';
des Lombars'^*, ou len fait pourpoins devant, et les marchans demeu-
rent derrière;
de Marivaus^"', ou demeurent les cloueliers et vendeurs de fil;
de Kiquenpoit dont il est fait mention dans un
carlulaire de Sorbonne, à l'année t953. Son par-
cours normal, compris entre les rues aux Ours et
Aubry-le-Boucher, a été récemment augmenté par
l'addition de l'ancienne rue des Cinq-Diamants, qui
la prolonge jusqu'à la rue des Lombards.
''' La «Gourarie,i qu'il ne faut pas confondre
avec la Courroirerie ou Corroyerie, vicus Correarii,
joignant la rue Saint-Martin à la rue Beaubourg,
est appelée Corrigia au xui" siècle , et Corrigiaria au
xiv'; c'était alors une région plutôt qu'une rue.
Lorsque cette région se fut couverte d'habitations ,
on appela Vieille-Couiroirie la voie principale qui la
traversait. Plus tard, une enseigne de joaiiler lui
valut la dénomination qu'elle a conservée jusqu'à
son assimilation avec la rue Quincampoix. On l'ap-
pelait encore rue des Cinq-Diamants, il y a peu d'an-
nées. C'est très-probablement dans cette Courarie, et
non dans l'autre, qu'habitait Bureau de Dampniartin.
'*' Dès le milieu du xm' siècle, on trouve men-
tionnée la rue Amaury-de-Roissy, vicus Almeri de
Roissiaco, nom qui désignait probablement un pro-
priétaire ou habitant du quartier de la Courroirie
sur les terrains duquel la voie fut ouverte. Plus
tard on rencontre la dénomination Oignal, Oignae,
Hougnard, Haumar, Aniac et enfin Oignard, que
cette voie a conservée jusqu'en 1801, éjwque où
elle fut réunie à l'ancienne rue Troussevache , qui
avait, en 1829, quitté sa grotesque appellation
pour prendre le nom du lieutenant civil de La Reynie.
Elle forme la partie orientale de cette dernière rue.
''' La rue Troussevache , seconde section de la
rue actuelle de La Ileynie, est mentionnée dès le
milieu du xm* siècle ; elle devait son nom , soit à
une enseigne de la Vache troussée, comme le pense
Sauvai , soit à un certain Eudes Troussevache qui
y possédait une maison et dont il est fait mention
dans plusieurs actes. Cette rue, qui joignait la rue
des Cinq-Diamants (Quincampoix) à la rue Saint-
Denis, a été supprimée en grande partie par le
boulevard de Sébastopol ; il n'en reste qu'un tron-
çon où se voient encore quelques maisons vermou-
lues.
'*' La rue que Guillcbert de Metz désigne sous
le nom de Guillaume Josse, personnage qui l'habi-
tait ou y possédait une maison, est ap|)elée, dans le
Dit de Guillot, Vin-le-Roy, sans doute parce qu'il
y avait là des caves pour le service de la maison
royale. On l'a nommée ensuite rue des Troi*-
Maure», a cause d'une enseigne d'auberge connue
dès le xm' siècle. Cette ruelle, qui joignait la rue
Troussevache à celle des Lombards, a él^ absorbée
par le boulevai-d de Sébastojwl.
'*' La rue des Lombards existe encore, quoique
coupée en deux tronçons par le boulevard de Sé-
bastopol. Au xni' siècle, on l'appelait la Bujfete-
rie, vicus Bujeleriœ, peut-être à cause des bujfetiers
ou marchands de vin qui l'habitaient et qui se
trouvaient ainsi à proximité des caves où l'on gar-
dait le vin le Roy. Mais , au commencement du
xiv' siècle, on la trouve désignée sous le nom de
vicus Lombardorum, et ces Lombards, qualifiés par
les Olim de mercalores Iransmarini, étaient, comme
chacun sait, des marchands d'objets précieux, des
banquiers, des armateurs, etc. Guillebert de Metï
donne, à propos de l'industrie établie en cette
rue, un détail qui trouve sa confirmation dans le
nom de PourpoitUerie qu'elle a porté aux xvi* et
xvH* siècles.
'*' La rue de Marivaux , qu'il ne faut [wint con-
fondre avec son homonyme du quartier des Itahens.
se composait de deux voies bien distinctes: l'une,
qui faisait communiquer la rue des Écrivains avec
celle des Lombards, et qui s'appelait la frGrant
trrue Marivaus;» l'autre, qui s'en détachait pour
aboutir à la rue de la Vieille-Monnaie. Le terrain
sur lequel elles ont été ouvertes s'appelait, au
xiu' siècle, Marivas; toutefois Guillot écrit Marivaux
et distingue déjà le grand d'avec le petit. L'ouver-
ture de la rue deRivoh et le dégagement des abords
DESCRIPTION DE PARIS SOUS CHARLES VI.
la rue la Vieilli; Moiinoie'";
la llraumcrie'^), ou leii fait artncuret;
la Snunerie^^;
(le Jehan le Conte (*';
la Savonnoric'*';
la Pierre au Lait'*', ou len vendoit du lait;
lez Icjjlise Saint Ja(|ues'''', ou demeurent les escripvains;
de Jehan Pain Molet'";
des Areis''';
211
il(> la tour Saint-JaniiiM ont lrani<romid toute cette
n'ipoii : If (inin<l-M(irivnint, pnli^miiiPnt reooiu-
Iniit, porlc mijoiinriiiii li> nom ilf Nicolat Flamtl;
fit l<! Pelit-Mnrivniu , rectilié fl rebâti, celui de Per-
nrlle, rfiiiiiie du c<*lt>hn! i^rivain jiin^.
'' 1,(1 Vieille-Monnaie , (jiii joifriiait In nie de»
I.oiiibnrdg au carrefour de la Heaunierie, de la
Snvotmcrip ot di"!» Krrivnins, n Mt', de tout re quar-
tier. In dernière à dispnnillre. L'ouverture du hou-
levord de S<4>iisto|>ol eti nvnit re)i[>ectd d'nboni le
ciW orienlnl ; ninis rarhèvenient de cette grande
\f)ie n ii('re»sil(' la desirucliou totale de la rue. (Voir
les noies .') el 6 de la pnife a i o. )
'' I-n Heaunierie, niége de l'industrie des armu-
riers, dont elle portait aussi le nom. Taisait com-
muniquer In rue Snint-|)enis avec celle des Kcri-
vains et a ^t<^ absorlnV dans la rue de Rivoli. Elle
«vnil pour di'|MMidnnre la Lormerir , ruelle ou im-
passe cilf'c parCiiiillot, où demeuraient les lormiert,
labricauLs de |)etits ouvrages en fer et en cuivre , et
auviliiiires naliu')-ls des lienuruiers; les uns et les
autres avaient leur confrérie h Saint-Jac(|ue8-la-
Houclierie. La llenumerie, mentionnt<e sous ce nom
dt>s le \m' siècle, était sans doute connue de Jean
de Jauduu , (pii énumère les diverses pitVes d'ar-
nuu-esipi'on fabricpiaitsurle (îrand-Ponl el les nies
enviroiuianles. ( Voir le Traité dm louange» de Pari*,
p. .'i'i el r>r».)
' Vu lieu de la Satmerie, le Dit de la biblio-
thèque C.ollonienne donne la liauaHnerie , el (iifraud
idenlilie cette voie avec la me Tn)([non. Des gi^o-
graplies modernivt. notaïunient La (Inille, écrivent
Sonnerie |Hnir ^nronncnr , par abréviation; et l'on
conipn-nd qu'un -transcripxiiin- du \\* siècle ait
écrit Siiunrrir. Il ne jieut être (piestion d'ailleun)
de la Crande ou de la Petite Saunerie situto de
l'autre n\|é du ('.lu\lelet et déjh énumén>« au com-
iiieiirement du diapitre. La me de la Savonnerie
• M dAniite pour la fonnalion dn
Jacques- la -Boacbme; la griUe nwiiiilda i» m
jardin en marque k pea prie renpIeeHMal
'*' Le nom de rjehan le Conte* a M donné :
\'h la rue Trognon, qui bisaileommaniqner la ne
de la lleaiunerie avee eeHe d'Avignon; a* k eetle
dernière voie, qui joignait la Savonnerie k la me
Saint-Denis. Ces deu% radies. qui aont nifnlinnnfai
dès le \iii' siècle, ont ^ abmbét» daaa la nw de
Rivoli et le boulevard de SAartopol; TeniplMaant
qu'elles occupaient eil repréaenlé anjourdlnii par
f intersection de cet deux grande* voies.
<» Voir la note 3.
'" La Pitrrt-«*-Lait porte son ëtymologie avec
elle : c'était, comn)e la Pierre-an-PoiMon. on petit
marché d'appmvisionnemeul. Elle fonnail nne aeo>
tion de la nie des Écrivains qui longeait an nord
Féglise Saint^acquee, et te eoûfon<lit bienlAt avec
celte rue. (iuillot la meniianneMMis le m^me noaqae
notre auteur. 1^ grille septentrionale du square ac-
tuel en marque i peu pW^ rt-mpli
'' Par celte périphrase, notre
celte même rue dea Ètrmmiu dont la Pienv-ao-
Lait foraiail une partie. Lea écrivain dont il e'agit
étaient établis dans de petitea édMppe* qa'oa avait
a<loKs<<cs aux murs de Pégliae Saint- JaeifHa-b-
Roiicherie, et qui ont dis|Mni avee aie.
" La rue Jean-Pai»-IMItt s'oinmit iw k nw
des Arcis, au déboiirhé de ceBs dea Êcrivaina. et
aboutissait au carreltHir Guilbry. dont parle Raod
de Presles; Hie devait aon aaai k an Laigiaii de
Paris, et on la lro«m ainai Jfcjgnft ék b aiiea
du \ni' siècle. Elle a M UMwpIftiwI Atmhh pt
la nie de Rivtdi.
*' IjmiedttirMioaylrtMfennailla conlinaa-
tinn des rues de la Plancke-Mibni et Saial-Martia:
elle art repiéientéa •ojoanl'hui par h p«1ie da
«tta deraière hm qoi va de favraw Vidaria à b
212 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
la rue de Saint Bon<",
la Buffeterie'^', la Lamperie,
des Bouveries'^', des Chevrotins, de lestable du Cloistre;
de Baille Hou'*', ou demouroient pluseurs galloises;
de Saint Marry'*';
la court Bobert'"), ou estoient femmes de joie;
la rue la Bouleric'"',
de Simon le Franc'*',
rue de la Verrerie. Cette voie, aboutissant à un pont,
était un ancien chemin et remontait ainsi à une
haute antiquité. Sauvai en a cité des mentions qui
datent des premières années du xn' siècle.
''' Il a été question de la rue Saint-Bon dans la
note relative à la chapelle placée sous ce vocable
(voir p. 1 87, note 5). Raccourcie, élargieet abaissée
dans sa partie méridionale , la rue Saint-Bon a con-
servé son niveau et son ancien aspect, à son débou-
ché dans la rue de la Verrerie.
<*> Nous avons dit (note 5 , p. 9 1 0) ce qu'était la
Buffeterie ; quant à la Lamperie , Le Beuf croit que cette
dénomination s'appliquait au carrefour des Vieilles-
Étuves situé rue de Marivaux. Jaillot pense qu'il
vaut mieux y voir une partie de cette dernière voie.
La rue de Marivaux aurait donc eu originairement
deux sections nommées la Buffeterie et la Lamperie.
''' Les Bomeries, que Guillot appelle crue à Bou-
ffvetins,i les Chevrotins, qu'il nomme rrue h Cha-
ir vetiers,» et ïEstable du Cloistre, dont Guillebert
de Metz n'a pas modifié l'orthographe , paraissent dé-
signer les diverses portions de la rue Taillopain, qui
aboutit au cloître Saint-Merry. Celte ruelle , qui est
très ancienne, a contenu évidemment des bergeries;
puis il s'y sera établi des talmeliers, pour fabriquer le
fameux pain de chapitre à l'usage des chanoines de
la collégiale. Elle existe encore et a conservé quelque
chose de son ancienne physionomie. Jaillot j)ense
toutefois que les lieux désignés par Guillot et notre
auteur étaient plus rapprochés de la rue des Juges-
Consuls.
'*' La rue de Baille-Uou trou demouroient plu-
Tseurs galloises,» c'est-à-dire plusieurs femmes ga-
lantes, est mentionnée à peu près de la même ma-
nière par Guillot; cependant on trouve Bay-le-Heu,
Baille-Heu et Baille-Hoê. Sauvai croit qu'elle se con-
fondait avec la rue Brise-Miche ; Jaillot pense, au
contraire , quecette dernière rue n'a été ouverte qu'au
commencement du xn ' siècle. La rue de Baille-Hou
touchait au cloître Saint-Merry, ce qui suscita de
nombreuses réclamations de la part du clergé et
des notables habitants.
"' La rue (t Saint Marry,» à laquelle aboutit en-
core aujourd'hui la rue Brise-Miche, est appelée par
Guillot rue Neuve Saint Mesri , dénomination qui
lui appartenait dès le commencement du xui' siècle
et qu'elle a conservée jusqu'à nos jours. L'épithète
de neuve servait h la distinguer de la rue de la
Verrerie, qu'on appelait rue Saint-Merry dans sa
partie occidentale, et dont l'ouverture remontait à
une époque plus reculée.
'"' La Cour Bobert, qui avait les mêmes habitantes
que la rue Baille-Hou, est nommée par Guillot Cour
Bobert-de-Paris ; on la trouve ainsi désignée dans des
actes de la fin du xn* siècle. A cette appellation . qui
était due à un bourgeois de Paris, fut substitué
plus tard un nom d'enseigne. Au commencement du
xvi' siècle, la Cour Robert était devenue la rue du
Betuird, et Corrozet l'appelle rue du Benard-qui-
prèche, ce qui ne laisse aucun doute sur l'origine
de cette dénomination. Elle a été considérablement
élargie de 1887 à j843, et joint toujours la 'rue
Neuve-Saint-Merry à celle de la Verrerie.
''' Guillot écrit ffla Bouderie, 1 et, en effet, on
trouve la rue dont il est ici question désignée , dans
un acte de 1 273, sous le nom de Parva Bouclearia,
probablement à cause de l'industrie qu'on y exer-
çait. Sauvai a traduit Petite-Boucherie, et Guillebert
de Metz a omis une lettre, ce qui constitue une
double erreur. Elle paraît avoir échangé ce nom
contre celui de rue du Poirier qu'elle porte en-
core aujourd'hui et qui provient d'une enseigne.
Ce n'est qu'une ruelle faisant communiquer la rue
Neuve-Saint-Merry avec les ruesMaubuée, Simon-
ie-Franc et Beaubourg. Toute cette région a con-
servé quelque chose de son ancienne physionomie.
'*' Cette voie , appelée à tort ou à raison vicut de
Byeria dans la première moitié du xni* siècle , rue
Simon-Franque peu de temps après, puis Simon-
Franc au milieu du xiv* siècle, et enfin Simon-^
DESCRIPTION DE PARIS SOUS CHARLES VI.
a riK' (lu Temple''',
(les Esluves'",
des Blancs Manteaux ''\
(le PeiTonollf! la Pastourelle'*',
du Piastre'**,
de Bon Puis '•',
des Jufjes ''',
la Hifloiiruirie'*',
le carrefour du Temple '",
Slt
Franc, dt^noininalion qui n'a plus vorië, contourne
la run Muuhui^ (H ilt^lNJurliR ilniis In rue du Temple
(ancienne rue Soinle-Avoic). Elle o f^anU. en
grande partie «on ancien axpect.
''' CVtait il pnrlir des rui^n Mirliel-lo-(lonile et
des Vieillcî)-Ilnu<lri('lles (pie la |rrnn<le voie d<'si-
«igD<^, du sud au nord, sous les noms de rues des
Coquille», Barrenlu-Bec et Sainte- Avait, prenait le
noMidenierfi/ Temple, cpi'elle portait autrefois sur
une plus Jurande <<tendue , et (pi'on lui a n^ccmnienl
oppliquc dans tout son parcours. Elle doit son
(inni h In f<<lèbre Comnianderie (|ui y avait sa prin-
dpnlc ciilrt'e; aussi la lr«)Uve-l-on appeli^e, dès la
preniièi-e moitid du xni* siècle, ricM* militiœ Templi
et me de la Chevalerie du Temple. Avnnl i Ojy, elle
se terminait a l'enclos du Temple; mais, il cette
époque, on l'a prolonfjÀ; jusqu'au boulevord. Celle
partie, In plus moderne de toutes, vient d'ôtre
élai^ie |M)ur le dt'l)ouclu5 de la rue de Turbipo.
'*' Entre la rue du Temple et celle des Blanc»-
Mantenux. on ne voit, ni dans le Dit de Guillot,
ni «laiis les vieux |ilans de Paris, de place |)our une
rue des ttui-es. Le. nombre de ces ('tablissenients
étant assez considi'rable, puisque Jnilint compte liuit
rues ou impasses portant ce nom, il n'y a |)as d'in-
\niisi-mlilaii('e à supposer qu'il en existait un sur ce
point, k l'entrée des nies du PMtre ou des iilancs-
Mnnleanx. et que Ciuilleltert de Mets l'ai est senri
|)oui' désifpier une {Mirlion de l'une de ces denx voies.
<'' Les religieux dont nous avons parlé p. 189.
note '1 , ont donné leur nom h cette rue, qui s'ap-
pelait, au XMi* siècle. In Parcheminerie , la Pelile-
Parcheminerie cl la Petite -Bretonnerie; Guillot In
nomme déjii rue ffdes Blancs-Mantiaux. • Elle
existe encore sous le même nom et fait communi-
quer entre elles le» deux rues du Temple.
'*' Celte rue Pernelle-Ia-Pattonrellt, ou cPcrre-
nelle dn Saint-Pol.i ainsi que (îuillot la désigne.
parait devoir sidcutilîcr avec l'inipane Peotpai,
que l'ouverture de la rue de Rambotera a Ina»-
formée en passage ou en rue ordinairt. Stavai «I
Le tieuf tieiment |>our la rue de l'UcMMM^mé:
nais Jaiilol a fait obaenrer avae raitoa qw ecMs
ruelle est désignée nomménwot dana vn Dk àa
XV' siècle. Noos aroni aaogé on infant k aépaRr
par une virgule le mot Ptnttle du mot PaMomlk,
comme le manuscrit semble l'indiquer; mù» alors
la marclie de noire anleur serait bien aingulière :
il irait de l'inqiasse Peeqoai k la rue Pastourei qui
est située beaucoup plus haut, pour revenir, apria
avoir nonwné cette seule rue, Am* le quartier 4e>
Itlancs-Manteaux , où il continue son énuméraiMn.
Cette hypothèse parait inadniaaibk.
'' La nie du Plâtre |M)rtait. en uSo. le nom de
>r Jehan de Saint-Pol;t elle pourrait donc, si la
conjecture de Jaiilol relative an paaiagc Peeqnai
n'était pas admise, être considérée eomme ayant en
deux parties distinctes, anxqueile* ka deas épon
auraient servi de parrain et de inamiae. On b voit
ensuite appli^e la Platriht et rue im PUtrt, déno-
mination qu'elle a conservée jusqu'à nos joan.Ele
joint In rue du Temple h celle de l'Homme ainié.
"' La rue du Pmtt ou rde Bon-Puits* nnil la
nie Sainte-Croix- de- la-BretooDcrie k edfe dea
Bloncs-Manleaux. On la eonnaJHMt «MB «a noadèa
le xin' siècle , et il ne parait pas qa'eile (
'^' Sauvai assure qae U nw da* Skgm, «t 1
des Jagti (ee qui eanititBe une inrie de eopie aeset
pbusante), portail, en is65.lenamdeftirTW£»-
tampn. Une maison dite ém Smgm, et, pwt Urs.
une enseigne r>pr<atnlenl qaalqnw-nna de ces ani-
maux, lui ont valu eelte dernière
qu'elle a gardée. EUe eil pwelèb k la nw dn I
<■> Nous avona d^ dit. k prapoe de la
giaiedeSainte-Crotx(p. t i89,aoleS).Mqn'élailb
firMMMsrw. Une aeetion de ecMe me portait, an
uv* siède, le nom JCÀguU k BuMn.
<*> Ce Mrr^ov da Ttmfk doit «b« le peint «è
2U DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
les rues des Jardins"',
du Tort^-'K
de la Poterie '*,
le carrefour Guillory '*',
la rue de Jehan de Lespine'*',
de Gracien^^\
de Jehan Malet W,
de Saint Jehan '*\
aboutissent les rues Neuve-Saint-MeiTjr et Sainte-
Croix-de-la-Bretonnerie ; Géraud le place, au con-
traire, dans la me Vieille-flu-TempIe, au dëbouchë
de celle des Rosiers. On trouve encore une rue
du Four du Temple, qui faisait communiquer les
rues Sainte-Croix et Sainte-Avoie.
''' Cette rae des Jardins, nonmiée, à la fin du
xiu* siècle, vicus Jardinorum et vicus deJardinis, a
éié désignée ensuite sous le nom de rue des Bil-
lettes. Jaiilot examine et discute {Quartier Sainte-
Avoie, p. loo) les diverses étymologies qu'on a
données de ce mot, et il incline à croire que les
bilktles étaient des scapulaires que portaient les
Carmes établis dans cette rue; d'où la dénomina-
tion qui lui a été appliquée. (Voir p. 189, note a.)
'*' Ici se place une rue du Tort, qui ne peut
être que la rue Barre-du-Bec, puisque notre au-
teur cite plus loin la rue de la Verrerie, et qu'il lui
fallait absolument passer dans l'une de ces deux
voies pour arriver à la rue de la Poterie. Tort vien-
drait-il de tortuê, dans le sens de bec recourbé f
''' La rae de la Poterie existe encore, quoique
raccourcie h son extrémité méridionale par la rue
de Rivoli': elle est fort ancienne, puisqu'il en est
fait mention dans un acte de 1172. sous le nom
de Figiilaritt. JaiUot en a conclu qu'elle devait sa
dénomination aux potiers dont elle était peuplée,
plutôt qu'h Guillaume et à Guy Potier, qui y possé-
daient une maison vers la fin du xni* siècle.
''' Nous avons parlé du carrefour Guillory, à
propos du texte de Raoul de Presles. (Voir p. 108,
note 5.)
'*' La rue Jean-Lépine aboutissait , d'une part au
carrefour Guillory, conune celles de la Coutellerie,
de la Poterie et de Jean-Pain-Mollet , et d'autre part
à la place de Grève, sur laquelle elle formait un
ang^e avec la rue de la Vannerie. Elle a disparu
complètement lors du percement de la rue de
Rivoli et de la régularisation de la place de l'Hôtel-
de-Ville. Jean de l'Espine y avait une maison que
le cartulaire de Saint-Maur mentionne en l'année
198/i.
'*' La famille Gentien et non Gracien, dont un
membre fut prévôt des marchands en 1 3a 1 , et qui
avait une maison dans la Tixeranderie, c'est-à-dire
très-près de là, a donné son nom à cette rue. qui
porta successivement ceux de Pierre, de Jean, de
Jacques, et enfin celui de Gentien, sans prénom.
ricHs Genlianus. Sauvai nous fait connaître qu'on
y constniisit, au xv' siècle, un hôtel dont la porte
et les fenêtres étaient ornées de coquilles, ce qui
servit à désigner d'abord la maison , puis la rue
elle-même. C'est aujourd'hui le débouché de la rue
du Temple; mais, sous le nom de Gentien et des
Coquilles, elle ne s'étendait que jusqu'à la rue de
la Verrerie. Guillot l'appelle irla raelette Gencien.-
''' La rae Jehan Malet, nommée par Guillol
ff Andri Mallet, 1 était, dit Le Beuf, la rae du Mouton ,
qui faisait communiquer la rue de la Tixeranderie
avec la place de Grève. Selon JaiUot , qui en donne
d'excellentes preuves [Quartier de la Grève, p. i3).
c'était la rae du Coq, qu'on trouve mentionnée,
en I9'i3 et 1373, sous le nom d'André Mallet. et
qui, au xv* siècle, emprunta à une enseigne la dé-
nomination qu'elle a conservée justpi'à nos jours.
L'établissement de la rae de Rivoli en a fait une
impasse qui s'ouvre sur la rae de la V errerie.
'*' Guillot appelle cette voie, rae (fdu Martrai-
ou Martroi Saint-Jean. Elle commençait, à la fa-
meuse arcade qui est représentée aujourd'hui par
la porte cochère donnant accès aux appfirtement»
du Préfet de la Seine, passait entre la Maison aux
Piliers et l'église Saint-Jean, et venait aboutir à
la rae de la Tixeranderie. Guillot a donc raison de
dire :
Trouvé la rue du Martrai
En une ruele tournai
Qui de Saint Jehan voie a porte.
La construction de l'Hôtel de Ville, par Domi-
nique de Cortone, eut pour résultat de couper en
DESCHII'TION DE PAItlS SOUS CHARLES VI. SIS
la rue de la Tissa nderie^'^
de la Voirrie'**, ou len fait voiiieres,
du Cliarlion <",
du Franc M<'urier'*';
le cimetière Saint Jehan (^), ou demeurent les ouvriers de cofres et hucbês;
de Boulihourc'*',
(leui partim ta nie du Mnriroi : cA\e du sud gonia
l'appellation primitive; mai» celle du nord, dt'jb
ronniio, dit Jnillot, «ou» le nom d** rtio de* Garin-
Hons ou ilrs Vivilln-Garmiioiu , ne fut plu» autre-
ment di^si)i;ii<'i>. dette Hection de l'ancienne rue du
\1nrtroi nlioiitissnit, |inr un ronde, ii In me du
l'et-uu-Dinlile. L'n^^rnndiitsenientderilAtcl de \ ille,
puin rouvertnre de la me de Rivoli ont fait ditipo-
rattre toutes pm ruelles. Il iiii|K)rte de dire, en ter-
minant , (jne le mot Maririii , marlijrium , âlail dû
très-proltidilement à In proximitt! de In place de
Grève, où l'on ext^utnit les rondnnmés.
'"' Ln Ti'ssaiitlerie joi|>;iiuit le rniTcfour (ïuillory
« In pince llnudoyer et nu marclu^ Saint- Jean; h
demi-di^lmite pour l'agrandissement de l'Hàtel de
Ville du cAlé du nord, elle a M romphUement
absorbée par la me de Itivoli. (IVtait une très-an-
cienne voie, puisque Guillot l'appcUe irla viei Tis-
"scranderict et (pi'on In trouve ninsi dt^ignëe au
xHi' siècle. Kllc devait son nom aux tiueranda qui
l'habitaient.
<*> (îuillebert de Metz nous ramène ici h la rue
de ifla Voirric" ou Verrerie, qui communiquait
avec la Tixernnderie nu moyen de diverses mes.
(luillol va de l'une dans l'autre par la rue des
l)eux-Porles, ipii subsiste encore. (Voir, pour plus
de détails. In noie préci-denle.)
<'' Cette rue du Chartron, ainsi dénonmiée dons
les anciens tili-es.se trouve mentioimi'e nu xvi* siècle
sous le nom de rue des Mawait-Uarçnn* , (]u'elle o
consorvf! depuis. Sauvai a fait un roman «ur l'ori-
gine fie celle nppellnlion (t. I, p. i.TK). On la re-
trouve sur la rive gauche, et l'on sait qu'elle s'a|>-
pliquait aux écoliers turbulents, tondis que les
étudinnls InUirieux et paisibles étaient nonunés
bon» eii/dHls. Ilt'duile de moitié par l'ouverture de la
rue de llivoli. In rue des Mauvais-Garçons est n'slife
à son ancien niveau, en contre-haut de deux mètres
envii-on sur celle dernière voie, et aboutissant île
plain pied îi In rue de In Verrerie.
'*' 1^ rue du Frane-!^euntr ou Framc-Mourier,
ainsi quel'ticritGuillot. n'est |>oinl la rue de liercy.
orniiiM l'a cm Le Beof, mai* la
de AfoKuy, qui est ainai éémgoie dèa la fin du
xm' siide. Sauvai roentÏMiiM en plnMWi oadroiL»
une rue du Mdrier ; nuna 3 vcot pvfcr «k «fle qui
existait dons le quartier Sainl-Vidor. Le iioaiqa*<ia
porte encore aujourd'hui tateitméthÊnétMaumj.
conseiller - correcteur dea tamiftm et éAem m
i53o, sous la préiM de Jeai Loiiier. Ouverte
sur la me de la Verrerie, la racHe de lioiMaj «1
fennec par une grille sur la me Saint»43roii de la
Bretonne rie.
"' La région où se trouvait le timetiirt SmH-
JeoH était, dit Jaillol, un ancien lieu <le i
dès la lin du xui' siècle on l'appeUit f^Mlm i
eiwu(firu, e( Guillot lui donne le méoie nom. Aprèa
l'assassinat du corm<'lable lie Clisson par
de Craon . les biens du meurtrier furent
et sur remplacement de son bAtel on ^bKi . ver»
la lin du \iv' siècle, un dmetière que le* histo-
riens ap|)ellent le cimetière rerf. Plm de qaalr»>
vingts ans oupravant, l'annen ctnwlière était d^
converti en morclié, puisque le RMe de la Taxe de
i3t3 le désigne sous le nom de 'marciai SaiiH-
" Jehan. « .Nonuiië {lendant la Révolution flat» 4m
Droilt-He-l' Homme , le marcbë Saint-Jean a repris
sa vieille dénomination et la conacnre eacoiv aa-
jourd'hui; mais il o été réduit de plfli de
par l'ouverture de la rae de Rivoli, et les
maisons cpii en soient ttaléu mu le i
sont en contre-haut, comme erika de la ne dm
Mauvois-tiar^ns.
'* On a orthograpliii- de liien de» niaaîère» te
nom de cette rue: au conuncnccnieiit du xm* aiède
on trouve fleai rtaa , et en leSo rsnw twyi Thi-
hmli; Guillot et le Dit de la b«biiotkèi|W Cotl»-
nienae donnent Btmrf-THotUi UaiUebfft de Meta
écrit flaalitaTr. Cétait i'vid>mmwil une fgfomé-
ration de maiaona watnùtw aaceaww— i«t«« de-
hors de renceinle, ronuae le Boa|^Abbé et k
Keau-llourg; un certain pCTMMW^ àê Mm ée
ThilK>ud y avait aans doute dea Imvi «m wm mai-
son. Lnéerileaui
216 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
la rue de Anquetin le Faucheur W,
du Temple (2),
du Roy de Cecille'''',
de Robert le Fevre'*',
le Petit Muche (*',
deThiron(«',
des Escoufles '■'',
''* Les plus anciens titres mentionnent cette voie
sous le nom à' Augustin-le-Faucheur, en latin ficus
sancti Augnslini falcaloris. Diverses altérations ont
produit les formes suivantes : Anquetin et Anquetil,
qu'on trouve dans Guillot et Guillebert de Metz,
puis Huguetin, Annequin, Hennequin, etc. Vers le
milieu du xv' siècle , elle est appelée rue de la Croix-
Blanche, nom qu'elle devait à une enseigne. Paral-
lèle à la rue de Bercy (au Marais), dont elle n'é-
tait séparée que par une rangée de maisons sans
profondeur, cette ruelle, avec les maisons qui la
bordaient au sud, est comprise, depuis 1 846, dans
le sol actuel de la rue de Bercy ; le côté nord sub-
siste. Elle fait communiquer la rue du Uoi-de-Sicile
avec le marché Saint-Jean.
'*' Il s'agit ici de la rue Vieille-du-Temple à la-
quelle Guillot, ainsi que notre auteur, ne donne
pas d'épithète. Cependant les anciens titres portent
ffVie^ rue du Temple, n et le cartulaire de Saint-
Maur la désigne ainsi en 1270 : velue vicus Templi.
On lui a donné également les noms de Couture ou
Culture, Clôture et Egout du Temple; enfin l'hôtel
et la porte Barbette, situés à quelques pas de la
rue de ce nom, lui ont valu la dénomination de
rue Barbette, Vieille-Barbette, de la Porte et de la
Poterne-Barbette. Elle existe encore aujourd'hui, et
l'on y remarque im certain nombre d'anciens hô-
tels des trois derniers siècles.
''' La rue du Boi-de-Sicile doit ce nom à Fhôtel
qu'y possédait Charles d'Anjou , frère de saint Louis ,
couronné, en 1266, comme roi de Naples et de
Sicile. Nous avons donné, page igi, note 6, des
détails historiques sur cette demeure; quant à la
rue, dont le point de départ à l'ouest n'a pas
changé, elle se terminait autrefois devant la fa-
çade de l'hôtel et communiquait, en retoiu- d'é-
querre, avec la rue Saint- Antoine, par la ruelle des
Ballets. La démolition de l'hôtel, le prolongement
de la rue de Bivoli et l'ouverture de la rue Malher
ont sensiblement modifié l'ancienne disposition; tout
un côté de la rue du Roi-de-Sicile a été reconstruit.
et la rue Malher lui sert aujourd'hui de débouché.
''' Cette rue, qui n'était qu'une simple ruelle au
xvi* siècle, ne devait pas avoir plus d'importance
au temps de Guillebert de Metz. Guillot, d'accord
avec tous les anciens titres, lui donne le nom de
Renaul-le-Fèvre, personnage qui l'habitait sans
doute ou y possédait quelque propriété; Boberl
semble être ime faute de copie. La rue dont il s'agit
longeait le côté est du marché Saint-Jean , et abou-
tissait à la place Baudoyer (près de la nouvelle
n;jairie du A' arrondissement). Toutefois Jaillot,
qui lui donne cette situation dans l'un de ses plans
de quartier, assure dans son texte (Quartier Saint-
Antoine, p. 71) qu'on donnait, au xiv* siècle, le
nom de Renaud-le-Fètre à la rue Clocheperee.
'*' Il règne une grande incertitude sur ce Petit-
Muche, que Guillot écrit Pute y Muce. Ce ne peut
être, bien évidemment, la rue de ce nom qui lon-
geait les Célestins et qui existe encore sous le nom
de Petit-Musc. En tenant compte de l'étyniologie,
il y a heu de supposer, comme le fait Jaillot, cpi'il
s'agit d'une ruelle habitée par des femmes de mau-
vaise vie, et située entre les rues Tiron et (ilocht-
perce. Il n'en reste aucune trace.
'*' La rue Tiron ou Thiron devait son nom à un
hôtel que le cartulaire de Saint-Maur appelle, en
1270, Domuê de Tirronio, et qui appartenait à
l'abbaye de Tiron. L'ouverture de la rue de Rivoli
l'a divisée en deux tronçons «pii aboutissent . l'un à
la rue Saint-Antoine (François-Miron), l'autre à la
rue du Roi-de-Siciie.
''' Cette rue est fort ancienne; on écrivait au
xni' siècle rue de l'EcoJle, de l'EscouJle; au xiv',
des Escojles et de» Escou£les; plus tard on a dit
Ecovffes. On y fabriquait ou l'on y vendait sans
doute ces vêtements de cuir qui se nommaient en
latin du moyen âge MoJJula (MoulDe). Le roman
de Saint-Léocade, cité par Du Cange, dit en par-
lant de certains évoques :
Et comportant de sor lor molBes
Lor coetes et lor escoffles , etc .
DESCItIPTION DK PAIliS SOUS CilAHLKS VI.
la rue Pfîrchi'c ''',
217
(J(;s R
(IchN
OHicrs
(î)
onnainH
(D
de Jouter ^*\
(le Fro{ji('r lasnier'*';
la MorU'lcrie'*', ou demeurent les inarrliaii8 «le inerrin;
La rup ()«>« ErouflVs n rnnHi>rv<^ jiiiM|u'i noit jour*
«on aïK-innim phyHJdnoniic.
"' (îiiilIcIxTt iliïMWriVrit rfiiiiiii<> il proiionrnit;
In nio l'fici'r (loiil il piirlc! ici, cl <|iii «il nppokk?
I»iir (iiiillol nip Prrcif, eiitite rncoro, et fait com-
iiiiiiii(|iici' In rue Sniiil-Aiiloiiip (Krniiroi»-Miron)
nvfc (•«■lie (les IWlroK-Sniiit-i'niil ((!linr|pma|>;n«>);
rllo oxiHlnit dèti In cotniiK'iircnK'iit <lii xiv' xiècle.
i|U(ii<|ii(> son iioin ituliquo iiiif ori|pnp plus ino-
deni« (pifi «'llf lie» rnox piivin>tiiiniitp)«.
'*' \,a me de» liimer», (|ui, pnr un retour d'é-
querre, roniprpnnit nutrofois la rue des Juifs,
fnit ('()iiiiiiuiii<pi(>r cHtc di>nii)'n> nio aver la rue
\ it'illiMlii-Ti'iiipl)'. Qui>i(|u')>ll<->i fuHiM'nt rnniiuoti souh
ce nom dès 19.33, Guiilot ne les a nientioiinëes ni
l'urif ni rnulrc, r( «n ne l<>s trouve pns citt'-es dniis
li'S litres du \u'si<V|e. On »"expli(|ue [k-u ronuneiit
tiuillehert de Metx passe de In nie Perc^. situi'e
nu sud rie In rue Sninl- Antoine, h In ruedes Kosiers.
qui. nu^nie «Uf,''nient*''e de In rue des Juifs, ne d*^
iiourlinit <pie dans celle du noi-de-Sirile. Il faut
supposer que, n'étant plus fpiidt' pnr (iuillot et
voulant njouter In rue omise, notre auteur l'n plnnV
un peu nu linsnni. On jx'ut croire éj'nlenient qu'il
a voulu parler soit de la nie du Ki|piier, soit de
celle du Fauconnier, (pii existnient n celte (<()<i«pie,
et (pii seules jiouvnient le conduire de In rue l'en-iV
à celle des Nunnains-<i'Y(>res. La me îles Rosiers a
conservé vei-s l'ouesl son nncienne plivsionnniie; ù
l'est, nu conirnire, elle n i"t<' élnr);ie et di'lxiurhe
mijounlliui dans In nie Mnllier. Il y a peu d'anm^.
elle se lerniinnil il In nie des Juifs, pninl ou s'oii-
vrnil une nncienne iinpnsse dite CoyHrri'ron (AM/ufrrl.
'' Ver» la fin du xii' sitVIe, hve, abliesse d'YAres,
nchelo une ninison dnns celte rue, qui prit. |»eu de
temps nprt^s, le nom de rue rfcv ;V<)nn(i>'n« ; tîuillot
l'crit "H Nonnins d'Iere;» depuis, on n dit o lort
\oiinintlihfx et \onnHilifTtt. Lo véritable ortho-
jfrnplie n été n'tnhlie tout n'cemnient sur les
pinqui's inilic«lrir<>s. Celle voie n'uvail. nvnnt la lin
du xvii* siècle, ouriine autre issue, au nonl. que la
rue de Jouy. L'ini|tosse ou miellé sans chief.- qui
existait sur ce point, ayant Hé ouverte pariePréWH
des Marchands, ileiiri de Fourcy, prit Ir Boa de
ce innfpslrnt . iprelle a eooÊené jusqu'à mr* joora.
'*' Notre auteur dit «Jooier;* Guilkit éeril rJojr;*
c'est la rue de Jouy, appela, au im* sMe. *nie
h l'Ahb^-de-Joy,* parée que le* religiens ife cp
nionnslère y avaient un hbtr\. f)n Ta mm appelfe.
pr romiplion. rue des Juifs; et, coaune elle se
pntlongeoil jus<]u'ii reneeinte de Philippe-Augnttc.
au delii du |M)int oii commence la rue iIm Houaùut-
d'Yères, on lui n donn<- 1<' nom de rue Je U AMmr
ou FttHtte -Poterne -Saint -Paul. Elle existe encore
aujounl'hui; mais les hAteis qui la bordaient ont
changé d'ns|iect.
'•' l.es titres du xiv" siéde portent Fngirr et
Forgier-V Atnirr ; nu milieu ihi \«'. on écrit iîttf-
Jroy-l'Aniier, et 1^ lleuf crtiilecturv qu'il y a en
inler|iosition de lettres. Cette anagramme eirt an
moins «louteuse. I.a me dont il s'agit doit sa* ■■■
il une ancienne famille boui^geoise. et a
en (rrnnde partie son anden
phisieurs beaux hAiels dont queiqae»-um *ubn»-
tent encore.
'" La MmUOim est une des ph» iri—w
mes de Paris. Le nom qu'elle porte depuis le
xii' siècle, au moina, a été expliqué de difll^rnilts
ninnières : let OM ont cru qu'ell<> le
meurtres et autres attentats mortels qui s'y <
tnient : l«a aatrea le <krivent dea i
employant la chaux H le piltiv. qoi hahitenl ce
quartier de temps imm^moriaL Sauvai a fait ab-
server que Pierre et Ilirhard b UattUtt y doMS-
roienl en t'.ihX. mais U Mm tJh îi ittk ammm
sous ce nom près de deux sièdea aaparavaoL Qwti
qu'il en soit, celle voie, qui, eHHBahi nwi deb
HiWherie. de U lliicbette. Saipt-Cwiii TAt
n)is, etc. était un paaaiy
fëtAliieiait <ba quais, a
partie son aneini aspect. ni1o«l vns Fart, d •■
|Mirlanl de \'Mle\ de Sens: cB* n'a pvda q«e na
nom. |iour prendre, en i83S. «hii de rae dr
fHM^VUk. krm* ramée 1837. elb •
•8
•218 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
la rue de Ameline Boyleane^^\
de Garnier '•'*,
du Cimetière de Saint Gervais '*',
de Fermanleaux^'^\
de Lompont'*',
de la fîîW*'^';
de Saint Jehan de Grève '"'>, ou len vent le foing;
la Vennerie'*', ou len vent lavoine;
sur le quai et la plîice de (îrève; raccourcie, îi
cette ëpoque, pour l'agrandissement du palais mu-
nicipal , diminuée une seconde fois lors de la cons-
truction de la caserne Lobau, elle se termine au-
jourd'hui à l'ancienne rue de Long-Pont (Jacques-
de-Brosse).
'"' Cette rue, que Guillot mentionne également
sous le nom plus correct A'Ermeline lioiliaiie, serait
représentée aujourd'hui par l'impasse Putigneux,
qui s'ouvre sur la rue Geoflroy-l'Asnier, et qui se
prolongeait, autrefois , jusqu'il la rue des Bari-es.
En i64o, dit Jaillot, on y voyait un jeu de paume.
■ Par cette i-ue (rGarnier- il faut entendre la
rue Gienier-gur-l' Eau ; Guillot , repro<luisanl , comme
Guillebert de Metz, l'ancienne prononciation, écrit
rtGarnier-sur-rVauë. 1 Elle devait sans doute ce
nom a quelque entrepôt situé près de la rivière,
qui, comme on le sait, a ét<', pendant longtemps,
presque l'unique voie servant à l'appi-ovisiomiement
de Paris, [^'ouverture de la rue I^uis-Pliilip])e a
coupé la rue Grenier-sur-l'Eau en deux tronçons , qui
alwutissent, l'un h la rue des Barres, l'autre à la
nie Geoiïroy-l'Asnier.
''' La rue du Monceau-Sainl-Gervais fui appelée,
vers la fin du xui* siècle, rue du Cimetih-e-Saint-
(lenmis, parce qu'elle longeait les murs de ce lieu
funèbre et se prolongeait jusqu'il la place Baudoyer.
On lui a donné, beaucoup plus tard, le nom de
me du Pourtour, qu'elle vient d'échanger contre
celui du prévôt François-Miron. La ligne de cons-
tructions qui s'étend du portail de l'église à la
rue des Barres, avec retour sur cette dernière rue,
a remplacé les quatorze maisons qu'on éleva, l'an
1/178, en bordure sur le cimetière qui entourait
l'église. Ce cimetière n'a été supprimé qu'à lu Ré-
volution. La construction de la caserne Napoléon
et de la nouvelle mairie du iv' arrondissement a
fait disparaître tout le côté septentrional de cette
nie.
'" Là où Guillot parle de "•l'Ourmcciau.- aestr
à-dire de l'Orme-de-Saint-Gervais, notre auteur
place une rue de Fermanleaux , dont il n'est ques-
tion que dans le Dit de la bibliothèque Cotlonienne.
Géraiid propose de lire : rue du Monceau. Ferman-
teaux est peut-être une faute de copie.
'*' La rue de Lnmponi ou Long -Pont devait
son nom aux religieux de Long-Pont . qui y possé-
daient une maison au xni' siècle; car elle est dite
alors irrue à Moines de Ixinc-Pont. i^ Au commen-
èemcnt du xvi' siècle, on rap|M>lait rue du Port-
Saiiit-Gerrais. En 1 8.38 , elle a pi'is le nom de
Jacques-de-Brotse , le célèbre arebitecle du portail
de Saint-Gervais , bnpiel se nommait Salomon. La
construction de la ciiscrne Loltau a fait disparaître
le côté occidental de cette rue.
'■"' Cette rue de la Rive, qu'on ne trouve point
indiquée ailleurs, ne peut être que l'une des ruelles
qui conduisaient de la Mortellerie à la rivière. Outre
l'extrémité de la rue de Ix)ng-Pont, on en conipl<iil
quatre tpii avaient nom Pernelte, de la Levrette,
des Plumets et dex Haudriettes; elles ont disparu
avec la partie occidentale de la rue de la Moi-tel-
lerie. Géraud croit qu'il s'agit du Port au blé.
''' irSainl Jehan de Grève, ou len vent le foing, •^
ne peut guère s'entendre que du quai ou bas-port
qui était, en réalit(5. le siège de ce commerce, et
que tous les anciens j)lans , d'accord avec la minia-
ture empnuitée au manuscrit de Jouvenel des
Lrsins, nous montrent couvert de marchandises
amenées par les bateaux. Le recueil des Ordomuinces
royauLc ne laisse d'ailleurs aucun doute sur ce
point. Toutefois Guillot énonce, en cet endroit. la
rrue .Sain! Jehan de Grève,-' qui serait alors la
partie méridionale de l'ancienne rue du Martroi.
'*' Sauvai n'avait pas tort, comme Jaillot le lui
a reproché, de dire que cette rue s'ap|)elail, en
laôo, vicus in Avenaria, et, en i'.i^6, rue de
YAvoinerie, puisque notre auteur constate que, de
son temps, on y vendait de l'avoine, genre de
connnerce en rapport avec celui qui se faisait sur
DESCHIPTION DE PAHIS SOUS CHARLES VI. ÎI9
lii nn! la Tach(M'ie*'',
la KoHirif ''' ;
de» CoiiiiiiaridcresHes ''', ou demeurent femme» qui louent variés et
cliarnhcM'icrcs;
aux l'Iaiiccs (!(• Mibiay,
la place aux Veaux ' ,
de t/Uifrle^''^;
la rue de lEscorcherie, ou demeurent les huuchier»;
la Corducînnerie '•', ou len fait soulers;
de la Grant Boucherie,
de la Triperie,
de la Poulaillerie*''.
If! quiii. On Irniivc, du rmtn, h lu ni^mn (<|kk|ii>'
Vaneria, pl Giiillnt f'cril friii Viiiiii*>i-io •< (IcU»- voie.
qui contiiniiiit la nio S(iint-Jncquo»-ln-B<)Ucherie , a
éU^ alïniivWv . fil i8r)5, pur l'uvcnue Viclorin.
'' l.u ÏVif/ierie rluit ocTiiiMV, ovonl le jnu'iiièdft.
par Ira (^coIps ou synn(ro(jtiPs de* Juifs, ce qui lui
«vnit vnlii lu (li'iioiniiiulioii do Judirnrin . et iiitViie
celui (II! retm Jiidœariu en fxSli. (iiiillot lui donne
l« nom qu'cifc! |H)rte nncore aujourd'hui. C«U|)^
(I SCS deux fxin'niiti's pur In me de Hivoli ni l'uvi»-
nu« Vicloriu, lu nio dt> In TiWlicnf, n'dn'».s('e«tt''lur-
gie, se continue uiijniird'liiii jiisqii'nu quni.
'' Ce nom ne se trouve nulle part; il di'sifpiait
prolinliIcMiriit quelque iinpnssf* oiivrnnt sur la me
de lu Ti^ciierie, ciniiiiie le l'ul-de-snr Suint-Uenolt,
ou une nielle aboutissunt ii lu rivière, romme In
rue des Teiiiliiriers. I/onliv dniis le(piel u lieu
l'énuiiitrulioii ne |>eriiiet pus daiiln; conjerliire.
'*' Guiflebert de Met/ donne, avec le nom de
celle rue. In di'>liiiilioii du mol ipii servuit ii In di'-
Bi([iier. On y n vu luntût lu rue de lu ^nnnerie,
tniilAt celle de In Ooutellerie, et l'on trouve, en
ril'el . des lexles des xv' et xvi' siècles ipii l'iden-
lilienl uvec ces deux rues. Jaillot. ipii cite les pièces
orij^innles, n%out In dillicultt^ en iKimniit l'npiiel-
lulion de Otmmanilfrftxen ou llrenminumlrrrtiif* ù
in voie piil>li(pi)< qui jnijpiuil le mrrefoiir formé
pur les deux rues ii celle de In l'innrlie-Miltnii.
'*' \ja Place-au.v-yfaHje ou Virillr-Pkcr-nH.r-
Veau.1- forninit . nvec \' Eicorchrrif ou la Tmrir . In
Tripcrir et la PnHiallIerie , le n'si'nu de nielles
(d)sriires el innlsaineN qui couvraient l'espace com-
pris eiiti-o le C.liAlelel. In Seine, les rues l'Iniirhe-
Mibrui et Sninl-Jnnpies-<le-lu-ll<)Uclierie. IV|ien-
liuiire» et annexes de la rirandr- Bouchai*. rMc»
nvuient •Hi- oiiveiies u |>eu pré* k la même époque.
et quel<|ue»-une8 coiiiniuniquaient avec la
Ct
par de!< caignarda ou voùtn. dont lea
restes ont r'-ti' supprim<<s il y a peu d'à
liideux ensemble a fait place aux pramièmmaiMW
de la me Saint-Martin, au Tb^ltre Lyrique, à
l'avenue Victoria, ii une partie du «quare Sainl-
Jacques et de la place du CMlelet. (Voir p. «oi
noie» 7 cl 8.)
''' Cette rae de FAngk ou de CAngt, devait aé-
ceMairenient faire partie de* mellet ertourant la
Grande-lloiicherie. Le Dit publie parGénind porte
me de [Irengne; Guillol place au même endrail le»
mes StÙHl-Jaeque» et du Peùl-CrmeiJLx.
'* Lrfi'Conluennerie.oulen faitMmlen.vadéjà
li(jun' sous d'autres nom* au oooHMMaaaat de M
rlinpitir ; elle e»t, en ootre. ivpréHBlée p» Il nw
des Fourreurs , qui portait ce nom dès le un' liMe.
(Voir p. 4o:i, note* t et 3.) Mai*art-w bifladeeeUc
voie i|ue notre auteur veut parlerTConne 9 rerhal
à son point de d4<parl. il serait bien Anage qu'il
franchit de nouveau la me Sainl-Deni* pour «'en-
gager doiu le quartier de Sainte-Opportow, par oè
il a cowiiliwiBrf. Ne veodrait^l pa* oùeu wppeaw
qu'il y avait une "curdueunetie» prèa de TEaeor-
chérie et de la Tannerie, rwUta oAae aaMpalMMl
les mat ière» ;ifemi<re» que la Cf mile Btwwtwiii piu
duùait en abondanee? Cert WK
l'élude minutieuse des année
coiiliniier.
''' Ici se termine, avec l'émmération des nHi de
Paris, la longue aérie de aelee qpe aone «fw éè
Imir consnrrrr. Ce Irrai, da«l hé
•S.
•î-20 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Somme des rues de la basse partie de la ville : cent quatre vint et quatorze ''l
Somme de toutes les rues de Paris : trois cent et dix ^'^\
XXVII.
[des Muns.]
Aux deux boutz de la basse partie de la ville, sur la rivière, sont très haulx et
fors murs''* a grans tours'*' : Cest assavoir au Louvre ou il sont a garites doubles'*',
les ungs dedens devers la ville, et les autres du costé dehors la ville. Et aussi
aux Celestins, lesquelz estora Hugues Aubriot, prevost de Paris. En lisle Nostre
Dame sont bersiaux a traire de larbaleste et de larc a main; si y sont palis pour
Initier. En la Cousture Sainte Kateline sont liches pour campiuns'*'.
ëpars dans les livres , n'est et ne pouvait être que
très-sommaire. La Topograplùe hisiorique du Vieux
Paris donnera les détails et les justifications.
'■' Ce chiffre est celui que donne Guillot à la lin
de son Dit :
Guillot si fait a tous searoir
Que p.ir deçà Grand Pont pour voir
N'a que deux cents rues moins six.
Mais Sauvai a fait remarquer que ce nombre
excède de dix le total des rues nommées par le ver-
sificateur, et il donne de cette différence Texplicfi-
tion que celui-ci fournit lui-même :
Les autres rues a mis hors
De sa rime, puis quil nont cbief.
Ces rues qui irnont chief,ii c'est-à-dire les impasses,
complètent le chiffre indiqué par Guillot. Quant à
notre auteur, il semble avoir beaucoup plus mal
compté que son devancier, puisqu'il énumère moins
de cent soixante voies publiques; et encore plu-
sieurs noiûs , séparés dans le manuscrit , doivent être
réunis, car ils ne désignent qu'ime seule et même
rue. Il est vrai que le nombre des impasses ou rues
«•sans chief» a pu s'augmenter entre les années
i3oo et iliSli.
''' Ce total est celui que donne Guillot. L'énumé-
ration faite par noti-e auteur ne comprend que
deux cent soixante voies publiques, ce qui impli-
(juerait l'existence de quarante-huit impasses. Il ne
parait pas que Guillebert de Metz ait fait entrer dans
son addition les rues et les iiupasses situées hors de
l'enceinte de Philippe -Auguste et comprises dans
celle de Charles V. Cependant, au moment où il
écrivait , cette dernière fortification était complète
depuis plusieurs années; et il nous fournit lui-même
une preuve de ce fait, en nommant la rue Bourg-
I Abbé que Guillot ne cite pas , ainsi que nous l'a-
vons fait remartjuer, p. 208, note 7. Il faut en con-
clure que, après avoir ajouté au Dil de Guillot des
rues nouvellement enfermées dans Paris, Guillel)ert
de Metz s'est borné à reproduire le chiffi-e donné |)ar
son devancier, sans en vérifier lui-môme l'exactitude.
''' Guillebert de Metz parle ici de l'enceinte de
Charles V. La seconde phrase du chapitre ne laisse
aucun doute à cet égard : il y est question , en effet,
des Celestins etde Hugues Aubriot, et l'on sait que
la fortification de Philippe-Auguste aboutissait, sur
la rivière, à la tour Barbeau, située à peu près en
face de la rue Poultier.
'•' I.es deux enceintes abouli.ssant au Louvre et
h la Tour-de-Bois ont été étudiées avec le plus
grand soin par M. Berty ( Topographie hisiorique du
Vieux Paris, région du Louvre et des Tuileries,
I. cb. v, p. 129-aoi).
'•' Les «• grosses tours à garites doubles» sont
figurées dans le plan qu'a dressé M. Bonnardot (Dit-
sertation sur les enceintes de Paris, pi. IX). Entre
les tours Barbeau et de Billy, le long de renclos
des Celestins, elles sont Irès-rapprocliées les unes
des autres. M. Bonnardot figiu-e dans la même
planche une de ces tours à cheval sur la muraille
et se trouvant, par conséquent, moitié (rdevers la
If ville," moitié rrdu costé dehors la ville.n
'"' Plusieurs historiens de Paris ont jKirlë de ce»
rbersiauxi) et ir palis pour Initier;» l'ile Notre-Dame
(partie occidentale de l'île Saint-Louis) a été pen-
dant longtemps le théâtre de ces exercices. Le poëte
Knobelsdorf en donne une curieuse descri|)lion.
Quant aux rr liches pom* campiuns,» elles ont existé
dans la tCousture Sainte Kateline» jusqu'à la mort
de Henri 11 , et même plusieurs années après. On le«
distingue très-nettement dans le plan de Du Cer-
ceau, et l'on voit même les ir campiuns» aux prises.
— GtilLLEBEKT DE METZ. —
Porte i'. M\p
Perle Montmartre^
Porte Saint-AntoiDe en 1465
Page 3 91.
LES PORTES DE PARIS AU XV SIÈCLE
d'après des iriiniatures et d'anciens dessms.
DESCRIPTION DE PARIS SOUS CHARLES VI.
ttt
XXVIII.
DES PORTES ET PnEMIERElUJIT DE IK IIAILTE PARTIE OE LA VILLE.
La porte Victor, an dcliors de la(|iii'ln est labbaye de Saint Victor, prH d»; la
ville; et lu est uii{; iiiotill |;rant arhn: de poniiiics de pin"'. La porte Saint Mar-
cel'^', au dehors de la(|iiele sont les églises paroschiales de Saint Marcel'', de
Saint Medarl'*' et de Saint Ypoiite''' ; item y sont la clianonie de Saint Marcel' et la
'"' l,n If porte Virlor.i (|iii fiiiduil partie il« rcn-
eeinte <!)■ i'liiiip|in Auj'iihU'. fut conH(riii(<! (•iitrc \p»
annëm» laoo et laia, un pu h fourat limt rum
actufllos (In (]nr(linni-l,i'riiiiinf> cl ilos FoH!M?)t-Sninl-
Victor. Kllc sul)it il (livcrMci* ri-|iri!t(>>i,(>(tioUiumi(>iit
im)uhI<>h mis JcHii , (lliorlt's VI et FronçoJH 1", dntnio-
ilifinilinns qui nlli'-i'i'rrnt su pliysioiioniif primitive.
KomuNtmilc cii tïtfiH, elle fut (liiniolic fii itiH^i.
Lerruioult i^rniit iirlin> (In pouiiiiett do piun que
Mii-iiliiiMUc (iuiil<>lM-rt i\f Metz a pour surcesiieur
le faiiicuxciMlrc du Mlinii,(pii xeli^ve h peu de dis-
tance sur le lluiic de in hutte (](i|>enu. V,os plan-
tations d'ai'l>rt<tt vert« dan» le voisinope de» |M)rtes
Itoraissenl li'iiilleui-s ii\oir éti' en usage à Paris : on
iM> rap|>ellt- i|ue (luilliuiMie dOrnnge, à son entrii*'
h Poriit, trouva un "pin pleniern en avant de la
[Mirte ou nrrhei Siiint-Merry. (Voir aux notes du
texte «le itnoid de l'reslcs. p. i lo.)
'■' Lia porte &i»i/-^Hrcf/ parait avoir ëtc' appelée
pridiitiveuient porte lUtriMIe», nom que |M)rt(iit
('([aleiueiit lu rue qui y nlxiutissuil (rue I)es<-nrte!i),
et qui lui venait de Pierre de llordelles ( Peint»
de HordfUit), |MTsoiuin(fe notahie, ronleMi|H)niin
de Philippe- Au{jusle. On n j'rrit ensuite llnriUU,
lionlrl , Hourdelle» , llardel . llordet et liordrltn ; »-l
enlin, dit Andrt^ Du Cli<>sne, ^ia pudeur lui a fait
<r<|uitter ce sale et iriipudi(pie iioui.n Construite sur
le m^me mod)!!*' (|uc les nuln-s portes de la ni^nie
enceinte, elle avait dû l'jfolement ^tre remaniiV
dans le cours de» \i\' et \v' si.i l.>^ ])•■•< Iwin-s pa-
tentes de i()86 en prescrivireul h\ ii('Miolilion; la
date de ce fait est consif^nëe sur une plaque de
marhrt! encastriV dans In fncnde d'une maison de
in rue Descarte», un peu nu sud de la place
l^ct'pt'^le, sur l'enqilncemenl même que la jwrte
occu|>jiit.
'' l.e texte de CuilleluMl de Metz [Ktrte Siiiiif-
Mareel, mais il faut \w Sninl-Marliu , car la "cha-
"uonie Snint-Murrel* est nientionncV une ligne plus
ha». Celte petite «'jflise l'Inil silu(V dnns le rl(iiln> de
C(> nom . (I |MMi pn'>s ii Inn^fle ipie roruienl nrluelle-
nient la rue et h place «le la Odiifgide. 8ia|ile cIm-
pelle dons la |)reniière moitié du iii* iiècfe(««fawli).
elle fut érigée ea (larotMe au fwiiiiiifiiiMniiililii lui*.
I.e chufur fut reconstniit eti t!>ih, e( la i
die eu iftyti. Supprimée en 1790. l'i^iari I
Martin fut vendue en Pan S et dteolie en 1806.
'' Saint Médard aiite mton; le diacra Plria H
les convulskunaira Tant rendu t^Htn; mn» cette
céldbrit^ eit bîea niodenie relativement k rorigine
de Idglise et du quartier. Dis l'ëpoque mérovin-
gienne, deux bourg» paraissent s'être brméêmukf
rives de la liièvn* : relui du sud ou de Saôil-
Marcel, celui du nord ou de Saint- Médard. Too»
deux eurent leur ëgliae paroisNaie. i|ui fut trè»-
proliablement pillëe parka Normands, et rAaUie
h répoque où les biMirg* eui-niénea se n>peu|ik^
n-iit. Au \u' siècle. .Saint-Médard ëtaitdeaMrviepar
un chanoine de Sainte - Geoeviève. Agrandie en
i56t. 1586 et i655, celte ^giÎM doit éde pr»-
chninement dragée, i Test et à rouest. par Toa-
vcrture de la rue Moqga et râargiatenient de la
rue MoulTetanl.
<*' L« petite %iiae &iiiil-//9^ir, dont Im der-
nier» vestiges dbparaissent en ce moment. <>'<1e-
vait dans la rue de ce nom, ii Tangle de odlr dp<
Marmousets. C'était primitivement . eooime tikiw
Saint-.Martin. une riia|ieile qui fut énftemt pa-
roisse h peu près 1 la même é|iM|ae. c'ait k diw
au commencement du un* siicie. Su|ipriniéie m
1 790. elle fut aliénée trois ans aprèi. et dÉBoSe.
en grande partie, dans Fannéie 1807; ee «|M«a
restait avait été ap|>ro|irié atu iaetoina d'âne wine.
l/> Iran' du lM>ulevanl Arago paaae mar faniilBe^-
lucnt de cet ancien édifiée. II. H. Ceeiwrit. daas
■a noanBe édilioa de rabbëLe BenT (t 11. p. So>.
énumère le* aept confrérie* qui avaient lenr «^
k .Saint-Hippoiyte. et donne deadélaib av an d»
pileau foK Arange, qu'on y rayait «Mai* avant k
dénwlitioa denùire , et qai a ëië rittni par k Ville
pour k Ihiaée municipal.
" U coikgiale <Mi -dtanonie* de Smt-Mmnt
T2-2
DOCUMENTS ET ECHITS ORIGINAUX.
noze des Cordelières'''. Item y a fors bours moult grans, comme se ce feust une ville
a part'"^'; sy y demouroient ouvriers de divers mestiers, especialement bouchiers,
laiiituriers, ouvriers de tombes et de lames, et autres, La porte Saint Jacques, ou
il a fonbours'^*; si y est lospital de Saint Jacjues de Hault Pas<*\ et leglise Nostre
Dame des Champs'^'. La porte dEnfer'"', que len appelle maintenant la porte Saint
remonte à une h.iute anliqiiit»'. Ce fut tout d'abord
une chapelle ék\ée sur le tombeau du pieux
évêqué de Paris, au centre du bourg qui s'était
formé autour de cette sépulture; mais, dès le com-
mencement du IX' siècle, elle est qualifiée d'église,
et le clergé qui la desservait est dit habiter un mo-
nastère ou abbaye. Ces expressions ont donné lieu
à une savante discussion entre les historiens de
Paris;' Jailiot, le plus moderne d'entre eux, croit
qu'il ne s'agit point d'iui couvent proprement dit.
mais d'une réunion de prèti-es composant ce qu'on
a plus lard ap|)elé un chapitre. L'église, à laquelle
on adioignit un séminaire vers la fin du xu' siècle,
avait été restaurée, agrandie et reconstruite à di-
verses reprises ; on y voyait le lombeau du fameux
Pierre Lombard, le Maître des Sentences, l'un des
successeurs de saint .Marcel sur le siège de Paris.
Supprimée en 1790, elle a été détruite en i8o4.
Elle était située sur le câté méridional de la place
de la Collégiale, vis-îi-vis la petite rue Saint-Marcel,
qui débouche dans la rue Moulfetaixl. Les constiijc-
tions qu'on élèvera en bordure du nouveau boule-
vard couvriront l'emplacement de cette ancienne
église.
'■' La frpoze des Cordelières,» ou Clarisses de
Lourcine-lez-Samt-Marcel , n'est autre que le cou-
vent de ees religieuses, fondé, vers la fin du
\m' sj^de, à l'extrémité du bourg Saint-Mareel.et.
selon jtoute probabilité, par la reine Marguerite de
Piov^nce, qui fit don a ses protégées du fchasteli
que snint Louis possédait en ce lieu. L'église, com-
mencëè parla fondatrice, fut achevée par Blanche,
sa fille, veuve du prince Fernand de la Orda. qui
voulut y être inhumée. L'expression dont se sert
Cuillebert de Metz, poze, posa, posada, est peut-
être ime importation espagnole. On la retrouve
d'ailleurs dans le latin du moyen âge, sous la
forme pausa, signifiant lieu de repos et d'oubli.
Les bâtiments et dépendances du couvent des Cor-
delières étaient très - considérables ; ils étaient
bordés par la rivière de Bièvre. Vendus et détruits
en partie à l'époque de la Révolution, ils ont été
affectés à divers usages industriels; les acquéreurs
ont dii, en outre, ouvrir deux rues sur leur pro-
priété, et une troisième a été percée en i8a5. Ces
rues portent les noms de Pascal, de Julienne et des
Cordelières; le nouveau boulevai-d Arago les atteint
dans son parcours.
'*' L'importance des bourgs Saint- Médard et
Saint-Marcel est bien indiquée par Cuillebert de
Metz; les industries qu'il énumère s'y sont perpé-
tuées.
''' La porte Saint-Jacques , construite entre les
années laoo et i-ji-j, fut réparée plusieurs fois,
notamment sous les r^nes de Charles V et de
François 1"; c'était, du côté du sud, la principale
|)or-le de Paris, et de nond>reuses entrées rovales
ou princières ont eu lieu par cette ouverture. Elle
fut démolie en i684; l'emplacement qu'elle occu-
pait est situé un peu au-dessus du (Hiint d'intersec-
tion des rues Saint-Jacques et SoulHot.
'*' L'hô|)ilal Saint-Jacques-duUuut-Pas remontait
au xu' siècle. On ne sait pas exactement si la congréga-
tion , qui l'avait fondé et qui le desservait , était com-
posée de chanoines réguliers ou de chevaliers profôs.
A l'instar des ordres militaires de la Ten-e Sainte, ces
religieux recevaient les |W>lerins et faisaient diverses
œuvres de charité. Supprimés en 1 hh^ , par le pape
Pie II {^Eneas Syleius) , ils se maintinrent à Paris
et reconstruisirent leur église en 1019. L'hdpital
fut mis. en i.55&, à la disposition du Roi, |x>ur y
héberger et soigner les soldats blessés ; mais ce pre-
mier hôtel des Invalides n'eût qu'une durée éphé-
mère. En 157a, les religieux de Saint-.Magloire,
dont nous avons parié à propos de l'égiise Saint-
Barthélémy (p. 1 56 , note 3), furent transférés h Sainl-
Jacques-du-Hiiut-Pas, et, en 1G18, la maison fut
transformée en séminaire. Les Sourds-Muets y ont
été installés en l'an xi, et. depuis lors, l'antique
hôpital n'a pas changé de destination.
•'' Nous avons parlé de l'église Nolre-Dame-des-
Champs, à propos du texte de Raoul de Presles.
(Voir p. 1 14, note 5.)
•'' La porte d'Enfer ou Saint -Michel, bâtie à la
même époque que les précédentes, a porté d'a-
bord le nom de Gibart, Gibert et Jubeit. On n'est
OKSCHIPTION DE PAHIS SOLS CHARLES VI. «S
Micliit'l; la hoiiI ;iii (h'Iioi-» U'n Chaitrmix <". Et y est IokU'1 a|>|>ellée le preasoir de
IohIcI Dieu, (|ui duif des la dicte |)orl<; jiiHqucii aux dit» (îliartrpux'". Ijt port»-
Saint (îcniiain^^) : la sont roriioiii-s ou rIciiH'un'iil inoiilt de liouchicre'''; la enl
lahhayn de Saint Vincent, que len dit preHentenient Inliliaye de Saint Germain
des l'n''H, dont lahhé a liaulte justice, moyenne et ba»»e'*', 1^ porte dOrIcan»'*,
lin» lix(' Hiir rori|p'iii' ili- ci-s trois ili-iioiiiinnlinnit,
iiiiil(fi(' II'» rcrlicn^lii's cl li-s lij pollièw'» iiij;i'"nirMi(t«ti
i|<> rci-liiinit liiAtorii'iiH. Doniiile. en i3i3, aux Ja-
cobiiiH par l'liili|»|K^ U- bni); . i-llc roiituTvn •»•* ili-ii\
fpwtsps toui-s rondfH cl toiil soii i'iiiu<inl>|i' |ii'iiiiilir
jiiH(|irii rr'))(M|iic ilc sn dcHlnK-tion . qui ciil lii>u on
iC8/|. Elle «^loil siliii'e ii IVinln)i riiAiiin où l'on
rciiinrqunil. il y n (|iii>li|ii(>s iinni^m, lu fonbiinc
illiisln'-c par un (lis(i<|iii' ilc Snnleuil, vi*-ii-vi» fiin-
ciennc pince Sjiinl-Mirhcl. l<rttHiibstriirtion»pnHunl
nncorn visibles iliiiis ri'-|riMil <lii iMtiilcviinl.
'" iiCS Charirruj- , inHtiliu'-s pnr snint llruno en
iu8(), ot KolliriU^ pnr Miiiit Iam'i* i\e venir tVta-
hlir 11 Piiris. ri-riirciit ilii pieux roi, vers l'jfiy, le
chiUi'iiii on IkMcI (If Viuivcrl, silué sur le versnnl
occiilcnliil (lu pldteau de .Sninte-(îeneviève. Il fnut
lire (l»ns Du lirciil ( Th. des niiliq. île Pnrii, p. A.'ty )
le rt'cit Iducliiinl de rinsliitliilion des disciples de
«(tint liruno. [/('friise fut (-(ininiencvc pn>s(pie iinni<--
diiilenient sur le« dessins d'KudoH de Monlreuil et
iirliev(V en i3a/i. I,cs rcliides. d'idMtrd (iii nondtre
de ({iiiitorice, s'nn|rnienlci°cnl diins une rorti- pro-
IMU'lion. On distinipinit ii In (Iharlreuse de l'nris
deux cloîtres: lej[r;uid. sur lecpicls'onvroieiit viiijfl-
liiiil cellules is(d<'c!<, et li> |>clil, sur les nnirs dutpiel
l.cMueur avait |>einl In vie de saint Bruno. Il y
iivnit. en outre, dniis une |»ivuiit're cour, une clia-
pelle(m les fennues. (pie la rèj;le excluait nlisotiiiuent
du monastère , |H>uvnient venir prier, (.es bAliiuentii
de» Cliarlreiix fun'Ut, ainsi ipie l'église, «eiidii.s et
d('niolis il l'i'iMMpie de la lté\oliiliun; l'avenue de
l'Oliserxatoire cl la ri-dcvnnt me do l'Ust furent
ouvorlo». n\ vertu d'un dtVrel de l'nn vi. gur une
partie de l'enclos, dont In plus (jrnude |M)rtion fut
riMinie nu jardin du LuxciiilHiiir|r. <!c (pii restait di"<
lM^tinlent» de l'ancienne C.linrtreiise n (lis|Nini. lors
de la reriinstmrtiou de l'Krole des mines et du
reinanieniciil de In ri-piiU)>r)>.
f*' L'UAtel-Dieu nvail efferli veinent sur ce point
une fenne et un pressoir. I.n ferme (x-ruiKiil leiii-
placenienl couvert aujourd'hui pnr l'Kcole des
mines; le pressoir l'tait. comme le dit («uilleltert
de Melx, plus rspprocluf de la porte Soinl-Micliel.
M. Rerly n di-teniiiiH- In Mliiati<»n rxart»' <ir rr«
l)(\tiliients dnil<t l'iiii de w<t |>|jiii< r<->liliii^ ilo
Vieux- l'an».
''' 1^ |)orte SaiHl-dmunm était •iliMV dam la ni»-
de rKcoleHle-M)'-<iecine, h la bautrur Ak \m rar Au
l'non (l^rrey). Aux tiii* et xn* MèrlM. elle ^il
plus (;('n<'rnlenieiit ronniie sou* le nom de porte
des Otrdrln ou Cnrdrlirri , Jiorre (|u'eile Mul iW»-
voisine du couvent fondi- sur ce iminl par le»
Frères Mineurs. l'Iiisieiir* auleurs Font eanfaadiie
avec la |iorte de lliici. (|ui s't'-levnil a rextn'mili* Ar
la nie Snint- Andn--deiv-ArlH. txinstniilr en inio.
iiKMlifii^ en i356 et i368. elle Tut recooitraile k
la fin du x^i' siècle et di-niolie en 167*.
"' (les -forbours ou demeurent moult de bou-
•■chiersK ont pris le nom de me de» Itomchtrim
Sai'tit-Grrmam. Citait là. en efTet. qu'iHairat fa-
illis les tueries et les iHaux du bouq; Saint-Gennain-
des-iV-s; ils ont sul>si8t(> jusqu'en 180K, l'poqor
de In constniction des abattoirs. Quant à la rue. qui
forme la rontiuiintion de celle de rbcole-dfr- Méde-
cine, elle eu a pris le nom en |84A.
'*' L'antique et illustre abbaye de Saint-tWinaiii
ne |ieul ^tre fohjet d'iiiH* simple note. Mieax traul
renvoyer le lecteur. |K>iir les temps ancMM. k la
graiid)> monoj^rapliie de l)om Itoiiillart . ain«i qu'au
tome 111 de l'excellente n't^litinn de LeBmf.H.poar
r(>|MMpie c(mteni|)oraiue , à l'/hnAw» mtkMtgifUf
de Pari», par M. F. de (tuilhermy. On sait qw
f enclos de l'Abltaye. dont une Mie vue cavalière
vient d'iUre grav<<e par la Ville, pour l'ouvrage de
M. Franklin (1^ »ntimm» UUinUpKt de /Vwi.
avait pour limites les rue* dn Gdoinbier ^Jaralt).
de r^ldiaudi'. Saint)-Mni<gwrile (Gotlin) H Sainl-
Itenolt. L'ouverture des mes Bonaparte, de t\U-
baye. et en dernier lieu la eou|Mire pratiquée dana
la rue C.bildeliert.onl fait di»|>araltrr ce qui rappe-
lait n>t niicien endos.
' M. Ilounnrdol n'h<Hile f9*k luunnallii dan»
celte |M)rte d°'' ' lie Ruri. tfù éUà.
en eff<>t. voi.siii ' l'.in*. i^es dem ni-
MUM qu'il en d' d'abord Gnil-
lebert de Meti , qui • ->rtei de la
22/i DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
emprés laquele est iissue de Neele''', ou est au dehors le pré appelle aux
GlersW.
XXIX.
DES PORTES DE LA BASSE PABTIE DE LA VILLE.
La porte Saint Anthoiue'^' : au dehors prés dicelle est une abbaye de Nonnains
rive gauche, depuis celle de Saint-Victor, ne parle
pas de celle de Buci; puis Sauvai (t. III, p. 589) a
constaté qu'il existait un ^ séjour d'Orléans en la rue
ffSaint-Andry-des-Arcs, lès la porte de Bissi/.ti Cet
hôtel, ajoute M. Bonnardot, s'étendait de la porte
jusqu'à la rue de l'Éperon, et Valentine de Milan y
demeurait lorsqu'elle alla demander à Charles VI
justice contre les meurtriers de son mari. La porte
de Buci, qui ne dut pas conserver bien longtemps
rappcllation de porte d'Orléans , avait été bâtie en
même temps que les autres; elle fut réparée vers
le milieu du xiv* siècle et irrehastie toute de neuf, r
dit Corrozet, sous le règne de François I". André
DuChesne, qui écrivait en 1609, la cite comme
l'Inné des plus belles, et sur le portail de laquelle
ffs'estendent les armoiries de la Ville. ■» Elle fut
abattue en 167a ou 1678. Du Breul et plusieurs
autres historiens ont pensé que les Bourguignons ,
introduits dans Paris, l'an i4i8, par la trahison de
Perrinet le Clerc, avaient diî franchir la portedeBuci.
''' L'irissuen ou porte de Negle était très-voisine
de la fameuse tour dont le drame moderne s'est
emparé. Celte tour, bâtie au commencement du
xui* siècle, fut appelée d'abord irTournelle de Phi-
fflipjie Ilamelin sur la Seine, 1 puis tour de Neelle
(Nigella). Son premier nom lui venait, dit M. Bon-
nardot, d'un prévôt du temps; le second, d'un hô-
tel contigu. Elle formait, sur la rive gauche, la lête
occidentale de l'enceinte de Philippe-Auguste, rôle
que jouait la forteresse du Louvre sur la rive droite.
Quant à la porte, elle existait déjà en i-iga, puis-
que le Uôle de la Taille de cette même année ,
publié par Géraud , cite une poterne de Philippe lla-
melin. Il paraît probable que cette poterne , recons-
truite au commencement du xiv' siècle , fut, pendant
assez longtemps, à l'usage exclusif des habitants
de l'hôtel , ce qui expliquerait l'expression particu-
lière Sissue qu'emploie Guillebert de Metz. Les
"places du grant et petit Neslci ayant été vendues
en 1675, il ne restait plus que la porte et la toiu*
occupée par des pêcheurs et des blanchisseuses.
Ces ruines majestueuses, que la gravure nous a
conservées, disparurent , vers 1 676, pour faire place
au collège Mazarin ou des Quatre-Nations.
'*' Le grand et le petit Pré-aur-Cleres ont été
exactement délimités par M. Berly. Le volume de
la Topographie hiftorique du \'ieu.r Parit, consacré
au faubourg Saint-Cermain , en donnera le plan et
la monograpliie.
''' Il y a eu plusieurs jwrtes Saint- Antoine. La
première fut probablement la porte Baudoyer; la
seconde, bâtie sous le roi Jean, à fexlrémili^ orien-
tale de la rue , près du boulevard actuel , était flan-
quée de deux fortes tours cylindriques; ce fut ap-
paremment la première que le Dauphin fit établir
dans la nouvelle enceinte (i356). En 1370, elle fut
incorporée à la Bastille, et entra ainsi dans le plan
de celte forteresse. On songea dès lors à en cons-
truire une nouvelle, et l'on fil dévier l'extrémité de
la rue Saint-Antoine un peu vers le norrl. afin de
la faire aboutir à la nouvelle entrée, et de placer
en même temps la plus grande partie de la rue
sous le feu de la citadelle. Cette troisième porte,
qu'a vue notre auteur, se composait, s'il faut s'en
rapporter à une ancienne estampe de la Biblio-
thèque im|M^riale, d'un pavillon carré, avec un toit
aigu et quadrangtdaire, percé d'une baie en plein
cintre et précédé d'un ponl-levis. Considérée par
Henri II comme trop mesquine pour la cérémonie
de son entrée solennelle à Paris, elle fui enil)ellie.
dit Du Breul, au moyen d'un itavant-jK)rtail fort
irriche et magnifiqucTi qui fut achevé en i585. Jean
Goujon y sculpta deux figures de fleuve. Cet arc
de triomphe, le premier qu'on ail construit à Paris,
ne parut pas, h son tour, assez riche pour l'entrée
solennelle de Louis XIV et de sa nouvelle épouse
(1660). Les ornements provisoires, qu'on y avait
ajoutés pour cette circonstance, furent, quelques
années plus tard , exécutés en pierre par farchitecte
Blondel, et l'arc triomphal de la Renaissance dut
subir ce remaniement, comme il advint également
pour le palais des Tuileries et l'hôtel Carnavalet. La
porte de Charles V fut démolie vers 1G74; celle de
Henri II et de Louis XIV, environ un siècle plus tard.
— CL'ILLEbIRT Dl KZTZ. —
Porti loniBiitrr.
FMfiiit
Aocwoce porti Saint laitii M tounlli du Praurt
(Ane Mtnneot ijouti u 1014.)
Pm« Saint n TU
I
Pi^itt.
m POHTIS Dl PâRiS Au tT SitCLI
4'«pil dll •IIMBIH H i'i
DKSCHII'TION DE PAHIS SOUS CHARLES VI. 99S
Mpiicll/ïe (le Saint Aiilhoirii>"'; apn-H vul la grandie aux Marciiiers'*'; après lostel de
(londanfi'"; it<;m le Hejourdu Kuy'*'; item le pont de Cliarenton, ou il a deux grottes
''' On n'ii iMiiiit ctirom Ctx^ IV|NM|ne préeiM de
In fiiiidutioii <lf (ctlf iihliiiyc : li>tt liiKloricos varient
i>ritre 1181 et 1199. Sm preriii/TOH holiitaiiIcH fii-
rpiit (Ir-H (illcs n'|N'iiliiit <|irriii «j;r<'}f«a ù l'onlre de
('.l(<Niiix, cl i|iii fiin'iit ronibliV'M (In hieiu dèi le»
prcniièn-s iiriiii'-<-H de Iniir proroMion ; le MÏgneur
lin Siiiiit-Miituli- fut iiii <l<> loiirs principaiix l>ii>ii-
fnilciii-H. I,'iicli<^v(-ni(-iit des hAliiiiciilH ddiislrniu i*l
l<i l'uimlnirtinn d'une i''},'liiM!, (jiii fut con»nrn'e on
i-j'j3. altirèrcnl In |)opulation vers la iioiivHIc
iililxiyf*. <>l liitMitAt il n'y rorinii dm linincaiix rides
villn|reH. coniiiie In itii|M'e. Hi-niJIy. l'irptis. l'opiii-
rourt, la Oroix-Kauliin, etc. l^e* Ciftleiriennra de
Saint- Aiiloine ont orriipi* l'nlduiye jn)wpr(i In H»^-
voliilion. Kii 1770, l'nn'liitiTt*' Lenoir ivninstniisil
cornpii'ienieiit IVjfliw et le rloltm; vin(rt-riM(| an*
niin'ft, ré|fline élnil di'-iiioiie. tnnJH le rlnllro n «'■ti'
cniiverti en liApitnl , et une |)ni'tie de l'enclos vendue
pr |M>rtionH. Le iKiulevanl Mnzas, les nie» de (li-
teaux, Croxntier et de (llinli|^ny traversent les an-
ciens jurdins de l'nltlMiye.
'*' l,n (îriini;(Hiu.r-Mercier* (finit ori(^naireinenl
une sorte (ii> bnzar où se tenaient les inarrlinnds
(pii suivaient In roiir; aussi Guillel»ert de Met/ dit
(pi'elle s<' triiuvnit pn'-s du ^ séjour du Mon.- De-
venue maison de plaisance, elle fut, dit Sauvai
(liv. VII. p. 7a), ndjujff'e pr (l(Vrel, en i38.î,
à Pierre de (îiac, clinnrelier de France, puis ven-
due, en 1398, au duc de Berry, frère de Charles VI.
I,es pi-oprii^lnires suivants fun-nl Louis de Lu\eni-
lKiui-(f . (>v»^pie de Tlit'rouuiine; le sieur de Snye.
baron d'Ivry. (pii l'eut par confiscation , et Pn^genl.
seigneur de Coëtivy. nnu'rni de Ki-nnre. Il s'v tint,
sous l(» n'-gnes de Clinrles VI et de Louis XI. d(;
nombreuses conft rences |Mtlili(pies (pii n'amenèrent
aucun n^idUit. En i(>m5, la (irange-aux-Merciers
fut imieà In seijfneurie et cliAlellenie de r.hnrentnn :
elle l'tnit situiv dnns In rue (pii |Mirlnit encore ce
nom, il y a (piehpies anmW. A pu près au A^
boucli<< de In (iriuide-Hue de Ilercy.
'^ Cmifiim», dont l'elynioloijie (>st bien connue,
est un villnj;e fort ancien; dès le xi* sitVIe, dit
fabln* Le Iteuf, il .11 ,-.\ fiii mention sous le nom
de f,'()ii/7Hrnmim. I,i;;li-.- .|<'|N<ndait du prieur»' de
S«int-Mnrtin-des-(llmm|is, (|ui y possu^dnit Indime
et un droit sur la (!mnj;e-nu\-Merciers. O (pie
noire luiteur appllc >rIo»teI de Conflaiw était
probablement la «belle nmant dont il est pari^
dan« le StippUmenI dn mUifnlJÊ 4e Parié, p. 87.
ou tout au moins Fddifice qui Tavail fréeéàé. Cctir
rt'sidence, ipii , apW« avoir a|ipariaM è NÎmIm et
Neiifville. seigneur deVilleniy. ^il paM^ Mcew
sivenient h MM. d'.AIiiicouri. de \'eniiin et I^ Jav.
|t<)uvail Aire considt'rrV . dit l'auteur du Sm/fUmemi,
comme une «des plus belles qui loil èa enviroos
-de Paris. Ses logemena, ajoute-t-il. «ni (ait
-mafpiifiques, entre autres une fort langue galène
-où sont frrnnd nombre de tabieaa
f'tous les prinrcK d'Kiiro|i<>, det mIm c(
-très-bien meubliez, trois graiMi» jardin*
- |>a([nez de lielles allém, le» iifK>< unies et lati
-rouvertes d'arbres, qiianlil(' d<- grands partCRW.
"berceaux, cabinets, statues de relief de marbre et
-de pierre, force agréalibi fcalaiiies . vivier, groUe».
'cschuc, escaliers, voaatm M autres singularilex
"très-rares et extraordinaires.* Ceit eette oiaiaaa
(pii fut acquise par Monseigneur de Hariay. et qui
devint la villa des orrlievèques de Paris.
*> II fallait, dit l'al)lM< U Betif, que la aitnaliao
de ConflaiLH et du pont de Charenton *eât ntétké
-ratteiition de nos mis. puisqu'ils »'<Hiii«nt rbotsi
-un s('jour tout auprès. Il y nvoil encore, en 1578.
"une maison et un jardin sitiu^s proche de ee pool.
-(pi'on apploit le Srjour eu Rai. PmH-iln ^loil-ii
-dans la place que Phi lippe-Augoil» avait déagn^
<r pur la fondation . Ia(|uelle ne fut pini fsile en ce
-lieu. Mais c'('toit aux Carri<TPs,ajoule-l'4l,qneniM
fr niis n^sidoieut plus volontiers. « Une ordaooaiMV
de Pliilipp de Valois est datée de Coaaan»4e*-
Paris. I^ roi Jean y avait des ëcuriea. et le dau-
phin ChaHes, assiégeant Paris Tau iSSy, était logé
-(>n Mm liostd dit Séjour k Carrières.* Le temua
(Vi)^' en lief portait encore, au sitifedeiHiw. le mnb
de Srjimriim Roi. A ces d«Hails JonoéiparLe Beuf.
il faut ajouter ceux que nous a tnatmm Saurai,
et desquels il nullité que ka coaitw de Flandre et
letdaci de Booifogna vimmà ^fifaMal chacM
on ei^our* i Coolaw o«au Carierai, ■■ coai-
BWMceft du xi" aiède; «pi'fla ks ré— imit et eu
firent un lieti de délirrs. ( Voir l>e BeoT. t. V. p. 10.
Il et 1 4 ; et Sauvai , t. Il . p. 1 1 o et 1 1 s. ) lie pa-
villon dit Af U Bfllt Gutritlli, qui sert aujoardlau
blcnicnt le dtniar •••««■ir 4>eaa«ila» 1
■m. — I.
226 DOCUMENTS ET ÉCHITS ORIGINAUX.
tours*'', oultrc lequel est leglise Nostre Dame de Mets'-'. Et dautre part lahbaye
de Saint Mor des Fossez'*', esquel deux lieux len fait moult de pèlerinages. Item,
a une lieue et demie, prés de la dicte porte, est le bois de Vincennes'*', lequel est
enclos de moult liaulx murs; et est plus grant que la ville de Paris; il y a ung
'■' Puisque Guillebert de Metz parle des deux
grosses tours qui flanquaient le pont de Chai-enton ,
les historiens modernes , dont parle Le Beuf , t'taient
sans doute dans le vrai lorsqu'ils affirmaient qu'on
V voyait encore, en lôSy, une forteresse inexpu-
gnable. Le lieu est d'ailleurs une position stra-
tégique des plus naturelles; et si, comme tout
porte à le croire, on y a établi un pont dès l'é-
poque gallo-romaine, ce pont a dû être fortifié.
L'existence d'un pont de l)ois est constatée, dès le
vil' siècle, par les actes de la vie de saint Merry;
et les Annales de saint Berlin portent qu'après
avoir été rompu par les Normands il fut réparé
sur l'ordre de Charles le Chauve. Ce qui prouve ,
dit l'abljé Le Beuf, qu'une forteresse défendait la
tête du pont, c'est que les al>ords en étaient con-
sidérés comme appartenant au domaine royal, et
que Philippe-Auguste en dis])osa par son testa-
ment. Le fort du pont de Charenton est cité dans
Vllisloire des Grandi Offices, t. VII, p. 433 ; il avait,
en i38o, pour capitaine particulier iean de l'IlA-
pital, auquel succéda son frère François; Guillel>ert
de Metz dut voir l'un ou l'autre de ces personnages.
Le pont de Charenton était h péage ; il fut pris par
les Anglais et repris par les Français en t436;
emporté par Henri IV en lâgo, et recouvré peu
après par les Ligueurs; occupe, en lô^g, par le
prince de Condé, et réoccupé par l'armée royale;
enfin il a fourni , en 1 8 1 4 , passage aux trouj)es al-
liées. On vient de le remplacer par une fort belle
construction, vierge de toute espèce de souvenirs.
'*' L'église dont parle ici notre auteiu" est Noire-
Dame de Mescke ou du Miche; c'était un lieu de dé-
votion situé au delà du pont de Charenton, en la
paroisse de Créteil. La mention que Guillebert de
Metz en fait n'a rien d'étonnant ; de son temps , on
s'y rendait en pèlerinage. Le Journal d'un bourgeois
de Paris, sous le règne de Charles VI , nous apprend ,
en effet , que , en 1 4 1 a , " le Roy estant hors de Paris .
tr firent ceulx de Paris et ceulx des viUages d'entour
(T procession, et alloient chascun jour par ordre en
«procession aux pellerinages de Nostre Dame en-
fftour Paris, comme au Mesche et aux lieux plus
irrenommez de devocion.i Le Beuf croit que cet
édifice était considérable, ir attendu que la partie
(f restante n'est pas tout à fait sur le bord de la
rr route, mais h une distance qui peut permettre
«qu'il y ait eu entre deux, anciennement, le corps
«de la grande cha|)elle et la croisée septentrionale. -
(Hist. du dioc. de Paris, t. XII, p. -jg.) M. J. Qui-
cherat, dans son savant mémoire sur le lieu de la
bataille entre Labionus et les Parisiens , combat cette
assertion. Selon lui, le Mesche. qui existe encore à
l'état de grange, et dont rorientntion insolite a
beaucoup embarrassé l'abbë Le Beuf, serait un an-
cien sanctuaire élevé à la déesse Rome, après la
conquête de la Gaule. (\oir les Mémoires de la So-
ciété des atUiquairei de France, t. XXI, p. 495 et
sniv. )
''' Il en est de l'abbaye de Sainl-.VIaur-des-
Fossés comme de Saint -Gemiain- des -Prés; une
sinq)le note ne peut suffire à une telle histoire.
Nous ne pouvons donc que renvoyer le lecteur,
p)ur les annales du monastère, au GalUa chrisliana ,
à Y Histoire de l'éfflise de Paris par le P. Dubois , et
à l'article étendu consigné |)ar Yahln.' Le Beuf dans
le tome V de son Histoire du diocèse de Paris. Quant
aux btUiments claustraux et h l'église de l'abbaye,
ils étaient situés à l'extrémité orientale du village
de Saint-Maiu-, très-près des bords de la Marné.
En 1749, au moment oii la collégiale, qui avait,
en i.'>53, succédé au monastère, fut réunie h celle
de Saint-Thomas du Louvre, on voyait, dit Le Beuf.
les restes d'un ancien |)ortique «dont la structure
«avoit paru être du m' siècle,» puis une ^ise
dont les piliers «datoient du roi Robert,» dont la
croisée était du xii* siècle et le sanctuaire du xiv*.
Cette église, ayant été interdite par l'archevêque
de Paris, tomba bientôt en ruines, et la Révolution
eut peu à ajouter aux injures du temps. H reste
encore quelques débris de cet antique sanctuaire
dans les jardins d'une maison particulière qui en
occupe l'emplacement. Le pèlerinage dont parle
Guillebert de .Metz se faisait pour la guérison des
épile|)tiques. Le Beuf donne à cet égard des dé-
tails fort curieux.
'•' Vincennes, son parc, sa chapelle, ses dépen-
dances donneraient lieu à de très-longs développe-
DESCHIPTION DE PAHIS SOUS CHAKLES VI. «7
chasicl (I uiize grosses tours haulx comme clocliic*r«, ou il a une rhaiioiiie et
iujjJH pour l<> itoY. Kii Ci! hois est une «{'li.sc (iiiiic manicro de liermites appelles
Bons liornmoH; item dun costé est uni; Ix'i hostei appRlJ/* Beaut<^. En ce boit
ont aconsliiriié a estre toute» manières (l(! I)cstes sauvages. 1^ porte du Temple,
on sont {;raiis jardins'*'; la jiorte Saint Martin^ : la sont forlMurcs ou enl ieglise
nient»; non» nou» iMiniemn» li runiniontcr In l(>xU!
de notm auteur. l'L^ii ir moult haulx iiiunni cunit-
tituiinl l'rnrrintc ont élfi rPMi|ilnri't< |Mir une niu-
raiii)' |)luH ni(Hii>sle, <|ni n suliitiittt' jnMin'ù ces
liernii-i'oi uJin«V!i , cl n'a M dt^lruiti; (|u'ù r<'|M>quc
de IV-tidilisNrinent du rlinmin de fer et de la traii»-
foniintion du liois. u* l^es "onze grtMRe» tuun
"liauU connue ('lorliiepoi hont ligun^ dans Le*
pluM txceUem bâtimeim de France de Du Cerceau;
in pln|Mirt ont Hô nisuV^. <l(>|)uiH. nu nivenu de la
courtine. ,')* !.n irrlinnonie" l'tnit nNsez n^ente h
rëpoquc où (^vait (luilleliert de Metz. puiM{u'elle
nvnil <'l(* fondée |)nr (Iharjes V, en l'ÎJQ. |K)nr
desservir in Sninte-(^iin|ieiie, (|u'ii avait ronstmite.
et qui fut reUtie par Franç'ois 1" et Henri II.
'i* Le (rio|ps |K)Uf ie llov" reniontnit il une *'|Mique
assez reciiii'i! : une |ii-eniièn> ninison roynie, manr-
rium rrgulr, y avait M constniilc |)nr Pliiii|i|ie-
Aufpiste, npWs l'nciièvenient de in riiJtiin' de bois,
et nvnit fnil pince ii une seconde denieiire com-
mencée par i'iiiiip|M> de Vniois et tennini<e |Mir ie
roi Jenn. ia(|ueiie fut détruite sous les règnes de
Louis \lii el de l.oiiis \iV. |>onr iéiiiticnlion des
deux )[rnii(is cor|>s de io)risipiisiiiisisteiil encore au-
jourd'lnii. 5* Lin liom-Uummex , ou religieux de l'or-
dn- de (irtuidnionl. étnienl l'tniilis, dès ie xii' siiVIe,
ou Imis de V incennes , et leur couvent avait ie titre
de prieuré. Ils y étaient encore nu moment où
écrivait (iiiilieiiert de Metz, piiisipi'iis ne fiin-nl
irmpincé» (pi'en i.'ïH.") par Iw Minimes de Niffcon,
inoiiH>s rniiiciscnins. iiistnliés ii i'iiAtei de Ni{^>n,
pnVt i'nris, pnr (liinri(>s MI. Les Itons-lloninies du
iwiis de V incennes occii|>jiient i'enipincement cou-
vert aiijoiini liiii [Mir ie inc, dit dru Miiiimrf, les
lies et les avenues envimiuinntes ; deux |Kiviilons
. nss<>z nreiiLs indiquent encon- l'endroit, fi* l.c rliA-
lenil de HeaHlé. où inounil (^linries V, était situé
à i'extn'niité orientale du Iwiis, pWw de in Mnrne:
un \mrr de rinipinntiMieiix nriienls l'entourait. Il
avait dis|Niru ioii(rtenips avant in llévoiiilion: le
lnic»< du chemin de fer, entre la |iorle de Noj^enl
et in p>dniile de In Knisnnilerie, eu ninrtpie il |ien
pn's l"ein|ilaienienl. 7* lti|<;ord nou» apprend que
le roi Henri d'Angktam envoya k Philippe -Aa-
i;u»te, auMilM aprèf h eonriruetion de la ddian
de bois, tous le* eerb, daima H antrea bélaa iwvaa
que Ton put |irendre dam lea '*«—f'— de Nor-
mandie et d'Aquitaine. Ooira eea aanMMu. qui te
sont iieriM-tués dam le parc, on y fiihTimail ea*
core une ménagerie, eompiM^ de lioM, tigna.
léopards et autres grands eamaaaien. Le tUàtÊm
de \ incennes, d'où sont dal^ de BOMihrMiaBa or-
donnances royales el où ont A4 délOMM tmià éa
l>riso{inier8. a toute une hîaloîre.
Auguste et «oint l/oui» juMpi'i nos jour*;
avons h peine indi(|ué les grands traits.
" Ce que Cuillebert de Mets appeiie U
du Ttmple, était la aecoade ceostmclieB de ee
nom. La première. liAtie par Philippe- Aogwie.
vers l'an i-ioo. était sito^ daM Fa
Sainte-Avoye, un peu an-deawotda
appelé. A l'époque où écrivait notre auteur, elle ne
|)oiivnit Aire entourée de f^nds jardina, car renrioi
du Temple eu était tn'>ft-voisiii. et cet endos, cou-
vert de magnifiques eooitnidions. était désigné,
dès le xin' siède, sous le nom de I7tti mm Ttmifli.
C'est donc de la seconde porte du Tenipie qn'fl est
ici question ; ronstraite sous le règne de Charin V, k
|Mni |m'-s il in iiniileur de in rue Mesiay, ele eowÏB»
tnit. dit M. Bonimrdot. en un groa hiti—wt on
bastide carrée, flanquée de toureiies avec hcne «t
|M>nt-ievis. Modifiée |M>ndant le x»r «ièrle. et re-
coastniite au coouneocement du xvu* par le eSAn
pn-vAt lies marchands Pranfoit Mirai, ele fal
alialtue vers i683. Les pions ks ph» awieM b
repntsentent flanquée d'une hi
' Nous avons d<*jà dit (p. 109) qae la {
porte Saint-Martin ou ÀrtkiiSaimt-Mmrf •Aenà
h |M-u |irès à la hauteur des mes Nemo-Soinl-
Merrv <H Aubry-le-Booeher. et qn'efle finMil partie
d'une encnnie antérieure h cde de PhiNppe Au-
guste. I^ mur«il> évrfe aaat w denwr rsi tra-
versait in me Sdal-llMlai an pan n-daMana dn
iléliouché de U nie («iiiiiii Saint laiMf. cl c'eat
U) qu'était «latfe k laeowb porta. Dtifcni vlnri»
. porte* pwiaile de la fonatrartian de raeâniB éa
■228 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
paroschialo de Saint Lorens'''; a une lieue est Longheville**', et a trois lieues est
Bourjjet, et tout une chaucée'^l La porte Saint Denis'*' : la sont forbours ou est
Charles V, elle ne fut abattue qu'en i53o. La troi-
sième porte, qui ^lait encore debout sous le règne
de Louis XIII , s'élevait entre les rues Sainte-Apolline
et Neuve-Saint-Denis (Blondel). Gomme plusieurs
autres portes, elle avait, dans son voisinage immé-
diat, une impasse longeant le rempart, et l'on re-
trouve encore aujourd'hui un certain nombre de ces
petites voies rrsans chief. ji Les impasses de In Bou-
teille (me Montorgueil ) , des Peintres (me Saint-
Denis), des Anglais {rue Beaubourg), Saint-Claude
(rue Montmartre), etc. sont, comme l'impasse de
la Planchette, un souvenir et une trace des an-
ciennes enceintes. Murée, puis réparée dans les
premières années du xv' siècle, fortiCée au xvi'
par un double bastion couronnant la butte ou
voirie qui la dominait à l'est, la troisième porte
Saint-Martin est figurée, sur les anciens plans,
comme un gros bâtiment carré , flanqué de tourelles
et précédé d'un pont-levis avec pont dormant. Agran-
die et modifiée à diverses époques, notamment en
1 61 4 , elle fut démolie vers le milieu du xvn* siècle.
'' L'église Saint-Laurent remonte à une très-
haute antiquité, puisque Grégoire de Tours en fait
mention. Jaillot n'hésite pas à affirmer qu'elle exis-
tait au vi' siècle et qu'elle abritait déjh im mo-
nastère. Elle eut à subir les ravages des Normands,
qui la dévastèrent de telle sorte qu'on n'en trouve
plus trace du ix' au xii' siècle. Il parait probable
que, pendant cette première ptfriode de son exis-
tence, l'église Saint-Laurent occupait l'emplace-
ment où a été édifié, depuis, le prieuré Saint-
Lazare (maison d'arrêt de ce nom), et qu'on la
reconstruisit ensuite un peu plus à l'est, à l'endroit
où s'élève aujourd'hui l'église placée sous le même
vocable. Cet édifice , bâti au xv' siècle , aug-
menté en i548, presque renouvelé en 1695, et
doté d'un portail grec en i6-ja, avait remplacé
l'ancienne église élevée vers la fin du xii' siècle et
à peu près contemporaine de l'enceinte de Pliilippe
Auguste. Une dernière restauration, qui s'achève
en ce moment, lui a donné une façade et une
flèche plus en harmonie avec le style général du
monument. La célèbre foire Saint-Laurent, insti-
tuée par Louis le Gros, se tenait dans le voisinage.
Il est étonnant que Guifiebert de Metz n'en parle
point.
'*' Nous n'avons trouvé nulle part le nom de
<»Longheville,i qui s'applique évidemment à la
Villelte, bourg construit, tout en longueur, le long
des routes de Flandre et d'Allemagne. Ou le trouve
mentionné, dès le xn* siècle, comme une dépen-
dance de l'hôpital Saint-Lazare, et appelé pour
cette raison la V illelte-Saint- Ladre , en latin Villeta
sancti Lazari. Au xv* siècle, on y constate l'existence
d'une église paroissiale, ce qui implique un certain
centre de population. L'abbé Le Beuf croit ({u'avant
l'érection de cette église en paroisse la Villetle
déj)endait, religieusement, du village d'Aubervil-
liers. On sait quelle importance a prise, depuis un
demi-siècle, cette ancienne bourgade suburbaine,
par suite de l'ouverture du canal Saint-Martin.
'' Le Bourget est une petite conmiune de 700 ha-
bitants, appartenant au canton de Pantin et à l'ar-
rçndissement de Saint-Denis. La itchaucée» dont
il est ici question est une des plus anciennes routes
du royaume; elle est établie sur le parcours d'une
voie romaine de Paris à Soissons.
'*' La porte Saint-Denis , dont jwrie notre auteur,
appartenait, conmie toutes celles tpi'il mentionne,
à l'enceinte de Charles V. Elle était située au dé-
bouché de la rue d'Aboukir, et était nommée tantôt
Porte-Boyale , parce que les rois y faisaient leur
première entrée solennelle, en venant de Saint-
Denis, et que leur dépouille mortelle y passait
encore j)our être inhumée dans la célèbre abbaye;
tantôt Porte-de-Paris , purement et simplement,
c'est-à-dire la porte par excellence. C'était, dit
M. Bonnardot, un gros bâtiment carré formant
une cour h l'intérieur, terrassé sans toiture et flan-
qué, dans les angles, de tourelles en encorbelle-
ment. Après diverses modifications, cette porte fut
abattue vers 167a. Elle avait été précédée d'une
ou peut-être de deux autres portes. La plus an-
cienne, correspondant à l'Archet-Sahit-Merry, de-
vait être placée entre les rues des Lombards et
Troussevache (de La Reynie). La plus moderne,
qui faisait partie de l'enceinte de Philippe-Auguste,
et qu'on ap^telait la Porte-aujc-Peintres , s'élevait
près de l'impasse de ce nom, au jwint où se ren-
contrent aujourd'hui les mes de Turbigo et aux
Ours prolongée. Devenue, conmie toutes les autres,
ctfaulse porte après la constmction de l'enceinte
de Charles V, elle fut d'abord dégarnie de ses
tours, puis démolie vers i535. Les deux arcs de
DESCUH'TION l)K PAHIS SOLS CHARLES VI. JW
loglise Sailli f.adKî"*; n une lieue est l<4{li»e appoll/'C ia Chappdlo * . lu-m a deui
lieues csl Inhhaiu de Saint Denis''), laquele est dexcellenl édifice : la sont les
corps de saint Denis et ses compnifrnons, saint Rnlli '^' et saint Kleulhere en prans
riches fiertés''^'; si y est une niaisoncelte dessus appelle Tegurion, toute dargent.
ti'iii[ii|ilic (''Icvi'h en riioiiiioiirtlf l<<ini>t \IV pwivml
Atrc coiisidrn'H i'iuiiiik- Ii-h i|iiii(ni''iMi's |H)rti-H Suint-
Dcni» (!t Saint-Martin.
"' NouH uvonH ilt'jti t'ilit n'ssiii'lif i niili(|iii(i- <li'
Saint- Litiiire , ù |>i'ii|n)H <Ii> Ii'hIim' Siiiiit-l,(iin'<Mil.
Ce fut (l'ulMtril nii<> l)'])n>H«'n(>, conHlniiln Mir \n
nùnm (Ip rpttr itliliayn, ii iuk- «'imhiiio aiwrz iiiilô-
tcrniint'c ; toud'HtiH il «-ii <■»! fuit nir>ntion diSt lii fin
(lu xn' siècle, pt cent an» apriit on In rite hoiu Ip
nom il(> Miiùnii (le Sdiiil-I.ir.nir , Ihmiin Simrti
Laiari. Htail-cc nioi-s nn<< HiiM|il)> ilorni-in')' liiispi-
laiière, ou un «'Iniilism-niciil nion<iHti(|ui-? (iroHs«>
(|nPHlion (|np Ips liistoripris <Ip l'iirin n'ont |nih roni-
|*li't<'rnpnt ri'-solup. An ronnnpiicpnipnt du wi' »ièc|p,
in niniNon dp Sninl-I.(iznn>. n'nynni plus dp Ip|ii-pux
il HoiipiPi'. Ptnit tonilxV dons un rplArliPuipnl (|ni
ii|>|>p|ail MMP i-i^fornip; on y inli-oduisit dps clin-
iioinps rpjfuiiti-s dp Siiiiil-\ ictor, i|ni n'y lii-cnl \m»
un bipii long w'jour, (-«r. rpnl vinjyt nns ii|»W,'s.
Hiiinl Vini'pnl dp i'nni pu |)i-<>nail |H)!Uu>s.sion |M>nr
en fiiiii' |p »i«''|fp dp dpux noiivpnnx ordrps (lu'il
venait dn fondpr, la congn'galinn de la Mission pI
l'instilnt iIps lillcs dp in (iliarit)'. I/pnrlos Saint-liO-
ziii'p, (|UP tnivoi-spnt iinjonrd'lnii lu niu [^afoyettept
le lioulpvard dp Miigpnlii . pt dons l'pnrpinlp du(|up|
on n ronslrnit hi l'iirp du Nord ainsi (jup l'IiApital
de I.JI itilMtissi^iv. n roni|nis. dans nos dpniiprpfi
luttes civilps, une rplt'briti' aussi Iristp ([up la
maison ptlt^niènip. Pilk^ pt inrpndip Ip jour de lo
|irisp dp la Itasiillp. l'ptalilissenipnt dp Saint-l.a/are
fut, |N>u dp tpinp apnV, ronvprli pu |irisoii, pI
c'est là (jUP Kourlior, C.lu^nipr. la Jpuup Captivp ont
pass<' Ipui-s (IpHiipi-s instants. |)p|inis l'anni'p 1811.
la maison d'aritU dp Sainl-Lazarp pst aArj-ctiV aux
feiinups Pt lillps prtWpnues, ainsi qu'aux Tgallois*-»-
iiisouniis>>s.
'' La (iliapelle n'a jkis tonjoun* i^ltf sous rinvr>-
calinn de Saint-Denis : Ips plus ancipiut titres la
dwijpipnt ainsi : Gtprlla nmelm Gtnorr/ie , et Kpli-
bi«>n, dans son lnstoin> de TablMiyede Saint-lVnis.
jtensp (pip la viprjfp de Nanterre avait, & mi-rlieniin
de Paris et <lu tomlieau des martyrs. i<taldi uup
ivtrnitp on oratoire qui a rnnservt' son nom. Plus
lai-d on a dit Ln ChupelU Saim-lkm*. il raison de
In pmximitf' dp TnlilMye. et par alirr'« iation 1^
('.linprllr. L'nMx' !>• Itptir fait mno»l<T au «mm-
menceinent du xiii' tiède rniibswe de V*f^
paroissiale, et. par eomëqoait, de k nirnJMr
(iplte ë^ise. niiiK<e par Im gnarrei de nîgioo. ■
M relWItie au xvi' liMe; mai* resInMaa du liMiqi
l'a rpndne iiMuflitantp. et. de no* jour*, on a dé
conslmire, entre ranripti tdla|;e H la bulle Mont-
martre, un M Miivp ];oliii<|ue qui a Hf^ plarr
sf>us rinvrication de MÏirt Bernard. La Chapefc a
pU' le thi<Atre d'ëvénemenU imporfaoU. ■ottoai
l>pn<lanl les xiv* et xv* titde»; maie cet Mmmmità
np|MirtipiniPnt i l'Instnire gi^n<<rale philAl qu'aux
annales dp Paris,
'' L'illustre ahbatff de Stimi-l)fms, eOÊÊÊtte Saîol-
('■ermain-des-Prfis et Soinl-Martin-dea-Champa.
se rcrusp h UUP sinqile note. Le OMMMalèfv, le Ir^Mir
et les londM>s n)yale« qo'eHe rwfcr— il ont donné
lieu à des travaux historiques nombreux. Voici le»
prinriponx : 1* Antiipiilè» H mg¥krkk il ftk-
baye de Saint -Denis, eimtliin im nu d» FreaM,
in -8*. — 9* Hitloire Je l'abbage it Stùm-Dtmê
en France, eontenani le* antiqiiilet i'itette, etc. tte.
ensemble le* tombeaux, ett. par F. Jacquet Don-
blet, etc. Paris. 1695, in-V. — VU Trimr m-
crè on Inrenlairet Je* eaincte* rfliifue* et «mirti prè-
cietu- joyaux fw jc Mifenl en Vrglitt et au amW
de r abbaye rvfoh i» Sainct-Denit en Fnmct, Ht.
par Dom Germain Millet, etc. k' Mition. Par».
ir>&5. in 19. — h' Hi*loir* i» taUtg* rijaii dr
Saint -Déni* en France, eU. ett. par DlMB MieM
Ft'libien . etc. Paris. 1 706 . in-M. Preaqw law laa
lii>loripns de la villp de Paris ont I
à l'nbbaye de Saint-IVnis; il bol (
|)olpmpnt le tome III. p. 173. de VUitlairrim im^
tèie it Ptng, de labbë Le Beat Peran laa Inrran
modemee. il Crat Hgnaier la MmtgrwpUt it FjgSm
royuh i* Sant-Drm», lamiiamx it/gum Aàakr»-
fM«f, par le baron de CuMwihi|. fmù. i848.
in-18, et tHittoirt ie tMmf il Saim-Dmii «•
Frunei, par M"* F^licie d'Ayne. Paria. iMo.
a vol. in-8*.
' l.e manuscrit por<«> Hulk .- il (rat hn 1
' fV<Tir. du latin /frrfnua.
■230
DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
a riches pienes, hiquele fist saint Eioy. Si lu au premier la couverture de le-
g'-se dargent, mais puis pour une grant guerre lu descouverte, et lu pour ce
baillie a leglise ung des sains doux, une partie de la sainte couronne, une partie
de la lance, une partie de la sainte croix, le suaire Nostre Seigneur, le destre
bras saint Simeon, une chemise de Nostre Dame et autres notables reliques. lUec
sont moult de riches sépultures de roys et princes; la prent le Roy loriflambe
quant il va en guerre : cest un gonfanon, dont la hante est dorée et la baniere
vermeille a cinq frenges, ou len met houpes de vert'"'. Entre Paris et Saint Denis
est la place du Lendit '-); et sur la rue sont pluseurs grans et notables croix enlail-
lies de pierres, a grans ymages; et sont sur le chemin en manière de Monjoies
pour adrechicr la voie'*'. La porte de Montmartre**'; a demie lieue prés est le
''' Voir l'appendice sp«5ciaieiiienl coiisaci-é à l'O-
riflamme.
'*' Le Lendit a été l'objet de travaux im|K)r-
tants : Guillot lui a consacré un dit que l'abbé Le
Beuf a imprimé et annoté au 111' volume de son
Histoire du diocèse de Paris, et qui se trouve inter-
calé dans une savante histoire de cette foire célèbre.
Sauvai en parle également connne des foii-es Saint-
Lazare et Saint-Germain : il nous apprend que le
Lendit commençait le mereredi après la Saint-Bar-
nabe (i 1 juin), pour finir la veille de I» Saint-Jean
(ai juin), ffce qui pourtant, ajoute-t-il, n'est pas si
ffbien réglé qu'on ne laisse durer davantage.'» Le
premier mot dont on s'est servi paraît avoir été
indictum, lieu désigné pour une assemblée; d'où
l'on a fait Vindict, l'endict et onfm Lendit nu Lmidit,
par suppression de l'apostrophe. La chose n'a pas
été moins transformée que le mot : itLe commen-
- cément, dit Le Beuf, a ét^ un concours de piété
fà un endroit indiqué {indicatus, indiclus) dans la
tr campagne. Mais l'aridité du lieu, où il n'y a ni fon-
ftaine ni ruisseau, y ayant fait apporter les besoins
rrde la vie, il s'y forma peu à peu mie foire; et
-lorsqu'elle fut établie on la continua plusieurs
"•jours. C'était ainsi qu'avaient dégénéré tous les
rr concoure faits autrefois aux tombeaux de quelques
ffsaints.i (Hist. du diocèse de Paris, t. III, p. abh.)
On peut juger de l'importance de la foire du Lendit
par la seule énumération des contrées d'où prove-
naient les marchandises qu'on y voyait exposées.
Guillot cite, en France, les Ardennes, Rouen,
Provins , Douai , Cambrai , Maubeuge , Avesnes ,
Nogent-le-Rotrou, Dinan , Caen, Louviers, Bre-
teuil, Vernon, Chartres, Beau vais, Évreux, Amiens,
Troyes, Sens, Aumale, Les Andelys, Doullens,
Montreuil, Saint-Quentin. Saint-Omer, Abbeville,
Châlons-sur-Mame, Valenciennes , Thorigny. Dar-
netal, Bonneval, Nogent - le - Roy, Châteaudun,
Mondoubleau. Corbie, Aire. Bayeux, Lille, Arras,
Vervins, Étampes, Melun. Pontoise. Meaux. Lagny,
Cbâteau-Landon , etc. et. hoi-s du royaume, l'An-
gleterre, les villes de Gand, Ypres, Malines,
Bruxelles, Louvain. Toumay. Courtray. Hall,
Huy, etc. C'était donc principalement une assemblée
des marchands et fabricants du Nord. On peut con-
sulter encore sur le Lendit les deux grandes his-
toires de Saint-Denis par Doublet et Félibien.
''' Ces croix s'élevaient sans doute sur un petit
tertre ou au sonmiet d'une plate-forme h laquelle
on accédait par des degrés, comme j)our tous les
calvaires de cette époque; ce qui exjilique la locu-
tion dont se sert Gnillebert de Metz rpn manière de
fT Monjoies» {mons gaudii). c'est-à-dire comme de
petits monticules. Quant ii l'expression Tadrechier,»)
elle est la traduction littérale du latin adreteiare,
rendre droit ou (hrect, et, par extension . indiquer.
(Voir Du Cange, édit. Henschel, t. I. p. 9-2.)
'*> La première porte Montmartre , appartenant
h l'enceinte de Philippe-Auguste, était située un
peu au delà de la rue du Jour ; on l'appelait aussi
porte Saint- Eustache; construite dans le style mili-
taire du xiu* siècle, elle fut remaniée à diverses re-
prises et disparut vers la fin du règne de Fran-
çois I". La seconde fut élevée à la hauteur de la rue
actuelle d" Aboukir, lors de la construction du nuir de
Charles V, et on ne la munit d'un pont-levis qu'en
l'année i495. Après avoir subi diverses modifica-
tions, tant dans sa structure que dans ses dépen-
dances, elle fut abattue vers i634. Une troisième
porte Montmartre fut édifiée sous le règne de
Louis XIII , lors de la réunion à la Ville du quartier
de Bonne-Nouvelle et de toute la région occidentale
z
7.
< <■
l)KS(;ini»TU)N DE PAHIS SOLS CHAULES VL M|
muni on len pronl lu plaHlrc dont len fuil ic» maisons de Paris" ; sur lc(|uel mont
ost une abbaye de nonnains'^'. Item, au pi*'; du mont, est legiise sppell^e des
Vlurlii's, (|U(! H<iiiit<; fîiMicvieve fonda, on saint Denis et ses compai|;non» furent
decolez''). l.n porte Saint Ilonnor*';'*) : la sont forbours ou est leglise appellée au
Molle '^'. Item a deux lieues est le(;lise Nostrc Dame de Kouloi{;nc la petite, ou len
liiiiili'-t- ilf|iiiis |Mir l<* cour* ou Iniulefard. Klles'ële-
viiil l'iilri- In liiiildiiii' dr MoiiliiKircnry. iVtvfiHiiciil
il)'iiiulii-. cl la ruf ilcs Jct'iiu-urH, |>rpiM{UPPii f«<-«' (!<•
lii mi! Suilil-Mnrc; noln> nutriir im Ta l'vidpiiiMiciit
|M» C()IIIIU<>.
''' "La pluHln'i n»l riiciilioniH'o |Mir (oiih l«t( nn-
r'ipm liiHlorioiiH rlo I'iiHh : on |M-ut voir ri> (lu'cii dit
Jfiiii (le Jniiiliin ( Traité des louaugfi de Pari», p. 76
''' l/aliiinyr de Moiiliiitirlro a •Ui*. roinnio loti»
Iph }rraii<lH inoiiaHtt'rrH île Parin. l'objet d«* travaux
Jni|)<irtiiiilH. MUiHliiire dr Siiiiil-\liiilin-dp»-Cli(imfii
par |)oiii Mairit'i' et le (iiilliii chrMana en |inrl)>iil
fort loiigurnicnt ; Du lircul. Sauvai et rablx' \je
llrurs'i'ii Hdiil aussi l)i-aiii'i)U|> iiitii|i«<s. I)<> mm jours
M. (le (■uillicriiiy a publii- un savant n)6noin> sur
ce sujet [Mém. j.rfimtrg pnr dirrr» tnrani* élrnn/jen
à l'Acad. des iiitcript. t. I". ji. 178.) \\. Mitiiel de
TnHaijfne a (Ioium' ('(jaieuient une niono([rapliie de
Montmartre. Au nionienl on «'•crivait (luillelM-rt de
Metz , i'alibaye de Montmartre iHail encore «ur le
sommet de la monla|rne; aussi dit-il : "Sur le^piel
itinonl l'st une aliliaye de nonnniiis. « l.e nionast)>n>
d'en l>as ne l'ut ronstniit i|u'en ifi-i-i, et la rom-
nnnuiuli' se dt'-iloidiiii |Hinr le |NMi|>lrr; mais, vu
ifiHi. elle s'y lnins|M)rta tout entière. aiMUidon-
nant l'i'fflise Saint-l'ierre. qui n'était auparavant
«pi'à demi paroissiale, cl <pii le devint ainsi tout ii
fuit. \ai rue et la place de l'AItluiye. ain.si ipie In
mairie du xvni' arnindissenient et ses environs im-
UKMJials . manpient aujourd'hui remplacement du
second nioiuistère; «punit au premier, il toiiciinit il
l'éj^lise Saint - l'ieriT. Sur l(> plan de La (iaille, ipii
ml de 1 7 1 & , on aperçoit une ligue de bAtinH>nts
escaladant In montaf^iie et n'unissant ii l'nbiMiye
d'en lins l'église ainsi ipie le ci^i'iir des ii>li(jieu»<*
plnci* derrière l'almide. C'est sur ce point «pi'on
n\nit élevi! une tour eu clinr|)eute et eu phUre |)our
le si-rvire du li'lélé);raplie.
'' L'(')jlisiMlesMnil\r», siluiViimi-cAte,<>»t mm-
lioniiée dt'-s le m* siècle; on l'npiielnit vul|jnin>meiil
le Martyre, rtsnnrtuin martyriiim.- Celte rliii|H'lli'.
ligun'e sur le plan de Du ('erreau . est ci-lèliiv |Miiir
avoir ét<>, en 1 •'>:{'!. le U'ii-eau de la Com|Ni|{nie lie
ié»u». I>>» guerrm tin rpli(pon b ruinimil ; niMs WIr
fut Nompliieusifiiiiii riHaldie. k U Miiti* île in «Uieaa-
vert<>. faite en 1 1> 1 1 . d'un caveau que foo crul Mrr
le tomJN-nu de saint l)<-nu. (>t é^éammàL Monta .
ainsi <{ii'' h' u-. v)>iion5) de le dire, la li amialîtw dn
iiioii.i~irr. . (jiii n sulKiisti' Mirnon noavel empiare-
iiii'iil. jiiMpi'n Ji'jHMpie lie la Révoiutioii.
''> Ltt porte Sainl-lltmori , qu'a vue (iuillrlierl dr
Met? ' t'>iiti'rr||.'<piiapparteoaitàreDeniile
de(.;. ' ' I 'i<i> 't.iii «iiu^ entre les nMada
HenqMirt et Jimiuh In ptMC Ktade dn
Tlii'âtre-Fninçais. iJie .si nii-hre p»»ur avoir »uIh
eu lA'ig, l'attaque de Jeanne d'Arc. IV« UtuAU"*
faites en 1 860 et suivie* avec le phi* gnmd •uin par
le «enice des travaux liisloriquet.ootpenniadefiirr
avec ta plus entière certitude Pcoqilacenient et la
structure de cette porte. \jt réauMat de ce Iravait
est cunsigiii' dans te tome !" de la TtfMfptfUi kiit^
rique du Vieux Pari* (n'fj. du l»urre H deaTnife-
leries, ap|iendice, p. n). Ou peut lire, dana la
ménie volume, les savantes page* conaarr^M k la
première |iorte Saiul-lioiM>ré. qui éUii tilmée ri^è-
vis rtJraloin- ^p. ib'iK «H il la troiiiét porte dn
même nom , qui s'élevait entre tes rues Itovale et ilr
Snint-Florenliu , à soiiaute-iieu» métrai de eelie
demièn' me (p. 3a«).
' U HoUe ou Romh, RoUmi, Rotubu.mAwÊm-
lioiuié dès le conMnencflnMBt dn vaf aiède : e était .
comme Saint-I^aiare. une léproaerie lhad<e par b»
ouvriers de In Monnaie de l'ario. et |i»umie d*noe
rlin|ielle |)our le service de* malade*. LliApiial H
In rlin|M>lle snlisistèrpiii jusqu'il b findn ytl' litelt ;
ninis il urriva là. ainsi qu'au lanlMtti)f Snint-Dcnî*.
que les li>preu\ firent liefiul et que In bitinifnta.
lomtNinl en mines, ne fiin-nt |ininl réparte. Ceil
alors que les iMiliildiiU du faiilxHirg . ikwt iei
s'(-lnit benuciMip accru . demandèrvot la
de Mtir. de maniiR à joindre b Ronb h h Vile-
l'ÉvAque (t6S9-i7«t). L'fflny —Mit a* il étawt
de Clicfay et de Villi«w 1» Garenne, leun pamtaM>i>
leur lit denMnder et obtenir lui U'ire paraiiMi penr
l'aiH-ienne dMpde du Roule, qm tak remplae^. à
la lin du aitde danMi . parréjgiiaeactndh de Saint-
Jacques et Saint -Philippe, «nre de Ta
232 DOCUMENTS ET ÉCRITS OKIGINAUX.
fait raoult de pèlerinages"'; illec prés est le pont Saint-Clou, ou a deux fortes
tours '^'.
XXX.
LA QUINTE PARTIE EN LAQUELLE EST DEVISÉ EN GENERAL DE LEXCELLENCE DE LA VILLE W,
Len souioit estimer a Paris plus de quatre mil tavernes de vin, plus de (juatre-
vingt mil mendians, plus de soixante mille escripvains; item de escoliers et gens
de mestier sans nombre ; item la compaignie prelas et princes a Paris assiduel-
nient conversans, les uoblesces, les estas, les ricliesces et diverses merveilles so-
lennitez et nouvelletez ne pourroit nulz raconter ])arfaitement. Len estimoit lor,
largent et pierreries estans aux relicjues et vaissellement des églises de Paris, va-
loir ung grant royaume. On mengoil a Paris, cliascune sepmaine, lune parmy
lautre comptée, quatre mille moulons, deux cent quarante beufs, cinq cens
veaux, deux cens pourceaux salés et quatre cents pourceaux non salés. Item on
Clialgrin. Le modeste faubourg dont parle GuU-
lebert de Metz a pris, de nos joui-s, un dévelop-
pement immense.
'■' Notre auteur, ainsi qu'on a pu le remarfjuer.
aime h citer les lieux de pèlerinage; il s'y rendait
sans doute avec la foule, et le souvenir lui en res-
tait. Boulogne rfla petite" dont il parie ici, pour la
distinguer de Boulogne-sur-Mer était, depuis le
conunencement du xiv* siècle, célèbre par l'aflluence
de peuple qu'elle attirait. On connaît l'origine de
cette dévotion : Pbilij)j)e le Long ayant donné aux
()èlerins de retour de Boulogne-sur-Mer la per-
mission de consti-uire une église au village de Me-
nus-lez-Saint-Cloud , le nouvel édifice, dédié à Notre-
Dame comme l'église mère, et bâti sur le même
modèle, fut achevé en moins de dix ans et eurichi
d'indulgences par le pape Jean XXII. Le terrain
provenait d'un défrichement de la forêt de Bobore-
tum (Rouvray), qui s'étendait antérieurement jus-
qu'aux bords de la Seine. Les bourgeois de Paris
s'allllièrent en foule à la nouvelle confrérie de
Boulogne-la-Petite , et Nicolas Flamel, dit Moreri,
déjiensa beaucoup d'argent pour la rendre floris-
sante. Le village s'est développé depuis dans de
grandes proportions, et les pèlerinages à Boidogne-
la-Grande ont recommencé de nos jours. L'église,
que Zeiller a gravée dans sa Topogrnphia Galliœ,
vient d'être l'objet d'une restauration complète.
'^' L'histoire civile et religieuse de Saint-Cloud
serait longue h écrire : il s'est passé, en elfet, bien
des événements dans le village de Novigentum,
depuis la retraite du fils de Clodomir jusqu'à l'as-
sassinat de Henri III. Guiliebert de Metz ne parle
que du pont; nous nous bornerons à dire ce que
l'on en sait. Il est probable, dit l'abbé Le Beuf.
(pi'il y en avait un dès l'année 84 1 ; mais on en
constate positivement l'existence en 1 3 1 8 , et il est
dit que des moulins y étaient établis. Comme il
tombait de vétusté, on fut obligé de le recons-
truire dans les premières annt'-es du xiv* siècle. Le
Laboureur (Histoire de Charles VI, p. 786) dit
qu'en 1 4 1 1 , année où , selon le Journal d'un bour-
geois de Paris , le pont fut trlivré aux Arminaz par
irun faulx traitre qui on esloit cappilaine,T< ce |)ont
était partie en bois, partie en pierre, et qu'on y
avait construit une forteresse. Guillel)ert de Metz
nous apprend ((u'elle consistait en "deux fortes
"tours,') qui dispamrent probablement en i556,
lors de la reconstniction onlonnéepar Henri II. On
a répété, à propos du pont de Saint-Cloud , l'histoii-e
bien connue de rinter\ention du diable, qui s'était
réservé l'âme de celui qui y passerait le premier,
et qui n'eut, en définitive, que Xàme d'un chat.
Sully, dans ses mémoires, met l'entretien du pont
de Saint-Cloud à la charge de la province de Nor-
mandie, probablement à cause du commerce qu'elle
faisait sur la Seine. Le Beuf assure [Histoire du
dioc. de Paris, t. 111, p. 5o) qu'on a imprimé, de
son temps, sous le titre de Petites annales de Saint-
Cloud, une relation des événements accomplis sur
ce pont.
''' Les observations auxquelles cet essai de sta-
tistique peut donner lieu nous ont paru devoir
excéder les limites d'une simple note ; nous en avons
IJESCRIl'TION DE PARIS SOLS CHAULES VL 233
y vcmloit cliascun jour Hcpt cens tonneaux de vin, dont le Roy avoit «on qua-
trième, sans le vin des escoliers et autres <|ui nen paioient point, comme les sei-
gneurs et autres pluseurs qui le avoient sur leurs iieritagiTs'' .
(îrant riiose estoit de Paris (|uant inaistre Kustace de Pavilly, maislre Jclian-
Jarçon, frère Jac(|ues le grant, le maistre des Matliurins et autre» docteurs et
clercs soloienl jjrescliicr tant dcxceltens sermons; et du beau s(;rvice divin quon
y celehroil lors. Ilcm «piant les roys de France, de Navarre et de Cecillc, plu-
seurs ducs, coules, |)reliis et autres seigneurs luilaides, frequeutoient illec asKsi-
duelnienl. Item (|uant y dcmouroient maistre (iillc des Cliamfis, souverain doc-
teur en tiieologie; maistre ll<;nry de Fontaines, astrologien; iabbé du Muni
Saint Michel, docteur en droit canon; levesque du Puy, en droit civil; maistre
Thomas de Saint Pierre, en médecine; maistre Gille Soubz le Four, en cirurgie,
et pluseurs cxccllens clei-s de plaisant retiiorique et éloquence. Item quant y
conversoient maistre Lorenl de Premier Fait, le poète; le théologien alemant.
qui joiinit sur la vielle ; Guillemiii Dancel et Perrin de Sens, souverains harpeurs:
Cresc(!(|ii<!s. joueur a la rel)('c ; Chyncnudy, le bon corneur a In turelurelle et
aux fleules ; Bacon, qui jouoit chancons sur la siphonie et tragédies. Item (îobert,
l(! souverain escripvain (|ui composa lart descripre et de tailler plumes; et se»
disciples qui par leur bien escripre furent retenus des princes, comme le juenne
Flamel du duc de Berry, Sicart d\i roy Hichart dEngleterre, Guillemin du grant
maistre de Rodes, Crespy du duc dOrleans, Perrin de h-mpereur Sigemundus de
Bomme, et autres pluseurs (■' .
Item pluseurs arlilicoiix oumuts, comme llermuu, (|ui pulmil tlymiin> de
diverses formes; Willeim lorfevre; Andry, «pu ouvroit de laiton et de cuivn-
doré et argenté; le potier (pii Ivuml les rossignolz chanlans en y ver; les trxiU
frères erdumineurs et autres dengigneux mestiers. Item Flamel laisné, escrip-
vain qui faisoit tant daumosnes et hospitalitez ; et (ist pluseurs maisons ou gens
de mestiers dcmouroient en bas, et du loyer quilz paioient estoieni soutenus
doni- fnil r(ibj<>t iriiii n|>|M>ii(lin' ({non trouvera à
la fin (lu livre (l<> GiiillolM>i'l ilc Metz.
'' Le privil(<gc dont |«rle ici (hiillebert deMetx
existait en cITct |M>iir lt><t ikoliers . I<>s l>our(][eois et
les grands soigneurs. Kn ce (|ui ronccnie les éco-
liers, une bulle d'Iimncont IV, pulilii^ en ta&S.
les nvnil exempti's de tout |n<n(fe, soit |)our aller
à Pari», soit |Kiur en n-vcuir. Un denii-siMe plu»
tiu-d (1997), riiilipiH- In Bel ronlirum et nu|Tuicntfl
celte iniMiuiiiU'; il nlTraurliit de tout droit les objeto
npiMirtennul nux t'Uuliants ou destint^ il leur usage.
!.e vin se Irouvnil nnturellenieni compris dons cette
exemption. (\oir Du Koidlay. Uuloria Unir. Paru.
I. m , p. 943, et Crevier, t. il, p. «38.) Quant aux
■ ItT. — 1.
Iiourgcois et aux MM};neur». ils
HMtièrc de boissons un iloulile }OTvià%e : d*ahml .
ib ne devaient aucun droit lie ^ro« ni <f «lyaMMa-
lion |Hiur le vin proveoaol de bon cru* cl (ksiinr^
il leur |>n)|ire coQsommatioa; pak fl Uut ébil Wh
sible de vendre eox-oitnm le via de km vigae»;
et les eommis du fannier iet Aidet w pianaiaat
|)((m<trer diei aoi qu'avec une penHaai» de b
justice. Lea iwawhanil» de vias aa aoMI saufl
plaints de eet état de rtMses. (Voir De L«mrp.
Trmili dr Js po&ct, t III. p. 7&«.)
<" Pour lB>a ha pfiiwwagta rilli il— e» para-
graphe ei dans le suivant, voir les appmdirrs
plaeés è la lin du tivre de GdWMrt da MalL
Sa
TMx DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
pouios laboureurs en hault<". Item la belle sauniere, la belle bouchiere, la belle
charpeiitiere et autres dames et damoiselles ; la belle herbiere et celle que on cla-
moit la plus belle, et celle quon appeloit belle simplement (■^>. Item damoiselle
Christine de Pizan, qui dictoit toutes manières de doctrines et divers traitiés en
latin et en francois. Item le prince damours, qui tenoit avec lui musiciens et
galans, qui toutes manières de chancons, balades, rondeaux, virelais et autres
dictiés amoureux savoient faire et chanter, et jouer en instrumens mélodieu-
sement.
Longue et grant chose seroit de raconter des biens que en y usoit, mesmement
quant si pou de chose , comme estoit limposicion des chappeaux de roses et du
cresson, valoit au Roy dix mil frans lan'''. Il souloient venir solacier a Paris lem-
pereur de Grèce W, lempereur de Romme '^', et autres roys et princes de diverses
' Nous donnons aux appendices, d'après l'abbë
Vilain, le plan et la vue de l'une de ces maisons,
qui existe encore rue de Montmorency.
''' Notre auteur semble avoir devancé les bal-
lades de Villon en l'honneur de la belle heau-
mière, de la ffente .laiicissière , de Blanche la sava-
tière, de la belle gantière, de Katherine l'éperonnière ,
sans compter Margot sa mie, dont la profession
ressemblait beaucoup à celle des habitantes de
Glaligny et de Baille-Hou. Guillebert de Metz pou-
vait regretter, comme Villon, les dames du temps
jadis et les neiges d'antan; mais, ainsi que le poëte
populaire, il rendait pleine justice aux beautés
contemporaines, et il les cherchait de préférence
dans l'atelier et dans la boutique. Cent ans aupa-
ravant, Jean de Jaiidun. personnage grave et tout
occupé de questions politiques et religieuses, avait
également célébré les « charmes inelTables i des
Parisiennes de son temps. ( Traité des louanges de
Paris, p. 56 et 67.)
''' Ce genre d'impôt est assez peu connu, et l'on
ne saurait dire s'il rapportait au Roi la somme dont
parle Guillebert de Metz; mais, en ce qui concerne
les tr chappeaux de roses , » nous voyons , par la rede-
vance de la bouquetière de Sainte-Opportune, tpielle
devait être l'importance de ce conunerce, au seul
point de vue des foimiitures faites aux églises. La-
dite bouquetière était tenue de livrer : 1 ° les joiu^
de Pâques et de sainte Opportune, un bouquet des
plus belles fleurs de la saison, pour la quêteuse;
•!° à la fête Dieu, im chapeau de fleurs d'omnger ii
trois rangs, pour le saint sacrement; un chapeau
pour le curé, et six autres pour les diacres, sous-
diacres et porteurs de ciel (dais); trente chapeaux
avec du vert, pour le clergé de la paroisse; cinq bou-
quets à branche pour les marguiUiers; cinq dou-
zaines de bouquets ronds , dont dix-huit tout de fleurs ,
pour les anciens et les porteurs de ciel ; un chapeau
pour la croix; 3° tous les matins de chaque jeudi,
un chapeau de belles fleurs selon la saison, pour le
saint sacrement. [Hist. du dioc. de Paris, édit. Co-
cheris, additions, t. I, p. 189.) — Quanta f impôt
sur le cresson, il n'est guère plus facile d'en cal-
culer le produit. De I^mare ( Traité de la police,
t. III, p. 363) classe la plante parmi celles qui figu-
raient en abondance sur le marché à la verdure, et
donne la série des ordonnances et r^lemenls re-
latifs à la production et à la vente de ce légume.
'*' r Lempereur de Grèce,» dont parle Guillebert
de Metz, est Manuel II Paléologue, qui, après la
funeste bataille de Mcopolis, se rendit en Italie,
en Allemagne et en France, pour implorer du se-
cours (t/ioo). Le maréchal de Boucicaut, qui l'ac-
compagnait, raconte ainsi son séjour : irL'Empereur
r arriva à Paris, auquel le Roy et tous nos seigneurs
des ducs allèrent alencontre jusques dehors Paris,
ira tout grand route de nobles gens; et a grand hon-
irneur le receurent, et moult l'honora le Roy, comme
rr raison estoit. Car, sans faillir, moult est l'erape-
"•reur Carmanoli prince de grand révérence, bon,
n prudent et saige, et est pitié dont il est en telle
n adversité. Et se reposa et aisa a Paris , et le Roy
(flui entretint tout son estât et le delFroya de toute
ff despence, tant conmie il feut ou royaume de
" France. 1 {Livre desfaicts du mareschalde Boucicaut,
1" partie, ch. xixvi.) Les détails de cette réception,
qui fut magnifique, sont donnés par Le Laboureur
(liv. XXII. ch. 1) et Juvénal des Ursms (p. i43).
''' « Lempereur de Rome 1 n'est autre que
Charles IV, dont le voyage à Paris (1877) " ^^
DESCRIPTION I)K PAHFS SOUS CHARLES VI. M5
parties du monde^''. Itern au couronruMinMil d<* la Itoync de FrancA, YmBoI de Ka>
viere, quand olie vinl premièrement a Pari», si y vindront avec elle plus de m\
longunmnnt Aéc.ril pr Ioiim loi» liwlorim», «H enluminé
par les pliu habilm ininiatiiriHtm rie rMif^ i<|KN{ue.
Chruline dn Piaoïi cl Ii-m <iniii<li'» Ciironi<|ue« ra-
content à p<ni prèa dan» Im mémea tamea lea divera
incidcntH do. r<>ttr> visite inéfnorable; noua indique-
roDH Heulcmciit lu part (|uc l'Eciieviiiage et la boar-
geoiaie de Parix prirent il la r^eeptkn. «Vimlrent
•ra l»'MW)iilrn (If liiy le Pravoat de Paria et le Che-
nvalifr (lu j^iict, av(<<!({uea Ires grant quanlitti de
"leun ^,om a rlmval, vectua d'onea robea, et »m>\
>ry efttoil le Pr(!vo«t des Marcfaana, et les Eaefa»-
"vina de la ville de Paria, et dea boorgoia bien
frmontÀ et vestua de robea my pertiea de Uanc et
"rde violet : et eatoient bien en nombre, en ladite
irplore, de dix huit cens o dciu mille liommeg. de-
"quoy leaditu IVevos et chevalier», les Enclievino
"et ({rnnt quantité de autres bourgois estoient
f moiil('s sur Ix-niix deslriers et coursiers très no-
irbleinent, et se inir<>nt rengi(<s aux champ, selon
- le rlieiiiin , en très lielle ordenance. Lors ae depar-
I» tirent linver ien iui(res le Prévost de Pari», le
I» Prévost (les Mnrrhnns et le Chevalier du (ftiet, et
(r»e nprociiierenl de lempreur, et prta le Prévost
i»de Pari» les paroles en disant : Tre» excellent prince,
"noiiH lex itffieierx du Uoy a Pari*, le Prevotl de*
tiMiirrlmm el le* bourgoi* de In bonne Ville, nou*
t mon* faire la révérence et nou* offrir a faire vo*lre
"bon plaimr, car ainsi le veull le Roy noitre leignmtr,
"et le HOU* a commandé. Et lors, lesdita Prevoa et
"Eschevins, avec les bourgois, vimlrent ensemble
TJns(|ues a Paris, el estoient bien en la compain-
«gnie. tant des otliriers du Hoy comme dea gens
"de la ville de Pari», quatre mille chevaux et
"|)liis.»> l.'arcneil cpie la Imnne ville de Pari» fit h
Charles IV ne se borna ps h ce» premières ddmoiis-
Iralions • i» I^ mardy ensuivant, le Prévost de»
irMairlians el les Esrhevin» de Paris, a heure que
fflempreur disnoit en sa rhambre. entrèrent de-
«fvers luy el lui pirsi-iiterenl , de |>ar lu Vill»*, une
"nef |)esant neuf vins et dix mars dargenl, dcm'e
cet tn»s rirheinent ouvnV, et deux grons floscnns
»don'7. el esinaillie/., du pis de septante mars
"dardent. Et a son filt (le roi des Romains) pre-
"senleivnl une fontaine il,ii;;iiil clmi'..! ri' li'im'nl
"OuviVe, (lu jHiis de (juiilir \iii;;l Inv in.u- , .imt-
"(jues deux gnins |h>8 dargenl dore» très riclie-
" nient ouvres de trente mars pesans. <> Après avoir
si dignement tké rarriv(^ et le wfyiur. il ne rntail
plus aux offidert da Hoi K de b Ville tftk aaJncr
ie déport de ieu' Ute; c'est ce qn'ik flnnt : *Le
ir Prévost de Paria, le Chevalier du guet, le Prevort
«des Marchans, lea Eadwvins et lea geoa de la
ir Ville estoient devant ans dwnipa. qn eatownt *»>•
«nus pur convoier lenipirrur «t chewydiierent
«devant. " (l^i (îrande* (Ikroniftm il Frmin, ééL
>\'- M. Paulin Paris, t. VI. rfaap. &S. &«. 6«. fh.)
(juillelx-rt de MeU n'indi(|ue que d'une ma-
nière vague cea viailea royale* et prinaères; nous
eiierons les prineipalea. L« roi de Chypre, lea data
de Brabant. de l/xTaine et de itar aawlènBl.
en i.3G'i. ou couronnement de Chaifea V. En
1 366 , Jean de Montlbrt \'uA k Paria pov Irife
hommage au roi du duché de Bral^gw. Dan aoa
après, Lionel, duc de Clamée, seeoad (il* du roi
d'Angleterre, fit le même voyage. En 1371. voyage
du roi de Navarre, Charles le Mauvais, «deven le
«rroy de France , qui luy fist trea graal ddov. H
"fut, le jour de la Pentlieeousle, vesta de robe p*-
"reillc ou roy de France, et ot bouaoe ramme !<•
«roy avoit.« L'une des deniièraa riaiiea royale* qui
aient précédé la démenée de Chariea VI fut rrilr
du roi d'Arménie, Léon VI. de la famille de Iah*-
gnan, chaaaé de aea Étala pr lea Turcs. (> prino-
vint à Paris en i385, et fut fort bienaomeilli : «Knl
«regardé, dit Froissart , qœ le roy dAniK>nie. pour
«tenir un estai moym, aeroit oaaigiié d'une rrnU
«et revenue pr an sur la Chambre dea eompte» .
«et bien pyé de mois en mois, et de leme ca
«terme. Si fut assigné le dit roy dAraMaàe de
«six mille francs pr an, et eoat cinq nulle de pre-
«sent. pur lui pourvoir de duNskre cl «aiiMle
«et autres menues chowa nmeaaMrea, il ImmIcI de
«SaincI Audoin (Soint-OMa) ààa Soiael-DaM.
«pur la deinourer, lay et an gow, cl y taàr son
«estai. • ( L* (iar* oeAnne dr F^mumi, dMp. tu.)
1^ roi dédra vëcat oînai do la iiiaiiilIfWKr royale
jusqu'en 1 393 , époque où il moamt. Il Ait inhanë
en fpunde pomp oox CAolina. On ne mentioaar
plus, avant les eatrie* aoloMdka de llmri V et da
duc de Bedibrd . que ccie de remprmir.SiipMMMl .
qui eut lieu en 1 i 16; Monalnicl (I, dk cua) «1
Juvénal des L'rMns (p. 3*9) Mw ca oat tnaa-
m» les flétaik \jp duc de Beny, locordiaal de Bar.
le Conaélahie, le OMMKciier. leaPléi«li de Paru rt
236 DOCUMENTS ET ÉGHITS ORIGINAUX.
vingt mil personnes a cheval que la Royne paya <". Item lan mil quatre cent dix
huit, en une mortalité, morurent en lostel Dieu, lez Notre Dame, plus de trente
mille personnes'-*, comme il apparut en la Chambre des comptes''', ou len livre
les draps pour ensevelir.
CY FINE LA DESCRIPTION DE LA VILLE DE PARIS.
des Marchands, les ofliciers de la Cour et de la
Ville allèrent à la rencontre du monarque qui
arrivait avec un cortëge de huit cents chevaux.
Charles VI l'attendait au palais, et le reçut au
haut de l'escaher de Philipj)e le Bel. — Guilleherl
(le Metz , qui avait vu ou entendu raconter toutes
ces merveilles, et qui n'assistait plus qu'aux tristes
scènes dont Paris fut le thdâtre depuis l'assassinat
du duc d'Orléans jusqu'à l'entrée de Charles VII
dans sa capitale (i /107-1 ^Sy) , avait quelque raison
de s'écrier : irGrant chose estoit de Paris n quand
on y était témoin de tant de splendeurs !
''' S'il faut en croire Froissart, notre auteur au-
rait singulièrement exagéré le nombre des jjersonnes
à cheval qui assistèrent à l'entrée solennelle d'Isa-
beau de Bavière. Les Iwurgeois de Paris, qui de^
valent former une partie notable du cortège, n'é-
taient que douze cents : rf Et estoient des bourgois
tfde Paris douze cens, tous a cheval et sur les
ff champs, rangés d'une part du chemin et de Tau-
irtre part. 1 {Le quart volume de Froissart, ch. n.)
Les bourgeois, il est vrai, se bornaient à former
la haie; mais ils auraient fait une piètre figure
devant rsix vingt mil» chevaux. Guillebert de Metz
semble vouloir expliquer cette affluence de cavaliers
en assurant que rrla Royne n les ffpaya;j! mais il
oublie de nous dire que Charles VI l'avait épousée
sans dot, et que cette immense cavalcade, venue de
Bavière ou d'Amiens , n'avait dû compter que sur
la munificence du jeune roi.
''* Le Journal d'un bourgeois de Paris domie sur
ce terrible fléau les détails suivants : tr Estoit a Pa-
f ris la mortalité si cruelle quon neusl veû depuis
tr trois cents ans par le dict des anciens; car nul
trneschapoil qui fust féru de lepydemie, especial-
ffment jeunes gens et enlTens; et tant en mouru
ttvers la fin du dit mois et si hastivement, quil
iT convint faire es cymetieres de Paris grans fosses,
(fOU on en mettoit trente ou quarente en chascune.
nei estoient arangez conmie lars, et puis un pou
f pouidrez par dessus de terre; et toujoui-s jour et
(fnuyct en nestoit en rue, que en ne rencontras!
cNostre Seigneur quen jwrtoit aux malades; et
ittretous avoient la plus l»elle cognoissance de Nostre
T Seigneur a la fin, que on vit oncques avoir ne
"•crestiens. Mais au dict des clercs, on ne avoit
" oncques vue ne ouy parler de mortalité qui fust
"si desvée, ne plus aspre, ne dont moins eschapat
rde gens qui féru en fussent; car, en moins de cinq
rsepmaines,trespa8sa en ville de Paris plus de cin-
nquante mille |)ersonne8; et tant trespassa de gens,
frque en enterroit quatre ou six ou liuict chefs
ffdostel a une messe a notte, etconvenoit raarchan-
ff der aux preslres pour combien ils la cbanteroient. 1
{Journal d'un bourgeois de Paris, édit. de 1729,
P- h-)
''' On peut s'étonner de trouver à cette occasion
ime mention de la Chambre des comptes, grande
institution qui avait pour devoir de contrôler les
finances du royaume, et non de irdéhvrer des dra])s
■rpour ensevelir.'" Cependant, comme il s'agissait
il'une grande calamité |)ublique, il n'y a pas d'in-
vraisemblance à sup|)oser que l'Etat inter>int pour
activer et payer les inhumations, et qu'ainsi la
Chambre des comptes eût à tenir un état des four-
nitures nécessaires aux ensevelissements. Le funeste
incendie de 1787 ne nous permet malheureusement
pas de vérifier le fait. A côté de cette explication .
nous croyons pouvoir en hasarder une seconde : on
trouve, dans les Preuves de FéUbien, un reçu du
S!» mars i5oi, signé des officiers et officières de
l'Hôlel-Dieu; et parmi ces dernières figurent Per-
nelle la Carabine, ainsi que Marguerite la Messie,
(luahfiées de tdames de la chambre aux ceetes,»
c'est-à-dire intendantes de la lingerie. Peut-être alors
faudrait-il lire, trcomme il apparut en la chambre
«•des coetes, ou len livre les draps pour ensevelir;»
ce qui serait beaucoup plus naturel.
(
ac iiroile ae ia d" page d une Dû scnpUou ûc
laïiitcae fans. par uut
APPENDICES
AUX
DEUX DESCUII'TIONS PK ÉCÉDKNTES,
I. LA LOI SALIQUK CHEZ LES HISTUBIE>8 DE i'ARIS.
II. — L'UHIKLAMMB.
III. I.KS CIÙS8ES DR NOTRE-DAME.
IV. LE DIT DES TROIS MORTS ET DES TROIS VIFS, SCI'LI>TB Ali POtTAIL Dl L'ÉCLISE
DBS SAINTS-l>:<IOCEKTS.
\ . — LA DANSE MACABRE, l'BI>TB SUR LES MIRAILLES DES CIIAnNIERS.
VI. L.l HOUHGEOISIE IMHISIKNNK V 1.» Vl\ Dl XIV' SlÈCLE ET Al: COMMENCEMENT Dl \V*.
Vil. LES LETTRES, LES AIITISTK.S KT I.K.S ARTISANS l'AIIISIEN.S , A LA MEME EHOgLE.
VIII. ESSAIS DE STATISTIQl'E l'ARI8IE»iE DU Xl\'" AU XVl' SIECLE.
I\. - LES CINQ LETTRES DU NOM DE PARIS, COMPILÉ PAR U5 NOTABLE CLBBC >ORMt^P.
BN L'.AN M. CCCC XVIII.
NOTICE.
Si les ancinniifH rhroiii(|U<!H, (|iii coiiticiiiicnt en ffemie toute l'hiBloire de France, lont giaé-
ralument l()n|{U)>N l't dilTuoeg, en revanche, les premi^m deacriptions où il faut aller cbaftber
livs traits et la physionomie intime du vieux Paris ofTrcnt trop souvent une krièvel^ et une aéch»-
rcsse df^sespt^rantcs. Avec (|u<'l hutiheur ne retrouverait-on pas aujourd'hui, dans le pointe
d'Abbon, |)ar exemple, l'aspect de In rilé, <le ses deux ponts et de son enceinte, au moment
des invasions normandes; dans la l'hilijyjiide , le tableau des accroissements qui déterminèrent
Philippe Au|pistc à entourer de murs la nouvelle banlieue; chez les historiens de saint Loois el
de IMiiiippt* le Bel , des détails rirronslaiiriés sur la vie parisienne, si |»eu connue à esttséponc;
elle/ les l)io{rrnplies de (ilinrles V, l'exposé de re travail de longue et persévérante rxiaMltiii
qui sut ramener à Paris le mouvement et la prospérité, en même temp qu'il doublait retendue
de la ville désormais rassurée! Mais cette satisfaction, que les archéologues et les bibliophile*
éprouvent (|ue!(|uerois, lorsqu'ils nietteiit In main sur un monument ignoré ou sur une pièee
inédite, i(-ur est bien rarement donnée dans toute sa plénitude; l'esprit topugraphique , le ao»-
timent descriptif manquent pres(|ue toujours aux auteurs dont on parvient à exhumer ainsi le»
écrits; ils ne paraissent pas avoir éprouvé le besoin de dépeindre les lieux que leurs contem-
porains voyaient aussi bien qu'eux, d(? raconter toutes ces choses de la vie ordinaire qui leur
semblaient alors ^nns intérêt, et qui, aujourd'hui, ont pour nous tant d'attrait. Ce qu'on »
appelé de nos jours la couleur hùtorique et locale n'est, le plus souvent, qu'un pastiche tout
moderne, dont on a peine h retrouver les éléments épars en vingt endroits difTénat*. QwumI
les historiens orijpnaux de Paris ont été peintres, c'a été sans le savoir i-t sans le «ouloir; hea-
reusement les ininialurist(!S sont venus h leur aide, et nous devons à vos habiles auxiliaires de
très-curieux rcnseigncment.s sur un grand nombre de points laiss(H« dans l'ombre |»ar le» narra-
teurs; le présent volume témoigne de l'empressement avec lequel nous avons utilise en précÎMMn
ressources.
Mais à côté des récits et des miniatures, il reste encore bien des édairriasements k donner:
des textes comme ceux de Raoul de Presles et de Guillebert de Mefi exigent, pour être in»
avec fruit, tout un système d'annotations el d'appendices. Nous ooos MMBmM cftwcëa é» fOUt-
voir t\ celle néressilé, en pinçant au bas de chaque |>nge les notes rigoorease«MBt il
Ouels (|u'en soient le nombre et l'étendue, surtout dans la partie lopographiqiic
(îuillebert de Metz sous la forme d'une simple nomenclature, il était im|)ossible, auM ioler^
rompre la suite du récit , de donner à certains passages tous les développements qu'ils i
Le tableau de Paris, à la tin du xiV siècle et au romnicncement du xv*, restait à l'étal (
il nous n sentbié qu'une st'rie d'appendices compléterait celte intéressante âMwW. Ifow <■
r*^
2i0 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
avons puisé les éléments aux sources mêmes, c'est-à-dire aux documents originaux, de même
que nous avons emprunté toutes les représentations figurées aux ouvrages et aux monuments
contemporains des deux auteurs.
Désignation Ces appendices sont au nombre de neuf :
des appendice». ^o Lg Loj Salique chez les historiens de Paris (voir Raoul de Presles, ci-de88U8, p. 106, et
Guillebertde Metz, p. i35).
2° L'Oriflamme (voir Guillebert de Metz, ci-dessus, p. 147, note 4, et p. lig).
3° Les châsses de Notre-Dame (voir Guillebert de Metz, ci-dessus, p. i54).
U" Le Dit des Trois Morts et des Trois Vifs, sculpté au portail de l'église des Saints-Innocents
(voir Guillebert de Metz, ci-dessus, p. 192).
5° La Danse Macabre , peinte sur les murailles des Charniers (voir Guillebert de Metz, ci-des-
sus, p. 193).
6° La bourgeoisie parisienne vers la fin du xiv* siècle et au commencement du xy* (voir Guil-
lebert de Metz, ci-dessus, p. 200).
7° Les lettrés, les artistes et les artisans parisiens à la même époque (voir Guillebert de
Metz, ci-dessus, p. 233 et a34).
8° Essais de statistique parisienne du xiv* au xvi* siècle (voir Guillebert de Metz, ci-dessus,
p. 232).
9° Les cinq lettres du nom de Paris, compilé par un notable clerc normand (voir la Notice
sur Guillebert de Metz, ci-dessus, p. 129).
h» Loi Salique. Chacun dc ces appendices a sa raison d'être, même lorsqu'il ne parait point avoir un rapport
l'Onaamme. direct avec l'histoire de Paris : ainsi, la Loi Salique et YOriJlamme ne sont pas des sujets exclusi-
vement parisiens, et cependant il faut bien reconnaître que les historiens de Paris s'en sont
préoccupés et qu'ils leur ont donné une certaine place dans les écrits relatifs à notre capitale.
Chaque grande application de la Loi Salique dans l'ordre de succession au trône, chaque sortie,
chaque rentrée solennelle de l'Oriflamme était pour eux un événement tout parisien; les esprits
en étaient vivement frappés, et les historiens, témoins des manifestations qui se produisaient
alors, interprètes des sentiments de la population au milieu de laquelle ils vivaient, ne man-
quaient pas d'en consigner l'expression dans leurs ouvrages. Nous avons eu soin, d'ailleurs, de
dire, en note, à quelle occasion ont été écrits les morceaux que nous reproduisons, et par quel
point ils se rattachent à l'histoire de Paris.
Les châsse» Notre troisième appendice n'est que la reproduction d'une note inédite, placée au commence-
de Notre-Dame.
ment d'un manuscrit de la Bibliothèque impériale et contenant de curieuses indications sur les
reliques conservées à Notre-Dame de Paris. Guillebert de Metz est très-bref sur ce point; Du
Breul donne, il est vrai, des détails beaucoup plus circonstanciés; mais il est juste de faire
observer que deux siècles le séparent de l'époque où écrivait notre auteur. La pièce, qui nous a
été obligeamment signalée par M. Léopold Delisle, vient précisément se placer dans cet inlenalle,
à peu près à égaie distance des deux écrivains; en sorte qu'elle sert de trait d'union entre la
simple mention faite par Guillebert de Metz et la description étendue donnée par Du Breul.
i.e Dit des Trois Morts 11 cst Hioins uéccssaire de justifier l'insertion dans ce volume du Dit des Trois Morts et de*
la Danse Macabre, ^rois Vifs, ainsi que de la célèbre Danse Macabre. Ces lugubres sujets, oîi l'esprit du moyen âge
se révèle tout entier, ne sont peut-être pas d'origine parisienne, mais on les a naturalisés à
•IMI
APPENDICES AUX DEUX DESCHIPTIONS PHÉCÉDK.N'TES. 241
l'ariii ; pciiiU et Rculptëi* ou |>orUiil d'une i-^lUe, »ur le» murailles d'un cimetière, è T^poqu*
même où ('M-rivait (luilleburt de Metz, i|ui h» a vuh daiiH li-ur nouvi>aut4^, rrproduiU eoMiile
|)r<!H([ii() partout, d'npW'x li; typ'' parisien, iU n'ont vu, la Ihtue Macabre surtout, qu'une eiis-
l(!nr<> ('ïplii'tnt'rc, ut l'on n't'u ri-trouvi* nurune mention riiez lex liiKtorienit de Pari* po»l^eura «u
vv* giJicIc. Il eHt vrai qu'on en a niultipli(^, de nos jours, les reprodurlions «^rilea et les représen-
tations fi);ur(^eH; mais l'original parisien, texte et personnage*, a subi de graves all^tions, el
iiouK noiiH Hommes fnit un devoir de placer sous le» yeux du lecteur re que ffuillelx-rt de Meit
■I VII et lu iiti (-oiiimciM'emiMit du kv* siècle : /Vout habttur ayud Sauetum Innorenlnim , dit le ma-
iiiiHcril que nous avons consulté.
Les deux n|>pendires qui suivent sont un rompMmcnt plus indispensable cnrorc du teite de
mitre nulciir. On iciK-onlre, en lisant la Description (|u'it nous a laissire, des noms de boorgMM,
de marrlinnds, de lettres, d'artistes et d'artisans parisiens du xv* siècle, qui sont ou ignorét oa
iiii|)nrrnilement connus. De simples notes auraient ét*^ insuflisantes |iour mettre en lumière
certaines existences devenues aussi obscures qu'elles ont |)U «Hre «'datantes aulrf'fois. Kl d'ail-
leurs les rensei|;nemeiits (|ue nous avons |)u recueillir euHS4>nt l>eauroup peniu à iMn- dispersé* :
iiliies, sans doute, au point de vue biograplii(|ue, ils n'auraient pu oiïrir, si on le* avait di*-
pos(^s au bas des poires, cet ensemble que le lecteur recherche et que noire auteur iTait en
vue lors(|iril a composé son tableau de Paris. Nous les avons donc réunis, sous deux rubrique*
distiiict(;s, et, pour les rendre moins inromplels, nous avons appelé à notre aidr le dcuin et la
miniature.
L'essni de sliilisti(|iie par lecpiel (iiiillehert il<> .Metz termine sa Detcription dr Paris est bien
ini'orme sniis doute, et les cliiirres qui! donne en nombres ronds, un peu au hasard, ont grand
besoin d'iMn- redressés. Néanmoins l'idée était neuve, et, pour répo<|uc, elle constituait onvëri-
Inble |iro)^rès. (lotte considération nous a déterminés à (grouper autour des calculs de noire
auteur ceux «pie (îéraud n faits sur le Rôle de la Taille de i riQ) ,el, de plus, quelqui's détails sur
les consommations de Paris, consif^nés dans un imprimé anonyme de la fin du xv' siècle. Il est
résulté de ces divers cliifTres, rapprochés do ceux de l'octroi de Paris en i86S, certaine* oona^
qiiences assez inattendues. Nous les donnons sous toutes réserves, sachant bien que la siatis-
tiipie, surtout lorsqu'elle rcpom* sur dos évaluations conjecturales, est une science des plu*
périlleuses.
Reste une dernière pièce qui trouve sa place dans ce volume, ainsi qu'elle fa trouvée dans le u.
maiiiis(*rit de Rnixeiles conteimnt l'ouvrai^e de (îuillebert de Metz. I^ fait ne n'sulte point, comme iSmméff»-
on |>ourrait le croire, d'une simple jiixtn|iosition; la copie de ce singulier morcMO e*t de U T*^
main même de notro auteur, (|ui en a fait, en quelque sorte, la prt'face de son livre. Le «noUble wii»
-clerc normande (|ui l'a composé ne méritait peut-4$lrc {uis un tel honneur; son arrosticbe n'e*l
(pi'nn tour de Force, et il Tant bien convenir que la raison s'y accorde assez mal avec U rime.
Nous avons cherché toiiterois ù découvrir le sens de tous ces mots cousus l'un i Fautre, et licM
de deviner les rapports qui les unissent; mais nous devons avouer en toute francliMe <|ne le fil
conducteur nous a souvent échappé. Les '•cinq leltn»s du nom de Paris» resteront donc, axer
leurs éni|pnes, comme un hommnfje rendu h noire capitale, et, en m^nie temps, comme un
écli.'Mil Mon du goût, du snvoir-laire qui dislin|;unit les >ei>i(icaliMir» ilit \»' siiVli-
Si
••— f"P"
^W* Ml ♦••• «^«k
I.
LA LOI SALIQUE CHEZ LES HIST()RIK\S DE PARIS.
(Vdir Raoul de Preslei et Guillebert deMrIz. cmIi^mim. p. loS et i36.)
Il n'cnlrc point dans noire pensée de présenter ici l'ensemble de la Loi Salique ou de
disserter sur ce premier code de la nation franque. Kn lont que législation civile, la Loi
Saiiquc s'est fondue dans la jurisprudence écrite ainsi que dans les coutumes du pays
franc; ses principales dispositions se retrouvent dans les Capitulaires de Cbarlemagne,
dans les Ktablissenienls de saint Louis et dans les nombreux coutumiers qui ré(p»saient Tan-
cienne France. Quant à récoiioiiiie iji-nt-rale de cette loi et à l'inteqirélation détaillée de*
articles qu'elle contient, il n'y a plus rien h dire après les savants travaux de Du Tillel,
(le Pilliou, de Lindcnbrog, des deux Bignon, de Baluze, et surtout de deux énidils mo-
dernes, MM. Pertz et Pardessus.
Un souvenir unique, une impression, si l'on veut, est resiée dans l'cspril des chroni-
queurs qui nous l'uni transmise : c'est que la Loi Sali(|ue avait surtout pour but de régler
l'ordre de succession au trùnc. Aujourd'hui, comme au temps de Raoul de Presles et de
Guillebert de Metz, Loi Salique e.st synonyme de droit d'atnesse dans la famille du sou-
verain, et d'incapacité politique pour les femmes nées sur les marches du Irôae. Or, sur
soixante ou cent litres (selon les manuscrits) que renferme la fameuse loi des Saliens, la
disposition dont il s'agit occupe deux lignes, à peine la cinquième partie de l'un de ce*
tilrcs; et ces deux lignes ont sunécu à toutes les institutions par lesquelltts a passe la
France. Les voici dans le premier des quatre textes que M. Pardessus a réunis :
« De terra vero , iiulln in miiliere luvreditas non pfrtinebit, »td ai rirHem lextum, qmi Jirttim
ffuerint, Iota terra perteneunt. i
Par ces mois terni silira, les anciens jurisles ont hmjuurs eiilenilu la couronne, et e'eal
ainsi que Ohildebert en décida lui-même dès l'origine de la monarchie. Le Parlement, ka
Klats généraux sont restés fidèles à cette doctrine, et les historiens de Paris n'ont pas
manqué de consigner le fait en leurs écrits. Jean de Jandun , dans son ^lagmt et dana aoa
dithyrambe en l'honneur du roi de France, fait allusion à l'avènement de Philippe le Long,
avènement dont il avnil été témoin el qui fut la première grande application de la Loi
Salique. Haoui de Prestes put assister, dans sa jeunesse, ou couronnement de Philippe de
Valois, seconde application du même principe; et ce souvenir lui a dicté sans doute Ir
commentaire qu'il a reproduit en abrégé dans sa Description Je iVù. Guillebert de Meti.
9i.
244 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
enfin, qui vit s'accomplir la plus flagrante violation de l'antique loi desSalicns, par le fait
de l'intrusion de Henri V d'Angleterre, au détriment de td'Ainsné de France,» crut devoir
donner dans toute sa teneur Vexposicion faite par son devancier, protestant ainsi, à sa
façon, et malgré sa qualité de libraire du duc de Bourgogne, contre l'usurpation que le
traité de Troyes imposait à la France épuisée '".
Par une coïncidence qui n'a rien de fortuit, la dernière crise relative à l'application de
la Loi Salique a eu pour témoin, sinon pour narrateur, le premier en date des grands his-
toriens de Paris: Du Breul, qui, du fond de sa cellule de Sainl-Germain-des-Prés, pul
assister à toutes les scènes de la Ligue, a voulu nous laisser un monument de la fidélité
que les Parisiens ont constamment témoignée au vieux dogme, conservateur de la monar-
chie française. Il est le seul qui nous ait transmis textuellement une longue pièce de vers
latins, composée vers le milieu du xvi' siècle et placée, en forme d'inscription, dans la
grande nef de Notre-Dame, au-dessus de la statue équestre qu'on regardait alors corann-
représentant Philippe de Valois. On croyait que ce monarque, vainqueur des Flamands
à Cassel, avait fait placer dans la cathédrale ce singulier ex-voto; ce qui explique pourquoi
l'inscription que nous allons reproduire y fut appendue un siècle et demi plus tard : les
Parisiens voulurent mettre leurs sentiments sous la protection d'un souverain qui avait
régné en vertu de la Loi Salique.
Voici en quels termes Du Breul raconte la victoire de Philippe et l'érection de la statue :
«Le comte de Flandre cstoit entré en si mauvais mesnage avec ses subjects, à cause des
« levées de deniers qu'il faisoit faire pour s'acquitter des vieilles debtes de l'accord fait avec
«le défunt roy Philippe le Long, que, ses villes s'estant révoltées et l'ayant arresté prison-
snier, il fut contraint de prendre loy de ses subjects pour recouvrer sa liberté. Dont pour
«revanche, se voyant libre, il eut recours au roy Philippe de Valois, lequel soudain dresse
«une armée, prend saccage et brûle Cassel, où les rebelles avoient faict le gros de leurs
«trouppes, après leur avoir deffaict vingt deux mille hommes en bataille rangée. Et reve-
rs nant comme en triomphe ii Paris, il entre, tout armé et monté, dedans l'église cathédrale
«de Nostre Dame, où il fait offrande de ses^ armes et cheval à Dieu et à la sacrée Vierge,
«sa mère. En mémoire de quoy, on lui dressa une statue en la nef d'icelle église, qu'on
«veoit encores le représenter ainsi qu'il estoit. Et si Messieurs de Nostre-Dame eu
«font tous les ans une fesle double le 17 aoust. Auprès icclle statue est un grand tableau
«contenant les vers qui ensuivent. . . Sur la Loi Salique, le royaume et empire viril des
« Francs '^'.fl
Félibien raconte le fait à peu près dans les mêmes termes ; mais il croit que Yex-voio
rappelait l'entrée triomphale de Philippe le Bel à Notre-Dame, après la victoire de Mons-
en-Puelle, et que la statue équestre représentait ce monarque, armé seulement de son
*'' En reproduisant dans ses Preuves {Hist. de ta ri-levé une seule voix en faveur de la Loi Salique."
ville deParis, t. IV, p. 58a et 583) le procès-ver- Un modeste irtranscripvain," qtii n'avait pas voix
bal de l'assemblée générale tenue à Paris le 29 avril au chapitre, se mit alors à copier le commentaire
liao, où fut lu le traité de Troyes, et où ffious de Raoul de Presles où l'ancien droit français est
rrrespondirent m turba que oyl,n Félibien écrit nettement exposé; évidemment ce n'était pas dire
en marge : f 11 est bien surprenant que dans cette oyl au traité de Troyes.
"•rencontre et dans toute la suite il ne se soit pas ' Théâtre des mùquUet de Paris, p. ih.
LA LOI SALIQUR CHEZ LKS IIISTORIRNS DE PARIS. 345
riiK(|uc et de ses ({uiitelet.H, Mans brassard», tel «|ii'il se trouvait enfin au moment où les FI»-
inunds voulurent le sur|iri'ndre dans son camp'".
Nous tic |»retidri)ns |ii)iiil piirti dans cette (|uestion d'attriliution, où l'on voit figuivr,
d'uni' |»iirl, (lorrozel '', Du Hn-ul, Montrauron, Suint-Koi\, de l'autre, Féliltien, le |tra^id<>nt
llrtiiiult, l'i|{aniol, etc. Qu'il nous suflise de faire remarquer qu'au xvi* siècle, on regardait
la statue comme re|)réscntarit l'liili|i|)e de Valois, et que cette croyance Mfptimait l'apiKMition.
au-dessus de celte même statue, du tableau contenant les vers que nous repnMJuison«.
Nous donnons, avec le fac-»imile <le la fp-avure qu'André Tbevet a |ilacér> dant m
Cotmofpiipfiie (157.')), le texte et la traduction du morceau cotuerrf par Du Breul; et nou»
croyons, en outre, devoir signaler au lecteur li* célèbre arrêt rendu par le l'ariement !••
a8 juin i593. C'est encore un historien de Paris qui a popularise ce document : on !••
trouve dans les Preuve» de Félibien, t. III, p. 81 3.
STATtK lîgl KsTIIK Ot TROmil
Ql'OM VOYAIT AtTREFOIS KX L'icLISK XOTBi-BlMI,
AD DUNIM PILIER DR LA MRP, À DROITE, VIS-À-VIS LA CHAPELLE DE LA T|Eli«B,
ET AD-DESSIS DE LAQCELLR ^TAIT GRAVER l'XE nsCRIPTIOX LATINE
r.y L'HO?l?IECR DR LA LOI SALIQCR.
' llisinirr ilr In Mlle lU l'nrii. Ii\. \ S i i . i
liv XI. S 70.
*' Voir CorrotH . Lm «aftf aUr: , kutmrm H i
gnhrilti é* Puri^, <<<iii. lii! lâSo, T 107 v*.
2/i(; DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
DE LEGE SALICA
ET VIRILI FRANCORUM REGNO ET IMPERIO
CARMEN ELEGUCIJM,
PHILIPPI VALESII, QUONDAM FRAXCOBIM REGIS INVICTISSIMI
STATUjE EQUESTRI IMPOSITUM.
Fœmineo nunquam didicit diadcmale flecti :
Externi est Gallus nescius imperii.
Sed iieque subjecto solita est duce et hospile Fraiica
Gens, virtute potens, gens animosa, régi.
Noc flecti potuit, nisi Franco noniine, Francus,
Ingenito et palrio sanguine sceptra tenens.
Nescius externi domini, atque aliéna perosus,
Imperio, indoniitus seque suosque fovet.
Et veluti ingenuus sonipes, generosus et acer,
Sessorem stupidura haud rite caballus habel :
Nobile sic caput atque ferocia subdere colla
Indigno renuit Marfia lurba jugo;
Fœniinaque in nuilos arinoruni nascitur usus.
Spem regni abjiciat, inollia tensa traliat :
Aut tereti digito fusos torquere rotando
Discat, in aulaeis piurima fingat acu.
Instruat Attalicos, varioque colore tapetes
Pingat, qui vivis vultibus aequus erit.
Ordiri et studeat radio percurrere telas,
Et docta texat serica strata manu.
His sese officiis exerceat; artibus istis
Ingenii spécimen prœbeat illa sui.
Pénélope sic casta olim, sic fecit Aracline.
Atque aliae, quarum nomina clara vigenl.
Non est aequa feris muliebris dextra lupatis ;
Nec régit imbellis frena superba manus.
Non bene conveniunt animis tam fortibus ulli
Reges, quos Francis extera terra daret.
LA LOI SALIQUE CHEZ LES HISTOBIE.NS DE PARIS. J47
LA LOI SALIQUE,
00
LE ROYAUME ET L'KMIMRK VIRIL DES fMATICS.
POëME ÉLÉCIAQL'K
VlKci AU-DESSUS DR LA STATUE IIqLRSTRE DU MOMARQUE INVINCiBLS,
riiiLirPE DE VALOIS, noi des kra^cs.
Jamais In Gaulois n'a su courber le front sous le sceptre d'une femme ; il ne connaît
pas (le niattre étranger. Nation valeureuse, nation au cœur fier, les Francs n'ont \ku l'h.!-
I)iiii(l(! (I(! se laisser gouverner par un chef vassal ou étranger ". Ils n'ont pu obéir qu'à un
rlipf de leur nom, ces Francs qui tiennent le sceptre du pur sang de leurs pères.
Non! il iH> (-(iniinît pas de iiiailrc étranger, ce peuple ipii déleste tout ce qui lui «k-iiI
(raillnirs, (■<> |K>iipi(> iiidonqité, assez puissant pour se proléger soi et les siens. El lïr
iiiénii' qu'un cheval de noble race, qu'un coursier généreux et plein d'ardeur ne doit pas
Htc monté par un cavalier stupide; de même ce peuple, enfant de Mars, ne veut courber
sous un joug indi|,'nc ni sa noble t^te ni son col superbe.
La femme n'est pas née pour le métier des armes. Qu'elle renonce à l'espoir de régner
et se livre à des lAclics plus douces : que de ses doi(;ts ronds et délicats elle apprenne à tourner
ses fuseaux ; (|ue son aiguille façonne en broderies mille rliarmanls ouvrage»; qu'elle pré-
pare (le riches tapis aux mille couleurs et brode des tableaux dont Ira Hipires paraissent
vivantes; qu'elle s'ap|>li(pie à ounlir des toiles et à faire courir la navette entre les fils, et
que sa main savante nous tisse des housses de soie ; telles doivent être ses occupations, tels
sont les arts qui doivent révéler son génie. Ainsi fit autrefois la chaste Pénélope ; ainsi
firent Arachné et tant d'autres , dont les noms célèbres sont encore florissants. I<e bra»
(l'une femme est trop faible pour gouverner nos mors sauvages; sa main débile ne pour-
rait retenir nos freins superbes "".
Ils ne sauraient convenir ù des cœurs si généreux, les rois que les Francs rcrcmient
d'une terre étrangi'TO.
<*> Los raniniontatouni (io In Lui Snliipie ont fait <■ prince conM)rt'' piMt' m lirbort ife foui» partiri-
roMKiniuer que In crainte du jou|j élmnffi^r était le |i«li<)n aux «iTaire» {Mil>li<|iir<i.
I>rin<-i|><il iiioiif (le riiiiiirlioiiit'iit i|ii<> le |)<Mi|ile rmii- ' Co Meood aipHMat ■ miia» «le fam ^m b
çois II tiMijinii-s eu pour celte lui roiiiliiiueiitnle. Nih premier; ratre aalm prineatMS, Im Blnchs à»
bons nuMix n'nvnient |mis ininjriiié re roniproini!* . ( laslille H le» Anne d« BnHÎM «il pnm%i (fm U
tout nintlei-ne. qui fnil de IV|m)Ux d« la reine un niain (Quinine nr inangae p» tenjaiiri de (mwi^.
:)48 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Ignotos ita Gallus héros (■' dorso excutit omnes,
Finibus expellit, bella cruenta movens;
Atque duces veteri deduceris steiiimate firmat
Sublimes solio, juraque sacra subit.
Obstipa comice'''' jugum detrectat, et audax
Excutit omne, alio si quis ab orbe ferat;
Et ramuni ionga repetens ab origine, semper
Indigenas reges numinis instar habet;
Praemissoque rétro dum sanguine clara coruscat,
Crescit perpetuo nobile stemma domus.
Mascula vis animi perdurât, et omine laeto
Sceptra dat, invicta jure tenenda manu.
Magna Pharaniundi lex sanxit, et inclyta virtus
Servari a tota posteritate jubet.
Gallica nomen erat primum illi, scilicet ut lex
Sit propria haec Galiis, fortia corda decens.
Mos fuit antiquus Romae, de patricioruni
Ordine, et indigenas elicuisse vires;
Hosque sacerdotes Marti sacrare verendos.
Hi dicti Salii; Lex Salica inde fluit.
Nostra suos habuit Salios et Gallia. Nam Mars
Semper apud Gallos primo in honore fuit.
Romanis etiam dictus Mars Gallicus olim.
Expertis quam sit Gallus ad arma ferox.
A Saliis populis, habuit quos Gallia quondam,
Aut Salio authore, hoc nomen habere volunt.
■ Atque aliis aliter visum est, sententia quorum
A sale deduci eu m ratione refert;
Et Salicam dici quod condiat, et salis instar
Servet in aeternos Gallica jura dies.
Qui salicam dixil, potius esse virileiu''*
Debuerat : veros nam decet illa viros.
Imperium muliebre animis servilibus, atque
Dégénères alii mollia jussa ferant.
Nos quibus ingenium est multa virtute superbum.
Et partum est rigido nobile Marte decus ;
''' Le versifictileur a fait ici ce qiie l'on appelle ''' Comice pour cervicc.
au collt'ge une faute de quantité : Itéras (en grec ''' T)u Breul a probabicineul oublié un mot eu
);p«i)s) constitue prosodiquement un spondée, et il transcrivant le morceau; il manque un demi-pied à
le transforme en iambe. cet hexamètre.
LA LOI SALKHH 'WIKZ LES HISTOHIKNS DK PARIS. U9
Oui! tous ceux qu'il ne connall \>'m, le lit^ro» f[auloiit lf>s r<>nverM> k ittm, et, pour lr%
riiasscr de ses fronlièros, il allume des ([uern*» sanglantes; mais il alTerniit sur le trône
les riicfs sublimes (ju'il a cliuiNis dans une rare antique, et il sait ob<''ir h leur» lois urréfu.
Rejetant fièrement son rou en arrière, il refuse le joug; il le secoue avec audace, « quel-
(|u'uii vient le lui a|)pflrter d'une contrée élningiTe. Il lui faut un rejeton qui remonte i la
plus haute untii|uité ; il regarde ses rois indigènes romme une image de la Divinité; et
liuidis que.grAre îi re vieu\ sang, brille leur illustre maison, la noble race det rois gran-
dit d'Age en Age. Leur cœur niÂle et vigoureux devient plus ferme encore, et c'est avec
jusiirc, c'est avec foi dans l'avenir que le sceptre se trouve remis entre des mains invin-
riblcs. Ainsi l'a sanclionnt- l'auguste décret de Pharamond ; sa |;loire exige que la po»-
térité garde à jamais cette loi.
Sun pieiiiiei' iHiiii Fut Loi (ialliipie, Mins doute iilin que cette loi fût particulière aux
Gaulois, rounne la seule convenable à ces cœurs vaillants" .
C'était à Rome un antique usage, de tirer du sein des patriciens des hommes n^sor
la terre de Rome, et de consacrer à Mars, en (|ualité de pr<!lres, ces hommes vénérables. On
les nommait Saliens : de là vient l'expression fjoi Snltque, Kt notre Gaule aussi a eu ses
Saliens; car, chez les Gaulois, le dieu Mars a toujours obtenu les premiers honneurs; et
jadis ils l'appelaient aussi le Mars gaulois, ces Romains qui savaient par ex|>érience quelle
est la bouillanle ardeur des fils de la Gaule au milieu des combats. Les |>euples saliens,
qui autrefois occupèrent la Gaule, ou Salins, son auteur, donnèrent, selon les uns, leur
nom à cette loi. D'autres ont eu une opinion dilTérenle, et ils ont pensé avec raison que
ce nom vient de lal (sel), et qu'on l'a nommée Im Sallque, parce qu'elle assaisonne, et,
comme le sel, conserve à jamais les droits gaulois*.
Elle aurait mérité plutôt le nom de virUt que celui de wlique, car c'est la seule qui
convienne h. des honnnes vraiment dignes de ce nom. Aux Ames seniles de subir l'aulorilé
d'une fenune! aux cœurs dégénérés de se soumettre i\ des ordres efféminés! Pour nous
qui avons un génie lier de noire l>rillantc valeur, nous dont la gloire s'est illustrée dans de
*'' Rien ne ronnmie celle assertion : la Loi So-
liqiie n'est (M)» d'orifrinc gauloise; elle ^lait le
hmIi' <!"(inf (les Irihiis rrnii<|iies i|iii onvnliiretil In
Guulc, et fut lue, dit-nii, ou\ Francs Saliens, iLuis
trois Champs de Mai r(ins<Vulirs, puis sonctionmV
parleur npimdiatidri. Parmi les *'nidils qui se sont
orrujM's de relie loi , les uns nllirmenl qu'elle fut
nklijjtV avant Clovis ; le» autres n'en croient jws la
«'«larlion aniérieuiv nu n^ne de re prince. Klle a
été HMunnii'e h diverses reprises, milanuuent sou»
Oagobort I".
■ ■•T. — I.
'" Os divmra t^ymoiogim mot de pure Ua-
taisie; les prMm Salin», le Saiioa ganlots. o'ool
|Hi senir h désigner une l^giahtinB qai aaful
rien de rouunun avec leslottgaoloiteied
Quant au sul^tanlif mJ,
de l'atljertif MtHftê, l'autenr Ta
Inxluil dans ses vns pour aoMMr, à Taide de
rex|>rni«ion jtu . qui ^gnîfia «■ mata» ta
et komUm , loi ou «me», le jea de ■»!■
sible jum GgKim.
3«
250 DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
Et qui contudimus Romanœ rostra superha
Alitis, ut floruni fulgeat aima Trias;
Qui juga niajjnaniniis aliéna rejcciinus ausis,
Servili indociles conditione premi ;
Ingénies animos spiranius mente praealta :
Viribus Herculeis pectora firina valent.
Inclyta nobilitas et clarum nomen avorum.
Virtutum in nobis semina multa lerant.
^neadum memores, memores virlutis avita*
Excitet, et stiuiulos addat origo potens.
Jam longo indomiti Fianci regnavimus aevo.
Concordes sanctae legis honore, diu.
Majestas etiam et regni inconcussa potestas
Perpétues armis est habitura dies.
Hoc Deus ipse animis praestantibus imperat. atque
Prospérât, et solito cœpta favore beat.
Quid frustra nostris maie barbacus insilit hoslis
Legibus? Anti<]iiuni jus violare parât?
Lilia num fulvi depascent nostra Leones?
Aut Aquilae pennis Gallica signa cadent?
Aut Aquilae immixtus Léo, monstrum immane ligurans,
Gryps erit et rostre saevit et ungue fei-ox?
At numen retinent demissa insignia ccpIo.
Angelicisque armis agmina bruta ruent.
Non Aquilam aut Pardos Gallorum insignia geslanf.
Non truculcntum animal, vel ferilato rapax.
Nil nisi candorem retinent, et pulclier amœno
Dulcis flos spirat balsama odore suo.
Caesius ille color, toti gratissimus orbi,
E cœli nobis vertice missa notât.
Atque sua est Gallis, quae proferit et fugat liosles.
Ejaculans ignés Aurea Flamma suos.
Sit procul inde metus, timor exulet at(|uo faressat:
Non opis externae est indiga Franca manus.
Sat propria virtute potens, peregrina repelle
Imperia; auxilio sat potes una tuo.
Dives, clara, ferox, armis animosa potensque,
Virtutis propriae conscia, fide libi.
Natio nulla unquam plures subiisse labores
Pro Christi visa est relligione sui.
LA LOI SALlgLE CilbZ LKS HISTORIENS DE PARIS. 2S1
rudes rnml)nt.s, noiiR qui nvon!i i^mouMë le bec orgueilli*ux de l'Aigle romaine pour faire
rc8|)l(!iulir IVclat aii|;iistf de nos trois fleurs de ii», nous qui, par notre audace roagnaoïinc,
avons n>j(;t<! \i^ joii|; d<^ l'i'trnn(;<-r, indociles à subir la honte de la Mnritadc, noof arou
une âme sublinir; qu'animent de sublimes instincts, et Dieu a dou(( nos robustes [mitrinim
d'une force herculéenne. Que la noblesse illustre, que le fp-and nom de not aïeux jettent
donc en nous de nombreuses semences de vertus ; souvenons-nous des Troyens, souvenoiis-
nous du courage de nos pères, et que notre puissante origine nous excite et nous aiguillonn<*
sans cesse'". Di'jh, Francs indompti'-s, nous avons régnt^ lonf;tem|>s avec honneur dan»
l'union de notre loi sainte: oui, lu majestt', la puissance inébranlable de notre empire
aura, grâce ù nos urines, des jours éternels. Dieu lui-même le commande k des cœurs gé-
néreux. Dieu (pii nous fuit prospérer, qui favorise et bénit à jamaia dm «oireprifet.
Kt pounpioi donc un ennemi barbare et criminel vient-il faire de vaines menace* k
lois? Pourquoi se préparc-t-il à violer nos droits antiques? Quoi! nos Lis seront la pâtun»
des Lions sauvages! Les ailes de l'Aigle renverseront les drapeaux gaulois; ou bien le Lion
s'unira à l'Aigle, et, monstre épouvantable, viendra, comme un vautour, nous combattre
avec ses serres et son bec sanglant'^'! Non, non ! Dieu n'abandonnera pas ces drapeaux qui
nous viennent du ciel, et ce sera contre des armes célestes <pie se précipiteront ces batail-
lons stupidcs et grossiers. Ce n'est pas une Aigle, ce ne sont pas des Léopards'" que portent
les étendards l'aulois, ce n'est pas un animal cruel, rapace et sauvage! Nos étendards sont
d'une blancheur immaculée; c'est une fleur belle et douce qui exhale les plus suaves par-
fums : couleur chère à tout l'univers, qui nous révèle la céleste origine de nos drapeaux!
Oui, les Gaulois ont leur Oriflamme qui frappe de loin les yeux des ennemis et les dis-
perse, l'Oriflamme qui lance ses feux éblouissants.
Ainsi donc, loin de nous la crainte; bannissons toute frayeur; la main d'un Français
ne s'ouvre pas h l'aumône d'un secours étranger. Ton propre courage te rend asset pois-
sante, ô nation des Francs; repousse la domination d'uutrui; ta puissance n'a pas besoin
d'un appui autre que le tien. Tu es riche, illustre, fière, pleine de cœur et de force dans
les combats; tu as la conscience de ta propre valeur; aie donc confiance en toi seule.
Jamais nation n'a fait plus que toi pour le Christ, ton Dieu; c'est U ton plus beau
titre!
<" On retrouve ici la bvce des origines fnbu- U conqntte des Trois ÉvAthéi (Mete, Tool H Vcr-
leuses attribuées k In nntinn frnncmV pnr les an- diin) et U victoire do Rmti, poar aboalir k la
rien» rlironiqueiim. Voir, ii i-e sujet, les iintos que dt^faile de Saiot-Qoentio et au traM ib
nous avons njimtiVH nu (]nmniontnir<> de Knoul d<< CnnibrMs. Lesft— dësyiwitle<iripw<isifty>'
Presira, et aux pnMuiors clin|)itres do la DmrriptioH Bas etpagnob, et Tmgk les éiendwdi de rEaipirr.
de /'(iri't . |>nr r.uill<<b*>rl do Mi>u . <*> Les Idtfméi, qui caracrtris—t TéemÊm J*Aa-
' l.'nutour fait ici allusion aux grandes guerres gfctsrre. iadiquent iet b prise it Cahis, fâ «al
que Henri II eut à soutenir contre In niai«on d'Au- lira en i&38. et qui mil (in à b I
Irirho. On sait que ces ex|Mkii(ion» débutèreiil |Nir territorial» <bt Aagins ea France.
252 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Unfle tibi ingénies tituli. Nam solis ah ortu
Solis ad occasus inclyta fama tua est.
Inde tibi augustum nomen Meotida adusque
Famœ allalura est gloria magna tuœ.
Tu tamen et placidœ serva pia niunia pacis,
Obsequiosa fovens quos tibi junxit anior;
IJtque soles semper, nunc illibata tenebis,
Inviolata colens fœdera amicitia?.
Sic quoque finitimos (tanta est vis, crédite, auioris)
Goncordi aHiciet fœdere parta quies.
Quos non ducet amor, coget timor et trenior. Ec({»is
Horrida Francoruni fuhnina ferre polest?
Sed nianeat semper firmis radicibus bœrens
Lex Salica, antiqui quain coluere patres:
Quœ Francoruni aiiimos virtutibus impb't, et astris
Inserit, unde illis gloria parta viret.
Sit testis locuples, sit magno in bonorc vetustas :
Creditur ilH; annis est adliibenda fides.
Vinculo amicitiaî junctis ut amabibs, bosti
Semper terribilis, semper acerba fuit.
Quscumque in Francos gens induit arma, timoré
Horrescit, pavido pectore tota frémit.
Fulminei sic sensit tellus Flandra Valesi
Praelia, quod vario garriit ore loquax;
Mentitum regem dum latrat stulta Pbibppum,
Indignum sceptris. Galba culta, tuis.
Exporta est tandem quid posset mascuia virtus
Galloruni, atque malo docta tacere suo est.
Quidve nurus gallîB différât''* ab éilite fœtus
Cristata, illa suuni sensit in excidium.
Hanc domuit, mactans bis millia dena Pbilippus;
Agnovitque ducem Flandria victa suum.
Hinc spolia ampla refert, statua sublimis equestri,
Deque triumpbato bis boste trophaea gerit.
Ipse regas populum, claro diademate fulgens.
Tam patriae cbarus, quam tibi chara subest.
'"' Différât est iin dactyle, ce qui produit ici une faute de quantité.
LA LOI SALIQUK CHEZ LES HISTOitlENS DE PARIS. 3&S
Ou couchant i!i l'orient retipinndit l'iklat de ta renommée; et ta gloire irnm<?n«» vn porter
l<; bruit de ton nom auguntc danti leit contr«'tei« l>m plu» reculée*.
Toutefois, ô France, garde log dons prt^cieut de la paix; réchauiïe dans ton sein bienveil-
lant ceux qui te sont unis par ratnour;et, selon ta coutume, préserve aujourd'hui, romme
toujours, de tout contact impur les nœuds sacrés de cette amitié. Ainsi, crois-moi. no* voi-
sins, tant l'amour a (ii; force, se laisseront gagner par l'attrait de ce doux repos, fruit de
notre li<Mir(;us<; union, deux qui ne se laisseront pas |;uider par l'amour seront eo proie k
la crainte, ù l'épouvante. VA qui donc pourrait supporter les foudres terribles dec Prineak?
Ah! qu'elle reste toujours profondément enracinée chez nous, cette Im Salique, objet
du culte de nos vieux pères; cette loi (|ui met le courage au cœur du Français, qui l'élève
jus<|u'au ciel, et le couvre d'une gloire toujours nouvelle! Que cette loi lui soit un témoin
éclatant ! que son antirpiité lui soit toujours chère et vénérée ! On croit à ce qui est
antique; on doit ajouter fui h ce <pio les siècles ont consacré''
Autant la France se montre bienveillante pour ses amis, autant elle est terrible pour^es
l'nneniis. Tontes les nations qui prennent les anncs contre elle tremblent d'épouvante
dans l'attente des événements. Ain.si l'on a vu la Flandre vaincue par Valois, dont les coups,
rapides roiiinie la foudre, ont puni cette nation vantarde qui avait eu l'audace de s'attaquer
à la personne du nioniir(|ue, de le signaler comme un prince indigne de n'jjner sur loi. A
noble France! Knfin elle a connu, par sa propre expérience, la mâle vigueur des Fran-
çais, et son malheur lui a appris à se taire. Cette poule arrogante a .«enli, h ses dépens,
quelle différence il y a entre le coq vigoureux et le poussin débile'*'. Vingt mille de»
défenseurs de la Flandre, étendus sur le champ de bataille, lui ont fait connaître son
niaitre, et Philippe, tel que le représente une imposante statue équestre, est revenu vain-
queur de ses ennemis, dont les riches dépouilles ont augmenté l'éclat de son triomphe'*'.
Pour toi'*', conserve lungtenq)s ce brillant diadème, pour le bonheur «Fune patrie qui
'' Noiiii supprimons ici un très-long passage
contoiinnt riii(]unnlo-liuit vers (pii ne sont que la
puriiplirosr (les idiVs préaklcniment exprim(k>s ,
ninsi qu'un ix'suni»' Inslnrùpif liifi oxploils nrconi-
|)lis |)nr l*'s François sous le n'}pini! de la Lioi Soliipie.
'' L'autour fait allusion au fnnioux coq que les
Flnninnds iivnionl |M>int sur un élinidanl arlwrd au
sounni't de l'uni' d<w tours de (lasacl, avec ces vers
liii-n conuus :
Quand ce roq cbnnU •iir* ,
L« Roi CmwI eonqnwltra.
Ce coq oi;giieiile«u sert Uvuvèo étie qa'a {
débile ./rtM ; ie vrai eoq ert eahù
' Nous avons cm devoir suppia— ' ià
quault^ipux vorn. oà FaialearéMaBènlM <
do Henri II <■( do FroÉÇoisI*. pira i» ce i
ainsi que le* qnalitét uétwaim m
r^gno en vertu «le i'aoiiqiw loi des I
' Le poète •adraaae •■ roi Hoari 0, et 3 «I
loin de prévoir que la Loi Saliipe reeefn «Mwa-
veiie appiiortioB à h mort du troaièa* fli ^ ce
25'i DOCUMENTS ET ÉCRITS OKICINAUX.
Tu sine vl solio sedeas sublimis avito;
Sit stabilis cœli {jloria régis ope;
Perque maniis capiaiil digni te pâtre coronaiii,
Perpétua série filiiis, inde nepos!
Vive diu felix, et tanto rejfe beala,
Gallia, quo nullus uiajor in orbe régit.
Audacter rétine et serva, t'atisque secundis,
Exerce legis congnia jussa tucc.
Di faciant Francos senipei-. sub lege recepta,
Libéra fœnniieo tollere colla jugo!
LA LOI SALiOLK CMKZ LKS iilSTOKlKNS l)K l'AKLS. 355
te cht-rit coiniiio tu In chériti elIc-iiithiK; ; reNti* lonf;t(Mii|)» sur ce Irônv ((ui> lu tien» du droit
et non de la force; que In |)rotection du ciel oMure la |>cr|>ëluit<^ de ta f^oire-, que la cou-
ronne trun.smiHe par loi i^ lex liU, |iiir ceux-ci h leum héritière, ne «oit jamais le partage
que de princes (li|;neH de toi !
Reste ion(;teiii|)s heureuse, o l'riiri<'<', sous l»- srf|»lrc i|f ii- |;riiiiil mi i|ui ii .1 |ta» df
rivnl dnns l'univers! Suis les destins jiropiccs, exerce Um droits dans leur pltfnitude, et i|ue
le ciel te permette; de vivre à l'abri d'une loi tut<^laire, toujours lihre du jouf; a%ili«ianl
d'une femme!
11.
L'OHIKLAMMK CHKZ LES HISTOIUKNS l)K PARIS.
(Voir (>uillpi>ert dr VIetz. ei-4i«>»)tu» . p. 1&9. )
l.e tilrc (|uc nous (loiinoiis à cet appendice indique nt'Itftnent les limites dan» left«|uelle*
il doil se ronfermiT. I/Oriflfimme est parisienne d'()ri(;ini' : d'abord simple hanni^r*- de dé-
vol ion cl enseigne toute lorali", coninie la chape de Saint-Martin ' , elli- «"si devenue, aver
!<■ Icni|is, l'i-tendanl du souverain, le drapeau national, et son hinlnire a (ini |iar m' cun-
l'ondri- avec celle de la monarchie. Toutefois les historiens île Pari.s, qui ne !ië|iaraienl |mi»
dans leurs rc'cits les grandes affaires du royaume de celles de la capitale '*, n'ont point
oiiitlié que l'Oriflamnif appartenait, avant tout, h l'ahhaye de Saint-Denis, c'est-i-dire à U
Itaiilit'ue (le la ville (pi'ils décrivaient. C'est à ce titre que Raoul de Presles et Guille|H>rt
de Met/, en ont parlé, et que leurs successeurs les plus rapprochés de nous, tels que I)»
Rreul, Sauvai, Félihien, Le Beuf, lui ont donné place dans leurs ouvrages. Lorsqur et
liihtirum vënéré reposait au monastère, nos vieux chroniqueurs allaient volontiers le con-
lenipier; l'un d'eux s'écrie:
El comment qtie l<>n lait portée
Par n<ition<i lilnnrheii H mores
Klle est ù Suinl Denis encore;
i.fl Ini je na goem vefauë ' .
Oiiand la guerre éclatait , et que le Hoi allait en grande pompe lerrr la bannière de
Sailli Denis, ils étaient témoins de celte imposante cén*monie, et le souvenir qu'ils en
enqiorlaienl restait profondément gravé dans leur mémoire. Le retour de l'étendanl virn»
n'était pas accueilli par eux avec moins d'enthousiasme, surtout si la victoire avait couronna
leurs vrpux, comme il arriva en 1 3 98, lorsque Phili|qie de Valois, vainqueur des Flamand»
''' {,<• rnrnctfi'c liii i-sl l'irii rrcniinii [mr Irli- ylli'tutrt Je in rtiir nr imf, li»re I», p. ia*.>
Ihoii, nui s'en oxpriine en n-s termes : 'Cel f-lon- '' On en a M ptwvc oMM le litre méaM i|«e
-iliml élnil In Iwiinière de Snint- Denis, que le Cuillolirrt de Mrli donne i mm Mvrage: Lm 4ê»-
îTomlc do Vexiii, roiniiie |m'mier liomme lijje de eriplim Je U rillr Je Pmi* H àt Ttt^tmtt im
(»rnl>l)nye, nsoil (•(uisluiiie de |M>rter (xtiir In de»- lajiaaMf it ¥r*»ct,
"fense de l'éijlis»' de Sninl-D«>ni», dnn» le» pe- ''' Gailhwne Uaiart. l» ImacA» Jm rvyrar
-liles fjm'rr»'!* fort oniinnire» en ce lenip»-li.- %M^f(«. année isyo.
MUT. I. M
258 DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
à Cassel, vint remettre l'Oriflamme aux religieux de Saint-Denis : Obtulit olijlamnuimtuam,
tjufi contra Flamiiiffos ustisfuerat, dit un auteur contemporain.
Raoul de Presles était fort jeune à l'épofjue où eut lieu celte rcnlrëe solennelle; mais il
est permis de croire qu'il en avait «Jlé frappé, puisqu'il s'écriait : w Et si portez seul, le Roy,
ttioriflambe en bataille, cest assavoir ung glaive tout doré, ou est attacliiéc une banicre
« vermeille, laquelle vo/, devanciers ont acoustumé de venir prendre et querre en l'église de
«monseigneur saint Denis en grant solennité et devocion.» Comme Guillaume Guiart, il
était allé dans la basilique de l'abbaye pour contempler cet auguste palladium, et il ne
manque pas de le dire : «De ce me croy, car jen ay veu deux de mon temps sur lautcl
«des glorieux martirs, en cliascune partie de lautel une; et esloient enhanlées de deux
K ])eti(es liantes dargent dorées, ou pendoil a chascune une baniere vermeille. r> Les levées de
l'Oriflamme furent assez nombreuses de son temps; mais il ne lui fut pas donné de revoir,
avant de mourir, le glorieux spectacle qui avait enthousiasmé sa jeunesse. Philippe de
Valois avait levé l'étendard de Saint-Denis en i366 et iSi^; mais c'était pour aller se
faire battre à Crécy et échouer devant Calais. Le roi Jean était allé, lui aussi, quérir la
sainte bannière; mais c'était pour la faire assister au désastre de Poitiers. Ce ne fut qu'en
1882, après le règne pacifique de Charles V, et pour inaugurer, par un triomphe éphé-
mère, le triste règne de Charles VI, que l'Oriflaùmie fut levée, portée contre les Flamands
réunis à Rosebecq, et ramenée en triomphe à Saint-Denis. La bataille se donna le 37 no-
vembre, et Raoul de Presles était mort la veille de la Saint-Martin d'hiver, c'est-à-dire
le 10 du même mois.
Guillebert de Metz fut moins heureux encore; l'Oriflamme fut levée trois fois pendant son
séjour à Paris, et toujours dans les circonstances les plus douloureuses : en 1 A » 9 , pour
aller assiéger les Armagnacs enfermés dans la ville de Rourges; en iliili, pour combattre
les Rourguignons avec lesquels le Roi marchait deux ans auparavant; et en i/ii5, pour
ajouter aux désastres de Crécy et de Poitiers celui d'Azincourt.
Dejmis cette grande défaite oîi disparut rOriflamme, selon la plupart des chroniqueurs,
les historiens de Paris n'en disent plus rien, et il faut aller jusqu'à Du Rreul pour en trouver
une simple mention : rC'estoit à Sainct Denis, dit le savant bénédictin, que l'on gardoit
B anciennement ceste bannière tant renommée que l'on appeloit l'oriflambe, laquelle les
«Roys alloicnt quérir avec de grandes cérémonies, et n'encliargeoicnt qu'à quelque prince
f, ou valeureux seigneur, quand ils alloient faire la guerre aux infidelles, ou bien contre leurs
«ennemis. Mais à la fin, en abusant à tous propos, et la portant en toutes guerres, le Rov
« Philippe de Valois la vint à perdre en un voyage qu'il fit en Flandres, et du depuis on n'en
« receust plus de nouvelles, v (^Tliealre des antiquité:, liv. IV.)
Du Rreul fait allusion à l'événement de Mons-en-Puelle : le sire de Chevreuse, porte-
oriflamme, sufl"o(|ué par la chaleur, tomba, et la bannière
Cliaï a terre, et la saisirent
Fiamens, qui après senfuyreiit.
Guillaume Guiart, auteur de ces vers et témoin du fait, prétend que l'oriflamme prise
par les Flamands n'était qu'une imitation de la vraie. Cette opinion s'appuie sur le témoi-
gnage de Raoul de Presles, qui déclare avoir vu deux oriflammes «sur l'autel des glorieux
L'OKII'LAMMK CIIKZ LKS IIISTOlllKVS DK l'AHIS. ih'J
' iiiiirlirs; <■ <•(, «|iioii|nVllf ait coiitn* cllf |)ii ())iri};c, hii Tillt>|, te I'. Daniel et iilinkifum aulr<*»
liistorieriK, ollt* a été soiiU'iiiic \mr (jiiillaiiiiie Mnrci»!, le I'. AnM'Inie, Ooni I)oiiI>Ih fl
i'VIihicri. Lf |ircniii'r de ces écrivninii roiiMuli* (|iril «'«istait. en tliho, un iKirte-oriflamme:
le siTdiid allirriic (|ii<- Litiiis XI «n-riil, en i 'i (!.'>. rOrinariimo <le« niainN Au caniitiiil il'Alln.
"al)!)!' (If Saiiil-I)fi)is, a|)ri'.s avoir ciilffiilu la iiKfs.sc ilaiiH IV'gli«.e «le SainlM^llierine du
"Val (les Kcoiicrs;» le Iroisièine, aprèn avoir «lérlar/* que celte antique Itannière eut men-
lidniiée dans deux inventaires de i 5o/i et 1 53â , ajoute : «Je l'ai veu et tenu encore depuiit
"la prise et rt^duction de Paris en l'obéissance du feu roy Henri le Grand;» quant à ¥é\i-
Iticii, il Tait remarquer qu'en i bijft l'étofTe de l'Oriflanirne avait M trouviV -k demi mangiée
n|)ar les miles, n
Kn citant l'un des farauds historiens de Paris, il e»i nëcenuire de ra|i|>cler que les
t'-dilcurs de Sauvai ont |)ln<-é h la lin du tome second de 8<m ouvrage une tuêti longw
dissertation sur l'Orillamme; mais on sait aujourd'hui que ce mémoire a filé iVril |Nir
(ialland. Il nous reste, en outre, quelques re|irésentations lif^urées du ct'dèbrc étendard :
Iriiis inériliMit surtout d'iMre si);nnlées. La plus ancienne parait ^tre celle (|ui se voit »ur
(III vitrail de la liitiii'-dralc de (iliartres (n° i|; la plus moderne appartient à un manuscrit de
Kroissart ipic poss(''de la liil>liothi''(pie impériale (Ms. français, n* 96/1/1); l'orifpnnl qu'elle
repr(Wnte(n''3)a été témoin de la délailcd'ArtevelleReinprésIa villedeKosebecque;iien6n
Monfaucon et Gaigni(-re8 nous ont conservé le dessin d'une troisième oriflamme, tiré de la
l»il)liotliè<|iie des (léleslins (n° u). Le sujet de cette peinture est Oharles V remettant la ban-
iiiiTc (le Saiiil-Dc'iiis à un chevalier, proliahlemeiit Pierre de Villiers, M'i(jneur de l'Ile-
Ail.'im. Itieii de plus parisien ipie cette sci^ie (huit Haoul de Preslesa dû être témoin, et qui
sans doute a été conliée au vélin par l'un des relifpeiix du monastère. \Ai lecteur nous saura
);i'é de placer sous ses yeux ces trois types d'un drapeau (|u'on voit mentionner partout,
mais dont on ne trouve nulle |iart la repri'sentation authentique.
//
N- I.
\* •>
OdfluuM du iiinil da Cbtruu OnBuuii du miniacm m ùmnu
\ 1
J3
III.
I.KS CIIÀSSKS l)i: NOïKKDAMi; l>K l»\|{|S
(Voir ltuilli-lM>il ili- MH/. ri-ili^HiH . p. i.î^.)
" ("j| liasses (|iii soiil à Noslrc Diiino tir P;iiis :
fVA |)r<>iiiirroin«>nl, ilerrièn; cl au liaiill du imjmkI ault-j, mh* iiii«* laiiT IhIj|«- «If '**^
rr cuivre, soiisltMinc ilc i|Uiili'c jjros cl forl liault iiillicrs de nicsiiic CKloin* . e^l ito-
rrsi'v |ji cli.'issc de sainrl Marcel, neuliesiiie evesque de Pnris. latiuclle c?>l d'ar-
Tj'ciil d(H'é, cMrM'iiie d'uue iiiluiilé de jrros.seH perles pierres pr«''ricus(>s. 1^ Ui^U'
"de ce j;lorieu\ prélal se c(^lèl)r«î le i .'{ U))veud)re.
fflMus liaull d'icelle Rsl une l'orl {'randc croix d°ar|;t>iil «loul le cruritik «>st d'ar-
"};enl doré.
(T A cosli'* droicl. sur l'auiel de In Triuilé, ilicl dt>s \rdiMis. vsl la rliâ&M» ilc <
ffNosIre Dauie, d'arjjeul dur»'*, eu hupu-lle il y a du laid de In dicle Vierjje el ilc m»»
ffvesleuiens; plus, des pierres desquelles fui lapidé sniuci Ksiieuiie: du ricrfje cIp
"saincle (îeneviefve. du cilire de sniuci (leruiniii, eves«|ue de la dicle é|»lisp. do
"saiiicl l''l<iv . de saiiicl Denis e( de >;e>i \,. siciliens.
ff A cuslé seuoslre du dici aulel.esf uuo cluls.se de ImiI» ayeni s«>uleiiienl le ije-
rrvaul couvert d'arj'ciil doré, eu lai|uelle esl le cnrpii de sainri Luraiii marlyr. -mi
rr|ei|uel. veuu d'Orieut en A<|uilniue, fui hnplixé à Poiclien* par SaincI llilaire.
tevescpu' d'icelle ville, el de lît. s'nclieiniuaiil vers Orléans, fnl appn'lientlé |Mir
(fies j'eus de l'euipereiir Autiioiue; lescpiels. le voyanl oksliné de n'adorer \vs
f idoles, luy Irauclièreul la teste le .'lo'' jour d'nrinbre; lni|uelle il porta envinin
itdeuiy lieue jus<|ues au lieu dicI In pierre Lucniu. couiuie il m* licl au livn* |ms-
ffsionaire uiaiiuscript de la lilu-airie de Saiuct-deruiaiu-ilos-IVés. cullé |Mir dehors
ffH lui. M). paj;e «i. (^,elte cliflsse. couverte de «pielqne drajt de «ve pnVienx.
I..I jinrc i|iir III11I-. ii'iuihIiiixiiii- m'Iis rr liln' iiiMi!. il l'ti- •■{•iiiMMiMim^it nwiHiir*' n«r VI I^^hmiU
M> tnMivo nii (iiiiiiiM-ni-i'iiii<iil il'iiii iiiiiiiiiHrril iIp In IMislt*. L'ivrilim- lurail MfC lir h ta du \«'
ttitili(i||H'<«|iie iiii|Hriiilo. fniids latin, n* i^jo'i. cl ou du nmiutmmiieul du i«r
262 DOCUMENTS ET ÉCRITS OHICIINAUX.
a se porte en procession par deux hommes (r»''{;lise, (|iiiin(l on porle celle de «lincle
ffGeneviefve, et non aullremenl. En ])areil jour <|iril lui martyrisé, tous les ans
ffon célèbre sa leste.
et Au dessus du dict autel de la Trinité sont plusieurs châsses; c'est assavoir :
chUssesdeMinicosme ff Les châsscs dc saiuct Cosme et sainct Damian, des(pielles les deux rostés
<■! saint Dnniian. -, . . . 11*'
ffsontcouvers d argent dore, et y a plusieurs ossementz des dictz sainctz.
Chine
de
«La châsse de sainct Justin ou sainct Juste, natif d'Auxerre; à l'aage de 9 ans
liiiijusiin.ninrtvr. ff eut la testc tranchée, au |)ays de Beauvoisin, en s'en revenant d'Anïieiis, oi^i il
ffestoit allé pour convertir un sien proche parent à la foy catholicque. Son chef fut
■r porté à sa mère à Auxcrre, et le corps à Beauvais, lequel depuis a esté trans-
flaté en l'église Nosire Dame de Paris. Sa feste est le huiticsme aousl. Vovés le
ff bréviaire de Paris, partie (estivale , au dict jour.
Oïdsso
(II! soinl Sëverin.
(fLa châsse de sainct Severain moine à Paris, lequel, pour mieux vaccjuer à la
ff contemplation des choses cielestes, se retira en une celle ou chambrette, fuiant
ff l'aspect et société des personnes. C'est luy qui bailla l'habit de religion à sainct
reCloud, lilz (le Clodomire et neveu ou |)etil-(ilz de (llovis, j)remier roy chres-
fftien, et l'instruict à vivre sainctement en lestât monastique. Sa feste est le
(f 26 novembre.
de soiiif C(iiiitul|ilii
((La châsse de sainct Gundulphe (en françoys sainct Genaul, Boinain), créé
revesque par le pape sainct Xiste, premier de ce nom, et envoyé en France pour
frprescher le saiuct Kvaiigile aux payens, où il souifrit beaucoiq) jus([ues à estre
tr jette dans un four ardent, dont il sortit miraculeusement, sans lésion, connue
tf il est en la seconde partie {estivale du nouvel bréviaire de Paris, souhz le 1 3' no-
trvembre. 11 avoit construict en Berry un monastère où il décéda au dit join-, el.
trdepuys, son corps et son chef ont esté apportés à Nostre Dame de Paris, où tous
(fies ans il est honoré d'une feste double.
pJohannes Molanus, en ses additions ad nutrlyrologimn Vsimrdi, (îscript qu'au
ff mandement de saint Xiste il resuscila le lilz dun Gentil.
Reiiqurs di.fr!,,.,. (f Uh grand tableau d'argent doré fort riche dict de sainct Sébastien, au milieu
fr duquel est enchâssé une dent de la Mère de Dieu, el à l'entour plusieurs osse-
(f mentz de saincts et sainctes avec des escriptaulx.
Vraie croii. ffLa grande croix d'argent doré, formée de plusieurs grosses perles, dans la-
LKS CHÂSSES UK NOTHK DAMK DK PAHIS. J63
r(|ii<'ll<' il y II |)lii.Hiciii's |)i^>r(!H de la vray** croix t|ii«> \iiwllc ou AiiM'Inif. Parisien
r i\v luilioii, t'I, «>iivii'i»ii l'an iioo, cliaiitri- ilii SHiiid-S'iiiiIrhi-f en lli<''riiHal<Mii .
f'f'iivoya à l'eveHquc et aux rlianoiiu*» «If NohIi'p Danii* (i** i'ari», du iioudirc i\f^
-'i|iii-ls il «voit. t'uU' avant <|n«- d'alln- «-n ili)*nisal«Mn, avec l'ariii/'i' d<*» r\irf*ù»'U*> ,
rHoiibz la |;niilf <>t conduirl** il)> (lotlffriiy d*> Bituillon «•( auli(*'>. K.«t| |«*||i* i|u'il
'•dfsci'ipt fil s<>s i<>lln's ti'ans(-i'i|)l(*saii (inind Pastoral, liv. ao, rliarlf 3 1 . d<>)M|u<'llt*«
'• Cl! suit l<' |ii'iii<-i|)al iiari'»'.'"
ji-i sont transcrit)!» I<'s <lvii\ lettr*>s du doiialfur. MiMilion en <'»t faiti* dain> !•• rarliildin-
(If Notrc-Dniiic, |Miltlii' |iar fi-ii (îni-ranl (t. Il, |t. Ao8), vl sou;* ci'lti- rul»ri<|u<' : KyuUÀtt
ilmv :\hxvHi , ntiiUmx Sniirli Seintlcn , iiuilmii iid (iiilom-m, l'ari»ini»em rptêcopum, rt Sfe/ifuiiium ,
m'chiHiitcimum , frnjpttCHlum li/^iii Cruci» Ihmiiiica- mitlit, eirta annum itoH. !>• lexle d»* rw
dcii\ l(>ltres a ët«i nublii^ dans \c (iallia rhrUtinnn, I. VII, inslruiiifnla, coi. kh el hh.
IV.
LES TROIS MOHTS KT LKS TROIS VIFS.
( Voir tiuiliebert de Metz, ri-(lc«>»uii . |> ttj> d 193.)
Guillcbcrt de Metz nous opprond, avec sa brièvct*^ liabituolle, que -a leglise de* Inno-
•^rcns sont cn([i(}ncuscmcnt entailit^cx de pierre les yniai|,'es des (rois vifz el trois nHMV.*
(letto simple mention ne snurnit sntisfairn la curinsiti^ du lecteur : m^me en avant sous \e»
veux la ri'pn'senlation de ce lujjubre sujet el les vers dont elle était arcompafpK^, on vou-
drait tpieltpies détails sur IVpoque ot^ cette composition fut sculptée au portail de l'église;
on se demande cpielle a pu âtre l'origine, la signification, la portée morale de la légende ainfl
traduite; on attend enfin un commentaire d'autant plus long (pie le texte de notre auteur
est plus court. Malheureusement les historiens de Paris ont été très-sobres sur ce point :
Du Breiil et (îodefroy sont les seuls (pii nous fournissent <|uel(|ue8 explications; encore
oiil-ils omis, «pour n'ennuyer le lecteur,') une partie des choses qu'il serait, pour nous, si
intéressant de connattre.
Voici d'abord le passage de Du Breul :
«Au porl.lil (le IV'{jlisc, qui esta main droicio, h costiî (l'irelle, Ion voit le»
f (i|;nres en l)oss(> de trois Chevaliers passaiis par dedans un bois el trois Morts à
r-l'opposile aussi dans un bois. L(>(|iicl lit faire et origor Monsieur Jean, duc de
ff Bory, en l'année 1 /io8, pour rornomenl de ce lieu, au(]uel il voulut esire enlem*
-apri'>s sa mort; ainsi (juc les vers suivants le lesnioigneni. gravex le long de la
r corniche, qui soubslicnl lesdilcs liffures :
Kn l'an mil quatre cents el huiri,
Jean, duc de Bcrry, 1res puissant.
En toutes vertus bien instruit .
Kl prince en France florissant.
Par liumain cours lors cojfnoissanl
Qu'il convient toute creatiin'.
Ainsi que nature consent.
Mourir el lendn* n pourriliin».
Fit Iniller cy sa sepullun>
Des trois Vifs aussi des trois Mon:
El de ses deniers la facture
■ WT. I. ^S
266 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Et paya par justes accords,
Pour monstrer que tout humain corps,
Tant ave biens ou grand cité.
Ne peut éviter les discords
De la mortelle adversité.
Donq', pour avoir félicité,
Ayons de la mort souvenir.
Afin qu'après perplexité
Puissions aux saincts cieux parvenir.
Prions pour le prince susdit,
Et ensuivons son intendit.
tAux quatre coins dudit portail sont peintes les armes de la maison des ducs
trde Berry. Plus, sous une chacune desdites figures, est attachée dans le mur une
tr grande pierre remplie d'un nombre de vers François, comme si lesdites figures
ff parloient ensemble et respondoient l'une à l'autre; lesquels j'obmets, pour n'en-
ff nuyer ie lecteur '■'. -n
11 est bien regrettable que Du Breul ait eu ce scrupule : les vers qui remplissaient la
grande pierre attachée dans le mur nous auraient servi à contrôler les indications que four-
nissent quelques livres devenus fort rares; nous pourrions aujourd'hui reproduire littérale-
ment la leçon que le duc Jean de Berry voulut donner à ses contemporains, et «ensuivre»
de point en point son «inlendil.w Mais, si nous ne sommes absolument sûrs ni de la com-
plète identité des personnages, ni de la rigoureuse uniformité des textes, nous avons du
moins recueilli et nous soumettons plus loin au lecteur tout un ensemble de présomptions
d'oti résulte, pour nous, une véritable certitude morale.
Voici maintenant le témoignage de Godefroy.
. . .(cEt ne semble hors de propos, puisqu'on est sur sa mort'*', de rapporter ce
tt qu'il fit de son vivant, en mémoire de la mort de Louys, duc d'Orléans, son ne-
fc veu **'. Car il fit représenter sur la grande porte méridionale de l'église des Saincts-
fflnnocens, où est le grand et commun cimetière de la ville de Paris, l'Histoire
cf des trois Morts qui apparurent à trois Vifs chassans dedans une forest. Ce que l'on
ff apprend de quelques vers François, qui se voyent encore dessus la sculpture des
«figures en la frise, ainsi que s'ensuit'*'. d
Viennent ensuite les vers, tels que Du Breul nous les a transrais.
''' Théâtre des antijmtez de Paru, édit. de Milan, assassiné près de la Porte -Barbette, en
i6i9,p. 835. iioy, par ordre de Jean sans Peur.
'*' Il s'agit de la raort du duc Jean de Berry, '*' Hittoire de Charles 11, par Juvénal des Ur-
oncle de Charles \'I et du duc d'Orléans. sins, avec Annotations par Godefroy. Paris. j65.3,
''' Godefroy parle de l'époux de Valentine de in-folio, p. 674.
LES TROIS MORTS KT LES THOl.S MKS. M7
Il V II (|iicli|iic chose* (le toiirliant d.ui.s un !tini|ili' dt-lnil que donne God<froy, et qoe
Du lirciil m: laiNfiait pnit itouproiincr : li; |iic-iix duc de Itcrry lit t>rul|)t«>r an portail dcf
Sainls-liinorcnls l*; Dit de* Trot» Mort» et de» Trot» Vif», ren m<^inoir«- dp la mort de Lotnri,
"(lue d'Orli'iins, son neveu ;n de sorte que l'nsKaHMnnt de la vieille rue du Temple avait
liiiss<^ Kn trace sur la façade de lY^^lixe vouëe plu» Kp/fcialement au ruile des ti^pass^. Le
sujet dont nou.s nouH occupons se rntlnclic donc à l'une des plus tristes pages de Tbistoire
|)îirisicrinc; non venu motif pour le [)la(rT à In suite d'une description de Pnri«. écrite aa
iiiomciit iiK^rnc où .s'accomplissaient ces lu|,'ul)res événements.
Nous connaissons maintenant les circonstances dans lesquelles le Dit de» Troi» Mort» et de»
Trot» Vif» est venu pr(>n<lre place au cimetière des Innocents; il nous reste k recueillir ce
que les auteurs modernes les plus compétents ont écrit sur l'origine, le sens et le but moral
de (l'Ilf funi'-bre léjjende. (jonlraircmful à notre attente, nous n'avons trouvé aucun ren-
sei)piem(>nl à cet éjjard dans la curieuse correspondance qu'érhanf^èrent dans le Journal Je
Pari» (août 1785) trois personnes désireuses d'élucider les questions se rattachant à la
Danse Macabre. L'article que Cliampollion-Figeac inséra, en i8t 1, dans le JMi^mm «irycfo>
in'ditiuc, et (pii a servi de point de départ à des travaux considérables, ne noos a pas iti
d'une plus (grande utilité. Il nous a fallu aller jusqu'il Gabriel Peignol pour trouver des
données exactes et une discussion sérieuse. Le savant auteur des Recherche» »ur le» Jamam
de» mort» consacre h la léj^ende qui nous occupe (picl(|ucs pages que nous reproduisons:
«On nous permettra ici une petite digression sur la pièce de vers intitulée le» Troi»
ftMort» ft les Troi» Vif», mentionnée dans la souscription de l'édition de i486, et qui se
«retrouve dans beaucoup d'éditions de la Danse Macabre, dans les livres de prières du
«temps, et <pii même u été imprimée séparément. Cette pièce doit être très-ancienne.
«Nous présumons qu'elle remonte au xiii* siècle, et nous fondons notre opinion sur un
-passage du catalogue de M. de la Vallière, de 1783, t. II, p. a3S-a36. Le savant
«rédacteur y rapporte les titres de trois pièces de poésie manuscrites du xni* siècle, ayant
«pour objet le» Troi» Mort» et le» Troi» Vif». Les auteurs de deux de ces pièces sont noro-
«més; la troisième est anonyme. Heste à savoir i|uelle est celle qui fait partie de l'édition
rde la Danse Macabre, ou si on n'v en a pas inséré une de nouvelle rédaction. N^avanl
-sous les yeux ni cette édition (de 1/186), ni les trois pièces en question, nous ne poo-
« vons porter de décision è cet égard. Ce qu'il y a de certain, c'est que le sujet a élé adopté
«par les éditeurs de la Danse Macabre; et nous ne nous écartons |Miint de notre objet en
«pariant des trois i)iè((>s mentionnées dans le catalogue de M. de la Vallière. \oiri com-
«ment elles y sont annoncées. La première est intitulée : Ce »otii h lll mor» et It lll ri» fw
« Baudouin» de Cottdé fi»t.
«Cette pièce est en 169 vers, dont les deux premiers sont :
Ensi fon II ninlere ronle
Il furent si oini «lue et ronle.
«et les deux derniers
Tout iij de lioin ruer p< de lin
Que Diex \nu8 prrng^ à boiite fin.
268 DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
K Cette pièce, qui fait partie d'un Recueil de poésies et de prose du xii' siècle, in-folio,
«annoncé sous le n° 2786 du catalogue, est suivie de l'explication suivante :
«Trois jeunes seigneurs riches et puissants reçoivent de trois corps morts rongés de vers,
«dont ils font rencontre, des leçons terribles sur la vanité des grandeurs humaines. Ce Dit
«était fort en voguo dans les xni°, xiv' et xv' siècles. Notre manuscrit, ajoute le rédacteur,
«en contient trois versions différentes; chacune y est accompagnée d'une miniature dans
«laquelle se voient, d'un côté, les trois seigneurs, dont le premier porte sur le poing un
«faucon, marque de sa puissance, et, de l'autre côté, les trois morts debout. On retrouve
«ce sujet représenté dans des monumenis anciens, ainsi que dans quelques Heures manus-
«crites du xv' siècle, mais avec une différence, c'est que dans celles-ci les trois seigneurs,
«au lieu d'être à pied, le faucon sur le poing, y sont représentés à cheval, sans cet
«oiseau.
«On ne trouve pas seulement ces figures en miniature dans des Heures manuscrites; elles
«ont été aussi gravées pour des Heures imprimées, comme nous le verrons par la suite.
«La seconde pièce est intitulée : Chi commence li III mors et li III vis, ke maistres Richoles
«</(• Marginal fist. Elle a ai6 vers, dont les deux premiers sont :
Trois damoisels furent jadis , -
Mais qui partout queroit jadis,
«et les deux derniers :
Si ken ae glore pure et fine
Soions ki on nul Lins ne fine.
«La troisième pièce, qui est anonyme, est ainsi annoncée : Chest des III mors et des
tf III vis. Elle a 19a vers et commence ainsi :
Diex, pour trois peccours retraire,
Monstra un signe dont retraire
Vous voel
« Elle finit par ces deux vers :
Kanemis ne nous tourne envers,
Kant sera no caroigne en vers.
«Ce sont ces sortes de poésies que les anciens appelaient un Dit. ils entendaient par ce
«mot une pièce qui renferme un enseignement, une instruction, ou le récit d'une belle ou
«d'une mauvaise action. Le Recueil de poésies, etc. in-folio, où étaient les trois pièces ci-
«dessus, avec 4i autres de même genre, a été vendu, chez M. de la Vallière, 3oo liv.
«en 178/1.
« Il a été dit ci-dessus qu'on retrouve le morceau des Trois Morts et des Trois Vifs dans
«différents livres de prières; c'est ce que prouve encore le catalogue de M. de la Vallière.
«On y voit, sous le n° 29^, des Preces piœ, cum calendario, in-8° de i48 feuillets, en-
«richi de 1 9 belles miniatures. Celle qui est en tête de l'oITice des morts, dit le rédacteur,
«représente un sujet qu'on voit rarement dans les livres d'Heures, c'est celui du Dit des
LES THOiS MOUTS ET LES TROIS VIPS. 969
"trois Mort!) (|ui apparoisHcril à trois Vifs. Ce manuscrit a M vendu 36 liv. en 178'!.
"Sous le n" 39Q (nu\ additions, P. 17) «e trouve un OJicium B. Virginie, ele. in-S* de
t I K/i foiiillfts, qui a dfjaleincnt l'histoire des Trois Morts et des Trois Vifs, repréMOtée en
"miniature en léte de l'Onicc des morts. Vendu mj liv. 19 s. en 178^^. Nous dieroM
"(;ticnrc le n" uS/i, sous l)M|u«>i est nnnonii^ le superbe manuscrit intitul<^ liemtt it
•> Ijoui» II, dur d'Anjou, roi de Jih-utnlem et de Sicile, in-fl' de ajjo feuillets, om^ de 1 13
f rniniulun's d'une beaulti iiarfiiitc. Parmi les pièces que ce volume rcnfennc, on en trouve
- tiru! intitult^c Cy après commence uiu moult merveilleute et horrible histoire que ten dit des
'iij Mor» et de» iij Vis. Ce volume a élé vendu /i5o liv. en 178Â. Nous les trouverons
K également dans deux livres de prières imprimi^s l'un en i5a4 et l'autre en iS3i,
nin-8% que nous avons sous les yeux, et dont nous aurons occasion de parler dans la
"Suite '". »
L'homme qui a rrcus<^ le plus profondément le lugubre sujet dont il s'agit est incon-
teslabiemf'nl feu K. II. Langlois, du Ponl-dc-l'Arche. Précédé par un chercheur tel que
Gabriel Peignot, il a pu aller plus avant et découvrir des (lions érhapin'-s au premier tra-
vailleur. Son étudi! sur le Hit des Trois Morts et des Trois Vifs nous a paru trop complète
|)uur (|ue nous hésitions à la reproduire in extenso.
rDans le cours du xin* siècle, il parut un ouvrage français, en vers, sous le titre de
« Li trois Mors et li trois Ki*"' (les Trois Morts et les Trois Vifs). Il en eiistait trois esem-
«plaircs apparemment contemporains dans la noble bibliothèque du duc de la Vallière.
rmais (pii présentaient quel(|ues différences et fournissaient le nom de deux auteurs:
«Baudoin de Condé et Nicolas de Marginal"'. Ces antiques poèmes racontent que trois
(t nobles jeunes hommes, chassant dans une forêt, furent arrêtés par un pareil nombre de
"spectres hideux, image de la mort, desquels ils reçurent une leçon terrible sur la vanité
" (les grandeurs humaines. Une très-aneienne allusion , la première peut-^tre, à cette vision .
R parait se présenter dans une peinture d'André Orgagna"', dans le Campa Samlo de Pise. et
R représente évidemment le même sujet , quoique avec quelques légères diffcrences.
'•' Betkercheit historiques et littéraires sur tes doHses
dm morl.1. Dijon et i'aris, i8'i6, in-8*, p. 9g et
suiv.
'*' Francis Douce, The Hante 0/ l>ealk , Ix>n(lon,
i8:j;i. in-8", |). .Ti cl sniv.
"'' (]ii((ilo}jn(! (le In Vnllit>re, n* •J736-9a, «3 et
«5. Il |wrfllt que clinrune de ces pitWs nvnil été
n>ni|)()s<'e jwr un auteur différent. M. IVijpiol fait
(ihserver que le nom d'un des trois aut(nirs est
r<>sU' inroiuui.
'* Andréa OqfOjfnn , |)eintr«\ sculpteur et nrrlii-
ItTte, nni|iiit i^i Flonnioe, en i3'j(j. et travailla
|in'M|(ii' toujours de ronrerl avec sou fn^n' nint',
ll<>riinrd Orjfiijjnn , notainiiiont aux n'Ièbres fresipio»
(1(1 l'nradis et de l'Iùtrer. au Cam|io Soiilo (clianip
saint, terre bénite pour rinwlière) ie Pue H à
Sainle-Marie-Moveiie. Il niounit h MoRnee, tm
1 389. Les biognphn ne •ool point iTaceanl msr
rortbogra|ihe du nom «k* cH illuttrp artvte. q«r
Vasari , suivi par M. Dnur(> . ap|M>ili> Aadrsa di Cioar
Orgagna ; mais dans l'Àiition de FloraMe, de 1 770.
une note extraite d'une Milioa de Rmm fait ob-
server que Baklinucct aaalient . d'après f— Iwitf
d'un litre coulraiporain de rartitle. ^'il faaiécrirp
Orcagna. Ce ipii n'rmpèdw pas TéXimÊr riMMa
de pr('lendrp qu°Oi|pigna e*l b «^éritafale 91Û0-
graphe, et que. d'aiil«u<s. ka litres aMaes ae
nomment ce |H>iulre qu'Aiidm di Cioae. Les aa-
teura de la BMgrwfkit msmtmts oal adopte Top»-
nion de I
270 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
«Le peintre a figuré trois jeunes gens à cheval, avec des couronnes sur leurs toques;
c? environnés de plusieurs varlels, ils se divertissent à chasser avec leurs faucons. Saint
f Macaire, anachorète égyptien, près de la cellule duquel ils se trouvent, leur présente
is d'une main un phylactère chargé d'une inscription où se lisent, autant qu'il est possible
«de les déchiffrer, les mots suivants : Le nostra mente fa ben morla tenendo risa qui la
r^vista afRUa, la vana gloria ci sara sconflta la superbia è sara da morte. Ce qui signifie
«à peu près : «Si notre esprit se mortifie à cette vue, notre orgueil et notre vaine gloire
«s'anéantiront dans la pensée de la mort.» De son autre main, le saint ermite dirige
«l'attention des nobles cavaliers sur trois cercueils ouverts, sur lesquels sont un squelette
R et deux cadavres dont l'un est celui d'un roi.
«Une semblable vision, qui n'a pas une connexion si intime avec le sujet en question, et à
«laquelle, jusqu'à présent, on n'a pas fait attention, se trouve à la fin des vers latins
«attribués à Macabre, dans l'édition de Goldasti du Spéculum omnium statuum, a Roderico
tx Zamorensi '^^K Trois personnages apparaissent à un ermite endormi, dont le nom n'est pas
«mentionné. Le premier est décrit comme un homme revêtu d'habits royaux; le second
«comme un notable bourgeois, et le dernier comme une belle femme ornée d'or et de
«joyaux. Tandis que tous trois préconisent, pleins de vanité, leurs conditions respectives,
«surviennent trois horribles spectres, sous la forme de cadavres humains, dévorés par les
«vers, qui les réprimandent sévèrement de leur arrogance. Ceci est évidemment, pour le
«texte, une autre version des Trois Morts et des Trois Vifs. Mais, quant à l'antériorité de
«l'une ou de l'autre de ces deux versions, c'est ce qu'il e!>t impossible de décider. Celle dont
«nous venons de parler est composée de rimes alternées, dans la manière et probablement
«par l'auteur de la vision de Philibert ou Fulbert, touchant le Débat du corps et de /'âme'*',
« ouvrage attribué à saint Bernard , et quelquefois à Gautier de Mapes. 11 en existe des tra-
« ductions en français et en anglais.
« C'est à Vasari '^' que nous sommes redevables de savoir que l'ermite de la peinture
«d'Orgagna,au CampoSanto, est saint Macairc,el lorsque, dans la vie de cet artiste, ilcon-
« signe ce fait, on ne peut douter qu'il ne possédât, à cet égard, des documents tradition-
« nels. Il nous apprend même qu'on a voulu représenter Andréa Uguzzione délia Fagivola ,
« dans le personnage à cheval qui se bouche le nez. Au-dessus est une figure noire et hideuse
«de la Mort, abattant sous sa faulx les hommes de tous les rangs et de toutes les condi-
«tions. Vasari ajoute qu'Orgagna avait rempli son tableau'*' d'un grand nombre d'inscrip-
« lions pour la plupart effacées par le temps. Il en rapporte cependant une dans son ou-
«vrage; elle s'adresse à quelques vieillards estropiés. Il paraît que là, comme dans la Danse
«Macabre, les différents états de la vie étaient apostrophés par la mort. Baldinucci, dans
«sa notice sur Orgagna'*', fait, en parlant de cette peinture, mention de l'histoire des
«trois rois et de saint Macaire; et Morona'^', dans sa Pisa illmtrata, adopte, en décrivant
«également ce sujet, le nom du même saint. Les figures de cette composition sont toutes
''' Hanov. iCi3, iii-4°. ''' Il est bien peu de personnes qui ne sachent
'*' Cette pièce, traduite en vers français, se trouve que ces peintures d'Orjjagna furent exdculées à
fréquemment à la fin des Danses Macabres pu- fresque.
bliées dans la même langue. '*' Baldinucci, Dltegno, If, 65.
''■ Fitede'PiHon, t.l,p. i83, éd.dei568,m-4°. '*■ Morom, Pisa illustrata,l, Sog.
LES TROIS MORTS KT LES TROIS VIFS, 571
"(les portraits dont on trouve les noms tant duos VaMri que dans Morona, avec (pielf|u<^
-variantes, n('iiiiinoins, dutis les dci>cri|itiuns.
" L'ilistoin; des Trois Vifs et des Trois Mort« faisait partie des |>einlures de la Daii*«
f< Macabre du cimetière des Saints- Innocents de Paris; et, sur le portail de r<^i»e du
-in^nie nom, elle avait <^t(^ sculpt^-e par ordre de Jean, duc de Bcrry, en lAoS'". On la
«trouve dans un (jrand nombre d'Heures manuscrites, et dans d'autres livres liturgiques,
" à l'odire des morts '". »
Feu E. II. Lanfjlois ne s'est pas contentti de cette première <^tude de notre l^eode : il
a voulu traiter le c6të icono{;riiplii(|iie de la cpiestion aussi complètement que la partie re-
ligieuse, littéraire et bibliographique. I^s détails très-circonstanciés dans lesquels il entrr
nous ont [tarii inérilcr une reproduction intégrale. Après avoir fait graver, d'après les vieux
bois (les éditions de Troycs , les deux sujets dont se compose le DU det TroU MorU et dt$ Troii
Vif», il ajoute :
"Ces deux planches, dont la première représente trois jeunes seigneurs à la cbaMe, •«
<< livrant au divertissement du vol du faucon, et dont la seconde représente trois morts
«debout, auprès d'une croix de ciin(>tière, avec racconq)agncnient d'un ermite assis dans
«une grotte, se rencontrent dans la |ilupart des anciennes éditions françaises de la Danse
«Macabre, depuis celle de 1&86, iniprim(k* par Guyot-Marcbant, et dont la souscription
'f mentionne le beau DU de» Trois Mort» et de» Troi» Vif» ensemble», jusqu'aux plus r^ente»
«éditions de Troycs qui font partie de la Bibliothèque Bleue. Elles senent d'illustration &
«cette légende dont nous avons déjà parlé dans la première partie de cet ouvrage (p. 107-
«iia), et les i\iiu\ fdc-slml le ipie nous oiTrons ici sont tirés de l'édition de la Daiut
•^Macabre publiée, en t5a8, à Troyes, par Nicolas Le Rouge.
« Ces planches sont toujours accompagnées d'une pièce de vers trop longue pour être
«citée en entier, et qui forme une espèce de dialogue entre les divers acteurs de relie
«scène'. L'Anachorète égyptien, saint Macaire. que l'on voit dans la fjn)lte, prend le pre-
"mier la parole; il dit aux seigneurs, en leur montrant les trois s(|uelctles :
Ouvre les yeux, crenlnre rhetive.
Viens vcoir les failx de In mort excessive, ele.
«et raconte (ju'il a vu en songe trois Morts qui lui ont montré di'sgens de conditions difl'»'-
« rentes (|ue le trépas a rendus égaux. Ces Morts interviennent ensuite eux-mêmes dan»
«le dialogue pour faire de terribles remontrances aux trois Vivants, qui répondent en-
«semble, en témoignant de leur frayeur et de leur repentir.
«Ces vers furent retouchés, comme les huitains de la Danse Macabre, dans les édilions
<'' Du Itroul, Théâtre ilft nntiqmtM il Pari», teiirilela biblioth^ue de Rooen. K AUred Baadry.
I (il a , in-h', p. 8.3/i ; on y tmiive les vers qui ae- Rouen , 1 85« . • vol. ïd-M*. 1 1 . p. i 07 et i
roiii|N)({urnt relie sculpture. <'' M. Achille Jiibinal ■ rooslat< qae. oain Ir
*' £«MH hUUtriqme, fkHotofiaqmt et piiiorrtipie DitémTrm* Vwtt, il existe nn Dit dm 7Vm> Mmlm
lur h» lAnuw Jm mort», pablitf, après In mort dn et in Trm» Yitm dans k ni*. 198 et kmà» Nalr»-
K. !l. |jiii(jlois, pr MM. André Pollior. cons«Tvn- Dame (BiW. iin|iéri«le).
'272 DOCUMENTS ET ECHITS ORIGINAUX.
«postérieures de Troyes, qui, du reste, reproduisent exactement les mêmes dessins; dans
«ces dernières, l'Ermite commence en ces termes :
Ouvre tes yeux , ô créature !
Regarde dans cette peinture ,
Mais avec admiration,
Le sujet de ma vision :
Trois morts avecqiies leurs suaires
Sortis de l'ombre de leurs bières.
Tous ddfigurds , tous hideux ,
Se sont présentés à mes yeux.
Leur cliair à demi déchirée
Des gros vers étoil la curée.
Et leurs os presque décharnei
M'alloient empuantir le nez.
Si je n'eusse de celte place
Aussitôt détourné ma face.
« Il expose encore sa vision des Trois Morts qui lui font passer en revue fout le personnel
«d'une Danse Macabre, en désignant d'une façon assez burlesque la qualité de chacun :
Celui que je le montre adhuc
Porta la qualité de Duc;
Celui-cy fut un gras Moine,
Et cet autre un riche Prieur,
Toujours beuvant, toujours rieur, etc.
-? Parfois, les planches offrent, .suivant les éditions, une certaine différence. Ainsi la
«ligure de l'Ermite a été supprimée dans quelques reproductions, comme dans quelques
«peintures que représente celte légende, ainsi que le prouvent les fresques de Fontenay et
«de Saint-Riquier.
«Il est, pour ainsi dire, superflu d'ajouter à tout ce qui précède que le sujet des Trois
« Morts et des Trois Vifs est très-fréquemment représenté dans les livres d'heures et d'offices
«manuscrits ou imprimés, dont M. Douce (p. 398) a donné une liste incomplète'". Cet
«auteur (p. 34) fait remarquer que la plus ancienne gravure que l'on puisse citer comme
«se rapportant à cette configuration est celle qui se trouve dans un très-rare volume xvlo-
«graphique, ou d'impression tabellaire, imprimé vers i43o, décrit par Dibdin, dans le
<!.Bihliotheca Spenceriana (t. I, p. 3o), et qui a pour titre : Quindemn signa exlremi judicii
''' Dans ces livres, les deux gravures ne sont Pour les trois Vifc :
plus accompagnées d'une longue pièce de vers. Nous sommes «n gloire et bonm-ur
mais seulement, en général , de quatrains souvent Remplis de tous biens et cbevancc,
insuflîsante , comme ceux-ci : *" """'''^ ■"""«"' "»''™ "=""■••
p. , . ,, En T prenant iiosire plaisance,
rour les trois Morts :
ou d'inscriptions morales, telles que : Viffilate ergo.
Nous avons bien esté en cliaiîce . •• ,• . ij • •. i -i-
quw netcttis atem née horam. — Mors xnevitabtUi
Autrefoj s, comme estes a présent;
Mais vous viendrez a notre danse , «*' ' «' A'"'" ^"« '«^ "•'«• ^» P*""! comparer ces vers
Comme nous sommes maintenant. avec ceux de la peinture de Saint-Hiquier.
LES mois MOUTS ET LES TROIS VIFS. «1
f^diempreetéentia. Dans un/ac-timile que Dihdin a fait graver à l'apiiui de m de»cn|>lioo,
«on voit, en cfTct, trois Kquolcitcs sortant d'une fosse ouverte, dans laquelle l'un d'entre
«eux est même encore en partie englouti, se prc^'cipiter vers deux hommes qui s'enfuient
«avec tous les signes de l'ciTroi. Nous pensons toutefois qu'il y a 1& ressemblance fortuite,
cniiiis non nnalojpo n-ellc. Ce sujet rrprc'-scnle le dixième signe qui doit annoncer aui
" liiiMiaiiis i'approclwr du jugement dernier : les morts sortant de leurs tomlieaus et venant
<r elTruyer les vivants. Or, entre ce sujet général, s'applicpiant à tous les humains, et le sujet
«on quelque sorte local et spécial de saint Macaire, il n'y a )K>int de rapport direct oi
«éloigné; il n'y a qu'une sini|)lc coïncidence d'action, une analofric purement pittoresque.*
«Nous ferons remiinjucr en terminant que, contrairement à l'usage adopté par preiM|ue
« tous les artistes du moyen âge qui clienliaierit leurs inspirations dans la Légende Dorée, les
«artistes qui ont créé le sujet des Trois Morts et des Trois Vifs ne paraiss<>nt |»oint avoir eu
«recours à cette source féconde. La légende de saint Macaire, d'après Jacques de Voragioe,
«ne contient aucune allusion à une rencontre de la nature de celle que nous venons de
«décrire. Nous pouvons en dire autant de la vie de saint Macaire l'Kgjptien et de celle de
«saint Marnire l'Alexandrin, publiées pnr Bollandus, au 1 5 et au o janvier (AcUt&neit-
Krum); de sorte que nous ne saurions indiquer la source oii légendaires, peinlret etMill|^
«tcurs ont puisé l'idée de la vision de saint Macaire.»
«Nous devons pourtant ne pas laisser ignorer que (|ucl(|ues écrivains ont cru rencon-
«trer dans l'hagiographie de saint Macaire rapportée par la Légende Dorée, ou dans des
n actes plus oncieiis, une circonstance (|ui, selon eux, a pu fournir aux artistes Pidée
«qu'ils auraient exploitée en la transformant; nous voulons parler de la trouvaille que fit
«un jour saint Macaire de la télc d'un païen mort, qu'il interrogea sur sa destinée. Or
«cette tôte, en lui faisant connaître que l'àmc qui l'avait jadis animée était aux enfers, lui
«révéla, sur ce lieu de tourments et sur la gradation des supplices qui sont infligés aui
«mécréants et aux pervers, queirpies détails (|ui rappellent les cercles infernaux du grand
«poëme dantesque. Mais celte siuqtlc analogie ne nous parait pas sudisante pour conclure
«à une imitation formelle, et nous pensons que l'on rencontrerait facilement dans la
t Légende Dorée une foule de visions funèhres qui, bien mieux que le colloque dont nous
«venons de parler, pourroicnt suggérer l'apparition comminatoire des Trois Morts aoi
R Trois Vifs. Nous citerons, comme exemple, cette ciïirayantc objurgation adressée par tous
«les morts d'un cimelitïre, sortis de leurs tombes, h l'enconlre d'un évoque qui avait sus-
«Ijcndu certain prêtre de ses fonctions, parce qu'il célébrait chaque jour le saint sacrifice
« en faveur des morts. Cette mystérieuse apparition est racontée dans la UgutJk Jk U Csn-
nmémoration de» JiMrs défunt». Au reste, il est inutile de chercher à faire absolument sortir
'•dv l'ouvrage de J. de Voragine le mythe des Trois Morts, puisque, d'après la citation que
« nous avons faite de trois poèmes du xiii* siècle sur ce sujet, ce mythe parah plus ancieB
«(|ue la légende elle-même '". n
Après le granil travoil de feu E. H. Langlois, nous n'avons plus k citer qu'une char-
mante élude d'amateur publiée par M. Anatole de Monlaiglon et traitée avec un goût dîgM
") EMni hùtoriqHf , philomfUq^i* H /tl/erMfue nr k» imim dm mmit, Reoca , 1 8St , a ««L ia-S*. L 11 .
|>. .'ifi et siiiv.
■itT. — I. 3S
27i DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
de ce bibliophile émérite : nous voulons parler de V Alphabet de la mort entouré de bordure$
du xvi' siècle et suivi d'anciens poèmes français sur le sujet des Trois Morts et des Trois Vw").
Cette curieuse réédition de Hans Holbein est précédée d'un avant-propos où xM. de Mon-
taiglon résume les antécédents de notre légende et indique la provenance des pièces qu'il
imprime. La plupart des renseignements qu'il fournit sont empruntés à E. H. Langlois;
cependant il signale une peinture très-ancienne que ce dernier n'a pas connue, et que
M. Georges Boulangé a décrite avec soin dans ses Notes pour servir à la Statistique monu-
mentale de la Moselle : on la voit dans l'église de Sainle-Ségolène à Metz. Quant au texte.
M. de Montaiglon a réuni cinq variantes, dont quatre sont inédites; la cinquième, -qui
K figure, dit-il, à peu près dans toutes les éditions de la Danse Macabre'*', se trouve cga-
R lement dans beaucoup de manuscrits '". »
Ces dernières paroles de M. de Montaiglon ajoutent encore aux probabilités dont nous
avons parlé au commencement de cet appendice : le Dit ^qui figure à peu près dans toutes
«les éditions de la Danse Macabre,» et qui «se trouve dans beaucoup de manuscrits,»
était évidemment le plus populaire; c'est de celui-là qu'a dû s'inspirer l'imagier qui l'en-
tailla si s engigneusenient » au portail des Saints-Innocents. Réciproquement, il est permis
de penser que «Guyot Marcbant, demorant a Paris au grand hostel du collège de Navarre
«en champ Gaillard, » trouva plus facilement son texte à la façade de l'église que dans les
manuscrits'*'. Quant aux deux sujets, on peut adirmer qu'il n'alla les chercher ni à Fonte-
nay, ni à Saint-Ricquier, ni à Metz, et croire qu'il mit à contribution les «rondes-bosses»
exécutées par l'ordre du duc de Berry. En toute hypothèse, l'œuvre peut être revendiquée
à bon droit par la ville de Paris : si elle n'est pas la reproduction des sculptures du portail
des Innocents, on ne peut du moins nier qu'elle soit l'un des plus anciens et des plus re-
marquables produits de la gravure et de la typographie parisiennes.
''' Paris, 1 856 , in-8°, imprimé par Firmin Didot
pour Edwiii Tross.
'*' On trouve le Dit des Trois Morts et des Trois
Vifs même à l'état d'enseigne servant à designer
les maisons. M. Berty cite, dans la Topographie his-
torii/ue du Vieux Paris , région du Louvre et des Tui-
leries, I, p. 60, une maison dite des Trois Morts
et des Trois Vifs; elle était située rue Saint-Honoré,
entre les rues Saint -Thomas et Sainl-.Nicaise.
''' L'Alphabet de la mort de Hans Holhein,ip. 10
et suiv. M. de Montaiglon place, en tête des cinq
versions qu'il donne, les deux vers suivants :
Cy s'ensieveiit cinq moult biaus dis,
Que orent Trois Mors od Trois Vis.
'•' C'est d'après l'édition de i486 que nous re-
produisons le texte et les planches du Dit des Troix
Morts et des Trois Vifs. La Bihiiolhèque impériale
en possède un exemplaire à la lin duquel on lit
cette mention : irCy finit la danse macabre hysto-
irriée et augmêlée de pleuseurs nouveaux parson-
r nages et beaux dis, et les Trois Mors et Trois Vis
"■emschles, nouvellement ainsi composée et irapri-
^mée par Guyot Marchant, demorant a Paris ou
"grant hostel du collège de Navarre en Champ
rrGaillart, lan de grâce mil quatre cent quatre
Tvingz et six, le septième jour dejuing. r, (Voir plus
loin, p. 590, \e fac-similé de cette mention.)
LE DIT
DES TROrs MOHTS KT DKS TROIS VIFS
RKPHonilT TRXTIKLLKMKXT
D'KPIIKS l.-KI)ITIO\ l>RI>CF.PS DR (ilYOT M^RCIIATT.
pARlii. |/|86.
3».
276 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
jScnsniDcut les hs îres trois mors et trois oifs. €1 ÎJoit on pmierement lire
le proefme î>e lerraite.
ÏX ermite.
nure tes genx erealnre cl^ctioe
/^Ml')iens oeoir les fais ïie la mort ex
Be qui laj eu en ee lien nision [cessioe
Pensée nest si treseonlemplatme
One îianoir en nne l^enre ^astme
"Dnng tel regarîi nenst aîimiration
'De trois eorps mors mcst lapparition
l^enne leg anecqnes lenrs snaires
pareillement lenrs terribles maires
"Deffignres et lenrs eorps kseonoers
les trons î>es genx et îin nés onners
les os tons sers ïambes bras pieîis et mains
îTons bemengies et partnises be ners
(Test le tribnt qne mort boit anx bnmams.
€C Cerrible mort snr tons antres terribles
©n te boit bien par tes ennres l^orribles
*£)ire et elamer pnis qne par sa morsnre
€l par assanlx sonbams impereeptibles
Par eonps mortel; bioers irrémissibles
îTelle tn fais l^nmame creatnre
ï)e tes ennres an nen la ponrtraictnre
ÎTant bmerse tant ernelle et bibense
Deffignree/I&orriblemerneillense
!S)enant mes nenx en ee ponre ^ermitage
©ni mont tronble tellement le eorage
(Une pins ne pent be telle ennre eôgnoistre
!25ien boit penser a la mort qni est sage
Car en la fin il nons eonoient tel? estre.
C Or ne sert on si ees trois antresfois
0nt este bncs barons contes on rogs
Papes, abbescarbinanlx on cbanomes
Jle qni estoit le pins noble bes trois
■Sil; ont este bossns borgnes on brois
éiU ont este preuosts on capitaines
/ors qnil; ont en tons trois faces ^nraames
Cîni ont este en la terre ammnrecs
ïa on les ners les ont beffignrees
•$1 qnil ng a pins rien qne lossement
Oni est a tons granb esbabissement
(ft est bien fol a qni point nen sonoient
(S5rans et petis nnmersellement
IDne fois tel? estre nons connient.
C "De lantre part sont nenns nis a ois
^nr m- e^ieoanx -m- bianx ^ômes tons nis
ft)ais en nojant reste cl^ose abmirable
Jl a semble qnils ont este ranis
Crop long seroit a conter le beois
"Des trois nmens pitenx et lamentable
Celni nent benx qni ne fnst bonbtable
*9e neoir les mors et non pas sans raison
Car qniconqne noit fen en la maison
"De son noism prochain mettre et getter
"De la sienne par canse boit bonbter
"Dont les ninens qne les mors apcrcenrent
A)erneiUc nest si be fort sespouenfer.
2l celle Ibenre canse raisonnable enrent.
CEïesmors anx ms lesnisanx mors parlèrent
Crt anx mnens les m- mors renellerent
"De mort les grans et terribles assanlx
<f t tellement les mnens cspoenterent
Une a bien petit qne tons ne trebncberent
3 la terre be bessns lenrs c^fûnlx
ïnng laissa cl^iens et lantre ses onseanlx
Orn reqnerrant a bien grâce et mercn
une reqnerir nous Ini benons anssi
Ctn Ini priant par la samcte puissance
Onil nons bonne faire nrag pcnitance
<$»i qne an monbe qne nons sômes mortel?
J?ons façons tant qne anons la lojssance
Zpres la mort bes règnes immorteU.
LES DIS DES TROIS MOUS ET TROIS VIFS.
277
XCf premier mort.
"^Ittlc nons uons aportons nonudirs
"wfÊOni ne sojirnt bonneâ on belles :
H plaisance on a besplaisanee
Prenbre nons fanlt en pacience
CTar eslre ne penf anfremenf.
X^eanx anus (ont premièrement
./?on obslanl qneleonqne nebessc
Pnissiiee bonnenr force on lenncsse
J?ons nons bcnocons tonl île noir
Onil uons connicnt mort recepnoir
X'^ne mort las si îionlonrense
•îpi amere si anjjoissensc
One les mors qni en sont belmre
J?e nonlbroient lamais reninre
Ponr monnr encor be tel mort.
Crn après qnant oons seres mort
Cont ainsi qnc ponores trnans
Z.'^ons scrcî bibeux cl pnans
"Des nostres et be noE liorccs
<èl nos amcs seront liorecs
Je ncn bis pins mats crst bn pirr.
Jl me sonffril asseï be bire
"De nos mcsc^ans corps la misrrr
Ont ne sont pas bantre matrrr
4!>aicbes le be nran qne nons sbmn
Jla Qncvc estions pnissans t»omf9
Crt sommes tcU corn nons ncn
•îpe nons nonles en ponroea
<èl bien s benei ponrncotr
Onant m nons nons ponoet vrotr
Comme be nons il aboienbra
Cft qnel loner mort nons renbra
Par nos corps qni sont plains borbnrr
2111er sera a ponrntnrc.
CeU coine nons nn temps aau fkmrs
CrU seres nons comme nous 9$mn.
278
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Xtc scconïi mort.
Hinrcefî 5 se oons vonUi
Znfrcmcnt qne mm ne sonlet
(Tar ccrtfs la mort Dons cspic
Pour tjons ostcr ïin corps la vie
pins brtcfmcnf qnc nons ne rniîic;
(fim estes sg onltrecnibe?
One ponr nng pon be toge naine
Dng pon Ire plaisance monbame
Gm est ïie si conrte îinree
ÎTost nenne et pins tost allée
Ironie; perbre la loge fine
'De parahs qni point ne fine :
lit qni pis est bampnes seres
2lnltrement nen escl^apperes
ft)ais ce sera sans beliorance.
Comment ane; nons tel plaisance
"Dictes mog mesc^ns orgneillenx
<Ên ce monbe si perillcnx.
Onil na qne binistons
"DiDcrses tnbnlacions
Pnis gnerre pnis mortalité
^onsionrs nonoelle abnersite
Venient anant qnc lantre faille :
lOom ne saoe? bomme sans faille
t^ant soit pnissant-nenllc on ne oenlle
Oni ne senffre et qni ne se benlle :
3lillenrs boncqnes repos qneres
Car cg point ne le Ironneres-
Vepos anrcî en parabis
^e croire nons nonle? les bis
"Des saigcs qni conseillent faire
Ce qne faire est nécessaire
Ponr lacqnerir et ponr lanoir»
Fien millcnr nnl ne penlt anoir
jTiictes bes biens pins qne ponrres
2lutre cbose nemporteres*
Xte tiers mort.
efolle gent mal abuisee
tQne le m^ ainsi besgnisee
*9e bmers l^abit; et be robes
dtt bantres choses qne tn robes
ÎTa pnante cbarongne a ners
<èl prens be tort et be traners
i?e il ne te cbanlt bont ce oiengne
_fors qne ton estât se raamticngne.
Qnant le congnogs tes fanlx belit<
les grans excès les gras onltrages
■©ont cenlx qni font les labonrages
2lnx cbâps et ponr tog se tranaillenl
ÎTons nnî/be fam crient et baillent
Qnant le nog tel gonnernement
Je bonbte qne sonbbamement
Celle nengance ne sen face
©ne tn nanras ne temps nespace
Reniement be crier mercg-
Cmbes nons tonsionrs régner cg
jTols mcscbans be maie benrc nci
Oni en tel point nons bcmene??
i?ennil nennil nons g monrre?.
Jïiictes bn pis qne nons ponrre?
lors anrcî parbnrable me
25onne on maie nen bonbte? mie :
"Dien est mste il paiera
^elon ce qne cbascnn fera,
gaietés bes biens natenbe; pas
Qne cenlx après nostre trespas
ponr nons en facent qne anies c^er
Qni ne nons nonlbrôt approc^ier
<in la terre nons porteront
<èl tost après nons obliront
<èl teU cnibe? nos bons amis
Qni sont noî pins grans ennemis.
LES DIS DES THOIS MORS ET TIIOIS VIPS.
Î7«
XLc premier nif.
\ndc croix par ta ptiissancf
Vint ic uoti en la rcmcmbrancc
(i'\nî)c mon corps cl ne consens
One le perbe anionrli|inj> mon sens
Ponr cesle flcnl l^nbense et morte
Ont teU nonnelles nons apporte
i?onoelIes linres et peruerses
ïas entre les ct^oses bmerses
Concbans nostre fragilité
"De qnojî nons ont bit oenle.
l^^on poore cnenr bc paonr tremble
Onât trois mors ainsi oont ensemble
"Deffignres bîîbenx biuers
Cons ponrns et menijcs be ners.
ïe premier bit : bien men sonuienl
One mort recenoir nons conoient
7L (jrant anjjoisse et grant bonlenr
"Dont il me fist mner conlenr
*Sl bes âmes bist nne cbose
One beclairer ne nenlt ne nose
Je cron cest be lenr bampnement
<rn enfer parbnrablemcnl
CeU nonnelles ne sont pas bànn.
lasses nons cbetisoes personne»
Ponr qnop nons fist oneqnei bien ncstrr
<rn et mescbant monbe ponr estrr
■*i tost linre< a tel orbnrr
"De ma me nan lamais cure
Car le non qne les gens qni oipcnt
Cant be malenrtr ensninent
One tf prise trop mienlx bâssn
le ponorr estai brs trespassrt
Car tonsionrs sans fin bnrera
*9n celnn bes oifi fmera
Crt en lestât qne tonionr» bnre
Cbasenn oipre boit nectrr rirr.
280
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
XCf secont mf.
5f ce toïic à bon cscianï
sQne là mort nous m cspianï
(£t qm nons fanlf ainsi morir?
Jlesi il l^omme qni scconnr
*èn pnisf ponr or ne ponr argent?
ïjelas/conoifnt il icnnc gcnï
2t ïcl l&orribletc ncnir ?
One mes ne men penlï sonoenir
tï)ai$ te tjog bien jjne eest a eerles
Je nog les enseignes apertes.
^e mort passerons les bestrots
<il koenrons comme ces trois
Cest la fin be nostre besongne.
Ijelas/^elas mescbant cbarongne
0)ai5 qne In faces tes plaisirs
Ces nolentes tes fanlx ïiesirs
Jl ne te cl^anlt bn remenant.
0x néons nons bien maintenant
Qne par ton sommes îiecen
Qni msqnes cv te anons cren :
Car be nos âmes pon te c^anlt
•belles anront on froit on cbanlt :
J2 cbarongne qni rien ne oanlx.
ÎTn anmes mienlx les grans cbenanlx
les beanx ^abi; si pon bnrables :
<^t telles choses corrnmpables
Ponr ton manne? corps et rebelle
Une tn ne fais nne ame belle.
<il SI sceî bien qne tn monrras
<ii en la terre ponrnras
"On lame parbnrablement
"ï^inra en lone on en torment.
pensons boncqnes si bien fmer
(3nen loge nons pnissons régner
Bon p fait penser qnant on penlt
'$»onnent on ne penlt qnât on nenlt.
XXe tiers nif.
ertes cest bien bit mais an fort
ijl ng a point be besconfort
îTons nons connient passer ce pas
et crog qne bien ne nons bait pas
rt)es beanx seignenrs et beanx amis
Qnât ces trois mors nons a transmis
Gni bône nons ont congnoissance
"De la mort et be la mescbance
Qni nons nient fmer nostre logc
ï)elas lamats le ne cniboge
©ne ce temps cg nons benst faillir
J2e qne mort osast assaillir
Celî gentil? gens comme nons sommes
ft)ais le nog bien qne ricbes bômes
•Sont tel; et be nnlle naine
Jle pins ne mains qne gent menne
J2en parlons plns/cest tont néant
(ï)aintenanî le sng clerneant :
One la loge bn monbe est briefne
«£t la fin belle point et griefne
(in enfer est borrible pamc
<tn parabis a loge plaine
^nr tontes loges belitable
(ii Inné et lantre est parbnrabl^.
Or élisons le nons emprie
"Désormais la meillenr partie :
^ol est qni choisit on bepart
Onant il eslit la pire part :
"Denx noies anôs beoât nos genx
J?ons qni omons lennes et mcnx
X^ne a loge et repos mamne
ïantre a torment et a peine.
Ponr loge et repos anoir
25icn fanlt faire boit on sanoir :
Oni mal fait et ne se repent
Jl anra peine et torment.
LES DIS DES TIIOIS MORS ET TROIS VIFS
as ef ponr qnop prrns f n si granf ptatstr
981
l)ommc abnsc plein bcprcsnmpcion
i2n et fanlx monbr ou na qnr brsplatstr
i^nnic orgncil guerre el bisccusion.
25ifn maleurensc est ton affection :
One pense In ds tn pins gnint ennnie
"De oiure en bonbte en ceste conrte oif
Oni les monbams a la mort benfer mainr ?
Cest bonne cbose îie oiure en oie certauine
Cn le sces bien si tn nés insensible
Qne cest cbose forte noire impossible
"Daooir c& ms ton aise entièrement
<èi après mort la sus pareillement,
lielas ponr tant ebange conbicion
(fl te rauise on tn es antreiuent
l)oinine beffait et a perbicion.
Cle qnel oenx tnon nie on mort cboisir.'
Cboisn îles benx tn as biscrecion
^tmes tn mtenlx be ton corps le besir
Ponr ton ame mectrc a bamnacion
One uiore nng pen en Iribnlacion
vft qne après mort ton ame soit raone
<tn gloire es cieulx qni be uni beseruie
*^8lre ne pcult en reste me bniuamne
•îpil ne lesse terre aooir et beinainne
C:t père et mère el tont sil est possible
<èl mure en peine cl en labeur terrible
<in srroant birn (onstonrs pannsanil.
Crst le cbrmin qui conbnpt srnrnnnit
^prrs frrspas lommr a salnâcion
^t qui oa antrcmenl il oa a bampnrarat
l)ommc bcffatt et a pcrbicton.
ITCntbe In cv (onsionrs anotr Umt
'Daooir parbon sans sattsfacion
Crf tonte unit en blanc ht mol grsir
Puis a ce lonr sans operacion
Passer le temps en brlrctacton
Canf qne bn tout la cbar soit assoDgr
Pense tn point qnil faille qnon bevte
Crt qne prrngne fin puissance monbatnie
l)elas oup car mort ntenbra sonbatnne
Due beure a ton atout son bart bomblr
4!»t très a coup comme cbose luotsible
One pas nauras loisir ancnurment
'Oe bire a bien peccaoi senlcment.
^tnst mourras tost sans conincfion
T^out tn seras par biotn lugement
liomme beffait et a pcrbicton.
C l)ommr eu péril sacbe certainuemrnt
One se tn nas autre oonloir bnrfmenl
"De tamcuber uaullre beoocion
Cn fe oerras nng lonr subitement
ï)omme beffait et a perbicion.
Cs fine les bis bes trois mors et trois uifi
HIM. I.
M
V.
LA DANSE WACABRK
AUX CHARMERS DES SAINTS- 1 N \OCR\TS.
(Voir (iiiiltelM>rt de Metz, d-deisu*, p. laS «t *o3.)
"WU'A- sont paiiitures iiotablos <!«■ la Daiicf Maralir»- •»( aiili«"i, »v«»#- <H.rri{)hir(>ii
ff pour csniouvoir les j'otis a (li'voiioii. •■
(iVst dans rrs tcriiio i|iif GiiiIIi-IxtI (!*■ Mclz ron.statc l'ctiitloiire des célètire» rrt'iMiup*
(lu cimclirn' des IntiDccnls; ineiilion |irf''cieiisp, mais d'une brièveU' foi >*regïeHab|p . pui»-
<|u'ell(> nr nous fournit aucun r<>ns(>i);m>ni<>nl sur IVpoqucoù res |>einlures furent <>iiVul<^
(>l sur la place (pi'elles occupaient.
Deux autres mentions, un peu moins laconitpies, viennent heureusement compléter
celle de noire auteur. Le lionrjreoi» aucpiel on doit le Journal He Pari» aoma le rignr Je
Cliiirlfx \ I y consigne, à la lin de l'année i/iq6, les faits suivants :
fflteni, Iflii ihuh, lu faite la Daiice maral re mi\ innoren». et fii comincnr«*c
(f environ le moys daoust, et achevée en kare.sme eiisuyvanf.-
ffltcin, lan i/i'ji(), un rordolicr nouim<^ fr(*re Hichart, prcsciioit le lundy. le
trnianly. le nierrredy, le joudy. le vendredy. le saniedy, le dimanrlie aux Inno-
(Tceiits — et <>$(oil ntonlé, (|uai)d il presclioit, sur umj; liault «n^cliafTault. qui
rresloil près de toise et demie de liaull, le dos tourn»'* vers lesOliarniers. enronln*
rla (Wiarronncrie, a lendroil de la Dance Macabre. ■»<
Voilà donc, en ipiehpies mots seulement, deux points mis hors de doute, ou |iour em-
ployer la lanfjue du palais, deux faits accpiis aux déhals : i* la Daue Macabre était un«*
|>einture; q° celte peinture aurait M exécutée nu cimetière di's Innoeenls, enlr* le» anntk^
i6q6 et i/ia5. (les textes nous aideront, d'une part, à circonscrire une question que
l'érudition moderne a si fort étendue; de l'autre, à écarter certaines hy|»oth»*ses fort inj»é-
nieuses. auxipielles le .silence ou l'ambii^uïté des historiens avait laissé jusqu'ici libre
carrière.
A ('!'> (It'iix li'iiiiii<|ii,'ij|i~'. ronicniitorains. il liui( eu jniniin- un iioi^K-iiie, liunl on n« um»
34.
284 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
tenu jusqu'ici un compte suffisant, parce qu'il émane d'un auteur peu sérieux, et qu'il se
produit sous une forme qui contraste singulièrement avec la tristesse du sujet : nous vou-
lons parler de certain passage des Contes et discours d'Eulrapel, où la Danse Macabre est citée
comme une peinture remontant à une date très-rapprochée de celle que lui assignent Guil-
lebert de Metz et le Bourgeois de Paris. Lupolde, un des interlocuteurs mis en scène par
Noël du Fail, rapporte, en parlant des alchimistes, «avoir veu, de son temps, que le grand
c rendez-vous de tels Académiques estoit à Notre-Dame de Paris, ou aux porlaux d'églises
wque Nicolas Fiamel, grand et souverain arracheur de dents en ce mestier, avoil fait cons-
Klruire. Et surtout, continue Lupolde, on les voit par bandes et régiments, comme estour-
« neauv , se promenant aux cloislrcs Sainct Innocent à Paris, avec les trespassés et secrétaires
«des chambrières, visilans la Daiice Marcade (sic) poète parisien, que ce savant et belliqueux
vroi, Charles le Quint, y fit peindre, où sont représentées au vif les ejfijries des hommes de marque
^de ce temps-là, et qui dansent en la main de la Mort'". »
En faisant la part de la superstition populaire, il reste un fait matériel, palpable, que
Noël du Fail enregistre, et dont il ne paraît pas permis de douter : c'est qu'il existait au
cimetière des Innocents une danse macabre, peinte par ordre d'un roi de France vers la fin
du xiv" siècle ou au commencement du xv*. On peut se tromper, avec la multitude cré-
dule, en parlant des apparitions nocturnes que faisaient aux Innocents les alchimistes,
c'est-à-dire les sorciers de ce temps-là, et qu'on a cru apercevoir à la clarté douteuse de la
lune, ou à la lueur vacillante du fanal de Noire-Dame des Bois; mais on no saurait se
méprendre sur l'existence d'une série de fresques qu'on visite en plein jour, que les « cham-
brières» et leurs «secrétaires» ont sans cesse sous les yeux, qui sont l'œuvre d'un «poète
parisien,» et dont l'exécution a été ordonnée par un souverain.
Un second et précieux renseignement nous est fourni par le texte de Noël du Fail : c'est
que les partenaires de la Mort, dans cette terrible danse, étaient ^les effigies des hommes
«de marque de ce temps-là;» en sorte que les petits et les faibles voyaient entrer dans la
funèbre sarabande ceux-là même qui les avaient opprimés, et qui regrettaient amèrement,
dans les vers placés au-dessous d'eux, les exactions, les violences dont ils avaient pu se
rendre coupables. Il y a là un énergique souvenir du fabliau populaire qui a tant ridi-
culisé, au moyen âge, les puissants du siècle, une vigoureuse réminiscence de la satire sur
pierre et sur bois qui les a cloués aux murs et aux stalles des églises, comme à autant
de piloris. Et si l'on voulait remonter un peu plus haut, on y verrait une trace de cette
comédie ancienne, comœdia prisca , qui traduisait sur le théâtre les «hommes de marque»
de Rome et d'Athènes, et plaçait sur le visage de l'acteur le masque même de ceux qu'elle
voulait bafouer.
On comprend que des historiens éminenls, n'ayant sous les yeux que le texte du Journal
de Paris, aient pu l'interpréter dans le sens d'une danse véritable, ou d'une procession fort
extraordinaire; mais cette interprétation ne saurait tenir devant le commentaire inattendu
que nous apporte Guillebcrt de Meiz. «Illec sont painlures notables,» dit formellement
notre auteur, d'accord avec Noël du Fail; dès lors, Gabriel Peignot, MM. Fiorillo el Achille
Jubinal sont dans le vrai, tandis que Du Gange, Félibien, Villaret, Dulaure, MM. de Ba-
''' Contes et discours d'Eulrapel, etc. Rennes, iSgy, chapitre Des bons larrecins, p. ôi.
LA DANSE MACABRE AIX CHARMEHS DES SAINTS-INNOCE^TS. MS
rutitc, Miclidel et Villcncuvcdc Barf^cmont se trouvent convaincut d'ineiacliludc, au moina
en ce qui concerne la danse du cimetière des Innocentai'". Nous ne citerons point les Iroia
iiiitciirN avec lesquels nous sommes en pleine confomiitd de si>ntimenls "'; leur convidioa
repose d'ailleurs sur les deux passages du Journal Je Paru et sur l'eiistcnce d'un grand
iioiiihrc (le |)oititurcs analo^pies à celles «pii nous occupent '*'; mai^ il noua flemUe utile
i\v placer sous les yeux du lecteur les pa^jes en oppo.silion avec le tc\te de notre aatear, or
fiU-ce que pour montrer ce que vaut une simple phrase jetëe au hasard dans un manuscrit
i||;n(M-(', lor.s(|ue celui qui l'a écrite a vu lui-m<$mc, iptiuimiM oeulù, les choses dont il
parle.
Du Can|;e, dont l'immense savoir ne saurait Aire mis en question, a vu surtout dans la
Danse Maruhre un exercice choréjjrapliique exécuté par des personnages vivanla. A l'arlide
MailKilurovum rlwren '■'", il la définit ainsi : <• DatuedesMaehab^, vulgairement Dame Maeahn,
-cérémonie en forme de divertissement, instituée par les ecclésiastiques, dans une inten-
- lion rcli|;icuse, et dans laquelle les gens de tous les ranfpt, tant de l'Rglisc que de rEm-
R pire, menant ensemble une danse, disparaissaient l'un après l'autre, signifiant par lit que
"la Mort vient saisir chacun îi son tour." La Danse Macabre, telle que l'entend l'illustre
inileiir du dlosmire, ressemblerait fort à celle des femmes de Souli, que la littérature
ruodernc a |>opulariséc; mais ce genre d'exercice, cette t cérémonie en forme de divertis-
sement, « n'a (pi'un rapport éloigné avec les 'rpaintures notables n des Charniers parisieiu.
L'im des continuateurs de Velly a cru sans doute se rapprocher davantage de la vérité
liislorique et locale en raltarliuiit rori||;ine de la Danse Macabre à l'occupation do Paris par
les Anglais. S'inspiranl toujours de la plirasf ambiguë qui avait égaré Du Cangc. il écrit
'' M. l.<'l(or, (Inns une loiiffiic pI snvnnlo Irllrt-
iidrfsstV il K. II. I.{iii|r|()is, raillr fort n}fn''ablomciil
los linhitndes iriiinplification qui ont anioiié de so-
vnnls liisloriens à fnire dt* petits roiiiniis nvoc quol-
(|ues iiffiii's nnpninli'es niix rlir<iiii(|iiourK : rl)"où
fpst sortie, dit-il, relie trop fameuse Prncefxioii de
- In Mort . d<'>filnnt en (fronde |M)mpe dnns les rues
^désertes de Paris? Si l'on remonte nux sources,
l'on Irnuye, dnns un journal du temps . deuj- liiriirt
- qui soiil loin de dire toutes les Mies rlioses qu'on
«■y n vues depuis; mois ces doux li([nes ont pros-
'ix'n* sous In plume de Villnret, lequel n t'l»< nni-
-plilié pnr un lionune d'esprit, le<piel a été n-nm-
-plilié pnr un historien poi-le.qui n fnit pnjje |)our
-lijfiie; et si le mmanlisiue s'en nuMe, le rommen-
-Iniredu Journal de Parh vn devenir un drame
-en eiiK] ou six nrles, nu moins.» (I.ettre puliHiV
pnr M. Lnufflois, t. I. p. fi.)
''' (lonsuller : i* liffkerfhr^ hixioriifuet tt /«tfrf-
riiirfi .inr Ifi (/«(nex det mnrt.i. Dijon el i'nris. 1846,
in-8", p. 8'i; -j* fc"«ni bislDriqHf . philompkùjiie rt
fiittorrsquf sur Irx dHiisfn des uiorix. pnr K. 11. I.nn-
(flnis, llouen, i8.Î!i, in-8*, t, I, p. içfi. [wur le*
ritntions de Fiorillo; 3* ErpHeatio» 4» h immM 4m
mort» de la Umte-Dien. par M. Aciiiilc Juliinal.
Paris, iii-4'.
'*> E. H. Langfio» ne cite pas nioin* de quarantr-
trois villes ou monastères , tant en Franee qu'en Ale-
mngiie , en Suisse «i en Angleterre, oà la aeiilptied
la peinture ovaieni consacré b Danae Maeahfe. Ba
Fronce seulcinent , il nmipte qualarte loealH^ . qu'il
éninnère ainsi dnns l'onlre rhroQala|iqM : Vienae.
Paris, NnUv-Dnnic de Dijon. SafaHe-Ckapele dr
Dijon, Sb-nsboorg, la ChaiM-Diea. Chubaig.
Itlois, Roofo, Angers, IMie, AaiiaaB, Ptaup.
<*' Gloum-ùm mid. H m/bi. IêL ééà. HcMcM.
t. IV, p. 168. A la (in dr i'arlidr. on Inmvecrtlr
mention : Ditrium rtgmi C»mli Vll.mAmimmm ti^k,
fol. ôog : -Celle «nm'e fui fniip la Panoe Macabre
-nux lnnor<*n:s.* Feu E. II. Langlois ptase qa>>
Du Can(je a vu dans le paMa|peda /aanM/irlVrài
la ronfirutalion de Topùika qs'B trenail ttmMn.
Le savant lexiotgraplte éà» m aA( et pMiage. H
il le eoBuneate k Faide da aMMMcrit éb BaMUfoa.
diéperir ¥«rr«rrdlrFnm(»(aMife tyâa.p. 19&&.)
Il est dit dans riHIe pièce qu'on devra dawHrfHli*
de vin au gêna qw ont fait la Danae des
SB FCKSM SMHBlnMflB« MpVM Hl MISMu
286 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
ceci : «En lAaA, après la bataille de Verncuil, on donna un spectacle anglais. Le cime-
«tière des Innocents fut choisi pour le lieu de la scène. Les personnages des deux sexes, de
!<tout Age et de toutes conditions, y passèrent en revue et exécutèrent diverses danses ayant
tin Mort pour coryphée. Cette triste et dégoûtante allégorie s'appelait Danse Macabre.»
Viilarct ajoute en note : ir Cette expression Macabrée vraisemblablement vient du composé
«des mots anglais to make (faire) et to break (rompre, briser)'".»
Félibien est certainement, après Du Gange, la source où Villaret a puisé le renseigne-
ment qu'il nous donne; trompé par le texte ambigu du Journal de Paris, et trouvant
dans les registres du Parlement la relation d'un certain exercice dramatique qui eut
lieu vers la même époque à l'hôtel de Nesle, le savant bénédictin a écrit le passage
suivant : «Le même journaliste (le Bourgeois de Paris) rapporte, comme une chose
«digne de remarque, qu'on fit cette année-là, aux Innocents, la Danse Macabrée. C'es-
«toit une représentation publique de dilTérens personnages de tout âge, de tout sexe
«et de toutes conditions, qui paroissoient les uns après les autres sur le théâtre, acom-
«pagnez de la Mort, pour monslrer que le genre humain est soumis à son empire. Cette
«sorte de spectacle paroît avoir commencé en Angleterre; et dans les bibliothèques des
«curieux on en conserve la représentation et la description en vers du temps, soit manus-
«crits, soit imprimez. En i/iao, on avoit représenté à l'hoslel de Ne.sle, en présence des
«rois Charles VI et Henri V, et de toute la cour, une autre pièce à personnages, qui
« avoit pour sujet la vie de saint George '*'. 7t
C'est à une exhibition de ce genre que M. de Barante rattache également la Danse Ma-
cabre : après avoir raconté les fêtes qui eurent lieu à Paris lorsque Philippe le Bon y
vint en 1/12^, l'historien des ducs de Bourgogne ajoute : «Il n'y avait point des diver-
«tissements pour les seigneurs seulement : le peuple avait aussi les siens. Durant six mois,
«depuis le mois d'août jusqu'au carême "', on représenta au cimetière des Innocents la
« DrtHse des Morts, qu'on nommait aussi Danse Macabrée. Les Anglais surtout s'y plaisaient,
«dit-on; c'était des scènes entre gens de tout état et de toute profession, où, par grande
«moralité, la Mort faisait toujours le principal personnage'".»
Jusqu'ici nous n'avons eu que trois variantes : la Danse Macabre était soit une cérémonie
religieuse, soit un exercice chorégraphique proprement dit, soit une représentation scé-
nique; on y officiait, on y dansait ou l'on y jouait son rôle sur le théâtre. M. de Ville-
neuve-Bargemont propose une quatrième interprétation : dans son Histoire de René d'Anjou
se trouve le curieux passage que nous reproduisons ici, et qui se rattache à l'époque cala-
miteuse dont nous nous occupons ( i /iaii) :
«Après la bataille de Verneuil , dit M. de Villeneuve, le duc de Bcdford, surpris sans
«doute du succès inespéré de ses armes, célébra cette victoire par une fête qui parut plus
«étrange même que les revers des Français, et il en plaça le théâtre au centre de la capi-
«lalc, dont les habitants commençaient à peine à oublier l'horrible famine qui venait d'en
''' Villaret, Histoire de France, t. XIV, p. 3oo. qiienl la source où a puisé M. de Barante : c'est
'*' Félibien et Lobineau. Histoire de la ville de toujours la phrase équivoque du Journal de Paris,
Paris, t. II. p. 807. servant de texte aux commentaires.
''' E. H. Langlois a fait observer que celte durée <*' Histoire des ducs de lioiirgontie. t. V, p. «82.
de six mois et ces deux dates bien précisées indi- édit. de tSa.ï.
LA DANSK MACABHE AUX CiiAltNIEHS DES SAIiNTS-INN0CE3iTS. S87
«moiHsonncr la plus grande partie. Nous voulons parler de cfUe faineuM procMMOO qu'où
«vit dédier dans les rues de Paris, sous le nom de DariM Maeabrie ou iufenuile, épouvaotabtf
(t divcrtisHcnicnt auquel prt^'sidait un squcicllo ceint du diadème royal, tenant un tcopirr
tdans ses mains décliurnécs, et assis sur un trône resplendissant d'or et de pierrerim. Ce
«spoctiiclo repoussant, m<^lan(,'C odieux de deuil cl de joie, inconnu jusqu'alors, et qui
" ne s'(!sl jamais renouvi-li-, n'eut guère pour ti:moins que des soldat» étrangers, ou quelque»
- iiiiillieureux échappés à tous les fléaux réunis, et qui avaient vu descendre tous leur»
" parents, tous leurs amis, dans ces sépulcres qu'on dépouillait alors de leurs ntMiBUDli
" Tandis que cette hideuse fête témoignait d'une manière si indécente le barbare orgneil
-^di'-s vainqueurs, les événeini-nts successifs de la guerre avaient forcé Charles VII i errer
''de ville on ville, pour en réclamer des renforts"'.»
Aux différentes versions ipic nous venons de rapporter sur la nature de la Dante Ma-
cabre, il parait assez naturel de rattacher les diverses élymologics auxquels ce nom sîngn-
licr a donné lieu. Kemar<|uons d'abord que Guillebert de Metz, dont l'afTirmation |>o»ilive
nous a permis de fixer le sens des expressions employées par le Bourgmt d» Btrù, et de
prendre au sérieux les divogotions a[q)arentes de Noël du Fail , n'a pas altéré le root, étrange
pourtant, qui sert encore aujourd'liui ii désigner les peintures du cimetière des Inoocenis.
Le Journal de Paris porte maràlre, ce (|ui pourrait bien être une épilhèie malveillante
.'q)|)lii|uée h \a Mort, laquelle est, en ciïct, une assez mauvaise mère. L'auteur des CmIm H
discours d'Eutrapel fait de Marcade un t^ poète parisien» dont il n'est question nulle pari.
Peut-^tre ce Marcade est-il tout simplement le fameux Macabre, rximius Macabrus, auquel
l'édition de Guyot Marchand, imprimée en l 'itjo, attribue la publication ou la traduction
du livre en langue allemande''"; ou ce Macliahray tlie doctoure que le moine anglais John
Lydfj'ale, traducteur des versets qu'on lisait aux charniers de Paris, nous représente comoe
le grand moralisateur de l'ancien cimetière de Saint-Puul de Londres; ou le Viennois Marc
Apvril, dont les libéralités servirent, dit-on, ù faire peindre la Dans»* Macabre dans sa ville
natale. Viennent ensuite les étymologies élrongèrcs : le make, errait, de Villaret; le hm^-
haralt, macbourah ou magabir (mots arabes qui signifient cimelièn"), de M. Van Praêt *:
le tnarheriœ rhorea (danse du mur), le macrorum choren (danse des maigres, des décharnés).
le Mararii cliorea (danse de saint Macaire), et enfin le Machabttornm chort« (danse des
Machabées), des lexicograjdics Du Gange et Gompan'*'. Celle dernière élymologie s'appuie
d'abord sur plusieurs textes inqirimés, puis sur le passage bien connu du livre des Ma-
rliabéos, que IKglise ralholi(|ue place aux portes des cimetières et dans l'oflice de» Morts :
Sancta et sidubris est coiptatio pro defunctis exorare, ut a peeeatU JO&MNfNr ^ .
Nous n'avons point h prendre parti dans celle discussion; les chercheurs les plus intré-
pides ne l'ont pas encore épuisée, et leurs successeurs n'en diront peut-être pas le dernier
mot. Il en est de même de l'origine de la Danse Macabre et de» diverse» formes qu'elle a
pu revêtir. L'ancienne liturgie, qui laissait faire riiHice des fous et célébrer ta messe de
(') Hinioire de Unir dWnjou . t. I . p. 54 et &S. '■ Nous «rans àéj/k tàU Du Uage ti k i
'" I.C titre |M)rto : Chorea ab esimio Mêtmiro ait de BtnDÇOO, iv le Inla èiqad b (
vertihut alrmanirit édita, etc. iexieograplM s'ert appij^ CooMdIer en Wrtn b
'' MM. tl(< Loiigpërieret Étiounni Fniimiercon- Diciiomnmrt Je épue, de Coapaa, 1787, ia-i«.
siUireiit cette étymolope coiiiiiu* In plus probable. *' LiUr Mafkth. Il, es|t. U, T. tC
288 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
l'âne, a bien pu tolérer des cérémonies ou exhibitions d'un autre ordre, en faveur du but
moral qu'elles se proposaient d'atteindre. D'un autre côté, des clercs de la Bazochc, des
membres de certaines confréries ont pu s'entendre pour organiser, en dehors du clergé,
des représentations scéniques où la Mort jouait le principal rôle. Enfin il n'est point
invraisemblable de supposer qu'à une époque où tous les fléaux semblaient s'être donné
rendez-vous pour accabler l'humanité, alors que les guerres sans cesse renaissantes, les
pestes reparaissant pres(jue périodiquement, les famines achevant de moissonner ceux que
le fer ou l'épidémie avait épargnés, avaient jeté les esprits dans une terreur folle et verti-
gineuse, il se soit organisé, comme en un jour de funèbre carnaval, des processions où
les morts figuraient à côté des vivants devenus aussi pâles qu'eux. Qu'il nous suffise de
constater, avec les historiens originaux, que les fresques du cimetière des Innocents ont
réellement existé; qu'elles constituaient un ensemble de «paintures notables,» et qu'elles
formaient le pendant des cymaiges en ronde bosse» dues à la pieuse munificence du duc
de Berry. Sans doute ces fresques eurent une origine semblable : quelque grand ou riche
personnage (Noël du Fail nomme Charles V) aura voulu, comme le dit notre auteur, «es-
K mouvoir les gens a dévotion, » ou, pour emprunter le langage de Du Breul, fournir à ses
contemporains de «bonnes glasses à représenter la grandeur et impertinence de notre va-
«nité humaine.» Ce but essentiellement moral a' été atteint, s'il faut en croire le Journal
de Paris : le cordelier Bichard, pr<?chant au cimetière des Innocents, «encontre la Char-
«ronnerie, a lendroit de la Dance Macabre,» prenait sans doute texte des lugubres images
qu'il avait sous les yeux; et il faut que l'impression ressentie par les contemporains ail été
bien profonde, pour que le poète Villon, ce vaurien de génie, qui a essayé de sourire à la
mort, dans une ballade restée célèbre, ait partagé à cet égard le sentiment populaire. Le
poète mauvais sujet qui, à la suite d'escapades pendables, s'est peint lui-même pendu à
Monlfaucon, en compagnie de garnements comme lui '", quitte ce ton tristement enjoué,
pour nous dire combien sa mère était touchée en voyant, dans les églises, les images
peintes ou sculptées afin d'sesmouvoir les gens a devocion.» L'honnête Parisienne s'écrie :
Femme je suis povrelte et ancienne,
Qui riens ne sçay, oneques lettres ne leuz.
Au nionstier voy, dont je suis paroissienne.
Paradis paint ou sont harpes et luz ,
Et un enfer ou damnez sont boidius.
L'ung me fait paour ; l'autre joie et liesse . . .
En ceste foy je veuilx vivre et mourir'*'.
Si la bonne femme sentait sa foi se raviver ainsi à la vue du paradis et de l'enfer en pein-
ture, quelle impression ne devait-elle pas éprouver en face de ces fresques d'une vérité
saisissante, qui avaient pour accompagnement les ossements entassés dans lesgaletis, pour
cadre une ceinture de charniers, et qu'elle ne pouvait aller contempler qu'en foulant aux
pieds les cendres de vingt générations !
'" La pluie nous a dcbuez el lavez
Et le soleil desséchez et noircis;
Pies, corbeaux nous ont les yeux cavez
Et arrachez la barbe et les sourcils . . .
''' Œuvres de François Villon , Prière à la Vierge ,
La Haye, ijia, in-8°, p. 94. — là. édition de
1882, p. 169.
]A DANSE MACABHE AIX CHAHMKKS DKS HAINTS-INNUCENTS. 389
Il ne nous reste plus qu'une quoslinn h r<'-so(ulrc avant de laiiter la parole à «rad«>ur»
cliur|,'é, coiniiie dans la (comédie anlirjuc, du prologue de la pièce : les »ujet« peint» au
cimetière des Innocents sont-ils idcnti<|ueincnt les mêmes que ceuf que nou» reproduisons
d'apn^'s rexenq)laire unique de IVdition de Guyot Marchant? L'imprimeur avait-il, en i 485,
les fresques sous les yeux, et a-t-il (;ravé ses Iwi» d'après les peintures de i&a^T La ré-
ponse ne semble pas douteuse : les frtfstpieK se conservent assez longtemps, et celtes dea
Innocents, cpii, selon M. Kdouard Fournier, existaient encore au xvii* siècle, devaient ^re
assez conserv»''es soixante ans a[)rè» leur ex/'cution, [)our «itre reproduites, comme on l'a fait,
|iar un simple trait. Guyot Marchant avait donc les sujets sous les yeux; de plus, le manuscrit
<lu fonds Saint-Victor n° i i aa, dont sa première /idition est la reproduction textuelle, porte
cette mention significative : Enl lu Ihtnre Mnrahre, prouf hnheturupuil Sanctum Innotenùum; et
un autre iiianuscril (pupitre T. T. n° la), cité par M. Paul Lacroix, donne i^ pru pn'-* le
même litre : DuUimimi cliorre Macabre, prout sunl nputl Imiorentea, Pariniu ' . M. I^rroix
pense (|ue ces dicUimina sont l'œuvre du célèbre Gerson, et ils sont dignes, en eflel, du
philosophe chrétien à qui l'on attribue Vlmitalion de J/tiuCliriil ; mais, sans entrer dans cet
examen, qu'il nous suffise de dire avec K. II. Langlois : cNous croyons fermement que le*
-éditions primilives de la Danse Macabre et les éditions couM'cutives de Troyes ne font
- (|ue reproduiri' la peinture et les vers du charnier des Innocents de Paris '*. »
Nous ne terminerons point ce préambule sans dire quelques mots de ces «éditions pri-
-Miilives et consécutives» qui nous ont servi h établir le texte et les planches de la nôtre.
Sans doute, il n'entre point dans le plan que nous nous sommes tracé de dresser la biblio-
graphie exacte de la Danse Macabre, si complètement élaborée par MM. Peignol, Douce.
nrtinet, Massniann et Langlois; mais les travaux de ces érudits ne nous dis|H-nsenl point
d'indicpicr uu lecteur, à côté des sources où nous avons puisé, celles où il pourrait lui con-
venir de puiser lui-même. E. H. Langlois, le dernier venu de ces bibliographes de la .Mort.
compte deux éditions allemandes antérieures à celles de Paris, cl trois qui sont à peu pn>s
de In même époque. Les éditions anglai.ses, au nombre de huit, sont postéricun»s de pK•^
d'un siècle. Qiiaiil aux éditions françaises, elles ont pour point de départ le volume de (iin
ou (îuyot Marchant, exemplaire uni(|uc qui appartient à la bibliothèque publique de Gre-
noble (n" i6,oao), et que M. le Maire de cette ville s'est cmpress»' de mettre i la dis|>oM-
lion de M. le Préfet de la Seine. Ce volume, signalé en 1811 par M. Champoliion-Fij^'ar .
est un petit in-folio gothique de dix feuilles et vingt pages, comprenant dix-sept sujets et
trenle-trois gravures. Le premier feuillet a été lacéré; au recto du dernier >e trouve la
nienlion suivante :
€v finit la bâfc macabîc fmpn'mf c
par l)!ï(j nomme giiv marchant ôc
moîant au grât boiî-cl ^u rollcgc bc
nauarrc en ctiamp aaillart aparig
Xc 'bintlmitifmc lour bc fcptcmbîc
0)i\ quatre cet quattetring3 et cinq
"> iL<>//i7*/i«;fA<7#,publiéhLoiHire>,n'du iSmai ^ Emm kùnripu, fkthmfkifm tt
iHtii. p. l'fj. mr Im ému» é*» wmrit, L I. p. 197.
■UT. — I. *7
290 DOCUMENTS ET ÉCRITS OHIGINAUX.
L'état incomplet dans lequel se trouve ce précieux exemplaire nous a obligés de recourir
à celui que possède la Bibliothèque impériale, et qui appartient à une édition ()ostérieure
de neuf mois seulement à celle que l'on regarde jusqu'ici comme la première. Les mêmes
bois, ainsi que les mêmes caractères, y ont été employés par Guyot iMarchanl; mais on y
trouve six nouvelles gravures, le Dit des Trois Morts et des Trois Vifs, et des sentences
latines en vers ou en prose, prises généralement dans les livres saints. Voici le litre de
l'ouvrage :
«Ce présent livre est appelle Miroer salutaire pour toutes gens et de tous estât», et est de
w grant utilité et recreacion pour pleuseurs ensengncmens tant en latin comme en francoys
«les quelx il contient. Ainsi composé pour cenlv qui désirent acquérir leur salut, et qui le
« voudront avoir. La Danse Macabre nouvelle. »
A la fin du volume, petit in-folio gothique de seize feuilles, se lit la mention suivante :
C^fiTUtlabanfetnacabîe^^tttJZieciattsmê
tec be pleuCeurâ notmeau^c-paxTomiaâeô ti
beaiy^biô. et lt$ trois mois et troif iDif emfié
bits, nouudlemem alnti compofte et fmpti
rme par gugot tnarcbant bemorant a pariç
oujortant hor^elDu cotteâ^î)? naiiarce en
èamp ââiUart 1 an èe^race Tnil quatre cent
quatre njins^et fiic le Teptieme tour î)e (um^
Le succès de cette lugubre publication encouragea Guyot Marchant à la continuer : en
cette même année i /i86 , il donna la première édition de la Danse .Macabre des femmes, et
successivement quatre rééditions de l'une ou de l'autre danse (1^90-91-99). C'est en
1Z199 que les deux danses furent éditées en un seul volume par un imprimeur de Lyon.
Depuis on les trouve généralement réunies, surtout dans les éditions de Le Rouge (Troyes,
i5 . ., 1698, 1 53i), de Guillaume de la Mare (Rouen, 1 5 . .), d'Olivier Arnoulel (Lyon,
i5. .), de Noury (Lyon, i5oi), de Genève (i5o3), de Nicolas Oudot (Troyes, io3.,
16/11), de Denis Janot (Paris, 1 533), de Pierre de Sainte-Lucie (Lyon, i537),d'Estienne
Groulleau (Paris, i55o), ainsi <jue dans les nombreuses réimpressions du xvii* et du
wiii' siècle. Le libraire Baillieu a tout récemment remis en œuvre les vieux bois de Troyes,
et M. Silvestre a donné, chez L. Potier, une charmante édition en caractères gothiques,
avec des vignettes soigneusement exécutées; seulement les limites du format ont exigé la
division des planches qui, dans les éditions primitives, contiennent deux sujets. Pour nous,
qui tenions moins à faire une œuvre absolument complète qu'à donner une idée exacte
des peintures et des textes que Guilleberl de Metz a vus dans leur nouveauté , nous avons
dû nous borner à la Danse Macabre des hommes : c'est la seule d'ailleurs que renferment
les deux plus anciennes éditions de Guyot Marchant.
LA DANSE MACABRE
■ CPKODUITR TRtTtlKLLRME^T
I) APRÈS I/lJMOl'E EXEMPI.AIHE COIMVI, DE I/ÉDITIOÎS PRI>CEI»S
Dli GLYOT MMJCHVNT
(Pamk. I&8&).
■ T COMPLiTil AVKC L'iolTIO» DR I &86.
r,\ OANSR MATABriB AUX CIIAHMKHS f)KS SAI\TS-|\Nnr:F\TS MJ
Km^ouI* h«ii»gr«pJu<^a«
ÏXacIrnr
crralnrc ronsonnablc
[Oui bi'sircs luc i-tcrncllc
Cn as Cl» îioflnui' nolablc
Pmtr bifu fmcr me morfcUf/
la liaucc maCiUirc sappcllc
One cbascnn a bansrr apprant
2l ^ommf i*t femme est nalnrcllf
iX)oxl nespargiif petit ne grant.
fL<èn et mtroer cbasrnn prnt Itrr
Oni le eonnient ainsi îianser
^aige est relnn qni bien si mirr
Ir mort le oif fait aoanerr.
Cn nois les pins grans eommanerr
Car il nest nnl qne mort ne fterr
Cest pitense ebose v panser
Cont est forgie )nne matirrr.
294
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Xtc premier mort
^otts qni par cômnnc orîiônancf
['Vives en estât? tant tioers
Cous bansercs a reste ÎJansc
X'^ne fogs et bons et peroers.
Cet SI seront menges be ners
lOoi eorps. î)elas regarbes nons
Alors ponrris/pnansîiesconners
Comme sommes telx seres oons.
Xîe seront mort
ftcte? nons par qnelles raisons
!X')ons ne pense? point a morir
Onât la mort oa en no; maisons
l)ng Inng/bemam lantre qnerir
•Sans qnon nons pnisse seeonrir.
Cest mal ninre sans g penser
Cft tronp grant banger be périr
Jbree est qnil faille ainsi banser.
c.
Xte tiers mort
'ntenbe? tons qne le oons bis
cnnes et menx petits et grans
"9e lonr en lonr selon les bis
"Des sages oons aie? monrans
Car nos lonrs sont bimmnans
ponr qnog tons sere? trcspasses
X'ons qni nine? beoant rent ans
las cent ans seront tost passes.
Xlc qnart mort
ffijât qml soient cent ans passes
;Zons les omans comme tn bis
"De ce monbe seront passes
Orn enfer on en parabis
lV)on compagnon mais le te bis
pen be gens sont qni aient cnre
"Des trcspasses ne be noî bis
le fait benlx git en abnentnre.
LA DANSK MACAHHK ATX CIMHMKIIS DRS SAIXTS-INXOCKM^ 295
Xic mort
'0115 qui uiua ccrtainncrarnt
Oiioii i|nil tarbc ainsi îianccrcs
(V)rti5 iiuaiit îiu'n le srct seulement
i?llini5e{ eomnie «uns feres.
Vaux pape nons cnmmenceres
Comme le pins bigne seignenr
<èvi ce point (lonore seres
^n.\ (jrans maistres est ben lonnenr.
Xit pape
^ipf'f ' f'^nll il im* l'^ lianee mamne
JLcie premier qni snis bien en terre
Jati en bignite sonueramne
Orn leglise eoinine saint pierre :
<r\ eômc antre mort me oient qnerre
vfncor point monr ne entbasse
d)ais la mort a tons inaine gnerre
Pen nanlt bonnenr qni si tost passe.
Xie mort
^f nons Ir non pareil bn monbr
^ Prince et seigneur grât rmpcnrrf
laisser fanlt la pomme bor ronbc
>i?lrme$ crptre timbre banierr.
Je ne oons lairan pas bcmrrr
X'^ons ne ponet pins scignorir
Jenmamne tont cest ma manière
les filt abam fanlt tons monrir.
X^empcrenr
r ne scan bcoant qni laprllr
|LlDr la mort qnansi me bcmaianr
^2lrmer me fanlt bc picbr prllr
Crt bnn linsrnl rr «ni grant patiir.
^nr tons an en granbrnr monbamr
Crt monr mr fanlt pour tont %i%t
Onrst ce br cr mortel bemainne
les grans ne lont pas baoantagr.
'296
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Xle tnort
Ipons fatîfi Icsbag ce scrabif
jGarbinal/sus Icgicrcmcnt
•^moons les antres tons ensemble
Fien ng nanlt esbaxssement.
X'otts ane; oesen ^anltemcnt
^l en ^nnenr a granl bems
prene? en gre lesbatement
<in grant ^onnenr se pert laîiois.
Xie earhnal
as bien canse be mes^air
jOnât te me non be cj près pris
ri^là mort mest nenne assaillir
|)Itts ne nestirag nert ne gris.
! C^apean ronge/robbe be pris
/ Oi)e fanlt laisser a grant bestresse
|e ne lanoge pas apris
Conte loge fine en tristesse.
XCe mort
^mpenet noble rog ronronne
'^SMIVenomme be forée et proessc
Jabis fnstei ennironne
"De grant pompe? be grant noblesse. •
Cï)ai5 maintenant tonte bantesse
ïesseres oons nestes pas scnl
Pen anres be oostre ricbesse
le pins riebe na qnn lineenl.
XLc rog
e nag point apris a banser
i.2l banse et note si sannaige
|ïas on pent bien ueoir et penser
One nanlt orgneil forée lignaige.
(ï)ort bestrnit tont eesl son nsage
/ 2ln5si tost le grant qne le mcnbre
Oni momg se prise pins est sage
<tn la fin fanlt benenir eenbre.
LA DANSE MACAKHE AUX CMAHMERS DES SAINTS-INNOCENTS. 997
Xle mort
cgnt oons tski arrcstc
"Drbors nr ixca xe oons affic
Ccna uous scnr et aprrstc
Pour mourir \e oons ccrhffic
One mort amonrbnn oons bcffic
»f ntcnba v ccst oostrc fait
<èvi oif longnc nnl nr sr fie
Tr Donloir bien boit rsfrr fait.
X^e Irgat
^^^pçkn pape if aoonc puissance
«fl^^c nr fnst crst rmprscticmcnt
"Daller comme leflal en france
iDais faire me fanlt antrement
Car morir oois unanl on comment
J?c en qnel lien le ne san pas.
"9icn est qni le seet senlcmenl
C)^)ort snit lomme pas après pas.
nuT. — 1.
XC( norf
rrs noble bnc renom aoei
,*9aooir fait par ooslre prorssr
Par tont on oons estei tronoei
^eanlx fais barmes et be noblrssr.
(Dr monstres oostre arbiesse
Crt banseï ponr gaigner le pns
^pres tont bomme la mort rtiAMf
les pins grans sont les premiers prts.
"B:
:t mort snis assatllu trrsforf
Crt ne san tonr ponr me brffrnbrr
je imu qne la mort le pins fort
Comme le feiblr tenb a prrnbrr :
One ioç le faire il fanlt Urtra^rr
Pacienment et be bon cnenr
21 bien be ses biens grarrs mbrr
"banlt estât nrst pas le pins srir.
3«
2!) 8
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Xie tnorf
fatriarc^e pour basse c^icrc
Dons ne pooe; estre qmtte
li^ositc trouble erois qnaoes c\fiexe
lOiis anlfre aura eest eqnite.
S7e pense; pins a hgnite
J& ne seres pape ïie rome
Ponr rentre eonipïe este cite
J"oUe espérance ïrecoit lomnie.
r^ Xxe patnarcl^e
a M ^ *"'^^ ^^^^ 1^^ monîiatn bônenr
If A)a beceu/ponr bire le notr
pjCar mes loges atornenl en îrolenr
(f t qne nanlt tant îionnenr anoir
I ^rop l^anlt monter nest pas saooxr
/ ï)anlx estas gaitent gens sans nombre
(^axs pen le oenlent parceooir
3 l^anlt monter le fai; encombre.
XCe mort
d|fiSest be mô îiroit qne te oons mamne
^^^mb!2l la îiancegent connestable
le pins fors comme cbarlemaigne
t»ort prent cest cbose oentable.
Vien ng nanlt civière esponentable
Jle forte armenre en cest assanlt
*9nn cop labas le pins establc
Vien nest ïiarmes qnant mort assanlt.
Xlc cônestable
anoge encor mtencion
."©assaillir cbastean forteresse
l(ftmenerasnbicction
1 ^n aqnerant l^onnenr ricbesse.
A)ais le nog qne tonte proesse
/ Cï)ort met a bas cest grant bespil.
Cont Ing est nng bonlcenr rnïresse
Contre la mort na nnl respiî.
LA DANSE MACAHHK AUX CHAHMKHS DKS SAINTS-INNOCEKTS.
W9
ÏXc mort
Ai
ne mm lirrs la teste arrière
Plrclieuesqne tires oons près
2l»e5 wons penr qiioii ne oons fiere
Jh îionbtei oons uenres après.
.(?e6t pas tonsionrs la mort einprrs
Conl bomme snnoant eoste a eosle
Fenîire eonoient bebtes et preste
l^ne fois fûnlt compter a loste.
Xiarrbeoe5i]ne
«s le ne sean on regarber
Cât snis par mort a gràt îiestroit
On fniran le ponr mon garber
Certes qni bien mort eongnoistroit
liors be raison lamais nistrott.
pins ne gerran en ebambre pamle
OÎ)or\x me eonnient eest le broit
Onât faire fanlt eest grât eontrainte.
XXr nort
ons qni entre les grans barons
'>9i«^ 2loei en renon ebeoalier
Obliei trompettes clarons
<Sl me sntnes sans sommeiller,
les bames solies resoetllier
«£n faisant banser longne pièce
21 antre banse fanlt neillirr
Ce qne Inn fait lantre beptrrr.
Xit cbroahrr
Oran le este antonse
Cfn pinsenrs fats et bien faoïr
"Des grans et bes petits prise
2lDee ce bes bamrs amr.
J7c oncqnes ne fns btffaou
21 la eonrt be setgnrnr nottbU
i))ats a ce cop snis tont pasar
X^essonbt le ctrl na nrn esUklr.
M.
300
DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
Xie mort
! antost mntti uatllant ce pic
'ô=5J^'S)es biens ïin raonïie et ïie nature
Cinesqne/îie nons il est pic
i?on ostant noslre prelatnre.
IDostre fait gist en anentnre
Be nos snbges fanlt rentre compte.
H cl^ascnn bien fera îiroictnre
J?e5t pas assenr qne trop ^anlt monte.
Xcenesqne
: e cnenr ne me penlt esioir
t|.*3)es nonnelles qne mort maporte
Dien nonlka îie tont compte oir
Cest ce qne pins me besconforte.
ïe monbe anssi pen me conforte
(Uni tons a là fin besl^erite
JI retient tont/nnl rien nemporte
Cont ce passe fors le mente.
Xie mort
'^MP'iiances nons gent escnier
yRBIkOni sanes be banser les tonrs
lance porties et escn l^ier
(ft ^ttg nons finircs nos lonrs.
Jl nest rien qni ne praigne conrs
"Sanseî/et panses be snir
"ZDons ne pooes anoir secours
Jl nest qui mort puisse fuir.
Xc escnier
'^^^Mfcnis que mort me tient en ses las
3dB!F2ln moins que le puisse nu mot bire
3lbien bebnis abien solas
2lbien bames plus ne puis nre.
Pense; be lame qui besire
Veposue nons cisaille plus tant
!Dn corps qui tons les lonrs empire
îTons fanlt morir on ne scet quant.
LA DANSE MACABHK A[JX CHAHMKIIS DES SAINTS-INNOCENTS.
sot
Xir mort
Hhhc vcnn tusf uons fnnci
. J?aiic{ la lit (\f\crc csbagc
Jl lonoicnt qnc la mort smoci
Combiru qnc munit laon banc.
(Tommaiibn a hcn lûbbanc
Ont (jros et gras oons a nonrr5.
^ost ponrrtrn a prn ha^t
1c pins gras est premier ponrrp.
Xlabbe
r^p%f reen nensse point enuic
c-ïi^Q\iis il conuicnt le pas passer
las or nan le pas en ma otc
Cr>arlic mon orbre sans casser.
Q?arliei oons be trop embrasser
X^ons qni nioei an bemorant
^e uons nonlei bien trespasser
On sauise tarb en monrant.
XCe mort
ffttlltf qm 9a»n qnrsf tnshcf
?^l^;f Crt banlte et basse en mainte giisf
Ponr gonnerner tonte police
X>enei tantosl a ccstc assise.
Je Dons abionrne be mainmise
Ponr renbre compte be dos fais
2ln grant inge qni tont nng prise
19n cbasenn portera son fais.
Xlt bailhf
^^ÏKtee bien nern bnre lonmce
*jP[v^( (f of P^s °f inf garbope
(Dr est (a c()anse bien tornee
Crntre tnges bonnenr anojie
Crt mort fait ravaler ma tofe
Oni ma abionrnc sans rappel.
Te nu non pins ne tonr ne nope
Contre la mort na point bapprl
302
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
XXc mort
îatstrc pour mslrt rcgarîicr
b<fn l^attlf ne ponr oosfrc clcrgic
Jlt pooe; k mort refarïicr
Cg ne canif non astrologie.
ÎLontc la gcncalogtc
"Daîiam qni fnt le premier ^omme
(ï)ort prenf ce bit théologie
ÎTous fanlt monnr ponr nne pôme.
Xîastrologten
ljg^_?onr science ne ponr ïiegret
W^Jh pnis anoxr prooisxon
Car maintenant tons mes regre?
^ont morir a confnsion.
Ponr fmable conclnsion
Je ne scag rien qne pins îiescrioe
Je pers cg tonte aîinision
Qni tjonlka bien morir bien oioe.
tCe mort
lonrgois ^aste? oons sans tarîier
fX^ons naneî aooir ne ncbesse
Qni nons puisse be mort garîier.
^e tes biens ïront enstes largesse
3lnes bien nse cest sagesse
"Dantrng nient tont a anlrng passe
Jfol est qni bamasser se blesse
On ne scet ponr qni on amasse.
XXe bonrgois
<^|b|ttfrant mal me fait si tost laisster
c^BP Ventes/maisons/cens /norritnre
rt)ais ponnresnc^es abaissier
Cn fau mort telle est ta natnre.
^age nesî pas la creatnre
"Damer trop les biens qni ïiemcnrent
2ln monbe et sont sien be broitnrc
Genlx qni pins ont pins enni; menrent
r,A F)\NSK MU;UUIK MX CHAHMKHS DES SAIVTS-IWOCFVT»^ 303
Xie mort
[irc rbanoinc prcbcnbci
'pins ne ûnrcs hstnbnnon
Jle gros ne uons v arlcnîia
Prcncî en ronsolacion.
Ponr tonlf rdribncion
U)onrir nons conoicnt sans îicmrnrr
Ta nn Anxei hliitum
Ta mort nient qnon ne flarbe lenrc.
lie ebanoine
aeen jnere ne me eonforte
Piebenbe snis en mainte église
Or est la mort pins qne mon forte
One tont emniauine cest sa gnise.
ï>lanr snrpelis anmnsse flrise
iT^e fanlt laissier et a mort renbre.
One nanll gloire sn tosl bas mise
^ bien morir boit ebasenn tenbre.
XC( mort
marebant regarbet par brra
pinsenrs pans aoei errebif
2i pie a ebeoal be pieea
'Dons nen seres pins empese^tr.
I^ccv Dostre bernier marebif
Jl eonntent qne par en passn
"De tont somg seres bespesebir
Ce! eonnotte qnt a assrt
Xlt marr^aiit
an este amont et aoal
ponr marebanber on te pononr
Par long temps a pie a ebenal
UTais maintenant pers tonte to|r.
"Ot tont mon poootr aeqnmrjr
Or a; ir asset mort me rontrataf .
fait aller monrnne nogr
trop embrasse pen estratnl
(
Oni
304
DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
XCc mort
gommes plusenrs sont cl^crs tcnns
l^u siècle et en religion
lesqnelx tontesfois sont nenns
"Se gens be basse conbition.
Ja boetrine. et correction
De nons maistre/telx les a fait.
(Dr monrre; nons/conclnsion
ïlôme par mort est tost kffait.
XCe maislre bcscole
frammaire est saence sans fable
^"De tontes antres onnertnre
2i lennes enfens connenable
Car sans elle le nons assnrc
(Elne antres sciences nont cnre
De entrer en entenbement.
2liinsi le nenlt bien et natnre
Par tont il fanlt commencement.
Xie mort
■^'Ulnr conrsier ne cbeoal be pris
«lHPÏ)omme barmcs ne monteres
pins pnis qne la mort nons a pris
2lbDiseî comment nons feres.
le monbe la tost laisseres
J?actenbe? pins conrir la lance
Fegarbcî mog tel nons seres
ÎTons lenx be mort sont a onltrance.
Xt^omme barmcs
=biett le seroice bn roj
»Gne sologs faire soir et main
De mort snis prins en besarroj
"éans rcspit msqncs a bcmam.
2l ceste banse par la main
Je snis mcncî pilcnscmcnl
CV)ort B contraint tont bôme bnmam
ft)onrir fant on ne scet comment.
LA UANSF' M\r.\ltHK AIX CII\llMFnS DF*? SUNT^ IWOfFNTS. SOS
X^r mort
\fommc ïiûrmrs pins cv mrrcsU
f0c)i\\5 rarnrl sans faire rcsistcnrc
Car pins ne pcnt faire eonqnesfc
X^ous anssi lioiume bastmencc
Cliartrenx prcnei en paeience
"De pins more mvn mémoire.
Jfaietes uons oaloir a la banse
•îpnr font Iiomme mort a mctoirc.
Xcc f^artrenx
e snis an monbe pieca mort
Par qnon be niire an moinjjs ennie
W\ Ja soit qne tont ^ôme rramt mort
f/? pnis qne la e^ar est assonoie.
piaise a bien qne lame rame
^oit es eielx après mon tressas.
Cest tont néant be eesle me
Cel est \fi\v qni beniam nest pas.
«I»T. I.
Xcr nort
ergenf qni porfrt rrllr maer
'JI semble qne oons rebrlln
Ponr néant fûietej la grimarc
^e on oons grene si apprllrt.
X'^ons estes be mort appellrt
Cm Inp rebelle il sr brcotf
les pins fors sont tost raoaltft :
jll nest fort qnanssi fort ne soti.
X^r srrgrsf
on qni sais ro^al offteirr
Comme mosr la mort frâjiprr
Je faisons mon offtee ^irr
«£t elle me ment bnn ^t|pprr.
}t ne srap qnel part rsr^tpprr
Je snis pris be ra et br la
l))algre moii me laisse attrapprr
«fnnu mrnrt qni appns ru là.
C5
300
DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
Xie mort
'à maistre par la passcrcs
Ulaici i& somfl î)c oons kffcnbrr
Jle tamais abbc ne scrcs
A)onnr vous fanlt sans pins acïcnbre.
On pense? »ons cg fanlt cntenbre
ÎTantost anreî la bone^c elose
ï)ômc nest fors qne oent et eenbre
X>ie tsbvxc est nionlt pen ïre e^ose.
Xce motnne
amasse bien mienlx encore estre
%<tn cloistre et faire mon seroice
1 Cest nng lien îienost et bel estre.
Or ag le comme fol et nice [nice
1 On temps passe commis maint
/ "De qnog nan pas fait penitance
•éonffisant îiien me soit propice
C^scnn nest pas logenx qni îianse.
Xxe mort
rsnrier be gens îiesrengles
X^enr? tost et me regarbe?
"Dnsnre estes tant aoengles
Qne targent gaigncr tont arbe;.
tV)ais Dons en fere; bien larbe;
Car se bien qni est merneillenx
Jla pitie be nons tont perbe?
2l tont perbre est cop perillenx.
XXnsnricr
<^^^fe|| e conment il si tost morir
J}^uLt Ce mest grâl peine et gre
Crtnemcponrroitseconrir [nance
Q)on or mon argent ma c^enance.
Je DOIS mortr la mort mauance
d)ais il me besplait sôme tonte
Qnest ce be maie aconstnraance
Cel a beanx genx qni ne noit gonte.
Xic poorc ^ôme
X^snre est tant
manloais pec^ie
Comme cbascnn
bit et raconte
Crtcest ^omme
qni approcbie
•èe sent bêla mort
nen tient conte.
ft)csme largent
qne ma main copte
iïncore a nsnre
me preste.
Jlbcorabe retour
an compte
J?est pas qnitte
qni boit be reste.
LA DANSE MACABMK ALX CHAHMKHS DKS SAJNTS-IWOCKXTS.
107
Xit mort
chcm a fonl voslxe onnnc
.l^oifs vons \cv qnamanbfr
jlaîiis scrutes bc rncbirinc
2l55r5 pour pouoir l•omman^fr.
Or oons uicnt la mort bcmanbrr
Ciunc antre uons conuicnl monr :
"Unns in' pours contrcmanbcr
Z^on imrc est qnt se sert gncnr.
Xic mfhnn
"^ÊÊj^ OH temps a qnt'n lart br p^tisiqnr
^^IBm. laji mis tmitc mon rslnbic.
liUUMti' scirurf rt pnitiqnr
Ponr flnmr mainte malaïnc.
Je ne seau qne ic rontrrbir
pins un uanlt berbe ne racine
J?antre remebe qnon quon îiic.
Contre la mort na niebicmc.
Xxr nort
feutil amorfnx gag rt fnqnc
93ir^'Oni nous cnibn îic grant oalrnr
l^ons rstrs pris la mort oons ptqnr
le monîic lairrs a bolmr.
Crop lauei amc ccst folrnr
'De nons mort est prn rrgartirr.
Ja tost uons cbangcrrs rolrnr
Z^rante nrst qntmage farbrr.
Xitmomx
;rlas or nv a il srconrs
fContrr mort abirn amonrrffrs
(t)onlt tost oa unncssr a brronrs.
^tiien cbapeanx bonqnrs f Irnrrttrt
^bien amans rt pncrlrttrs
'^onpirnne nons br mo| ««iirif
Crt nous mirn sr %ê%n tttn
Petite plnie abat grant onit.
39
308
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
ïie mort
boocaï sans long procès faire
.X)cne; uostrc cause plaibier.
25iett ânes scen les gens actraire
De pieca/non pas ïing ne bier.
Conseil cg ne nons peuï aibier
2lln granî mge nons fanlt nemr
Manoir le bencs sans cniher
2$on fait mshce prenenir.
Xiaîrnocat
' esl bien broil qne raison se face
•iJle le ng scag mcctre îieffence
Contre mort na respit ne grâce
J2nl nappelle be sa sentence.
Jag en be lantrng qnant le g pence
"©e qnog le bonbte estre repris.
211 crambre est le lonr be ncngence
■©len renbra tont a mste pris.
tCe mort
enestrel qni banses et notes
•^aoe? et aoe? bean maintien
Ponr faire esioir sos et sotes
Qnen bictes nons alons nons bien ?
ft)ontrer nons fanlt pnis qne nons tien
2lnx antres cg nng tonr be banse
le contrebire ng nanlt rien :
t>)aistre boit raonstrer sa science.
Xie ménestrel
fc banser ainsi nensse cnre
'Certes tresennu le men mesle
Car be mort nest painne pins bnre
Jag mis sons le banc ma nielle,
pins ne cornerag santcrelle
J?antre banse mort men retient.
Jl me fanlt obéir a elle :
Cel banse a qni an cnenr nen tient.
LA DANSE MACAHKK AUX CIIAK.MKRS DRS SAINTS-INNOCENTS. S«f
Xie mort
l^ftssfe cnrf sans pins sonocr
)( sens qncsta abandonne
le mf le mort solies mcnflcr
iVlais Bons scres anx ucrs bonne.
X^ons fnstei laliis orbonne
lï)iroer banlrnn et exemplaire
"De nos fais seres gnerbonne
Il tonte pamne est ben salaire.
île cnre
'enlle on non tl fanlt qne me renbe
Il nesl liomme qne mort nassaillc
l)ee be mes paroissiens offrenbe
./?anrai! lamais ne fnneraille
"Denant le inge fanlt qne le aille
Venbre eouiple las bolorenx
Or an le (jrant penr qne ne faille :
Oni bien qnitfe bien est enrenx.
îîr morf
abonrenr qni en sotng et pamar
^oe{ oescn tont oostrr temps
Û)ortr fanlt cest ebose eertamnr
Fernllcr nn oanlt ne conteod.
"De mort beoes estrc eontens
(lar be grant sonssn nons brliorr
^pproebet oons te oons actens :
JoU est qni cnibe tonsionrs oiDrr.
X^e Idbonrenr
'^^^f^r a mort ag sonbaite sonnent
,A-X i>1a»s oolentirr ir la fnissr
Jamasse mienlx fist plnge on oent
Cfstrr es oignes on tr fouisse
Crneore pins grant plaisir v prisse
Car te pers be penr tont propM
Or nest il qni be ee pas |S>r :
2ln monbe na point be rtpM.
310
DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
XCc morï
l^romotcnr ocnc; a la conrf
tS^Canïosteï sopc; abcisc
Vcsponïtrc le long on le conrt
"Dn cas qni nons est impose.
Cest car nons este? accnsc
i?aiiotr pas tonsionrs msfement
*9e nostre office bien nse
*in mal fait gist amenïiemcnf.
XXe proraotenr
ensse bemam rccen six sol;
l'Dnn l^ommc qni est en sentence
pjponr consentir qml fnsl absonU
Il ^e lensse este a lanîiience.
pins ne me fanlt penser en ce
/ ft)ort ma sonpru en son embncl^e
Prcnbre me fanlt en pacience :
25ien c^arie qni ne trebncl^e.
XCe mort
^r sonssj peine et traneil
;2li)eî garlie prisons geôlier
donnent on oons a fait rcsneil
Cniîiam ïiormir on sommeiller.
X'ons nen serc? pins traneillier
X^encî ïianser sans pins be plaît
€g est on nons bene? oeillier
Jl fanlt morir qnant a bien plaît.
ÏXe geôlier
e tenojs be bons prisonniers
l'Desqnclx latenbogs rccepooir
ipienne ma bonrsc be beniers
Ponr bespence et ponr anoir
les garbe et fait mon bcooir
/ 'De les penser bien lojalment.
Onant on menrt on boit bire ooir :
"Dien scct qni bit nran on qni ment.
LA DANSE MACAHIIK AUX CIIAUNIKHS DES SAI\TS-I\N0<:ENTS. ;jll
X^c mort
D
"^clcnn oons aon assa
"De allfv fu pflcnndQf
Craocillu* rsf« cl Ussa
ï>icn rtpparl a uostrc oisaoc.
Ccst en onstrc bcrrciucr ooiagc
One bon nons soit faicta bfnoir
la fin coronnc tont onuragc :
•5î»clon cnnrc panmcnt aooir.
Xi-C prl
crin
Tn tont temps nncrs cl este
Wnagcr csloit mon îicsir
Or snis ic par mort arrcstc
Jcn lonc bien qnant ccst son plcsir
Crt liin prie qni me îiomt loioir
"Oe tons mes pesebeî confesser
Ponr mon ame en repos jjesir
Vr\Q lonr me fajoit tont lesser.
Xit mor!
icrgier îianseï Icflieremenl
Jet! nest pas qnon boit songrr
lOos brebis sont eertamemenl
C\)aintenant en antrnn bangrr
Car uons serez ponr abréger
Cost passeiplns ne ponei niorr
lestât be lomme est tost ebangrr :
Oni menrt be mamti malx est briiprr.
X^r brrgier
'^^^^ às or bemenrcnt n grât bangrr
JMt cDes brebis anx c^âps saas fulnt
loups effames ponr (r» «rigrr
Il reste benre sont alentour.
Ou ponr lenr faire aucun fauLx tour
loups sont maloats br leur nalarr
•*on crn fnicnl puis fout retour
A tons oioaus la mort court sure.
312
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Xîc mort
faictcs Doge/oons avci tcrt
i^ns bcrgicr. 2lprcs corbchcr
^onocnî ûufs prcsc^ic î>c mort
^i oons kocî moings tncrocilhcr.
|a ne sm fault csraag balUcr
Jl ttfst SI fort qnc mort narcste.
^i fait bon a monr ociHifr :
H tonte ^tnve h mort est preste.
Xit eorbeher
nest ce qne bc more en ee monte
U^xd ^mrne a senrte ng îicmenre
ÎEonte nanite g l^abonbe
Pnis nient la mort qna tons eonrt snre.
(I)euhcxte point ne massnre
"Des meffais fanlt paier lamenbe
<fn petit bl^enre bien labenre :
^age est le pec^enr qni samcnbe.
tie mort
'^^Htoreitt enfant na gnere ne
sJil^^ln monbe anra pen be platsanee
2[ la banse seras mené
Côme anltrecar mort a pnissanrc
#>nr tonsbn lonr be la naissance
Conoicnt r^ascnn a mort offrir
Jol est qni nen a rongnoissance :
Oni pins oit pins a a sonffrir.
ïî enfant
'a. a. le ne scan parler
,(înfanf snis lag la langne mne
î)ier naqnis ^ng men fanlt aller
Je ne fan qnentree et gssne.
Vien nag mesfaïf mais be penr sne
Prenbre en grc me fanlt cest le raicnlx
ïorbenance bien ne se mne :
2lnssi tost mcnrt lenne qne nienlx.
LA DANSK MACAHHK AUX CHAHNIKRS DES SAINTS-INNOCENTS. SU
Xit mort
«mbci vom bf morl csc^appcr
CIrrc cspcrlin ponr rccnler
Jl ne scn fanlt u bcfnppcr :
Cfl cmbc sonufnt lianll aller
Onon Doif a cop fosl raoallcr
prcnci en gre aluns ensemble
Car nen nn oanlt le rebeller :
*Dien pnuit tonl qnanf bon Inu semble.
Xxr cirrr
l'unit il qnn lensne elere semant
lOni en sernice prent plesir
Pnnr cnilier nenir en anant
i\)envc SI tost eesl besplesir.
Je snis qnilte be pins eboisir
^nltre estât il lanlf qnamsi îianse :
la morl ma pris a son loisir
O)onlt remaint be ce qne fol pense.
X^r mort
(ère pott ne fanlt faire refns
VV:^ "î?e baser faiete oons oaloir
X*>ons nestei pas senl leocs sns
Ponr tât moins oot en boit ebalotr.
'X'^enet après eest mon oolotr
T^omme nonrrg en bermitaigf
7a ne oons en ronoient boloir :
"Dic nest pas senr bcritaige.
Xxbfrtnitc
onr oie bnre on solitaire
(.>')ortnebonebeoiore espace
Cbascnn le ooit si sen fanlt lâitf
Or reqnier bien qnn bon me face :
Cest qne tons mes pecbies efface
ï»ien snis côtens be Ions ses bien»
T^esqnelx lap nse hc sa grâce :
Ont na sonefftsance il na riras.
Xit marf
Cest bien btt
ainsi boit on birr
jll nest qnt sot!
ic mort briivrr
Ont mal bit
tl anra bn pirr :
^i prose cbâsriB
br bien oisrr
"Dien prsrrâ
tont a là Itvrt
l^onn fdtIprBsrr
sotr rt matti
i)ViUenrr sctrvt
na en Itorr :
JI *t%t qii ait
f oui br Inuti.
314
DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
Xit mort
ces bonnes gens ie tJiIIagfs
ê»2lor; mcngifî la ponlaïUe
23nt le om cf fatf grans onltrages
•éans paicr bcnier ne maille.
2lfont oostre cl^appean ï>e paille
ï)anebarher;oeneî anant
iil banseres oaïUe qne oaïUe :
2lintant oanlt berner qne benanï.
Xle ballebarîiier
e cram; îie passer le passage
l'De mort qnant bien le g regarde
I (£i qui ne le eramt nesf pas sage
Vien ng nanlbroiï ma ballebarbe
Jle feroit pas nne bombarîre
"^e le me cniboge ïieffenîire
Cbascnn se tienne sns sa garîre :
©uât mort assanlt il se fanlt rendre.
Xce mort
ne 51 banse? nest pas nsage
'^\->^ (.Don amg sol bien oons aboient
"De g bauscr comme pins sage
îTonl bomme banser g conoient.
lescriptnre si men sonoient
"Dit en nng pas qni bien lentenb
Comme sen oa point ne reoient •
Cbasenne ebose a sa fin tenb.
Xit sot
^^^|||kr sont maintenant bons amis
^^^^îM^t bansent leg bnn aceorb
piensenrs qni estoient ennemis
Qnant ils oiooient et en biseorb.
d)ais la mort les a mis baeorb
la quelle fait estre tout nng
•^ages et sot; : quant bien lacorb
Cous mors sont bnn estât cômnn.
\A DANSR MACAHMK MX CHARNIERS DES SAl!STS.INNOCBI«TS.
SIS
Xit rov mort
^ons qni en cfslc portrailnrc
j'Dm bansrr estas biocrs
pcnsci qnc timnauinc natnrc
Ce ncsf fors qnc Dianbc a ocr».
3c le monstre qni gis cnocrs
4î>i an xt este ron ronronne?
cel seres nons bons et peroera :
Cons estas sont a uers bonnes.
ïlartenr
^MKien nest bomme qni bien n pense
^KvCest tont uent ebose transitoire
C^iascnn le ooit par reste banse
Ponr ce nons qni oeei listoirf/
Veleuei la bien en mémoire
Car bôme et femme elle amonesle
"Danoir be parabis la flloire :
tinrent est qni es cienix fait festf.
tr^on V fait penser soir et main
le penser en est profitable
Cel est bnp qni monrra bemam.
Car il nest rien pins oentable
One be morirne momg establr
One oie bomme on laparcoit
2, lenl ponr qnon ce nest pas fabif :
foU ne croit msqnes il reçoit.
CiV^ais ancnns sont a qni nen cbanlt
Comme si ne fnt parabis
fie enfer bêlas lU auront cbanlt
les Imres qnc firent labis
les sains le monstrent en brtix lu.
^cqnitci Dons qni en poss»
<f\ faita bes biens pins wn lu :
Q^ienfail oanlt monlt r« fntpaM».
316
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
xsqncamsxcsfqnc la mort soit ccrtamnc CDclcsscr boit tonte logc monîiainnf
pinsqncanltrcncntcrriblcctbonlonrcnscCct mener oie l^nmble et religiense
lit (jne cl^ose ne penlt estre mcertamne
Pnis qnc en est lenre l^orrible et angoissense
<il soil SI briefne et par tant perillense
ïas ttosire vie en ce nal misérable
Jl mest aïims/jjonr le pins conoenable
Qnt nons tenons îin tont entièrement
d)ectre sonb; pie ce montre ïiecepuable
Ponr bien morir et more longnement.
^^î messe onir qni tant est profitable
Ponr bien morir et oiore longnement.
Oni monter oenlt a la très sonoeramne
Cite îles cienlx qm tant est glonense.
ïa contempler boit tonsionrs lame enrense
Oni agme bien et \}&xl enore be biable
•Sniore les bons estre a tons cbantable
^og confesser sonnent beootement.
lECronp abnse est ll^omme qni bemamne
Orgneil en Ing et oie ambiciense
LA DANSE MACABFIK AUX CMAHMKHS DKS SAINTS-INNOCENTS. 317
Onan! il srrt birn qnc la mort tonf cmmainr 'Drnfrr sans fin qni ni xntnenthU
ûniuicutdouucntsoniiauuicct mrrorillrnsr. Ir lonr (lalif bn bioin ingrmrnt
($)ai9 boit prnsrr la passion pitrnsr Crt srs prc^irs rommr satgr rt notablr
^n rrbrtnptrnr rf la prinr bontablr ponr btrn morir rt oiprr longnranit.
CO mortel bonimr rf amr rotsonnabfr
^f aprrs mort nr nrnlx rsfrr tiampnabir
en bois le lonr nne fois senlement
Penser bn moins ta fin abbommable
pour bien morir et oiore longnemrnt.
Cg finit la banse maeabre brs bontmrs.
VI.
LA BOUFUiEOISIK PARISIENNE
VERS LA Fl> DU XIV" SI&CLE ET AU COMME?(CEIIB^T DO XT*.
(Voir Guillebert de MeU, ci-deMOs, p. 900.)
rrGrant foison de riches bourgois avoit, et dotTicicrs que on appcloit petis rove-
ff taux (lo jjrandeur. «
(j'est dans ces termes que Guillebert de Metz constate l'importance Hunirriquc, la for-
lune et l'influence de la bour(;eoisie parisienne h l'ëpoque où il écrivait. D'où lui venaient
donc cette richesse et ce pouvoir? Comment ces petits marchands, ces nwmbret oiMcart
des confréries, ces simples (jardes des métiers, ces humbles agents de l'Échevinage et du
ChiUelet, préposés au commerce et à la garde de la capitale, ces «officiera» enfin, dépo-
sitaires d'une si faible part d'autorité, étaient-ils parvenus h un tel degré de prépondé-
rance sociale? Question complexe à la(|uelle on ne pourra répondre qu'en écrivant l'histoire
du gouvernement municipal à Paris, c'est-à-dire en racontant comment s'est développée
chacune des forces dont la réunion a formé, avec le temps, le faisceau de la puissance
bourgeoise. Obligés de nous circonscrire dans les étroites limites d'un appendice, nous
nous boriKTons .\ rappeler ici quelques faits bien connus, qui serviront de commeolaitM
au texte de notre auteur.
La bourgeoisie de Paris, considérée comme institution marchande, remonte à l'origine
même do la cité : les Nautte ParUiaci en ont formé le noyau; la hanse féodale n'a fait que
continuer, sous une autre forme, les traditions du commerce gallo-romain, et ie* laëtieri,
en se constituant à l'élat de corporations, ont soumis au même régime toute* iea iadi
tries, tous les genres do rii'gocc qui ne relevaient pas naturellement de la MardiaiMitM
de l'eau. Il est résulté de ce fait un monde bourgeois, tout occupé de travail, de trafic.
profitant des occasions qui lui étaient données de faire fortune, et s'enrichissent, en effet.
malgré les droits royaux et seigneuriaux, les dons grittuitt qu'il lui fallait faire, et le*
exactions de toute espère (|u'il avait <\ subir. C'est cet ensemble de marchands 4|M k* plat
anciens titres désignent sous l'appellation collective de Bwrgmum, les Beurgenii. On le*
voit, en celte qualité, se réunir dans leur Parloir, vendre et acheta an non de la eoauBa-
320 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
naulé, assister aux fêtes et cérémonies, faire des cadeaux au Roi et lui adresser quelquefois
des remontrances, haranguer les souverains étrangers de passage à Paris, et prendre enfin
leur petite part de pouvoir et d'honneurs, lorsque les circonstances le permettaient.
Ces privilèges étaient la conséquence naturelle de la situation que les mœurs du temps
avaient faite à la bourgeoisie : la fortune ne va jamais sans quelque influence, et les bour-
geois seuls étaient en mesure de s'enrichir. Les gentilshommes, qui ne pouvaient ni tra-
vailler ni trafiquer sans dérogeance, couraient les grands chemins ou demeuraient dans
leurs manoirs, sans toucher au commerce et à l'industrie autrement que par les péages
qu'ils leur imposaient et par les redevances de toute nature dont ils avaient coutume de les
grever. Les paysans, attachés au sol soit par le servage, soit par une longue habitude, ne
songeaient point à venir à Paris pour demander aux chances du négoce les moyens de
devenir riches; ils y eussent trouvé, d'ailleurs, dans les règlements qui défendaient chaque
profession , une barrière presque infranchissable. Les familles bourgeoises se perpétuaient
donc dans la paisible possession d'un métier ou d'un comptoir, que les mœurs, d'accord
avec les lois, protégeaient contre toute concurrence, et qui devenait ainsi, entre leurs
mains, un véritable monopole. C'est là tout le secret des vieilles fortunes bourgeoises, à
Paris comme ailleurs.
Le Livre des Sentences rendues en l'auditoire du Parloir-aux-Bourgeois, les Rôles de la
Taille de laga et i3i3, les Comptes et ordinaires de la Prévôté de Paris, nous ont con-
servé les noms de plusieurs notables commerçants qui vivaient dans la seconde moitié du
xiii' siècle et au commencement du xiv'; c'étaient les grands-pères ou les grands-oncles
de ceux que Guillebert de Metz a connus. On voit figurer parmi eux plusieurs centaines de
bourgeois, tous bien posés, tous «ayant pignon sur rue," tous arrivés à cette notabilité
qui a été de tout temps la condition de l'entrée dans les charges municipales. A première
vue, ces bourgeois semblent de petites gens; on rencontre dans le nombre non-seulement
des changeurs et des orfèvres, mais des drapiers, des pelletiers, des merciers, des épiciers,
des huchiers, des talmeliers, des poissonniers, des bouchers, des tisserands, des fripiers,
des tanneurs , des «cordouanniers» et jusqu'à des taverniers. Les marchands, sans autre dé-
signation, constituent l'aristocratie bourgeoise; ils répondent à nos modernes négociants,
aux armateurs et aux commissionnaires d'aujourd'hui. Des clercs et des scribes de tout
ordre, des procureurs et gardes-notes du Châtelet, des courtiers, mesureurs, porteurs-
jurés, etc. etc. des sergents et autres agents de la prévôté royale et de la prévôté bour-
geoise complètent cet ensemble de population moyenne, du milieu de laquelle se détachent
les grosses fortunes qui ont toujours eu le privilège d'émerveiller la foule "'.
La Au moment oii nous sommes arrivés , c'est-à-dire à la fin du xiv* siècle et au commen-
Iwurgeoigie parisieniie
au UT* siècle.
'"' Pour donner plus d'intérêt k cet appendice, patronymiques déjà formés; la seconde, renfermant
nous avons recueilli dans les Comptes royaux, les les noms de raétiere qui se sont transformés plus
Comptes de l'Hôtel et les états de la maison de tard en noms propres; la troisième, embrassant les
Bourgogne, les noms des bourgeois notables do- noms d'origine, qui étaient toujours précédés du
niiciliés à Paris vers la fin du xni* siècle et au nom de baptême et qui sont devenus patrony-
commencement du xiv*. Nous les avons rangés en miques à leur tour. En donnant cette liste, nous
trois catégories: la première, comprenant les noms n'avons point la prétention d'exposer une théorie
LA BOUIIGKOISIE l'AHISIENNE AUX XIV' ET XV SIÈCLES. 321
comenl du xv*, la boui-f^coisie de PanH a di^jà eu hc» allernalive* de grandeur et de d^a-
dcncc. KIorisKantc à rëpo(|u<! de IMiili|t|ie-Auguiilc, de saint Louis, de Philippe le B<'l >
(|ii(:l(;oiii|iii' sur riiri);iiic lies iioiim; nolro m-iiI ImiI
fst «l(( |)l(i(i-j- HiiMs 1rs yeux (lu Iccleiir uim? lislc
auMi complu qne ponibli» iln boM booigwi»
<ift l*ari« à l'ëp<N|u« <ie Pliilipfie le Bel,
PHEMIÉBE CATll(;ORte.
Aalip*.
BoliB.
CboeiMi.
Aejirl.
Bonajvite.
CbofMrt
idciiot.
Bonaviate.
Cboprtain.
\i;nci'.
Bon-dix.
Coeart.
AIndcnt.
Bone-««enture.
Coralrii.
Alsfumi'.
Bon*-ride.
Cocbin.
Alain.
Hone-TODic.
Conehol.
Aligol.
Bonne-eile.
AlUirr.
Bonnefuy.
Comaill*.
Amadonr.
Bonloa ou Bourdon.
Cort(Dela).
Amiol.
DonoWa
Coudir.
Aiii|iin(in.
Boucel.
Courbueil.
Aiii|iiiil.
Boucliard
Conmm.
Antenne.
B<Mirhe.
Coarrat.
Anniaii.
Bourrin.
Croiaena(l>e).
An»yauiuc.
Bourtier.
Croiaic (U).
Arrude.
Boual.
Atcelin.
BoDvet
Danet
Aiiberl.
Bouvclin.
Dayre.
Aiirevra.
Braclicrort.
Dsan (Le).
AiigitT.
Braiiuelle*.
Denii.
Aumoiiton.
Braiin'.
IKiilac.
Aiii»iiiip|m.
Brvcuurt.
Dapré.
Anigans.
Brenfet.
Deaebaops.
Aveline.
Briee.
Daakana.
Briehart.
D««MI.
■tablUine.
Briwebe.
Deaprei.
Barbeau.
Briao-moaliu.
Deaaoïl'inu.
Darbe-dOr
BroMc(Dela).
Dert.
Rarbelte.
BuhL
Oanmt
Ilarbou.
UuncM.
DoboTaa.
lloriH-be.
BurMD.
Doanin.
Rniidoiii.
DroMt
ïioM (l.«).
Cabot.
Du Boii.
Ili-loup.
Cailloè.
Durelier.
Ilcqilel.
CaUin.
Dujanlin.
ll'Tli-Irniy.
Camprimol.
Dapio.
Bcsnart.
Caœna.
Ili-ndii^rtv
Carlier.
Eaart.
lli-'yii.
Canrile.
Krmboait.
niandrtinr».
CalbMnr*.
Baeat.
Iliaumarrbe (Qui).
Cbambeli.
E*eor«l(L').
Iliauniunt.
Cbinrl.
Eapi.
Iliaurallrl.
Cbantariau.
Eato.
liittn-ViHtir.
Cbapon.
Ilirhp.
Cbarliaa.
BatiMM.
IIi|;ui< ou Rigne.
Cbarlain.
Baii«M.
RIanr.
r.baachet.
Eurre-l'uriN.
ni;inc ( U ).
Cbancon.
ErrouU
Bloiidel.
Chtaid.
Rorhrr
CbeviannL
Faiiw.
RoiU'iii (I.P).
CbieMo-Fer.
FaHaM.
Rnl.lr
Cbinarl
Faaaar.
Figuirr I Du ). Hnlia.
Font-Vielle. IngfMl.
FoniMM M 4as far-
r«wML
jMa(U).
Fown.
Fraoqa*.
LMtwpifT.
Fr«iM|aaa.
LaFoamink
Laiiar.
Friatont
liK»wal.
Fr«it(D«).
Uai.
Fmoo oa la Friaoa.
»■«>«_
Uném.
GalaL
l^aabraL
Gaiiliar.
UCmét.
Carniar.
Gandin.
LdaiL
tirti.
Cmliar.
I.a«iNL
«•y.
Gigon.
Cira ri
Gobin.
(Mriian*.
GeotaoL
Cuaaai|iil«.
GoTioom.
Gracian.
Griaent
Graa(U).
Gwtwt.
GaaraL
LvyiHfti
L||iar.
Maei.
Haaay».
liM(U).
aat<aC»ar.
MÉfNL
Ma»rM.
èl
322 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
enrichie et rendue plus puissante par suite des expéditions d'oulre-mer, elle a eu plus lard de
grandes crises à traverser, surtout depuis l'avènement de Philip()e de Valois. Les désastres
Mégret.
Mélanes.
Meliet.
Menuet.
Mercoleis.
Meresse.
Mesonceles.
Meulant.
Mtngot.
Mocart.
Moinnet.
Moilel.
Morcl.
Moreton.
Moriau.
Moucbet.
Moulin.
Mout-cuïr.
Mouton.
Mulot.
Naguet;
Nevelon.
Neveu.
Nicolas.
Noysi.
Apostoile (L').
ArcIiiei'(L').
Aumônier (L').
Barbier (Le).
Beigle (Le).
Bourelicr (Le).
Brieuf (Le).
Burier (Le).
Cavetier(Lc).
Cervoisier (Le).
Chambellan (Le).
Charpentier (Le).
Chaucicr (Le).
Ableges(D').
Achies (D').
Acis(D').
Acre(D').
Allemand (L').
.Allemant (L').
Ambliguy (D').
Amiens (IV).
Ancre (D').
Anglois (L').
Antborgin (D').
Obîce.
Pistoye.
Roullou.
Orlant.
Piidoë.
Rous(Le).
Poeberon.
Roussel.
Paelée.
Poil-de-Serf.
RousseleL
Paien.
Pointlasnc.
Rustiquel.
Palestrel.
Poitevin.
Saoson.
Saromele.
Sarrazin.
Sauaevert.
Sente.
Serouges.
Set-mois (De).
SoreL
Soteriau.
Spifame.
PandoufBe.
Paon.
Papelart.
Paquet.
Paradia.
Passe.
Passe-Avant.
Pastorcl.
Paton.
PeisanL
PolarL
Popin.
Porcbcron.
Poogery.
Poule.
Prévost.
Quenabre.
Qncsnel.
Rameau.
Pépin.
Rannibaut.
Tape.
Pequin.
Rat (Le).
Taye.
Perret.
Raviau.
Taupin.
Perrot.
Recloses.
Telier.
Petit.
Restore.
Tentre.
Petit-Pas.
Retore.
Tonet.
PetiU-Crocbé».
Revel.
Toriii.
Picart.
Romaniol.
Turpin.
PIcheron.
Ronce.
Termes.
Piépou.
Ruulier.
Tibert.
DEUXIÈME CATÉ(
30RIE.
Cordier (Le).
Masoier (U).
Paumier (Le).
Cordouaniar (Le)
M'rcier (Le).
Peintre (Le).
Coutier (Le).
Merrenicr (Le).
Pelletier (Le).
Mestrc(Le).
l'erricr (Le).
Dieu (Le).
Mortelicr(Lc).
Pcvrier (Le).
Moutardier (Le).
Plastrier (U).
Escuelier (L').
Muet (Le).
Poissonnier (Le
E»cuicr(L').
Poivrier (Le).
Espicicr (L').
Orfèvre (L').
Porteur (Le).
Oublaicr(L')
Potier (Le).
Feutrier (Le).
PanoUer(Le).
Prestr« (U).
Priarl (Le).
Gainier(Le).
Parmentier (Le).
Passeur (Le).
Queux (Le).
Maréchal (Le).
Pat«ar (Henri Le).
Quiète (Le).
TROISIÈME CATÉGORIE.
Autoigny ( D' ).
.\rde(D').
Argenteuil (D').
Arsis (D").
Ascele (De 1').
Asnières (D').
Ateinvilie (D').
Aties (D").
Auceurre (D').
Aultiac (D").
Auxonne (D').
Avenues (D').
Baieux (De).
Baigneux (De).
Ballenval (De).
Baran (De).
Baubigny (De).
Beaufort ( De ).
Beuzeville (De).
Bezannes (De).
Biauboer (De),
Biaudez (De).
Biaumenis (De).
Biauvez (De).
Bocage ( Du ).
BonUlu(De).
Bougival (De).
Bourges (De).
Boui'guignon (Le).
Bray (De).
Breauté (De).
Brebançon (De).
Tiais.
Thierry.
Thibout.
Toma.
Toussae.
Travado.
Tristan.
Troismoulins.
Troterel.
Troas.1.
Trousseviebe.
Tybost
Tygier.
Viart.
Videlait ou Verdelay.
Viel.
Tillain.
Tillers.
Vinage.
Warroquier.
Willecoq.
Ysaac.
ïsembart.
Quoquiller (Le).
Regrattier (Le).
Savant (Le).
Sergent (Le).
Somuieliez (Le).
Soudan (Le).
Telier (Le).
Tisonneur (Le).
Tommelier ( Le).
Tuiliert (Le).
Usurier (L').
Vachier (Le).
Breton (Le).
Brianron (De).
Broiselles (De).
Brje (De).
Bureville (De).
Caan (De).
Cacichule (De).
Caours (De).
Carbeul (De).
Casteles (Oas ).
LA BOIJHGEOISIK l'AHISIKNNE AUX XIV ET XV SIÈCLES.
SM
de Oécy v.l de Poilicr» Tonl appauviiv, car il lui a fallu payer d'énorme» cunlribulioiH d«
guerre; mais il» ont ou pour elle un autre résullat pluH fune«le encore : en afTaibltManl la
royauté, iU ont contribué à poUHScr hru)t(|ucnieiil au dcli^ de m» limite» naturelle» rrUe
même influence man-linnde, qui avait tout intérêt à m; déwlopper dans de* conditions
norriinlcs. La prévale d'i'iliciiii)! Marcel est une «laie considérable dan» rhitloire de la
bourgeoisie parisieime ; nun-seuienienl elle arrêta le dévelop|M-meal régulier dM damm
moyennes, mais encore elle amena le recul de i383, c'est-à-dire le léqaMlrB do pouvoir
municipal pendant une période de trente années.
Notre auteur, il est vrai, ne semble pns soupçonner ces intennittences; il n'a nul sou-
venir des Maillotins et des Chnperoiis blancs; pour lui, les bourgeois de Paris sont des
g(;ns riches, fort bien vêtus, soinplueusemenl logés, entourés de nombreux serviteurs et
donnant une hospitalité royale aux lettrés de ce temps-là : véritables Mécènes dont il se
rornpintt, en sa qualité de «transcripvain,» h chanter les louanges. On s'étonne bien un
peu de la prodigieus(> fortune ipi'il leur attribue; mais, tout en faisant la |>art de l'exagé-
ration qui parait avoir été dans ses habitudes, on parvient à se rendre compte de cette
4>bl
Cbaaiii (Do).
ChnlIoimiDn).
Chmnpcnaii (Le)
Cb«iii|>i*iu (De).
CbaniivicrM ( De).
Chani(D<i).
Cbapclle (Delà).
Cbormaio (De la).
Clianiy (De).
i:harlrea(De).
(ihaatrnuiluo (De).
(:baalill<m(De).
Cbileau-FcUi (De).
Cbellea(Di>).
Cbennevierea (De).
Cbifle (De).
Cbieti>(De).
Chiiiirry (De),
r.lairvaiix (De).
Claniarl (De).
CIvvn (De).
CliMid (DcSniiit).
Coinpai»(Dp).
('oinpiiigne (De).
Coiicbea (De).
C<>n<M(D«).
Curmeillet (De).
Cormialle (De).
Couluingne (De).
Courcalln (De).
Courunne(De la).
Court (Delà).
Cra«anl(De).
Cretpy ( De).
Critrul (De).
Croiaeua (De).
Daiuan ( De).
Damoiarlin (De).
Douay (De).
Eaco((L').
lapernoo (D').
Bll«D|Ma(D').
Kerrierea (De),
nament (La).
naarana(De).
FlaraDe«(De).
Flori(De).
FonUine(Dela).
Foolaionaa (De).
FriM»(Le).
Gareonea (De).
Garit(Da).
Camay (De).
GarooM oa Cbaronoe
(De).
Ganny (De).
Giaon(De).
Gooeaae (De).
GoaTamea (De).
Grancbet (De«).
Graod-TBble(Dela).
Greil ( De).
Grolaa (De).
Ilarrrt (De).
Hedine (De).
Hoban (De).
Jardina (Dea).
JeTr«a(De).
JoTin (De).
l.aigni (De).
l.ainballe(De).
Lande (De).
Larroi (De).
Laye (De).
Lille (De).
Limoge* (De).
Liooa (De).
Linle (De).
Lorrain (La).
Loabt«aac(Da).
M4N((D*).
Maaiaa (De).
Ma>aaù(De).
MMH(Da).
M«clM(nela).
MarlT(De).
Menatereal(D«).
M«|«l(Da).
HoidoB(Da).
Mi>iwllea (De).
Montbar(Dc).
Montdidier(De).
Moallbrt (De).
MMMgimi(Bt).
MoMieriau (De).
Mooleanin ( De).
Maalaier(De).
MoMilDa).
llwn«l(I>e).
KMqr(Da).
R«7*n(De).
Ofii(D*).
Orliena (D').
Orange (D*).
Oanllaa(Daa).
PlMl(D*).
Pnia(De).
iVniaM(De).
Petit-Pont (De).
PkartIL*).
Piemtea(De).
Pteqdjny (De).
Pia(Da).
Poat(Dn).
PMloi*e(Da).
PaolraaU* (De).
Pmu(0*).
PMdMinf{lie(De).
FNl*(DeU).
nM«aa(Dea).
PMdi«(Dea).
ProTiM ( Dr ).
Prally(De).
Paia(Da).
QiriMa(De).
(De).
(De).
(DeV
(De).
(De).
(D*V
(D-).
m
KDn).
HO»)-
»éKà4:ir {9»).
i(D»).
KDn).
MM4i(D»).
tiit Maaii (De).
Saiat.Part (De).
litat Qeintin (Dn).
•(De).
I (!>•).
r(D.».
'(0«).
i(De).
'(De).
>(D*).
(••K
T»n.(rv
Tirenhtr).
TeHtr).
324 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
richesse qui IVblonit. Vingf-cinq années de paix non interrompue onl permis aux mar-
chands de Paris de rétablir leurs affaires, et quarante ans de folles dépenses ont achevé
de remplir leurs escarcelles. Le gouvernement prodigue d'Isabeau de Bavière a même beau-
coup plus contribué à l'enrichissemenl des bourgeois que la sage et parcimonieuse admi-
nistration de Charles V. Kn effet, si le monarque économe n'a fait que de rares appels à
leur bourse, il ne leur a point, en revanche, ménagé les moyens de thésauriser, tandis
que la reine dissipatrice, en multipliant les fêtes et les entrées solennelles, en s'entouranl
d'une troupe de femmes luxueuses, en favorisant à Paris l'établissement de plusieurs cours
aussi brillantes que celle de l'hôtel Saint-Paul, est arrivée à faire passer une partie des for-
tunes princières et seigneuriales dans les coffres des marchands de Paris. Voilà pourquoi
Jacques Duchié, Digne Responde , Bureau de Dampmarlin , Miles Baillet, Guillaume Sanguin
sont wde petis royetaux de grandeur,» el pourquoi, autour de ces sommités de la finance,
notre auteur remarque encore «grant foison de riches bourgois» qu'il ne nomme pas.
On objectera, il est vrai, que le Bourgeois de Paris, auquel nous devons le Journal écrit
sous les règnes de Charles VI et de Charles VII, crie misère presque à chaque page; mais,
outre que ses Mémoires ne commencent qu'en iio8, il convient de faire observer que le
narrateur parle surtout du pauvre peuple, vivant au jour le jour et subissant toutes les
conséquences du renchérissement des denrées. Quant aux bourgeois, ils ont encore telle-
ment de ressources qu'on les voit, en i/j36 , c'est-à-dire après un règne désastreux, après
les longs déchirements des Bourguignons et des Armagnacs, après seize ou dix-sept ans
d'occupation anglaise, réunir des sommes considérables, reconstituer le trésor du roi
Charles Vil el remettre ainsi la royauté à flot.
«Quant les Francoys, dit le Journal de Paris, furent affermez avec le Parlement, el les
vgrans Bourgois et le Conseil, ils se plaignirent (pie le Roy esloit Ires poure et toute sa
Kgenl, et quil convenoit avoir de largent, ou quil fust prins. Si leur fust dit : il faut faire
Rung emprunt; el ainsi fust fait especialment 1res grief sur ceulx quon cuidoit quils
«amassent niieulx les Angloys que les Francoys; et fust leinprunl 1res grant, et se monta
«a 1res grosse somme dargent et dor, car ils furent pou a Paris de mesnaigers qui nen
«payassent pou ou granl '".»
Ces «mesnaigers,» qui apportent tous leur quote-part, et arrivent ainsi à faire ce que
le clergé el la noblesse eussent été impuissants à réaliser, nous donnent la mesure de la
puissance marchande appliquée à la formation de la richesse publique. Voilà de grands
et de petits bourgeois, qui onl eu à fournir sans relâche, depuis plus d'un demi-siècle,
des chevauchées, des prestations militaires, des logements pour les gens de guerre, el des
corvées de toute nature; qui ont dû faire aux rois, aux reines, aux princes, aux souve-
rains étrangers, aux chefs des partis alternativement victorieux, toute sorte de «dons
«gracieux» et de «cadeaux de joyeux avènement;» pour lesquels tout a été occasion de
dépense, arrivées et départs, visites el excursions, mariages princiers, naissances royales,
fêles el deuils, guerres, famines et mortalités, et qui, cependant, trouvent encore, au
fond de leurs coffres, de quoi doter le nouveau règne : preuve manifeste de la puissance
de l'épargne, et de cette merveilleuse facilité avec laquelle la bourgeoisie parisienne a
toujours su reconstituer sa fortune, même à la suite des plus grands revers.
''■ Journal d'un bourgeois de Paris, édit. de 17-29, p. 170.
LA BOURGEOISIK l'AHISIENNE Al\ Xl>' ET XV- Slftcr.KS. 855
Mais, si vcUo. intelli|;<^nt<> hoiirijr-oikin a pu In lalont (h faim lourncr à la profpénlë de
Kon coiiiiiKTcc les inullicurs (in^iiies do la patrie, <;ll<; n'a \>u olil<>nir ce rëfullat qu'au prit
(l'une <';conomin sév^tro cl par dt.-s lialiitiidcM d'ordre qui sont résilies cbex elle i TëUt il<'
lr:i(li(ion. (in livre fort curieux, le Memagier de Parii'''\ nous donne k cet égaré leidëUiU
icH plus intércHsunts : c'est le lï'perloirc de tout ce qu'une riche bourgeoise doit savoir
pour bien diriger sa maison, se fairt! honneur de sa forlune H arriver à l<?nir, à p<>u de
frais, un l'int aussi honorahle (|uc les grands sei||ncunt avec tout leur faste. Ce traita
dV'cononiie d()inesli<pie, composé par un Parisien à répo<|ue même dont nous nous occtt-
[lons, révèle les habitudes et les tendances de ces marchands à qui ne «uOit plus la
possession d'une grande fortune lé|ritimemenl acquise, mais qui veulent y joindre Ir
décorum, h; savoir-vivre, l'instruction même à un de(rré plus élevé que la noblewe, et
<|ni mcir(|uent d'nvanre, ainsi que l'a judicieusement fait observer J. I.e Clerc, la place
qu'il faudra bientôt leur accorder '-'. Le bourj^eois auteur de ce traité n'est |H)int étranger
aux lettres sacrées et profanes; il cite des romans et des livres de dévotion, fait des em-
prunts h Cicéron et h Tite-Live, et manie sans trop de gène cet idiome des fabliaut et des
l)alla(les qui, en moins d'un siècle, sera notre langue française. Dans son livre, tableau
(idèlu de la vie des classes moyennes d'alors, on conçoit de la bourgeoisie parisienne une
bien meilleure idée que ne peut nous en donner, sur la noblesse de celte époque,
l'ouvrage du chevalier de Li Tour-Landry. La réserve et la délicatesse du langage, en
particidier, témoignent, chez les bourgeois de Paris, d'une civilité qu'on chercherait
vaineiiKMit alors chez les gentilshommes, dont les guerres incessantes entretenaient la
rudesse et la j^Tossièrelé.
Il est vrai, ajoute-t-on, que les menus détails contenus dans le Mftnnjrirr île Ports.
ainsi que les descriptions des somptueuses demeures de Jacques Duchié, de Miles Baillel,
de (îiiillaumo Sanguin, etc. nous révèlent surtout l'amour du chez-soi, qui a toujours
<'aractérisé le bourgeois. Ce soin extrême de la maison était tourné de préférence, il faut
bien l'avouer, vers ce qu'on appelle de nos joui-s le «confortable.» Le charme qu'y trouvait
le marchand enrichi tenait surtout aux soins qu'il y recevait, aux aises qu'il |>ouvail s'v
donner, à la satisfaction intime (pi'ii éprouvait en faisant à ses amis les honneurs de son
hàtel; mais ce sentiment, si vulgaire (|u'il puisse paraître, a son l>eau et honorable côté:
et M. Renan, après en avoir souri, n'a pas résisté au désir de reproduire une page du
Mcxmgier où celte félicité domestique, si éminemment honnête, est peinte au naturel*'.
*" Lt MrsHOffier de Pari», traité de momie p( rgrcsics, une fois mouilii'. aulrr fois mv. nue fat»
«l'éroimniie (ioinmtiqHn, a été coni|>n<Hi vers i^iij.'), «suant, «uUv fois tinnbiaut. nwlpra. mal Mter-
pnr un Piirisii'ii, et piililii' pnr M. le Ihicdii Jén\lii(! ''K'^< '»'<l rliaulT)', mal coudtiéi tl loat M hù fait
l'idi)ii, pour lu Swcidté de.4 Itilillopliilis riiuii-iiis. "uinl. jwur ce que il est recoafcrt< «h Ta
(Paris, 18^17, 9 vol. in-8'.) » qu'il a aux eorea qae la faauiie |a'awlra ck hn ii
" Dixeour» «tir l'èiat dm leHrt» au xtt' *ièclr, «son reiniir, aux aiaet, m\ joies H au
dans le tnnio WIV de illittoire liuàwt de ùt pijirpllc lui fora ou fcfB faire devant cUe : iTertre
France, p. 4. 18. »dccfaaux k bon faa, «Tertre hv^ !«• fit», avoir
<' irEt |)our ce i|un niix lumimes osil la cure et «rfluniaes et toaier* frav. bien peu. bioaakrMnë.
'•soiiif; (Ira lN<HonjT|i(>s du dehors, et ni doivent les •bien servi, bien MigMwri, bien conduV — Uaa»
-ninris soinipiiir. uler, venir et racouiir <le Çii et 'drapi ei rueavrt cUrfl UaM. bin eoavaH à»
-de Ih. |Mir pluies. |>ar vens. |>ar iie^, par •bonnes buireore», et moun des autres joies el
3-26 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
D'ailleurs, le bourgeois de Paris savait, quand il en était besoin , s'arracher aux délires de
Capoue; on le voyait, au premier signal, descendre sur la place publique, aller tenir sa
place au « Parlouer, n prendre son rang dans les milices urbaines, et, s'il le fallait, son poste
sur les remparts. Un peu frondeur de son naturel, il aimait à garder son franc-parler;
il s'exprimait quelquefois assez librement sur le compte des grands seigneurs et des gens
de cour, dont il voyait de près les prodigalités et les désordres; mais il restait dévoué aux
grands principes de conservation sociale; et, si on l'a vu, dans les temps calamileux où
vivait notre auteur, se rallier d'abord à la cause bourguignonne, puis à la dynastie anglaise,
c'est qu'il croyait, en maintenant la couronne dans la descendance féminine de Charles VI,
n'adhérer qu'à un changement de personnes et mettre un terme aux malheurs du pavs.
Le bourgeois de Paris ne savait pas seulement gagner de l'argent, tenir sa maison,
mettre l'ordre dans la cité et subvenir aux charges publiques; il contribuait, en outre, et
par son luxe même, à développer le goût des arts; il aimait à fonder des chapelles, à cons-
truire des églises, pour apaiser, a-t-on dit malignement, les inquiétudes de conscience
qu'une longue pratique du commerce avait dû lui laisser. Deux des principaux édifices de
Paris, Saint-Jacques-la-Boucherie et les Charniers des Innocents ont été élevés ainsi, pierre
à pierre, par la riche et intelligente population qui se pressait dans ce quartier. Quant aux
gens de lettres, sans les avoir à sa solde comme les grands seigneurs, ou dans sa domesti-
cité comme les rois, le bourgeois les hébergeait libéralement et leur permettait de vaquer à
l'étude, sans nul souci du lendemain. Laurent de Premier Fait rend témoignage de cette
généreuse protection, dans des termes qui font le plus grand honneur à son hôte : tt Je suis,
(? dit-il, depuis longlems demouranl avec noble homme Bureau de Dampmartin, cscuier,
^ conseiller du Roy et citoien de Paris, auquel requis et demanday secours et provision pour
r-ceste chose faire (la traduction du Décaméron de Boccace). Et il, de joyeux visaige,
^administra a maistre Antoine de Aresche (Antoine d'Arezzo, son collaborateur) et a moy
r- toutes nécessités, tant en vivres que en quelconques autres choses convenables pour des-
« pense et salaire de nous deux, qui, comme dictest, translalasmes ledict livre de florentin
«en latin, et de latin en francois, a Paris, en lostel du dicl Bureau de Dampmartin'".»
i.n iKJurgeoisic Nous ne terminerons pas ces considérations générales sans consigner ici le jugement
eiiesciioyen. quG M. E. Rcnau a porté sur les bourgeois de Paris comparés aux citoyens des républiques
rfpuMiquoritaiicnncs. italiennes, principalement au point de vue de l'art. «En ce siècle, dit-il, la bourgeoisie
«parisienne était rangée, sérieuse, pleine de justes aspirations à la vie politique; mais
«elle n'avait, heureusement peut-être, aucune des qualités brillantes de la bourgeoisie
«italienne. La naissance de l'art est accompagnée, d'ordinaire, d'une certaine facilité dans
«les mœurs. Conduite par l'austère Université, notre bourgeoisie ne voyait dans le luxe,
«fort critiquable à la vérité, des princes du sang, que des dérèglements et une augmen-
« tation des taxes. En Italie, tout était pardonné à celui qui embellissait la cité et créait des
«esbatemens, privetés, amours et secrets dont je {Le Mexna/rier de Paris, édition publiée par M. le
"me tais; et lendemain, robes, linges et vestemens baron Jérôme Pichon, tome I, pages i68 et sui-
rr nouveaux : certes, tels services font amer et dé- vantes.)
ftsirer à homme le retour en son hostel, et veoir ''' Bibl. imp. nià. n' 6798, signalé par M. Pau-
ttsa prude femme, et estre estrange des autres.» lin Paris.
LA BOUIIGHOISIE PARISIENNE AUX XIV' ET XV SIÈCLES. f57
n tnotiumonls dignes d'un peuple libre. Kn France, cela s'ap|>elail Ae* prodigalité, de
nl'arjjenl perdu, et le droit de prise n'c\plir|uait que trop cette impopularité ''. « Cette
dilTt-rence de sentiment)*, un peu nioin.s tranchée peut-être que ne le pen»e M. Renan,
tenait surtout h l.i disscnihlnnco d<>s institutions politiques et des situntions rommercielet.
Le houijjcois di: l'iiris, (|ui (levait d'ahord "acliapter le mestifr au Hoy,» voyait toutes les
fantaisies artistiques des princes se traduire pour lui en impAts arkitraireii, et, conOM MW
trafic était loin d'être aussi étendu (|ue celui des marchands de Gênes ou de Venise, de
Pisc ou de Lucqucs, il n'avait pas la ressource de faire payer, par ses correspondants de»
pays levantins, les tailles qu'il plaisait au Roi de lui impos(>r. Il aimait Part, mais à Téglise
ou chez lui, par cette (nrellente raison ipi'il ne vivait point sur la place publique, comm>*
les citoyens des républiques italiennes, et que, en dehors de sa maison, il ne connaissait
(j[uèrc que sa chapelle ou son banc d'œuvrc. Au demeurant, le bourgeois de Paris est un
type fort curieux h étudier, et nous n'avons pu qu'esquisser à grands traits les lignes prin-
cipales de cette intéressante physionomie. I^ peu que nous en avons dit, était nécessaire
pour éclairer certains passages de notre auteur; mais le sujet reste entier et appelle uni-
étude approfondie. Pour notn; part, il ne nous reste plus qu'à faire connaître les cinq ou
six bourgeois opulents auxquels Guillebert de Metz a consacré une mention particulirre.
L'ordre dans lequel il les énum^re amène précisément le .Mécène dont nous venons de
parler, ce Bureau de r)anq)martin, dans la maison duquel les gens de lettres avaient
libéralement le vivre et le couvert.
BLIIEAU DE DAMPMARTIN».
La famille Bureau était originaire du village de Sémoine, dans le comté de Chaoïpagm:
on ignore ù quelle époque précise elle vint se fixer à Paris; mais il parait certain qu'elle y
était^'' représentée dès la seconde moitié du xiv* siècle, puisque les registres de TandeaM
paroisse de Saint-Jncques-la-Boucherie, consultés par l'abbé Vilain'", mentionnent nn
liiirifiii dv Ihimpmnrtiii , paroissien de cette église et dëcédë avant l'an i &07. L' P. AnaeliBe
' Dùcvur* «vr /V(ii< de* b«aiu--<irU m Fntnrt rempli île aabie, acieofwign^ de Irais baîras d'or.
n» tfi' tihlr. iliiiis le luinn WIV <le Xllintmrt liuè- ''' Ce «iUagt fiùt aojiMnriMii pallie da <
rairt, « In itiiile liu discours sur rélat des ioUres, H de l'arrondiMaaMnt d'Aràs-sar-Aafa» (Aabe).
p. ()8.'> et suiv. '' fjuMi d'mM kùlmr* et h pttmtm ér SmS*
'' Les Itumiii de Dnmpinaiiiii prlairnl dV Jmtfm* -it'U- BnAtri* . Pari*. ijâS. in -18.
(iir nu rlievmii piitenn' el crtiilm-polonct? d\ir, p. 175.
328 DOCLMENTS ET ÉCUITS ORIGINAUX.
a donc commis une erreur en nommant Simon Bureau Yaîné comme le premier membre de
la famille établi à Paris <''; les pièces que nous reproduirons dans le cours de celte notice
biographique démontrent pleinement que les Dampmartin, auxquels les Bureau s'étaient
sans doute alliés, comptaient parmi les grandes familles parisiennes des xiii'et xiv" siècles.
On distingue trois branches principales des Bureau : les La Rivière, les Montglal et les
Dampmartin; les branches secondaires sont celles des Villemonble, des Saint-.Souplex, des
La Houssave, etc. La famille, en se multipliant, en étendant ses alliances, dut naturelle-
ment prendre ou recevoir divers noms de seigneuries; mais le nom patronymique resta
toujours, et on le retrouve, entouré d'honneur, jusqu'à la fin du xrn* siècle. Parmi les
nombreux membres de cette famille, nous nous bornerons à citer, avant d'arriver au per-
sonnage qui nous occupe, ceux qui sont qualifiés de bourgeois de Paris, ou qui ont eu leur
sépulture soit dans une église, soit dans un cimetière de notre capitale. Le P. Anselme,
l'abbé Vilain et les épitaphiers de Paris donnent les indications suivantes :
Ont porté simplement le titre de bourgeois de Paris :
r Pierre Bureau, f avant i/i35;
2° Simon Bureau, f en i434;
3° Méry Bureau, | en i 53 1 .
Ont été inhumés à Paris :
1° Jeanne Hesselin, femme de Jean Bureau, trésorier de France, f liaS:
9° Simon Bureau, l'aine, que le P. Anselme regarde comme le chef de la famille, -j- i 435:
3° Hélène femme de Simon Bureau, f i44q;
li° Jean Bureau, seigneur de Montglat, f i 463;
5° Jean Bureau, successivement grand archidiacre de Reims, évêque de Béziers et abbé
de Morigny, f i4()o;
6° Pierre Bureau, trésorier de France, | 1692;
7° Isabeau Bureau, femme de Geoffroy Cœur, maître d'hôtel du roi Louis XII, | i4. . ;
8° Tliierrie Bureau, femme de Jean de Saint-Romain, contrôleur général, ■\ 1 4. . :
9° Méry Bureau, seigneur de Saint-Souplex et de la Houssaye, f 1 53i ;
1 0° Jflspard ou Gaspard Bureau, archidiacre de Coutances, f i53a;
1 1° Jean Bureau, aumônier de l'Avc-Maria, j" 1 536;
1 2° Louise Bureau, femme de Simon de Machault, auditeur en la Chambre des comptes,
ti553;
i3° Jean Bureau, chanoine de Poissy, f i555;
i4° Jean-Baptiste Bureau , seigneur de la Queue, f «699;
i5° y^rôme fiureou, auditeur des Comptes, f 1599.
Les Comptes et ordinaires de la Prévôté de Paris, recueillis par Sauvai , donnent en outre
les noms de :
Hugues Bureau, receveur ordinaire de Paris, en 1478;
Simon Bureau, conseiller du Roi et maître des Comptes, en i48i;
Robert Bureau, écuyer, prévôt et garde à Corbeil, en 1 496.
'"' Histoire ffénêahffique et chronohgijue de la maison royale de France, Paris. 1783, in-f", t. VIII, p. i.35.
LA IJOIJHGEOISIK PAHISIKNNE AUX XIV ET XV' SIÈCLES. S99
On voit, par cette Keiile ënuriK^-ration, que la famillf Bureau occupait un rang distiogiM
il Paris; quatre de sck membres ont ciercë des fonctions importantes. Pierre a M trésorier
(le Kniiinc, et c'est en cette quaiittlf qu'il a frappii le jeton dont nous reproduisoiu ici la
l'ace et le revers.
L'un des Jaspard, ou Gaspard, a «^té maître de l'artilli-riodu Roi; l'autre s'est ru élevéèb
dignilt! dpiscopale. Enfin Jean est ontrt^ dans l'Eclievinafje parisien; il remplisMil, en i &5o,
les fonctions de PrévAt des Marchands. Son ëpitaphc, que l'ablni Vilain a relevée dans la
clia|iollr> de Saint-Simon et Saint-Judc, à Saint-Jacqucs-de-la-Boucherie, le qualifie de
«noble homme, chevalier, conseiller et chambellan du roi, maître de la Chambre des
«comptes, ln''sorier de France, et maire perpétuel de liourdeaux.n II s'était signalé à k
prise de Bcr(;erac, de Blaye, de Libournc, de Saint-Kmilion, de Bourg, de Fronsac, de
Oastillon, de (iadillac et de Bordeaux. C'est lui qui fit bâtir dans cette dernière ville le
fort du HA et le chAteau Trompette'".
La hrniirhe de Dntiiptnarlin qui nous inl» resse plus particulièrement a été négligée
pur le P. Anselme; mais les indications de l'abbé Vilain comblent en partie cette regrettable
lacune. L'historien de Saint-Jacques-de-la-Boucheric nous apprend que, dès l'année i S/ig,
une dame Maheut ou Malhilde, veuve de Jean de Damptnarlin, avait fait une importante fon-
dation dans l'église Saint-Jacques : elle y avait institué «un annuel de messes et desserriees
'en la rha|H'lle de Sainte-Anne.» Celte fondation, véritable bénéfice pour le titulaire, fut
approuvée par unv bulle du pape Clément VI et favorisée par le roi Pbilip|>e de Valoi».
La fondatrice eut le droit d'établir un chapelain «à tel autel qu'elle voudrait prendre et
«élire,» à la condition de lui assurer vingt-cinq livres tournois de rente annuelle et per-
pétuelle.
(iel exemple fut imité par Simon de Dampmarlin et Marguerite, sa femme, qui fon-
dèrent également, A Saint-Jac(pies-la-Bourherie, «un salut de Nostre-Dame.» cl obtinrent
une bulle pontificale approuvant cette fondation. Ce .salut se donnait dans une chapelle de
la Vierge, construite aux frais des deux époux et destinée A recevoir leurs dé|>ouilles mor-
telles. Il était bien juste que ces pieux paroissiens y eussent leur sépulture, car ils y avaient
fondé, en outre, un annuel de me.sses pour lequel ils con>tituèrrnt une rente de trente-
ipinlre livres di\-sept sols et quatre deniers. L'abbé Vilain nous a consené l'inscription
suivante, qui se lisait sur un des piliers de celte chapelle :
"Simon de Dampmarlin, varlet de chambre du Roi nostre sire, changeur et bowgeoi»
«de Paris, et Marguerite, sa femme, meus de grande dévotion a la gloire et louange de
-Dieu, et a Ihonneur el révérence de la benoistc Vierjje Marie, firent édifier teste dup-
ili\li>iif ,!,■ l,ijHiroiMeSmHt-JnriMr»-(le-{it-Honrkrrif, y. xyh.
330 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
K pelle, en laquelle ils fondèrent une messe perpétuel chacun jour, cellebrée de Hequiem,
«pour leurs âmes, a heure de grant messe, laquelle feront célébrer les marguillicrs de
R céans, et seront tenus de quérir perpetuelment vestemens, livres, galices [sic) et toutes
«autres choses appartenantes a celle messe. Item, lesdits Simon et Marguerite ordonnèrent
«chanter en ceste chappelle un salut de Nostre-D.ime, cesl a scavoir une antiepne chacun
«samedy au soir, perpetuelment, a nolte, par chantres et orgues solemnelment, a cinq
«cierges de cire ardans; et seront tenus les dis marregliers [sic) de payer les chantres,
«chapellains, orgues et cierges. Et pour tous les services dessus dis faire célébrer, les dis
«Simon et Marguerite donnèrent a leuvre et fabrique de céans plusieurs rentes et sonmies
«de deniers comptans, et trespasserent de ce siècle, cest a savoir la dite Marguerite le
«cinquiesme jour de juin de lan m.iii.xciv, et le dit Simon, le cinquiesme jour de juillet
«M.m.xcix. Priés Dieu pour leurs âmes'".»
Peu d'années après , une pieuse dame , nommée Agnès de Dampmartin , bourgeoise de
Paris et propriétaire du chastel ou hostel que les inscriptions de la Croix des Bureau assignent
comme ayant été la maison patrimoniale des Dampmartin, eut, dit l'abbé Vilain, la pensée
d'y réunir un certain nombre de femmes veuves et dénuées de ressources; on les appelait
«les bonnes pauvres femmes de la rue des Arsis. » On ne sait pas combien de temps ces
nouvelles Haudriettes habitèrent la maison de la, charitable Agnès.
Toutes ces bonnes œuvres avaient rendu le nom de Dampmartin jtopulaire à Saint-Jacques-
de-la-Boucherie; les inscriptions, du reste, le rappelaient partout. On distinguait encore,
au xvii' siècle, dit l'abbé Vilain, sur une tombe placée dans la grande nef de l'église Saint-
Jacques, les mêmes armes que celles qui se voyaient au bas de l'épitaphe de Simon de Damp-
martin : écartelé de gueules à une bannière fascée de six pièces d'argent , d'azur et d'or, au
papegault de sinople. Nous donnons ici cet écusson, relevé sur l'armoriai de l'Hôtel de Ville.
Les épitaphiers donnent encore quelques inscriptions relatives aux Dampmartin et re-
cueillies tant sur les dalles de l'église Saint-Jacques qu'au cimetière des Innocents; il nous
a paru intéressant de les reproduire :
«Gy gissent sous cette tombe les corps de feu honorable personne Jean de Dampmartin,
«marchand drapier et bourgeois de Paris, qui lrespas.sa l'an de grâce i58i, le mardi
"rCette inscription, ditl'abbë Vilain, est sur une Jacques-la-Boucherie , p. 170.) La conjecture mise
''lame de cuivre, dont on a creusé le fond pour en en avant par l'abbé Vilain n'est pas sans quelque
f faire des lettres de relief. On remarque que cette fondement, et nous ne refusons pas, pour notre
•^ forme a pu donner l'idée des planches qui ont part, de compter les (jraveurs de Paris au nombre
r servi aux premières impressions, avant que l'on des précurseurs des Gutenbergf, des Faust et des
(reîit l'usage des lettres mobiles. 'i {Hisl. de Saint- Schaeffer.
LA BOURGEOISIE PAHISIENNE AUX XIV' ET XV' SIÈCLES. S31
- I a' jour do janvier, et de hod â(;e le 71*, et Marie Cuvellier, sa femme, qui tmtptan Tiii
«do non â{5c 69 ans, le dimanche iH' jour de «eptembrc i58o. Priez Dieu pour eni, mt
' requietcnnl eorum corpora a liltorihuê , et anima requiiKont in paee. Amen. Par permiMMMI 40
-MM. do Snint-Germoin-rAuxerroi». »
"Cy pist honor — sire Jean de Dampinartui , >,, -on
jF "f vivant marchand drapier et hourgois de Pari», qui trcMiaij.41
Ji. «le 99* jour d'octohrc i5... et dame Magdcleioc m
"'^^T^^^^ "femme, qui trespasfla le 3o avril i5. ..»
«Cy repose sous cette tombe le corps de feu honorable
■• [)cr.sonne Jacques de Dampmartin, vivant IwurjjeoU de
r Piiris; l'àmc duquel, pour ses vertus, siège au ciel, lequel
"dticéda le 8* jour de janvier 161a, Agé de 76 ans. Et de
«Marie Charpentier, sa femme, laquelle décéda le a&* jour
n de juin, l'an iSaA, Agée de 68 ans. Priez Dieu |>oureai.
!T Animœ eorum requietcant in jtaee. Anun.Jt
Les familles Bureau et de Dampmartin, dont la n^union
a formé la branche à ln(|uellc appartenait le Mécène Imur-
geois cite par Guillebcrt de Metz , étaient donc parfaitement
représentées à Saint-Jacques-la-Boucherie, la paroisse bour-
geoise par excellence. Elles y avaient fondé la chapelle de la
Vierge, colle de saint Simon et saint Judo, le béguin*^
contigu h l'église, et les saluts, messes et annuels dont nous
avons parlé. Un monument plus simple rap|>elait leur sou-
venir aux visiteurs du cimetière des Innocents : c'était ta
Croix des Bureau, qui a subsi.sté jusqu'à la suppression de
cette nnlicpie nécropole, et que M. Albert Lonoir a ropro-
duito d'après des dessins ori(pnaux. Elle était en fonte et
assez élevée; trois épita[ihes y avaient été gravées : celle de
Jeanne, épouse de Jean Bureau, trésorier de France, celles
de Simon Bureau l'aîné, que le P. Anselme considère comne
le chef de la famille, et do Ilelaine.n/iVî* Adenettc, sa femme,
les voici, en regard de la croix, sur le piédestal de laquelle
on les lisait :
-Gy gist Jeanne Hcsselin, femme de noble homme sire
-Jean Bureau, conseiller du Roy noslre sire, trésorier de
« France, maistre en sa Chambre dos comptes, laquelle Ire»-
- passa en son chaslel, en la rue des Arcis, le lundy ai* jour
-^_, _^ . -. du mois de may 1 A 3 8, le lendemain de I.-1 Pcnlecoste. Dieu
«en ait lame. ><
«Cy gist noble homme Simon Bureau laisné, bourgois de Paris, qui IrespaiMienaon boslel.
«en cesto ville de Paris, le 99* jour de juillet, lan de grâce 1 A38. Dieu lui fasM mercy.*
«Cy gisi Ilolotio... jadis la femme dudit Simon Bun'au, laquelle trtqwwa ■ PwM l«
"91' jour il(> iKivomliro, Inn 1 '\ '10. Dieu ail lami> dollo ol de tous les tre^pMMI.*
4*.
332
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Nous arrivons au personnage que Guillebert de Metz a connu, cl qui est désigné dans
les écrits du temps sous le nom de Bureau ou Bureî de Dampmtirlin, sans aucun prénom.
Le compte des confiscations de Paris, pour i/iQi, nous révèle sa filiation : «Bureau de
«Dampmarlin, y est-il dit, tenoit le parti du Dauphin; il etoit fils de Simon de iJanq)-
«martin '". » Changeur et orfèvre, comme son père, il devint l'un des fournisseurs habituels
du luxueux époux de Valentine de Milan. Entre autres mandements, l'argentier du duc
reçut, le 28 février tlioli, l'ordre de payer, tant à Bureau de Dampmartin qu'à neuf
autres de ses confrères, la somme considérable de dix-huit mille neuf cent quatre-vingt-
dix-sept livres un sol et sept deniers tournois, «pour achat de joyaux et vaisselle dor
set dargent; quelques images dor, deux cent chapeaux dor, en mnnihe de chappenux de fer,
wdes pierreries et un grand nombre de hanaps'*', » Les comptes de la maison d'Orléans
doivent fournir plusieurs autres pièces de ce genre; mais celle que nous reproduisons suffit
pour indiquer l'une des principales sources de la fortune de Bureau de Dampmartin, en
même temps qu'elle nous révèle les somptuosités de cette époque.
Bureau de Dampmartin n'était pas seul à élever l'édifice de son opulence : sa femme y
travaillait aussi, et probablement avec autant de succès que lui-même. Sa principale cliente
avait une réputation de prodigalité non moins justifiée que celle du duc d'Orléans :
c'était Isabeau de Bavière en personne. La dame Bureau de Dampmartin paraît avoir
été la parfumeuse en litre de la Reine : elle lui fournissait des eaux roses et autres odeurs
en vogue. M. Vallet de Viriville cite, d'après Jean Charlier et les Comptes royaux, des
pièces qui constatent le fait '".
Cette situation des époux Bureau devait amener un double résultat : elle ne pouvait
d'abord manquer de leur susciter des envieux et des détracteurs; puis elle les engageait for-
tement dans le parti royal ou armagnac, et les désignait ainsi aux haines de Jean sans
Peur. Monstrelet ne nous laisse aucun doute à cet égard; dans des remontrances faites au
Roi, en i/iia. Bureau de Dampmartin est signalé nommément coumie l'un des bourgeois
qui ont le plus favorisé le luxe de la cour et se sont enrichis aux dépens du trésor public.
L'accusation est grave; mais elle ne semble pas dénuée de fondement : «El quant est atix
«autres officiers, disent les auteurs des remontrances, cest assavoir au gouvernement des
«finances et au clerc, il est assavoir que toutes lesdites finances sont passées par leurs
«mains, tant quils en ont acquis innumerables et hautes possessions, comme il appert. Et
«tous les conseillers pour le présent : Adrien Giffart, Bureau de Dampmartin, Renier de
•'' Comples et ordinaires de la Prévôté de Paris ,
dans Sauvai , t. III, p. 985.
'*' Voici la pièce dans son entier; elle appartient
au British Muséum, n° 3ii4, et a été reproduite
par M. le marquis de Laborde dans son ouvrage
intitulé Les Ducs de Bourgogne, Preuves, t. III,
p. 9i5 : (tLoys, fils de roy de France, duc dOr-
(tleans, a nostre amé et féal conseiller Jean Le
ffFlaraent, salut et dilection. Nous voulons que vous
irpaïez a Anllioine Follet, Jehan Hehert, Herbin
"Coquelet, Jehan Le Coule, Nicolas Le Charron,
rr Bureau de Dampmartin, Gilet Saget, Thoniassin
«Orient, Hance Croist cl Simon .\llais. Unis cliaii-
ttgcurs el orfèvres demeurant a Paris. la snnune de
irde dix huit mille neuf cens quatre vins dix sept
«livres ung solz sept deniers tournois, en quoy
«nous leur sommes leau pour les jnyaulx et vai>-
irselle dor et dargent que nous avons fait prendre
«et achalter diceulx pour donner, de par nous,
«aux estrainnes du premier de ce mois de janvier
«ian de grâce mil cccc el quatre. i» Suit l'inventaire
des objets fournis.
'' Voir Y Histoire de Charles VII et de non époque,
t. I, p. 73.
LA BOUHGEOISIK PAHISIENNE AUX XIV ET XV SIÈCLES. 333
-Houligny, Jehan Gur-rin, et le gouverneur Nicole Bonnet, qui fut clerc de Jehan Chauf.
«son prédécesseur, et le clerc maistre Gui Brocher, qui »ont inutiles et coupablei du mao-
ffvais ri'ijirne devant dit'",»
Ci' lati|;a(;c f,6\hre était tenu an roi (iliarles VI par «sa très humble et tret d<wii«- tnie
"ilJniver.Mlé de Paris, se» Irea huinhios cl oheissans suh);clz le Prévost de» Marchan»,
«les Kschcvins et bour(rois de sa bonne ville.» On promettait au pauvre monarque en
dëmencc de lui r bailler confort, aide et advis pour son proiillit, honneur et bien, et |)our
«la chose publique du royaume.» Les remontrants concluaient à ce que le Roi «pour-
nsiiivist dili);cnini<>nt los rhosscs dessus dictes, sans quuhpie dilacion,» et reqtténieot le<t
princes et sciijncurs de -rniellrn et faire mettre toutes les besonj'nes dessus dides a pleine
« éxecution, n Monstrelel, qui nous a conserve le teitc de ces dok-ances, ajoute que «ceui
-qui avoient eu le (rouvernement des finances furent fort esmerveillez, et eurent grant
"donble (piiiz ne feussent arrestez personnellement.» Le chancelier Henri de .Marie »e
lira (l'afTairc en pronu-tlatil de payer à bref délai une fjrosse somme d'argent; Andrv
(Jiffarl fui mis dans les prisons du ChAlelel, el Jean Gut'rin se réfugia dans une ëglise.
Quant à Bureau de Danipniarlin, qui n'avait probablement fait que vendre à bon prii son
orfèvrerie, il ne parait pas qu'il ail été inquiété.
Nous le retrouvons, trois ans après (iâi5), toujours dévoué au parti royal, et par con-
séquent hostile aux Bouri'uignons. Une forte taille avait été ini|>osée aut habitants de
Paris après le di'-part (h; l'emperenr Sigismond, et il en était résulté une grande émotion
dans la ville. Jean sans Peur, toujours aux agueLs, s'était bâté de profiter de l'occaMon.
et ses émissaires avaient reçu l'ordre d'exciter encore le mécontentement populaire. Les
partisans du duc, dit Monstrelet, «conclurent et jurèrent conspiracion entre eali. Et
«avoient intention que le jour du grand vendredy, après disner, tous ensemble prendroient
«cculx (pii csloienl a culx contraires, el premièrement le Prévost de Paris, el sil nestoit
«a eux consentant comme juge, ils locciroicnl. Kl .sans mercy prendroient le Bov et le
«mcclroient en chartre. Après ils meclroient a mort la Boyne, le chancelier de France et
«autres sans nombre, avcc(|uc8 la roync de Cécile. En outre, ils vestiroient de vielz et
« honteux habilz le roy do Cécile et le duc de Berry, et leur fcroient rere leurs testes
«et menez par la ville de Paris sur deux ors lumbereaulx, et après ce lesferoient mourir...
«Mais ce fut révélé par une femme a .Michault Lalier, le(|uel le fi-st .savoir a Bmrtam dt
K Dampmttrtin , .son Ires cher ami, par leclres, lui con.»eillant quil .sen alast bien tost hors
«de Paris, ce quil fist. Et celui Bureau le (îst savoir au chancelier, ainsi quil devoit aler
«disner. Lequel prestement sen fouy au Louvre, et fist dire aux: seigneurs du sang royal
«et aux autres quils se sauvassent et aiïuissent audit Louvre. Laquelle chose ili firent
«prestement, excepté le Prévost de Paris, qui .se arma el les siens, jusqucs au nombre de
«cinquante hommes darnies, et .saisit soudainement les llales, et print en son chemin
" aucuns des consentans qui encore nesloient point armez, en leurs mai.sons, et les bouta en
-Chaslellett*'.»
Bureau de Dampmartin venait de rendre un grand service au Roi, k la Reine el aut
' l.n i Urnmjued' Etiirurnan de \ltm.sli.l,t . idil. M. !..Douê(d'.4rcq. l8Si .io-^M. il.p. SodctMllt.
|ml)liiV pour in Socit'U- do IliisloiR^ de l riui.-.', (i;ir ' MonsUtiet, t. 111. p. i|o et lii.
334 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
princes; il en fut probablement récompense par un redoublement de faveur; car nous le
voyons, deux ans après, en i^iy, attaqué plus violemment que jamais'".
En réponse aux griefs que Charles VI avait fait exposer au duc de Bourgogne par Aubert
de Chauny, Jean sans Peur déclare «que ce qui est cy dessus dict, et moult dautres
r. choses innumerables et qui seroient moult longues a réciter, est tout notoire que les gou-
rverneurs, cest assavoir messire Henri de Marie, ievesque de Paris (Pierre d'Orgemont),
«messire Taneguy du Chastel, messire Burel de Dampmartin, sire Estienne de Mauregard,
p maistre Phelippe de Corbie et plusieurs autres , ont esté principaulx promoteurs et
«conducteurs desdictes iniquitez, a la perturbacion de paix qui est en ce royaume, et
r dautres grans excès et crimes qui cy après seront declairez. » L'orgueilleux duc traite
avec une grande hauteur les bourgeois de Paris et autres petites gens qui formaient le
conseil de Charles VI : «Hz ne sont point, dit-il, telz hommes quils doivent avoir telle
r aucthorité; ne pas leur est deue pour lignage, science, loyauité expérience ou autre bonté.
«Mais est une grant ordure ou desrision que, par gens de si petit fait et condition, la
«puissance des Anglois soit reboutée et enchacée, et a ce doivent bien avoir regart les
«seigneurs et les nobles de ce royaume et tous autres preudhommes, de souffrir telle
«besterie et ordure, de se laisser ainsi destruire, suppediter et deshonnorer par telz gens
«qui riens ne scevent, ne riens ne pevent, ne vajent '*. î»
Jean sans Peur avait sans doute moins de mépris pour la faction cabochienne que pour
Bureau de Dampmartin et ses amis politiques, quoique les bouchers fussent certainement
gens de plus petit fait que l'opulent changeur du Roi et du feu duc d'Orléans; mais l'am-
bitieux duc montrait autant de morgue aristocratique quand il se trouvait en face des
« Arminaz, » qu'il aflichait de basse popularité devant ses compères de la Grande Boucherie.
Nous ignorons ce qui advint de ce nouveau réquisitoire contre Bureau de Dampmartin:
mais il est à croire que Jean sans Peur ne l'eût point épargné, si l'assassinat du pont de
Montereau n'était pas venu changer, pour un instant, la face des choses.
De i4i 7 à 1 /i 9 t, on ne trouve plus de traces de notre personnage. Il est probable que,
pendant ces tristes années. Bureau de Dampmartin s'abstint de toute participation aux
choses publiques, et se renferma dans les affaires de son commerce. Il n'avait plus, du
reste, à favoriser les prodigalités de l'hôtel Saint-Paul, oii Isabeau de Bavière se consumait
dans la tristesse et la pauvreté. Quant à la maison d'Orléans, elle avait disparu, et les
fils du duc n'étaient point en état de soutenir le luxe de leur père. La cour de Henri V
eut naturellement pour fournisseurs les Bourguignons, les Flamands, les Italiens attachés
à la maison de Philippe le Bon, ou les bourgeois de Paris ralliés à la dynastie anglaise.
Au témoignage de Guillebert de Metz, Bureau de Dampmartin avait usé noblement de sa
fortune; en soutenant la cause royale, il croyait sans doute faire acte de bon et fidèle
sujet; mais le parti victorieux en jugea autrement : il employa contre le vaincu l'arme or-
dinaire de ce temps, la confiscation. Les Comptes et ordinaires de la Prévôté de Paris, recueil-
lis par Sauvai , portent les mentions suivantes : i° Du vingt-quatrième cahier des confiscations
de Paris, du ao décembre i4q3 à la Saint-Jean 1697 : ^Maison sise rue de la Couroierie,
V qui fut a Bureau de Dampmartin , fut donnée, avec les autres maisons dudit Dampmartin , par le
''' Le Journal d'un bourgeois de Paris appelle fr ceulx de la Bande, i- — '*' Monstrelet, t. III, p. aoi
Micbaud Lalier, Bureau de Dampmartin et autres. et aoa.
LA BOlinOKOlSIE PARISIENNK AUX XIV ET XV' SIÈCLES. SS5
" Hoi a M' Raoul de Neuville, chevalier, a eavie teulemtM. » 9* Du treote-buitième cahier, de
la Saint-Jean 1/107 & Noël tltZlt: «De M' Jacquet Viart, pour ww wunmm qui fut » Burmu ée
t Dampmartin , tci»e rue Saint-Martin, devant le chaiteau , laquelle inaiMon fui iaimêê, rntte IMM
•'le» autre» Iterita/re» dudil fiureau, ici» en la Couroierie, a M' Raoul de NeuvUle, ckeeaUer, a m
" vie. ri 3" Du (|iiijrant<!-(|iia(ri<^nic cahier : nMaimm et lerrt$ a Gorge», qui lui a Bureau
t de Damjmmrlin cl »<i femme, n La domination angtaise ruina donc le f^^n^ui bAle de
Laurent de Premier Fait, et nous ne savons s'il vécut assez longtcm|>s |iour obtenir réfiara-
tion du roi Charles Vil. A une époque aussi agitée, il faut faire la part des piMont poli-
tiques et des réactions violentes qu'elles provoquent. Si Bureau de Dampmartin eut
quol(|ues torts i^ se reprorlu-r, s'il ne s'érigea point en censeur du Roi, de la Reine et des
princes, dont le luxe l'enrichissait , on peut du moins invoquer en sa faveur deui eireoil*-
lanrcs IriVs-atténuantes : de l'aveu de son ennemi, il a tout fait pour que «la poianiiet
«des Anglois fût rehoutéc et cncbacéo;» et un témoin contemporain nous apprend, en
outre, qu'il aimait et protégeait les lettres. C'était, en somme, un Armagnac dont le parti
n'eut point à ron|;ir, et un bourgeois (|ui méritait d'être moins rigoureiuement traité.
Nous n'avons pu découvrir (|ue trois documents (p-aphiques se rapportant Ji Bureau de
r)anq)niarlin : les deux |>remiers sont des jetons qu'il frappa à une épo<|ue indéterminé,
et dont un exemplaire nous a été obligeamment fourni par M. d'Aiïry de la Monnoye; le
troisième est le sceau qu'on trouve apposé ht un aveu rendu à l'abbé de Sainte-Geneviève,
pour des terres situées à Antony. Ce sceau est rond, en cire rouge et sur double (|ueue.
Nous reproduisons ces trois intéressantes pièces :
mm.
DIGNE RESPONDE.
(dINO ou JODI:hO BAPOSDI, DIRUS de BAP0MDI9.)
Inc des rues de Paris, Irès-voisinc de la «Courarie» où demeurait Bureau de Damp-
martin, a conservé le nom de ces riches marchands italiens (|ui trafiquaient de tout, prê-
taient aux rois, alimentaient le luxe dos grands s<'ignour» et formaient , avecle» changeur»
et orfèvres, une sorte d'aristocrotic dans la bourgeoisie parisienne. Souvent inquiété» dan»
leur négoce, plus d'une fois rançonnés pour leurs pratitjues usuraire.*, taié» arbitratmaest
et d'après leur fortune présumée, lorsiju'il s'agis.sait de dresser le réle de la Taille, le»
Lombards n'en avaient pas moins prospéré, et leur commerre, déjà floriwant au iiu* «iWe.
336 DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
avait pris, vers le fin du xiv', des proportions considérables. Trois circonstances principales
contribuèrent à ce développement : d'abord les cours de France et de Bourgogne se mirent
à afficher une somptuosité jusque-là sans exemple; puis les visites royales et princières se
multiplièrent pendant près d'un demi-siècle, entraînant avec elles des exhibitions de toilette
et des cadeaux dont notre parcimonie s'étonne aujourd'hui; enfin le mariage de Louis
d'Orléans avec ValentineVisconti vint, à ce moment même, ajouter à toutes ces tendances,
en naturalisant à Paris le goût des élégances italiennes. La jeune duchesse apportait de
Milan l'amour des choses d'art, des habitudes de magnificence prises à la cour de son père,
et une riche dot pour satisfaire à toutes ses fantaisies. Ces causes réunies amenèrent en
France de nouveaux Lombards, et y fixèrent ceux qui déjà y faisaient bancjue et commerce.
Parmi ces derniers, que la perspective des grandes clientèles avait attirés dans notre
pays. Digne Responde figure au premier rang. Né à Lucques, avant i35o , il avait, paraît-
il, la vogue pour ces riches tissus de soie et de velours, brochés d'or et d'argent, qui ne se
fabriquaient que dans les villes italiennes, et dentelles conservèrent le monopole jusqu'au
règne de Louis XI. Il possédait, dit M. Vallct de Viriville, trois maisons principales, à Mont-
pellier, à Bruges et à Paris. Celle de Montpellier était l'entrepôt d'un vaste trafic maritime
qu'il entretenait avec le midi de l'Europe et les échelles du Levant. Il devint bientôt le plus
riche Lombard de son temps. Fournisseur du Roi, de la cour et des princes, il leur ven-
dait ces précieuses étoffes dont nous avons parlé, les fourrures précieuses, les joyaux, les
curiosités d'outrc-mer, telles que l'ambre, la corne de licorne, etc. les livres somptueuse-
ment enluminés et reliés, et mille autres denrées ou marchandises. Il faisait, en outre, le
commerce des métaux précieux, le change et la banque. Dès iSSg, étant à Bruges, il
prêta une grosse somme au duc de Bourgogne, Philippe le Hardi, qui devait épouser
Marguerite de Flandre. Il était déjà maître d'hôtel et conseiller du duc; on le voit figurer
en celle qualité sur les états de la maison de Bourgogne. Les rapports que créait cette
situation devinrent encore plus étroits, ajoute M. Vallct de \iriville : Responde aida puis-
samment le duc à construire son Saint-Denis, la célèbre Chartreuse de Dijon, enrichie par
le ciseau de Claux Sluter, et la Sainte-Chapelle de la même ville, rivale de celle de Paris.
De pareilles relations ouvraient à Digne Responde les portes de l'hôtel Saint-Paul : aussi
y trouva-t-il un accueil non moins empressé qu'à la cour de Philippe. La première pièce
qui le constate est une r sauvegarde, avec quelques privilèges, pour le seigneur Responde et
Rses frères. » Voici la traduclion de ce document : Charles, etc. savoir faisons que, désirant
«favoriser les bons et fidèles bourgeois et habitants qui résident en notre royaume, et leur
K permettre d'y négocier et étendre loyalement leur trafic; ayant reçu bon cl louable lémoi-
«gnage de nos amés Dyne, Jacques et André Raponde frères, fils de feu Gui Rapondo de
«Lucques, ainsi que de leur neveu Jean Raponde, fils de feu Guillaume Raponde, aussi de
«Lucques; ayant, en outre, égard à l'affection qu'ils ont toujours eue pour noire royaume,
«et sachant, par grande expérience, qu'ils y résident honnêtement avec nos autres sujets,
«Nous avons jugé et nous jugeons digne et convenable que lesdits frères Dyne, Jacques
«et André, ainsi que leur neveu Jean, jouissent des mêmes faveurs, privilèges et libertés
«que nos sujets regnicoles. Par conséquent, sur les instances desdits frères Dyne. Jacques
«et André, ainsi que de leur neveu Jean, voulant leur faire une grâce spéciale, de notre
«autorité royale, de science certaine et par grâce spéciale, comme il est dit ci-dessus.
- LA BOURGIOltU PARUIIIIK iDI IIV IT XV IlICLU. —
DINUS DE RAPONDIS
DE LA VILLE DE LVQVESEN JTALIE
lUliograi'hi*.
«f^*»s -i :« K^ •«
DICIK RISPOIDI
ttfik U «un qn II dne di BonnM hu inii tiu in|KàH II
àDqn.
r» ëmU» k«t«grtpt>ti)*« 4>M «Mtta M. «• U ■nHWtHn 4* r*M«l (H T l<t« V
LA BOlJr{(;KOISIK PAHISIENNE AUX XIV' ET XV' SIÈCLES. $87
- nous IcH recevons, eux et leur posti^rit^, née et à naître en l<^fptime mariage, au oooibre
"(le nos bourf;eois de Paris, citoyens de notre royaume et habitants de notre ville d«Pam,
>■ ainsi (|ue de tout notredit royaume. A eux donc , ainsi qu'à tous leurs enfanta né» et à
- (lattro, nous accordons gracieusement la prmission de choisir et faire leur demeure par-
f loiil (lù ils le jiif'cront à propos, ('■tant n'f;ard<'s d'ores et dZ-jÀ et k toujours comme no»
n bourgeois de Paris et citoyens de nuiredil royaume. Dofiné à Paris le cinquième jour
cdu mois de janvier, l'an du seigneur m.ccc. lxxxiii "'. '^
Devenus bourgeois do Paris et citoyens français, les frères H(r»|>onde donnèrent un plu»
grand essor k leur commerce, r^t leur atii)^, sur lequel tous les honneurs paraissent avoir
t^U' roncenirés, suivit (anlôl la cour de France, tantôt celle de Bourgogne. En iSSq, il
acconi|)agna (iliarles VI, en ipialitt^ de marrliand allacht'' h la cour, durant le voyam que
ce ni()nar(|iic fit dans le midi de la France. Arrivé ù Avignon, le Roi siMitit les premièfM
atteintes de la terrible maladie (|iii afni|,'ea le reste de son existence; Digne Res|><inde (il
alors exécuter, par son ordre, une statue de cire qui représentait le Roi, de grandeur natu-
relle, et la plaça, en manière A'ex-volo, sur la tombe du bienheureux Pierre de Luxem-
lioiirg. pour obtenir la guérisoii de l'auguste malade. Il lui fut compté |}ource travail cent
soixiuile francs d'or.
De tioinbreux articles de dépen.se figurent, au nom de Raponde, tant dans lea comptea
(le la maison de Bourgogne que dons ceux de l'argenterie, de l'hAtel du Roi et de la
Heine"". Tantôt c'est tun dyamant» que Jean .sans Peur "a fait prendre et arhapler, et
" Voici le texte lalin :
"Sdlvaffnrdin, ciim qiiibusdani privilegiis, pm
''iloiiiiiio lifti>oiiilf pi nliis rriitriliiis ejiis. — Knro-
'■liiH, etc.. Noliiin fnriiMus tiiiivcniis prcseutibus ri
"rutiiris <|iio<l Nos, regnum nodlnitii l>onis et (ide-
^Ijixis litirucnsihiis et linliilolorilms (|iii in illo ri>-
«rsiiler»', morcnri cl ncgorinri leifiililor voleniil.
cnmpliare et popiilori nireclanlcs. audito laiidiiliili
'loslimoiiio dilecloniiii noslrimim Dyni, Jaeobi et
ir Andrée Hiiimiiilr rrntnirii. lilioruin qiiondain (îiii-
''<loilis ltH|ioiid<> de I.ucn, et Johannii Itiipomir,
Tiicpolis ipsnriini Dyni, Jaeobi cl Amiret, lilii
^quniiilnii) (■iiillelini Itnpondf. erjnin de I.ucn; nt-
'rtentii insiipiT nUbcliuiic (piiiiii nd idem i'i>)[ii(iiii
rtiustniiii. el conimoroiidi in eo cuni aliis ncislris
-rejjnirolis. niidio e\|M'i'iiiienlo. prefnlos Dijniim ,
-Jncobum el Aniirrnm frniivs, JolinniienKMie. ip-
•'sonim nepolem predictnm, lialnTc comproJKi-
"vinius. dereiis el rnndijpiiim n>pulj)iiuis iil iinn
iTuin eisdeiii n'jjiiicolis , rondifpu.s ravorihus, pri-
'vilegiis oc lilierlnlilins pnlinnliir. Igitur, od in-
"Slanteni siipplirnlinnem ipttonini Dyni. Jaeobi el
l'Andrée fralruni , el Julijinnis eoruiii ne|M>li».
«cindeni vnlenles gmlinm fnren» s|>e<'inU'ni , i|KM>s
-el (pienililM-l ipsonini , cnm |K>slerilnle sun el
-fiijiislilx'l eorunidein nnln el in fiiliiniin oli ei»
"légitime procreanda. in nostros bafgOMta Pari-
"sius et socio* regni nostri. lanquaiii nocirM regai-
rroloH, cives et mansioDanoa civilalia ParinaoMi c(
flociiis regiii nustri. anioriiale noatra ragia. a
-certa Kcienlia ac speriali grutia mpradkia. reri-
- pimus , etc. et eindcni et ruililiet ipsomm ar pri^
-dicte sue poeteritati . el cujutliU-l (
"et impoatenim nasciture. graeioMW
"Ut ipsi et qiiiliiiet ipsoruni. inlra pndidaai rtf-
"num nostniin. iiiHrunque et quaiMloeaM|W «o-
"luerint sive volueril. Miani postiol •«• poiàl ali-
"gere et facere niaimionem. et quod ex Bone àal
-el censeonliir in p<>rp<>tuiini lmrg»uaea naatri P»-
"risien«c8 el rvgiii nosth |iredicti. etr. — Aftaa
iret daluni l'arisiu» v* die nenais jannarii. aaao
"Doniini l'ccc* ortogerâno Irrrio.* (Anii. «fe rEaa-
pire. JJ. I4&, n* 3«.)
' 1^ ('.ompte» de rargeatarie, pgor Tmmie
1 .187. contienneot b pièce aonaala :
"Denien palet. en acqmt (h Itojr. a D^gM Rap-
-|ionde, marcliaml «leinouranl a Paris, pow d»-
"niers a ln< paiet, qui dcaba lai niaiart poar
"Unîtes k» partie* de drap dor al da aoia ca»-
"daulx «t aatraa dnaet de aserrrrie. par lai I
-el délivre! |iniir le Roy auitn mn el poar 1
"seigneur le due de Tl-""-—i^, dtpais W |
338 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
(^ycellui donnera Anthoine Forestz , grenetier de Paris, pour ses estrainesdujourdelan" : •:
tantôt c'est « ung baldaquin vermeil , brochié dor de Lucques , que mondit seigneur a donné
«a leglise de Saint Pierre de Gand, pour sa joyeuse entrée en icelle église'**;» tantôt en-
fin ce sont de simples fournitures de toilette et de ménage, telles que ?<ung chappel de
r, plumes, de rouge cler et dazur; ung volet a la meismc façon; une paire de templettes;
«r trois aulnes de cuvrechiefz; une chainture sur un tyssu vert, garni de boucles morjant
«et clouz dargent dorez esmaillez; un estuy et toille cyrée, pour le mieux perler, etc.*.»
Dans cette énumération figurent généralement les damas , satins, r veloux , velueaux , » draps
d'or, d'argent et de soie «brocbiés a grant cbine et grant feuUes dor,» tissus merveilleux
(|uo Tours et Lyon apprirent plus tard à fabriquer; ce qui, au témoignage de Boiicau,
frustra nos voisins
de ces tributs serviies
Que payoit h leur art le luxe de nos villes'''.
Mais voici venir le moment des grandes réciprocités : si les ducs de Bourgogne avaient
aidé à la prospérité de Digne Responde, celui-ci, à son tour, leur rendit les services les
plus signalés. A la suite de la funeste bataille de Nicopolis, plusieurs princes français étaient
restés prisonniers des Turcs, et parmi eux se trouvait le comte de Nevers. Le duc Pbilippe,
pour délivrer son fils, invoqua, dit encore M, Vallet de Viriville, l'aide du puissant arma-
teur, dont les navires étaient en communication constante avec les ports du Levant. Grâce
aux comptoirs des Lombards établis dans les échelles, grâce aux correspondants génois de
Digne Responde, à l'or et aux promesses prodigués en son nom, le futur Jean sans Peur
fut rendu à la liberté.
Le marcband lucquois ne se montra pas moins magnifique dans l'ordonnance des funé-
railles du duc Philippe le Hardi, mort, l'an i4o4, à Notre-Dame de Halle en Brabant.
Responde, (jui présidait à cette pompe, fit donner une pièce de drap d'or ou de soie à
chaque ville où séjournait le corps du duc, dans le long trajet qu'il fallut faire pour arriver
à la Chartreuse de Dijon. •'.
On éprouve quelque répugnance à croire qu'un serviteur si fidèle soit descendu, tout
italien qu'il était, au rôle de hrnvo, même par procuration; néanmoins le fait semble éta-
bli. Du moins M. Vallet de Viriville n'hésite pas à l'affirmer : «Deux acteurs du drame de
«la Vieille-Rue-du-Temple ont laissé, dit-il, quelques traces de leur rôle. L'un, qui exécuta
«l'acte, Raoul d'Oclonville, est connu pour un gentilhomme normand... l'autre, moins cé-
«lèbre, se nommait Dino ou lodino Rapondi; les chroniqueurs français le nomment Digne
« Responde. C'était un marchand de Lucques, fournisseur de la cour. Probablement il avait
«été dans ses intérêts commerciaux la victime du noble et insolvable débiteur. Italien et
"jour (le juillet m ccc ini" et v, jusques au derrain scxviu iiv. \ii s. |)arisis.-' (Archives de l'Empire.
rjour (le décembre aprës ensuivant, cxvui Iiv. xu s. KK. 18 fol. 86 v*.)
"parisis. Il estoit mis en debte par le xiui' coraplc ''' Les ducs de Bourgogne, par M. le marriuis
fdu dit argentier, feny au derrenier joui- de de- de Laborde, Preuves, t. I, p. 47.
rrrembre dessusdit, pour ce, par lettre de recon- '*' Id. 1. 1. p. 180.
Tgnoissance du dit Digne donn(?e le vin' jour de '' Id. ibid. p. 101.
"janvier, lan mil ccc nn" et vi, la somme de *' EplU"e au Roi.
LA BOUHGKOISIK l>AHISIEN.\E AUX XIV' ET XV' SIECLES. St9
p iiiiiri-htirui , il voulut sans dout«* ^trn \Myé par ira hériitirn du prince ou M ftOfltr^.»
M. Vaiict <Ir Virivillc o.ni plus explicit«> encore dan« l'article qu'il a donné h ta NouhOi Uogrmfkii
générale. «En i A07, dit-il, lorscjuc le meurtre de Louis, duc d'Ori/'an», fut r^tolu, Jean,
c auteur de cette machination, oita s'en ouvrir au vieux confident italien de «• famille. Ra-
T pondi prAt» son concours h cet odieux coup dr- main avec un dt^-voucmenl bien rare clies
run niiircliiind, car ce coup devait le ruiner. Pendant que l'asMissinat «'exécutait k Paris,
<■ Dino avait Hé dép^cln'; à Brufjcs. Il y recruta une trou(>e de F'lamand.<t, destinée k prêter
" main-forte au duc pour retourner sain et sauf dans tes Etats de Bourgogne. Dino Rapondi
"et les siens étaient fournisseurs de I^ouis d'Orléans, l'un des prince* Im plus riches et
-surtout les plus dépensiers de son siècle. L'annaliste du petit Etat de Lucque» atteste que
f lu perte de Louis causa un dommage mortel au commerce de cette ville''.»
Il ne parait point que la participation de Digne Responde k cet acte odieux ait eu pour
lui les m^mcs conséquences; et, à supposer même que ses intérêts eussent M compromis k
Paris, SCS deux maisons de Montpellier et de Bruges auraient suffi largement k maintenir sa
position financière. C'est dans celte dernière ville »pi'il termina ses jours, en 1 4 1 'i ou 1 4 1 S.
Il fut iniiiitné à Saiut-Donat, où sa familltr avait une chapelle et où l'on a vu sonépilaphe
pendant plusieurs siècles. Dans la Sainte-Chapelle de Dijon, dit Dom Plancher, on remar-
quait encore, vers fjao, la figure en pierre d'un homme à genoux, vêtu d'une longue
robe et ceint d'une ceinture à laquelle pendait sa jjrande l>ourse carrée. Celle slalae,
adossée h gauche, en entrant, contre un pilier, représentait Digne Responde. Un dessin du
xviii* siècle, qui subsiste aujourd'hui, retrace l'efligie de ce personnage: on le trouve dan»
les Mémoires pour serrir f\ l'Iiixtoire tien duc» de Bourgogne, par J. du Tilliot, parmi les ma-
nuscrits de la bibliothèque de l'Arsenal (Hist. n* aSa, p. a3). La reproduction que nous
en donnons est de la plus parfaite exactitude.
Ses frères Jacques et Philippe lui survécurent, et la faveur des cours de France et de
Uoiirijogne paraît leur avoir été conservée. On en juge <|ii moins par les lettres qui leur
fiireiil accordées en mai i/iai, pendant la domination anglaise et peu de temps avant la
mort de Charles VI. Ces lettres, écrites sans doute sous l'inspiration du jeune duc Philip|H*
If Hon, contiennent un ridimu» d'une ordonnance du Roi, de l'an lAoy, rendue en faveur
de Digne Responde, et placent ses frères sous la protection royale, donl il avait été rouvert
hii-méme'".
'" lênbeau de liaiièrt, Aude historique, pr "iiHHiraiit a Paris.flwl JB pitea <
M. Vollel deViriville. Paris, 1809, in-8', p. lyet 18. 'Di/if, exorwlonr de 1
\nurrlle bm/rrapkie générale, pilhiii'o pnr -île «terrailM' voiilentf ■ien|Ma WÊttm, wpM M
MM. Firniin Didot frères, t. XLI , col. 65;. "quelle onloniiaiice le dit fc« mùân Gfles «il al*
''' Voiri le texte de ce dnciinieiit : ««le vie • Irwpaiiwnrnl ; H pnv c» (|«e, éi Ul 4e
-Clinrles. pnr In fp-ure de Dieu. Hoy de Kmnn'. "k dite cxéeutiM, le dit fcn Dyae. tant paw le
"snvoir fnis')iis n (dus pr(<sens et n venir Nous nvoir «grant aageci la fiAkaw «le a peraaaaa, nmmK
•rereu lumlile siipplicncion de Jaquei et Pkelipfe irpoor iagranl et conlinacfeocBpadMqvlavnrt Jr
"Huponde Treres. iieriti-i^ (!•' Hii Dynt Rufcmit, vDoaimdk eoaiia,caauMaa(raMal,<
teii son vivant rtniseillii ,-\ nMi-^ire dofltd de feu *taiMtmsa«tmleltm adrMMt a 1
- noslre très cliier et très anx' cousin le dur de itour- "de Paris, qui lor» estait. pMtf ertl*
"{[ongne, ronsors en reste jwrlie. ritntennnt que «du fait de b dite waCMtiuil. SBas W <pa •• ■■
Toinnic fi'o iiinisiri> ('.lli'^ ('diiKui. |ilii'iiri>>ii di-- -lonmMt o« limps s venir a avna pnJMHe; le
340 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Nous n'avons pu recueillir que peu de documents graphiques relatifs à Digne Res-
ponde. On conserve à la Bibliothèque impériale (Cabinet des titres) quelques quittances
signées de lui; nous en reproduisons une à laquelle est appcndu un sceau formant
écusson.
GUILLKMIN SANGUIN.
La famille Sanguin était probablement originaire de Paris, ou bien elle avait dû s'y
fixer à une époque assez reculée; le P. Anselme .n'indique ni le lieu qu'elle aurait habité
primitivement, ni la date de son établissement dans la capitale, ce qui tend à fait croire
qu'elle appartenait d'ancienneté à la bourgeoisie parisienne. Le premier membre dont il
soit fait mention est Guillaume ou Guillemin 1", changeur et bourgeois de Paris sous le
règne de Charles V; il fut père de Guillaume II, qui exerça la même profession que lui ,
de Jean Sanguin, seigneur de Brethencourt, et de Jeanne Sanguin, qui épousa Thomas
Le Mercier.
Après la mort de son père, Guillemin II devint chef de la famille. Il n'avait point à
élever l'édifice de sa fortune, car le métier lucratif de changeur, exercé hérédilairement,
avait dû la fonder sur des bases solides; mais, comme tous les riches bourgeois d'alors, il
songea aux titres, aux honneurs, et obtint du roi Charles VI des lettres d'anoblissemenlr.
Le préambule de ces lettres, qui portent la date du 92 décembre i4oo, ne mancjue pas
d'un certain intérêt. rLa clémence royale, y est-il dit, élève volontiers aux honni'urs et
itquei nostre Prévost, par vertu de nos dites lettres,
ffeue considération au contenu dicelles, et qnp 1p
rrdit (eu Dyne oneques ne sentremist ne not au-
(fcuns bâiias entre mains du fait de la dite execii-
(Tcion, les autres exécuteurs ap[)ellé8, et les saleni-
fuitez par lui en tel cas ncoustuinez gardées, des-
(f chargea et desmist du tout le dit Dyne dicellp
ffpxecucion; ce non obslant, les héritiers ou ayans
T cause du dit feu maislre Giles, tiennent ou seffor-
iTcent de tenir et mettre eu procès le dit suppliant,
fOU nom que dessus, par devant la garde de la jus-
rrtice de Lucques pour le seigneur flu dit lieu,
ffpour avoir compte et reliqua de {administration
"et gouvernement de la dite execucion, dont le dit
"feu Dyne oneques ne sentremist, mais en fut des
-lors deschargié et tlesmis comme par les lettres de
r- nostre dit Prévost, dont la teneur ost telle et peut
'apparoir. — IJniversis et siugidis jiisticiariis in
"partibus ultramontanis et Vtalie et alibi ubilibet
-oonstiUilis, ant eorum locatenensibus, (luillelmus,
-dominusde TignonviUu, miles, serenissimi prinri-
"pis et domini nostri, domini Karoli, Dei gracia,
-Francoruni i-egis illustrissimi. consiliarius et cam-
-'l)ellanus, ])ro ipsoque cuslos prcpositure Pari-
"siensis. salutem et dilectionem. Cum nu|)er cer-
•flarum virtute litterarum formani que sequilnr
iT rontinentiutn , etc. » (Archives de l'Empire, JJ. 1 7 1 .
n- 389.)
■
1
s i i
2 ! î
•: \
I
LA BOUIKJKOISIE l'AHISlKNNE AUX XIV KT XV SIÈCLES. 3h\
toiiiIiIk (I(! favRiirs nt (1<; (^râce» ceux que leur» mœurtt, leur vie, les bon* etulile* «ervicM
"Itrodif^iii-s h l;i Mi-ijest/* Hoynic rcridcnt di);n<><* (|<> «tUc distinclion. - Ijk monaniue recon-
iinft ctisiiili; (|u<! les San|,Miin l'ont fort hieii .servi eu toute occasion (de leur l>our<e pro-
i)!d)l<-rnent), et il leur confèn- à eux et à leur pcxt/Titt; tou.s les |irivil<'-};e<i inliérenU i l«
iiolilesHe, notamment celui de porter h-s armes ''. (Juoi(|ue ? nohie homme, n Guillemin
Sjui|;uin n'en continua pati moins son fructueux négoce; mais il usa du privilège militaire
(|ue le Itoi lui avait accord)';, car nous le voyons, di^s ifiia, figurer dans la nuUMO de»
ducs de Bourgogne avec l(! titre dY-cuyer et commander un*' troupe de soldat*. Le eofflpte
de Jean de l'récy nous apprend qu'il (it partie de l'expédition tentée contre Bourse* par
(iliarles VI et Jean sans Peur; qu'il avait «en sa compaingnie dix neufccuiers,» et qu'il fui
reçu en cettfl 4|uali(é, le 'tU mai, k Montereau, et, le 98 juin suivant, à Dun-le-Roi. avcr
sept écuyers et quatre archers ■''■.
Sa maison de rtmiinerce ne paraît point avoir souffert de ces chevauchées : en cett«»
inthiie aiini'-e, il n-ievail du duc de Bourgogne " lu' xxxvii frans x solz |»our ung ruhy que
Rmondit seigneur donna au Roy notre sire," plus «cent escus d'or, 9 plus rtuu" ri frans
^\i sol/ et III deniers tournois,» plus tcent xi escus demi^ pour divers acbala dont
l'énuméralion est des plus curieuses. Nous reproduisons en note les trois pièces de compla-
Inlité relatives h ces fournitures, telles qu'elles ont été pdevécs aux Archives de Lille par
M. Il' iii!n(piis de Laborde*.
' NnliiliUirio pro Giiilleimo Sanguini, Johamu
San/fuiiti et Thomii Le Miirlirr («V ) frnlrilmH. Kn-
r(iliis,ctc. Itr-|[nli<4 clfriK'iHMO lil)<>nt*T illiMiittollit lii>-
iiorilxis cl fovorp |iroHe(|iiitur grocioso, quo» ad i<l
mon's p| vilii , (jrnin ft iitiliii sercnitali i-epip iin-
Iteiisa servicid re<liliiiit ilijpioH, ptc. iNntuiii i){iliir
fncirnus iiniversis prcsonlihiiH et fiitiiriH qiiod. iil
tentis vitn lniiilnl)ili . iiinriiiii lioncsliitc r<t aliis )|iiaMi
|iliiril)iis virtiiliiiii iriMicriliiis. (pii> diloctis iiosiri.s
(îiiillerinu Sniijpiini, Juliiinni Sangtiini et Tlmiiin
le Mortier rnitrihiis, lil)ere rondicionis, noviniiiH
»ulTm(fnri, nec non lyrolis nrri>|itis et iitilii)n>i ser-
viciis que ipsi nni)isl(iiiilaliilitiM'|in>sti(oriint i>t iin-
pciiilcnint, proipiilHis non ininierito se nohis grains
nHliiidi'i'iint i|iiiiin pliiririiiini i<t ncceptos , nos iitso-
niin iiiMxmim lioiiiiriin- xolonli-s, siirque sil>i ne
|)iKtmtati ol proli r>nruni [M'ciieliiiini eodeni vnlonni
11(1 honoroin, i<i)stl(>in riuillolmiini. Jolinnnoni ni
TluMiiiini nr lotnin iHiriiin |M)sliTil4it)Mii H pmlciii
iilrinsqiicsexus in légitime inatrinmnio prnrn'ninni
t'I |)i-(irrpiiii(liun . de noslrc picniliidino rt^gic |H>le<i-
tfllis i-orlii(|ii(> sriiMiliii fl gnilia speriali, nohililuvi-
inus et nol)ililanius nol>il<>s(|ue rnciiniis ol Iinl)iie4
iiMldiinns . |M<r pn'sciilt's . ixl oninin et sinjpiln quiltiis
cclcri iioliili.>s ivgni nostri iilunliir i>t iiti |Missunl
et rniisiii'voriiiit. Itnqiie dirli (înillelinns Jolinnni's
et TlioMins. nr loin mnini |)<)«>leritnH ninDriiliiM
in legiljino malrimonio proawata «I
i|iiantiinicuinque et a qnotmaqne orifita '
inilicie valeant deeorari, etc. ete. Dalum Pari-
sius die xxii* deoembris. anno Domini millMinio
qnodringentesiino. (Archives de l'Empire, JJ. i.îC.
ir .75.)
//(•toir* gimMagifu H cirowstyi'ft Je U
mai$0H de France, 1. VIII, p. a64.
<'' " A (iuillntime Sanguin , marcksotet bowgwii»
''de Paris, |>our iing niby que M d S doona le dil
-jouroiiKoy noslre sire. . .m'txwu fr. x *. (i&i 1-
'\-]i.) — A Guillaume SmgmM , «Muier. eschanoM <fe
'■M. d. S.ic Duc, lasomniedeceseasdar, «aifaojr
"ledits, esloit leiiii a hii |M>ur uix* ffaayiie dai'gtt
-qui! a fait prendre et acbeter dudil GmilUmm,
-|M>s«nl on\in>n i\'; et yeeRe dnaoëa a BOH^ Ir
•conte de Cliarrolais, son (ib.
•et^ pai^ par vertn des kttres de 1
-M. d. S. doiuiteleTtii*joar deasay I
ojesquelle» il a voulu r< ntand*' la diela
• louer es comptas da payant par
•minpira quil appertnAa saaaeoatredit. ea rap-
• portant, avec mu didn lettres, qailt«iir<> diidil
- 1 iuillaiiiM tant seidaawt. Pa» ce. par ha btira»
-lie niandcaMiil dessus dictas «I «piiltsaew dml-
•lui ft'wVAwair Sayma, faicle le danvnier joar dp
•juing lan dessus dto. tout cy 1
de mm
342 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Indépendamment des bénéfices que devait lui procurer un commerce si florissant, si l'on
en juge par la seule clientèle du duc, Guillaume Sanguin recevait, comme tous les autres
officiers de la maison ducale, les émoluments attachés à son titre d'échanson. Le compte de
Jean de Noidenl, pour 1608, porte que «mondit seigneur le Duc luy donna mil frans, le
r: 1 2° de mars de lan 1 4 1 a '". « Il n'est point étonnant dès lors que sa fortune, déjà considé-
rable, se soit accrue chaque année, et qu'il ait mérité l'honneur d'être placé par Guilleberf
de Metz au nombre des cinq ou six bourgeois opulents dont la richesse était proverbiale.
Le P. Anselme nous a conservé les noms des terres et seigneuries qu'il acquit pendant le
cours de ses prospérités : c'étaient les domaines de Maffliers, de Bethemont, de Chauvry,
dans la riche vallée de Montmorency, d'Ormesson , près des bords de la Marne, de Bcaumont
en Tlnérache, de Meudon et de la Malmaison, résidences qui devaient être plus tard si cé-
lèbres. Il devint encore propriétaire de la vicomte de Neufchâtel-sur-Aisne , ainsi que des
terres de Rademont elCroquetaine, situées dans les environs de Brie-Comte-Roberl. Enfin
il possédait de nombreuses rentes sur des maisons de Paris®, et une grande quantité
d'espèces monnayées, puisqu'il prêta, comme Digne Kesponde, de très-grosses sommes d'ar-
gent au duc de Bourgogne.
A cette époque de troubles, son attachement bien connu pour Jean sans Peur devait
l'exposer à des réactions violentes. Après la découverte de la conspiration ourdie en 1 4 1 5
contre le parti royal et révélée par Michault Lalier à Bureau de Dampmartin '^\ il fut for-
tement inquiété; on prononça même son bannissement, ce qui donne à penser qu'il était
l'un des instigateurs, et probablement l'un des payettrs du complot; Monstrelet, que nous
avons déjà cité à cette occasion , le déclare formellement. Toutefois il ne paraît point qu'il
ait été compris dans les arrestations faites par le Prévôt de Paris , et «bouté en Chastellet,»
où il eût trouvé, d'ailleurs, bonne et nombreuse compagnie, caries conspirateurs n'étaient
pas Kgens de petit fait.» Monstrelet, qui en nomme quelques-uns, raconte ainsi la triste
issue de cette affaire : «Lors furent moult csbahis le.sdiz conspirateurs, et toute leur enten-
Rcion fut corrompue et frustrée. Toutesfoiz ledit Prévost, garni de grant nombre de gens
«darmes, assaillit tantost plusieurs maisons, esquelles il trouva plu.sieurs hommes darnies,
«tous embastonnez et mucez pour acomplir ladicle occision. Entre lesquelz fut prins sire
«Amaulry dOrgemont, larchidiacre dAmiens, doien de Tours et chanoine de Paris, lun
«des presidens en la Chambre des comptes et maistre des requestes, Robert de Bellay,
« très riche drapier, le sire de lostel de lOurs a la porte Baudet et plusieurs autres notables
« hommes ... Et le samedy, second jour de may, furent amenez des neuves haies les des-
«susdiz prisonniers, ou ils eurent les testes tranchées comme traistres. Mais ledit Amaulry
«dOrgemont, comme homme deglise, par lordonnancc du grant conseil du Roy, fui
«rendu par le Prévost de Paris au doien et chapitre de Notre Dame de Paris, a faire son
«procès et sa condempnalion. Lesquels prestement firent son dit procès, en condenipnant
«icelluy au pain et a leaue en chartre. ... Et le vi* jour du mois de may ensuivant, a
«Amiens, par la vertu dun mandement royal , furent bannis du royaume de France messire
f de G escns dor. — Suit un autre paiement ducs de Bourgogne, 1. 1. p. 99, 56 et 5a, part. IL)
"de rai" VI fr. xi s. lu d. tournois potir une chayne '*' Joumald'un Bourgeois de Paru, é^\i. deiyag,
f-dargent blanc destinée au Duc pour mettre sur état de la maison de Bourgogne, p. i4A.
fses plates lorsquil chevaurliait en armes.» (/.«« ■'' Voir àrarlicleBi/reflu rfe Ofl«(/);flrtr/i«, p. 899.
■Jh i-irSut. de
i..\ roi'H Dl". liOUl'vC.ocxi'. .
ic'slil ciii-i- lie ,1 l'.iM - sans -l'iMii- à l'aris.
/' :i^i
I.A HOLIUIKOISIK l'AItlSIKMNE AUX XIV ET XV' SIÈCLES, SAS
njennet de Poix, Jaqucn (ii* KoKhciit, le Hvigneur de Ssint L^r, Binet dAufl«u, llur de
'Sailli, messin; Pliclipi»- <le Morviiler, (îuilLiume Sanguin, et aucuns «nlre» de* gem du
'duc de Bourfj'oiifjne ; et fut pour le Houspecon dextre coulpables de la coiupiraeion faitr a
T Paris cofitn; les royaulx , dont dessus est faicte iiienrion '". n
(les ('ivétietneiits su passaient (pieiques mois après la funeste bataille d'Aziocouri. c'«»l>
à-dire au moment où le parti royal était au\ abois. Nous ne savons si la sentence de ban-
nissement fut exécutée en ce qui concerne Guillaume Sanj^uin; il semble plu» probable
que II! banni se réfuf^ia soit sur les terres du duc, soit dans l'armée Itouq^uigiMMUM, qui
occupait alors l(!s environs de Paris. Peut-i^tre trouva-t-il, sans sortir de Pans, un refufje
assuré dans ce redoutable donjon d'où l'on faisait de si terribles sorties contre l<'«
- Arrriinaz '''\ « Ce qui paraît certain , c'est qu'il dut rentrer ù Paris en l 'i i H , avec le» Iloiir-
''' La ( .hrnniiiue tl' lùi/ruerran de MniiiUrelel , |>ij-
blié' pour lu Sofit'ld ile rilistoirc de Kruiic*', |inr
M. Doiiël «l'Arc»! . t. III , p. i ^i i cl «uiv. — l.e Journal
d'un l!i)ur/[ri)ii dr l'aris rnroiile les fniUs h [wii pr^
roiiiiiD! In cliroaiqiii' dn Moiistrelut ; cr-p<>mlaiit il
iijiiiil<> (|iir>lqii(>M (Ir-tfliJH et des noms propres qu'il nous
(I poni lK)n de reproduire , |Miur coinpli^ter le tniileau :
fflleni, coiniiieiii-niit In scpinniiic |)enricus<! en-
''suivant. qui fut enirniit le treisiesine jour dovril
"lAift, onlrepriiidrenl aucuns de» bourgeois de
-Pari» de prendre reulx qui ninsi tenoient Poris en
"su^ijuclidii, et duvoient ce Tnirc lu jour du l'nnpies
"qui furent le (lixneuviesmc jour dopvril, mais ils
frue le firent |>oint pnr scuh, rnr il fust sreu |>iir
-reuK de In Unnde qui les prinrent et les nuMlrenl
fen prison, et le vinjjtipinlriesme jour dudil mois
-dnpvril l'iiT». fut niem' en un/; tionlierel »
-Iniue le Doien de Toui-s, rhnnoine de Paris, frère
"de lcv(!8<pic de Paris, de devant cclluy qui |>our
fflors estnil ninistro \icolle d()r|;eiM<int . liix de feu
it Pierre dOrjfetnonl. Kn ce |M)int. veslu dun(; (jnuil
l'mAntei de viollet et rlinp|)eron de niesnie. fut-t
"'niesiH^ es Unies de i'nris. et en une chnrrellc de-
-vnnt estoicnl deux hommes de honneur sur deuz
-nii, chacun une eroix de Imis en sa mnin. et
"ovoit Innjf est»* Kschevin de Paris cl loutre esloit
-Imnune d'honneur, et estoit en Ars nommé
-inoislre Ue|;nuull. et IRschevia ilobert de llelloy.
"et a ces deux on coiq)pa les testes, voyant le«lil
-dOrj^i'monl. leipiel nnxoit qmm |)i<'; et npn's
'In justice fut rnmeiié snns osier iludit lumlterel
"en prison ou rhnstel Sninl Antlioine, et environ
-quatre j(iui"s npn's fust pn-srlii' nu pnr>is Nosin'
"Dninede Pnris. (-undanqmé en chartn' pcqielucllc
-nu pnin el n lenue. — ileni. le premier sabuMdy
-lie niny ensuivnnt furent di-collei |M>ur r«> foici
-trois iiKiidl lionnestes honnnes. el de riixoll Uinne
-renomma : c'art asM voir le seigneur d*- 1 ' i i-
-In Porte Baudet, uQg laiotorier ikmiuim Dutuut
'de Vry, ung nurdMiit de litoa el espingiHV
-nonimt^ Jelum Penpiin. H esloit Ip dirt laintaner
"maistn* de la soiiontaim des arbaJeilhef* do F*-
-ris. 1 (Journal d'wt Btmrgmii é» Pmrù. Aiilion im
1799. p. a«j et 3o.)
* l,e Journal d'im BoargeMs de l'mru omiK-iu .
à c<>l tiganl. une page ektrémemeatenrieaae. Le»
journée de juin 1 ^ 1 8 y sont d<<peiatei mmi dn
couleurs ipii rnp|M>llcnt. i s'y méfmtin, k» aas-
sacresde iw.-ptendire 1799. Le iMgafB al^goriqiie
i(ue l'auteur emprunte au Borna» de la Bmt offre
d'nilleurs la plus frmn*le analogie avee les aptw-
sions nlislrailes et emphatiques qu'on empioyail A
celte dernière ^potpie. Voici cet inti^waat paaMg» ;
- «I^rs se leva la IMeMP de DÏMorde. qw 1
-en lo Tour Moucoiiseil. et esveiBa Ire la
- el Convoitise . el iùiragerie et Vengeance . cl prin-
-drent ormes de toutes manieras. el bonleraalhan
-davec eulx raison . jostiee. Mémoire de Wm H
-alrem|>enre moult bantaiaenMal. El qiMnl Irr el
• llonvoilise virent l«> commun de kar
- les esrlHnifTa plus H plus . H vindrenl
-du Hoy. I»rs In- la desviV leur jelU sa 1
-tout anlanl sur leurs lestes; km fumil <
-oullre niesare, el rrmipirrnl poftas al
-entrèrent es pHsons dwlit Palaf* a nm
• nMHill esbabissanl a homme snurpnns. H (>».
-voilise qui ealoil Inr ofpilMW. et portail la
-Kanniere devant qm a««e M ■annit Tlwjfaan et
«Vengeance, qui commaMtmlaaierliaulliMfnl.
rtaet, latttm tkmm Irtit^m Armmai 'Jermi he«.
-se ja pie en ascfceppe en erik nnyt. Lor* Knree-
-nerie la desv^ el Martre et OecsHon abalir^t.
-luerent. nwrtnrml iont eeqvi tronvermi ••« |irin-
MHM merey. insl de lort o« de diwi •«n"
34/i DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
guignons qui y pénétrèrent, comme on le sait, par la porte de Buci, grâce à la trahison
de Perrinet Leclerc.
Guillaume Sanguin avait été wau danger;» il était juste qu'il fût «à l'honneur» lorsque
viendrait le triomphe de son maître. La mort de Jean sans Peur ne diminua point son
crédit : le jeune duc, le considérant comme un des fidèles serviteurs de son père, lui confia,
en i420, une véritable mission diplomatique. Le samedi 3 février, «messire Jehan, sei-
Kgneur de Toulongeon, Guillaume de Champdivers, chevaliers, et Guillaume Sanguin,
wvindrent en la Chambre de Parlement présenter les lettres closes du duc de Bourgongne
wescriptes a llsle, du xxiii' jour de janvier dernier passé, par la teneur desquelles il si-
Rgnifioit a la cour de céans que, dedans le xii de ce mois de febvrier, il avoit intention
ttdestre a Troyes, par devers le Roy, pour entendre ez besongnes et matières pourparlées
«sur le faict de la paix de ce royaume, en priant ladicte cour que voulsist audict lieu,
«pour ceste cause, envoyer les ambassadeurs et députez.» Le même document nous
apprend que «les autres gens du conseil du Roy, les Prévost des Marchans et Eschcvins
« de la ville de Paris avoient receu semblables lettres dudict duc de Bourgongne '". » Il
s'agissait, comme on le voit, du traité de Troyes, et Guillaume Sanguin, sans être précisé-
ment l'un des négociateurs de cette triste aiTaire, contribua du moins à en préparer la
conclusion. Il devait, quelques années plus tard, recevoir le prix de ce service : les ducs
de Bourgogne et de Bedford se souvinrent des tribulations (|ue lui avait values son
attachement à leur parti, et, sur leur recommandation, le banni de i/ii6 fut élevé, en
1/499, à la ''■ij"''*^ "l*^ Prévôt des Marchands. sCeuIx de Paris, dit le Bourgeois auteur du
"Journal, changèrent le Prévost des Marchans et les Eschevins, et firent ung nommé Guil-
wlaume Sanguin Prévost; et les Eschevins furent, cest assavoir Imbert des Champs, mer-
«cier et tapicier, Colin de Neufville, poissonnier, Jehan de Dampierre, mercier, et Bemon
«Marc, drappier; et furent faicts et instituez la première sepmaine de juillet, et, le dixiesme
r-jour dudict mois, vint le duc de Bourgongne a Paris a ung jour de dimenche, environ six
K heures après disner. .. et y ot moult grant conseil"".»
rr cause ou a cause, et Convoitise avoit les pans a la
irsaincture avec Rapine sa fille, et son filx I.arrecin ,
irqui, tosl après quils esloienl mors ou avant, leur
r^ostoient tout ce quils avoient, et ne voulut pas
tt Convoitise quon leur laissast leurs" brayes , pour-
"tant quils vaulsissent quatre deniers, qui cstoit
trung des plus grans cruaultés et inhunianiU^s clires-
ir tiennes a aultre de quoy on peust parler. Quant
ffMurtre et Occision avoit fait, ce revenoit tout le
ffjour Convoitise, Ire, Vengence, qui dedens les
ir corps humains, qui mors estoient, bouttoienttouttes
"manières dannes, et en tous lieux, et tant que
ff avant que Prime fut de jour, orent de cops de
T taille et destoc, ou visaige, tant que on ny po-
trvait homme congnaistre quel quil fust, et ne fut
tfle Connestable elle Chancelier qui furent cogneus
ffou lictou tuez estoient. Apres allèrent ce dit peu-
»rple par lenoitement de leurs Déesses qui le» mes-
fT noient, cest assavoir Ire, Convoitise et Vengence,
(rpar toutes les prinsons publiijues de Paris ; cest
ir assavoir a Saint Eloy, au petit Cbastcllet . au grant
■rChastellet, au Four levesque, a Saint Magloire. a
ir Saint Martin des Champs, au Temple, et partout
f firent, comme devant est dit du Pallays , et nes-
ff toit homme nul qui, en celle nuyl ou jour, eustosë
(f|)arler de raison ou de justice, ne demander ou
welle esloit enfermée. Car Ire les avoit mises en si
<rj)rofonde fosse, quon ne les pot oncques trouver
"•toute celle nuyt, ne la journée ensuivant.- (Jour-
nal d'un Bourgeois de Paris, édit. de 1739, p. 4o.)
''' Félibien , Histoire de la ville de Paris , Preuves ,
t. IV, p. 58i b.
'■' Journal d'un Bourgeois de Paris, édition de
17-29, p. 19.3.
.1 LAN - SA.NS- l'KlK
•l"i.na.u audu-n.v.lnn, imr «hnml.rr H.- In Tour dr |i..„, «^..v^nr (,
^»>
/• -»*#
LA bOLliGEOISIE PAHlblE.\iNK Al\ \l\ Kl W* SIÈCLES !«
Pliili|)|)<; lo Bon pouxiit rorii|it(T itur Guillaume Sanguin, dunt I«hi rooM-iU nu lui lirtml
sans (luul)! pats plus dt-faul (|uc la buuriii;; niaiM les Armagnac» ne virent itn» mos une es-
lr()niu irritalion leur ancien ennemi devenu chef du gouvernement municipaL L'ano^
royale sY-tait alors portée Kur Paris, à la suite de la Icvde du siège d'Orléans, et Jeanae
d'Arc était dans ses rangs. Guillaume Sanguin fut le premier k recevoir de iee nooTelle».
" Kn icelluy tems, dit le Journal de Purin, les Arniinaz firent escriprc lettres teelMes do Kcl
■^du comte dAlençon, et les lettres disoient : A voua Prevotl de Parié, et Ptevo$t dm Mtt-
ncltan», et Eschevini; et les noniiiioient par leurs noms, et leur niandoient de salus par bel
1" langaige largement, pour cuider esmouvoir le peuple lung contre lautre; mais on aperçut
«bien leur malice, et leur fust mandé que plus ne gettassent leur papier |>our ce faire, et
«nen tint onques compte" . ^ Guillaume Sanguin eut donc i soutenir l'assaut de Jeanne
d'Arc le S se|ttr'mbr<' i/iuy; et il était encore en charge lors(|ue Henri VI eiigea la pres-
latioii de seruieiil de tous les personnages constitués en dignité. Il est désigné nommé-
ment dans le procès-verbal de cette .séance, avec Hugues Rapioult, maître des requêtes
de l'Ilûtcl, qui devait lui succéder, et il entendit lire la formule suivante : «Vous jures et
K promettez que a nostrc souverain seigneur Henri, par la grâce de Dieu, roy de France
^et dAngletorre, cy présent, vous obéirez diligenunent et loyalement, et serei ses loyauli
«officiers et vrais sngiez, et de ses hoirs perpétuellement, comme vray roy de France, et
«que jamais a nul aultre pour roy de France ne obéirez ou favori.sere2. Item que enlen-
«drez et employerez tous vos pouvoirs a la garde, tuition et deffence de sa bonne ville de
«Paris.» Et fut, dit le document que nous citons, «le serment faict par les dessusdicls '' . i*
A partir de cette époque, il n'est plus question de Guillaume Sanguin dans la vie
publique; mais ses affaires privées ne cessèrent point de prospérer, malgré le» malheurs du
lemps. On le voit acheter les rentes des seigneurs appauvris et vendre de richi*s joyaut,
comme à l'époque des splendeurs racontées par Guiliebert de Metz. Les archives de Lille
contiennent, à la date de tliZn et t/i35, deux articles constatant que notre |><>r8on-
nage était resté le fourni.sseur des princes'^'. C'est vers cette époque qu'il maria les deui
enfants naturels (|u'il avait eus, dit le P. Anselme, de deux mères différentes; ces enfants
étaient: i" Jean, bAtard de Sanguin, seigneur de Villeneuve, Maflliers, Bethemoot, la
Malmaison, Ormes.son, etc. né vers iSgu, légitimé en lAoi et anobli en i4i4; a* Per-
rettc Sanguin, léjptimée en i/iaS par Henri VI, mariée en i 636 h .Mathieu de Longueil,
puis avec Jean de Thieuville.
Jean Sanguin, frère de Guillaume, n'ayant point eu d'enfants mAles, la famille ne se
" Journal d'un Rnur/rroin de Paru, p. i ad. donne par le duc à (^Madame la Jaihiaw sa <
' Vi'-\'i\t'u'i\. Ilitioirr ilr la \ ille de Paris . l'roiiv<>!i. paigne, le premier joor de iaa dwraÎB paM^al
I IV, p. .^9.3 b. Mn'swii. pour h* ettrain». du pris de r' 1
''' Suit l)> piiiciiit'iil Tnit ^(1 ^'uiV/fiHMM Sui^iN (H — Suit le |Mii<>niPiil fait >a GuiUtmm
aullr(>s iiinrrliniilsdiino soiiiiiiodcseiecent soixniitf conïwiler ri uioitre dmtel du duc, pour prix de la
<)ii»> salus dor rt vin)rt deux livres dis sols, du |iri\ vriitc dun ridw tableau dor, garai de piuiuiu.*
de M. (jr(« uiounaio il(> Klnmlrm In livre,- iwur, fnilo» quand le Roy NS p( la Royae la} •■! I
nuilit (iuilluuni(> Sniijpiiii, irun tableau dor In» que i>u »on nom ils ont lait leiw d
rirlif. goruy de v Ixuis Uniaix. vi jpins saphirs et l«Mir iiiffcnt inasie dont elle fpA a
de \u\ perles |)csaut un;; marc sept oitces dor.» vi' solu» dor. •
«■"T. I. il
346 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
perpétua que par le bâtard de Sanguin. C'est donc de ce dernier que descendaient : i° An-
toine Sanguin, dit le cardinal de Meudon, évêque d'Orléans, archevêque de Toulouse, grand
aumônier de France, qui parvint aux plus hautes dignités par le crédit de sa nièce, ia
duchesse d'Étampes, favorite de François 1"; 2° Jean et Christophe Sanguin, qui furent
Prévôts des Marchands sous Henri IV et Louis XIII.
Guillemin Sanguin mourut le i4 février i44i, quatre ans après l'entrée solennelle de
Charles VII à Paris. Il fut enterré à l'église des Saints-Innocents, dans la chapelle Saint-
Michel, qu'il avait fondée avec son frère Jean, laissant, dit le P. Anselme, une valeur de
plus de cent mille écus en meubles; on sait d'ailleurs que ses biens territoriaux étaient
extrêmement considérables. Sa succession donna lieu à de nombreux procès, sans doute à
raison de l'illégitimité de ses enfants; mais ses petits-enfants finirent par la recueillir, et
elle suffit à les pourvoir très-largement, quoiqu'ils fussent assez nombreux.
Par suite de leur anoblissement, les enfants Sanguin ne prirent plus le titre de bourgeois
de Paris , ou du moins le P. Anselme ne le leur donne pas. Les membres de la famille
inhumés dans les églises ou les cimetières de la capitale sont :
1° Jean Sanguin, f ihab;
9° Guillaume Sanguin , II' du nom, 1 1 44 i, inhumé dans la chapelle Saint-Michel, dans
l'église des Innocents;
3° Jean, bâtard de Sanguin, père de Louis Sanguin, f i468, et inhumé dans la cha-
pelle Saint-Michel, à l'église des Saints-Innocents;
4° Justine Sanguin , femme de Guillaume Aguenin, | i5o3, et inhumée à Sainl-Merry;
h" Guillaume Sanguin, IIP du nom, écuyer, conseiller du Roi et trésorier général de ses
écuries, f iSig, et enterré à Saint-Nicolas-dcs-Champs;
6° Catherine Sanguin, femme de Christophe Le Picart, ■\ i544, et inhumée à Saint-
Nicolas-des-Champs ;
7° Antoine Sanguin, cardinal de Meudon, qui fit commencer le château de ce nom,
I 1559, et enterré à Sainte-Catherine du Val des Écoliers;
8° Jacques Sanguin, seigneur de Livry, Ëchevin en 1067, sous la prévôté de Nicolas
Legendre, et Conseiller de Ville en 167 j, inhumé à Saint-Merry;
9° Jacques Sanguin, seigneur de Livry, conseiller en la Grand'Chauibre du Parlement,
Conseiller de Ville en i 58i, Prévôt des Marchands de 1606 à 1611, inhumé à Saint-Mcrrv;
10° Christophe Sanguin , seigneur de Livry, conseiller d'Etat, président aux requêtes du Par-
lement, Prévôt des Marchands dei698ài63i,|i64i, et enterré également à Saint-Merry.
Les listes de l'Echevinage parisien portent encore les noms de :
Claude Sanguin, qui fut Echevin en iSaS, sous la prévôté de Guillaume Budé;
Jean Sanguin, secrétaire du Roi, Conseiller de Ville en 1 555, et Echevin en 1 56o, sous
la prévôté de Guillaume de Marie;
Pierre Sanguin, conseiller-mattre des requêtes du duc d'Anjou, en 157a, et élu Con-
seiller de Ville l'année suivante;
Gudlaume Sanguin, secrétaire du Roi, Conseiller de Ville en 1607.
Enfin les Comptes et ordinaires de la Prévôté de Paris, recueillis par Sauvai, mentionnent,
à la fin du xv° siècle, deux Simon Sanguin : l'un marchand drapier, chanssetier et bour-
geois de Paris; l'autre gruyer de la forêt de Livry en Lannoy.
LA BOl li(;EOISIE PAHISIENNE AUX XIV' KT XV' SIÈCLES. S47
A partir de 16/11, date de ia mort de Cliri»tO|ihe Sanguin, ce nom ne reparaft iilu»
duiis li.-s iinnalcs |ifiri.si(>nnc>s. Nous devons faire remarquer, en oaire, que les anamnm
des Sanfjiiiii de IJvry n'ont rien de commun avec celles (|ue portaient les praaûcn Sao-
f{uin, chanfjcurs et bouri^cois de l'aris. Les /•pitaphieni des bililiothèquec de niAtel de
Ville et de l'Arsenal donnent pour blason aux Sanguin de Livr)- : d'azur i^ la bande d'or.
aci-ompa(;ML-e, en chef h sencstre, de trois glands du m^mc, pofée deux et un. et en
pointe h dcxtre, de deux pattes de griiïon d'or passives en orie h la pointe de l'ëcu.
JACQUES DtCHIÉ' .
Ce personnage, sur lequel Guillebert de Metz donne les détails \e» plus circonslaocié*,
est précisément celui qui nous était le moins connu. Jusqu'au dernier moment, malgré le
7.èle et l'expérience des érudits (|ui nous ont, en cette circonstance, prêté fort obligeamment
leur concours, les recherches n'avaient pu aboutir: imprimés et manuscrits demeuraient
é|;«lenu'nl muets. .Nous avions bien rencontré un Ihiclié dans le Rôle de la Taille de 1 399 ;
un seigneur du Cbier, en Sainlonge, qui existait au commencement du xiv* siècle, et dont
la présence à Paris pouvait ^tre constatée''"; un Ducher, mattre d'hôtel ordinaire du Roi
sous le rAgne de Henri III'''; un Iterlhelot de Duchy, qui vivait plus tard mcore**'; bmm
aucun de ces personnages ne pouvait <!tre le Ducliié dont nous cherchions la trace. Ri
cependant il s'ngi.ssail d'un homme considérable, d'un des cinq ou six bourgeois les plus
opulenis de Paris, puisque notre auteur le place sur la même ligne que Bureau de Dam|»-
mnrlin, Digne He.sponde, (iuillaunie Sanguin, Miles Baillet, etc. qui formaient alors ia
haute aristocratie bourgeoise. L'hôtel qu'habitait cet heureux mortel indique même une for-
lune supérieure ou du moins des goAls plus artisli(pies et plus luxueux. Convaincu que la
ipiestion ne pouvait iHre ré.solue que par l'étude attentive des documents financiers et topo-
graphiques <les xiv' et xv' siècles, nous avons exploré les censiers et comptes de l'époque,
ain.si que les archives de l'A.ssistancc publiipie, si riches en indications de toute nature.
' Nous nvoiw roiiscn'i' rncrciil nifpi. |>onr ne
jHiiiU (It'Iijfuirr le nom sous lc(|iirl ro |M>rsonnage
est rnniiii (li>|niis In première piililiralion du texte
(le CiiiilIclH'rl (le Metz; ninis In prtWiilo iiolior. en
clflhlissnnt riilciilili' du |iivtoiidu JnrquiN Ducliié,
•'\|di(|uo i'nU<<rnlii)n que »on nom u subie el it'la-
l)lil rniirionno or(hn|<;rnplii-.
" (.onsuller le P. Aiueinie. I. V. p. 364. H
LVm.p. 819.
') NotM «ton» entre le laaiai — » yiUate ori-
(pnale lignât de lui.
" Aieyvcade r.AMHUnee pufaiiqae. /arminrw
1111 wVw Jt» trrlùrf» 4t CHM-Din, p. i«l.
n" 1667.
348 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Ce dernier dépôt nous a révëlé l'existence d'un certain Jean de Douclii, clerc du Roi en la
Chambre des comptes, qui vivait en t356, et possédait une maison à Paris, rue Geoffroy-
l'Asnier'''. Par une coïncidence des plus heureuses, les Comptes de l'Hôtel, que M. Douët
d'Arcq a publiés récemment pour la Société de l'histoire de France, nous ont fourni le nom
de «maistre Jaques Ducy» ou s de Ducy, » également clerc de la Chambre des comptes,
et, selon toute probabilité, fils de Jean de Douchi, dont il aurait eu la survivance.
Ces premiers résultats, bien vagues encore, avaient besoin d'une double confirmation :
il fallait s'assurer d'abord que l'unique manuscrit de l'ouvrage ne portait pas Duchié, mais
Duchie, sans accent, et se rappeler que Guillebert de Metz emploie généralement le dia-
lecte picard, puisqu'il écrit chimetiere; puis il était nécessaire de constater la possession d'un
hôtel dans la rue «des Prouvclles» par ce r maistre Jaques Ducy, » dont la qualification
et le prénom s'accordent si bien avec le texte de notre auteur. Or le manuscrit consulté ne
porte pas la moindre trace de l'accent aigu, qu'on ne trouve d'ailleurs dans aucune pièce
de la même époque , et renferme en outre plusieurs exemples de l'emploi du ch pour le c.
D'autre part, la prononciation picarde semble avoir été employée concurremment avec
l'autre, si l'on admet avec nous que Jaques Ducy ou de Ducy, clerc du roi Charles VI en
la Chambre des comptes, est le fils et le successeur de Jean de Douchi, qui remplissait les
mêmes fonctions sous le règne de Charles V. Enfin le Rentier temporel de l'Evesché de Parit,
pour l'année i5^p'*, contient une mention décisive : Jaques Ducy y est cité comme possé-
dant, dans cette même rue «des Prouvelles,» trois maisons dont on indique les proprié-
taires antérieurs, les abornements et la cote censitaire. En présence de cette dernière
découverte, le doute n'est plus permis : maistre Jaques Ducy, Douchi ou Duchie, clerc du
Roi en la Chambre des comptes, est bien le personnage que Guillebert de Metz a connu
et dont il a décrit la magnifique résidence.
Après cette importante identification, il y aurait à expliquer l'immense fortune de
Jacques Ducy et la construction de son hôtel ; mais nous ne connaissons ni les biens que
lui laissa son père, ni ceux qu'il put acquérir par alliance ou successions, ni les bénéfices
plus ou moins licites que lui procura sa charge. On sait qu'à cette époque le trésor public
était dilapidé de la façon la plus déplorable, et que les prodigalités les plus ruineuses
étaient passées en habitude. Sans suspecter la gestion de notre personnage , on peut sup-
poser qu'il a reçu de nombreux cadeaux, de riches «étrainnes,» comme on disait alors,
tant du roi Charles VI que des princes, seigneurs et souverains étrangers avec lesquels il
fut mis en relation. Les Comptes de V Hôtel nous fournissent, à cet égard, de précieuses indi-
cations. La première se trouve dans un état présenté au Roi «pour le terme de Penthe-
«couste lan m.ccc.iiu" et i, le Roy estant a saint Pol» : Jacques de Ducy y figure, avec
douze autres clercs des Comptes; il a droit à deux manteaux de clerc valant chacun cent
sous parisis'^'. Une mention analogue existe dans un état dressé «pour le terme finant a
«la saint Jehan lan m.ccc.iui" et m, le Roy estant au LouvTe a Paris;» Jacques de Ducv
'"' Archives de l'Assistance publique, /«««itairc* ''' I" compte des despens de Ihostel le Roy
sommaires des archives de l'Hôtel-Dieu, p. aao, Charles, du premier jour doctobre lan mccciui". . .
n° 9954. jusques au premier jour de juillet ensuivant, lan
'"' Archives de l'Empire S, i a54 , f" a8. n.ccc.nu" et un. (Arch. de l'Enip. Reg. KK. 5o.)
LA HOLlUiKOlSIK PARISIKNNE ALX XIV ET XV SIÈCLES. 349
y occupe le tn^mc rnnf', et il lui e^t ncconli'ï un manteau'". Enfin le« archive* de l'Empire
(Re|;. KK. •i'], f" 1 fiij) contiennent l'nrticle de d<?|»cnitc que voici : i A Mathe Crutth<Halo.
R trésorier de IKnipereur de (lonstantiiiople ''', (lour deniers a lui baillez coin|itan» par ledit
? arf,'entier, pur vertu de» lettre» du Roy nostre sire, dont cy dcMUs est faide meodoo,
'pour et ou nom dudit Empereur, données le xiii* jour daoust, lan mil quatre ceiu, ey
n rendue a court; laquelle quictancc fut veue et leue en la Chambre des comptes le uil*
«jour de Keplemltre ensuivant, ou dit nn, et escrit au dos, mmtn k taiiig wuonti iwifr»
ttjaquei Ducy, quelle tendra lieu audit aq^entier en la despense de ses eomple*, il* fraiu
«valent xvi I. p.»
Notre pcritonnage eut donc divcrxcs occasionn de devenir riche, s'il ne rëleildëjà. Quant
h son liAtel, il y a tout lieu de .supposer qu'à l'exemple de plusieurs bourgeois et seigneurs
de la m^nie (époque, il le lit bâtir sur l'emplacement des trois maisons qu'il avait acquise*.
Or, conmie il les possédait encore en iSrjg et que Guillebert de Metz écrivait entre le»
années 1/107 ''^ t^i3/i, il parait probable que la construction fut achevée dans les pre-
mières années du xv* siècle; qu'elle était alors dans toute sa nouveauté, et qu'on la citait
comme une merveille. M. Berty constate, à chaque page de la Topographie hiitorûfHe eu
Vieux Pnrin, ces transformations d'une ou de plusieurs maisons de bourgeoia et d'artisan*
en hAtels seigneuriaux; et les ('randes fortunes qui se firent ou se défirent sous le règne
de Charles VI expliquent ces nombreuses «folies.» C'est le nom qu'on donnait alors et
qu'on a continué de donner aux fantaisies architecturales des riches particuliepi.
Il nous eât été agréable de terminer cette notice par la reproduction du «saing manuel
t* maistrc Jacpies Ducy, n a|>posé sur la « quictancc veue et leue en la Chambre des compte»; >
mais ce document peut élre considéré comme introuvable : s'il n'était point détruit à
l'époipie (le l'imendie de I 737, il a dû disparaître dans ce regrettable sinistre.
MILES BAILLKT.
Sauvai semble considérer la famille Bnillet comme fort ancienne, car il lui attribue la
dénomination d'une des rues de Paris: «La rue Bnillet, dit-il, vis à vis la porte de la
«Monnoie, se nommoit, en «397, la rue Dame Gloriette. Peut être l'appelle-l-on la m^
C' II' compte dos <lm|M>ns de Ihoslel le Roy '- Il «'agit de l'eapcrar MaMci III
(ilinries, du premier jour de juillet Inii Mxr.c.iiii" qui lit Mm entrer k Paris le S JMI i4oo. (Vatr la
et uu. juMjiK's mi piviiiiiTJour de jnnvier eiisiiiviint nionlioii qu'eu iaitliuili«lMrtdall*iB,t(lBaaled*al
"MceUn. (Arch. derEnip. Keg. KK. fol. «51 47.) ettta aMBlkn Ml aeeoaipifnfc. p. «3* alMte k.)
350 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
«Baillel, parce que (juclqu'un de la famille des Baillet y a demeuré" .» Même conjecture
j)our une ruelle de l'ancien quartier Saint-Antoine : r 11 se pourroit faire encore que du
«nom de cette même famille vint celui de la rue des Balets, et que sans doute le peuple
«a dit la rue des Balets, au lieu de la rue des Baillets ®. »
Nous ne discuterons point ces deux origines; mais nous constaterons avec Sauvai que la
famille Baillet comptait parmi les plus anciennes de Paris. 11 est fait mention, en i3go,
d'un Jean Baillet, écuyer, qui portait d'argent à trois chardons de gueules, feuilles et
soutenus de sinople. Sous le règne de Philippe de Valois, Henri Baillet possédait déjà la
charge de trésorier de France, qui devint, en quelque sorte, héréditaire dans sa fumille.
Il eut de Jeanne des Essarts, sa femme, Jean Baillet, que le Dauphin, depuis Charles V,
nomma trésorier général de ses finances en iS^y, et qui fut assassiné en t358, dans la
rue Neuve-Saint-Merry, par un changeur nommé Perrin Marc. Il avait épousé Jacqueline
d'Ay, tante de la vicomtesse d'Ay, femme de Jean du Drac '•'". De ce mariage naquit Miles
Baillet, que Guillebert de Melz a connu et qu'il place au nombre des plus riches habitants
de Paris à l'époque oii il écrivait.
Si la fortune de Miles Baillet n'était point attestée par notre auteur, elle le serait par un
document de l'année i4o4, qui appartient aux archives de l'Hôtel-Dieu, et constate une
vente importante des fiefs et fermes situés sur le finage de Créteil. Le vendeur y est qua-
lifié de conseiller et maître des comptes du Roi, et l'acheteuse doit lui payer la somme
énorme de sept mille livres tournois'*'. Lorsque Miles Baillet fit cette aliénation, il était
''' Histoire et recherches des antiquités de la nlU
de Parix, l. I, p. i i-j.
'■'' Id. ibid.
''' La Roque [Traité de la noblesse, p. 69) cite
(les lettres d'anoblissement données à Gisors, le 9 5
mai 1357. par Charles, (ils de Franco, duc de
Normandie, en faveur de Jean Uaillet et de Jeanne
Le Coq. sa femme. S'il s'agit du père du Miles
Baillet, il faudrait en conclure qu'il était alors marie
on secondes noces.
'' Voici le sommaire de ce document : ir Vente
-par Miles Baillet, conseiller et maître des comptes
"da Roi, a Marie la Guerine, moyennant 7,000
"•livres tournois a compter en escus dor a la cou-
Tonnepour dix huit solz ])arisis,n de divers biens
ci-après désignes : un hôlel avec un colombier et
ses dépendances et trois quartiers de vignes et de
jardins; un autre grand hôlel situé en face du pre-
mier, avec colombier, pressoir, granges, bergeries
et jardins, contenant environ six arpents, aboutis-
sant par derrière au chemin trqui va au Mesche;»
un hôtel et un jardin conligus au clos de six aqients
ci-dessus désignés ; vingt arpents de saussaie en la
rivière de Marne; un arpent et demi de vigne au
lieu dit cren Rouge Oeul;i neuf arpents de prés
vers la Seine et la Marne; environ quinze arpents
de bois à Sacy, tenant aux bois de Notre-Dame;
environ trois cen(« arpents de terre, tenus tant en
fief qu'en censive; frdeux gors a j)escliier en la
(T rivière de Marne, appelez les gors de Brisepain,
"ainsi comme ilz se comportent , avecques les deux
"pars de la maistre arche qui est emprés lesditz
"gors, chargiés de soixante cinq solz parisis de
(Trente par an envers labbé de Saint Mor des ¥m-
iTsez, et des deux pars des reparacions de ladicte
cgrant arche ;'^ de sept livres deux solz quatre
deniers parisis de rente annuelle et de six deniers
parisis de cens; quatre arpents et demi de prés et
quatre arpents et demi de terres lal)0urables, pris
à ceux des Filles-Dieu de Paris. Celte transaction
est du 8 juin i4o4. (Intentaires sommaires des ar-
chives de l'Assistance publique, Hôtel-Dieu, p. 198.
n° 3599.) Il résulte de ce document que Guillebert
de Metz était parfaitement informé lorsqu'il écri-
vait: ((Avec ce, ledit sire Mille avoit hors Paris, de
"trois costez de la ville ou ses héritages estoient, si
(Tgrans hostelz a haulte cour et basse, que ung
ffgrant prince se y logoit bien.» Nous connaissons
ses trois hôtels de CréteU; restent donc deux
autres (r costez de la villes où le riche financier de-
vait posséder des maisons, fiefs et fermes d'égale
importance.
LA BOUHGKOISIK l'AHISIEN.NE ALX XIV- ET XV' SIÈCLES. SSi
(j(.'|)uis |ilii!«i(Mtr8 annf^CK déjà chargé de l'adinini*tration des financef |>our tou» I«h iNijr* àf
laiifpK! d'oïl, c'cttt-à-diro pour la moitié dt; la France. Il avait pour collègue, dan* le» pat*
(le liitigued'oc, Guy Clirélien, qui exerçait également cette fonction depui» un certain lemp*.
(ii-llf douille !situiilion résulte d'une ordonnance du roi (iharle<« VI, en date du 7 janvier
\holi, porlnril les dispositions suivantes : «Item avons ordené et voulons que, |>our le
r|rouveriictiH;nl de toutes nos finances, venans en quelque manière que ca «oit <le ooalre
'•domiiitic de tout nostre royaume, tant des parties de langue doyl, conuM oeHaa lie
« langue doc, nous aurons seulement deux trésoriers, ainsi comme anciennemeol wuloil
"estru, et avons ordené (|uc nos amez et feaulx Mile Raillet et maistre (îuy Gnatico, qui
"pfir aviml esloient ou dit oUicc, y demeurent '.«
Il résulti; (le la lecture de celle pièce, d'abord que le nombre de» trévin-r^ -"t.iit luul-
liplié ahusiveiiieiil dans les dernières années du xiv* siècle; puisque Mile» Baillet et wn
collègue étaient déjà en charge avant l'année tâoo, carie Roi ne fait que les confirmer
«lans l'exercice de leurs fonctions. Les historiens du temps ne disent rien de Miiet Baillel
et de sa gestion; à une époque où les récriminations étaient si vives et les réaction» «i
pronq)tes, ce silence est une jirésonqttion en sa faveur. Il est toujours bon, quand on e»t
fenunc ou conqitable, de ne pas faire parler de soi. Quant à la vie privée de notre per-
sonnage, nous n'en connaissons rpie très-imparfaitement les détails : on sait seulement
qu'il épousa Denise Boucher, qui ne lui donna pas d'enfants, et qu'il institua |H)ur héri-
tiers ses neveux, fds de sire Arnoul Boucher. Il était mort en i&ai, puisqu'il est ap|M>lë
H celle époque "feu sire Miles Hnillel''^'. » Si l'on ignore la date précise de son décès, on a
du moins la cerlilude «pi'il fut inhumé à Saint-Merry, où la famille avait sa sépulture.
L'épilapliifM' iiiaiiiiscril de la hibliolhè(|ue de l'Ilôlel de Ville ilonne les épitaphi-s de Jeanne
litiilli-t. femme d'Aubert le Virle, de Thibault et René Baillft, présidents au PaHcment. et
A' André linillet, bailli du Palais; puis il ajoute : « Les autres prédëeeaseurs, savoir, //ean et
« /Wi7c.i Itfiillrt, trésoriers de France, Jean Baillel, général de France, Pierre et Jtiut BniUei.
«maîtres des roqutîles , et leur autre frère Jean liaillet, évt'que d'Auxerre, sont entern^ -ni
«chd'ur de celle église de Sainl-.Médéric.» On ne trouve qu'un membre de la famille
Baillel inhumé hors de Saint-Merry : c'est Isabelle Baillet, femme de Nicolas Potier de
Blanc-Mesnil, président du Parlement et chancelier de France, enterrée aux Sainls-lnno-
renls, où se trouvait probablement la sépulture de la famille de Blanc-Mesnil.
Miles Baillel eut deux frèri's, Pierre et Oudart Baillel, ce dernier conseiller au Parlement.
On trouve le nom d'Oudart Baillet au bas des lettres patentes, en date du 'i octobre 1 ^iS.
par lesquelles Charles \ 1, à la suite de la funeste bataille d'Axincourt, commit le soin de
la sûreté et Irantpiillité de la ville de Paris aux présidents du Parlement, Mn» pn'judire
de l'autorité du Prévôt des .Marchands et des Echevins. Deux ans auparavant, il e»|
question, dans des lettres d'abolition données par le Roi, d'un Guillaume Baillel qui.
avec un certain nondire d'autres individus, est nommément exclu du bénéfice de la rlé-
mence royale, pour avoir, dit le dncumont original, «commis divers taxé* <lans Pari».
"extorqué argent et meubles daucuns, tant de ladite ville que autres, les aucuns noyex.
' Archives <lc IKiiipire. J. ^68, n* 10. — ' f^oa^lM «< Qr*Mir«i àt Im Pm*â 4t NrU,
Sauvai, t. III, |). 989.
352 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
«autres occis et faits prisonniers, et les dicts excès commis entre autres par aucuns ayant
Rladministration de la ville'".»
Il paraît probable que ce Guillaume Baillet n'appartenait pas à la famille du trésorier
«des parties de langue doyl;» car il avait certainement pris part à l'émeute cabochienne
des Chaperons blancs. Miles Baillet et ses deux frères furent, au contraire, fort dévoués à
la cause royale, puisqu'après le traité de Troyes ils eurent à subir les représailles du parti
anglo-bourguignon. On exerça même contre Miles Baillet une sorte de confiscation pos-
thume : les Comptes et ordinaires de la Prévôté de Paris , pour les années i i 9 i et 1 4 a 3 , portent
les mentions suivantes : i° «De M' Germain Rappinc, lieutenant civil du Prevot de Paris,
«pour une maison rue de la Warrerie, qui fut a feu sire Miles Baillet, et depuis aux en-
«fants de feu sire Arnoul Boucher*^';» a° «Maison qui fut a sire Miles Baillet, rue de la
«Voirerie, etc.'"» 3° «Maison qui fut a sire Miles Baillet, scise rue de la Voirerie, chargée
«envers W Pierre du Boz, chapelain de Saint Martin des Orges, fondée en leglise Saint
«Germain des Prés, de vingt solz parisis de rente; M" Germain Rapine, avocat au Chastelet
«de Paris '*'; » k" «Terres scises a Mitry, qui furent a Denise, veuve de sire Miles Baillet,
rx absente, données a James Houtar, Anglois'**;» 5° «La terre et seigneurie du Tremblai, qui
«fut a sire Miles Baillet, et depuis a ses hoirs, absents, et ne doit pour relief que la bouche
«et les mains, avec le quint denier, si ce nest personne privilégiée; lesdits héritages
«donnés par le roi a James Houtar, Anglois ''''. » Ces mentions sont éloquentes dans leur
brièveté : elles prouvent que les vengeances politiques atteignaient le défunt dans la per-
sonne de sa veuve et de ses héritiers; elles attestent, en outre, que l'émigration était déjà
une nécessité, puisque Denise Boucher et ses deux neveux Pierre et Bureau, qu'on appe-
lait les Boucliers, sont déclarés absents. Enfin, s'il est permis de hasarder une plaisanterie
dans un aussi grave sujet, on est tenté de sourire en lisant le nom de l'homme de loi
chargé de poursuivre cette œuvre de spoliation : il se nommait l'avocat Rapine. Peut-être
méritait-il mieux que son presque homonyme, le commissaire ordonnateur du Directoire,
les honneurs de ce quatrain bien connu :
Le pauvre Suisse qu'on mine
Voudrait bien qu'on examinât
Si Hapiitat vient de rapine.
Ou rapine de liapinat.
Les Comptes et ordinaires de la Prévôté, où nous avons recueilli ces mentions affligeantes,
en contiennent heureusement une d'oiî il semble résulter que Charles Vil répara les torts
faits à ses fidèles tenants. A l'année lA^S, sous la rubrique «avantures,» on lit : «Les
«hoirs sire Miles Baillet, jadis trésorier de France, pour le jardin de la Barre du Bec, ap-
« proprié a Ihostel dudit trésorier, et a Ihostel feu Arnoul Bouchier, en son vivant notaire
«et secrétaire du Roi, et conseilleur en son audiance '"'. » Les hôtels dont il s'agit repré-
'"' YéVibïen , Histoire lie la ville de Paris, Preuves, '*' Comptes et ordinaires de la Prévoie de Paris,
t. V, p. 3a9. dans Sauvai, t. III, p. 3o5 et 5-jli.
'' Comptes et ordinaires de la Prévôté de Paris, '*' Id. p. 3a5.
ans Sauvai, t. lil, p. 58a. « Id. ibid.
" W. p. 298. 1') Id. p. 4a5.
LA BOURGEOISIE PARISIENNE AUX XIV» ET XV- SIÈCLES. 35S
MMi(iiictit-ils, apri^s plus d'un (lemi-siècle, la magnifique r<fKidonce sise «eo la Voirie,» et
(ic'fcriti; |iar (<uillcl)crl d*; Metz? C'est une question dont l'csaincn appartient i la Topof[nMt
liiêtoriijuf lin Vii-itx Paris, et que le dé|)Ouillciiicnt des censier» permettra certaineDeot de
résoudre.
A pirtir d(; l'année t/ï^B, on suit facilement les traces de ta famille Baillet. En i5i i,
le janliii de la ISarre-du-Ber est dit n|)|iartcnir raux hoirs feu Miclicl Baillet.» En i5i9,
Tiiibaull Baillet, |)iv.si(lt'iit en lu Cour de Parlement, est délégué avec Roger Barme, avocat
à ladite cour, «pour publier, décréter et arrester les coustumes généralea et locales de la
<t prevosté et vicomte de Paris '". » C'est ce même personnafje qui fut charf;é d'une misaioa
analof^uc à Poitiers, et dont Jacques Capel fait l'éloge dans son discours en l'honneur de
Paris. Les Haillcl rontiiiuArent d'ailleurs i!isié(;er au Parlement pendant lesxTi*et svii* siècles,
et Félibien cite, dans ses Preuve», de nombreux documents où leur nom est mentionné*.
Pour rendre un peu moins incomplet le travail qui précède, nous aToni eok penaéeiTy
ajouter deux documents importants : i* une liste des bourgeois notables de Paris, soigneu-
.semcnt relevée dans les pièces authentiques et dans les meilleurs ouvrages d'érudition;
9° un état des habitants de la capitale c^ui |)rêt^rcnt, en lAiS, serment de fidélité h Jean
sans Peur. Ce dernier document nous a été obligeamment communiqué par M. Guilbault,
juge honoraire i!i Saintes.
LISTE DES BOURGEOIS NOTABLES DE PARIS
À L4 FIN DD IIV* SliCLB ET AU C0MMB<<CKIIE7IT DO XT*.
PREMIÈRE CATÉGORIE.
BOOIIGEOIS ET MIRCUAMOS 81XS KVlKt OClLIFICiTIO!*.
Airoery.
Ausacl d'I*ry (Renaut).
Bu4iol (Pierre).
B«rifud(Pi«n«).ikVi
Agode (Robert).
Aiixcn (Guillemin).
Bareau (Gailbume <le).
BfWlL
Alart (Jacques).
Bameu (GuiilaanM).
Bairiz (Jeu).
Allas (Syiiionin).
Barhelier (Jarques).
Bim7(MiUHde).
Vm[lmmig).
Allt>nval(Ji'nii).
Karliolier (Jean).
Baugù(D«wad«).
HtmI (GmI).
Alluart (Pierre).
Riijpioni'o (OuiHatinic).
Baaier (Jehumin).
BilirdL
Ainienii (Pierre).
ttaigniaux (Jean de).
Baortn (Jean).
WÊmmi(imm).
Amiul (Jean).
Bùile (Pierre).
Batille (Guiliaoïne).
mmmULmmy
Apolliirnirv (Rirhard Y).
Baillet (Guillaume).
BMCkMl(J«M).
Arryo» (Jean d').
Baillet (Milles).
BMiqaa (GuiUiyiÉi).
Biais (Jaw 4a).
Arofiier (Lmis).
Baillcl (Oudart).
BM<iMt(J«n).
BlMchal(nafrt).
Arrode (Nicola.i).
Bairon (Jean de).
Mut (Ptiiiippe).
mÊmimm(Um).
Arloi.< (Jean d').
Baiasclac (Hugueiin).
Baio((N...).
nmiâ{mémi).
Anodin (Jean).
Btjard (TouaHinl).
B<Mil(Lu<M).
BlOWiol (PBfWJ*
Auhriol (Regnaull).
Bdi; (RegMult)
Bam^v ((MHmmm).
tm^mm^mmé,).
Auger(Jein).
B«r(>elle(L«ur«lll).
Ban«kr(Hi«««iB).
témi(lim1mé,y
Aiinel(G. d").
Barbottp (Piem).
BaHMot
BaM(MaalB*).
'' Comptes et ordinairtt de la Pmoli dl P»n»,
dans Souvai, l. iU, p. 553.
(*> tfùletrt ifc fa aOb A Avw, Pna««, L IV,
p. 699, 791. 8o3; L V. p. Sê7, «te.
354
Bon (Jean).
Boncel (Baudoin).
Bonier (Perrin le).
Bonpain (Jean).
Boquet (Jean).
Bordes (Leurens des).
Borgne (Thomassin le).
Boucel (Jacques).
Boucher (Bureau, dit le).
Bouclier (GuiJ>ert).
Boucher (Pierre, dit le)
Boue (Guillaume).
Boudin (Guillaume).
Boujou (Jean).
Boulard (Nicolas).
Boulet (Ayraon).
BouUn (Jacques).
Boulon (Jean de).
Bourdin (Guillemin).
Bourdon (Pierre).
Bourdon (Simon).
Bourgeois (Michel).
Bourgne (Thomas le).
Bourgogne (Jehan de).
Bourrelier (Pierre le).
Boursier (Alexandre le).
Boursier (Régnant).
Boutillier (Guillaume le).
Boyau (Baudet).
Bragelonne (Piquet de).
Brandin (Jean).
Braque (Amoult).
Braque (Bernard).
Braque (Nicolas).
Bras (Robin de).
Breban (Pierre de).
Bred (Jean le).
Brehier (Jean).
Brisse (Guillaume).
Brode (Mahiol la).
Broquet (Moriset).
Brunel (Adam).
Bruncl (Jean).
Bruny (Simon).
Bruquin (Jean).
Bruy (Jean de).
Bulcu (Bernard de).
Burgault (Jean).
Bury (Jean de).
Bute (Jean le).
Buymont (Guillaume de).
Cachier (Jean).
Caignel (Laurens).
Caignol (Laurens).
Caillier ( Jaquet de).
Callot (Laurens).
DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
Canart (J.).
Cardon (Jacques).
Carnavalet (Thomas).
Cathon (Nicolas).
Caulers (Jacques, dit de).
Caulers (Martin, dit de).
Cepay (Louis de).
Cevoisier (Nicolas.)
Ccvaule (Jean).
Chalemart (Jean).
Chaligaut ( Miles).
Cbahvaly (Jacquet).
Challart (Jean).
Charohes (Guillaume de la ).
Chambre (Simon de la).
Chambrier (Gilot)
Cbampeaux (Simonin de).
Chanteprime (Evrart).
Chanteprime (Philippon).
Chapon (Simon).
Chardon (Ancel).
Charpentier (Cassement le).
Chaq)enlier (Yvonnct le).
Charretiers (Jean).
Chastigner (Jean).
Chaussetier (Sylvestre le).
Chesnard (Jean).
Chevalier (Thomas).
Choart (Michel).
Cboisy (Jacques de).
Chresticn (Pierre)
Chuffart(Jean).
Cignc (Robert le).
Cirier (Jean le).
Clarcy (Jean de).
Clavillc ( Guillaume de ).
Clerc (Jean le).
Clerc (Pierre le), dil Per-
rinel le Clerc.
Clizain (Guillaume).
Cochet (Sanson).
Cochetier (Jean le).
Coignet (Claude).
Coingnier (Simon de).
Coisne (Guillaume).
Colin (Jean).
Comin (Roger).
Conant.
Gonche (Guillaume la).
Conignon (Jean).
Coquatrix (Bernart).
Corbeiller (Gilles le).
Cordonnier (Geoflroy le).
Corneille (Thomas).
Cornet (Jean).
Corps (Jean de).
Correl(Oudart).
Cossart( Jean).
Cotin(Andrë).
Coullart (Teasin).
Courand (Jean le).
Courmenil (Michel de).
Courtillier (Jean).
Couloingue (Guillaume de).
Coulommiers (Martin de).
Courtin (Thevenin).
Courtois (Philippe).
Couste (Jean de la).
Coustellier (Benoist le).
Coustcllier (Pierre le).
Coulellier (Simon le), dil
Caboche.
Croix ( Simon de la ).
Croquet (Jacques).
Cuiret (Perrin).
Cuiaelle (Pierre de).
Culant( Guillaume de).
Culdoc (Loys).
Cuvilier (Jean).
Damnoy (Hutin).
Dampmartin (Hue de).
Danes (Guillaume).
Dangerville (Guillaume).
Dangeul (Pierre).
Daniel (Philippe).
Dapoigny.
Dappo (Augustin).
Dargeuse (Pierre).
Daricn (Yves).
Darmentieres (Jean).
Dassigny (Jean).
Dalhys(Bethon).
Dauphin (Guichart).
Dauneel (G.).
Dauquans (Raoul).
David (Avioajf).
Depreaux (Jean).
Desgrès (Guillaume).
Deslandes (Pierre).
Despinay (Marque!).
Desquay (Henri).
Dieu-le-Fist (Jean).
Dieu-le-Part.
Dieu-Part (Jean).
Digoyne (Louis de).
Dionis (Allain).
Dionis (Charies).
Domont.
Dorches (Jean).
Dozio (Balthaxar).
Dozio (Nicolas).
Drac (Bertheiotdu).
Drouais (Hervé le).
Dubois (Félix).
Dubois ( Nicolas).
Dubreul (Miles).
Dubuiason (Richard).
Duc (Guillaume le).
Duc (Laurent le).
Duchcsne (Denisot).
DuTruit (Raoul).
Dujardin (Regnault).
Dupuis(Adam).
Dupuis (Jean).
Dupuis (.Nicolas).
Dupuis (Philippe).
Dutraix (Jean).
Emery (Pierre).
Empire (Olivier de 1').
Epine (Jean de t').
Emand , dit DambcUe.
Errand (Jean).
Esmeré (Robin).
Eslobert (Jean).
Eugenin (Estienne).
Farcy(Deny8).
Faucheux (Hauquetin le).
Fay (Pierre du).
Febvre (Godefroy le).
Fedeau (Jean).
Femel (Jean).
Ferrebouc (Grégoire).
Fessart (Helgol).
Feuillet (Jean).
Feurgeret (Colin).
Fevre (Jean le), dit \eij\is.
Filonnet (Perrin).
Floisemer ( Estienne).
Floury (Jean de).
Fol (Jean).
Foletemps (Guillaume de).
Foleville (Jean de).
Fossoyeur (Rémi le).
Furo (Jean du).
Fourhis.seur (Jean le).
Fournier (Jean).
Français (Dominique).
François (Y'ves).
Franuche (Barthélémy).
Fresncl (P.)
Freville (Estienne).
Fruitier (Oudin le).
Galande (Jean).
Galichicr (Richard).
LA nOLUGtUJislE l'AUlSlENNE AUX XIV ET XV SIÈCLES.
SIS
(îulupiM' (Ji-an ).
(iaiiiliaiill (J<-nii),
(jar(;atli! (Tlimmu).
UiaU-lili! (i'vrriu).
Gaucli' (Jean).
(iiiiiliiT (J<!an).
(jayant (l'icrre le).
Gedouyn (Juquel).
(lencivn (Ji-an).
(ienlill) (Hi'nriel de),
(icrfjniit (Simon).
(jilMicrt('riievenin).
tiiraull (Pierre),
(ïmlmillo (Oiiilart).
Goia (<iiiillaiimo le).
Goni-ao! (Joan de).
Gortml (Maliiet).
Goupil (J<>an).
(iouvprnco (liuilinunK').
(irandvillv (Jean de).
Gra* (Jran le).
Gni»(Pi<'rr<>lo).
Grcnvtoiit (dolin).
Grouin (Gucrin le).
Guerart (Jean).
Unin^^anl ( Im)» de).
Giiiot ( Giiillminw).
tiiivot M!lnude).
Ihil (l.iiiiniirl).
Ilnllit'i-!! ( llii|,'uel de«).
Hardi (Jean).
Ilaudry (Jvan).
IloauniiiT (Nicula* le).
Henri (Jean).
Henry (Klienno).
Hérault (Jean).
Herbert (Etienne).
Hcron ((iuillaumc).
Héron (Maci').
Ilocbororne ((^olin).
Hola (Mnlliieu).
Ho(|iielil ( Holiort).
Ilonllifi (Philippe de).
Hulierl (Maurice).
IIuKon ((Guillaume).
Iluiie (Ktiennc).
ll»re(P.)
H<ii|.i /\..n„\
JailUrI (Coiiu).
Jarret (Pierre).
Jars (Henri le).
Jnhanni (Jaquct et h'ran-
chin).
Juniaull (Jean).
Jumeauli (Guillaume de).
KafjonJel ((iujniard de).
KaUlin (Uinbert).
Koux (Alain le).
LabM(FMilqiiM).
Laboorebiaa (Pierre).
LabaSIe (Girtrd).
Laillier (GuilUame).
Laleinant (Girart).
Lalement (Mac;).
Laliur (Jacquet de).
Lamliau (JaeqiMf).
Lambert (Jacquet).
Lan);lai« (Richard).
Langluia (Guillaume).
Lan|;loi« (Jaci|uin).
Langioia (Mathieu).
Langnet (Pierre de).
Langueil (Tbomaa).
Lapie (Jehannio).
La Poterne (Jean de).
Liquele (Robert).
Larche (L4m«D( de).
Lallivier«(llidi«lde).
I.a .Sale (Henri ie).
I.a Tour ( Guillanme de).
L.aval (Pierre de).
Lajtié( Michel).
LeReau(ieao).
Le Boucher (Jehan).
Let^lerc (Nicolas).
Le (^oniis (Giloe).
Le Comi» ((luillaume).
Le Comiii (Simon).
Lecomte (GuillauDie).
Lefer (Pierre).
Lefeure((hidart).
Lefevre(Jean).
Le FUinenl (JotH>).
Lcgrot (Caain).
Leiicur (Claude).
Lemaire (Jehan).
LeMay (Kremin).
Lemoine (Michiel).
Lenjoy (Jean).
Lepider ( Romi ).
Le Queux (Jacques).
Umg»{ifn).
LeachBva!i(Thiluut).
Letcrivnin (Holicrt).
Leeenyer (Robert).
LetoarMar(J«u).
L*VigMroa(J«ui).
Licier (Guillaïune).
Lioot (Jean de).
lxMr(Jacq«Mtd«).
LoUy(Y.de).
Uli«e (J«ta).
biuibard (BatlidM).
LoaibMii(Pi«rt).
LembMt(ErtMaM).
LyoiM(YniNloiat).
Ma(on(Midielle).
Mailbrd (Jean).
Mainfroi (Gnillauaw).
Maidre (imn U).
M«loii«ia(R«Mrft).
Marwloa (P.).
Marcel (Andrj).
MmwI (EiHwme).
Mirai (GMraiw).
Marcel (JeM).
Marche (Am; h).
Maratchal (JeHi W).
MarMii(J«aa4e).
Maria (Biehart).
Marquade(Jeao).
Manon (Jean de).
Mwtelet(G.).
Martin (Bartheéamy).
Marittocb (Henri).
Maitin(Mar<ài).
MaliitoB (MidMl).
ManduH (0«Mtrt).
Maugier (Pierre).
Meaui (Pierre de).
Mande (Gadifer de).
Merder (Jean).
Michiel (Guillaume).
Mivray (Jean).
Moi«oo (Jean).
Moniag (J. de).
Moalibrt (Guillemia de).
Morcau (Jean).
Morean ( Pierre).
Meral (Jean).
Moulina (OUkadea).
Naotran (Pierre).
Naqva (Jean).
NemiaM (Oadtitr).
I»M(Jaank).
Nair(Baodb).
NeiNl(Jeaa).
Noraw«d(PaRteb).
Nan7((MiiMMM).
NwUIICNf {mm m}*
Nua(I
Ogier(PlNlin»).
OiiTt«r(ilMri).
Of{m«(PiafT«r).
PifHrt (PifTW).
Paiitf (Manda).
Pabdar (G.).
r(Ptma).
r<
i«Mh>w4>).
Paria (Jean).
PiaM(MidMl aa).
rda Van.
i(Ufi).
Ptalart(Pian«).
PM«n(Ltgiar).
r(Jaa.).
r(Piarr.).
Pec (Sisoiini le).
P«k^(J'an).
.(SiManb).
r(MailMriale).
reVTtciion.
Panier (Jfln le;.
PMil (Bernard).
Petit (taaid).
Pattt-MaAre (GnOaMM
Petil-P«irt( Richard da).
Picard (Jean le).
Pi<nrt(Gnilinwile).
Pidalal(Banaiit).
b).
Pidoé(Ga
Pilot (Pwm).
Piaaortn (Jean).
PiniBat(Jean).
Pinçon (Jean).
Piajan (Lanrent).
PUMOQ (AdfMn).
Pinmi(Hug>et).
Pion (Girard).
Piet (Michel).
l(Jaan).
r(Ja>i).
|(J4M).
da).
l(Pitrra).
N%MI (Gnrfyar).
r(Aliin).
• (SiM).
r(Jaan).
• (P«Rte4ni).dyiBa-
M.
356
Potin (Nicolas).
PoudeLon (Etienne).
Poulain (Liger).
Poulite (Etienne).
Poussin (Jean).
Présent (J.).
Prête! (Pierre).
Pretrelle (Pierre).
Prince (Guillaume).
PruncroUe (Pasquier).
Purgeret (Jean).
Quesnoy (Nicole du).
Quinepuet (Etienne).
Quiquet.
Quoquerel (Jean de).
Rabay (Regnaull).
Raguier (Jean).
Raguier (Raimond).
Raina (Jean).
Ravenel (Jean de).
Rebours (Jean).
Regnaull (Mahiet).
Régnier (Thierry).
Renier, dit Toussac.
Renvoisié (Jean le).
Reseï (J. de).
Reuil (Pierre de).
Richart (Philippe).
Riche (Guillaume ie).
Richer (Pierre).
RobilJart (Simonnel).
DOCUME^TS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Roger (Robert).
Rolempont (Laurens).
Ronghy (Nicolas).
Roquemont (Robert de).
Rosengardin (Albert).
Rouen (Jacques de).
Rouen (Jean de).
Roussay (Aimery le).
Roussay (Jehan de).
Rousseau (Andry).
Rousseau (Guillaume).
Rousseau (Mahiet).
Rousseau (Pierre).
Roy (Nicolas).
Ruelle (Guillet de la).
Sac (Rartlielemy).
Sacrice (Perrin).
Saillembien (Jacques).
Saint-Renoist (Michel de).
Saint-Bcnoist ( Jean de).
Saint-La urens (Jacques de).
Saint- YlUer ( Nicole de).
Sandemer (Nicolas).
Sandubois (Jean).
Sanguin (Jean).
Sausoy (Simon du).
Sauvage (Jean)
Sauvaige (Cohn).
Scelleur (Aubert le)
Sens (Loysde).
Simon (Tliomassin).
Sore (Etienne).
Sore (Jean).
Soutif (Louis).
Spifame (Barthélémy).
Tabours (Jean aux).
Talence (Jean).
Taranne ( Loyset de ).
Taranne (Perinetde).
Tassin (Renard).
Tessart (Thibaut).
TesUrt (Jean).
Thadelin (Edouard).
Tliaisy (Jean de).
Thibert(Mirbel).
Thiboutot (Thomas).
Thison (Jean).
Thomin (Jean).
Thurel (Belhommet).
Tliyer(B. de).
Tixerrand (Adenet).
Tondeur ( Nicolas le).
Tort (Geoffroy le).
Toussac (Guillaume).
Toussac (Jean).
Toutin (Jean).
Traehy(Tliibault).
Tremblay (Louis de).
Trenebus (Jean).
Trenon (Henri du).
Trente (Bauduche).
Triconnct (Jean).
Triquedy ( Morice ).
Troyes (Henry de).
Troye8(Jeande).
Tuerchieure (Jean).
TuilIier(Beraut).
Turquant(Jean).
Vachère (Bertrand).
Valée (Guillaume).
Valet (Colin).
Valin (Jean).
Valher (Maclou).
Vanhouier.
Varlet (Jacques).
Vaudetar (Gontier).
Velon (Nicolas).
Verdun (Hugues de).
Verdun (Jean de).
Vemal (Pierre).
Veref, (Raoul).
Verou (Joseph de).
Viart (Jacques).
Vigneron (Pierre le).
Vilaines (Jehan de).
Villesurasse (Gilet de).
Vinier (Guillaume du).
Viole (Aignan).
Virgilles (Jean).
Vilry (Nicolas de).
Vivian (G.).
Vivier (Thibault du).
Voitron (Jehan de).
Volot (CoUu).
Winnemare (Hennequin).
Yvon (Jean).
DEUXIÈME CATÉGORIE.
APOTHICAIHES , CHIRORGIEKS, CLERCS, GARDE-KOTES, MAGISTRATS, MioECIHS, PROCURE DRS, 8ERGE5TS
ET AUTRES PROFESSIO:iS LIBÉRALES.
Acart (Girard), médecin.
Aci (Phibppe d'), payeur
de la ville.
Adam, clerc.
Adam (Jean), cliirurgien.
Aguenin (Guy), avocat.
Aguenin (J.), procureur du
roi.
Aguenin (N.), président au
Parlement.
Aladent (Bertaut), rece-
veur des aides.
Aleaume (Pierre), exami-
nateur.
Alegret (Simon) , physicien.
Alespée (Pierre), avocat.
Amer (Pierre), clerc.
Amourette (RaouUin d"),
sergent.
Andreiel (Jean), barbier
juré.
Anseaulme (N.), médecin.
Archer (Jean 1'), recteur
de l'Université.
Archières ( Robert d'), clerc
du trésor.
Argies ( Franç.oi8 d' ) , ser-
gent.
Aubel ( Guillemin ) , barbier
juré.
Aubelet (Jean), sergent.
Aubespin (N.), procureur.
Aubry (Jacques), clerc.
Auge, physicien.
Aumont (Pierre d"), dit
Hulin, chambellan du roi.
Aunay (Hutinde).
Avesnes (Guillaume d') , ser-
gent à cheval.
Babœuf (Mabies), barbier
juré.
Bacquot (Henriet), garde
des joyaux.
Baigniaux (Macy de), no-
taire.
Baillet, conseiller.
Bailly (Jean de), président.
Baisclat (Etien°*de), notaire.
Bar (Guy de), prévôt de
Paris.
Bar (Jean), examinateur
au Châtelet.
Barrau (Guillaume), secré-
taire du roi.
Bataille (Denis), notaire.
Bataille (Jean), notaire.
Bataille (Odart), notaire.
Ba ugis (Pierre ), herboriste.
Baumes ( Denis de ) , avocat.
Bayard (Jean), sergent.
Beaumonie (Jean de), phy-
sicien.
Beaumont (Jean de), phy-
sicien.
Beauvais (N.), notaire.
Bec (Guillaume du), maître
de la Chambre aux comp'".
LA BOURGEOISIE PARISIENNE AUX XIV' ET XV' SIÈCLES.
Rcgiii! (Anilri! le), noUiirc
Hofriji- (Jean In), noUiire.
Hfiffiin (IMiiiijipo |p), con-
M'illiT (lu roi.
B)!|;tift (llol>prt le), maître
(In l'll('>t>-l-l)icii.
Bo(juinol (Jean), noUir(-.
llcf;iiinot (N.), notain-.
Bclloi (Donin), protiircur.
Ilclloy (Joan de), (5ch(!vin.
Hclon ( Nicolas) , liomnie de
loi.
B(-nard (Claude), procu-
reur au l'oriirment.
B«raut(h'aliien), contrôleur.
Bernard (Pierre), barbier
juri^.
Berni (Françoii de), chi-
rurgicH.
Borlaucourt (Rticnnc do),
clerc,
Rcrtliniit (Jean), maître
rlerr iks comptes.
B(Tt]il(-niy(I.ouis), notaire.
Bi-rtin (Nicolas), examina-
teur.
B«r(ran (Jean ), juré du roi.
Bene (G. de), con.willcr.
Bioncourt ( Nicole de ), con-
«'illf'r.
Binot (Ktienne), procureur
au Chttelel.
Blancliet (Hugac*), notaire
du roi.
BInncliet ( Loys), notaire du
roi.
Blanchet (Pierre), lecrë-
laim.
Rois (J(>an du), notaire.
Bois (Symonnet du), ca-
pilain(<.
B»isrnti(T (Guillaume), maî-
tre (les n<(pi(Ucs.
Boia(>elet (Nicolas), clerc.
Boii (Jacques du), avocat
Bonne (J(>nn), maître de»
iMifauLi du Palais.
Rurdos ( llnude des), tecré-
Uiiro du roi.
Botin (Jean de), rommis-
sain».
Boucher (Arnouh.secn^lsim
du roi.
Boucher (Gnillnume), phy-
sicien.
Boudant (Pierre), sergent.
Boiidart (Colin), iOiwJw-
d(!au (\i; la nation de
France.
Boudrac ( Bureau ) , clerc.
BoueO.' (J(;an) , notaire.
Bougis (Nicaiae), notaire
du roi.
Boulanger (Pi«m), Mer4-
taire du roi.
Boulengier (Noël), exami-
nateur.
Boucpielon (Jean de), dit
VigtK^te, sergent.
Bourc (Jacques du), chi-
rurgien.
Bourdon (Laurent), eon-
trAleur.
Bourieau fJean), receveur.
Bourlccat (GuiUaume), por-
tier de la porte Saint-
Jacques,
Bousoulart (Hugues), exa-
minateur,
Bouasac ( Philippe de) , apo-
thicaire.
Boute (Jean), notaire.
Boulin (Jean), physicien.
Boys (Jacques du), notaire.
Braulart (Jacquet), con-
seiller.
Bray (Etienne de), correc-
teur des comptes.
Bré (E.<tionne le), maître
de la haute justice du roi.
Brcban ( Philippe de) , pré-
v&t des marchands,
Brebion (Guillcmin), bar-
bier jur^.
Breason (Reraut), (^lu aux
aidée,
Breteau (Guillaume), re-
ceveur de Paria.
Briseul ( Raoul ) , notaire
du roi,
Brochier (Guy), greffier du
tn^orier.
Brode (Jean), poursuivant
de Guyenne.
Broichier (Guy), clerc d(<s
comptes,
Bnmeau (Etienne), con-
trôleur do la reine.
Bnmeau de Saint - Cler,
jin-vAl.
Bruoy (Jean), notaire du roi.
Bnahird (Pierre), aoUirr,
Bmjere* (Girart i»), m-
crélaira dn rai.
tnU (GidUiMM). maître
AmgÊnJÊÊimiênaéi roi.
Badé (iata). tmMhm.
BdMaM (Jan), *d«t d«
cliâDumdtt rai.
BuSerea(Pi«rra).e«Mflr.
Bweaa (Eliemie). nelaira.
Bujmml (C. ai b. de).
hniiaiera.
Boynard {Bttgam),diK.
Caclientr<e(AJMmM),e)«K.
Cabotm (Jaanda), {
reur au Parlement.
Caille (Gillebart),
Cailler (MicM de).
seiller,
Caloire ( Pierre) , dait.
Calot (Laurent), notaira.
Camart ( Jean ) , avocat
Cambiers (Jacqoet de),
sommelier du roi,
Cantelcu (Pierre), tr<*o-
ricr de France,
Canu, conseiller.
Canlonnel ( Guillaume ) ,
phytideo.
Caret , prooMitour de la cmir
der<Mqnc
CeiMU (Jean de), mMedn,
CaMtnel (GailiMirae),BMi-
tredliAlddekraM.
Castellain (Raoul le), au-
diteur des comptea.
CaDchoii(Rogiarie),*«il|'*'.
Ourhon (Pierre), maître
es arts,
Cauthelet (M.), CMUmna-
teur,
Celaoy (G, de) , eomeiller.
CeaNeres (Jean), notaira
an Parlement
Chambre (Guillaume de).
phjfsician.
Chandelier (Jean le), pra-
eureor.
Chanteprime (Fran(«ia),
reeeveur dea aide*.
Qmaltfrmm (Jean), raea-
veof oeanidca.
r.hanteprime (J«an de), Ir^
SS7
aN|Mfl«(J«Md«la).«lHC
amiU(S.4»h),dmt.
CMkr(%Mmk). «trw
(imm).
).
•).
GhMvaraa (AwloM),fwia
delaprivM.
duq— rt (?!.). pria wrJMrt.
aMart(JeMi).ci«c
Gkonrt (J«Mi). eaiMMa-
damecy (Cille det. ^*M
de Paris.
ClMMlra (GmU(anie>.avec-'.
Oera (Mathien le). Mdi.
tenr.
Cio€iw(Jend«la).l
riar de France.
ClMei (Jeu da).
Cofli7 (Guillaume), prac»-
ranr anCMtaiet
Coin (nebift). cwc ora
CoignM (J«mi). muikku
dnrai.
Col (Gonlier). aiwétairadn
(Girard).
Calmar (Jai).!
(H«|nea da).
derc dra timplii
Cilarai M ( Jann de), aracnt
Caaa(i(Jaandn).MlBira.
Caole ( RitiMri le ) . baièàw.
Canli (Evrard da).i
CaHM (JaM da).
*).
CafMia(II.),
(
ClMMa(NieilM).
lew.
(Mb (
h
358
Coucy (Evrard de), physi-
cien.
Couiombe (Renaut de),
maître des comptes.
Coulombel (Guillaume), élu.
Couraut (Jean le), huissier.
Courtevacbe ( Andry) , maî-
tre de la Chambre des
comptes.
Cousiiiot (Guillaume), avo-
cat au Parlement.
Courrau (Jacquemin), tré-
sorier.
Coutroy (N.), sergent à
cheval.
Cramette (Pierre), notaire
du roi.
Cresecques (Hennequin),
sergent à vei'ge.
Crespy (Guillemot de), bar-
bier du roi.
Crespy (Jean de), notaire
du roi.
Crestien (Guy), secrétaire
du roi.
Crète (Jean), clerc.
Croix (Jean de la), con-
seiller à la Chambre des
comptes.
Cadoé (Charles), prévAt
des marchands.
Culdoë (Jean), prévôt des
marchands.
Daigny (Jean), contrAleur.
Daire (Pierre), conserva-
teur des privilèges.
Damoda (Phelipot), sei^
gent.
Dampmortin (J.),échevin.
Dangerel (Pierre), secré-
taire du roi.
Dangeul (Miles) , conseiller.
Dannoy (Thomas), con-
seiller.
Danois (Jean le), juré du
roi.
Dareth( Pierre), physicien.
Dargies ( Estienne ) , ge6her
du Cbâtelet.
Dargis (Enguerrand de),
faucomiier du roi.
Dars (Jean), notaire.
Daugeul (M. de), clerc.
Daunnoy (Jean ) , secrétaire
du roi.
DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
Dausson (Pierre), physicien.
Dauvet (Jean), président
des requêtes.
Debien (Guillaume), pro-
cureur.
Delacroix (Jean), conseiller.
Delanoue, notaire.
Delatre (Baudet).
Delespine (Jean), greffier.
Delcy (Jean), avocat.
Denis (Guillaume), mar-
guillier.
Dcrian (Martin), conseiller.
Deschamps (Adam), notaire.
Des E.ssarts (Pierre), pré-
vôt de Paris.
Desmarais (Jean), avocat.
Desmarets ( Denys) , procu-
reur.
Desmoulins, huissier.
Desnier, clerc
D'Espemon (J.), chauffe-
cire du roi.
Desporie (Simon), maire
de la terre de Saint-
Martin-des-Charopu.
Degpy (J.), apothicaire.
Dicy (Jean de), conseiller.
Dohau (Jean), notaire du
roi.
Dol (Evain de), conseiller.
Dole (Jean ) , échevin.
Dormans ( Amoult de) , no-
taire du roi.
Double (Martin), avocat.
Douché (Jean de), clerc.
Douloire(Jean), procureur.
Dove (Jean ) , sommelier du
roi.
Drac (Jean du), avocat.
Drouart (Guillaume), lieu-
tenant du prévôt
Du Bois (Jean), notaire.
Dubois (Jean), garde du
scel.
Duclos (Bertrand), con-
seiller.
Ducy (Jacques de), clerc
des comptes.
Du Drac (Jean), président
au Parlement.
Dufosse, notaire.
Duisseau (Regnart), rece-
veur.
Dujardin, notaire.
Durant (Jean), physicien.
Dur (Nicole le), maître dea
requêtes.
Dure (Laurent), examina-
teur.
Duval (Andry), notaire.
Duval (Jacques), notaire du
roi.
Duval (Jacques), homme
de loi.
Dycy (Pons de) , notaire du
Emar (R^^nault), barbier
juré.
Empereur ( Jacquet T ) ,
garde des coffrets du roi.
Evrart (Jean), sergent à
verge.
Faconeau , notaire.
Falc (Jacques), garde des
joyaux.
Fassicr (Jean), clerc.
Faucher (Collin), sergent.
Femidc (Jean), notaire.
Ferron ( Pierre ) , secrétaire
du roi.
Ferry (Guillcmin), lieute-
nant du prévôt.
Filleau (Guiot), sommelier
du roi.
Flament (Jean le), secré-
taire du roi.
Fleuret (Carré), clerc des
comptes.
Fleury (Jean de), prévôt
des marchanda.
Flouriot ( Pierre) , clerc.
Foison ( Simon ) , président
au Parlement.
Folie (Jean de la), receveur.
Fontaines (Henri de), as-
trologien.
Fontenay (Jean de) , notaire.
Fontenoy (Jean de), fau-
connier.
Fontenoy (Oudartde), exa-
minateur.
Forestier (Jean le) , sergent.
Forget (Jean) , barbier juré.
Fortier (Jean), conseiller.
FouUier (Guillaume de),
notaire.
Fourcy (Jean), conseiller.
Foumier (Régnier), ser-
gent.
François (Jean), notaire.
Freron (Maeé), notaire du
roi.
Freron ( Régna ult), physi-
cien.
Fresne (Gilet de), procu-
reur.
Fretin (Sausset de), huis-
sier d'armes.
Fromont (G.), procureur.
Froment ( Jean ) , clerc.
Front de Buef (Jean), «ei^
genL
Galye (tterre), échevin.
Garet (Jeannin), sergent.
Gart (Jacques du), con-
aeiller.
Gasconnet (Jean), procu-
reur.
Gaucher (Jean), sergent.
Gaucher (N. ), payeur de la
ville.
Gaugain (Jeannin).
Gauthier (Pieire), dàrar-
gien.
Gaye (Jean de), sergent
Gazeau (Jean), sergent
Gazel (Martin), physicien.
Gehe (Jean), notaire de
roi.
Gelu (Jacques), physicien.
Genden ( Uudart ) , con-
seiller.
Gencien (Pierre), maître
des monnaies.
Gendre (Jean le), sergent.
Gente (Guillaume), leeré-
laire du roi.
Gervais (Renaut), homme
de loi.
Geuffron (Guillaume), pro-
cureur.
Geurre ( Jean) , maître clerc
des comptes.
Giac (Pierre de), chancelier.
Giffart (Adrien), trésorier.
Giffart (Jean), contrôleur.
Gilbert (Pierre), examina-
teur.
Gilles (Jean), sergent
Gilon (Jean), prieur.
Girard, avocat
Girard (Jacquet), clerc.
Girault ( Pierre), procureur.
Godeschaut (Jean), garde.
LA BOUROROISIK PARISIENNE AUX XIV KT \V SIÈCLES. 359
(iufitorna ((îuilUume di-),
dore,
(ioijjoii (Niraiw), Molaire,
(joiiriiny, iMfrjji'iil d'aniM».
Uouteur ((iiiillaniiio le),
ncr/jcnl.
(fiiylK! ( (jwiffroy ) , ciaini-
nalviir.
<>raridrii(! (Ji'an d>t), clrrc.
liraiidrui' (l'iam-), écli«»in.
(irani]!' ( l'^iitii'iino de U),
ciiiiMtiller du roi.
(imnl (Henri le), procu-
mur.
(ircxle (Jean), maître clerc
de» comptes,
(iroi (Iloger le), (crgent.
Gucrin (Jean ) , conaeillpr.
<îu<'rin (IVrrin), fermier
de la voirie.
Uuiant (Pierre le), clerc
criminel,
(îiiillebot (Ouy), (réiorier
<lii duc (le Hniir(;o([ne.
I iuingaiit( Hugues et (iiiy),
maltroii clerr» dc< comptai,
'iiiiot (Andri!), homme de
loi.
(iiiiri (Rxtienno de), con-
seiller.
Uiiimelela (Pliilippot de),
icrgenl.
('.va;
'] . ciniseiller.
ll.i(;iieiioHljilill<iiiiiiej , ser-
gent.
Ilaiily (Jean d'), notaire du
roi.
Halle ((luillaume de la),
Molnin".
Hay (Jehan), nergent.
Hehalterne (Robert de),
ganle de la voirie.
l|einiHelico(|, l'on du roi.
Ileloys (Jean), sergent.
Hcmory (Guill.), commis-
Mire.
Hemonnet (Guillaume ), no-
taire.
Hennequin (Gilles), maître
clerc de» comptes.
IlerlN's ( llaoul des), physi-
cien.
Héron (Marc), a|>olliicaire.
Hocie (Thiehaut), clerc du
roi.
Houel (Robert), conseillrr.
Hun (Guillaume), eonieiller,
lluriidt fJea II), notaire.
HuaiMiie ((iuillaumedela),
maître clerr de* compte*.
Jse<|uet (Pierre), notaire.
Jengoiileur ( Hye* le ) ,
avocat.
JoOiron (Estienoc), con-
seiller.
Joly (Merlin), barbier du
roi.
Jouvelin ( Alexandre ) , clerc
de l'bAtel du roi.
Judas ( Henri ) , mtltr* dere
des compte*.
Justine* (Raoul de), phy-
sicien.
Juvénal de* Ursins (Jean),
avocat.
Labat (Gile«), procureur.
Lachapelle (Jean de), avo-
cat.
Lacombe ( Gérard de ) , phy-
sicien.
Lailler (Midiel de), con-
seiller.
Laiiné (Etienne), sergent.
Laisné (Michel), échevin.
Laitre (Eiistacbe de), con-
seiller.
Lalemant (Hennant), fa-
milier du roi.
I.aleuc (Hennequin), som-
melier du roi.
I.aml>an (Jacques), prévAt
de Paris.
Lamiiert (Jean), rectonr.
La Mich* (Baudouin), no-
taire du roi.
Lamntle ( Pierre ite la ), no-
taire.
Lamy (Guill.), derc de la
Cliambre des compte*.
Landes (Guillaume), phy-
Labwiwur(IUdMwl).c«».
LaDde*(Pien«de*), mailre
particulier de U monnaie
de Paris.
Lautier (Jean de), proci»-
reur.
Lobeau (Gilles), clerc.
Leboucher ((iuilUume),
physicien.
Lebreton (nebiii).
Le Breton (Y«aMMl),
mviier dn roi.
I^echaron (J«Mi),
Lederc (<>
L«cief«(H«tm). oalain «Im
roi.
Lecocq ( Girard ) , notai.
Lccont/- (Jean) , dùrorgiM.
l.eccM( (Hugue*), écberin.
Lecomu (Gillc*), notaire.
Lecoosteus (GntUemin),
clerc
Le Cra» ( Jean ) , i irgMt ém
eaux.
Lefebvre (Junien), avoeat.
Lefevro (Robert), maître
clerc de* tumftm.
Leforl (Tbevenin ) , somnM*
lier du roi.
Le Gendre (Jean), wigiMt
Le Hougre (Oudart), roatire
d'bMel de la reina.
Lelierre (Jean), pliyraden.
Leniaire(PheJipo(), iei|(eiii
Lemallre ( Geoflro; ), licen-
cia en droit.
Lemire ( Rogier) , recerenr.
I^emoine (Renault), garde
du scei.
Lempereor ( JaofMa) , ■•!•
treenqnMMrdeaeMO et
forêts.
l.e Muet (Jean), recpreur.
Lenfant (Guillemin),derc.
Lenfant (Henri), sargenL
Lcpoivre (Raoulin), kt-
genU
Leponitier (Jean),
rear.
URo«(Gaillib«Q,i
badaMdek mUm «k
Franw.
Leroy (Andr<), cwteclww
de* compta*.
L« Roy (Jean), dcrc ém
Leroy (Piarra), avocat.
Leadal (Piem ^). pré*M
de Pari*.
U TMMtaa. {(Mkmm),
dan 4« lit
Uml(Rati«ft;.ci«te.
LMm*n(J«a«d«X4dMii.
t(i««).|
MarinJe,dewdetafhiwlii
llalBUe(Ada«).afMaL
Utktfâm.mtgmditwm
MaKiro (Rabart).
MaileMMe (MicU), «m»-
ll«ilMe(K«T«),
darai.
Mammiy (An«4ini>^
MmcmM (Jacque*). soa»-
mékrimwwL
l(IGdMi).aTCML
(Hwi d. h\.
(IMmidela). to-
MarwU(J«MiW),l
dalat.
l(I»Hnli).«n-
360
Marescol (Jean), chauffe-
cire du roi.
Marescot (Guillaume) , gref-
fier.
Hareul (Etienne de), con-
seiller.
Margon (Jean de), scelleur
de l'Université.
Marie (Jeannin), somme-
lier du roi.
Marie (Henri de), avocat.
Marie (Thevenin de), apo-
thicaire.
Martin (Jean), maître des
garnisons de la reine.
Massart ( Gilles) , bedeau de
la nation de Picardie.
Mathelin ( Lambert le ), avo-
cat.
Maucler (Girard), notaire.
Mauger (A.), président.
Maugier ( Robert) , notaire.
Maulain (Jean), clerc des
comptes.
Mauloue (Henry), mattre
clerc des comptes.
Maupoint (Guillemin), clerc.
Mauregard ( Pierre de ), tré-
sorier des chartes.
Mercier (Denis le), avocat.
Merlet (Jean), promoteur
de la cour de l'évéque.
Meseray (Thibaut de), se-
crétaire du roi.
Métis (De), clerc.
Michiel (Oenisot), huissier
du roi.
Michiel, (Pierre), notaire
du roi.
Miette (Jean), procureur.
Mignon (Michiel), notaire
du roi.
Milet (Jean), notaire.
MireviUe (Pierre de), ser-
gent.
Misery (Maciot), barbier
juré.
Monceaux (Jean de), clerc.
Monceau (Jean), échanson
du roi.
Monchauvet (Oudart de),
avocat.
Montagu (Gérard de), tré-
sorier des chartes.
Montagu (Jean), maître
clerc des comptes.
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Montagu (Pierre de), tré-
sorier des chartes.
Montbehy (Phiiippot de),
sergent à verge.
Mention ( Pierre de ), maître
clerc des comptes.
Montnantueil (Jean), phy-
sicien.
Moranl (Pierre), procureur
au Chàtclet.
Morel (Regnaudin), apo-
lliicaire.
Moreuil (Hugues de), con-
seiller.
Morlet (Jean), sergent.
Moulet (Jean), promoteur
des testaments.
Moulins (Oudart de), pré-
sident de la Chambre des
comptes.
Moursin (Jean), exami-
nateur.
Mourier (Guillaume de),
notaire.
Moustereul (Jean de), se-
crétaire du roi.
Musnier (Jean), clerc des
comptes.
Myre (Alphonse le), valet
de chambre du roi.
Myre (Jean le), chauffe-cire
du roi.
Nanterre (Philippe de),
conseiller.
Nanterre (Simon de), con-
seiller.
Nasse (Thibautde la), mar-
gaillier.
Neauville (Hervé de), se-
crétaire du roi.
Neuville (Guillaume de),
sergent.
Noé, notaire.
Noë (Jean de la), notaire.
Noy (Thierry) , essayeur de
la monnaie.
Ono (Denisot), sergent à
verge.
Orenge (Simon d'), ser-
gent.
Orgemont (Pierred'), éche-
vin.
Orgeries (Gervaise des),
sergent.
Origné (Pierre d'), physi-
cien.
Pacy (Robert de), exami-
nateur.
Palluau (Denis), chirur-
gien.
Pardrier (Raoul), notaire.
Parent (Jean), contrôleur.
Parent (Pierre), notaire.
Paris (Pierre), notaire.
Pastourel (Jean), conseiller.
Pastourel (Jean), maître
des comptes.
Pastourelle (Jean) , sergent.
Patin (Jean), notaire.
Pèlerin (Jean), sergent.
Pelletier (Guillaume le),
physicien.
Pendret ( Galeran de ) , phy-
sicien.
Penneverre (Pierre), ser-
gent.
Perdrier ( Guillaume ), maî-
tre de la Chambre aux
deniers.
Perdrier (Jean le), clerc.
Perière (G.), conseiller.
Perrier (Nicolas), notaire.
Peruce (Geoffroy de), maître
des requêtes.
Petit (Jean), der«.
Petit (Robert), clerc.
Petit (Thomas), procureur.
Petil^lerc (Robert), exa-
minateur.
Petit-Mouton (Jean), ser-
gent.
Petitsaine,conseillerdu roi.
Piart (Guiot), sergent.
Piel (Jeannin), sommelier
du roi.
Pince (Robert), sergent.
Pippon (Rlainot), sergent.
Piquart (Jacques) , sergent.
Piquet ( Simonnet), homme
de loi.
Pisselcu (Jean de), maré-
chal du roi.
Pitancier (Guillaume le),
sergent.
Plancy (Nicolas), clerc.
Plateau ( Guill. ) , homme de
loi.
Poinsonnel, huissier d'ar-
Poilcvin (Jean), sergent i
verge.
Poligny (Jean de), con-
seiller.
Pons (Michel de), procu-
reur.
Porchier (Dreue), maître
clerc des comptes.
Porchier (Etienne), maître
des garnisons.
Porchier (Jean) , conseiller.
Porel (Guilbume), con-
seiller.
Poret ( Guillaume ) , notaire.
Porte (Guillaume de la),
notaire.
Porte (Jean de la), exami-
nateur.
Portes (Estienne des), con-
seiller.
Portes (Pierre des), no-
taire.
Praesles (Raoul de), con-
seiller.
Prestrel (Thomas), barbier.
Preudhomme (Jean), ma-
réchal du roi.
Preux ( Andry le) , procu-
reur.
Preux (Henri le), commis-
saire.
Prei (Nicolas de»), con-
seiller.
Prez ( N icolas de» ) , correc-
teur des comptes.
Prince (Andrieu le), barbier.
Prud'homme (Jean), no-
taire.
Pucheviller (Honoré), phy-
sicien.
Pumyon (Jean), physicien.
Queurel (Robin), fermier
lie la voirie.
Raat (Théo.), huissier.
Rabay, conseiller.
Rabigois (Guillaume), avo-
cat.
Raguier (Hemonet), tré-
sorier.
Raimbaud(Jehan), sergent.
Rallart (Gantier), chevalier
du guet.
Ralle (Thomas le), maître
des chaussées de Paris.
LA BOLRGEOISIK PARISIENNE AUX XIV ET XV
SIÈCLES. Ml
R«in« (Arnoulat), roaitre de
.Sains (Perrio de), ÊtrgtUL
Soodutt (Jeu), «MM»-
Tare «Mk«a la). ^
Il monnaie de Paru.
Sainl-Dixier(GMrni«r<k),
taur.
caL
Raoul ( Hi');naul( ) , clerc dei
clerc des eompics .
8oarif(H«iiri).bomiM<b
Torpia (Ram). iHmim
comptei.
Saint-Fuideii (Enguemnt).
M.
imdmtm.
Rapiaut (Jean), avocat.
SaioULeger (CMin), ter-
8ow-I^Poiir(GUI«a.JaM
Rapine (Gvrinain), avocat.
gonl.
et Denis).
▼adMria (Giraid da la).
Rappiut ( Hugues) , ronieil-
Sainl-Merry (Jactjues de),
SoutiJ(JMn),i«igeiil.
IfWil,
ler.
clerc.
Spire (Andi7 de), prMt
^ëfmm{lmt).tk,Mm.
Ilnviii, clerc.
Saint- Pierre (Tbomas de) ,
dMiMidiMd*.
fMmHtmm),mtmà.
Itayiiiondct (Armant), maî-
physicien.
TaBy(J«a«da),aiMaL
tre dea comptes.
Saint-Rommain (J. de),
Tabari, clerc du roi.
Variy((Hranida),Da(aii«.
Regnard (fClienne), avocat.
conM-ilIcr.
Taboue, gtnie de b pré-
Vaniar (Rabart). aif|Mt
Regnaud ( Mathieu ) , physi-
Saint-Yun (Garnier de).
vMé.
▼.Mlfai(Rafc.H)..ai|..t
cien.
érhevin.
Vaucouleur (Jaaa da), a»-
Reillac (Clcmonl), avocat.
Saligny (Jean de), apotlii-
Tartre (Gcrvaiae du), aer-
tmt
Rely (Jean), sergent.
caire.
gent
ymii (Piam da). plijai.
Riche ( Auliry le), médecin.
Salmoii (Jean), procureur.
Tetnlnritr ( HmMqain le) ,
dm.
Rieux(Jean de), maître du
Saimon (N.), secrétaire du
aergenl.
Tanaal(Ba«Uda),cW-
Pont.
roi.
Tenance(Je*n de), songent
vaiier du giieL
Riolc (Jean), procureur du
Sauli (Guillaume de), ser-
TeiMm ( Etienne) . notaire.
Va..bl(Elia«.).Mtaira.
roi.
gent.
TeaiaH (Mareelot), Mt».
Tarifa; (BaueMda),i«.
Ri9<|ue (Désiré de), huiarier.
Satigny (Jean) , maître clerc
rier de la reioe.
eavaar.
Robin (Pierre), maître des
des comptes.
Tbumery (Gobert), maître
VidfyCC 1 da).ca-
œuvres du roi.
Savigny (Nicole de), avo-
clerc dea cooiptea.
aaSar-
Robin (René), sorf^ent.
cat.
Thurocry (Regnault), mallr*
Tidat (lifMal). bartitr
Rogier (Guillnunu-), soi^
Savin (Regnault), procu-
particulier de la monnaie
jnré.
gent.
reur au Chitelet
de Paris.
Viet^)f^ (GaiUawM). va-
Rosier (Nicolas), sergent.
Saus!iel de Fretin, huissier.
Tignonville(Guill.),prévAt
let da chambra da rai
llo«ny (Pierre de), notaire
Savoie (Thomas de), no-
do Paris.
Vignaa (Ada» daa), h^âê-
du roi.
taire.
Tillard (Jean), examina-
iiar.
Rougin (Guillemin), ser-
Srepeaui ( Garnier de) , se-
teur.
Vilel«(J«M),aargaaL
gent.
crétaire du roi.
Tipbaine (Jean), eiécuteur
VillebresBie (Jeu da). la-
Roussel (Henri), ovoral.
Seguier ( G uillaume ), garde
de la haute justice du roi.
crélaire do roi.
Roussel ( Jacques) , clerc.
des biens du roi.
Tirevaige (Guillaume) , ron-
Villers (Araoaldde),«M-
Roiia.«igneul (Jean), apo-
Selvet (Jean), sergent à
trilenr.
minatrar.
thicaire.
verge.
Trapct(PhUibert de), ser-
Viliien(UnatGhartei).
Rouvroy (Mile* de), com-
Senlis ( Robert de ) , homme
gent.
maKna nM da la
missaire BU Chdieict.
de loi.
Tregny (Oudari de), clerc
raiM.
Rovroy (Miles de), exami-
Senlii (Girard de), mar-
deacmptaa.
VHiT. iiiiiHir.
nateur.
guillier.
Trefllea (J«aa des), capi-
TaaMa(1licaiada).aaattr«
Roy (Denis le), barbier.
Sens (Guillaume de), con-
taine.
dawdaamii|lii
Rosières (Kouquet), no-
seiller.
Troillart (Thevenin), valet
Vaiiiaaa (Jaaa da). malin
taire.
Sente (Guilkume), procu-
de chambre du roi.
Ru (Nirola.H du), huissier.
reur du roi.
Troyea (Jeand«),ciiirw||^.
Vaalala (».). pm*» da
Ruiiiy (Philippe de), con-
Seris (G. de), conseiller.
Tniqwim(Jean).litaleg«iL
PMW.
seiller.
Seurre (Jean de), maitre
Tuant (Vineenl), bomoM
d'hAlcl de la ndne.
de loi.
Wilqwa (km), a««eaL
Sablon (Michel du), secnS-
Siuin (Guillaume), con-
Tuiliina (Jaaa da), «»-
tairc du roi.
seiller.
ainalaar.
Yiaafaart (N. ), cMÉMr Ai
Sablonnier ( Jean ) , scrg(>nt.
Sorel (Denisot), queux de
Tttaiièr«a(ltalNHde),aia-
lai.
Sailly (Nicolas de), clerc.
la reine.
minalear.
Ta«M(A«laiM),Mlaif«.
Abeville (Jeand').
UIMT. I.
TROISIÈME CATÉGORIE.
CaUOICM. LANSilUS, OM^mM.
.\bieni(JalMiiniadai). Ag«HaH( Rabart).
M
362
Ajart (Pierre).
Allais (Simon).
Andry.
Arragon (Simon d').
Arro (Guillaume).
Arrode (Guillaume).
Asniercs (Jean d').
Aubert ( Robert).
Aubert (Robin).
Bachellier (Kegnault).
Barbedor (Guillaume).
Barbier (Thevenin).
Barrois(Jeanle).
Basin (Guillaume).
Baslras (Pierre).
Baudevart (Amoul do).
Baulmes (Albert de).
Bavilliers (Jean).
Bel (Symonnct le).
Belly (Philippe de).
Benoisse (Guillaume).
Benoisse (Jean).
Beranger (Poncelel).
Berlhelemy (Jean).
Berlhelcmy (Pierre).
Berthelot (Jean).
Besson (Robert).
Betbisy (Raoulet de).
Biardelle (Jean de).
Bienvenu (Guillaume).
Biterne (Perrin).
Blanc (Jean le).
Blondel (Pierre).
Bochetin (Oudenex).
Bocy (Guillaume).
Boileau (Jean).
Boillefeves (Aubertin).
Boinville (Jean de).
Boissevin (Robert).
Boivilliers (Jean de).
Bondelle(Jensien).
Bonhomme (Perrin).
Bonnet (Nicolas).
Bordier (Pierre).
Boucher (Arnoul).
Boudant (Guillaume).
Bougis (Jean).
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Boumautot (Jean).
Brailler (Jean le).
Breton ( Denisot le).
Breton ( Richarl le ).
Briadel (Jean).
Broutin (Jean).
Brun (Jean).
Brunel (Guillaume).
Bullot (Jehan).
Bureau (Simon).
Bureau (de Dampmartio) '".
Carat (Hance).
Carré (Jean).
Catin (Audebert).
Chabot (Jean).
Chappeiu (Pierre).
Charles (Perrin).
Charmain (Pierre).
Charon (Nicolas le).
Charon (Robin le).
Charpentier (Jehan le).
Charron (Pierre le).
Charron (Thomaasin le).
Chartiers (Simoo).
Cliassy (Pierre de).
Chastehn (Jean).
Chaussée (MatheUn de la).
Chelle (Christoffle de).
Chenart (Pierre).
Chesne (Guillaume du).
Cheval (Pierre).
Cbevarl (Jean).
Chevart (Perrin).
Chevrier (Nicolas).
Choart{Thiery).
Choisy (Pcrin de).
Cbtelle (Robert).
Clarrebourl (Jean).
Clément (Jean).
Clichi (Jean de).
Clulin (Henri).
Commode (Geoffroy).
Compains (Alain de).
Gompans (Jean de).
Compère (Jehannin).
Comte (Adenelle).
Comy (Cosme).
Conte (Jean le).
Coquelet (Ilarpin).
Gordien (Evrard le).
Cosme (Henri).
Coasart (Perrin).
Cotsart (Simon).
Courtillier(Jean).
Croist (Hance).
Dampmartin (Bureau de).
Dampmartin (Simon de).
Daniel (Pierre).
Dans (Jacquemet).
Danscnal (Girard).
Deboulan (Simoa).
Dedcuil (Thibaut).
Demanerois (Jean).
Demanerois (Nicolas).
Demanlc (Adam).
Demeries(PhiUherl).
Demest (Jean).
Demcst (Pierre).
Demonereun (Nicolas).
Des Barres (Pierre).
Desmarrest (Joase).
Desme (Jean).
Desmc (Richard).
Despemon (.\udry).
Despinal (Oudart).
Dcsture (Josset).
Dompmart (Jocet de).
Doriac (Regoault).
Dory (Jean).
Dossenal (Girard).
Dubour (Noël).
Ducy (Jacques).
Dadeuil (Godefroy).
Duhamel (Geoffroy).
Dumartray (Oudart).
Dumolin (,\lbert).
Dupont (Cohn).
Dupont (Guillot).
Dardant (Thomas).
Duval (Robert).
Duviel (Jean).
Duvivier (Hennequin).
Enguerrant ( Jean ).
Enode (Guillaume).
Esmery (Jelian).
Espernon (Etienne d').
Fanlomare (Jean de).
Fanonel (Jean).
F'eodric (Hance).
Fevre (Clément le).
Fevre (Jean le).
Fevre (Simonie).
Follet ( An thpine).
Forestier (Jean le).
FouUon (Jean).
Four (Gautier du).
Fourbeur (Jean le).
Foumier (Jean).
Fremaulet(Jean).
Freset (Perrin).
Fusre ( Lorens Fufre ou ).
Galandon (Thibaut de).
Gallois (Jean le).
Gargouille (Guillaume).
Garnier (Félix).
Gamier (Ferry).
Gamier (Jean).
Gamier (Saillot).
Gaullier8(Jullien).
Genillac ( Marcellin de).
Geoffroy (Ferrant).
Giffart (Guillaume).
Giffart (Nicolas).
Gilbert (Jean).
Godart(Jean).
Gonnesse (Jean-Nicolas de).
Guerrin (Jean).
Guiardct(Jean).
Guillemet (Etienne).
Guinet ( Simon ).
Guyart (Colin).
Hadin (Jean).
Hasart (Jean).
Hasart (Pierre).
Hasquin (Jean).
Hébert (Jean).
Hébert (Nicolas).
Hébert (Pierre).
"' Bureau de DampmarUn était-il fils de Simon
Bureau, orfèvre et changeur, mort en i4,34, ou
de Simon de Dampmarlin, également orfèvre et
changeur, décédé en iSgg? C'est une question que
nous n'avons pas voulu résoudre dans la notice
biograpliique consacrée à ce personnage. Après
avoir ënuméré aussi exactement que possible les
ascendants et les descendants des deux familles,
nous le rattachons à lune et à l'autre, faisant ainsi
du mot Bureau soit un nom patronymique, soit un
nom de baptême.
LA BOURGEOISIE PARISIENNE AUX XV ET XV SIÈCLES
||cl.<rt(n(jl.(;rt).
l|c'nrioi|iiiii.
ili'rliiiiit (Ji.-tn).
iliTiJin (Jean).
Uori>(Jt'Bn).
iliiriun ((;liri!tt«|>licde).
Ilomiant.
Kerrnrd (l'ierro).
llrTvion.
Iliilivrt (llernmnl).
Iliict ((iillc).
Iluct Injiruiifî (Jean).
Hucl (l'icrre).
itiK-t (Tliiliaut).
IIiicllc (l'i('iTe).
ilurnot ( Pierre).
lliitK! (Jean).
lliiiH' (l'i'rrjn).
Iliiniril (Jfiiii).
Huvt- (Ji'aii).
Huvi- (Piorre).
ilysnarl (Jean).
Ivrj (Jean d').
Jolly (linirv).
Jully (Jriin).
JuniLs (itolivrl de).
Journii (Jeun).
Jourdain (Tliuiiias).
LaLoiMicrs (Thomas).
Ladeliors (Guillaume de).
Lidi'honi ( Picrn» de).
Lafuntainc (Uoiirliard de).
I^ronliiinc (Ktionne de).
Lafuutaine ( llicliartl de).
Landro ( Bcrllivlot de la).
Uiiifn>y (Hobcrt).
Lan|;i' (Jean de),
l.niijjrc (Jean de).
Lapclonay (Roger de).
La|H)itltTic ( llogor de).
Lipolonic» (E»nart do).
La|Milerne (Roger de).
Laurier (Pierre).
Le ItlonI ( Pierre).
Li'bn't ((luillaumc).
l.wlfrc(Jean).
Lwler» (Pierre).
Lefevro ( Hi<rtlii>lul).
LefevM' (.Siiloinon).
Lefcirtîde Mante (Jean).
Lenamenc(Jt>an).
Leninmon (Jean).
LcnuMon (MaKin).
Lemeiitrc (Pierre).
Lemeigniand (Jeeii).
LeiMMmant (Jeen).
Lequeui (Pierre).
Leroy (Simon).
LeeeJliera ((iuilbume).
LeMllicr* (Simon).
Lm^dI (Jeen).
Leitare (Jeen).
Levachet (Mathieu).
Leveaque (Jean).
Leveeque (Philippe).
LcveM)ue (Thomu).
Lieur (Jehan le).
Lille (Jean de).
Liiy ( Raoul de).
Loyi ((iauvain dee).
Lur (Jean du).
Luillier (Perrin).
Lyens (Jean de).
Maillart (Katienno).
Maillo (Jean).
Mainrroy (Jean).
Maire (Pierre).
Malaquais (Lorena).
Manidiens (Eslienne).
Manne (Perriu).
Manie (Simon de).
Marcs (Alexandre de»).
Mariete (Denis).
Mariol (Gérard).
Marolle (Nicolas).
Martin (Jean).
Martin (Simon).
Marirail(Oudin).
Martray (Jean de).
Martray (Simon de).
Ma»le(Jean).
Maubusot (Jean de).
Maucruix (Jean).
Maylfl (Perrin).
Melliers (Jehan).
Merry (Adam du).
Hignion (André).
Mignion (Guillaume).
Mignion (Jean le).
Mignon (Martin).
Molle (Jeen de).
Muntreuil (Guillaume de).
Moreau (Florent).
Houlliers (Jean).
Mouton (Guilleniain).
Mooloa (Jem).
MlMl(GliaiMNMU).
Moilre (Hanroy de;.
NaiMm(IUoal).
Nandeky (Jeen de).
Ningif (Jean de).
Nanteuil (Jeen de).
Neavee (Ferria).
Neveu (Melbnrin).
Ni<olaf(Jeen).
Nicotai (Mdncr).
Nicolei(Rioa).
Nyvarl (Perrin).
Oblet (JeMi).
Offroy ( Robert).
Oger (Pierre).
Uriari (PhiUppol).
Orient (Henry).
Orient (Tboma>sin).
Ostrevant (Conrart d').
Papillon.
Parent (Jean).
Pasquier (Simon).
Pelleraint (Jean).
Perlant (AmauU).
Perrier ( Ferry).
Perrigny (Jean de).
Petit (Ginirdin).
Petit (Jean).
Pijart (Denis).
Pijari(Je«n).
Pijart (Philippe).
Pijart(Regnault).
Pinct (Simon).
Pisdoye (RegMdt).
Ponlaudemer (Jean de V
Polclle( Pierre de)
PoupaK (Chariot).
Poupclin (Jean).
Prévost (Thomas).
Proyart (Gilliel).
Quesnel (Richard).
Quoniaro (Andriet).
Raguier (Heinan).
Raina (Girart de).
Rains (Henryet 4e).
Raony (Perrin).
Raoul (Jean).
Raoulin (Pcfin).
Retour (Robpri).
Reail(TUbaut<J?j.
RidM (Jma U).
RodM<wt(Jeaada).
Rooea ( Girard» 4t).
i(J«a.).
99 HHMHI ^fpM^
(Pmfa).
8iifil(GaM).
Sdirt-Dari» (Piam a*).
Mal-DiiMr(Parrw4e).
8aiBt.||M»(Pi«i«4e).
SaiVri. ((MlMM).
Sarraiifl (Obvier).
[(BabaHde).
i(Jaii«a).
i(Picn«aa).
Sm«y(RiciMrtde).
Tatleaieiit (i«Hi).
Tapicier (iaaa).
Tar«a«e(J«ia).
Timboonal (Raè««}.
Toei^ (GniHeme).
Tounjuetil (GuilUonK;
Toutin(Ad»ai).
TroUet (Jean).
Tnmael (Jeaa).
Turgis (Jean dt).
VailUnl (Jeaa).
Vallien(Ni<aiaa).
Vally (Philippe).
TadUiay(Jea«).
TaaderRaaea(Jea«).
Vawee(GawW4e).
Varna (Picm).
VaRia(Piam).
Vaoperria (Perha;.
Venielay(Jeaadt>.
Vilua (Jeaa).
Vilain (Jeaa de).
ViDaMttv«a(J«aa4e).
Vi!lHto(Pr«a(aia).
Viliin {kèÊmy.
ViUin (Jeaa).
VilKn (Piam).
Vivier (Jaaa Ai).
I«.
36i
DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
QUATRIÈME CATÉGORIE.
ECRIVAINS, ENLUHmEDRS, IMAGIERS, JOKGLEDBS, LIBRAIRES, MENESTRELS, PARCHEMntlEKS , PEINTRES, RELIECU.
Albelin.
Andrë (Piètre).
Angevin (Etienne 1').
Angevin (Thevenin i').
Araines (Pierre des).
Areemalle (Jean).
Arrode (Huguenin).
Avignon (Jean d').
Bacon.
Barbier (Jean le).
Beauneveu (André).
Beauvais (Jean de).
Beliart (Gancher).
Benart ( Denis).
Biterne (Jean).
Blainneteau (Girard de).
Bianchet (Jean).
Blois (Jean de).
Bourgeoi.s (Colinetle).
Braellier (Jean le).
Brebant (Hennequin).
Brescian.
Briois (Jehannin le).
Cahersaous (Yvert).
CaiUet (Guillaume).
Callemadin (Hennequin).
Cardet (Regnauit).
Carvanet (Oudin de).
Catenal (X.)
Cauver( Pierre).
Caux (Jean de).
Cliampdivers (Huguelin).
Chartres (Jacques de).
Chastaigne (Jean).
Chastillon (Jean).
Chauraont (Jean de).
Chausse (Johannin).
Chose (Geffroi).
Chynenudy.
Clericii (Martin).
Ciosier (Rogier).
Colin (Jean).
Compicgne (Antoine de).
Constance (Hanse de).
Conte (Guillaume le).
Corbie(N.).
Cossigny (Geoffroy).
Coste (Jean).
Courtet (Robin).
Courtiller (Denysle).
Couste (Jean de la).
Cresccques.
Crespy.
Croix (André de la).
Croix (Tassin).
Dampmartin (Drouet de).
Dampmartin (Guy de).
Dannyan (Gilet).
Daucel.
Davignon (Jean).
Deschampg (Eustache).
Deschamps (Guillaume).
Dijon (Perrinde).
Dole (Foucault).
Donnedieu (Pierre).
Drun (Yvon).
Du Boys (Jean).
Duflle (Jean).
Dure (Jean).
Essars (Antoine des).
Esturion (Jehannin).
Eustache (Guillaume).
Faverel (Colin).
Fêvre (Jean et Jacquemart).
Flacian (Jean).
Flamel (Nicolas).
Flamel (le jeune).
Fontaine (Colin de).
Fontaines (Robin de).
Foubert (Hugues).
François (Jean).
Gandent(Copio de).
Garel(Jean).
Garineau (Charles).
Gastcblë (Germain).
Gauchy(Jean de).
Gautier (Roland).
George.
Gingonneur (Jean).
Gobert.
Godefroy (Hannequin).
Godion (Gefroi).
Grant-Dent (Copin do).
Gubozo.
Guillemin.
Hance.
Hanin (Guiot de).
Hermant (Jean).
Hervi (Guillaume).
Herlant(N.).
Hesdin (Jacquemart de).
Hoden (Jean de).
Honsleu (Jean de).
Huart (Nicolas).
Janequin.
Joui (Jean de).
La Marche (Jean).
Lami (Thevenin).
Laon (Colartde).
Larribaut (N.).
Launay (Jean du).
Lavenant (Jean).
Le Héraut (Jean).
Le Lièvre (Gauthier).
Lempire ( Olivier de).
Le Picart (Jean).
Lescouvet (Guillaume).
Lescuier (Robert).
Lesueur (Nicolas).
Lesueur (Robert).
Lhuiilier (Martin).
Liège (Jean du).
Linfol (Pierre).
Lombard (Nicolas).
Lomme (Yvon).
Loyseau (Guillaume).
Mahieu (Denys).
Malet (Giles).
Maristoch (Henri).
Marict (Jean).
Maulin (Jean).
Ménestrel (Lyonnel l«).
Merles (Jean).
Millon (Simon).
Milon (Simonet).
Monachi (Jean).
Monlet ( Regnauit du).
Neufmuer (Jean de).
Noir (Jean le).
Orléans (Agnès d').
Orléans (François d').
Orléans (Girard d').
GHeans (Raoul d').
Orliens ( François d').
Orliens (Jean d').
Parcheminier ( Poncet le ).
Parchet (Jean).
Parent (Colinet).
Paris (Jean de).
Peleret (Pierre).
Perrin.
Petit (Jacquinot).
Plauxob (Henri).
Poitevin (Jean).
Poncet.
Porte (Jean de la).
Portier (Pierre).
Postel (Jean).
Prévost (Jean le).
Prévost (Simonnel).
Remiot (Pierre).
Richier (Jacques).
Sage (Jean le).
Saillant (Jean).
Saint-Cloy (Jean de).
Saint-Éloi (Jean de).
Saint-Romain (Jean de).
Saint- Y'on (Garnier de).
Santigny (Jean de).
Sens (Jean de).
Sens (Perrin de).
SicarL
Tainguy (Raoul).
Temple (Raymond du).
Thomassin.
Thuri (Pierre).
Tillart (Perrin).
Trévoux (Henry de).
Triboun.
Vadis (Jacques de).
Viezmaire (Julien le).
Vilain (Gilet).
Villiers (Guillaume de).
Yvrenage (Jean).
LA BOURGEOISIE PARISIENNE AUX XIV ET XV- SièCLES.
3«S
CINQUIÈME CATéGORIK.
Aleundre (Nicolu).
Anccurre (Guillaume J').
Barre (Pierre de U).
BaUille (Colin).
Bazin (Jarquc*).
Beaumct (Pierre de)
Bccqiii-t (Ciinrim).
Bfllloy (HolMTtdc).
Bertrand (Guiot).
Bipurro (E«licnnp do).
Boili'auc (Piorrp).
Boinpuiii (Kationnc de),
Bonpn^ (Kstionnede).
BoMU (Ganont le).
Roiiaynrt (Nniidin).
Bourgne (Tliomas le).
Bouadrach ( Bernard ).
Brirquet (lluct).
Broutille (llnliin).
Bnin (Antoine).
Rrunol((itiiilnunio).
Buignet ( Aulwlet).
Carrrf (Gillcl).
Chalona (Thomas).
Chambre (Jean delà).
Champ (Inihert de).
Changeur (Jehan le).
Chevalier ( Itemondin ).
Cirole (Jean).
Clarry (Guillenii» de).
Clarcy (Jean de).
Compana (Jean du).
Compan» ( Pheliaol de).
Comptant (Jean).
Co«(er<rlle (Robert de).
CourliMe (Philibert de).
Courtneuve ( Pierre de la ).
Dimpierre (Jem de).
Dampnoia ( Guillaume le).
Dourdin (Jean).
Diennya (Abio).
Dordin (Jaquet).
Doura ( Nycholaf de ).
DniM>n (MnhicI).
Uuhan (Pierre).
Ecuyer(Jeinr).
Eslanfort (Jean d').
Flament ( NycoUt le).
Flamunt ( Pierre le).
Kournicr (Etienne).
Gabel (Etienne).
Gagneron (Guillaume).
Galande (Guillaume).
Gautier (Jean).
Gendre (Jean le).
Genest (Jean).
Genlien (Pierre).
Girouat (Jean).
Godefroy (Henry).
Godin (Deniaot).
Godin (Guillaume).
Granchicr (Guillaume.)
Guerdo (Guillaume).
Guerin (Jean).
Guimier (N.)
HMqoafflb (Jem de).
HeurUull(PeiTin).
Jaui (Jaquet de).
Jay (Robert le).
Jondoingoe (Jem de).
Lùni (NieolM).
LangioM (Giiahomi).
LaMOM(GiUeede).
Ug»ï(i««n).
Lenoble(Jfleii).
Limeaqae (GuilUane de).
LiOiiiim( Pierre).
Loniiiar(Jeen).
Lorrin (Perrin le).
Louret (Robin).
Louvree (Jeu de).
Mare (Colin).
Marcd (Jean).
Maaaecher (Jarquee).
Mercaty (Micbiel).
Midoulx(Droûe<).
Monnarl (Symon).
Mont (Phihppoidu).
Monf7 ( Pierre de).
Monlfort (Jean de).
Myolte (Perrin).
Neauville (Jean de).
Neauville (Martin de).
Nisy (Robert de).
Noir (Pierre du).
Pari* (Jean de).
Parii (Martin de).
(JaM).
PaRiar(JaMla).
PMPriar(Jan).
Pilliot (J<M).
Piaaaget (JeM).
P^(TlMM*b).
Priy(JeM).
Ptal(C*K«d«).
Porta (JcMidab).
Po<i«r(PUIipa().
Mi«r( Pierre).
Poiilart(Siiiiaa).
(Mare).
I (laa Mn*).
Ra«|der(!liealwdy).
Sdut-BaMll (Jean).
Saiot-Martia (J«wi de)
SaHa(Awiri«deb).
Tart«nu(Miclùal).
Tartarin (Stomi).
Tburel(Bellioaiael).
TroodiaT (EolicMedc).
Troofoo (Pcfria).
Tufpa(J«an).
Vai««Ma(llabartde).
V«aaar(IUbwk).
?a^riMt(Catti4a).
T«|«'(Gajalb).
SIXIÈME CATÉGORIE.
BOur.iiRRs , nrrrKTiF.ns, cii\mu>x>ikrs, cntRci'Tin.s, cimias, cuisiiiitu, ipiciiis, raomnu
MED^IIRIIS, PÀTIiOUKRIl, POISSU^MIERS, RdTI«Sll'M, tOUMUtM», TiUlKLIUK T>rra\t(a«.
Ancelot(N.).
\n|uansy (Jnquel),
Auliert ((ïuiilaunw).
Aulinil (Jour Inin).
Aujugel ( Perrin ).
Autel (Tliouins).
\\ii'niiii I l.'liiitid').
Ilan' ((iiijou).
Baril (Jean).
Batinet (Renoial).
Delon (Colin).
Benoche (Robert).
Beranger(Gaaaul).
Bergierea (Jacquea de).
Bernard (Jean).
Rerte (Jean).
Bertier(Jean).
Biearait (Jeao).
Bielri*.
Biaet (Jean).
Boi«in (Jean).
Bordel (Colinrt).
Boaaa (J«Mi la).
Bourber (Jean).
Boudard (Mabiea).
BoalM (Gilet).
Booidia (G«anM).
BMIfM(MiB4«).
%mni(immm).
•NM(Glal).
hmpt(hm).
•N(ai(Dr.^).
Rrrt(Jac^Male).
BR«(Miale).
366
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Breton (Guiot le).
Breton (Yvonnel le).
Bretoys (Jean).
Bricon (Jean).
Bridel (Colin).
Broulart (Guillaume).
Brûle (Denisot).
Brun (Colin).
Buiren (Godefroy).
Buiren (Pierre).
Buisson (Lorin du).
Caboche ( Denisot ).
Caboche (Jeanninot).
Caillot (Lorin).
Carbonnel (Philippot).
Carnouet (Etienne).
Carré (Simonnet).
Cassanoye (Jeannin).
Caudecote (Cardot).
Chanteau (Jean).
Charron (Jean le).
Charron (Robinet le).
Chaumont (Denisot de).
Chaumont (Jean de).
Chien (Jacques le).
Clerc (Colin le).
Clousier (Rogier le).
Coignet (Jean).
Colot (Laurent).
Compère (Jacques).
Compiegne (Guyot de).
Coquaigne (Jean).
Coulicrs (Jacques du).
Cousin (Colin).
Croix (Jean de la).
Cude (Perrin).
Dampont (Simonnet de).
Daniau (Gillet).
Danson-la-Villc (Jean).
Daugc (Remon).
Debaudis (Michelel).
Desauges (Robert).
Dieppe (Martin de).
Dijon (Phelipot de).
Dinan (Colin).
Dize(Jean).
Doue (Jean).
Doulcet (Guillaume).
Dournans (Thomas).
Dubois (Jacques).
Duprc (Jean).
Duprë (Perrin).
Durant (Philippe).
Everarl (Gillot).
Eustasse (Guillaume).
Ferrant (Jean).
Fevre (Jean le).
Filleau (Guiot).
Forestier (François).
Forestz (Antoine).
Fortel (Raoulet du).
Fortin (Girard).
Fouques (Jean).
France (Jean de).
François (Jean).
Galent (Jean).
Ganne (Esclabot).
Garnier (Thomas).
Garnol(N.)
Gat (Jacquemin).
Gaucher (Jean).
Gellaut (Jean).
Genre (Colin).
Gois (Jean le).
Gois (Thomas le).
Gouppil (Robin).
Grandrue (Pierre).
Grenon (Martin).
Grimaut.
Grosselin (Girardin).
Gruyer (Denisot).
Guerard (Ainsul).
Guerard (Gill>ert).
Guerard (Jeannin).
Guiblain (Jean de).
Guitasse (Guillemin).
Haussecul (Guillaume).
Uenin (Jean).
Hcnnequin.
Heraumont.
Hirondal (Guillaume de).
Hubert (Thomas).
Jencourt (Sauvai de).
Juut (Boin).
Labbé (Jean).
Laignelot (Jean de).
Lalemant (Michault).
La Marche (Henry de la).
La Mare (Jean de).
I>anglois (Mahiel).
Lapersonnc (Régnier).
Le Caron (Robert).
Lecharpcntier (Jean).
Le Clerc (Jacques).
Leclerc (Tassin).
Lecontois (Richard).
Lecourt (Jean).
Le Gay (Raoulet).
Legrand (Jean).
Le Gras (Jean).
Le Huchier (Jean).
Lene ( Hennequin de la).
Lerecouvreur (Etienne).
Le Roy (Adenet).
Lescrivain (Jean).
Lestuveur (Jean de).
Lommede (Colinet).
Louée (Colin).
Lyon (Jean).
Maçon (Guill. le).
Madré (Guillaume le).
Maille (Jean).
Maire (Colin le).
Malaquis (Jean).
Marceau (Jehannin).
Maretz (Jean de).
Marie (Jeannin).
Marre (Jean).
Heelle (Jeannin).
Mercier (Gautier le).
Mercier (Thomas le).
Mes (Jean du).
Michel (Jacques).
Michel (Jean).
Midiicl (Guillemin).
Midiiel (Jeannin).
Milet (Poncelet).
Mire (Jean le).
Morel (Jean).
Moucy (Mathieu de).
Moulin (Robin du).
Mugornie (Philippot).
Mulart (Pierre).
Nau (Jean).
Nepveu (Jean).
Neufport (Pierre de).
Neuville (Nicolas de).
Neuville (Richard de).
Noble (Jean le).
Noé (Gilet de la).
Noê ( Guillaume de la).
Ogier (Jehan).
Olivier (Rrgnault).
Paage (Guill. le),
l'aille (Jaquet).
Pale (Jacques).
Panne (Esclabot).
Pannetier (Pierre le).
Pannier (Jean).
Paris (Poncelet de).
Pasquier de Sauli.
Paste (Etienne).
Pelé (Jourdain le).
Pellerin (Cardin).
Pellcrin (Jean).
Perrier (Jean).
Perrin (Freonin).
Piant(Michant).
Picart (Perrin le).
Piel (Jeannin).
Pigacbe (Thomas).
Pilet (Joannin).
Piot(Paulet).
Porte(Rortauddela).
Porte (llenriet de b).
Potier (Richard).
Pré (Jean du).
Pré le Jeune (Jean du)
Puel (Jehan).
Quarré (Jean).
Quetin (Jean).
Quincy ( Etienne de).
Quolentin (Mayet).
Racinet (Benoit).
Rains(Jean de).
Ravenel (Pierre).
Regnault (Jean).
Ressous (Gaultier).
Ribouillet (Hagar).
Richar (Lorin).
Rigncui (Jean le).
Robert (Etienne).
Rolin (Jean).
Roquet (Jean).
Roucignol (Guyot).
Rousseau (Guyot).
Rousseau (Pierre).
Rouyer (Ricliart).
Roy (GuiU. le).
Rozé (Jacques).
Sagol (Perrin).
Saint-Yon (Denisot de).
Saint-Yon (Jehan de).
Sahastre (Pierre).
Saulnier (Pierre le).
Sauli (Jacques de).
Savoisy (Henry de).
Segraye (Simon de).
Seneschal (Gilles le).
Sesve (Guill. la).
Sissc (Jehan de la).
LA BOURfiEOISIK PARISIENiNK AUX XIV ET XV SIÈCLES.
M7
Tanlinii ( GoolTroy ),
TcDtanl ((Guillaume).
Thilmult (Michel).
Tliil)ert (Ktiftnni-).
TliilM!rl (l'ierrii).
Tliiiilmiifit (Thoinan).
Toii (Tlioma* l«).
Tonnelier ( Majct In).
Toumctnpntier (Guill.).
Toulillanl (Ivan).
Tronchny (<lo).
Tjflier (Thomaf ).
Valoii (ViYim Ar).
Viftrj (Ji-liande).
Vi<l>-t(Guill.).
Viln|uar( (Jran).
Vir (Klienni- de).
Vivian (Jehan).
VoMiM^OiM).
Votilo du Ri> 'lU I
ViuMi-
(vaui).
SEPTfËlfE CATÉGORIE.
AnMI.'RIRRD, «RTILLrBRS, BALARCIRRS, CIIADDROXHIERI, CODTELIEM, CUOnTItM, nUOIKIIU , ■UCIin*.
LOMIIUUI, POTIBRD D'iTÀlil.
Adam (Jacqnei).
Alidry.
Bnillnmcr ((luyol).
Bainc! (Ancpl).
Balancier (Lorin le).
Barbier (Oill<>» lo).
Becquot (Jean).
Bflrnarl (Pierre).
Boeniel (Arnoul de).
Boi»(Bobcrl du).
Bonr|];ui|;nnn (Jehao).
Bouyr (Jean).
Boys (Jehan).
Breton (Michelet le).
Briquet ((iiiorin).
BriiDol (Guillaume).
Bruxcllc!) (Jehan do).
Busay (Jean de).
Caict ( Bobin ) ,
guif^nn.
Callnl (Jehan).
flil !<' Itoiii
Charretier (Martin le).
Coilly (Jehan de).
Courtin (Thevenin).
Coutelier ( Rennal le).
David ( Pierre).
Durhesne (Jean).
Earoerilloa (Perrin).
Fieuvillier (Thoau» de).
FoMO]f«as(N. le).
Gantier (Jetn).
Goupil (Jehan).
Grei (Henri de«).
Griaean (Jehan).
Guemier (Guillaume ).
Guiet (Jean).
Henri.
Laif^ny (GuiHaame de).
Lalemant (Tliierry).
Le Cigne (Robert).
Le Fevre (Jebui).
Le Pevre (Midialet).
Le Franc (Collin).
Le Marinier (Simoo).
LeMeigner.
LeMortdiM'(Gali«).
LeTeaiier(Pldiifot).
Lohier (Jean).
Lorrain (Jehan le).
Loup (Glaux le).
Marchant (Guillaume).
Marchant (Olivier).
Marchant (Pierre), <£(De»-
préaux.
Manon (Jehan de).
Mauvaia (Jean le).
Meaay (CleoMot «le).
Moncel (Oudin de).
Monirousti (Jean de).
Moriaae (Regnault).
Momoi» (Guillaume).
Ifaim.
ttMlk{imné$).
dimt (TWaM #).
RipiM (Cdhi «I
la.).
li«|>iM(HMt).
Kékihmm{tmmit).
Sùnl>Omr(J«Mik).
(Twt).
Tiiw(t((
TowMj (Mafli. dt).
Veny.
Villeqnin (Pian).
Villien(Pi«rr>4a).
Yvori (Jeaa).
HUITIÈME C.ATÉGORIL
RARII.LIKRS, BR0SSIER8, CHARPEMTIKRJI. COrrRETIERS, kRA^IIEM, HrcHIRM. UTBTinH, ■BmniM.
0I8BI.IKRS. VA^<lir.RS.
AU'aux (Jehan le).
Baste (Colin de la).
Bernard (Jehan).
Iti|;iiiin (Jean).
Bonlinii (Nicolas de).
Boite (Camin la).
BiHichier (Jaripics).
Boullcnot!! (dilbert de).
Bourimndu lliiusscli't (Jean)
Brelianl (Jehan de).
Bri(piet(||uel).
Bue (Jean). </i« PiiTBrl.
Cannctel (Bemart).
(^uville.
Chapelle (Jacquin).
Cirier (Simonet le).
(À)q (Pasquier le).
Coquin (Jehan ).
Cyras»* (Guillaume).
Di^haje ( Jean ).
Deaaus le Moustier (Simon).
Dufour (Pierr*).
nujardin (Philippe).
Duque (Raoul).
Ecranier (Moêl P).
Fou (Pi«n<a«la).
Gr«MiMa(AnoaldM).
Guerel (Colin).
Guct(Raoale(du).
liait (UoNMdM).
Jarret (Pi«m).
Lat«lli(0rini4i).
Laiidt(MM).
>(ll«ri^
UBM«MhM»).
LwBl(Jaeqta).
t(GdlMM).
.(ÎWl).
.(JdM).
(Oaiii).
Lanmi(AfHtl>).
LiiirMU (GiiSÊimàÊ\.
HmI (Jeu 4m).
*')•
368
Monlrevain (Reray de).
Natier (Jehan le).
Navin (Jacquet).
Pourcei (Hue).
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
nennelier (Perrin le).
Regnault (Guill.)
Remy.
Riant (Urbain).
Robert.
Robin.
Rocbelord (Jean).
Roquier.
Rousselet ( Robin le).
Sore (Jehan).
Thiais (Jean de).
Tourneur ( Noël le).
Vannier (Geoffroy le).
Veau (Pierre).
Vinot (Jean).
NEBVIÈME CATÉGORIE.
BONNETIEHS, CHAPELIEBS, CHAC88ETIERS, CORDODAnNIBRS , COCTCHIERS, ^TDVEDBS, FRIPIERS, TAILLEURS.
Andry (Jean).
Auclarin (Robert).
Raudran(Jean).
Raugis (Denis de).
Reauvez (Jehan).
Belleteau (Martin).
Belot (Guillaume).
Berangicr( Robin).
Bernier (Jehan).
Biseau (Robert).
Bon (Pariset le).
Bonnault (Laurent).
Bourguignon (Martin).
Boursier (Mace le).
BruUe (Eustace du).
Carrouge (Guillemin).
Champaigne (Jean de).
Champy (Henry).
Chapelain (Guillaume).
Chasions (Pierre de).
Chartel (Thiery du).
Clémence (Guillaume).
Cochet (Gieffroy).
Colin (J.).
Connihs (Jacquet).
Conseil (David de).
Coulon (Drouet de).
Coussi (Martin de).
Courtois (Guillaume).
Crocquemeure (Barthel.).
Dane (Martin).
Diguet (Colin).
Dourdin (Jacques).
Dufour (Jean).
Dumoustier (Jean).
Ferrebaut (Pierre).
François (Jean le).
Gourdin (Colin), dit Lar-
moyé.
Hailes (Jean de).
Hardy (Robert).
Haye (Guillaume de la).
Haye (Jean delà).
Hollande (Jean de).
Homo (Denisot).
Laillier ( Yvonnel).
Laneur(Jean du),(^'( Savoye.
Langlois (Guillaume).
Langlois (Simonoet).
Lefevre (Jacques).
Legra8(Jean).
Le Leu (Jehan).
Lemaire (Pierre).
Leseure (Jean).
Leureui (Andry).
Lienard (Hugues).
Loisel (Guillaume).
Lombard (Sylveitlre).
Maçon (Clément le).
Maguelarl (Gilequin).
Maillard (Jean).
Maistre (Roulct le).
Marceau (Jehan).
Martin (Guillaume le).
Haupertuis (Jean de).
Michel (Jean).
Orfèvre (François T).
Orléans (Jeand').
0» (Pierre).
Paray (Pierre de).
Pasquier (Pierre).
Perdriau (Guillaume).
Petit (Jehan).
Picart (Philipot le).
Pillot (Perrin).
Pois (Jean de).
Poix (Pierre de).
Poulette (Pierre).
Prevostel (Jean).
Quatre-en-Vaut (Nicolas).
Raoulet.
Raynal(Jean).
Regnault (Jean).
Riche (Geoffroy le).
Roye (Jean de).
Saumur (Jean de).
Thorion (Mahiet).
Tremblay (Jean du).
Troyes (Guillaume de).
Varcnnes (Henry dé).
Vauquelin (Guillemin).
Watcure (Pierre).
DIXIÈME CATÉGORIE.
CHARBONS, écODTIERS, FONDECRS, MAÇONS, MAItiCHADI, SERRURIERS, TDIUERS.
Alban (Jean).
Alemaigne (Jean).
Alixandre (Vincent).
Anguerrand (Pierre).
Aubelet (Jean).
Raujart (Simonnet).
Berneval (Alexandre de).
Brecy(Jeande).
Briquet (Guerin).
Bruncau (Bertrand).
Brunneau (Simon).
Caville (Thomas de).
Chaalons (Jehan de).
Chantcraine (Laurencin).
Chelant (Jean ).
Corbillois ( N. dit).
Conseilles (Jean de).
Denis (Perrin).
Dourdan (Colin).
Doger (Philippe).
Droart (Jean).
Filleul (Jean).
Fontaine (Jehan de).
Forest (Uuguelin de la).
Foase ( Simonet de la ).
Galian (Jean).
Gillequin (Jean).
Gillel (Guillaume).
Gonet (Amaury).
Han (Jean de).
Hery (Simon le).
Jaquet (Amaury).
Le Cornu.
Ledru (Guillaume).
Lilleex (Hennequin).
Le Thuil lier (Nicolas).
Loquet (Marin).
Mahault (Jean).
Maurepas (Perrin de).
Maynart (Dronin).
Montroti (Gamier de).
Nycholas (Henry).
Osmont (Jean).
Pesteron (Robert).
l'util (Jean).
Piermt ( Jean IWiedii).
l'riiniloiil ((iiloqiiin ).
Prier (Jiiliiin).
Ilidraii (Germain).
LA BOUnOEOISIE PARISIENNE AUX XIV' ET XV SIÈCLES
Rouuin (Perrin).
369
.SalebruM (Adam d<>).
Saiii*on(N.)
Stvoye (Benoit).
Serrurier ((xillin le).
Serruiiei (lehwinin le).
Semner ( ilMBMt le)*
Sifflet (GoOmm).
Souej (l«n).
Tliibault(Jean).
Thawt(H^jiirfi).
TUMi(LMM«^k).
TromM(MMa).
V«Us(GiM).
V«aln(MM4e).
ONZIÈME CATÉGORIE.
BOURRKLIKM, IliGlMIlM, TâmriOM, TItlITOUnu.
llarhiUc (Jenn le). Cotele (Jean).
Hlondel (Guill. Ooulombel (Jean).
Boni('-r(>ii (Jaqiiet il<-). (iourtoii (Jean).
Roiir|{ut (Jean).
Bourrelier (Giiillemin le). Drouart (Michiel).
Bourrelier (Perriii le). Durand (Jean).
Boy vin (Pierre). Durant (Gautier).
(laeii (Pierrcde). Finet (Simon).
r.aillart(Tasêin).
C.liierdeville (Jean), (/■( (iarnier (Moliin).
Noël. Grancliier(Micliaut).
Han (Tbomatdu).
Ilalin(Je«n).
ilebert (Jetn).
Jumeauli (Guillaume de).
(
P«aiMtier(PirrTe).
llaiMH(j4M).
Landry (lieberl).
I/>Klan|;er (lîuillauroe).
Lorillart (Jean), dà llerly. TbioR (PInItppal).
Luat (Pierre).
Lyont (Ymlwlot). Vhkr (Piwrerf*).
DOUZIÈME CATÉGORIE.
CIUBARTIERS, CUKVADCHKDRg, ^DYIIg, FOORRIRR!), uéRADTH, lIMAGtU, ULtnKttlM. POCTIIR».
Aciiedin (Jean).
Acier (Reijiiaull).
Aguenot ((îuilliiume).
Ambroise ((luillcmin), dit
Moreau.
Amouni (Jacques).
Aoiut (Jean d').
Ardcnlun (Rnlx'rt d').
Aucellemin (Tlievenin).
Audelin (Jean).
Auvillicr (Raoulet d').
Ave-Mnrin.
Bacquct (Olivier).
Baillet (Colin).
Biirl)ette (Jean).
Barcntoii (Colin de).
Barreau (Jean).
Rasanton (Caiain de).
Baudet (Jean).
Baveui (Guillaume le).
Benuver (Jean de).
Borjfiies (llinrelin de).
Berunnl (Jean).
Bernier (Uef;naull).
lU-nillc (Robin).
Benset (Rainiliaut).
Bideliouiil (l'errin).
Bij^is (Jean).
Blonde! (Guillaume).
Ronnet(Jean).
Roudier (Mirhelet).
Rounlon (Jean).
Rouyn (Symonnel).
Rrachet (Jean).
Breton (Perrin le).
Rrexiile (Jean).
Brom (Roger).
Bruges (Jean de).
Bnilé (Jean).
Huidiea (Jean de), dit Ixi
Gras.
Rure«(Mil(dde).
Rurgaut (Colin).
Rurguevin (Colin).
Came (Symon).
Chalmary (Jac<|uet).
Chapelain (Jean).
Charron (Germain le).
Charron (Jean le).
Chevreuil (Pierre).
Clergcau (Guiol).
Clique (Guillemin).
Conte (Jean).
Coste (Jean).
Coulle (Jean).
(AMirtin (Giraul).
Courlin (Tlierenin).
Dacbeu (Pierre).
Dandretel (GuillauDie).
Darfon (Perrin).
Dariioles (Jean).
David (Rertrand).
Deaquay (Girard).
Deaqueulet (Jean).
Deuran (Tliommin).
Deve (Jean).
Diger (Symoaneau).
Diasy (Jean de).
Dooge (Perrinet).
Du Puii(Renaot).
Dyniandie (Jean).
Eapine (Jean de 1').
EateiMUrt(Gaillauiiier).
Eiloulerille (Jean d").
Kalet(J<<*n).
Kouquaut (Guillaume).
Kreppier (Jehannin).
Gallera« (Bdot).
Otddri (Tkiam).
GamiMCIMot).
GiMi«(l«BaMMik).
(Guillaiiw*).
.(GdfaM).
Hay«(PMmdtk).
HetteH (Jeu).
HciliMi» (J«M).
IIeriay(naMMi4e).
Hennanl(TliiMiwin).
Hura(Deaii«l).
(Uhmt).
U M«tk* (J«M it).
LMib«tMr(JaM).
LaartMw.
U ■atgu^a».
UDMipr(PiaR«).
U Hidi» (i— )■
LMfaMCnNeMMi).
UHmmmiCnmmàm}.
U Pria» (MidMbt).
l(J«M).
370
Leurs Maisons (Eliennot).
Logue (Thomas).
Lohier (Raoulcl).
Lorfevre (Raoulet).
Maire (Bemart le).
Mamerot (Jaquin).
Marcadé (Jean).
Mareschon(Tboniassin de).
Martin (Philippol).
Matlielot (Jean).
May (Jean).
Meserot (Guillaume).
Merdieu (Symon).
Merlin (Jean).
Noël (Colin).
îVorroant (Jean le).
DOCUMENTS ET ÉCRITS OHIGINAUX.
Page (Colin le).
Paignon (Thomas).
Paillart (Jean de).
Paris (N.).
Parisi (Henry).
Pausseverl (Colin).
Pelletier (Guillaume le).
Piel (Martin).
Ploys(Huetdu).
Poli le (Jean).
Porteur (Jean le).
Pouillet.
Poyrier (Ligier).
Préaux (Perrin de).
Prés (Guillaume des).
Puis (Jean du).
Rançon (Mirhelet).
Régnier (Regnault).
Ricart (liennequin).
Riche (Guillaume le).
Rigaut (Jean).
Roiche (Symon de la).
Rouen (Jacquet de).
Rousselet (Jehannin).
Ruelle (Jean de la).
Sassier (Robinet le).
Sauberlicr (Huguelin).
Selcrion (Guiot).
Sens (Jean de).
Sevestre ( Blandiche de).
Simon (Martin le).
Soissons (Pierre de).
Spifame (Jean).
Strain (Jean).
StrampI (Jean).
Tabary (Jean).
Tenque (Colart de).
Tboloiijon (Andry de).
Tranchant (Michelet).
Vair (Robert de).
Vauchers (Colin).
Vaodry (Regnault).
Verrai (Pierre le).
Vigne (Jean de la).
Villeneuve (Michelet de).
Voe (Jean delà).
Voirier (Perrin le).
Wasmes (Hennequin de).
Watelin (Hennequin).
TREIZIÈME CATÉGORIE.
FACTION CABOCHIBIIHE.
Baiart (Toussains) ou Bau-
gars.
Baillet (Guillaume).
Baivart (Simone!).
Ralery (Jean de).
Rarrau (Guillaume).
Barruyer (Vincent le).
Baujart (Toussaint).
Bausart (Simon).
Bertrand (Jean).
Boieue (Jean).
Boileaue (Mahiet).
Rois (Félix du).
Bois-au-Ren (Jean du).
Bon (Jean).
Bordés (Baude des).
Bourbon du Rousselet (Jean)
Bourdin (Guillaume).
Bout (Jean).
Boyvin (Jean).
Rrelueil (Jean de).
Caboche (Jean).
Calot (Laurent).
Cauchon (Pierre).
Chaumont (Oenisot de).
Chausse (Jean).
Choisy (Jacques de).
Conseil (David du).
Coulommiers (Martin de).
Coustellier (Simonet le),
dit Caboche.
Errault (Jean).
Forest (Antoine).
Fort ( Jean le).
François ( Dominique ) .
Gamier (Thomas).
Gente (Guillaume).
Goix (Guillaume le).
Gouez (Thomas et Jean le)
ou le Goy».
Gouppil (Robin).
Gourguichon ( Fremynot
de).
Gras (Jean le).
Guerin (Jean).
Harioy (Cointinet du).
Hurtevant (Guillaume).
Jossequin (Philippe).
Laistre (Eualache de).
Lamban (Jacques) ou Laltan.
Lignage (Jean).
Lombart (Pierre).
Lombert (Jean de).
Maçon (Jaquet le).
Maille (Jean).
Mainfroy (Jean).
Maire (Denisot le).
Maire (Jean le).
Malart (Jean).
Malatrait (Jean de).
Martin (GuilUume).
Mauvais (Colin le).
Miote (Pierre).
Moreau (Estienne).
Mousire (Jean).
.Vauville (Martin de).
Neufville (Colin de).
Orfèvre (François I').
Orlart (Philippot).
Parent (Jean).
Paumier(Jean).
Piniorin (Jean).
Polin (Ligier).
Potier ( H ugoel).
Provendier(Guillemin le).
Pudiin (Raoulet).
<.)uesnoy (Nicolas du).
Rapiot (Jean).
Regnault.
Rouen (Jacques de).
Rouen (Jean de).
Rous»el(Andry).
Saint-Laurens (Jacques de).
Saint- YUer (Nicole de).
Saint-Yon (Gamier de).
Sueur (Jaquin le).
Sueur (Thomas le).
Tillart(Jean).
Tours (Jean de).
Troye» (Henri de).
Troyes (Jean de).
Valée (Colin).
Verdun (Hugues de).
Vignier (Guillaume).
. u
^
u
z
o
o
o
s:
3-
o
ss
u
e
c/:
^^
^N
3
ce;
a
^
m"
Û_
3
— .
i^
V2
•^
!^
Z
^
-«;
"
'j'.
s
ir.
z
OC
■X.
1-^
*^
1
O
à
-^
Ç_l
.5=
w
ï;
^
ri-
—
■fi
■'=
es
z
1
i-.^
-<
■S.
1^
(—V
S
c
/•
rr>
v;
S
~
—
w
^
—
-^
™
y:
u:
!
Z
jf
c/:
f_
1^
Z
C
S
;^
■T.
KT\T
BOUH(iKOIS l)K PVHIS
gui i»nKTKnK\T skumknt k\trk les mai.^s de jeam sa^s pblr.
DU<: DE BOLRr.OG.^E.
Ail MOIS D'AOL'T Ul«,
naui DMPflàs un doclmbkt onioisti.
L'iippcndicc qiiu nous avons consacre ù la i>ourg(>oisie parisienni* se li>rmine par la re-
production d'un document pri'cicux et probablonipnt iini(|Ui>. (iftti> pièce. «|up M. Guiiliaiill .
ju|[i' honoraire à Saintes, n bien voulu coii)iinini(pier)i M. le IVt^fet de la Seine, porte avec
l'Ilr loiis les caradj-res de raulhenlicilé : le parcliemin, l'écriture. In disposition des noBM
et (les titres, la suture des l'euilles de vi^lin, tout rappelle les rAles qu'on élahlissait à rHIe
i>po<pie et qui sont bien connus des paléofjrapbes. Pour mettre en relief un document au*»!
inipiirlanl au point de vue liislori(|uc, ce n'eât point été assez de l'imprimer; nous avon»
voulu en li{;urer exactement l'aspect. La plancbe ci-jointe reproduit le pr«>ambule el le»
noms placi's en léle de la liste. \u verso de la première feuille, «.e trouNe une mention
écrilc au xvT siècle et qui sert de litre au document: nous l'avons placée dans notre /nc-
■limilr au lieu même «[u'elle occupe dans l'orif^inal. La pièce mesure onze mètres douze centi-
mètres de loii|;ueur; elle se compo.se de di\-buit feuilles de vélin cousues bout k bout et
ronlient seize cent deux noms. Klle débute par le préambule suivant :
(
niains
><K sont les noms de ccuh de In ville de Paris (|ui ont fait le scr^inent os
À nion.scijjiHMir le duc de Bour{;oifTiip que ilz seront bons, vrai» el loyaiiU au
lloy, a nionsei(]neur le dur de Bourjjoijjne, leur ra|)itaine'", et a la ville de Paris,
que bien el loyaunienl iiz lendroiil le parti du Hoy el de monseigneur de Boui^
{{oijjne; qne les persoiuies du Roy et de mon dirl seigneur de Bourgoigiie el de
' Ce litit' <li' rn|)ilniiio du [itMiple, on ii-.i ■ " uii!|.ii. iéh ■l-m;-
iliins l<~i \illfs IIiiiiiiiihIiw. t'Iiiil l'iiiiii iinnl il'iu , , , • ."iv r..iiMrt.»
372 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX
leurs gens, officiers et serviteurs, ilz garderont comme leurs propres corps; que,
se ilz scevent ou s'il vient a leur congnoissance, par oïr dire ou autrement,
chose qui soit ou puist estre aucunement ou deshonneur ou dommaige du Roy,
de mon dict seigneur le duc de Bourgoigne ou de la ville de Paris ou d'aucun des
gens et serviteurs de mon dict seigneur de Bourgoigne, ilz le diront et révéleront
incontinant a mon dict seigneur de Bourgoigne et a ses gens, officiers et serviteui-s,
les en adverliront, et avecques ce y résisteront et obvieront de toute leur puis-
sance; et ilz ne seront seront («»V) consentans, ne souffreront faire aucune assem-
blée de gens en la ville de Paris sans le congié et licence du Roy, de mon dict
seigneur le duc de Bourgoigne, leur capitaine, ou du Prévost des Marchans; que,
s'ilz scevent ou s'il vient a leur congnoissance aucunement que aucuns, de quelque
estât qu'ilz soient, facent ou veuillent faire aucune assemblée de gens sans le
congié et licence des dessus dis, ilz le diront et révéleront incontinent a mon dict
seigneur de Bourgoigne, leur capitaine, et au Prévost des Marchans, et résisteront
de tout leur povoir contre ceulx qui telle assemblée vouldroient faire; que toutes
les foiz et a toutes heures que mon dict seigneur de Bourgoigne, leur capitaine,
les mandera, ou le Prévost des Marchans, ilz vendront et obéiront a leur man-
dement sans delay, feront et accompliront tout ce qu'il leur sera ordonné pour le
bien du Roy, de mon dict seigneur de Bourgoigne et de la ville de Paris, et y
emploieront corps et chevance. Le dict serement fait par eulx en l'an mil cccc et
dix huit, es jour cy après declairez.
Et premièrement l'an dessus dit, le mercredi vingt-quatrième jour d'aouat.
Noël Marchant , prevost des marchans de la dicle
ville de Paris.
Pierre Le Voyer, eschevin d'icelle ville.
Maistrc Nicolas Rolin, conseillier de mon dit sei-
gneur de Bourgoigne et de la dicte ville.
Messire Michiel Le Maçon , preslre.
Robin Le Doien ,
Tomas de la Croix ,
Lambert Catelin ,
Regnault Le Clerc,
Jehan de Vennes .
Liiquin du Pleiz ,
Germain Ulvien ,
Guillaume Le Graix ,
Henriet Dufroy,
Evrat de la Poeterne,
Erart Rousseau ,
quarleniers
de
la dicle ville
de Paris.
Jaqiies de Livet,
Jehan de Damas,
Guillaume Bourdon .
Alixandre des Mares,
Pierre de Serviller,
Jehan Regnault,
Pierre Molart,
Garnier de Saint- Yon ,
Pierre de Grant Rue,
Jaquet Sale ,
Jehan Le Graix ,
GieufTrin Thoronde,
Pierre Cordier,
Jehan de la Fosse ,
Maislre Jaques de Rouen,
Yiiibert Deschamps,
Robert LeCaron,
cinquanteniers
de
la dicle ville
de Paris.
bourgois
de
la dicte ville
de Paris.
LA BOL'UGEOISIE PAniSIENNE AUX XIV* ET XV SI
ècLEs. a
Pierre Corlin.
1 hoorgon
f de
Guillemain liourdio ,
bourgoH
de
hdictoville
Denio Guliot,
Innocent Le Main.
l'icrrel» Clerc.
Moistrc Jcliati Cariiuii .
' la dicte viHe
1 J t> '
Maiitn Denis de Le».
Jehao du bois Annan.
Theveiiin l'oiidelioti ,
de Van*.
JdiaD d« Lorie.
dePteis.
Du jeudi inHfjt-ciiiifuieme jour du moi» d'uDUât mil ecec dix-kmt.
Maistrc Jciion de Troic« ,
««cheviru de la dicte
Jaqoot PoilemoyM.
MichinlThilKîrl,
ville do Parif.
Jehan Boudie.
Jeliaii Marcel,
1 jadig eschcvina
Symun Ansoult .
Jpliiin do IxMivicrK .
i d'icelle ville.
R^gnaolt d'AvesiM.
Roiicrl h)iiv(îl, clerc de la dicte ville de Pari».
CoKnYsambert.
Piorrt! Ilriii/iult,
quartenien
Jehan Veret.
Jaqiicl «le Roye ,
de
Guillaume Ridault.
Jehan OsHcnt .
la dicte ville
Jehan Levois,
(iuillaumc Cnillcaii.
' de Paris.
Jehan Charol,
(iohriel Cloiticr.
Bernart Lebreton ,
Joqiiel Ai(ir(feiil.
cin(|unntenier8
de
Jehan I,efevre,
Jehan M()ri»e,
Jehan do Thouara.
Robin de l'isseleu,
la dicte ville
Oudinet de Neufville ,
Rirhnrl de .Sninl Yon ,
do Pari».
Jehan Ramboiut,
Perrin Rnoulonl.
Mahiot do l^voyne.
Robin Thonet.
Rossequin Lederc,
Porrin Hcnoiiiii'l .
Rémi de Boucaeoq ,
Simon Frnniin,
Jehan Sans Raison ,
Jehan (longit',
Phelippot des Forges,
Pierre Pinarl ,
Jehan d'Estaufort .
Anthoinc do Conipans.
Jehan d'Aubigny ,
botugois
Jt'linii lliirt?.
Jehan de Saint Yon ,
de
Lambin de Lornie,
Ciirarl Vlifier ,
Kslicnne Rrodier.
dixenien
Jehan Ros|K>nde.
Jehan de Beloy,
kdicte*ile
dePte».
Henon Boulet.
Jehan Polin .
la dicte ville
Girard Perrot.
KsIiiMinr J<i!ii'|ili.
de Pari».
Pierre do Dreux .
l'ieriT Ho(|UHrt,
Jehan Trolol.
Jehan Fouquerc .
Colin Hudegot.
Ji'linn Roiloniic.
Pierre Sermon ,
Kslienne do Monry.
Pierre Losle.
Amoulel de Roiir lo Duc,
Colin Piraiill,
Synioii l'iilciil ,
Jehan de Melloir.
Onsin de Lciijjres. '
Thibault Gamin.
Mnisilro Jolinn Le Roy. .
Muguelin Gmwet.
Mnislie (îuillnunic Rrument.
Jehan de Grainvitle .
Moislrt» Rnoiil (iargnt .
l)oui;gois
de
la dicte ville
Denis de Ciunawiol,
Maisiro Lniirons (iitlot.
Pierre Betanert
Maislrc (iiiillniunc Diivnl .
Maisttro Ciuillnume (în^slo.
Jehan Marcel, drapier
Jehu de k Pute.
Maistro Jn<|Ufs VsnniborI .
de Paris.
JelMoDanl.
Maisln* Ji-hon |)ti|ilo».t<>y».
Piem Preteia.
Jaques do S<iinl-Lorons .
Jehan Brifault.
r7s
RichartLe Galois,
Jehan Mellin,
DOCUMEMS ET ECRITS ORIGINAUX.
bourgois de la dicte
ville de Paris.
Jaqiiel de La Roe ,
Pierre Scale ,
bourgois de la dicte
ville de Paris.
Du vmdredi vingt-sixième jour du dit mois d'noust mil cccc et dix-hmt.
Pierre Hune, quartenier de la dicte ville de Paris.
Pierre Rousseau, '
Pierre Toussains,
Jehan le Breton, 1
Jehan Le Senescal , )
cinquanteniers
.Maistre Denis Bonhomme,
Jehan Paris, 1
de
Maisire Jehan Rcmon,
Estienne Forcetier, j
la dicte
Jehan de Mouzon ,
Pierre de Bobigny, '
ville de Paris.
Jehan de Liste ,
Jehan Guillet , j
Maistre .Macé Freron,
Regnault deCompiegne.
Gaultier de Tremblay.
Jehan le Noir,
Jehan Clodon,
Pierre du Boys,
Jehan de Meyon ,
Pierre Druelle,
Adam Brunel,
Jehan du Pays,
Jehan Faresseau ,
Gervaise Buisson,
Philipol Daniel ,
Phelipot Potier,
Thomas le Dartre,
Maciot Teslars ,
dixeniers
MiclieletFolastre.
Guillaume Plateau,
Henry le Toinneur,
de
Pierre Gaslellier,
la dicte
Colin de Buiche,
Jehan le Cauchois,
ville de Paris.
Herlin de l-acre.
Robin Chavin ,
Jehan Vaillant ,
Gilet le Nain ,
Robert de Hors,
François d'Angueil,
Guillaume d'Aire,
Simon Laisnë,
Jehan Roty,
bourgois
Jehan de la Varente.
Guillaume de Rouvres.
de
Richart des Grés,
Maistre Estienne de Nomant,
la dicte
Jehan le Chaussier,
Maistre Thomas Petit .
ville de Paris
Maistre Denis de Paillart.
Girart Acquart,
Baudet de Calais ,
A moult du Trait ,
Jehan de Galande,
Jehan de Louvier», l'ainsné.
Jehan Papilon .
Jehan Klanchart,
Oudinet Marchant,
Piene deChaalons,
Estienne de Baubrib»! ,
Pierre de la Rue.
Denisot Tartarin,
Henriet Lombart ,
Colin l'Estoffe,
Colin Lambelin ,
Jehan de Troye»,
Jehan Dailly,
bonrgois
de
' la dicte
ville de Paris.
Jehan Regnault,
ClarinDanië,
Jehan le Changeur,
Gilet Taulier,
Guillaume Pelotin,
Guillaume Broessin.
Symon Alain ,
Jehan Lefort,
Jehan le Roy,
Jehan Valëe,
Pierre Anthoine,
Michelet de Fougiercs,
Jaquet Mesnart,
Jehan de Lolive,
Anthoine Foumier,
Rogier de Boineel,
Audriet de Trassy,
Henry le Briant,
Perrin le Borgne,
!
Perrin de Garmeny,
Jehan Chastellain,
Colin Bernardon,
Jehan de Compans, drapier.
Henry Turby,
LA BOIIKJEOISIE l'AHISlENNE AUX XIV ET XV' SIÈCLES. 37S
Pierre Baudouin , \
Raoulel le Roy,
l'icrrc lo (îarîtonnol,
HemuDl de l^udort ,
Jehan LuI)Im'\
Girui Hepart,
l'crrin le Mesureur ,
Jehan du Creui ,
Jchnn lînrel.
MaiiU« Robert CodwraMi,
Mnrliii Arbif ,
Roheri Loillier,
fjuilldiii Doré,
Jehan le (bonite.
(iuillrniuin le Leu,
Jehan IWlault,
Maixlre Anpc Jouen .
Jehan le Moyne.
lt<>f;llUUll I)US8<' ,
Ja*|>ar de Milan.
Henry Oivnin,
Clément Raoul,
Guillcniiiin Morlin .
Andry d'Eapamon .
Colin Vivini,
hourgoi»
TfaoroasBouUon.
bni|wi
Piem? (iencii-n. drapier,
de
Rnijert Voidië.
àt
Piorr»! de KIcury. U dide
(îicniïrin l'Ialenu.
JuMwt de l)ani|iriiart.
hdiete
Tlieveniii li' llorliicr.
ville de Pari*.
viBedePark
ilaudct le Itonx .
Huf^net Moyiieau,
J«(|not (iliuiidcron,
Pierre Mohiel.
Henry de ViuU Moiitieu.
Martin (>)uan.
Gilel Honnet,
François Pastoureau .
Jehan le Poly,
Perrin Mnlart.
Synion Cayn,
Pasquier du Me!inil .
Jaquel le Maçon,
Pierre le Flanient,
Jehan Malurt,
Jehan Basin,
Jehan de in Hue,
Jelia» le Foumier,
(iiiillnnine Ti-epus,
Jehan de Iteauvais.
Jaquin Langlois ,
Adoni Mardor,
Jelian Conseil ,
Du dimanche xxviii' jour du dit mois d'août! mil eeec et dix kmt.
Jelian Petit ,
Jehan d'Aswigny,
Jeliim d'Klhenf,
ilicliart le Cnvelier.
(luillaiinie Aiireiiii .
Jehnii Seiidrin ,
Jehan ilefriinull,
Jehan de Va Iles.
Jehun (ioiipil ,
Jelian de ( iyem ,
Jehan de llar(|iieville .
Jehan Petit.
Jehan de la l'nrriei-p .
Jehan Maille, le jeune.
Pierre l'Evesqne,
Yvonnet Itioiil ,
Jehan Mareel .
Colin Sébile,
Mahiet V'iioirin ,
TouMoins Vemere,
cinquanteniers de la
dicte ville de Paris.
dixeoîen
de
la dicte
ville de Paris.
bourgoi*
de
la dirte
ville de Pari».
Machelin Nepveu,
Perrin de Fricana,
Maistre Baude de SieaiMt,
Jehan Hemart,
Jehan Belot,
Jourdain de Baulgnnx
Ja(|uet Creupin.
Lambin l/>nrant .
Jehan le Mercier.
Sire Jehan Fale.
et
Jehan Sac. ,
hdicla
Guy de Ra|>onde,
ville de Pana.
Maistre Jehan Gadifer.
Guiot l^inbert ,
Henriel de CouloygM,
Courart Friië.
Maistre Nicole PleMelwis ,
Mnintrc Jehan Bissrtil .
Maiatra Piem de itrabM.
liaialreGailbaM QH^Ui,
376
Maistre Jumen Lefevre,
Maistre Phelippe de Ruilly ,
Maistre Pierre de la Rose ,
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
bourgois
de la
dicte ville de Paris.
Maistre Oudart le Conips-j
seur, I
Maistre Mahieu Duboc, )
Itoiirgois
de la
dicte ville de Paris.
Du lundi xxix' jour du mots d'aoust mil cccc et dix huit.
Cassin CouUarl ,
Loys Eudeline,
Pierre de Thoury ,
Jehan de Lafontaine,
Jehan Rebours ,
Jehan le Faucheur ,
Climent d'Oigny,
Jehan le Barbier,
Jehan le Pôle,
Jehan de Chambely,
Guillaume de Chalon ,
Colin Sauvaige ,
Jehan Billoys,
Jehan Carré,
Jehan Mouchon,
Jehan d'Asnieres,
Raolin Forgeret,
Jehan Guillemet,
Maistre Regnault Valet,
Guillaume Desprez,
Guillaume de Linot,
Jehan Foumier,
Michault le Maçon ,
Eliot Fessart,
Raoulet Blandin ,
Huet Foubert ,
Maistre Jehan Fleury.
Maistre Guillaume Intrant .
Colin Villefroy,
Odin Musnier,
Audriet Moreau,
Jehan d'Autnn,
Pierre de Tremblay,
Yvonnet Petit-Bas,
Gamier du Moustier,
Girart de Vaubelon ,
Colin Julien ,
Jehan le Perrier,
Oudinet du Doit ,
Cardin de Genestes ,
Jehan Richart,
Thomas Phelippe,
Mahiet le Liegois ,
Maistre Thibault du Vivier, j
Maistre Jehan du Ceau , /
cinquanteniei-s
de
la dicte
ville de Paris.
dixeniers
de
la dicte
ville de Paris.
iMurgois
de
la dicte
ville de Paris.
AudebertCantin,
Andriet Perrineau,
Estienne Fillon ,
Maistre Jehan le Fevre ,
Guillemain Jouen,
Jehan du Bois,
Robin Cahou ,
Raoulet Bazin ,
Perrin le Fort ,
Jehan de Crespy,
Pasquier Priraerole,
Maistre Euslasse Harengier,
Maistre Bcgnault d'Orliens,
Pierre Barat,
Maistre Pierre Bufleteau .
Jehan d'Artois ,
Maistre Giles Locque,
Gilet Berthou ,
Guillaume Harengier,
Guillaume du Meuchy.
Marceau de la Rretaigiie .
Maistre Mcole Baudoyn ,
Maistre Pierre de Chastillon
Maistre Nicolas Bappin,
Jehan GifTart,
Jehan de Lastre .
Adam le Clerc,
Hugues de Champignoles .
Jaques Mcreaul,
Jaquet d'Orpy,
Jaquet Bourderay,
Philipot Richart ,
Jaquin de Vergieres,
Messire Guillaume Hequet .
Cassin Boynel,
Jaquet Lescuier,
Gilet de la Fontaine ,
Girart Daucamps ,
Maistre Giles Hordre ,
Jehan Vincent ,
Nicolas du Pont,
Jehan Fournier,
Pierre Moriset ,
Gieuffroy Queslier.
Henry de Bresnes,
iMurgois
de
la dicte
ville de Paris.
LA BOUHGEOISIE PAHISIKNNE AUX XIV' KT XV- SifccLKS.
377
lioiidctcln Ooloniltin,
Pr-rrifi de S<'<|iir'll('H.
MniHln- Jii((ui'M Anjoiicro,
MlMKln- Jl-llllll (itKTill,
MuJHti'i! [(oIh'iI itoiirori,
Miiintrc Ji'liiiii il<- (/liiiiiliiii.i,
Muistro Jcliiiii l'iiiilnit,
MnJHlrc Jnlian Uoudm; ,
(îilillciiiiiiii de Frosiifs,
Maistrc DcniH dr. Suint Lo,
MuiHtrc (fiiilhuiiiK' (liHiitoii,
Mfliitln' (îtiillauine de. la (ilirv
vnl.
Mnislrc Hurenu IJoiiMlnir.
Mnislro Pierre Aliiiil ,
(îiiilliiiiriic de liOiii'ii.
Itiiitin de lii (^lioyiif,
Muislre Dmis de la Porte .
Jelinii di'M Cliniii|is .
Itdliiii du Chnsleuii.
Yvonnet (îodnrl ,
lliiliiii Pèlerin.
Miiistre lli.'iiry de Monstreul,
Maistre Aiidry du Ceau .
Synionnet Poiiet,
Colin, le peitchcur,
(îilet Transie,
Andry du Moulin .
Denisol .M(ui|fier,
Ja(|uet de Tiuiry,
Pierre llnaull,
Phelipot Syron ,
Denisot \)del,
Perrin de Saint Michiel.
(loliii de Torey,
Moistre Pierre de Veronne
Miegeot I.aleniont.
Jelian de \i>elle.
Sinininiet de In Mole,
(inillanme du Ituiïiudl.
Perrin de Beuf.
liniileinnin de Frise.
Jelion fiilleberl .
l'iieulTrin de rirnieeluin.
Htiliin de Sept Maisons.
Jehan (]|iani|tiii{rne.
(îtiiilniune Qnicjnet.
Perrin l.ieimrt,
(lirarl de Fleur.
Jelian Prevosteau,
lluf^uciin du Chier,
bourgoiit
de
la dicte
ville de Pari».
Pierre Oi,
Maifire Pierre de Sergj, \
Maistre Ciiillaume «TEepiaie.
Thomas Front tf Arier.
Robin .Merlin,
Jehan dea Champ* .
Jcitan Coart«lier.
(îiict de SanMii .
Perrin Foumier.
Regnault Nepveu,
TliomiM Pbelippe,
Joqupt Pierre.
Pierre de Poii ,
(îimrt GaMot,
Jehan de Chaeoiie,
Pierre le Clerc,
(iaullier Denis,
Jehan Carot, barliier.
Moliiet le Conlier.
Perrin Janict ,
Jehan Jouin .
.Moistre Jeiinn Ve^jninnt.
Maistrc Eslienne de Frr'\ die .
Moistre Elstienne de llray. le
jeune,
Colin (îrossier.
Ji>han Mourlerc.
(îirort de Mully .
Jehnn (ïillel>ort .
Guillaume de Itullel .
Mahiel de Calen .
Ciaurher Cotdlort .
Muiiitre Henry Dinnis.
Ouiot de Conipiegiie .
Martin Anioul.
(îimrt Ouairelou .
François Pinel.
Rend Fmiiçoi».
Jehon Gucrart,
Jehan Laurony.
Pierre Cjillier.
Syinon de Laniarp.
Jehan Duclieniin,
Jehan de Tort.
Jehan de Laporte.
Maistre Jelian Cajmei,
Jehan Merle! .
TaHin de Meaaicna.
Jehan Tnffigrt.
Ileniieipnn Regnart,
Colin Hemiite.
bouq|OH
de
bilirte
ville de Pari*.
i«
378
DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
Jehan Rondeau .
Jehan Dorellarl.
Perrin Genevois.
Denis Maupertuys.
Michelet du Foss(<,
Colin Galot.
Olivier du Puys ,
Josset de Puissereis.
Estienne Gourdet,
Jehan le Goue.
Maislre Jehan Josseaume.
Pierre Povecte.
Perrin Huguelet,
Jehan le Cauchois,
hourgois
de
la dicte
ville de Paris.
Henry l'Evesque.
Jehan de Beaulien.
Pierre Bourdier.
Pierre de Mante.
Husson Perchai .
bourgois
de
la dicte
»ilie (le Pari
Vincent le Fourbeur.
Arnoulet Gisoye,
Denisot Courtillier,
Michelet de Savoure,
Pierre Hubert.
Mahiet Laborde ,
Jehan Boutelievre.
Jehan deCondé,
Jehan Aubouit,
Regnault le Moyne.
Jehan Lebergier.
Jehan Michiel.
Jehan Guy.
Martin Houguier, j
Maistre Jehan Dole . ;
Du mardi xxnf jour du dit moist d'aoust ml cccc et dix huit.
Colin Baille Guerre ,
\ cinquanteniers
Jehan le Paige.
Vincent Dury,
1 de
Benoist le Damoisel .
Jehan Carpin ,
. la dicte
f ville de Paris.
Jehan Yves.
Baudouin de Hastat.
Jehan Duplesseys.
Colin Olivier.
Thomas le Moyne.
Andriet de Danipont ,
Jacquet le Coustelier.
Jaquet Béguin,
Jehan delà Piètre.
Gilet Boileaue.
Ricliarl Bise.
Jehan Pellot,
Jelian de Saint Aubin
Raynion Guillon.
Loys Foucault.
Jehan le Riche,
Jacot Cardon .
Henry l'Enfant,
Gobin de Fontaine.
Pierre Chenat,
Erardin le Renvoisié .
Simonnet de Dommiers,
Thevenin Henry,
Colin Belon ,
Guillaume de Fouille.
Jehan Nicolas,
i: . *^
Guiot Lambert.
Jehan Daulphin.
ilizeniers
A,.
Jehannin le Lorrain .
Pierre Portier,
<ie
' la dicte
ville de Paris.
Guillaume Teubert.
Huet Fossart,
•Michelet le Lait,
Estienne Girart.
Lubin Charpentier.
Anglebin Morel.
Hanse Requise .
Jehan Guesdon .
Mathieu Petit.
Adenel de Mei-y.
Gieuffroy Courant.
Olivier Ploenneour.
Girart le Charpentier.
Arnoulet Bouvier.
Pierre Boulart.
Pierre Blondeau .
Guillaume Noël.
Thomas le V' oirrier.
Jehan de Fontenay.
Macin de Froraont.
Jehan du Conseil .
Guillemain le Comte.
Mahiet le Cordieu .
Regnault le Seclier.
Girart Lallemand,
Robin Beson, ;
Pierre Marcel,
Imurgois
de
la dicte
ville de Paris.
LA |{()I'h<;k()I.sik I'\iiisik\ne aux xiv- kt \\ mu.i.i.n
(iill!l le lioKHII,
Jn(|ti«( ()(ï In (llimniiic. \
379
(îiiiot (II! niiilli
(ilnriiRiit (II! lu Mnrcli*;,
Jiïlinn Di!8ul)i!a(u ,
(ïiiillmimu Muiigloul.
(îirnril Diilioiiit,
Colliii d"' M.iiivy,
Jolwiii IIcIkh'I,
(iiiilliiiiiiK' II! Dny'ii.
(iiiillutitiii! II! Itoy.
Pierre Conovelic.
Olivier Ho Chuill).
l'iM'i'iii (II! (>liuiii|ie(iiilx .
l'iTrin (îaiilli(!r.
(îicITmy de In l'ortc
Jncol II! l'cr» ,
l'urriri Biet.
Collill ii(li.SH(!l'llll .
Piemi l'o(jiict ,
Jelinii (lu ii(iiivillici>.
IVrrin do Sniiil Digicr,
Jclmii ('.i>iii|)iiiritt.
Ji'huii (II- lii l''uiituino,
l'crrin de Failloii.
Ji'iioii du 1,11/,
Jclinii KdIh'i'I.
Iticcm de Dist .
Itdhiii lidiiiicl.
Ji'liim d'Aoïist,
llciiriel des 0»,
Jrlinii liniioiMt,
lioiirict de iluiivruy.
J(>hnn du (îon!<eil, araiurier.
Jnhnii de l'isli'.
TlioriiasMnrtincuti.
Heiiriot le l'oint Cuiiveim .
Jeliflii de Coiircelles,
<iiiilii<lol Délit.
Ilnyinon de Sovove.
Ileririet Delil,
Perrin de Mous.
Jelinii de l'Isli-. rscri|ivniii.
Jehiiti Luillier.
Mnislri" Ji'Ikiii Fniin-ois.
Il(}iiiii<i|iiiii Di-iidiMiiinle.
(îiiillniiiiif iti>j|()iirt .
Mnci- SoliiiT,
• iiiillniiiiicli! Miuvschiil .
Jclinii Diiisicrs,
Miiiittre Olivier Gohier.
lH)ui');uiM
de
ht dicte
ville de Pnris.
Jehan Garnier,
Miebdet d« Laval ,
PbdipotNi<p>(,
Thomaf de Villearanv"
Jehan Bernier,
Colin Itoutefovre,
Regnauil Mathieo ,
Mautra GaiHanme Ajrniery,
Godefroyllale.
JaquetPenneau.
Jehan Bout.
Mirhault Clianu .
Ilciiimil Pijart.
Jtïlian Diini.
Amoult Machtrol.
Jolion Mniiferait.
Lstienne de Dampuiart .
Michelet .Moreau.
Guillaume Dulioi».
(^Iirixtollc Martin.
Guillaume .Mouton .
Maisire Thomas le Jay.
I..aurcng Guiart .
Jelian le Fevrv.
Jehan de Dampierre.
Girani Vannier.
Simon du .Moulinet .
Mahiet Ciiapelain .
.Maistrc Jeiion Chopine .
Tiicvenin Bric.
Guillemain de Savoii
GervaÏM Germain.
Pierre Chausse*.
Jehan de Chauvigny
Jehan Fcrqueval.
Colin Gousset.
Laurens Bourguignon.
YMml>ert de Caux .
Jehan de Mooaay,
Bertaall kl Charpentier.
Jehan le Granl .
Henry Picart,
Jclian de Feupoux .
Jehan de Royc.
Jehan le l^vendier,
Herpin Flobcrt.
PiemdeSagMae.
Andriet d« Vaiaoee.
PiemdeChoMjf,
P«rrin de MandiM,
Gieuffitt>y Chappoa.
koui]pii»
de
ladidi-
ville de Paria.
M.
380
DOCUMK.NTS ET ÉCRITS OHKJINAUX.
François Poneiii .
Viiillequin Régnier,
Pierre Duvivier.
Thomas Durant,
Jehan Chastellain .
Bonne Adventure de la Ferlé
Jacquet le Vaillant .
Jehan Jaquet,
Jehan Nior,
Second Falet,
Denisot de l'Espine,
Ohvier des Ruelles.
Andriet Sohier,
Jehan Breuzé ,
Jehan Mariez,
Jehan Coulon.
(jiles Luquot,
MahietleCoint.
Pierre Charles.
Rerlhelot Deschanips.
Jehan de Conqwins.
Maistre Thomas Bnstanguier.
Jehan Ferniault,
Colin Rrelesche.
Mahiet Veret,
Jehan de Grain .
Jehan Mahiet.
Jaquet de Mery,
Jehan Rouyn ,
Raoulet Jone,
Jehan Buyer.
Jehan Rogner.
Gilet le Barhier.
Jehan Daniel,
Jehan Erart.
Jaquet Dove.
Guillaume de Condé.
Jehan Minguot,
Pierre d'Amiens.
Jehan Pèlerin .
Phelippon Cove.
Jehan Balle.
Oudin le Foulon .
Perrin de Fresnes ,
Alain Chasteinier.
Jehan Sabot.
Jehan de Rueil ,
Huet le Large.
Hehot du Pont .
Jehan le Conte.
Colin Hébert,
IlOIII-gOIS
de
la dicte
ville de Paris.
Maistre Philippe de S'-Ger-
main .
Laurens de Bouleduc .
Sinionnet Crespin ,
Guillaume Benoist,
Casin Labole.
Chariot Gillebert.
Estienne Gaurre.
Jaques Resjwnde,
Guillaume Sevesine.
Richart le Trésorier.
Colart de Sens,
Guillaume de nuynionl.
Maistre Jehan du Bois.
Maistre Jehan Labbal .
Maistre Jehan Jarrouceau ,
Colin Maçon,
Thomas le Raaie,
Guillaume Garnier,
Denis le Charron,
Maistre Jaques Phelip|)e.
Philibert de Lourme .
Jehan de Haynault.
Casin Poret .
Regnault de Vendelle .
Guillaume de .Malines.
Perrin Sireul.
Maistre Marc de Beauvoir.
Nicaise Raoul.
Maistre Jehan Paris.
Colin Dennevers.
Guillaume Beaunieps.
Maistre Jehan de la Porte ,
Richart de Cauchy,
Robin Sergent .
Maistre Jehan Lami .
Jehan Morelet,
Jehan de la Valée.
Maistre Jehan David .
Maistre Jehan Colombe.
Jaquet Dichen .
Jehan Rigault,
Guillemain Alarl.
Gilet de Fresnes .
Gilet le Fevre,
Gilet Coiret .
Perrin Barbel .
Jehan le Fevre.
Domien Mercat,
Perrin Vallet,
Pierre Ragueneau,
Imurgois
de
la dicte
ville de Paris
I.A l{()l IKWIOISIK IMIÎISIF'NNK Al \ \l\ Kl W n|I,( I
-.9^
NicaiiM; Moiinourry.
(liriinliii ItoiisHcIcl ,
Jaqupl M(!»c|iiri .
Jiilinii (^aillior.
Jcliiiii Loiivcl.
Mdislr'î Joliori do Viiniry,
Ji'limi lloci<'.
Thotiius (irim'Ilc,
Simonrrf>l r.i-^.n t.
IImiiI'I \ii;;'.I..Tl.
Ixxir^roiH
Ilciirif!( llouvre.
.1»
Olivier ili! Tliiiry,
In <]ii't'!
Jeliaii Fioqiint.
villp (l<; l'nrJH.
Picrn; IW.'mnrl.
Hegiiauldiii du Mi-snil
Jehan de llariii.
U (lirtr
tiib* ib* Pari*.
Du mercredi xxxi' et dernier jour du moi» d'aoutt mil cecr et dis huit.
MaiHti'c Hnoiil l.icjart.
Miiislri' Jcliiiii Voi|pi()ii .
Moisti'i! Jdiuii (iirnrdiii.
Maistrc Jclioii (^ourtccuiatu*.
Vlnislii" Vicoliis de DoIp,
Miiislrc Ji-liaii (iliiiri'i>t(iii.
Mnistre l'icrrc d'Orifcriiont .
Mnistrc Ji'linii de PIcsscns.
(iliiirlol (îiiiM'iii.
Mcssirc llii|,'iiR8 (]hur|H>n(ier,
Mossire Mirliicl lirutir! .
Mnssirn l'ierrc MtTcicr.
Mn»»in< Joluiii liiiys.
Meg»irp Jclion \p .Main;.
McjisiiT (îtiilIniiiiiR l'icort.
Messirn Malliiiriii H(d)i'it .
Mo8«iro Henry rEwolier.
Messiro Vilal Arcliinr.
MrHiiirc (itiillmiiiic Alciuinn'.
Mcssirc Jaqiiut llai'i<
Messin> Ji'liaii i'li<'li|ioii .
Mosaii-o (iiiillciiiaiii (layi)i .
Mcssiit* Jvlinn Maiinnr<>.
Messiiv l'iorrr Valcl .
Messii"*' ('■uillaiiiiie Cassot.
Mfssiro l'iorrti In (iliarron .
Messire Jehan Dufour,
Mi'ssirc l*liili|)|M> l,i(jirr.
Ilaoni |{oul('ii(piT.
Gleinonl Mcllol.
Jaqui'l Dcspini-ul.
Adam l.cffviv,
Thomas le Fort .
nnilliMMain du (ii'i>eil.
(Inlirii'l Hai-i'iijjipr,
Jflian l'oele, dit (îarttinois
l'icrro Maillart .
Jf'haii Ik'aupnndn' .
(iiiillaumo Fri|ion . oDicicr de
Dame de Paris.
rliarioin)!8
de l'esgliHC
.Nfwtre Dame
de Paris.
vicaires
de
lu dicte eogKse
Noslre Daine
de Paris.
cure/, et chanoines
de
Saint Jehan le Rond
en In dicte
(■«iulisi'ili- i'aris.
chanoines
de
Saint Denis du Pas
en la dicte
esglise de Paris.
iiiarier!< et ckrs
de matines
de In dicte
••si'ji*!' ili' Paris.
In (iicle eagliM Noain
\
Jehan l^ng;lois, oilicier «le U (iirtp nif(W ,\ailf«
Dame de l'ans.
Mcssirc Hol>ci-t Dupoitis.
Mcsoin! Roltcrt Itonnet,
Messire ilu(;ii<ii {/-utier,
Messirc iticiiart de Trebeivt.
Messire Giles Jubinot,
Mewire Jehan le Delië.
Messire Lanrens des (linie<i.
Messire Jehan Dciuchin .
Messire Pierre Cardonnel .
Messire Pas4|uicr Jossel .
Messire Jehan Tibout.
Messire Pierre Bon'e .
Messire Guillaume Lesglen-
lier,
Messire Jehan Bonne .
Messire Jehan Lefcron.
Messire Pierre f.4irar^e.
Messire Jehan Gaillier.
Messire Jeiian IWmart .
Messire Jcliaii Diiniouliu .
Messire Jeiian Baligtui .
Messire (luillaiime Aali(>s.
Messire Richart Raalart
Messire -Jehan Privé.
Messire Raoul Rouli''
Mesure Jehan de Clioniy .
Messire Guillaume le Mari-
nier,
Messire Guillaume Joye .
Messire Yves Maocourl .
Messire Nicole Le Sellier.
M«sir« Jehan Gambier.
Messire Jehan Lefevre.
Messire Jehan Blein .
Me«ir)< Richart Bonami.
Meanrc Jehan liuet.
IleaHreJebaiiCotarei.
Meaura Guillaoïne Bardel ,
rlM|i|M!Uaiiw
en
la Airif eagiiie
No«tre Dame
lie Pari».
382
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
chapelains en la
dicte esglise Nostre
Dame de Paris.
Messire Jaques Hernart,
Messire Guillaume Jambeforl ,
Messire Jehan Doche ,
Maistre Bureau Luissier,
Messire Jehan Boulart,
Messire Guillaume Gourlay,
Maistre Pierre Olier,
Messire Jehan Louvet.
Messire Jehan Potier, chanoine de Saint Benoist
Paris.
Messire Almaurry Nicole.
Messire Jehan Paien ,
Messire Olivier Dacre ,
Messire Jehan Bochet,
Messh* Jehan Martin .
Messire Thomas Roussel ,
Messire Pierre Anseaume,
Messire Jehan de Cbasteau-
vilain.
Messire Pierre de Villiers.
Messire Jehan de Villiers.
Messire Pierre de Raye .
Maistre Regnault Le Roux .
Maislre Thibault Luillier.
Maistre Jebau Fatiuaut.
Messire Jehan Caslel .
Messire Henry Langlois.
Messire Estienne Grossin .
Messire Jehan Audebert ,
chanoines
de Saint Estienne
des Grés.
a Paris.
vicaires de la dicte
esglise Saint Benoist
a Paris.
chapelains
en ladicte esglise
Saint Benoist,
a Paris.
chanoines de l'église
SaintMarry.a Paris.
cha|)etains
en la dicte esglise
Saint Marry.
a Paris.
Jehan Brisson ,
Jehan des Mares .
Nicolas Grenon,
Jehan Chreslien,
Pierre des Mares ,
Jehan de Couvers,
Nicolas de Dun.
Guillaume Forget,
Messire Jehan Dufour.
Messire Giles Estieime ,
Messire Jehan Le Clerc .
Messire Jehan Lambert .
Messire Pierre Clément ,
Bon Alixet,
Messire Guillaume Hecquet, fermier de la cure de
la Magdelaine, a Paris.
Messire Jehan Lefevre, curé de Saint Landry, a
Paris.
Messire Jehan Le Roy, curé de Saint Denis de la
Chartre, a Pai'is.
Messire Jehan Morin, fermier de la cure de Saint
Germain le Vielz , a Paris.
rhauniiies
de l'esglise du
Sépulcre .
a Paris.
chapelains
de la dicte esglise
du Sépulcre .
a Paris.
Messire Clément Mahault, fermier de la cure
Saincte Geneviefve, a Paris.
Messire Bichart Agnez, vicaire de Sainct Pierre
aux Btt'ufz, a Paris.
Messire Jehan Boileart, cure de la cure Saincte
Croix, a Paris.
Messire Ynbert Leprouvier. curé de la cure Saincl
Nicolas du Chardonneret , a Paris.
Messire Jehan Colonibel, fermier de la cure Saint
Leu et Saint Gile , a Paris.
Maislre Jehan de Champbon , chantre de la Saincte
Chapelle.
Maislre Guillaume Relier.
Maistre Philippe Aymenon,
Maistre Pierre de Dierre .
chanoines
de la dicte
Saincte Ch8|ielie.
chapelains
de la dicte
Saincte Chajielle.
Maistre Nicole Charreton .
Maistre Jehan de Paris,
Messire Jehan Prestat.
Messire Hugues Ferrel .
Messire Beguault de Diron ,
Maistre Paul de Aquosis .
Maislre Bertault Lecousturier,
Messire Jehan Lepellelier.
Messire Estienne Lebecque.
Messire Pierre Ganelot,
Messire Jaques Duvivier,
Messire Guerart Lavieille.
Messire Jehan Quiraere .
Messire Guillaume Legoaix .
Messire Nicole Couslier,
Messire Jehan Nepigue .
Messire Henry Leremer.
Robin Le Carpentier,
Jehannin Le Conte.
Jehannin de Latour.
Jehannin Taquetot,
Robin Le Coq ,
Colin Bordin.
Jehannin Michel,
Frère Pierre Louvet . abbé de Saint Magloire . a Paris.
Frère Denis Clément . prieur de la dicte abbaye de
Saint Magloire, a Paris.
Frère Jehan Guerin .
Frere Jehan Euchyavine,
Frère Hugues de Tarresin .
Frere Guillaume Baymond,
Frere Regnault Denis,
Clers
de la dicte
Saincte Cha|)elle.
religieux de la dicte
abbaye S' Magloire.
religieux de l'abb''
S' Germain des Prés
lez Paris.
Frere Henry Melian, religieux de Saint Anthoine
le Petit lez Paris.
Frere Guillaume de Corbigny, prieur de Saint Eloy.
a Paris.
LA BOIJIUJKOISIK PAHISIK.\
Vrrro Jftlion <le l,oiittr« .
religieux
Frci'c Jrîli.'iii Tiirlnriti,
dn dirl (>ricur<<
FrfTc l'ciriii <!<• Viirsy.
Saint Eliiy.
Ficn- n<Mtlwl()t lli-nry.
' a Pari»..
KrrTf V'wvro Dmiifi-i'H,
Krcre 'ilinrli's ili- \ illinrit.
relifficux
Fivrc llii|rii<-s lloiir];oin|^.
de
Fi-*"!»' hUaii (îiiidnt,
Saint
Fi'fTi' Jii<|ii(<(i Arifriiiilarit .
Mnrtindr>«Champt,
FriTc Denis fie l(i (ilidruiil .
» Pari».
Frcie lîcriianl (iiiiiy.
l'icrrc Itliirirhoiilie.
rhnn()in"dcrcs|^!i.>w
Jcliuii )l<! Niiiitcrrc.
S'dcnn" rAu%)'n'oi»
McsHirc Jfliun l<' (Uuiiij|M-nniB,
McHsiiT Jclinn Diinint .
Ml'Hxir»; JrlmM Mmilifr.
Mi'siiiro Nicole Diivol.
Mpssirc l'ii'irc Surlriiioiii ,
viniin-s
VIpHxirc (ïiiiiiniiinc Mulliii'ii.
et cliniieiaiiu de
M(>s8im Denis Sollemont.
ta dicte eagiùe
Messin; (iiiillniiinc Martin.
' Saint Gonnain
Mcssirc Simon Tcrol .
rAuxeiTfù».
Mossire l'irrrc llousscini .
a Pari».
Mcssirfi Simon l'rnclion .
Mcssirn Jiiqni's l.c (Itnnus,
Mcssirc Ji-linn ilcnry.
Mcssire Andry Ia' Moynn.
Mcssirc Jolinn Doiild.
t-iinnoiii ' (i<-| l's^ise
Mf>ssirf (iilfs l.oinlwu-t. '
Sninctc Opirtune.
Mnistrc l'ii-ire Olinndfs, clinn
r>iiM> de Saint Thomas
<lii l.onvrc, h l'nri».
Mnislrr |)i'iiis de Itonville,
chanoines
Mnistrc Jclinn IliciinrI .
de l'esgJigR Saint
Miiislif Nicole do Hibavs,
llonor(<, a Paris.
NR AUX XIV ET XV-
Meiwra Jeluiii Arnoul .
Mewire Jefam BoHMowt
MoMire Pereeral à» la
Saint MmrtA in Pari*.
Metwire dément llugiu»* .
Meaiire Jehan Penlile .
Meiaira Thoma* lluUri .
MeMirn (îuillaume l/<>bon .
Metaire Guillaume CjoaUtn .
IMeaure Eitiennc de la f JUMi<- .
MeMJrc Mar(|uet Rogier.
Metaire Jehan AMclin.
Meaaire Jehan (ùiillotin .
Meaaire Jehan GItcvalier.
Metaire Grégoire Sy tnon .
Meaaire Guillaunie Muktl .
Metwirn Eslienne Petiot .
Meaaire Niooiaa de Baaay.
Metaire Richart ChevaliT
Meatirc Erart Itavinel
Metaire («iciïroy Olivier.
Metaire Roltert AmengiM-.
Metaire Deni« de Fontaine»,
Metaire Itoltert de« Joncherel,
Meaaire Robert de I^touclie.
Metaire Pierre Romare.
Mc»sire Gtiillanme Danget,
Meaaire Euatace de Laibotaioe,
Metaire Eatieone Fkmrian .
Meaaire Jehan Heney
Metaire Guillaume UinpiM-nni
Saint Euatace, a Paris.
Metaire Jehan Rul>e,
Metaire Olivier Roosiel
SIKCLKS.
383
cbaiHiiii"der«i|{iitr
S' Honora, k Pari».
IjMk*. rhaiww] de
•l»- l'eagW
Sdiiil tactfm-*
de la
l(<)iir|i<-rv
a l'an».
j dMpdaiai
( deFeiiii.»
) Saint .\iealaa de»
Chanpa.aPana.
\ cbape^* ée ff^gjtit^
(S* Jehan en (irete ,
a Pari».
Iia|«e|ain»
de l'etgUar
Saint Jaque»
derO>|iilal.
a Pari».
riuiiH'liiiii-
de I <-«|;li«4'
de» \\".
«l'an».
fermier de la i
|ire»tfea
aP<
Ih vendredi »ecfmil jour de sejilembre mil crée et dix huit.
Pieriv de Nantes,
Jehan de C.hennevieres.
Jl>llilM liolM-|T()is.
(lillclH-rt (losle,
Jehan (Ihnpelnin .
Jn(|uemin de linillon.
Denis Itenulils.
Jeiinn Milion,
Mirluiull Perchemn.
Pierre l.iret,
Jelinii (liddoë,
lienriet l)u|Minl.
Iiuillnunie de Itenuvnis.
Aduiii Torilion.
('in(|unntcuicrs de
ladicte ville de Paria.
de In dicte ville
deP)
iMiurjfois
de lu dicte \ille
de Paris.
Jehan de Fontenay.
Guillaume Cheanl,
Jehan DubtiiMon.
Jaqnet Denis.
Colin Vitarl.
Perrin de Mouy.
(îirart il'Auliepine.
Jehan C.haqientier.
Goultier Rate.
Hennequin de Reucourt .
Jehan de Ghartre».
Thomas Riou .
Perrin Martine.
Jehan Le Doten,
dela<lie«0«ile
de Pana.
384
DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
Jehan Petit. \
Onyvel Prévost, \
Henry Lemer, \
Colin Haudry. \
Guillaume AçuUon ,
Jehan de Sully,
Perrin Aube,
Jaquet Pollin ,
Martelet de Gevillac,
.\udriet OUvier,
Pierre Duval,
Gaultliier Bcrault.
Jehan Neel ,
Pierre Augarl,
Baudet Noque,
Michault Basset.
Hanse Vilain,
Jehan Alissant, dit le Bour-
Jehan Hodebcrt, dit du Mans,
guignon,
Yvonnet de Trichy,
Gieuffroy de Martigny.
Perriji Lefevre,
Guillemain Lefevre,
Jehan Gloria,
Colin Ernoul,
Guillaume Nonfaut.
Jehan Sirol,
Berlrant Bemarl.
Jehan de Cabour.
Pierre Dufour,
Perrin Le Maresohal .
Colin Emere,
Jehan Maiguarce,
Hennotin de Martin .
Jehan Chevalier,
Bichart Le Moyne.
Colin Drouet,
Jehan Martin,
Lambert Dinoys,
Jaquet Courget,
Jehan Bniyant,
Jehan Bougon,
Estienne Poilet,
Ydier de Versailles,
Jehan Baudoin,
Guillaume de la Halle,
Colin Hâve,
Jehan Bourdin, 1 bourgois
Jehan Giroust,
bourgois
de la dicte ville
de Paris.
Jehan Labbé , \ de ladicte ville
Milet Chaligaut, / de Paris.
Beriran du Moulin,
Copin de Jellande,
Maislre Guillaume Viniot,
Jehan de La mer.
Jehan Le franc boucher.
Simon Mounart,
Maistre Herny Moyse.
Guillaume Nicolas,
Guiot Blondel,
Godefroy Gatebrese,
Perrin Fortier,
Bemon Godart,
Jehan Begnart,
Guillaume Paillart.
Jehan Trois Deniers.
Laurens Aufroy,
Perrin Michiel,
Jehan Miette,
Jaquet Synion,
Pierre Foulon,
Laurens Bequet,
Simon Guillaume,
Guilleniain de Gravier.
Jehan Lemaistre,
Jehan Bertault,
Oudinet Raimbout.
Jehan du Bois,
Noël Le Caron,
Guilleniain Bemarl.
Jehan Foucauld,
Henriet Mariavale.
Thomas Rohez ,
Guillemain Labatenr.
Gilet Lemercier,
Jourdain de Larivière.
Maistre Jaques Couiliart .
Jehan Le Chaqientier,
Jehan Thomassin .
Huet Bonne Veyne,
Bertran Seguin ,
Gilet Pastoul,
Simonet de Melly,
Yvonnet Karmon,
Sùnonnet de la Haye,
Guillaume Prévost.
Estienne Bonnet,
1
Perrin Grandin ,
Jehan Naingault, .
Danyau Mauneuf, /
Regnault de Brencourt , /
LA BOUIUJKOISIK PAIUSIENNE AUX XIV KT XV SifecLKS.
tu
Du Inmli v' jour du ilil moi» de âtpltmbn mil ecee et dix huit.
Jrîhon lie Tillny,
Dniiiirl lliiii)riii.'lot,
(iiiiilaiiiiii! tlo Tiiillii'ich
TlioiiiOH Syriion .
(iiiillniiriic Loiicl»,
Siiiiiiii Filiful,
l.iiiirciiH (',liniii|iiuit.
JfliiiM l-<'ri>y,
Ji'linri Honiu-ijciit .
Ili'iiilin \à'. Cli<it'|ii'iilii'i
J<>linn Syiiini) ,
l'ieriT «IfH Mnr(|iii'><
(loliii Niiurliicr.
Todsin riodiirl,
l'crriii S(irin,
.SiriMiiinrt (^essors,
jRhnii HniKloiilt,
Itdoiilin <li> Niiilly,
(itiillniiiiiu 1,1'liuuc.
(■o<lii) llnpol,
Vivien l.cvnloy»,
(iii'IlVoy Syriiun,
Ji-linii CInpidas,
Jr'liiili Vnlf't,
(iilrl (le MnlincH
Simon Bcroaii ,
JpIiiiii Piiillarl,
lliMiMinnrt Jnqiiin,
llnnnlcl l'siiloino,
(iiiillminic de Foiriw's ,
(îiiilliitinie Aiidry.
Ji'liaii Tlionins,
l'licli|>» de l.iirlia|)oll<' .
Jcli.iii TonnoliiT,
liiiilliiiiiiic IN'Icrin.
Ji'liiin Oouverno,
l'i'rrin l'iiris,
ili'Ijniiiilt <l<> Lainiirclif.
Jclinn Mnulniio .
Jcliaii di> (lodiMuiii,
l'i'rriii de I.ajjanlt».
l'iiTii- IVnniiii's.
^ voiiiict (jiiilay,
Joliaii lliirl(>v(Mil.
iflinn de Itossoii,
Culin Itoiist,
Jehan hioUix,
Ja<|iinl Lejjerel,
/ riu<|uaiiU'nient de
I Indicicvilledel'nri»,
dixenieni
de lu dicte villi'
de i'ariK.
lM)nr|;ois
di'ln dicte ville
de Pori».
l'lieli|K>l Aubert,
Jehan de Bmihh,
HBotdet Le Saige,
Coiin Autre,
Jehan de Moncon,
Guillaume lUvel,
Jehan (icnuret,
Jehan Segongnet ,
(luilbunie I>>front.
Ilemidlin de Planque*.
Ji^inn Itadoire.
Perrin [a: Moire.
Yvonnel David .
Jehan Jolont.
Adam dn Mann,
Jehan d'Annay.
Jdian de Saint (ifrinnin
Renier Vérin .
Jehan Le Sellier,
Jehan de Villcr*,
Jehnn l/'|)eM,
Mahiet l^n([lois.
Eiitiennc Foumier.
Jehan de llnrt|neville.
Pierre (îencien , dm|>ier.
Jehan fiirnrl.
Maiiitre Jehan Smla» ,
Lucas Ix! ('hnr|)enlier.
Bertbelemi l/> (iharpentier.
Symon Mau\LHs<-.
Jehan Dufour.
Jehan l,e Sueur.
Jehan Durant .
Jehan Lahere.
Jehan de Boiii.<i!<eville.
Jdian Paila .
Henneqiiin de M<-ilin<>«
Jehan Carheleu .
Jdian Saulnier.
Ijiuren > (Jilelier: .
Guillaume Turpin,
Jehan Lebeague,
Pierre Hdiert.
Thomas Dobeo.
Jehan de QameriaM,
Jelian (laultirr.
Jehannin Petit,
Danier Auchier,
bourgois
la diète v3«
de PaH«.
386
DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
Jaquet Falot,
\
Jehan Lestofe,
Audriet Psaimon ,
Jehan Larcher,
Jehan Poquet,
Estienne Monsart,
Perrin de Douay,
Guillemain Andry,
Maistre Hugues Le Coq ,
Colinet de Neufville,
Maislre Girart Le Coq ,
Simon de Gagy,
Guillaume Berthe,
Thomas Garnier,
Jehan Lemercier,
Regnault Sucy,
Jehan Niort,
Germain de Vapres,
Philipol Vadou,
Jehan Dupré,
Rogerin du Boessel ,
Jehan Abraham ,
Colin Vincent,
Jehan de Lesmes,
Henry Tanguy,
bourgois
de
la dicte ville
de Paris.
Jehan de Valecourt,
bourgois
Jehan de Saint Araour,
Jehan de Pareul,
de
Jehan de Vienne,
Baudet Michel,
la dicte
Michelet le Meneslreil ,
Regnault Louvart,
ville de Paris
Jehan de Momery,
Jaquet Le Moyne,
Pieret de Ligny,
Mahiet de la Fontaine ,
Guillaume Le Vasseur,
Jehan aux Beufz,
Jehan de Lisie ,
Jehan Queru,
Loyset Lequeux ,
Jehan Michiel,
Jehan Elyas,
Saudrin Dupont,
Drouyn Valet,
Michault Guerout,
Thierry Borbet,
Adenetle Picart,
Jehan Crone,
Jehan Lecoq,
Guillemain Le Barbier,
Thomas Le Gorrelier,
Jehan Blanchet,
Jehan Letillay,
Colin Drouart,
Jehan iNoë, ./
Paulot Rosignol , /
Du mardi s
ixieme jour du mois de septembre mil cccc et dix-huit.
Symon Bayart, cinquantenierdi
3 la dicte ville de Paris.
Emoulct Bemart, '
Jaquier Amole,
dixeniers
Perrin Macaniguc.
Jaquet Macheclier,
de la dicte ville
Jehan de Crespy,
Guillaume Granchier,
de Paris.
Perrin Ponec te,
Jaquet de Poitiers, '
Denisot Guiart,
Jaquet V^ualet,
Jehan Lepetit,
Henriet Blanchet,
Benoist Desrus,
Perriehon Dilyes,
Jaquet Duval ,
Jehan Hauron ,
Jehan Acoille,
bourgois
de
Jaquet Rousseau,
Colin Brisset,
Josse Clutin,
bourgois
Thomas Bame,
la dicte
Jehan Legrain ,
Franchequin Jouen ,
de
Gauvain Trante ,
ville de Paris.
la dicte ville
Berthelemi Martin ,
Jehan Content,
de Paris.
Perrin Vuarin ,
Jehan de Moucy,
Robin Drouart,
Jehan Gaultier ,
Perrin Le Grant,
Jehan Bobe ,
Balthasar de Milan .
Audriet deTolenart,
Guillaume Prevosteau ,
Jehan Hodon,
Jehan Soucliel, '
Jehan Noblet, /
Guibert d'Eslanel ,
LA BOURGEOISIE PARISIENS
lE AUX XIV ET XV SI
ÈCLES. S(
Jf'liHii (le I.i([nef , V
GuiUeiiiandelaCoildw. .
Thierry l'élit. \
MmBigiiÉrt. \
Colin Aiwoult,
Jehan Bi^mr,
IVniy l,(;l>loiil,
GuiikmdnNokt.
Colin Viinonl.
Copin rE»chovin ,
Jehan Maùtricoie,
Ciiillpfnnin (Jrovelle,
Jehan CbieffWiOé.
JiflinntiiiiCncri!t,
GailleniaulGodin,
(iilot Vilnin,
Jehan de Mowa.
(înillanirie llnrily,
TbouMMleChaTon.
Julian d'Aniouville,
Gilet Gobert,
l'iorre MiniOInslre,
Henry du Boit,
rmijlnninin I,P8ronil>crt,
Jehan Valier,
lIcMiry FiiKiiit,
Marquelin Gueroiut.
Simon (>lieron,
Henrift du Carrefour,
llecliin (lAcliy,
Gotlefroy l»vain ,
Tliiliaiill Itduqiiut,
Jehan l^mUirt.
Pnnin l'nier,
Godefroy de iiliquesiot.
Jehan de rKsipinc,
Messire Jehan Leuto, prealHre ,
Jcusson Cosseniart .
Robin Bertier,
Goilefroy dp llonlcinoins,
Michiel Tocy,
Jehnn KiiiKjuel,
Jehan Colas,
JosfH't l!russe|)ont,
Jehan Vaiiet,
Jehnn Lelpjier.
Robin Egret,
Simonnet de l'Ost,
bourgoi»
Nicolas Dionis,
boorgma
Cnsin de Ncurvillc, \ '•*'
Dominique Ferrel>ouil
de
Jehnn le Dnngorcux , / '■ "*^^
Pierre le Comte.
/ bdide
i(c)^nnnlt (<oniment,
ville de Pari».
Robin Belemengart.
ville de Paris.
Pierre Mirhiel,
Pierre des Moiaeiles,
Jehnn CIcinhoiit,
Déniant le Voyer,
Thierry Housse ,
Jehan de la Barre.
(inillnume du Ifiunol.
Raoul du Dit.
Ilnnse le (îns,
Lorain (iauvain.
Mnrcolrt Cornel,
Jehan Perreau,
Jelinu Uni,
Perrin Alart,
Jeiinn Bondli!,
Guyot d'Arras,
Pierre Mnrlin ,
Adam de Salebrache,
Thierry di- (iuerles ,
Perrin de la Vatine.
Pierre le Couslurier,
Thoninssin Cotart.
Gnillemain Moraan,
Perrin le Mnron ,
Jaqoet Piqaes.
Jehnn Conslellier.
Perrin le Doc.
Simonin llaron ,
Jehan Foiiquaull.
Simon Policr,
ThomnH Dndial.
('lemeiil Lnrs,
Jehan des Rus,
Chnriot Mnlo8|>ert .
Jehan Mareode,
Jelinn Pèlerin.
Perrin du Fay.
(iieuiïroy Krenihnnlt
Jehan Vergnat.
Mnrlin Counn,
Jeiwn Bonhomme,
llniduilie Tivnte
Robert le Bobefier.
Anlhoine Mnrtin,
Jehan de SràHfkhiel,
388
DOCUMENTS ET ÉCRITS OUKJINAIX.
Du samedi x' jour du dit mois de septembre mil cccc et xviii.
Pierre Breleau, quarleiiier de la dicte ville.
Arnoulet Turgis, cinquaiitenier de la dicte ville.
Simonnet Lainsné,
Regnaiilt Videl,
Nicolas Duchesne ,
Thevenin Fé,
Colin de Meluson ,
Malinet le Barbier,
Pierre de Villiers ,
Pierre Allart,
Regneault Jolis ,
Denisot de Saint Martin ,
Robert Gompains ,
Guinarl Reniorin,
Odouin Charpentier,
Ciles Desprez,
Robin Bordië,
Denisot Rolant,
Jehan de Montmartre,
Adam Ade,
Thomin le Charretier,
Robin Cormere,
Berthelenii Gaude ,
Loys le Breton ,
Gilet Croichet,
Jaquel Paillart,
Gilet Bruyant,
Yvonnet de la Fosse ,
Berlran Pineau ,
Perrin de Bourseville ,
Raoulet Guerin ,
Estiehne Cotoin ,
Robin du Tertre,
Thomas de Saintigiiy.
Perrin Cuer de Roy,
Macé Morrau,
Perrin le Charpentier.
Perrin Bourbereau.
Robin le Queux ,
Perrin Beloche ,
Olivier Brenon .
Jehannin le Tavernier.
Guillaume Martin, potierdes-
tain,
Perrin Bruyère,
Gieffrin le Charpentier,
Robin le Gaultier,
Jehan le Tondeur,
dixeniers
de
la dicte
ville de Paris.
bourgois
de
la dicte
ville de Paris.
Raoulant le Gros,
Drouet de Saint Cler,
Oudinel do Saubeaulx ,
Guillaume Esuret ,
Jehan d'Estas,
Raoulet Dugué,
Ymbclet de Neus ,
Guillaume Bordicr.
Jehan de Franc,
Jehan Guinaut,
Guillemain Fouquct ,
Jehannin Buseau ,
Regnault Lescripvain .
Gilet Charles,
Jehannin Pillart,
Robinet leFevre,
Robin le Tirant ,
Simonnet Moreau .
Lanrcns le Tissier,
Jehan le Cervoisier,
Chrestien de Couloigiie ,
Hennequin de Brucelles.
Jehan Cadion ,
Bertran Babillon,
Thibault Petereau ,
Jehan dOissel,
Perrin Cardon,
Jehan Dufour.
Maistre Guillaumo du Solier,
Phclippol de Massiloigne ,
Loys le Lièvre,
Guiot le Camus.
Maisf'GirartdeGraut Champ.
Erart Paslourel,
Phelipot Muugier.
Jehan Colcrel ,
Guillemain le Pelletier.
Jehan Corberant,
Jehaimin François,
Guillaume le Dru ,
Jehannin le Vachier.
Jehan Thion,
Jehan de Berry,
Colin de Nouy,
Huguenin Montfault .
Guion Monfault. <
Raoulet Aubin , 1
Jehan la Vache. '
liourgois
de
la dicte
ville de Paris.
r,\ it()iJH(;(:oisiK l'AHibih.s.sh .\ij\ \i\- kt w sjkclk
:$»9
(iiiliii lii|;i)l
Maùtre Jehan Heilly.
Miiisli'i' (miiIIiiiiiiir \aivui.
Mabire Raw Panirr.
Siinoiincl (le Mraly.
KftlHfirH* lif VtiMHur
Mih'hIi'i- l'liili|>|ie Arcarl ,
(Aiiati ViiitaMo.
SitiKiniii <'t Itilict.
Injnrgoiit
Jehan Villain .
booigow
VlidiuiiU Itdiiloii,
de
' In ili.lp
Jehan ly>no( .
\ <fe
l'ctriii (liinstjiriliii.
Itlllltol 1 nviMMIUI'
' la dide
l'rtTin Iti'iiiiriiciir.
\'i\\f «II- l'iiris
Miihaiill l(<>n-U)(<'r.
«ili»" d»- l'.iri».
Mnigtmtîuy llotinequiii .
Julien Jouan.
I'li)'li|i(it Cnrlionnct .
MuiKlrc* Ju<|ii<M le Frr.
l'iiTH^ hnviil.
Jehan Sorif^uin ,
Thierry Kperlfnl.
Sire Midiiel de Laillier«.
VII.
LES LETTRÉS, LES ARTISTES ET LES ARTISANS \ PARIS
VEns LA FIN DU XIV SIÈCLE ET AU COMNENCKMKNT DO XV.
(Voir Guilleiierl de Mnlz, ci-deMu--'. p. 933 et «SA.)
ff Grant chose esloit de Paris ({uant niaislre Eustace de Paviily, inaislre Jehau-
r Jarcon, frère Jacques le grant, le niaislre des Malhurins et autres docteurs aC
r clercs soloient |)ruscliier tant dexcellens s<irmons; et du beau service divin qaon
(ry celebroit lors. Item quant les roys de France, de Navarre et de Cecille, plo-
rrseurs ducs, contes, prelas <;t autres seigneurs notables, frequcntoient illec aan-
r (Ululaient. Item (|unnl y deniouroient niaislre Gilie des Champs, souverain doc-
rteur en theolojrie; niaislre Henry de Fontaines, astrologicn ; labbé du Mont
"Saint Michel, docteur en droit canon; Icvesquc du Puy, en droit civil: maistre
(f Thomas de Saint Pierre, en médecine; maistre Gille Soubz le Four, en cirurgie,
(fetpluseurs excellens clei-s de plai.sant rethori«[ue et éloquence. Item quant \
«conversoient maistre Lorent de Premier Fait, le poète; le théologien alemant,
nqui jouait sur la vielle; Guillcmin Danccl et Pcrrin de Sens, souverains harpeurs;
(TCresc<'t|ues, joueur a la rebec ; Chynenudy, le bon corneur a la turelurette el
(Taux ileute.s ; Bacon, qui jouoitchnncons sur la siphonic et tragédies. Item Gobert,
(fie souverain escripvain (|ui composa larl descripre et de tailler plumes; et «es
(f disciples qui par leur bien escripre furent retenus des princes, comme lejaeniM»
<T Flaniel du duc de Berry, Sicart du roy Richart dEngIcterre, Guillemin du granl
ff maistre de Rodes, Crespy du duc dOrlcans, Perrin de lempercur Sigemundus d«*
ffBonnne, et autres jiluseurs.
(rltem pluseurs arliliceux ouvriers, comme Herman, qui polioit dymaos de
iT diverses formes; Willelm lorfevre; Andry, qui ouvroit de laiton et de cuivrf
ffdorti et argenté; le potier (|ui tenoit les rossignolz chantans en y ver; le» Irow
iT frères enlumineurs et autres dengigneux inestiers. Item Flamel laisné, eserip»
(t vain <|ui fuisoit tant dnumosncs cl hospitalilez ; et fist pluseurs maisons ou gens
ffde mcsliers deniouroient en bas, et du loyer quilz paioiont cstoient soutenus
(rpoures laboureurs en liault Item damoiselle Christine de Pizan, qui dicloil
ff toutes manières de doctrines et divers traitiés en latin et en François, liera Ir
392 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
ff prince damours, qui tenoit avec lui musiciens et galans, qui toutes manières de
ffchancons, balades, rondeaux, virelais et autres dictiés amoureux savoient faire
ffct chanter, et jouer en instrumens mélodieusement. 11
A l'occasion du curieux passage que nous venons de transcrire, il ne faudrait point s'at-
tendre à trouver dans cet appendice un tableau complet du mouvement intellectuel et artis-
tique à Paris, pendant les cinquante années environ qu'embrasse le récit de Guillebert de
Metz; une telle œuvre excéderait manifestement les limites du cadre qui nous est imposé.
Les savants continuateurs de YHistoire IxHéraire de la France n'ont pas employé moins d'un
volume m-h° à présenter une vue générale des lettres et des arts au xiv' siècle, et nous ne
pouvons consacrer que quelques pages à celte longue et dilTicile étude. Oiî en était alors
l'esprit français, et plus particulièrement l'esprit parisien? Dans quelles conditions lui fal-
lait-il se mouvoir et chercher son développement? Quels hommes sont parvenus à sur-
monter les obstacles que leur opposaient les idées, les préoccupations du temps, et quels
genres littéraires ont-ils cultivés de préférence? Pareillement, où en étaient, à la même
époque , l'art et le métier, ces deux formes du beau et de l'utile ? Quels représentants de
distinction comptaient-ils à Paris, et quel rang faut-il assigner aux œuvres qu'ils nous ont
laissées ? Autant de questions qui sont en germe dans les dernières pages de Guillebert de
Metz et que nous allons dégager pour essayer de les résoudre.
caracière général Le xiv" siècle et la première moitié du xv* constituent évidemment une période de Iran-
la liiimiore français., sitiou. L'âgc précédent a donné toutes ses fleurs et tous ses fruits. Dans l'ordre des études
iiv' eiTv'sièries. sériouses , les grands travaux de l'Université de Paris, les Sommes théologiques des domi-
nicains et des franciscains, ont rempli tout le cycle des sciences sacrées, tandis que les
commentateurs d'Arislote, en poussant la subtilité jusqu'à ses extrêmes limites, ont fini par
épuiser toutes les ressources de la dialectique. Dans le domaine des lettres profanes, les
poètes et les prosateurs populaires ont atteint, avec les fabliaux, les ballades, le Roman de
la Rose, les naïves chroniques de Villehardouin et de Joinville, le plus haut degré de la
satire, du gai savoir, de l'allégorie et du naturel. Quant aux choses d'art, on peut dire
que les architectes, les sculpteurs, les peintres, les liturgisles, ont livré, dans cent chefs-
d'œuvre, le dernier mot de leur science, en sorte que leurs successeurs sont condamnés, ou
à l'imitation servile, ou aux arrangements maniérés. Il faut absolument, en art comme en
littérature, travailler sur un autre fonds et inventer de nouvelles formes, sous peine de
déchéance ou d'infériorité relative.
Mais cet autre fonds, ces formes nouvelles, où les rencontrer? Le xui' siècle a vécu de foi
et d'enthousiasme : il croyait profondément à la Rsaincle Eglise ^5 et au «^Roy nostre sire;»
le xiv' et le xv' n'auront pas les mêmes motifs pour y croire, car l'Eglise sera déchirée par
le schisme, et la royauté, humiliée par la défaite, la rébellion, la démence, ira jusqu'à
vendre le pays à l'étranger. Ce n'est donc ni vers le passé, ni vers le présent, que les arts
et les lettres peuvent tourner les yeux; l'avenir seul les inspirera, et l'avenir c'est la Renais-
sance. Malheureusement de longues années doivent s'écouler encore avant cette époque
de résurrection ; la Renaissance, qui commence à poindre en Italie, n'aura qu'à la fin du
xv' siècle son aurore en deçà des monts. Les idées nouvelles ne sont pas nées, et les formes
LES LETTUÉS, LES AUTISTES ET LES AKTISAÎSS A PARIS. S9S
ancienne», (|iie l'esprit moderne doit rajeunir, semblent encore entachée» de paouriflM.
De li!i un temps d'arr'^t nécessaire entre les splendeurs du xiii* siècle et \et nouvesalés au
XVI* : abaissenurnt des lettres françaises et de l'art français, ont dit (|up|(|ues crilifiUM lévèrM:
/•puisemcnt ci repos des iiitelli(;ences après une loufpje production, rt'-pondent aujoardliui
des jiiijes plus ('(piilnl)les. L'esprit a ses jachère» comme le soi lui-même; lorM|u'il reste
improductif et semble sommeiller, c'est pour se réveiller plus jeune et plus fécond. V. Le
i'.U'rc il exprimé la m^me idée au début et à la fin de son savant Duetmn: «C« âMt,
Ro-t-il dit, dont les traces sont moins brillantes dans l'histoire des lettres, a cependant
-Lonlribiu', piir ses eiïoris et ses souffrances, ;ni profjrès de la pensée humaine; la FranCf
•tu eu su piirl duiis un luouvement intellectuel (pii n'a pas encore fini le moyen Age, mai»
"fpii, du moins, a préparé laborieusement les Ajjes nouveaux ''. »
L'esprit français était donc arrivé à l'une de ces périodes de lassitude ou trinertie qui
précèdent toujours les {grands réveils, ce qui le condamnait d'avance ou à ne rien produin*
de ),'rnn(i, ou à exprimer moins bien ce «pii avait été mieux dit, mieux traduit, un siècle au-
pnnivaiil. (iette situation, déjà si défavorable, le devenait davantage encore par suite des
ii|;i(ali(iiis polili(|ues et des calamités qui ont [lesé si lourdement sur cette triste épo<|ue.
Les lettres aiment le calme, le silence : umbraùle» litlerœ, disaient les Latins; ou, quand il
se fait du bruit, du mouvement autour d'elles, il faut que ce mouvement et ce bruit tes
enivre. L'art lui-même a besoin ou de se recueillir pour trouver de nouvelles combinai-
sons, ou de se laisser emporter par ces grands courants cpi'on a|ipelle les révolutions. Or
jaiuais ces conditions nécessaires à toute production intellectuelle n'ont fait plus complète-
ment défaut aux littérateurs et aux artistes. Quelle voix eAt pu se faire entendre au milieu
du fracas des armes et parmi les gémissements des peuples? Quel chef-d'œuvre aurait eu
assez (le puissance pour attirer les regards de tant de malheureux et susciter quelques imi-
tateurs? Et, d'autre part, ce tumulte qui remplit presque tout le xiv* siècle et le premier
tiers du xv" n'a rien d'inspirateur : on ne lutte pas pour des idées; on s'égorge pour de»
ambitions el des intérêts. Kniin, à défaut de ces grands enthousiasmes, qui sont l'ëlënieol
propre de la littérature et de l'art, il est une médiocrité dorée que les lettrés aiment, que
les artistes acceptent, et que ré|)oque dont nous nous occupons ne pouvait guère leur
offrir. Qu'attendre de ces princes écrasés de dettes, de ces grands seigneurs appauvris, de
ces bourgeois taxés arbitrairement ou ruinés par les confiscations, de ce pauvre peuple famé-
lii|ni' ipii ne savait plus (|ue souffrir en maudissant ses maîtres, ou mourir en criant merci
à Dieu? Knire les deux (pierres d'extermination qui commencent à la bataille de Crécy el
se terminent à la reddition de Paris (i /i36), les lettres el les arts n'ont qu'un moment de
répit ; c'est le règne de (Iharles V. De cette éj)oque datent la première description de Pari»
en langue vulgaire, et l'élaboration des splendides manuscrits dont nous l'avons oroëe:
c'est vers ce même temps que se re|inrli'nl les souvenir> de tiuillebert de MetJ et les r^rrt»
de Christine de Pisan.
Cependant, malgré ce concours de circonstances anti-littéraires et anti-artistiqMBv oa ■
beaucoup écrit, beaucoup travaillé pendant les cinquante années qu'embrassent le règne de
Charles VI (>t la domination anglaise. Cette époque, a dit V. Le Clerc, était une prison
' Hitloire Uttrmirtdt la Franct, i. XXIV. p. i.
uni. — I. 5«
Genres lilU^raires
cultivas Ji Paris
aux iiv' et XV* siècles,
394 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
pour les intelligences; mais notre âge doit quelque reconnaissance à ceux qui ont lâché
d'en sortir, ou qui, du moins, ont ménagé à des esprits plus fermes les moyens d'en briser
les portes. Jean de Jandun est l'un de ces précurseurs dans le domaine des idées, et nous
avons cherché à faire ressortir la part d'initiative qui lui revient. Son écrit révèle en théo-
logie, en philosophie, en politique, des tendances d'une extrême hardiesse ; à ne le consi-
dérer qu'au point de vue littéraire, il constitue un progrès réel dans le genre descriptif.
Jusque-là, en effet, on s'était tenu dans de vagues généralités qui ne disaient rien ni aux
yeux ni à l'esprit; Jean de Jandun commence à peindre, et son Tableau de Paris est encore
reconnaissahle après cinq siècles et demi. Raoul de Presles fait un pas de plus ; la langue
lui paraît assez formée pour qu'il se hasarde à lui confier sa pensée; de plus, il connaît l'his-
toire du pays et les antiquités de la capitale ; les vieux chroniqueurs lui sont familiers ; l'état
ancien de Paris n'a pas de secrets pour lui, et son modeste commentaire est aujourd'hui
le point de départ des éludes topographiques'". Quant à Guillebcrl de Metz, son livre est
surtout un résumé et un témoignage : il a compilé, il a vu, il se souvient, et c'est dans ses
souvenirs surtout que se trouve le chapitre abrégé d'histoire littéraire dont ses éditeurs
cherchent à donner aujourd'hui les développements.
Le modeste « Iranscripvain » ne nous a pas parlé de la langue, alors en voie de formation;
mais il nous a laissé son texte, dont les variantes, surtout dans la partie empruntée à Raoul
de Presles, fournissent de curieux éléments de comparaison. Le familier de Charles V est
plus parisien; son langage est le pur dialecte de l'Ile-de-France : Guillebert de Metz, au
contraire, est un provincial ; il a des locutions wallonnes et une prononciation qu'il emprunte
à la Picardie. L'un représente le français de la ville et de la cour; l'autre le patois des pro-
vinces du nord et de l'est, qui entrera, pour une certaine proportion, dans celte langue
d'oil , où se résument toutes les influences de la France littéraire. Ce n'est point à dire que
le français ait beaucoup gagné depuis le moment oiî les religieux de Saint-Denis l'ont
substitué au latin pour la rédaction des Grandes Chroniques; il a moins de pureté peut-
être, à cause du mélange des races et de cet entre-croisement d'Anglais, de Flamands,
de Rourguignons, d'Armagnacs qui remplissent tout un siècle et parlent tous à la ma-
nière de leur pays. Mais il en sera de l'élaboration de notre idiome comme de la formation
de notre nationalité : chaque province y apportera son contingent, et Paris aura la part
prépondérante.
Si l'on cherchait maintenant, d'après les seules indications de notre auteur, quels ont
été, pendant la période qu'il décrit, les genres littéraires les plus cultivés, on éprouverait
d'abord quelque embarras. Guillebert de Metz a vu fleurir à Paris des théologiens et des
philosophes, des juristes et des médecins, des chirurgiens et des astrologues, des prédica-
teurs et des «clercs de plaisant rethorique , ?) enfin des traducteurs, des poètes, des mé-
nestrels et des «transcripvains. » On y composait, dit-il, r, toute manière de doctrines et
R traitiés; » de telle sorte que, malgré les scènes tumultueuses dont Paris était le théâtre , les
genres les plus divers y seraient restés en honneur. Sans contredire absolument un témoi-
'"' Les savants qui se sont occupes du vieux taii-e de Raoul de Presles comme Tune des prin-
Paris, et en particulier M. Adolphe Berly, qui en a cipales sources de la lopographie parisiemie ant^
fait une étude approfondie, considèrent le commen- rieurement au xv' siècle.
LKS LETTRÉS, LES ARTISTES ET LES ARTISANS A PARIS. S9S
gnn(;n rontcmpornin dont nous avons plus d'iinr! foLs, dans le conn de ce travail, affirma
In vuleur, il c-st iir-rniis de fuiru observer hxt MM. Lu Clerc cl Paulin Paru, que le* travaui
litléraircs de ce temps sont surtout des traductions et des imitations. Jean Golein et Nico-
las Orcsmc ouvrent la voie; Hnoul de Prcsies, Christine de Pisan et Laurent de Prenûer-Kail
y entrent après eux; on translate pour les rois, pour les princes, pour les grands Kigneur»,
pour les riches boiirfjeois, et ce» translations alimentent l'industrie t'fniineniment pari»ir>nn<-
des ('(Tivains et des enlumineurs. On imite pour plaire au plus grand nombre; on hahilh-
l'antitpiiti' classirpic à la mode du moyen âge, et, par un adroit conipromij, on amène le<i
admirateurs A'Anuidi» de Gaule ou du Roman Je la Rote à goûter Virgilius et Arisloleli», ,
grands clercs du temps passé. C'est par voie de translation que procèdent Jean CoriMchon,
Jnccpics Hauchans, Pierre Ik-rcheure, Simon de llesdin , Kvrart de Conlv, Cuillaume de Ti-
gnonville, Henry de (îauchy, Philippe de Vitry, Jean Lefcvrc, Denis Soulerhal, elr. etc.
Iradurleiirs (^mérites de celte <^po(pie; tandis (|u'ù c6lé d'eux l'esprit d'imitation produit le»
Romans ik Troijes, de Tlu'he» et d'Eneas, le Pèlerinage de la Toiton d'or, Oihéa ou la dirue /Vn-
dence, le Roman d'Alexandre, et autres arrangements destinés à faire accepter, par les lec-
teurs de la l)il)li«)thè<pic hieue, Homère et Stace, Virgile et Valerius Flaccus, Cic«'ron.
Sc'nèipie cl Quinle-Curce, (ielte grande drolc de Iraduclion, qui siège à Paris, pr<^pare.
par une iiiiliiilion graduelle, les esprits, encore indécis entre l'avenir el le pasM^,à la pleine
connaissance de l'antiquité classique.
Mais le [tlaisir de commercer avec les écrivains d'autrefois f'>l réservé aux princes, aui
grands seij,'neurs et h quelques riches bourgeois qui peuvent se donner le luxe d'un tra-
ducteur à leurs gages; c'est morceau de rois et de délicats. Au-de.ssous de ces rares privi-
légiés s'élend une classe moyenne considérable (jui n'en est pas encore arrivée à goùlcr
les Grecs et les Komains, mais qui prend un vif intérêt aux choses du temps présent, parce
qu'elle les voit et les touche. C'est pour elle que les chroni(|ueurs racontent les faits et
gestes des princes, que les topographes d'aloi-s composent leurs Diu et leurs Critriea, que
Haoïil de Presles et Cuillebert de .Metz décrivent le Paris de leur temps el rt'sument les
anciens récits. Knfin au dernier degré de l'échelle .sociale sont placées les masses populaire»
conqtlétement illettrées, cl n'ayant pour ressource inlcllectuelle que les prédications el les
harangues de la rue, ainsi que les manifestations extérieures de l'art. Voir et entendre,
c'est liii toute leur éducation littéraire : voir ce que les artistes tradui.seni i leurs yeux,
entendre ce que leur disent les trouvères ou les harangueurs populaires, el ce que leur
prêche l'Kglise, à qui seule appartenait alors le libre exercice de la parole. Cest pour celte
nniltitude .sans nom cpi'on a peint la Danse Macabre, qu'on a .sculpté le Dit des Trois Morts
et des Trois Vifs, qu'on a « engigneuscmenl entaillé-» les figures de l'Ancien el du flouTeau
Testament i\ Notre-Dame; c'est pour elle que déclament Charles le .Mauvais el Jean Huu
Peur; |ionr elle que les ménestrels -canlent de geste» el font entendre leurs refrain.* sali-
riipies; pour elle que prêchent frère Richard, frère Jacques Legrand, Eu.slacbe de P«>lll>.
Jean (îerson et « le maislre des .Maihurins. ^
11 semble qu'il y ait peu de place pour le gai savoir dans des temps si calamiteux; ce-
pendant Cuillebert de Metz nous apprend qu'on jouait nchancons sur la siphoaie et Ira»
"gedies;»» il ajoute qu'on voyait h Paris, comme h la cour du bon roi René, un !>priilM
«damours qui tenoit avec lui musiciens et galons, qui loules manières de chancons, b»-
396
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
«lades, rondeaux, virelais et autres dicliés amoureux savoient faire et chanter.» Maia ces
troubadours devaient se trouver un peu dépaysés sous le ciel brumeux de l'Ile-de-France,
et leur faible voix avait peine à se faire entendre au milieu des cris de guerre. Ils furent,
d'ailleurs, sans action sur la foule, car ils représentaient la chevalerie et les cours d'a-
mour, c'est-à-dire le passé, au moment môme où la poésie d'avenir allait se personnifier
dans Villon, le chantre de la rue, et dans Blanchet, le père de la comédie moderne.
La poésie de château ne sera pas seule à disparaître : un autre art, un métier si l'on
veut, métier de luxe, comme celui des jongleurs, jette alors son dernier et son plus vif
éclat. En moins d'un siècle les écrivains et les enlumineurs auront fait place à l'imprimerie;
les rois et les princes se donneront un imprimeur breveté, comme ils avaient autrefois un
calligraphe et un miniaturiste à leurs gages; l'art «descripre et tailler plumes,» si prisé
par Guillebert de Metz, ne sera plus qu'une recelte à l'usage des greffiers. Nous assistons
donc à la dernière phase de cette profession éminemment littéraire, qui, après avoir
commencé à l'ombre des cloîtres et tenu boutique dans les rues de Paris '", sous la tutelle
jalouse de l'Université, a eu ses dignitaires dans toutes les cours de l'Europe, et a peuplé
de ses plus modestes représentants les échoppes de Saint-Jacques-la-Boucherie ou les
galetas du cimetière des Innocents.
Artisles
arlisaos parisiens
aui
tiï* et 11* siècles .
Notre auteur tient ce métier en haute estime, sans doute parce qu'il faisait lui-même
partie de l'honorable corporation des «transcripvains;» mais il faut lui rendre cette justice,
qu'il accorde également un souvenir aux «artificeux ouvriers» qu'il a connus, et aux «engi-
Rgneux mestiers» qu'il a vus fonctionner à Paris. On lui a reproché avec quelque raison ses
admirations irréfléchies et les calculs exagérés qui semblent avoir été dans ses habitudes;
c'est un défaut dont nous n'entendons point le justifier absolument. Que la critique moderne
s'en tienne rigoureusement à la maxime d'Horace : Ai7 admirari; qu'elle soit amenée, par
un travail de rapprochement minutieux, à déprécier, au profit d'une époque ou d'une con-
trée, ce qu'un autre temps et un autre pays ont trouvé merveilleux, c'est son privilège de
dernière venue; mais Guillebert de Metz, qui ne pouvait comparer, et à qui les principes
de notre esthétique étaient parfaitement inconnus, avait, lui aussi, le droit d'exprimer
librement son enthousiasme. M. Renan a donc pu trouver l'art du xiv' siècle bien bour-
geois, bien lourd, bien dépourvu d'idéal : il a écrit, sans rencontrer de contradicteurs, cette
phrase qui a sa justesse : «L'art du xiv* siècle n'est au fond que celui du siècle précédent,
«perfectionné dans le détail pour tout ce qui demande de la patience et de la pratique,
« mais abaissé sous le rapport de l'inspiration générale et de l'originalité '^'. » Mais il a
reconnu en môme temps, comme V. Le Clerc l'avait fait pour les lettres, que, si cet âge
n'a point su réaliser de progrès en élévation et en grandeur, il en a du moins accompli en
étendue et en variété. «Des formes jusque-là négligées ont acquis de l'importance; des
«classes sociales qui étaient restées presque étrangères au goût des belles choses ont com-
«mencé à s'y intéresser, et l'art profane, jusque-là relégué à un rang secondaire, a pris
« un essor remarquable '". »
C'est précisément ce côté de l'art parisien que Guillebert de Metz semble avoir eu le des-
'"' Voir, dans Guillebert de Metz, les noies relatives aux rues des Notaires et Écrwaint, de la Parchemi-
nerie, etc. p. 176, 177, an. — '*' Hisl. littér. de la France, l. XXIV, p. 606. — ''' Ihid.
LES LETTRKS, LKS ARTISTES ET LES ARTISANS A PARIS. J»7
sein (le faire ressortir. Il [)ar\c bien un peu des objets curieux que renfermaient tes palaù
et les églises; il dit (|uclques mots assez brefs sur les hâteis des prince* et det gnndt
sci(;neurs; mais il réserve toutes ses admirations pour les résidences bourgeoitet, pourTart
bourgeois, pour tout ce qui se voyait alors dans les rues et dans les boutiques. Au aide
précédent il se fût borné à conduire son lecteur de Notre-Dame à la Saiole-(JbapeUe, ou de
la nie du Kouarre au Clos-ltruneau, comme fait Jean de Jandun; mais Paris est devenu
moins exclusivement religieux, moins pédant; la Ville grandit en importance, et elle offre
aux visiteurs des attractions plus fortes que l'Univertité. C'est sur la rive droite, dans le
quartier dos Lombards et des ricbes marchands, qu'on polit «dymans de diverses format, ■
qu'on "ouvre do laiton et de cuivre doré et argenté;» c'est dans la Cilé qu'on tieat ém
«rossignol/ clinntans en yver. " Les cnlunnncurs restent seuls aux abords des écoles; owit
ils tendent également à se séculariser, et sur les manuscrits des splendides bibliotbAqow
laïcpies, aux(iuols ils travaillent, on voit plus souvent représentées «de* leèllM d'amour 6t
«de guerre, des scènes bouffonnes ou grotesques, que les légendes des saints et les mystères
t(lu christiiuiisnie. n fie (|ui paraît avoir été le trait distinctif de cet âge, dit .M. Renan.
c'est lu furmulion d'un art profane, et le développement graduel du luxe descendant de»
palais et des châteaux dans le^ maisons privées, qu'il n'avait point encore embellies.
Avant de terminer ce court aperçu, nous voudrions résumer en quelques lignes l'histoire
littéraire et arlislitpie des cinquante années qu'embrasse le récit de Guillebert de Mel<.
Elaboration de la langue par le mélange intime des dialectes; épuration graduelle du
goût par les traductions et les imitations des auteurs classiques; formation de la science
liistori(ptc par cette série de cbroni(pieurs qui aboutit à Froissart, à Georges (]hastelain et à
(ioinincs, on passant par Christine de Pisan; apprentissage de l'éloquence par les prédi-
cations en plein air et les harangues à la foule, aux jours des grandes émotions populaires;
vulgarisation de la poésie, do la musique, du drame et des manifestations artistiques de
tout genre, restées jusque-là plaisirs de rois et de grands seigneurs : tel parait avoir étël«
caractère de cette époque, au moins dans les limites où s'est renfermé notre auteur. La me
générale que nous venons de présenter est fort incomplète, sans doute, mais elle per-
mettra d'apprécier un peu moins vaguement le rAlo qu'ont pu jouer, sur la scène du
XIV* et du \v* siècle, les lettrés, les artistes et les artisans parisiens dont Guillebert de
Melz nous a conservé les noms.
1* LES THÉOLOGIENS ET LES CANOMSTES.
(giLLBS deschamps, L'ABBE DU MONT-SAIHT-MICIIEL, L'évÉQl'B DC PCT.)
La llu'ologie, qui a régné en maîtresse absolue pendant le xui* siècle, exerce encore
dans l'Age suivant une très-grande influence sur les intelligences; aux outt^c* qu'elle a
déji\ produits s'ajoutent incessamment ceux qu'inspire l'élude des mêmes matières et Tadop-
tion d'une méthode identique. A Paris surtout, où la Sorbonne, les écoles de Décrets, Im
monastères et les nombreux collèges de la montagne Sa in te -Geneviève abritent un per-
sonnel nombreux, actif et savant, on voit se multiplier, pendant la période dont nous i
398 DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
occupons, les commentaires sur le Maître des sentences, les apostilles sur l'Écriture sainte,
les gloses sur les Décrétales, les traités de controverse et de dévotion, et ces amplifications
scolastiques sur un sujet quelconque, que l'on a appelées depuis questions quodlibéliques. En
temps ordinaire, ce mouvement était considérable ; mais, dans les grandes occasions, où le
ban et l'arrière-ban de l'Eglise de France étaient convoqués pour connaître de quelques
points de doctrine ou trancher quelque différend disciplinaire, il le devenait bien davan-
tage ; les théologiens et les canonistes étrangers affluaient, et les docteurs parisiens avaient
souvent à lutter contre les rudes jouteurs que leur envoyait la province. Alors la ville en-
tière prenait part aux discussions que soulevaient ces doctes assemblées ; les talents ense-
velis dans l'ombre des cloîtres se faisaient jour, et les réputations nouvelles, une fois éta-
blies à Paris, étaient bientôt acceptées par toute la chrétienté.
C'est à une circonstance de ce genre que se reportent les souvenirs de Guillebert de
Metz. Sur les instances de l'Université, toujours très-désireuse de mettre un terme au
schisme qui désolait l'Eglise, Charles VI convoqua l'assemblée générale du clergé de France
pour la Saint-Martin d'hiver de l'an j 4o6. Les prélats, les abbés et les députés des chapitres
se rendirent en foule à Paris, et cette réunion, qui coïncidait précisément avec l'arrivée de
notre auteur, paraît avoir fait une grande impression sur son esprit. Les trois docteurs qu'il
cite figurent au premier rang parmi les Pères de ce concile provincial, et le renom de
science qu'ils ont conservé prouve que le libraire du duc de Bourgogne ne s'est point trompé
dans ses appréciations.
Gilles o«ciiamp.. GilIcs Deschamps, que Guillebert de Metz qualifie de «souverain docteur en théologie,»
et à qui le chroniqueur Juvénal des Ursins donne un titre à peu près identique, puisqu'il
l'appelle «un solemnel docteur en théologie, » paraît avoir été mieux connu par Du Bouilay
et les auteurs du Gallia christiana que par les rédacteurs de la Nouvelle biographie générale.
Ces derniers le disent fils du poète Eustache Deschamps, lui font suivre les cours de la rue
du Fouarre et l'envoient à l'université d'Orléans pour prendre sa licence in utroque jure ; de
plus, ils inclinent à croire qu'il n'a «point occupé de postes émincnts dans la hiérarchie
«ecclésiastique.» L'historien de l'Université dit expressément, au contraire, qu'il fit ses
études au collège de Navarre, et devint l'un des plus célèbres docteurs de cette maison sous
le rectorat du fameux Pierre d'Ailly. Les auteurs du Gallia christiana ajoutent qu'il eut pour
père Robert Des Champs, seigneur de Tourville et maire de Rouen, et pour mère Tho-
masse de Maudélour. Nommé cbanoine de Rouen en 1 38o et principal du collège de Navarre
en 1889, puis confesseur du Roi, il fut envoyé une première fois à la cour d'Avignon pour
essayer de ramener l'unité dans l'Eglise; mais cette démarche fut sans résultat, puisque
nous le voyons chargé, en iSgS, de reprendre la négociation avec plusieurs personnages
éminents, tels que les ducs de Berri, de Bourgogne et d'Orléans. Choisi pour porter la
parole dans le consistoire, il le fit, dit-on, avec une grande énergie, et le pape lui-même
crut devoir répondre au théologien de Paris. Après une mission analogue près de l'empe-
reur Wenceslas IV, il fut nommé grand aumônier du Roi, puis admiinstrateur du diocèse
de Senlis pendant la vacance du siège , et enfin évêque de Coutances. Cette dernière nomi-
nation eut lieu peu de temps après la tenue du concile national de 1&06, auquel Gilles
Descbamps dut certainement assister, à côté de Pierre d'Ailly, évêque de Cambrai , son
LES LETTRÉS, LES AUTISTES ET LES ARTISANS A PARIS. S99
coinpafjnon de voyage à Avignon, en 1387. Enlrc Bcnoll XIII (Pierre de Luna) el Inno-
cent Vil (dôme de Meliorati), c'est-à-dire entre Avignon et Home, Im dodeun de Paiis
M;ii'd!;rciû. l/UiiivcrHitr rc|inus.siiit H<>nntt conini** anti-pape; ce M>ntimen( était défendu par
le cordeliiT l'icrrc-aïu-ito-iifs, ii> fiiniciu Jean IVtil, un autre lli<^olo(pen nommé Plao«i,el
l'iil)!))'; du Monl-Saiiil-Mirlicj, Pierre Le Huy, dont nous parlerons plus loin. L'opinioa eo»>
(raire, h ln(|uellc adli^-raient Simon de Cramant, patriarche d'Alexandrie, Du Breuil, artb^
v^ipic de Toulouse, Guillaume Fillastre, doyen de l'églife de Reims, Pierre d'Aiily et
(iilles Descliamps, proposait de maintenir provisoirement l'ohédienccà Benoit XIII, et de-
iii.'indnil la convocation d'un concile gf-n«^*ral. Après bien des tergiversations, ce concile M
ri'diiit à Pisc, en 1 /109, et Gilles l)cscliamps y assista; toutefois le schisme (|u'on M propofdl
d'éteindre ne lit (|uo s'accrottre par la nomination d'un troisième pape (Aleiandre V), lequel
eut, a|)rcs un an de pontificat, Jean XXIII pour successeur. Gilles Deschamps fut fort bien
traité par l'un et |)ar l'autre; le dernier alla même jusqu'à lui oiïrir la pourpre romaine;
mais la légitimité de cette nomination eût 6lé probablement fort contestée par les Père» du
cuMcile (le (Constance et le papo Martin V, .si le nouveau cardinal n'était |ias mort avant m
prise de pos.scssion. Jean XXIII, en effet, emprisonné par ordre du concile, dut résigner
ses fonctions, et la plupart de .ses actes furent considérés comme entachés de nullité.
Gilles Descliamps, décédé le 5 ou le 1 5 mars i&i3 (vieux style), fut inhumé dana la
I alliédrale de Houen , derrière le cluetir et dans la chapelle de la Vierge. Son tombeau, la
statue (pii le surmontait et l'inscription «pi'on y lisait furent détruits, en grande partie,
dans l'année 1 56a. Du Boullay et les auteurs du Gallia chrittiana nous ont conservé l'épi-
tuphe dont voici le texte: t^ln bac .sepultura jacet bonœ memoris quondam, eminentîflânUB
«scientiœ nobilis vir, magister i£gidius de Gampis, de Botomago oriundus, .sacrv théologie
f eximius profes.sor, episcopus Constantiensis, ac sacrosanclo* Romans ecclesie preabytar
" cardiiialis (lonstantiensis nuncnpatus, rpii obiit anno Domini 1 & 1 3, die 1 S, alias S martis,
"ipia die iundalus est suusobitus, et in bac ecclesia celebratur. n
L'abbé du Mont-Saint-Micbel, qui se montra, dans l'assemblée de 1&06, oppoaé aa
sentiment de (lillos Descliamps, était cependant son diocésain d'origine, car il était né
près (le Goutanres, dans la paroisse d'Orval ; mais ses fonctions abbatiales l'eiemptaient
de la jnridicliun de l'ordinaire. Pierre Le Hoy, c'est le nom de ce savant religitu, fut \r
restaurateur de la discipline et des belles-lettres dans l'antique abbaye normande; il y
fonda une bibliothèque, eut soin de faire Iran.scrire les chartres et les registres du niona»-
tère, et compo.sa lui-même un cartulaire. Pour inspirer à .ses moines le goût des lettres.
il se fit le profes.seiir des plus Agés, auvquels il donna mission d'instruire les plus jeanes-
Kniin il restaura ou reconstruisit la plus grande partie «le celte forteresse cuibre, i deail
séparée du continent, et que les chroin'(|ucurs latins désignent toujours sou» le non de
SaucU Michiieli.i in jurintlo maris.
Au milieu de toutes ces occupations, Pierre Le Roy avait trouvé le temps d'enseigner à
Paris le droit caiioniciue, et les fameuses écoles du Glos-Brunean gardaient encore, au
temps (le (iuillebert de Met/, le .souvenir de son éloquente parole. La nature de sas vtati-
gnrment. qui avait pour base le texte des Dt'crélales, l'amena forcément i prendre parti
dans le grand différend (pii désolait l'H^glise; et l'iniversité, dont il était la lumière, lui
400 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
confia plusieurs missions relatives à l'cxtinclion du schisme. Charles VI, ou plutôt ceux
qui gouvernaient en son nom, n'avaient pas moins d'estime pour ie savant canoniste; aussi
fut-il appelé à la cour, à la suite du voyage que ie Roi fit au Mont-Saint-Michel, et em-
ployé à diverses négociations, tant en Angleterre qu'en Italie, en Hongrie et en Espagne.
Il jouissait, en cette qualité, d'un traitement annuel de mille francs d'or que l'argentier
du Roi, Alexandre le Roursier, reçut l'ordre de lui payer, à dater de l'année 1898.
Trois ans auparavant, l'abbé du Mont-Saint-Michel avait reçu du Roi et de l'Université
la mission de se rendre dans la Grande-Rretagne, afin d'implorer le secours du monarque
anglais pour ramener l'unité dans l'Eglise. Le mémoire qu'il était chargé de présenter, et
dont la rédaction lui avait été confiée comme au plus capable, n'occupe pas moins de vingt
pages in-folio dans le recueil de Du Roullay; c'est à la fois une dissertation scolastique
très-serrée et un sermon des plus touchants sur les maux de l'Eglise. L'orateur débute par
ce texte : Da nohis, Domine, auxilium de tribuhlione; il décrit ensuite le triste état de la Chré-
tienté, rappelle les graves devoirs qui incombent à la Papauté, et se prononce contre les
quatre moyens indiqués jusque-là comme devant mettre un terme au schisme. Ces quatre
moyens étaient : un compromis entre les prétendants; des remontrances à celui des deux
qu'on regardait comme le moins fondé en droit, la réunion d'un concile, et enfin la
guerre. Il faut dire, à la louange de l'oratçur, qu'il écarte résolument cette ultima ralio, en
rappelant que Pierre a reçu du Christ lui-même l'ordre de remettre l'épée au fourreau'".
Henri IV, roi d'Angleterre, fut fort embarrassé, dit Du Roullay, après la lecture de ce long
factum; pour gagner du temps, il répondit qu'il allait soumettre la question aux universités
du royaume, et se borna à écrire une courte lettre aux docteurs de Paris.
Malgré l'insuccès de cette ambassade, Pierre Le Roy fut envoyé, en iSgg, à Avignon et
en Espagne; mais il n'obtint rien ni de Renoît XIII , ni de Ferdinand I". Nous le retrouvons
encore à l'Assemblée générale de i4o6, discutant avec un incontestable talent sur les
droits des papes et des conciles, mais n'obtenant en définitive aucune espèce de résultat.
L'opinion à laquelle il adhérait était favorable à ce qu'on appelait alors «la soustrac-
tion,» c'est-à-dire le refus d'obédience. Renoît XIII et Innocent VII auraient été déclarés
sans aucun pouvoir dans l'Eglise, en attendant la décision du concile général. La réunion
tant désirée eut enfin lieu à Pise, en \liO(j, et le cordelier Philarel de Candia, ancien
professeur de théologie dans l'Université de Paris, fut élu Pape sous le nom d'Alexandre V.
Pierre Le Roy, son ancien collègue, aida puissamment à cette élection : aussi fut- il,
comme Gilles Deschamps, comblé des faveurs du nouveau pontife. Jean XXIII, qui suc-
céda, au bout d'une année, à l'élu du concile de Pise, montra les mêmes sentiments envers
l'abbé du Mont-Saint- Michel, et le garda près de sa personne. Mort à Rologne en i/iio
ou i4ii,le docteur parisien, qui s'était fait en Italie la même réputation qu'au Clos-
Rruneau, fut enterré au couvent des Dominicains, et la commune renommée lui décorna,
disent les auteurs du GaUia christiana, les titres de noUibUis prœlatus et de clericus oplimus.
Pour Pierre Le Roy, comme pour Gilles Deschamps, Guillebert de Metz n'a été que l'inter-
prète de l'opinion publique : tous les contemporains sont d'accord sur le mérite de ces deux
personnages, dont il a consigné les noms dans son livre.
'"' llistoria Unitergitalis Parisiensis, t. IV, p. 7 56 et seq.
LES LETTHI-S, LKS AUTISTES ET LES AIITISAXS A l'AKIS. 401
Il est bifii rcf^rcUabic qu'il n'ait pas dt^.sijjn*^ pluH claireiiii>ii( -l<t\OM|uc du Vux."^ A-l-il L<>*tM4>N
voulu parler du fanicux Pierre d'Ailly , le iiiallre de Gcrson, qui fui, en «-(Tel , nonioé 1 ctt
6v6cM, mais (|ui n'ucccpln <pie celui de Cambrai? Kn ce cas, le modeste • IranMrripvain «
jiurntt onnore (-tii l'éclio de la coniniune rcnonimt^'C , car la rf^'pulatioo de Mvoir et d'ëlo-
(|u<>ucc (!<■ Pierre d'Ailly s'est p<'rp)''lui'e jusqu'à nos Jours, malgré le« r^rve* faîles par la
(■rilir|ue moderne. Mais la qualification dont il s'agit peul-flle être appli(|u<k! au célèlire
chancelier qui occupait le Nié|;c de Cambrai dès tSc)^, et ne faut-il pas plutôt l'atlribucrà
l*;!!*' de Leslranfje, prélat d'un (jrand talent, qui fut Iransft^ré de l'évéchi^ de Saintes à celui
(lu l'uy. après le refus de Pierre d'Ailly? Quoirpie moins connu, Klie de l*e»tmnj;c n'en a
pus moins, de >oii vivant, joui d'un );rand renom de science et de talent oratoire. L'estime
qu'on avait de son caractère et de ses lumières le fit mander ù Paris, avec les membres les
|)ius disllnfru(;s du clerg/; séculier et ré(;ulier de France, pour y traiter i'inleniiinablc
i|ucstion du retour à l'unité relijjieusc. Plus heureux que ses dcut collè|;ut'S, il viVut ju*-
(|u'à In réunion du concile de Constance, auquel il assista, et il put voir l'inlii ' n de
M.irtiii V. Il rcviiil ensuite mourir dans son <li«<èse et fut enterré r!,.' t.- I . ;ains
du P.iy.
Les trois honunes dont nous venons d'esquisser la bio(,'rapliie iiersonnifienl de la ma- ** ' J*"'
nière la plus conqdèle le corps doclorni de Paris h l'époque où se place le récit de Guillebcrt ta»»fci»
de Mel/. Ces lliéolojjiens, que Jean de Jundun nous représente comme enseignant avec une
gravité imperlurl)id)le in vico tjuiellxsimo Sorbonœ, ces canonistes vénérables (|ui disser-
taient si |;aisiblement sur les Décrets apud clatnum Brunelli, sont devenus, par suite des
déchirements de i'Kglisc et de l'airuiblissemenl du pouvoir royal, une véritable puissance,
la seule qui soit alors pres<|ue universellement incontestée. « Hors d'Avignon, dit V. Ix*
"Clerc, les docteurs de Paris étaient écoutés partout, et \h où ils ne parlaient point, rirru-
-laienl en Kunqjc, depuis l'année i3{)G, leurs lettres et leurs mémoires pour recueillir
"des suffrages en faveur delà cession des deux anti-papes. S'ils échoui-renl devant fopi-
"tiiAtretéde l'un et de l'autre, ils ne se rebutèrent pas, et, en faisant prévaloir, an bout
«de trois ans, le parti hasardeux d'une neutralité complète, ils préparèrent, du moins, le
-concile t!e Con.'^laure, où l'nhdicalion fut imposée à trois papes, un nouveau [MfC élu
"et le sthisnic terminé. D'où vient cet ascendant d'une simple compagnie de maîtres cl de
"disciples, qui, pendant si longlcm|)s, délibère avec les Rois, dirige les Conciles, fournil
- des négociateurs aux Papes et aux Princes, envoie elle-ni^mc des ambassadeurs aux na-
'-tions étrun|;ères, et, dans le cours troublé de .ses annales, atteint alors son plus haut
-ile;;ré de puissance et «l'iiulorité" ?"
A celle question, le savant historien des lettres françaises ré|)ond lui-mènie, en indi-
quant pour motifs d'une iiillucnce aussi considérable, non pas l'excclience de l'enarigae-
ment universitaire de ce temps, non pas même la supériorité morale des homme» cl l'im-
porlance du rôle i|u'ils furent appelés h jouer, mais la constitution intime de rUniveniië,
conslitutidu égalilairc, rij,oureusement exclusive de tout privilège, uniquement fondée sur
la base de l'éleclit n, et (|ui donnait ainsi une force immen.se h l'humble professeur oéflgDé
' fiiiroirr» nr télat de* Irttrts au m' tikh, dan* le toow XXIV de 17/Mlwrr Uoirmrt th h Fimi*,
p. -jCf) et suiv.
■ HT. — I t»
i02 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
par le suffrage de tous. La force de cohésion qui résidait en ce corps, et que le mot univer-
«ùrts exprime si bien , explique le succès des Gilles Deschamps, des Pierre Le Roy, des Elie de
Lestrange, comme elle rend raison des hautes renommées auxquelles s'élevèrent alors les
Pierre d'Ailly et les Jean Gerson.
2° LES PRÉDICATEURS ET LES HARANGUEURS POPULAIRES.
(jEAN GERSON, JACQUES LE GRAND, LE MAITRE DES MATHCRINS , EL'STACHE DE PAVILLY, ETC.)
A la théologie dogmatique et morale se rattache ce que les classificaleurs ont nommé la
théologie parénétique, ou le sermon; et le lien qui les unit est d'autant plus intime qu'on
retrouve dans l'une et dans l'autre non-seulement les mêmes idées, mais encore la même
manière de procéder, c'est-à-dire un texte, des divisions, des subdivisions et des arguments
enchaînés selon les règles de la plus sévère dialectique. Au commencement de la période
qu'embrasse le récit de Guillebertde Metz, les sermonnaires parisiens prêchaient avec celte
ligueur toute scolaslique, et, pour qu'ils n'en perdissent pas l'habitude, les maîtres de l'art
oratoire leur traçaient la marche à suivre dans des petits traités qui sont parvenus jusqu'à
nous. On en connaît deux qui sont intitulés: Arsdmdendi lliemata, Ars dllaUindisermoite»; un
troisième, qui a pour litre Ars faciaidi sermoties, a[H)rend à \yrèchcr secunduinfonnainsyllogi$-
ticani, ad quant omnes alii modi sunt reducendi. Toutefois, dit V. Le Clerc, à qui nous devons
ce détail, on n'avait pas tardé à s'apercevoir que ce n'était point assez, pour attirer et retenir
l'attention du grand nombre, que de citer, de diviser, d'expliquer, et toujours en lalin.
Quelques proverbes français se glissèrent timidement d'abord dans le texte lalin, puis
vinrent les comparaisons et les dictons populaires; enfin le sermon yàrci, comme les épitres
et les séquences farcies, devint d'un usage général. La prédication d'apparat demeura, jus-
(ju'à Lingendcs, fidèle à la langue latine; mais l'homélie en plein air poussa l'émancipa-
tion jusqu'à se faire exclusivement française, La seconde moitié de la période qu'embrasse
le récit de notre auteur marque précisément celte révolution dans l'art ou plutôt dans
l'habitude de la parole.
Parmi les «docteurs et clercs qui soloient preschier tant dexcellens sermons, n Guillebert
de Metz nomme en première ligne «maistrc Jehan Jarcon.» L'illuslre chancelier de l'Uni-
versité méritait assurément cet honneur : homme d'enseignement et de controverse, prédi-
cateur habile, pasteur plein de dévouement pour ses ouailles, philosophe chrétien assez
avancé dans la vie intérieure pour qu'on ait cru pouvoir lui attribuer Ylmitalion de Jésus-
Christ, il a servi encore , à ne voir en lui que le sermonnaire, de trait d'union entre l'avenir et
le passé. Ses discours destinés aux clercs sont écrits en lalin; mais ses prônes à ses parois-
siens de Sainl-Jean-en-Grève, aussi bien que ses sermons à la cour de Charles VI, ont été
prononcés en français. Quand on les parcourt, on s'aperçoil bien vite que le docte chance-
lier puise aux mêmes sources que les prédicateurs de son temps; mais ce qui lui donne sur
eux un grand avantage, c'est la science immense, la conviction profonde et l'admirable bon
sens dont il fait prouve dans l'examen de toutes les questions qu'il aborde. Réformalion
des études théologiques, rétablissement de la paix dans l'Rglise et dans l'Elat, retour du
, *
il
• 1
»
* s» *
1
LES LKTTIIKS, LES AHTISTKS ET LES AHTISAXS h FAHIS. MS
|)(ni|iii; clirt'^ticn h In foi de hch père», r<2rutation de» doctrine» pcnrenc» eoaua» cbIIci lia
cordclior Jean Pclil, lii'n n'arrélc »a verve et ne le prend au dépourvu'".
L(ï .HclilHine d'Occident étnit lu f^rnnde prt^occupntion religieuM de ce tempe; prAthw le
doj^mp et In morale Kernblnit chose preM|ue »up«-rfliie tant qu'on n'aurait pa«
pni\ )!l riitiilé dun>i le monde clinllicn. TierRon, (|ue koii talent et m r4''putalion a|i
i'i |ii'e(i(lre part à ceH Iriste» déni^lés, pri'duda, dès i 3^0 , au rôle de médiateur «lull
V joiK-r. Voici comment il s'en exprimait en prt^'sence du roi (>barlea VI tt àtê :
de sa cour :
- . . . . 0 roi très crislien, o roi par miracle consacré, ne souflTrei |ioinl qu'eo
-temps cesle chose ne si> fnce; ne laissiez point «pio l'honneur, le mérite et la gloire n'en
-niez! Knstiivcz vos prédécesseurs, qui tous jours a faire cesser le scisme de aaiocte EgllM
^onl mis tout leur esliide singulièrement sur toux nnltres, quelque autre beaoûigM aftwre
- mise. Et se pnrfinir ne se povoit en vostre temps, ce que je ne rroy pas, au BoilM gfMl
-chose seroit de reiicommancier; car le commencement est le plus furl, diril Oratius :
- nimiiltHiii nui rcjiil liiihrl.
-0 se (;iiarli'tiinj;iic jr (;rnnt, se Roland et Olivier, se Judas Machabeus et fî-':----,
-se Mnlatliie et les utillirs jirinces esloient maintenant en vie, et sainct I^ys. _ ^
''vpisscnt une telle division en leur pueple, ils aimeroient mieli cent fois mourir qa<> la
- Iiiissier ainsi durer, et que par nef^lif'enrc tout m' perdist si maleureusemenl. El lotttaiMi
. "en ce faisant, il est certain, sire, que vous ferez o-uvre plus glorieuse et plos platMUII a
f Dieu , |)lus dij^ne de mérite et de renommée perdurabic, que se vous vainquiMief oo grani
!• pueple (le Sarr.'izins pnr hutaille...
rr Très nobles |)rinces et fils de roi, messcigneurs d'Orléans, de Berri, de Bourgoigne H
■^(le Touroine, daignez entendre a cestc besoingne, par laquelle vous |>ovet faire BM pw
«•seulement souverain service a Dieu, a la cristienlé et au Roi, mais avecque» ce mettrez
pvosire pueple en plus fjrnnl union cl plus (jrant obéissance que ne pourroit vraiscrobU-
«blenient eslio, se ce discorl ne fine. 0 nobles et vnillans chevaliers, qui e«tes plains de
~ toutes franchises et convoiteurs de vraie honneur, pour Dieu, ne vous oabliei pas ra
-(•este mulicre, exposez vous en bataille volontiers, et de cuer, voetn> vie et tout voMrc
- estai, pour servir vostre Seigneur et pour avoir honneur, y
Le sermon (jiil conlienl celle solennelle adjurnllon nu\ prinres rhrélirn», ri ipn mpp'iie
les vifs niouveineiils en usn;;e chez les pr('di(a leurs des croisades, fut pronoocé k Paris »le
»^jour de In Tiphaine, presens le Roy et pluseurs aultres seigneurs de son rang, a L'oratear
n>nil pris pour texte ces pnroles : Adorabunt eum nmneM rrgtt. Ce n'es! pas, d'ailleon, la leale
fois que (îerson ail interpellé ain.si son royal auditoire : il le lit quelques aaa^ *pf^t
(pioi(pie avec plus de mesure, lors(|u'i) eut h exposer les propositions de rUmvwwli pour
la n-formallon du royaume. Celle hnran^juc, forl lon|;uc, a été analysée par le rsll|ieax de
Saint-Denis, in)prinK-e dès le xvi* siècle par Durand Gcriier cl Gilles Corroael, el Maxenl
réimprimée depuis.
Ln mission de l'Université de Paris, telle que Gcrson la conçoit, est pleine de gran-
deur : «Kn (|uelquc lieu (ju'elle regnnic, dit le courageux chancelier, die voit |Mrtoul
" Voir n ecl (<(jnnl les enivres de (îerson, (édition n«i|Mn. «in»i que ba «Mis biognfU^pas 4s l^cay.
(le Scliiiiitll et (le II. ThoniMsy.
Si.
/lO/l DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
r, tribulalion, partout meschef, tourment douloureux partout. Elle voit en plusieurs lieux
«oppression du peuple pour jusiice, violence pour miséricorde, rapine pour protection,
«destruction pour souslenance; pour défenseurs, persécuteurs; violation de pucelles, pros-
«titution de femmes mariées, boutemcnt de feux en aucuns saints lieux et a hrief dire,
ff elle voit honteuse et misérable dissipation de ce royaume. En face de ce spectacle, ajoute
«Gerson, la fdle des rois ne peut que s'écrier au milieu des pleurs et des soupirs : Vive le
«/?oj"' ! n Dans cette éloquente et trop longue harangue, diserto et prolixiori sernione, dit le
moine de Saint-Denis'-', Gerson recommanda quatre choses : la guérison du Roi, la réfor-
mation de la cour, l'apaisement du schisme et le maintien des privilèges de l'Université.
«Et si on eust voulu, ajoute Juvénal des Ursins, garder le contenu en icelle proposition,
«en bonne police et gouvernement du royaume, les choses eussent bien esté ; mais on avoit
«beau prescher, car les seigneurs et ceux qui estoient autour d'eux n'en lenoient compte
«et ne pensoient qu'a leurs profits particuliers'^'.»
C'est dans ces mêmes remontrances, faites au nom de l'Université, que se trouvent ces
paroles hardies, pleines de compassion pour les malheurs du peuple: «Las! un poure
«homme aura-t-il payé son imposition, sa taille, sa gabelle, son louage, son quatriesme,
«les esprons du Roi, la saincture de la Royne, les treuaiges, les chaucées, les passaiges,
«peu lui demeure; puis viendra encore une taille qui sera créée, et sergent de venir et
«engager pots et poilles. Le poure homme n'aura pain a manger." Et ailleurs l'avocat du
peuple ajoute à l'adresse de Charles VI: «Toy, prince, tu ne faicz de telz maulx, il est
«vray, mais tu les souffres; advise si Dieu jugera justement contre toy en disant: Je ne le
«punis pas ; mais si les diables d'enfer te tourmentent, je ne les empe.scherai point. •/>
Quatre ans après nous retrouvons l'infatigable chancelier sur la brèche. Les maux de
l'Eglise et de l'Elat étaient arrivés à leur comble ; c'était comme une inondation, comme un
incendie, et Gerson s'écriait : «Crions tous, les plus grants et les plus petits, crions a la
«paix ainsi que l'en crie au feu et a l'eau, r, Et dans un sermon sur la justice, commentant
ce texte du Décalogue : Non occides, l'ancien aumônier du duc Philippe le Hardi ne craint
pas de repousser, au nom de la société comme au nom de l'Eglise, l'impudente théorie du
régicide , qu'il combattit plus lard avec tant de vigueur au concile de Constance.
Nous ne suivrons point le chancelier de Notre-Dame dans ses longues et infructueuses
pérégrinations. Son existence parisienne se termine à l'année i 4 i 5, et les dernières années
de sa vie s'écoulent loin de ses chers paroissiens de Saint-Jean-en-Grève. Qu'il nous suffise,
après avoir analysé quelques-uns des «excellons sermons qu'il soloit preschier, » de rappeler
(|u'il donne à Charles VI le nom de roi très-chrétien; ([u'il le loue d'avoir chassé les juifs et
les usuriers, d'avoir défendu les jurements, d'avoir ordonné «que confession sacramentelle
«ne fust pas denyée aux jugés a mort; et que feussent données lettres conlrc les abomi-
rnacions maudites et comme ydolalriques qui se font en l'Eglise de France sur l'ombre de
«la feste aux fols '*'. ■»
Ici encore le jugement de Guillebert de Metz ne s'est point égaré ; Gerson occupe toujours
dans le Paris des xiv' et xv' siècles la place que lui avait assignée le modeste « transcripvain . »
'' Lecuy, Vie de Gerson, t. 1, p. 876. ' Juvénal des Ursins, ddit. Godefroy, p. 191.
'"' Chroniques du relifrieur de Saint- Denis, '*' Les manuscrits français de la bibliothèque du
liv. XXXVI, cliap. x\i. Hoi, par M. Paulin Paris, t. VU, p. afiS et suiv.
LKS f.KTTHÉS, LKS AHTrSTKS RT l,KS ABTISANS A PAMI ..)5
Moi'h Joari Gcnion tétait tro|> dixcrt cl tro|> lii/'oloijifn jiour avoir une forUi adion for la
iiiassoH populaircH. C'est tlaoN icii rnrifjs du cU'r\'/; i^^pilier, riiez la augiifUiis on Im eor-
(inliorn, par cY<.>mpln, qu'il faut chcrclicr le type do i'«;lo<|ucncc chr^ieaiM appropriée è
iclli- Irislf <1po<|uo. Les rclijjicii», |)lu.s rapprorln'ii du peuple par l'orifjin» H le« liabilode».
iihrcs d(> tout souci, ulFrunciiis de toute ambition, coutractaient nioin» didicilenicnl qoe
le!) di|;nit(iire.s de l'IJniversiti^ ou dcfi prt^latureu, de» liabituile» de rranc-|Mirier et de verf*
Mirra»<tiipie. Frère Jacques Le Grand, (|ue Guillebert de Metz n'a eu garde «ToaieUfe, en
fst un rra|)paril exemple. Ce rude discoureur triait pourtant un lettre : il avait compoaé
<!t Inidiiit, dit-on, kous le litre d'.lrc/ii7o,'»e loplile, un Iraili' -mr la nafiCMe et un Lirrt im
hoiinen mœurs; mais ces travaux d'érudition, faits h l'ombre du cloître, itéraient rortét dan*
une ëternellc obscurité sans l'éclat que fit en pleine cour le bardi prédicateur. Voici dan*
tpiels termes Juvénal des Ursins raconte cet incident :
«En ce temps, on pnrioit fort de la ileyno et de monseigneur d'Orléans, et disoil-on nue
"c'osloil p.ir eux r|ue les Tailles se faisoicnt et <|ue les Aides couroient et levoienl, lann ce
Ripie aucune chose en fust mise et enq>loyée au faict de la clios<.> publique, et wftrf hau-
tlement par les rues on les maudissoit, et en disoit-on plusieurs paroles. La Revne en un
RJour de Teste voulut ouyr un sermon, et y eut un bien notable homme, lequel ace faire
«fut commis. Le(|uel commença a blasiner la Reync en sa présence, en parlant des eiac-
' lions qu'on faisoit sur le peuple et des excessif» estais qu'elle cl ses femmes avoieni cl
-leiiiiii-nl , et comme le peuph- en parloit en diverses manières, et que c'estoit mal fait .
- dont la lleyne fut 1res mal contente. Kl le dit prescheur, en s'en retournant de la prvdi-
« cation, fut rencontré d'aucuns honuncis cl femmes de la cour, et luy dirent qu'ils estoienl
- Iiien esbahis comme il avoil ozé ainsi parler. El il respondit qu'encores estoit-il plus
-<'sl),ilii comme on osoil faire les fautes et péchez qu'il avoit dit et déclaré. El en s'en allant
■'oulre, il rencoiilrn encores un autre homme, qui luy dit, en jurant le sang de .\olrc.Sei-
!• ijiieiir, (pie <|ui le croiroit (pi'on I envoyeroit noyer. Et le bon homme dit : Il n'en faudruil
-qu'un autre de telle volonté (pio lu es, avec toy, pour faire un grand mal. La dite prrdi-
r cation vint a la co);noissancc du Roy, et luy rapporla-t-on plus pour mettre a indignation
" II- hon homme cpie autrement. Et dit le Roy qu'il le vouloit ouyr prescber, et fut ordonné
"que le jour de l;i Pentecosle il prcscheroil. Lequel |)rcscha , et prit son thème: Spirtim*
"Mitrlu» dorchit ros omiiem verihilem. Et le déduisit bien grandement et notablement. Et s'il
«avoyl parlé en la présence de la Reyne des grands péchez qui couroient, encore» en
-parla-t-il plus amplement et largement en la présence du Roy, cl fit tant que le Rov fat
-content, et si luy fit donner aucune légère somme d'argent ' . -
Les mémoires du siècle de Louis \IV. et en [Kirliculier les l.-tlres de M* de iMviime, n-
coutent une aventure de ce genre dont le Iu'tos fut Bourdaloue : mais ce grave moralisU resta
dans la dignité de son rôle cl ne se mi^la point aux intrigues du temps. Fr^re Jaeqnes Le
Grand, ou contraire, engagé fort avant dans le parti annagnac, accepta la roisuion d'aller
portera Henri IV, r>i d'An;;leterre, les propositions des chefs de ce |»arli, ceqai lui valut les
haiiio de la faction opposée. Le Joiininl d'un liourgtoiê de /Vnit nous apprend qoe cette éi-
oiiii I Iii> lil perdre tout crédit nu prédicateur et lui attira m^me les censures de PEglise : • Fut
''' llitlaire (h ('Ànrltt 17, {xir Juv<(n«l «les UrMDS.^iiL (îmk'fmv. |>. 171.
406 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
wce jour, y est-il dit, faicte procession générale a Nostre-Danie de Paris, et la devant tout
ttle peuple fut maudite et excommuniée toute la compaingnie des Arminaz et tous leurs ai-
cdans et confortans, et furent nommez par nom tous les grans seigneurs de la maldite
« bande : c'est assavoir le duc de Berry, le duc de Bourbon , le comte d'Alençon , le fauix comte
«d'Arminac, le conneslable, l'arcevesque de Sens, frère du devant dit Monlagu, Robert de
«Tuillieres, lieutenant du Prévost de Paris, /rere Jacques le Grant, auguslin, qui le pis con-
tfseilloitde tous, et furent excommuniez de la bouche du Sainct Pcre, tellement qu'ils ne po-
R voient estre absouls par prestre nul, ne prélat, que du Sainct Père en article de mort" .»
Le MîDisire Gcrsou et frère Le Grand ne furent pas seuls à mêler les affaires publiques aux choses de
oi unns. j_^ 1-eligion; la parole était alors l'unique puissance morale qui pût agir sur les esprits, et l'on
conçoit que les prédicateurs du temps aient eu recours à cette supnîmc ressource; mais ils
y mirent sans doute peu de mesure, et leurs auditeurs ne furent pas toujours aussi bénévoles
que le roi Charles VI. L'un des plus célèbres orateurs de ce temps, Renault de la Marche,
que Guillebert de Metz appelle « le maistre des Mathurins, v en fit un jour l'épreuve. C'était
aux environs de la Toussaint de l'année 1609. r Un peu devant, dit le Bourgeois de Paris,
wavoit presché devant le Roy le Ministre des Mathurins, très bonne personne, et monstra
t^la crualilé que ilz (les Armagnacs) faisoient par deffaull de bon conseil, disant que il falloil
«qu'il y eust des traistres en ce royaulme; dont ung prélat nommé le cardinal de Bar'"^',
r qui estoit audit sermon , le desmentit et nomma villain chien, dont il fut moult hay de
«l'Université et du commun. 75 Le Gallia chrisliana ne ratifie pas complètement l'éloge du
Bourgeois de Paris : Renauld de la Marche, loin d'être une «très bonne personne, n est
qualifié de homo majpianimus et honoris appeteiis. On lui reproche d'avoir recherché et obtenu
plusieurs bénéfices à la fois, dépouillé certaine de ses abbayes au profit d'une autre, et de
n'avoir racheté que quarante captifs pendant une administration de dix-neuf ans. Nous
n'entrerons point dans ces démêlés de couvent qui n'ont de rapport ni avec l'histoire de
l'éloquence à Paris, ni avec les discussions sans cesse renaissantes que soulevait la ques-
tion du schisme. A ce double point de vue, nous nous bornerons à mentionner un incident
qui fit grand bruit, et ou Renauld de la Marche joua un certain rôle.
On sait que l'anti-pape Benoît XIII (Pierre de Luna), averti que l'Université sollicitait
depuis longtemps la soustraction, c'est-à-dire le refus d'obédience, et que le Roi avait publié,
à la date du i5 mai iio8, ladite ordonnance de soustraction, «y pourveul, dit Félibien
«d'après la chronique de Le Laboureur, par une bulle (|u'il glissa dans un pacquel qui fut
«présenté au Roy à l'hoslel de Saint-Paul, le 1 /i de mai, par Sanche Loup, arragonnois, et
«un courrier ou chevaucheur d'écurie de Benoist. Cette bulle portoit excommunication
« contre tous ceux qui favoriseroienl la soustraction , de quelque qualité qu'ils fussent , cardi-
« naux , roys, empereurs. Un coup si hardi révolta contre lui les esprits des bons François"', n
Les orateurs parisiens se donnèrent alors libre carrière; l'un d'eux, Jean Courtecuisse,
docteur en théologie, «y parla avec beaucoup de force contre Pierre de la Lune et contre
''' Journal d'un Bourgeois de Paris, éA\t. de f]iQ, d'Edouard, troisième du nom, tué à la bataille
p. 3 et A. d'Azincourt, et devint évêqiie de Châlons-siir-Marne.
'*' Il s'agit ici du cardinal Louis de Bar, de l'il- ''' Histoire de la ville de Paris, par Félibien et
lustre famille des comtes et ducs de Bar: il était fils Lobineau. t. 11, p. jhh.
LES LKTTWkS, LES AUTISTES ET LES ARTISANS A PARIS. M?
im bulle, (|u'il prouva élrn injurieuse au ftoy, à la nation, et tendante k oerpéUttr !•
RHcliiHiiin. » Ce ne fut pan la seule vengeance que les docteun de Paris tirèrent de Tawl»»
ricux |)()titir(; : aprèit avoir lacer/; m bulle et fait emprisonner ïen membre* du clergé qa*!!*
snvaifrit lui ^trc ravoralilcs, ils obtinrent que les deux porteurs de la bulle feraÎMrt pobtt-
i|U('riii'iil iirntMidi: lioiinruble. -On Ifs conduisit, dit r>ncore Félibien, dans deai lombërami
«à la cour du Palais, rcvcstus de dalnintiqui's de toile noire, aui armes de Pierre à$ la
" Lune, renversées, avec de» mitres de papier en leste, où estoil escrit : Ceux tout JmlafUÊl»
<^ii CEfrlm et au ftoy. On les lit monter en cet écpiipnije sur un (khaffaut dressé au milieu
'■ de In cour, pour les exposer nux bui'-es du peuple. 1^' dininncbo suivant on les montra «hffff
■* le riK^ine appan-il uu parvis Notre-Dntne, où l'un d)'s cumniissaires, qui estoil i^ Mimtin
vdea Malliurins de Paris, leur fit un sermon plein d'invectives et d'indignitet eoBtfe eoi él
«contre leur mattre Pierre de la Lune'".» Co sermon fut probablement l'un des dcmien
que prononça Itenauld de la Marche: les rédacteurs du (Jallia chr'uùana placent »a mort
i>n raiiiiL'u lAio, et l'oti voit (ju'cn cette mdme année il avait déjà un •oeeaMear ". Oo
trouve (pielipitjs autres iiienlions de son élui|uence, mais elles se coalbndMlt avec celles
ipii sont relatives à son émule Kustacbe de Pavilly.
Ce nouveau pcrsonnnfje appartenait i^ l'ordre des Carmes et était docteur en théologie.
On ne le voit a|>parailr(! sur la sc*\ne qu'en i A i t , et dans des circonstances purement poli-
li(|ucs, ce qui ronslitue une sorte de nouveauté. Jusipie-là, en effet, les docteurs de l'Uni-
versité n'étaient intervenus dans les choses du gouvernement que pour y défendre les in-
térêts de la religion ou ceux de leur corps; mais, à partir do ce moment, ils entrent dans
la voie des remontrances et des objurgations; nous sommes en pleine éloquence parlcuMB-
taire. Ce n'est pas (pic les oreilles des Parisiens fussent complètement étrangères aui lilma
accents des discoureurs poliliipies : un deuii-siécle auparavant, la voix de Charlw le Maa-
vais avait plus d'une fois retenti dans les carrefours, et le souvenir de set «preedieiMlls*
était encore présent ù toutes les mémoires '''. Eustache de Pavilly n'eut qu'à en réveiller
l'écho. Il dt'bula par couqioscr des mémoires pour justifier les actes que le parti aoglo-
bourgiiij;n(>n imposait à Charles VI. rKi avecques ce qu'on fai.soit cscrirc au Koy, dit Ju-
<« vénal des Ursins, pareillement escrivoient ceulx de l'Université, dont estoient priiKi|Kiult
■rw\ i-nniie iioiniué niaislre Kustache de Pavilly et le Ministre de5 .Mathurins ^.» Eahardi
' lliiitiiiir de la ville de Parié, par FL'Iilticn et varrc, on rite le ilisrvMir* du 49 novenlire i3â7.
I^obinniii . t. Il, p. 7^1. pronoiir<< Ain le point «lu jour du haut d'uaa Itk
' \a^ Tnit ri'siiilt! iriiiio adhésion h un fonnuiaire liunc t'IeviV; et devant dix milie penoaaas. Ce 'sar*
(le iluririnu tlrcssi' pur iicrsnn. Celle pièce porto le mon.* qu'on ne se lassa poial d*teal(r, Mmk n
mn\n inoniiel de fn'^ro Etienne, ministre des Mo- long, dit la chronique de S«iiit4)eui. «qw fm
thiinii-' il<< l'iiiis, )!l In ilnlc de l'iio (vieux style. ^avoildisiM^par ParisquandilcMsa.* La)
!<nns dotitc^; mois on ivtrouvc en lAi-j et i4i3 il est ici qufsUoo avait liea aa Pré ani-€Ww ; <B»
'le ministre dos Mutliurinso ntsocitf Ji diverses me- sa naotneia aux HaNes, i la GWKre «I sor 1
tiiiri<s p<iliiii|ti<<s ut n>li)p*<use!i et pn^lnnt son i^lo- autres pointa de la capitale; Ckarias le Maevais sal
<pioiico m\ pards. Il rmit on c«>iicluri< ipiil n'y nvnit |Kirtuut enlever les safti^gas de la baie , griee à sas
I ilonnult. »iiM, ^t aaaetéepar Daaia Gedrfr^. Paris ittS.
kintre auUw succès oratoires du roi de Na- ÏD-folio, p. a«8.
niors choi les Triiiilnires (prtin nom de cliiuigi^ et linltiles 1
Iqiir TWmv bticnne rnarchsit sur les (races de frire ' liitioin dr Qarlie F/, par Javiaal dta Mf
408 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
par le succès de sa première tentative, Eustache de Pavilly obtint, grâce au crédit de i'Uui-
versil(^, une audience pour porter jusqu'au pied du trône les griefs des bourgeois et des
docteurs. Benoît Gentien, docteur en théologie et religieux de Saint-Denis, avait exprimé
les sentiments du parti modéré ; le fougueux carme crut devoir réfuter le discours de son
collègue et accentuer plus fortement les plaintes du j)euple contre les malversations des
financiers: «11 recita en bref, dit encore Juvénal des Ursins, ce qu'avoif dit Gentien, et,
(« pour particulariser, il exhiba un graut rôle qui fut baillé a lire a un jeune maisire es arts,
tt lequel le lut bien grandement et hautement '".57
De la parole, Eustache de Pavilly passa aux actes; sans vouloir le suivre sur ce nouveau ter-
rain , qui n'a rien de littéraire , nous ne pouvons omettre la part considérable qu'il prit à la sé-
dition dite des Chaperons blancs. Voici en quels termes Juvénal des Ursins raconte les faits :
•tCes manières desplaisoient a aucuns qui avoicnt esté consentans de les mettre sus,
«comme au Ministre des Mathurins, a maisire Eustache de Pavilly, carme, et aux autres
«de l'Université, qui délibérèrent de s'assembler secretlement aux Carmes, en la chambre
cdudit Pavilly, pour imaginer a quelle fin ces manières pouvoicnt venir. Et pour ce qu'ils
rsavoient que ledit seigneur de Traignel estoit bien notable homme, et cjui avoit eu le gou-
«vernement de la ville de Paris longtemps, et avoit toujours montré de son pouvoir avoir
«amour au Roy, au royaume et a la chose publique, ils luy prièrent qu'il luy plust d'v
«estre. Et s'assemblèrent , et y eut plusieurs imaginations Ils s'enquirent quelles per-
r sonnes dévotes et menans vie contemplative y avoit a Paris, et trouvèrent des religieux el
«autres, et aussi des femmes. Et alla Pavilly jiarler a eux, en les priant qu'ils voulussent
«prier Dieu qu'il leur voulust révéler a quelle fin et conclusion ces divisions pouvoient
r venir Or se départit ainsi l'assemblée. Toutefois ledit Ministre des Mathurins, et
«autres presens confessèrent que le droit remède estoit d'entendre a bonne paix. Ce qw
«ledit Ministre desiroit en faveur de messire Pierre des Essaris, dont il estoit seniteur.
f- Lequel estoit au Chastcllel, et en danger de sa personne. Mais ledit de Pavilly, qui ten-
«doit fort au profit de .sa bourse, et s'inleressoit avec les Gois, Saintyons, et leurs alliés,
«fit une proposition en voulant montrer que la prise des personnes, dont de.ssus est faite
«mention, estoit bien deuement faite, et qu'il falloit ordonner commissaires pour faire
«leur procès, et qu'ils eussent puissance d'en prendre des autres, de faire du criminel civil,
«el d'emprunter argent de ceux que bon leur sembleroit. Et ainsi fut fait et ordonné,
«et V eut commissaires destinez, ausquels on bailla la puissance dessous dite, et a chacun
«d'eux un chapperon blanc'-.»
Après avoir joué son rôle dans celte comédie politique, Eustache de Pavilly revint à
l'exercice de la parole, qui était sa principale force. Juvénal des Ursins nous fournit à cet
égard un renseignement très-précieux sur la rhétorique dont tous les orateurs, même les
tribuns de la rue, faisaient alors usage. «Derechef, dit-il, le carme de Pavilly fit une pro-
« position a Saint-Paul devant la Reyne, monseigneur le Dauphin, el autres seigneurs. Et
«prit sa matière sur une fiction d'un jardin, ou il y avoit de belles fleurs et herbettes, el
« aussi v croissoit des orties '■''. »
Eustache de Pavilly n'avait point inventé une nouvelle forme oratoire: l'allégorie, (|ui
''' Histoire de Charles VI, par Juvënal des Ht- '' " •' Histoire de Charles VI, par Juvénal des
sins, édit. Godefroy, p. 248. Ursins. édit. Godefroy, p. 955 et suiv.
LKS LKTTHÉS, LES ARTISTES ET LES ARTISAN*^ \ l\l!|s h09
\'i}Mi\i II- fonds (I)- Kon (iiftrours, rc retrouve chez tous les prt^dirati-ur'i ilu u-ium, vl V. L^
(^Icrc cil coiiht.-ili; reiii|il<)i dès le xiii* siècle '". On com|)rcrid ce langage dam l'Iioai^lie ou
seriiiun {)0|)uluire; c'est un genre a|i|)ro|)n«^ aux inlcIligencM eoniDone*, qoi goèlcnl
mieux les comparaisons (|ue les raisons; mais le rarme parisien, en libre discoureur qu'il
(Unit, III! changeait [tns sa manière avec le Roi et les grands. Le Laboureur eile encore
dciu circDiistaiircs où il eut j^nin d<* cause, m ciiiployniit les méfliM moyens: «Le reoooiiBé
•• Kiistiii'lic (\i- l'iivilly, (lit-il, (|u'oii avoit cliargr du soin de certaine coaroiMion, s'en «e-
Ri{uitta le niercri'dy suivunt par un beau et grund discours 1^ duc repondit fort doa-
«( ccincnt et accorda tout ce (pii estoit deman'l('-. n Oucl(|ues pages plus loin , nouvel hooHBaM
r(>n(lii <^ r(-lo({ueiiC(> de notre personnage : « b; t a* de may de l'an i /ii 3, maislre Eiutacbe
"(le l'nvilly, nilijjioiu de l'ordru des Carmes (.-t docteur en tli«k»l(igie, (pi'une Miigulière éio-
•ri|uence , jointe u une profonde doctrine, rcndoit cajtable de tout persuader, tint a l'bMtel
'iU' Sainl-1'ol, et, pour r('|iondrc aux vœux des chtsfs de la sédition, (]ui l'avoient choili
«pour leur orateur, il fit un fpaiid discours au Hoy, pour les justifier de ce qui s'etloil
R pass(; ({'('inoute des (ibuperons blancs) il se servit pour cela de la comparaUon du jar-
■rdiiiier '^'. 1 L'oral(>iir populaire ne variait pas ses moyens, mais le goât du temps en Ju»-
liliait l'eniploi. iiahilui-.s de longue date ù l'allëgoric jtar le Hoinan Je k Ho$e et les noni-
l)reu>>(.s roiiiposilions de la même (^-cole, les contemporains d'Ku.sluche de Pavilly n'atait-nl
rien ù objecter à ses berbcttes, ù ses fleurettes, à tout son jardinage oratoire.
V partir do i Ai3, l'(^lo(|uence se tait; les actes ont succédé aux discours, et le» fleurs
de rli)'lori(pie ne sont plus de saison. Cependant, soit lassitude des combattants, soit tita-
lili- du |;eiire, le .sermon réparait a|)rès seize années de .silence, et les Parisiens s'aban-
donnent plus que jamais aux entraînements de la parole. La plus grande puiaMnee ora-
loire de cette époque parait avoir été un cordelier nommé frère Richart, dont Guillebert
de Metz ne parle point, sans doute parce que son livre était écrit au moment où le ter-
rible franiisi-ain laiiniit les foudres de son (Mo(|Ucnce. I^ prodigieuse action que ce Savo-
iiarole parisien exerça sur la multitude tenait à plusieurs rau.ses : il avait le geite et
l'accenl hardi; il o.suil tout dire, tout |>révoir, et son langage apocalypli(]ue, trie-conle»-
Inhle au point de vue de l'orthodoxie, remuait profondément les foules ignorantes, qui
aspiraient d'autant plus à lire dans l'avenir que le présent leur était plus odieux. Frère
Hirliart avoit encore un autre talent : pour employer une locution un peu moderne, ilMvail
parfaileiiient soigner sa mise en scène. Choisir |iour enceinte le funèbre enclos du cirocti^
des Innocents, .s'ado.s.ser h une croix (celle des Bureau, |K'ut-^tre) et prendre |»our Iule
les lugubres peintures de la Danse Macabre, que ses auditeurs avaient sous les veut et
qui servaient ainsi de commenlaire it an parole, c'était à coup sûr une grande halMieté, et
l'on .s'evpli<pic aisément le succ«-s (|u'il dut obtenir. Le Jonnal iTim Bomgtmê iê BêtÙ 000»
a transmis de pnVietix renseignements sur ce grand agitateur populaire : nous y appre-
' Il s'nfpt iriin somioii d'Hlionnc Langton. clin- vertu* chnMienaei. et diM le
iioinr (lt> Notre-Diinic. nù le pnmirnliMir. pn'iinnl ipi'eilc en fit. la maroane d'or rtervle à la VHi|t
|)our lo\l«> lo iiiriiiier couplet tluno ronde |)0|m- .Marie, etc. (\oyet f/Mtoir» StÈlnirê Jt Iê Fn
laire: Bêle Alii matin Itta, Ht. trouve, dan* les I. XXIV, p. 366 timm.)
"Cinq iloiireltes" que In dnnioiselle cueillit, cinq "' Hmlikt iiOmim 17, L II. p. "«'«S
r>*Mi
410 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
nons qu'il était en relation avec Jeanne d'Arc et plusieurs autres femmes se disant inspi-
rées, qu'il les gouvernait et se faisait appeler leur «beau pcre;» cnlin que, «le jour de
«Nouel , en la ville de Jargiau, il bailla a celte dame Jebannc ia Pucelle trois foys le corps
«de Nosire Seigneur'", w Le Rourueois de Paris trouve qu'il «estoil moult a reprendre;»
mais la postérité en a jugé autrement; ce dont elle sait gré à l'observateur parisien, c'est
d'avoir consigné sur plusieurs pages de ses épbémérides le récit des merveilles oratoires de
frère Richart. Voici les passages les plus saillants de cette intéressante relation :
«Vint a Paris un cordelier nommé frère Richart, homme de très grant prudence,
wscevant a oraison, semeur de bonne doctrine pour ediflier son proxime, et tant y labou-
«roit fort que enviz le crevoit qui ne l'auroit veu; car tant comme il fut a Paris, il ne fut
«qu'une jornée sans faire prédication, et commença le sabmedy seizième jour d'apvril i Aag,
«a Sainte Geneviève, et le dimanche ensuivant et la sepmaine ensuivant, c'est assavoir le
«lundi, le mardy, le mercredy, le jeudy, le vendredy, le sabmedy, le dimanche, aux Inno-
«cens, et commençoit son sermon environ cinq heures au matin, et duroit jusques entre dix
«et onze, et y avoit toujours quelques cinq ou six mille personnes a son sermon, et estoit
« monté quand il preschoit sur ung hault eschaffault qui estoit près de loise et demie de
«hault, le dos tourné vers les Charniers, encontre la Charronnerie, a l'endroit de la Danse
« Macabre »
«/toH, le cordelier devant dit prescha le jour de S. Marc ensuivant a Roulongne la
«petite, et la ol tant de peuple, comme devant est dit, et pour vray celle journée, au
«revenir dudit sermon, furent les gens de Paris tellement tournez en devocion et esmeus,
«qu'en moins de trois heures ou de quatre eussiez veus plus de cent feux, en quoy les
« hommes ardoient tables et tabliers , des cartes, billes et billards, nurelis et touttes cho.ses,
«a quoy on ce pouvoit courcera maugrer a jeux convoiteux. Les femmes, celluijouret lan-
« demain, ardoient devant tous les attours de leurs testes, comme bourreaux, trulTaux,
«pièces de cuir ou de baleine qu'ils mettoient en leurs chapperons pour eslre |)lus roides
«ou rebras d'avant; les damoiselles laissèrent leurs cornes et leurs queues et grant foison
«de leurs pompes, et vrayement dix sermons qu'il fist a Paris, et ung a Roulongne ,• lour-
«nerfint plus le peuple a dévotion que tous les sermoneurs qui puis cent ans avoient presché
«a Paris. Il disoit pour vray que depuis ung pou il estoit venu de Cirie comme de Hie^
«rusalem, et la rencontra plusieurs tourbes de Juifs qu'il interrogea, et ils lui dirent pour
« vray que Messias estoit né, lequel Messias leur devoit rendre leurheritaige, c'est assavoir la
«terre de promission, et s'en alloient vers Rabilone a tourbes, et selon la Sainte Escriture
«celui Messias est Antéchrist, lequel doit naislre en la cité de Rabilone, qui jadis fut chef
des royaulmes des Persans, et doit estre nourri en Retsaaida, et converser en Corozaim... »
«/tem, ledit frère Richart prescha le darrain sermon a Paris le mardy, landemain de
«S. Marc, 9 6° jour dudit apvril 1^29, et dist au départir que l'an qui seroit après, c'est
«assavoir l'an trentiesme, que on verroit les plus grandes merveilles que on eust oncques
Rveuës, et que son maistre, frère Vincent, le tesmoigne selon l'Apocalipse et les Escrip-
«tures Monsieur Saint Paul, et aussi le tesmoigne frère Rernart, un des bons prescheurs
«du monde, si comme on disoit, cestui frère Richart; et en icellui temps estoit cellui
''' Journal d'un Bourgeois de Paru, édit. de 1729, f. i4a.
LES LKTTUÉS. LKS AHTISTKS ET LES AllTISANS A PABIS. «Il
" fnTi' Hcrnarl en iircdicalion |>ar delà \cs AI|m*» on llolitf, ou il avoil ulut eomwftî de
>• |)cii|)lc a devocion que tou» lett prenchcurN qui, (icpuis di*ut cirnU ans devant, y «voiMt
o pH'Hcht';; et pour vriiy le nwirdy que cestui frère Hirlinrt m* party do «on wrinon. que plu»
-n'iivoit (-(iiif^ii' ilVii fiiire n Piiris, «piant il ronimanda sa bonne recoinmandacion, Hqn'il
-rotiiiiiiniia » Dieu ou pr-upie de Paris, et i|u'iU priamcnt [tour luy, et il prierml Dim
-pour eulx, les |;enN f;ran.s et pctiz plouroient M piteusement, comme s'il* vetMent poH«r
"en terre leurs meilleurs amys et lui ousMi, et a tant cellui jour ou landemain »e cuidoil
> partir le [)r(iudomme, et s'en alla vent le» parties de Itourgoufpie; mais ses frérot firent tant
"pur prirres ipie encore denioura il a Paris pour confermer par prédication le bon rdiiïir--
" ruent qu'il avoit coniruanré. "
.\i)ii> ne savons si la seconde station de frère Hiiliarl fut ouftsi fruclueuM' que la pre-
mière; mais il est évident (|uc l'esprit de parti animait le prédicateur aussi bien que l'au-
(liloire, et qu'il n'y avait alors d'autres moyens de remuer la foule que de mêler les ctHMca
ilu temps aux vérités éternelles, (iet élément de succès devenait en même temps un motif
(II- défaveur, et frère Hicliart ne fut pas lon|;temps sans en faire l'expérience: «Kn ce
'IrnipK, dit encore le Bourgeois de Pari», s'en alla frère Hicliart, et le dimanche devant
"qn'il s'en devoil aller, fut dit parmy Paris qu'il dcvoit presclier au lieu ou bien près oa
" le l'Iorieux martyr Monsieur S. Denis avoil esté descollé et maint autre martyr; »i y alla
"plus de six mille personnes de Paris, et party la plus grant partie le sabmedy au soir a
" i;ranl tourbes pour avoir meilleure place le dimanclie au malin . et couchèrent aux champs,
"en vieilles maznres et ou ils |)orent mieulx; mais son fait fut empesché. (^mrocnt ce fut
-a tant m'en tais, mais il ne presclia point, dont les bonnes {p>ns furent moult troubles,
-ne plus ne presclia pour celle saison a Paris, et lui convint partir.*
Krère Hicliart avait sans doute des motifs pour quitter Pari» : envoyé par les Arma-
jpiacs afin di; remuer la libre religieuse et de ramener ainsi les boiir^^is anglo-boargui"
ipions à l'obéilience du Danpbin, il n'avait réussi qu'i^ moitié et s'était rendu suspect aux
cli(-fs du parti qui iloininait dans la ville. Knipéclié de parler à la foule qu'il savait si bien
exciter, il n'avait plus (pi'à rejoindre les Armagnacs : c'est ce qu'il lit quebpies semaine»
après l'incident de Montmartre. Le Journal auquel nous avons empninté les détails qui pré-
cèdent annonce en ces termes la fin de la mÎMion confiée à frère Kicbarl :
''Pour vrny le cordelier cpii presclia aux Innocens, <pii tant assembloit de jM-upIc a son
■t sermon, connue devant est dit, pour vrav cbevaulchoit avec eux (le» Armagnacs), et aiusi
«tost que ceulx de Paris furent certains qu'il cbevaulchoit ainsi, et que par son laogllge
«il faisoit ainsi tourner les citt^i qui avoient fait les sennans au regiMil de Kranee on a
«ses commis, ils le maudissoient de Dieu et de ses saints, et qui pis est ces jeux de table»,
«de boiiles.de/, brief tous autres jeux qu'il avoit deffendu . recommencèrent en de*pit de
■' luy, et inesmes iing merian d'eslaing ou estoil empraint le .Nom de Jesas, qu'il leur avoit
tfuit prendre, laissèrent ils, et prindrent Iretous la Croix S. Andry "•• tlVlait la ban-
nière de bourgogne.
Sans nous pi-éoccuper davantage de l'échec oratoire de fK»re Kicharl. nous devons Wre
' JiiHrnitl (l'un linHr/rmi* ilr Pnrin . l'fVU. •!>> )7->i| |> i l'^-iiV
412 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
remarquer avec quelle facilité l'éloquence religieuse, en temps de troubles, glisse sur la
pente de l'agitalion politique. Frère Le Grand, Eustache dePavilly, frère Richart, n'ont pu
résister à cet entraînement : les prédicateurs de la Ligue y résisteront moins encore, et
nous aurons, à ne considérer les choses qu'au point de vue littéraire, le déplorable spec-
tacle du mélange des genres les plus distincts. Ces confusions ne sont heureusement que
passagères; elles n'ont point empêché l'art de la prédication d'atteindre, trois siècles plus
tard, son plus haut point de perfection, et l'éloquence parlementaire de se révéler avec
éclat dès les premiers jours de la vie parlementaire en France. «Grant chose estoit de
R Paris,» pour employer le langage de Guillebert de Metz, quand on y entendait les
Bossuet et les Bourdaloue; quand on y recueillait les fières paroles des Mirabeau et des
Barnave.
3° LES TRADUCTEURS ET LES POETES.
(lAURENT de premier-fait, CHRISTINE DE PISAN , ETC.)
On sait que le roi Charles V créa, pour alimenter sa «librairie, n une école de traducteurs
qu'il chargea de translater les Saintes Ecritures, les Pères de l'Eglise, les auteurs grecs et
latins, et qui préparèrent ainsi l'avènement de la Renaissance. Ce fait, qui est du do-
maine de l'histoire, est attesté par les livres éux-mémes et par les miniatures dont ils sont
ornés. «Avecques l'aide de Dieu, dit l'auteur, et au commandement de très excellent
r prince Charles le Quint, je. .. ai translaté en langaige francois, etc..» Vient ensuite la
miniature de présentation qui montre le traducteur offrant son livre au royal protecteur
des lettres. C'est à cette première école qu'appartiennent Jean Golein, Nicolas Oresme,
Jacques Bauchans, Pierre Bercheure, Simon de Hesdin, Philippe de Maizières, Denis
Soulechat, et plusieurs autres. Après la mort de son père, le jeune Charles VI, amoureux
du plaisir, oublia les traditions littéraires qui auraient dû former la moitié de son héritage;
heureusement ses oncles avaient les mêmes goûts que leur frère, et ils continuèrent,
pendant quelque temps, à favoriser les lettrés. Sous leur patronage, il se forma une se-
conde école de translation à laquelle appartient Laurent de Premier-Fait, que Guillebert
de Metz appelle «ung poète de grant autorité,» et qui n'était en réalité qu'un traduc-
teur.
La„,eiit Laurent était originaire du village de Premier-Fait, au diocèse de Troyes et dans l'ancien
Premicr-Fdi comté de Champagne '•', à peu de dislance de Semoine, berceau de la famille Bureau. Il
est probable que ses relations avec celte généreuse famille dataient d'assez loin, car l'opu-
lent changeur, retrouvant à Paris un compatriote et probablement un protégé de son père ,
n'hésita pas à lui offrir l'hospitalité. Le pauvre clerc accepta et fit accepter par son colla-
borateur italien, Antoine d'Arezzo, le gîte et le couvert qui lui étaient offerts avec tant de
libéralité. Pendant trois ans , de i ^i i i à i 6 1 i , c'est-à-dire à une époque extrêmement agi-
''' Premier-Fait est aujourd'hui une petite coin- leiifernie une fort remarquai)Ie chaire à prêcher du
inune du canton de Méry-sur-Seine et de l'arron- \vi' siècle, en bois sculpté. I^'un de nos habiles
dissemenl d'Arcis-sur-Aube. L'église de ce village auxiliaires, M. Fichot, en possède le dessin.
LKS LKTTHÉS, LKS AUTISTES ET LES ARTISANS A PAKIS. AfS
t(^e<", ](>« (Jeux traduct<!iir)t purent travailler |)aiNihl«;mcnt daiuU tfimAiàe demeure de la
ruf! (I(! la (Inurroierin; et, tandis quo leur protecteur était violeamM»! incriminé par le»
Rnur|;ui|^nonH, ilit s'occupaient en toute (|uiétu(le k translater Boccace, l'un du florentin en
latin , l'iintn' «lu Intiii en friiiirai». La traduction du Déeamérm eat, en effet, le produit de c«
(iouldi* travail , (;l l'on conçoit ipie le texte ait dâ y perdre quelque cboM de fon origioalité.
L'ffîiivre achevée, il fallait en tirer parti, et, comme les princes seuls étaient alors ea
situation de ri'rmuni'rer des travaux de ce f^enre, c'est h l'un d'eux qu'on s'adn*ssa, probable -
nient d'apriNN le conseil de Bureau de Dampniarlin. qui vit dans cette démarche un mnven
de conserver son crédit. Telle est du moins l'opinion de M. Paulin Paris, qui a fait de«
traducteurs de cette époque une étude toute particulière. Voici en quel* termes le savant
coiiserYateur des manuscrits de la Bibliothèque inqtériale insinue que riio«pi(nlité nfTerlr
par Bureau de Dampmarlin pouvait bien cacher quelque arrièn^-pcnséc ;
-T'était une attention délicate de la part de certains courtisans qui. |K>ur flatter I'
d)>s princes leurs patrons, demandaient aux clercs et aux artistes des rnanusrrits dont ir
prolojjiie fi^t adressé à ces princes. <• Pourtant donc, dit Laurent, excellent, noble et pui»-
'siiiit pritice td duc, (pie u vostre notice est parvenue la renommée du livre des Ont No-
uvelles, qui, comme j'ai dit, est cscript en lan|;af;c florentin par Jehan Borcace. acteur du
« livre des malheureux cas des nobles hommes et femmes, contenant seulement histoires ap-
>< prouvées et choses sérieuses, lequel livre, de vostre commandement naguère» fut translaté
■<par moy, et lecpiel livre, comme je croy, avez beni;;nement reccu et colo<|ué entre vos
■^autres nobles et précieux volumes. Vous nouvellement avez délibérément (ichié vostre bo-
•tnesle plaisir a lire ou escouter le dessus dit livre des (lent Novelles et si avet eu
Kai'renble le long et grief labour de la translacioii qui surmonte les forces de mon engin
" et industrie
(t Kt pour ce (pie je suis François par naissance et conv<>r!>ation, je ne .«cay pleinement
«langaige florentin qui est le plus précis et plus esleus qui soit en Ytalie, je ai convenu
«avec ung frère de l'ordre des (iordeliers nommé maisirc Antoine de Aresche. homme
ntres bien sachant vulgar florentin et langaige latin. Ocstui frcrc Antoine, bien instruit
nen deux langaiges, maternel et latin, pour condignc et juste salaire, translata prrmiere-
'rment ledict livre des Cent Novelles de florentin eu langaige latin, et je l^aurens, assi»-
«tniit avec lui, ay s(>condenient converty en francois le langaige latin rereu dudict frer*
'■ Antoine, ou au moins mal ipie j'ay peu ou en gardant la vérité des paroles et senteoees,
"uiesmenient selon les deux langaiges; fors que j'ay estendu le trop bref en plus lonRetl**
■^obscur en plus cler langaige, alin de legierement entendre les matières du livr<
(t Kt pour ce (pic la dc|>ense de cestiii livre ainsi deux fois translaté estoit griesve et im|K>r-
f table a moy, je, en la confiance de vostre libtTalilé qui vout et peut et seeit r> - '
•«digne et juste loyer aux ouvriers selon leurs bons mérites, je, qui depuis ioO({ m mi
■^ deniourant avec noble linmine Bureau de Dampmartin, escuier, conseillerdu Roy el < i
<*de Paris, reipiis et demanday audit Bureau secours et provision pour ceato cboae faire.
('.elle date résulte de la déclnintioii niAine de 'quelles «Itn InmiadaM. par trais ans biito, Ib-
l^iirtMil lit! Proini<<r-Fnil . tell(M|u'nn In tniuve dons ^rent aeeomplisB le x«' jour de JMy la* ■xeacet
iVxplirit (le sa tradiiclioii du DrcamrrvH : *L<b- » xim. » (BiModrfiqiie iinpér. Ma. ■* #798 . T sSy.)
41/1 DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
«Et il, de joieux visaige, administra au dit frère et a iiioy toutes nécessités tant en vivres
«que en quelconques autres choses convenables pour despense et salaire de nous deux,
«qui, comme dit est, translatasmes ledict livre de florentin en latin et de latin eri'francois,
«a Paris, en l'ostel dudict Bureau de Dampmartin. Mais, afin que par ingratitude ou
ttaulrement je ne taise mon large bienfaiteur, je confesse vraiement que, ainsi comme Ir-
«dessus nommé livre est translaté et escripl en latin et francois, selon vostre acceptation
«qui assez vault exprés commandement a moy faict par vostre vive voix, aussi toute la re-
«Iribution du labour et de la despence dudict livre depuis a esté libéralement par vous
«faicte et administrée en tant que vous estes le vray et seul médiateur par qui ledicl livre
«est ainsi compilé et escript en deux langaiges. Et pour ce que ceslui livre ou temps futur
revendra par advenlure entre les mains et aux oreilles de pluseurs hommes qui ont divers
«sentements, et qui, espoir, seront plus enclins a reprendre ou dampner moy et mon
«œuvre, qu'ils ne seront a pardonner ou a excuser mes vices, je mets en vostre giron cesle
«présente œuvre. Je transporte en vous la desfense d'icelle, et a vous je humblement sup-
«plie que, pour toutes mes justes escusations, vous veuilliez alléguer moy eslre subject au
«vice de ignorance, laquele je encouruzpar le pecbié commis de nez premiers parents
«A vous donc excellent, noble, puissant duc el prince, souvent dessus nommé, je attribue
«et dédie cette présente mienne œuvre de long et grand labour »
«Cette dédicace est habilement faite et m'a semblé curieuse, ajoute M. Paulin Paris.
Laurent n'avait pas reçu du duc de Berry l'invitation de faire cet ouvrage; mais sans doute
on lui avait dit que ce prince, généreux toujours en paroles et fréquemment en réalité,
souhaitait la traduction du chef-d'œuvre de Boccace; il avait donc demandé à son patron,
messire Bureau de Dampmartin, les moyens de se livrer à un travail qui semblait devoir
être avantageux à son avenir. Laurent ne dissimule pas son ignorance du florentin , mais
il savait très-bien le latin; il s'associa donc un cordelicr nommé Antoine d'Aresche, ou
plutôt d'Arezzo, qui dut sans doute partager les profils supposés de la spéculation littéraire.
Dans la seconde vignette de ce manuscrit (n° GygS), on voit les deux traducteurs appuyés
sur les deu\i revers parallèles du même pupitre. Antoine écrit dans un livre placé au-dessous
d'un autre livre; Laurent semble seulement avoir devant les yeux le registre qu'il reriiplit.
Ainsila double traduction aura-t-elle été faite, chaque phrase française rédigée un instant
après la phrase latine correspondante '". »
La miniature dont nous donnons ici \e fac-similé représente avec une grande naïveté les
deux phases de cette entreprise, que M. Paulin Paris qualifie un peu sévèrement peut-être
de «spéculation littéraire.» Dans le compartiment de droite, les deux traducteurs sont aux
prises avec l'original, et dans celui de gauche, le livre parachevé est offert au duc de Berrv
par Laurent de Premier-Fait, qui paraît en avoir eu, sinon tout le profit, du moins le prin-
cipal honneur.
Giuguené a fait remarquer que cette traduction à deux degrés était en soi-même un
fait remarquable, et qu'en outre elle ouvrait la voie aux translations d'ouvrages modernes.
Jusque-là, en effet, c'était surtout aux classi(|ues latins et grecs, ainsi qu'à l'Ecriture .sainte
et aux Pères de l'Eglise que les traducteurs s'étaient adressés. Laurent de Premier-Fait lui-
''' Les mammcrits français de la Bibliolliètfue du Hoi , par M. Pfiulin l*aris, t. 1", p. ûSd-ilth.
■•.■*;
i^:
a;
yz^
yi
iN
«Mttnii?» Cfi ma (rurfV notituri^:^
nul ptiiftic ^»î HHi rnam cfh»iu<tf|
tt^fHti fiutv ^c^ Octif iwtiuci'ci^
a]
,^^^_j)' roiiiMicncC ^cv^^totfll-
-l3ot\\^C v*t) |»>»» iiuvV nome c>t*^mmOî
autivi»ic»it- fi4r»i»>m»tiC itf^vnucc c)
iVot- t)tu r\»me»it- Cctif itotiuCHVcî?
If* * '*
IccCC V»»»| r<^ vV'3<'*w*^»* mo^jfc;"^*
LY
4
.Jt\ClMi Ut, rlUiA-
^■ccjiscrsj: ce
LES LKTTHKS, LBS ARTISTES KT LES ARTISANS A PARIS. 4I&
ni<imc confinera la |tliiH f^randi; parti** «le ses soins i ce genre de travail. Il traduisit i'aboM
jpg (U'in Irniti's do C'irhon Ih ntiiiritia et De uHeetMle , et il les dédia «■ In» eteellenl, gto>
«Houx et nol)li- prinrc Loyn, oncli! de ruy de France, duc de Bourbon, conte de CleniKinl
«et de Forol, scifpD'iir do H(!Uiij<!U, f;rant rliainhricr <!t ppr de France.* Il nous apprend.
dan!< m dédicace, que le duc avait, entre autres ouvrages, «cfaoisy et eslu le livre deVieil-
«lesHe, lequel dicta et escrivi le noble pliilozophe et prince de l'éloquence. Tulle, cohmiI
« romninin , dedans In poitrine dui|uel philosophie naturelle et morale eslut son domicile " , ••
Peu d(! tenq)s nii|iiiniv<int , Lniircnt de Prcniier-Fuil nvnit Induit pour le duc de Bemr le
livre de Boccacc intitulé De amu nol/ilinm virorum et Jeminarum. On sait que ee nognlter
ouvrage CKt divist^ en neuf livres, et i|u'il contient une multitude d'hiMoires trsgtqOMf «kml
la première est celle d'Adam et Kve. cl la dernière celle de l'hilip|>a, dame carthagiaoïat.
Non content de trnnhlnler, Laurent de Pn-mier-Knit amplifia et emheilit l'original, et eml
prohiililcnieni (-elle piirt d'anleur qui lui a valu de son temps le renom d'«'>crivain original
et de (^pocle de gnirit aulorilé. n 11 ne nous est rien resté des écrits qui lui ont mérita retlr
dernière qualification : c'éluienl apparemment des œuvres légères, qui n'ont ptiint eu le»
honneurs de In transcription et de l'enluminure, et (|ui, pour ce motif, ont |ii'ri avec tant
d'autres poésies fugitives de la même époque.
La vie littéraire de Laurent de Premier-Fait paraît avoir embrassé une période d'eo-
viron (piarunle années ( i 38o-i A-jo), pendant luquelle il dut séjourner constamment k
Paris, pour se maintenir dans les bonnes grâces des grands seigneurs et obtenir d'eu» des
commandes, (le fnmilier des princes et des riches bourgeois vécut dans une studieoie re-
traite, et ne prit nulle part aux événements de cette époque agitée; son nom ne se trouve
point dans les écrils conlenq)orains. Oomme traducteur, il a eu sa part d'influence dan»
i-e travail de longue préparation qui devait aboutir à la Renaissance. N'ei)t-il fait qu'o-
béir à l'iuqiulsion donnée par (iliarles V, et conduire les lettres saines et sauves jusiju'au
delà du règne de Charles VI, il aurait encore bien mérité de la langue et de la littéraiurr
franraises.
(ie genre (II- iin-rile appiirlieni plus ronq)lélemenl encore à (Jinstmr ilr I'isud. -qui dicloii.
«lit (îuilleberl<le Mclz, toutes manières de doctrine et divers trailiésen latin ri en franroy». *
Depuis les travaux des Naudé, des Boivin, des Gauthier, des Poujoulat et di>» Thoniass}.
la vie de celte femme célèbre est trop connue et sa valeur littéraire a été trop souvent ap-
préciée pour (|u'il soit nécessaire de revenir, dans un ap|)endirp, sur un sujet épuiM>. On
sait niainlenant, grAce aux Irnvaux d'une judicieuse critique, que cette Italienne, natura-
lisée Française et bourgeoise de Paris, a enrichi notre idiome par l'introduction de tour-
nures el d'expressions nouvelles enqtruntées à la langue d«' Oicéron et de Dante: qu'elle a
t'ontriliué, par ses innombrables poèmes, rondeaui, virelais et ballade», k Tuer le rhylhme
et les lois de notre poésie; qu'elle a ébauché, dans plusieurs de MS épttre*, aa genre s^
rieux que nos moralistes ont plus tard développé avec succès; enfin qu'elle a entrevu, fians
sa biographie un peu louangeuse de (iharles V, le véritable caradère de U composition
hislon(|ue (iliri>liiie de Pi>iiii iipparliemlrait donc pr«>s<pie exclusivement à (llîiloirr litlé-
' l.cf mamucril» Jirtinfoi* (If U Bihli'tlhi^Ht Hh Roi , ptir M. \'»ultn \'an-> i 1' p 4t6.
t k..*»'.- *- 9^ ,
/il6 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
raire de notre pays, s'il n'y avait dans son existence si pleine de «mutations de fortune»
un côté parisien qu'on n'a peut-être pas suffisamment fait ressortir.
Et d'abord la fille de Thomas de Pisan n'a jamais voulu quitter sa ville adoptive; dans
les moments les plus difficiles, après la mort de Charles V, son protecteur, après la perte
de son père, de son mari, accablée de chagrins domestiques, blessée dans ses affections
et dans ses souvenirs, elle a constamment résisté aux avances du roi d'Angleterre, aux
sollicitations du duc Galeas Visconti, et s'est obstinée à vouloir vivre de sa plume, là où
tant d'autres en ont vécu après elle. La seule absence qu'elle ait faite est ce voyage à
Poissy et cette retraite à laquelle elle se condamna en ilitS, après la fuite du Dauphin,
pour ne pas être témoin des malheurs de la capitale. Encore ne s'éloigna-t-elle que de
quelques lieues; et du couvent, où elle vivait près de sa fdle qui avait pris le voile, elle
suivait avec une douloureuse anxiété la marche des événements. Tout ce que nous savons
d'elle, tout ce qu'elle nous révèle dans ses ouvrages, prouve qu'elle aimait Paris, où la vie
lui était pourtant si rude. Il est peu de ses livres où elle ne nomme sa chère cité : dans
les Fais et bonnes meurs de Charles V, elle s'étend avec complaisance sur les nombreux tra-
vaux de défense et d'embellissement que le sage monarque y avait fait exécuter '•' : en
plusieurs passages de la Cité des Dames, des Trois Vertus, du Livre de mutation de fortune,
elle décrit les constructions, les ameublements, les mœurs et les coutumes de Paris, flétrit
les vices et exalte les vertus des Parisiens ® ; dans son ouvrage intitulé le Corps de po-
litie, elle retrace en quelque sorte le tableau de la société d'alors et consacre le tiers de
l'ouvrage à moraliser les bourgeois, les marchands et les gens du peuple; enfin, dans
son Livre de la vision, elle se représente Paris comme la capitale d'un empire idéal, le
qualifie de seconde Athènes et s'en déclare la réformatrice. 11 n'est pas jusqu'aux écrits
'" Ces curieux détails se trouvent dans le cha-
pitre XI intitulé : itCy dit comment le roy Charles
(restoit droit artiste et apris es sciences, et des beaux
rr maçonnages qu'il (ist faire. i
'1 Elle reproche notamment aux Parisiens leur
grossièreté envers les femmes, tant en paroles qu'en
actes : elle se demande ce qu'il faut penser de
Ceulx qui tant dicnt villenie
A femmes , comme pourroit dire
l.c plus oit villain de l'empire?
Que dis-je, dient? Mes leur font.
Tesmoing d'un que je congnois.
Mes il baty, n'a pas trois mois,
Ifne femme dessus le pont
De Paris
A son saoul la baty d'une aulne
Devaut cbaecun et de la paulme,
Pource que ele ne vouloit
Fere pour luy ce que ne doit
Fere a quelconque preude femme.
Ceci est probablement le fait de quelque bour-
geois mal appris ou de quelque courtaud de bou-
tique, quoique Christine dise que le brutal restoit
irhome de renom.» Heureusement, ajoute Chris-
tine, irne sont tous telz;» et, pour opposer à ce
Parisien discourtois un chevalier français , comme il
s'en rencontrait encore à Paris de son tenips , elle
fait l'éloge d'un personnage
Qui reTenehe le fait des femmes
En fait , en dit et en diffames ,
Ne il soufferroil pour riens
Que l'en disi rlUenie en riens
A femme aulcune grande ou mendrc.
Christine dit à tout le monde son fait, et les
grands seigneurs parisiens ont également leur part
dans les réprimandes de la gente moraliste. Elle
blâme surtout les habitudes de luxe et d'indolence
de ces sybarites du xv' siècle qui
Ne se leveroient
Devers le matin , s'ils n'avoient
En y ver le feu bien a point.
Et que on cbaufTast leur pourpoint ,
Et de variés grant tas autour
Pour les servir.
LES LKTTHi:;S, LES AHTfSTKS ET LES ARTISANS A PABIS. 4!7
«ir'circuiiMtancf, commn lu Lettre a la Hoyne Yiahel «•! li; IHtAePoiêty, qui n'oiïrt'ni uueliiur
intérêt ou point de vue parisien : ici clli> décrit avec Im |iIuii grand» détail* la
(ihhayc rfvowirmU-, \\»r Pliili|)|H; le Bel ; \lk elle iuéna(;e une récoodiulioa cotre l«
ducs d'Orli'ari^ il <l<- Wonr^u^iu:, et clicrclie ainiii à ramener la paii dans Im roca de k
capitale '".
Mais l'ouvraj^c dans lequel (iliriKtine de Pisan a le niicui |>eint l'état de Pari» «Mia le
règne calarniteux de Cliarle» VI , et apprécié avec le plus de liberté le* doctrine* ainsi qœ
IcK acte» polili(|ueN de «on temps, c'est le Livre de lu Paix, horie de rameau d'oliriernue la
courai^euse fi'iiiiii'- tendit iiirriictueusenir-nt h tous les parti*. Elle v décrit au vif Iw c^aAa
du temps; elle fruiide Itts prétentiMiis parlementaires des houliquiers cl artiMin* de Paru,
et se prunonce en définitive pour le gouvernement de la hourgeuivie notable et «d'audenae
«lignée.» Nous détachons du manuscrit une page cttrémement curicu*e, qu'on dirait,
sans l'arcliaïsme du langage , empruntée aux mémoire* d'une émigrée de Coblenli. Voici
le lilre du chapitre : Cij dit cummi-iit 1/ n'appartient que le» menu: populntrea toitnt mia m ttifcw
et e»ttiz de In citi'.
(Christine dévehippe sa thèse eu ces termes :
« Quel mule adventure aroit enseigné a ung homme de mestier qui toute sa vie n'ara
<T exercé autre chose, ne mais son labour nu de bras ou de main*, sans se mouvoir de mm
nastellier pour gainguer sa vie, n'avoir fre(|uanté gens légiste* ou coustumicn» en choaea
«de droit et de justice, n'ara vcu honneur, ne sara que est sens, n'a aprins a |>arler ordoo>
« neement par raisons belles et cvidens, ne les autres savoirs et choses (|ui alTierent a gew
«propres a eslablir es gouvcrnemens! Kt ung tel fol qui a paine sara sa pater nosire aeaey
«mesmes gouverner, fors par ses tavernes, voudra gouverner autruy! Dieu, du goaveroe-
«ment (lu(|uel pour ce (|ue le sens est petit communément de telx, et que naturellement le»
«folz sont orgueilleux, quclz que chctifz qu'ilz soient, n'est plus de mescbief que leur gou»
«vernement; car que cuidcs tu que ce soit d'un malostru qui tout a coup cuide devenir
«maistre? Il n'est subjcction si pcrvercc; mais que il se harice bien ou visaige a tout ung
«pic en sa main, jurant laidement en menaçant chacun, trop bien cuide faire la besongne.
« Mois que est ce a voir es consaulx île leurs assemblées? (l'est tout pour rin\ mai* qu'il n'y
«eiist péril leur ouir dire leur raison, ou le plus fol parle premier, a tout son tabler de>
Rvatit soy. Ce semble ung droit jeu de personnage fait par mocquerie. El mr ee ae
R fondent ilz en leurs contenances et parler*, pour ce que ilz les ont ouy en ses farces que
nont fait, cuident (|ue on doye par tel moniere prononcier et asseoir son iangaige, ung fié
«avant et autre arrière, tenant les mains au costé. Il n'est plus de galle! 1^ n'a laeslier droit;
cvoluiité y euvre assez, et de fol juge briesve sentence; y sont les conclu-oioot Cuctes aailB
«avis, dont très mauvais elTaiz s'ensuivent. 0 mes quel orrcur est ce a voir, au partir de la
«selle, <lialioli(|ue assemblée de innombrable menu gent, suivant l'un l'autre comme
*'* On n cité les pnrolcs lourhaiiles par leMpielle* 'l'un a l'aulre, et Iran {
Clirutiiio adjure la rriiie dovoir pilit' de Pori» et de «et disperser, et pn» qu'il veoMt par de eaatf «»-
Ifl FrniKc: "liolnit! <liiiii-(|iii>s t|ui !u>niil «i iliiro mère •Irange* eoneoH* qni da tout lat psfwealaaMal «t
rqiii |i<'(ist soullrir. si l'Ile nDMiit le cucr (li> pierre. ir(ai»iMenllennlMrilagas.(L«er»a II Aiyw/aaM.
•vtH>ir sfs 1-iirant.H eiilru (Kcirc rt i>s|>niidr<> le Miig Bibl. iuip. iminaserit*. n* 7073, s, Mia &3.)
IIIST. I.
418 DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
«prests et appareillez de touz maulx faire. Mes que l'un encommence; car oncques fureur
«ne cruaultë de sangler ne si acompara, sans savoir qu'ilz se demandent; et quant ilz s'en-
«charnent sur quel que soit ou sur aucusnes gens, la n'a resve, tenue, ne honneur gardée
«a prince ne princesse, a seigneur ne a maislre, ne a voisin ne voisine. Noblesse y est en
«grant vileté; bien y est menaciée; tout sera mis a mort, plus n'en souffreront. Adonc sont
«si aises, quant ilz tuent ou massacrent gens, rompent coffres, robent tout, effoncent vin
«a ces riches gens; ha comment c'est bien besongné! dont vraiement a tout dire en brief
«tant y font de maulx que bien savoit l'aucteur qu'il se disoit quant il disoit que ung petit
«ruissel desrivé fait plus de grief que une grant rivière"'; ce n'est pas bourde!»
Dans le chapitre suivant, qui a pour titre Cy parle du péril que c'est de donner a menu
peuple plus nuctorké qu'il ne leur ajfiert, Christine insiste encore sur les inconvénients et les
dangers sociaux que présente l'immixtion de la populace dans le gouvernement des villes :
«Ceulx qui sont poures es citez, dit-elle, ont tousjours envie sur les riches; et pour ce
« eslievent ilz voulenliers et exaulcent les mauvais ; si vouldroient nouveles seigneuries et mu-
« lacions. Et comme jamais ne leur souffise quclz que bons gouverneurs qu'ilz aient, voul-
wdroient tousjours que estât de cité se rechangeast; et que ceste sentence soit vraye, le nous
« aprent l'expérience des choses de nouvel pas.sées. Car pour ce que telz gens sont poures et
« indigens, et ne pevent avoir riens, se de jour en jour a leur labour ne le gaingnent, voul-
«droient tousjours guerre civille, affin de courir sus aux riches, pour ce que ilz se voient
«en plus grant quantité que euix; et n'est autre chose leur donner auctorité et les enbeson-
wgner de fait de guerre, ne mais donner licence aux larrons et murdriers qui, paour des
«fourches, se seullent tapir es bois, que ilz facent hardiement leurs murdres et larrecins. b
Après avoir dénié ainsi toute capacité politique aux «raenuz populaires,» et déclaré
que, dans l'état d'ignorance passionnée où elle les voit, il convient «qu'ilz n'aient auctorité
de «quelconque office ne prérogative de gouvernement de cité ou ville,» Christine conclut
en disant que « ces choses sont perlinens aux bourgeoys notables et d'anciennes lignées de
«degré en degré selon la faculté tant desdits offices comme des personnes '■^'. »
Guillebertde Metz, libraire du duc de Bourgogne, et homme des plus prudents, ne nous
a pas laissé soupçonner la couleur politique de Christine de Pisan; il lui fallait ménager
à là fois son puissant protecteur et l'une de ses meilleures clientes. L'inépuisable fécondité
de Christine alimentait, en effet, l'industrie des scribes parisiens, et le libraire de Jean
sans Peur mit lui-môme sa plume au service de cette dixième muse. Le manuscrit de la
Bibliothèque royale de Bruxelles, où se trouve la Description de Paris, et qui est écrit tout
entier de la main de Guillebert de Metz, contient l'épître ou roman d'OtWa'", le Livre
''' Christine fait allusion à la citation latine sui- ''' Labibliotlièque impériale (manuscrits anciens,
vante qu'elle a mise en tête du chapitre auquel fonds français, n° 7089) possède un exeraplaii-e de
nous empruntons ce passage: cet ouvrage, enrichi d'une splendide miniature re-
„ , .. présentant Christine offrant son livre au duc Louis
INe quo8 b^imiles natura jacere ^
Precipit , exaita ; nain qui piu.ialibus undis d'Orléans. Un édilice parisien semble foi-mer la pers-
Ininmuit torrcns actrior (»ic) fluitamne perfaenni. pective. Le temps nous a manqué pour reproduire
(GiLTHiis il! Aiexandride.) cgtte belle page en or et en couleurs. Nous la don-
'*' Le livre de la pair, liv. Ili, ch. xi (Bibl. irap. nons en noir avec toute la fidélité que comporte la
manuscrits , fonds français , n° 1 1 89 , fol. 8 1 , v°). gravure héliographique.
l.ol IS Die DOUI.KANS
'■i-vanl Hf* mains il<- ('(icisliiir ili- l'iKanliiiMirarr drxMt ^W/n- «/"/♦i«i< i Mpvr»r
LES LKTTHÉS, LES AUTISTES ET LES ARTISANS A PARIS, 419
de» Vertu» in)ité de S<!-nè<{ue fft Irt Débat du Homtm de la Roa eatrt Cbrutine de l'tMo H
Gautier Col'".
Il n«! nou8 reste plus qu'à mentionner le plus beau titre que Christine de PiMn ait k
l'e.Htirne et h la rerotiriHis.saii<-e des Parisiens : nous voulons ' lu interne qu'elle eOM-
posa à la louan^^e de Jeanne d'Arc, au moment mthne où I'Ik ;^,.;.: .•naît MO MOgMW Im
murs de la capitale. Il y avait onze ans que cette coura|;euse veuve, fidèle au etdledM •OV-
venin*, s'était enfermée au monastèn; où sa fille avait pris le voile, et qu'elle pleurait »ur
les malheurs de Paris et de la France, lorsqu'elle apprit que la Pucelle apprucbail et
ipie le «degetë enfant n de son ancien souverain, dont la fuite l'avait profoodéaMOt aflli-
({ée, venait de recevoir l'onction royale à Keims. Alors son enttiousianM édtto ; ellr
se fuit l'interpnHe des «bons Parisiens» et souhaite la bienvenue à Jetniie non qa'aa
(ils de France. Lors(|u'elle composa ce dithyrambe où respire toute la vigueur de la jeu-
nesse, (Ihristine de Pisan avait soitantivsept ans, et il s'en était écoulé ioiiante>deui
depuis qu'elle était naturalisée parisienne. Cette longue existence, passée au milieu d'une
ville où elle ovait vu se produire tant d'événements indignes de l'histoire, lui donne !••
droit de parler haut et ferme aux bourgeois qui tenaient encore [Kiur Ib-nri VI :
0 Paris, très mal conseillé!
FoU linhilnns sans conliance!
Aymé tu iniculx estre essiilië
Qu'a ton prince fnirc acconlonwT
Klle connait à fond le cu'ur humain ut ses faiblesses: elle n'ignore |H>inl que le parti
anglais n'est (|u'une minorité violente, et clic gourmande les modérée qui sont de tous le»
temps et qui laissent faire, tout en ayant les meilleures intentions :
Gens a dedans mauvais ; car bons
Y a maint, je n'en fais pas doubtr :
Mais parler n'osent, j'en respons.
Cet intéressant poème a été découvert en 1 838 , à la bibliothèque de Berne, par M. AditHc
Jubinal, et publié h la suite d'un rapport adressé au Minisire de l'instnirlion publique.
M. J. Quichernt lui a donné place dans son savant ouvrage sur le pmrès de la Purelle. Nous
ne le reproduirons point en entier; mais nous croyons utile d'en détacher le^ nombreuike»
strophes dans lesquelles Christine de Pisan. apn^s avoir dé|)einl l'étal de la rapilalr. adjun-
les l*;irlslins d'accueillir Jeanne d'Arc et d'ouvrir les portes à leur souverain léfplime
' (li'i-Miii prit ptirl il relti' discussion; il roiii- «nir les poebitfs aaas booto , al i
|)tisii. |i(mr vciiii- vu aide <i (ilirislinc de Pisan, sa *vergmi§M i|W wt M JMHMi gM* h friÊéfÊÊt
VmoH mniie le mman de Jehan de Mttmg. Dan* Mt "ganit de laaiea km*
ii|iiisruli' . l'crit ni français, il fait rnniparaltre les »towmatih. J<
IMirtisiiiix du Hnmnn de ta [io»e dexant irla conrt »perdne.»
"sniiicto de la rliriesticnlé. • — "CnV* nioy. dil-il. M. R. ThniiMasy. qwi cite w
"iiiin pas nioY. mais ra|Mistn> sainrl Poi. et Se- outre . par d'in(;éniea\
-neipii'. t<t i<\p)Tirnrr.(|ti<< niniivais<>s paroietetfl^ M Chriatiiw domt m
'TcriptiiriN r<>ri'i>iii|H>iit iKiiinii» iiiount. etfoatdev»- eaundubo» ga4l<( dt la
U
4-20 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
APOSTROPHE DE CHRISTINE DE PISAN AUX PARISIENS
DANS
«UNG BEAU DITIÉ FAIT L'AN M. GGCC. XXIX. rt
A LA LOUANGE DE JEANNE D'ABC.
Je Christine , qui ai plouré
XI ans en abbaye close
Ou j'ay toujours puisdemouré
Que Charles , c'est estrange chose .
Le filz du roy , je dire l'ose,
Sen fouy de Paris de 'tire ;
Par la traïsou la enclose ,
Or a prime me prens a rire.
A rire bonnement de joie
Me prens pour le temps porverunge
Qui se départ ou je souloie
Me tenir tristement en cage ;
Mais or changeray mon langage
De pleur en chant quant recouvré
Ay bon temps
Bien ma part avoir enduré.
I/an mil cccc . xxix
Reprint a luire li soleil ;
Il ramené le bon temps neuf
Que on avoit veu de droit cil
Puis longtemps, dont plusieurs en deuil
Orent vesqui , j'en suis de ceulx ;
Mais plus de rien je ne me deuil
Quant ores voy ce que je veulx.
Si est bien le vers retourné
De grant duel en joie nouvelle.
Depuis le temps qu'ay séjourné
La ou je suis, et la 1res belle
Saison que printemps on appelle,
La , Dieu merci , qu'ay désirée ,
Ou toute rien se renouvelle
Kt est du sec au vert temps née.
LKS LKTTHÉS, LKS ARTISTKS KT LES ARTISANS A PAHIS. 491
C.'iml qiiff l« tlt-gnif: enfmit
Du n)y «le Kraiire l<>giliiim,
Qui loiif;;l<>ni|M a nié toufTmit
Mojim |;ran« mauu, qui or a pniuf>,
Se lieva aiiui qun vont itrime ,
Venant comnic roy coronri^ .
Kn piiiiaance Iret grande et fine
Eld'eaperons d'or eoperonn^.
Or feioiM feato a noalre roy.
Que tret bien soit il revenu I
lte»joïz de m noUe arroy
Alonn treatoiM, grant el mena.
Au devant, nul ne foil tenu.
Menant joie le saluer,
IxHiant Dieu . qui l'a maintenu :
Criant noel ! en liault liuor.
Kt tu, Charles roy dos François.
Se])tieiiin d'irelliii liaiill nom ,
Qui si fpraui guerre os eue ainçois
Que bien l'en preniiat, se peu non ;
Main Dieu grâce, or voiz ton renon
[lanlt eolevë par la Purelle
Qui a souhzniis Hoiihz Ion penon
Tes etinemis , chose est nouvelle.
En |>eu de ten)|M, que l'en ciiidnil
Que ce Teust coin chose in)|>ossible
Que ton pays, qui se penloit.
Reusses jamais ; or e4 visible
Mcnction , qui que nuisible
C'ait este , tu l'a» rccoiivn' ;
C'est par la Pncelle sensible.
Dieu mercy, qui y a oxnrf.
Et toy, Pucelle beneunH?,
Y (lois tu estre oblifV,
l*uis«{uc Dieu t'a tant honortie
Que as la corde dejtlitV
Qui lenoil France et esloil liéeT
Te |>ourroit on a»s»>z louer
Quant ceste terre huniilii'e
Par guerre as fait de paix donerT
Tu, Jehanne, de bonne henra née.
Benoist soit cil qui le cn'a I
l*u(elle de Dieu ordonna.
Kn qui le Saint Eaprit ni*
422 DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
Sa grant grâce, en qui ot et a
Toute largesse de hault don
Nonc requeste ne te véa ;
Que le rendra assez guerredon !
Que peut il d'autre estre dit plus
Ne des grans faiz des temps passez ?
Moyses en qui Dieu aiilus
Ravist grâces et vertus assez ;
Il tira sans estre lassez
Le peuple de Dieu hors d'Egipte .
Par miracle ainsi respassez
Nous as de mal, Pucelle eslile.
Considérée ta personne
Qui es une jeune pucelle
A qui Dieu force et povoir donne
D'estre le champion , et celle
Qui donne a France la mamelle
De paix et douice nourriture ,
Et ruer sus la gent rebelle ;
Véez bien chose oultre nature.
Car se Dieu fist par Josué
Des miracles a si grant somme.
Conquérant lieux et sus rué
Y furent maint. Il estoit homme
Fort et puissant ; mais toute somme
Une femme simple bergiere ,
Plus preux qu'onc homs ne fut a Romme :
Quant a Dieu c'est chose legiere ;
De Gedeon en fait grant compte ,
Qui simple laboureur estoit,
Et Dieu le fist, se dit le conte,
Combattre, ne nul n'arrestoit
Contre lui et tout conquestoit.
Mais onc miracle si appert
Ne fist.quoy qu'il ammonestoil.
Com pour cesle fait il appert.
Rester. Judith et Gelbora (Déborah)
Qui furent dames de grant pris.
Par lesqueles Dieu restora
Son pueple , qui fort estoit pris ,
El d'autres plusieurs ay apris
Qui furent preuses, n'y ot celle
Mains miracles en a porpris :
Plus a fait par cesle pucelle.
LKS LETTHftS. LES ARTISTES ET LES AUTISANS * PUH^
l'or inirade fut «ivom^
Kl iliviiii- aiiioiiiti' 1
iJe l'illtgr ilr
hi-,
Aa roy pour
Son bit
Car bi<'j>
Ml
''■•■
Par coiuK>il
i^iim ;
A Ffiflei la c
nmv^
Et bjpll llu r.
Et ains que l'en l'ait voulu croira
Devant derea el aagea ummim
Pour enaerdter m dioae voire
Di«oit , ainfois (|u'ii fuHt notiiin-
(}w DiiMi l'eust viTH l)> n)\ truiMiu-
MaJH ou 0 trouve on histoire
Qu'a CR faire elle eatoit rnnmiiM'.
01 comment lor» hien y |»ani
Quant le aiege est devant Orieona,
Ou premier «a force a|i|)aru :
One miracle , ti conuiie je tieiu» .
Ne fut pluii cher ; car Dieu oux »\fii>
Aidn lollctiicnt (|u'ciinemis
Ne s'ulili^n'iil , ni< que mors chien» ;
La furent prison et a mort mis.
Hëel quel lioiuiour an fenienin
Sexe! que Dieu l'aynie, il a|>|M>rt.
Quant tout re granl peuplf rA«Hiii
Par qui (oui In |K>uple est )l<>5«>ii .
l'nr foninie est sours el rpctuivcrl .
Ce que paK homme fait n'eusM'nl .
Et les train rr^ niiita (l<-!M>rt;
A peine devant ne le rniSMMil.
Une liilelte de xvj ans.
(Neat ee pas chose fors nalureT^
A qui amies ne sont pesans,
Aios semble que sa n<>rrilun>
Y soit, tant y est fort cl dure
Et devant elle vont fusant
Ijb» ennemis ne nul n'> dun- .
Elle fait a mains yculx «uiatit.
Et d'eulx , de France de»roinbrani .
En recouvrant chasleaiu et ville*
Jamais force ne tu si grant .
Soient ou a cens ou a mile*.
42/1 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX
Et de noz gens preux et abiles
Elle est principal cbevetaine :
Tel force n'ot Hector ne Achiiles ,
Mais tout ce fait Dieu qui le menne.
Si rabaissez, Anglois, vos cornes.
Car jamais n'aurez beau gibier ;
En France ne menez vos sornes :
Malez estes en l'escbiquier.
Vous ne pensiez pas l'autrier.
Ou lant vous monstrez périlleux ;
Mais n'estiez encour ou santier
Ou Dieu abat les orgueilleux.
Ja cuidiez France avoir gaignëe
Et qu'elle vous deult demeurer ;
Autrement va, faulse mesgniëe,
Vous irés ailleurs tabourer.
Se ne voidez assavourer
La mort comme voz compaignons ,
Que loups porroient bien devourer.
Car mors gisent par les sillons.
Et sachez que par elle Anglois
Seront mis sus sans relever.
Car Dieu le veult qui oit les voix
Des bons qu'ilz ont voulu grever.
Le sanc des occis sans lever
Crie contre eulz; Dieu ne veult plus
Le souflrir, ains les reprouver
Comme mauvais; il est conclus.
En chi-eslianté et l'église
Sera par elle mis concorde.
Les mescreans dont on devise
Et les hérites de vie orde
Destruira , car ainsi l'accorde
Prophétie qui l'a prédit;
Ne point n'aura miséricorde
De li qui la foy Dieu laidit.
Des Sarrasins fera essart
En conquérant la Sainte Terre ;
La menra Charles que Dieu gard ,
Ains qu'il muire fera tel erre.
Cilz est cil que la doit conquerre :
La doit elle fmer sa vie
Et l'un et l'autre gloire acquerre :
La sera la chose assovye.
LES LKTTH^:s. LES ARTISTES ET LES UJTISAXS A PABIS. A»
Donc (ln*iir (oui les preui patM»
Oole doit |K>rter In couronue.
Car lun failli ja inoniir«>nl amet
<}m plu» iirouMM Diea lui (loniM>
Qu'a tous cmiU de ({ni l'en raiioaiie:
Kl n'ai |ioi i-neor tout |Mirfail,
Si croy que Dieu f« »u« leur donne.
Afin que paix toit par ion fait
Si eit tout le moins qu'aiïaire ail
Que (ledniire l'Engletliarëe,
Car elle a oilieun plus son liait .
C'est que la foi ne soit parif-e.
Quant des Anglois , qui que s'en vie ,
Au parier, il on est sué;
Lu temps a venir moquerie
Kn sera lait : sui sont rué.
>'« elle le roy iiiend au sacre
Que toujours lenoit pnr la main?
Plus grant chose onc<|ucs devant Acre
Ne fut faite; car |M)ur certain
Des contredis y ot tout plain.
Mais maulgrë tous , a grant noblesse
Y fu receu et tout a plain
Sacré, et la ouy la messie.
A très grant triomphe et puissance
Fu Charies couronné a llains
L'an mil cccc. sans doubtance.
Du mois de juillet, sauf et sains.
Droit ou .wii' jour.
Ou gens d'nrmes ot barons mains.
Et la fu V jours a séjour "'.
Avecques lui la Purelle ,
En retournant par son |>aïs,
Cilt' ne chnstcl ne villele
Ne rcmaint , nmoz ou liays
Qu'il soit, ou soient rsluii-s
Ou asseurez les hnliilnn;).
Se rendent, |k)u sont env.ihis.
Tant sont !>n pniitanro douhlans.
Voir est que nuruns de leur folie
CuidenI résister, mais peu vaull .
Car au dcrrain , qui que cnntmlie
A Dieu rom|>er« le defnuit.
"Il manque un ver» à celte strophe dans le maniiscriL
/,i6 DOCUMEMS ET ECRITS ORIGINAUX.
Cest pour néant; rendre leur fanlt.
Veuillent ou non : n"y a si forte
Résistance qui a l'assault
De la Pucelle ne soit morte.
Ne sçai se Paris se tendra ,
Car encoures n'y sont ilz mie ,
Ne se la Pucelle attendra ;
Mais s'il en fait son ennemie.
Je me doubt que dure escreniie.
J>ui rende, si qu'ailleurs a fait;
S'ilz résistent heiu^ ne demie.
Mal ira , je croy, de son fait.
Car ens entrera , qui quen groingiie ;
La Pucelle lin' a promis.
Paris, tu cuides que Bourgoigiie
Défende qu'il ne soit ens mis?
Non fera , car ses ennemis
Point ne se fait ; nul n'est puissance
Qui l'en gardast , et tu soubmis
Seras et ton oultrecuidance.
0 Paris , très mal conseillé !
Folz habitans sans confiance !
Aynie tu mieulx estre cssillié
Qu'a ton prince faire accordance?
Certes, ta grant conlrarianee
Te destruira , se ne t'avises :
Trop mieulz te faust par suppliance
Requérir mercy : mal y vises.
Gens a de dedans mauvais; car bouii
Y n maint, je n'en fais pas doubte;
Mais parler nosent , j'en respons .
A qui moult desplaist; et sans double
Que leur prince ainsi on déboute.
Si n'auront pas ceulz deservie
La punition ou se boute
Paris, ou maint perdront la vie.
Si pry Dieu qu'il niecle en conrajje.
0 vous tous qu'ainsi le faciez .
Afin que le conseil orage
De ces guerres 'soit effaciez.
Et que vostre vie passiez
En paix soubz votre chief greigueur.
Si que jamais ne l'effaciez .
Et que vers vous soit bien Seigneur.
Amen.
LKS LKTTHKS. LKS ARTISTKS ET LKS AIITISANS \ IMIIIS ^27
DcHin*' ce ditjé |iar Cluiiline
l/an «ietiiu» dit mil ooec
R( )i\u. In jour ou fine
l>> moi* do juillet ; mai» J'cnt«af
(}w Bucunt «c iMidroiit mal ooni«M
(><• rc i|u il nmtimt, Mr f|ni duere
A emhrunche et le* yeuk {leMm
Ne puet regarder la lumière.
itPLictT iim TiM KL DiTié ftiT H* r.tmt*ri%t.
</<■ ii'i'.il pns un (lfs iiiiiiriilifs litic> de (Jtirixlini' de l'i^aii ii It-lun. r|. j.i |,.,-i. ut-' (in'
(l'avoir lu |>r*'tiii<T<' compris tout n> i|u'il y avuit de !>ublinR> duii.s i.i llu^^tl>ll dr Jimiuk d Air.
Si tiolrc lan(;uc nvail «^ti* moins jeuiin; m Christine, par un défaut contraire. nVâl |K>inl
alors atteint les derni('>reH limites de son eiistencc, la France aurait eu rct admirahle »|M>r-
larle de deux fenmies se comprenant l'une l'autre, et réalisant l'idéal <|ue la lilt^nlurc ■
toujours rosé : un liéros (|ui fait de jurandes choses, un poète «jui \if chante à mesure
iiu'elles s'aiTomplinsenl, une nation enthousiaste (pii applaudit tout À la fui» aut nohh-*
iiclions et aux beaux vers. Mais il n'en devait point cMre ainsi : ior!tr|uc la ian|;uo fut arrivée
;i sa pleine maturité, il ne se trouva pour reprendre le sujet rsquiiué par Cbrislioe de
Pisan, (pi'un versincnteur pédant et un homme d'infiniment d'esprit, dont le moindre ilé-
laiil était le man(|ue absolu d'enthousiasme. L'occasion était man(|uée;el, depuis*. |M>rM>nne
Mil siippiét- à rinsufl'isanre de (ihapelain; personne n'a réparé la faute de Voltaire.
(iliiisline ne dut vivre (|ue fort peu de temps après avoir composé ce poêmr. Nous ne
Mivons si elle existait encore lors de l'exécution de la Pucellc; mais il parait certain qu'elle
l'Iail morte avant l'entrée de Charles VU à Paris. Ce triomphe, qu'elle avait ap|>elé de Inos
ses vœux, lui aurait sârement inspiré un autre «Ires bel ditié,» et nous le retrouverion»
dans ses œuvres. Nous y rencontrons en échan(;e une fort belle miniature que tous les cri-
liques s'accordent à reconnaître comme son portrait. Klle appartient à un manuscrit >ur
M'Iin, in-folio, maroquin rouge, faisant partie de l'ancien fonds français à la Bihliolbiqm
impériale, n' 79 17. Nous n'avons point hésité à reproduire en or et eo couleur celle re-
nianpiable œuvre d'art , (|ui complète les indications données |Nir ta miniature en noir
lin'-e du iiianiisrril (YOtlii'a.
Avant de prendre con^jé de Christine de Pisan , nous devons exprimer un regret : c'ettt
'jue Guiilebert de Metz, de qui elle devait être bien connue, puisqu'il était l'un de Ms
opistes et qu'il la fait figurer ovcc honneur dans son Tablrau Je Pmrit, n'ait cite d'elle que w*
-ilortrines cl (railiés en latin et en francois,- sans dire un seul mot de ses nombreui «^
>ais poétiques. Le fait semble d'autant plus singulier que notre -^ transcripvain » mentioan»
précisément les «balades, rondeaux, virelais et autres ditiés amoureux que savoieni faire
- et chanter'» des poètes d'un ordre inférieur, tels que Bacon , le prince d'Amoan et tttmé-
nestrels. Ces derniers, représentants du gai savoir, ne nous ont rien laissa qui permette
iPapprécier leur mérite littéraire ; mais il y a lieu de croire que leun improviaation» ne
Miiaient ni les />iW.i mornux que Christine écrivit pour son fils, ni les Cmt UUL$ ifi'Mta
dédia i^ son t^doulx amy, n ni sa touchante contilène de veuvage: wSeaietteMÛt et
M.
i-28 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
sletle vcuil estre. » Pour rendre raison de cet oubli, il faut supposer que Guilleberl de
Metz n'a eu à transcrire aucun des poèmes de Christine de Pisan , et qu'il a ignoré l'exis-
tence de ses nombreuses fantaisies rimées. Quant aux autres poètes plébéiens ou titrés qui
remplissent la première moitié du xv' siècle, tels qu'Eustache Deschamps, Alain Charlier,
Villon, Charles d'Orléans, Philippe le Bon, etc. le «transcripvainn ne les a pas men-
tionnés, sans doute parce qu'on n'en parlait point alors et que les réputations littéraires ne
se font qu'avec le temps. C'est l'imprimerie et la critique moderne qui ont mis en lumière
les ballades du Bon capitaine, du Bachelier d'armes, des Dames du temps jadis, le rondeau
de la Pucelette et tant d'autres charmantes choses condamnées autrefois au demi-jour du
manuscrit. Toute la poésie savante du xv' siècle est restée enfouie dans les « librairies w des
grands seigneurs, à qui elle servait de passe-temps, jusqu'au jour oîi Ulric Gering, .Michel
Friburger et Martin Kranlz sont venus installer en pleine Sorbonne une petite presse amenée
de Mayence (1^69). A partir de ce moment, les chanteurs de geste et les transcripvains,
jusque-là seuls interprètes de la pensée du poète, n'ont plus eu le privilège exclusif de la
traduire, les uns pour l'amusement du peuple, les autres pour les joyeux ébats des princes
et des rois; la poésie et la science étaient devenues le patrimoine de tous.
Lft m^nestrandU
au xv' siècle.
4" LES TROLVERES, LES JOINGLEliRS ET LES MENESTRELS.
(bacon, le prince D'AMOUBS , LE THÉOLUGIEN ALLEMAND QUI JOUAIT DE LA VIELLE.
GUILLEMIN DANCEL ET PERRIN DE SENS, CRESCEQUES, CHYNENUDY, ETC.)
Pour que notre auteur, oubliant les vrais poètes, fît, au commencement du xv' siècle,
une mention expresse des chanteurs de la rue et leur accordât une place d'honneur dans .sa
Description de Paris, il fallait que la poésie et la musique populaires, la «menestrandie, «
comme on les appelait alors, eussent conquis leur droit de cité et fussent arrivées à celle
notabilité qui est le caractère propre de tout ce que cite Guillebert de Metz. Or plusieurs
causes avaient précisément contribué à leur donner, vers cette époque, une certaine
importance. D'abord elles avaient, en grande partie, renoncé à la vie errante qu'elles me-
naient depuis plusieurs siècles : par le fait de la confrérie de Saint-Julien, fondée en
i33o, la plupart de ces rhapsodes, qui promenaient de château en château leur muse
vagabonde, s'étaient vus Iransforniés en gens AiWw'". Devenus bourgeois de Paris, comme
•'' L'origine de cette corporation et les dévelop-
pements successifs qu'elle a reçus sont l'objet d'un
travail fort intéressant, coiu-onné en iSlit par
l'Académie des inscriptions et belles-lettres. L'au-
teur, M. B. Bernhard . en a donné deux extraits con-
sidérables dans la Bibliothèque de l'École des chartes
(1" série, 1. III et IV^). Il les a fait suivre de la
copie des statuts que la Prévôté de Paris imposa
aux jongleurs et ménestrels en 1821 et i34i. Aux
termes de ces statuts et (ta l'acort du commun des
(tmenestreux et menestrelles, jongleurs et jongle-
(t resses demeurant en la ville de Paris , » la profes-
sion de jongleur et ménestrel est réputée métier,
et comme telle assujettie aux règles ordinaires (jui
régissent les corporations, c"est-à-<lire l'apprentis-
sage, le serment, la prudbomic, etc. Cet acte, qui
a le caractère d'une convention, est signé des noms
suivants : Parisot, ménestrel ; Le Roy, |)our lui
et ses enfants; Gervaisot la guele, Renault le
Chastiguier, Jehan la guete du Louvre, Jehan de
Biaumont. Jehan Guerin, Thibaut le Paage, Vuy-
nant, Jehannot de Chauniont, Jehan de Biauvés,
Thibaut de Chauniont, Jehanot Langlois. Huet !e
Lorrain , Jehan Baleavaine , Guillot le Bourguegnou ,
PeiTot l'Estuveur. Jehan des Champs, Alexandre
de Biauvés, Jaucon filz le Moine, Jehan Coquelet.
«Ti cc»n>ino»\«vnr.\rciit-. oiHiUijfcv .1 .
aiitf loGruf citiunv*
lar fil fttiirf
fuiv-^» Ile I Wuinv .
rutjTQ-TTvn
r^yw ^/
—Mi 4;;
LES LKTTHÈS, LBS AHTISTKS KT LKS AHTiSAv., 'Ml- ' •••
lis (IrnpicrM cl los orfèvres, chanteurit et mu»icii>n* cureni uncMlii"'-'
le rf'fjnf; nust^n; et |iiircitiionicux de Charles V : le roi littérateur .1 ■
(iijcteur!* et non dex méncKtreU. Main, lorsque le jeune Charlc* VI et le |irmii];ue Ijnm*
i\'()rU'.ans curent donn*^ le »i(;iial du luxe et de» plaisirs; lorM|ue Valenline de Milan •■!
Isiilx'tiii (K< Biiviùre, herc<^<>s, l'uri)! <ivec Ich vers du Dante, l'autre avec les sirnribc» doi
N ieheluni^r» , eur<*iit introduit le ({rxU de In |)0<'*!<i(* et de In uiuf(ii|ue de leur |Miys, le* tfoufèRs,
les jonfjicurs, Ioh rn/'neHtreJH se virent f^tréinenient reclicrclit'fn ; le gai savoir ml eomiiM ■ne
rerrudesrçncc qui rnppcla le» beaux jours du xiii* siècle. Cette seconde floraiMin porta •«•
fruits: une cour d'nmour fut institui^e >i l'IiAti-l Snint-l'aul ; les Icnsons, Ira ji-ux-parli» ri
autres doux propos s'y échauffèrent , et Guillehert de Metz n'a eu garde de nous lainrr
i||nr)nT relie rin-onstniice.
Ou'élait-ce, en ptirticulier, que ce Bacon dont il nous |»arlc. qui «jouoit cliaoeoii» sur
tr lii siplionie et trafrcdies?» Sans doute un de ces chanteurs de geste qui avaient consmi^
ii-s (riidilions de l'épopée chevnlerosipii» et qui représentaient, au commencement du
\\" sii'icl»; , les trouvères du cycle carolingien", l/instrunienl dont il s'arcomtMifjnail .
sorte de vielle ou de niiindolinc, n'était pns, à ce qu'il parait, de première distiorliun.
\oici, en effet, ce qu'on lit dnns \'Hi*toire df Du (iueâclin, par Ménard : 'Sifiiàg ott oMmt,
"le mesmo que rhiphonie, appelle instrument Irmind^". (Itjfoinra sont insirumeni* dr mu-
Ji'liiili l'i'til, Mli'liici i|i> |)iiuii\, lliiiiiil (le ISfielc.
TJKiriKissiii lti)iiss(Niii . (îicITroy l<i (jiiete , Vyiiol l«?
Hour^picipion . (luillaunie de l.amias, llnoiiliii \àw-
l'Iinrt, Olivier le lto(ii-)piefriH)ii , ImiIh-IcI lu Itoiis-
sello, Miiiri-I In (ilini'tiiine, Liegni'l rmiie tlieiivio-
Ipiaiil, Mor)>iierite la faine an Moine, Jeliane In
Kcrpiere, Alipsoii fnine Gnilint. (înoriri, Vilelinerniiio
li. I.anj^lois. ^suliiiin in Lorraine. J[i(|ne li; Joiij^leiir.
On piMit njonter h ces noms ccnx qni sont n|i|Mi
-lis nn Ims du prncès-verlinl île iioiiiinnlinn ili^Hpiv-
iiiieii) ailiiiinislralnnrs lii) riios|iirc Saiiit-Jnlien. et
l'on anro nn élnl îi |)€ii priSi coiii|)let du io niéne;)-
Iriinilie |iflrisienne an iiiilieii iln viv* stitVIo. Ont
si|(né ce prorAs-veritnl : (iiiillannie lliiniel. |<;uet ilii
|ialflis (In lloi; Jarqti(<s Lanf;lois , l'erot de Kouen.
l'nol au petit (ilialelet; (!uillatnne le Kn)inn)(ier.
I.0YS le (ilnnsti(*r, |[iiet du |>alnis du lloi; Jolinnnin
II' l.iirnin, Jacques le Masjtier, Jehan le Vidaiilx.
Loirnl l.i*Kuicr, ThoniasKin Chevalier, (iilles DiMi») .
I.ande de Connna. (inillnt de Soissun;*, Thilwiullde
(ihaiiiniint, (iiiilleniin Kronc. (iuillnniiie de la Ciue-
(airne et Sinionet .Nornios. tous jongleurs et nién<^-
(riers de la ville de i'nris, lewjiiels, i»nvec le roni-
-innn desdilN iiienestriem, nonnneient ilenriet de
- Monldidicr et (iniliaunic Aniy, flenlenrs. niaistrvs
'i-l ({iMivi'rnenrs de l'hospilnl.t (JVlibien, Uni. Jt
In lille ilr l\in», l'ivnves. I. III. p. ();>4.)
On <uMt i|p|i' |i-> rliiHi'XilM lie gi*»!» fUmiiI ilr
ViVilahles fra(jiiii iil> d .im.j»»*, rt oa b» a rtmipa-
rdes, non Haiis raiMm. aiu riMi|Madiei dn pivaiifT»
%s de la Grixi-. \jp joqgleBr qui M Aail Tioln^
pr^le les rhaninit en x'aeeoaipagnaal de b rôle m»
de la viole, ei. <|uoique 1rs cfaanaons filial onl»-
nnireiiienl de InVIougs poiaies diatrilarfi « cm-
pleLs de dit a dooie syllabes aar daas o« liais
rimes, re qui m rendait la drfHaialw eiaH i|ar
rarconi|Migneiiirnl des plus monotoMe, IrdHMriaar
de gi<»le, iptaiid il rlail habile, avait le lalnl de
pn'vefiir IVnnni. lanl>M en variant Ir» 1
et en coupant «on rédt en rtanew de 1
due. lantAt rn passanl rspidmmvt sur les slraplH»
ddniH'e!! d'inli'réi, et m cppoidaiMat, sans mtr
fonne un |m<ii dilTérenle, les paaaaf*» i|iii atawiil
fait inqirvMioii. A la fin de cba^ eafilBl. le jg»-
gleiir n>prenait liairinr, iuliiiineail da fffard 1
auditoire, et lui rrd«nMndail. par ua
une inflexion de vni\, |Mir une rih
nn nonveoii tnl>ut d'alliiUion et dr I
' Sainte- Palaye, daa
elle une baUade d'Bartaehe I
raiB de Baeoa< ^ui caHmc leMaa<
«ytwii'r. Jean CoritedwB, qni vivait è pnt pris i U
mémerfpoqae.a'eqpriawaiaMdnaia traÉMliea dn
Km Or^ ip iilaliias m i, déJMaèOariiaV: >fi«
430
DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
(tsique portez au col à l'usage des aveugles et dés mendians, et on les appelloit iiis-
r (rumens truans"*. »
UfhanieurJcgMi.-. \\ faut croiVe , pour l'honneur de Bacon, dont l'existence nous est restée d'ailleurs com-
plètement inconnue, f|ue ses vers avaient quelque chose de moins t^ truand») que l'instni-
mcnt qui lui servait d'orchestre. C'étaient, sans doute, des chansons de geste, souvenirs
éloignés des poèmes de la Table ronde, ou quelques couplets satiriques issus en droite ligne
des fabliaux railleurs du moyen âge. Arlus, Lancelot, Tristan, Gauvain, la belle Oriane,
devaient être les' héros privilégiés du rhapsode |)arisien; et les mulli|)les incarnations du
Renard, sujet inépuisable pour la malice populaire, fournissaient probablement une ample
matière à ses piquantes allusions. Un peu attardé au commencement du w' siècle '-', le
trouvère Bacon avait sans doute plus de succès avec ses couplets satiriques qu'avec ses chan-
sons de geste. Le Parisien, railleur de son naturel, croyait peu aux prouesses accomplies
loin de lui, et d'ailleurs le canon de Crécy et de Poitiers avait tué la chevalerie; les der-
niers paladins venaient de succomber à Nicopolis. Quant aux chansons satiriques, on peut
nlïirmer, sans crainte, que le commun populaire y prétait l'oreille ; encore quelques années,
et les échos de la place Maubert, qui ont tant de fois redit les chansons des jongleurs,
retentiront des vigoureux accents de Villon '".
r appelle en France cymphonie iing instruraenl dont les
«•aveugles jouent en chantant les chansons de geste,
(Tel a cest instrument beau doux son et bien piesant
ra entendre, se ne se fust pour Pestât de c«ulx qui
tren jouent. ^^ Il faut en conclure (jue la vieille épopée
chevaleresque était tointiée dans un bien gra:id dis-
crédit au XIV* siècle, et que la rsiphonic méritait
d'être appelée, en elTet, irun instrun)ent truand. i
\I. Bottée de Touhnon (Disserl. sur Jes insirum. de
inusi'jue employés nu mot/en âge) la considère comme
une sorte de vielle; mais il faut admettre qu'elle
constituait un perfectionnement d'origine récente,
puisque Eustache Deschamps, aussi bien que Guil-
lebert de Metz, la distingue de la vielle, et que
Guillaume de Machault les cite l'une et l'autre dans
La prise d'Alexandrie (Ms. La Vallière, n° 90 , Bibl.
imp.) et Li temps pastour {}Hs. franc. n° yaai, Bibl.
imp.). Enfin M. Paul Lacroix, dans son intt'ressante
étude sur les Instrumenls de musique (Paris, i858,
in-18, p. 899), raconte ainsi les vicissitudes de la
siphonic. trAu v* siècle, la symphonie avait été l'ins-
f trument à percussion que nous nommons aujour-
trd'hui tymhales. Mais la chifonie ne figura jamais
rdans les concerts, et fut dédaigneusement aban-
iT donnée aux aveugles et aux mendiants qui s'en
"allaient viellant de porte en porte pour émouvoir,
rpar leur nmsique criarde, la charité des bonnes
trames : on les appelait chifonieux.'
''' Claude Ménard , Histoire de Bertrand Dugves-
clin, etcrile l'an t38j, Paris, 1618, in-/i°. p. -j-ig.
Le roman rimé en l'honneur du même héros parle
de la première siphonie, dans les mêmes termes
que l'histoire en prose :
Ainsi vont li aveogle t-t li pauvre trnant.
De si fais Insirumeiis les bourf^is esbatani;
En ]°appel,i de la un insiriiment truant.
Car ils vont d'buis en buis leur instrument portant.
'*' On ne rencontre que peu de traces de la pré-
sence des trouvères et chanteurs de geste dans la
seconde moitié du xiv' siècle. V. Le Clerc en cite
deux mentions seulement à la date de 1 368 -et de
1396. En i368, les échevins delà ville de Valen-
ciennes font remettre xii gros à Colart de Mau-
beuge f pour jouer de son niestier et canter de
^geste,'' et. en 139(1, le prédicateur Jean de Va-
rennes, arrêté près de Troyes, s'exprime ainsi dans
sa défense: irSi un chanteur des gestes de Charles,
rde Roland , d'Olivier, avoit chanté sur cette mon-
irtagne autant cpie moi indigne y ai chanté la pa-
rrole de Dieu , et qu'on les eust fait saisir comme
(rmoi je ne doute pas que cela n'eust déplu au
(T peuple, n ( Hist. litt. de la France , t. XXI V, p. 4 4 1 . )
''' Dans les châteaux et les palais, c'était la salle
d'armes ou la galerie des festins qui servait de
théâtre au chanteur de geste; dans les villes, et à
Paris notamment, la place publique pouvait seule
recevoir le jongleur et l'auditoire. Il est probable,
dit Daunou , qu'on nous proposerait vainement au-
LBS LKTTHKS. LKS AHTISTKS KT LK.S AIITIS4NS A PARIS. 431
Ce f;oât porticulicr du |)<mj|)Ic du Varia |K>ur \e» dianton» frondeusM, el, u»r «utlr,
ci'lU' r|/Ta(i(>nce de la (-lian.Hon de };<-8l<; ù IV|)0<|uc où nou» Komm«>» orrtvé», «ont un fait al-
IcKti'; |mr tous Ich criti(|UC!t littéraires. Au tiv* «{•'•clé, dit M. Bornhnrd. le clianl di* IVimiM^r
(!h<;v)ilcrcK(|iic coiiiiii«*iii;.'iil à d<'<-|ini*r ; le f;oAt |>our ces grandes coni|Kwiiioa« »e perdait H
le inénrlrier cessiiil de \vs cliiiiiter. Au récit dett merveilleut ci|doits t\es |taladins H d(**
liiiiil.H fiiilH d'Arthur ou de Churl(Miiu|pu>, on préférait la ballade d'amour et la roinnlainli*
sur les roué» cl les pendus. Le poêle de cour avait fait place au rtianleur de* rueo , •■(
l'iiIrMindrin aristocroli(|ue au petit vers, au mètre populaire. Cc|tendant la chanson du
(reste retentissait ipielipiefois encore sur les places puldiipies, et l'on cite un rompic dr
l'ioi où il est payé une somme de cini| sous à -Jelinn Torne, chanteur i-n place, lur
"l'ourloisie ii ii faite pour sa poine el travail ipi'il eut d<' canti'r en son romans desi>loin>»
-des seifjneurs onchiens le jour de» (|uaresmiaux '".« Avec la rhanson de grsie, ajoutr
M. Bernhard, on entendait encore (|uel<piefois la grande chanson |tuliti<|ue «-t salirinue :
l'est ù cette dernière espèce cpie se rapporte l'ordonnance de septembre i3<|â, en vertu de
lai|in'llc il fui crié, dans les rues d<' Paris, ilr par le Uni el montieur le iWrott, défense, mmi»
peine (raniendc arbitraire et de prison au pain el à l'eau, tn tous meneslriers de bouche el
~ recordeurs de dits i|ue ilz ne faccnt, dyent ne chantent, en place ne ailieur». aucun* dili .
"r\nies u<- chansons (|ui facent mention du pape, du Itoy et di>s seifpeun de France, au
>ri'|;ard de ce qui touche le fait de l'union de l'Kfjlise, ne les voyaj;es ipie ils «ni faits ou
-feront pour cause de ce"".» dette ordonnance, <|ui se réfère évidemment au (jrand
sciiisine d'Occident, et pcut-^tre à la démence du roi Charles M, constate qu'à la fin du
\iv' siècle la chanson satirique était toujours populaire, et que les ménétriert continmiirnl
à s'en faire les cfdporleurs.
lies Haynouard, les KauricI, les Daunou, el tous les critiques ipii se sont occupa de la
poésie popidaire, ont renianpié ipie la voix des chanteurs de geste s'arrête avec \e* pre-
miers accents des clironii|ueurs en lan(;ue vulgaire : ces poêles populaires comprennent
instinctivement ipie l'histoire n'est plus leur domaine, et ils se n'>fu){ienl dans la salin*, ju»-
ipi'îi ce (|ue ce |;cnre, en se formant ù son tour, leur dcvieime inaccessible. Aucun des trou-
vères ne semble avoir eu la pensée de chanter les (iroisades, parexempb*. où s'accomplirent
rependant de si hautes prouesses. C'est que, grâce i^ Villehardonin, ù Joinville, i Bandoain
d'\v('siies, au traducteur de (îuillaumc de Tyr, la prose française s'était vailiuBmtal n»-
parée de l'histoire, et avait, |)ar l'exactitude <b' ses récits, diswpé n demi-jour KffBlhirB oA
les jongleurs aimaient n placer leurs paladins. Hamenés, par une narration vraie, aux pro-
portions ordinaires de l'humanité, les Baudouin de Flandre el les saini lx>uis, les Philippe-
Auguste et les Bichard Cœur de liion n'étaient plus que des personnojjfs historiques. H
il fallait aux chanteurs de geste des héros d'épopée. Kn outre, à l'éjKwjue où vivait fiuil-
lelierl ili> Met/, les rlironii|iieMrs l'-laieiit devenus des historiens ; Bourirnul. ('brisline de
jiuiril liiii il (H-outcr sur un rarrefour un roman lie uni rendus indifcwnis i re «|IH chanaail M* |
ilix mille vers divisés eu couplets monortnios el '' Hitimrei'AUi9iMe.\mrM.\jamaÊéni.f.^if'
>'|iniiU>s |MU' un seul liouune nrnié li'un violon |>lu« imlo.
ou moins ilisconlani; ninis les hnliiludes il'n ' (UJIertion l.aanigMa (iMMMMacw 4r ^v-
riiUt' plus i''lé|rnute cl li>s jeux viiriés «lu ili' : I. III. fol. 19S. rtelo^. Mit •rclN««»4e la Prr-
|iri'si|iie i-iiiièi-enient iiiotininis nu moyen Ag>v u 'itn> lie imbcp.
432
DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
Pisan, annonçaient Froissard et Comines, et la chanson de geste, ne pouvant plus récla-
mer pour les hauts faits qu'elle célébrait cette confiance illimitée qu'on lui avait accordée
jusque-là , était par là môme condamnée à disparaître. C'est ce qui nous autorise à consi-
dérer Bacon comme le représentant attardé d'un genre à peu près éteint '".
umgéMe. Mais le dernier des rhapsodes ne se bornait pas à «canter de geste» et à chansonner
les clercs ou les grands seigneurs; il jouait encore «tragédies,» dit Guillebert de Metz.
Que faut-il entendre par ce mot? Evidemment toute autre chose qu'un drame classique en
cinq actes et en vers: la tragédie date de la Renaissance; il n'en est point question avant
Jodelle et les poètes de la Pléiade. Bacon aurait-il été un acteur en renom, un premier
sujet pour les sotties, les mystères et les moralités? Les tragédies qu'il jouait n'étaient-elles
pas plutôt quelque aventure bien noire, bien lamentable, quelque complainte sur le triste
sort d'une jeune damoiselle enclose dans une tour obscure, d'un page surpris dans ses
amours avec la châtelaine, ou d'un écuyer mis à mort pour félonie? Ne faudrait-il pas y
voir encore quelque événement contemporain, un récit d'une palpitante actualité, tel que
le supplice de Jean Des Marets et de Pierre Des Essarts, le meurtre du duc d'Orléans ou
l'assassinat de Jean sans Peur? Si les tragédies que jouait Bacon avaient ce caractère, elles,
offraient alors la plus frappante analogie avec nos complaintes modernes, et le fameux Dit
de Fualdès ne serait que la continuation d'un genre fort ancien'^'. Dans celte hypothèse,
on comprend que Bacon ait joint la chanson à la tragédie ; un couplet héroïque ou quelque
refrain assaisonné de sel gaulois formait la petite pièce et ramenait la gaieté chez les au-
diteurs.
Il n'est point étonnant que le tragédien du xv' siècle n'ait pas laissé dans l'histoire litté-
raire d'autre trace que la courte mention que lui a consacrée Guillebert de Metz. Près
d'un siècle plus tard, Coquillart et Gringoire, les Baron et les Molière de leur temps, ne
faisaient encore dans le monde qu'une assez modeste figure. Sans aller chercher dans le
roman moderne des témoignages fort contestables, il suffit d'ouvrir les Comptes et ordinaires
(le la Prévôté de Paris, pour se convaincre que l'auteur d'une pièce de théâtre était, au com-
mencement du xvi" siècle, assimilé à l'ouvrier chargé de dresser l'estrade où elle devait se
jouer. Voici, en effet ce qu'on lit dans Sauvai (t. 111, p. 533 et 534), à l'année i5o9:
5 A Jehan Marchant et Pierre Gringoire, compositeurs et charpentiers, qui ont fait et com-
«posé le mystère fait au Chastelet de Paris à l'entrée de M*' le Légat, ordonné des per-
'' L'influence littéraire de \a chanson de geste
se continua toutefois jusqu'au xvn* siècle. L'école
p'pique.donl Boileau s'est tant moqué, se rattachait,
par (les liens assez étroits, au cycle carolingien, et
le ff poète ignorant,»
Qui de tant de héros choitùtait Childebrand,
était, à certains égards, une sorte de rhapsode
égaré dans les temps modernes.
'"' Après avoir émis cette opinion, nous avons
constaté avec une satisfaction véritable qu'elle était
partagée par le savant auteur du Discours sur l'état
des lettres en France au iiv' siècle, f Depuis la chute
itda théâtre antique, dit V. Le Clerc, un récit dia-
fflogué se nommait comédie lorsqu'il était gai ou
«satirique, tragédie lorsqu'il était triste. Dès le
rix* siècle, une histoire de la famille des Atrides,
ffCn vers hexamètres, a pour titre: Oresiis tragœ-
trdia Au xv', un récit, avec dialogue, de la mé-
rsaventure de deux hommes qui étaient tombés
rdans un piège à loups , porte encore le même titre,
"Tragadia En prose, une complainte sur le
«désastre de Poitiers et la prise du Roi s'appelle
rr Tragœdia super captione régis Franciœ Johannis. "
{Hist. litt. de la France, t. XXIV, p. 436.)
LES LETTni::.S, LES AHTLSTES ET LES ARTISANS A PABIS. 4S3
«HorinafjcN, iccux revc«tUR cl )iabill(!'!*, ainsi que audit myd^re Mtoit raquii, et pareilkaBeot
«(l'iivoir fait len «chafuultft (|ui estoient à ce nécessaire, et pour ce faire fourni le boif, eMt
R livre», n
«Item, à Jehan Marchant, rhnrprnùi'r dr la ip-amCeoigaét, et Pierre Griogmre, mm»-
"xili-ur, cent livres, |)our avoir fait cl roiii|(Osé le mystère fait au Cbattelel, è faotrée àt
«M' l'Archiduc, ordonné des pcrsotinafre», iceut revestus et hahilléa aiiM <|a'ra mptin
RC.Htoit rcquix, et |iarcillcincnt d'avoir fait les echafaui qui estoient k ce noccwMrM, s
«A eux la somme de cinquante livres parisis, pour accomplir le mystère qui te deroît
" faire h l'entr^^e de In Heine de France, lesquels ont fait et préparé la plus grande partie du
«mystère, pour iiiirr.'iire et accomplir quand le bon plaisir sera à ladite dame faira ladite
« entrée, ainsi que Icsdil.s Marchant et Gringoirc se sont obligés par devant deus noiairaa"*.*
Plus heureux ([ue les drarnntur(;es et les charpentiers « de la grandVoignée, n le* poAea et
les musiciens populaires avaient du moins cet avantage, que leur art n'eiigeait point deaiae
en scène et (|u'il leur était loisible de récréer à toute heure les rois, les prince*, le* mar-
chands et le peuple. Que rc fAt au palais des Tournelles ou à l'hôtel Saint-Paul, aux HaUea
uu à la (îrève, chez. Miles Buillet ou chez Bureau de Dampmartin, qu'il s'agit (rAi«<onin> an
entremets ou d'é);ayer une noce bourgeoise, la ménestrandie avait son personnel tout prêt
et mettait h la disposition de qui la payait tous les éléments d'un concert ou d'une repré-
sentation. Klle fournissait, en effet, non-seulement des instrumentiste* et des chanteur*.
mais encore des lecteurs et des récitateurs de vers, des improvisateurs, des autears de pièce*
à personn.'i|;cs, enfin des danseurs et des faiseurs de tours. 11 est probable que les noms
cités pur (iuillel)crt de Metz étaient ceux des premiers sujets; domiciliés k Paris et libres
de tout engagement, ils appartenaient au public, et c'est sans doute |>our cette raison qn'on
ne les retrouve ni dans les Comptes de l'Hôtel, ni dans les étals des maisons priadèrM.
Il inqmrte de faire remarquer, avant d'en finir avec les ménestrels, par quelle sétie de
Iransforniations ils arrivent ù n'être plus (}ue des instrumentistes, et comment il se fait que
notre auteur, mentionnant à peine le dernier chanteur de geste, accorde dans son récit
une |)lace distincte à un vielleur, h un joueur de rebec, k deux ftsouverains barpean*"*,* A
un «bon corncur a la turelurette et aux fleutes. » Aux époques primitives, tous les arts.
'"' Les (joiiiple» ri ordmaim de la /Vero/rf di
Paria , |>our l'on 1 5 1 5 , inenlioiiiient encore les deux
asHuciës : Jenn Mnrcliniui rat toujours noinni(^ le
lireniier; iiini» (in'jfoire est (jualilii' d'Iiixlnrien ot
<le/(ir/f«r, ce qui wiul)!»' in(li(|uer <|u'il nvoit iir-
(|ui!i un peu plus de cnnsidt'ration. Il leur est al-
loué ront (juinte livres jinrisis ir|>our Imir»
'tsaloircset viicntiuns d'iivoir fuit , devisé et (
•rie iiiystt'n' i|iii n enté fait à la porte de Paris, et
"IHJiu- li's roconipiMiscr do frais par eux faits en
l'flrroustrcuii-ns lio iliiqis detoye, echabux, engins
iret autres choses qui leur a convenu avoir |)our
«ogrAîr ledit mystère.* (Sauvai. Ilitioire dr /W»,
I. III. p. luj'i . ï>(fh.)
o L'usage de h barpe
restait eoeore qoelqae chose de T(
de geste, car h harpe était, par eiealmee. riMlra
ment noUe et épique. vLes traevèras «t hs joa
-gieurt de la hâi(|iiB d'oïl, dit M. Pad Lacroii
«s'accompagnaient sur b harpe M
•baHadet etUiliBia,flB
veomme lea rhuisnihe grses rfpftaiit hs «en
«d'Homèn et dHésiode ae son de k iyra. Dms ks
Tomaos de chevalerie, dans las i
-des \m' et xn* wtclss. an
«tentir la harpe; sans eeMS la I
«on lai de gncfre et d'anaor.* (M. ftaà Laaraii,
QrissM d( ftiHiiri dw arm, p. 4eo.)
43/» DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
comme toutes les sciences sont complexes; le même homme en représente dix. Mais, à me-
sure que les sciences s'étendent et que les arts se développent, il s'y fait un travail de dé-
membrement qui a pour résultat d'isoler chaque branche de connaissances, de la détacher
du tronc commun et d'en faire une chose à part. Un seul homme n'embrasse plus alors dix
spécialités; il en choisit une, s'y adonne tout entier et la fait avancer vers une perfection
qu'elle n'aurait jamais atteinte. Ainsi en a-t-il été des trouvères: d'abord historiens, poètes,
instrumentistes et baladins, ils ont dû, avec le temps, se dépouiller de quelques-unes de
leurs attributions et abandonner tout ce qui n'était pas l'essence même de leur art. Les
chroniqueurs se sont emparés de l'histoire; les faiseurs de «beaux ditiésn ont pris pour eux
la poésie; l'Eglise s'est réservé les meilleurs chantres pour le lutrin, lorsque les princes ne
les gardaient pas pour leur chapelle; il est resté les joueurs d'instruments qui, par un sen-
timent de dignité facile à concevoir, se sont séparés des baladins dès qu'ils se sont vus
élevés au rang de confrères et de bourgeois. A Paris donc , plus promptement que dans
les provinces, la ménestrandie devait aboutir au métier, à la corporation : Saint-Julien-
des-Ménélriers est le dernier terme de la chanson de geste, la dernière transformation de
la vieille épopée.
M. Bernhard, qui a fait de la confrérie de Saint-Julien une étude approfondie, distingue
deux périodes dans son existence. La première, qui commence à l'année i33o, est mar-
quée par trois actes importants : la formation même de la corporation, la construction d'un
hospice et l'établissement de la royauté des ménétriers. La seconde a pour point de départ
le règlement de 1^07, qui assimile pleinement la ménestrandie à toute autre profession et
multiplie les épreuves destinées à constater la «suffisance». C'est alors que disparaissent
les dernières traces de l'ancien ordre de choses ; les ménestrels ne sont plus que des joueurs
d'instruments. Gulllebert de Metz, dont le livre a été commencé en celte même année 1 Uo'j,
a pu suivre ces deux phases; il a vu le passé représenté par Bacon, le dernier des chanteurs
de geste, et l'avenir personnifié par les cinq habiles insirumentisles dont il nous a con-
servé les noms.
Bfa««> do métier. Comme toutc cliose sc résume en honneurs et en profils, il n'est pas sans intérêt de re-
chercher ce que la ménestrandie parisienne pouvait donner de considération et de béné-
fices à ceux qui l'exerçaient. Sans [)arler des trouvères et des jongleurs, toujours assurés
de trouver, au milieu de leurs pérégrinations vagabondes, la somptueuse hospitalité des
châteaux, et pour nous en tenir aux chanteurs et aux ménestrels domiciliés, nous consta-
tons d'abord qu'ils étaient en possession d'un certain renom, puisque Guillebert de Metz
les mentionne comme l'un des ornements du Paris de son temps; nous les trouvons ensuite
couchés sur les états de maison des rois et des princes, soit comme constitués en titre
d'office, soit comme parties prenantes aux grandes occasions. On les traite largement, et,
si l'argent est le signe de l'estime, il faut croire qu'on appréciait fort leur talent. Nous avons
relevé dans les Comptes originaux une série d'articles de dépenses relatifs aux ménestrels
de bouche et d'instruments, et nous les plaçons sous les yeux du lecteur.
Le 19 décembre 1889, Colinet Le Bourg, Johannin son frère, Colin Marquedante, mé-
nestrels, et Brasseur, trompette du duc d'Orléans, reçoivent lxxx francs «pour plus ho-
«nestement estre avec ledit seigneur, -n
SAINT-.IlM.tKN-DK.s MKNKSTUIKU-
nw MM,,
r 4M
LES LETTRÉS. LES ARTISTES ET LES ARTISANS A PARIS. AS6
Le iC novembre iSrja, Jehan Poitevin, roi de* mëoëtrien. reçoit pour lui ei m* m-
bordonndtt, i. fraticH d'or, (|iie lui verse le trésorier du duc d'Origan» 'pour une foM It
(•jour ({ue le roy N. S. diiina en i'oxtci dudit M. S. le duc. '
La mémo unn/ic, Gillet Viluin, Jacquemart le Fèvre et auln-> •••ni i;ratiri^ p«r le i
seigneur de «vint flourinador,') pluitxii escaa.n plu* «un livre* & mmw,»|»
«esbutcmentH de personnaf^es que ilz avoient fait devant luv.»
Le t 1 avril i •t(jO, il est donné à J{ic(|ues de Savilliant et Cbristopbe d'AlemaigM, Mé-
nestrel* du comte de Ncvcr*, «vingt franz d'or pour une foix, et à Senail <fe Cooloiagne,
« leur compaignon , xx franz d'or'", »
Les ménestrels à traitement fne ne sont pas moins bien traités par le duc d'OrléuM.
Dans le cours de cette ni/lmc année i^<jC), Aibelin, Oolinct le Bourgeois et Goàdnj le
Fèvre sont inscrits sur les registres de l'argentier du duc pour une pension de Soo fraaes
chacun, ce qui n'empôche pas les grosses sommes données 'iniur une fois» è des iselni-
mcntistes et chanteurs anglais, flamands, bavarois, italien*, que le* pièeee de <
lité ap|iellent InImUtre» et jtijftirii [les jnjferiiri d'autrefois). Viennent ensuite Im
les harpeiirs, les vielleurs, les joueurs de luth, les organiste* et facteur* dlnstin—ilt,
qui figurent tous |iour des sommes importantes.
Les ducs de Bourgogne, aussi prodigues et plus riches que ne l'était la maison d'Or-
léans, traitent leurs ménestrels avec la même générosité : les Comptée de recettes de Henri
Lu|)|)in, de Jean Chousat et de Hobert de Baillcux, contienncnt.à cet égard, de noml
et si|;nificntives mentions. En voici (|uelqucs-unes :
<f A Henri Josse et Josscquin, menestreux de mondit seigneur, pour dons a euli faits i
«foix XX franz» (i/io5).
«A Claux le tabourin, jadis ménestrel de feu mondit seigneur, xx frana^ ("'•)■
« Aux lieraulx et ménestrels de Hollande et de Liège, la somme de c francs d'or • (id.).
«A Henri du Houx, ménestrel de mondit seigneur, lxvi francs xiii sols iv deoien, sar
(t ce (|ui esloil et povoit estre deu , a cause de sa pension , qui est de ix escus par an •( i A 1 1 ).
«Aux menestrez de corde qui avoient joué devant M*' de Charolois, xuiiliv. ii s. « (i&iej.
«A trois compaignons ménestrels . . . pour avoir corné et meeuestrandé . . . aoi feelee
rde Noël, de jour de l'an et des roys, it escus» (i A 16).
n A Jehan Waneze, Thiebaut de Strasbourg et Guillaume Caillct, meoestrels, et Heone-
«quin Coppi'Irippe, trompette de mondit seigneur, la somme de cocci francs OMMUoie
n royale" ( 1 /i 1 y).
«Aux heraulx , trompettes et ménestrels du roy d'Engleterre, la soanM de oav fr. poar
«estre venus devers mondit seigneur, le xi* jour d'avril m.cccc.xx, a uog disner qu'il
Rou conte de Warwich et autres ambas.sadeurs du Roy d'Engleterre» (i&ao).
Lestlomples de (iuv Guilbnut mentionnent, à l'année i^a». «une pension de c
«d'or, en (pialre lernus, aux ménestrels de mondit seigneur, a condition qu'il» 1
R deronl rien pour robes, vestenient, chevaux. " Pareille pen*ion est aceordéeaui IronpeUea
des ménestrels et aux trompettes de guerre, sous la même condition.
Les libéralités des ducs d'Orléans et de Bourgogne s'étendaient aux «riiMos d- in- l<-<
" Ut Diut dt Utmrgognt, par M. to iii.ii.j.i.^ »v Labonle, Pr«av«s. L II! . f*Hia.
i36 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
pays, et avaient surtout pour but d'assurer le décorum et l'éclat de leur service. C'est ainsi
que nous voyons « Jehan Facien l'ainsné , roy des ménestrels de France , » recevoir xxii francs ,
«pour le aidier a monter et abillier pour plus honorablement le servir;» Josse Régnier,
«roy de respinelte,a Lille,» être gratifié de cent francs, «pour lui aidier a soustenir les frais
« et missions que mondit seigneur lui commanda faire » ( i 4 a 6 ). L'année suivante , nouveaux
dons aux ménestrels de Paris, de Cologne, de Clèves, de Bruges, etc. Près de cinq cents
livres sont consacrées à ces générosités '".
Moins riche que ses oncles et cousins , le roi de France ne pouvait se montrer aussi ma-
gnifique. Cependant il avait ses ménestrels, et on les voit figurer assez fréquemment dans
les Comptes de l'Hôtel. En i38o, Jehan le Sage, Guillemin et Lyonnet, «lesquelx avoient
«joué de leur meslier devant le Roy,» reçoivent 8 livres i6 sous parisis. Vers la même
époque, «Hennequin Callemadin, ménestrel, lequel a dit diz de bouche devant le Roy,»
est gratifié de dix francs. Le même compte mentionne également «les heraux et menestriez
«qui ont esté devers le Roy, le jour de Penthecouste,» et auxquels on accorde «iiiixx livres;»
«les menesterels Colinet Parent, Germain Gasteblé, Jehan et Lyonnet le Prévost,» qui en
reçoivent seize. L'année suivante, des fêtes ont lieu en diverses résidences royales, et les mé-
nestrels y sont conviés, avec ce qui restait alors de trouvères et de jongleurs. Les Comptes
de l'Hôtel ont gardé trace de ces réjouissances et des libéralités du Roi.
«Les menestriez du duc de Guelles, lesquelx avoient esté et joué devant le Roy en sa
«court, par xii jours, xxiv liv. parisis. '?
«A trois ménestrels qui avoient joué d'entreget . . . devant le Roy, par m jours, lxiv sols
«paris.. . »
« Les menesterels du duc Auberl qui ont joué de leur mestier devant le Roy a Com-
«piengne, lxxx sols par . . . »
«Jacques Daubenton, faiseur de diz, lequel avoit fait par plusieurs fois diz devant le
« Roy . . . xxxii sols par. . . »
«Nycholas leViellare, menesterel de bouche de M*' le duc d'Anjou.. . xvi sols par.. .'*.
Ces diverses gratifications se réfèrent à la période heureuse du règne de Charles VI;
mais les malheurs sont venus, et le Roi, qui n'a pas toujours dans son hôtel Saint-Paiil de
quoi «soustenir son estât, » en est réduit à être le débiteur de ses ménestrels. Il faut qu'une
confiscation lui fournisse le moyen de se libérer, et c'est avec les biens des Armagnacs ou
des Bourguignons, selon l'occurence, qu'il acquitte sa dette. En i4i8 (n. s.), la succession
de Nicolas d'Orgemont, dont nous avons raconté la disgrâce**, sert à payer les arrérages
dus à Jean d'Avignon : «Considérés, dit le Roy, les bons et agréables services que nous a
«faiz ledit Jehan d'Avignon, lui avons donné, cédé, quictié et transporté pour lui, ses hoirs
«et ayant cause, a toujours perpetuelment et hereditablement, lx sols parisis de rente que
«prenoit chascun au feu maistre Nicole d'Orgemont . . . laquelle rente estoit a nous appar-
« tenante parla confiscation des biens dudit maistre Nicole, lequel a esté condempné en
«chartre perpétuelle pour crime de lèse magesté par lui envers nous commis '*\ »
''' Les Ducs de Bourgogne, \>aT M. \e marquis de de France, par M. Douet d'Arcq , t. l, passim.
Laborde, Preuves, t. I,;>fl*si»i. '*' Voir ci -dessus, p. 343, à l'article biogra-
''' Choir de pièces inèdiles relatives au règne de phique de Guillaume Sanguin.
Charles VI, publiées pour la Société de l'Histoire '■'' Choix de pièces inédites, etc. t. Il, p. i66.
LES LETTRÉS, LES ARTISTES ET LES ARTISANS A PARIS. 4S7
Il ne reste aucune trace dcrite de» lil)<'-ralitës que les PrëvAts des narebaiidf «C EdicnM,
les hourf^eoi» et les corpH Je ni<^licr ont pu faire aui méaetlnh «de boodbe al de
pendant la pc^riode (|ui nouii occupe. ToutefoiK l'eiamen det diven «rtielw dei i
que la Confrérie de Saint-Julien n'imposa vers la fin du siv* siède et ao
du XV' |)(>ruiL't de rroim (pie les b<^n<^fice8 réalises par les menbrM de la eoqMration ^iml
assez corisidi;rul)lus. Les amendes pour désobéissance au roi des inénestrab, iofraction aat
lois du inëticr, insuflisance, etc. ne sont pas inférieures k vingt sols. La réeeplioa k la maî-
trise emporte une taxe de pareille somme. Les preuves de capacité, de «saffisaoee,» eomMe
on disait alors, sont nombreuses pour les aspirants qui se destinent i l'enMigMaanl de la
iiniHicpie (ït du chant, et (pii ont l'ambition de paraître chez les riches bouigaaia, daos les
noces opulentes, aux foires du Lendit, de Saint-Laurent, de Saint-Germaill, mtlîêlm et
pèlerinafjes des environs de Paris; ce qui fait présumer qu'un instmineoUfte et on chaalesr
de mérite |ra(piaient de bonnes journées. Mais il leur fallait partager avec leur roi, doal le
privilège, restreint d'abord h la capitale, tendait k rayonner sur tout le royaume; avec la
Confrérie, qui avait d)>s veuves et des enfants h soutenir, et enfin avec l'hApitalSaiol-Julieo.
qui était, pour In corporation, une sorte d'hdtel drs Invalides.
Un lien naturel rattache les cours d'amour aux trouvères et aux méoealreb, i|ai es
étaient, avec les dames, le principal ornement. On sait que ces tribunaux galants s'étaient
formés dès le xii' siiVIe, au midi de la Loire, et particulièrement dans le Languedoc et la
Provence. Présidés lanlAt par des dames, tantôt |>ar des rois et des grands aeigneafs ipii
prenaient le titre de Prinret d'amour, ils ne se bornaient point k composer oa k fiure com-
poser des chansons , des tensons et des jeux-partis : ils rendaient de véritables arrêts, revotas
de toutes les formes judiciaires. On peut voir dans le Traité de l'art d'aimer, rédigé en
1 170 par le chapelain André, sous ce titre Liher de arte amatoria et iffnkatimt mmana, ce
qui se passait dans ces cours amoureuses. On y proposait un point à résoudre, et c'était le
plus souvent quelque question d'amour railiné, quelque problème de haute galanterie, dont
la solution ne pouvait être donnée qu'en vers. La plaidoirie, dit Daunou, était une imi-
tation des combats chevaleresques, des procédures judiciaires et des disputes aigatieoses
des écoles; triple sinfjcrie, ajoute-t-il, qui ne pouvait manquer d'égarer et de dégrader les
talenls littéraires dont elle était l'npprenlissafje. L'arrêt h rendre devait être conforme au
dispositions d'un code amoureux en trente articles, qui fail partie de l'opuscule du cha-
pelain André.
Par un sin^^rulier anachronisme qui contraste douloureusement avec les OMlbeurs de
celle époque, une cour amoureuse, cabpiée .sur le modèle de celle» qui florissaieni depuis
lon|;letiips dans le midi <le In France, fut créée vers l'an i4io, i l'hôtel Saint-Paul, au-
tnnt pour distrniro le pauvre roi aliéné que pour satisfaire aux galants caprices d'isaheaa
et de ses femmes. Cette institution était dans toute sa nouveauté au moment où écrivait
Giiillebert de Metz, et il semble probable qu'il a voulu la désigner, k moins loDlefois <|«e
son ' prince damours " ne soit tout simplement le roi des ménestrels ou de l'épuMttei eomme
on l'appelait en Flandre, tenant provision de virelais, rondeeni, ballades, laqoel élail,
comme on le sait, nonuné par le souverain pour exercer une sorte d'autorité sw sas coafrèraa.
438 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Dans le doute, il n'est pas sans intérêt de consigner ici quelques-uns des détails que
fournit, sur la cour d'amour de Charles VI, un manuscrit copié au xvii" siècle sur un
original plus ancien et commenté au xviii" par Lancclot et Moreau de Mautour. Ce ma-
nuscrit, qui nous a été obligeamment signalé par M. Douet d'Arcq, comprend les noms,
les titres et les armoiries enluminées des principaux officiers de la cour amoureuse. Dans
la première catégorie, dont le manuscrit, lacéré en cet endroit, ne donne pas la désigna-
tion, figurent les plus beaux noms de l'aristocratie française : on y voit, entre autres,
les Craon, les Hangest, les d'Angennes, les La Rochefoucauld, les Chabannes, les d'Estou-
teville, les d'Ailly, les La Trémouille, les Chastillon, les Mouchy, les de Rieux, les Lannoy,
les Longueval, etc. etc. Viennent ensuite les grands veneurs de la court, puis les thrê-
soriers des chartes et registres amoureuses, au nombre de cent quatre-vingt-huit, appar-
tenant, pour la plupart, à la riche bourgeoisie ou à la petite noblesse. Aux trésoriers suc-
cèdent les auditeurs de la cour d'amour, où l'on voit, avec quelque surprise, figurer un maître
en théologie, des chanoines de Paris, de Tournay, de Cambrai, de Saint-Omer, des maîtres
des requêtes et des conseillers au Parlement. Au-dessous de ces dignitaires sont placés
les chevaliers d'homieur, conseillers de la cour amoureuse, au nombre de cinquante-neuf, les
chevaliers trésoriers, les maîtres des requêtes, parmi lesquels se trouve le nom de Charles
CuWoë, prévôt des marchands, et celui de Cousinot, riche bourgeois qui joua plus tard
un rôle important. La liste se termine par lés secrétaires et les substituts du procureur gé-
néral près la court amoureuse, les concierges des jardins et vergiers amoureux, et enfin par les
veneurs ordinaires de la court amoureuse '".
Une telle énumération dispense de tout développement: la cour d'amour, qui, à une
autre époque, aurait pu devenir l'un des ornements du palais et l'une des splendeurs de
Paris, n'était plus alors qu'une douloureuse antithèse. Elle représentait d'autres cieux,
d'autres mœurs, un passé disparu; aussi n'a-t-elle exercé aucune influence littéraire sur
les écrits de ce temps. Une mention incertaine dans l'ouvrage de Guillebert de Metz, et
une liste de noms enfouie dans un manuscrit, voilà tout ce qui reste de cette institution
dépaysée, à laquelle il aurait fallu les douceurs de la paix, le climat de la Provence et la
langue des troubadours.
5° LES MÉDECINS, LES CHIRURGIENS, LES ASTROLOGUES.
(tHOMAS de PISAN, THOMAS DE SAINT-PIERRE , GILLES SOUS-LE-FOUR , HENRI DE FONTAINES, ETC.)
En groupant sous une même rubrique les médecins, les chirurgiens et les astrologues,
nous entrons dans la pensée de Guillebert de Metz , qui paraît avoir rapproché leurs noms
à dessein, et nous indiquons, dès le début, le lien étroit qui, au moyen âge, unissait l'art
de guérir à la pratique des sciences occultes. La mauvaise physique de Pline avait fait
école ; les hypothèses d'Aristote étaient prises au sérieux , et les rêveries des docteurs arabes ,
compliquées des arguties de la scolastique, se joignaient aux ténébreux calculs des tireurs
d'horoscopes pour égarer complètement la médecine du bon sens. Deux livres étaient cons-
'"' Consulter le manuscrit (Bibliothèque impé- de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, t. Ml,
riale, supplément français, n° 626) et les Mémoires p. 287 et suiv.
LES LETTRÉS, LES ARTISTES ET LES AHTISAXS A PARIS. 4S9
(animent ouvert» : la nature, ie corps de riioinmo; et l'on •'obrtiiiait à n'y point lire. Au
lieu (l'i^tudier Ion siinplex, d'intcrrof^nr ror^^aniitmr; humain, d'eipMaMatflr « mÊmmtX, H
de rccunillir patinniniont U'h oliscrvationii raite» au lit dn malades poor en (orner* avec le
tnnips, un corps de doctrine, on s'opiniAtrait à commenter Hippoerate et GalieB, k di»»
ciller sur CcUo et Aviccnno, h chercher le len* d'un paMage obteor plotAt qv'i Vffi*'
foiidir le mystère de la vie et à découvrir les «eereU du nul. On g^oaait amr ie» testea.
alor» (|u'il aurait falhi voir de ses yeux et palper de ses mains. Le teol livre qa'on n'aurait
pas (U\ consulter /ttait précisément celui dan» lequel on croyait tout lire : la eonjondioB
de Mars et de Vénus sous un certain sif^nc, l'éloif^ncment, le rapprochenent de Jupiter on
de Mercure, valaient, pour un cas de maladie, le teitc le plus clair et rarganwnt le plus
siihtil. Les observations les plus justes et les plus rigoureuses dMuctions ne
devant la découverte vraie ou prétendue d'un des areanes du grand <
Il serait injuste, cc|)cndant, de ne point reconnaître les quelques progrès Ciita |>ar l'art -( m i,
de guérir dans le cours du xit' sitkle. Sans parler de l'école de Mont(*«llier. et pour nous w^HT
en tenir au Studlum Pariiinixe, nous constatons qu'en t3oi l'LniverMté fait un statat
contre les médecins i|;norantit et cncoura|{e de tout son pouvoir l'étude des srieaees Médi-
cales. Vin{;l-deux ans après, cette mesure avait déjà porté ses fruits, puiM|ue Jean de
Jandun, en voyant passer dans les rues de Paris les praticien» de M)n temps, revétos de
riches habits et coiffés du bonnet doctoral, s'écrie: «Oh! qu'il faut aimer ces boas miàt'
(teins (pii se conforment philosophiquement h la pratique de leur profession, aux régit*
r d'une .savante physiipu' et d'une lon|;ue expérience"'." Il est im|>oMible, ainsi que nous
l'avons fait remarquer en commentant ce texte, de mieux apprécier le rôle de la médermr
et les procédés qu'elle doit mettre en usage. S'il faut en croire Jean de Jandun, un |ien
louangeur de son naturel, le bon sens tendait alors k se débarrasser des entraves d'un*-
fausse science et il substituer la pratique t\ une vaine théorie : ousm ^e^time des ëtrangen
était-elle la récomp<'nse des efforts tentés et des progrès accomplis dans cette voie. Ver»
i3^io, le médecin italien Gcntilis de Foligno conseille à Ubertino de Carrare, seigneur de
Padoue, d'envoyer à Paris douze étudiants : hommage impartial rendu aux fortes éludn
(pi'on y faisait à cette éj)oquc. Quehpies années après, un praticien de Montpellier, qui
avait composé un traité sur l'épidémie, ne trouve rien de mieux à faire que de le dé'î
la ilorissante école de Paris et h l'Université tout entier»» : HnrrMli BluJio meJim Ptr
lie (où l'iiiiTriltnii. Knfin, l'année même où Guillebert de Melx termine son livre, le .1
gien Lanfranc ou Alenfranc, de Milan, dans son ouvrage de ■^ciroqîie. escript a Monl-
tpi'llier au mois d'avril l'an m.cccc et xxxiiii.') remercie la Providence de l'avoir tnu»»|»orl«-
<ta Paris, terre de pai\ et d'estude. 0 Paris, ajoule-l-il. |>our le siège de la majeslé nualr.
«pour l'excellence de lov, jiour l'abondance de biens, pour rinle|ligenc«« de» filntofrs.pour
n la seurmontaiice des théologiens, lu peux eslre dicte Paradis: Paris, royale cité sans prr;
« Paris, ne scarhant point de part, car tu octroyés également au vTay roy ; Pari», c'est a dire
ajuste, car tu sces treuver le juste en toute science, car en tny rhaseon ose de son droirt;
R Paris, engendrant les clers, car toujours conceps les Mf^igeos en Ion «eatre ao darreaaer
'' Traite Jti huoHfftt ilf P-'r!* il il.-vin» , p, 'i-j *>l hH.
ààO
DOCUMEINTS ET ECRITS ORIGINAUX.
«sage. De mal a moy qui tant de temps ay perdu sans veoir ton honorable et très saincte
«estude. 51 — «Certes, dit M. Paulin Paris, qui nous a fait connaître ce curieux passage,
«voilà, dans la bouche d'un étranger, le plus magnifique éloge de la ville de Paris et de son
enseignement médical, suavissimum et honorabilissimum stitdium'^'K » Non content de|ce témoi-
gnage, Lanfranc nous apprend, à la fin de son cinquième traité, qu'il a été parfaitement
accueilli par la Faculté de Paris, que les docteurs régents, le doyen Jean de Passavant et
des bacheliers rccommandables l'ont prié non-seulement de faire des lectures sur ses pro-
cédés opératoires, mais encore de composer un livre en forme sur les règles de l'art et
toutes ses appartenances, cum suis mljacenlits. Très-honoré d'une pareille demande, le chi-
rurgien milanais s'est empressé de prendre la plume ®.
Des encouragements d'une autre nature arrivent en même temps à la Faculté de Paris :
les bourses des collèges, réservées jusque-là aux artiens, aux théologiens et aux cano-
nistes, commencent à être données aux étudiants en médecine, et la royauté, qui s'était
bornée jusqu'alors à avoir un «fizicien» au palais, témoigne, par de nombreuses ordon-
nances relatives à l'étude et à l'exercice de l'art médical , qu'elle veut enfin arracher cette
science à une routine séculaire '". Mais les obligations de la médecine parisienne s'ac-
croissent en même temps que les honneurs dont on l'entoure et les règlements qu'on lui
impose. La guerre de cent ans, la peste noire et les épidémies qui se succèdent pendant
plus d'un siècle multiplient les malades et lés cas à observer; la démence de Charles VI
ouvre un vaste champ à l'expérimentation, et les médecins de la capitale ont désormais à
se mesurer avec les docteurs italiens, flamands et anglais, qui font partie des maisons
d'Orléans, de Bourgogne et de Bedford.
Tbouiaa de Pisan ,
Thomas de Saint-Pierre.
C'est à ce moment qu'apparaît une légion de magislri in physica^'^\ parmi lesquels se dé-
tachent deux personnages connus de noire auteur, Thomas de Pisan et Thomas de Saint-
''> Bien que Lanfranc ait lui-même traduit le
passage que nous venons de reproduire, il faut le
lire dans le texte latin pour juger de l'enthousiasme
du chirurgien milanais et pour y voir tous les traits
raflinés qu'il y a mis : ir Pater omnipotens ... me . . .
irParisius , in terra pacis et studii . . . transplantavil.
irO Parisius, propter regiae majestatis sedem, prop-
ffter curialis speciei excellentiara , propter honoris
irhabundantiam, propter philosophorum intelli-
ffgenliam, nierito paradisus nvincupan potes. Ore-
trgalis civitas, Parisius sine pari! 0 Varisius partis
tinscius, nam faves unanimiter vero régi ! 0 Pari-
frsius,;)an'««cju«, nam scis justum in scientiis om-
irnibus reperire, et in te quisquis fruilur juste jure
rfsuo. 0 Parisius, scientes pariens, nam quotidie
rr négligentes tuo concipis in utero, demumque /«jris
rreosdem sapienles. Vae mihi quod tantum tempus
irperdidi, tuum suavissimum et honorabilissimum
n-studium non videndo.i (Bibl. imp. mss. latins,
n° 7139.) Nous avons souligné quelques jeux de
mots sur le nom de Paris : on peut les rapprocher
de ceux de Jean de Jandun et du Dit qui fait l'objet
de notre dernier appendice.
<*' Biblioth. imp. manuscrits latins , n" 7 1 99 , cité
par M. Paulin Paris (if« manuscrits françoi» de la
bibliothèque du Roi , t. V, p. 9 43).
''' Voir, entre autres , les ordonnances de i35a,
i353 et 1890, dans Du Boullay, t. IV.
'*' V. Le Clerc cite notamment Jean Hennequin,
Henri de Hermondaville, Robert Fabri, Ermen-
gard, Ernouf Quiqempoist, Geoffroi de Courvot.
Guillaume Aymardi, Gilbert Hamelin, Gilles de
Semiville , Gervais Chrestien , Evrart de Conty , Jean
de Guisley, Jean Boutin, Jean de Toumemire,
Jacques Du Bourg, Jean Jacobi, Jean de Nesie,
Regnault Fréron, Jean Tabari, Guilbert de Gelsoi,
Jean Pitard, Guillaume Racine, Arnaud de Ville-
neuve, Pierre de Saint- Flour, Richard de Paris,
Vital Du Four, Jean de Rassoies, Pierre Fremont, etc.
(Histoire littéraire de la France, t. XXIV, p. 470.)
LKS LKTTIIÉS, LES ARTISTES ET LES ARTISANS A PARIS. ill
Pi(!rr<;. (juilltihcrt de M(.-tz nr^ ritf que l<! B<>con(i, mais il avait cerUineuieotMilaoda parler do
père tic (ilirixtirie; l'un <'t l'nntn; r<-|)r*>j*cnt<!nt d'ailleurf et personnifient, k («rtaiiM égsrdi,
;<; qu'oïl |iouvuit appclfr, vers la fin du xiv'ftièrie, la médecine de l'avenir. TbouMtde P'uma,
|U)) sa fille nous dit avoir étë «dortorifit^, a Bolonf^nc la Gnuae, en la aeienee de OMd^
cin(!,» est inari<^>, uxoraltu; il n'appartient [>oint h i'V,\^iw, comme preiqae tout lecanw
m/'diciil (l<- Pari», et constitue, en Tare de la médecine cléricale, un eiemple virant da
doctorat laii|uo. (]'est dans ce Kcns qu'il est le prëeoneur d'un nouvel ordre de choaca,
tandis que, d'autre port, il tient au pa«sé par les chalnet de l'aslrolofpe. Thomae de Saint-
Pierre, au contraire, est un homme d'église ; prêtre et chanoine, il semble unir lai
h la tln'olofpe; mais il se rattache h l'école observatrice de Guy de Chauliac, et ana
mil' rii[itiin' décisive aver les vieux errenH-nU,
Qiioi(|iif l'existence de Thomas de Saint-Pierre ait été fort longue, m biographie est de»
plus courtes, comme celle de tous les grands praticiens de cette époque: elle M borna i
ipichpies faits dont la plupart nous ont été siijnalés par M. le docteur Chéreau, l'un de no*
<<i||iil)orateurs"'. On suit (|u'il était chancelier de l'église de Baveux et physicien du roi
(iliarles VI, ainsi que de "sa 1res améc suer Katherine.» Ces titres lui sont donné* dan»
deux lettres patentes datées, l'une du a a moi i38/i, l'autre du 7 février iSSy. Selon le
|ireinior d*; ces documents, l(> Hoi , ayant été informé (|ue les maisons de < Henri Pbaramos,
nprehsire chapelain de maistre Thomas de Saint Pierre,» avaient été rasées par le fait de
la guerre, et voulant réparer les dommages causés au pauvre chapelain, lui fait don d'une
maison « assise en la ville de Bayeux, devant Nostrc Dame,» laquelle avait appartenu à un
sieur Klienne ()ha|>pelain, mort sans héritiers, et pouvait bien fournir quatre livres de
rente ^''K Dans la seconde pike, il s'agit du testament de Guillaume de Saint-Gcrmaio, li-
cencié es lois, procureur général du Koi, et de Désirée (lulduë, sa femme. Les teslalean,
désirant laisser tous leurs biens pour de pieuses ftmdations, confièrent l'exécution de leurs
dernières volontés à «honoiirable homme et discret maistre Thomas de Saint Pierre.
"chancelier de l'église de Hayeux et fisicien du Roi.» Sur la demande de son nédadn,
(iliiirles \l amortit les rentes provenant dudit testament ''*.
Tliumas de Saint-Pierre est frécpiemment mentionné dans le premier volume de la séné
des registres (|ui appartiennent à la bibliothèque de la Faculté de médecine de Paris. Doc-
teur régent, c'est-iVdire professeur À la Faculté, il figure en cette qualité dès 1379. En
i.'{()'i, il fut nommé chanoine de Paris et prévôt de la prébende d'André^, en eouarvanl
toutefois son titre de chancelier de l'église de Baveux. L'année suivante, on la voit anister
à une assemblée tenue aux Malhurins [tour donner la licence k un certain noabfe de Mh
cheliers. L'un d'eux, Joanne» de IHsù, était uxoratus, et la Faculté hésitait i Tadmeltre. Ce-
pendant on fit réflexion qu'il avait ganlé le célibat |>endant le cours des étodes prépara-
toires au baccalauréat, qu'il ne s'était marié que depuis peu, et qu'ainsi il était eicoaabie.
Le candidat obtint ses licences, et il est permis de croire que Thomas de Saint-Pwrre,
'*> M. le (iorteur Cliéreau , qui a rnUrpris d'écrire mas de Sainl-Piane daas fUmm miàtmk (1 Ma ).
|K)iir YHùtoire générait dt Paru les annalea de la "> Archives de rEmpire, JJ. 1 «8. charte mi.
iMédecine et de la chirurgie parisiennes, ou . pour ki. M v*.
|Nirlcr|iliise\nrloiiient,lflnioiiogra|)!iieilelaFaniilé '*' Ardùvet de TEaipàe, JJ. 1S8. charte tH.
•le im<<i(<f ine . n donné tic» rcnseijpienjonl» sur Tho- fol. 33 v*.
■18T. — I. *•
442 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
régent éclairé, ne lui fut pas hostile"'. En i/ioi, notre chanoine-docteur avait atteint un
âge si avancé qu'on le revêtit de la dignité d'antiguissimus ou doyen d'âge ; il était le vé-
téran de l'école. Cependant, malgré le poids des ans, il faisait acte de présence à toutes les
assemblées : Du Boullay le constate et les registres de la Faculté en fournissent la preuve
écrite. C'est ainsi qu'on le voit assister, en i iog, à une réunion où il s'agissait de trancher
le différend qui s'était élevé entre les régents, c'est-à-dire les professeurs de l'Ecole, et les
non-régents ou médecins libres. On déniait à ceux-ci le droit de suffrage dans les grandes
affaires de l'Université, et l'on ne voulait pas surtout que les deux mots cœteris paribu»
(toutes choses égales d'ailleurs) fussent pour eux une sorte de compensation. Du Boullay,
qui nous fait connaître la présence de Thomas de Saint-Pierre à cette assemblée, ne nous
dit point dans quel sens il se prononça '*.
Ce vénérable régent mourut le 3o octobre lûao ; il était sans doute plus que nonagé-
naire , puisqu'il portait depuis dix-neuf ans le titre d'antiquissimus. Le registre de la Faculté
ajoute à celte qualification, déjà très-significative, les deux mots valde senex^^K Voici dans
quels termes le doyen du chapitre de Notre-Dame mentionne la mort de son savant con-
frère : «Die jovis, xxx' oclobris h-mu^xx. Postea venit ad notitiam quod magister Thomas
« de Sancto Petro decessit in curia '*'. » Qu'il faille entendre par ce mot curia l'Ecole de mé-
decine ou la cour des chanoines, c'est-à-dire le cloître, Thomas de Saint-Pierre n'en se-
rait pas moins mort dans l'exercice de l'une ou de l'autre de ses fonctions. Homme d'église
et homme d'enseignement, il paraît n'avoir connu d'autre chemin que relui de Noire-Dame
et celui de la Faculté.
Gilles Sous-ie-Fogr. 11 Semble que l'existence de Gilles Sous-le-Four ait été moins paisible. La chirurgie, en
effet, loin d'être, comme la médecine, en pleine possession de ses droits et privilèges, avait
à lutter, d'une part, contre le préjugé du sang [Ecclesia abhorret a sanguine) et le respect
excessif qu'inspirait la dépouille mortelle de l'homme ; de l'autre, contre les tendances en-
vahissantes des barbiers, dont l'immixtion dans le domaine chirurgical abaissait la pro-
fession de l'opérateur. Gilles Sous-le-Four s'identifia avec le corps dont il faisait partie, et
réclama avec persévérance contre les préventions dont la perpétuité condamnait la chi-
rurgie à une longue enfance. Il fallait d'abord la séculariser complètement, afin de faire
tomber ce préjugé du sang inhérent aux hommes d'église, ce qui n'était pas le point le
plus malaisé, car la majorité des chirurgiens était laïque'*'. La permission de travailler
sur le cadavre était une bien autre difficulté : ici on se heurtait à un sentiment des plus
honorables, et le respect qu'on avait pour les morts faisait périr les vivants. En tAgS,
c'est-à-dire près de cent ans plus tard, on faisait encore, à titre de réparation, célébrer une
messe pour le repos de l'âme d'un homme dont on avait osé ouvrir le cadavre dans les
''' Voyez Du BouHay, Histor. Univ. Paris, t. IV, qui souscrivaient annuelienient les statuts du corps
p. 894. ne comprend que trois ecclésiastiques: Robert Mo-
'*' Du Boullay, Histor. Univ. Paris, t. V, p. 196. rillon el Gilles Des Moulins, cbanoines de Paris.
''' Rostre ms. de la Faculté de médecine de Jean Le Conte ou Le Cointe, chanoine d' A vranches
Paris, t. I, p. 936. et de Saint-Marcel. (Voyez Recherches sur l'origine
'*' Archives de l'Empire, LL, an, fol. aaa. de la chirurgie, Paris, 1746, in -8°, Preuves,
''' La liste générale des prévôts des chirurgiens p. 388.)
LES LKTTUKS, LKS ARTISTKS KT LKS ABTISANS a PA8I8. A43
t^colcH (le la rufl de lu BûrliL'ric Ia-h prof^ri;», m>u> ck rn|tp<>rt, fuririil ai lasto, qu'an ttfti
[iidiiif au XVII* tttècle lo» occaiiionit de diiisi'-(|uer nVitainnt ni moiiu nn» ni moins racbcr-
<-h('M>fi '". (iilIcK .Sou»-lc-Fuur ne |iut, mju» ce rapport, que hâter, non-teulement deutfami,
mai» de .s<>k parolex et de geit ëcriltt, l'heure où la rhirurgie lierait comaUtaHMOl éauuKMAe.
Nous nt* |)i)Uvr)iiN alliriucr, mai» nous inrlinon.» h rroirc qu'il fut uoar qaalqiM rhwr din»
la iV-ièlirc ordoiiiiancf <!<■ (iliiirl<-^ VI relative au\ travaux de diaMctioo "*. «Le jour où l«
« Hdi, dit V. Le Clerc, donna ou confirma la |N!ruiiMion de délivrer annuellemeol un ca-
"davre de HU|i|ilicii' h la Faculté de médecine, et reconnut ainsi que le» études analoaHqa«
f valent mieux pour un médi;cin que lejt arguments hubtils ou Im aeents ramalureU, ce
"jour-iii il avait rerouvr/' la raison '".»>
NouN soiiiiiie.s plus cerluins d<- la part que Gilles Sou»-le-Four prit i la réhabilitation
de l'art chinirgical, d'abord prè« de la Faculté de médecine, puis devant l'opiaion pu-
liliijue. Voici dans quel» termes l'auteur des Recherche» lur rorigmt dt la ekirmrgie parle
de la démarche faite par la communauté des chirurgiens pour arriver au résuilal qu'elle
désirait si vivi'iiiciit.
~Mal),'ré la jalousie des médecins, les Facultés adoptèrent enfin les chintrgiens. IMs
" 1390, elles s'éloient assemblées pour examiner les représentations du coUëge de SainU
" Louis. Gilles de Souiphour, maître es arts et en chirurgie, parut dans celte aMMabMe &
" la tête des matlrcs et d<>s licenciés de son art ; il parla avec l'assurance d'un hoouni* qui
« n'allfudoil pas des refus. Au comm<>nci-ment de son discours, il prodiipia, suivant l'usagr,
"des litres respectueux que la iiiodeslii' des sçavans n'a jamais rebutés; il s'adressa aux
"chefs des Facultés, en leur donnant le nom de Messieurs et de Maîtres; il leur repré-
-senta ensuite que les chirurgiens n'étoient pas étrangers à l'Université, que leur art
' Le u-j mars 1696. les r^gsnts de la nio de dans l'ampbitlM^tredelanMilelaBédMrie, Itea-
1(1 lliVIierir etirt-nt In joie de di«<qner le corps d'un davre d'une fciiime qai avak Hé pandas fasl^aas
|ifluvi'o 8ii|)|>lioio uotiunë Jean Despatures; mais jours auparavant. L'histoire «le ee eadavn ail asMS
ces bonnes forliiaes leur arrivaient ataoi mreiiicnt. MOgnlièfe. ConeMë d'abord par le boarrean k Jeoa
La Fiiculté n'nvnii pus de local où elle put fain» de Lorroe, mMsein ordinairs de Lmw XIII. pa»
npportcr les catluvrcs et les ouvrir chei elle; de réclamé par la Pacnllë, qnî.asals, avait ledraîl dr
si)rtc que, comme cela se fit en mars lôfi^ |iar profiter de eesboaaasoeeanoas, il
Jiircpies (ioii|>il, sur le c(>r|>s d'une feniiiie morte le doyen et leiroavé dans la aMÎna arfassds es 1
en travail puer|H'ral, elle dtait oblif^éc de faire ces dedn royal. De là . pr oc^s- verfisl . (
rnn's (léMionslrulions dnns les raveaiu de riiôtel» lier, etc. S'appayaul sur *oa titre de I
Dieu ; ou bien les maîtres réfrents era|Kirtaient les noire du Roi , et ne rssaaaaianal ponr chsf <pe 1»
riirps rhez eux et m> livraient avec anleiir h l'étude premier nH<deda deSs Hsjsrié.qaiélsîlslsn Jaa
lie In nature. (î'cst avec un nulile sentinienl d'orgueil lli'rouani . Jean deLonaerdassdsivrer iseadavi*.
que l'illusln; Joripies Sylvius roronic, dans son /••• Le lendemain, secoode ienlative de i
/^oj^f, imprimé en i.^S.') (fol. rm il xi'(| ipi'il |iiil 1 nmpagint fslis fcii da linalnasat lia ftMt
dis.Ht'tpier dans hoii propre cobimi . iioii M'ulrnirn! 'Iix-sapt anhsn. Ls cadavrs sM salsvf, jalf
des sin)[es. des hreliis, di>s roeliori'i, lui chien, un dans une thsrwitlS St porté
eerf, une truie, mais enrore un ninrun qui s'était éeoies ds la raedelaBAeharia.(iViliiiesar fcsdnlia
tué en londiant du faite d'une niais<in. une femme Jt oïdfcnai dt ii nw di ii Mrtirw . par le 1
morte en rourlies et une jeune tille qui avait sur- Achffle Qiéreaa, p. 16 et 18.)
rondié il une nlTirtion squirrheuse <^ Oritnumtu dm rm dt f^mM , L VIII . p. -^
Le 30 décembre iCjo, lliolau put disséquer. '' flMfcireli**wr»d»iifVBa«»,tXXIV.p. 4;:»
ààfi DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
«n'avoit été confié qu'à des mains éprouvées; que les rois avoient excité et récompensé
t^ l'émulation des chirurgiens par divers privilèges ; que ces droits , en honorant le mérite ,
«écartoient l'ignorance; que l'inobservation des lois ruinoit la chirurgie, cet art si utile
«aux hommes ; qu'elle éloit en proye à tous ceux qui étoient assez hardis pour l'exercer;
r^que des charlatans abusoient de la crédulité du public, en se travestissant en maîtres de
«l'art; qu'ils avilissoient une profession honorable; que la vie d'un nombre infini de
«malheureux étoit exposée aux pièges de l'avidité et de l'ignorance. Ces chirurgiens si in-
« dignes d'un tel nom, ces chirurgiens, dis-je, contre lesquels Gilles de Soulphour s'éle-
«voit avec tant de force, étoient surtout les barbiers, qui, sous les auspices des médecins,
Rvouloient s'ouvrir l'entrée de la chirurgie. S'il ne nomme point les auteurs de tant de
«troubles, il veut ménager leurs protecteurs; mais il les accuse tacitement, et ils n'osent
«se défendre.
«Après avoir exposé les malheurs de la chirurgie, les députés tâchèrent d'exciter le
«zèle de l'Université ; ils demandèrent à ce corps célèbre des défenseurs de leurs privilèges.
«En lui recommandant leurs droits, ils crurent lui recommander ses intérêts propres, un
«art qui lui appartenoit, le progrès des sciences, la sûreté publique. L'affaire fut d'abord
«renvoyée aux maîtres es arts et aux nations; mais leurs délibérations furent précipitées;
«elles se réduisirent à en demander de nouvelles. Toutes les Facultés furent convoquées
«ensuite par le recteur; mais elles demandèrent de même un examen plus approfondi.
«Toutes décidèrent qu'on nommeroit des commissaires, que les représentations de Soul-
«phour leur seroient communiquées, qu'ils vérifieroient les titres et les droits de la chi-
«rurgie. Enfin, après un examen sévère, non-seulement on ne rejeta pas les chirurgiens,
«mais on vit clairement la réalité de leurs droits; on adopta leurs titres, c'est-à-dire ces
« lettres patentes où ils sont expressément déclarés licenciés , oti leur société est érigée en
«Faculté. Il est vrai que les commissaires ne parlent ni de licence ni de doctorat ; mais, si
«les chirurgiens n'avoient dû leur titre qu'à l'usurpation, n'auroient-ils pas été dépouillés
« de ces ornements étrangers à leur profession ? Les Facultés ne se seroient-elles pas révoltées
«contre de tels abus? Du moins n'est-il pas certain que, dans des actes pleins de ces titres,
«elles n'auroient pas trouvé des motifs de protection. Cependant, sur la foi de ces mêmes
«actes, elles offrent un appui aux chirurgiens, elles se déclarent ouvertement contre les
«barbiers et contre leurs protecteurs; elles reconnaissent dans le collège de Saint-Louis
«des élèves dignes de l'Université. Les chirurgiens restent donc en possession des titres de
«licenciés, de bacheliers et de membres de la Faculté '". »
Jean La louguo citatiou que nous venons de faire prouve que les chirurgiens avaient un
Denis Sous-ie-Four. exccllcnt avocat, puisqu'ils obtinrent gain de cause : mais tout n'était pas terminé, et les
difficultés devaient renaître encore. Il semble alors que la mission dont Gilles Sous-le-Four
s'était personnellement chargé devienne héréditaire dans sa famille. En i&36, son fils Jean,
venerabilis magtster Joannes de Sub Fumo, dit la Faculté de médecine, est député par ses
collègues pour demander, non plus un secours temporaire contre les charlatans cl les em-
piriques, mais une assistance et une protection permanente contre les intrus. La Faculté
'■' Recherches sur l'origine de la chirurgie, p. i64 et suiv.
LKS LKTTn|::S, LKS ARTISTKS KT LES ARTISANS A PARIS. éU
xe rt'iunit pourontcmln; Ich nMnontranc(>« thm chirurgîeofl^". «Jean de Soulphour paial daw
-cette (isN(>rrihl(^(', accom|iaf;n<^ de piusinura de »et confrères. Nom m mnntUmnm M dbi»
- riir|;i(!n , dit i'ntiti'ur, qiio par son ziile pour la gluire de m profeetion; conne u c» lèb eAl
- /tlfi. aHiicM il Hon norn , il Riiivit toiijoure les tracée de Gillee de Soulphour Il cbeitlui
- m^nio lin ii|i|iui plus anNurf^ cpin la protection an Facultf^, rar il le cberdia 6am le m6-
-rit*! (le Noii iirt'^'.n Ce mi^rite est ntlest/; par le» di(;nil«'fH dont Jeao SoM U Four était
revAtij : il était rliirurgicn du (^liAtelct, et avait, en c<;ttc qualité, à viatler lee m#*filf de
riIôlcl-Uimi '''. Df^nis Sous-l<^Four, fils de Jean et petit-fiU de Gillc», te montra digoe de
MU père et de son aïeul : il appartient, dit M. Achille Ch/'reau, k U brillante pléiade dw
dorleurs-rëgenU de la Farultéde médecine. Candidat en i Itfnj, licencié eo l&&t,éla dojfOB
trois fois, en i/ir>/i, i/iSf) et 1^180, il mourut dans l'eterrire de «on troiaiAne déCHMl,
laissant une réputation au moins égale h celle que ses aM;endants lui afaieot légnée.
Los astrologues, dont il nous reste à parler, sont nomhreut au tif* siècle, et l'Italie
ronliiiiiera, pendant deux siècles encore, à en fournir h la France. On ignore aaset géo^
raictiieiit aujourd'hui (|ue les prédictions chimériques fondées sur l'obserration des astre*
avnieiil pour elles, nu\ xiv* et xv* siècles, outre les tendances crédules de res{»nt humain,
l'autorité de suint Thomas d'Atpiin et de plusieurs aulrt>s céh'^bres docteun. « Cette science
«est vraie, disait Gerson, mais elle est dégénérée; qu'on travaille h la rétablir.* Il faut
croire, |)oiir l'honneur du docte chancelier, tpi'il voulait la conduire h ses deux abouliMianls
niitiin<ls, l'iistronomie et l'almannih, et l'arracher ainsi aux habitude», de vaine prédiction
qui la déconsidéraient ''. Il fut aidé dans cette tAche par Jean de Lignières, l'auteur aoonviuc
de l'ouvrage intitulé De temjtore pharnuieandi. Arnauld de Villeneuve publia des canons des
Tables alphonsincs, une Théorie des planètes, la description d'un instrument astronomique
des Arabes et mérita le renom de grand astrologien (en bonne part) que Trithemiu* lui
donna dans l'Age suivant. Jean de Li);nières fut le précurseur de ces ingénieux Cuseon
d'almanachs (pii averti.ssenl encore aujourd'hui nos paysans du jour où il fait «bon pour se
'' 1.» supplique dtM cliinirgiens débutait oiiioi : '' Hetkerthei nr Vitngimài U dtinÊrgm, p. 1 68.
irRectnr, et vos alii domini moi et iiiagistri niei "> Uililiolh. imp. IMpartaBcal des
''priinttniitiMimi , nos huiiiilos vnslri scliolnres ol di»- Kcnux , vol. I . fol. iS& »*.
-ri|>iili veniinus nd venei-nliiles doiiiinnlionra vos- " Il parait rcrtain qm GerHW a
finis, hiiniiliori qiin possiimus modo siipplicjiliiri, guer une vraie et une fausw istiolugîs, SSS» y'—
-ciinsiiliraiiti's i|uod iiioiloriiis t<<m|Miriliiis coiilra puiwe bien diJmiier, après Tavoir la. ce <|M psal
"Imiiiuiii ri'ipiibline piiircs insur^pint idxisores. Atrc l'astrologie vMtabie. En iSçS, la CmiiIi^ de
• ralsj i>i lirtirliinir|[i. venembihiii rhinir);in' scion- tbëoiqpe iaoça, k son iastigaliaB. aa iéuvt tm
r'Iiiini iiiiixiino dotiirpiiiitt^. o Après un dolnil rir- TÏngi-sepI arlidei «|ai eoadsanait li aH^pa i|aaS-
roiisliMirié i\n d(^o^ln<s qiio C4iusflient les char- (>ée par lui d'erreor eootre la fai, la
latnns. los d(<pllll^ ronriureiit ainsi : oQuarc in nalareiie et l'astrologie *nie, aattkgmutrm (Or
"subsidium n-ipublirv ia»(a*. et levonicfl gravami- tmritm tinm mtim wêagiemm). UtHÊtn pstt. ioa
■ iium nobis illalonim , nos 0 studio dislmbentium . tniié Dt rtmtttu tmimtmm mdtrwm H le
'rot nosiriiriini privili>);ionim rnnsor\n(ionpm, di);ne- 0mlnèifi0 l4«sly'isas eoatîsaMal MBa esaiplilacl
"iniiii nos pro nssortioiio liiijiisiiiodi reparatioois solide rAiiatÎM éss 1
'vobisciiin ndjim);rn<. ot sivniidum discretioMs qui n'a pss sipéché Syaseo de Phsws <b h
irvoslnis nos jiiMiro. - l/aiïuii'o nin^i pro|)osée fut lar, luietSM BMtIn PicRvd'Aflj.paraN ks
ronvoyiio iiiix Fnciiitt's ot nti\ .\atious. kgwsdees
àà& DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
-ç saigner, bon pour prendre médecine.» On doit savoir, en effet, disait l'astrologue auteur
(le ce traité, «quand H lune passe parmy les douze signes du firmament, a quoy elle est
wboine ou maie.»
Presque tous les renseignements qu'il est possible de recueillir sur les astrologues de la
fin du xiv' siècle et de la première moitié du xv' sont consignés dans un catalogue que
Simon de Phares rédigea sous le règne de Charles VIII. Nous avons vainement cherché dans
ce document le nom de Henri de Fontaines, lequel est peut-être le même personnage qu'un
certain Jean de Fontaines qu'on trouve mentionné assez fréquemment dans les registres de
la Faculté de médecine, de iSgô à ilioo; mais, en revanche, nous y avons recueilli
certains détails curieux sur la protection accordée aux astrologues et à l'astronomie par
Charles V, ainsi qu'un certain nombre de noms propres correspondant à l'époque dont
parle Guillebert de Metz. Voici le passage relatif au royal protecteur de Thomas de Pisan :
«Charles le Quint, dit le Sage, vertueux, débonnaire, bien amé de tout son peuple et
r craint des estrangiers. Cestui ayma tant la science de astrologie qu'il fist translater tous
«les livres qu'il peut trouver de la science des estoilles, et entre autres fist translater de latin
«en françois le Quadripartiti Ptholomei, le Cmlillogue, Abraham Avennerze, Guido Bonati,
v^Hali Abenragel et plusieurs autres. Il eut en merveilleuse recommandation les astrolo-
«giens, et se gouverna par eulx, et par especial par ung nommé maistre Gervaiz Chres-
«tien, qui fut grant et proffond astrologién et médecin, comme dit est. A la requeste
«duquel et autres de son sang aymanl la dite science, et par grande deliberacion de
«son grant conseil et de toute l'Université de Paris, il voulut construire (et de fait le fist)
«et ediffier et a Paris fonder, ou meilleur lieu de l'Université de Paris, ung collège de
« astrologie et médecine ou il mist plusieurs livres singuliers des dites sciences en grant et
«merveilleux nombre, et telz et semblables livres que la court de Parlement me a renduz
«et des semblables de ceulx qui sont en différant et que l'en maintient superstitieux
«contre vérité; y mist aussi plusieurs astralabes, equatoires, speres et autres inslrumens
« comme saphées , désirées et semblables , laquelle fondation il fist confermer par le pappe
«Urbain V^ etc.'"»
Vient ensuite la liste des principaux astrologues qui vécurent de la fin du règne de
Charles V jusqu'au terme de la domination anglaise. Nous avons extrait de ce catalogue
les noms les plus marquants.
«Maistre Marc de Gennes, grant astrologién et médecin résidant a Paris.
«Alexis Volant, docteur a Paris en médecine, souverain astrologién.
«Jehan de Marisi, maistre es arts à Paris, fist une prenostication environ ce temps.
«Gilles de Louviers, chanoine de Paris, fut moult expert astrologién.
«Maistre Jehan Petit, docteur en théologie et grant astrologién, fist une terrible propo-
« sition a Paris '^'.
«Maistre Phelippe de Montoire, docteur a Paris en médecine et souverain astrologién,
«fut en ce temps a Paris prenosticaire
« Maistre Aubert de Phares , docteur a Paris médecin et astrologién .
''' Recueil des plus célèbres astrologién», par Sy- soutenue après l'assassinat du duc Louis d'Orléans.
mon de Phares. Cette doctrine était particulièrement odieuse aux as-
'*> Allusion à la fameuse doctrine sur le régicide , trologues , dont elle réduisait les horoscopes à néant.
LES r.ETTllÉS, LES ARTISTES ET LES ARTISANS A PARIS. UT
" Fctriis (If! Monto Allinn. Iïh.-ui Ii-s ara a Paru, fouffisamnient iiutruit eo la aàtÊm im
"jUfjf'iTUînH (le nslrolo}jir.
«Charles (rOr([emonl, docteur a l'«ris.
"MuiHtre Jehan Genton, chancelier de l'eglicc de Paria, doetoarm UmoIo^, dwiiiih
"(lu (iil rnriliii.'il (Pi<-rri- «l'Ailly, qui crut ëgalemeot à l'astrologie).
'•■ Miii.slri! Uenis de Suzennes fut en ce tffmpfl a Pari* MuffiMOt MiroloaMI.
« McKHire l'ierre de Saint Vullerien, chtinoine de Piiriil fiipnrl nn ■imfcwiMOiMMllilllagia.
«En ce temps fut a l*ari.s niui»tre Hollande Srri|itori«, deans aomni, boaaiIrologiM,
"lerpiel eut différend avecq niaistre Laurens Musce our la calcullalion de ion afaMMcfc
■•|M)ur l'an mil cco: wxvii, le(|uel fut mis es mains du recteur de l'Univenil^ de Paria poar
" i'ti(|uiTir (le la vent(> du dit dilferend ; et furent esleuz par le dit racteur et «irmntif poar
xre l'aire maistre Symon de iioesmarre et maistrc J(!han de Treda, ■irtaHfi ér»***"*' i*«i
" llieolo(;iu et i^rans astrologiens, lesquelz en discutèrent hien et verlMManaol"'.
\ . Le Clerc a fait olMervcr avec raison (|ue le catalogue de Simon de Phares, quoique
fort étendu, est assez incomplet, puis(iu'on n'y trouve ni L<;on de BagnoU, ni Jean de Ba»-
>i|;ni. célèbres pronosticnleurs du milieu du \iv* siikle. Il n'y e>t |>as qu(>«lion non ploa de
(înillaiime de Louri, (|ui résidait ù iiour|;es et '■ fut envoy*^ quérir, pour Mm j^anl seu et nn-
'■|;uliere expérience de la science des étoiles, par les Anj^loys, et y alla volontien, poar cr
t(|ue c'cstoit pour desennuyer le bon roi J(>lian (|ui fut pris a Poidicrs le lundi m de *ep-
Tlemhre h.cxc.lvi, comme il avoit prédit.» Simon de Phares passe éfjalemeat lona alaMe
Pierre de la Bruyère, «qui fist plusieurs instrum(>ns servant a la thi>orie et plusieun beani
njuf^eriieiis;') Jacqu(>s de Saint-André, Ri|ui pronosli(|ua la délivrance du roi Jehan et la
"victoire de Bertram (^lakin a Cochcrel '^'. n Ces omissions ou ces oublis prouvent qae le
iiond)rc des astrolo|;u(>8 était fort considérable, et que leur vaine science avait le privilège
d'amuser (piand elle n'effrayait pas. Elle persista h garder ses entrées k la cour de France
jusfpie vers le milieu du xvi* siècle : il n'est personne qui ne connaisse le monument enoorr
debout (|uc lui ébtva la reine Catherine de Médiris, et l'horoscope tiré lors de la naiwaiirf
de Louis \IV ''). Depuis, les «astrolojpensn ont cessé de lire dans le ciel les deattoéet de*
princes , et les poètes leur ont succédé dans cet emploi. La poésie , qui « vil de OMiitariM, • a
pronosti(|iié, elle aussi, des règnes d'or et de soie ; mais cette astrologie rimée M troiBpe
personne, et les événements ont pu lui donner impunément plus d'un dénieati.
6° LES ÉCRIVAINS ET LKS KNLL'MI!«IEURS.
(lBS DEt'X FLAMEL, (iOBERT, SICARD. CRBSPY, Gl'IU.B>l!<l , PRRRn.
LBS TRUIH FRÈRES E:hLIIII:«BUR8, ITC.)
Au moment où fiuillebert de Metz vint exercer h Paris son métier de t InuMcripvain , *
l'art de la ralli|;ra|)bie et de la miniature était arrivé h un haut |Miint de perfection. Leale-
riient élaboré dans les cloîtres où on le cultivait avec amour, sécularisé ver» le milieu ém
xiti* siècle par les universit(Vs qui en (in>nt l'auxiliaire de leur enaeiglMaent, adopta par le»
<■> Btema dm fba cUrbn» aUnl^pmê. '^ D t'i^it de k eoloiiBe adwrft ai^nwdTwi è
>'> HUloirt liuérmn 4» la Fimtt, L XXIV. la H«lk* au bi<f. «H .{ui iuMl pwlie de II1MI dt
p. hM et A8Ô.
' ààS DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
rois et les princes, dont il ennoblissait le luxe, ainsi que par la riche bourgeoisie, qu'il ini-
tiait peu à peu aux jouissances de l'esprit, il était alors l'une des gloires de la capitale, et
devait nécessairement figurer avec honneur dans le tableau de la vie parisienne que notre
auteur s'était proposé de tracer. Témoin des splendeurs que faisait éclore la plume de
l'écrivain ou le pinceau de l'enlumineur, et juge compétent des œuvres accomplies par leurs
soins, Guillebert de Metz nous a conservé des noms inconnus aujourd'hui, mais dignes
d'être placés à côté du sien. Ce qu'il a omis, et ce que l'érudition moderne a retrouvé, ce
sont les antécédents de cet art, les pères de ces artistes, les procédés qu'ils employaient et
les merveilles qu'ils ont enfantées.
Les copiste La copie des livres est, comme on le sait, d'origine monastique. Dès le iv" siècle,
ans es menas ères. ^^.^^ PauliH , évêquo do Nole, eu intcrdisaut toute autre occupation à ses moines, leur
recommandait les travaux de transcription :
(r Exercera artem prohibet; conceditur unum
fScribendi studiuin, quod mentem oculosque manusque
TOccupet »
Guignes, cinquième prieur de la Grande -Chartreuse, non content de copier lui-m4me
avec une grande perfection, apprend son art à ses jeunes religieux : «Nous voulons, dit-il,
R conserver les livres comme étant l'éternelle nourriture de nos âmes. » Osberne , abbé de
Saint-Evroul , pousse l'humilité et le zèle jusqu'à fabriquer lui-même des écritures pour
les copistes ; Arnaud, abbé de Sainte-Colombe-lez-Sens, passe sa vie à faire transcrire des
ouvrages historiques; Robert, abbé du Mont-Saint-Michel, ne fait pas copier moins de cent
quarante volumes; Théodoric, abbé d'Ouche, copiste éminent, fonde, dit Orderic Vital,
une école de calligraphie d'où sortent un grand nombre de scribes du plus grand mérite.
MM. Paul Lacroix et Edouard Fournier, à qui nous empruntons une partie de ces détails,
citent dans leur curieux ouvrage '" les paroles d'un religieux de l'abbaye de Saint-Victor,
d'où il résulte que les monastères parisiens étaient à la tête de ce mouvement de trans-
cription : «Il y a dans notre abbaye, dit-il, des moines à qui l'abbé a confié le soin de
« transcrire des livres. Le bibliothécaire est chargé de leur donner des ouvrages à copier et
w de leur fournir tout ce qui est nécessaire. Les copistes ne peuvent rien transcrire sans son
w consentement. Une salle particulière leur est destinée, afin qu'ils soient plus tranquilles
«et qu'ils puissent se livrer à leur travail loin du trouble et du bruit. Là, les copistes sont
« assis et doivent garder le plus grand silence. Il leur est défendu de quitter leur place pour
«se promener dans la chambre. Personne ne peut aller les visiter, excepté l'abbé, le biblio-
«thécaire et le sous-prieur.»
La salle dont parle le religieux de Saint- Victor était le scriptorium, lieu sacré qu'on bé-
nissait comme un sanctuaire et qu'on honorait presque à l'égal d'une église ®. On y gagnait
''' Histoire de l'imprimerie et des arts qui s'y rat- irhoc scriptorium famtJorum tuoruni et omnes ha-
tachent, Paris, iSSa, in-8% p. 16. frbitantes in eo, ut quidquid divinaruin scriptu-
'*' On trouve dans les rituels monastiques la for- trrarum ab eis lectum vel scriptum fuerit, sensu
mule de bénédiction usitée pour le scriptorium; ircapiant, opère perficiant, per Dominum nostrum
elle est ainsi conçue: sBenediceredigneris, Domine, trJ. G.»
LES LETTHÉS, LES AKTISTES ET LES AHTISANS A PABI8. 449
Ui cid, en ciïet, tout aum Wwii qu'au pied <Ivs autd» : «hcrivex, dÎMil Théodoric k m»
" moinoti ; une lettre tracée dan» ce monde vous sauve uo pëcbé dans l'autre;» et. à Teppiu
de ccM consolante» paroles, l'uhbi!' d'Ouciic leur racontait, dans «on lèle naïf, !■ y^eode de
vv. rcli|;icux copiste tpic les anges et les démons conduisent après ta mort devant le lr6M
(ii> l'Eternel, cein-ri caiculuiit les fautes innomhralile.H du défunt, ceui-lik comptant i«
lettres (|u'il avait tracées pciidunt su vie dans le silence du icriptorium. Kntin le nombre de*
caractères écrits sur le vélin dépassa, d'une seule unité, celui des fautes <|ue le cailigrapbe
uvnit sur lu conscience, et Dieu lui fit miséricorde"'. De (tareils récits ne pouvaient qu'eo-
tlununcr le z(Me des copistes dans les monastère», sartout lorMpi'il» avaient |Kiur les sti-
muler un al)l)i' cotnine Trillieniiiis (voir ri-dessus, p. iu5. note 3 ) , ronteni|Mrain de notre
auteur. Kn plaçant ses moines dans les salles du icriptorium, Tritbcmius leur disait: ^Que
<■ l'un corrige le livre «pie l'autre o écrit ; (ju'un Irnisième fasse les ornements à fencre
"rou|;o; (|uc celui-ci se charge de la ponctuation, un autre des pcinturi?*; que relai-ià
' rolle les feuillets et relie les livres avec des tablettes de bois ; vous, prépaies ces lableltes;
"VOUS, apprête/ le ruir; vous, les lames de métal qui doivent orner la reliure. Que l'un de
Tvous tnille les feuilles de parchemin; qu'un autre les poliss«> ; qu'un troisième y trace au
•f crayon les lignes (|ui doivent guider l'écrivain ; cnnn, qu'un autre prépare Tencre et ad
«outre les plumes '''.» C'est le principe de la division du travail appliqué dès le tt* siède
au plus littéraire de tous les métiers.
L'atelier moua8li(|ue embrassait donc la fabrication complète du livre : il comprenait
surtout la clirysographie et la miniature, que l'antiquité avait léguées au moyen Age, et
dont l'art clirélicn s'était empressé de prendre possession. Il faut lire le «avant traité de
Goltlieb Schuarz pour savoir jus(|u'ù quel point les anciens avaient poussé le luie de la
copie et de l'enliuninure'''. Klevés i\ leur école, les copistes et les miniaturistes du moyen
tige imitèrent d'abord, plus ou moins servilement, leur manière et leurs procédés, de telle
sorte rpi'il y eut lii, comme en architecture et en peinture, un art roman et byzantin. Le*
progrès de cet art se mesurent au développement que prit successivement la lettre initiale :
tracée d'uhord au niveau des autres et sans plus d'ornement, elle fut ensuite coloriée en
cinabre, pour lu distinguer des lettres ordinaires. Au vi* siècle, on la voit s'agrandir el re-
cevoir cpielques ornements ; au vu*, elle envahit les marges, étale des découpures en treillis.
des entrelacs démailles, des tresses de chaînettes, auxquelles succèdent, dons l'âge suivant.
(les aral)es(pies historiées (pii déroulent de toutes paris leurs gracieuses volutes. Mais l'abus
est bien près de l'usage : du xiT au xiv* siècle, les enlumineurs, donnant libre carrière è
leur fantaisie , arrivent ii produire des bizarreries , de» extravagances que le bon goAl réprouve.
Toutefois, vers ré|>oque dont nous nous occupons, cette exubérance de détails se leaipère :
les lilig'ranes luxuriants de l'Age précédent, ramenés sur eux-mêmes, ne serrent plu»
S . l,<'t,l('iTrn|ip(irl«'. (!'n|>r<>s !•>> inun ^imi.s, offirsienten cooip«w»»tion in» miUMrvilr Irtursu»-
It's IWliifuiie mitiqmrvi in (ilmiiiii|U(' il'Onlii ic \ ii.il, céss SOT le pardiMniB par Inn pral^géL (miM«rr
In \ipillo It^cnde du démon Tilirilitiinmi (le Nétil- liltrrmrr et I» Fmmcr, I. XXIV, p. »8«.^
i<ni\), i|iii rMi|)orlnil tniis les ninlins en iMiftT un '' UUtoirt 4* Fm/timini 9i ém mU ^ t y rm-
plein suc des s>lliil)rs que 1rs moines avnient pas- Inckml, p. |8.
M'i-s dniis leur pMiliniNlie. C'est pour ces syllolios ' D* onmrnniiê Khmum tl imria ni
omises (pic les mgv» {ranliens des rrlifpoux mpistes rfUnua isyrifcrtili, Lcipnck , 17SS. m-A*.
■lut. — I. 57
/t50
DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
qu'à encadrer des vignettes et des rinceaux d'où jaillissent des fruits et des fleurs. C'est
alors que les peintures, rattachées autrefois aux lettres par toutes sortes de liens, s'en
détachent tout à fait et forment des ornements isolés. Les figures s'animent et prennent
de la réalité ; leurs groupes se dramatisent et grandissent jusqu'aux proportions d'un vrai
tableau, autour duquel la vignette serpente en légère bordure. De ce moment, disent les
érudits auxquels nous empruntons la plupart de ces détails, la grande enluminure est
née, et c'est bientôt l'une des branches les plus brillantes de l'art du peintre '".
Les copistes laiqu-». Mais ces illumiiiutioiies , trop splendides pour le cloître, excitèrent les récriminations des
rigoristes et, en particulier, des ordres mendiants; elles contribuèrent ainsi, dans une cer-
taine mesure, à faire sortir des monastères les copistes et les enlumineurs'-'. Aussi bien
les universités avaient le plus grand besoin, pour répandre leur enseignement, du secours
des copistes; elles les attirèrent pai* l'appât du privilège de cléricaturc, qui était à cette
époque le meilleur de tous les passe-ports. Tandis que les docteurs s'attachent les scrip-
Inres, les rois et les princes encouragent les pictores, et la sécularisation, déjà commencée
à la fin du xni' siècle, est presque complète au xiv'. C'est alors que les livres, conservés
jusque-là avec un soin jaloux dans les bibliothèques et les scriptoria des monastères, com-
mencent à se montrer au dehors. A Paris, oiî l'on savait mieux que partout ailleurs exécuter
les diverses opérations par lesquelles devait passer un manuscrit, depuis la préparation du
vélin jusqu'à l'assemblage des ais et à la ciselure des plaques d'orfèvrerie pour la couver-
ture, les livres, soit qu'ils fussent en cours de transcription et d'enluminure, soit qu'on les
vint admirer chez les librarii dont ils remplissaient les boutiques, faisaient l'admiration
et excitaient au plus haut point le désir des lettrés qui affluaient de toutes parts dans le
quartier des études <". Les étrangers eux-mômes, attirés par la réputation de la science et
de la librairie parisiennes, venaient acheter leurs livres aux scribes de l'Université, et se
croyaient trop heureux de laisser leurs trésors dans les boutiques de la rue Saint-Jacques,
en échange de ceux qu'ils recevaient. Richard de Bury, évêque de Durham et chancelier
d'Angleterre, dont nous avons déjà cité les paroles enthousiastes, à propos du jeu de mots
de Jean de Jandun (P«risius, Paradisus), s'écrie à la vue des nombreux volumes qui s'étalent
auxabords des collèges: <xO Dieu de Sion ! C'est là que nous aurions désiré demeurer
ft toujours, à cause de la grandeur de notre amour pour celte belle ville, où il nous semblait
-^ que les journées fussent trop courtes Dans celte cité est la serre chaude de l'esprit;
"là sont des bibliothèques dans des cellules embaumées d'aromates intellectuels; là fleu-
''' Histoire de l'imprimerie et des arts qui s'y rat-
tachent, p. i3.
'^' C'est à ces récriminalions que fillustre Gerson
ontreprit de répondre en écrivant son livTe De laude
scriptorum. Il y justifie les Chartreux et les Céles-
tins, tous occupés de copie, rappelle le mot qui
amena la conversion de saint Augustin, Toile, lege,
et fait comprendre (pie la transcription devient ainsi
un moyen de salut.
''' La supériorité des scriplores parisiens est attes-
tée par de nombreux témoignages. Dès 1227, dit
Tirabosclii {Storia, etc. t. IV, p. "jlt, 279), dans le
catalogue d'une collection de manuscriLs, on pla-
çait en première ligne la (rlellre parisienne. 1 Le
franciscain anglais Adam de Marsh envoie à Paris ,
ad corri/fendum , un traité écrit dans son monastère.
Enfin, raconte le jurisconsulte Gdofrède, un père
donnant à son fils le choix d'aller étudier à Paris
ou à Bologne , celui-ci opte pour Paris , afin de faire
enluminer (babuinare) ses manuscrits de lettres
d'or. (Voyez Histoire litt. de la France, t. XXIV,
p. 284 et suiv.)
LES LETTHKS. LES AKTISTES ET LES ARTISAKS A HAHIS. A&l
sriiuimit toute» «ortPN de voliimoii CW ]it qu'en v^riti^, ouvrant notre trésor «(
«InN cordons de notre hourM*, nouM avonx r<-|)iiMdu l'arf;ent, d'un rœur jojreof , poor i
R ter et tirrncher h la pouMièro et à la fange de» livreu ineHtimablea "', »
La pouNdière et la fanf^e dont |)arle l'illufiln! hililiopliilc ne doivent pas ^Ire eoMHMfée»
ici comme une Himple m('la|(liore : la rue de la l'arclieinincrie, autour de laquelle rayoQiiM«ai
le» diverses indiislries se rattachant it la fabrication du livre, i^'iait loin de repréMalcr Um
f i^uzons ocad/'uiiriiies, v les " promontoires du Parnasse r et lem •> |torti<{ues du itoltHaMaqaff
le po*';ti(pie chancelier croyait apercevoir sur la monla);ne Sainti^îenevi^e. Pauvre* comme
r(]niversit('> dont ils dépendaient, les /-crivains, enluuiincum, relieun, librairenet parrheoN»
niers, étaient lofjésplus ipie modestement: ils |,'af;nai<>nt peu, (Kirtaienl le poid» d'une lourde
respnnsnhilité, et n'avaienl jtns. comme les docteurs dont ils aidaient h vuigariierleioaTran»,
la perspective d'une hrillante renommée; mois en revanche ils ne reconiMMMMOl poar ]«{>«•
ipie le Prévôt de Paris, conservateur de leurs privilé^je». lecpiel faisait apposer aon ^nd m-i-I
••n cire rouf^csur le parchemin de leur caution : ils étaient exempts de péage*, aides, gueU
et autres corvées. Quand venaient les (grandes f^tcs de i'L'niventité, iU avaient rhonnear
d'être convorpiés dans l'éj^lise des Malhurins, appelés à haute voit |»our prendre raog dan»
In procession (générale avec tous les autres ordres du corps imiversituire, et on le* vorail
marcher fièrement kouk la hunni6rc de leur patron saint Jean devant la Porte latine - .
Kn échauffe do ces faveurs, l'Université exerçait sur tout le jrroupe de cette indui4ne une
snrveillancf des plus séviVes. Il suflil de citer les rè|;lemenls de i ayâ, de i SaS. de tZho.
el les lettres patentes de i A i i , |H>ur se convaincre tpi'on ne transcrivait et qu'on ne ven-
dait (les livres h Paris «pie sous le ré^pme du hon plaisir. Du commencement k la lin di-
l'opération, directement ou indirectement, le pouvoir universitaire |M>Mil de tout son |ioid*
sur la fiihricalion du manuscrit : it la foire du Lendit, nul ne |»ouvait acheter le parchemin
avant que l'Université eût fait sa provision; en cours de copie, la corporation des <fcrivain<>
s'assurait, par de frétpicnles visites dans les xcriptoria laïtpies, que les r^es du méti«"r
étaient bien et dilment observées. Le manuscrit, une fois achevé, commençait alors la m'ch'
des expositions, des examens, des corrections et des approbations, libère juir laquelle devail
passer tout ouvra|je aspirant »i l'honneur (l'^^lre exposé en vente dans les boutique?» |wn-
sienncs. Les pièces ollicielles du temps nous ont conservé i|uelques noms de lihrmrii el de
sldlioitiirii, c'est-ii-dire. pour employer le lan|;a);e moderne, les (^dileurs e( iesélaiagtBles"'.
On les trouve notamment dans les rôles de la taille de tar^'J et de i3i3, daaa le fègle-
nient de i3/ia, dans l'ordonnance de i3G8 et dans les archives de rUniversitf '*'. Ils ne
/'Ai7r)M/ioN, édili' et traduit par II. Cochcris. Minl Jean devant la Porte Islias, pane ip'cib
l'iiris, i8.^>G, in-M, rh. vin. Im demiiV phrase IniiMcrivail et «codait Mtrtont des euirys ialuk.
lin pnssn|;e que nous citons, e( que V. Le Clore '" \^ vitrilabie MM da awt «tMisMrM ert cn-
Iroiive obscur, iloiiiie lieu à une vnrionte de sens. Irqiosilaire. Les aartinarn le bwaaHal pritilite-
M. C.oilirris riulcrpriMc niusi : "W uous!M<nilile que nient i recevoir en d^pôt dee Kvrrsdoat k> parti-
elles livres inn|i|)n'rinl)l<sue nou-scoAleiil qu'un |m<u culieri voolsient se débir* at A (■ opérer b \
r lie siihle et de poussièn'. « moyennant une reaùse; pha lard ib flnM (
' MM. l'aul l.<irroix el MouanI Koumirr. à oulumiiMT et relier poor iearprspevsaafla.
qui nous cnqinnilons ces curieux détails, pensent ' <)n y pmt relever, poar In liffuifn» mimi<i»
i|iii> l'industrie <!«» livres avnil choisi |>our patron du mt' sièdr. le» naas de Ikari CwileU. Itou
5-
ImIkm*
452 DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
devaient pas dépasser le chiffre de vingt-huit. Quant aux enlumineurs, ils entrèrent les der-
niers, dit Crevier, dans la famille universitaire; ce fut en iSSg seulement qu'on les vit
payer une taxe comme les écrivains, avec lesquels on les confondit dès lors, « parce que leur
K travail se rapportoit pareillement aux livres qu'ils ornoient de miniatures'".»
Les scriptores et les tlluminatores des couvents étaient soumis à un régime un peu moins
sévère en apparence; cependant, si les travaux s'organisèrent partout comme au monastère
de Spanheim, le système de correction mutuelle, appliqué avec la môme rigueur que celui
de la monition dans certains ordres religieux, dut produire des entraves au moins aussi gê-
nantes que les règlements universitaires et les statuts de la corporation. Ici encore, nulle
compensation n'était offerte à la vanité : r. Pour horizon quotidien , une page de blanc par-
« chemin à remplir; pour avenir, pendant plusieurs années, un in-folio à achever
r-Et quels souvenirs ont laissés ces laborieux copistes? Aucun, pas môme leur nom pour
!«la plupart. Ce nom, d'ailleurs, quand il est écrit, ne dit, ne rappelle rien; c'est la seule
tr lettre morte du manuscrit dont il est la signature. Qui s'enquerra jamais, par exemple,
«de ces religieux modestes dont les noms se retrouvent au bas de quelques manuscrits grecs
« de la Bibliothèque impériale ? Heliis, presbyler et monachus; Abraham, monachus; Methodiug,
rf^presbyter; Arsenius, Basilius, ete. '*?» Ce que le lecteur aperçoit, c'est une fonction, un
état, un ordre religieux, jamais une personnalité distincte: Ab uno e congregatione Sancti
Mauri, écrivaient encore les Bénédictins avant le xvni' siècle.
Deux catégories d'écrivains jouissaient d'une liberté plus complète : c'étaient les lettrés
pauvres, qui copiaient pour leur propre compte, et les scribes de luxe aux gages des grands
seigneurs. Les premiers usaient d'un droit inscrit dans les règlements universitaires :
K Aucun libraire, est-il dit dans le statut de 1 3 28, ne refusera les exemplaires d'un livre
^a quelqu'un qui voudra le transcrire, moyennant honnôte rétribution et satisfaction aux
K règlements de l'Université '". n En conséquence, les étudiants et les amateurs qui avaient
des loisirs, «une belle main» et peu d'argent, empruntaient, ou, pour parler plus exac-
tement, louaient chez les libraires les ouvrages dont ils désiraient enrichir leur biblio-
thèque. Un poète du xiv" siècle, Hugues de Tunberg, possesseur de deux cents volumes,
trésor rare pour l'époque, déclare en avoir copié douze de sa main. Il dut se faire, dans les
nombreux collèges de la montagne Sainte- Geneviève, plus d'une transcription de ce genre
à la lueur de quebjue chandelle fumeuse et pendant le sommeil des maîtres et des écoliers.
1,1-5 ôcrivaiiis cit« L'aristocratic du métier se composait évidemment des « transcripvains » et des enlumi-
Ouiiifiiert <ie M<.ii. neurs aux gages du Roi et des princes. Guillebert de Metz, fidèle à la règle qu'il semble s'être
tracée de ne citer que les premiers sujets en tout genre, nous donne, avec le nom de Flamel,
ceux d'un professeur de calligraphie et de quatre scribes hors ligne attachés à des maisons
princières. Nous avions espéré que cette mention , éclairée par des recherches dans les pièces
du temps, jetterait ([uelque jour sur tant d'existences modestes ensevelies dans l'oubli
Drun, Jean Gare), Yvert de Cahei-saous, Martin ''' Hiitotre de rUnircrgilé de Parin , l 11, p. 387.
Clericii, Jean de Gaucliy, Jean Monachi, Jean Pos- '*' Histoire de l'imprimerie et des arti qui s'y rat-
tel, Jacques de Vadis, Simon Millon, Robert Les- tachent, p. 16.
cuier, Jean Favorë, Charles Garineau, Nicolas Le- ''' Du Boullay, Hist. Universitatis Paris, t. 1\,
sueur, etc. p. 978.
-S
LKS LKTTHÉS, LES AHTISTKS KT LBS AHTI8ANS A PAHIv ,3
du icriplorium ; innis nos inv<wti(rntionN sur ce point ont été eomplétemenl infructueiiM».
NoiiH n'avon.H pu savoir ce quVtaicnt Gobcrt et son art v dWriprr et tailler ploma».*!!»-
niuum/n'. profossionnellt; ol toutf parisienne, la gloire de Gobert et de ton livre dot mm
(loiit(! sVtondn; dn Suint-Jactpiits-ln-Hourhpri'' h Saint-S<^venn, en |MUMnt par tatroM de
l.'i l'îircliiîtnitK'iii' i-l di-s l'>riviii(i>>. ^}uan^ à Sirnrt, (ircspy, Guillcmin et Perrin '•', il n*»*l
|)jis /ftoiinniit i|ii'(iii n'itn trr)uvc iiucunc trace dann les doruiuents do cette époque : iU étaient ,
(lit (îuill('l>cTt d<! Metz, au service de divers souvcniins étmngen, e< ils ont dâ, p«r codm^
i|ui'nt, laisNer en Italie, en Aileniajpie, les produits de leur talent. rJlev^ i ParutdoolM
IIS ot coutumes universitaires, ils ont, c'est li^ leur v<'-ritahlo gloire, port<^* au loin le» tr»-
diliotis di> leur art et propnf^t^ cet amour des livres parisiens que Richard de Bury eipn-
iiiait si vivement un siècle plus tAt
Plus heureux (|ue ses confn^res, Fhimel est en poMeMion d'une grande notoriété: il la
doit, il est vrai, moins h sa profession d'<krivain et de libraire jure qu'4 ta réputation
d'ali-liimiste, h sa (p-ande fortune et h ses bonnes œuvres. On se représente plutAt. en eiïet,
le inîiri de Pernolle cliercliant à surprendre les secrets du grand œuvre, fondant dea cba-
polies et (les hospices nu construisant une arcade au charnier des Innocents ; ^eat le Flamei
I6{[en(lnir(^ et le Flamei bourgeois. Quant au Flumel écrivain et libraire, on le eonnalt «i
peu , (pie les deux chercheurs dont nous avons mis le curieux livre à contribution ont rni
pouvoir consigner dans les tenues suivants l'expression de leurs doutes : «La raystérienae
•e\istenc(> de FInmel n'a pas encore *'t(> iVlaircie par la d)'couv<>rle d'un seul manoscrit de
i^sn main. Nous en sommes ù nous demander si (îahriel Vaudi'* lui-même n'était paa dopr
t (l'une erreur (piand il a écrit: Ce Flnmcl était véritablement éericain ; fai m A Home, ému
t II hililiotlu^que du cardinal liauiiy, un roman de la Hoze écrit de $a main. i \je texte de Guilli*-
hert de Metz vient heureusement confirmer l'assertion de Naudé et lever tous les srntpuli*»
(le conscience de MM. Lacroix et Fniirnier : Flamcd appartenait bien et dûment i la cor-
poration des écrivains et libraires jun's. C'était d'ailleurs, il y a un .siiVIe, l'avis de l'abbé
Niilain, h qui l'on doit une (excellente monographie de Saint -Jacque.s-la-B<iucliene et une
liisloire r<;ellement criti(pie de Nicolas Flamei. Voici en quels tenues ce savant ecrlé»ia»-
tiquc s'exprime h cet égard : «Flamei, jeune, laborieux, économe, joignit à sa fortune \r
- [iroduil de ses .soins intelligents et de son industrie dans son art. L'art de l'érrilure, bi«*n
-loin d'fMre un mi'tier peu lucratif, devait alors être tnVs-avanlagi>ux Il suffit de fain»
- allention aux seules ('critures n(5cessaires pour le cours de la justice, mémoires, re<|uélr».
-comptes, etc. Combien maintenant certains imprimeurs ne sont-ils pas employi% quand
- les aiïaires se suivent avec chaleur devant les tribunaux ! Toutes ces pièces étaient porté<>*
" chez les écrivains , qui souvent en rendaient des copies mulliplii^ ; nombre d'article» apé-
'' \,i's Cmnfifi de^ dut» dt Uouripgnr {wwK wviW' ineiil <]ucstioo d'un pMDlre aalamiaear MaMi^
tion d'un certain (îuillniinic ou (iiiilleinin lic la l'errin de Dyoa.qai fildsaoaifcnnlnnaudem
(llinrit)', copiste qui Iriivaillnit pour le dur Jenii en nh'lier pour les doei PhSippe It Hardi. Jaan mm
i^oij. et d'iui oiilro iVrivnin nniniiii' (luilliMniii l'««ir et Phffippa le Bm; BMÏt 3 serait péribw ér
Kiol. (pii reçut, en i^tH. -insomnie de \\n escii*. vouloir id
-|K)ur pnyrr pnrrlieniins , encre et cire eniploy((s liuilIrlMTt de Mail ■eOMsa eoM(f«é<fH hspré-
-l'ii |)lii-iii>ur» li'liriN ei «>4criplurw. "• Il j est légsle-
45a
DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
f-cifiés dans les anciens registres comme ])ayés à ces écrivains en font foi Ajoutez à cela
w les autres branches de leur profession, comme copies de livres ou autres pièces d'écritures
«pour le grand nombre'"."
Les assertions de l'abbé Villain ne sont pas gratuites : elles reposent sur le testament de
Nicolas Flamel et sur les nombreuses pièces dépendant des registres de la paroisse Saint-
Jacques-la-Boucherie, que l'auteur déclare avoir soigneusement compulsés; elles ont, en
outre, l'avantage de fournir une réponse aux desiderata de MM. Lacroix et Fournier. Il est
fort possible que Nicolas Flamel n'ait pas été un «escripvain de fourme," c'est-à-dire un
copiste de livres soignés. Le quartier qu'il habitait semblerait indiquer qu'il travaillait plus
spécialement pour le Parlement et pour le Ghâtelet; et l'abbé Villain fait remarquer avec
raison que les écritures judiciaires ont toujours été nombreuses et bien payées'-'. Enfin
Nicolas Flamel avait une pédagogie, c'est-à-dire un pensionnat, et il enseignait évidem-
ment la calligraphie à ses élèves "'. Tous ces motifs réunis expliquent l'extrême rareté des
manuscrits qu'on peut raisonnablement lui attribuer, et le maintiennent en possession du
titre d'écrivain, qu'on ne saurait désormais lui contester, surtout après la publication du
texte de Guillebert de Metz.
bourgeois
cl conslnirtciir.
Il n'est pas possible de parler de Flamel, dans un ouvrage consacré à l'histoire de Paris,
sans rappeler que ce riche bourgeois fit construire une arcade des charniers au cimetière
des Saints-Innocents, ainsi que le petit portail de l'église Saint-Jacques-la-Boucherie, et
qu'il contribua à la restauration de divers autres édifices religieux. L'arcade était, dit l'abbé
Villain, située du côté de la rue de la Lingerie, près d'une voûte du mOme genre élevée
par les soins d'un autre riche bourgeois de Paris, Nicolas Bouinrd; elle datait de 1889,
époque où les marchands opulents se disputaient l'honneur de bâtir une chapelle, une nef,
une travée dans l'une des églises privilégiées de la bourgeoisie, ou tout au moins d'ap-
porter leur pierre à la funèbre enceinte du cimetière des Saints-Innocents. On voyait sur
l'arcade dont il s'agit les initiales du fondateur, N et F, ainsi qu'une peinture représentant
un homme tout noir'*'. L'abbé Villain, qui a vu la construction et la peinture, nous ap-
*'' Histoire critiiue de Nicolas Flamel, Paris, 1761,
in-18, p. 8.
'*' M. Vallet de Virivilie, dans l'article qu'il a
donné à la Nouvelle bioffraphie générale, fournil les
mômes explications: "Le nom de Nicolas Flamel,
itdil-il, ne se trouve pas parmi ceux des artistes en
iT écriture qui ont signé les beaux manuscrits du
iT temps; mais la pratique des tribunaux, à cette
rr époque de légistes et de procédure, put, avec la
r littérature courante, offiir à son industrie un large
ff débouché. " {Nouvelle biographie générale , publiée
pai- MM. Didot, t. XVII, p. 818.)
''' Nous trouvons également, dans l'article bio-
graphique dû a la plume de M. Vallet de Virivilie,
la confirmation de ce fait, qui explique en partie la
rapide fortune de Flamel. (rEn sa qualité de calli-
(T graphe agrégé à l'Université, il enseignait à de
f jeunes écoliers externes l'écriture et les premiers
rréléments littéraires ; d'autres écoliers y demeu-
nraient en bourse, c'est-à-dire à titre de pension-
f naires ; quelques-uns de ces jeunes gens étaient
fcfils de famille et appartenaient à des gens de cour. -
[Nouvelle biographie, etc. t. XVll, p. 819.)
'*' E. H. Langlois, dans son £"«««1 historique sur
les danses des morts (t. 1, p. 126), a donné le
dessin de cet homme tout noir : on le retrouve dans
les vieilles gravures de la Danse Macabre, figuré
comme un nègre, coiffé d'un tortil, vêtu d'une tu-
nique courte, les jambes et les bras nus, brandis-
sant un javelot d'une main, et de l'autre élevant un
cor (pi'il lient et dont il appelle les hommes à leur
danse tinale. Cette allégorie roulait peul-^lre siu" le
jeu de mol more, mori, et offrait en outre un em-
blème de deuil.
NICOLASFLAMLL.ETPEB.
RENELLE SA FEMME
COMMENT LES INNO-
CENS FVRENT OCCIS
PAR LE COMMANDEM
ENTDVROY HERODES-
I AKCADE DR XICOr.AS flAMKI. AI t IMKIir.HK UtS SAINTE INXntT.VTS
rtrn l'oKHii DK. H.l.u\>^r^ I>^ ia m»t imkiu» n»\^îm n \i\ik\imu: ^u KL.v»«ii
LES LETTKKS, LES ARTISTES ET LES ARTISANS A PARIS. 4S5
prnnd que l'arcade fut ré<!'(lifi<$e ver» 1760'". Quant au petit portail de Saint Jtfnw,
cY-Uiit encore; , dit ral)l)(<, Villaiii , une construction modeste, qui ne méritait |im «félrv riartfa
R duiiH la cloHse de» ttuperhes bâtimentM fjotliiqucs. » l/ablM^ Le Bcuf le eroyaîl de 1 3qQ, «1
l'iiistorien do Suint-Jncques-lu-Bniichcrie avait, par déférence, adopté cette date; umiê, «1
raisarit nettoyer les Hculpture» qui rernplittfiaient «tout le rircuit de l'ogive,* afin d*obl0air
un nifillcur dessin pour sa vi(;nelte, il parvint â lire l'inKription •uivanta: £* /hmmr i*
huu fu fuit ce portai et donné par un de» paroû$imM H mfimmt, Im i$ grat$ m OKitU MM
et riii. Priez pour le» bienfaicteuri de la dicte egUie et ptmr tom$ mutrm fù wmlm m ml, m
vou» plaint. Le sujet (|ui ornait le tynq>ande ce portail, et que nou<t reprodniMMU avw Tar-
cnde du cimetière des Innocents, d'après les dessins orifpnaut, était uo BoneM deaealp-
(lire pi'inte et dorée du plus heureux eifet. L'abbé Villain, qui a pu encore M ÛMBr^,
le décrit ainsi : RL'iniu|;(> de la sainte Vier|,'e, cpii est au milieu de ce petit monanenl, a
nélé sculptée avec assez do délicatesse pour le tcms. Kllc porte de M droite l'enfant Jé*u».
«et de sa gauche elle tient une grappe de raisin. Cette image eat tootenae par dwiï Mgca
N assis, que le constructeur peut avoir voulu faire représenter comme chantant un cantique
neti l'honneur de la sainte Vierge ; cantique dont on lit ces paroles sur un rouleau qu'il»
- étendent :
- I.i - IM.IIIT l)l'l . I . ; 'lllilUtll ,
" Ut.i lalu.H liiiiiiiiiii ;j' >!• 1 1^.
f^lluit an|;es sr>nd)li>nl acconipaj^ner ces deux premiers des dif^)•rl■n^ ill^t^l^n•■nt^ qu lU
« portent, (ieux-ci entourent rurradc (jui |)résente à sa pointe une tel*- ipii paroU tigurcr le
•^ Père éternel. Uuns les angles formés par l'ogive, doux autres anges élèvent chacun un
«encensoir.
-Suint Jac(|ues, patron de la paroisse, est du côté droit, et Fland te voit à genoni 1
Rses pieds. Pernelle est de l'autre c(Mé, aux |)ieds du saint Précunteur, qui eat étàgaé par
ttun cercle où est (ij;uré l'afineau* nvec lequel on représente ce saint. Le laart et b iemae
ninvixpiont lu suinte Vierge ; le uinri par ces paroles : Saaete Maria, àUenade pro popmh; tt
« lu femme en disant : Sancta Virgo Maria , ora pro nobi*.
«Quatre petites figures vêtues de long se voient en dehors et sous le linteau de la porl<>.
n Klles tiennent aussi des rouleaux dont on n'a pu lire que l'érriiure de deux, les auln*«
'■étant très-pctils et dans l'obscurité. Il parott que tous ces rouleaux contiennent caseaMr
-les deux premiers articles du symbole des .Apôtres. Le premier commence: Cnd» i»
-. Deum et le dernier porte : Domiuum nottrum ; ceux du milieu contiennent sans doute
•^ce qui est entre deux.
«Sous le linteau .sont écrits de cha(|ue côté deux avis donnés i ceux qui entrent dans
«l'église. On leur dit d'une part: Tenez-wui m dévotion ; et de l'autre : ijfss sraif wirttiaa*.»
Iluioirr critique de Mirolat Flamel . p. 'ih , qu'il gardait ehsB iaî et sar iaipslt Aail
iiole n. soo épjtapbe. Api
') lliftmrf fin,/;, ,t, \, „ i,„„„,. |.. .•,ji. m» dernière» velnB
Ninilos FIniiD'l nvnil. de son vivant. nH'nagé pilier |irtednlMMd'«Hra«.C«il«lttB
uni* nutn* lii'corHlioii h l'éf^lise $aiiil->iaf«|ue»-l»- qui fut aei|aiH «n i8io par M. b
KoiirliiM-ic : il s°ii);it d'une table île pierre préparée, bateau, prAt de la
456 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Flamel, ajoute l'abbé Villain, demeurait en face de ce petit portail et s'était tout natu-
rellement plu à le décorer. De son échoppe d'écrivain , dans les instants de loisir que lui
laissaient ses travaux calligraphiques, il aimait à contempler cet ouvrage, oii la sculpture,
la peinture et la dorure formaient un harmonieux ensemble. Il l'avait fait fermer d'un vi-
trage dont le châssis subsistait encore au siècle dernier, et à travers lequel on voyait les
traces de la décoration polychrome '".
Il y avait treize ans que Flamel avait bâti son arcade et son petit portail , lorsque la dé-
votion, quelque grain de vanité aidant, le détermina à contribuer aux frais de reconstruc-
tion de la façade de Sainte-Geneviève-la-Petite, dans la Cité*-'. L'inscription qu'on y
voyait, avant la démolition qui eut lieu en 1747, indiquait que le travail avait été fait des
aumônes de plusieurs. Comment donc, se demande l'abbé Villain , «la figure de ce bour-
ra geois a-t-elle été placée en gros module au côté occidental de la porte? Il est cer-
«tain, répond-il, qu'on voyait à Sainte-Geneviève-des-Ardents une figure de Flamel placée
«vraisemblablement sur la partie à laquelle il avoit contribué. Il ne faut pas s'arrêter à la
fT quantité de portraits que cet homme, trop curieux de se montrer, a exposés à la vue du pu-
nblic C'étoit le goût de l'homme ; il se joignoit à un usage Irès-prafique alors. Gom-
«bien de sculptures de particuliers n'a-t-on pas remarquées et ne voit-on pas encore dans
« les églises ? Une travée de la clôture d'un chœur a mérité autrefois la représentation en
"Sculpture de toute une famille. Faisoit-on présent d'un tableau, d'une verrière, on s'y
«faisoit peindre Quant à Flamel et aux bourgeois de cette sorte, ajoute l'abbé Villain,
«répondant à certaines observations de Fréron, c'est l'usage, le goût, la facilité d'en faire
« la dépense qui leur a permis d'orner et quelquefois de remplir nos églises de portraits
« ou de figures posées à genoux et dans une posture humble. La dépense par laquelle on
K satisfaisoit à ce goût n'étoit pas considérable dans le bon vieux temps. Peut-être le tailleur
«d'images qui a fait celle que nous avons vue à Sainte-Geneviève n'eut-il de Flamel pour
«son salaire que quatre à cinq livres '".n
Il paraît à peu près certain que l'opulent écrivain contribua encore de ses deniers à la
restauration de quelques autres édifices religieux, tels que Saint-Côme, Saint-Marlin-des-
Champs, l'hôpital Saint-Gervais, etc. et qu'il y lais.sa quelques-unes des marques aux-
quelles on reconnaissait ses libéralités, c'est-à-dire des inscriptions, des initiales, des figures
de saints, etc. Ce qu'il nous importe le plus de bien connaître, c'est la part qu'il prit à la
construction de diverses maisons ouvrières, devançant ainsi de quatre siècles et demi une
identiquement celle que décrit l'abbé Villain. M. de
la Villegille en a fait l'objet d'un article intëressant
dans le tome V des Mémoires de la Société des An-
tiquaires de France, p. 879.
-'' Voir ci-{lessus, p. i56, note 4, pour la des-
cription et l'histoire abrégée de cette église.
'^' Histoire critique de Nicolas Flamel, p. i34 et
suiv. L'abbé Villain compte les statues de Flamel
existant encore vers le milieu du xvm' siècle et dé-
truites aujourd'hui : il y en avait une à Sainte-Ge-
neviève-Ues-Ardenls. ime au petit portail de Saint-
Jacques-la-Bouclierie , une siu* le pilier de la maison
dudit Flamel rue des Ecrivains, une au charnier
des Innocents , une à l'ancieime église de l'hôpitaj
Sainl-Gervnis et une à la façade de la maison sise
rue de Montmorency. Contrairement aux assertions
de Fréron dans X Année littéraire, le biographe de
Flamel pense qu'il n'existait pas de statues du
même personnage à Saint-Côme , ni à Saint-Martin-
des-Champs.
''' Histoire critique de Nicolas Flamel, chap. m .
p. i35 et suiv.
LES LKTTHÉS. LES AUTISTES ET LES ARTISANS A PARIS. 467
im-.'iun; dont on a ftiil honneur à notrn <^|MM|ue, ni rt^soivant h m nuuuire le prabliaMdfli
loyers, (|ui a toujours M; à Vima une Irifn-gronne question.
' i' A4mi;* )i4llcgT*; b; ivi«
£*>■»! rt U V**«
PLtR KT VUK PERSPECTiVK M LA lAISOI SITUlK Rl'K Dl lOITIORlICT, T SI.
d aprti b pliKht dpnaii . «o IIM. fu Xtàkk ViUus
Ht d'itljont le fait est constant : (iuill<<l)i>rt de Metz déclare furmellenieni que FUnipl
liiiinit t^ |iri\ réduits. - FInmel hiisné, escri|»vain «|ui faisoit tant daumosnes H ho»|iiia-
- liiez, cl (isl plusieurs nwiisons ou |jcris de niesliers denioumient en has, et du loterquib
-|iaioi(>nl esloieul soutenus poures laboureurs en liauit. « Le charitable «krivain établis-
sait donc une sorte de conipensalion entre les <rluuogesv du nu-de-cbauaaée, c*c*t-i-ilirr
les bouti(|ues, et ceux des études supérieurs qu'il avait divisés en rhambm et petits log^
nienls. Les bénéfices réalisés sur les commerçants lui penneltaient de dégrever d'autant le»
petits journaliers qui n'avaient ipie leur salaire. Ce mode de ré|Nirtilion des cbwigesloca-
lives est tout au moins fort in},'éin°eu\. M. Vallel de Virivilie, dans une éîuAf e»c*ll«llte
d'ailleurs '", l'a juyé un peu sé>»'remenl peut-être: il y a vu «l'esqirit de »|>éculaliun coo»-
Dn »N('rn/;r.< alckimiiine» allrilmm i \koiiu FUumtt, dan* le tome XXIH <ie* jtf<
(/m {Hlii/Mnirr* dt francf, p. 17Ô.
■f M dwiffir
IIIST. — I.
M
«58 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
«biné avec le sentiment de la charité'".» L'esprit de spéculation est un bien gros mot :
Flamel achetait des maisons et les faisait bâtir dans les «places viiidos;» il acquérait des
rentes et prenait des hypothèques sur des immeubles, toutes opérations parfaitement licites
et qui ne semblent point entachées d'un aveugle amour du lucre. Quant à ses loyers, il les
exigeait moitié en argent, moitié en prières, combinaison qui serait fort goûtée de nos
jours, s'il prenait fantaisie aux propriétaires de la remettre en vigueur. Voici d'abord,
d'après l'inscription même qu'on lisait au-dessous de la frise sculptée de la maison sise
rue de Montmorency, et qu'on y Ht encore aujourd'hui quelle était ta redevance pieuse
inqjosée par Flamel à ses locataires :
Xlom )}om5 et femcs labonrctirs kmonrans on porcine '"^^ î>- cette màiton qni fn
ftë en lan ïie grâce çail quatre cens et sept somcs tcnns c^afcn en î>roit S05
ïiirc tons les lonrs nue païrenoCfre et x- aoe maria en priant bien qne Ta grâce
face parîiô anx ponres pesc^enrs trespaffeî. amen'".
Il resterait ensuite à déterminer la part de loyer exigible en argent, afin de savoir si
<'' M. Bernard, dans un niëmoiresur la maison
de la rue de Montmorency, exprime la même opinion
que M. Vailet de Viriville : (tNicolas Flamel, dit-il,
irne fiit pas si généreux qu'il l'avait fait espérer à
rr l'abbé de Sainl-M arlin-des-Champs , de qui il ob-
T tint presque pour rien ramortissemenl du terrain
ffsiu- lequel il fit édifier sa maison. L'acte d'amor-
cf tisseinent porte , en effet , (jue l'acquéi-eur pourra
«élever des édifices de telle ordenaiice qu'il lui plui-
vroil, soit maison d'aumosne par manière d'hospital
trou autrement. Flamel fil construire un corps de
([logis où l'on n'était adjuis qu'en payant, el il int-
erposa même à ses locataires l'obligation d'acquitter
rrsa dette pieuse en priant pour les trépassés dont le
ff dernier asile était tout proche; je veux parler du
frcimelière de Saint-Nicolas. i (W/«. de la Société
des Antiquaires de France, t. XXI, p. 38o.)
M. Kdouard Fournier ne se rend point aux ob-
servations critiijues de \IM. Bernard et Vailet de
Viriville: t Flamel, dit-il, était trop bienfaisant de
ft lui-même pour faillir à la detle d'aumône (pi"il
ffHvait contractée en devenant propriétaire du ter-
train sur lequel s'était élevée cette maison. Il était
ffde ces âmes, facilement généreuses, qui n'ont
tpas besoin qu'un contrat les oblige à la charité,
(fet qui vont aux bonnes œuvres de leur propre
rrélan.Ti Quant à l'inscription, dont on s'est fait une
arme contre lui, voici la réflexion quelle inspire
à M. Fournier: ifLa pieuse modestie du proprié-
iT taire avait voulu qu'il y fut parlé seulement de ce
"(pie ses hôtes devaient à Dieu , et |)oint du tout de
rla reconnaissance qu'ils lui devaient à lui-même. i
(Énigmes des rues de Paris, pages 3 46 et a 48.)
'*' Le mot porche s'entendait. au xv' siècle, non-
seulement d'u I vestibule ou portique précédant un
édifice, mais encore de l'édifice lui-même, et, par
analogie, de l'ensemble d'un corps de logis réunis-
sant plusieurs locataires. (Voir des leltn-s de rémis-
sion de i4io, citées par Carpentier, Gloss. med.
et inf. latin. é^\L Henschel, t. V, au mot Porchetus.)
''' L'inscription , que nous avons relevée sur place .
rh^e, en une seule ligne, tout le long du linteau
des baies à rez-fle-chaussée. L'abbé Villain , qui Ta
omise dans sa planche et reproduite inexactement
dans son texte, s'en exprime ainsi : irCette inscrip-
rrtion et quelques autres que l'on lit à cette maison.
T(le même que les bas-reliefs et gravures qui y sont ,
-désignent encore le caractère dévot de Flamel. Il
"y a au-dessus de la porte du milieu un bas-relief
irqui représente l'adoration des mages; au-dessous
rron lit ces paroles : Sainte Marie, priez jmur nous
rtpoures pécheurs. Une grande |)ierre, qui fait le fond
-de deux boutiques, est chargée de gravures. Au
"■milieu se voit le Père éternel, qui tient entre ses
"bras Jésus-Christ en croix. Aux deux côtés sont un
-grand nombre de figures à genoux, en babil du
-temps, parmi lesquelles on distingue Flamel et
T Pernelle. Les jambages de la maison sont chargés
rrde lettres gotliiques majuscules qui, rassemblées,
«forment ces mots : Deo gratias, avec une N el
- une F. On ne peut que conclure de tout cela que
f ce bonhomme, tout occupé delà dévotion, ne son-
ngeoit guère îi la pierre philosophale. '^(//«•v/oircrfc
Saint-Jacques-la-Uoucherie , p. 3o5.)
LES LKTTHÉS, LKS AUTISTES ET LES AKTISAKS A PARLS. 4S9
KlaiiK!) ('-tiiit r(;('lli'iiii'nt un .s|)iViiliitiMir ou un huninif charttiibli;; maia le» ii«m origioaui
oîii il conHif^nait ho» recctlt^tt nViÏHtcnt plus, et il faut ftVn r<^f<^rer aui eoaptoide k b-
l(rii|ui'. IcIn i|ui! Ich (ionnc l'iiiilx' Villnin. C<>» docuiii(>nU <>inlir8M<.>nt ane période <!<• dit
iiiini'')-s, <|i- 1 /i/j/t ù 1 ft')fi ; le (liifFri- (l<'*i locntioriH dr* la maison me me de MlHftflwrflKj *
f",t iiidiqu/-, l'I il y u lieu de rroin- t|uc lr<. iiiurfpjilliiT!» <l<> Saînl^ae<|OM avaient, en etf-
I iitioii di'M v(doiitëH du dotiali'ur, continué le Hy»l^ni«- df luudi'nitiun ap|di«)u<^ au lotrr de»
- |H)iii«'s lahoiin'urH. » Voici le n*l«'vé df cp» rompie» :
Rtir. DE MOIITMORE.'ICT OULTHK LB COIXG 01 U KLLr IHtbE.
l'iemier louage par bas. I^lil lieu Uiué a Jehan Frwftn, par m . ■ . . ift'
Second louage par ban. I><<lit lou(< |M>ur i h Mtl» par an, |Nii» ii Gtrtrdd» Laaaoy
On |ioitIi(' «le lii<lit<' |iri'iiii)'r<- iiinison où il y n i|iiutrp liiiiagnt.
IWmier bmnge pur liaull. I,c<|it loiii! ù Debm la fiole
Second louage par haull. l^-tlil \o»f pour 8 «ol», puiit à la veuve /«Aaa ftnaim». .
Troisième louage par liauli. I.c<li( (ictiioura inlinbilr! «Ippuis thhh juMin'k la Hainl tnan
I fili-j. |)iiis loin; à Jehanne Dn-auLr , jior an lo'
(Jualrirme louage par hault. Ledit lifii liiii<< |Hiur 8 koU |Hiriii» l'an. |iuia iana^ iku an» ém
siii((>; fiiNiiito loui^ h Jetiane de In Porte, qui un |Miya pat ...
Sramdf maiion en ladite rue, etc.
\a^ boti lou(< pour iC Kols par an, pui» ii Jehau Julioil
,(ii/rr louage par biu. l^-tlit loue i* iti Dok. piiiit à Lynmrd», veuve lir; •f I, "if
Ou |H)rrli(< <li> ladite ninison , oucpiH a (|untre louage»:
Premier louage par haull. l/'dil loit<'> ji (lirnrd d» Lannoy, |Mir an
Second louage par haull. I.i'ilil Jehanne Loiielle, par an
Troi»ieme louage par haull , liiiii i ij sols, puis ù Jehanne Le Sëgt, qui ne pnjn m». ....... i "
tjualrieine louage par hniilt. I.iilil t' ij sols, puis iii|inliili<. pnrt h JektmMtte I* ConUtre , qni
iif |N)yii \m» . pnr iiii.
Tifrre iMiii»on on sun.uil. (jni est {ji.iiil pi^pioii. dr\uiii le |itiil>.
Premier louage pnr li,i\. |,.dil Imii^ i* |6 snU. ymi^ h (iuillemmn Strinett. Varltl, cordoo-
iiier, |«r nnufV. . i' I*
.Serond louage pm Ihix. I.rilit ii l'uni Midcniiil . |'
Ou |M»rrlic di! indicto jjriuit maison . olc.
Premier louage. I^lil h DenUot Honore, i" lo m\\*. pui».
Second louage. A Alùion l.abrorque •«'
Troiiiiemr louage. A Jaripielot ht llnurhere , i •! sol», puis inhabili'. pu». •"*
(Juatrirair louage. A Amrlot la Lere, \-i »ols. puis h Jehanne Laboulnui \''
Ciaifuirme louage. liOud i* 8 itob et i| sois, puis inhaliili' p-ndaiil Iroi» ans. put» à Jeitmmm h
Trisiur , pnr nu lo"
.Si.rirmr limage. I^il par an, h Jehanne t.nhoulnrde . lo*
Septième limage. A Deaite Dupont, par ou
(('.t's.sH ^[Mr^' iout' il 1» .Siiiil Jcuii i^iôo. ronimn Imp hiini "'i |wiiiiii'' ji iin'iii«T ■
Kii iadit-l*- ni)*, elr. la uinisoii où (>sl li> puits.
I*remier bmage idt »tt le puil*. Loui< li JehannetI* U Snetue, par an.
Second louage tenant en tatmal, A la GtiiitonM, par an. . '
Li's n)iii|il»'s d»« la rabriqnt' de Sainl-Jar«|ucs-la-lloiiili<Ti' <• > p|>ri'im<iit. en outre, que
Nicolas Klaimd avait des renies annuelles et |K?q>éliiell— < lo iuamhmi
Hue d* AfarrMNM-, hAlcl de l'Imaf^e Minl MirM:
Hue Qrnnemfoùr, liAtel de l'Étoile:
/IGO DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Clottre Saint-Merry, rrostel qui fu à feu Hemon Boulet;"
Rue Satnt-Marlin, hôtels (le l'Autruche et des quatre fils Aymon;
Rue des Gravilliers, rrostel qui fu Jehan Feuillet," plus une (rmazure et lieu en ruines, ^i maisons qui
rrfiu-ent à Simon de la Chambre, Jehanne Quin et Bernard de Buleu;'i
Rue du Temple, six hôtels ayant appartenu h Robin Violette, à Philippe Villol. h Guillaume le Biche,
à Robin Pesteron, à Guillaume Béranger et à Michel de Gousmf^nii;
Rue Beaubourg, hôtels du Lion d'argent et de la Fleur de lys ;
Rue des Blancs-Manteaux, hôtel de l'Image saint Christophe;
Porte Baudotjer, hôtel appartenant à Gillel le Barbier;
Rue de Jouy, hôtel du Château; hôtel ayant appartenu à rr Jehanne la Herbelotle ;» hôtel à t Jehan Piguet .
dit Simplet.»
Rue Saint-Antoine , maisons de la Croix de fer et de l'Homme sauvage;
Rue Sninle-Croix-de-la-Bretonnerie , rrplace en ruine faisant le coing de la rue du Puis;i
Rue Saint-Jean-en-Grève , hôtel appartenant à Colin le Roy;
Place Maubert, hôtel du Cheval rouge, frfaisant presque le coing de la rue des Quatre Portes;-
Rue Saint-Jacques, hôtel du Dieu d'amour;
Rue Saint- André-des- Arts , hôtel du Barillet;
Pont Saint-Michel, hôtel du Croissant ;
Rue de la Charpenterie ''*, place en ruines et maison de l'Image sainte Catherine;
Rue Saint- Honoré , hôtel ayant appartenu h Jean Labbë;
Rue de Richebourg ou du Coq, hôtel du Plat d'étain; *
Rue Guérin-Boisseau , six hôtels en ruines;
Rue Chapon, hôtel et jardin en ruines;
Rue Saint-Denis, hôtel du Berger, en ruines; hôtel du Boisseau; ti-ois hôtels, louages et jardins ayant
appartenu à .Michel Piot et autres.
Nicolas Flamel avait, de plus, diverses rentes a.ssises sur des imnieubles situés l'i Sainl-
Laurent-iez-Paris , ia Villette Saint-Ladre, la Chapelle Saint- Denis, Olheuil (Auteuil),
Suresnes, Nanterre, Rueil, Chatou, Houilles, Vry et autres villages. Les maisons qui lui
appartenaient en propre n'étaient pas moins nombreuses que celles sur lesquelles il perce-
vait des rentes. Les registres de Saint-Jacques-la-Boucherie en donnent la liste suivante :
Rue des Ecrivains, une échoppe;
Rue Marivaux , maison de la Fleur de lys; hôtel du fDalphin,» comprenant trois louages; hôtel de l'Imîige
saint Jean ;
Rue des Etuves , maison de la Nef d'ai^ent ;
Rue Quincampoix , maison de l'Image saint Christophe;
Rue auMaire, maison de l'Image Notre-Dame; hôtel joignant le Plat d'étain;
Rue du Temple, hôtel de l'Image sainte Catherine, ci-devant de la Ooix de fer, "faisant le coing de la
rue Pastourelle;"
Rue des Gravilliers , hôtel de l'Ane rayé; masure et jardin en ruines;
Rue Saint-Martin, maison de l'Image saint Christophe; hôtel de la itHenstîi; maison de la Belle image;
hôtel de la Pomme rouge, f au coing de la rue an Maire;» hôtel de la Croix blanche, frdevant la
rrpissotle saint Martin;»
Rue de Montmorency, maison dont il est question plus haut.
La fortune représentée par ces diverses sortes de propriétés ('lait considérable, sans
doute; mais elle ne justifie pas la réputation de Crcsus qu'on a faite à Nicolas Flamel, et
M. Vallet de Viriville a raison de soutenir, avec l'abbé Villain, qu'il n'était pas besoin
d'avoir recours aux secrets du grand œuvre pour acquérir ce qu'on ne doit regarder, après
LES LKTTHÈS, LKS AHTISTKS KT LES AHTISANS A PARIS. «fil
tiiiit, (|Uir i-ointnc un*; boli«> aisuiirt; ïu>urgiioi»e. Au (iècle \treeedtrnl, le* Popin, Ur» Armdr.
I«H Gr>nticn , et, à IVt|i(*i|U(! iln Flfinu;! , le» Bureau de r)aiii|(rii.irtiii , \en Miles BailUrl. le» («uil-
inmiii Satifruiii, Ura Dif^ric HcHpondc i^taiont arrivt'n à un ëlat de fortune bcaoeoup plu*
itiiposniit; (înillrhcrl <lir Mi-tz, (|iii roruiiii.HKait iii*>n l<*tt riciien de «on temps, ne • jf trompe
|Miiiit. Si l'avoir (l)> l'Iaiiiol a t'-Afi, Hurfait, cVst qu'on l'avait vu, pendant longoes ann^.
a.HHis (iaiiH son ('rliop|ir! de la ru*; <l(>s ÊrrivainH, tandis «pie leit tniurf^eoi» opulent* dont nou»
vcnon» de ra|i|)(>l«>r \i's noms habitaient de beaux bAtels et menaient grand train. Hamel
avait, en outre, la vanité de se faire peindre ou sculpter partout, avec de* cbiffrea et de»
altrihiils (|ue l'iijnorance transforma bir-ntôt en lofjojjripbes lierméiifpies. Knfin *» fortune.
iiii lieu <|f se diviser discrètement entre des héritiers , fut recueillii- en bloc par la fabni|u>-
de .Saint-Ja(-(pies et donna lieu i!i de nombreux prociVs qui en divulguèrent le cbiffire, iequd
fut bicnli^t amplifii' par la rumeur
publique. \ji fortune de Nirola*
Flamel n'a donc pas, leloa lente
ap|iarenre, dépa«é le» bernes
d'une aurta wttSocnÊÊ» : c'est la
conclusion à laquelle »ant arnv«^
tous |e<i érudils qui en ont M^rieu-
scuK'nt recherché leu origine».
Klamel «le juenne* est beau-
coup moins connu que son illustn-
homonyme. On sait qu'il était ha-
bile copiste, et qu'il travailla long-
temps pour la -librairie" du dur
de Berrj. Plusieurs manuM-nl«
splendidcs portent son nom,entr«-
autres la Hibir hùloniJ» traduite
par (îuyart de* Moulins, les /M-
riuiea de TiU-lÀrt , tradoctioa de
Pierre Bercheure. le Ammm ér Im
l{oMf et le livre de Boccace De etm-
rit el nobilihiu wuJierAm. Le pre-
mier de ces ouvragée porte une
note que M. le comte Angoele de
BasianI a fait calquer dans son
excellent ouvrage (Le fiuitaf* 4m
Biemumls), et que MM. Lacmit
et Foumier ont reproduite comme
un mo<IMe de b calligraplue de»
uv'et tv' tiède». Noos en piacoa»
le jbcxsnmXr aoos Ica yeot de ses
lecteurs.
hr :■
/i62 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
L'individualité de Flamel «le juenne,» dont le prénom était Jean, a beaucoup embar-
rassé les érudits. wll est fort douteux, dit M. Paulin Paris, que les deux écrivains fussent
«parents, puisque Nicolas, dans les actes nombreux que son historien nous a conservés,
rtne fait aucune mention de Jean '''. y MM. Lacroix et Fournier écrivent de leur côté : ctLe
" copiste aux gages du duc de Berry n'a aucun rapport de parenté, ni même de temps avec
«le mari de Pétrenelle '"^J. » C'est peut-être pousser un peu loin la circonspection histo-
rique, au moins en ce qui concerne l'époque.
La conteinporanéité des deux Flamel est attestée par le texte de Guillebert de Metz
et par la date de la mort du duc Jean de Berry, qui précéda de deux années seulement
celle de Nicolas. Il s'agit bien, en effet, du frère de Charles V, si connu par son goût pour
les beaux livres; les diverses mentions consignées par Jean Flamel sur les manuscrits qui
ont appartenu à son illustre protecteur le désignent toujours sous ces noms et qualités :
t^ Jehan, fds de roy de France, duc de Berry et d'Auvergne, comte de Poitou, d'Estampes,
«de Bouloingne et d'yVuvergne. n Ce qui est un peu plus douteux, c'est la parenté, quoi-
([u'elle paraisse résulter des expressions mêmes que notre auteur emploie pour désigner
les deux écrivains: il les appelle tout simplement Vaisné, \ejuenne, comme s'il s'agissait de
deux frères. Cependant un fait semble s'opposer assez brutalement à cette induction : l'hé-
ritage de Nicolas Flamel fut déclaré vacant faute d'héritier au degré successible. «Comme
«personne ne se présentoit pour l'hérédité, le magistrat crut pouvoir regarder comme uni-
«aubaine une succession estimée si considérable, et tous les biens du défunt furent arrêtés
«et scellés à la requête du procureur du Roi du Cbâtelet, comme vacans et appartenans au
«Roi, par défaut d'héritiers au moins qui s'apperçussent '*. » L'abbé Villain, à qui nous
empruntons ce passage, écrit un peu plus haut : «Il semble que Flamel craignoit ce qui
«pensa arriver, en effet, que ses biens ne tombassent dans le fisc par droit d'aubaine. Il
«n'appercevoit pas sans doute de parenî; qui pussent se présenter pour hériter : néanmoins,
«en cas qu'il en parût, il fait un legs de ko livres parisis en argent à ses parents, »i aucun»
« en a qui se voudraient dire ses héritiers, pour une fois à tous ensemble; mais il ne s'en présenta
«pas vraisemblablement, puisque, onze années après la mort du testateur, il n estait encore
^apparu aucuns se disant parents de Flamel, pour recevoir le legs de ào livres parms^'.'n' On
peut donner de ce dernier fait une explication assez naturelle : Jean Flamel aurait été
célibataire, et il serait mort avant Nicolas, ne laissant point d'héritier, ce qui explique-
rait pourquoi il n'est fait aucune mention de lui dans le testament du riche écrivain , el
pourquoi la succession fut déclarée vacante. Dans cette hypothèse, le décès de Jean aurait
précédé de fort peu de temps celui de Nicolas, car il résulte d'une note de Godefroy que
«Jehan Flamel fut habillé de deuil pour la mort de son maistre '*', laquelle arriva en i i 1 6. tj
Ce serait donc entre les années 1/116 et i4i8 que Flamel «le juennen serait décédé, et
Flamel «laisné» n'aurait eu naturellement aucune disposition testamentaire à faire en sa
faveur. Néanmoins, on s'étonnera toujours qu'il ne l'ait pas associé aux fondations pieuses
dont son testament est rempli ; c'eût été là une sorte de legs religieux , tel qu'en devait faire
''' Les manuscrits français de la bibliothèque du ^''^ Histoire critique de Nicolas Flamel, \>. a 1 8, a^.
roi, t. II, p. 11 et 12. ''' Idem, p. aoi. 9o5.
'*' Histoire de l'imprimerie et des arts qui s'y rat- ''' Histoire de Charles V], par Juvénal des Ursins,
tachent, p. 45. avec annotations de Godefroy, in-folio, p. 779.
LKS LKTTHÉS, LES AHTISTKS KT LES ABTISAXS A PAIIIS. 4U
un homtrin nuKsi diWol que Nicola» Kluiiiel. Kii r«'-«uin«K la question de psronlé
tRiifin, ninl|;r('f l«'s nxpntsKiori» dont m; mt! (ïiiilIrlM^rt d» Miftz, ifl bien qu'il ttn cuiUf âê m»
voir qu'une coînridcnn; |iiir<'nii-nt rortiiilc dan» l'ntiittenc«> «iniullanée de deiu houtfpti»
(|i> l'iiris, l'-rrivains l'un <'t raiitrt', |ii)rt<in( h* inAnif* nom fl atani joui, en l«*ur l<>iiip«. iTnni'
n'iioiiiiiii'i' à |)iMi [iri's ('•ijiilf.
Aviinl de («Tniinor ccllo étude, il nous a paru util» de cun»i(;ner ici quelque* article» d-
ri)rii|ites tiré» de dorunients iiulli<'ntii|iies et ('•tiiblis.tant le prit inoten de« Iravaut de coptr *"
<'l d'i'nliitiiiniire à l'i'poque des deux Kiiimej. Os eitraits Muniront à établir, au\ \it* el
XV' Nielles, le bilan d'une des plus célèbres industries parisiennes, et aideront à eomprcndrr
la l'orniation d'une fortune <|ui n'eut rien it dém<Mer avec l'airbimie. Non* lea eiBpniBloiw.
pour la plupart, aux savantes publications do (iabricl Feignot et de M. le marquis de Ijt-
bnrde, rpii, seules, jettent un peu de jour sur les travaux d'art exécutés i cette é|MN|ue.
De i38'j ù liJjjH, Pliilippe le Hardi fait payer à llenriot (iarnier Bretin -jt franc».
"pour iin(j livre appeli- les Cnmufue» iIcm miM tie France •,it aux Chartreux 35 franc». «DMiir
"acliaiil (I une Bible; " à frère Philippe, son confesseur, loo francs, (tour " ung Catboliron
"pour mcctre en sa chapelle; n à Pierre Donnedieu, «cscripvain demourant a Paris, |iour
" l'escripturc de deux {[rands Antiphoniers par lui escriptz et notez, 60 francs. .. et |Niur
"enluminer et llorir d'azur et de vermillon, coler, tnire et relier iceulx, 80 fraiir». « \jr*
fournitures et accessoires coi^taienl, à ce qu'il parait, plus cher que le Inivnildes co|MKle» ••!
fies enlumineurs, car nous voyons un sieur (iillel Daunai, -esrripvain a Dijon, « ne/ecevoir
que ih sols 6 deniers par «quayer d'cscri|iturc,n tandis qu'on dé|>en<(e plus de 90 franc»
pour «achat de parchemin, velin, chevrolin, froncine, fenneils de cuivre, bounlont, doux
"de Rouen, doux de laton et de cuivre, soyc de pluscnrs couleurs |>our faire cbapilaux.
"et cuvr de vaches pour faire (irouers pour convertir eu façon de livre" .»
Les chilircs (pii précèdent, et (pii s'nppli(|uent probablement à des livres ordinaire», ne
sont rien i^ cAté des sonnnes payées aux fournisseurs A-i manuscrits précieux, et en |Nirti-
cidier aux frères Ha|)(inde, qui avaient l'habiliide de les rechercher et de le» offrir aux
ducs de i{ourf;o(pu>. De i3()8 i^ l'ioi. Philippe le Hardi fait donner à Jacques Ra|iondr
- ()0(> escus d'or pour une Bible escriple en francovs de lettres de forme. Ires bien ystoriée
-dedans et dehors, armoyée aux armes du du'-, couverte de drap cranioisy rt garnie de
"(jros fermaulx d'arjjent dorei;» )\ Dyne Baponde. âoo livres, ■< parce que il avoil envoyé
-en boiuies estrennes un très bel livre de l'/Zùtoire df Titus Lirltu. enluminé de lettre»
•'d'or et historié d'ymaifjes en pluseurs et divers lieux '.» Jacques Raponde reçoit encorr
500 éciis d'or î^pour uu(j livre appelé la l^efrrnde dortff. esrripte en franroy» de lettres de
"forme, ysloriée de belles ysloires, a chacun son ysloire, et par deb«r» une Annonciation .
" saint i'aul et suinte Oatheiine, fermant a clous d'ar|>enl don<z, armoyéau armes du dur.
-et couvert ce livre de vclueau en vermeil teint en grains, et ung bel asloj garni d'une
- tn>sse de soye a deux mordants armoyés aux onnes du duc ; ' plus &00 éro» d'or ^pour la
- \endue et délivrance d'un livre nommé Dr lu pmpritlé Jti ekcm*. tout neuf et yslorié. coii-
- vert de veliu'l en (jrains. a fermouer d'ar(;ent dorei: • plus 3oo francs |M>ur un livre fran-
' (Mtnhgm (h lu hihlioïk^tif lU» Antt d» tfwwyyw «■ ir' êiMr. [> iÀtm. p. 49.
àU DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Rcois de plusieurs histoires des Femmes de bonne renommée, que ledit Raponde lui présenta
'r.en estrennes;» plus 3oo livres d'or «pour trois livres appeliez La Jleur des istoires de lu
r terre d'Oriant, escripts en parchemin de lettres de forme, historiés, couverts de velueau et
p fermoyés d'argent doré esmaillé, et armoyés aux armes de mondict seigneur ; » plus /i o o francs
d'or et pour avoir fait un grand livre, tant du Roman de Lancelot du Lac et du Saint Greal,
w comme du Roy Artlius, ystorié de plusieurs belles histoires "'. n
On peut supposer, avec quelque raison, que les frères Raponde, familiers des ducs Phi-
lippe le Hardi et Jean sans Peur, recevaient un peu plus que ne valaient les manuscrits
achetés et revendus par eux. Toutefois les comptes de Jean Chousal et de Jean de iNoident.
pour les années lioo et ikiU, enregistrent une somme importante (600 livres) délivrée
à Jean Durand, physicien du duc, «pour employer es escriplures et perfection d'une très
ttbelle et notable Bible,» dont étaient chargés les enlumineurs Polequin et Joncquin Ma-
nuel; plus une somme de 5oo livres wpour une Bilile toute neuve a grandes ystoires
r. d'ymages enluminées du large de toute la page. ... et cousta a faire plus de 700 francs '^'. v
En faisant la part de la magnificence habituelle des ducs de Bourgogne, il reste encore une
somme importante sur chaque achat ou indemnité, pour représenter le travail des écrivains
et des miniaturistes; et en tenant compte des variations qu'a subies la valeur monétaire,
on demeure convaincu que l'enluminure et la copie étaient aussi largement rétribuées aux
XIV* et xv' siècles qu'elles pourraient l'être de nos jours.
On arrive à la même conclusion en parcourant les comptes de librairie du duc d'Orléans"'.
En 1895, Thevenin Angevin confesse avoir reçu 3oo francs «pour achepter parchemin a
«escrire le livre nommé le Mirouer historial et pour paier les escripvains et enlumineurs
«qui escripvent et enluminent ledit livre, » plus Ito francs d'or «pour achepter parchemin et
«pour bailler aux escripvains qui escripvent pour ledit seigneurie livre de la Citéde Dieu, les
p livres des Ethique et Polithique, le livre du Ciel et du Monde et la grant Bible '''. v 11 importe
de faire remarquer que ces sommes, quoique considérables, ne sont que des à-compte : The-
venin reçoit, en effet, à diverses reprises et pour la continuation des ouvrages susénoncés,
plusieurs autres provisions qui doublent les premiers payements. Le même personnage
reconnaît, en outre, avoir reçu, en 1 898 , 100 écus d'or «pour acheter parchemin et payer
«les escripvains et enlumineurs qui escripvent et enluminent pour mondit seigneur la
'xgrant Rible glosée, les Croniques de Rurgues, les Lamentations de saint Rernart, etc. » Ce premier
crédit est également suivi de plusieurs autres applicables aux mêmes travaux. Le catalogue
de Joursanvault (n° 609) indique une pièce que M. le marquis de Laborde a relevée, et
qui donne le détail des prix payés pour un travail d'enluminure. Angelot de la Presse v
déclare avoir reçu : 1° 1 9 livres 10 sols tournois «pour avoir fait vingt histoires aux Heures
Ten françois de Madame la duchesse, au prix de 10 sols tournois pour chacune; 9° pour
«deux lettres a vignettes, 10 s. t.; 3° la liv. i5 s. 8 den. t. pour trois cent quatre lettres
«a deux points et enternellées ; 4° 8 s. 4 den. t. pour avoir fait relier lesdites Heures de
« ladite dame et relier le Traiclié de l'âme et du cuer. v
Nous ne pousserons pas plus loin cette énuméralion, qui offre de nombreuses analogies
'■' Catalogue de la bibtiothè'ine des ducs de Bour- ''' Consulter le mémoire de M. Le Roux de Lincv
gogne au xv' siècle, p. 33. sur la bibl. de Cliarles d'Orltians. Paris. in-8°, i843.
<*' Idem, p. 36. '•'' Les Ducs de Bourgogne , Preuves, t. III, p. 1 jo.
LES LKTTItKS, LKS ARTISTES ET LES ARTISANS A PABIS. M»
avec les compte* d«> la mai.Hon de Dourfjognc. Le duc de Beny, graotl aiuteur de Uirrei •!
(J'ohjirtH d'art, payait Hans doute auNsi f>6nht;u*emcut (]ue Mt deux frères, et ooiu en atOM
jioiit' preuves troid urticleM qui semblent devoir se r(!'f)5rcr aui «Iroi* frère* enlnminears •
(lotit puric (iuiliebort de M<-tz. (les artichm sont extraits de la prù^ des bien* laÎMés «a
I /i I fi pnr le dur, prisr^c dont ir- tiianuscrit est consente h la bibliothèque Saint»Ctaariè»<.
Fol. y. '5. " li'uncs ixtljr-s llruros, 1res bien et richement historiées, cl au col
nest le kulendricr, lesquelles Heures iMgr a fait faire par ses ouvriers, et oalest^
«(avec quelque» pierres précieuses) 876 livres.»
Fol. 867 v°. «Item, un livre contrefait d'une pièce de bois, {«ainle en lembUoee «Ton
(•livre, ou il n'n nulz feuiliez, ne riens e.script, couvert de v(.-luvau blanr a deux
"d'itri^cnt dorez, esniuillt!' aux armes de M);r, l(;(|uel livre Pol de Liinboure et
" frères doimerenl a mondit sei);neur aux estraines m .cccc et s, prisé 5o sols tournois.
((Item, en une layette, |)lusieur8 cayers de très riches Heures que faisoienl Pol et ses
((frères, très richement historicz et enluminez, pris(*es 5oo livres" ."
De ces donn(>CN, dit M. le marquis de Labordc, il résulte que le duc de Berry avait,
parmi ses ouvrin-s, trois |)eintres venus des Pays-Bas et originaires du Limbourfj; que ces
nrtistt's (•tnient occupés, lorsque sa mort survint en 1^116, h orner les fcuil|ft.<t d'ua livre
(rileiir(>s, qu'on réunissait dans une layette jusqu'à ce que l'achèvement du travail pernitt
de les livrer au relieur. Il y a (jrandc apparence que «les trois frères enlumineurs n dont
parle (iiiiliei)(>rt de Metz, sans les désigner |)lus explicitement, sont ces mêmes omrrien, re-
présentiiiits ilistinj;ii('s de l't'cole flamande (pii rommenç.iit alor> h |>oindrc et que leseocoo-
ragena-nts des ducs de Bourgogne devaient biontijt porter au plus haut point de spkodwir.
Nous avons vainement cherché à retrouver la trace de ces artistes, qui comptaient aasarënent
parmi les meilleurs de Paris, puisque notre auteur les cite sans indiquer leur nom. Sur i'iii-
dicatjon di> M. le iiinnpiis de Laborde, nous nous sommes en outre adressés aux archives de
lii province de Liiiii)oiir|^, iifin d'obtenir (jucKpies détails sur leur origine et leur existence;
mais noire appel est resté sans écho. Comme tant d'autres peintres de la même époque, les
(rois fn^res enlumineurs n'ont probablement pas d'histoire : leurs travaux accomplis obsca-
rénient, à c6té de ceux des écrivains dont ils étaient les auxiliaires, révèlent une époque, un
style, une école, mais ils ont à peine sauvé leurs noms de l'oubli.
A cAté des honoraires payés par les grands seigneurs à leurs enlumineurs et k leurs écn- n,,
vains en titre, il n'est pas sans intérêt de placer le prix de vente et de location des livres
mis dans le commerce, soit qu'ils appartinssent en propre aux êlntitmmmm qui les eipo-
saicnt ù leur étalage, soit (]u'ils fussent simplement en dépùt cbei eux pour être vendu». Vvn
le milieu du xiv* siècle, le libraire (îeofl'roy de Saint -Léger cède i noble homme Géfwtl
(le Montagu, nver hvpothi^cpie sur tous ses biens et garantie corporelle, un livre intitalé
Si>eculuin histonale in coiisuctudiiie Varisiente, mo\ennant la somme de Aoo livres parisis. En
I 38i, le psautier de saint Louis, mis à l'enchère, est acheté «(par messirv Jehan, derc de
' la chapelle de la reine Blanche, vu" et un francs.» En iSgA, Jean Bonhomme, libraire
juré de l'Cnivcrsité, cède ii Jean (lueiilette un e\emplain< de la Cité it Ditu,
I ■ - liiir.< ,/,• Bviirgvgne, freuves, I. I, introduction, p, tx\i
466 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
tion de prix, mais en promettant de garantir la vente «envers et contre tous.» Ces sortes
de dispositions étaient prises pour assurer à l'acheteur la pleine possession du livre vendu .
et le mettre à l'abri de toute revendication de la part du propriétaire déposant. En 1897,
le libraire Robert Lescuicr reçoit du duc d'Orléans vingt écus d'or «pour la vendicion d'un
«livre ou est le faict des Roumains, escript en francois, compilé par Ysidoire, Suetoine et
«Lucan.» Le même duc avait payé deux cent cinquante écus une Rible latine achetée au
libraire Olivier de Lempire, vingt francs d'or les épîtres de saint Paul , et quatre cents francs
une Bible en français.
La cherté des manuscrits et les prétentions toujours croissantes des libraires détermi-
nèrent l'Université à taxer non-seulement la vente, mais encore la location des livres qui,
sans celte précaution, seraient devenus inabordables pour la bourse de la plupart des
écoliers. Clievillier a donné, d'après le 76' feuillet du Livre rectoral, une liste curieuse de
quelques ouvrages tarifés en assemblée générale de l'Université'"; voici certains articles de
cette liste :
Les Homélies de saint Grégoire, q8 feuillets, taxé 18 deniers;
Les Sacrements de Hugues de Saint-Victor, aie feuillets, 3 sols;
Les Confessions de saint Augustin, ai feuillets, li deniers;
La Somme de saint Thomas d'Aquin, 1* livre, 56 feuillets, 3 sols ;
VApparalm des décrets, 6 sols ;
Le texte ô'Infortint, h sols.
Le Digeste, 5 sols, etc.
Il résulte de ce tarif que les livres de droit étaient les plus recherchés à la fin du
XIV* siècle; et ce fait, dit V. Le Clerc, est, à lui seul, l'annonce d'une tendance nouvelle
qui devait faire déserter les vieilles écoles de théologie. Nous n'avons point à entrer dans
l'examen des questions de doctrine que soulève la librairie parisienne. Qu'il nous suflise
d'avoir esquissé à grands traits le tableau de la fabrication et du commerce des livres, à
l'époque où Guillebert de Metz les a vus s'exercer à Paris.
7° LES ORFÈVRES ET tf ARTIFICEILX OUVRIERS. 1»
(hEBMAN, WILLELM, AKDRY, le potier (t QUI TENDIT LES ROSSIOOLZ CHANTANS EN YVEB , fl ETC.)
M. Paul Lacroix a écrit, en tête de son intéressante Histoire de l'orfèvrerie française , les
lignes suivantes : « De tous les arts, le plus ancien est peut être l'art de travailler l'or, c'est-
« à-dire l'orfèvrerie : on la trouve déjà florissante aux époques héroïques des dilTérents
«peuples du monde Les autres métaux dormaient dans le fond des mines, que déjà
«l'or avait fourni aux premiers habitants du globe, non-seulement des ustensiles et des
«armes, mais aussi des objets de parure et des insignes religieux. Il est donc permis de
«regarder les orfèvres, les ouvriers qui travaillaient l'or, comme les initiateurs de tous
«les arts manuels''''.»
Guillebert de Metz semble avoir devancé l'opinion de M. Lacroix : parmi les nombreux
''' Archkeg de l'Université, cart. II, sec. dossier ''' Histoire de l'orfèvrerie , etc. Paris, i85o, in-8*,
B,n° 1. et 1808, in-j8,p. 1 et i83.
LES LKTTHKS, LKS AUTISTES ET LES AHTISAR8 A PARIS. 467
orti.sans (|ue rertfcrriiuit l<; Parin do Hon (om|>!t, «arlificcult ouvriena de UnHm Im un-
TeiiNionH, liommcM n <lun(pi,'noux iiicstient» i|iril a vu» n l'cpuvre, H qu'il ril« aa méoM titra
f|u« \m ^ens du lellrcN ou les bourf^eoÏN opulnnl», Iroin seulement, Willelm, Hefan d
Andry, lui ont puru dif;ne!i d'étru dt'rttifjnés nuinm<^nicnt , et ce sont préciit^^ment un orfèvre,
lin l.i|iiiliiiri', un Itijoutii-r en (ilif^nine, c'est-à-dire les trois priocipale* variétéi dfl»
iiuri/icn oit aurifiihri du moyen A|j(;. Lu rai.son de cette mention uninue est bieo HOiple : M
w* siècle, comme oux â|;es primitifs, le trovail de l'or résumait toutes les aulm OMiniliB»-
talions de la pensée industrielle; il entretenait ie sentiment du beau, et entait entre l'art
et le métier un lien intime (|ue les siècles n'ont point encore rompu. Sirur de Parcbiterture
et de la sculpture, rorfévrerie marchait de concert avec elles, leur prêtant plus qu'elle ne
leur empruntait, et offrant dans ses cliAsses et ses reliquaires plutAt le» maaiÊMm deaédi-
lices à élever cpie les diminutifs des monuments dijà construits. InlineiDeol liée à la e^
rnmiipie et à la poterie d'étain (pi'elle transformait, k la menuiserie d'art dont elle avait
besoin |)our ses dressoirs, h la serrurerie et à la ferronnerie qui, sana ton aide et son ina-
piration, fussent restées pcul-t^tre it l'état de |;ros et lounis métiers, elle entrait ainsi dan»
la vie privée et s'associait à toutes les nécessités doniesti(|ues, tandis que, par ses rapporta
avec la peitiliire sur verre et l'art de rémailleur, elle étendait |>eu à peu le domaine de
la chimie et faisait avancer cette science, attardée à la recherche du grand œuvre. Enfin,
par l'usa^je habituel de la forge et du marteau, elle contribuait puissamment k perfection-
ner lu métallurgie, à donner de la légèreté au travail manuel, à introduire l'art partout
où il pouvait se glisser. Il serait fort intéressant de suivre à travers le* siècles cette influence
(le rorfévrcrie sur les diverses professions; mais une telle étude eiigerait de» développe-
ments (|ue notre cadre ne comporte point. Le récit de Guillebert de Metz ne comprend
d'ailleurs qu'une période de cinquante ou soixante années, et se renferme étroitement daw
riiistoire de l'art parisien; notre commentaire ne doit point aller au delà.
Paris Minble être, dès les premiers siècles de la monarchie franque, la tem- claaM«|ur >-^«i— >i*N~
de l'orfèvrerie. Son lerriloire ne possède pas, comme les montagnes de l'Auvergne, des
lii'vennes et du Limousin, des mines d'or et des gi.semenis de pierres précieuses; la joail-
lerie, l'émaillerio n'y sont point, comme à Limoges et à Montpellier, une sorte de produit
spontané; mais les rois y résident, les ofliciers de la couronne y étalent leur luie, et les
;;raiids feudataircs viennent, en rendant hommage au suzerain, y faire leurs acqunitiona.
I)e plus, Paris a dans son voisinage les métropoles de Heinis et de Sens, les antique*
sièges de Soissons, de Senlis, de Laon, de Noyon, de Meaui, de Beauvais, etc. dont le»
l'véques sont en relations continuelles avec la royauté; les monaatères opalenls se multi-
plient dnns les environs, et l'nrt de travailler l'or reçoit de toutes ces circonstances réunies
une vigoureuse et durable impulsion. Le fameux vase de Soiaaooi, les plèna d'orfèvrerie
trouvées dans le tond)eau de (ihildéric à Tournay, les riche* basain* qne nMntratent or-
gueilleusement C.hilpéric et (îontran. dit (ïn'goire de Tours, appartiennent à cette preaièw
épo(|ue, et se rattachent h l'art gallo-romain . qui fut le pn'mier maître des Francs. BientM aae
école nationale se constitue, et c'est à Paris qu'elle établit le siège de sa fabrication : Por-
févre Kligius. originaire du Limousin, apporte dans la capitale du royaume franc le* tr»-
cillions il les procédés de son puvs: devenu l'nmi de (ilotaire II et le ministre de DugiK
468 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
bert T", il dirige la monnaie royale, renouvelle la vaisselle du palais, les vases sacrés des
églises, couvre d'or et de pierreries le tombeau de saint Denis, et crée à Paris deux nou-
veaux centres d'activité : le monastère dit de Saint-Martial, et le suburbium de Saint-Paul-
des-Champs. Dans la Cité, en face du Palais, sous la direction de sainte Aure [Aurala),
dont le nom indique en quelque sorte la pieuse profession, les religieuses tissent la soie,
l'or, et font des broderies pour les vêtements ecclésiastiques, tandis que les orfèvres, groupés
dans la culture Saint-Eloi, autour de la chapelle qui fut plus lard l'église Saint-Paul,
continuent les traditions artistiques du savant évêque de Noyon. Il ne nous reste rien mal-
heureusement des chefs-d'œuvre que durent enfanter alors le génie et la foi. L'orfèvrerie
carolingienne n'a pas laissé plus de traces, quoiqu'elle ait eu le même éclat et qu'elle ait
produit autant de merveilles que les ateliers mérovingiens. Ce qui explique, à tous les âges,
la disparition des pièces artistiques formées de matières précieuses, c'est la guerre, le
besoin d'argent, l'indifférence pour les vieilles choses et l'amour de la nouveauté : à toutes
ces causes de destruction se joignent, pour la période carolingienne, le transfert du siège
de l'empire de Paris à Aix-la-Chapelle, et le long séjour que durent faire en Allemagne la
plupart des joyaux formant le trésor de la couronne.
La fabrication de l'orfèvrerie s'interrompt à Paris, comme ailleurs, pendant le règne des
faibles successeurs de Charlemagne et sous les premiers Capétiens. Hommes de fer, ne
connaissant d'autres joyaux que le casque et l'èpèe, les rois de la troisième race n'étendent
point leur protection sur les arts de luxe, et l'Eglise seule entretient encore les ateliers où
l'on travaille l'or. Mais voici venir l'an mil et les terreurs dont cet âge fatidique est ac-
compagné : tous les trésors s'accumulent dans les monastères; tous les métaux précieux sont
portés dans les églises, et l'orfèvrerie religieuse prend alors un développement inouï. Le
moine Théophile, témoin de ce grand mouvement, nous en a laissé le tableau dans son
curieux ouvrage"'. Voici en quels termes ce religieux, orfèvre comme saint Eloi, proba-
blement peintre, verrier et èmailleur, exprime ce qu'on pourrait appeler l'esthétique de
l'orfèvrerie au xi° siècle : «0 mon cher fils, dit-il à son disciple, tu t'es approché avec foi de
«la maison de Dieu; tu l'as décorée avec magnificence, parsemant les voûtes et les murs
^de travaux divers et de couleurs variées; tu as en quelque sorte exposé aux regards une
«image du paradis, et son printemps diapré de fleurs, verdoyant de gazon et de feuillage,
«et les immortelles légions de saints, et les couronnes qui les distinguent; tu as forcé la
«créature à louer Dieu son créateur, à le proclamer admirable dans ses œuvres. L'œil de
«l'homme ne sait d'abord où se fixer: s'il s'élève vers les voûtes, il les voit fleurissant
«comme de brillantes draperies; s'il considère les murailles, c'est un tableau du ciel; s'il con-
«temple les flots de lumière versés par les fenêtres, il admire l'inestimable éclat du verre,
«la variété du travail le plus précieux. Qu'une âme fidèle voie la passion de Jésus-Christ
«représentée par le dessin, elle est pénétrée de componction; qu'elle regarde les supplices
«que les saints ont supportés ici-bas, et leurs récompenses dans l'éternité, elle revient aux
«pratiques d'une vie meilleure; qu'elle songe aux joies du ciel, aux tortures, au feu des
«enfers, elle est animée d'espoir pour ses bonnes actions, et frappée de terreur à l'aspect
«de ses péchés.» Et s'adressant à son disciple, orfèvre comme lui, Théophile ajoute :
'"' Ji'ouvrage de Théophile est intitulé Ditersarmn artium schedula.
LKS LBTTRÈS, LKS AHTISTKS ET LES ARTISANS A PARIS. 469
«Krifliinirnc-toi désormoifi d'une ardeur pluH laliortcuse; ce qui manque eoeote parmi In
R instrumonlfi dn la pasHion du Seigneur, viens le compléter dan* tout TeMor de la peuée;
«•lan» ton HecourH le» divins mystères ni les services des auleb ne peuvent s'accomplir. Ce
«.sont les ciiices, les cnndélahres, les encensoirs, les vasea des tainies huiles, Im bar«4tes.
••lot) rliàssc!) dos reli(|ue.H sainleii, les croix, les missels et autres objets qu'um- utili- n^ces-
«siti^ rt^clame pour le service de IV'glise'". »
A vtiU- du livre de Tli<!-ophilc, consacre presque exclusivement à I orfi^vrene religieuse,
il eonvi(;nl de placer l'œuvre plus modeste et plus parisienne de Jean de Garlaode, qui
arrivait à |icii près h la nuViie époque, et qui, dans un tahleau d'ensemble dea l
Paris, arconii; une place des plus importantes aux rliangcurs et orfèvre* > «Les
«taires, dit-il, qui fabriquent les monnaies, semblent riches, mais ils ne le sont pas. — Lee
«deniers qu'ils frappent ne sont point & eux; on envoie ces deniers au l'onl-au-ChaBM,
t pour (|u'ils soient (!lian|;és par les ban(|uiers <;t les Lombard-H, qui s|M>culent sur lee eMlèeaa
" monnayées. — Les fermailleurs offrent des fermoirs grands et petits, de plomb et
'•(IVtairi, de fer cl de cuivre; ils font aussi de beaux colliers et des grelots sonores. — Le*
"artisans ipi'on appelle riplmrii (lianapicrs) décorent les vases de lames d'or et d'argent, el
f montent les coupes sur des pieds; ils les entourent de cercles pour les rendre plus belle»,
<( plus solides et plus durables. — Les orfèvres se tiennent asitis devant leurs fourneaux et
«leurs tables sur le Grand-Pont. Ils fabrirpient des banaps, des fermait, dea eoUien,de*
«•épinijles, des af;rafes en or et en ar|;ent; ils préparent pour les anneaux des turonoises,
«des niliis, des saphirs et des émeraudes. Le métier de ces orfèvres consiste k battre avec
«de petits marteaux sur l'cnrlumc des lames d'or et d'argent, et à enchAsser les pierres pré-
«cicuses dans les chatons des bagues ù l'usage des barons et des nobles dames*".*
Los deux ouvra(;es que nous venons de citer résument exactement les tendances de Tor-
févrerie au \i' si<Vle, et nous indiquent les deuv principaux courants auxquels elle obëia-
sait. Kn province, même après les tiTreurs de l'an mil, nn avait continué à fabriquer, dans
une plus grande propnriicm, les chAs.ses, les reiic|uaires et les vases sacr^; k Paris, où lea
forliMies étaient plus considérables et les goi^ls plus luxueux, oà la cour el les gruida aei-
gneurs donnaient l'exemple de toutes l(>s magnificences, on s'était promptemenl raamré
sur la fin du monde; le besoin d'ostentation avait bien vite reparu, et le^ orfèvres, lëmoios
d(> ce retour, n'avaient point tardé à le mettre à profil, (l'est ce qui explique poun{Uoi Jean
lie Garlande n'aperçoit dans les oflirines du (îrand-Pont que des pièces d'orfèvrerie civile.
tandis que le moine Théophile, dont l'atelier est situé au fond d'un monastère, M préoc-
cupe exclusivement de la fabrication des objets servant au culte.
Dans les deux siècles suivante), .sous l'inllucncp des froi.sa<les et des grandes excitations
religieuses (pii en sont le principe, la proportion change : le luxe des parlirulier^ diniinu<>.
et l'orlévrerie d'éd'li.se prend des dévelop|)ements inouïs. La n^gence de l'abbé .Suger H
le règne de saint Louis marquent h Paris cette épotpie privih^èe pour l'art religieux :
«Suger, dit M. Lacroix, eut une largo part aux proférés d'un art qu'il aimait et daas teqael
«il avait des connaissances spéciales. Il se proposait |K>ur modilea le* beaux ouvrages de
O Diitriiimm arùnm »ekf<liila , prologue du '*' Magiêtri Jtimmiê il Gmhmim
livi-e m, i<<lil. <!•• M. le comte ilc I/»ic«k)pier. éiiit. doonëa par H. ùénmà. Avtt mm PUifft
I H^i:t . iii-.V. <r &/, p. 59A «t S9&.
470 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
«saint Éloi, surtout le célèbre crucifix d'or qu'il avait sous les yeux dans sa basilique de
«^ Saint-Denis, ainsi que l'autel d'or donné par Charles le Chauve. 11 fit faire non-seulement
«un retable en or incrusté de pierreries, des candélabres d'or du poids de vinyl marcs,
«mais encore un nouveau crucifix pesant quatre-vingts marcs de l'or le plus pur, tout flam-
«bovant d'émaux et de pierres précieuses On sait que le crucifix fut fondu par les
«ligueurs, en tSgo'". n Louis VII, excité parle zèle de son minisire, couvrit aussi d'or et de
pierreries le tombeau de saint Denis, et bientôt la royale abbaye devint le plus riche musée
du royaume. Saint Louis fit plus encore : l'Orient, qui lui fournissait d'insignes reliques,
lui donnait également les moyens de les enchâsser avec une richesse inconnue aux âges
précédents. C'est de l'Orient qu'on importait en France les pierres précieuses et l'or le plus
pur; de l'Orient que venaient ces merveilleuses arabesques dont l'imitalion enfanta une
architecture nouvelle : de l'Orient encore qu'arrivait en droite ligne cette nouvelle variété
d'orfèvrerie, le filigrane, dont l'art religieux fit un si utile emploi. Dès lors, la Sainte-Cha-
pelle et ses reliquaires font école "^'. L'orfèvrerie de table elle-même emprunte à ces grands
modèles les motifs principaux et les données générales qu'elle applique aux nefs, aux dra-
geoirs, aux hanaps, à toute la vaisselle de cérémonie; il en est de l'orfèvrerie d'église
comme de la société religieuse : elle domine complètement le monde civil. C'est à cette fer-
vente école qu'appartenait la magnifique châsse de sainte Geneviève, exécutée vers le milieu
du xiii' siècle par un orfèvre parisien, nommé Bonnard, qui y employa cent quatre-vingt-
treize marcs d'argent et sept marcs et demi d'or. Elle figurait, dit .M. Lacroix, une église
d'or et d'argent toute rehaussée de reliefs et toute garnie de slaluettes. Sacrifiée, en « 792 ,
sur «l'autel de la patrie,» elle a disparu comme tant d'autres monuments du même genre
dans le creuset des iconoclastes.
Le règne de saint Louis est une époque doublement remarquable dans l'histoire de l'or-
fèvrerie parisienne : c'est à ce moment qu'elle se constitue en corporation religieuse et
charitable sous le patronage de saint Eloi, cl qu'elle règle ses rapports avec l'aulorilé
civile par l'intermédiaire du prévôt Etienne Boileau. La charte qu'elle se donne, fondée sur
d'antiques traditions orales, est désormais immuable dans ses principaux articles. Se limi-
tant volontairement à ce qui est l'essence même de leur art, les orfèvres se séparent des
monétaires, des hanapiers, des fermailleurs, des cristallicrs ou lapidaires, des batteurs d'or
et d'argent, ainsi que des brodeurs et des patenostriers. Le change est la seule attribution
qu'ils ont la prétention de conserver, afin, disent-ils, de contrôler la pureté des monnaies
et de ramener ce commerce aux habitudes de loyauté qui sont traditionnelles dans l'orfè-
vrerie; mais c'était compter sans les rois et les ministres allérateun de monnaies, et il leur
fallut bientôt renoncer à cette prétention. En revanche, comme confrères, les orfèvres ne
se sont pas laissé entamer; ils ont subsisté jusqu'à la chute de l'ancien régime, tels que le
xiii° siècle les avait organisés, gardant avec un soin jaloux la maison, la chapelle et le sceau
du métier.
Au xiv" siècle, la royauté met la dernière main à l'édifice de la corporation, en pres-
crivant l'usage du poinçon, en établissant la garde ou «preudhomie.n en donnant aux
orfèvres de Paris le premier rang parmi les six corps de marchands, en leur confiant la
'■' Histoire de l'orfèvrerie, édit. de 1 858 , p. 9 1 9 ' Voir Le che/de saint Louis, p. 67, et la minia-
et aao. lure dont nous avons orné le texte d'Aslesan.
LKS LETTHI^:S, LKS AUTISTKS KT LES AHTISANS A PARIS. .:i
(Tarde (les joyaux et moublnn prt'fcicux di; la couronne, ph leur concédant des
nnurdclis/teii, en d«^clarant (>nlin <|ur l'cxerrico de l'orft^vrcrii; n'ett pM îiieonui«tibl« i
In noblesse : Orfikre ne déro/re pas. (]i'.^n:m\nnl IvH honneurs qu'on leur proiiigue a'emfiAmt
pas ces artisans priviléjjiés de recevoir le rontrc-coup des niallieun public*. Atoe Im deas
premiers Vidois, tous les métiers de lu\e «ubissenl un temps d'arnU IrH-atuané : \m àt-
sustres do Crécy et de Poitiers, In ninçon du mi Jean , li-s troubles de la r^f{«oe« fnnt rhftniar
les forf^es et Huspendre le travail du marteau. Im cor|ioralion a birau voir un des Mens h h
tétc du mouvement; les achats et les comninndi*s disparaisM>nt avec KUeiine Martel et
Cbailes le Mauvais, pour ne revenir qu'avec la pai» et le roi Cbarlm V.
(.ie renouveau est lu (grande époque de rorfévrerio civile. Ia^ quatre fil» du roi l
dit M. Lacroix, (Charles V, Philippe le Hardi, Louis, duc d'Anjou, et Jean, duc de Bcrnr, muf-f
furent la providence des orfi'vrcs de leur temps et les |>^res nourriciers du luxe païuîen.
On se convainc, en elTet, du rAle providentiel «pt'ils jouèrent alors, quand on |tarcourt le*
inventaires descriplirs qu'ils nous ont laissés. L'imafpnation reste confondue devant celle
nomenrlatun; sans lin de pièces d'orfèvrerie d(* toute nature, de toute dinieiuioa cl de luut
usa|;e. Le poids de l'or et de l'arfjent, la profusion des diamants et des pierres pr^deoM»,
la bizarrerie des dessins, la hardiesse des conceptions, l'habileté industrielle et artistique
dont tous ces chefs-d'œuvre renilent ténioijjnajje, transportent le lecteur dans un inondr
absolunieiil nouveau, bien loin de notre lu\e mes<piin et de nos petits intérieurs bourgpot».
Les maj^iiilirenres des Mille H une iiuitx semblent de l'histoire vraie, quand on voit défiler
tant lie rirliesses. \ oici d'abord (pK'l<|ues extraits de l'inventaire fait en i368. e'wt 4 dire
d«!s les premières années de Charles V, pour l'arijenterie du duc d'Anjou. i'.n pièces, loulet
fastidieuses (pi'elles peuvent paraître, ont leur éloquence, et .M. le nian]uis de Laborde, dont
l'esprit lin et délicat sait si bien s'arrtMer en deçà du su|)ernu, n'a pas hësit^ h composer
Irois ipds volumes des menus articles de In dépense des ducs de Bourgogtw. Les eitndU
que nous donnons ici sont enqirunlésà son e\c.'||.'iile ^otice$urU»émaiur Ji Ijntrrelt i*|uir-
tie, documents et ijlossaires).
5. — Un yinage de saint Mulirl (r,ir;;i'Mi •l<>iv. .^^^•■^ ;;i.Mit : et ml anné par drMoax un manld qu'il »,,
Il veslu. et a ses II pioz sur une ■ii'r|M'iil , lin|in'lli' Mr|i.Mii ,i -••s n «lies esnMilWt d'aïur itcbon rtiMnit :
et «ont icelles esie* entre les \wi et jomlies d'icelui saint Mirliel. El tient ledit saini Michel , ea m bimi
ilcNtiv. iiiK' Iniiipio riiii/. (l'nrjfcnt l)lnii<", lni|iii<lk* il lioute en la (fiirlie «imlil iir.rpwt, d S SB jCiifecrM.
par !)■ Iiiitit, un |M-tit |Mion n iiim- rroiz vcrim'ille. Et en sa main liestrc tient ledit Mial MiclMl oMpati!*
|Miiiiine il'iir)p>nt donV, sur la<|iii-l|i> n une |)clite crois. Et sietiedkMàalMklwl wat sa gnini pt^ qaun' a
M i|iierr(<. Ht iMi |)l»t. |Nir le liuiit (rirclles qiierres, a eamaai ou il a as ans gaas qn dwvaadMal sar
iM'stfîi. cl lo fninl «le dovont est «■sinnilli- (wr lodan™" "' «"«ni les flUMMU dsiHaMS, MB aw OS asar •
lli'iirelU's , cl les niitn>9 de vcrl i« liesti-lli-s , l'I sont h - «le» dicias NMaBgSi OS ganss. H Ml Mii
pié Hur VI |M<tilz l}ons ipMiiiz. Ht jinise on lout, aN' >. qui «ont granaei, aorte 4 ■adési. d
poino en timl. nu ninrc do Troyi«s, i.wiiii m.
'l'\. — l!nlal)l<MU ilarip^nldoiv. «mih- |»ar dnl^ii/ .|. . - ;ruuel|i«tilas, Wak^gvaaart |ir4u.
cntnnliieiix ('rnur. et |M>(iz ot menues iierlos |;rnnt quantité. Kl ou milira dwiil Uhltaaai
liicu vermeil, ihi<|u<'I n Nosln- iLmir (MviuI \o~iii' Snjjneur en la craMbe, st Isi aagaHS IsaA i
itestHui/, n Noslir Haiiie ipii lMiiii{]ii'' -on imI.miI . > ! derrière elle a saial JoKH MSal, al i
" VnritHi< de ruhis.
M*mf%mim
472 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
sur un souageC' qui est semé de esraeraudes, de rubis d'alisandre '*' et petites perles. Et entre ledit souage
et tabernacle a un chapiteau de maçonnerie a fenestrages , et dedens yceulz a ymages entaillez. Et poise
en tout xnii mars vi onces et demie.
25. — Une crois longue etgrelle d'argent doré, et y est Nostre Seigneur en la dicte croiz tout eslandu ,
et est l'arbre d'icelle croiz semé de perles et de pierreries. Et a ou bout du bras de la croiz, par en haut,
im camahieu ou quel a ii chevaux «jui mènent un chariot et les mené un home. Et es ii boux du travers
de la croiz a ii testes d'homme, et est l'une blance et l'autre vermeille Et ou bout d'icelle crois a un autre
camahieu, ou cpiel a une femme qui se siet en une chaire. Et sur ii branches, qui sont aux costez d'icelle
crois , a sur l'une Nostre Dame et sur l'autre saint Jehan l'euvengeliste. Et siet sur un pié entaillé bien
joliement , et y a un bien grelle souage tout entour, et dessus ycelui pié a ini esraaux d'azur, et a en
chascun un euvangeliste , et le baston qui est entre la crois et le pié est de fenestrages a piliers de maçon-
nerie, et sont les fenestrages esmaillez de noir, et poise, pié et tout, xi mars v onces et demie.
62. — Un tabernacle de très grant façon, assis sur un entablement, lequel entablement portent
au lyons passans, et est chascun lyon sur un petit entablement a souages, et le plat dudit entablement
devant est a plusieurs souages dessus et dessouz , et ou dit entablement a douze esmaux de la vie Notre
Seigneur, depuis l'annunciationjusques la ou Judas le beza, et est le xu* esmail est de l'assumption Notre
Dame, et est ycellui entablement semé sur les hors de saphirs, esmeraudes et pelles, et dessus ledit enta-
blement a un piliers, dont les n devant boutent contre le tabernacle et les u derrière n'y boutent point,
et est ledit tabernacle semé de plusieurs pelles , esmeraudes et grenaz devant et derrière et sur les bouz des
piliers. Et aus deus costez a deus piliers sur lesquelz devers le bas a ii balais, et dessus l'un est la nou-
velle loy, et dessus l'autre la vieille loy, et sur les bouz des diz piliers a ii très grosses pelles cornues, et
ou devant dudit tabernacle a portes esmaillées dehors- et dedenz ouvrans , et dedens est le crucefiement et
Notre Dame et saint Jehan, et dessus, par dehors, est le couronnement et le jugement, et par derrière du
tabernacle est Notre Seigneur que l'en bat en l'ostache , et autres ymages plusieurs. Et poise xxv marcs.
71. — Unhanap''' couvert, sans pié, esraailliez, hanap et couvercle, a girons par quartiers, dont les uns
sont esmailliez d'azur, semez d'estoilles d'or, et les autres quartiers sont vermaux , semez de rozetes d'or,
desqueles le boutonnet est vert, et les autres quartiers sont esmailliez de vert a petites marguerites, et est
le hanap et le couvecle par dedens dorez et cizelez a fueillages, et ou fons dudit hanap a un esmail d'azur.
et ou dit esmail a un homme a cheval qui ist d'un chastel, et tient en sa main désire une es|)ée nue pour
ferir sur un homme sauvage qui emporte une dame, et ou couvecle par dedens a un austre esmail azuré,
ou quel est une dame qui tient en sa main une chayenne dont un lyon est lyez , et sur ledit lyon a un
homme sauvage, et sur ledit couvecle a un haut fretel a fueillages, duquel fretel '*' ist un bouton esmailléde
la devise dessus dicte. Et poise tout v marcs v onces xu d.
76. — Un hrouete '°' séant sur ou pié cizelé a fueilles de vigne . et siet sur iiir lyonceaux . et est pointu
ledit pjé devant et derrière, et y a, a un des bouz, un homme qui maine ladite brouete, qui a les pans a
la ceinture, et son chaperon en fourure, et la comète du chaperon vient sur le front, et devant a une
femme qui en sa main désire tient la brouete, et en la senestre tient une hache danoise, et a un chaperon
d'une vielle, lequel chaperon est a la façon de Picardie, et ladite brouete a un tonnel, lié de plusieurs
souages, et les deux fons sont esmailliez de vert et d'azur a plusieurs bestelettes, et le fons de la brouete et
le siège du gobelet sont de cellui mesmes esmail, sanz différence, et en l'un des fons dudit tonnel a une
clef aussint comme d'une fontaine, et ledit siège dudit gobelet est a créneaux, a nu fueilles plus hautes que
les créneaux , lequel siège est assis dedens le bondounail dudit tonnel et ne se oste point. Et le gobelet qui
siet sur ledit siège est du mesmes esmail dessus dit, et ou fons aussint et le couvercle est de mesmes
''' Moulure, sorte de boudin enroulé autour du servée au principal convive. Le chevalier et le poète
pied des pièces d'orfèvrerie. la vidaient fréquemment dans les festins.
'*' Il s'agit de rubis achetés à Alexandrie, ville '*' Frelel , fretelet ou fruitelei, bouton en forme
qui était alors le principal marché des pierres pré- de fruit dont les couvercles étaient surmontés,
cieuses en Orient. '*' Les brouettes étaient des supports de gobe-
''' Le mot hanap désigne en général un vase h lets et de salières, affectant la forme de ce véhi-
boire. C'était ordinairement la coupe d'honneur ré- cule.
LKS LETTHÉS, LKS AHTISTKS KT LRS AHTISANS A PABIS. 47J
•■itinail . <>( Il lin |M;tit {ivla\ >ur Imlit oiuvtfdff <1<> et' iiimiimii mrnail. Kl poiie fe fii. TummÊ «I b
Mil m. I oiicn. Et la lirou«!t«, l<! loiiiwl H ]i> lùcfin «iuilil f^obHel iiii m. f oacw al dam*. El b nfcabt H fcp
(viiivftrclt; |M)iHcnl m m. ii oiinit. l'oiM-ii( loiil tu riiorot i once.
7K. — \jw iluiiti- (|iii II lu iiioitii; du mqM lir- fifiiiaia e( l'aulre iiwlieMldalMMtetMnMta ii om. wr
iiiio t«'rraM! rttmuilli'!** (J'ozur. a |»<!(iit orbrat et a een et levriert et MNiaga» dewmi. al au cirai et Itiàf
iliiiiii' |ifirl iiiK- l'nitn (le Imi-iiT dont elle lii-iit le» coroM ao lea mail», et ao iaditalaalea aa bAcns, al ■■•
ori-ilict il)> luditf Umie au» caiiU'-H df liidil<* dame et au bout de aea gifww pfwilmi a ftwjBallaa aacMaaM
di-t iiriiien d<> l'orcevc«M|iie dt; lloaii «•! d<- Mun(fny, et eat ladite dame eMMalaUe iTm palil aifllri ftada a
di-iih rosti^ii , i-t (1 tiii rliii|M-iiu loiic Kiir fa leate eNiioilli*' . lo nMoiel et k dbapal de OMaaaa. al ifaiieie irlrtr
diiiiif , »ur le doH d<' liidiiti; Im>!<U! , n le «iege d'un gobelet foit a oriiMvoiaa"', al annrailacrialid a UN ehamaa
Moriiit. pt l(! coiivnrcU' rat de rrwlal bordi^ d'argent, a loaagw et orfiaafviaa, et b finlal ail a Cnflaa de
vifriH- . t!t diiTilui esl un JMiuton a troia cattiê e«roaillié« d'oiur et de «ert, et potae ladite daaa al b vii.
le j;iiiwlfl et I»? coiivi'i'clo. v iiiarcH vu oncnt xu il.
N9. — L'nf> fontaine, dont In pië «ict sur (|ualn! |>alea dortfea. et detaoa anMterraea*artiHiMicnbtf.
dont l'cuniail etit v«*rt, nt Im {loiiiMinii Hont violez et jauncu. El ou niilÎMi de ladide lerran a ua arl** daal
il mi une Herfieiit voinnt, et du lioiit de lu ti.-!itv d'icnllo iit un tuiau et la def da b frittaÏT par M Tjmm
inl. Kl un un de» Ihjux de ludicle tvrrau> n un |ietit orlirc, itur leipiei a i hom veate daaoalaal da aaanal
bien lor);eit, et a un clmppel »iir m teste, dont la fourreure e«t de violet, gouli de goulea de Uaae. al b
di-xHiiz est d'azur. (rniil<< de blonc et de ronge, et Mir le Imut o une perie, et tieol, bdîl aôna, en ■ aMai
seiieHtre un |i(inier a mettre jioistioii , et en la désire tient une lingne dont iia pria m harbiaa. El ea Paali*
bout de ladite terroce a un nuire iiiii(rc, en estant veslu et enchapeilë de metoie Tautre. Et lieatde naMW
dratre le liiiiit tiiiiiii de la foiituiiie et \ Iniit. Et e<tt le liarin d'en liant de iadicle fcalaiaa eaaMfltf de «rrl
» ciinnilz et cliieiiii. Et est Miuatenii ledit barin de m brnnclies. dont les fiieillea toat enMâMaa de «ert.
d'oiur et de jaune. Et dctwuz ledit bunsin Kiet un |;ol>elet r»niaillt' |iar dehors de vert et iTaaar. a i
iiienz et .n enfiiiiz i|ui rboHHent nux |tn|ieillonH. et i-«t l'esniail de de«lenz le gobelet et le dehors da 4
l'ouverlc i-Hninillû ilc vert n enbinz <{ui rliosMMit aux papillonii, et o »ur le rtHirerrIe un frétai
d'uziir. Et poisecn tout, fontaine, f^obelet et roiiverrie. viii niant n once».
ll>5. — Un tre!) |;nuit llosron don' et esinnilli'* . sur le ventre dui|uel n i\ eMiiaut, et relui da I
};rniit . en mnnien* d'une roze, et > a une diinie séant en une cltaiere. qui a en mmi giroo
n llorins. et a cliasciin conté d'icelle n il feninies au» (|ueloi elle donne florin», et desamu les pies dlerib
ilnmc e»t cscript librritliiat, et es autres csmaux sont les vu pechiei morteb. et b viu* esaHÙl portrait'
laiw ffloriti , et aussi y a viii demi compas " es quelz n ilivenea beatea. Lea coatM anal aeaKs da |
e!4niau\ n coni|ias et b(«te» sauvages, et ou plat diidit flaaeoa a un graal
est une dame ancienne, Hcant en une grant rliaierc, et deaaooa MB piat a eacript Amhgi», et cnnroo a
VII! esiiwiuv , ex ipielz sont les \ ii vertus runlinaux. et a dunciin aoQ MOI aapna aoj
un pii' haulelel, rizele, bellonc, Ncim' de un e<tiiiau\ ea queb a hooMBea jouana de |
Le col dudit floscon est en nioniere d'une tour a vi piliers, et entre deux a esmaux aturct. et b wwi««de
est lonc en nianien* d'un rloeliier n exuinn\ aziirez. et ou Imut d'en haut lient naa chaiaaae qni «al i
a In riiiirniie devcra In Iniurle, le;) roiirn>ies sont de tissus vers, semëes de grana aaBMat atans. al <
•loiix esnieux n n aulnw esmaux fais en manière du J tourne, et tianneat bnliclea tuMiieiai a n
telles ipii mit esles nzur('<\s. et poi.seiit \\\ niarr» vi once».
1 7M. — Lu |M>t d'nr);ent, dort- et esniaillié, dont b pté est a doabbi aoaagwgraaalat. aleatac b i
et lu |)atc a un i>sniuil d'azur a un rliaveiine breaaaronnfc tout aaloar, al daaaaa al daaaoa* jwla a i
\erl et vermeil eiHlenti'. Et ou commenrenient du ventre a une ceinture a lettres de daaaa anaés, d aa-
toiir du ventre u vi nindelle.s esinailli)'» d'azur, en (pioy il a, c'est aaavoir. sar Faaa aa SariaiJa a j
sur un lion . qui lient une dunle en lu main . et siel le lion «ur une petite terraee ml; aa Faalre I
a un liomnie qui hc siet sur uite |wntere et tient une bnce en sa main, et c» anina raadalai a I
d estran||(>!i devises et »iir diverses bestcs . tenant ciiOM-un une bace aa sa UMin. et aa i
' Ouvertures en forme d'nrrudes ou de feiMMres ' Ciayai signifie carde daa» b b^gaa da Tar-
-iimil»<os.
474 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
délies a une sainture de lettres de damas azurée, pareille a la dessuz escripte. Et entour le col dudil pot a
VI rondelles azurées, es quelles il a oiseaux de plusieurs coulours, et dessouz la gueule a une chayenne
dorée, brasseroniiée''', assise sur azur, et entour le couvercle a un souage de fueillages, et est le couvercle
esmaillié de vei't, semé de liz et de roses, et autour des liz a une estoille dorée assise sur azur, et a un
Iretel par le milieu duquel est un bouton a vi quarrés sur le roont et dessuz vi fusilles a une pierre esmail-
liée d'azur, et lanse dudit pot est esniaillé d'azur par dehors, et y a un liz qui va tout du lonc, ou il a
liz blanclies et en couleur de violete, et ou bout de l'anse, par dessuz, a une teste de lyon azurée, et est
ladicte anse d'un costé et d'autre endentée de vermeil, et poise
293. — Une petite nef', dont le fons est de cristal, et les hors en sont d'argent, a esmaux deliore. et
dedens a créneaux et a souages et a plusieurs esmaux, et aus deus bous de ladite nef a deus tourelles, et
en chascun tourelle a un sergent d'armes, et derrière chascun a un angele assis sur une feuille, et sur les
hors de ladite a deus hommes sauvages a genoux devant deus femmes dont l'une fille et l'autre deswide;
et siet ladite nef siu- un piller entaillé , esmaillié d'azur par dessus , et ledit piller siet sur une terrace vert ,
et a chascun coing de ladite terrace a un homme d'armes tenant un escu en une main et une mace en
l'autre, et aus deus bouz de ladite terrace a deus arbrisseaux dont les fueilles sont vers et a pepeillon»
dessus, et siet sur vi lyonceaux, et poise en tout xnii marcs ini onces.
/t28. — Un 1res grant pié d'argent doré, séant sur sis lyons gisans sur leurs pâtes, et les hors dudit
pié sont a plusieurs souages, et milieu d'iceux souages a orbesvoies, et dessus lesdiz souages est le bord
semé tout autour de chaatons de ini pelles a un petit grenet ou milieu , et d'autres chaatons a grenes et
saphirs, et dessus est une grant terrace vert, et sur ycellea deus bergiers, dont l'un joue d'une fleute de
sans, l'autre d'un cprnet sarrazinois, et y a une femme qui fille, et si y a m chiens et ix brebis, et sont
les bergiers , la femme et les chiens dorez , et les brebis sont blanches , et est encores ladite terrace semée
de conins, entrans et issans en taisnieres, et sur ladite terrace est un très grant piller, esmaillié d'azur et
d'or, contrecheveronné , et entour ycellui a trois grans piliers de maçonnerie de très grant ouvrage, et en
chascun piller a ir hommes, l'un armé et l'autre desarmé, et entre les piliers a m bergiers dont chascun a
sur sa teste un chapeau esmaillié d'azur, et jouent les deus, chascun d'une cornemuse, et l'autre du tal>our
et d'une fleute, et sm* la teste de chascun bergier a un grant chapitel de maçonnerie, et sur le bout du
piller a un grant siège d'un grant hanap couvert, et est ledit siège quamelé ''' a souages et orlxîsvoies , et
dessouz ledit siège, au dessus des chapiteaux , est ledit piller esmaillié d'azur a fueilles de chesne enlevées,
et le fons dudit siège est esmaillié d'azur, et y a un homme et une femme seans sur une terrace vert, et
donne ladicte dame un anel a l'omme, et ou milieu de eulz deus a un arbre vert. Et le hanap siet sur un
souage a orbesvoies, et est le dehors d'icellui hanap de vin esmaux azurez, et en chascun esmail a ii
chevaliers armez, tenant leurs espées et leurs escus de leurs armes, et y sontceulz qui furent au pas Sale-
hadin, et quatre autres chevaliers, et sont les lyeures des esmaux semées de plusieurs cliaatoDS, les uns
de nil petites pelles et les autres de petis saphirs et de grenés, et y a entour le bort dudit hanap par de-
hors escript ainsi : loyaumenl veil estre démenez, quar de loijaulè est on Iwnnouret; quiloijaus est toute sa vie,
hotmourez, est sans villeiUe. Et ou fons dudit hanap, par dedens, a un esmail d'azur ouquel est Salhadin a
cheval et plusieurs Sarazins derrière lui. Et est ledit hanap par dedens cizelé a fucillages enlevez. Et le
couvercle dudit hanap, par dehors, est a viu esmaux d'azur, et en chascun esmail a un des preus, et
siéent chascun sur terrace vert, et la lyeure '*' desdiz esmaux est semée de chaatons , comme lo hanap, sanz
différence, et le bort est a souages crénelez et a orbesvoies. Elle fretel, qui est dessuz ledit couvercle, est
a l\ieillages,et dedens yceux fueillagesa jielles d'escoce, et desdiz fueillages ist un bouton esmaillié d'azur
a petiz conins, et dessus ycellid bouton est assis, en une chaiere, l'emjjereur Challemaine.qui fait le ix'des
diz preux, et en sa main destre tient son espée et en sa senestre son escu, et dessouz ses piez a im lyoncel
gisant, et dedens ledit couvercle a un grant esmail d'azur, ou il a les xu bannières de ceux qui furent audit
''' Ce mot eàt synonyme de noueux , formé de et mis à i'abri des tentatives d'empoisonnement,
nœuds. Elle occupait le milieu de la table ou du dj-essoir.
'*' La ne/" ou navire était la plus grande pièce de '' Crénelé,
l'orfèvrerie de table. Elle contenait les épices, les *' Lien qui fixait les émaux d'applique sur la
vins, les vases à boire, les cuillers, le tout enfermé pièce d'orfèvrerie et leur servait d'encadrement.
LES LKTTUKS, LKS ARTISTES ET LES ARTISANS A PARIS.
/I7S
|>(iH Sullintliii, H mt l'><lit couvcrrie rizcli' |iar (iMlcrut a rui-illag<^ ni\net, et fmm b fié (Im
i-l le liniia|i rtt le rouvirrln en tout wtii marc» l MiCe.
/i'i2. — Iji |,'ratit riir, (;anii (rurfrcnt dore, dselé «t Mme ifeiiDnu, c'mI mmtiiir h _
ronuti i-Mt il»ri<i! H cixeb^, Hi y a viti ntmaux en eompM, et eit rua eHoul a not «naca d FaHli* an
nrinoH <lii |mi|h- (ilcirinnt, et entre chaitruii Mmail a une fiidlle de fhupt. Et parai le eor|a dadit «OfMt a
(\mx hauiU-n (|iii l«- lii-iit, t-t (r<tt l'iiiic f«niaill^ de b devba da b gwfle, «t a loilai Miialei mmm ana
difleranco, et en oiiltre en itl, d'irelle liand«, ii grau jaMbei loogiiei piqwlte ^ «MalfaMaat b car
dwMir. (lit. Kl riiiilrc liniiile e*t Mnëe de palis amiauiTan, eaqneb apelil«naMlM«laa btaHâéMn
()etiz |iii-7.. Ht au Ixiiit ilii ror a il etetiMOM aiaei graodai. dont roi art aanK da aaa araiia al raaiiv
aux arrnra il<- licaiifTori, et mi deMuz d'iceulz cmomom a m graa pomnel. ooqwl a un petit
dont IcH (li-ii\ siiiit (le ir l'DcuMOiu de not arme* el ba aolni il du |Mipe CfaaMBt, al d'inlui
ist un fi-ctcl u rucilliH ilc rh<>«n« et a oisinux qui ont ambi penlaiu eu bm bec*. El b «■««
mv eot f-HiuiiilM de vert a |tlui<ieura iKwIe» itauvagw, et y a un grau aUMMB pfaa. dont ea Tm a ■■
iiiiriinie en une chaire (|iii a une rroiz noire en ion eepanb, en TaDlre euuil j a uw aaira Imnmm «■
inie rhaire, et m autres il esniaux a M hoinnies a cheval tou armet. et eat b frétai dndît cuBwda d'an
hynunii', a un timbre Hur lequel a un flanel plat. (|oi eat de Fui de* eeatea frmfitté a Ml aiM da Ma
arine» . et de l'autre a un eocu deit arnira de iieauiïurt. Et pobe eer et couwatban tout «ui awrca u aont.
lies iiia|;iii(i<-en<'es du duc d'Aiijuii sont encore df'pasA^ par relie de soo neveu Looia
(rOrii'.'in.H. Le prodifriie i^poux de Valentine de Milan veut poaaéder iiiie
argenterie inroinparnble : il fait fabricpier |>arluul, achète de loutr main
et coinple la inoitit; des orfèvres de Pari» pvnt aes foumi!UM*urs. Lea
revenus de l'Orléanai.s et de la Tourainc,lc produit du comlt' d'Asti, ri
pnibaMeinent une partie du In^r ijaspilli^ par la reine Isaiieau, »'al>-
sorbenl dans res dépenses toujours renaissante». Sans parler de l'orfè-
vrerie appliipièe n In couverture des livn's '", aux vélemenLs et iiarur»'*
'"' Dans un article d^^
roniptcs de la Chambre de
Hlllois, iwurl'ann^iiio.on
lit In (lesrription suivante d'un
cadeau fait à - Madame d'Ar-
"mifjnac" : Unea Heuir» de
•rN. D. a l'uMige de Rome,
- toutes neuves . (>nluminèe<i d'or, les deux couvescles
rd'icelles d'or massif; sur une des couvescle». N. D.
-droite et l'anjfo en manière de l'annunciation , es-
-levf's et esmaillt's de blanc, de nmjje et de pers:
-unj; |i(it plaiii île Ileui-s (h> lis entre l'auf^e et .N. D.;
-aux pie/: et au dessus de N. I). ung auj;»' tenant
-une couroiMie, et au dessus de l'ange .N. S. en nue.
-lenani une pomme d'or et une croix dessus en sa
•■iiiain seneslre. esmailhf l'un et l'autre. En l'autre
-i-ouvi'scic, Kainl l.oys de Mnrreille. tenant une
-couninneel une mitiv en sa leste, et saint Iajvs,
!• roi de France , tenant unes heures et le scejitre royal
-eu l'nutiv; couronné ledit saint Loy», et esievtî et
-l'smaillé. et dessus leilit saint l,oys une main de»-
'•-en<lant d'iUH' mie. donnant la bciie<iiclion ; et au
'dessus des capitaux «le rharun ile> i|m\ mu*»».
«tcles. tnii» anges cslevejt d'or mus cMiiod: et an
<rdos de la lienre desdicles berne», deni i
irtailliës sur or. a plat, l'un tenant un
«l'autre une viclk; Cemiaiu feMliles bema a dus
'bras et deux maiu d'or yanu da dan awa.
irfermans Icsdiles mains iceUea Inarta.* {Lm Awa
dt BoHTgagne, Preuve*, t, III, p. t48.)
<*) La Chambre dea eoBaplaa de Bkb (labhgi
de CotireeOea) Ibomit, h cet égard, on arlicb dai
plus curieux. En i&i(, c'nt-i-dire un an avaai
d'être défait et prisa Aiiocourt . le jeune du< f Turbi
d Orléans doiuie dea btlres i fin de payemeald'au
s<inunede -i^Alitm jaouôl
prix de <^<i(i |ieHea daflMaa è
"Sur les OMOMèaa ert «aoript de
'long, le dit de la rhanaoa, JfadaaM, jêmmpim
rjoytulr, et noIU^ tout an baf aar dMuaaa daa-
•rdilles deux maacbei — SM perba poar farmcr lai
■natta* de ladite dHaaaa. oa d a 1 4« aaUe*. cert
»a**avoirpoar charani watlii 4 perbaea naaw^.ete. «
{LmIhuilBmrftgm, Pmma. L III . p. a*;. )
Ca.
476 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
de cérémonie, aux chevaux de parade '", aux voitures de gala, etc. etc. le seul service de
table exige, comme achat et comme entretien, beaucoup d'argent, beaucoiij) de temps et
Dressoir du XV' siècle, restitué par M, VioUet-le-Duc
une recherche assidue des nouveautés que la mode fait naître. Lorsqu'une pièce déplaît ou
''' Il faut lire, dans rl'Inventoire de l'armeurerie
-rtiouvée en la chambre des joyaulx de l'ostel du
tfduc de Bourgoigne 1 (Philippe le Bon) en liao,
la description de difft'rentes pièces de harnache-
ment surchargées dorfëvrerie , qui formaient le
fliarnois blanc, fl leirhamoisde niaillei el le -har-
fnois de jouste.» (Voy. Les Ducs de Bourgnffne,
Preuves, t. II, p. 276. ) Martial d'Auvergne avait
donc raison de dire que hommes et chevaux citaient
ffenharnachés d'orfaverie. s
ê I
LES LETTHÉS, LES AUTISTES ET LES ARTISANS A IMHIS. \
vieillit, on lu refond; (|ijnti(l rurf^cntier n'a plu» (Tespèce* «onnantmi, on n\f\ t'ti {>a)M- un»-
nef, lin liannp, un flacon, de (elle .sorte qui! len dresMin du duc «ont bien M<u«rnt di-);ar-
ni»; mais les inventaireH se taisent sur res |H;lit« mystères dn la vi<' inli-ritrure, »•{ ne noii>
iHulent que les Hplcndeun* apparentes de ce lutc princier.
I^es munies besoins d'ostentation rr<^ent une situation M>mblalile à la rour d<« itour-
f{o{{ne : Philippe le Hardi, on se le rappelle, ('•lait aver se» trois frères la providence des 4,.
orft^vres parisiens, et le luxe du due d'Anjou l'enipiViiait de donnir; Jean sans Peur, posaw
seur de rirlies provinces, ne pouvait consentir à pasiMT après son cousin d'Orléans; el cHle
émulation, funeste pour le |iays, mais féconde pour l'orfèvrerie [Kirisienne, lit allumer Im
forfi'es et retentir les marteaux pendant les plus mauvais jours de cette ralamileusc é|KN|u«f.
On pourrait facilement (glaner dans les comptes de Hlois, de Lille, de Bniiellcs, de Dijon.
de quoi faire u\w énorme (jerbe; nous nous contenterons de citer quelques étirait» d'un
inventaire fait en i/iao, quelques mois après l'assassinat du duc Jean. On jugera de rr
qu'avait él*^ rargentcrie de cette puissante maison, en voyant rc qui en restait encore
après toutes les sonunes jetées aux gens de (jucrre, aux Anglais, aut Caborhiens. pendant
plus de vin),'t uns de discordes civiles. Le document auquel nous empruntons les eitrails <|ai
suivent appartient à la collection dite des ciinj cents Colberi (Bibl. im|M^ria|e)-. il rnrD>
mence lier ces imils :
(.If snisuil l'iiii'rnloirr ilin jnijaiil.r tl'or ri (l'iirijrriil. rfliquea, aowntnunl» et atdtrm 1
lie rlitipflle (ijiarteiMiis a M S le duc de Bourgotffiw, tk.
l'reiiiicriMiiciil : lu lionne llctir de lit d'or, {piniie environ de xxiii balaii. île txi napliir*. de m •
rniides et de xlvi trorhes''' de perles, cIuihcuiip iIo iiii perles, et ou milieu de rliawiinr (radie y a nngd}»-
iiiniit n pointe.ety fiiult une |)<>rle on une tnK-lipdu lleuron delà main seiip»tre , et dedans le granl I
liniilt y n une croix et iiii); crurotiz cntniliié, loiit de la vraye crois, e( y a sur la leste dndit (
une IriK-iic de (rois |N>rles, uiij; |H>(it niliiz ou milieu et deux dyamans a pointe aux deux costai. flt trais
nutr<>s dyomens es pie/ et es mains en lieu de doux dudit crucefix, et environ trois balaii. nu Mphin rt
M IrdclioH. rliiiHciiiie de ipinli-e |ierles, et un dyninent n |Kiinle ou milieu. Kl dedans le fleon» destre y a
une croix . du f'osl de In > niye rniix , gnniie nux un Imiiiz de ipiatre iMilait , et M flema SOMatfe y a unr
iin|riiele, estmitc pièce dudit fuste de la vraye croix, el ou fleiimn moyen y a une longue pir«cde la nba
N. S. . et on lleiirnii d'eiiilins y n un des sains doux dont N. S. fui cmoefieB, garni au lioul banlt dadm
bniniz et de 11 trorhes de |mtI<s, chacune de un |>eries el ung dyament on niSien. \ laqueUe Ssor de Kl
sert une couronne au dessus |rnmic de l>onne piererie, qui est en gaige, etc. <' .
F.t sur le milieu liiiiilt dicelle lleiir de lix el coronne sert un jKirie Dieu , mi Ten |K>rte te .Sitmi SMmwnl .
lui! de deux i-ons iM-riques '', linnh-/. d'or, gnrnix environ de v luilait ojour. v saplun cl dexxuu perles. El
11 ) celle fleur de lit sert une maiiien> de |miuiiie a lleurs de cliesne, iTaigent doré. CMHthié denns, paar
lu Tnire servir et se<iir sur un |ii(' de une croix ou autre pié estrange en attendant que la sita famt fini.
In yuin|;e de salut Jlierosine, canliiial, d'argent don'. |>aiul de noir, seani en une cliajere. A
|M-iid un chu|>eau muge de cardinal. Kt devant lui a uii lion. |wint d'un enM, etdeasenhl
el de l'austrt* costé . devant lui , a une roe d'estude >*', sur laipielle a plusieurs livres en n '
' Trousseau, n'union de piemti porienses ou ' \jf mol itri^r, kmrU, on (
de |ierles en ImiuIoiis, fleurs, etc. le rrisia! dont on faisait les TC(m de I
'*' Les plus (p-ands soigneurs enipninijiient ainsi '" C'est le pupitre da noyen âgei, Li prsniifv
sur nantisseuiont; leurs plus Ix-lles |iit'>ces d'orfô- figure de la Dmaa Macahes («air page *^^ •■
vH'rie l'Iaient souvent diex le changeur. donne un fort I
/i78 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
sur un bas entablement quarré, d'argent dore, armoyé par devant a ni escussons, aux armes de M d S,
pesant tout ■""" m- " "•
Une ymage de Nostre Dame, d'ivoire, séant en une chayere noire, qui est de corne ou de os noir. Et
est ledit ymage coronné d'une coronne d'or, garnie de un saphirs, de ii baiaiz et xxix perles, et en sa pi-
Irine a un fermeillet''> d'or, garny de i balay, m dyamens et m perles.
Un tableau d'argent doré, ouvrant en façon de porte, garni ou milieu par dedans d'un assez grant
camahieu, ou est l'istoire de la gesine''' Nostre Dame, plusieurs autres camahieux, saphirs, esmeraudes.
p^renaz et plusieurs menues perles, de laquelle pierrerie le champ dudit tableau et des deux fueillez
ouvrans sont tous semez, auquel n'a point de pié, pesant tout xi m.
Une riche et ancienne table d'autel de brodeure, que on dit que la première emperreriz cbreslienne fist,
de laquelle le champ est tout semé de perles, et ou milieu d'icelle table est l'istoire de la nativité N. S. et
plusieurs vmages environ, tous faiz de brodeure, dont les diadesmes et les robes de plusieurs sont
pourphilez de perles , et plusieurs autres histoires entour, des grans festes de N. S. et de la passion . de
brodeure, et des yniages d'iceulx histoires; les diadesmes sont comme dessuz pourphilez de perles, et
(lessoubz sont x prophètes de brodeure, pourphilez de perles sur champ, fait d'ortrait.
Une chappe de brodeure d'or, façon d'Engleterre , a plusieurs histoires de N. D. et anges et autres
vmages, estans en laceures escriptes, garnie d'un orfroiz''' d'icelle façon, fait a apostres, desquelles les
iiianteaulx sont tous couvers de perles, et leurs diadesmes pourphilez de perles, estans en manière de
tabernacles, faiz de deux arbres, dont les tiges sont toutes couvertes de perles, et a ladite chappe y a
une bille''' desdictes armes, garnie de perles comme la dessus dicte.
Un fermail d'or, fait d'un serf gisant, esmaillé de blanc, sur une terrace esmaillée de vert, sur lequel a
ung jietit rubiz, et entour icellui serf y a ni bons saphirs, ung bon balay, qu'on ditruby, et quatre grosses
perles, et es cornes dudit serf y a xiiii moindres perles.
Ung doitier''' qui a x signez en anneaulx d'or; — ou premier a ung saphir entaillié. qui fait signet, a
une teste d'omme; — ou second y a un balay d'un eosté et une croix de reliques dessoubz. et de l'autre
costé fait signet, entaillié a or; — ou tiers a un gros saphir a viii qiiarrés, ou est entaillié une leste d'une
dame; — ou quart a un balay rond, ou est entaillée la teste d'un homme barbu; — ou v' a ung balay
quarré, ou est entailliée une petite teste coronnée escripte environ; — ou vi* a ung saphir sur le rond, ou
est entaillée la teste d'une dame a un \w d'escripture aux deux coslez: — ou vu* a une csrneraude quarrée.
ou est entaillée la teste d'un roy; — ou mu' a une ronde pierre de cassidoine, ou est entaillée ung ymage;
— ou IX* a une comanine bien bellongue, ou il y a entaillié une teste d'un homme et une teste d'une
femme; — et le x* est ung annel tout d'or, gravé a ung escusson, ou est ung poisson et est escript
environ.
Ung hault gobelet de cristal ou de berique, en manière de coupe, séant sur un pié d'or cizelé. el le. cou-
vercle bordé d'une manière de couronne d'or, garni tout environ de six bons saphirs et six troiches de
perles,- en chascune trois perles, et sur le frelelet a un saphir a jour, et une jjerle dessus, armoyé par
dedans ledit couvescle des armes d'Engleterre et autres armes, pesant tout ensanible un m. xv e.
Une salière d'or, assise sur un rocs, en manière de chariot, ou il a un perles, dont le corps d'icelle
salière et le couvescle sont de pierre de cassidoine, et est le fretelet garni d'un Iwilay a jour, pesant tout
ensamble ii m. v e.
Cet inventaire, dont nous ne donnons que de courts extraits, renferme près de trois
cents articles; et il est hors de doute que la plus grande partie de l'argenterie du duc était
"' Le fermail,fermoir, fermillet on/ermillère éluil ''' Vorfroit ou orfraiz était une broderie em-
une agrafe destinée à réunir les deux parties du ployée en bordure , comme le galon moderne,
vêtement sur la poitrine, le cou ou l'épaule. H avait "' Agrafe ou fermail en forme de boule,
beaucoup de ressemblance avec le morg de chape. ''' Le doitier ou doit paraît avoir été une sorte
<'' Vieux mot qui est synonyme de couches, et d'écrin. Du Gange le définit ainsi : Digitale, theca
qu'on trouve encore dans I.afontaine. in modum digiti confecta.
LKS LICTTHÉS, LKS AKTISTKS KT LKS AHTISANS A PARIS. 479
fondii);, i-ti{;ii{;iM- ou vcnclufî ii IVpoqtic «ic xn mort, l'hilippe le Bon, aai priM* tfte l«
l'riili.'unis <{iir; lui lof^uait son pèri;, dut certainement Tain! comme le* enfanU do dac LooM
(rOrl<:un.s , c*cst-ii-<lir(! cé«ler i!i (1)ïh orft^vres, avec facult*^ de Jeu revendre oa de letUpettr,
U:h f;r(in(J(!s [lièce.H (|ui encornliraii;nt Ml dreaaoirs et avec lcM|uelle« il fallait bien batlfv
iiioiiiniie. Tel n Mé le Hort d'une nef monumentale, vi'ritalde chef-d'œuvre de l'orfévrerM
parisienne nu xv' siècle, »i l'on en juf;e par In deitcription qu'en fait l'inventaire, ('.onsirwte
pour le (lue Louis nu temps de sn splendeur, elle ne pouvait, apnS la mort de la ducbéate,
(^Irc conscrvtie par «es enfants, dont le patrimoine dtait bien réduit. AuMi la firent-ik e*ti-
mer en octobre i ^lotj par l'orfi'^vre Aubertin Biiillefèves, et vendre en «eplembre tkto, è
Jean Tnrenne, cbanijcur et bourgeois de Paris. Le procèi^verltal de pri>^ appartient aui
arrliives de Dijon et n étf: ronitnuni(|ué pnr M. Kossi|;nol au (lomité de ItiiMoire, de la
l(ui|;ue et des arts de la France; (juanl ù l'acte de vente, il est con*erv4 k la BibiioUiiqae
impériale (cabinet gc^nt^alogique), et a élé reproduit par M. le marquis de Labofde. Ea
voici la teneur ;
(lij apret t'eruuil la vente de pltuieur» joyaulx et vaiuelle d'or et ftrgmt gtntk it
vendus par Pierre Renier, trésorier ijeneral de M. S. le due JtOrIttUkê, far Mrta iê
lettre» patente» diidit »eigneur, présent maistre Denis Martelé, teeretmre ttauditmetim
l't Aubertin Ifuillefeves , orfèvre dudit sei/pieur
\ Ji'linii Tiirrnni', rlinnj[)>iir et lMMir|;c<iis <]<' l'nris. une |[mriil nef d'or, |Mir piaeai, CMt aMavaîr : k Ua(
citr\H il'in'lli- )r<iriiy ntitoiu- (i'yiii(ii|;cs de hniilte tnille. et uuloiir d'icelle tu yna^gw dt* m
•wiiiiiill<'-t!s di> ditn-si's couleurs, (ivi'n|ucs deux riuist<>aulx servont aux deux bout d'icdh wt Sur
rlinsleiiiiU (I deux yiii(ii|;es, liiii de N. I>. et l'iuitre d'un on);e, |M<Mnl ensonililc iii'n*. Ueai, da ladMte
ni'i°, une croix m iiinnicre de voste sur la(|ii<>||f u nu evaufrelUleii esmaillex et un anlm WMI enMflei, M
sus Indictc voste une );rant croix fairte en ninnicre de voillc, esinailk<e d'azur et netnie da lavda !}• d*ar
•'t un cruxcfdz et vni nnges d'or, esumillcz de blanc; nutnur dudit mixelils et deMH la bo«t dadil voik
t't croix. Dieu le IVre, r>sinnilM de plusieurs couleurs, tennnt uih' |)nmnie d'nr m M naîa. •!■■ fiwri
ilyndcnie tout d'or, tout ce jM^ans ensendtle, iivi>c l<-s contes d'or servant audit voiHe, m* vii*var d'or.
item, de indirte nef, plusieurs outr(>s |)ersi>inia);cs , r cnt assavoir un eni|iereur et an roy amm, dooi ha
liiiniois d'ireidx sont d'arf[cnt. lui ange nnni' dont le liamoyz e*t d'er^eai, dem aatm yaM^gai «■ fa(aa
de Dion le l'ère, esniaille/ de |dusieura couleurs, et vui ymaigei da Adam at da Bva, aMHflka da khat
rnnirni' nuz, et un piliier d'or servant a lodicte nef, tout parant aarnihlii u* vni* vi* ok Ittai de ladicla
iii-r, M ijriuis |iiiT(>s de pliisicin-s fi'ulies d'or on il » |ioiiimi<><' ••«madléai de riNIgedlR,
(irl)riss<'nu\ il'ornon csninillez, une |MHilf stT|M'nl esMinilii'i' di- vert, lanaattai
esniaillt'ede rou([e clerc, avec plusieurs pièces d'or de menu irelin. — El la^OfUe MfaiiM ganiy. apraa ce
qu'cllo II esté remise sus, connue dit est, a estt^ vendue audit Tarenne, du eotaaalaaMal et arcnrd delL&
le l'Iiiinrellier et de M. S. de Fonlaiues, comme le plu* prouililablc pour MOS. va" §aaei. — Le tn*janr
de se|iteMdirc l'an mil cccc et dix '''■
be premier document, encore in<5dit, est iHMuruup plus complot que le aecond : nooa
l'itiiprimons en entier, comme un tiWnoignage de la hauteur arti.stJque à laquelle I orfdnane
s't'tnit é\p\^c vers le temps où «écrivait Guillcbcrt de Meli.
I.E COMPTE DE LA NEF Ql'l SE DOIT r«IR> AVEC AiaSaTM.
I.>< mardi xxn'jour d'octobre, l'an mil nu' et netif. en la préwnct de Baril Mairtia . «eep^air» H
' Lh U<sc* à» Bmrgngmi , t. Ili. p. «ôi. La pièce on^pnale e»t un lai]pr wtaaade l'.io ^
Â80
DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
des comptes de Monss. le duc d'Orléans, furent pesëes les choses qui en suivent par Auberlin IJoiifcvos .
orfèvre dudit seigneur, en l'oslel dudit Auberlin. C'est assavoir :
Le corps d'une grant nef d'or ouvrée, a rondeaux , ou il y a image[s] de liaulte taille; en laquelle nef,
autour d'iccUe avoit xii petiz ymages d'or des xn apostres, csniaillées de plusieurs couleurs.
Item, y avoit une croiz d'or en manière de voulte, sur laquelle a nu ymages d'or esmaillées de plusieurs
couleurs et les un evangelistes.
Item, aux n bouz de ladite nef deux roys, l'un vestu aux armes de France et fautre parti de France,
et sur les chasteaulx d'ieelle nef un y mage de Notre Dame, sur l'un et sur l'autre ung ange par manière
d'annonciation , lequel corps de ladite nef et les chasteaulx estoient garnis de xxvi ballaiz en leurs chaalons.
de un xxiin perles rivez deux et deux et de clvi perles rivez en trois et trois surfeullage dor, pesant tout
ensemble, pierreries et tout, et poisent xlv marcs vu onces ii est. . . ob. . .
ftem, plus vn est. . . ob. . . d'or pour deux filiez d'or qu'il a faiz.
Item, une croiz d'or servant sur ladite nef, en laquelle a un crucifiz esmaillé de blanc, dont le diasdeme
est garni de quatre perles, et un ballay, et ung voyile et les coities dudit voille esmaillés d'asur semé de
fleurs de lis d'or, et y a viii petiz angelloz esmaillés de blanc dont les unz tiengent un pillier d'or esmaillé
de noir et les autres une lance, et en hault, sur le bout de ladite croix. Dieu le Père esmaillé de plusieurs
couleurs et garni de nn groz ballayset de vni grosses perles, rivez deux et deux.
Itein , VIII ymages d'or nuz esmaillés de blanc.
Item , deux autres ymages de Dieu le Pare esmaillés et ung ange d'or armé et esmaillé de plusieurs
couleurs.
Item, XII petiz abrisseaux servant sur la terrasse de ladite nef avec les pointes d'or pour les river.
Item, VI granz pièces de feullage et deux petites, sur lesqueulx a xxmi pommes d'or en manière
d'orenges , avecques une petite serpente d'or esinaillée de vert tenant en sa geulle une autre pomme d'orenge .
et VIII petites pointes d'or pour les river; tout pesant ensemble et poisent xx marcs d'argent xv est. . .
Somme de l'or et pierreries lxvi marcs v est. . .
Item, fentablement d'argent doré auquel a vi lonelles et une terrasse esniaillée de vert et une grosse
tige d'arbre qui doit soustenir ladite nef avecques xxiiii claveaux d'argent pour fermer ladite tige et les
ymages d'or sur ladite terrasse, avecques deux longues verges rondes d'argent blanc pour fermer ladite
terrasse sur ledit entablement, et aussi ung groz tuiau d'argent blanc qui se doit bouter dedans ladite
tige pour river a l'un des bouz ladite tige au corps de ladite nef et la viz d'argent [wur la fermer par
embas. Tout ce pesé ensemble et poisent xxiu marcs ii ob. . . d'argent.
Le remarquable objet d'art que nous venons de décrire, et qui défie le crayon du dessina-
teur, fut vendu moyennant 7,000 francs, valeur du temps, et l'on n'en trouve plus trace
dans les comptes et inventaires ultérieurs. Le changeur Jean Tarenne en tira sans doute
parti, comme on a su depuis utiliser les vastes domaines seigneuriaux : dans la nef du duc
d'Orléans il y avait de quoi tailler cinquante pièces d'orfèvrerie bourgeoise"'.
A l'époque même où ce chef-d'œuvre disparaissait, et comme pour en compenser la
s'-Germ»in-dc»-Prés. pcrle , unc autfc merveille se construisait par les soins de trois orfèvres parisiens, et sous
La cliÂssi
de
<"' M. Paul Lacroix , en exprimant le regret de
ne pouvoir donner la description de cette merveil-
leuse pièce, qui n'était, selon toute apparence, ni
terminée ni payée à la mort du duc , nous apprend
que Louis d'Orléans en possédait plusieure autres.
En 1894, il en avait fait faire deux en argent doré,
l'une ayant aux bords deux loups enchaînés sur
une terrasse émaillée. et l'autre ornée de deux dra-
gons à ses extrémités. Trois ans plus tard, il com-
manda à Hans Croist, l'un de ses orfèvres, la fa-
meuse nef dite du Porquepy (Porc-épic), laquelle
pesait quarante-deux marcs quatre onces et onze
eslellins. Elles ont disparu comme tout le reste.
L'usage de la nef s'est conservé h la cour jusqu'au
siècle dernier, sous la forme réduite d'un étui ren-
fermant le couvert du Roi et de la Reine.
LES LKTTHKS, LKS AMTISTKS KT LES AHTISAXS A PABIS. 481
la direction de Vuhhé de Saint-Gcrriiaia-deH-l'réK : il s'a(jiMaitde créer pour les reiiqoMda
huiiit une châHsc difjne d'elle» et de la riche abbaye qui les |KM«4^dail. Don Bouillarl nous a
conserve le devi» de ce curieux travail, le niarrh<$ |>aW- avec les trois arti^lM qui m cImu^
i;èrerit de l'exc'M'uter, et le dessin de lu châsse ellc-ni/^iue, telle qu'elle ciinUit encore au si^lr
dernier, (i'est pour nous une bonne fortune de pouvoir reproduire le* pîice* H U» Mo-
nument, dont lu date concorde si justement avec l'/'iMMiue où écrivait GaHMieri àê Metx.
MARCHE FAIT AVEC LK» ONFKVRKH POIK L* ChIssB Dg 8. CnHAIJI.
A tout ceux qui ces lettres verront, (îuiiiauiiie. [xir in |teniiiiMaa divine luinibli> Ma de ttfàm
(le S. (îertiiain dos Prez Iro l'aris, et tout te couvent de ri* iiiAiiuf lieu, laiiit en Httn StMOMar. 5mhm
raisoDH (jiK- iioiiH iriiii coiiiiiiiiii ncciinl l't consentciiient, et |MHir le dair •! avidoit pnflt et mm tt ^
nôtre église, confrsHtiiiH avuir fuit iiiarclii<$ et coiiveoanees a Jean de dichi, Gaotier du Koor H GnlamM
](<K>y, (irr<'vroM liciiiciiniiis a l'iiris, (l<! fairr- iiii<> cIiAmu* iror et «raivenl, OU tara mie aa plaÎMr de DÏM le
(■(ir|>.s ili- Monsieur saint (ierinain. I,a<|iii-ll(! rliâiiM' niim ileiu pieds et demi et qnativ pewtsda bar. •(
lie liaiiteiir et largeur telle roinine il a|)|Mirtient a la longueur flessus dite; et lM|iiril(> rlUiae lera de k hm*
niere. rnroii et (elle (|iie l<tMliU nrrevi-e<* n<iUM ont iMiilIt^ la pourlmilure et |Mtr(Hl.
Ilem, la liante et la Imssv couverture île ladite rhAsse sera fuite dur » flitirti ili- U* i-iilt-ti'fv ■!<• Tnr qui
est eu lu cliAssi- ou i>st a présent le cuqw de nionilit sieur S. (îennain.
Item, la pierrerie qui est en lailite rliAsse ou n'|HiS4> a preM<nt le i-(ti'|n liiiilil M ..
MTa iMée et si'ra inis«> et employée |>ur li-silits orre\res eu ladite cIiAsm» qu'ils n<»>- ■'
la meilleure manière que luire se pourra ou profit ilc luilite cIiAsm-.
Item, les images et le» grands pilliers et Ii>h |iilliers t>outtereN, |e«clui|>il'
verrières, les flaires voies et le clorliier. et tout ce qui upjiarticnt a ladite i:iiu>.-»-. ^■.•m ■> «j^rut ■!»■'- l'i- u
et siiullisameut au regard de l'or au din; d'orfèvres et gens a ce ronnoitsans ; réserve loalM suie» (r>
iiiiagi-s qui soutienilront ladite cIiAs!m\ qui seront de cuivre bien lioré d'or bien et soulBaMMit, et »u**i
risi-rvé le l'onils île ladite i-liAsse. qui si<ra d'ar);eut tout blanc; et faM|Uelle efalsM leidila orimua Mus «r-
rout tenus et promettent faire du poids de reul cinipiaute niarc* d*ai^gent. en ce non eonipria le Ibad»
d'irelle cliAsst' qui seront d'aq;eut hinnc, connue dit est. et ou cas que bMlite chlae p aurait |ilns, non
rompris ledit fonils, que cent et cinquante marcs d'ar^gent. nous ne leroos tenus de payât aacane chose
ilii surplus lie l'or et façon iliiilit siuplus. fors seulement la valeur de raigeot dodit sntplaa.
Ilem, ipieipiuud les ouvragen de ladite cliAtae seront bits, lesdilsorfe^m seront leaas de lesdanr bien
et soullisament romme il appartient ; et ii-eiix ouvra|^>s regnniei et visites par oHevres et gens SOnSsa»
ment et en ce ronuoissans. Kt s'il y u faute en la dun'ure. lesilits orfèvres seront tenus de les redonr. Et
aussi seront tenus un chacun pour le tout de ouvrer en icelle chAsse bien et deôenenl en prrMmw dm
nuiintennnt jusques n re que lailite rlidsse soit faite et [xirfaite. Kt pour re faire serons tenus de hwbailv
l'or et l'argent que a re faire appartiendra. Kt si si-nint tenus lesdils orievres et chacun ponr le tant de
nous rendre ladite rluWe faite et [Mirfaite bien et souflisunienl et bien dorée par la manirre demuad. de-
iliUis la .Saint \ incenl prochainement venant. Kl aussi serons teiui* de leur quérir H livnr en nAlredile
église lieu Itim, s<'ur et ronvenahie |M)ur fairt* lailite riuU.se. et leur |MiYrr pour rbacun marr d'or qu'ik
nu-ttniut en a-UMr |>oiir faron seulement six escus d'or a In couronne de 18*. par la pierr: et |iar cIb-
cun niorc d'argent qu'iceux orfevn's livreront . |NNir arjrent . or et façon , serons tenus de payer doaae aaeas
il'or de iaiiite monnoye; pour chacun marc d'aqient hianc. dont le fonds de ladila châiae sera bit. SipI
esrus li'iir de ladite valeur; et pour rhariui nuire de ruivri*. dont le^i images <|W SOUlMIienl MM. <
seront faitis. |Mmr cuivre, or et façon, quatre esrus d'or. I.<>s4|uels prix nous nauni tenu» pajer
orfèvres aussi et toute |vour la forme et manière qu'ils le cOBUuenceront Ct dsswiwnl n ladite I
Kt si senms tenus a eux et a leurs ([cns et aydes en faisant MMa dilaie de Icnr qnmr \mtn dipena par
la manière qui s'ensuit. O'est ossavoir. pour chacun jour qu'il* vaqueront en ladite bcaagnr. cl tant a
jours ouvrables i-omuie fiMes et iliuianrhe!i. il leur M-ra Iwiilk' ri livré a dejCOMr OU boire a HNlM a dMS
personnes un pain de roiivcnl el nui' |H-iiilo de vin \ l'Iieiin- de disUcr a dnu peiMUM* dMU puino do
iii>t. — 1. t%
482 DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
couvent , une peinte de vin et une pièce de chair de buef ou du mouton de quatre , ou quartier de mouton ,
et le buef a la vallïie et du potage bien et souDisament ; et au souper pareillement comme au disner. Et aux
jours que l'on ne mangera point de chair, nous baillerons a chacune personne trois oefs ou deux harens
pour pitance et du potage a disner; et au souper a chacune personne deux oefs ou un harent et un four-
mage pour toute la semaine , tels que nous avons. Et aussi serons tenus de leur Iwiller bûches bien et con-
venablement pour eux chauffer, chandelle pour eux coucher et souper bien et convenablement, quand ils
en auront nécessité. Avec ce serons tenus de leur bailler et livrer un bon coffre en lieu seur comme dessus .
ou seront mises les parties et ouvrages de ladite châsse bien et seurement. Auquel coffre aura deux clefs ,
dont lesdits orfèvres en auront l'une, et nous l'autre.
Toutes voies, si ladite châsse n'estoil faite et parfaite dedans ladite fête saint Vincent prochainement
venant, nous ne serons tenus de quérir aiLxdits orfèvres aucims dépens de \b en avant s'il ne nous plaist,
si ainsi n'estoit que la faute fust ou soit venue de par nous. Si promeltons en bonne foy et sur l'obligation
des biens de nous et de nôtredite église avoir agréable et tenir ferme et stable ce présent marchië, conve-
nances, promesses, et tout le contenu en ces lettres, les enterriner et accomplir de point en point selon ce
<|ue dessus est dit et non venir contre jamais a nul jour par quelque voye que ce soit. En tesmoln de ce
nous avons fait mettre nos sceaux a ces présentes lettres ce dix huitième jour du mois de février l'an mil
quatre cens huit.
OBLIGATION DES ORFEVRES.
Je Gaultier du Four et Jean de Clichy et Guillaume Boey, confessons avoir eu et reçu de Monsieur
l'abbë de Saint Germain, présent, le quint prieur nommé Pierre Hachette, et Jean de la Crute, chevecier, et
Michel Prevot, trésorier, et Messire Régnant Denis' et Messire Bontet de la Budiniere, c'est assçavoir:
1 o 1 saphirs ; item i It o esmeraudes entières , et des despessées 35 , qui font en somme cent soixante et quinze
pièces; item If] gamats entières et quatre pièces, qui font en somme cinquante et un gamats; item
a5 amalistes; item 3o cassidoines; item aao perles; item une petite croix d'or où il y a des reliques; item
a6 marcs a onces i a ostrelins d'or, pareil a une pièce d'or que ledit Monsieur l'abbé a pardevei-s lui; item
d'argent a ouvrer tout net sept marcs cinq onces cinq estrelins'"'. Tesmoins nos noms mis en cette cedule le
•jo. jour d'aoust i^og. J. deClichy. Gaultier du Four. G. Boey.
Les trois orfèvres dont on vient de lire l'engagement tinrent parole : ils exécutèrent la
merveilleuse châsse qui décorait le maître-autel de l'église abbatiale et dont nous repro-
duisons l'élégante silhouette. En présence de ce chef-d'œuvre, tout commentaire est super-
flu, toute biographie est sans intérêt; Jean de Clichy, Gaultier du Four, Guillaume Boe\,
après avoir accompli leur tâche , sont restés aussi inconnus que les trois personnages dont
Guillebert de Metz nous a conservé les noms. Ce (jue les contemporains ont admiré, c'est
l'œuvre; ce qu'ils ont volontairement laissé dans l'oubli, c'est l'ouvrier. Faut-il dès lors per-
cer le mystère qui enveloppe ces existences d'artiste et chercher à savoir ce qu'étaient, par
exemple, Andry, Herman et Willelm? Quelques lignes de biographie incomplète et dou-
teuse n'ajouteraient rien à leur gloire.
Andry, Willelm et Herman ne sont que des prénoms : il y aurait donc péril évident à
identifier avec tels ou tels orfèvres des xiv" et xv" siècles les personnages dont parle Guille-
bert de Metz, et qui portaient ces trois noms de baptême. Qui pourra , par exemple, affirmer
''' Cette profusion de matières précieuses qu'on ^largent et pieiTeries estans aux reliques et vais-
remarque dans toutes les grandes pièces d'orfé- rrsellement des églises de Paris, valoir ung grant
vrerie d'église des xiv' et xv* siècles justifie l'as- » royaume." (Voir ci-desus. p. a 3 a.)
serlion de Guillebert de Metz : ttLen estiraoit lor.
I A illASSK DK N \l\ I 11 HMAIN-|)KS-JM\KS
i-\.'i'ii ti-r .-11 140- jinrlrai»)'
/m^»* '«^.A*.«*>/.«rw
LES LKTTHÉS, LES AHTISTKS KT LES ARTISANS A PARIS. iêi
(|iii: l'orr/'vrv (;anti)i)i Andri*'», l'un de» fournÎMCunt des duc» de Bourgogne, en t ^oo. ioil
If iii^iiic )|u<! le l)ijouti(;r parisir'n AndryT Comment reconnaître, d«n» le prénom «llentand
Williiliii, (iiiiiluuiiic Hoey, l'un de» coniitructeun de la cIiAmm! de Saiol-Gemuiin . ou loui
tiiitrc (iuillaiiiiK! ii|)|mrlenanl à la coqioration de l'orfèvrerie? Kniin osenM'On dire que
lltTiiian, "iiiii polioil <luiiiinN,» est cet orf<''vre dont parlent le» archives niuniri|»«|i>« d'Or-
It-diis , (|iii (it " iiii|; loliicr d'or ovecque» une touezun |>endanl aa collier de l'ordre du
"(lue dt' Hoiir|;oin|;nc"'T» Non, UMiur/rment ; mieux vaut, |)our le dernier penoOMge Hir-
tout, rappeler, avec M. le marquis de Laborde. que, dès le tiv* siècle, il eiistait dans le>
Flandres et (>n France un corps de métier pour la t«ille du diamant; que le lute yriâ*»
avait attiré dan» la capitale les plus célèbres ouvriers en ce fjeiire. et que Hennan en Mmil
iiri
Le potier d'étaiii est plus dilFicile encore à identifier, puis(|u'il n'est iéngoi par
nom ou prénom; Guillt^bert de Metz t'a cité d'abord pour sa singulière industrie", puis
pour iri(li(|uer en passant l'orfèvrerie bourgeoise dont l'étain était ordinaireoMill la ma-
tièri'. Traitée nver outant d'nrl et de soin rpie son orgueilleuse rivale, l'orfèvrerie d'étain.
qu'on ne retrouve plus aujourd'iiui que dans les collèges et les liôpitaui, s'étalait aui tit'
et XV* siècles sur les dressoirs des plus ricbes bourgeois. L(> Metmfrier de Paru n'oublie pas
d'en prescrire l'achat ou renq)runt lorsqu'on doit donner banquets et festins : -Et aOMi
-marchandera t'on, dit-il, de la vaisselle d'cstain : c'est assavoir dii douzaines d'escuelleit .
->i\ douzaines de petits plats, deux douzaines et demie de grans plas, huit quartea, deu
-douzaines de pintes, deux pos a aumosnes'". n Avec ce modeste (erricc, la boorgeom*
parisienne organisait ses diners d'épousailles et de cérémonie; et \efMàawminm, destiné i
recevoir lu part des pauvres, figurait toujours sur la table ou sur le dressoir. Les polien>
d'élain étaient donc les frères cadets des orfèvres : |>our les pièces importantes, ils se mo-
ilelaieiil sur le travail de leurs aînés, et maniaient souvent aussi bien qu'eut le marteau du
ri'jiousseur. Dans leur sphère modeste ils ont. eux aussi, bien mérité de l'art, et (judleln-rt
de Metz a fait preuve de bon goiU en leur donnant une petite place dans sa description d<-
l'aris.
' Um Duc» ilr tiour/fogut. l'n-uvcH. I. III . 'iij i. la notice qui prëoèdefe leUs de GaiUdicct de Mali
' \(>ir les kmaiu- du Loutre (II, Cilossain- et (voir p. ii&).
n'|>ortoire , p. g'19). *' Le Mnmgier de P*n$, iàUaù pafcMa par
'' Il sa|;il des rr rossignol z cliontiin» rn vvcr.» M. le baron PidKMi. 1847. m-9'. I II. p 11&
Nous (ivoiis liosank' une cx|ilirfltioii île ro fait dans et if3.
61.
VIII.
ESSAIS DE STATISTIQUE PARÎSÎF\>F
DU XIV AL XVI' SifeCLE.
(Voir Guillcbert de MeU, ci-<i«iM», p. «St.)
irLcn souloit nstimcr a Paris plus de quatre mil tavernes de vin, plus de
!r(|ualiT viiii'l mil tnoiuliaiis, plus de .soixaiit«> riiilif csr ri p vains; item de e«coliers
(f<'t g(Mis de iiicslicr sans nombre
If Ou riK'iijroil a Paris cliasruiip sppmaiiir», juru* parmv lauJn* roinpti-i-, «pialn-
(r mille moutons, deux cent (]uarant<> heui's, rini] cens veaux, deux cens pour-
(Tccaux sal('>s et quatre cens pourceaux non salés. Item on y vendait cbasrun jour
(rse])t cens tonneaux de vin, dont le Roy avoit son quatrième, sans le vin dr»
(fescoliei's et autres qui nen paioient point, etc. «^
(ici rssai (II- statistique , jinr le(|ii('| (iiiillelifrl de Metz lernnne xi Drtrrtyltnn de l'itnt.
est sans duiite l)i(>n informe; l'nuteur, qui n des habiUidcs d'eiagi'ralion irèW-vidi-nli-«.
t?crit d'npnVs des «uï-dire et procède par nonilire.s ronds, ce qui IVxpoî* k de )jrandf> ••r-
retirs. Mais il faut lui savoir gré d'avoir cherché h se rendre compte du mouvement di* i«
population et de la consommation parisiennes, genre de rensoignemenU qui est d'unr
(•xtri1inc rareté chez les historiens. On peut mi'me ajouter qu'il y a. chei (iaillebrrt de
Met/, (piebpie chose de plus qu'une bonne intention. Ses quatre mille taverne» MMMit pa»
iibsoluinciit invraisemblables à une époque où Pari* était plein de Mudards, H oà k po-
pulation normale, sans cesse en haleine, vivait pre.si|ue .sur la place publique. Quant «ut
ipiatre-vingt mille mendiants, c'est sans doute un chilTrc tr^»-considénble ; mais le» indi-
gents de la capitale y figurent peutnUrc pour moins de moitié. Les dësulfc» d« la gocrre
d<' ('.ont Ans, les ravages des Bourguignons et des Armaj^nacs dan.o la banlieue de Paris.
les déprédations des Anglais tout le long de la Seine, depuis Harfleur jujtqu'à la capilair.
avaient di^ multiplier le nombre des familles ruinées. Paysans, gens de métier, petits bour-
geois .s'étaient donc repliés sur Paris, autant pour y chercher un abri que pour y vivre de
la charité publiipie ; et comme les couvents y étaient nombreux , norobretiae «mn «la cook
«pnignie prehis et princes a.ssiduelmeni conversans.- il y a tout lieu de rroire qu'il *'«
faiNaii ir;ili.>mlaiilt's aumônes, ce cpii contribuait encore à y attirer une multitude famé-
^86 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
lique. Les «soixante mille escripvains» sont infiniment plus contestables, et V. Le Clerc
s'est refusé à les admettre "'; même en comprenant dans ce nombre les «transcripvains» et
libraires des princes, les religieux travaillant dans les monastères, les scribes et greffiers
du Parlement et du Châtelet, les parcheminiers, les enlumineurs, les relieurs, les orfèvres
en livres, enfin tout le groupe de celte industrie, on n'arriverait peut-être pas au quart du
chiffre énonce par notre auteur '■'^l II y a là sans doute une petite gloriole de métier : Guil-
lebert de Metz faisait partie de cette honorable corporation, et il a tenu probablement à
y figurer en nombreuse compagnie. Restent les chiffres de consommation , que nous exa-
minerons plus tard. En attendant, il nous a paru intéressant d'élargir un peu le terrain
de la discussion et de rechercher ce qui a été fait ou tenté jusqu'ici dans le même ordre
d'idées.
Lorsque les érudiis ont voulu savoir ce qu'était , au point de vue économique , le Paris
du moyen âge, ils n'ont eu à consulter que deux ordres de documents : les uns très-confus,
très-incertains, et dont les vagues indications fournies par notre auteur peuvent donner
une idée : ce sont les récits des chroniqueurs ; les autres, plus précis en apparence, mais dont
il est tout aussi difficile de tirer parti , si l'on veut aller au fond des choses : ce sont les
censiers et les rôles de la Taille. Dans les deux cas il faut interpréter, c'est-à-dire ouvrir la
porte à l'erreur.
Popuiaiion Kt d'abord, en ce qui concerne la population, sans remonter jusqu'à l'hagiographe
les rhroni>f"re Hilduiu , abbé de Saint-Denis, qui vivait dans la première moitié du ix' siècle, et qui nous
représente Paris comme regorgeant d'habitants '**, sans citer les passages oii Abbon'** et
Aimoin '*' déplorent le dépeuplement de cette immense cité, qui était, avant les ravages des
Normands, le marché des peuples'^', on peut se faire une certaine idée du nombre d'ha-
bitants qu'elle renfermait au xiii" siècle, époque où la vérité historique commence à se
faire jour. Joinville raconte que, pendant la minorité de saint Louis, lorsque le jeune roi
et sa mère résidaient à Montlhéry et n'osaient se rendre à Paris, alors occupé par les ba-
rons en révolte, «ceulx de la ville les vindrenl quérir en armes, en moult grant quantité ;
«et me dist (le saint Roi) que depuis Monllhery jusques a Paris le chemin esloit plain et
«serré des coustes de gens d'armes et autres gens '''.r Or il y a de Paris à Montlhéry en-
viron 3o kilomètres, et une double haie de Parisiens, échelonnés le long de ce parcours,
représente une population assez considérable. Moins d'un siècle plus tard , un autre chro-
niqueur parle de la multitude des habitants de Paris, non d'après ce qui lui a été dit,
mais pour l'avoir en quelque sorte comptée lui-même. Il s'agit d'une montre ou revue passée
"' Discours sur l'état des lettres en France nu H. Gëraud, Paris sous Philippe le Bel, p. 672.)
xir' siècle, p. 980. '*' Liv. I, vers 19, cité par H. Géraud, p. li'jh.
"' H. Géraud en compte à peine cinq cents à la '*' Miraail. S. Germ. dans Du Chesne, cité par
(in du xiu* siècle. (Voyez Pan» sous Philippe le Bonamy et par H. Géraud, ibid.
Bel, p. 5o6 et 507.) ''' Emporium populorum, est-il dit dans le livre
''' Parisiorum civitas. . . . constipatn populis , re- intilu]é De miraculis S. Benedicii, c\ié far les mêmes
ferla eommerciis et commeatihus. [Areopagitica , cité écrivains.
par Bonamy, Mcm. de l'Académie des inscriptions et "' Collection des mémoires relatifs à l'histoire de
belles-lettres, t. XXIV, p. 86, édil. in-ia, et par France, édit. Pelitot, t. H, p. 190.
ESSAIS UK STATISTIOUE PARISIENNE 1)1 XIV AL XVI* .SIÈCLE. 487
par Philippe le Bel, à l'occaition des fêtes qu'il donna |>our la promotion du roi de Na-
varre, son fils atn«^-, h la dif;nit<i de chevalier. Le roi d'Anglet<?rre, t^oin de rHii> pthibi-
tion, sVtonnait, dit Godefrny de l'aria.
Que tant de geim rirlw! et nobfle
Povut (HiiJIir (le une vQle.
Tout Paris <U»it dehors :
Et deux a dans OMeniUe •loieni
Kt Irotous Im DMstiav inangoienl.
Vii'tii frisiiii'- r<'viiliMiliori i|iiir le chroniqueur foi' d.m» lo« t«>rm^ saivants :
De o-lr. (If< i'nriH, (an» rctraile,
A cb'-vnl biun funnit vinf^t mille
Et a pi<^ riiiriit tr<>nli! iiiill<>.
Tout nu pliM aiMM Ira trouvèrent
Gel» qui dn la le» entimereiit '"'.
Knfin, pour IVpo(|ue même dont parle fîuillebert d<> Mdz, Kroissart nous fournit de*
cliifFres qui, nialf^rf^ leur caractère approxininlif, confirment a.ssez la «moult ^nt quan-
'iiU'rt (^nnnriV pur Joinville, et les cinquante mille hommes de mëtier comptai iiar (kMle-
Iroy de Piiris. \m révolte des Maillolins avait mis sur pied, dit -il, "gens d'arme» p|u« d«-
-soixanle mil!»', l'I plus de cirniiiaiilf mille maillets et mitres jjens. rniuiui- ;irli;ili>lri.p. ••!
ff archers "'. n
H. Gi'rund a tin'î parti de ces trois textes, et s'est montré fort modrr. I ■
lions: «Faisons largement, dit-il, la part de l'exagi^ration et de l'erreur, et réduisons, si
(t l'on veut, (li^ mollit'', le nombre des r<>bellcs donm' |)ar Froissart; il restera toujours itour
c Paris, vers la lin du xiv* siècle, cimpiante-cinq mille hommes d'armes, et, m »up|K>»anl
Rque le rapport de ceux-ci h la population entière soit de un k cinq, nous aurions, (mur
-la même époque, dans Paris, environ deux cent soixante et quinze mille habitant* '.•
Ce rhiiïre, qui parait raisonnable, est sinijulièremenl dépassé |)ar ceux que donne un Ifii
iinoin me imprimé à la fin du xv* siècle ou au commencement du x«i*'''. L'auteur de cH Arril,
où l'on remarque un essai de statistique loul aussi vafjiie que celui de fioillebert d« MeU.
N'exprime en ces termes : <rllem. y a en l'enclos des murs de Paris ccclxxi mille memgîer»
«du moins, sans les prestres, escoliers et autres exlrava|;ans qui sont sans nombre, car da
-temps du roi (iharles, sixiesmc de ce nom, les escoliers furent nombres jusque* ■ us et
- i\ mille escoliers '*'. " Après une telle évaluation , il n'y a pas lieu de s'étonner du nombre
Chronique métrique de Qodtfroy de Paris, Mii. I,'ex<>ni|ilaire de U liililindi^iiH' im(i<<naip i rf^nr
<!<■ M. Hiirlion, p. t9&, igS- «st roté l.'K. 5980
' Chronique de Fmi$*ttri, édit. de Lyon, i&58. *' L'esenphire coaaaM par M. h I
viijunio. p. 1 7.'). parla, è ee qn*3 panft, 87t.o«o. ca q« iàl 4m*
Pmriê mm» Philippe le IM, p. A 69. aa «nnat édiliar da Mmutgiw dr IWw ^ r'nl
'*■ Plaqtieitf iinpriiiii^' h Paris r\wt Jean Trep- U un teiaai de ilaliitiqae ridicala.* (Vajei labre-
Itorel et n'tslil«i« on iStiy pnr le libraire Railtieii. duelioa, p. xtv, note ♦.>
aullicntique».
488 DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
«des belles filles» que notre statisticien compte dans la capitale: «Il y a, dit-il, a Paris
« trois mille belles filles sans celles des faubourgs ''', » ce qui ne ferait, en définitive, si tou-
tefois il s'agit bien de filles honnêtes, qu'une beauté pour cent vingt familles environ,
et ne justifierait pas précisément le renom de suprême élégance dont les Parisiennes étaient
déjii en possession au temps de Jean de Jandun®.
l'opuiaiioii Le savant auteur de Paris sous Philippe le Bel n'a pas connu ce renseignement et n'en au-
i<» iTumeni. rait probablement pas tenu grand compte. Après avoir demandé aux chroniqueurs et aux
poètes tout ce qu'on pouvait attendre de leur témoignage, il s'est adressé ensuite aux do-
cuments réputés officiels, et a cherché à en extraire des indications un peu plus précises. Les
censiers qu'il a négligés lui auraient fourni une base d'évaluation qui n'est point sans impor-
tance , puisque , en adoptant une moyenne pour chaque maison , il serait arrivé aune certaine
approximation, seul résultat qu'on puisse raisonnablement espérer. H. Géraud n'a proba-
blement vu dans les censiers que l'assiette de la propriété foncière; et, d'ailleurs, l'ab-
sence d'indications sur le nombre des étages et des corps de logis lui a fait regarder, sans
doute, toute supputation des habitants, par maison, comme impossible. Mais, d'autre
part, les rôles de la Taille, qu'il a mieux aimé consulter, et notamment celui de i 29Q , dont
il a donné une fort bonne édition, lui ont causé quelque embarras. D'abord, en parcou-
rant la liste des contribuables, il ne distingué pas toujours les véritables chefs de famille,
parce que leurs noms sont souvent accompagnés de ceux de leurs enfants et suivants sou-
mis à la Taille, et payant chacun leur cote; puis il ignore absolument le chiffre de la po-
pulation placée au-dessus et au-dessous de l'impôt, les privilégiés et les exempts. Que
d'habitants compris dans ces deux catégories ! En haut le clergé séculier et régulier, les
seigneurs, les officiers et gens de service des maisons du roi et des princes, les fonction-
naires de tout ordre, l'Université, ses suppôts, maîtres et élèves, et tous ces habitants non
domiciliés que le statisticien du xv' siècle appelle « extravagants;?) en bas les artisans ré-
fugiés dans les enclos et lieux d'exception, tels que les commanderies du Temple et de
Saint-Jean de Latran; les «gaigne- deniers,» gens «de petit fait», truands, etc. et cette
masse de mendiants que Guillebert de Metz évalue à quatre-vingt mille. Où il n'y a rien,
dit un vieux dicton, le roi perd ses droits; or il les perdait à Paris pour un quart au
moins dans les rangs du bas peuple, et ne les exerçait point sur un second quart d'ha-
bitants protégés par des immunités séculaires; en sorte que les rôles de 1292 et de i3i3
ne comprenaient guère, en réalité, que la moitié de la population'".
Convaincu que la Taille, ainsi décomposée, ne pouvait lui fournir que matière à con-
jectures, H. Géraud a cherché une autre base d'évaluation, et il a cru la trouver dans un ma-
nuscrit de 1828 intitulé : « Les paroisses et les feux des baillies et senechaucées de France. "
En ce document, la ville de Paris, augmentée du bourg Saint-Marcel, figure pour Irente-
'*' Ces chiffres varient avec Tépoque des réédi- ''' C'est en négligeant tous ces éléments de calcul
lions : un exemplaire imprimé au commenccmenl et en s'attachant uniquement au texte du rôle de la
du xvn* siècle donne (fsix mille belles filles. 1 La Taille pour l'an 1 299 , que Dulaure est arrivé à un
population, la beauté (ou peut-être le libertinage) chiffre manifestement inférieur à la réalité: il trouve
avait doublé en un siècle. moins de cinquante mille habitants à Paris vers la
'*' Traité des louanges de Paris, p. 56 et 57. fin du xm' siècle.
ESSAIS DE STATISTIOIE l'AHISIË.NNE DU XIV* AL XVh SIÈCLK. 439
cin(| |)arois8<!H et mixatiU: ni un tiiille (|uatre-vin^t-dii-buit fvui. l'uur tirer parti d« ce do-
ciimenl, deux cIioncs ëlaii^nt uftc.cxsatre» : i* déterniiner eudeoMOl le tta» da moi fem ;
3* fix(>r le nurnl)re moyen dos |)LTKonrie!t kc réuniiManl autour de chai|Ufl feu, en iTaalra»
tr>rnir>.s, les [n(!iiil)n;!« (le (:lia<|ii(! fnmilln. En ri; i|iii ronrrTiie le len* du nMfm au point
di; vue .slati.sti(|u<.-, Uu (ian(;e ne Iui.sm; .sul).Hi>tcr auruii doute, et H. Géraud a eu raiaoa de
n'fn point avoir : feu chI Hynonynie An famille. (Juant à lu |)opulatioo mojreBoe de dMMiae
feu ou maison, Gu(^*rard, danx un mt^moire .sur le» divitionn territoriales de la Gaole, coo-
ronn*^ par l'Intititut en i83o, aini>i que dan» le» notes dont il a aceompegné le l'olvpttqur
d'Irriiinon, <i foriiiuli' deux moyennes : l'une de 5,^0, l'autre de 5,3o. En prenant le chiffre
iiiteniiédiaire ô.^o, et en l'appliquiint aux »oitante e| un mille quatre-vin(;t-4iii-huit feui
du Piiris de i.'iaH, on arrive à trois cent quarante et un mille habitant», c'e>>t-ÎMlire i un
niiriihre peu dloi^jné de celui qu'indique approximativement l'auteur anonyme du /Al qu<>
nous avon.s cité plu» haut. Il est vrai que cette presque concordance ne s'obtient qu'au
prix de deux liypollièses, (|ui consistent, l'une ù entendre le mot numiagmààt» le sens d'ha-
bitant et non de clieF de roinille, l'autre à prendre pour une population urbaine la movpnn<>
r),r)o qui s'appli(pie n\i\ ftux ih' l'ulaiseau et d'r]pinay-s»r-Or|je, c'est-À-dire à une i»opu-
lation rurale. La proportion semble, en elTel, trop forte, et il. Gt^raud, après avoir cons-
taté (|u'à Noijenl-l'Arlaud , par exemple , dan.s le.s environ» de (ibâteau-Thierry , la moyenne
de.Hcendait à lx,'ùo habitants par feu, propose de la réduire à h pour Paris, ce qui, sur la
base (lu dorumont de t.3-jK, doimerait deux cent .soixante et quinze mille Ames"'.
Désireux de .savoir s'il arriverait nu même résultat en suivant une autre «oie, H. (féraud
a pris un point de départ tout moderne, le rapport de la superficie à la |K>pulation. et il
a été conduit à donner, comme approximation dernière, un total de deux cent quinze mille
huit cent soixante et un habitants, (le nouveau chiffre repo.se sur une assimilation plu» ou
imiiiis coinplèle du Paris df> i'Hjq ou de i.TqS avec les \illes de guerre, close» de mur«.
telles (pie nous les voyons aujourd'hui. II. (îéraud. qui constate l'extrême densité de la |>o-
pulation dans les villes de (juerre, réduites par leurs fortifications ik se développer en hau-
teur, n'a |)ns songé aux nombreux couvents de Paris, aux enclos que renfennait la rive
gauche et aux «grants vuidesn que les historiens mentionnent sur la rive droite : particula-
rités (pie n'offrent point les pinces fortes de nos jours. Cette circonstance nous engagerait à
réduire encore le nombre obtenu, surtout pour l'époque dont |>arle Guillebert de Mefi, et
nous regarderions volontiers le chiffre de deux cent mille âmes comme npréMQtaat iMei
exactement le chiffre delà population parisienne entre t&oy et t&3&.
FiU dernit're analyse, après H. Géraud, après les calculs auxqueU nous veoooa de aoiu
livrer nous-mêmes, la question reste entière, c'e.st-à-dire qu'elle n'est pas sortie de* I
lie l'ap|iro\itnation , et (pie. selon toute apparence, elle ne les franchira pa«: h
lonlefois <pie la d(>couverte d'un document authentique et rigoureusement précis ne per-
mette de substituer des chiffres positifs aux évaluations hasardeuse» qu'on a jusqu'ici mises
en avant.
"' Dun'dii tic la Malle, (Ifliis son int'nioire sur la devoir Télever. M i évahw è Irais «■ fHin cnl
|Mi|)iiiii(iun (le In France nu xn* siècle (.icm/. été niilie le nombre «1rs kabiUals de Phîb Mat b rtgae
iMcrifti. t. MV. -l' iNirt. p. .'UiK nrrivr i) un rhiffre de Charles VI. Ce duflbt aees para
l'iirl riipprorlié de relni-l" M I-' l^ii-..ii Piclion (Toil exajpW.
«IIT. — I. 4*
Lfi roasoiiiiualioii
(le Paris
d'après
Guillpherl Ae MeU.
490 DOCUMENTS ET ÉCRITS OUIGINAUX.
Le mouvement de la consommation parisienne est encore plus difficile à déterminer :
ici, en effet, on est absolument dépourvu de ces documents si nombreux et si détaillés
i|ue produisent les administrations modernes. Il n'y a, au moyen âge, ni octroi, ni régie,
ni contributions indirectes, ou, du moins, la perception des droits sur les denrées n'a
laissé dans les registres du temps que des traces imperceptibles. Tout au plus connaît-on
le nombre des impôts de consommation, les variations qu'ils ont subies avec le temps et
les artifices ingénieux à l'aide desquels on savait les multiplier. On peut même dire que,
sous ce dernier rapport, la fiscalité contemporaine, si inventive cependant, n'a pas une
supériorité bien marquée. Nous en sommes donc réduits aux évaluations très-approximatives
des historiens, et c'est après les avoir combinées avec le chiffre de la population parisienne,
qui n'est lui-même qu'une approximation, qu'on parvient à se rendre un certain compte
de l'alimentation de Paris aux xiv* et xv" siècles.
En acceptant les chiffres de consommation donnés par Guillebert de Metz, et en suppu-
tant par année, on obtient à peu près les résultats suivants:
Moutons consommés k Paris en un an 308,000 têtes.
Bœufs , idem 1 3,5oo —
Veaux , idem. 36,000 —
Porcs salés, idem io,5oo —
Porcs frais , ùfem 31,000 —
Vin 1 00,000 heclolilres.
Si l'on prend, d'autre part, les chiffres de l'octroi de Paris pour 1 865 , et si l'on réfléchit
((ue la population actuelle est à peu près décuple de celle que la capitale pouvait renfermer
aux xiv' et xv' siècles, on se trouve en face d'un résultat assez surprenant : le mouvement
de la consommation parisienne, au lieu de s'être accru dans une proportion considérable,
ainsi qu'on le pense généralement, serait resté, depuis cette époque, à peu près station-
naire. Voici, en effet, les chiffres de l'octroi de Paris ramenés à des nombres ronds:
Moutons i,5oo,ooo tètes.
Bœu& et vaches 3&o,ooo —
Veaux sSo.ooo —
Porcs salés 1 90,000 —
Porcs frais 1 5o,ooo —
Vins en cercles et en bouteilles 3, 900,000 hectolitres.
Avec ces données, l'opération à faire est des plus simples : elle consiste à multiplier par
dix, c'est-à-dire à augmenter d'un zéro les chiffres fournis par Guillebert de Metz, cl à les
rapprocher de ceux qu'a relevés l'octroi de Paris en i865. On arrive alors à cette singu-
lière conclusion, que l'usage de la viande, par habitant, serait resté à peu près le même, et
qu'il aurait plutôt diminué, puisque, d'un côté, la population flottante prenant part au
mouvement général de la consommation parisienne est, relativement, bien plus considérable
qu'autrefois, et que, de l'autre, le carême, les vigiles, jeûnes et autres jours d'abstinence
étaient très-rigoureusement observés aux xiv' et xv' siècles. Le seul point sur lequel l'aug-
mentation est manifeste, c'est la consommation du vin : le chiffre de i865 est, proportion
gardée, triple de celui que donne Guillebert de Metz. Cependant, s'il faut l'en croire, il
ESSAIS DE STATISTIQUE PAHISIENNE DU XIV' AL XVH SIÈCLE, éfl
existait de noii tefnpM " (juntrc mil tavernes de vin , • et le Paru modwM, doot la papublÎM
CHt di';cu|jle, ne renferme i|iie (juinze cenltt marchand» de vin en groa, tix mille dibittall aa
détail , Iroi» mille limonadier» et douze ou treize cents restouraleurt. 11 faut donc admettr*'
(|ue les (juatre mille tuvernier.s d'nutrefoi.H, s'ils ont réellement exista, veodaieat ininimint
moins de vin que leurs successeurs d'aujourd'hui , et qu'il s'en cooMHDnwil daranlage h
domicile. Ce résultat, conforme h ce que l'on croyait déjà savoir, ne serait |mi> prëtis^fnl
il l'avantiif^e de lu (génération contemporaine.
Le Memajjicr de Paria, écrit peu d'année» avant le livre de Guilleh«Tt de Net<, donne
également (juelques détnils stntisticpies dont M. le haron Picbon a esaayé de tirer parti, H
qui ne sont pas sans itrIénH, surtout au point de vue de la comparaison h élahlir. Cea rm-
sei|;riements sont evrlusivement reinlifs i^ la consommation de U viande par la popwlalMMi
parisienne, la maison du Hoi, les maisons de In Heine et des princea. Nom les tnnaerivom
d'après l'édition publiée par la Société des Hililiophilts français :
ffA In porte (le Paris'" a dix neuf hoiichiers qui, par ctitimaliun commune, ven-
aient, pour sepniaine, eulx tous, l'un temps parmi l'autre, et la forte saisoo poi^
irtanl la foihle, dix neuf cens moulons, (jualre cens beufs, quatre cens ponreeaaU
(tel deux cens veaulx.
ffSaincte Geneviefve '^' : cinq cens moutons, seize bœufs, seize porcs et sii
veaulx.
(rLe Parvis'*' : quatre vingt moulons, dix bcufs, dix veaulx, huit porcs.
r A Sailli Germain '*) a treize boucliicrs : deux cens inouluns, trente bculs, trente
^veaulx, ciiH|uaiitc porcs.
r Le Temple'^; deux boucliiers : deux cens moutons, trente deux beufs, tn'nte
rdeux veaulx, vint deux porcs,
"Somme des boucheries de Paris, pour sepniaine, sans le fait du Koy et de la
-Hoyiic et des autres nos seigneurs de FVance, trois mille «juatrc vint moutons,
r*riii(| cens quatorze beufs, trois cens six veaulx, six cens porcs. Et au vendredi
-absolut <*' sont vendus de deux mille a trois mille lars'"'.
''' On (i|i|M'lnit niiisi l'cspncc compris entre h* main datait prolialilenMnl àm
nicii Sniiil - DciiIh . I'i)>rn<- h- Poisson et la (.■raiuli>- l'olilMye : (lr|Mis le xiu* tiède, ki Aaas<
Hoiirlicrio, jusqu'à la rue l'ie<i-<le-ll<euf. C'est nu- noHilwv de »«*iie et MPipaiaal k ta* fV <• a «••-
joiuilluii In pinre du (^liAtelet. mné le non jitM)m> daos tas àaniènt
'*' !.)>s lH)urli<<nes de In Mi>utngm>-Sainte-Geo»- BBe fanne aujounlhui ht coattMMlîaii ik b nw
Nii've (Hairtit fort anciennes; élira avaient éii Ibo- de Ffook 4a MëJscMW.
<l>'<'s jNir une énii);rnliiiu des l>«urliera de Saint- **' L« boodwrie da Tmiplp avaii rte ctaUip par
Miiivi'l. Los (loix ou i.e (înis. ciilMtrhiens boMiox. Im TcmpiHn daaa k nMck Braqwiak tt^Êm-
iivnicnl leurs «'toux h SninliMieneviève. prenait que «ka Aaw.
''' Leti Iwuclicries du l'nrvis ivuiontiiieut l'i la **' lIs'agildB'
|du» limite antiquité. Cobocbo y rcmpUssail les fonc- ■" Ce passag* ^itiif^ énitÊÊmmà la
liniis d'(<corrlieur. (bire aui jambaos. 4|w s'est perpébMk jaiqa'à m»
I*' l.'élablissenient des boucheries de Saint-Oei^ jours.
•a.
r*fW>
492 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
ff Le fait de l'ostel du Roy en office de boucherie monte bien, pour sepmaine, six
trvints moutons, seize beufs, seize veaulx, douze porcs; et par an deux cens lars.
tfLe fait du pouHaillier : par jour, six cens pouHailles, deux cens paires de
(fpigons, cinquante chevriaux, cinquante oisons.
ffLa Royne et les enfans : boucherie, pour sepmaine, quatre vins moutons,
tr douze veauix, douze beufs, douze porcs; et par an six vins lars.
crLe fait du pouHaillier: pour jour, trois cens pouHailles, trente six chevreaulx,
ffcent cinquante paires de pigons, trente six oisons.
r Orléans aussi '*'.
r Berry aussi (''.
rLes gens de Monseigneur de Berry dient que aux dinienches et grans festes
ttil leur convient trois beufs, trente moutons, huit vins douzaines de perdris, et
ffcoruiins a l'avenant, mais j'en doubte. — Avéré depuis. — Et est certain que
(f plusieurs grans festes, dinienches et jeudis, mais le plus commun des autres
rr jours est a deux beufs et vint moutons
frBourgoingne'"', de parisis a tournoi du Roy'^'.
ff Bourbon <'', la moitié du fait de la Royne <**. n
iM. le baron Pichon a commenté ce curieux passage, el, malgré son désir, il n'a pu en
tirer des inductions positives. «Selon l'auteur, dit-il, la consommation de Paris, en y com-
« prenant les animaux tués pour les maisons du Koi et des princes, s'élevait, à l'époque
(^où il écrivait, à 3o,3i6 bœufs, i 88,55a moutons, 80,79^ porcs et 19,604 veaux. Ce
«passage semblerait devoir fournir un nouvel élément propre à déterminer le chiffre de la
«population parisienne à la fin du xiv' siècle; mais les renseignements donnés en cet en-
« droit du Mesnagier sont-ils exacts? Je ne m'arrêterai pas à une première difficulté, celle
«que je remarque au sujet du nombre des bouchers de la Grande Boucherie que l'auteur
«fixe à dix-neuf. Quoique un boucher pût tenir et tînt (juelquefois, mais assez rarement,
«plusieurs élaux, il me parait difficile que les Sa étaux de la Grande Boucherie fussent
«tenus par 19 bouchers seulement. Mais, en outre, est-il croyable que la boucherie de
«Saint-Germain, composée de 19 étaux (i3 bouchers suivant l'auteur), ne fournît, par
«semaine, à la consommation de Paris, que 6 bœufs, i veaux et 18 porcs de plus que la
«boucherie du Temple, composée de a étaux seulement? On peut concevoir que l'auteur ne
«nomme pas la boucherie de Saint-Benoît, destinée peut-être exclusivement au chapitre'^';
«mais comment ne cite-t-il pas celle de Sainl-Eloi, établie en i358, et qui, approvision-
«nant le riche quartier Saint-Paul, devait nécessairement avoir un important débit? Com-
«ment a-t-il négligé celle de Saint-Marcel? ou, s'il l'a confondue à dessein avec celle de
'■' Orléans , Berry, Bourgogne et Bourbon dési- moins à l'hôtel Bourlwu qu'au logis de la reine
gnent les maisons des ducs de ce nom. fsabeau de Bavière.
'' C'est-à-dire comuie a o, valeur du parisis, p.sl '*' Le Mestwgier de Pnik, édition publiiH? par
à a5, valeur du tournois; eu d'autres termes, la Société des Bibliophiles français, l. II. p. 80.
un cinquième en moins que le Roi. '*' Elle est citée, en i388, dan.s une plaidoirie
'^' L'auteur veut dire que l'on consommait moitié au Parlement.
KSSAIS IJK STATISTIQLK 1>AHISIK.>NK DU XIV' \t \Vh SIÈCLK. 49S
'■SHinl(>-Gcnevièv<', |)our(juoi n'en prévicnt-ii pas le lecteur T Commeot enfin etl-il «n
" (It^sacronl avec lui-ni^mo, h (l«*ut ligne* de ilistance. »ur la coMOOnMlîon dn dnc de
" li'Trv ? Je croi» que les (tl)Hervalion)i |)n''c<^dent4*K sont dee pi^éeonplione gravCi conlrv
"la fid«!*lil<^ de CCS renseignements htatisti(|U)'s; mais il est encore dee dificalté» d'un aulrr
■■ i;ciirc r|ui .s'n|i|)().Hornicnt h iv qu'ils pussent être consultes fàrement pour la fitalion dn
' (liiirn; (!<; lii |M)|iulati<iii |iiirisieiini' '". Il est certain qu'à la fin du tif* liMe, l'alwlinonct
«de viantle <iia joiini tiiai|;r)-K i-tail plus gi'nt'raleroent et plu» strictement obaervée qu'eut
" /qwques où la |iopulatioii de Paris nous est connue, et qui |>ourraient servir de tenue dr
" comparaison. Nous ignorons si les bœufs amenés alors i Paris étaient plus ou moins pe-
"sants qu'aujourd'hui; nous ignorons en outre combien de livre* de viande pouvait con-
'ïtornuKtr iuituD'Ilemcnt cliaqu)- habitant d<: Paris, car la consommation individuelle auo»
-Mii>nt(; ou «liniinue trum- manière Irèi^-seuMble en raison inverse du prit de» dcnrém; et
- Il- chiirre actuel de cette consommation ''', fort inférieur k celui qu'elle atteignait en 1 789,
"lie saurait servir de base pour la lin du xiv* siècle •''.i
Les réflexions de M. le baron Pichon sont fort sages assurément, et se* féaenre» on w
|)<'ut |)lns motivées. Toutefois, ses conclusions, formulées en note et conformes d*aill«-ura
à ri;llcs ([<> Ht'uoiston d<- (iliAteauneuf '^', tendent à établir que la cunsommatiun de la tiande
à Paris aurait plutôt diminué <|u'augmenté; c'est à ce résultat que nous avaient déjà con-
duits les chiffres de (ïuillel>ert de Melz, avant que nous eussions connaissance de ceui du
]lciiiiifper. Ileureu-sement, l(>s di'tails fort précieux donnés sur l'étal de maison du Roi, de
la Iteirio et des primes, nous periuetleiit d'échapper au re|irocbe de paradoxe iiue b*» stati»-
lirii'us luoderncs ne mau(pii>raieiit pas d'arlicuh-r. Non, la consommation individuelle de la
viande n'a pas diminué; nniis une partie de l'énorme chifTn* que repn'sentail l'apprimeion-
iiement des cuisines de l'hAtel Saint-Paul et du Louvre, des hôtels de Berrj-, de Bourgogne.
d)> Hruirbon, d'Orléans, et de tant d'autres manoirs princiers, s'est divisée, après la di*|ia-
rilioii (le toutes ces cours, «uitrc un plus grand nombre de lM>urgeois, de marchands et
d'arlisans. Kl comme le gaspillage effréné dont ces hôtels étaient le théâtn! a fait placv i
une réparliliun sage et éconouiiipie des denrées alimentaires, il en est ri'sulté un certain
abaissement de la consommation pri.se dans son ensemble, bien que chaque habitant ail eu.
avec le temps, une part proporlioruielle plus large et surtout plus équitable dans le» aise»
el jouissances de la vie matérielle. Il faut se rap|)clcr, en outre, que la consommation
uriiaine se faisait aux dépens de la population rurale, et que la vie des champs, si mis<'rable.
uiènie au temps de La iiruyère, i'<'-tait biiMi davantage encore troLs siècles au|>anixant.
Sous le bénéfice des observations qui précèdent, nous croyons |>ouvoir joindre nos conclu-
sions à celles d(> Benoiston de CliAteauneuf et de M. le baron Pichon.
Il peut y avoir qucbpie intérêt à tenter, sur les chiffres donnés |>ar le statisticien uonynw
'*' b> point de départ de M. le Itomn l'irlioii |Mir1 dr rliiM|ue habitant daw TmHft de k ^
i-hI «lilTt'ri-iit (lu iiAlro : l'hoiuiralili* pn-sidfiil de la ' M. !<> baron Pidioa ^crivail en tSkj.
S<M-ii-ti- (1rs ltilili(i|)liil(>s n-niirais vodi jndiiin^ le -'' Ije Mmmfiir di RÊn* , intredactian . p. UM
cliiirrv (le In pii|it(lnli(>n |inrisi(>iiiic de relui do la et suiv.
ronsoniiiintiun . Uiiidis que nous reclirrchoas . an <*' Cert en iM«i que Bfnoiatande
roiitriiiiT. d'niins un nTlniii chilTre adopte, la a pohlirf aw Hitkiwtin
'•»-
«■»•«•
à9à DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
de la fin du xv' siècle , une opération identique à celle que nous venons de faire sur ceux
de Guillebert de Metz et du Mesmgier de Paris. Voici d'abord le passage relatif aux con-
sommations :
tr La despense de Paris, du plus nécessaire qui se fait par chascun jour du mois :
fcpar extiniation au plus prés du vray.
ffEt premièrement, il faut ce qui s'ensuyt,
ff C'est assavoir :
ff Cent cinquante beufi le jour du moins;
(f Item, huit cens moutons le jour du moins;
rltem, cinq cens soixante muys de vin du moins, sans les bières, servoises et
sydres ;
trltem, trois cens muys de blé le jour du moins.
r Item. Il faut au sextier de blé mesure de Paris xxix milliers sept cens quatre
rrvings douze mille grains du moins, tant peussent estre les dits grains gros.
trll fault a Paris en chapeaux de fleurs, bouquetz, herbe et maiz vert, pour
ttnopces et fraries, enfans baptiser, ymages d'église, audiences de parlement,
r chambre des comptes, chancellerie, les generaulx des aydes, requeste du palais,
ff le trésor du Chastelet, et aultres juridictions estans enclos en Paris, comme pour
tries festes et banquetz qui se font en l'Université des clers et escoliers, en fai-
ffsant les gradués et autrement, chascun an pour douze mille escuz du moins.
ffltem. En offertoire de chandelle de cire a voûter, devant raaistre Pierre du
cfQuignet, a deux cens frans et plus.
trltem. Il y a a Paris trois mille belles filles, sans celles des faubourgs.
ffltem. En saulce verte, cameline, moustarde, troys mille quatre cens frans
trou environ.
tfjtem. On dit plus de messes et biensfaitz en Paris que l'en ne fait depuis
trhors des murs de Paris jusques a Rome, ainsi que l'a preschié feu maislre
ff Berthelemy, en son vivant docteur en théologie, homme de 1res dévote re-
ff nommée.
ffltem. Et pour ce que aucuns dient que en ceste despence n'est point faicte
rde mention des jours maisgres que l'en mengue marée,
tr Responce.
ail y a de marée a Paris, tant fresche que sallée et puante, et de macquereaulx
ff frais et salez, de grans raies et petites, tant fresches que puantes, et en arrive
ff par chascun jour en si grant quantité, qu'il est impossible d'en savoir le nombre.
ff Et est un abisme que Paris, n
L'auteur de cet essai a beau dire qu'il procède «par extimation au plus prés du vray, n
ESSAIS DE STATISTIQUE PARISIENNE DU XIV AU XVI» SIÈCLE. IfS
uc approximatiori.s nont encorn bien vague». En Uiaunt de cAt^ le nombre dt» fçnim it
\)U'. qui coinpoHcnt le «ocptior, i celui des «chandelles de cire a voûter"'» et aairea uoéri-
li((';.s KtiitislirpieH, pour K'en tenir aux objotn de grande consommation, on arriverait encore
h des chiffres qui |)nrni.s)>cnt hors de proportion avec la population proliable. .San* duuti-
Paris uvnil <\i\ j^raiidir bouh le {jouvernenicnt réparateur de Charleii Vil et de Loui» \i.
et ce n'est peut-être |>as s'éloigner beaucoup de la vérité que de compter trois cent mille êoM»
dans la capitale vers l'époque de (Iharles VIII et de Louis \ll. il faudrait donc trouver
dans les chiiïres de consommation environ un tien en sus. Or la pro|>ortion est plus fort*-.
infinie en défalipiniit "les jours mais^rres que len menfjue marée.» Ln débit quolidico de
rciil cifi(|uante bceufs produit, pour trois cents jours seulement, un abata^je de qwninlff-
citi(| niill<> t(^tes, et Guillebert de Metz n'en conqite guère que le quart. Huit cents mooliHi»
par jour donnent deux cent <|uarantc mille têtes pour dix mois de régime gras; et ici noua
nous trouvons plus rapprochés des chilTres consignés dans la Deteriptim d$ Parié. Il o'aat
ipiestion, chi;z le statisticien anonyme de la fin du xv* siècle, ni de veaoi, ni de porea
frais, ni de |)orc salé, ce (|ui rétrécit encore le terrain de la comparaison.
Quant i^ la ronsomnialion du vin, on peut, jusqu'à un certain point, la déterminer avec la
mesure-type adoptée par le même statisticien. Quelle était la contenance du muid qu'il a
pris pour unité? Du Cangc énumèrc toutes les variétés de modius, réglées par les jai^ears
(le Paris, et il donne conmie la mesure la plus généralement usitée «te lonnel de Biauni*
"OU nourgoi(;ne contenant vi muis a la moison de Paris, et la queue ni muis.aOn sait.
(l'autre part, ipie la (jtieue, encore en usage aujourd'hui, contient environ quatre hectolitre»
et demi, co qui permettrait de n-duire en mesures modernes les cinq cent soixante muids
(pii formaient la boisson quotidienne des Parisiens. En eiïet, la capacité du muid onii-
nairc paraissant avoir été de cent cinquante litres, la multiplication donne un total de huit
cent (piiinuile hectolitres par jour et de deux cent (piatre-vin}]t-neuf mille huit cent* her-
lolitres |)ar un: accroisstMiient très-considérable, même en tenant compte du développe-
ment de la population.
Si la stalisticpie n'était pas une science éminemment périlleuse, surtout lorsqu'elle opér
Mir (les bases aussi incertaines, on pourrait tirer quelques inductions des chiffres qui |in>-
cèdeiil; insinuer, par exemple, que la consommation du vin à Paris a suivi une progre»-
^^ion graduelle depuis le xiv' siècle jusqu'à nos jours, et que cette progmsion, déjà srn-
sihle à la lin du w' siècle, l'est devenu<> bien davantage depuis. Ce raisoDOenenl n'aurait
rien de bien hasardeux : un plus grand usage du vin s'explique, non aealeiBiial par la
recherche et la diffusion du bien-être, mais encore et surtout par l'amélioration des an-
ciennes voies de communication, la création de voies nouvelles, les progris de l'induMne
On Miit que ïenvoulummit ODOBistait h fobri- Hfigie. Du Gange (GIm*. mid. H imfm. IêU iàà.
i|iicr (le |K<tite8 images de cire représentant plus ou llenachcl, I. VI. p. 898) éàt divan paaMgc» rrl»-
iiioins |rr(issii'ri>iiiciit \ph trnits dm pcrsontiagi») (ifs au\ r«/fiMlioafabrieanbd*iangasde CM|
({u'on voiinil ii une nmlmlio, ù un fléau, à la mort cet objet. L'<«M«àiaMif Aait d'ofigiae
in^nio. Un pi(|iiiiit ces lifriires avec des épingles, Virgile, daM T^glqgM inliliitfe PimwmuÊtim, H
•Inns In conviciinn qii<< le penoiuMge représenta Ovide, dans sas Héroiilas.
ii>ssi<ii(flit liii-nu'^nic IuuIpk les blessures bitaa è son manl est 1
A96 DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
viticole, etc. Les statisticiens d'autrefois n'en cherchaient pas si long; leur curiosité et
celle de leurs lecteurs était satisfaite lorsqu'ils avaient dit, en forme de conclusion der-
nière : «Et est un abisme que Paris'"."
(1)
C'est ie dernier mot du Dit anonyme cité plus haut.
IX.
LES (;i\0 LKTTnKS DU NOM Î)E fMRfS
COMPILA
PAH l> NOTABLK CLERC NORMAND,
EN L*AN DE (SRÀCE M.CCCC.XVlll.
La pit'ïcc que Giiillebert «l«> Mclz «est donné la peint- de tramcrire, el dont il « faii, en
(|iHl(|ue soile, lu |»ri'face de son livre, n'était sans doute pas digne d'un tel honneur: elle
n|)|iiirtii-iit à celte catégorie de productions qu'une saine critique a toujours qualifiéfli de
lours de force, et dont tout le mérite consiste dans la difllcullé vaincue, (l'est quelque ehoM
nNSiin'monl que de s'imposer dos lois prosodiques sévères, et de se mouvoir rependanl en
toute lilicrtf' diuix li" ciKlri' t'tioit iin'oii a volonLiinnicnt choisi. I^ poël'- l'n dit :
l)f 1(1 coiilrainli! rigoureuae
Où l'esprit semble resserre.
Il reçoit cette force lioureuM
Qui IVIèvp au plus haut degr^.
Telle clans des canaux pnmét ,
Avec plus lie forre «'lancée,
i/ondu s'élève dons les airs :
Et lo règle qui seiulile austi'n*
iN'ett qu'un nrt plun (u.Tlain ili* plaire
Inséparalilu des \>vau\ vers.
(''est lii lutte du fond contre les exigences de la fonue ; c'est l'étemel combat de la
raison et de la rime; el lorsque l'esclave, comme l'appelle Boileau, a été réduite i obëîr,
lorsque les canaux dont parle La Paye, loin de ralentir la courte de la pensée, n'ont «««rvi
qu'à en activer l'élan, il y a pour le poêle un véritable irioaqihe.
Mais le succès des \rais poêles n toujours tenté les versifirateurs médiorres: tb «e mmiI
(lit (ju'exagérer In dilliculté c'était augmenter le mérite, cl cette fausse vue jet a jeté* daM
les divn|;ations prosodicpies auxquelles nous devons les anagrammes, les aniisirophes. lea
niTostiches, les taulogrammes. les vers rétrogrades, les bouts-rimës et autres puérilités m*-
tri(pii>s ou syllahiques. Ils n'ont pas compris que tout exercice de venificatiiNi eatjosli-
rial)l(> de la raison et de l'oreille, et qu'il faut, ou ne |>as s'imposer des eatravca illogM|Ma,
ou satisfaire ù tout prix l'esprit el le goi\l, quand on a volonlaireneat aCMplé des i
nisT. — I. 63
498 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
En dehors de ces deux conditions, il n'y a que gène gratuite et enfaolillagc de la pensée :
on n'arrive pas même à produire ces niaiseries harmonieuses, nugœ caiiorœ, auxquelles
Horace consentait à faire grâce, en faveur du plaisir qu'elles lui causaient.
L'effet auquel visent surtout les chercheurs de difficultés, c'est la surprise, sentiment
d'un ordre inférieur, et contre lequel l'esprit ne manque jamais de réagir après la première
impression. Aussi ne voit-on qu'aux époques de décadence littéraire fleurir le genre au-
quel appartient le morceau que nous reproduisons. Les anthologies grecques en contiennent
un certain nombre ; les poètes de la moyenne et de la basse latinité en ont beaucoup pro-
duit ; YHermes romanus et le savant ouvrage de E. Du Méril '" en donnent de nombreux
échantillons. Quant à la langue française, M. Meyer, archiviste, auquel nous devons
d'utiles indications, a très-judicieusement remarqué qu'elle se prête peu à ces sortes
d'amusements : idiome essentiellement analytique, embarrassée dans sa marche par l'em-
ploi obligatoire de l'article et des prépositions, elle ne saurait, comme les langues synthé-
tiques, pourvues de désinences variées, et riches de flexions de tout genre, se plier aux
exigences d'une prosodie véritablement impossible. Il lui faut, pour arriver à produire un
acrostiche doublé d'un tautogramme, comme l'est celui de notre clerc normand, supprimer
la moitié des parties du discours et former une sorte de liste où les mots ne sont liés que
par le sens, quand il y en a un. C'est donc chez les Grecs d'abord, puis chez les Latins,
de goût ou d'origine, qu'on a le plus de chances de rencontrer les règles et les modèles du
genre. C'est parmi eux, en effet, que Tabourot, seigneur Des Accords, l'un des premiers
chercheurs de curiosités philologiques, a trouvé les rébus, les équivoques, les amphibologies
ou «entend-trois,» les antistrophes ou «contrepetteries,» les vers léonins, coupés, rétro-
grades, les lettres numérales cl cent autres fantaisies d'un goût |)lus que douteux.
Le lauiogramme. Le soigueur Dcs Accords, de plaisante mémoire, nous apprend, en outre, que les gram-
mairiens grecs et latins appelaient paranoèmes ce que nous nonunons aujourd'hui vers
leltrisés ou tautogrammn tiques , c'est-à-dire commençant par la même lettre "'. Un autre
écrivain dijonnais, Gabriel Peignot, après avoir renouvelé la définition, ajoute que les
meilleurs tautogrammes ne valent rien, ce qui ne l'empêche pas d'en citer un assez grand
nonrbre. L'un des plus connus, dit-il, est celui que Hucbald de Sainf-Amand, versifica-
teur et musicien célèbre de la (in du ix' siècle, dédia à l'empereur Charles le Chauve.
C'est une sorte de dithyrambe en l'honneur des crânes dénudés; il a pour titre : Hucbaldi
monacln carmen mirabile ad Curolum imperatorem calvum; tous les mots y commencent par la
lettre C. Voici le début du poëme:
C armina clarisona; calvis cantate Camœnac ;
C omere condigno conabor carminé calvos,
C outra cirrosi crines confundere colli.
C anlica concélèbrent callentes clare Camœnae;
C ollaudenl calvos; collatrent criinine claro
C arpere conantes calvos crispante cacbinno.
Elc.
y)
Poésies populaircilalinesanlérieuret au xif siècle , Paris, i843, in-8°.
LES CINQ LKTTHKS DU NOM DK PAHI8.
I^ii loUi'f C ht'iiiltlc avoir le privili>f;c du Uutograninm ; depois II RenuMMCe, «Ha •
ol)t(;iiii It'H honneurs dt! Irois nutn^s pot'-incit. L; premier, qui te eom\nm' lU: doMB CtaU v«n
et n pour tilre Chrutui rrurlfxuê, est l'œuvre d'un versificateur allemand nomiaë Chm-
tianuM PieriuN. Tabourol en cite les (|ualre vers suivants:
C urn(«! (.onUilidi!*. Cliriito comlUnU;. CanvMwr
C onrrlclirattirii- cunrtoriini camiinii . n^rtum
C onrugiiiiii ci>llii|Mioruiii , coiicurnl«, canUi*
C onririiialiirn- n-lclinii nHrliraMjue eolbumo*.
Kir.
Le .sfcoiid, (|ui a lu même (^tcn<lue, est une œuvre de polëmique reliKieiue; nou» n'en
citerons (|U(! le titre : Certamen ratholirum atm CahinutU continua taratlen C ctmmfÊÊm,
Ouimt au troisième, il est infiniment moins si^rieui : on y chante les luttes domestiques
des chiens et des chiils ;
Callnnim roniiiiiiii rcriamina clâra canumque,
Etc.
liii lettre P n'est pas moins ctMèlire dans les fastes du tautogniuime. On connaît le poème
hiirlrsqiie fait en l'Iionneur des compni'nons d'Kumée ou de saint Antoine; l'auteur. osMIt
du pi'i\ih-|^e i|iii iipparlieiil à la lnn|[Ui> Inliiie, n'a pas eu recours ik la moindre p^ri^ihrase:
il ii|i|icllc ses lii'i'os par leurs noms:
I' Iniidite, poi-cclli; porcorum pigra propago
}• rogrwlitiir ; |tliires |M)iTi |iiri{;iir<line pleoi
P U|^ianto!i |i<>qriint ; pociiihiiii |Mini prodi|poM
l'erliirbat pc<lf< |>clnMta8 pleniniqiM» pial«as;
i' ars |>ortPnto!u> p)|iiilonim prala profana) .
Etc.
\ la suite de cette sin|;ulit>re épopée, qu'on |)cul considérer, ain.Hi que la précédeale,
ciimme une imitation de In Hatrachomyomarhie (avec la circonstance aggravante du lanto-
i;niiiiMii>), se Iriiiive une pièce de vers dédiée nu prince-év^quc de Li^ge, sous le palrooa^
ilMi|n<'l I'miiIimii' plarr les Iii'tos de SOU poi~iiii> : t>||i> i-ommcncc aiiwi :
I' cri;!', |t(il(T |inlrii>'; |in(i-inruiii poHirc pm-piii
I' miiMMTHrf [xilnin |>ahiiaai. plocidi^i^iiiii' |iriiM>'|i>
Kir.
L'(Mma|;f i^l ImniiK | m inorceau intitulé Pnertitiunrtila P. Porrii forUr. •!■
le déhut :
I' nrre. prrror. |)in(;(ii pagaUs. parée prud«nii
i' ii(piantiiiiii paroBÛB;
I* arre pariiin piilchnr pirturahH|iM poasï
I' rn-senlp pirlir . po|iiilo .
KJc.
.ni , ,1
500
DOCUMENTS ET ECRITS ORiGINAlX.
Le poëte implore l'indulgence du lecteur: il en faut, certes, beaucoup pour encourager
de tels enfantillages ou plutôt de telles vanités. Les versificateurs de la Renaissance, qui
se sont adonnés à ce genre de composition, avaient, en effet, pour but principal d'étaler
leur parfaite connaissance de la langue et de la prosodie latines ; c'est leur science philo-
logique et leur dextérité grammaticale qu'on admirait, en les voyant jongler si aisément
avec les mots d'une langue morte. Le même motif n'existe point pour les versiliraleurs
français : il n'y a pas grand mérite à prouver qu'on possède le vocabulaire de sa langue
maternelle ; et, d'autre part, ainsi que nous l'avons fait remarquer plus haut, l'absence de
flexions casuelles, l'emploi obligatoire de l'article et des prépositions, doublent pour nous
les difficultés d'un genre déjà si ardu. Aussi ne renconire-t-on dans notre idiome (pi'un
petit nombre de \crs lettrisés. Tabourot n'en cite point; Gabriel Peignol donne celui-ci, (|ui
n'est qu'un tautogramme imparfait :
Didoii dlnn, dit-on.
Du dos d'un dodu dindon .
et cet autre, qui a quelque parenté avec celui que nous reproduisons:
Miroir mondain, madame, mag'nifiquc.
Ardent amour, adorable, angëlique,
Etc. ";.
On ne va pas loin dans cette voie, si l'on veut continuer à offrir un sens intelligible ; il
est plus facile, en effet, d'aligner des mots que des idées. C'est précisément ce (|u'a fait
notre clerc normand; mais il a rendu son tautogramme encore plus énigmalique en le
doublant d'un acrostiche.
i.'ocrœiichc simple. ^^ "'cst pas un écoHcr qui ne sache en quoi consiste l'acrostiche; tous en ont commis
ou vu commettre: «Acrostiches, dit le seigneur Des Accords, sont vers (pii en leurs pre-
«mières lettres contiennent quelque nom propre ou autre mot de chose intelligible.!' ; ■?
et il ajoute que les sibylles en faisaient, (ju'Rnnius en a conqiosé, et que Cicéron l'atteste
dans son livre De divinatione. L'acrostiche a donc ses quartiers de noblesse. Il paraît surtout à
sa place dans la comédie latine, car le rire ne lui messied pas, et les grammairiens, (pii
nous ont conservé les pièces de Plaute, lui ont donné une place d'honneur dans leur tra-
vail; tous leurs arguments .sont des acrostiches. Voici, par exemple, celui d'Amphitnjon :
''' Gabriel Peignot ajoute : f On ne s'est pas con-
fftenlé de faire des vere lellrisds; on connail aussi
irde la prose du même genre. Un nommé Guillaume
ffHéris, Liégeois, de l'ordre des (larmes, a publié
«•un volume de 4oo pages, composé de panégy-
«riques des saints de son ordre, loués, dit-il, cum
textraordinnria inethodo ; et cette méthode, qui ef-
ffectivement n'est pas fort usitée, consiste à com-
rniencer tous les mois d'un panégyrique par la
tflettre initiale du nom du saint qui en est l'objet.
"Voici comment l'auteur débute dans suri éiogu de
fr saint Louis : Ludovicut Luietianonim legklntor Inu-
Tdatissimus, l.utetiam liherati lumine Lugdunuimiw
rlocuplelnvil, Upore Imidihilis, lilleriilura liiudnhilior,
(T liberalilule laudabUissimus. ■^ {A musemeiUs philolo-
giques, p. to4.)
*' Le seigneur Des Accords cite d'autres exemples
d'acrostiches latins et grecs. (Les Bigarrures et tou-
ches, p. 280 et suiv.)
Li:S Cli\g LKTTHKS DU NOM DE i'AHIS. i^\
>■ moK capliu Alruni«nM Jupiter
sSiilavit lUMU! in <^ii« forriiam caiiju(pi.
•v m pulria .\iii|iliitniu dum e«roilciun 1
= nl)ilu Mi'iTiil'iliii iti *ul>iH'rvit SoMB :
— M a<lvuiiinrili-iii iwrrviim ne dominiiiii fniatra I
H iirliiiH iixori ciH Vtiipliilnm: ab|ii<T inx'mtn
SD opliiiit prt) iim-chi». Illn|iliurfi rapluit aritil>T
c:t4>r *it, non c]uit, Ampliitruo, decenM>r<
O mmm rein (pioHcunI : (jcininM Alemetw «niliiur
Mlliiimii romiiHux \{>YTm\m{ un acrusticlit; du poète Commodinnii- . <|<ii >it.iM .m m «if-m-
(le IV>r(5 cliD'lieniM; ; ce iiioriimii U-iumy^nv «Iv lu foi d*; l'auteur et ronlr:i<it<"iiiiguli)Tfni<'nt avec
lii (lontii^i* riKr|U(^i> di* l'AinpIiili-yon; il e»! intitulé De diejudieii, f*tionlieol doun! vrn «ur Ir
paradis (>t t'enfer. C'étuit une rncominandalion aux yeux des vrrsifiralvuru du niutp» iff--.
aussi vuit-on l'acrostinlic s<' produin; dès la lin du xn* siècle et choisir de pr<^réreiic(> jp* mijH»
lit' (|r''votiiin. M. Mi')fT <il«! parmi les faisi'urs de cpIIc époipie fr»*rn Renault di* Ixuli.ui».
Iradurti'iir du livre de la Conmialion de Uoitu. (iuillaunic de l)r|;uillevilli!, auteur du l'rlr-
riutiire de In rie humaine, Co(|uillart , (|ui a trouvé in(;ënicuv de placer un acro»tirli<* à la »uili'
de sa translation de Joifplie . <.*t plusieurs autres dont les Béni'dictins nous ont conservtf \*-% noni>.
Il en est nii^nie cpii ont fait servir l'arrostirhe h l'expression de la foi rhn>ti<>nne. niHIanl
jiinsi un vain jeu de mois sur les lèvres îles personnes pieuses. L'Oraison douiinirajp H la Salin*
lalion an),n-li(|ue ont siihi relie Iransformalion : des maximes de sainlelr sont ali)^t-«>> hori-
zontalement, en forme de prière , tandis (|u'on lit dans le 84>ns vertical /'afrrMosIrr et /Irr l/nrwi.
Il est vrai de dire que l'acrostiche n'a pas toujours été si relijpeux; U poésie profiinr
s'en est promptenient emparée, parce qu'il oITre au versificateur un moyen ingénieux de
dissimuler son nom tout en l'écrivanl. de cacher et cependant de metln; en relief le n<Mn
d'iiiir» personne aimt'-e, enlin de renfermer sa pensée dans des ho^ne^ pn'cises. Le nombre
(le pièces de vers (pii ont éliî coulées ilnns ce moule est incalculahie, et si noua en ciloos
deux, d'après le sei^rncur Des Accords, c'est parce que l'acrostiche y est double et triple,
conqiliration fort f,'oi)lée de certaines . . . gens. Voici donc l'acrostiche initial ••! final :
>• inoiir nii rn'iir le nom d'Anne iinprini >>
:<r!nni In-» imimuix d'une qup j'aime Itio ^
'^i de nous deux cet amoureux lie ^
>-ntrc que mort défaire ne pourra-
L'acrostiche triple que donne Tahourot est initial, iutermédiain- et final. r'e»t-i-«lir*
(pie la lellre (|iie li> poêle n voulu melire en relief est nu commencement, nu milieu et à la
lin. Le lalin seul pouvait se prêter à ces exigences, et encon* a-t-il fallu le torturer pour
arriver à un résultat '' . Voici les premiers vers de cette singulière runipusilinn :
0 cnix (>xccllens loi 0 dominari* OiympO
(i oelc«lM piciM<s et Claro acceplor ilii(<
R egnn n>|(cii(in |H>li cR uciOxi nianus et anloH
(Indique le <diiiilic«l rUbeoscunitangainiattaU
\ risti quapropler «X raga «ocabere la duX
l'Iimti comiril. ddit. Letnaire . 1. 1 . p. h. dosbie an aagtaii H an (nmçm
" M. (ii^nin. dans ses llrcmiiinHM /lAi/o/iyt^nex MBgnlier nwitf a Hé tumfnttftfrCStmJkVim.
/p„n< <>^'i'- "' \ol. |) :<-7\. ni" lin neroslicbe nalli* d« franfait dn rai Hanri Vm.
502 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
La seigneur Des Accords est en admiration devant ce morceau : «Si lu considères ces
«vers, dit-il, il y a autant de lettres en chacun qu'il y a de vers en longueur; de sorte
Kque, si ces lettres estoient séparées l'une de l'autre, il y auroil un parfait (|uarré de trenle-
Rcinq lettres Item, il y a quatre angles, au milieu et aux quatre coings de la Croix,
« tousjours un 0 , etc. '". 51 11 est à croire qu'il ne connaissait pas lo fameux acrostiche com-
posé par Fortunat, évéque de Poitiers, le plus habile versificateur de son temps. Il se com-
pose de trente-trois vers, chacun de trente-trois lettres, en l'honneur des trente-trois années
de la vie de Jésus-Christ. Ces vers sont disposés de telle façon que les lettres initiales
forment un vers et les lettres finales un autre vers. De plus, toutes les dix-septièmes lettres
de ces trente-trois vers, lues verticalement, forment aussi un vers. Enfin, en lisant diago-
nalement de gauche à droite et de droite à gauche, on trouve encore deux vers qui se
croisent et forment sautoir. La pièce entière a un aspect géométrique : elle forme un paral-
lélogramme divisé de haut en bas par une ligne droite et coupé par deux diagonales. C'e.st
à cette variété que se rattachent les vers français simulant un arbre, un verre, une bou-
teille, etc. avec cette différence, toutefois, qu'ils ne sont ni tautogrammali(|ues, ni acrosti-
ches, et qu'ils offrent, par conséquent, beaucoup moins de difficulté.
Ldf.osiichcieiirisé, Nous arrivons à l'acrostiche lettrisé ou compliqué de (autogramme. E. Du Méril en cite
deux exemples : l'un est un petit poëme en huit vers conq)osé par Jean Diophvlax® en l'hon-
neur de la Flandre; l'autre, qui a le plus grand rapport avec le factum de notre clerc
normand, est une sorte de dithyrambe à la louange du Christ. Tous deux sont en latin.
Voici d'abord le petit poëme qui a pour objet les louanges delà Flandre, et qui les exagère
un peu.
F œcundo florens florum dos Flandria fructu
L ucida lal)cnti liimina liico ligat.
A rdentcs abigens adamas astricUis ainores.
N ubifero nardus nuinine nata nitet.
D ulcisonis dotala dalis deilale décora.
R egia robiisto régna rigore régit.
I ngenuis intenta iocis, iucunda iuventus
A ereas amplis artibus ardet aves.
Le second a pour litre Corona Jliesuper litteras ejtis. Nous aurions hésité à le reproduire,
à cause de son étendue, s'il n'était le modèle exact sur lequel notre cierc normand paraît
avoir taillé son Dit. E. Du Méril l'a emprunté à un manuscrit de la Bibliothèque impériale,
fonds Saint-Victor, n° iya, folio 17^ recto. H existe au verso de ce feuillet, dans le même
manuscrit, une autre pièce du genre taulogranimalique, sur le nom de Marie, et au folio
175 verso, un petit poëme alphabétique en sixains lettrisés.
'*' Bigarrures cl touches, p. 209 et suiv. passion du Clirisl. Diophylaxapiiblié. en outre, un
'*' Jean Diophylax ou Dëmophylax, poêle latin grand nombre de poésies latines, où il fait preuve
moderne, né à Gand en i5oa, mort à Lyon en d'une merveilleuse souplesse d'esprit et de plume.
1.198, était religieuxdu mont Camiel. On a de lui, Il est regrettable, disent ses biographes, que de
sous le titre de Chrislomachia (Gwid, in-h°, sans in- précieuses qualités aient été employées à des puë-
dication de date) , un poëme en acrostiches sur la rilités prosodiques : ^uga- difficiles.
LKS CI\0 LETTRES Dl NON DE PAHIS, MS
Voici le Ictlc de l'arrosliclic tau(ogramnia(i(|uc en «iro|)li<-!i :
COBOMA JlieSl PER LITTKRAS EJU8.
J ut\n jtMiuf , jnip<-riilor.
J iiriiiiii juftificaUir
J iiHliMiiiio judicio.
J inpiiirum jutlicalor,
J iiliiir. jlluiiiiiiado,
J iiliiliiK, jiibilalio,
J uliil<ri jncpptio,
J niliiiin , jiirlioiitor.
J lllllll'lUtUit jll jlll|MTio,
J iilinitii* juiiirio,
J ritelli.'ctiiii jlliiitlrator.
il )iiiiiriiiiii liir liuiiiilliniiis .
Il aheii» liabuiiilonliithiiiiiiii
il orrca iuilmmluntio :
Il orno liononilisliiniiis ;
il oiii>!»laiii>, lioii<^tift»iiiiUh ,
il onorabili» lioslia;
Il og|>e)t, lionornbiiiu
il oiiMlotis lii>i>|)iria
il abildiis; liiluriMiiniiK,
H iiaresUinH iiuniilia ;
Il uiiiiliaiiit liiislilia .
H (wlibuii iiO!tlili»8iiiiu«.
E leetos e( eligcniM
E uni , ejus usequcnle»
E dicta , et exaudiens ;
E lisoM, cgroji, pgpiilc^,
E lapsM, eHiirienli*!)
E \ criiniiii!! cripioiis;
E xtiliilo» ciiutrieii» ;
E rrore* exculieiKi ;
K xtcniinntt cxtollfrilni ;
K railirnits, enudiciu,
E iiniinaiM, rjiriens
E qiiitalem cvertentet.
S ua« Roliis Mnclifloaiw,
S aiularis. !wlvirtcaiM,
S nivalor, Mcrilictoa
S mielipaiim McrificaiM ;
S limnin salvari siipplicans
S pirilii siip|ilicaiiliuiii
S nncinruni se soquaritim:
S oliis sola, !ili|H<ti<liiiiii.
S niipiria siin sirrnn» ;
S tan» sivo srandens soliuiii ;
S iiiiinuini sumiMniBMiiiuni.
S iiliMii Mi.-ini I
504 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
V clans , vindex vanitalis ,
V terum virginitatis
V enustare vberlale
V nionis ; ventilalis
V erus viis, voce valis,
V «lit venians veritale.
V ectus vnctuositate ;
V elum vehens vltimale ;
V enerande, vnitatis
V niens verificata;
V erbum virtuosilale
V eraii, vasi vilitalis.
S alvare , salviflcare ,
S anare, sanclificare.
S ibi subest singulari
S uperbos suppeditare ;
S upplicantes supportare,
S uper sanctos sublimari.
S erviri , soIemniKari .
S pe sincera supplicari ;
S ursum sedens , solet stare ,
S ervos sciens suflbcari ;
S ollicitus suffragari .
S ulTundendo salutare.
Pour clore ici ce long préambule, il ne reste plus qu'à présenter au lecteur le texte et
la paraphrase de l'acrostiche «des Cinq lettres du nom de Paris, compilé par ung notable
«clerc normand.» Compilé est le mot, car le rimeur qui a sué sang et eau pour le produire
a dû recueillir partout les rébus et les anagrammes (|ue le nom de Paris avait depuis long-
temps fait éclore.
On retrouve, en particulier, dans ce long délayage, le Parinius Paradisux de Jean de
Jandun et de Richard de Bury, ainsi que les jeux de mots du chirurgien Lanfranc de Milan ,
que nous avons cités plus haut (voir p. 43() et Itlio).
Avec un peu d'attention, on y découvre encore le Parisius, partis inscius, le Pnrisim,
paris scius, l*" Parisius, scientes pariens , et beaucoup d'autres subtilités de ce genre qui sont
enfouies dans les manuscrits. Peut-être jugera-t-on que ce factum ne méritait pas les
honneurs de cette préface et le travail d'une glose explicative. C'est un peu notre avis à
nous-mêmes. En pareille matière, les morceaux les plus courts sont les meilleurs, et le
sonnet d'Oronte ne vaut pas la simple chanson d'Alceste. Aussi plaçons-nous une petite
pièce après la grande : le Blason de Paris, simple sixain acrostiche et composé probable-
ment vers la même époque, fera passer les cinq lourdes strophes du clerc normand.
Il est un autre rébus, familier aux anciens historiens de Paris, et qui s'accommod<^
également de ce voisinage: c'est le ix Paris sans pair y> (Parisics snsE pare). On a rendu ce
vieux dicton plus sensible en le faisant brocher sur le vieil écusson de la Ville.
LES CINQ LETTRES
DU NOM f)K PARIS
iai8
i %>f
£
t^
■l*T. I.
M
506 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
SCS Cinq lettres ïin nom î)e Pans compile par uug
notable clerc uormant lan be grâce mil quatre
cens ÏJtx l^mt.
w ar plnsenrs poms pnct parts pre ccllence
]D artoiit porter ponr puissance pronoee.
P remier[eraeut] p présente pmîrence
P arfaite paix proesce préférée
P ont precxenx pleine place parce
P nnce ponroen preste p^ilojopl^ie
P akis prisie parfonÎJc policie''*
P enple pitenx près parahs'^' pose
P ags plaisant plantnrense pastnre
P aoiUon pamt proprement propose
P arïion pnrgant promptement ponrretnre.
près aoons aonmce apparance
}ï nis appert anrif ïambe asscnree
B^ rbre apportant arrestee assislencc
B^ nx anncrais asprement accree
}i rraes agns atrcmpancc aîi^eree
1^ ri aome antentiqne armonie''*
y^ tjoir aibant aliance anoblie
}î igle abonlci 2lristote alose
)^ rgns atamt anraosnierc alitnrc
y^ raonrcnx air amplement arronse
^ ncnnement angeliqne aoentnre.
'■' Policie, du grec tîroAiTe/a, science de la chose Noire-Dame, du cimetière dts Innoceiils, ou du Pa-
publique. C'est vers le même temps que Christine rarfi», danslesenschrétien?Lechoixàfairedépenddu
de Pisan publiait Le corp«<iePo/«(ie. (Voir ci-dessus, sens matériel ou moral donne à la préposition près.
à l'Appendice VII, p. 4 16.) ''' Dans la musique du moyen âge. on désignait
'*' Paradigus, parvis et cimetière. Du Gange par mode authentique celui où la quinte de la tonique
(édit. Henschel, t. V, p. 79) donne de nombreux était au grave et la quarte à l'aigu, contrairement
exemples de ces deux acceptions. S'agit-il du parvis à ce qui se pratiquait dans le mode plagal.
LES CINO LETTUES 1)1 NOM DE PAlilS. Sf7
liKS CINQ LETTRES DU NOM 1)1. PvHIS,
TAIITOORAMMK DITIIYitAMItigi K . COMI'II.K l'AR I > NOTUtLE CLUC M)RMAND.
L'AN Oe (iHÀCK MIL OUATIE CtM DU-IIUIT.
P ar pliisiciirs points Paris peut pr/'cellenco
P arloiit pr/ïtoixlrr, pour (comme) puitutaiire prouvée (droit étaUi).
P r«niièr[<'mcnl j I' [rc|pr(''.s«rile prudence,
P niTaite paix, prouesse |)r('>(loniinante,
P ont pr/'cieux, pleine (xpiineuiie) place parée (bien orn^),
P rince (bien) pourvu, preste (Hubtile) pliiiosophie,
P alais prisé (grandemnti oxlime), profonde policie ($àene9 du gowMnttmtBt).
P euple |)lein [dej pitié, placé proche (ou «e rapprorhani du) Paradis,
P ays plaisant (affràible) , plantureuse |)i1turr.
P avillon peint (éclatant), proprement (nchement) [dittjposé,
P ardon (alitolulum) puq^eant proinptenient [la| pourriture (du prché).
A prés (mm) avons (A reprétentê) apparence [adjornée (ejetdnêur brilkitt),
A vis a«lroit (ingénietur) , auridamme (oriflamme) assurée (mvimàhlr) .
A rbre apportant assistance arri^tée (solitlr) ' .
A ux (pour les) adversaires <lprenient acérée (terrible H HMirlniârv) ,
A rnies aijjuës'"', alrenipance adhérente (d'une trempe terrde),
A rts [en | activité, [li|armonie (teloti le mode) authentique,
A voir (richesse) aidant (secotn-abir) , alliance anoblie (noble, distinguée),
A igle apprivoisé'", Aristote applaudi (en hottneur),
A rpus atteint (égalé en perspicacité), auniAniére aiilure (nomrriture dm pmKrra).
A moureuse atniosplu'^re. amplement arrosée (par de dourea plme$).
A ucunesfois an|;éli(|ues (aiprables) aventures.
('.<<ri ne ra|)|M<llcrnit-il point le proverbe : Se dere noraMod «Ml pMl-lii* dé^gMT I
tenir an gro» dn l'arbre ? dvrcaoet pkM inlnMa mÊn la FrvMc «t rEaprv.
'*' I^esforniMniifUt-s.-ninsiqnolfSB'jnstpitin.ilni- Ls VMtedtraifVSvClMricilVMllMiai l^TT-
irmenl8*(lontilc8tqiir!itiuii |>ltisloin.s«ral)riqiMiieiit eleefle daSjgMawdoi liit.MnMSMMaol
i Pari» et <<laicnt nlors on grande réputation. (Voir avant la coaipiMtiaa i» et ■««M. GMMMrloe
ci-deMus . p. {>9-r>3 . rc qu'rn dit Jean de Jaadun.) Meti n'a pat ut^Hgt dt mmeimam tm
'" Par ce» mot» miglt- adoulci» («ffrirwW). le dent». (Voir €i-d*««». p- «S» -^
S4
508 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
[rjeoxent rcmonstrant reswtencc
JE? aisott régnant Vonie resnscifee
B oster rcngte rogale resibencc
I? cnom rassis ricl^esse recitcc
I? nbis raian! rencontre reîionbtee
B egle rogal renerenî» recfone'"
JE| ehgton retoriqne raoïe
B mssel rempli registre repose
JE? efm '^' reqms roiïre reformatnre
JE? obenr repris reraeîie reglose
B amentenant rmnense raptnre.
cg J^estts imposa innocence
} nstitnant logense mbihte
} enx infinis mtroîinite lonnence
} rapenal mstice mtitnlee
} oel '" mfns image moiolee
} nterhsans laïiis lîiolatrie
} arbins lolis impareiUe mbnstne
} onr impngnant mif? mtercise
} nste mstrnment moisible lomtnre
} sore ms lonstenr intronise
} aspis lettant infernal mfcccnre.
l sensnit signifiant scilence
JB ante sanenr simplesce snblimee
JS ens snrmontant sonneramc science
J9 oleil sonef seignoric somee
'"' Reçu» te, dignité de recteur dans l'ordre ecclé- ''' Du Gange doiuie yoiW, Jouet et Joiielle jwur
siastique et universitaire. La dernière acception pa- joyau. Ici li et lu manquent absolument. Ne fau-
raîl ici préférable. ' drail-il pointliretoutsimplemenl <rJoëlinfus,iic'esl-
*'' Probablement /io/iVp«se, wianiVe, comme, en à-dire, magistrat ayant toutes les vertus infuses.
anglais, refinemenl. comme était le célèbre juge d'Israël?
LES CINQ LKTTHKS DU NOM |>K FAHI8. S«9
|{ vient (emuilej rév<';laiit {Jorce de) rvMMiaiUf,
\\ iwmw lYfj/iiaiil [mumraim), Hoin»; rnsHUMcit/fe (une leeonde Hnme),
H osier'" [ar|raiif»«^ {bien cultivé), royale réHideiic**,
H ciiorii n'stiln»'', rirlieHHt- iV'pul/n» (nitlinre),
\\ iiltis rfiilit'ux, reiicoiitn* {de» P<trinetu) r«'«loiiUV {/Mir tennemi).
Il ^ijle {aulttrité) royale, reHpertahlf reclorerie (linirirnité ) ,
\\ t'Iijjioii rli<'>lori(|ue {préchA; avec uw éltMfuence) ravitiMinU;'",
H iii.s.s<'>iii l'fiiipli (Jlt'uvc tihondttnt) , rejpslre replact- {wdrê r^bH)^,
l\ aliiiMMiH'iil [de iiueurn) r«'cln'rrli('', rif^oiireiiHe r«''formp.
\\ avisseurs {larrom) repris, remi^ide reromiiiaiiilr,
Il appelant (/«<r/() ruineii.ses rapines.
.1 ci Jésus iiilnidiiisil [l'Jinnocence,
J nstiliiant {uiiwnant avec elle) joyeuse jubilation.
J eux irinnis, jeunesse instruite,
J ustice intildlée ini|)ériale {rendue au nom du touverain).
J oyaux infinis (rtfandiiK partout), iinaf^e {du l'Àrint) inviolée [nonprtiftMétfar lêfÊrymn).
J ntenlirtion | faite j jadis [Je rjidol/llrie,
J ardins jolis, industrie inroni|)arable,
J our indi(pié [pour l'Jimniolation [des| Juifs.
J nstruineiil juste {j^réàti) [avec] jointure {mudure) invisible.
J soréyisant {jacens, abattu) [et son| jouteur {raitujueur) inInMiisi' {ininufthaMt)'* .
J aspe [rejjelanl infection infernale {nt'utralimnt le fmison) '•" .
S suit [viciil rusitite), si{Tniiiant silence.
S anté, saveur, sublime simplicité,
S eus {bon itetui) surpassant .science souveraine,
S oleil suave {dmix), seigneurie [élevée au | sommet.
•'' L(>» coiiiiNiraisoiiH oiiipninU-w aux jonlins («le . aprin resëenlioii de Cafidncbr H b {
(>t aux ttmn étnirnt très-rn<<]U(<nte9 k It^poque où lUf Mmwnl faite pur \n Raai|WM 4t tttm «k*
<•(• morcpnu fui l'rril. (Voir ri-<lessus, p. 609.) \e» main» du Ane <!.• HuwgagMtCMl
'" Voir. |>. •):):{ ot 6o'i. des dt'lails sur les «exceJ- s'accMnpIisiaieiit au maatal mém oA dérivait Ir
"Ions s(<rMinu!f< quo les dodeonet les derct »»o- dere NorroaiHi. (Voir ci d«Ni. p. 97 1
»loi('ul |>rottcbi(T. - nu tonips do clerc normand. '" Vuii lidi— i.p. lO^.oojorRanaldtPreJ»
''> l,i> "rmom* ot io "registre* rdUblis u'iiidi- dit du gtel Yiorë H de GwHaanw dX
i|uont-iU \mi\i le retour de l'ordre daiM la capi- '" Au moyen Agr. ha picm»
510
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
J9 ate saphir snbtthte semée
JS ermon'') sotgnenx supplantant sorcene
J9 olas sncre sobalite senc
B acnftce sonnent solennue
JB onrse sans si stngnliere samtnre ''^
B ctsme seîre ^atl^an snpense
J9 on^î éarap^m saintisnie sepnltnrc.
IDons qni noies pans anctori;e''>
(£n cinq lettres contraintes a log linre
'ê>ans resmner et^iraologue
(£)arïieî laetenr '* non pensans a laiÎJnre.
saient pour avoir divei-ses propriétés; on prisait
surtout les substances qui étaient considérées comme
des antidotes. I.e jaspe, ainsi que la corne de li-
corne, avait peut-être cette vertu.
''' Le mot irsermon» paraît avoir ici le sens du
latin sermo , parole. Les exorcbmes et autres céré-
monies de ce genre consistaient , comme les incan-
tations, en paroles qu'il fallait articuler très-dis-
tinctement, sous peine d'ineflîcacité dans les deux cas.
''' Du Gange donne le mot Bainturier, fabricant
de ceintures; ce qui im|)lique le mot nainture écrit
avec la même initiale.
''' Auctoriié, bien établi . bien déduit. ( Du Gange ,
Glos». français.)
'*' L'acteur, c" est-à-dire l'auteur, disait toujours
son mot , soit au commencement . soit à la lin de son
œuvre, sous forme de prologue ou d'apologue. (Voir
ri-dessus, p. ayCagSet 3i5. les réflexions que font
l'Ermite , dans le proesme du Dit des Trois Morts et
des Trois Vifs, et Y acteur de la Danse Macabre.)
LES CINQ LKTTHKS DU NOM l)K PAHIS. S11
S iipcrbe (agréable) Haphir, Huktiiité («OMcr) Mmée (répandu partout),
S ennoiiH suignuux {paroleH Inen artieuléeê) Hupplanlanl (eoHfwaat) ■oreellerie.
S oulageiinail« suav««, solidarité' {ctmJraUmilé) (térieuM*,
S acrific(> (de la meiim) hou vent Hok'iiiiifH*,
S oiircf* saiiN si '" (de toun biens tan» ejccefititm) , Hiriguliën; Miiitura (aimiraHi WfW»),
S cliisriK! Hiiriiioiitr* (apaùé)^^', Satan HurpaMë (lemuêé),
S ouK I la protection dt-Hj S«'*rapiiinH m'-pulture» [très-jsainti*» " .
Vou» ({ui voyi'Z Paris ici représenU^
En cinq lettre» ainsi Noumues à une loi dure.
Sans transposition étyruolofps/* {expliqué dans ton élifmolagie) ,
Favorisez l'auteur, et ne pensez à mal.
Cl
"Sam ni.' coiiiiiM tâMaMw.e'ert-k-dinMM (Voir d-detMM, Appwdiw VII, p. 397 d tan.)
n^'.r\e . Mtm exo^plion. Il existe le roman de la "> !,« dadièrw it PiWM AmmI tiaeéê nw la
Dame moh* <i , c'eiit-àHlirc de lu rcriiiiii! iinrfuite. ( )ii iiroteclioo éu MBDil. Cflinî dw SMnto4MHCMto , it
(lit encore : un lininnie sanx ni. plu* eoniiiUrable de Unm, afak pour
'*' l;« clerc iKirinoïKl fnil ici iilliiiitin aux con- JMUm vidilliM de h fiawr dUérads.M»
cil<!H (lfl'iiM!(i/io(j)ctil<' (>oiiHtjimc (i/ii/i-i/!ii8), hooan enoMM dM tofm.tà 4B'il<
i|ui mirent fin au grand schinnie d'Occidoit Le» par wniéqueMl, coqmm |iiiitiTgi— t le
docteur» de Pari» y jouirent un rAle important. Pi
•^
mtiilt immu
^
mourrux sn-gitr
ti
tfttt «mu iongin
^
UBttn ctrtohu
^
cinue ^niUainc
^ C'(«t yari< mtitr. J
PARIS
i:t lks IMn^cIl»ALES villes de fka.xce
SOIS LE RÈGNE DE CHARLES VII.
POiÎME DESCniPTIP EN VERS LATIN»
eomroêt
V\\\ A\T()I>E ASTESAN.
1451.
NOTICE
Antoine Astesan n'i^tail <onnu (|ue |>ar un |>o«iue intitulé Dt wariaMn ftrtmm , impriiaé
(iuns le Hetum iutlicarum »cripU)re» de Muratori '", lorsque la découverte d'un OMlMMcnl
ciinti-iiiint 1)1 plus );riindc partie des œuvreh de cet écrivain vint apiieler sur lui rtttenlioB
(In rnoiulc siiviint. Dnns un ouvrafjo «péciulement consacré à Jeanne d'AfC '', et publié en
iHi'y, M. licrriiit Saint-Prix fit connaître (ju'il existait h la biMiotb^oe publique de U
ville de (îrenoblc un recueil de poéhies latine» portant le nom d'^nlomiif AummÊê, A»-
U'imi». Parmi ces poésies, il avait renianjué la relati<m d'un voyage fait en KraiiM mn le
milieu du xv* siècle, et une description de Paris aM>ez af^réablement versifier. A partir de et
iMoriient, A>tesan put <^tre placé nu nondire des historiens ori^pnaux de notn- capitale, mais
son poenie, (|ue M. Berriut Saint-Prix a\iiit cependant eu soin d'analyM-r, demeura inédit.
et c'est seulement après un d<>n)i- siècle <|uc les indications fournies par ce savant ont pu
^tre utilisées. Si la justice a été tardive pour le poète d'Asti, en revanche un heureux mn-
rours de circonstances lui a niénn^^é l'honneur d'éln- traduit, commenté et publié |iar U
ville même (pi'il a chantée. Son ouvraf^c, simple exercice de versification, destiné k cbarmer
les loisirs (lu comte d'Annouléme et du mar(|uis de Montferrat, sera lu avec intérA par
l(>s descendants de (!es Parisiens (|u'il a admirés et qui lui ont paru être «un |»euple de
La lamille d'Astesnn était, comme son nom l'inditpie, orif^naire d'Asti, |N>tite «ille du
Milanais, l'ancienne \xtn Pnmpein de la (îanle cisalpine, et la |>atrie d'un de» |>l«» gruifl»
poètes (le l'Italie moderne, Alli(>ri. Klle y occupa pendant liin);tem|ts un rang dutingaé. et
parait même avoir donné à l'Kf^ise et aux lettres des hommes éminents'*. Mais, par soiu»
' Hrrum ihiliraruiM tcriptom . prifci/mr «h mmo mm, uamiae ktiimm uttinédialaaHal ttfti
h. ml iiiiiium 1/. I). Milnn. i7'M)-i7.')i . •)<) vol. in- <i« Césène, ifù étaiA abn fiaéni éi ForA*
Fulin. I. \IV. p. 1007 avaiil pioaaiin aair» dadaon jwtMBHtf <
*' Jeaiiiir tl'Arr. nu(,<iui> liinl nui lis iriulniiims tris (|ur (lufllaaaM OkaM. BaHiMa ot la Toar.
de Fraurr mi lemp» ilr Charlt» VI et </• (Mml.s I //. IMiili|>|M< île diililaii. Caailirr BaH*}. Raod li»-
IWis. 1817, in-X . k<<!iiey. (iuillaume (?uigweoart. WÊkfft ir fV
"> \ers le i<>iii|» où Joflii (lo Jnmliiii profesMii pence . Fiantuii <li Mayteai». DwaBd da Saiat-IW-
lie \<i\nrn>. «11 nliiil |inniii le* frAiw rien . iaaa da Liguièiai, «le (MifMr. L*
a\\ nillt'i;!' île
\l iir> 1rs pliiH en i-t'piilalion le tiocleur AtkêmtM» l. IV. p. 174). Naas n'<
'/'' .l«(r. Du Itoiiliny. ipii rr|iroilnit la liste donnëe nier que le aial AttmmimàUi^m ■énam h b-
|i;ir l.iiki' WiMJiliiijr 1I1111-. si>s tiiim/rir arAmS* Mim^ mille <ie notre poMe.
«S.
516
DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
de ces dissensions intestines dont les villes italiennes eurent tant à souffrir, elle fut obligée,
en 1829, de s'expatrier, et elle alla chercher un refuge à Villanova d'Asti, bourg fortifié
situé à onze milles de distance sur la route d'Alexandrie à Turin. Il y avait près d'un siècle
qu'elle y était fixée, s'amoindrissant d'année en année, comme toutes les familles d'exilés,
lorsque notre poëte vint au monde ( i4i9). Son père, Pierre Astesan, avait en outre trois
autres fils, plusieurs filles, et ne possédait qu'un modeste emploi pour subvenir à toutes
les charges : il était, dit M. Berriat Saint-Prix, «scribe public, c'est-à-dire chancelier ou
K notaire de l'université de Villeneuve, et il y professait en même temps la grammaire et
r^les mathématiques'".» Un tel cumul prouve que Yuniversité de Villeneuve (nom bien
pompeux pour une simple bourgade) était peu fréquentée par les étudiants; et le père du
jeune Antoine comprit que son fils ne pourrait y terminer convenablement son éducation.
Aussi, après lui avoir enseigné tout ce qu'il savait lui-même, il l'envoya en 1 497 à Turin,
et en liag à Pavie, pour y apprendre le latin et la rhétorique '^'. Antoine Astesan eut pour
maîtres dans ces deux villes Valla et Veggio, qu'on regardait en leur temps comme de sa-
vants docteurs, et le carme Antonio Ferrari, qui devint évêque de Torlone.
Le séjour d'Astesan à Pavie ne fut que de deux années; en 1 43 1 , il quitta cette ville par
crainte de la peste, dit M. Berriat Saint-Prix, et il se rendit à Gênes, d'où le même fléau
l'éloigna, après un séjour peu prolongé. C'est alors que, suivant le conseil de son père, il
alla se fixer à Asti, où ne dominaient sans doute plus les ennemis de sa famille, car il put
y enseigner publiquement la langue et la littérature latines. Il y a lieu de croire que notre
poêle, contrairement au proverbe, fut prophète dans son pays, car il y séjourna pendant
''' Jeanne d'Arc, ou Coup d'œil, etc. p. a 83. — '*' Antoine Astesan paraît avoir beaucoup a|)précié le
mérite modeste et le dévouement de son père : i'épitaphe qu'il a composée pour lui est digne, quoique un
peu vaniteuse. On voit que le fils avait bonne opinion de son père ; mais il était convaincu ([ue la famille
n'avait pas dégénéré.
EPITAPIIICM HAGISTRI PETBI ASTESAfll DE VILLA NOVA
ASTESSI, PATRIS IPSICS ADCTORIS.
Hoc Astesanus tegitur Petrus ille sepulchro ,
Qui docuit multos instiluitque viros.
Cujus erat virlus palriœ notissinia loti;
Cujus per patriam nobiie nomen erat.
Vir fiiil humanus, prudens, pius. integer, aequus.
Dodus, facundus, consilioque gravis.
Tante reipublicae '"' fuit illi cura , quod instar
Fabricii aut Curii mortuus ipse fuit.
Sed potuil rerum solamen habere suarum ,
Quod post se prolem liquit is egregiam.
Liquit enim doctos , ciara et virtule célèbres ,
Ut natas taceam , quatuor ille mares.
Leclor, ab his paucis multas inteilige laudes ;
Pressa dolore manus scribere plura nequit.
(F* i58 du manuscrit.)
épiTAPHE DE MaItBE PIERRE ASTESAN DE VILLEXErVE
D'ASTI, pi;RE DE L'AUTEUR.
irSous ce tombeau est couché ce Pierre Astesan
-qui a formé et instruit beaucoup d'hommes; dont
-le mérite était très-connu de tous ses concitoyens;
f dont le nom était illustre dans sa pairie. C'était
ffun homme bon, sage, pieux, honnête, juste, sa-
uvant, éloquent et influent par le conseil. Il piit
Ttant de soin des affaires publiques, qu'il mourut
T aussi pauvre que les Fabricius et les Curius. Mais
-ce qui put le consoler de l'état de ses affaires, ce
rful de laisser après lui une descendance distinguée.
itII eut, sans parler des filles, quatre fils instruits
«•et illustres par l'éclat du mérite. Lecteur, com-
frprends par ces quelques mots tous les éloges qui
"lui sont dus; ma main, saisie par la douleur, ne
tpeut en écrire davantage.?)
Riïpûhlïcœ , faute de quantité.
PAins ET LKS VILLES DE PHANCE SOUS CHARLES VIL SI7
(|uinzfi an» environ, et la r/fpulation que son emeignaaMOt lui avait lopiiae datnl mmi
ron.sidt'jrabJc [tour adirer »ur lui lo« rcgord» du duc Charles (TOriéam, <|ai tenait tofio
d'/ltro rendu ii la libi-rl)^, n|)rf!M vingt-cin<| année* de captivité eo Angleterre. Le fib »fai
d(! Vdlnntino Visconli cliorriia vainement, comme on Mit, k recoatrrer la dot de m mère.
r|U); lui (li>>|)iit;iit Ludovic Sforza ; le coniti^ d'A»li fut la leule portion de ce riche patri-
moiru; (|ui |iut lui lUn- rendue Désireux de s'attaclicr «et nonveaoi sajelâ, il choiait parmi
eux quel(|ueK-unii de si^h olliciera, cl AH(e»an dut san» doute & «a bonne rnnOBinÉWi rboo-
ncur que lui lit le duc en le di-stinf^uanl '". il le nomma, dit Munitori, «on premier Mcr^
taire, et lui confia la garde du cliiitcau de Mont-Ilaynier. (ielte meaure honore k la foi* le
|irole(teur et le prctZ-gi^ : il np|i(irtenait h un prince ami de* lettre», et poète lainnéoM, de
témoif;ner puljli(|uument son estime pour les lettrés. Astesan parait, du reate, avoir M Irà^
reconnaissant des faveurs dont on le comblait, et il s'en exprime en tennee fort niU dam
plusieurs endroits de ses ouvrages, notamment ou IV* livre de lea éMgiea et daaa aeeiettna
lnîroïciues.
La garde du rliAtenu du Mont-ltaynier était sans doute une sinécure, car nooa coaatn
tons (|u'au mois de r<'vrier i Vi<j Astesan se trouvait à Tours et recevait du doc rwont
nécessaire pour payer ses frais d'hôtellerie. On trouve, en elTct, parmi ie9*piècea jaaiilicn-
tives publiées par M. Champollion-Kigeac, la mention suivante : «Du vui* jour de février
- M . cccc . xux , a maistre Anthoine Astazen, Lombart, secrétaire de mon dict sdgneor.
''la somme de nu livres xiu solz tournois, pour don a lui faict par mon diel aeignear,
''pour soy dcffraycr de l'ostellerie |>nreillemcnt au dict lieu de Tours"'. « Prolooga>>i»il
son séjour en France pendant les trois années suivantes, ou y revint-il à divenearepriaee.
c'est ce que Muratori et M. lierrial Saint-Prix n'ont pu éclaircir. Ce qui parait probable.
c'est (|u'Anloine Astesan, attaché comme son frère Nicolas h la personne du duc, le suivit
dans toutes ses résidences et eut ainsi le loisir de bien voir les contrées qu'il a décrite*. Son
pdëtiie, écrit <\ Hlois, porte la date de l'i.Si , et tout semble indiquer que Fauteur ne re>
tourna pas iuiinédiutenient en Italie, car, avec la prolixité qui lui est habituelle, il n'eAt
pas manqué d'annoncer son prochain départ. M. Berriat Saint-Prix, en analysant qodtjM»-
unes de ses épttres héroï(|ucs, a constaté d'ailleurs qu'il était encore en France dans le roo-
ranl de l'année i/i5q.
En regagnant Asti, Antoine laissait près de Charles d'Orléans son frère Nicolas, qui
faisait également partie de la maison ducale, en qualité de calligrnphe, mais qui nepuidl
pus avoir cultivi- la poésie. Nicolas figure dés i '1/18 au nombre des familiers et COOIOMP-
saux de Charles, et, dans un compte de l'argenlenc qui |K)rte la date de 1&&6, il cet
compris parmi les cent vingt oflTiciers qui reçurent la livrée annuelle du duc, c*est-i-dire
une robe et un chaperon de drap noir. Ses travaux de Iranscj-iption |>arwa*eat avoir M
> Dnii!) In pr(>nii6n< ('plbv hônûquc du livre III'. !'• com\M de largeMBi. et a ftii par ratlMlWr h m
\<li'snn dit i Tht'minre tic .Moiitfcrrot qii'ii nvnil |«rr»nne.
-wci-n. uHgrmditomirtàB'nnkim ^ Compta J»ii<ptBnangiMld»UBJto<Hi|t
>li< iM-rsonnm de GAne*. pour se finre inpériai», niprodoit par M. AM CkaipaB**-
noMimpr [tniresscur do rlR'Iorique en cette viDe. Figeai. Aut» l'ouvrage iatilaK ; Lm ywhiw A ém
("est alors (pic le duc d'OrMao* est vont beureose- Clmrk* d'OiUmu . yallMw «ar h wiiTif
iiicnl ilni)!! ce poyii; il n entendu pflHer du poète. i* Gnmkb, Paris. 18I*. »-i«. p. \\n.
518
DOCUMENTS ET ECRITS OHIGiNAUX.
considérables : on cite, entre autres, le manuscrit latin de la Bibliothètjue inipériale
n° i865, un autre manuscrit du môme fonds intitulé Devenenis, et une histoire abrégée de
Milan, qu'il dédia à Charles VII dans les premières années de son séjour en France'".
Enfîn, dit M. Vallet de Viriville '"^', ce fut lui qui transcrivit le manuscrit de la Biblio-
thèque de Grenoble.
La biographie de notre poëte demeure forcément incomplète, faute de renseignements
qui puissent s'ajouter à ceux qu'il a consignés dans quelques-unes de ses pièces, et qui ont
été relevés par M. Berriat Saint-Prix. Nous savons seulement qu'il vivait encore à la fin
de )'i6i, puisque le manuscrit de Grenoble contient plusieurs morceaux sur la mort de
Charles Vil, survenue le 22 juillet de cette même année. Le duc Charles d'Orléans mourut
lui-même en i465, et nous ignorons si son fils, qui fut depuis Louis XII, garda près de
sa personne l'un ou l'autre des deux frères, au cas oij ils auraient survécu à leur protec-
teur. Dans cette hypothèse, Antoine Astesan aurait plus probablement offert ses services au
comte Jean d'Angoulême, troisième fils de Louis d'Orléans et de Valentine Visconti, prince
éclairé et bienveillant, auquel il a dédié le poëme descriptif que nous allons reproduire '''.
.M^rile littéraii'«>
Après avoir recueilli dans Muratori et dans le manuscrit de Grenoble les principaux
traits de la vie de notre poêle, M. Berriat Saint-Prix déclare qu'il croit devoir «hasarder
«son opinion sur le mérite littéraire de l'auteur et du livre. 1 II le fait dans les termes
''' Ce manuscrit, que M. Berriat Saint-Prix n'a
|)as connu, porte le n° 6166 du fonds latin à la
Bibliothèque impériale. Il est en double exemplaire,
et se compose de plusieurs extraits de diverses chro-
niques sur l'origine et les jjouvernements successifs
de la ville de Milan. Le catalogue imprimé le dé-
signe sous ce litre: ir Codex chartaceus, olim D.
r-Dufresne. Ibi conlinentui- Antonii Astesani, civis
ffAslensis, illustrissinii Aurelianensium Mediola-
ffuensiumque ducis Caroli secrelarii, libri quatuor
(rde origine et vario regimine civitalis Mediolani.
ffis codex anno i448 exaratus est.'! Outre la dé-
dicace principale faite au roi Charles VII, on en
trouve , au r 68 , une seconde en l'honneur de Jean ,
comte d'Angoulême: trDans voire sagesse, illustre
ffjirince, vous désirez voir un exemplaire de lou-
f vrage dans lequel j'ai retracé brièvement l'origine
" de Milan, ses divei-s gouvernements et ses malheui-s :
"recevez , très-illustre comte , celui que j'ai écrit pour
"VOUS de ma propre main, h cause de ralTeclion que
ffje vous porte, n Ces mots semblent indiquer que le
manuscrit d'Astesan est autographe.
L'autre exemplaire du même ouvrage que pos-
sède la Bibiiotbèque impériale ( fonds latin n° 1 1 087 )
est écrit sur parchemin et se compose de 2 3 folios.
Il est dédié à Philippe, duc de Bourgogne, c'est-à-
dire à Philippe 111, dit le Bon, mort le 19 juin i/iGy.
'*' Nouvelle tnographie universelle, publiée jwr
Firmin Didot, l. III. col. h-jù.
''' Le comte d'Angoulême, né le aC juin ikoh
et mort le 3o avril liCy. ne survécut que deux an»
à son frère aîné. Sa vie 0 été écrite avec les plus
grands détails dans le livre intitulé La rie de trh-
illuslre el rertttcujc prince Jean d'Angoulesme, aïeul
du grand roi Françoin, dédié à M" le duc d"Es[)er-
non par Jean Du Port, etc. Angouléme, iSSg, in-4°.
1^ biographe attribue au prin(;e une traduction des
distiques moraux com|)osés uu moyen âge sous le
nom de Caton . et que le poëte (îrognel publia en
i53o-i53.3. in-ia et in-8''. Si le comte d'Angou-
lême a réellement traduit les distiques ou vers dorés,
ce n'est pas le seul ouvrage qui ail occupé ses loi-
sii-s. Dans un extrait de l'inventaire de ses livres,
on trouve l'indication de plusieurs volumes écrits
entièrement de sa main: 1° un psautier sur par-
chemin ; '1° quati-e méditations de saint Boiiaven-
ture, en latin, sur parchemin; 3° les (Chroniques
martiniennes . id. li° le Traité de la consolation de
Boëce, id. h° Fr. Pétrarque, avec la division el
profil d'oraison, el le Donat contemplatif; 0° le
Traité d'Alain, sur papier; 7" le Dialogue d'An-
selme ; 8° des prières extraites des œuvres de saint
Augustin. Les d'Orléans étaient donc aussi lettrés
que leurs secrétaires.
JK.W. (OMTi: l)AN(;()i;i.KMK
Kl), ilii Ilii.- I,nu|> d'Orlr..n> 'I .....I ,1. k , |-
l'AItlS KT LKS VILLES DE FRANCE SOUS CHARLES VIL ii9
suiviints : -Aiilnzan iiou.h a pnrii un bon et facile ver>iric«(«ur, maU un poHe au
" mi-diocrr?. S«>m (iiivnif^r-.K hoiiI, <;n y,én^;ra\^ ausM abondants en moU que pammi 00
" Il se |)latt Hiirtout h roproduin- sout un f^rand nombre de fomesla nftâlMpWMée. qaHqne
rconiriiuno qu'flte Noit. Il nVniploiu pas avec moins de romplaiiMlM Iw eoaiiKir.ii«<>iM .
« Nanti s'inquiéter ni elles sont ou ridicules, ou diiparatM, oo boMM; et iat «wan
«presque toujours. Un citoyen obscur ou tout h fait inconnu de GéoMMn.
"mis bien nu-dessus des l'ompëe, des Scipion, des Crascoa; \m ven da duc d'Of
"vaudront mieux que ceux d'Ovide; les pcinturet du premier barliouilleur dt* «iiraui
- (i'é|,'lises sont nu moins di(;nes d'Apelles, etc. Malgré ce* défauts, nous pensons avec Mu-
•- ratori qu'Astezan est un (écrivain recommandnble pour le temps où il vivait.
"aussi qu'il «^toit versé dans la littérature latine; les ouvrages des poètes lui
f surtout très-f;itnilier» '". «
(^ette np|iri'>(iation. quoii|ii>- jush- dans son enscmbif, nVtt cependant m ronipieti- ni
sulli.saiumeiit iiir)tivée; elle a en outre le tort d'attribuer au poêle les défauts de son lemii*.
de son pays, do sn profession, et de ne pas lui tenir compte de l'influence heai—ae uu'ii
dut exercer sur les lettrés avec lesquels il fut mis en relation {tendant son t^joaren France.
Astesnn est un esprit facile, enjoué, un versidraleur de l'école d'Ovide ou de Claudien : il
ne faut lui dciiiaiider ni In tendresse de Vir|;ile, ni l'énergie de Lucain; mais il nmhmt
n^rrahli.'iucnt les dactyles et les spondées ; il écrit en vers presque auaai puremeot OM MM
compatriote Auj'c Politien, et, sous ce rapport, il a pu contribuera aotëliorer la prow et
la poésit! é|;alement barbares des latinistes du moyen âge. Italien et professeur de rhéto-
rique, il est naturellement amplificateur, défaut qui devient prcMjue une qualité dnw le
genre descriptif, et (pi'on lui pardonne d'autant plus aisément qu'il nous a valu piu» d'an
détail intéressant. M. Iterriat Saint-Prix reprocbe surtout à Astesan son goAt |>our lea
paraisons, et les rnpprocbements continuels qu'il fait des bommes et des afTairea de
temps nvcc les personnes et les choses de l'antiquité. C'est peul-^tre une vaine ostentation
de savoir; mais à coup sAr cet étalage a eu son utilité : les Valois-Orléans, par leurs rela-
tions suivies avec l'Italie, ont préparé la Renaissance, et les lettrés qu'ib aineoèraiit en
France doivent (Mre comptés pour (|uel(|ue chose dans ce travail de lente initiation qaî a
fini par réj'énérer l'art français. Cependant Antoine Astesan a été juste pour l'art du
moyen âge : lui, dont les yeux étaient habitués aux merveilles de l'arckiledara et de la
sculpture romaines, a eu des admirations pour toutes les grandes et belles choaM de répoqae
ogivale. M. Berriat Saint-Prix lui reproche même son enthousiasme pour les «barbouilleur»
nde vitrnuv d'église. «< Or de quels vitraux s'agit-il? Des splendides verriàres de la duh>
pelle des Célestins, dont Millin nous a conservé les dessins, et que tous les UlloneM de
Paris ont con.sidérées connue une merveille. Il est donc permis de penser (|Mle jngMMBt
porté en 1817, sous l'influence des idées du temps, ei\t été moins sévère, an ■oins sens
le rapport artisticpie, s'il eût été formulé un demi-siècle plus tard.
Au point de vue parisien . le poème d'AsIesan ne nous apprend rien d'absolument oou
veau; mais il confmne et développe les détails donnés par Jean de Jandun, Raool 4>'
*'> Jetmm d'An, tte. Pièces justitkativet. p. «86.
520 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Presles et Guillebert de Metz, en faisant connaître les changements qui s'étaient opérés
dans la capitale depuis le commencement du xv' siècle. Il a donc sa place marquée dans
ce volume ; c'est d'ailleurs le dernier ouvrage manuscrit dont nous ayons connaissance et
qui soit plus spécialement consacré à la description de notre capitale. L'imprimerie mul-
tipliera bientôt les œuvres de ce genre; mais elles deviendront de moins en moins intéres-
santes, à mesure qu'elles se rapprocheront des temps modernes, et qu'elles auront, par con-
séquent, à peindre des mœurs plus récentes et un état de choses plus voisin du nôtre. A
ce titre, le livre d'Astesan, dont nous allons donner une rapide analyse, était digne d'être
traduit et commenté ; il a d'ailleurs le double mérite d'être entièrement inédit et de clore
brillamment la série des écrits originaux antérieurs à la Renaissance.
C'est au troisième livre de ses EpHres héroïques que l'auteur a placé la relation de son
voyage en France. Il la dédie au comte Jean d'Angoulême, dont nous avons déjà parlé, et à
Jean IV, marquis de Monlferrat, l'un de ses prolecteurs'''. La première dédicace est en
distiques ou vers élégiaques, et la seconde en hexamètres. Il y déclare qu'il se propose de
décrire les choses admirables qu'il a vues en France; elles sont tellement nombreuses,
dit-il, que ni Homère, ni Virgile, ni Cicéron ne pourraient les raconter. Après cet exposé,
il aborde immédiatement la description de Paris, à laquelle il consacre 969 vers; puis il
parcourt successivement les divers monuments, les ponts, les hôtels des grands, le Palais,
la Bastille Saint-Antoine, les églises, la Sainte-Chapelle, Notre-Dame, les Célestins et
l'Hôpital. Chemin faisant, il paye un juste tribut d'éloge à deux institutions qui faisaient
alors la gloire de la France, l' Université et le Parlement, dépositaires de la science et de
la justice. Enfin il ajoute quelques remarques curieuses ou piquantes sur les Parisiens
eux-mêmes et sur la population de la ville à cette époque. Nous suivrons l'ordre adopté par
Astesan, en nous attachant surtout à montrer ce en quoi son récit diffère des descriptions
précédentes.
Ansiïso Pour lui, Paris est la plus belle ville du monde. Cinéas, ambassadeur de Pvrrhus, di-
dii poemc dAsiPKin. ^.gjj ^^g j^ §^^3^ romaïn était une assemblée de rois; notre poète fait de Paris le même
éloge.
Les' ponts avec les maisons qui les garnissent, les nombreuses officines qu'on y a établies,
et qui les font ressemblera des rues, excitent au plus haut point son admiration. On oublie
la rivière, dit-il, au point que, si l'on n'était pas prévenu, on ne se douterait pas que l'on
passe sur les eaux d'un fleuve. Astesan ajoute que le commerce qui se faisait de toute anti-
quité par la Seine était alors très-florissant : on voyait la rivière sillonnée de barques
innombrables, qui remontaient même de la mer et entretenaient l'abondance à Paris.
Sur les bords de la Seine s'élève le palais des Rois de France. En parlant de cet édifice,
Jean de Jandun y avait vu surtout la résidence des rois et le siège du Parlement. Astesan
'"' Jean IV* du nom, fils aîné de Jean-Jacques, liance avec Charles d'Orléans, qui avait à revendi-
marquis de Monlferrat, et de Jeanne. (ilJe d'Ame- quer ses Étals usurpés, et connut ainsi Antoine
dée VII, duc de Savoie, succéda à son père en 1 445, Aslesan, auquel il léraoigna beaucoup d'atlache-
et eut des guerres à soutenir contre plusieurs de ses ment. Le poëte s'en souvint et se montra recon-
voisins, notamment contre Charles de Gonzague et naissant, en dédiant au marquis le troisième livre
François Sforza, duc de Milan. En i447, il fit al- de ses Épîtres héroïques.
i'AHIS KT LKS VILLES DE FRANCE SUUS CHARLES VIL S21
se contente de dire que iii H'o);it(!nt le» procèit, main ii ne franchit pM le amU àm mHm
d'audience , et il H'arréte , en v<!*ri(ahlc curieux , dans la Galerie de$ menitn, pour Aiavn Tn-
[Ktsilion (les iiKirrhiindiKeH de toute sorte (|ui fnisnient aloni du l'alai* une lorte <!• gRud
ixizar df l'iiKliistri)- |)!irif>ienne. Ce (|ue notre auteur y voit fut fort »euiblaJ)le A M (|M J«M
de Jandun conli'uiplait un itiècle auparavant aut Malle» de;* Cliam|ieaut. Il temble m» de-
puii) cette époque, le commerce de luic Hâtait d<-|dacé, ou du nioin» qu'il avait (Ma4 iea
f;alerieK du Palai», sans toutefois abandonner coni|ilétement mu ancien quartier. On lira
aviM- iiilt'rét la riirii'UKe description (pu- nous donne AsteMD des objets de toulr nature qui
.soiliiilaictit les r<-|;ard.s du passant. Dans la tjrand'Salle, l'auteur nous montre, tuspeiMlile
aux murailles, la dépouille d'un reptile |;i|;antesque tué par Gudefroi de Bouillon,
invincible, (|u'il compare pour ce fait à Hercule, et même à A|Hfllon, vainqueur du
Python.
Kn (piitlant le Palais, Astesan se rend à la fiaslillc* Saint-.Antoine, dont la force le fnipp*
d'i'tonn)-ni)'ri(, et par où, rions ilit-il, lu Hoi pouvait entrer secrètement i Paris, et as
sortir de jour fl dt- nuit, sans (lire aperçu. Cette forteresse jouait, en effet, depoîs |rfiis «fu
demi-siècle, un rôle important dans nos discordes civiles, et elle avait abrité bien des lAtos
nienacée.s.
Astesnn consacre ensuite une centaine de vers à la description des édifices religieux. I<r»
églises excitent son admiration par leurs statues, leurs richesses intérieure», leur» vitram
et les reliques (|u'elles renferment. La |)lus ornée est la Sainte-(iba|>elle du Palais. Les r^
liques (|u'on y conserve sont de deux espèces: les petites (|u'on expose sur Tautel, et iea
('rondes (pii demeurent enfermées sous trois clefs. L'une de ces clefs est dans les maioa
du (rrand (hamlirier du Hoi, (pii était ^ cette époque le comte de Dunois, frère du dac
Cliarles d'Orléans; la seconde est confiée au trésorier de la Sainte-Clia|H'lle, qu'.AsIeaaa
nomme Hector Siirelli ; la troisième, enfin, ù l'orfèvre du lloi, cliaq^ de vLiiter de tcinpa i
autre les reli(|uaires et d'y foire les réparations nécessaires. Après ce curieux renseigna
ment, l'auteur donne l'énumération détaillée des {grandes reliques, morceau d'une impor-
tance histori(|ue réelle. Nous l'avons rapproché des inventaires de répoi|ue, afin de coos
toler la |iarfaite véracité du poêle, et nous avons reconnu, non sans surprise, que raotear
est resti' pInlAt au-dessous qu'au-<lessus de la vérité. On retrouve encore le ioavcair dt
Godefroi de Hoiiillon h la Sointe-Chapelie, où s«' conservent, dit Astetao, qackpiei
d'un oiseau (;i(;ontes(pic tué par cet illustre guerrier. Guillebert de .Metx avait déjà
ce détail, et son témoi|jnojje se trouve oinsi confirmé.
Si la Sainte-Chapelle est le plus orné des tenqdes de Dieu à Paris. Notre-Dame en est
le plus beau et le plus admirable. Astesan loue l'harmonie de son arrbit(>ciure. ranciennelé
de sa construction, (pii a résisté au tenqis; mais ce cpii l'étonné le plus, c'est la »uile daa
sujets taillés dons lo |)ierreet richement eiduminés, qui retracent les scènes de l'Ancien et du
Nouveau Testament. Il n'oublie pas non plus la ({i|5anli'S4jue statue de saint Cbrislopbe, dtée
déji\ par (iiiillebert de Metz, statue qui avait été élevée, en i&i3, par Antobe d«* EMUto,
frère du surintendant des finances, et qui était placée prè» du premier pilier de la nef «■
entrant.
Le poète nous conduit ensuite aux Céleslins. En sa qualité d« «eerétaire du duc QMvlaa
d'Orléans, il ne pouvait manquer de décrin> lo cha|>elle de la famille et le riche
lll»T. — I. W
522 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
de marbre blanc élevé à la mémoire du dernier duc. Louis d'Orléans n'était pas seulement
le bienfaiteur du couvent des Géiestins; pour Astesan, c'était l'époux de Valentine de Milan
et le père de son protecteur.
Avant de quitter les établissements religieux, Astesan nous introduit à l'Hôtel-Dieu; il
le trouve si beau et si riche, qu'on peut, dit-il, y recevoir toute espèce de personnes, en
quelque nombre et de quelque rang qu'elles soient. Tous les jours on y dit la messe et les
offices pour les malades. On y emploie un physicien (médecin), un chirurgien et un phar-
macien; personnel assez restreint et qui semble attester le peu de ressources médicales
que présentait Paris à cette époque.
11 ne faut pas s'attendre à trouver dans le poëme que nous analysons une description
complète des facultés, comme celle qui est donnée par Jean de Jandun. Astesan déclare
qu'il n'en parlera pas , parce qu'il vaut mieux se taire que de ne pas en dire assez. Toute-
fois il chante les louanges de la faculté de théologie et de celle des décrets, qui font de
l'Université de Paris la colonne de la foi dans le monde entier. Il remarque ensuite que les
Parisiens n'ont pas de faculté de droit civil , parce qu'ils sont affranchis de la souveraineté
de l'empereur d'Allemagne : remarque déjà faite par Jean de Jandun. En revanche, Astesan
nous apprend qu'il existait de son temps quatre-vingts collèges fondés par des rois, des
ducs, de puissants seigneurs ou par leurs femmes, et que ces établissements étaient pourvus
de bourses destinées à l'entretien de pauvres étudiants. Guillebert de Metz en a énu-
méré un grand nombre, et nous avons eu soin d'en faire, par voie d'annotations, l'histoire
abrégée.
Comme ses devanciers, notre poète parle de la grandeur de cette cour politique et judi-
ciaire nommée le Parlement. Le nombre des conseillers était dès lors fixé à cent, et il les
compare au Sénat romain. 11 rappelle ensuite qu'ils ont le pouvoir de rendre la justice,
avec impartialité, contre tous et contre le Roi lui-même. Depuis Jean de Jandun, le renom
de cette cour s'est encore étendu. Ce ne sont plus seulement les adorateurs du vrai Dieu .
mais encore les peuples païens, les sectateurs des fausses divinités qui envoient leurs causes
au Parlement, et qui révèrent ses arrêts comme ceux du Tout-Puissant,
Après cette revue des principales merveilles de Paris, le poète s'occupe des habitants
de cette splendide cité. Les artisans y sont toujours les plus habiles de l'univers; le peuple
l'étonné par sa multitude, et, tout italien qu'il est, il compte avec admiration les prêtres
de tout ordre qui y pullulent. Il paraît, d'après ce qu'il nous dit, que le luxe de cette époque
avait multiplié les chevaux dans les rues trop étroites alors pour les carrosses. On ne peut
pas, dit-il, en répétant une observation déjà faite par Guillebert de Metz, passer une fois
sur les ponts habités par les changeurs et les orfèvres, sans rencontrer un cheval blanc ou
un moine noir, et souvent l'un et l'autre à la fois. Le poète donne ensuite un souvenir aux
jeunes filles de Paris, dont il admire la beauté, les ajustements coquets et l'esprit enjoué.
Sa conclusion est qu'il faut avoir vu cette ville pour s'en faire une idée. Avant de termi-
ner l'éloge de la cité, il rappelle que la nature lui a donné un sol fertile en fruits, en
céréales, en vins, et généralement en toutes les productions de la terre, de telle sorte que
la banlieue est digne de la capitale.
La description de Paris occupe deux cent cinquante vers dans le poème d'Astesan ; le
reste, soit à peu près six cents vers, est consacré aux environs immédiats, aux diverses rési-
^ lij?* et vdcoif^ cor
m en hVm iwHt .'^..imr
^^— T^^ " -^ - 'VtritCip*Vvi:çvUM^(tv«<u
^Ç.nccvmcut?'n^ ^T-f^tA wcr^tc vcu^lud
tVc^e^t' «^lîfîi mvtV^i UçTvtiv:? d\>"\)vl>e
OU\0 t>tt^ cwcit>€^ '^octtt5^iMi>4t(t><wte^?
\t L iua<^^ dtigJO n^iolû tnroptti? 4worcn> _|
Hj>n^^ett>ynAtu mtc^t lit -^» vc^^mvmm' 0-wi mYte t^n»tnAi*»^c^t^pUovtS>vljê^
<\'>eYruo; (y tzinh t>n npv^ ^m P<'f*Wi:'*li J ^Vtt Wniô • />v/i qni«j» blvâlcat" î^m$ xWos
Qnn twi» yt<^ » yi ^ytvAn» orV^tctig : ^ J\y(>v Ar<vna»rn yAaxa vaUcia xrcgiw .
^#cÇYij A<fccp^ vShU p^ ' f^tm >iiçu et comiiiî xzyi\\ -iWc lAtcTw- '^
Poème descriptif d'ANTOINE ASTF.SAN. ^ ïxmi Ms.de laBiblioth de Grenoble col. 146 V
Fa.c-simile de M première paoe et de I ecusso/i du Duc d' Orléans ^
ChromoMh.En^elmann & 6r*f, 13, ru« de l'Abbaye «* G". Peru
I>AHIS ET LES VILLES DE KHANCE SOUS CHAHLKS VU. iU
dunroK de lu fnmillr* d'OrUam, i-t i-n parliciilicr ou château de CoucY, qui lient aiM laive
|ilace dan» le r)'>rit. IA)iivrii|;e mc lermine |iar la relation de diven royaiM (uU k Lviw.
Hoiirf;<-s, RIoIm, (hUann, Tour», Noyon, Senli», Compi^gne. Laon, SoitMM «I
Notre |ir<>iiii(''Te pensée nvnit Mé ou de Hiipprlnicr relie partie du poëai« on de la i
en Inlin MMiIntnent ; mnis il nous a paru «pic l.i ville de Pari» ne devait pat ^atKagar fal
part du lion, et tpi'ii (-(ail <!•■ lion ),'oùt pour elle de foin* aut ciléa fhantfai par liltmwB
\t>n honneurs du livre «pi 'elle puhlie. L'ouvra|;e est d'ailleun cotapUtenaal 'uMk, et la
Miutil.-ition que nouH lui aurions fait subir en aurait certainement diminué le mérile.
Il nous reste, iiv.-iiit dr- li-rniiner relie nolire, h «lécrire le niantttrrtt onginal. qui apIMir-
tient à lu hihliolhècpie pul)li(pie de (irenohie, et que M. le maire de cette ville «ait ea^
preKs*'; de mettre à In disposition de M. le Sénateur Préfet de la Seine. Ce*t ni
iii-/i*, en vëlin, composé de cent cin(|uanle-huit feuillets numërol^at ërrit »ur deni
et ré|[lé à l'encro noire. Le commencement do chaque livre de poétiee att dëeefé d*)
drenient.s éléf^nnlH, avec des fleurs et des oiseaux pour motifs, ainsi qu'un grand noi
de lettres majuscules en or et en couleur. On y trouve encore, répétées plusieon (m>, la»
armoiries de Louis d'Orlénns écartelées avec celle»» de Valentine de Milan. An folio Q, oà
rouunerice la traduction latine des poésies de Charles d'Orléans, cea amoirias toot repré-
sentées a\cr un an|re pour support. Pour donner une idée etarle de l'etécotion de ee na-
nuscrit, nous avons fait reproduire par la chromolithographie la preauèra p^B da potoa
descriptif, et nous l'avons pincée en re/jnrd du teite imprimé.
A^te.san déclare n'avoir connu les (i-iivres poé-tirpies de son maître que pendant son se»
jour en France. Il n'a donc pu les traduire (pi'ù son retour en Italie, c'c^t-i-dire vers i &6u.
Ce travail achevé, il eut la pensée de faire écrire par son fr^ le volume que
sous les yeux, et qui ne fut vniisi>niblahlemenl achevé que vers la fin de lÂSt oa
le cours de rniinée suivante, puiscpie l'on trouve sur le dernier feuillet trois épilapbeaaa
l'honneur de Charles \II, mort, ainsi (|ue nous l'avons dit plus haut, le 99 juillet i46i.
Ce (|ui pnrntl cerlain, c'est que l'ouvrnd'e était dans l'état où nous le voyons aujourtThui
avant le déc^s du duc Charles, arrivé en janvier 1^65, car il n'y est fait aucune mrniMNi
de cet événement. Pendant que le travail de transcription s'e&écutait en France, Aatena
était, selon toute np|inrence, dans sa ville nntnie, préparant de longue main lea BMjraaa
d'exécution pour renlrejirise militaire que le fds de Valentine méditait, à ealU époqae.
contre ses provinces rebelles. Le voliune fui remis nu prince deai aaoéaa plw twd, C^Cil-'
à-dire en 1 li('ù\ , et, sans nul doute, trè.s-hien accueilli. Charles d'Orléans t'emprwia de Ir
faire rouvrir d'une belle reliure, qui est ainsi décrite dans un ordre de payement an bom
de la veuve de Jenn Fouffère, relieur à Blois, lequel avait exécuté ce travail: «Pour avoir
«relié de cuir \ermeil en (jran<l volume un); livre en |>archemin. en quel livre
«tenus le livre des Unliades de monseigneur le duc d'Orléans, tant en franeois
«en lutin, et nuire livre en icelui'" "
'> OiiiM-iiiiKMit nini'ii\. in(li<|ii)(|iurfll«loguede Mmw; kmr ia/ww sir Iw mU, kêalnÊmtai Fm-
inrollifiiiHiCoiirrellos iiii|iriiiii'i><<i) 1 8.3& . p. 5o, est fni Je hwr mkk, d'après ha daeaaHali «i^iaam
repnMluit |>nr M. \inié ('.linn)|><)ili<)n ii In |Migr .t8& et ks psiilfas des a— wrili. fie. Plm. iMI.
(ir siiii livn- iiililiilé: l.ouit rt C.knrlrt. dufi H'()r- iB-8*. I.'aaiear M s'«il paâ
52/4 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Sur le premier feuillet de ce manuscrit on lit ces mots : Ex libris Claudii Expillii tSoj.
Le volume provient donc de la bibliothèque de Claude d'Expiliy, président du Parlement
de Grenoble, qui l'a peut-être rapporté d'Italie lorsqu'il y fut envoyé en 1606 en qualité
de commissaire pour le règlement des limites de la France et du Piémont, du côté du
marquisat de Saluces'". Claude d'Expiliy compte au nombre des meilleurs bibliophiles de
la première moitié du wn" siècle : «Feu M. Claude d'Expiliy, dit le P. Jacob, étoit avocat
«général au Parlement du Dauphiné, puis président, homme sçavant comme le témoignent
«ses œuvres, et curieux en la recherche des bons livres, desquels il avoit fait sa biblio-
«thèque, qui est à présent conservée par M"" la présidente de Brion, sa fiHe'^'. »
Il n'est pas douteux que le volume tout entier ail été dédié au duc d'Orléans, bien
qu'il en soit fait mention seulement dans la première colonne de l'ouvrage placé en tête
du manuscrit. Voici le texte de cette dédicace : Ad illustrissimum principem et excellentissi-
mum dominum, dominum Karolutn, duceni Aurelianensein et Medtolanensem , Antonh Astezani
civis Astensis libellus incipil de admirabili terre motu, qui in regno Neapolitano accidit, anno
Christi miltesimo qtiadringentesimo quinquagesimo sexto, die quarto decembris, nec non de appa-
ritions crucifixi apud Capuam, dicti regni civitatem.
Le volume renferme les ouvrages suivants, tous écrits de la même main, et se suivant
sans interruption :
I. Un livre sur le prodigieux tremblement de terre qui arriva dans le royaume de Naples,
le 4 décembre i456, et sur l'apparition d'un crucifix à Capoue ; adressé à Charles d'Or-
léans (f i)W.
II. Epîtrc de félicitation adressée à Charles VII au sujet de l'acquisition de Gênes, et
datée d'Asti, le q3 mai 1 /i58 (f 6)<«.
est en opposition avec l'opinion émise par lui-même rr avant l'année 1601, dans la bibliotlièque du pré-
dans son édition des poésies du duc Charles d'Or- irsident d'Expiliy, célèbre jurisconsulte du Dau-
léans : selon M. Cliampoliion, en effet, Astesan (rphiné; car c'est de cette dernière bibliothèque que
n'aurait pas eu la possibilité d'offrir au duc Charles <rle volume passa dans celle de M. de Caulel , évêque
le recueil qu'il avait composé pour lui, parce que ret prince de Grenoble; et c'est de ses héritiers
la mort de ce prince , qui eut lieu en 1 465 , devança "quelle fut acfpiise pour être rendue publique , par
l'achèvement du volume. (Voii- la notice historique ffle seul effet d'une souscription qui lut généreu-
de M. Champollion, p. xxv.) trseraent remplie par les notables habitants de la
'"' L'opinion que Claude d'Expiliy avait rapporté «ville. «
ce manuscrit d'Italie a été émise, en 1817, par '*' Traiclè des plus belles bibliothèques , etc. Paris,
M. Berriat Saint-Prix. M. Aimé Champollion-Figeac, i64/l , in-8°, p. 647.
dans la notice déjà citée, explique autrement la pré- ''' Il n'y a point eu, dit Astesan, de si grand
sence de ce manuscrit, d'abord dans la bibliothèque désasti-e depuis le déluge; cinquante villes ont
du président d'Expiliy, puis dans celle de Grenoble : péri , vingt autres ont éprouvé des donmiages cou-
<t Quelques années après la mort de Charles d'Or- sidérables, et plus de cent mille hommes ont perdu
trléans, un des princes ses gendres, Jean de Foix, la vie. De tous les auteurs qui ont écrit sur ce su-
«comte d'ÈlamjMîs, oblint du Roi le gouvernement jet, aucun, dit M. Berriat Saint-Prix, n'a donné
trdu Milanais, puis du Dauphiné: il est possible des détails aussi étendus qu'Astesan.
rque le manuscrit d'Astesan lui ait été alors offert '' Dans cette épîlre, Astesan constate que les
ffconime un des ouvrages les plus dignes de iinté- Français ont été appelés par le vœu des Génois,
rrresser. Cette circonstance, si elle était réelle, ex- et qu'ils se sont montrés aussi humains après la
ffpliquerait suffisamment l'existence de ce manuscrit, victoire que braves pendant le combat.
i ilAlU.I.S DDIM.r.AN.
KiU du Dur t.auU H dr Vulrnlinv ér MiUm
l'AItlS KT LKS VILLRS DE FRANCK SOUS CHARLES Vil. iii
III. Traduction on vent latin» des poMaf du duc d'OrUant, arec le leste fraaçaie es
rcffnrd (f" 9 à ta)'".
IV. Kléfpns. Livre !" (f* 1 1 3); no contient (|uc dm piiees fngiinret.
V. KI(;(,M(*H. Livre II* (1^ 1 17 ver»o, 9* col.). On y trouve plusieurs pointa
(Ips r('-rits (|iii ne xont [toinl indignes de Boccacc.
VI. Kli;f;i)-s. Livre III* (P taa verso, 1" col.). C'est U que rautaor a réoai iae
bnïuse.s pièces de vers adrcMëet à d'illustres Gënois pour obtenir un rnnploi d«
(Hi de lecteur dans leur ville.
VII. Mf'frios. Livre IV* et dernier (f* 1 98 recto, a* coL). Ce livre reoferaM d
rciiierctiiiciits, protosliilions d'omitit^, demandes d'argent & diven penoawigaa. La ét^
nu'ri' |>ii'-(:(; l'ut lue ù VilJciDMjvc d'Asti, devant le duc (^barlirs d'Orl^M.
VIII. Lettres bdroï(|urs. Livre I* (f* t35 recto), contenant une d^dieaee aa rot
Charles VIII, une longue pi^ïce de vers adraeeëe au duc d'OrléaiM et cooMcrée aa rtctt
des exploits de Jeanne d'Arc, une <^|ittre à l'amiral génois Blaiw d'Afireo.
IX. Lfllres lit'roûpies. Livre II* [t' 1 '10 verso), renfermant rinq pîèeet doot OM ail
adressé)- aux Milanais, pour les engagera se soumettre h l'autorité de Charlei dtMélM,
et une autre ù Juvénal des Ursins, pour lui proposer un projet d'épopée en rhomwr dae
Français c(5lèbres.
\. Livre III* et dernier (P* i ^16 verso, i** col.). C'est celui qui renferme le r^t du tojagt
flAslesnii en France.
M. Livre sur rn|(pnrilion de la croix à Bayonnc, dédié i Charles Vil (C* tSS).
Ml. Livre hr rv funeren (1^ 1 55-i 58 verso). C'est là que se trouvent les Iroia ëpitaphae
de (Charles VIL
A la suite de ces pièces, un demi-feuillet et un feuillet entier sont restés en blanc, ce
(|ui semblerait in(li(pier que le poëtc voulait .se ré.<ierver un peu de place pour aea deroièrea
inspirations. IVut-cUre avnil-il l'intention d'in.srrire l'épitaphe de son protecteur ik h fin de
ce méiiic manuscrit dont la première page lui était consacn^e. Peut-être aussi ctait-ce la
sienne [tropre qu'il méditait, comme notre illu.stre fabuliste. Nous ne poavoM, à cal %anl,
émettre que des conjectures.
'''il iiVsl pas sans inl<<i^t de birc voir avec quelle lidélil^ Antoine AstetMt • inàaSi «1 «en I
pièce la plus justement rauiarquée des poésies de QiariM d'OrMans:
Le tomp* ■ UiHié wn nMDleaa TiMpM <|Md l«|Ml danUMl HmUt MMk
Da vMl, d* (hiidBra«td«pia|t, T«atarMi,aMaMM(H<*M|la«i(;
Da Miltit niant dar ai l>a«a. Fm
Il n'y a baaia na oùmo , Mm «M ■
Qai an ion jargon iw diaala on «f7« : CaaM
La lampa a laiaaM ion manlMi Ta*^ ^«4 r«|Ml 4mMmi AaM mmA»
Da Tant, de froidure el da ploya. TaaItnM, aaa mm
Riviara.liNiUinaalnriaaaaa lianttaltalMaliM.ia
Partent an livrée joi}« ImWHm, faria** BNa
GMllaa d'argant d'orferrarie. AifaMi «aria IhIm m
Ckaacaa t'aUHa da aaavaaa. A«aaM «aalM aaaa aM
La laaipa • UmM aaa aaalaaa
Da »aBl , de froidure et de pluyr. Imtmmt , »»* aa*
Fauta da <|nanlil4 : *4né aal an Ihbra^aa.
526 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
En terminant celte notice, il nous sera permis de faire remarquer que tout est inédit
dans lepoëme descriptif que nous publions : texte, traduction*" et commentaires. Nous avons
fait en outre au chantre de Paris les honneurs d'une Ulmlrntion splendide : les deux plus
belles miniatures du célèbre missel de Juvénal des Ursins, écrit et enluminé vers la même
époque, ont été reproduites avec un rare bonheur pour éclairer le récif du poëte milanais;
et des gravures, figurant exactement les lieux qu'il a décrits ou rappelant les traits de ses
protecteurs, s'ajoutent encore aux deux pages inestimables dont nous avons enrichi son
œuvre. Comme ses (rois devanciers, Antoine Astesan n'a donc point à regretter le demi-
jour du manuscrit : il est douteux que son frère Nicolas, même avec l'aide des meilleurs
miniaturistes, ait fait davantage pour la gloire de l'auteur et pour l'intelligence du livre.
''' La traduction et une partie de la notice ont été l'objet d'un premier travail confié à M. Bnipl, ar-
chiviste-paléographe.
POËME LATIN
Dl
AINTOIINE ASTESAN.
(TKXTB BT TRAbltTlUK )
528 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
ÉLOGE DESCRIPTIF DE LA VILLE DE PARIS
ET DES PRINCIPALES VILLES DE FRANCE
EN 1451,
PAR ANTOINE ASTESAN
ANTONII ASTENSIS
EPISTOLABUM HEROICARUM INCIPIT PBOLOGLS LIBRl TERCII ,
AD ILLUSTREH ET l>CLITL'H PRINCIPEM DOMINliH JOBANNEM, COMITEM ANGOLISHE>SEM.
Cum me non fugiat, cornes illustrissime, quod lu
Et legis et relegis carmina nostra libens,
Hoc ego constitui carmen tibi mittere, quod nunc
In patria cecinit nostra camena tua,
5 In quo descripsi quœ plurima digna relatu
Gallorum in terris visa l'uere milii.
Quod misi, princeps, idcirco libentius ad te,
Gui res est omnis Gallica nota magis.
Ut, si fortassis fuerim deceptus in illo,
10 Cernera et id valeas significare niihi,
Quo prius emendem quani doctas tendat ad aures,
Quam divulgetur carmen in ora virura.
ïd facias, quaeso, non solum propter amorem
Quo me prosequeris, sed bonitate tua :
i5 Quo non est melior, quo non bumanior aller,
Nec mage virtutis seu probitalis amans.
Non bene lornatum mihi sit fas reddere carmen
Incudi, et limœ supposuisse tuae,
Quem non solura ornai rerum prudenlia, sed qui
ao Doclus es, et doctas excolis usque deas.
Non vereor ne quis possit reprehendere nostros
Versus, si tanti principis ora probent.
Quod si forte meo faciès, ut spero, rogatu,
Pro magno ascribas munere deinde mihi,
a 5 Qui tuus existo, qui viribus ardeo lotis
Eflicere acceptam rem tibi posse. \ aie.
PAHIS KT LES VILLES DE FHAPfCE SOIS CHARLES VM. tS9
ÉLOOK DKSCrUPTFI l)K LA MLLE DE PARIS
ET DES PIIINCII'ALE.S VILLES DE FHA.>CE
KM 1451.
PAR ANTOINE A8TKS*>
l'ItOLUGlF. DL LIVRK III DKS ÉPItRLS HÉROIOLBS
D'ANTOINE D'ASTI
À ILLVftTBB BT C<I,iBBE PRINCR MOl^KBICNEtB JBA.1, COMTB PAMOOLÉIK '.
(ioriimc je sais, très-illustre roiiitc, que vous lisez et relisez volootien OMB ver», j'ai
r/'solu de vous (ulresser ce poëtne , que ma muse vient de chanter dans vo(r« pairie, el
(Inns lc(|uel j'ai décrit un très-jrrand nombre de choses qui m'ont paru digncB d'être
remar({ué<'s au pays de France. Je le dtklie avec d'autant plus (rempresceroent k un prince
(|ui connait si bien toutes choses en France, que, si j'oi commis quelque erreur dan» me»
vers, il pourra la remur(|uer et me la signaler, afin que je la corrige, avant que li iiofiwii
arrive aux oreilles des savants, et qu'il coure sur les lèvres des homme».
Faites-le, je vous prie, non-seulement pour l'aiTcction que vous me portez, mait par
hnnté naturelle; car nul n'est meilleur que vous, nul n'est plus humain, ni plus amott-
reux de la vertu et de lu probité. Qu'il me soit permis de remettre sur l'enclume dea ver»
«pii ne seraient pas bien façonnés'*', après les avoir soumis i la critique ' (fun prinrr
qui ne brille pas seulement par la sagesse, mais qui est aussi un savant el qui cultive sao*
cesse les doctes sœurs '^'. Je ne crains pas que personne puisse trouver i redire à bcb vers,
s'ils obtiennent le sulTra^re d'un si f;rand prince. Si vous exaucez ma prière, comme je Fet-
|ière, vous aurez ajouté un f^rand bienfait h ceux dont vous asci déjà comblé un bomnir
i|ui est tout à vous, et qui déploie toute son nnli»' >'>n de faire une truvre qui tou« »oil
Jiljréable. Adieu!
' Voir, p. 5t8, quelques détoilAbi(>gni|iliii|ui>!t la liiiN'. ^ùmp bW, et ha
sur ro |M<r8()niin{^ , dont non» lioiuioiis le |Mirtmità mnlla lihm. i [h (tri. fmt. «. 191-93. t
rAU< (le rrliii ili> Charles (rOrli^anii. ' Le conte d'AngooMa
' Allusion nii vers irilnrnre : n'Iigieai M oUi|faaal; il MMJI d
Kt mal* tom«UM incinli mltlfr.- >rrMii». lelln». Jean Do Port, son biognplw. lai (
\i).,rt.fmH ,. kki ) une Iraduclioa des dalifHs
I^ texto porto limiTi c'est in roiiliiuiiilioii de inoyea Ige Mw le Bon de Gmm, d 1
lii iiiein|)liim-: nn lime le* vers après les avoir lôr- laire de m Kvn* «e Intove fiadieaiiM de |
);;)■>. Ilnnir*< recommoiMle aux Pisoiis le travail <l<' volunM«écriiBdeaaMàB.(Vair«i<dMaB.pkSi(.)
«HT. — I. §7
530 DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
ANTONII ASTENSIS
EPISTOLARUM HEROICARUM LIBER TERCItS ET ULTIMUS INCIPIT ,
AD ILLUSTREM PRINCIPEM DOMIMJM JOHA^^EM, MARCHIONEM MONTISFERRATI.
NonnuHos ad te cupienti scribere versus,
Ulustris princeps, ut me cognoscere posses
Esse tuî memorem, certe mihi carminé dignum
Nil magis occurrit scribendum hoc teinpore, quam res
5 Quas vidi egregias Gallorum nuper in oris.
Nec tamen hoc omnes iilas me scribere libre
Posse putes; siquidem pra;slantuni copia i-erum
Tanta est, quas vidi Gallorum vectus ad oras.
Ut neque Virgilius neque carminé possit Honierus'"'
10 Scribere, nec verbis Gicero proferre solutis.
PARISIUS.
Namque (ut prœfeream memoratu plurima digna),
Vidi Parisius, qua, tenipestate sub ista,
Nulla urbs in toto ferlur praestantior orbe
Esse, nec immérité; nam dum sua mente revolvo
i5 Ornamenta, meum subit admiratio peclus;
Atque ita regaiem me cernere suspicer urbera,
Régis ut Epiri Pirrhi '*' legatus ab urbe
Homana rediens visam sibi rettulit illam.
PONTES SEOANiî.
Miror enim pontes quos Secana sustinel amnis,
ao (}ui parte in gemina mediam perlabitur iirbem,
Diversa capiens oneratas merce cariiias,
lHuc interdum vicino ex aequore vectas;
Pontes tam multis munitos aedibus at(|ue
Artificum manibus, nusquam apparenlibus undis
95 Fiuminis, ut, si quis pertranseat inscius illos.
Se transire aliquas ignoret (luminis undas;
Quod, ne vera negem, priinum michi contigit ipsi.
DOMUS PRINCIPtlM.
Miror Francorum praeclara paiacia regum,
■'' Le texte donne Omenu. — '■ Astesan a recherché l'assonance Epirhi Pijrrki.
PAHIS ET LES VILLES DE PHANCB SOUS CHARLES VII.
SS1
UVRK III- ET DKItNIKR DES ÉPhlBS HtmWJlt»
h'ANTOliNK b'ASTI,
À 11.1,1 Mil). l'IUM.k MU.>SKI(iKBL'H JKA.>, MtROCIS DE 1io:«TrB«*AT '*'.
Illiislrn prince, dan» mon désir d« vous adresser quelipies vers poarvwM praover
l)icn je i^ardc votre Houvonir, rien ne m'a paru piux di);ne de fournir aujourdliai l« m^
d'im pocriir- (|U(' les l)flles choses fjiie j'.ii vuM IMgllAfV dans le {Mjr» de France. V
I royc/ piis ('i-|)<>ii(lunt (|iic je pourrai les renfermer loatet en ee livre; car le nombre de»
merveiljeti (|ue j'ai admirées dans mon voyage de France est si grand, que ni Virfrile ni
ll(iiii)'>re ne pourraient les décrire en vers, ni Cicéron lui-même lea neooter en pr»»'
PAHIS.
Kn eiïel. sans parler de tant d'autres lieu» mémorables , j'ai vu Paris, cette ville i|ui
est regardée comme la plus belle (|u'il y ait, de nos jours, dans l'univers, et ce n'est pn»
•«atis raison. 0>i<>i>d je repasse en ma pensée toutes ses beautés, l'admiration s'eMMW de
mon Ame: il me semble voir une cité de roi», telle qu'à son retour de Home 1
denr de Pyrrhus, roi d'Kpire, dén-rivait la ville qu'il venait de visiter"'.
LES PO^TS DE LK SEnC.
J'admire ces ponts jetés sur la Seine, tpii, partagée en deui bras, travene le milieu de
la ville, recevant dans son cours des barr|ues rharf^ées de marchandises divenea aaeaéea
parfois jusi|ue-lù de la mer la plus voisine'^'. Les [tonts sont si couverts de maisons et de
troupes d'artisans; les eaux du fleuve sont, par suite, si bien cachées, que relui qui le»
traverse, sans ()lre prévenu, ne se doute pas qu'il franchit le» eaui d'un fleuve; ce qui. je
dois l'avouer, m'est arrivé à moi-même lu première fois.
LES HÔTELS DES (ilU^MOS.
J'admire les superbes palais des rois de France, ceux des ducs e( dea
royale, palais ornés et embellis chacun d'une manière différ>.>nte.
Voir. |). .'>-)o, i|iiel(|iii^ (i«<l«ils liiii|rni|)liii|ii<->
sur Joon, iiinii|uis de Mnnircrrnt.
*' Il s'n)pl iri dii riiUD'iix Ciiii'ns. dniit les sages
coiiHoils ne TiinMit |mis suivi» |tar Pyrrhus. Envoyé
de TaiTulc où raiiipail le roi d'Epire. et reçti «vfc
liiiuti'ur |iiir A|i|)ius C.lnudius (',n>ru<i. dont l'iii-
llucuret'Uiit |ir<<|i()ndénui|p nu Séiinl, (".iiM<n>i n'>iiil .
dit i*lti(nrf]UR. rnp|>or(nnl h son maître cp»> Bhum'
lui iiMiit |Nini uu tiMiipl)', cl |i> Snint une n»!teiid>l«V
di> rois ou di< (Icnii-ditMix. \a' uiiu'(|uis de MniilfiTml
u'étnit |H>iu( uu PwTlnis.rt Vslt>sjiu ue saumil iMrr
<-i)ui|>.in< à (linéas; mais relie n'uiiiiisrenr»' hi'tlo-
ii(|uc li'ni(>i|;u<' dw r<>un«ifisflnr«><i d«» l'nuleur.
' Les barques de h Haose
dninil oni<ctiirniriil jiuqu'à la i
sitioa de la Haaw norBMHbélaUia à Rmmi. «I M
revenaient dunte d» iMnhaMliHB. Diaraaélo.
a nais pv la ^
de r^^SMl-
n avMl rsfv ee IrH
il b Itin. ftà
whSsàw
on voit DagoiMft I"
lliivinle et —arilMne ha
llilaire «le PttîlMra. Le
desrettdit le Clain. puis b V
il (li'tmurhn dan* rOcëaa. «t
iju'd rciiiuaU juaqa'k Paris, tle «ojag* ■• fc* ■•»
dooie pas la scoL AsImm ne dk painl qae hs aa»-
bartatioM wiil u parle nsann pwuKunss; pvi*
II, ■ At,aw^i4tfflk^MMâ.rfJlMK ^H «Wa^M^VMS -_g-— _^^|^ flB|
•7
532 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Atque ducum et comitum regali stirpe satorum,
3o Quae vario rerum sunt ornatissima cuitu ;
PALACIUM.
Illud prœsertiin publicis quod servit abunde
Ofliciis, in quo lites agitantur, et in quo
Quisque potest doctum causœ reperire patronuni.
Comperies illic quicquid vénale requires
35 Et magni et vHis precii, veteresque novasqiie
Vestes, et quales quaevis a Pallade docta
Femina, vel quales doctissiina fecit Aragne,
Quae, praeferre Deae sese audens, crimine fastus
Damnata, in siccis nunc pendet aranea tignis.
/lo Utque brevi expediam, génère in quocumque niinistras
Palladis egregias credas hic vendere nierces,
Tantum vel lana; vel lini venditur illic;
Nec bombicis opus, nec deest ibi purpura fnlgens.
Nec quicquid teneras solet exornare puellas,
45 Aut maires, pulclirasve nurus, puerosque, viros(jue;
Non opus argenti, nec opus preciosius auri,
Nec cupri aut ferri, deest, alteriusve metalli,
Nec quicquid solet in varios convertier usus
Pellibus ex variis animantum tergoribusque.
5o Quin etiam gemmas illic reperire valebis,
Diversosque libros diversis artibus aptos:
Cunctaque quœ miseris possunt morlalibus ullas
Ferre voluptates, illa venduntur in aula.
Non desunt scachi, tallive, aut allea ludus,
55 Omnia praîstantis dextra confecta magistri.
Non desunt puppae, gratissima dona tenellis
Virginibus, miro cultu formaque décor*.
Non desunt quaecumcjue velis ludive jocive
Instrumenta, viris seu pulcliris apta puellis.
<>o Illic sunt eliani moninienta insignia |)alma'
(Juam tulit ex victo Gothoi'redus i'ortior angue.
Kxtulit Alcidem non parva laude vetustas,
Quamvis ex magno natum Jove diceret illum,
Quod potuit geniinos infans superare dracones,
65 Quodque in forma anguis Aciieloum vicit et Hydram'*';
''' Le texle porte Idrnm.
I'\HIS ET LES VILLES UE FHANCE SOIS CHARLES VIL
sts
LB PALAIS.
\.i- |)lu!t reiiiur(|Uiible eut lu (lalais qui eut «limtinit aux aflairm |>ublii|ue», daiu I
|tliiideiit l<!H proc^H , où chacun peut trouver un «avant clt^fpnkeur (lour «oateair « ri«w"', Oa
y nuunuln- cnrorr; tout ce que l'on veut acheter avec beaucoup ou pea ifinplt *" ' dw lUê
ments vieu\ on neufit, ouvrnf^eK (ju'on «lirait fuçonnt'H par uneéi^ede PsUm, i
inainx do cette industrieuse Arachné (|ui , jadi» , ayant oaë m mettre m dfiMUi d'à
lui i;on(lfiinnée, pour «on orjjucil, à vivre di^toraïaÏA «oui la forme d'une anigl
iiiix solive» desst^chéeH. Pour^^tre bref, je dirai que dans chaque genre fow croirici roir de*
servante» de Pallas vendre ici leur» superlies tiuus, tant oa y débite de laine et de fil. Il
n'y manque ni soie, ni pourpre <!clatante, ni rien do ce qui {n'uttervirà parvr Ice jeance
filles, les mères ou les jeunes femmes, les enfants H les hommes. On j voit de» olMto
d'iirf^ent, d'iiutres plus pnkicux en or, d'autres de cuivre, do fer ou de (oui «utre méUl, de»
fourrures et des peuux d'iuiiniau\ approprii^ h une infînit(( d'usage». On y traove eacaiv
des pierres prt^cicuses et les divers livres qui ont rapport oui divenee nrnfnwiow Eafia,
tout ce qui peut .qiporter quelque joie aut malheureux mortels se vaad dlM celle
salle. Il n'y manque ni «échecs, ni di's ou autres jeux de hasard, tous façooadt par lee waim
(l'un mnttre habile. On y trouve, présents si doux pour les {letites Tdles, de belles poupëee.
(|ui sont des merveilles de travail et d'habillement'*'. Il y a tout ce qu'on peut déeirar <
jeux et annisemenUs, s(»it |)our les hommes, soit |H>ur les tielles jeunes filles. On y voit (
les i^iorieiix témoij'nages de la victoire que le courageux Godefroy (de Bouillon) remporta
sur un serpent <*'. l/antiquilé a prodi);u«'^ les éloges à Hercule, bien qu'elle le criil fils
du grand Jupiter, pour avoir dans son enfance étouffé deux dragons, pour avoir vaincu
Achéloù.s sous la forme d'un serpent et triomphé de l'hydre (de Leme); elle a loué égal*^
ment IMiébus. vainqueur du serpent Python '^'. Je ne parlerai pas du prodigieux seipeal «me
le» e\|M<<linit i\ l'iiris en vertu d'un ncponi ovw \n
Msrclinndiso (le l'eau.
'*' l.a chicane ne roiiniissant |nis nioti^ nux <lé-
velopiwnieiits |MM<(i<|um, à innins de |M>in(lre l'Antre
où elle H<< cnrlio. Aslrsan |)nHse ininHMinU'iiieiil nu
hftjinr (lu l'nliiis. (|ui se iiitVjiit inioii\ ii In ili>!)rri|)li)ih.
' Il est intéressant de roni|Kin'r l'énuniérntioii
■ |iii' fuit \slt><wiii <li>s ohji'ls i'\|i<>sé!(en vente (Inu;! In
(inlcrie nuirriiiinile ilu l'nluis, nvix- relie qu'un
trouve (Ions le livre de Jean de Jandun tkni plus
d'un sitVlc iiiipnrnvnnl. (Voir |>. .">o et ôi.)
''' Jenii de Jnndiui et (inilleliert de Meti (p. S*-
53 et a3<3) avaient constaté de leur temps l'habi-
let(( dont faisaient prenve les fnhrirnnls de jouel»
parisien». I.e potier d'élain i-qui trnnit ih's n>Mi-
"gnols rhnntans en yver* était |)eut-^tn' le Vaii-
cansiin «le celte i'|)<M|ne.
'' On se rn|i|M'll(> que (iudlelM-r( il<> Mclji uien-
lioniie un «utrr irnpbëe de GoéAvi de I
liendu aux vodie» de k Sainto-Ciwpdk. (Veirct-
deasos, p. 1S9.) Le serpent qe'IHiiiea v daasb
I iraml' Salle doit lire k poMlâl de «pi^ de gritM : •
Micrait^oe poiotae«i «pMlfMeanaaM de sawini
'«pu I»
de ParisT Corroset park d'un
- nnurri-woit «Uns les eignals ftmm tm
-<H qui fut trtHivd et tn< tmdk fm Tm
• fendations de k (inuMT Sale.* C» prêts»
dik qu'on voyail oneere «1 1&&0 ne «ennl-d pa»
ansai k asrpeat oMnlkané par AalaHnT
*' .tstesan panill avoir hil MM 4kide par tu ■
li^ des MUâmwfhm dXKide: 1 a ganil an
souvenir Irèa-vîf de k lythokgw freafae. et I a
pris au poMe klin sm ^adMiil sm Mbals. lise
montre, k l'nailatiaa de (
quefoia ailfifi.
534 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Laudavit pariter Phœbuni Pithone perempto ;
Ne dicam immensum quein perfida protuiit angueni
Affrica Romanis infestum genlibus oliin,
Cujus delatum est corium mirabile Romam,
70 Quem lanien haud potuit solus superare Quirituni
Consul; sed multus juvit sua praelia mile?.
Gur ergo a nobis non magna laude feretur
Princeps, qui .solus potuit superare draconem,
Cujus pellis adhuc muro est affixa palatî'''
7Û De quo verba tibi facio, clarissime princeps?
BASTILLIA SA^CTI ANTOMI.
Miror tam forma praestans quam robore castrum,
Quod Sancti Antonii vulgo Bastillia fertur ;
Per quod secrète Rex urbem intrare, vel illam
Nocte dieque potesl exire, et tendere quo vult.
ECCI.ESI/f:.
80 Miror templa Dei miro fabricata décore,
Marmoreis statuis, argenlo dilia et auro,
Atque figuratis vitro splendente fenestris,
Nec non relliquiis sanctorum fulta virorum.
GAPELLA BEGIS.
Praecipue comptum forma pra'stante sacellnm
S."; Quod vulgus Sanctam solet appellare Capellam,
In quadani dicti fundatuni parte palatî ;
In quo (ne referam nunc cetera digna relatu
Quae sunt multa illic) patinam, qua sanctus ad aliua.><
Ipse calix tegitur missae in sollemnibus aras,
90 Ex auro tanta fabricatam vidimus arte.
Ut, tanquam vitrum, visu penetrabilis esset.
Vidimus et multas publicam quas semper ad aram
Relliquias monstrant : verum servantur in arca
Majores aliae quae ternis clausa tenentur
95 Clavibus assidue; quarum servarier unam
Rex facit a magno sibi qui camerarius extat,
Quale habet oflicium nunc praestantissimus armis
'' Le texte porte palacii; mais il y a syncope pour éviter une faute de prosodie.
l'AHIS BT I.KS VILLKS |)K FRANCE SOUS CH4HLKS VII ,3S
lii |ii;r(i(J(; Airiqu» NUHrita jiidiH nouit Ut» pa« ilc« légions roinainM, el dont la peau fut portée
("i Koiiie comme une merveille; car le consul romain ne put seul en venir h bout, et il fut
iii(l<^ (lanH Hu lutte pur plusieunt de ses soldais'". Pourquoi, à notre tour, M
puH IVIoge (lu prince <|ui, lui kouI, a pu vaincre le dragon, puis(|ue la pMU de es
«•si encore suspendue aux murailles du palais dont je vous eotretiena m re
Irès-illiistre seigneur'
U H\MU,l,fc î»U.>T-»JITOIJtB.
J'iidiiiin- le iliAleiiti ;iiissi remarquable par sa forme que |Mr «a sulidilc. Un i'jp|irllr
('oiiiiniirii-inciit la Haslillr de Saint-. \nl(>itic. \a: Hdi peut serrèlenient , par \k, ou bien
•'(ilnT l'd ville, ou 1)10(1 <■() sortir (|(> jo(((- i-t de ((((il. i-t m- rt>(idn> où il «i-ni ^.
l.K!> hi.l.i»K>.
J'ad(((in; les leuiplcs de l)ie(( lOKstruitH avec ((lie iiieneiileuse beauté, enririn* d*-
stal(()>s de marbre '^', d'objets d'or et d'ar|;eiil , di> fcniUn'H bistonV^ aiit vilraui étimeUnU,
et i>('( se (((((servent les reli(|i(('s des saints.
I.A CHAPELLK OU ROI.
Au premier raii|; se place le sanrliiaire, tUknré d'une si belle nrcbitrriure, «|up If peupir
a coutnnie d'appeler la Sainlc-Cbapelle, sanctuaire élcv)^ dans une partie du palai* dont
nous venons de jiarler. On y voit ( laissant de cdté pour l'instant une multitude d'autre»
((bjetsdijpies de iii(Wnoire) une patine qui sert h rouvrir sur l'autel le saint calice diatlas
cérémonies de la messe, et qui est d'un or façonné avec tant d'habileté, qu'elle eat IruMp»-
rente oux regards comme du verre'*'. Nous y ovons vu un grand nombre de reliques. «|ur
l'on montre d'ordinaire sur l'autel. Mais on conserve dans une rhâaae les grandes relique».
(Uii sont toujours tenues enfernu^es sons trois clefs. Le Roi confie la garde de la premi«Tr à
son l'caiid cl(i(n(l(rier ', ollice occupé en ce moment par le tnVillustre et valeiiretix comte de
t' Ol exploit ([ ot jpii'iv ((«lios fali((l<M(\ que (((«mis <!(> la .Ssinle-ClMpdle. drané « %»^3 H
relui qu'ii(( ((tl(ili((e ii iliiililrni di- IWmill()((. Aul)^ piiblit' par M. Dooet d'Ami daas la Aw» mtkittt
son |im((l les li'|;ciii|i-s rciniiijin's |iiiur de l'iiislnir^ ffi^ (luui^ 18&8, p. 80), iMalieaw •■■( bna
>raie. 'caiice d'or. fef< ridie. avec sa patiwr. laqwili tti
*' Il sngit ici d'oKo rii(((iiiuiiimliuii entn; l'Iiôtel "(ouïe euiailée d'eauMoh de fttBftt. /mr aè Tm
Sai((l-I'n((l cl li( ItKsIille |>iir les jiinlids el les 1er- -etoit kjmm:*
raiiis (In r Arsenal. Astesaii veut dire que le Roi •*' Cet emploi, dit le I'. \iMrtiiir , ^lail Fim das
(('nvait |ins [MS(ii(( de ps(H>r |Mir In r((e Saint-An- cinq grandes duige» de k CniiiaMii, L>
loidc el la |H>rle de ce non(. nage qui M était pourm méfjmâ av*e ks pain de
I.Vi((|ili)i di( (nn(lin> n éU< |ieti rrépieol ou Fraiire. Il tignail le* chailm a««r les (
((((»\eii rt('e. Les ii(Ti(ilecles el li<s i(((a(;iers n'en oflirieri, et avait, vàcamede sa (kaafcrane.* 6ef
avaie((i pas ('( le((r «lisposiiion. el ils le reijanlnienl , et jnstiee RMMÎèn, avee eoH, natas H droila «•»-
en nuire, coninic une (noli('^re pntfnne e(iii(ciii<f> de giimiriain dans Paris H mu flivimM, Il avait. •«
pa|rai(isi(ie. F.'épillièle mitnniirms dixd s«> »erl \»- oiilre . jnndlCUaB (Wf |
lésa m'a tnVt-priilmlihMdent cp('((((e \aloi(r |MM>li(|iie. ilè|H'((d«iinitahaBhni«ll dehù. '
et ilé,ij{((e les no((iiin<((ses slnt((es «le pierre blanclH' ( Oroit* roif»mr . ««dil. de 1 70I) «( Ita Caap ( CiMi.
(Innl l.>s if(r|is.«sde l'nris élaienl ivn(plios. «W. H ù^m. hlin. ««dil. HemrM. I II. p. il . «1
'' L'in\enlain> ili*s roliqnaires. livres et ame> mot Camtr^nut.
536 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Et virtule cornes Dunensis, principis hujus
Aurelianensis frater; lectorque sacelli
100 Clavem aliam servat; postreinam continet auteiii
Regius aurifaber, quo gemmas possit et aurum
Thesaurosque oranes aliquando revisere secum,
Ut restauret eos dum restaurare necesse est.
BELLIQUIjE SANCT/E capell*.
Dicitur esse illic ferrum quo lancea caeci
io5 Longini munita fuit, dum vuliiera Christo
Intulit, et, sacro respersus sanguine tangens
Mox oculos, visum semet mirante recepit.
Dicitur esse etiam vestis non sutilis illic
Quam Jésus a puero gessit, quae Virginis almae
no Facta manu occulte (dictu mirabile) tantum
Crescebat, quantum corpus sublime gerentis;
Nec non et panni quibus illuni infantia texit;
Iliaque quae Christo sitienti spongia durum
Perfusa in liquido potum porrexit aceto.
lia Illic esse ferunt et clavum de tribus unum
Qui cruce pendentis foderunt duriter agni
Artus, et factam spina ex pungente coronam,
Qua caput infixum positi fuit in cruce Christi.
Dum nos aeterna pius ille a morte redemit:
J20 Quae ne forte queat non illa corona putari.
Tali nempe die quali nos credimus ipsum
Occisum Christum Judaea a gente fuisse,
Floruit interdum, floresque reliquil ibidem.
IHic esse ferunt etiam sudaria sacra,
13.") Illa quibus Christum tumulandum, impulsus amore,
Involvit Joseph, partem aut (ne fallar) eorum :
Linteaque illa quibus fuit is praecinctus in aula .
Quando pedes comitum lavit mitissimus agnus:
Et sceptrum, et partem tumuli, diramque cathenam
>3o Quœ Christi insontis purissima membra ligavit:
Et lignum verae crucis, et lac Virginis almap,
Ac partem pepli, Praecursorisque capillos.
Atque caput Blasii, démentis, Simeonisque :
Et quae praeterea nimis esset dicere longum.
i35 Quae sacra ex victo fidei quam credimus hoste
îitofâlufctto rdtgwî
Vue intérieure delà Sainte Chapelle et Exposition des Insignes Reliques, (XV^Siecle)
Fac-simik d'une mmaùjpe du Missel de Jouvenel des Ursms . BMoiAeg de k Me de /ims fo/âJ.verso
l'AHIS KT LKS VILLKS DK FHANCE SOUS CHABLES VIL Ul
Diinuix, frère «lu (liicd'OrlénnK'': l<> tr/'Mirier '' de l'églbe eooMrve la weoode; ladflnùèfv
est ontrc Irh niairiN (if l'orfi'-vre du roi, afin qu'il paiMe, de Imb|» k autre, euniner k
loisir leo pierroK \tr/ic'wu»en, l'or cl tousi les trétora de la Chapelle, {wur faire le» l^pa-
rntions n«?(:e»snir»'t<.
LES HKM(M KS DK l\ SWMt-i.HKPtlLt ^.
On y conserve, Kuivaril la Iradilioii, le fer qui artnait la lance de Taveugle Ijoogm,
quund il en hlessn iémin-CÀmsl, et que, tout arrosé de ce tang divin, il porta la naio k
«es yeux et recouvra la vue Hur-le-<:lianip, ëtonné de ce miracle, il y a aum, dit-on. la
robe sans couture «juc Jéxus-Clirist porta dans »on enfance, et qui, faite de la main d« la
sainte Vier(]e, |rranilis^.-ii( (ô |iri)(ligc!) d'une manière insensible avec le corps divin qui
la portait; les lanfjes qui ont enveloppe Jésus enfant; l'éponge qui, tremti^ daaa It
viiiiiii^rc. offrit au (llirist altéré une boisson anière. On rapporte qu'on y voit auMÎ Toa
(les trois clous qui Iranspcrcèrent cruellement les membres de l'agneau crucifié, et la cou*
roniie faite d'épines déchirantes, qui fut placée sur la tête du Christ ailacbé k la croù.
tandis que, par sa bonté, il nous rachetait de la mort étemelle. Et, pour que l'on nepAl
douter que ce fôt bien la vraie couronne de Jésus-Christ, le jour où nous crojoaa qu'il
a été crucifié par la nation juive, ce jour-là a vu fleurir plusieurs fois la couronne, qui m
laissé (les fleurs dans son relii|uairc. On y conserve encore le saint suaire, dana leqoal
Joseph (d'Arimalhie), poussé par son amour, enveloppa le Christ au tombeau, on do
moins une partit! de ce suaire; le lin(je dont Jésus se servit le jour oi^, agneau plein de
(loiiceiir, il lava les pieds de ses disciples; le roseau dont on lui fit un sceptre; un frag-
ment du tombeau; la rliaine cruelle (|ui lia l(!s membrt^s sacrés du Christ innocent; du bois
de la vraie croix; du lait do la Vierge; un morceau de sa robe; des cheveui du Précur-
seur, et les chefs des saints Biaise, Clément et Siméon, ainsi que d'aulrps reliques qu'il
serait trop long d'énumérer. Ces objets sacrés, enlevés par la victoire aui enoraîa de
Il s'(i(;it du célèbre bAtanl d'Orléans , Tiis n»- -</« Smtlmit étmmi, Fsipoaf». du SMf
lurel (lu dur Lnuis ut ilc Mariette ilKiif^liien . (|iii 'l^u, 4t lattt Vi^mm, et mmgmm Orùli. h>
nida si |niissamiiionl Charles Vil à r(iiH|ii«'rir son -r«n|nnn. prpiitm ilrgmU, k veq|» de Mojw. b
rnvniune. Au nninicut où «'crivail A«lr»uii, Diinois «-fer ilc la laacp. la pMiTC du SépuUrB, b Vér»-
vpiinil diHrc revcHu do In dijfiiilé de (Îrand-C.bam- »niqur.« A la suit»' de celte ble m Iraave b «d*-
lirier : c'élnil la rt'r(mi|M'ns<' de la virloire de For- »rlanicion <i«<»rrDix.reliefMS.jo]raalicli
inifpiv el de lu ron<|utVc di' la (înyenne. »l«it d'or que d'à
' C'iSloil le titre nllrilmé. depuis In lin du lui" "««lOS «ii tn*»» dm haak de I
siècle, nu |iromipr des chanoines de la Sninle-Cha- -|M'llr, <|u<< Ion a|i|iell<> tr R4^p«liain> . rt dr la pbr
|»el|.>. (|uiditio .'([nlenienl d«iTliifhn|M«lain. (Voyex 'nrie «i ieeul».* (lalto dwfanKwa rMi|dil «Migl-
!..• I$.'uf, lllnioirr du ,lH»-he île IWi$ , etc. !, Sâg.) cinq pi^^ dam b trwrafl dt M. Iburt dhtf^. Ôb
L'inventaire de iSy.T donne l'énuménition wt suivie «l'une aulre «dwbrafWU aa CW i
inw\iile des -Snincl.-s ni>liipi)t«(|in' soaten bgrani -»aii»d l/>y». eu b éufm •MUtsurr*
-dulsse Hii-dessus du j;iniii nulel : la saiocte ct>ii- -du grani aniel. gMmy de sa canaM «• «uricky
rronne, lu soinctecruix doubl>>. la rohlwde pouqin- . Tonune il mMijrt.» (Suiteal dis pagas
••In croiv do victoin', 1rs drn|i|>enu\ d'enfance, le raliou de |IM ICf MS.) Ce Virte fWfMVt mUt «i
■clii-r siiini'l JiOi.iii II' -.ci'iiliiv II- s.'iiiirl liiirieidx
538 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Ad Gallos Magnus portavit Karolus olini,
Aut alii reges, dominive, ducesve vetusti
Gallorum, in toto quos virtus extulit orbe.
Ne inirere ergo si Sancta Capella vocalur.
lào Est etiani in dicto res non reticenda sacello,
Quae facit antiquae moninienta perennia palmœ,
Tibia, pesque ingens cuni sœvis unguibus ejus
Alitis immensœ, quam vix Gotliofredus et acer
Et fortis pugna valait siiperare feroci,
i45 Ut rear Arpias diras, fœdasque volucres,
Mneam tanto non affecisse labore.
Transeo quod tanta duplicatuin est arle sacelluin.
Ut, quantum supra, tantum celebretur id infra.
KCCLESIA SANCT^Ï MARI,«.
Quid referam magnum praestans super omnia templum
i5o Virginis intactae sancto sub nomine diclum?
Quod licet ex cunctis factum sit partibus apte
Et mirabiliter, nec adliuc longaeva vetustas,
Quae res paulatim solita est consumere cunctas.
Laeserit in minimo, tamen hoc prajstantius oinni
i55 Est michi re visum, quod sculptas ordine pulcliro
Ex lapide, ac magni depictas arte magistri,
Testamenti omnes veterisque novique figuras
Continet, historias quo possis cernere sacras.
Ut taceam sancti specie praestante figuram
ifio Christofori, ex petra tam grandi corpore (ictam,
Quantum vel ciclops Galatlieae captus amore,
Vel férus oppugnans superos liabuisse Typliœus
Dicitur, Encheladusve ferox, aliusve gigantum.
CELESTINI. CAPELLA DUCIS AlHELIANENStS.
Praetereo dictum Celesli a nomine tenq)lum ,
i65 In quo lam forma quam relligione colendo
Aurelianensis ducis est insigne sacellum,
Permulto argento, permulto dives et auro,
Ac praestans tanta depictis arte figuris.
Ut pinxisse illud priscus videatur Apelles,
"70 Solus Alexandri formam depingere dignus.
l'AlllS KT LKS VILLKS DE FRANCE SOL.S «-IIARLKS VII, 539
iiotri- foi, ont ('•ti; jnrlix npportés en France par (IhaHcmafynif , ou |Mr dci roi», im m-
jjiiciir», (l'(iiicir>ii!« duc» des Francs, (|uc lr>iir coura{;i! a rendu» eéiihnê daof le nomlr
entier. Ne vous (!'tonnez donc pas si Ton appelle ce Mincluaire la Sainlo fkaptilh. Il } a
cnrore dans le même lieu un objet h sif^naler, qui runstilue un momUÊMA ëterael «Tsa-
tiipie victoire : c'est l'os et la pntte ënorme, armée ifonglM radealaUee, de ToieeM
i;i|;antes(|ue que Goderroy (de nouillon), tout vaillant et coura({eu( (|u'ii Mê'tt, ml prise
à vaincre dans un combat nrbarnt^, auprès ducpiel parait facile, à OMNI mm, la lulli>
(|u'KiM'e .soutint l'onln- les terribles llar|>ieK, ce» uiseaus immondes"'.
Je ne vou.s dinii pas «[ue la rbupelle est répt*t4^e au-dessous avec tant d'art, qu'oo v lrou«i-
.'Hitnnt (le merveilles ù (b^crire (ju'ii l'éliiije su|i(Tieiir''.
L'ÉtiLISK XlTIIE-DiUE.
(.)ue dire du temple (|ui est dédite sous l'invocation de la Vierge immaculée, et qui dé-
passe par sa beuutt^ tous les autres? Cette «'({lise est construite dans louto ses parti» aver
une admirable ordonnance; une longue antiipiité, qui d'ordinaire détruit peu à iieu loul»
clioses, ne l'a encore atteinte en rien, dépendant, ce qui m'a paru le plu» rrnian|uablf> .
i-'esl qu'elle renferme une belle suite de sujets taillés dans la pierre, et enluminés avec
(nient par un |;rand artiste: ils représentent toutes les scj-ne» de r\iii-irii ■•( lin \iiiiti<aii
Testament, et cbucun peut y voir de ses yeut l'bisloire sainte'^'.
Je ne parlerai pas d(! la belle statue de saint (Jiristopbc, sculptiN» en pierre, ri d'une
(aille romparable ii celle que l'nntiipiité attribuait au cyclope amoureut de Gnl.itre, au
faroucbuT\|)bée, qui combattit les dieu\,ou h l'audacieux Kncelade, et aut antrett gi'anls'".
LES céLESTI^S. U r.MAPELLE 01! DL'O D'ORLét^S.
Je ne décrirai pas l'église dite des Célestins, aussi remarquable par son arrbilrrturr que
par la dévotion dont elle est l'objet, (i'est lîi que se trouve la superbe rbap<-lle du duc d'Or-
lt'*ans, enricbie à profusion d'or et d'nr|;ent , et embellie de iijpjres peinte» avec lanl d« Uleol
qu'on les croirait sorties du pinceau d'Apelles, le peintre jugé seul digne par Aleiandre
(le reproduire ses traits'*'.
■ili'-i(|iicls l'un |M)rte en sn iiiiiiii iiii]; |;i.iiiil li.i-lin v.ini- '.imi|I
-il'arfpMit iliin'. au lioiit il^'ii limit ilii(|iiel > n lui;; île In iief. et caaAv Ir piid éê jfi ifim. •
-sceplrc, et rniilre (IoîmIIIx aiigeix, qui est en la '"^ Aateian tenaine ton énaaiéraimi sans
-|inrlie ilo di-viiiit de rniitre msté. tirnt un |M-lit ilii citer de S' LooM, qw datait éa tammmtmmà
-lii}aii<riir[jciit don' il !«i main nem'sln'. Icelliu chef du vn'iiWe.HqnMWBliDaBerwwBlaiwAiiyJ.
- nssii sur un (jmiU onlnliletnetit , noubilwssenieiil ou '*' (îiiilWieH de Mila avait dqi <
i'nliv-|>icd. |Mirlé par quatre liouremdv Ji doiil'' ' ' ■•»■ (»<Mr p. |S3 et BOlc a.)
-|tilliors |>ar je» oncojjncure», et dix piilirrsd'nr' ■ '■" ^'f^* mealioane (««r p. %»i
•pnr voyc. etc.» (Voir, p. S7. une rcpnWnlolion >\)h stalne de «Ml Cfch^
de ce chef, d'npn-s Du ('..v\fr cl M. \ iollej-le-Duc. ) lo\tlw. l^c» autre» : ' ^'ri».
'•' \oii-. p. i;"i<(. note 1. ce <jue (niilleliert de notamiiMllt. «■ on' „ j>«fW.
Met» dit de ce siu^dier ddiris. L'iu\eulnin- de "' Voir, p. 1 90 ei irte 1 . ee qw «it (St • •••-
irty.l en constate l'cxistenre dans !• >ui- vent df«
540 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
SEPULCHRUM LODOICI , DCCIS AUBELIANE?iSI.S.
Hic jacet in facto regum de more sepulchro,
Cujus materia est alabastrum marnior et auruiii,
Aurelianensis dux, régis filius olim,
Et pater, et genitor Lodoycus principis hujus,
175 Qui dictuni tanta donavit dote sacellnm,
Idque monasteriuni tam muitis aedibus auxit,
Ut monaci cuncto teneantur tempore, more
Solemni, missas illic canlare precesque
Pro se quottidie cœlorurn fundere Régi.
HOSPITALE.
»8o Miror et hospicium sanctum pro suscipieiidis
Pauperibus factum, tantum et tam divite cullu.
Purpurea lodice, logis et veslibus aureis,
Ac suffulturis quibus haud preciosior uHa est,
Argenti vasis, vasis et pluribus auri
i85 Ornatum, ut dominos, magna comitante caterva.
Ut quoscumque viros queat acceptare decenter.
In quo quottidie pro strata tenentibus aegris
Pauperibus missae sacrae cantantur et horae.
Pliisicus est etiam, nec non cirurgicus, ambo
190 vEgrotis illis medici succurrere jussi,
Annua pro tali capientes praemia facto :
Sic et qui polus et qui medicainina condit.
Ceteraque aegrotis medicorum jussa ministrat.
CNIVERSITAS.
Miror item, miror doctorum midta virorum
tgS Milia, gimnasium quae Parisiense décorant;
Namque viri instituunt juvenes puerosque magislri
Artibus in seplem, quarum de laudibus amplis
Dignisque a magno celebrari vate, silere
Esse puto melius, quam paucula dicere, sicut
soo De bello clara sensit Cartagine Crispus.
Thëôlàgià pari divina scientia more
Sacraque pontificum summorum jura legunlur
A muitis illic, adeo ut studiosius ulla
Urbe facullatum dictarum nulla légat ur:
i'AItlS KT LES VILLKS DE FHANCE SOUS CHARLES VIL S4I
LE TOMBEAi; DE LOMS, DlC D*OlliA!l$.
IJi n-|>M»(5, (lanH un tombeau vraiiiit-nt royal, où il nnl tnlri connue aal^rinu qur
rlii tiiiirhrc Maiir <'t (!« l'or, Loui», duc (l'Orl/'anii, (il.t de roi, et luinnéoM père de M priaet
i|iii ti fiiil Innl d(! larf;(!»ftOH à cette clia|M'ili! et augmenli^ le couvent de tant de bAtiaMoto!
Les moines sniil leiiiis en tout tom|ts d'y chanter des menct loieiioeUet, el «TadreMar
i|iii(|iii- jour (les |irii''rcs au Hoi du rit-l pour le repM de rime dn d>f"
I.MI('ll>ITAL.
J'adriiin- iiusxi la .sainte maison établie pour recueillir le« pauvres; elle etl ai gnode.
ornée avec tant de ricbeHxe et de luxe, pourvue de tapi» de pourpre, de naataMU el de
v(Uements brodés d'or, do couvertures des plus précieuses, de vases d'or et JCtugml ea ai
fjrnnd tiond>rc, (|u'clle peut recevoir soit des seigneur» accompagnt^» d'une suite ooai-
breiise, suit toutes autres personnes, d'une manière di)pie de leur rang. ClMM|iie jovr oa ]r
célèbre, pour les pauvres malades (|ui occupent les lib, la toe»94> ft le» heures. Il y aaWM
un pliysici)-n (médecin) i-t un rliirur|;ien, cliarfjés tous deux de fournir aut malade» laa
secours de la médecine. Ils reçoivent pour leurs services un traitement annuel, aioai «|ae
celui qui est chargé de |>réparcr les boissons et les médicaments, el qui exécute auprie de»
malades les autres prescriptions des médecins'^ .
L'tMVERSITÉ.
J'admire aussi, j'admiri' ces milliers d'hommes savant> qui font la gloire de ILnivemle
de Paris. Des hommes passi'-s maîlres inslrui.sent la jeunes-se et l'enfance daoa Ica aaptart».
Quant h l'éloge de ces arts, dignes d'élre célébrés par un grand |K>ête, j'anne nûen m'es
laire que d'en dire trop peu, imitant rexenqde de Salluste, à pro|M» do Pilluslre el belli-
(jueuse Corthage. La science divine de la théologie et le droit sacré de» souverains pontife»
y sont de ra^me enseignés par de nond)reut profes«?ur», au point qu'il n'est aucune ville oà
ces facultés soient étudiées avec plus de zèle; ce qui a valu avec raison k TLaivenilA de
(.es (nnilM'nin des ('.<!lesliii« ont t^l<' rpprwlHil» ifiiortjinl le voflle aoir d habit é»
l>.>i Milliii et |inr M. AIImmI l.enoir. <'Mlrw qaaraile sont fiHa» |
' Tons les iiistiirieiis île l'nri». el en |iartifulier «acteadeat ledit voilk : • <|ae le |
Sniivnl. Kéliliieii. Pi|;niiinl, ont dimm' de» déUils liqite roniprenail 'xn|»vrtn«i
cirmiislniicii^ sur les lnWiriieiits de rilAtei-Dieii. ^ |Miiir Cure le divia senrie» et les I
leur iiniéiinijeineiil inlérieiir i-l le service hospitalier «et Ir terviM OIS IraipataM. laal a i
qui s'y TnisAit. Ov» divers reiiseijfnenienl» ont éld »jo«r. et Iroy» aMMes a BMle caaaMS. raaei
n'unis el (•«inipit'ii's pnr M. \rniaiid Ihissoii dnn» «et les deax aaties de Ktfmm, poor ImÎ
le {[rond ouviii}fe iiitidili' hitidi» tur le* hôpiUitJr, «leors dadit hnrtal ;• enfin que le
l'nri». i8(Î4, iii-/i*. np|)emiiren* 6. Il résulte d'nn n»Alinil»efooi|ioMit de»|"
doriuiient eiii|irunt<' niiv nrrhivf*» de l'Asaistanre «bief», atadacuis, laas aai gagw et >
p(d)li(|iie et riié |Nir M. Ilussim que l'IlAlel-Diev •Ho«leW)i««. poar ravÎMlar «I ganr par >
rKiilemnt . ii ri^pinine où Asiesnii le visita . cinq salle» «jour le» aiaiade» <pn ««t haatia ne eyn
Gublées de So.l lits ; (pie le s«'rvice y l'Inil fnil |>nr ( Arrhiveade TAliiilaaw pallifH. pkeiapaAaAi
I» nu" feniines , di<s«pielles qnnmnle sont n>lijjieu»e» aux pages kfh et I9S de r«Niiiage pvfeNr.)
5/i2 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
3o5 Unde nec immerito fidei firniissiina nosirac
Parisius sludium reputatiir ab orbe columna.
Hic studia existunt, ea quae collegia vulgus
Appellare solet, numéro octoginta, per altos
Reges atque duces doniinosque virosque poleiilcs
aïo Uxoresve suas fundata, et dotibus amplis
Donata, ut muiti qui paupertate premuiilur
Dotibus ex illis studiis iiicombere possint,
Omnia discentes, prœter civilia jura :
Nam quia se Galli dicunt non esse sub alto
2i5 Imperio, minime jura imperialia curant.
PABLAMENTL'M.
Miror deinde patres, Romani more Senatus.
Quem primo instiluit fundalor Romulus IJrbis:
In numéro cenlum ; (juibus est commissa j)otestas
Jura ministrandi contra quoscumque, vel ipsum
aao Francorum regem, minimo cuicumque faventes.
Quorum justiciae tanta est vulgala per orbem
Fama, ut non solum cultores Régis Olimpi
Quem colimus, causas cunctis ex partibus orbis,
Verum etiam vanos divos divasque colentes,
a«5 Quorum restât adliuc in magno copia mundo.
Interdum miltant noscendas patribus illis,
Judiciumque suum vereantur numinis instar.
ARTIFICES.
Miror et artifices, quibus est urbs ipsa referla
Tarn doctis, ut plus non inveniantur in orbe.
POPIILI MILTITUDO.
aSo Miror et innumeram turbam juvenuuKjue senumque
Atque sacerdolum, quibus omni ex ordine plena est.
Ne dicam quam magna illic sit semper equorum
Copia praestanlum, quorum ut vulgaria tangam
Argunienla tibi, nunquam transire per illos
a3ô Pontes, quos habitat pêne argentarius oinnis
Urbis et aurifaber, potui, quin obvius illic
Albus equus monacusve niger milii protinus osscl :
Quoque magis stupui, non nunquam occurril ufenpie.
1
il
l'AIIIS ET LES VILLES DE KBANCE SOUS CHARLES VU. US
l»iiris lii r.'|Hitjition univen«'ll« lï'Hris la plus ferme c«ilonne de noire foi. U y adaw Ht»
(IcH iiiiii.totiii d'Htiide (|ue l'on nomme coil<if;eit, au nombre de quaUe-nosU'", fnndto pf
dc8 roit puissants, dc8 durs, dcH neii^meur», des homme» riche* ou leurs faoïM, ol iijiiu
vues dif hir{;es do(atir)ns (jui |ierniei(eiil à heauroup de jeunei |;en< pauncs d« te Umr à
WHuiU'. iivec le .Hficour» de (es hourses. On y appn^nd (oule« Im KMoeM, ntepté le droit
rivil; nir It-s FranvaiH, qui se disent tout h fait indit|iendanU de renpirv, nW
souci (lu droit romain'*'.
LK PABLKME^T.
J'adniirc les conseillers, semblables au Sënal de Rome, éiaUt à l'origine fier Romulua, le
rondatcur de la ville ('femelle. Ils sont au nondirc de cent; k eux » M eonfié le poavoir
de rendre la justire contre qui que ce soit, m^mc contre le Koi, et de protéger Ion* ee«k
(|iii réi'Ianicnt leur appui. Leur renom de justice est tellement répandu dans le monde, que
l'on voit nori-si>uiem<>rit |i>s peu|)l(>s fidèles au Dieu que nou» honorons, maii «Niveot aMn
les adorateurs des faux dieux et déesses, encore nondireut daiu l'imioeaM Ulûven,earwer
de toutes les parties du fjlobc leurs causes |>our les soumettre à ce* eoiueinen. et ivspeeter
li'iir décision comme celle de la divinité"*.
I.KS ARTISANS.
J'admire les artisans qui remplissent la ville et qui sont si habiles qu'on n'm trooirerail
pas de meilleurs dans le monde.
LA MLLTITIDE Dt PEIPI.E.
J'admire la foide innond>ral>le des hommes jeunes et vieui et des prêtres de tout onire
ilont la ville est pleine. Je ne vous dirai point (picl nombre on y voit »ans cesse de rberaui
de luxe; mais, |>our vous en citer un exenqile bien connu, je n'ai jamais pu traverser le pool
où habitent presque tous les chan);eurs et les orfèvres de la \ ille, sans y rencontrer auistlAt
un cheval blanc ou un moine noir; et ce qui m'a le plus étonnt^. c'est que souvent j*v ai
trouvé l'un et l'antre.
' Asiesan exonère! le nninlire de ces ('lablù
monts, iloiit 011 Iroiive une liste a»M'T. roiniilMe dans
rDiivrnifc do (iuillolM<i-t de MoU [ v. p. t(»M et suiv.).
' O lusiuifro, riipprorlii* <lii texte do Joon de
Jnii(liin , il (loaiu! lieu à une oliservatinn coiisignde
|i. l'i. 1.0 fSiiiut oinpire romain* mnnidi'rait les
liitiiiuirt ot lo l)ifrf»ie oiuuuie son ro<ie |>artirulier,
ot il l'iinposail nux |ieuple8 qui lui l'iaient noumis.
Los iiiitiiiMH «pii no ilii|)oniliiioiit |Miinl (li> rKni|Hrp
iillinntiioiit nu ronlniirt' jour inilo|ionilanro |Mir
rélu<lo ot la pruliqiio du «Iroil cnutuniier.
''' Si lo fuit iirtirnli' pnr Vstosau n'c»t |ta!i une
iiin|>lili>i>iiiiii •!•' rlit'toiii. il doit en resta- trace dan*
les adM du Parlement. Auiii ava
les deux vahunes |iulili^ |iar M. Baularic. mm»
MM» snoeis. 1,'n seul pMtage de la tevaal» lmt^4&t
lim Mie par M. le maniais de lisfcsrdi (p. «7)
a quelque rapport Soigui avec ratOTtioa de
poile: «Las ArMftn, dit M. ki
'des Afduvss, rassariîMMal sm
cauqiiel étaient «MMsi isara tnasartioa*. . . (^
'passe en revae toas hs npréisalials 4t k Mar-
'cfaaadise. Loaibank. GëDois. VéàlHas. Haisa
-tins, GasIiHam. Flsaisarli. Alnaaa^. «le.* B
n'e»l rien dit des £«aaaaw, di
UenienI vouhi ji»rtrr
544 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
PUELL-E.
Miror et innumeras forma praestante puellas,
a/io Tam lascivo habitu cultas, adeoque facetas,
Ut Prianium aut veterera succendere Nestora possiiit.
Miror praeterea variarum plurima rerum
Ornamenta urbis, quae dicere longius esset.
Quam nisi vidissem, vix possem credere noslro
a45 Tempore posse usquam tantam reperirier urberii.
Ut taceani (juant« sit fertilitatis agrorum,
Omne genus frugum, fœnunique et vina lerentuiii,
Diversasque nuces, et poma gravantia ramos,
Cunctaque fecundae largissima munera terrae.
SILVA VICEMARCM.
a5o Adde quod bac ipsa non longe distat ab iirbe
Castrum appellatuni vulgo Vicenia silva,
Quod reges pulcbre sibi construxere, volentes
Interdum variis requiem interponere curis,
Quando fatigasset sese mora loiigior urbis.
355 Idcircoque illic est omnis paene voluptas :
Nam seu forte velint seu delectabile castrum .
Illud babenl miris vallatum turribus, atque
Praevabdis mûris, et magnis undique fossis.
Nec semel aut iterum sed terque, quatenjue décore
a6o Cingitur hoc castrum fossis et mœnibus altis,
Divisum in multas, dictu mirabile, partes,
Ut, cum prima fero fuerit, vel capta secunda.
Tercia pars bosti capienda et quarta supersit.
Nec tamen egregio caret hic pars ulla nitore :
3fi5 Quaeque domos pulchras et magno principe dignas
Pars habet. Hic eliam templum est a regibus ohm
Fundatum, et lantis donalum dotibus, ut ter
Quinque sacerdotes ex iilis vivere possint.
Adjacet ipsius lateri pulcherrima silva,
370 A qua taie putem castrum illud nomen habere,
Mixta tamen pratis et multis vepribus atque
Agris, murali circumvallata corona;
Quam dicunt parcum vulgari nomine, qualem
Me memini juxta castrum Papiense videre.
l'AHIS |;t LKS VILLKS DE KHAXCE SOLS CIIAKLES VII.
âki
LKS JEIBIES riUK.S.
.railiiiin- la niullilude dt» jeunet (illes, si belle», vêtues avec Uwt de eo<|>i»iiM^. i^l «î
t'iijout^cH, (|u'cllcH KHiiraiiMit sëduire Priain ou le vieui Nestor lui-aiéflw'".
J'ndniiro encore nornhn.- de nieneilIcH en tous genres t\m ornenl l« Ville, et qu'il «eratl
lr()|> loiif; (l(> dt^'crire. Si je ne l'atain vue, je me refuserais k croire qu'il fât poMtblc, k
notre •'•poque, de trouver nullf |)<irt une aussi grande ville. Je ne dirai pas roBibiwi art
ri-rtiic son territoire, qui produit toiitif espèce de moissons, du foin et du vin, plusiear*
v.iriiUi-s d<> noix, des fruits ù faire plier les branches, et enfin toute Pabondaaee das i
«l'iMX' terre fertile.
I.K ItOIS DK VIIICB.'«MIS.
Ajoutez que non loin de Paris 8'<^li>vc le château que l'on nomme communément le bois
(le Vincennes, construit avec luxe par les rois, pour s'y reposer de temp en l«in|W île leora
soucis niu!(i|)lcs, lorsrprun Irop long s(^jour dans la ville les aurait fatigua; auwi j tnn-
ve-l-on ù |)eM près tous les agréments possibles. Veut-on un château fort ou un château de
plaisance? Il est entuiir)'* de tous côtés de tours énonnes, de solides murailles et de larges
fossés, (le rliAtcaii n'a pas senlenicnt une ou deux belles enceintes, mais trois et (pMtre.
avec fos.sés et liantes murailles; et, chose admirable, il se divise en plusieurs parties, en
sorte que, (piand m^me la première et la seconde auraient été enlevées d'assaut, il resterait
l'iMvire i^ l'ennemi à prendre la troisième et In quatrième'*'. (Ie|H'ndnnt rhaqu<> |tartie de
ce château est ornée avec une renianpiable splendeur: chacune a de beaux bâtiments dignes
d'un grand prince*". Il y a aussi une église fondée jadis par le» roi» de France, et pourvue
lie si riches dotations qu'elles peuvent faire vivre jusqu'à quinze pnMn«s * .
Aiq)rès s'étend un bois magnilique. d'où le château a, je pense, tiré son nom, et qui
est eiitrnuiAlé de prés, de «pianlité de taillis, de champs, et entouré d'une muraille con-
tinue. On le nonnne vulgairement le parc; il est tel que je me souviens d'en avoir vu un
près (lu cliAleau de Pavie'^'. (le parc est subdivisé à l'intérieur en plusieurs parties, peor
\ oir «> (|iie (lit ù cet éjfunl l'auli'iir du Trailr
lies liiuniigt» dr Pari», p. .'id-.^j, i>l iidles •> et 'i.
Astpsjin vpul wiius tloiile «liif qin' In duiijoii
roiiHlitue une iionvrlIcforlens.'M' |M)iir%'iiP de ses Ibs-
m!8, tniiniillespt |M)iils-l('Yis. I.n Iniisiôiiie <■( l<i qiio-
tri^nioi'iic<'inles()iil|>ii)l>nl>ipmpnluiu>iiiu|ililirnlioH.
' (> <|irAstes)iii <i Ml el lulinin'. re n'est |M>int
rmirien mnnrrium rrffnle de Louis VII, nuiis le
rliAlcmi roiiinioiioi' |>flr Pliili|»|ip-\u(5iisln. ronlimn?
|>nr l'liili|)|M> de Vdlnis et le roi Jeiui, et ti-niiin<<
|UU' (llinrles \ . Il est eiiror»» (IpImiuI; divenws re-
i-(iiislni(iions y ont eu lieu isniis les rognes de
(■.luul.>s l\. Louis Mil et Louis \IV.
'*' L'i'jjlise qu'Asleson n vue n'est \h» la r ItiqH'lle
actuelle. eomaMwÀ en 1 379 par CliriM V. H ttr-
miner ««ilpiiienl jwr llrnri II «1 1 hâ- ; r"i>«l fAti-
liw ronslniit m i.lSy par ordre de itulippe de
Vaio». dons larnurmyale. pris de Is Toor da Roi.
el d<i<niil Mpiv« J'adièveaKat de ttkâ fd émmà
le rpni|>Ucrr. tibarles V avait afwK è sa asasdb
fondalion un reraw de i.&oo livras, et fai. k
100 livm par an et par léte. peaiail. aa cftt.
entretenir qainie riwpebins.
<*> Ce pasM^ Imdrail il AiMir qa» ha pans
sont une iinportalion itsiifaat. Cdai de Viariami
a M pnidant fciaglaaips le «cal qui c\i*Ut «1
France. liCS giaadsa cMtarai afpkqurr» mt\ boit
el Ibréts de plaiisaw toat d*«i%taa anai renais.
H
iG DOCUMENTS ET ÉCRITS OHIGINAUX.
,75 Hic locus est multis divisus partibus in se,
Ut maiieant illinc acres in dentibiis apri,
Hinc timidi damœ, cervique in cornibus alti;
Inde levés habitent lepores, capreaeque fugaces;
Cuniculorum etiam reperitur copia tanta,
s8o Ut simul aspicias aiiquando inilia multa.
Ergo venandi non deest hic ulla voluptas.
Est etiam in parci fundatum parte décorum
Castelium, quod habet forma cognomen ab ipsa.
Praeterea in parco nonnuHa sacrata Tonanti
•85 Templa sacerdotum multorum plena videntur.
Ut reliqua obticeam quœ sunt ingentia dicto
Ornamenta loco, quae vix expromere possem.
Hœc igitur magno digna est habitatio rege.
BURGUS SANCTI DIOMSII.
Estque sacri praestans Dionisî burgus ab iHa
S90 Urbe parum distans, ubi templo nominis ejus
Ipse jacet sanctus, niiro translatus eodem
Auxiiio superum : nam dum pro noraine Chrisli
Missus Mercurio tanquam bona victima divo,
Cujus adorabant Galli illo tenipore numen,
agB Truncatus sociis caput is cum pluribus csset
Monte super parvo, cui nunc est nomen ab ipso
Martirio, sed tune a divo nomen habebat
Mercurio, geminis qui distat abinde leucis.
Res mira est, caput ipse suum Dionisius illuc
3oo Truncatum portans templo requievit in illo.
Hoc etiam templum sacratum credilur aima
Esse manu Chrisli, quoniam, dum tempore quodam
Id templum dextra sacrandum praesulis esset,
Pauper leprosus cupiens bene cernere factum
3o5 Venturum, metuensque tamen ne mane futuro
Posset inire sacras aedes, proliibente virorum
Innumera turba, noctu se contulit intro,
Hicque morans Christum manifestis vidit ocellis
Sacrantem plénum cœlesti lumine templum.
3io Post quod opus, Christus leproso dixit : ft Adito,
ff Pontificem , certoque sibi die nomine Christi,
et Ne sacret ulterius mortali templa sacrata
l'AHlS ET LES VILLES DE FRA.NlE ftULîJ LM.UtLK- \ll ',S1
y i^anliT, d'un c6l<^ Ich Mfiglicrii aiit dt^fcriMMi roenaçaiiira, iri le» (iaim* tifiitil<«. !•-« «-rrf.
il l.-i {;riiii(li' rariiiin>, nillf^iini Ipn lit^vnit rupidcs H les clièvresMulvage»: on t renronin- .iij<m
iiik; t)'li(> (|Uiiiilité de iu|iiii!t, (|iiv l'on cii voit <|Ui-l(|ucfois planean niillien r^uoi». Aikm
Iroiivf-t-on dans ci; bois tons les plaisirs de la rhasM.'. Dans une |*artie du mit, m timiw
i-ncorc un beau rliâtelet qui a pris son nom di> !• Uanêi mém» i» n eoiMlnidioo'' . On t
voit, en outre, plusieurs sanctuaires consacres h Dieu, et rempli» d'une fuule de prâtm"''.
Je garde le silence sur les autres merveilles (|ui ornent magnifiipieiiienl ce li<fu H qur
je pourrais h |)eine inum^ror. Voilà certes une résidence digne d'un grand roi.
LK UUCilU DE SAnT-DEXIS.
\ peu de distance de Paris est situ<^ le beau bourg de Saint-Denk '*, oà i
ri't;lise du même nom, le corps du saint trans|Mirt«< en cet endroit p»r un «eeoni* ■iraah-
leux du ciel. Envoyé, en qualité de rbrélien , comme une victime agréable au dieu Merawe,
dont les Gaulois révéraient alors la puissance, il fut décapita, avec pluMPur* de aei «MBM-
i;nuns, sur une petite inonta|,'ne (jui a reçu depuis le nom de son martyre, mai* qui ainn
portait celui du dieu Vlerciire, et <|ui est située h deui lieues du bour;g ' . 0 prodige! Denis.
portant Ini-niénie .sa tt^te détacliée de son corps, vint chercher sa sépulture dans celle ^is**.
On croit aussi que ce sanctuaire a été consacré par la main divine de Jésu»-Chri«t. C^lail
l'épotpie où cette église devait <^tre consacrée par la main du |Nintife. (n pauvre liJpreat ,
curieux de bien voir la cérémonie qui allait avoir lieu, mais craignant de ne [louvoir, le
matin du jour même, entrer dans l'édilice sacré, à cause de la foule innombrable dea aiat»-
lants, s'y rendit la nuit. Pendant (|u'il s'y trouvait, il vit le Christ se mani'ealer à aeajreai
et consacrer le tenq)le renqdi d'une lumière céleste. Quand le (ihri>t eut arhe«4(, il dit
au lépreux : f\'a trouver le pontife, et avertis-le, au nom dej(^u»4>hrist lui-in^me, de ne
" pas consacrer de nouveau , d'une main mortelle, un temple consacre de DM* OMiins divines.
' (itiillcbert <lc Met/, n'a pniiit oublié île ineiilinn-
iier (voir p. 917) irunjf Ih"! Jutslei np|)ell<' iJennti'. ■
(icllc (Iciiiftirp. où imtiiriit Cliorles N. cl dont
flliiirlcs VII lit lioiiiinngc h .\);n^!i Son»!, élail. dit
If Jounml d'un Dourfffoi» de /'arM(élit. «le 1799.
|>. !io4), fflc plus In'I linslcl cl jolis, ot le iiiieuh assis
•iiui fust en toute l'Ulo île Kniiire. • Au timnienl
iii'i \s(rsiin levUiln.le rliAteaii de IWaiilé |M)rlait le
■Iciiil (le sn (lame, morte en 1 hîto; mais il était en-
l'ore dans loiil wm Mal. Alwndonm' \Mr l.(Hii» XI
•'I !i4*s siirn<s.H(Hirs , iiinl)[n'l(- rliariiicdi* sa siliialioo,
il ne se coMi|MiMit plus, au xvi* sitVie, que d'une
Hinipic tour h \a |;anl)> do latpit'lle \r* rois eommet-
liiiiMil un ('ii|iiliiiue. ('elle (our. (pii ôlail carrëe.iab-
■•islait encore au couuuencement du xvn' siide;
Claude (lliillillou l'n gravée dons sn Tofngrafki*
\ iii-l'ol. I (i I oV II lie reste plus du rliAlenu de Iteoulé
ipic (|ucli|ui>s siibslnirtions.
"' Asienn , avec ses Ubiliidcs (TampMkalian ,
uiit "plusieurs lanctaaîn** H «ane foule île
^pr#Ut«* Uk oè il «allait iwibiiwl on rmnrni.i,.
religicuideGnndaMnl.i|BeGwhfcaH<<r Mhi «l^
•igné ainsi :> une maniaie de homiilis appelé* Bel»
'Hommes.* Ces Kiigieai.4|aia«aiaBl àé
en 1 1 6& an boit «le Vincmms. par lisait I» J
riireiit renq>ise^. en 1S8I. par las MiniaMa et
Ni||eon. que Henri 111 ) inlrodaiiit t'a arrll •!■
Conseil «rÉl«l.en«ialeilu 17 mariiySI. sappriaw
le monastère.
(') ToasleBaaMwaalnnao«MlkSaiM4l»>
ni* le nom de bourg, hmfmt. La vile s'wl îtmi*
Irtilemenl sulour de roUwjv.
\ nir. p. • 1 1 H 1 1« . le rM< que Rasul «le
l>re»lfs al GnilibcH de liste (mI du wmAjn 4»
•ainl Denis, d'après hs Upagraplm t« lis aarMM
,/,8 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
ctCœlesti dextra; quod ne tibi credere pnesul
rcAhnuat, hoc illi signum monstrabis apertuni.-^
Si6 Inde suam faciem tangens Deus, abtulit omnem
Ex illa leprani, quani niuro aJTixit ibidem.
L'nde est sanati leprosi Iradita verbis
Plena fides, et lepra inanu collecta sacroruni
Tempus ad hoc niagni servatur numinis instar.
330 Tempus ad hoc etiam moniinenta perennia lacti
Mathiae festa celebiantur luce quotannis,
Qua peccatorum venia est concessa per alluni
Pontificem cunctis lemplum visentibus illiid;
Unde die tali tantus concursus ad ipsuni
3a5 Fit templum, ut nemo possit nuineiare quoi illuc
Milia continue sexus utriusque feiantur.
Non mirum est igitur si tam mirabile tciuplum
Post mortem reges cupiunt habita le sepulti.
Hic etenim plerunique jacent clarissima regum
33o Corpora, marmoreis pulchre tumulata sepuichris,
Quae varia exornat cujusque insignis imago
Sculpta super tumulis, alabastro dives et auro.
Inde reliquerunt rex magnus Karolus atque
Rex Lodoycus ei teniplo diademata, nec non
335 Multa alii reges thesauri munera magni
Ac sunimi precii, gemmas et talia rerum
Plurima, et argenti non parvum pondus et auri,
Multaque quae nuper nostro cum principe vidi,
Admiranda magis quam laude ferenda poetae.
34o Quoque magis stupeas, hac tempestate l'ueruiit
Omnia per superos hostili abstracla rapina' :
Nam dum Majores superassent rura Britamii
Gallica, fortuna tune adversante, minister
lUius tempii nietuens ne carperet hoslis
345 Thesauros, ipsum si burgum subderet, illos
Abdidit in terris; quos dum peiquireret hoslis
Effodere accepto burgo, privatus utroque
Mox fuit effodiens oculo; tum pulsus ab ipso
Cœpto thesauros intactos ille reliquil.
ANGLORUM VITUPEHU.
35o Ex hoc ergo patet Majoribus esse Britannis^,
1 1
l'AHlS Kl LtS VILLhS DK PRA^tli ftUta uil vliLfcS Vil.
-.")i I rvc(|iic n'fiis*! (I(! U' rroins, tu lui nionlrcras en «igné ntanifmte. « AimmIAi Iii« w
iiii|)i)siint l.'i rii.'iiri sur l:i fi|;iinï, itii i-nl<>vu toii(<r la IA|irc ni la fita lui mur dr t' '
îijoiilii iloiic i)\i;\w coiiliiiiice nu r<5cil <lu It-pn-ut jjud-ri, cl la l^pre, r«ruifiUie j»» »..<
(InH iirôtres, a ét/f consnrvi^i* juM]uu nous comm** un objH divia'''. Jusqu'à nous ^^aicmeal
In Kuuvfnir /itcrnnl du rv miracle m* \Hsr[}/rlut', rlia(|u« ann((<>, le jour 6b la fêle de — ifff
MiitliiiMi, durant la cnl/'liralion de Inqucllt* li> jiouvffrain |M)nlif« accorde une indalMM* 1
tous c<ui\ (|ui visitt'iit cotlft t'irlinv.. Aussi, (■«> j»ur-IA, il y a un tel concoura à ce fuirtuaîrp,
(|iril <-s( impossible de compter combien il s'y rend d<> milliers deuenoaSM dcsdavi setc».
i-'iinl-ii s'i-torincr, après cela, si les rois di> France ont cbois cette nerveilleiMe 4^m
pour Ifiir (it'ruièrc ileuirurr!? lÀ reposent la plupart des corps des rois les plus illuflm.
rouilles dans de maf'ninipies tond)eau\ de marbre, surmonti's de leurs slalur* idanCrs
<laiis (liviTsfs attitudes et srulpttW en albâtre rebaussi* d'or. Ce»! |>ouniuoi le roi Char-
leina|,'ii)- d saint Louis ont b^gué leur couronne à celle l'glise; les autrva •oQverains lui
ont laissé une foule de présents d'une (grande ricbesse el de la plus banle valeur, des pierre»
précieuses et autres objets de ce |;enrc, do (p^ndes sommes d'or cl d*argenl, ainsi que
b(!aucoup d'autres trésors que j'ai visités naguère avec le prince que je sers, Ir^fsor» qu'il
vaut mieux admirer de ses yeux que sur l'éloije fait par un p<H'le - .
(je <pji i>xci(era davantaj^e votre étonnement, r'i><it que. de nos jour», cet ttéton oot M
soustraits, par la protection divine, à l'avidité des ennemis. Alors que lea Anglak vaioqaeiin
étaient maitres du sol de la France, et que la fortune ëlait contraire à ce paya, le mîniitfv
du tenqtle, craignant que l'ennemi ne pillât ses trésors s'il s'emparait du boaig, le* cadia
dans la terre. Après la prise de Saint-Denis, un Anglais qui chcrcbail h lea déterrer fui loul
h coup, en creusant le sol, fnqipé de cécité complèle, el, ainsi forcé d'abandonner son
dessein, il laissa les trésors intacts.
BLÂME ADRESSÉ M\ KW.LMS.
(îeci montre que les bnbitants de In (jrau<le-Breta|;ne , que les Français appellent lul-
''' Du llt'cul rii|i|)<irlc le iid'iik- iiiiiin I<-, sur \a 'de lmlilrronsi(riiMi-' ' '''^..XaatrvSwimif
loi (11! Mrol*> (hIIoi : fr II (iilviiil, (lit-il. (|ti'uii |uiiivn> "ilirl audit Imlrr qiiil 4 H «iéaaaçMt I»
ff Indre, si iiinindu cl dciïiiil di; fnrr (|uc plus ne |mni- « Iciidriitain fe qu'il atoil vm, H dll «m <
fvnit, i|ui iiviiit siiifruliiTc ilévolinii i>l ilôsirile voir -cl |in'lat» qu'il n'crtnit phn bcMm de li <
"le iiiyst<<rc de In dédiriicc d'ioi'llo c^jlisf, itrarhnnl - Kt nilin (|u'il* l'co tnwlaanl croàa, il i
i^quc le lendcninin. quaixl il sentit jour, on n« le "de luy. H lut pMM la ohmi tar h «itage. et b}
ff liiiss4-roil cnlivr nvor k^s niiln's |M>ur cause de m -nsU UM raphe de la Maladie é» Mpv qu'il avait
iTiiinhiilif. dès |i> soir pn'ct'dent .se nuissn derriiV -au visage. H qw la faea hâi
l'Une de» |iorles d icclle é(jlis<<. tellement que •< I nrtle, et le mtitM ca
l'Ile rii|>ert'eiii poini. el Tiii enreriiii' dedniis. Kt en «est CBcorvganUeaiwmiqMire.aa laiil»
-iivllc imiri, ledit lndn>. /i;-<i/»im orHli\. vil venir •Sainl-IWfm.* {Le 7%tam ém millfmlK 4t ^irù
"N. S. Jésus-Christ, tout habillé de lilnnrs veslc^ liv.lV.)l.'>lib<UB«af.awiiaViluhyii DiiBrwd.
'iiiciils. n<niiii|in|pié de ses n|>oslres , et de grande n'béMiepasàqnaliliar defaU•i•rMl<lefl(lla•a■-
-nulllilllde de innrlym, d'nu(ro3 et d'nrrhaii,<y~ «■«Talian nùramlewe. (tfJMMrr Aiéarhr AIWw.
"qui liii-mènie consacra el dtMia ladite é(rtis< III. p. i8o.)
'contre Im pnrois d'icelle iui|M-inia le sigite évi«iml '* Dn Bmd daMa de Mahem dAadi aar la»
550 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Quos dicunt Anglos vulgari nomine Galli,
Aut paulum aut certe nil relligionis in altum
Cœlorum Regem, cujus non aima verentur
Templa, manu si quando queunt violare nefanda,
355 Quœ Galli exornant ingenti semper honore,
Ut potes ex nostro deprendere <■' carminé, princeps.
Non igitur miror si tandem Rector Olympi,
Exaltare solens justos etlaedere pravos,
Auxilii tantum Gallorum contulit armis
36o Et tantus saevis fuit adversarius Anglis,
DE BELLO NORMAND. DE BELLO AQUITANO.
Ut rex Francorum, quo relligiosior aller
Non est, in solo Norraanos vicerit anno
Karolus, et saevi subtraxerit unguibus liostis,
In quibus exaclo vincendis tempore fama est
365 Quadraginta annos Anglos posuisse féroces;
Ut quoque Aquitanos po])ulos multosque ferosque,
Assuetos bellis, œstate subegerit una,
Quos Angli prope tercentum tenuere per annos.
Cur non ergo putem tam mulla laude canendum
370 Hoc bellum, quanta priscorum aetatc fuerunt
Praelia, quœ Magnus felicia Karolus, aut quae
Gessit Alexander Macedo, vel Julius ipse
Caesar, vel quivis priscorum denique regum;
Ne tangam ;Ëneœ, ne Turni forlia bella.
375 Quœ Maro, flos vatum, divino carminé dixit ;
Neu pertractorum Tliebana in praelia regum,
Quae pulchro vales cantavit Statius ore?
0 utinam tantam michi dent aliquando quietem
Ingenioque meo tantas pia numina vires,
38o Ut possim heroico mirabile scribere bellum
Carminé, quod nostro gessit féliciter aevo
Karolus, aeterno vatis rex carminé dignus!
Verum ut propositum répétant mea carmina, dicti
Prœtereo formam burgi, quae propter iniquos
385 Hostes a prisco muta ta est tempore multum :
Namquc ut Parisius cunctarum urbs prima solebat,
'"' Le manuscrit porte deprehendere ; pour la mesure du vers, il faut deprendere.
PAHIS ET LES VILLES DE PHANCE SOUS CHARLES VIL S&l
i;fiirnni<tiit Anglaii», n'ont que peu ou même point de riïligion |>our le aouveraio Roi ém
cici; ilK ne respectent point ne» temples aogoftes, quand iU peuveol j porter «M ■«•
sacrilt^'f^e, tandis ipie Icit Françaiii les diÇcorent toujours avec une grande défoUoD, eosaw
vous pouvez, illustre prince, le remarquer dans met vert. Je ne in'^toMM dooe dm « «ifia
le Mfiitre du cii-l, (|ui exalte les justes et humilie le* métkaaU, a dooaé lut àt ibcioti
luu iirnies des Français et s'est montr«^ si ennemi des miels Anolais'".
LA GtlERAK DE KORMA^DIE. — Lt GlERRB OUQIITAI.U.
(înke ù Dieu, le roi de France, Charles, le plus reli|petn d« lom iea rois, a vaincu
les Normands dans une seule année, et a retiré des griffes d'un ennemi terrible ealto pro»
vince (pie judis les farouches Anglais ont mU, dit-on, quarante ana i eoBooërir; gréec 1
Dieu, il u soumis en une campagne les Aquitains, peuples nombreai al 6en, hahit»fa i
la ijiierre, et (|ue les An(;lais ont domint^s pendant environ trois ceota ans'*. CéU» gwrra
iKï doit-elle pus être ci^li-brée pur uutunt d'i'-loges que l'ont été, an (empa jadâi, la*
heureuses victoires de (]harleniu|;iie, d'Alexandre le Macédonien, ou de Jules Cter, en
enfin de tout autre héros parmi les anciens rois? Je ne veut point parler ici de* rude»
combuls d'Knéo et de Turnus, que Virgile, la fleur des poètes, a chaolÀ dan* ses vers
<livins, ni des rois entraînés h la guem; de Thèbcs, que Stace a célébras dans son beea
poëme. Puissent les divinit<^s fuvorablcs m'accorder quelque jour assex de loisirs, et donner
h mon esprit assez de forces, pour écrire en vers héroïques la guerre adoMrable aoe noos
avons vue conduite à une heureuse fin par Charles, ce roi si digne des chants étemels da
poêle"'!
Mais, pour en revenir au sujet de mes vers, je passe sous silence l'asperl du bourg de
Saint-Denis, qui, parla méchanceté des ennemis, est bien changé de ce qu'il était aulrefoi»:
l'icliusscs (|ue io bosilique do Saint- Denis roiifer- It'ans. qui fui |iris
tiioileiiore au coMiiiicncenient du xmi' siècle, mal- vingt-rinq ans, k U «aile de la i
i;ré K'A ({•■viiiitjiiioii.s roiiiinisos par lis \ii)rlais cl d'Asineoort; il savait m mân ifÊ» \m
l*!s lliiipit-nnu. Un y admirait iinianiiiimt la Table alliés aux Boorguignoas. ■viiwt Isaa, danaN la
il'nr, dans Io couslrurtioii de laquelle l'ablM' Siijer même espace de iMups. le* Armagnacs «a AlMr :
avait riii|iloy<'> (|iiaraiilc-iioux iiian-s d'or servant à dnulilp aïolif poar ne las point i
i-nriiAs!*iT uii)> |)r<>di);iiMi!ic <|uantité de |)erlcs et de '' Asiesan Grtt alasim aas dans gnndn wpé
l>ii>rr<>s |ir<M'iciiscs ; lu clii'isso dt> saint Denis et de dition* que Dunoù venait de tansànv hmnM»-
s«>8 (-<)ni|Miunons, toute couverte do |)irrreriet; Ir nient: cefie de Xanwandie. eonroanée par la iir-
Crucifix d'or [lesanl (|uatre- vingt» niorr», otivr»' loire de Fotmgnj, Cl edk de Gvjennr, «pu staii
de ffscpt lorrains orfi'M-es,- qui y travoilli'rent ron- pr^ré la «iManssiaa de etila |vavinee. Ikm «m
tiiuiellunicnt |H>n<luut deux ans; une seronde talile plus laid, la liataille de Caaiiha achevai raaiii
d'or donni'<> |)nr C.liarles le Cliauve; deux chnnde- de Dunois.
Jii'iN de viii);! niairsd'or, oITerU \wr Louis le (în>s: '' Ce projet aépop^ na pas M nt MMe. Il «4
plusieurs toliles d'outel doiuu't's p«r divers son ntarquabie.tnulefctt.de mirdMX paAnpfTM|iir
vcrains; la (i-lèliiv rroix de s^iiut Kloi; le vaisseau coolanmnM». Ckrisinie de Fisan et .
cuve de porplijn' provenant de Téglise Sant- prcodrt d'instinct <pii y avait aMiibre k patoe
llilaire dn l'oitiers; la fameuse rhnise de Dago- ^liqoe dma la gmd» kile i Uqwflr psireal pati
l>erl. etc. ( Le Tkentre de% Ahiiif. dr VnrU , liv. IV.> Jeanne d'Are. Iknois, La ilire. \ainiraba. "^
"' Le iwëlc l'toit secn'toire du dm- f.li;irl<'<d'Or- k-dire Ica dfnHcn 4as pnm.
552 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Sic hic a Gallis burgorum prinius haberi.
Nunc auleni illius tarn grandis diruta pars est.
Ut grave sit lacrimas homini retinere videnti,
390 Quanquam ob prœsentis felicia tenipora régis
Incipit ad veterem paulatini accedere formam.
Sed vix longa dies poterit donare quod illi
Abstulit hora brevis : veluti quem torrida febris
Affecit macie vel parvo tempore tantuni,
Sgf) Quamvis a morbo liber sit redditus acri,
111e tanien solito raptim pinguescere more
Non poterit, sed eum paulatim tempore longo
Vix primo gradui valitudo prospéra reddet.
Sic illi burgo, [templis]'"' sic accidit, alque
ioo Multis quas dederant villas fera bella ruinœ.
COUCIACDM.
Vidi prœterea, quo nullum fortius usquara,
Aurelianensis ducis admirabile castrum
Couciaci t'^', quod, ne faiso me dicere credas,
Institui nostro formam tibi scribere versu.
4o5 Couciaci castrum est inter confinia gentis
Picardse positum, super uno monte decenti
Fundatum, quinis munitum turribus atque
Maenibiis egregiis miro cum robore factis.
TL'IiniS MAJOR.
Major enim lurris, qua non invictior ulla
iio Gallorum in regno, certe est altissinia visu;
Quam super ascendi fessus numerando ducenlos
Vigintique gradus adjunctis inde duobus;
Sic alta est tensas très et triginta per ulnas,
Nec minus in terras dicuntur tondere mûri
4i5 Fundamenta sui. Quorum argumenta patere
Hinc puto : cum puteus situs bac in lurre snb imum
Terrœ plus quam ulnis sit quadraginla profundus,
Ex quo lucidior cristallo elîunditur unda,
Qua nec frigidior nec in illis suavior oris
''30 Ulla est; quae rairam trahitur super alta per artem.
'■' Le manuscrit porte tempi. — "' Le manuscrit porte Conciaci. Il en est de même plus has.
PARIS ET LES VILLES DE FHA.SLh SOLS CHARLES VII SSS
nir, (le iri/lmc (|uo Paris <^tnit rt'f'ttrtU pnr Ict Franraitt comme la première de loaloi la nlk»,
nitifii Siiiril-iicriis pnHNait pour li- pn.-minr deti l>ourf;s. Aujourd'hui, il y en a WM m giroili
partie à IVlat d<* ruinas, «pi'il i-nl dillicile, en le voyant, de retenir te* lame*'"; et powlnl,
frr&cc h la f«!*li(;it(- du pri^'sent ri'ïf^ne, ci; Imurf; revient |ieu i peu à mn) aodeooe proepéritf.
Mai» de ïon^ti jour» pourront à peine lui donner ce qu'une heure rapide lui ■ rnle«4.
Aimti celui ({U(t la lièvre brillante a Tait niaifjrir dan!> un court espace de tempe, bieo aall
soit d/flivrf^ de la cruelle maladie, ne [leut pan cependant reprendre rapidemeot foo «Bboo-
point ordiiinire ; mais ce n'est «pie peu à peu i|uc la boooe aant^é le replacera, aa bout d'un
Ion); temps, dans son premier Mai. Ainsi en est-il arrivé poor ce boorg, poar cea if^im» et
pour heaiicoup de villes que la (guerre cruelle avait Iitn5es à l.i d/^vaikliitinn
COliCV.
J'ai vu en outre la forteresse la plus solide qui soit au monde, le château admirable du
duc d'Orléans h Coucy ; et, pour que vous puissiez juger de la vérité de me» paraka, je veu
vous en décrire la fornit» dans mes vers. Le château de Coucv est situé surlea eoofinada la
Picardie, Mti sur une belle colline, forlilié de cinq tours et de superbes maraîllea «Totta
iiierveillfiise solidité'''''.
LE DO>ijn>.
Ce donjon, le plus fort qu'il y ail dans le royaume de France, parait lrèa-41e«4. J'en ai
fait l'ascension, non sans fali),'ue, en comptant deux cent vingt-deux marcbes; il est baul
de trente-trois brasses, et l'on dit (|ue les murs descendent dans la terre à une égale pro-
foiidiMir. La preuve s'en découvre aisément, suivant moi, puisqu'il y a dans cette tour un
puits d'une profondeur de plus de quarante brasses, d'oîi l'on tire une eau plus claire que
le rristul, la plus fraiclie et la plus a|;réalile au goAt qu'il y ait dans ce pavs. Klle cal
montée à la surface par un mécanisme admirable. Ajoutez un moulin que l'on |>eul tourner
"' Le Journal d'un Itourgenit de Pari* conslale
dnns les (eniics suivants la dëvostation de Saint-
I))<iii.4|iflrle8 Anglais (t&36): ni.» Angloysesloienl
'-d'Mlaiis Sniiirt-DeiiYS <|iii |)illoiont lu ville, sans
"riiMi y laisser ii leur iiovair; ainsi fit la \ill(< de
~Sainrl-|)enys(l)>striiili>: <*t (|uanl ilz oreni loiil |iilli'
•-Il If'iir povair, si KnMil alMittre les |K)rlrs et le*
-iiim-s l'i en lirent ville rlianiftestre (i'i.1(>)
-!,<• mardy d»"* feslcs de Pas<|iirs, les Cmuvrniciire
'de Paris tirent partir de Paris, environ inynuil.
•i>i<'n six ou liiiit cents Anj^loys poiiralor IwiiUt le
"It'ii en tons les pelis villaiges et (jraiis ipii sont
-l'ulre Paris cl Pnntoise sur la rivit'n- df Sein»'; ft
-i|unMd ils furent h .SninrI-IVnvs, ils |)ill<'rrnl IbIk
-Imye, et \ray est qui» Inhliave, auruii\ prrnoienl
-les ndirques |Kuir rarjfenl avoir qui autour esloil
->'l di'fait. 1,'ung n>gardn ung pn^slre qui riianloil
-la niTMe. et pour et qae «le iaj MaMoil inf
-longue, qiianl le pnslre «al dit Agam Dm, K
-qu'il lUMiii le pncÎMili toag. aag grand
-saul avant, et lanlost priai I» taSee et ki i
-raux cl s'en va. Ij* autm primlirnl nappai dt
-tous les aulrls. H Imil te qu'il» |Mirml Irsaw
«dan* r^gliw de Saint-IVnys.» (Jmrmié'm Anr-
gm$ df P»n$, éàt de i7«9. p. i6i et ii&.)
<*> .Le chltaaa de Cmmj. dit M. VtJkt k D».
-esl aa édifiée vaste, caafa d'oMay* et ébid d'an
• M>al jet. son* ans ««knié pninsnle ati
-dr
- blenimt (hoitie <t tts
rart dootla deacription ae
• BAli à ralrénM d'an plalaaa d* I
'gtili^. il donna
-qui s'4i««nt de
ilrtsind
55â DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Adde molendinum nianibus, si tempus adessel
Urgens, volvendum, furnumque in turre locatuin.
Circuitus vero turris, dimensus ab extra,
Qui tereli forma, qui puichra est conditus arte,
1)30 Non secus ac reliquae quas dicam in tempore turres,
Sexaginta viri tensas amplectitur ulnas.
Murus at illius nimirum est densus ubique
Quinque et viginti pedibus seu quatuor ulnis,
Adjuncta média ; qua re ne fallerer, ipse
430 Mensurare meo volui cum corpore totam.
Et tamen interius satis est spaciosa : pedesque
Quinquagiuta duos tam fundo turris in imo
Quani mediis spaciis habet; ast in parte suprema
Latior est multo, nam sex et continet in se
435 Octoginla pedes; ita plumbo tecta tenaci
Extrêmes inter cingentes undique muros,
Ut super, infusis iilic fluvialibus undis,
Servati fuerint tanquam in vivaria pisces.
Ergo videntur ibi miracula : qualia quondam
44o Deucalioneo mirata est ipsa vetustas
Tempore, dum pisces sunt capti in turribus allis.
Praeterea turrim circumdant undique fossa»
Praecipites, denso fultae circumquaque muro ,
Ex quibus apparet quod, quamvis hoslis iniret
445 Castri alias partes, tamen haec invicta nianerel.
Non reticendum hic est, puto, quod super ostia turris
Sculpta est efiigies illustris principis ejus
Qui primus fuerat castri fundator, et idem
Qui, cum magnanimus, cum praestantissimus armis
45o Esset vir, fulvum memoranda in bella leonem,
Vastantem patriam non paucis caedibus illam,
Perculerat sœvo mediumque ceciderat ictu.
Cnde monasterium princeps fundavit, et illi
^terna a domito posuit cognomina monslro.
455 Gujus adhuc palmae monimentum vidimus ensem,
Tarn longum quantum potui complectier ulnis
Extensis, cujus satis est quoque lamina lata.
Quo perhibent ejus dextra cecidisse leonem.
Hinc est victoris victique leonis imago
46o Gaelata in dura turris super ostia petra.
PARIS KT LKS VILLES DK FRANCK SOLS CIIAHLES VII. SSS
h linift, dans un nioinifnt d'urgence, et un four placé dan* la tour. Ia! dooioii. qai «al d«
forme ronde et Irnvaillé nvec art , de même que !e« aulrc» (ours dont je Mffarai ea l$mr
lieu, a soixante braitHfH de circonférence. Le mur du donjon a, dan» tovl« «M partiea,
une épaisseur de vin({t-(:in(| pieds ou quatre bras»e« et demie; |iour en Mit dus tàr, j'ai
voulu mesurer moi-ruéme tout ce donjon de mes propres main». Kl cependant k fiaU^
rieur il est assez spacieux : il a cinquante-deui pied», tant k ta liaae qiM dans la partir
moyenne; mais il est beaucoup plus large k son •oromet, qui mcaorv qMlf»>Ttagt-«it
pifd.s (le diamètre. Il est si bien couvert de plomb entre le» muraillea qni r«BlOWvnl tir
toutes parts, que l'on a pu amener de l'eau sur la piate-form« et y conserver de* poiMton»
l'omuie dans un vivier. Ainsi l'on voit dans ce château de» merveilles, telle» que ranliquil/
eu a admiré jadis au temps de Deucalion, quand des |ioiMons étaient pri* au haut dr»
tours. Kn outre le donjon est environné de toute» |>art» de fotaëa praCiNMia, défendu» tout
autour nu moyen d'épaisses murailles; par où l'on voit que, quand même Peasam «Btahi-
rait les autres parties du château, celle-ci resterait inaccessible ' .
Il est une chose que je ne dois pas taire : au-dessus de la [M)rlf di- \» lour «-.l «rulplrf
rima{;e de l'illustre |)rin(-e (|ui fut le premier fondateur du château ' . t^uuo« c'était en
même temps un homme niajrnauime et très-puissant par le* armes, il frappa dans une
lutte mémonihie un lion à la fauve crinière, qui répndait la dévastation et le meurtre
dans ce pays, et, d'un coup terrible, coupa ce monstre en deux. Kn souvenir de cet n-
ploit, le prince fonda un uionostère, et lui donna pour jamais le nom du monstre «ainrii.
tiomme second monument de cette victoire, j'ai vu l'épée du héros; elle est »i longue qur
j'ai pu à peine In mesurer avec mes bras étendus, et la lame en est asseï large : c'est l'épée
aviT la(|uelle le lion tomba, dit-on, frappé par In main du prince. Cest pourquoi refTigir
(In vairirpieur et du li<>n vaimu -c vdIi s(iiI[iIi'i' iI.ims I;i [iliTf dur»' «ur la porte de la
■•ili>s-.iis d'une riche vaiié», tpriiiini^ ou iionl-ouesl
'|iiii- In villr (li> \oyi>ii. l'I im iioni-rsl | m r relie île
"(lliniuiy ; il rouvro une surfiiri' «If «iix niillo mètre»
"i-nvii-oii." (Deseription du chAlea» de (Miey, par
\l. Viollol-lo-Diir, ntrliilctic du (îouvcnieni«Mit .
•j'.idil. l'nris, Unnce. tSC.i. in-8'.)
"' l.e donjon de Concy, qu'Aslesan ih'cril n\tv
Iwiinronp dr dt'luils, |K)rle, dit M. Violicl-le-lhic.
-;{i rnt'li'ps de dinniMt-e hors (i-nvn'snrO/i nuMrra.
-ilcpnis le fond du l'uss»- dnll<' jn.>M|n'nu ronroniie-
'•nienl. Oulro non l'ossi'. re dnnjon |)o«M'^ie une ei>-
«•(••niili- rirrnliiiiv on rhemi»e qui le |in)|i*jfi' rontre
- Ifs diOiors. . . - l'oin- liien fnin- «ppn'rier ia r«r«> de
<-rtt(> rcdontnlile rilniieile. M. Violiet-ie-Ihic expose
diuiH ifx liTnies siiivnnU la série d'elTori» qu'aurait
l'vijft's un sit'jjp en ri>}{ie : irl/a»sii'){eiinl devait Iran-
iriiir la preniièn* |M)rle el «on |)onl-ievi«. traverser
^nn rlioniin sons les |in>jerlil)~> iancés dt la partie
""iiiu'i'h'oro de la ckemUe cl du <
«deux vantaux et aflronter on akMNcaaIk It «r
• Ironvnit alors ra IJMe de h kene daaaaal tar le
"fond du bMsé de la ritmiw. ayant k sa gaadw b
»|iorti> ferr^ qui fnrnuàl le bas ifa Teicalisr 4r Is
•niisine. et arrêté dans la galgia wâkiimn par
•'une sourrr qui est un vérilays prils daw aa soa-
• terrain obanir. S'A lbr(«it la kvse. i fémittà
•'dan!< io frmd du fo<i< ialÉiiar. laqasi est éJÊi at
*»aii» coniiwmiiftioa avae b sal de la coar: Utta
•par les dëbaaas mpéritaia» da dsiiaa. qw bi
l'envoyaient de» projwifle» d'âne barisar d» (•
«mHn*. et par le ciM«nin de rende ds b «aartiaF;
• il éiail perdu, d'aoiaai que les kaaMMi aecapnt
«es cheniiB de ronde pouvait dsteadre par roHa-
• «ener b sauna sar ans phatha at fai eaapr
•b retraite, « lyaiamt b poterne déniera laL*
m Ei^wmnd Dl. sc%nenr de Caacy. qai It
bitîr b cUisan de issSi i«So.
7«-
556 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Nostra aetas igitur sese vidisse leonis
Victorem gaudere potest, velut Herculis aetas
Gavisa est ab eo NemeaeaW mole subacta.
MIE TUBBES.
Quatuor bac aliae non multo turre minores
A65 Hoc sunt in Castro, vario raunimine, turres.
In quaruni'*' existunt thalami, non parva decoris
Ornamenta sui, très unaquaque locati,
Sub pulchra egregie facti testudine, sicut
Est turris major parsque ejus maxima castri.
470 Est et in illarum fundo, super humida terrœ,
Humanis carcer parvo pro crimine factus;
Carcer at horrendus tetro pro crimine faclus
Turrium in ima jacet vasto telluris biatu.
CAPELLA.
Hoc Castro est factum divino in honore saceliun?,
475 Dives imaginibus petrae variisque figuris;
Aurea cui superest non parvo l'acta décore
Testudo, variis varie insignita figuris.
Sed nichil hoc vidi praestantius ipse sacello,
Quamvis mulla forent pulcherrima digna relatu.
48o Quam varia in vitreis posita ornamenta fenestris,
Ditia imaginibus, vario preciosa colore,
In quibus intégras veteris spectare novi(|ue
Testamentoruni vel nostra œtate licebat
Historias. Heu! Heu! Sed longi tempore belli
485 Hostiles illam non parva ex parte prophana»
Diripuere manus; namque illo tempore castrum.
Quod capere armorum potuisset nulla poteslas.
Perfidia interior crudeli subdidit bosti.
Quanti autem fuerint dicta ornamenta valoris,
490 Dux Bituricensis regali e stirpe Jobannes,
Qui pro prœdictis, quae longe optabat babere,
Aurea scutorum voluit dare mdia bissex,
Atque illas iterum puro redimire fenestras
Vitro, monstravit, aliis ne testibus utar.
"' Nemeœa. Le manuscrit porte Netnea; mais le vers serait faux. — ' Sic, pour ijuibvs.
IMHIS KT LBS VILLKS DE FRANCE SOUS CHARLES VIL M7
tour. Notn; tcm|)ft peut donc »e flatter d'avoir vu le vainqueur d'un lioo, eoMM Tifvmt
d'Herculi! n'est r(^jouie de la victoire qu'il remporta tur te lioo de Héiaie.
LBS AUTKKS TOIM.
Quatre autres tours, qui ne sont guère plus petite* que celle-ci. et dont Im iHamm
Hont (liiï/'nntes, ne trouvent dan» co château; dên» ces loan sont établi* trois apparte-
ments qui en niigmentent benurnup In heauifi et (|ui tonl adioirableflieol HiipOi<h au<da^
sous d'uni> helle voille, roninie est In f^rnndf tour, la partie principale de rtrrhêlw"' Il v
a dans le fond de ces tours, sur la tern- humide, une prison faite pour Im Immbw coa-
pnbles de fnutes iéjjères; mais un horrihle cachot, réservé aui crime* affrcoi, «at pratiant
dans In profoiidcur des tours et dans les entraill«>8 de la terre.
I.\ IIIAI'KLLC '.
Dnns i;e chAlenu est construite une chapelle en l'honneur de Dieu. enncliK <iim.i(j.-.
de pierre et de diffi'rentes slnturs; elle est surmontée d'une voâle faite avec beaacoopde
ningnilicence et diversement décorée de ligures vari)><*s. Mais nen dans c«tto chndlt.
malf^ré le nombre des merveilles qui la décon>nl, ne m'a paru si beao qo» lai difcn
ornements des vilrniix, riches d'ima);)>s, endirllis de mille couieun. sar Iflaquel* oa po«-
vait encore, de nos jours, conlenq>ler Ira sct^nes de l'Anripn et du Nouveau Tealanwol.
Ilélns! Iléins! Pendant la durée d'une lon};ue guerre, les mains profanai daa <wwi»
l'ont dépouillée (>n grande partie. A cette époque, aucune force armée n'aurait pn
réduire le rhîllenn; mais la trahison intérieure l'a livré à un cruel ennemi. Quant à la
valeur de cette décoration , le duc Jean de Berry . de la race royale, a monln» ce qu'elle
était : pour ces vitraux , objets do ses plus ardents désirs, il avait voulu donner douie mille
écus d'or, et avait oITt-rl en outre de faire garnir les fenêtres de verre blanr. J.» m- wm
point invoquer ici d'outrés témoignages.
''' 1*9 Imirs ili' (.iini-y. ilil 'n..!.' M \ lollol -iiL-iiiirirn-». •.•■« [m.'O'^ «..ni «"Ol»-»-». t^ In rtH-tr^
le-Duc, ■prt'scntfiil doux rlii|;i'^ .Ir i,i\.^ .lli>'i- -«•■cIi<'\uui-1m>iiI à (-iM<|ii«*>H«gp. In iiininrUiil m>
"ëlagcs do salle ainhrssus du sol. san~ < mij.i ■ «denaadn videset fMVNvw.etsMiiNailfcàlpaar
Ki'ëtnf;!' des (-«iiiiiiii's l'ilr^ smit saillnni ' voir Unm kl poïala 4a dilMn •( aartoal paar Ari-
iT courtines, de miimiii'ii' .1 les hicn |]nii<| 'ter let léMrdai vartkaht qai at
" n'ont |>ns moins de 18 niMrrs do diamètre bon *eea aorifla de MailradMNH, lonoi
"anivrn, sur .lli miMn^s onvinm oii-<l<>!t!ius du sol -loos au-deMat las aaa da aalna. Daai
"cxti'ricur. (.es («cnliers à vis ne mnntont |his d<> '«ont pratiqua daaa lai sain.»
irfond, mais s'interrom|N>nt h |)ar(ir du premier *' fjicliaptledncyiMadeCaw^iilailapfa)^
'•ëlagc. |)oiirre|ir(>ndn' d(< Inutrc raté de TenUvcdp h b graad'tale daal la dtaariptiaa va laiiii . H
"la tour; c'était lui moyLMi d'i'vitiT les trahisons, en eHe looeiiaît aa doi^jea par aaa cknaL Bit 4kil.
"forçant les |iri-sonnes qui voulaient mouler sur li-« dit M. Viflllii4»Dae. eoaçat <t (
"IMirsiMïls de |>asspr |>ar l'uno di< sjdk-s. . . - <,>unnt l>jHrille.(iroa ea j^ge par Iti ft^
h leur distrihution iuléricurr. I<< savant archited» uruIo •!•-> uir^Maai dis faallrai fû Itachnl b
la diVrit aiii^i : fT('.lini|ii<< rhaiidire, i |Mirtir du m- loL Oa y anhail, eaaMBt à b i
'de-chaua«ëe, se compoM k l'inldriciir de ùx pan*. palais, ptr le
"avec niches, dont queique»-unos sont pareëttta II n'en rctb' anjoarinHii fm b
558 DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
SALA.
495 Aula est praeterea castri pulcherrima, iiamcjue
Quinquaginta pedes lata est, et longa ducentos;
Quam super alta manet testudo, cuique fenestrîB
Et multœ et magnae clarissima lumina praestant.
Quatuor haec in se forma praestante caminos
5oo Continet, in varia murorum parte locatos;
Quorum sunt bini fabricati ex ordine pulcbro
In capite ipsius aulae; quibus imminet alla
Orchestra, exiraiam mire confecta per artem,
Et variis signis variisque ornata figuris.
505 Quodque magis miror, tam docti facta magistri
Cuncta fuere manu, quod, ni michi lumina testes
Essent, vix unquam potuissem credere frondes
Arboris et fructus, uvas et plurima parvi
Corporis, in petra sculpi sic posse rigenti.
5io Illinc cum nymphis dorainique virique potentes,
Semoti a populo, possunt spectare choreas
Et iudos, si qui tota celebranlur in aula.
NOVEM PROBI.
Adde noveni veterum fama prapstante virorum ,
Nomen apud Gallos clarae probitatis habentum,
5i5 IHic compositas ex petra albente figuras.
Ex quibus existunt Judea ab origine nati
Très domini : Josue, Judas Machabaeus, et ipse
David; très autem gentilis sanguinis : Hector
Trojanus, Caesar Romanus Jullius, atque
5ao Magnus Alexander; très vero Régis Olimpi,
Qui fuit ob nostram passus tornienta salutem,
Excoluere fidem, certe meliora secuti :
Arturus rex, et rex Magnus Karolus, atque
Is qui pro Christo postremus subdidit urbem
025 Jérusalem, aeterno Gothofredus nomine dignus.
LODOYCUS, DUX AUBELIANENSIS.
Addidit bis genitor nostri bujus principis , héros
Summae virtulis, Lodoycus, munera longe
Promeritus famae, qui non mediocriter auxit
Hoc castrum,
l'AitlS ET LES VILLES DE KHANCE SOUS CHARLES VII iif
LA GR*?rD*<iALLE " .
Lu fjrandValIc <r^t lu [tliiH Ix-llu du chdUsau, car elle «at large de ctiM|aaaie fiaiê et
loii);uc d<f (U'Aix c(MiU. Au-<l'-ssiis ri-ffut une voâte élevai det feoéiraa ■oadNWMaa «I giWidM
y foiiriiiH.H<'iil une JuiniiT)! Ir<-!^briilanle.
(1(>U<> sdiln renferme, dan.H diverses parties des munidlim, uiuitr? di«nauwn d une (orne
ri!nian|ual)le; deux de ces rlierninées sont d'un bel eiïut, pUe4ea M luHrt bcwl de la mII*.
Au-dessus sVIi^ve une haute tribune admirablement ronstruito, d*aoe ridM afdntadw*
et orni^e de statues et li|;ures variées. Vtti que j'admire \e plus, c'est que loutn le» partie*
en sont faites de la main d'un artiste si habile <|ue, si met yeut n'en avaient éli
je u'uurais jamais pu croire que les feuilles des arbres, les fruits, le* raknaaet
d'objets si délicats pouvaient être ainsi sculptés dan» la pierre dure. Catt du haut de (
tribune cpie les sei|;neurs et les personnages puiaaants, en compagnie de*
assister, séparés de la foule, aux danses et aui jeui qui ont lieu dans la salle.
LES Stir PRKt \.
Ajoutez à cela les ligures des neuf guerriers anciens, d'une gloire édatanle , qui onl(
les Français le renom d'une illustre prud'humie, figures sculptées en pierre Uandw
cette même salle. Parmi eux sont trois Preux nés de la race juive, Joeu^, Judas Madiabée
et David; trois du sang païen, Hector de Troie, Jules César le Romain H le grand
Alexandre ; trois, au contraire, ont suivi une meilleure voie en embrassant la (bi au Roi da
ciel, qui n souiïert le <lernier supplice pour n<ilre salut, savoir : le roi Arthur, le roi Cbar-
lemaji'ne, et celui qui, le dernier de tous, a triomphé, pour le (Ihrist. de la ville de Jéru-
salem, (jodefroy, digne d'une gloire éternelle.
LOUIS, DUO D*OHLKA!«S.
Aux statues des ni;uf Preux, le père de notre prince, I^uis, ce béroe de si grande terta,
digne d'une éternelle renommée, Louis, qui a tant augmenté eacbâlean**, en a ajonté une
dixit'^me, qui appartient à la nation française.
'" \m grand'sallc étnit |ios(drieun> à la conutntc- porUnlas. El» avait pour v«Al» la» i
(ion du donjon : elle fiiisait pnrtie iIoh iMÏiinieiiN Imi». avM berceao «gival «■ bwdtao.
njout(fs pnr l.niiiH d'Orli'nns |>oiir reixire l'hnl)ilnli«n '' Cfld eonCrM» ropÙMNI d» M. VidhM»4hK ;
(lu cliiUcmi |iliis l'iiiiiiiiiHlt;. Kllc iM-cii|>nii un \asii' •IxMii* d'Orléafw, i|M It Ulir b «hil»»a d»
••s|iii(v<<)m|iiis entre doux tour» d'angle, et n"!;!!»!! - Picfrrfopd» . yartJail aiesi sli» Paris H h Fka»
nu-detisiis do vnsli's in.'i)^iisins ipii foruinioiit le n-/- -dre deox piaeas d'en» gnMM» MipartaM». C» fal
di'-rlinus!«'<Miii luUiinenl.On rn|i|H'lnilln(irnnd'Sflll<' -lrts-|VobahlnMaltBII|ailll
ou lt> TriJHuwd di-s l'rrux. porce cjuc les «Utue» di- 'partie les bâliMtnls dliaiMtoiMNi ihi drflMa dt
rcs ucufjfucn'iris \ l'ijruriiirnl dsiisdcs niclH*». Kllr -Coaey,l»tgiWMWS»assdlBrlOTi4a»inmB»s.
t'Uiil rcloiity II sou i'\ln'uiil<' niéridionnie par mu- -etqaïBt torAvMflssaMJinMseNHiassMlHips
({roiido verrièn' ou verte diii)» le |ii^non , oi rhauiïtV . - d hngiHTiaaa ill . D apAs Mr «araslln snas»-
uons dit VsteMin, pnr (luiiirv rlniiiiiH'i-^ M \ i"ll''l -iUgil|B», CS» COHlnMllSas WÏVMl appaiHMr à
le l>uc n'en ron»|iteiin.'d.Mi\ ■ i - ilus un -r^|io«|«#d»raeifByiiao«kidMMi«»d»Ca»ry |Mr
560 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
BERTRANDUS*" DE CLASCHIN.
Decimani Gallorum ex gente figuram,
53o Militis insignis Ciaschina, proie Britanna
Nati, Bertrand!, quo nullus major in armis
Tempestate sua fuit, aut prœstantior omni
Virtute, et toto fama prœclarior orbe.
NOVEM PROB*.
Est et in lioc castro thalamus pulcherrimus, in quo
535 Mira novem veterum mulierum'*) prostat imago,
Quas solet appellare Probas gens Gallica vulgo.
Hic est œterno memoranda Semiramis aevo.
Assiriorum habitu quondam regina virili,
Quae prima excelsam muro circumdedit urbem
54o Coctili, ubi magnus Macedo mala pocula sumpsil,
Primaque femineo tulit arma v^rilia dorso.
Hic est illa ferox Thomyris'^', regina Scytharum'^,
Quae, privata suo per Cyrura*^' acerrima nato,
Regem intra montes astu produxit, et ense
545 Stricto biscentum comitatum milibus illurn
Femina truncavit, penitusque superstite nullo.
Hic est Deyphile, quœ cum virtute virili
Prœstaret, validis Thebanam dicitur urbem
Exsuperasse armis violentoque igné cremasse.
55o Sunt et Amazonidum reginœ, nomine claro
Notae, Lampedo, Menalippe, Marpesia atque
Orithia, suo prœclari nominis œvo;
Quœque suum auxilium Trojanis praestitit armis,
Penthesilea ferox, doctis célébra ta poetis;
555 Necnon Hippolyte, quae, quanquam Thesea pugnans
Straverat, Alcidem comitantem in praelia magnum.
Dein tamen Hippolytum castuni concepit ab illo.
Hae tanta ex petra fictae sunt arte ligurae,
Quantam unquam credam quemquam novissc magistrum.
56o Non secus antiquos, Eufranora, vel Policletum.
Aut Phidiam, artifices veterum simulacra deoruni
''' Le manuscrit porte Beltrandus, et de même "' Le texte porte Thamiris.
au vers 53 1 . i) Le texte porte Sithurum.
'' Mûltèrvm; faule de quantité. '> Le texte porte Cyrrum.
l'AItlS KT LES VILLKS DK PItANCE SOUS CHARLES VII
Ml
HKItTRANO 01' G0K8CLIN.
(i'i'st Ih hIhIuv (lu rilliiitln* rliuvalior H<-rtraii«l. ni de la maiMi) lirvioniie, l)u GurtHin,
l«! plus ijnind |t(ir h;» anncH (|ui TAt <lc tuiii li-iii|>s, le plus f8iiH>ui par lOMlci In tmiis
f;ii<Tri<'T<'R, et l<* plu» illiiNtn* par ita rfiioiiiiii<'>c dan» le monde «olier.
I.KS MCI K l'IlKlSKH .
Il y » encore duiiH ce château une Mille iiiaf;nili(|ue, dans laquelle ae tiMneol fêàm-
r-iilili'N imn^jes, le» statues de neuf feiiunes de ranlii|uité, que la nation fraaçaHe iiwill»
(irditiaireinent les neuf Preuses. lÀ est S/'inirniiiis , jadis reine d'Awyrie, retle fratine à la
déiuarclie virile, et dont la int^nioire vivra dans tous les âge»; «jui, la preouèra, rnloura il*»
niiirnilles de liri<|ucs la ville «Mevëe où le fp'and Mac^Monien alisorba une rou|»e nnpotMMH
n«W>, el (|ui, la première, porta sur ses épaules féminines des annea viriia». LA eat la
fnninrlie Thoriiyris, reine «les Scythes, qui, privée de son fils par Cyrus. <^||pu« le roi. par
luif ruse, jiu milieu des nionta),'nes, et dans sa fureur, le friaiti- à la main, le lua, loulr
femme i|u'i'lle était, ainsi que deux rent mille de ses ronipa|;nons , prrai|ue tam eo
laisser é(-hap|)er un seul. lÀ est Déiphile, célèhre par sa vertu guerrière, qui dompta.
dit-on, par la puissance de ses armes, la ville de Tlièbes, et la livra à la riolcoce de»
t1amm(>s. Il y a aussi les reines des Amazones, Lam|M'-do, Mënalip|>e, MarpMe H Orilhyr .
connues par leur illustre nom dans un temps de ri'nomniée «Tlatanie; et relie qui a frété
son secours aux armes des Troyens, la ilèr*> l'enthésiléc, chantée par les Mfaola poétoa; H
cntiii lii|)polyte qui. après avoir, dans un combat, vaincu TliiWe, le cofflpipMMI du grand
Hercule, eut cependant de lui le chaste Ilippolyle. Toutes ce» statues de pierre aoal bile»
avec tant d'art, que je croirais qu'aucun maître n'en a jamais autant déployé**. Ceat aioai
que les sculpteurs antiques, Kufranor, Polyclète, ou IMiidias, ont dû, j'imagine, fafoiiaer
co prince, c'esl-à-iJire aux |iicnii^i-e» oiin<*» dti
XV' siècle." ( nr^criptioH du château de Loury , p. «•».)
'" l,»>s iifiif i'iciix cl les neuf l'riMiscs étaient en
ffriiiMl ln)iincur au moyen Age; la décorolion ilu
iliiWenu <le Coucy en foiiinit In preuve. Ou le» foi-
Huil. fil oiitrt'. Ii(;urt'r il.iii» leslii^lp» et njonissonc»-*.
l,ors de l'enln^e solciiiiclle de Hnnri VI h l'nri».
-ilfvmit liiinviiit les neuf IViix il les neuf IVlict
-ilniiics." {^Journal d'un llourgeoit de l'un* . t^\. de
1749. p. I&4.) On trouve leurs armoiries et liur>
loiiniiji^es. ou épijp-nphcs en vers, dans divers ma-
Miiscrits do In liililiotliè<|ue im|M'rinle, et. do pins,
lions ÏArmorial du héraut Berrif (Par», in-8*.
|i. VU, note). Les Preux ol les Preuses. dit M. Nallet
de \ iiiville. ont limnii ili-s é|i'inenl»icoiK>};rn|iliii|iii>^
pour les cartes n jmicr.
f*' On s'étonne de ne jmis voir lijpin'r ici l« ilivn'im-
Prcti«c, roniiiie Du (liic^clin vii-iil ii In -i"'- •'•'- '■•'"'
ancicM Preui. ieaaoe d'Are, qw aéntail «it !■•-
neur au ntêne titra que k bén» bnlaa, ae Tavail
sana doute point owora obleM. car b graoïliriii
minëe de la lalb de ÙMcy. laie qw Du Cunmm Ta
rqirésenlée. m porte que I» mmt IVauaa de Ta»-
liquiié. A l'f'poqneoA Aliéna éeriveil (i4(iK b
iiMimnin' de la Pucelle n'élail pojal OMar
de I oppmbr* : la réviaion de mm peeb par 1
de Cliarie» VII, rt b iftiliaimiia par b pape
('.«iixte m. ne iblml que de lAM. Cerf pMV ee
mnlirqu'il n'art pool qiwlio» de llrirriM daaa Im
fléiaib c|ue doMM Mirv pnMe nr ha gMmacaaIr»
le» Anglais. M. ValM de Virivile. •■ mni àtf-
Tmuâ»Hmlmnéi Omim VU (L II. p. S«). r»-
«oole aae partkuhfild des plu» tmmmÊn m mft
deladixi^melVMmeldadùiteahvm. «JeaMw
-d'Arr.au débot deia farritf*. «abadilparlardr
-l.nnix' d>> ljt\a\ ifiii «armait k hw épout b
562 DOCUMENTS ET ÉCIUTS OHIGINAUX.
Magnorumquo virum credo fmxisso figuras,
Ex (juo perpetuum meruerunt nomen habere.
Hune gemini mira fabricali ex arle camini,
565 Supposili dictis laudando more tiguris,
Exornant thalamum; nec non in robore niuri
Abditus egregius locus, in quo, nemine quic(|uaiii
Advertente, potest princeps cumulare suoiuni
Conciiiurn proceruni, vel scribere dum placet illi,
570 Aut facere occultus quicquid velit atque reinolus.
Sunt alii niulti tbalami multoque décore
Et vario ornati, quos est mora longa relerre.
Transeo praestantem dignamque Nerone coquiiiain.
Et stabula in castro pro niultis apta caballis.
575 Transeo permultas scalas in robore nuiri
\dmiiabiliter factas, et nuUa ferentes
Impedimenta locis, tamen illis sudicientes.
Ti'anseo et ingi-essus castri cui;n roboie lanto
Factos, ut nullo valeam describere versu.
•')8o (Juid, quod sub terris varia ornanienta iocique
Munimenta jacent? Nam quadraginta prolundus
Is locus est gradibus, condunlur ubi optima vina,
Forti et miranda totus tesludine tectus;
Cujus parle iatens est subterianea castri
585 Tutela, hostili cupiens obsistere fraudi.
Est etiam puteus sub cœlo factus aperlo
Parte alla caslri, quem subterraneus iiil'ra
Est thalamus, miro fabricatus more lalenter,
In quo Couciaci''' dominus consueverat aurum
5i)o Abdere vel gemmas, prcciosaque lalia reruiii.
Praetereo quanto sit praedita robore porta
Ipsius villae, qua vix est fortior alla.
Possem praeterea varia ornamenta referre
Nec non illius castri munimina, nec non
595 Quam sit l'rumento, (juam vino l'ertilis, alque
Fructibus et reliquo telluris munere; sed, cuni
Multa meis restent alia exprimenda camenis,
Ha>c satis esse veiim de lanto carmina castro.
''' Le texte porte Coneiaci.
l'UllS KT LKS VILLES I)K FRANCE SOUS CilAHLES VII. MS
h'n NtaliiitH (IcR nncicfis A'tnn cl h"» li/;ijr«'H dt'n ^imiuU lionimi»*. n-mn-^ <iin four «■ni •»'^(/
lin rciKiin iniinorli'l.
I)<ii\ (•lifriiiiM''«'.s, coriKlruilt'K avec unarl atiiiiir{il)i«'.i>u|i|Mtr(i'nt ■ . .,
<l (If'con'iit nllf s(illr'">. || y a auui. dnti» IV|*ai»i>eur du mur, un ml . rH i^ birn
construit, diiiiH li-(|itr>l, nana (|uc |i(>rHonrii* i-n sache rien, ji* prince peut réuoir le tamtU éf
ai's ip-iindH, (Ml tVrin' i|ii(iii<l il lui |>laii. <•! Tain' tout rc i|u'il vpui «n tecni et k Téeart'*.
Il y a l)ciiii(-()ii|) H'aiitrcH rlniriilircK orn^>>i d'olijflii noitil>r<Mu et tariéi, et du'il «evaîl
lr<i|) li)ii(; (If ra|)|)orl<T ici. Ji- \mnnt- sou.s Mlcnri- une cuiMnv niagnifii|ue H digne de N^fWl .
iiiiiHi <|ii<- dos iViirii-H, duiiN j'inti^rifur du rliâlfau, |N>ur rorevoir un fjnind nombre de étr^
\iiii\. J<- ni> dis rii>n do Iouh h-h escaliers ailinirnblemenl plac^ dan* P^ÏMeur du nur.
ne cHu.Hnnt aucune ^dne aux chambre» et ituiTiunt {lourlant à tee deHenrir"'. J'omeU enfin
les entrées du château, iti Hidideii et si bien diM|*oM(e» (|ue met ven se Miumienl \r%
décrire. Dirai-je que ju.s(|ue dans le.s profondeurït de la terre m> trouvent dceomeawnl* va-
riés el des fortiflcalions? L'endroit où l'on con»erve |i>h vin» le» meilleur» eal profond de
(|iianuite ninrches; il est foriiié tout entier d'une solide e| nierveilleune voitle; el r'cvl dans
celle partie (|ue se trouve lu défense cachée et souterraine du château . tiui a pour bal de
résister aux surprises de l'ennemi. Il v a alls^i, dans une autre partie du cbitaaa, on pails
à ciel ouvert, nu fond du(|ucl est une chambre souterraine, construite •eerètcnenl , d'âne
manière merveilleuse, et dans laipielie le siMf^neur de Couc} avait coutume de cadMT Ma
ni- <■! ses pierreri«>s, ainsi (pie tous se5 objets pri*cieu\ '^'. Je païae son* liicoce la solidil'' dp
la porte de la ville, la plus forle (pji existe. Je pourrais encore dArrin* des onwwb diver»
et d'autres défensis du chAleaii, dire combien les environs sont fertile* eo bMi, en no*. en
Iriiils e| autres biens de la terre; mais, comme il reste encore à ma muse beauroup d*aulrr«
< liiiM-s à retracer. j(> voudrais (|iie celle description d'un si f^rand chAlean pAl vihi« -iiflîr<> '
-||i'iii|il l'ciiiiii-Uilili' |lii (tii>'-<i lin. I.ii l'(ir>-ll<- i-(iMl •■Il M. \ ic>lli-l-|r'|)iii '
- l'ii|i|i<irl.s iiv(>c II- jfiiiic \niliV lie l.(i«al. |M-lil-lil« liei>(liirliAleeii(lf>(]4iii' :.{,.j.-..,
■file rillustrc veuve, qui fut depuis le morérb,*)! «le Ir rn irlrrnjqinrlriiinili iiiiiuJifcrhli i
-l.oliénr. Klle ilélnrliii lic sa iii.'iin nu |H>lil uiinpou et à iiMtcrlmMfcBWUf»defapheeeBWS<lr •
-(riiri|ir(>ll)* |M>r(nil.et loreiiiitii Aiiilr>^ en jerlinr- ' Ce poils sahsisle nmni auis la ri'
-([(■ont (le le Iransiiicltrc de so port h Mfldnnie de MMilermine n's |)eul-Are nmté tfm das I
- {.iiviil. C'élnil l'lioniiMn}[e de la dixième l'reuM' à la nation de» bisteha». Des Ufmtim mmàiiktm, «U
M. \i<>llp(-l»-Diic. sallaAwt an nma* ^ hMM
' Du (iciTcnu, dans son ouvrage inlilul<' />» le« chAirmix du mojrca Ige.
jilux r.rrrllenln liiislimml» dr h'nnin- , n ilonné le d(<»- * *Tottl est rolossal ësos cHIe fiiiliiMW; H—l
Mil lie ces deux cliiMuiii)'<-'< •' 'I" *' ''' '"- '|<ii "que exécul^ «ver graed SMi. la niasInirtMi «
l'ii );nniiss(iiont le ninnleiin - quelque cboM de mdectdesaava
' Voiri ce que dit de ce caliiiicl M. \ lollrt-le- 'l'Itonime de notre leai|M. Il siaïUi ^ae ks bah»»
Duc : 'In Imudnir. pris aux d<'|ien!t do ri<|>ais.<pur •lanl» de relie dsawwie thdsis dws
-de la rourtine. arci)ni|Ni)piiiit lu imllu dra Pretisi-s. -• une racedtgéMls. Car iaat W ^ai liât A raM|e
-(ieltepitVcërlainie par une (grande et large tendre •habituel ed k wmt <diJs si|ii^»iniii t Is attie.
'donnant sur In rnnipn)pic du nMé de Noxnn.et.iit 'LesBiarciM»de»fMali«».ksil%n4n(
iN'Iaiiii'iui-n! le lieu le plus ii|;n'>nl>l(- du rlutlenu : *les liaBca SMt Mis pow dw haaMMS (faae taBr
• une |)elile riieniintV la riiniilTail . et elle éloil voAti'e -«iMlewm» de l'onliMiirp. - t IWnflMa Jm liimtu
-avec t'N'gonrc par dt* voAIn d'orale». » ^r ^Jwwy. p. » i . •
56â DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
LIJGDUNUM.
Ergo, ul seniotas a dictis vertar ad oras,
600 Vidi Lugdunurn, prisco sub tempore firinam
Rhetoricœ sedeni, mediam qiiam séparât iiihem
Lucidus amnis Arar; cujus quoque md'iiia pra'ter
Labitur exundans Rhodanus, qui dividit ipsam
Galliam ab Imperio, cui non ea libéra paret.
6o5 Unde ferax terra est propter duo flumina frugum.
At latere ex ab'o defendunt undique montes
Urbem, parte tamen fructus et vina ferentes.
Is nions praecipue cui Decollatio nomen
Praebuit : hic etenini sanctorum rnulta virorum
610 Milia, martirio pro noniine dedita quondanï
Proque fide Ghristi, caput obti-uncata fuere.
Quorum sanguis iens subjecti ad fluminis undas,
Hiarumque rubrum reddens (ut fama) coloretn,
Fecit ut a toto dicatur Saugona*'' vulgo.
6i5 Qui prideni fluvius ab arando * nomen habebat,
L'tque a truncato teneat mons nomina collo,
In quo templa duo digne fundata l'uerunt;
In quo tanta jacent illorum corpora sancta;
In quo sacratae pars est inflxa columnae
«ao Ad quam passurus Christus fuit ipse ligatus;
In (|uo praBterea sunt plurima longa relatu.
Adde quod banc urbem juxta est memorabib; bustum
Qui vulgo Tumulus geminorum lertur amantum.
HERODES.
Herodes siquidem jacet hic cum conjuge cara,
6is5 Propter quam caedi jussit caput ille Jobannis;
Qu* fuit hune, niagno stimulata ab amore, secuta .
Donatum'*' extern* propter sua crimina terrae.
PILLATtS.
Dicitur bac eliam generatus in urbe fuisse,
Quamvis ex coitu damnato , callidus ille
63o Pillatus, nomen retinens ab utroque parente :
''' Le manuscrit porte Sangoiin. — '' Allusion au mol latin Anir. — ■'' Ihimnnium?
PAKIS KT LKS VILLES l)K FitANCK SOUS CIIAHLKS VII.
&«S
LVO.%.
^m
l'our parliT d'un |iiiyM *';loif{né di; odui (|ue j<f vii;n)t de diicrin*. j<* dirai donc nue i
Ml Lyon, tiutn>foiK st^jour aNHiiri^ d<> tVlor|U)*nas \\\\i' i|u<' diviiM?nl fii deut lr« raut lÎMi-
|ti(l)>s (le In SnAiH-. Kll<- il tlfs inurailli-H le long doMiuflUw eoale, «a boailioanuit, le
nii^iiio, i|ui »t<^|)arc lu Frano! di- rKiii|)ir<! ' , dont cette contrée ne veirtpMw rwMNMlb»
siijtilti'. Lt' voiHiiiugf di'H d(MU fleuviis rtfnd If pays fertile en moilMMM. I)a eàU oppOM^. b
villf t'Hl (l)'-ri-ndiif |»ar di>!« iiiontaf^neH , dont une partie cependant |Mirte de* fruit» ri d»
vinH, priiicipali'iiient li; mont i|ui a reçu son nom de la Dt^collation. Ce*t là, en eflrl. une
|iliisi<Mirs milliers de xaints, livrés aulrefoin au martyre |>our le nom et |iour la foi da
(ilirisl , eurent In Itlte (rarirhi'e. Leur »anf( coulant juM|u'aui vaui du fleuve qui bainir
lii iii(iii(<i|;mc •■! reiiiiuiit leur couleur rou|;e (suivant In tradition) a M csnte que Uwt le
|ie(i|)li; ii|)|iflie SiiôiK* ce lleiive i|ui d'ubord avait reçu Min nom dc Faction de labeuffr**.
(i'est cet événement i|ui a fait donner le nom de la Décollation à cette montagne, «ur U-
(|uel|e ont été fondées richement deut églises, oîi re|N)sent les corps de tant de saint», oà
est phicé(> une partie de la colonne sacrée h la(|uelle Jéitus-Christ , avant sa pawinn . fat
lié en personne, où sont eniin beaucoup de choses qu'il serait fort long de ra|>|iort«r.
Ajoutez <|u'nii|irès de cette ville est le mémorable monument que l'on np|M-l|p vulgairement
je Tnmhpiiu lie» l)eux-t\miiiit».
Hénooe.
Ib-rode y est enterré avec sa chère épouse, |iour laquelle il lit coujwr la tête de sninl
Jean-Bnptiste; poussée par un violent amour, elle l'avait suivi tur la tem- étrangère, etîi
iiiKpiel fut condamné ce roi pour prix de ses crimes '* .
PII.ATE.
On (lit iiiissi que dans cette ville naquit d'une union illinle tr niM- l'ilatr. qui rrrot
'•' Dons In |nirlii' sii|M'rieurt* de son roun.
'•' Asiesnn fnit ici (illusion, non |>oinl h ta per-
si'>ciilioti (If l'on 177 «lonl fnivnl viclinii's l'olliin.
Illniidim;. AtUilc cl une cinquonlaine d'autres chré-
lit'iis. mois à celle de l'on -loW. Il n'y ont pas rniiinii
fil 177, un vnin Hiiniilorrc de jiifp'nifiil; l>' iii.i~
soeri; fut instontnné. On comptn l<>s viclinics |Mir
inillifcs, dilM. MimPiilroii : -Kninnies.fnranI». vieil-
- lords, clinHif IIS df louif condilion pirinMit <'jj'>rfp*s
-don» leur demeure, sur Ifs places publiques, don»
-Im rlianips. porlmit où l'on poiivnil Ifs nllfindn».
"vi tout pitifii <*lnil Iwiirreoii. \a\ snng de* \icliiui"s
"joillis.snit il Ilots dons les mes. et leignnit do ta
-roiileur les eaux d»>s doux lleiivos.- iHulotrtdf
Lyon. I. I. p. tX • ' M Monfslron ojoiitoon iiolo :
-if M croM pas qa'ii soil aéeaaawv dv
• l'opinioa de eau qpn bal dèmr k «NI de la nie
-du (joarguilioa î» Mng das — rt)n eoelHl h
- flou la long de caHe peele. • — U ngal dt h Dé-
mlUtion est piiibiM— I Poarnèna {fmwm mém).
<>unnt nr<'tyiiiolagiedaanl&iy«H,«|«'Mln««v
diin« Aimniealiawaline>daB>Cr<giwi«de T— n.
nous en laiwMi la napaaMMM k AiIiiib. Cm»-
•ahar k cal digard h mémmnà» CX.Gnmàmt
/^ MMM W la «Mm ifc fa SiAw. ( If «I
fUifm, aanéa i8m. I. V. p. • j^>
'*• \m fmliw dts Dmx-AwmHê HmI 1
la eaotpagne dt Lyen. sar b m» droit» dr b
SsAoe. su Kw appaM Jiigai^. Célail at s^fat-
titre gallo-mmaiar.
566 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Nam pater illustris Tus; mater, femina vilis,
Pilla, molendino fuit ilii assuela paterno.
Urbe hac Baptistse sunt inclita templa Joliannis,
Centum canonicis et ditia dotibus amplis;
(isr. Ut taceam vasto castrum insuperabile saxo
Fundatum, toti dominans excelsius urbi.
HiEC igitur fortis, formosa et fertilis urbs est;
Nec minus est omnis ludique jocique referta,
Atque voluptatum cunctarum, ut possit in illa
tiào Urbe suas rredi sedes Epicurrus habere.
BITURIS.
Vidi urbem Bituris, in qua fundaverat olim
Dux Bituricensis, fama praestante, Johannes,
Quod mira ornarat forma, perluslre sacelliiin.
Id tanta docti pictum fuit arte magistri,
645 Ut ferme vivens omnis videatur imago.
Ne dicam fultas vitro lucente fenestras.
Ornatas multis varioque colore figuris.
Hic ego relliquias quae conservantur in auro
Argentove sacras vidi, quas dicere longuni
65o Esset, praecipue puerorum ob nomina Christi
Caesorum partes, integraque brachia totis
Cum manibus, totosque pedes eu m cruribus ipsis;
Ut taceam gemmas et niagni ponderis auruni
Quo crux est illic precio fabricata supremo.
655 Transeo quam magnum, quamquc omni parle décorum
Sit Stepbani templum, quod toti pra-sidet urbi,
In quo sancti hujus fertur requiescere corpus.
Hic etiani dignas illustri principe vidi
^des, quas summo studio argenlarius alti
66o Régis, tantum animo quantum ditissimus auro.
Non secus ac notus pneclaro nomine Crassus,
Construit; et, quamvis nondum finiverit illas.
Jam tamen absumpsit scutorum milia centum
Aurea, dum pulchras fabricare enitilur aedes,
665 Percupidus ne quid speciei desit earum.
BLESIS.
Verum ut de Blesis aliquid quoque dicere non sim
PAKIS KT LKS VILLBS I)K KHANCE SOUS CilARLKS \il. M7
i(> nom (le hkk dciu paronU; car »qn |ièrn <^tail l'illuatre Tui; u mère, une feaiiii«> d* «ni»
ilitioii vil<', Pilla, habituée à tourner le moulin |)aU>rncl"'. Oani cette ville m Iroute rArfÎM
Snint-J<'an-B(i|>tiMte, ci'>lùbre par ne» cent chanoine» et |Miurvue de ricbe* revf>mw**. Je
ni' iiiirlcnii [hih du chAleau impreniiblc, i^tabli *ur un vatte rocher et dominant de m
liaulfur toute In ville. Cette cité eut donc forte, belle et fertile; elle n'eet dm omno» pletor
d'af^r/'Hient», de jeux «t de plaisirs de toute aorte, au |)oint de faire rroirr qu*^irur
élnlili son séjour.
BOlRUes.
J'ai vu la ville di- Uourf;es, diins laquelle le duc Jean de Berry, d*illii»tre mtommée.
avait fondé autrefois une tn^s-célèbre chapelle qu'il avait ornée avec un art menreilleui ' .
Klle a été peinte avec tant d'habileté par un artiitte savant, que toutes le» image» •ool poar
ainsi dire vivantes, sans parler des fenêtres, ornées de vitraut ëtineelant* et décorécade
tioiiibrciises fii'ures de couleurs variées. J'y ai vu de saintes relique*, qui sont tOMun^w
ilaiis l'or et l'ard'cnl , et iju'il seriiit trop long de décrire, prinripalenwot les realaa dcae»-
lants massacrés au nom de Jésus-(^hrist ''', les bras entiers aviH- let naina, lea pied* ea
entier avec les jambes; sans citer les pierreries et la grande quantité d'or qui a servi à
ral)riipier une croix d'un prix infmi. Je ne dirai pas coudtien e»l grande, combien r»t
belle dans toutes ses parties, l'église Saint- Ktienne, qui domine toute la ville, et dana
hupielio on dit (pie repose le corps de ce saint'^'. \À, j'ai vu encore un hôtel digne d'un
i;ran(l |>rincc, que fait bâtir, av(>c un soin extrême, l'argentier de notre paiaaant roi, cet
lidinnie, aussi |;rand par l'esprit ipie riche par ses trésors, (|ui l'égalent au oMbre CraaM».
(l'illustre rcnoiiiiiii'>e; el, (juoiipril n'ait pas encore achevé son hAtel, il a déji dépensé cent
mille écus d'or, tant il déploie d'elForts |>our se construire uni- Im-IIi- <I un' iani il
d('sire (lue rien nt; nian(|ue à la splendeur de celte résidence '
RI.OIS.
Je ne veux pas oublier de din- ipielque chose de Biois. Là, tout près dea eaux de la
'"' Celli' i''l_vmol(n;if iM'îtl |>iis stirieuMV prix iiiinn ■ ■n- > ; '■ I'. i,
<" Coiisullor roiivrnjfo intiltilé L'iglue prima ilniis le li. -•■ ■; ;.,..•.,,. .li..i. .i. I. -.
imU ilf hjnn elimu chapitre, |>ar M. l'ahlH' Jor(|ii<>« ' CoiMuller roavnge iatilaM Dnmftmm km-
Lyon. 18.37, in-K\ lorifM H mmmmmitlt dt tJjgSm fUnmtkwk « mé-
(') I,n Soinlp-C.hnpelle <ie Bourges a <lis|)arii ittfUtaùu àt Btmrgm. par te
r.iMiiiie (Hille lie Dijon. L'une et l'oulre avaient t'Ir i8«4. ii»-8*.
Ik'iIhn |uir lies r (ils di; my <!•' Krance . •< 4 fimiUitioii " Jacqur» tlonir avaii rvnnartK<é la conttnt'
lie lii Sjiiiilo-Clin|idl<' liii i*alnis. titm de «on Mti>i<m iHS.el AstoMO oom apiNTad
<" \.\^\\M> lies SainU-InnocpiiU . h Paris . cniyail qtril n'éiail pnial achève lanl ans ph» lanL ùm m*
aussi, (iii l)iiilr(Mil.|i:is!H^ioril<-sn>li<|iiesiiesjeuiM<!t qiM es eorinu anaaMart sabsisls casai*, sc qall
virliiiios ili> la fiiiviir ililérude. Ces reiOea ëUi«al a été. après an baf sbsadaa. raèfsl d*MM rsa
ip'ni'rnl.'nioiii .lô|M)iirviis (i'aalhentidlé. La cbèns ration iiiliWigiBis. Los «■AliaMS al h «Isnw
(|iii conlfiiait les i-rliquos dont |Miric Vslesan. et qui eAèfan aigSBlMr S y nmibsal pssipal : I
|M>sait plus ilo ().*> niaiTs. ninsi que In croix «li
I un
i68 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Immemor: hic, Ligeris non longea fluminis iindis,
Parvo in monte situm est spaciosum forteque castrum .
Et tantis domibus munitum, ut multa virornm
670 Accipere hospiciis et milia possit equorum.
Estque ejus castri conciusum robore templurn
Tam magnum, ut nuHum castrum dicatur in cris
Gallorum templurn spacii majoris habere;
Idque est canonicis ornatum clericulisque
675 Tarn multis, ut quottidie canlentur ab illis
Non solum misscc, verum et sollemniter hora*
A niatie Ecclesia, divino in honore statuta".
Organa praeterea sunt illic tanta, quod ipse
Nec majora illis vidi, nec posse putavi
680 Usquam exerceri, nam stamni mille sonoras
Et quadringentas virgas dicuntur habere,
Quarum aliquas vidi tantas (mirabile dictu),
Ut mediocris homo possit transire j)er illas.
Ex quibus egreditur sonitus tam vocis amœnae,
685 Tam dulcis cantus, ut non Amphiona mûri
Thebani auctorem, nec cantus talis et artis
Pana repertorem, nec qui requiescere fecit
Orpheus infernas repetita conjuge sedes,
Nec Phœbum, quamvis Trojae struxisse canendo
690 Mœnia dicatur, melius cecinisse putarim.
At burgi medio nitidis argenteus undis
In petra fons est, ex omni parte venustus,
Sufficiens toti (si fas est dicere) villa-,
Qui merito posset Gaii cognomen habere,
695 Instar Senarum fontis, cum semper ad illum
Magna puellarum concurrat copia fontem,
Quas tam formosas ego, tam veroque colore,
Quem non fucus''' eis, natura sed optima donal,
Pêne omnes vidi comptas, cum proximus essem
700 Hospitio fonti (liceat michi vera fateri),
Has ut Lombardis ausim prieferre puellis.
Prœtereo quantum sit opimis fertilis agris
Terra haec, quara tantum prudens ait ille virentem.
Et ditem silvis, et ditem vitibus esse,
705 Et pratis et aquis, ut nil aliunde requirat.
'"' Le texte donne fnccus.
PAHIS ET LKS Vli.LKb i>b FRANCE SOLb LHAHLk!» Vil. K9
lioire, nVI^vc kut une pctilc rollinn un ■pacieoi et fort cbâieao, pottnm de hâliiimli «
f'rands (|iril peut n^cfvoir, dan» net, diven corp« de iogit, ploiiean BiiUivn dliMHMe «1
d)- clinvaux "'. On y voit auxsi, renfenoée dan» l'enceinte de ce dlêleui, noe HwMJIff «
(gronde qu'elle paN.sc pour la pluN vaste (|ui eiîste daiu un cfaâleaa de FcMM**. Cette
chapelle est »i bien pourvue de clianoine» et de clerc* infi^neun, que dMOM jow ib y
chantent, avec solennilë, non-neulement des meswa, mais le» benrea étaUiea par nolrr
nitVc rKglisc en l'honneur de Dieu. Il y a, en outre, des orguea ai grudea me je s'e* m
point vu (pii les Nurpusscnt; et je ne |>ense pas que l'on puisae en trouver nulle pari.
car elles ont , dit-on , quatorze cents tuyaux sonores, dont quelqueft-uns m'ont
(j'runds (chose merveilleuse!) pour laisser passer le corps d'un homme de
seur. Il en sort un son de voix si ugri'ahle, un chant si doux, que, loiTant moi, ni .
constructeur des murs de Thèhes, ni Pan, inventeur de l'art du chant, ni Orphée, mi
sut calmer les dieux infernaux (|Uond il alla redemander son épooae, ni Apollon, qui ^eva.
dit-on, aux accents de sa lyre les murailles de Troie, n'ont fait entendre de ploa amtea
accents.
Au milieu du hour),' est une fontaine de pierre, aux eaux argentées et bhilanlea, es-
tit^rcment belle, (|ui sulFit, s'il est permis de le dire, h toute la ville, et qui aurait droit de
liortcr le surnom de (iaja, à l'instar de la fontaine de Sienne "'. Autour de cette Ibntaiaeaa
rassemblent sans cesse une foule de jeunes filles, que j'ai vues si belles, si fralcbea, pe«r
lu plupart, de couleurs vraies, que la nature bienfaisante, et non le fard, leur donnait, car
ma demeure touchait h la fontaine, que j'oserai (s'il m'est permis de dire la vérité) les
mettre au-dessus des Lombardes. Je ne dirai pas combien est fertile en champs eieelleata
cette contrée, qu'un homme sa(jc se borne à nommer pays verdoyant, riche en forêts.
riche en vignobles, en prés, en rivières, sans qu'il soit besoin de rien demander ailleon.
"> Le rliAtonii de Rlois ost (InrigiiK* fort an- (aire de l'aotique aiaaoir an chMtaa (b j
cieiine, piii!W|u'ii a n'>!iiMté (ui\ ntt<i(|iifs «les ^or- Louis XII. Pi«d(ms I" M GaslMI #OlrUiM
iiiunds. Aprj>s avoir ap|>art('im siirrossiveinent aux vèrenl la traiislbniMtiaa. Apre* m haf
cointra de ItloJH . des innisons lie Krniirc et do Chain- et des ravage* mahipiiéi, le chlleae da Mms a éM.
|>«(jiic, il fut ncqiii», en i3(j7. nar If dur l.onis dans ce* deraièrci aonées, i
d'Orli'nus, qui y fondu uno U'Ilc hibliothWpK'. |tar M. Dttbwi.
Chri-stint' dt> l'istin, Knstnrlio Drsriinnips et (iilli-s '*> La diapaila qu'a vwléa Aslmn était j
Mnllot, dit M. do la Sniissayc (llùloire du ckiteau bleoMOt c«la dite et Sanl-Giiw, qua M. dt b
(/(• liloit, Paris, i85o, in-i8). y arT()ni|Mignèn'nl SaMSaya ttfÊgé» «MMM ayaal étf i
souvent le duc cl la dnrlicsse; lo snvonl bibliolhë- ix* »iWe. et queLowa XII II dUrair
rnirt» de Charles VI se rhnrgenit du soin d'arranger celle qui eiiila aufourd'hai.
h-s livre». Valentiiic s'y n'fugio opnS* le meurtre de **' PHil-lUod oécnl aÏMi h tMkn ImtÊÊÊ» ér
son époux, cl elle lit placer sur tous les nuirs de Gaja : «Elle «s* sMaés dan* b haal de b pbae
ses a|>|>Hrlenieiiis , tendus de noir, sa touchante d^ «firfh Stgmna, et rsfait saa aHMal m i
ise de veionje : irSMUtlia ifUt lOB a
Rira M mtx pla*. »!>«»■■ de iNte b viUe. Hb m^
riu> ne m'Mt ràu , tcork <■ bia-f«lMb «I slatMk.* ( Vtftgt m
ii\ee une fkanleplmrr entre deux S. initiale» de t. III. p. tfA.) Quant è b Halaiw vue k
ji>iN;)ir et de «QHr^. Ce nVtait alors qu'une forteresse. |iar Atlasan. e'ail prahaUsuMnl «la ^
Charles d'Orl»'an». de retoiu- d'Angleterre, vmdut «ujwinThMi b aeni da Loub XII.
570 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
AURELUNUM.
Aurelianenseni quid dicam his versibus urbem?
Cui taie Augustus nomen dédit Aurelianus :
Nam Genabum veteres illam dixere poetae*''.
Qua nullam vidi, quantum sua mœnia possunt
710 Cingere, majori populo aut majore refertam
Artificum numéro, et generis cujusque virorum.
Hic est gimnasium praesertim in legibus amplum.
Suppléât ut studii defectum Parisiensis.
Hic ut de sanctis aliquid''^' quoque carminé tangani
715 Ejus relliquiis, cultellus que Jésus''' agnum
Incidit, nec non ea sunt quae dira Johanni
Pocula non sonti dirum tribuere venenum;
Quem tamen adjuvit divina potentia tantura,
Ut nichil obfuerit magis illi potio dira,
790 Quam Mitridati régi, quem mille periclis
Leti suppositum , tentatum et fraude veneni ,
Plurima servarunt caute medicamina sumpta :
Unde ab eo relinent medicamina talia nomen.
Hune fortuna ideo credo servavit, ut hostis
7*5 Esset Romanis, quo vix fuit acrior aller
Inventus, quoniam quamvis is victus ab illis
Bis foret, inde tamen surrexit atrocior hostis.
Ad muros urbis, cui large munera Bacchi,
Cui large Cereris, cui sunt et poma nucesque,
780 Cui prata et silvae, cui prisco nomen in aevo
Fertilitatis erat, Liger ornatissimus aninis
Non secus ac Blesis illabitur atque Turonis
Et Balgensiaci, et multis quas transeo villis;
Amnis tam pulcher quam terris utilis illis ,
735 Quem super ex petra facti sunt undique pontes.
Forma prœstantes et turris robore fulti:
Aurelianensem praesertim pulcher ad urbem
Pons est, quo nullus tolo est formosior amni;
Qui persœpe rates perducit ad aequor onustas,
7*0 Optatas pariter revehens ex aequore merces.
'' L ancien nom d'Orléans était Genabum. Le *' Ali^d; on lit dans le manuscrit aliquit.
texte donne, probablement par erreur, Gebanum. ''' Jësûi, faute de quantité. Même faute, v. 109.
l'A IMS KT LKS VILLES DE PBANCB SOUS CHARLES VII. $71
Que dirft, dnris ci'» ver», de la ville d'Orié«n«T Ce»l reiD|MT»-ur Aur^lirn i|ui hn a
donné en nom , car lett anciens poêle» l'appelaienl Genabuni. Je n'ai »a aoctine ville dont
lu vaste enceinte soit plus remplie do (leuple, d'une plus graode mullilude ifutMMa H
d'hommes de toute» i oridition.s<". U est une uoivenilë où Fétude du droit eai corlool dé-
veloppée, pour suppléer au déraut de l'Univenil^J de Pari***. Pour dire ici dan» OMCvan
quelques mots des saintes relique* de cette ville, «n v w.it I. .ouleaa avec i«qMl Mm*
découpa i'af^neau pascal, et la coupe dans laquelle fut venë à laiot Jeu, rionoccnl apMrv,
un terrible poi.son. Mais la puissance divine le protégea si bien, que ce crad hnatamf
ne lui fit pus plus de mal qu'il n'en cât fait ou roi Milbridate, eipaaé k aille ptfrib àe
mort'''. On sait (|ue ce monarque, éprouvé par la nue «'t par le poison, fnl sauvé plitsieuf»
fois pur des médicam<>nt.s «ju'il savait prendre h propos, ce (|ui fait que caa aalidolcs «ûl
f'ardé son nom. La fortune le conserva, je crois, pour qu'il fût l'enoeni dei SoSMÛM, «ri
n'en trouvèrent point de plus acharné, puisque, mal(;ré deui ncloirea nannuft/àm nir Ini
par les Homains, il se releva cependant chaque fois, plus indomptable daaa son hoaûlilé.
Les murs de cette ville, cpii jouit en abondance des dons de Baccbos et de Céiis, qui
produit des fruits de tout genre , qui est entourée de prés et de bois, e( qui. dans Tanliquilé.
avait un ([rand renom de fertilité, sont baignés par la Loire, fleuve magnifique, qui coule
également h ISlois, h Tours, ù Beaugency, et baigne beaucoup de villes que je pMM too»
silence; fleuve aussi beau (|u'ii est utile à ce territoire, et sur lequel sooljeléi de loin es
loin des ponts de pierre, remarquables par leur architecture el protégea par de lorte»
tours'^' : tel est, en particulier, celui d'Orléans, pont superbe, le plus beau qui soit sar
tout le fleuve'^'; fleuve dont les eaux conduisent à la mer les barques cbargéea, et rinifafl
pareillement de l'Océan les marchandises que l'on désire'*. (l'est sur les rive» de la l^roirr
qu'est fondée Orléans, superbe demeure du duc et digne d'un si grand prioer.
' L'IIniversitë d'Ori«kins nvail rendu cette ville
l'Xlr^iiu'iiient |(ro»|»èrc; on y complaii, dit M. de
lliizonni^n- (llitloire nrchilecluralr de la viUe d'()r-
Ifim», t. I. |). 7()). do quatre il rinq inilli' étudiants
au coniinonremenl du w' siècle. Pct-Miiie tous les
jiirisriiiisidtns rrnnçuis du moyen Age sont sortis de
(■('tli' rt'lèltrc ('rôle.
' On nVnsei|rnait à Paris que les DieréUtlm,
i''i'st-îi-(lirt> le droit ranoniqiie. (Voir h cet égard
Jmin do Jiiiidiiii. p. ^lo-'ii.)
' Asii'siiti rroil facilenimit aux légendes que lui
nu-ontnirnt sans doiito \v» gardiens des IréMirs H
des é);lis(>s (|iril visitait; ici, il saisit avw eraprts-
sctiitMit l'o<T<i!iioii de faire étalage de son savoir :
riiisloin- d<> siiint Jenn amène oeBe de Milhridale
* Le» ponts de la l^ire, de même que ceti\
de Paris, de Cliareutun. de Ssint-Cioud. etr.
étaient dtfmdii* par des
'*> Le pool dXMéMs l'iiiiiili è la
aotiqnil^. M. de Biiinnaiir» piaae qal m <
un dès rttpoque gslin rawiiai. tUtnà par ha War-
roand*. cr pont fui nHabli «m 880 par Tévéqar
Gaultier, et nrani. dn etU ia la vile, fwm fcrts-
raae qui serrait de palais an rai*, gainé Is réii-
daicnl à OrWaas. Une baMiHe le banail an dan
tiers de sa iaugumar, at an lart. dit ém
le proiéieMt ver* la ean
les Aagiais. an 1(19. il avait été ripari
AaleaaaleviHla.
<^ Aalasaa ripèla id. k prapaa da
fluvial d'OrMsn». n qu'il a dit da la tmtiftum
parÏMMW. Las balaan dncaadaicBl la Lsîra iaa-
qa*k son eadMachare o« piaa prabaUaaant jaaqa'k
Nantes, et m munaianl chaiféi dt 1
572 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
In cujus rippa fundala est Aurelianis,
Pulchra ducis domus, et tam magno principe digna.
TURONIS.
Hujus et in rippa fundavit, in urbe Turonis,
Majestate sua dignas rex Karolus aedes,
7i5 Quas plerumque habitat postquam migravit ab urbe
Parisius, justa forsan perculsus ab ira.
INam pênes bas régis fundatum est nobile castrum.
Huic urbi Cereris sunt large et dona Lyaei''>,
Et prata, et reliqua fecundae munera terra;.
75o Quae propter regem praesenteni redditur arapla
Quottidie magis urbs, ac re locupletior omni.
Hac jacet urbe sacrum Martini corpus, et ensis
Quo fertur cblamydem (^' truncasse in pauperis usum.
Hanc apud, in teraplo quo vix formosius ullum
755 Vidi, sancta jacent iliorum corpora septem,
Quos perhibent mire tôt dormivisse per annos,
Relliquiaeque aliœ quas longum effarier esset.
Si vellem cunctas quas Gallia continet urbes
Egregias a me visas atque oppida versu
760 Hoc canere, et dignas illis ascribere laudes,
Conficerem magnum, princeps excelse, volumen,
Atque indigna tuae generarem taedia menti.
NOIONUM.
Ergo, ut diversas iterum traducar ad oras,
Transeo Noionum, qua sanctus Eligius urbe est,
765 Cujus fabri olim nuper micbi visa fuerunt
Instrumenta : incus et parvi maliens usus,
Nec non ille sacer qui post fuit annulus ejus
Praesulis effecti, manuum et chirotheca ('' suarum.
Ne tibi nunc alias, quarum est hic copia, dicam
770 Relliquias, magna quae relligione coluntur.
SILVANECTDM.
Et Silvanectum, quod silva nectitur, urbem,
'■' Le texte donne Liei. ''' Le texte porte cirotheea.
'*' Texte : clamidem.
FAItlS ET LES VILLES DE FRANCE SOUS CHARLES Vil.
&7S
TOOBS.
C'est au«ai sur los bords de ee fleuve, dans la villn do Toun, que le rai CiMrlet a hAli
un polain digne do la majefll*^ royale, palais qu'il habite le plu» souvent depais qo*!! a
(|uitt<'! 1» vi!l<- (\o Pnri.H, inâ sans doute par un juste courroux'"; car dMM eettedannén
villr- (I (Hr ronili- un superbe chAtcaii pour le roi'*'. Tount posaMo im tlriMMlaft lai 6am éa
(iZ-rès et ceux de Hncclius, des prés, ainsi que les autres liston d'une lem CvlSe. La
ville devient elia(|ue jour plus grande h cause de la présence du roi, et plus riche en
loutt's choses. Dans cette ville sont conservés le corps sacré de saint Martin, et Fépée nrr
lii(|iiellc on asHurc (|u'il partagea son manteau pour en couvrir un pauvre. DaM la nhue
ville et dans une (église qui est peut-être la plus Ix'lle que j'aie «œ, repoteot lea eeqia
saints des sept jeunes gens qui, à ce que l'on rap|H)rtP, dormirent pendant de
anni'-cs, ainsi que d'autres reliques qu'il serait trop long d*<'num(Crer "l. Si je
chanter dans mes vers toutes les superbes villes et tous les cbÂteaut de Fraoce me j*ai
vus, et leur consacrer une louange proportionnée h leur mérite, j'écrirais, illwife prise*.
un gros volume, et je ferais naître dans votre esprit un ennui qu'il ne mérite pat de subir.
IIOYON.
Aussi, |)our me trans|)orter encore dans un |>ays diiïérent, je ne fais que traverser
Noyon, la ville de saint Éloy, dont j'ai vu nafpière les instruments d'orfèvre, savoir : Ten-
cliime et le petit marteau, comme aussi la bague sainte qui fut depuis aoo anneau pa*-
toral, et enfin les gants (]ui couvrirent ses mains, sans parier ici des autres reliques fort
numbreuses cpii sont conservées dans cette ville avec grande dévotion''*'.
8RNLIS.
Je passe sous silence la ville de Senlis, ainsi nommée parce qu'elle est entourée d'une
for^l'»>.
'"' Le irjuslc courroux » de Charles VII se coni-
|iri>n(l . aprôs In l<iii|;iic olisliiintion des Parisiens k
iliMiieiirer sous In iloiiiiiintion nii)riais(>. I.e Botirgmtii
lie Pari» ne ilissiiiiuli' pns los innuvaioes dispositions
ilu inonaniiie h l'omlroit de tui rnpitaie. Arrive i
l'nri» II? il iioviMiiliri' l'i.'JH. Charles VII n'y »ë-
jounia (|ue jus<|it'nu '.\ (U'coniltre : "Ia) itoy. est-il
-dit, se ilivs|>nrtit de Paris, sans ce que nul bien y
-lisl h In ville de i'nris [xiiir lors, et lembloit qu'il
-iu> fiisl verni seulleiiiiMit (|ue |Miur veoir la ville.
-Kt vrnynicnt sa prinsc de Muntereau et m venue
" cousin plus de soixniUe mille Tmiirs A la ville de
" I'nris , où qu'ils fussent |irins. i (Jonmat d'un BiMr-
/rroin Je Paru, «klit. de lyïtj. p. 178.1
' Astesan veut snns doute |>arlcr du chiiaaa
de PIcssis-lcx-Tours, qui ne fut tenuiiiti que sous k
règne de l/rab XI, et dont ilnenate piaa fMd»
Riehe, i na kaoarilieda Tmhb.
■u moyen Ige. Arlssaa ay croit qa'i émm : oa
repporia. dit-fl. firtAitt.
<*> Le poète a'afcit^travenarRejraa.awaw
Ntimmmi il aa dit hm da b eathééM». 4aM
M.Vitetafaitrtrwtlaaiiipiiiii.atar*-
•erre loatasaa adaùratii
Éloi. M. Psni Lacrois.daassoa i
dr Fmfèmni (p. 19), parie das dan craaaas épia-
eopales . Ai seaaa «t daa aaaaaaa es saiaL
*< Voir la disanpiiaa da Sairfbdaw b ivrt ér
Jeaa de Jandaa. p. 74-7S. aiaâ fM b piM al b
vue eavaBIre qua noaa 1
574 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
COMPE\DIUM.
Et burgum taceo cui dant Compendia nonien,
Cujus agros pingues bona copia reddit aquarum.
Hic est ex pauco factus sacer annulus auro
775 Qui Christi matris digitum circumdedit almae,
Quodque caput sanctum texit vellamen eidem,
Multae et relliquiae quas est mora longa referre.
LANUM.
Transeo Lanensem niirandi roboris urbem,
Quœ, quamvis iHarn circumdent undique canipi
780 Fecundi et rerum cunctarum pêne feraces,
Est fundata tamen mediocri in monte, decenter
Vitibus et patris munito munere Bacchi.
Unde nichil mirum si prisco tempore sedem
Gallorum reges iHic habuisse ferunlur.
785 Hic est praeclarum teniplum quod prœsidet urbi,
Cujus mirandam non possem expromere formam.
Nec procul hinc, onines Gallorum nota per oras,
Laeticiae matri sunt templa dicata Mariae,
Quae facit assidue miracula clara per orbem.
SUESSIO.
790 Urbem praetereo cui suavis sessio nomen
Prœbet, et banc placidus mediam perlabitur amnis,
Quem reor illius fecundam reddere vallem.
In cujus rippa, quod loti praesidet urbi,
Quamvis exiguum , tamen est mirabile castrum
795 Aurelianensis domini, tara robore mûri
Quam forma praestans, et magna laude ferendum.
Ut siieam templum formae prestantis, et almi
Sebastiani corpus, quod babetur ibidem,
Et tôt relliquias, ut possit nemo referre.
AMBIANUM.
800 Praetereoque urbem cui clarum nomen ab amnis
Ambitu positum fuit, in qua nil magis ipse
Egregium vidi, quamvis non pauca relatu
Digna et laude forent, quam templum antistitis urbis
PARIS KT LES VILLFS PF FR*>TF SOUS Cfî^RIFS VII S7ft
COMfW.r.Mi.
}(> m (IIh rien de cet autr<> l)ourg (|ui tire «on nom dn chemin* de Invene''', rt
une 1,'rnndR ubondance d'eaux rend le» rliaiii|i» fertile». lÀ m voient et Ttmamm êteté Cul
d'une petite lame d'or, i|ui entoura le doif,>< de l'augUfte mère du Cbrial.et le ««ib ^
couvrit Ha iHe sainte, ainsi que beaucoup de relii|ue«i qu'il serait trop long jfimumtttf *.
U0!«.
Je passe la citt^ de Laon, admirablement forte, qui, au milieu de rluimp* fertile* Hi
dants presque en toutes sortes de productions, est fondée cependant Mir une pdile OMS-
taf;ne ai'rt^ablcmcnt pourvue de vignes et des don» du dieu Baeehaa*. AiMM M bot-il
pas s't'ttonncr si l'on rapporte que, dans les lempf aoeieiM, iea rois de France y avaienl
(Uabli leur capitale. Là est une céb^bre ëglise qui domine la ville, et dont je ne pourrais
dépeindre l'admirable architecture'*'. Non loin de cette cit<( s'élève une église conoM
toute la France; elle est dédiée à i\otre-Dame-de-Liesse , qui ne ceaw do Un doi i
célèbres dans le monde entier '*'.
SOISSONS.
J<> passe sous silence la ville à laquelle son agréable site donne «on noa"*, et «pùoil
traversée, dans son milieu, par une calme rivière qui semble fertiliser toute cette vallé*.
Sur ses bords, dominant toute la ville, s'élève le petit, mais admirable châtcoo do doc
d'Orléans, aussi beau par la solidité de ses murs que par sa forme, et digne de* plu*
jrrands élof;es. Je ne dirai rien de l'église, qui est d'une belle architecture, ni dn eoqw dr
saint Sébastien, qui y est conservé, ni des reliques en si grand nombre que nol ne
|)()urniil les énumérer.
MltKSS.
J'omets aussi de décrire la ville qui a tiré son nom illustre de ce qu'elle Mt oaloarée
par un fleuve ''", et dans laquelle je n'ai rien vu de plus beau , quoiqu'il y eût d*aillear*
beaucoup de choses )\ raconter et h célébrer, que l'église cathédrale de cotte tille. Cf*l là
<'> Le mol la(ii) de Conipit^gne , Compmdimn , m- M. Rorawilwaid . • M chaifé de la rialiawi. G
([iiiflc ni)rt'||;é , et |Nir Rxicnsion roule ou chemin de solter. pour la (kacriplMO déiaflëe de Ti
iraxi'i-sc , <|ui «lin'go. ruuiiagBiiilitwIé utifmiHm Mw.parM. llrf^-
'" C.i's r.'li(iue« étaient conservées au célèbre ville. Paris, iM6, im^.
monnstcrr di' SniiiMiorucilIc. '*' L'égiisa O* PMlMMM-OMMMa, à là kt^
^ 1,0 rott'nii plniité tif vi^yiK-s iloiii parie le mitres de Laoo, mMOH ooa tfahw aMaedoaaa
poôlp |H)rti' encore onjoiinl'litii lo nom de Omt de la Vierge. i|«i était, k Tifft^m eè AalaMB b n-
SmH(-Viiicfn(. nt» . TvhfA dNm pMràaft tièsaoivi.
*' Lfl cntliédrnlr (li< l.ndi). ntiiittruilo il In Cm du '** .isleaan ftàt délivM saos daole jbSMM ér
xu* sitVIc (>l nu roiiiinoiiri>ini>n( du \iu', se rap-
pn>rli(> iH'niiroup. dit M. Yiollet-le-Dur. du style ^ Le Rom hlài d* t
d<! Nnlrt>-niiinc de Paris; un nrdii(ccle distingué, an aflst k v«W i
576 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
In quo Baplistae faciès est sacra Johannis,
8o5 Aut pars iHius, ne te mea carmina fallant,
Cum caput in multas septum sit nobile partes.
Nam Lugdunensi mentum servatur in urbe;
Pars autem capitis suprême, ut publica faraa est,
Sacra Angelini servatur in aede Johannis;
8io Corpus at in cineres conversum Genua servat.
Hoc templum tantum magnum, tantumque venustum,
Altumque et clarum est, ac omni parte décorum,
Ut Galli in patria nulluni formosius omni
Esse ferant penitus, licet illi Virginis almae
8i5 Templum Carnoti quidam praeponere tentent.
Nonnulli vero quos Itala miserai ora '■'
Viderunt, quorum fuit haec sententia, quamvis
Templum flnitum cunctis ex partibus esset
Quod Mediolani média fabricatur in urbe,
8ao Sed dubitare tamen quod pulchrius esset eorum.
Ex hoc ergo potes templi deprendere '^' formam.
Nec tibi sit mirum, si, princeps inclite, dixi
Plurima de templis Gallorum relliquiisque,
Quod non est moris fieri per carmina vatum,
8a5 Unde meos versus reprehendent forte poetae;
Sed feci id, quoniam visa est michi Gallia, solo
Templorum ornatu, Lombardas vincere terras,
Quanquam etiam fluviis et stagnis vincere fertur,
Unde sibi plures ferme sunt undique pisces.
83o Plurima praeterea varias michi visa per urbes
Gallorum patriae possem ornamenta referre;
Sed plus quam cuperem jam crevit epistola ionga ,
Ut verear générasse tibi fastidia verbis.
Ergo, vale, et nostras venia dignare Gamenas,
Marchio : si nimiis tecum sunt versibus usae,
836 Cum nequeant paucis narrari plurima verbis.
Ex Blesis , anno Christi m.cccc.li.
'*' Le texte donne par erreur hora. — '*' Texte : deprehendere.
l'AHlS KT LES VILLES DK FHAIVOK SOIS CIURLKS VII S77
ijiK! l'on contterve Ip chef df itaint Joan-Bapliste, ou du moin*. pour qui* im«>* %t^ «omsi
|(liis pW;» ii<! in v/'Hlt'-, un» parlii! de ce chef, puisque la nobi* léte du Vr^ant-ur ■ (M/
piirtuf;)**- l'ii un f^nind nombre de partieM. Kn effet, le menton e«t eomen^ dam la *UI«
de Lyon; la partie HUp/^rieure de In lAle, suivant la renommée publique, te troM» duM
ri'i;lise de S<iirit-Jean-<r/\ii(;ély, et le corp», r<^duil en cendre», e*t gard^ h GlMi<". 1^
ciith('-drnle d'AmienK ml si grande, n't bien pmportionni'e , »i haute, û OMMuioM, M
orn<'-<> (InnH toutes Hex piirtieti, que \n Kranrai* n'en connaiaMmt dm de ploabaHtdlw ImiI*
IVlr-ndue dr' leur pays, bien (pi(> (pielqueit-unti esMvenl de lui prHénr T4J6m Notr»-
Danie de (ibartreH*'' . Quelques personnes venue» de l'Italie ont vu cette ^gBw H oalM
du m^rne avis; et, quoique la ratliZ-drale que l'on ronstruit au milieu de la ville de Hft»
soit la perfection tn^m» dans toutes m*» partit*», elles hi'Kiiaient k dire quelle était la
plus belle des deux'^'. D'après cela, vous |iouvet conqirendre quelle est la oiafMiMaw de
cette «église.
Ne vous ëlonncz pas, illustre prince, si j'ai proiiigut' les dt^tails sur les ^gli»r* H \r%
relirpies de la France; ce n'est pas l'usage en jMM^ie, par ce motif peut-être les poélea limi-
vi-iiint il re<liri> h mes vers; mais je l'ai fait, parce que, sous le ra|iporl de la BMgBÎfiMBM
des églises, la Kranre m'a semblé déjà l'enqiorter sur les pays lombards. Au reale. la France
leur est, dit-on, bien supérieure par la beauté des fleuves et de« étangs, d'où elle tif« «a
plus grand nombre de poissons pour tout le pays'". Je |»ourrais en oatra vOMneoalcrbMS-
coup de merveilles que j'ai vues dons les diverses villes de la France; mai» ma longMépItev
s'est accrue déjà plus (|uc je ne voulais, et je crains que mes paroles M vow caawai
de l'ennui. Adieu donc, et daignez pardonner à ma muse, illustre marquis, si elle a
abusé av(>c vous de sn rnrilili' à versiiier; mais pour raconter beaucoup de choses, il faut
be.uHOup (le mois.
De Rlois. l'nn du Seigneur l 'i.') i .
" Celte dis|)er8ion du corps de saint Jean-Bap-
tixlo <>st ntissi |)eii rpHninr (|ii<< In |)lii|)«rl des aii-
trt>s faits inerv<>ill<>ii\ rili'-s |inr AsteMii.
'*' Voir la \oHvelle deicription de la twtKUrmh
d'imienii, |>ai- M. (îozr. Amiens, 18A7, in-A*.
''' Aslesan fait ici pnnivo d'unf rrman|uabie
iin|)artialiti' : h r)'|)uquo uù il écrivait, lo iK'niic (i7
anaëes. H des sièdts iivsirt s't
t*> Ce parslU». ioal k TwmÊÊf» de la FrsM».
prouve qne le petriatMM a'AoaAJI pa «1 lai b
(entinieni de la véM»
IMIUS
SKLON LKS MIMVTIJIUSTKS
DU XV SIÈCLE.
PARIS
SELON LES MINIATURISTES
DU XV* SIÈCLE.
Les urtistos (le iiHs jours se préocciipcnt , avec raiion , de donner au moindre dema la cou-
leur liistori(|ue et lorale. Un tel souci ne venait |>oint à l'etiprit de* enlumioeors du
A)[e : (|u'ils eussent ;i lifpirer un di^pnrt de troupes, une bataille, un sii^fjf. une enIrfeliK
|)liale ou tout autre Tnit du j;uerre, ils rom|)osaii'ul une localité de fantaisie ou
priaient au sujet le lieu (ju'ils liahitaicnt eu\-ni^ines. Dans le preoiier •yatiow , une porto
entre deux tours repn^scntiiit une ville ; une route ser]>entanl entre dcut monUgnea iodi-
(|uait un dt^fili^; (|ucl(|ues maisons et des bourgeois aux fenêtres suffMaient pour foriMV lr
décor d'une réception princiènî. La serondf nianiJ^re cxi(p*ait encore moin« t\f frai* d'in-
vention : l'enluinineur plaçait un peu nu hasard les édifices d'une ville qui lui était ronnuc.
iijoulait un paysage de convention et faisait ainsi une sorte de compromis entre la v^li' H
la fantaisie "'.
On constate, ver» la fin du xv* siècle, une tendance i se rapprocbrr du réd : la minw-
lure se transforme peu h peu en un vrai tableau. Toutefois \cs enlumineurs, même le* plu»
illustres, p(>rsév^rent dans l'anachronisme de temps et de lieu, surtout lorsqu'il s'agit de
conlrées et «l'époques lointaines : le célAbre peintre Jean Foucquel, par exemple, avant à
représenter Job sur son fumier, donne pour perspective i^ son dessin le donjon de Nioecawa.
M«l(;ré ces bizarreries, il ne faut pas blAmer trop fortement cet abus, puUqu'il nou» a «alu
des vues de lieux et de monuments «pi'on ne tnnive pas ailleurs, cl qui. aujourd'hui, nou»
feraient sin|;uli<^remenl défaut, si les miniaturisti>s d'autrefois s'étaient astreinU rigourwi-
«iemetil à la vé'rité; liistori(pie et locale.
l'en dilHcile sur la figuration exacte des lieux, l'enlumineur l'était bi«a mtim cacaf»
Mir le costume des porsoinjages (pi'il avait à représenter. Eo gén^l, il leur donnait le»
vêtements de son temps et de son pays , ceux qu'il portait lui-même ou qu'il voyait |»or!ef
par les gens de distinction. (]et anachronisme, plus choquant que le prMiier. «'éleodail
à loules les pièris d,. l'Iiabillemenl ••! d.' l'armenienl. ii tous le» aeeesâoirea du mobilier el
'' V. Le C.leiT |t«'iis. i|u 11.' inam.Tn il'lw- »S«lon«o«i. il y ■*«it liew d» cniindw ye U tierar»
liilliT les Hiirieniips rlii>-. ~ ,i l.i ih.mI.tiic (lovait iii»- «n'alUt plu* loia. » ( llitt. Ck. ib II F'mii , I. WH .
|iiifr (|ncl(|iics rniiiilos ,1 i K,;li--- il ii lu SirlioiieH» : p. àS5.)Cc|iandaaAil Mpann|IMI|M Ml
" l.orsfjiH' «inns le livre des Hoi», dil-il, on »<• jm'i ou lea igwmMndn ■MHatanAw MMrt lualiiliiii
-iiH'Iliiil (le siilisliliier «iiio rnlIiAIrnIo nii Iciiipl»' «le k faira nallr» It kImm al rMraM.
582 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
de la vie ordinaire. Les peintres les plus éminenls des écoles italienne et flamande l'ont
commis sans le moindre scrupule, et on l'a vu se perpétuer au théâtre jusqu'au siècle der-
nier. Voltaire et Lekain en ont eu raison, mais non sans quelque didiculté; car la recherche
(lu costume est une affaire d'érudition , et l'insouciance des artistes s'accommode assez des
usages qui les dispensent d'étudier. 11 n'y avait guère que le Christ et les apôtres qui fussent
en dehors de ces habitudes de modernisation : on les représentait assez généralement d'après
certains types consacrés et imités de l'antique ; leur costume ordinaire était celui des phi-
losophes grecs, tel qu'on le voit sur les bas-reliefs des monuments de Rome et d'Athènes.
ijg„. Les deux miniatures que nous reproduisons sont conçues dans cet ordre d'idées. Nous
>pvimcns de l'an j^^ avoHs choisics cntro plusieurs autres, non-seulement parce qu'elles sont traitées selon
au5v-sMe. ig manière du temps, mais encore parce qu'elles peuvent être considérées, l'une et l'autre,
comme de véritables peintures, où le fini de chaque détail produit un ensemble des plus
harmonieux. La Ville de Paris s'v montre sous deux aspects différents. Dans le premier
tableau, elle est vue d'assez près, et les édifices y sont groupés un peu confusément. Le
fait de guerre qui s'accomplit sur le premier plan a été manifestement la grande préoc-
cupation de l'artiste. La seconde miniature présente la Ville dans le lointain, à l'état d'acces-
soire au milieu du paysage; une scène religieuse et pastorale occupe la plus grande partie
de la planche. Dans l'une et dans l'autre peinture, l'ancien Paris se reconnaît facilement;
mais les artistes y ont introduit divers éléments de pure fantaisie, qui se concilient mal
avec l'exactitude topographique.
l'remiiieiiiiuiatare; C'cst à M. Holtrop, couservatcur de la Bibliothèque royale de la Haye et bibliophile
Va siège distingué, que nous devons la connaissance de la miniature représentant un siège au
XV* siècle, avec une vue de Paris sur le second plan. En la plaçant sous les yeux du lecteur,
vers
le milieu du xv* siècle ,
avec
une vue de Paris flotrc dcvoir cst dc lui faire connaître le livre dont elle constitue le principal ornement,
-m second plan. * *
l'auteur de ce livre, et, autant que possible, les circonstances dans lesquelles l'enlumineur
a dû travailler.
Le manuscrit de la Haye est un exemplaire de la chronique de Jean de Courcy, sorte
d'histoire universelle divisée en six livres, et comprenant le temps qui s'est écoulé depuis le
déluge jusqu'au siècle d'Auguste.
<r.he premier livre (est-il dit dans le prologue que l'auteur a composé pour servir de
«préface à son ouvrage) fera mencion comme, après le déluge qui fu au temps Noé, fu la
« terre de Gresce première restaurée, et des hauts histoires des anciens Gregois. Le deuxiesme
« livre si fera mencion de l'ancienne création de Troyes et comme elle fu destruite. Le troi-
t^siesme livre, du peuple de Troyes qui eschappa de la destruction, et comme plusieurs
«règnes furent peuplés de ceste lignée. Le qualriesme, des Assiriens et de leur grande do-
« minacion. Le cinquiesme nous desclairera des Macédoniens et des grans fais du grant roy
«Alexandre. Et le sixiesme, de Mathalhias et des Machabiens Cy après aura en chascun
«de ces six livres plusieurs histoires et de plusieurs manières, et chascune histoire partie
« par chapitres. »
Tel est le cadre que s'est tracé Jean de Courcy. Son travail, terminé en liaa, n'a ja-
mais été imprimé; mais il en existe de nombreux exemplaires manuscrits en France, en
ns^"'' \^.
Un iiiége vers le milieu du XV' Siècle
<' /W mtt*àfft éi .y
PAHIS SELON LES MINIATURISTES DL XV SièCLE. SM
Aiifi'l'it'.'rrc, (!ti ilolliindc, etc. Nou» nou» borneront à ifMlii|aer eeai om now^Jç b BiHj»-
th(H]ue iin|>i''ri<ilc, );t dont M. Paulin Pari* a dntêé la liste.
Le manuscrit portant le n* 633 ancien a été fait pour l^uiji de BrogM, mmtmr et la
firolliiiysti, et a pour titre gt^nt^rai : Ijt IJvre de la Uou^mtkarMn. Ct étnûer mM panil
avoir rté un surnom |iroveniint du (ii-rde Boiirf,'-Arliard que la roaisoa de Coarry ptmiiml
en Normundie. L'ciciiiplaire esl ('nni|>os«' de deia toluniM» in-folio matiino v^ia, k 4m%
colonnes, avec des vignettes, des initiales et de fort Ixdleik uiinialure*. Il a M etuiê #a
I /173 par Jean Paradis, écrivain ordinaire du »ei|;neur de la (irutliuvie.
Dans le fonds li<';tliune, la chroniqui; de J<!an de Courry occupe dent volsoMs io-foliif
rninimo v/'lin, à deux colonnes, enrichis d'une miniature, de tignettM H fuûliêlm.
Vicntn-nt ensuile les exemplaires suivants : 1° un vol. in-fol. mai. vâîo Aden coImmm,
six ntiniiituros, vi|;nettes et initiales, xv* siècle (n* 968S du fond» françiis); «' ■■ «•!. m»
fol. papier, li|,'nes louf^ues, initiales, xv' «ècle (ancienne bibliolkèque da duc dOiUam,
n° 17); 3* un vol. in-fol. mediocri de a&3 feuillets vélin, ligOM kNl|piM, troi* minialurv».
vignettes, initiales, xv* siècle ( Fontainebleau, ancien n* 4 1 9); h' un vol. iu-h' mediorn de
•joo feuillets, papier, lifjnes lon|;ues, xv' siècle (fonds Baluze, n* th't); h* un »ol. io-M.
maijno de 11.17 f'-uilieLs, papier. Iij;nes lon^pies, xv* «iècle (fonds BaluM. n* tkiï.
Les nombreuses copies (|ui ont été faites de la chronique de Jean de (lourrr l^aMi||M«l
d'une certaine estime |H)ur l'auteur et pour le livre. Nous avons dit plus haut que l'ouvr^
est une compilation; quant au compilateur, il a consifjné Iui-ni4me dans M>n prtdogt,
les raisons qui l'ont enfra|;é h écrire, les seids détails que l'on pntafirfc Mr
Voici en quels li-rmes il parle de lui et de son entreprise :
n \u nom du benoist Père, du glorieux Filz et du Saint-Esperil, Irau
"substance, moy Jehan de Courcy, chevalier nonnant, plain de jours cl vuidr dejrai
«désirant Testât de paix et de repos, content a Dieu des biens de sa gnwe, de ceuk dr
«nature et des dons de fortune, en lui rendant grâces, loenges e( merey, et poarcadùtiT
RU vie o>seuse et moy occuper en aucun labour, me suis remembré des andeas fiûl en
«estudiant les vieb. histoires , ay commencié conqiilacions prinses sur le retour dci coairéa»
«de Grèce, en l'an de la bcnoiste incarnnrion mil cccc et seiie, el depuis celui lempu ar
«suis entendu a Iraicicr ces matières selon l'intencion que j'ay entrrprinse, parce que
« povoir n'a pas esté si fort que je aye peu mou corps exposer ou fait de la ffutm,
«de tous estas et en toutes manières se doit on occuper en re mondais labow,
«selon ce ipi'il est ordonné, ainsi que dit suint Augustin : les cbetalien
«guerre, les clercs pour l'église, les lays pour le labour. Kl doncques |KMir b caMt i|«e
r. nécessité m'a donné si grant charge, que je ne puis plus (tour la guerre serrir, ajr mi»B mm
«plaisance a traicterces matières tout au mieux que j'ay peu, etc. ' •>
(les renscigni-menls aulobiogrnpliiques ont besoin de complément. M. Paulin Fan».<|ui
a fait une élude |>arliriili<ii' df Jeim de (ioun> et de sa rhr<>mi|ii>'. » ajnMle tr» détail»
suivants :
«Jean de (lourcy appartenait n l'une des familles les plus illustre» de la ?
Tandis (pie l'un de ses membres s'établissait en Angleterre a»er (Guillaume le
•'• Lti ,VlUia»critM JrimfQU lir l<t litblutlhi jm liu /,' i . 1. I, ji. j.
584 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
les autres restaient fidèles à la province qui, deux siècles auparavant, les avait reçus dans
la compagnie du Roi. Jean de Courcy, écuyer en 1899, était, comme le prouve le préam-
bule de son histoire , chevalier en i4i6. S'il était le signataire d'une quittance de tliliS,
mentionnée par tous les généalogistes, il faudrait en conclure qu'il mourut dans une ex-
trême vieillesse; car il était déjà svuide de jeunesse» quand il entreprit de rédiger la chro-
nique universelle en 1Z116. Il vaut mieux s'en rapportera l'autorité d'une note contempo-
raine placée à la fin du superbe manuscrit de la Vallière, aujourd'hui coté n° 6 dans la
collection du Roi. La voici : sCelny qui composa ce livre trespassa à Caudebec le pénul-
Rtieme jour de octobre, l'an mil quatre cens xxxxi. Priés Dieu pour lui. Amen."
«Cette bonne maison de Courcy n'est pas encore éteinte; elle a fait ses preuves généa-
logiques peu d'années avant la révolution, et porte de toute ancienneté un écu d'azur fretté
d'or de six pièces. Mais, si les derniers neveux de notre Jean de Courcy ont rappelé le plus
scrupuleusement du monde, dans leurs recherches généalogiques, les mariages, les bap-
têmes et les charges de leurs ancêtres, ils ont ignoré l'un des plus glorieux titres de leur
famille : le travail historique que nous avons sous les yeux. Ce n'est pas que la chronique
de la Bouquechardière (et non pas de la Boucassière, comme l'écrit l'abbé Le Beuf") soit
aujourd'hui pour nous d'un intérêt véritable. La critique a balayé toutes ces compilations
historiques du moyen âge qu'on avait faites sans jamais la consulter. Mais un vieux guer-
rier se consolant, par de sérieuses études historiques, de ne pouvoir combattre, tandis que
la France entière était en proie aux discordes civiles, ce guerrier, dis-je, forme un glorieux
contraste avec le tableau des passions, des ambitions et des calamités contemporaines.
Nos vieilles familles françaises sont toutes assez fécondes en pourfendeurs d'ennemis, en
courtisans de rois, en possesseurs de grands domaines; mais toutes ne réunissent pas à la
gloire des armes celle des lettres, qui laisse pourtant derrière elle les souvenirs les plus
ineffaçables'"^'.»
Grâce aux savantes recherches de M. Paulin Paris, Jean de Courcy est donc un person-
nage connu : on sait qu'il vivait à l'époque même où se place le récit de Guillebert de Metz,
et qu'il couronna une existence de soldat par un travail de bénédictin. Il est bien rcjgret-
tablc que la science n'ait pu mettre en lumière la biographie de l'habile enlumineur qui
consacra son talent à enrichir le manuscrit de la Haye, et dont le nom, comme celui du
chroniqueur lui-même, méritait assurément d'être sauvé de l'oubli. Selon toute apj)arence,
il était Français et même Parisien ; on peut du moins le supposer en voyant Paris et ses
environs figurer sur l'arrière-plan de la miniature que nous reproduisons. Quant à l'époque
où il dut exécuter ce splendide travail , on désigne généralement la seconde moitié du
xv' siècle : les costumes, les armes, la poliorcétique indiquent, en effet, la fin du règne
de Charles VII ou le commencement du règne de Louis XI. Celte considération nous a
déterminés à placer noire fac-similé à la suite du poëme d'Astesan, qui est de i/i5i.
Le lecteur se demandera naturellement à quel endroit de la chronique de Jean de Courcy
se réfère cette miniature, et quel rapport elle peut avoir avec un texte où l'on ne parle point
de Paris. La réponse à la première question est facile : c'est au sixième et dernier livre que
''' Mémoires de l'Académie des InscripUons et '*' Les Manuscrits françois de la liibliothhque du
Belles-Lettres, i. XVIt. Roi, t. Il . p. 3.39 et 8iiiv.
m'^^m.fmm^M
qtmàtmmt
Vue de Pans , vers le milieu du XV™ siècle.
Fac-simile d'une minmture du Missel de' Jouvenel des '^v%\v\^.£>bliotheq é h VjJJc de Pam.MJ4, verso .
PARIS SKLON LRS MINIATURISTES Dl XV* SIÈCLK. iSi
le iiiiiiialuristo inconnu a placé koh chef-d'œuvre , en regard du dM|Mln îoltlalé : mCf
traicte de. Jimm qui print par nuiiut In cité de Jhenualem. n C» préteoda fait d*anMi Ml i
rncontt^ pur li> (.-limniriuciir : "Adonc vini-il dcvnnt Jhéru»alem, et de ncM priai b
«cité d'nHsault , et lorsqu'elle fut prinse, commanda a lea ebevaliena teat tuer le people.
-tiiiit (|u<- «Ti iri jours (|n<' dura crsto peniecucion, oit de< Juîfz un" mil otci», tut* afl
rpriii.s et \xxx mil (|ui furent v-nduz pur l<« fjenii Anliocbe ''.« Par le mot
Jean de Courcy dëHi{;nc Anliocliu.s, lieutenant de JaM>n. Cmt donc ieai^gede.
i|ue le niiniaturixte a voulu représenter, et ce Mint les soldats d'AnliodiM tfaH aPW MNlIra
escaladant les remparts de la cité .sainte. Pour arriver k ce rénUtat, il a inuigwé «M J^-
salern corn|)osée de la réunion de divers édifices de Pim, et il Ta dut
f^uerrii.Ts tels (pi'il li'- v'>\.iil di- K»fi («-mp».
La seconde miniature, conçue dans la même manière, a ^gdament la prétention de i
transporter en Palestine, à peu île dislance de Jérusalem. Dans un vallon oà aerpente •■
ruisseau, (pii pourrait liien étn* la Hi<\vre, de braves payum, d'Areueil on de Geolifly,
sont II fp'uoux dans l'attilude de la suq)riseet de l'adorniion , tandis que lei aagea dépUîenl
dans l(;s airs une liaiideroie sur laquelle on lit : Gloria in txttln» Dm. La fflle Misle
apparaît dans la perspective, et cette Jénisalem est encore Paris, vu un peu plu» è Teat
que dans la miniature précédente. La tour du Temple, Saint-Je«n-en-Grève, le Petit-
(Ihiitelet, la liutte Montmartre se distinguent facilement au milieu dea afrangeMeata da
miniaturiste. L'ensemlde forme un tableau véritable, où la ricbeaw do eolonB ^gnle la
nellelé dus lijjnes et in naïve expression des physionomies.
Cette remarquable œuvre d'art est empruntée au célèbre mi.ssel dit de Jutàmldm Unim^,
récemment acheté par la Ville de Paris el si bien décrit par M. Firniin ()ido(, finleraié-
diairc désintéressé de cette précieuse acqui.sition. ''Il révMe, dit cet honorable bibliophile.
«•«>M»
'" llil)liollièqiie ini|M''ri.il. m.mii'ifrilH frniirni».
n" o68ô, fol. 407.
' l,'ori(jine prcinit-re <lo col odiiiirultlc ninnii»-
i-tit n ('l«' fort (lisnilf'c pnr It-s SAvaiiU. M. Finnin
Diilot nllirin»' (iii'il fui l'xiViili- . de thhf) à i^iiy,
pour Jnc(|iie8 Juvénal ou Jouvi-ncl Ae» IJ rsin» , dernier
fils du ct'U'îbre (jnrdc de la IWvAli' des Marchands
(ilJHH-i /ioo). M. Vallcl de Mriville croit, nu con-
traire , qu'il a eu pour premier poMesseur le duc
(le BiMlfurd; qu'il n di^ ^Ire commeneé vers thtk,
continué cl remanié npr^ le dëpart des AogiaM, <l
converti en un pontifical à l'usage du diooèse de
Pnitiom. Celle opiiiinn s'nppiiio 5iir rexisteoca des
armes et des nllriltiils du duc de Betlfnrd, inpar-
liiitemeiit dissimulés pnr le secoml propriétaire, sur
l'importniice donnée n In fêle de snint Kdouard et
uiilres sniiils du rnleiidrier nnglais, et cutùi sur la
dilTéroiicedes peinliiri's qui indiquant dsoi ifOlfÊÊê
distinctes. Ce (|ui u'eat (NH oootesté, e'esl que Jac-
ques Juvénal di>s IJrsins . «ucccssiTcment conseiller
du Roi . avocat au Pariaawat de Paris.
de \otrr-Dane. préMdaat * la Cour das
Iresoner de la Saaile'Caa|MM ,
et évtque de Poiiian, a ea b 1
nmion dm las dstaièws aaaéas de sa «ie. Oa aa
sait |ias an jasie i qaafc épo^ » bm» frtâmn
pasM ealra sas aisias M. Vdbt de VimiBt iaduM
è croira que ea fat «a i4*9. krooMsiaa delà «isile
des imLsaiidaan dteaasa. Jacquas Jasdaal dai
Unias, ayaat aa. M sa fasMK da todaarisr da la
Saiala-awpla.*laafawatwrhsiiialiiiiab-
jeU d'art al de dévatioa que raafanaail cet (
(Voir, poai
idapiii I iiir.laha«hawd>M.r— àa
Didot. MM dt Jbsfass JMial d» (Mas. edW A
h sdb dk ftni. «a. PMis. iMi. ia-8*. «« a*
da M. Vdkl da ViritSa. ^Mr dr .
ers» /rMaur. f«r. Pam 18M. io-«<* )
■ l»T. — 1.
586 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
«l'histoire intime d'une époque tout entière. A lui seul il est un véritable musée, où cliaque
«tableau est encadré d'ornements qui le rattachent arlistement aux marges du livre; et
«l'habile emploi de l'or, dont l'éclat rayonne au milieu d'une guirlande de fleurs, offre un
« aspect plus séduisant que la bordure monotone des tableaux de nos musées. Depuis la
«peinture la plus large, jusqu'aux peintures les plus microscopiques, tous les genres s'y
«trouvent réunis, et les couleurs y brillent d'un éclat si vif, que quatre siècles n'ont pu
«l'altérer
«On peut considérer ce manuscrit, ajoute M. Firmin Didot, comme une encyclopédie
«des monuments, des costumes, des meubles, des armes et des instruments de toutes
«espèces de son époque. On y voit figurer la société dans ses diverses conditions, avec les
«costumes et les armes de l'époque. Les châteaux, les forteresses, les édifices avec leurs
«tuiles vernissées, l'intérieur des habitations, les meubles, les ustensiles de la vie privée,
«y sont fidèlement reproduits. Les fonds présentent une ordonnance variée, remarquable
«surtout par l'élégance et la profondeur de la perspective; les détails et les ornements
«d'architecture sont traités avec une délicatesse infinie, et reproduisent probablement, soit
«en totalité , soit en partie, quelques monuments de l'époque. Le dessin des grandes lettres
«historiées, dans lesquelles sont encadrées les cent quarante miniatures ou tableaux de ce
«musée, mérite aussi une attention toute particulière. Le goût qui préside à leur ornemen-
«tation offre, dans les enroulements et fioritures, une variété pleine d'élégance, dont l'éclat
«est heureusement adouci par de petites compositions qui, occupant les quatre angles, sont
«peintes quelquefois en camaïeu, ce qui ajoute à l'harmonie générale Quant aux
«grandes lettres qui ne sont pas historiées, le dessin en est toujours varié, et souvent des
«fleurs viennent charmer et reposer la vue éblouie par l'or, l'azur et le carmin dont ces let-
«tres étincellent. Les marges du livre sont couvertes de rinceaux, dont les ramifications
«figurent, comme dans un charmant parterre, un joli feuillage émaillé de fleurs, de fruits,
«de personnages et quelquefois d'animaux bizarres, de figures capricieuses ou même gro-
«tesques. Ces arabesques devançaient les chefs-d'œuvre qu'on admire dans les Loges de
«Raphaël Chacune des cent quarante grandes miniatures qui ornent ce manuscrit
«est un tableau, où l'on reconnaît le concours de plusieurs peintres d'un vrai talent. Ce-
« pendant, au premier abord, l'ensemble frappe tellement, qu'on croirait toute l'œuvre
«exécutée par la même main. La naïveté et la simplicité, exempte de l'exagération que l'on
«peut souvent reprocher à l'école allemande, donnent à chacune de ces miniatures, ou plutôt
«de ces tableaux, un caractère tout spécial qui constitue le style français, genre qui nous
«est tout à fait propre, où la nature est reproduite dans toute sa vérité, et où la foi reli-
«gieuse inspire toujours le peintre , profondément religieux lui-même. Vers la fin , le pinceau
«de l'un des éminents artistes qui ont concouru à l'exécution de ce chef-d'œuvre devient
«encore plus fin que dans la première partie, dont \e faire est en général plus libre, et
«l'expression des têtes plus caractérisée, ainsi qu'on en peut juger par la grande miniature
«représentant V Annonciation aux Bergers^^\n
La peinture que nous avons choisie, parce qu'elle donne, sur l'arrière-plan , une vue
'■' Missel de Jacques Juvénal des Ursins, cédé à la Ville de Paris, le 3 mai 1861, par Ambroise Finnin
Didot, Paris, 1861, broch. iii-8°, p. io-i4.
PAHIS SELON LKS MIM\TIHISTKS DU XV' SIÈCLE. S»7
partitïllc (lo Paris, ne trouv*; être \}rénniment rcll« qiiis M. Finnin HMot tnwMin ru— i
l'une (1(>8 [Ans [iniex et de* plus ciprcuivoit de ca ntanuKrit-roiM^e; de plat, dit • A4
rcriiiuu avec beaucoup de Koin par le» artùtai charg<^ de la reproduire, «1 tfl* lOMlitlIi
Il elle seule un vrai tahleau. Au ini';n(e iopofp-apliique, que noui wcherchioM Mntoul, w
jiiiiil donc une valeur <-irli-<tiipie iippnViire, comme on tient de le voir, par un JM» ém
|)lus couipiUcnts : I' Ink/in' »i/i.»i ,iux llcr/jer» mnnpi'* uiio phaae dao* lliMtoirs d« Is p'W-
ture françuiH».
Au point (le vue de la couleur lii»torique et locale, le* deut IhtIIm ptgM QOC IMW* n»-
protliiisonH Inisscnt rerlainemiMit beaucoup à df^ircr: elle* donnent ni/me lim & dat pt»'
blènx's lopof^nipliiipicH fort dillicile» ù résoudre. Toutefois, il coovteot de faire reairastf
i|u<' les miniiiluristcH <lu \v* siècle, dont IVrudition et le» connalMinrM géodéApMe toift
riatiirellenieni assez bornées, ne pouvaitrnt guère procéder autrement. .Sam doate rautcar
(lu Sié|;e de jérusnlem aurait pu relever, ne fât-c« que tur len spinilea de la eolooo» Tm-
jane, les armes, les vêtements des soldais romains cl orientaui, «1 nott* épafjgBCr aiati l«
spectnci)! (le ces nrcbers du w* sitVIc attaquant la cité Miinte, deus ceaU aoe arani Thm
chréti)ïnn(.' ; mais il est probable ipie, n'ayant |»as sous les yeui le jeu de la Udi«pM al 4e la
balisti(|ue anciennes, il ne serait point parvenu h donner k «a conposition le ■oateaMll
l't la vio (|u'on y admire. Il en est de mt^me de la page emprunta an ni«el «le Jaf ëaal im
llrsins : les bergers de Betbiéem, représcntt^s d'imagination et avec toalea Ice riebaMee «le
In i-oul(Mir orientale, oiïrii'aient sans doute qiiebpie rliose de moins naif et de
(|U(; ces braves paysans (li> la baidieiie de Paris, auxquels les anges annoncent U
du (ibrist. L'anacbronisme a donc son bon cAté, même au point de vue de Part, et il nr
nous sied pas, ainsi que nous l'avons dit plus haut, de lui reprocher dee «rranaoto qui
enrii'bissent aujourd'liui l'histoire des mœurs et des coutumes panàaaoae.
VUES GÉINÉRALES RESTITLÉES
ou
PLANS CAVALIERS DE PAIUS ET DE SENLLS
AU XIV* SIÈCLE.
( NOTICES KXVLiCATIVBf.)
I.
PLAN CAVALIEK
ou
pofinrinicr de p\w\s
EX laM
*CCOMr*(iNAIIT CI fOIGHI.
Kii |)iii)liiiiit l«.H (BuvrRM de» historiens ori^jinaux (jui uni ^rtt sur Para, ea a atati la
n<^ces.sit*^ d'ërluirer les textes par de nombreuse» re|irodurlions ou far-mmiU , qui révélaïaaal
aux yeux, comme h l'esprit du lecteur, IVpo«|ue mAme qu'il s'agunail de faire mitre. De là
les [iiiniatures, les |;riiviires anciennes et les vieux boit dont m volume e»l illu»tré. Ilal^p^
lit jjiri^esse avec liu|uelle on a sem<^ ccfl utiles et curieux documeoif, il (allait v ^oMn
une pièce capiliil<>, ipie les auteurs du temps ne donnent point, qne les ardiivMtc» n'ool
|ms encore d(Vouvertc , et qui aidera , mieux (pic toutes les descriplioiu éerilee, k coMpreoJrf
le Paris des xiv' et xv' siècles : nous voulons parler d'une de im niw rf rnanniblii . «fm 4e
ces n pourtrairts de cités,» comme on les appelait autrefois. Un tel plan n'exùtanl pas pov
r(*po(|ii<' h la(|ii<'lle se rfTère le prissent volume, on s'est ri'solu à lern^rde toute* pièces.
cil prenant, comiiie base du travail à faire, le plus ancien document graphique connu joaqv'à
ce jour, et en proc^'dant par iMimination, h mesure que Ton remontait le ciNini de* i
I
On a choisi une date pri^cise : celle de i,')Ho. La raison di^lerminanle de re dwii ail.
>ir|iiii nous, faeile à romprendre. Il y a, dans l'existence des ville», rertaiiMa ëpOMMi rv<
inanpiables. où leur asjiiTl, leur physionomie gt'nérale cbang<>nt d'une OMMÛAre appré-
ciable. Les traces de ces changements [leuvent se suivre sur un plan cavalier, liiea ■•en <|ae
sur un plan ichno^yrapbique ou en simple tract'. Mais il est certain aussi qu'il faut eaMr «l
momiuit précis et bien arrêté, si l'on veut piuvoir justifier la repr^eeaUlioa. dans le plaa
de telles ou telles parties, de tels ou tels édifices dont l'etisteace M date par des doCMBaaIi
cbroïKilogiipies. Ainsi, l'achèvemenl de l'enceinte de l'hilippe-AvgMle (lei i)flat WHtim
ces époipies; l'enceinte de Charles V (i 38o) en indique une autre. Pour la pmmère, il bmH
siiisir la date de cet achèvement, si l'on veut faire voir les partie* noa aocMV Mliee ^
liippait l'enceinte, parties plus t4ird couvertes de maisoiM, et, en ovtre, lei terraïae
hors des iiiiirailles. Li'i s'élevèrent bientAt. surtout dans levcMM^dl
Iriirlions destinées ik des aubertp>s ou hôtelleries, ainsi qu'k dei dépoli de
ou bien encore des bourgs dans lesipiels se réfugiaient ceu\ qui troalaieflt aei
charges assez nombreuses ({u'entratnait la ré'sidence à l'intérieur d'une ville. Cee
rences d'aspect exigent quel(|ues détails. Les même* raisoiM M préeesleot pour PeMaiBled»
(iliarles V. Afin de justifier le choix de l'année i38o, au lieu de 1&80, par >
r,02 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
(lirons nue celle date a l'avantage d'être une date intermédiaire, à cheval sur les deux
siècles, et qu'elle se trouve plus rapprochëc de l'époque de Jean de Jandun. Quant à
Guillebert de Metz, un plan de la seconde moitié du xv* siècle conviendrait peut-être
davantage à sa Description de Paris; mais il se composerait d'éléments différents, et, con-
séquemment, ce sortaient deux plans distincts à établir. D'ailleurs, il pourrait mieux trouver
sa place à côté d'autres auteurs, et servirait de transition entre celui de j38o et les plans
originaux dressés par les topographes des xvi* et xvii' siècles.
Voici maintenant les motifs de la préférence donnée au plan cavalier sur un plan en
simple tracé :
Avanuges Quelle que soit l'cxactilude des j)lans géométraux, on arrive toujours à constater que,
lu Plan cavalier, ^j j.^^^ pouvait obtenir un plan cavalier exact comme mesures et dispositions, et aussi fidèle
que possible comme image des édifices et des constructions, ce serait incontestablement
le meilleur moyen de faire passer dans l'esprit du lecteur les idées qui ont dû inspirer les
historiens originaux à l'époque oii ils écrivaient. Il en résulterait une véritable résurrection
de la ville, au moment où ces écrivains ont rendu témoignage de ce qu'ils voyaient. Telle a
été, du reste, la pensée de presque tous les topographes parisiens îmtérieurs à De I^grive.
Goraboust même, le plus justement estimé de tous, n'a renoncé qu'avec regret à la vue
cavalière, dite à vol d'oiseau, et il a en quelque sorte combiné les deux systèmes. L'habi-
tude de ce mode de figuration était tellement enracinée, que la plupart des plans visuels
ou croquis cotés, dressés par les anciens arpenteurs, sont de véritables plans cavaliers,
avec le croquis grossier des bâtiments, des arbres, des haies, etc.
11 ne faut pas penser toutefois que les auteurs de ces images aient eu la prétention de
faire une chose rigoureusement exacte , comme on l'exige aujourd'hui. Le topographe an-
cien traçait le réseau des voies et des rues; sur ce réseau il relevait les édifices, avec
leur apparence par à peu près. Quant aux maisons, il donnait à toutes le même aspect,
comme à celles qu'on place sur les cartes pour indiquer l'importance du lieu signalé : par
exemple, des animaux, des navires ou des personnages, destinés à figurer aux yeux les pro-
ductions, le commerce, l'industrie des lieux où ces objets se trouvaient dessinés. Au com-
mencement du xvii' siècle, Quesnel alla plus loin : il compléta son plan avec l'image de
constructions projetées, qui n'ont pas été exécutées depuis; il fit entrer dans son cadre trop
étroit des localités intéressantes, en rapprochant les distances qui les séparaient des limites
adoptées pour le plan. Un siècle et demi plus tard , le tracé géométral était beaucoup plus
respecté; mais un autre vice s'était perpétué. On remarque facilement, par exemple, dans
le plan dit de Turgot, avec quel soin le dessinateur évite de passer sur les lignes du tracé, et
cette préoccupation l'amène souvent à déformer les édifices d'une manière choquante. Malgré
ces défauts, il est certain que ces plans ou « pourtraicts , » comme on les appelait autrefois,
exercent une sorte de séduction sur le spectateur, et lui donnent immédiatement une idée
vive et saisissante de l'aspect général de la cité, au moment où il veut en étudier l'histoire.
Conditions Toutcfois, établissons en principe que, pour exécuter un plan de ce genre, il ne faut
lece ra^al. p^j^t s'astreiudre à l'exactitude mathématique qu'exige le plan en simple tracé. Dans ce
dernier système, en effet, on peut indiquer par des pointillés, ou même par des lacunes,
PLAN CAVALIK» l)K PVIllS A LA VIS Df XIV' SIÈCLE. MS
les points doutcu)i ou inronnu», .<tu|)<.T[M>fi!r diventei ëpoqiMS ea tmAetHmA, l» matai
conriisrincril (in'il chI puoNibli*, les trari!-» (Ira lignes (|ui m> ioni tuteééé daM un mttmm Utm.
\jC plan cavalitir doit, au ronlrairt>, aceuncr tout, suppléer k ce qui fait défaut H f«MHdt«r
r;nfin la ville (iii le lieu, h un moment donn/-. Cettt un parti i pr«>ndrr H k faira anrrpltr.
nous crovons cpie c'est le mmjI qui puisM* aider iii l'intelli^^encc de» ailtettnaaCMm.fCnNl^
raison de particularitëit souvent inrompréhensibleit. C.oUe létilâ • Mé neumm éam I»
siècle dernier, et des tentatives sérieuses ont été faite* pur amentpr le plan ttyrfwf i im
dc|,'ré satisfaisant d'exactitude f;éométri<pje. Si clic» n'ont |»as abouti, e'eal que la nMta
(|ui dessinait ou |;ravai( n'était pas celle qui écrivait; et puis auui, il faut Ir dirv. ftipnl
positif et iinidyli(|u<> du temps présent . qu'on pousse peut-être à l'estréoM, éUÛA aaiw cn>
('cant au tenqis des Le lieufel des Juillot. Aujourd'hui, pour meltw iéri— M— tè«to<IW
cette pensée persistante d'une ima^je de Pari» ù diiïérenles ipoaut», il laHail mmw reu^
titude des relevés de la topo)^rapliie en sinqde tracé, et oe liAtcr de ù\er l*iMig«^ vinn
Paris : car, si jus(|u'à la lin du siècle dernier on ne procédait que |>ar dea radtfeatiew d'sli-
Ipiement et de nivellement. <|iii ne détruisaient pas les témoim ou repèraa lacieM liât par-
celles bâties ou cncliises, nujourd'liui les (grands travaux de voirie font dirigea de telle bfwi
qu'une surface plane renq)lacera bientôt les dé|iressions et le» saillie» de l'aocMMI PHm.
Déterminé à donner, dans les limites du |>ossible et du raisonnable. tatMiCMtioa è m
besoin si vivement senti, nous avons pris pour date lu dernière moitié du xn* aiAde, pé-
riode à lacpielle appartiennent les écrivains dont ce volume repro<luit lea oairrea. El h
nous avons choisi, pour l'inscrire en léte de ce pian, la date précise de i38o, C^catm'eUe
précède pres(pie innnédiatement le règne malheureux de (ibarles M; e'eat motion, ea
efFel, l'enceinte de (Iharles V vient d'(}trc terminée, que plusicure palais se bàlisaenl. e<
que diiïércnls iptarliers s'achèvent. Le pont Notre-Dame n'est |K>int eoeora racenalniit , ri
le passa);c du jpand bras de la rivière s'elTectue toujours par une paMMvtte ea bois mû
se nomme Im Planclu'n de Mihriiy et qui aboutit ù la rue de ce nom; le pdais <lea ToafBilke
n'est (|ue l'iiôlel ou le logis d'Orgemonl ' , etc. C'est aussi vers ce lenpa que ae
la vie brillante de l'ilnivcrsité. que les collèges s*élablis.sent , et que le» rues
se remplissent de maisons ou d'hôtelleries pour rerevoir les étudiants '^ . Tandis 4|ae
qucs vieux hôtels (len)curent encore, avec leur caractère particulier, rooinie
témoins du passé, on voit, dans In Oité et dans la Ville, les grands tlols s
petites maisu[is de produit. Ce morcellement se conqirend : au niomeut oà il ae El. le
revenu immobilier était tout, qu'il se pré.sent4U sous fonue de loyer ou de caaa; le mar-
chand et l'artisan étaient ou «en louaigc» ou en ccnsivc. La bourgeoise, toataiM, a'ean
prcssa d'acquérir, dès que les propriétaires terriers commeneèreat i aliéaer pear payer
leur luxe. Ia's croisades avaient provoqué ce mouvement; les goerres ctvtlea et la léàtimc»
dans les villes le précipitèrent. On comprend qu'un siècle aprèa la ville ail pria aa aalre
aspect : des quartiers nouveaux avaient recouvert les raAarsi et lea aMunus; Taaci
'' Au roinmiMirerneiil du \\' siiVlf n» n'l«'%.nil
le |ionl Notre-Dnine, celui-là inènu' <|ui jumMiln
on I '•<((); le poloi» de» Toumelle» roniiiiençMit h
M' fiirnier de diviM'ses |in)|>rii'li>s rmilij;ii
'* l,'K»|»0(fllc, <|ni •••il re..|.'.'-.l.ili"iii- ^u-
594 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
enceinte élait envahie par les maisons voisines, et se trouvait même démolie en certains
endroits. Les collèges, qui, en i38o, occupaient simplement les hôtels ou les maisons (|ui
leur avaient été donnés, et se distinguaient à peine des autres îlots, devenaient des édi-
fices à j)art, plus réguliers, munis chacun de sa chapelle plus ou moins monumentale.
L'aspect change donc, abstraction faite du style architectural des édifices que notre échelle,
nécessairement réduite, ne permettrait pas d'apprécier.
Afpeci de Paris La structurc et les dispositions des villes changent avec les besoins généraux ; mais ces
an moyen âge. (.Rangements, nous le répétons, s'opèrent par périodes : on approprie avant de démolir
et de rebâtir. Ainsi, Paris commence par un noyau de palais et d'hôtels fortifiés, en-
tourés de murailles élevées, sans ouvertures extérieures, mais ayant au dedans des jardins,
des bosquets et des galeries bien aérées. 11 n'y a de maisons d'artisans ou de marchands
que ce qu'il faut pour le service de ces palais et de ces hôtels: et elles appartiennent auv
seigneurs. Chaque maison est occupée par le maître et ses ouvriers et apprentis, ou par le
ménage et sa famille. Plus tard, les seigneurs bâtissent dans leurs clos, ou se resserrent
dans le centre de leur propriété, partageant et divisant en habitations les parties qui
bordent les voies publiques; plus tard encore, ils divisent leurs hôtels du centre, parce que
la valeur locative augmente, et ils vont habiter dans les faubourgs ou autour du palais des
rois. En même temps, des clos entiers deviennent des espèces de ruches : l'école au milieu
avec ses collèges et ses boursiers, et tout à l'entour les hôtelleries remplies d'étudiants
libres. Ailleurs, ce sont des communautés religieuses avec leur ceinture de maisons de produit,
dont les dispositions se sont maintenues jusqu'à nos jours. Certaines rues et certains quar-
tiers sont consacrés à certaines professions; de là une physionomie particulière à chaque
portion de la Ville et à chaque époque. Le lit de la Seine lui-même change d'aspect, soit à
cause des érosions des eaux, soit par suite de la construction des ponts, des quais ou des
têtes de ponts. Au temps de Philippe-Auguste, par exemple, outre les îles que notre plan
accuse, il y avait encore, dans la traversée de Paris, plusieurs îlots dont les historiens ou les
topographes font mention spéciale, notamment celui qui était placé devant la tour de Nesle.
On a dit que l'architecture et les arts d'un peuple écrivent son histoire vraie, et expliquent
ou jiistifienl certaines parties obscures de la vie publique; cette vérité tend à devenir de
moins en moins contestable; et plus on entrera, sans système préconçu , dans les détails de
la période du moyen âge (période qu'on peut appeler de la propriété à outrance, et du res-
pect souvent exagéré de cette propriété), plus on comprendra l'existence prolongée d'une
telle société. Un côté de l'histoire nous la présente comme livrée à une agitation perpé-
tuelle; mais les hases mêmes de l'édifice, tel que le moyen âge l'avait constitué, c'est-à-
dire la famille et la proj)riété dans l'ordre moral, la perpétuité de la possession dans
l'ordre matériel, n'étaient nullement ébranlées. Rien ne rend le fait plus sensible que la
persistance avec laquelle le vieux Paris s'est conservé jusqu'à notre temps. C'est une der-
nière et décisive raison de donner la préférence au plan cavalier.
Travail Mais, si un plan de ce genre a l'immense avantage de retracer, mieux que toute autre
«le rcsliliilion. r i* 1» * 1' 'il i *•! i / / l»
liguration, I aspect ancien d une ville, surtout lorsqu il est relevé sur un trace d une exac-
titude rigoureuse, en revanche, il faut convenir que, sauf pour les édifices importants, il
-(
PLAN CAVALIKH I)K PAHIS A LA FIN Dl XIV SIÉCLK. SfS
icslc loujonis (|ii(l<|iio clio»e «l'hypolhi^tiqmMlarw la rcpriWntalion . mhaeHaiiét, den».
ties cl/flruilcs , dont on n'a con»crv<î que de» (raffamU. Il i-»! «rni Hi- dire qiw Nm, dia*
si's trois f{randt's divi»ionji, conw'rvait encore, il y a |ieu d'anmW. d.. nmobrrui
(le r<>t ('•lut ancien. Ïm où co8 traccK noux Tont défaut, nou» li^ rrlroavow dao» d«
iiiiiniiiibli's. coiiirn<'rAllcni;i|;ii.- et rivKpajjne en poMèdeol encore aujounitiai . oè l«i
besoins cl i(!s mêmes liiibiliides ont ijié de» dii^ilions aMénMf fnt^ur idirntM)aM. L«
to|)0|;ni|)liie rompan'ie, Irailée avec prudence, noiuparatt appelée è Mairer bien dn poinU
resti^H doiiteu\ juNcju'ici. Pour tracer un plan de Paris au iiv' lièclr. non* OOM atmmtm
rvi avec Truil des excellents plans partiel», enrorv inédiu, de fru A. Berty. eo romal
tant, iiii |)oinl d<! vue purement ^p'^ouK^trique, le grand et admirable travail de Venu<|Wl.
Tous leH anciens plans ont été étudiés par nous, aiuM (|ue le» noinbreOM* i
l<-> dates (les percements et de» l'rande» construction»; enlin notre
>|uartier8 de Pari» encore cxi-stunt» en i83/i, et no* Mtuveniri, renonUnl i 1896,
ont permis de reconstituer, de mémoire, certains aspects particuliers aujourd'hui
Kn ce (|ui concerne la physionomie des rues cl des maison», noo» devons (aire ■■•
observation {générale. Les constructions antérieures au it* siMe ont loujoan en pea d'onr-
menls à l'extérieur. .Sans aucun doute, les maisons d'artisans étaient, roi— e ctMei am'M»
voit encore dans les vieux quarlieni, conqiosées de moellon et de plitre sur 1
i>n pierre de taille relié par un poitrail; la Iwutique se fermait par un cblam à
bori/ontales ou verticales, avec un auvent se re|>lianl par en haut. A Paris, oA le» i
sont en pierre, on rabat rarement le bas du ronireveni, comme nn le fait dans 1rs vflle» k
maisons en bois. Les baies .sont percées à nu dans le mur, sans chambranle ni nMolm*.
(l'est encore la mélliod*! usitée aujourd'hui dans une certaine cal^|one de aaÎMNW i bon
marché. Ce n'est que plus tard, (|uand l'artisan ou le marchand e»| devenu le vrai pra»
priétaire, (pi'il orne sa façade et ses appartements. Il faut ajouter que la séroril^ daa mm
a contribué beaucoup 11 faire ouvrir et décorer le» façade». Les chemilléae doBIWl taM
un aspect tout particulier aux diverses époques. Ainsi, avant le xv* siide, inatÊitÊm, M
• oiileiianl (ju'une seule famille, n'ont (généralement qu'un ou deux corptde dMaméa». Le
maître reçoit la famille autour de .son foyer, et l'on se couche de bonne heore, souvent mm
lumière. Plus tard, on perfectionne le mobilier; on rt'frr les fenêtre*; on veiUe; on nulliplir
les corps (le cheminées. Knfin, arrive le moment où chacun veut être cliet aoi. oà l'on te
parcpie. dans un élajje, puis dans un coin de maison, et les corps de cheminée* te ran^m,
romme (les créneaux, aux pi|;nonset aux refends principaux de» maisons. Cca divan aapeds,
lin le voit, traduisent à peu pr(>s exactement, |>our le dehors, le* coutume* et le* HOfe»
(lu dedans; ils servent donc h expliquer, pour l'homme de nos jours, bien des fait* ^ne
nos babiludcs actuelles sembleraient rendn- improbable», sinon tout k fait impwnbla*.
On s'est souvent ('tonné de l'absence de pavajje dans Paris, k une certaine époqne; il |a
encore bien des villes populeuses. rt'pul('es belle» et civilisApi, qui sont peu ou poinl pavé**.
et (pii ne l'ont jamais été davantuj;e. Valence et d'auln** ville» d'Etpafpie *onl dan»crras>".
' On snil (|(ie le pn-niier |>n\npe ordonné pnr prinapa!» de la nJle '.JttUfmmi
l'liiii|>iH'- \ti);(isli' ne conipmiwil (|(ie la troit*t. dit ««e dml» é» 1 «M . cilé* par l« fcy (
1 es|-ii-<lire les deux voie» qui. en *t rroiMnl an loliaasw f«%i»» A TfHlr/ * fïfr
Ma (Iti (ii^ixi-Ponl, formoicnl Ir» (|ualre me» ntjvas, p. ov).
7*
(In |)l.in.
.59f) DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Paris, à l'époque dont nous parlons, était entouré de marais cultivés, exactement comme la
plaine de Saint-Denis. Nous pensons donc qu'on n'avait pas besoin d'affermer l'enlèvement
des boues. A Valence, les maraîchers enlèvent toutes les nuits les immondices, et vont
même chercher, dans les maisons, les détritus de toutes sortes dont ils font un excellent en-
trais. A Paris, comme dans toutes les villes du même temps, les voies publiques se divi-
saient en rues principales destinées aux charrettes, en voiries et routes pour les approches,
en rues ordinaires pour les cavaliers et les piétons, avec des dalles le long des maisons (les
nceras d'Espagne), et enfin en ruelles pour les piétons seuls. Il y avait, en outre, des allées
ou des percées pour le dégagement des îlots, ou pour l'exercice d'une servitude créée au
profit des enclaves, dans les anciens enclos. Ainsi, dans la seconde moitié du xiv* siècle,
quelques artères, des rues étroites, mais de grands massifs, excepté au centre, avec des
jardins ou de grandes cours plantées et remplies d'air et de lumière; tel était l'aspect gé-
néral de Paris au xiv' siècle. On vient de démolir, de la rue Lacépède (ancienne rue Copeau)
à l'église Saint-Médard , tout un quartier oii les masures bordaient des intérieurs vastes,
pleins de fraîcheur et de verdure.
ixMiid dëiails L'échelle très-réduite de notre plan ne permet d'apprécier que l'effet d'ensemble ; mais il
pourra se rencontrer une occasion de publier «ne portion de quartier, dans une dimension
plus développée, avec des détails absolument indispensables à la complète intelligence du
plan parcellaire dressé avec tant de soins et d'exactitude par feu M. A. Beriv. Quant à pré-
sent, le «pourtraict» placé en tête de ce volume nous paraît remplir suffisamment le but
qu'on se propose , c'est-à-dire aider à l'intelligence des textes curieux qui y sont reproduits et
commentés. Nous répétons encore que le dessin adopté pour l'image des monuments qui .s'y
trouvent ne doit point être considéré comme une copie ou fac-simiU de tel ou tel dessin
d'un des anciens plans qui nous restent. Il suffit de comparer la représentation de l'un des
édifices encore existants, pour se convaincre que les anciens artistes en ont souvent altéré
profondément les formes et quelquefois l'aspect. Lorsque la destruction était complète, nous
avons dîl reconstituer les apparences anciennes à l'aide de renseignements de diverse nature
et d'origine variée. Quant au chiffre des maisons, il ne faudrait pas le supputer en comptant,
par exemple, sur les portions du plan restitué de M. Berty, le nombre des parcelles bâties.
Notre plan, en effet, représente un étal antérieur d'environ un siècle à l'époque choisie par
M. Berty pour sa division parcellaire, et il est certain cpie bien des lots de maisons ont été
divisés depuis en plusieurs parties : on voit encore aujourd'hui des pignons, coupés en deux
par des divisions de ce genre, qui datent presque toutes des xv* et xvi* siècles. Nous avons
tenu compte aussi des églises alors inachevées, et nous ne devions pas appliquer à ces
édifices une façade construite un siècle après. II ne faut pas s'étonner non plus de voir à
l'intérieur des murs, notamment du côté du Temple, de vastes espaces «vuides. "^ Cet état
donne l'explication toute naturelle d'un fait, celui du genre d'administration de certains
ordres et de certaines congrégations; et d'ailleurs, le terrain, très-productif en légumes,
n'offrait pas toujours un grand avantage à être bâti. Nous constaterons ainsi, par cette
exactitude spéciale, une foule de points qui trouveraient leur explication dans des considé-
rations historiques étrangères à notre sujet. Nous avons placé, par exemple, la planche
iMibray au lieu du pont Notre-Dame, reconstruit plus tard en \hih; mais nous rappelons
VUE UESTITIJÈK DK SENLIS AU XIV SièCLE. *»7
»|uo cVhI binn sur cffltf- (jriinde urthn de Pari», du midi au ««plentrion. qM ^mà êat*
(i'iilionl l<; fîrnnd-Ponl. (Ici (;(n|>|,ir(>mi-fil fnt lo)ri(|iic i-t tou( k fait «f accord avec \m deca-
tncrits lii.s(iiri(|iii>s : la |;riiii(l(; voi*; «Huit la lifjiif droite de la rue SaioiJaamM «I d« b
rue Siiint-Murtiii, (>t non cdlu do la ruoSaint-DcniK, «|ui, è cette éfMN{n«. venail rt^twnâr-
lii voie derrière Saint-Laurent.
Les considf^ralions qui pri^cèdent HulTuM'ut |K>ur faire ronnallre fëcoBOaHe cteéral« dr
ii(itr<> tnivuil cl les idéos qui ont |irésidë à sa confection. U légende enlicalife dont il «I
a(Totii|)ii|;n<- doiitic, à cliar|iii; renvoi, les obœrvations «pëcialmi que dwdW peial a para
e\i(jer.
11.
VLE RESTITIKE DE LA MLLE DE SE>LIS
AU XIV SIÈCLE.
(VoireHiM«..p.7«.)
(i'ost r>n lai.saiil, à Senljs, <l(>s recherches sur l'état de cette ville au lenii» où Jeau de
Jandun y résida, sur le lieu probable et les causes de re M'jour, uue la découverte du dImi
i-l (les tablettes de cire dont il est question plus loin nous amena à leuler une mtitutioo
(le celle [telile cité vers le milieu du xiv* siècle, ^uus avons voulu réaliaer grapbM|ne«Dnil rr
(|ue l'aiileiir a fait d;ins son Traité, sous une forme littérnin* pnqire à Min lemp». r*es|-i-difT
une (les(-ri|)li()ii |ir(;sentant l'aspect d'un plan cavalier, (pii pill devenir, auv veindu lecteur.
lin |)iiiiit de (-omparaison avec le plan de Paris à la mt^nie époque, et eipliquer en i|nel<|Ue
sorte le paralbMe établi |>ar les deux documents de i3a3. Les runsidéralion» qui Miiirnl.
et que suggère l'examen de ces plans, sont d'autant plus utiles {wur l'inlelligeon du letlr
aiii|iiel on les ap|)li(pie, (pie Senlis, comme les petit**» villes de relie épmpie, a changé bira
lenleinent. et conserve nii^me encore beaiintiip de marques indiscutables de MM état ancien.
(Tesl donc une |;araiilie de l'exacliliide probable de noin* travail.
Le plan de la ville de Senlis, dressé à la lin du xvn* siècle, et publié dana iaa fiwiiriii
années du \\\\\\ avec la carte du diocè.se de Senlis, indique l'état de cette place et de m
furtillcalions i\ cette époque, ain.si que le tracé des rues qui la lraver»aicnl avant le perte-
inenl, fait en 17.^0, pour le pas.sa(;c de la route royale de Klandnv II est facile de voir
ipie les forlilicalions élevées, ou pour mieux dire relevée.^ durant le» dernier» aooécs du
x\i*sitVle, ont suivi exactement le tracé de relies qui existaient auparavant. L'encciate dr
In ville n'aurait donc point varié .sensiblement du xiii* au iviii* siècle; aoM dtano» du »IH*.
parce (|ue c'est vers cette époipie qu'une mesure générale lit construire, réparer ou agrandir
la plupart des enceintes de villes et de cbftienux. Il n'entre pas dan* notre pias de délaiHer
les causes de ces travaux; il sullil d'indi(pier le fait. Kn ce qui concerne le tfneé de ce»
enceintes, et notamment de celle (pii nous occupe, noua nrona reoMrqncr que, de» le
xiv* siècle et antérieurement, on avait l'habitude de protéger le* porta*, ou mlae le»
poternes inq)ortantes , par des barbncane<i ou des lice» placées en dcMf» OM NM>, et
598 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
affectant la forme triangulaire ou semi-circulaire. Cette observation a pour but de justifier
le maintien de ces ouvrages extérieurs dans un plan au xiv' siècle, restitué sur un tracé du
xvn'. Leur forme, dans le plan cavalier, indique bien celle des épaulements et palissades
en usage à cette époque, et remplacés |)lus tard par les escarpes destinées à résister aux
effets du canon.
Aspct d.. seniis SeuUs s'éleud sur une sorte de mamelon incliné vers la rivière et vers Paris , lequel se
rattache au plateau du Valois par la route de Crespy. Aussi la disposition des enceintes et
des rues est-elle celle de toutes les villes fortifiées, dont l'origine remonte au temps des
Romains : la cité, ou castellum, se trouve dans la partie culminante, et la ville, qui est
aussi fortifiée, s'étend sur la déclivité jusqu'aux fossés et à la rivière. Cette disposition
subsiste bien clairement dans les vieilles villes à demi abandonnées du midi de l'Europe,
en Espagne surtout et en France. Toujours on trouve le château protégeant la ville, et
toujours il est placé à l'une des extrémités de l'enceinte. Notre opinion , fondée sur l'examen
de beaucoup de ces oppida encore habités ou abandonnés, est que la ville a été bâtie en
même temps que le château, et que, dans la suite des temps, elle a pris plus ou moins
d'importance, selon les avantages du lieu ou la puissance de l'évêque qui en était le seigneur
féodal. L'étude des transformations, ou pour mieux dire des accroissements de ces agglo-
mérations à côté des châteaux et des monastères, serait fort intéressante pour l'histoire
de la propriété foncière, notamment dans les villes d'oii sont sortis les privilèges et les liber-
tés des communes. On y verrait la marche progressive des aliénations faites, à divers titres
et pour diverses raisons, par les seigneurs, d'abord possesseurs uniques du sol, aux reli-
gieux, aux tenanciers, aux marchands, aux artisans; on sait d'ailleurs que le principal
développement de ce mouvement a eu lieu vers l'époque des croisades.
Il nous semble que c'est surtout dans la topographie d'une ville qu'on peut suivre peu à
peu toutes ces transformations ; car, jusqu'à la fin du xviii' siècle, les limites des propriétés,
surtout des propriétés bâties, ont bien peu varié; ces limites étaient sacrées, et l'on en
conservait toujours les témoins, non-seulement dans les écrits, mais surtout sur le terrain.
C'est sans doute à cette coutume, dont les traces existent partout, qu'il faut attribuer le
laconisme de certaines désignations des vieilles chartes : les détails étaient inutiles, puisque
les choses existaient. Dans les développements qu'exigera le texte descriptif de la Topojp-n-
pliie du vieux Paris, ces considérations pourront avoir leur place.
Kaciiiiés Senlis présente, pour la justification du parti pris dans l'exécution du plan cavalier, des
et avantages , . . i-zï^ •, •!, . r-t ^, .•■
que présente Senlis avautages qu OU rcucontrerait plus dimcdement auteurs , au moins en Prance. C est une ville
un purTovaiier. T^i est deuieurée stationnaire depuis un temps très-long. Les substructions de ses maisons et
de ses édifices n'ont pas varié: il n'y a donc, même pour aujourd'hui, que bien peu de
changements apportés à l'état des rues. L'enceinte elle-même de la ville existait encore au
commencement de ce siècle, et celle de la cité, du castellum, subsiste encore, quoique
ruinée presque entièrement. On comprend qu'il en soit ainsi, puisque les habitations que
le seigneur permettait d'élever auprès des murs de ce château intérieur étaient d'abord
très-légères et toutes provisoires, et que ce ne fut que plus tard, après différentes formes
d'aliénation, qu'enfin la propriété en fut acquise aux habitants, sous diverses conditions.
Vl'R HKSTITrf^lK DE SK.VMS Ali XIV SIÈCLE. SM
Le miimc travail s'o|>/;rant pour toute* Im aulret grandM divwioM ftmàkm tmtt *dU.
UtWcH (|u(> couvent», liAtelfi, etc. In iiliynionomii! de eM viIIm rlmngtiMl m alat Mam.
<>t il y a cortairiKH ('rpoquo» où li>!t iMt-n-ncnn mmi bien tranrhéM. A S«oli», M pMl Miivrr
■M»07. farilcmcnt cns traces, et l'on |)<'ul din; i|U<> rliniuip Ilot reor^Mato, poar MM *-r*tfTr
(•|)0<|ui;, soit un clos, Hoit un couvont, Mtit tin liAtel , daiu leMoeb OU ■ tMMMÎlMMal iMié
lie |>etite« habitntioiiH pour Icn |ri*nit allarli/w au terviee dm wigncttn «• d« {
A l'iiris, je ni<^mi> rnouvnincnl ost hicn rarili> à «uivre, et eetie eepilale fenM
r<'suni<'' (^i';n<'>ral d<- ci; i|ui m; passait dans toutea let egiHoBl^wtioa» BeoaUw.
Ainsi, In ville df Si-niis est roup/»*- p(>r|M>ndicutnirem<*nt par dmi graodeivoiw rroor,
ipii Irnvorsein ville et In (lit/-, constitue une ancienne voie romaine tr^^r/qMaléetdiittl la»
restes se retrouvent |>artout dans le Valois; l'autre, qui conduit de Vleaut à BeMWMa»ae In-
versait pas la (lil)^, mais seulement In place du March^^.qai s'étend aoitt reacarpeanit de»
tours de l'enceinte inti'Tieun>. Ces deux voies donnent quatre porlea, les wmIw •■ «Art MÎ
existassent avant le xiv' ou le \iii' siècle, et qui étaient : i* la porte de Paria, «* ia porte
Saint-Hieiil , ."5" la porte de (Ireil , et 'i* In jwrte de Meaux (aujourdliui |>orte Billoa). Il
existait, avant le xiri' siècle, à l'anj^le, du cAté de Suint-Vincent, un faubourg, et l'efioetnlr
se fermait sans doute de la poti>rne ;> à la porte Billon, inarqui'e m. Le bit réB«lted*aar
indication des Tablette» de cire du \it' siècle, conservées à l'hAlel de ville de Sealia. Depai»
lors, et encore aujourd'hui, la porte dite Je Mmux «e trouve i l'angle da quartier Saiai-
Vincenl et dans l'enceinte extérieure. An reate, ee« nooMtèra umiiuuirot— i , eeaMar
Sainl-Vincent, étaient en (jénéral jtlacés à proximité de Teaceiirte daa viUe», ylapeK
i;eaient : Saint-Germain, Saint-Martin, Saint-Victor, etr. i Paria,
A l'extérieur des portes, et sur les routes, s«< trouvaient, comme partout, le» faal
composés d'auber^ies, de chapelles et de jjranges. Les ville» se fermant del
les temps de troubles, ces fniil)Our|;s servaient ^ héber|;er ceux qui ne |
la ville, et les chapelles leur permettaient d'entendn* la messe du i
Tort rép.indiie. il ipii existe encon* en Kspagn<' dans des condilioaa as
Les Jlols sont composés, pour la ville, à partir de la porte de Paris: l'eoOet M, <
couvents contijjus des (larmes et des Conleliers; u* en /. de Saint-Vincent et ai
.!" en A', du couvent des Capucins e| dépendaaeea; k' tn U,Ab Saial^Pierra «I
(lances; 5° en K et /i, de In coinmunderie de Saint-Jeaa et de Saisla GuMllMa.avec MW
ruelle de (lé(ja|;enient (ici, il est à remarquer que le côté qui regarde le tUÊtAi et la i'jté
esl garni de petites maisons propres au commerce, et MMH aaOB daota hiuaa pov Hi»
louées aux marchands et aux artisans); 6* en F et/, de Saint-AlgOBB el de la llaiaaa de
\ ille nu centre et du marché, où se trouvent les changea. Ceat «■ e, et daaa la paHw^
rei'nrde la roule de Creil, ipie se iroiiv-"' i-- '■•nWiènw el gfeaîen pMNMa, lanraïaa a»>
Irei'ois peu liAlis et qui aujotinritui in ni l'uèn flM. Dans la t.lte elle Meair .
les îlots sont encore bien distincts: le cAWle/se It (, atee le fMÎewé de Saiat>\laarK<-
et divers hôtels séparés seulement par des ruelles, i nt Mtmmmmmtmktmmff^
(le soldats et des majfasins. De l'autre cAlé de la rue il. J'arw, s'ëWreol b calUdrale e« 4
el l'évérhé en /» . avec Saint-Krnnd)our|î el l'ancien h«Mel-Dieil en Cet f. (.onMne pnv^ae
pnrli>iii, \.\ ciiili.'ilrnle ii son chevet touchant m l'enceinte, ainsi qne celai de Seint-Fia»-
600 DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
bourg. Ces grandes divisions suffisent pour faire comprendre la destination des bàlimenls
et édifices qui figurent sur le plan cavalier.
Ce plan indique, autant qu'il a été possible de le faire, la largeur des rues, bien que
celles qui se présentent transversalement aient dû être laissées un peu plus spacieuses, pour
être visibles derrière les maisons. Ce parti pris se trouve dans toutes les représentations de
ce genre, où il est facile de voir que, sauf la direction des rues et l'aspect des principaux
édifices, tout le reste est dessiné arbitrairement. Nous avons cherché ici à reproduire la phy-
sionomie de Senlis au xiv" siècle; si nous avions dû prendre une époque antérieure, celle
du ix' ou x° par exemple, les îlots, tout en conservant leur configuration, n'auraient pu
offrir les mêmes constructions, puisque les maisons n'avaient alors ni la même importance
ni la même destination. Les îlots excentriques auraient été fermés de hautes murailles,
et, dans les rues principales seulement, on aurait vu des lignes de maisons d'artisans et de
marchands appliquées aux murs. Au marché encore, au lieu de la suite de maisons à pi-
gnons qui s'adosse à l'enceinte de la Cité, il n'y aurait eu que des échoppes en bois laissant
libre le pied de cette enceinte. Cette indication suffit pour donner une idée des différences
capitales qu'un plan cavalier offre, suivant les époques, quand le plan en simple tracé
n'en présente réellement aucune. A Senlis, le plan cadastral actuel n'est pas bien différent
de celui du xvn' siècle.
On sait que Senlis a toujours été entouré de forêts; son nom latin Sylvanectum l'indique
surabondamment; et, quoique de nombreux défrichements aient eu lieu, ce voisinage lui
donne encore une salubrité incontestée; mais cet avantage est compensé par l'inconvé-
nient des mouches dont parle le manuscrit du xiv* siècle. Le nom de Fontaines des mines,
donné à la partie basse vers Paris, où coule la Nonnette, fournit la preuve que les fossés
de cette portion de la ville étaient habités, alors comme aujourd'hui, par des grenouilles.
Si donc, comme il est probable, Jean de Jandun était logé chez les Carmes et les Cordeliers,
0 et M, ou chez les Capucins N, on voit qu'il était placé convenablement pour apprécier les
concerts de la gent marécageuse. Si l'on considère d'ailleurs l'immense horizon dont on
jouit du haut do Senlis, l'abondance et l'excellente qualité des matériaux de construction,
pierre ou bois, que le sol produit, la proximité de Paris et le voisinage de plusieurs mo-
nastères riches et célèbres, tels que Chaaiis, la \ictoire, Royaumont, etc. on conviendra
sans peine qu'un Parisien pouvait en vanter les avantages, et ne pas trop se plaindre de. son
repos relatif, puisqu'il se trouvait au milieu de moines savants et disputeurs, qui devaient
lui rappeler les collèges de Paris, alors si agités.
En rapprochant cette vue cavalière d'une petite ville de province, du plan de Paris à la
même époque, on pourra, en quelque sorte, suivre sur le papier le récit de Jean de Jandun.
Certaines parties pourront soulever quelques objections, bien qu'elles aient été conscien-
cieusement étudiées et restituées; nous croyons néanmoins, avec les artistes topographes
des siècles derniers, que cette forme de reproduction, même avec les incertitudes de détiiil
qu'elle comporte, est encore celle qui donne le meilleur commentaire graphique des docu-
ments historiques relatifs aux vieilles cités.
Hexrï legrand.
LÉGENDE
DKS Lli:i \ DITS, ÉDIFICES ET KLES
umpHin
DANS LE PLAN CVWLIKIl DE PARIS EN 1S80*".
1. LA CITÉ. III. LA \ILLK.
IL L'UNIVKHSITK. IV. LUS FU nOIRCS
Nota, l'our éviter la confinion , on « indiqu)* , en In ({roapMrt mm m ml drifea é» witi, la» boirtii tswH
011 mnniitncnU si(;nal««. — Lm cancUrM iUli<|u«* dMfMnl Im pwto itnamMmfÊrQmêihmt é» I
L L\ CITl
(Voir page iSa, Dncription de Pari$ mu« Charlea Vi. )
1° LIBUX RT ÉDIFICES REII^RQL'iaLn.
A. \utre-l)ame, la cathëdrale et son cloHn*; G. Saint-Aignaii , i^litM».
on avant (l(! la rnvadt*. In plarc (lu Panis H. Saint-Lméj, iffim n
(i.. .r,.i). (p. «56).
H. .S'(iin(-y(>aN-/e-/{onW, ancien Rnptislt-ro fie lu I. L'h<^l«l dm Urrioa.
(^n(li('(iralc (p. iâ7). J. S«ùu-Pierrt-mu-BmifÊ, 4(^6», H la thm-
C. ,Saint-l)(>ni.4-(ln-Pns. p<'lle 5awl»-.¥ciii» (p. iSS)
I). I^ PahU lie rAVn/»r <<t Ir /'»r(-/'/'(r./M<- k. Siùttlkmi é$ Iê QU»,<|liw.HU HWlfc»
(p. lâ'i et iGi), ocrupnnt lout le (erraiii ce nom «ne la ckapcU* 5mI-5
compris entre la façade miVidionalc de In (p. i&6).
(inlliédrale et le petit liras de la Seine, L Séiml-Gtrwtaim k tiiwir^p. 1Â7).
juscpiii rniijfnemenl des Tours, pW?s de M. Smiml'BéiAHimf, ^Kat niyal<>. «■•. dri-
ril.\lel-l)i(«u. ritra.r^gliaeyiâl fiwrw *■ Jr«M(p. 1&6
K. l.'llM-IHeu, avec In ruelle des Sablons cl i&â).
(p. 159). N. UPMȈiBm{i>. ii>*
!•'. .Sfli«f-arM(o/>Ar,t:}{liseelsaruellelp. lâô). O. U SniaU CkftUt Jw Pal^i- . 1
<'> On rnp|M<l!e ici que relie date a M éM» enoMM élanl «ela «k Ti
tic ('.liiiries V. (Vesl IV|Hiqui> iinmiMlinl«>nH!Ot anIÀieura k la eowtrMiian aie la
imporlonls, ninsi qu'il IVtflhliHîtenieiit de noavaaox qwulkn.
602
P. Le Trésor.
Q. Saint-Michel du Palais, chapelle (p. i57).
R. Le Moulin de Buci, ou à la Gourdaine.
S. Le Pont Saint-Michel (j). 161).
T. Le Petit-Pont {p. 160).
U. La Planche- Mibray {p. 109, 160 et 219),
emplacement de l'ancien Grand-Pont et,
depuis, le pont Notre-Dame.
DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
V. Le Pont-au-Cliange , nommé aussi le Grand-
Pont {]). 160).
X. Le Ponl-aux-Meuniers.
Y. Le Terrain.
Z. île de yotre-Dame (p. 174).
a. Ile aux Vaches.
b. Ile de Buci , ou du Pasteur-aux-Vaches.
c. Ile du Patriarche, ou aux Bureaux.
1.
2.
3.
i.
2° RUES.
12.
Rue du Marché-Pah (p. 162).
— de la Juiverie (p. 162).
— de la Lanterne, et église Sainte-Marie-
Magdeleine au coin de la rue des Mar-
mousets (p. i55et i63).
— Neuve-Notre-Dame, et Sainte-Geneviive-
la-Petite ou des Ardents , avec le cul-de-
sac appelé le Porche , et le Collège de*
Dix-huit, les ruelles des Coulons et du
Parvis (p. 161, i56 et i58).
Saint-Christophe, et quatre ruelles
(p. 161).
des Marmousets et le fief Cocatrix j6
(p. 162 et i63).
de Glatignij (p. i6i).
Saint-Landry (p. i64).
de la Colombe (p. i64).
10. Le Port Saint-Landry [p. 16 4).
11. 11, 11. Le cloître Notre-Dame et rue
Chanoinesse ou du Chapitre.
3.
itt.
la.
9.
»7-
18.
20.
Rue de la Pelleterie (p. i64), et nielle du
Port-aux-Œufs avec la Tour RouUant
ou Marquefas.
delà Vieille- Draperie, et chapelle de
Sainte-Croix; rue Saint-Pierre-des-Arsis ,
et de Gervèse-Loharenc {Gervais-Lau-
rent) (p. i55 et i63).
de la Calandre (p. 1 03) , et, vers l'Or-
berie , le porche Pierre-Lapie et la ruelle
Porte-Bûche.
de la Grande-Orherie ou du Marché-
Neuf (p. i63).
— ■ aux Fèves , et Sain t-Macias ou Martial ,
et la ruelle Cour ou Four-Basset (p. 162
et 157).
de la Ganterie ou de Saint-Éloy, avec
le Prieuré Saint-Eloy (p. i63eti57).
de la liarillerie (p. i63).
de Saint-Barthélémy.
de l'Abreuvoir.
II. L'UNIVERSITÉ.
[La haulte partie de la viUe ou les escolestont) (p
1° LIEUX ET ÉDIFICES nKHARQL'ABLES.
I
i64).
A. Sainte-Geneviève, abbaye et église (p. i64).
B. 6'a»»-£fte«ne-du-Mont, église (p. i65), et
le collège de YAve-Maria (p. 170).
C. Saint-Séverin , église (p. i65).
D. Saint-Cosme, église (p. i65).
E. Saint-Nicolas-du-Chardotmet, église (p. i65).
F. Saint- Hilaire-du-Moal, église (p. i65);
collèges du Pkssis et de Marmoutiers
(p. 173).
G. Saint- Benoît (p. i65), son cloître et col-
lège de Cambray (p. 172).
II. Les Bernardins, couvent et collége(p. 1 67).
Les Mathuritis , ou Matelins , couvent
(p. .67).
J. Les Jacobins, couvent, et la rue de ce nom
(p. 162).
K. Les Cordeliers, couvent, et la rue de ce
nom (p. 168).
L. Les Carmes, couvent, et collège de Laon
(p. 170).
M. L,es Augustins, couvent (p. 168).
N. Collège du Cardinal Lemoine, ancien clos
du Chardonnet (p. 168).
0. des Bons-Enfants (p. 168).
w.
s.
T.
IJ.
V.
X.
Y.
Z.
H.
h.
C.
(I.
e.
I.
LÉOt-NDh: Dl PLAN
(Collège de SMfmiu(p. iC8), av«c m clia-
pellr.', et le coll<''(je de l'reilea (p. 17a).
de Iteinu, ancien liôlel de Bour-
gogne (|.. «(i«).
de Sorhonne (p. 169), et U cha-
pelle; le.H colt)'|reit de Uuny cl det Tréao-
rier» (p. 170).
de Smarrr, uiicieii licWel (p. 169).
— — dAmtê (|). 17a).
de lloncourt (p, 170).
Snint-Aiirlr('-<lcs-Art«, église.
Le citiictière Saiiil-AndnMes-Art».
Siiiiil-Jiilit'ii-le-Pnuvre, égliite.
Suinl-BlaiHe , rlmpelle.
Sdint-Vve», rlinpelle.
(^(iniiiKiiidcrie de Siiiiit-Jt'<iii dt-I^tran.
Xa'h TliiTineM, ancien pnlaitt roniniii.
Saint- l'htenne-deë-Gre: , »'j{li»e ( p. 1 78 ) , col-
liffKH de» dhollettvi de lÀ$ieux{[>. 169, 173).
llrUei d(! Nesie.
Ln Tour de Nenle, anciennement de Phi-
lippe llamelin.
Hôtel de Sancerrc et d'Ilcrrules.
CAVALIKH DK PAKIS êM
h. llàUiï de Ninr<>n.
i. — de Reims.
j. de CnaMolL
k. — — dU Fflaounp.
I. de Minutinioni.
m. d'Aligr*.
n. tttim de Piendi*.
a. Ancienne ÉmIc de IMaciMrvtiMM ju-
lien.
p. La Tourneile H la Porte J
q. La Porte &MK-t'ic«sr (p. •«•).
r, Bordeile.
Saitt-MmtÊl (p. t« 1).
Papale de
a.
I.
u.
V.
X.
y-
1,1,1. Enceinte de Philippe- A^gwleelfaHli
du roi Jean.
murée.
-—^^—~ Sauii-jiuamn ^p. til j.
L'ancien Parioir aiu Bourgiwîa.
La Port<>(;il)artoai».'!i«nf-Jfi(W(p.«flt).
d» Smml-Gtrmmm, on TAkheye
(p. «3).
———' de Boci.
a" RUM.
Le Pelil-Cliâlelet et rue du Petit-Pont.
Ln grattde rue Saint-Jacque$ (p. 176), ou
Sninl-Benoft.
Hue (les (irez, ou rue ThorrI (p. 1 78).
de la Uûrherie (p. i8a).
— des Def;n''8 , et le Port-aux-Tripe».
des Rat (p. i8a).
du Feurrt (p. t89)ou du Fouarn*,
et les Écoles.
de Saint- Julien-U'-PaH\Te (p. 18a).
de Garlntide ou Galande (de la Ca-
landre, p. iHa).
du Pavé de In Place Maultert.
La Place Mnuhrrt et son Marché (p. 181 ).
Hue (les Pli^triers.
de» Ànfriais (p. 180).
de» Larandih-e» (p. 180),
des Noyer».
La Croix lléinon.
Hue TratTTtaine {p. 180).
Ln grande rue Sainte-denenitt (p. 180).
Hue Saint- Victor (p. 181), elles cuWe-sac.
90.
SI.
99.
93.
aà.
95.
96.
'7-
98.
3o.
Si. —
3«.
33.
3A.
35.
36.
Rue Ardw (p. 181).
— det Bernardin».
deBitm{p. 181).
de la Porte-Bofdelle.
— Cbpwd'
— du Moasli«r.
i$ Saml-Étieme^»- p. t?*)-
— dm SifhVmm (p. 179) •* * Z^-
Foer.
La Croix el le Puil* aux BottdMra.
Rue des Cannea et dr AJaa ( p. 17}).
— Sainl^een-de-Beeaf«iB, «m é» dee-
Bmaeen { Bruni) (p. 179).
Saint Jean-da UtWÊÊJim
Jean-de-Latren , eam
rue OUrrtilr* (p. 179).
- dn CWiiim (p. 178).
- dea Por<M, dai
(p. 178).
Saint-Tlieiae.
- de Ghniy o« Ohrnf H de !
604
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
37. Rue (fc/a//flrpeouSaint-Cosme(p. 176),
et les collèges iTHarcourt (p. 170),
de Justice (p. 172), de Séez, de Bayeux
(p. 173), de Narbonne et de Daimville
(p. 171).
des Mathurins ou des Thermes.
du Fain ou du Foin (p. 177), et le
collège de Maitre-Gervais (p. 171).
des Ecrivains ou des Notaires (176),
ou de la Parclieniinerie, ou des Par-
cheminiers (p. 177); et Routebrie ou
Bourc-de-Brie {p. 177)-
de Saint-Séverin (p. 176), cl rul-de-
sac de Sallembrière.
de la Huchette ou de Laas (p. 17^).
Sacalie ou Zacharie (p. 174).
Place Saint-Michel et Justice de Saiut-
Germain-des-Prës.
/i5. Rue du Hurepoix.
38.
39.
4o.
43
46. Rue des Augustins.
47. — Gi7/c»-le-Cœur ou le Queux, et de
l'Arondak (Hirondelle) (p. 175), el
collège </'/!«(«» (p. 171).
48. Pavée (p. 176).
49. de la Barre et à V Abbé-de-Sainl-Denis
(p. 175).
50. Wnc Saint- André-des- Arts [1^. 175).
5i. La grande rue de Saint-(îermain-Ach-
Prés (p. 176).
69. Rue Haulefeuille (p. 176).
53. Plaslrière ou du Rattoir (p. 17C).
54. de la Serpente (p. 175), et collèges
de Tours et Mignon (p. 171 et «73).
55. du Jardinet.
56. du Paon (p. 176).
57. des Cordeliers ou Cordèles (p. 176).
et collèges de Prémontré et de Bour-
gogne {^. i7t).
III. LA VILLE.
[La basse partie deçà les pont») (p. i83 j
1° LIEUX ET ÉDIFICES REMARQUABLES.
A. Le Château du Louvre (\). 194).
R. La Tour du coin (p. 194).
G. S'-Germain-T Auxerrois (d^ Aucerre) {^. i83).
D. Saint-Honoré et son cloître (p. i84).
E. Le For-l'Evêque (p. 197).
F. Saint-Eustache ou Iluitace, église (p. i83).
G. Sainte-Opportune, collégiale (p. 188).
H. Les Sainls-Innocents et le cimetière avec les
charniers (p. i83).
1. 1. Les Halles et les Piliers (p. 198).
J . Le Pilori des Halles et la Fontaine ( p. 1 98 ) .
K. Sainle-Marie-rÉgyptienne, chapelle.
L. Saint-Sauveur, église (p. i84).
M. La Trinité {p. i85).
N. Saint-Leu et Saint-Gilles , église (p. i85).
0. S'-Magloire et son cloître, abbaye (p. i85).
P. Saint-Jacques-de-VRàpitai {f. 191).
Q. Sainte-Catherine, chapelle.
R. 5aw(-yac5fues-la-Roucherie, église (p. i83).
S. Saint-Leufroy, chapelle.
T. Saint-Memj ou Saint- Médéric (p. i83) et
V Archet Saint-Merry (p. 109).
U. 5ain(-Ju/îen-des-Méneslriers,église(p. i85).
V.
X.
Y.
Z.
a.
b.
c.
d.
e.
f.
S-
h.
m.
n.
Samt-Au;o/<i»-des-Champs, ègli.se (p. i85).
L'abbaye de Saint -Martin -des -Champs (Je
prioré, p. i85).
Le Temple (p. 186).
La culture ou Couture du Temple (p. 186).
Sainte-Avoie , chapelle (p. 187).
Saint-Bon, chapelle (p. 187).
Sainte - Croix - de - la - Rretonnerie , église
(p. 189).
Le couvent des Billettes (p. 189).
5ainf-/efl»-en-Grève , église (p. i84).
5ainl-Gen)aw, église (p. i84).
Le cimetière Saint-Jean (p. qoi).
Saint-Paul, église royale (p. i84).
Le couvent de YAve-Maria {les Béghines,
p. 187), et une tour de l'enceinte de
Philippe-Auguste.
Le Petit Saint-Antoine, couvent (p. 19»).
Sainte-Catherine du Val-des-Ecoliers (p. 1 90),
couvent, et sa Culture (p. aao).
Le couvent des Célestins (p. 190).
La Bastille (p. 194).
La Porte Saint-Antoine (p. 224).
li^:(;kni)K di pka.n cavalier dk paris.
0. Im l'ttrte (lu 'fnnple{p. 937).
|i. - Saint-Martin (p, 99"/).
(\. Saint-henii (p. 358),
|-. Monliiuirtir (p. a3o).
s. Saint- lloturré (p. a3i).
1, t, l, t. L'enceinte de (ilinrles V.
II. I^n Tour de Uoiit.
V. - Rurbeau.
— deBilly.
). L'ile (le Jnviaux (L<JUvierH).
/, z, z, /.. L'fiirciiilc de Philippe-Auguste.
Aa. Ln Poilf Kui'bette.
Bb. Le L)gitt d'Orgeniont, pluM lard lei Tour-
nelles (p. 196), et IVgoul.
Ce. LtiAH i» Samt-Pml (p. 194).
I)d. Jm/UiétSiaLip. t^h).
F>. U (x>urtill»-B«rb«lt«.
¥f. UI1aeeJ»thèm»tl»
(P- «97)-
U CrmU-atéidil {f. 197;. «I la ffar**-
au-Poiêim (p. soi).
Hb. Le coaveiit iw fab-Aw (p. iM). ti
•M jardina bon dM mmn.
VhM et Btmrgtgm (p. if&).
/ilr«Ma(p. 1)6).
d* Bmrhm (p. 19& ..
lAUafm (p. 196).
«g
U.
Jj.
Kk
U.
Mm. Le couveol de*
9° ROIS.
I. Rue Saint-Uonori (p. ao5).
9. Lef Quime-Vingt* (p. 187).
3. Saint-Tlionias-du-Luuvre, ëgiise {le*
collèges de Louvre») (p. «88).
h. Rue de l'Autriche, ou d'Haute -liiche
(p. 9o5).
5. des Poulies.
6. des Foss«$s-Sainl-Geriiiniii-rAii\i'r-
rois.
7. La Croix du Trahoir ou du Ttrourr
(p. 906).
8. Rue de FArbre-tec (p. 90&).
9. det liourdomtaiê (p. 9o3), et rue
Thibault-aux-Dez (p. 9o4).
« 0. de .S'-^Vniinin-rAuxerroi.s (p. nos).
1 1 . dei hifiiiiililrrM - Sainte - Opportune
(p. 909).
1 9. des Petits-Clianips.
1 3. de (îiieriielleou de (îrenelle, entn^
deux du i'uilauron (Pëlicau).
\U. (tOrléan*, et hôtel de »\esle ou
Neele (p. 9o5).
i5. des Prourelle* (p. 199).
1 6. (loquillière.
17. Pagevin.
18. Ouo(|Ufhéron.
• 9. de In lM)îlri«'>re.
9 0. Montmartre (\}. ^06).
9 1 . de la Comtesse-d'Arloi».
99. de Montorjfueille.
93. Saint-Sauveur.
3&.
Neele du Pelil-Lioo; ktéU.m Ttmn
ou Tirfboudin.
i&.
Rue Pavée.
96.
iraMwwi7(p. «08).
»7-
dt U TnuuJirm (p. «08).
98.
Jm Fitm (p. 107).
99.
ir fa F» II— il (p. fo3).
3o.
La grande nie .^mm^-Ami fp. «08).
3i.
Le Ponceao.
39.
Rue SmKt-Mmiim et rae ds /\li> Cliiyi
(p. «09).
33.
3&.
TnuMOOMin.
35.
àaTmplt{p. 9i3).
36.
Bane-da-Beee(^-^«awVP->i^J-
37.
-Vieille-db.r«ii^(p. «16).
38.
deaBama.
39.
60.
Rue Saint-Antoine.
61.
Saint-Paul.
&9.
drbJ«tr«Am(p.fli7).
&3.
Le Port au Bled
hà.
Rue da Mar*«i (p. nà;.
hh.
AiA»<aiH0ié4l»(p. 901).
&6.
defa7u<nndim(p.9i&^
47.
48.
— HmnSmê-MrniycnStiM-maht
(p.«n).
M
Sainte - Croii - d» - la - Bnmmimi
(p.«i3).
60.
daChMM.
606
DOCLMEiMS ET ECRITS ORIGINAliX.
5i.
Rue de t Homme-armé {^. 2i3).
76.
52.
Sainte-Catherine.
77-
53.
du Figuier.
54.
des Prêtres-Saint-Paul.
78.
55.
des A'onnatVw-d'Yères (p. 217).
79-
56.
Pavée.
80.
57.
Fauconnier.
81.
58.
des Rosiers (p. 217).
82.
59.
de /'u(e-y-Jluce (Petit-Musc) (p.i 9^
et 216).
83.
60.
de Joui (p. 217).
84.
61.
Tiron (p. 216).
85.
69.
des Escouffes (p. 2 1 6 ).
86.
63.
des Juifs.
87.
64.
du Roi-de-Sicile (p. 216).
88.
65.
de Paradis.
89.
66.
Maubu^ et fontaine de ce nom.
90.
67.
Simon-le -Franc (p. 912).
9«-
68.
du Plâtre (p. 21 3).
92.
69.
Aubry-k-Botuher (p. 3 10), et
93.
l'élise Saint- Josse {\>. i85).
94-
70.
des Cinq-Diamants.
95.
71-
Quinquempoix (p. 209).
96.
72.
des Lombards (p. 2 1 0).
97-
73.
Troussevache (p. 210).
98.
74.
de la Limace.
99-
75.
des Déchargeurs (p. 2o3).
100.
IV. LES FAUBOURGS (1
Rue de la Vannerie (p. 218).
de la Coutellerie ou des Comnuinde-
resses (p. 219).
Jean- Pain-Mollet (p. 211).
de l'Espine.
de la Poterie (p, 21 4).
Saint-Bon (p. 219).
des Arsis (p. 211).
Planche -Mibray, et la Mégisserie
(p. 209).
des Ecrivains (p. 9 1 1 ).
Saint-Jacque$-la~Rmichene [\t. 9 1 j).
du Cygne.
Place du Chevalier-du-fJuet.
Rue aux Ouës.
Bourg-VAhhé (p. 208).
Grenëtat.
Guérin-Boissuau.
de l'Egout.
Qui(|uelonnp.
des Cordiers.
Béthisy (p. 9o4).
Tirechappe (p. 9o4).
des Deux-Boules.
Jean-Tison (p. 2o5).
du Ceri' {de la Monnaie, p. 9 1 1 )■
du Séjour.
991
-93l).
1° LIEUX ET EDIFICES REMARQUABLES
A. L'abbaye de Saint-Germain-des-Prés{p. 993).
R. Le Séjour de Nesle (p. 224).
C. Le Pilori.
D. La Foire Sainl-Germain.
E. Saint-Sulpice, église.
La Grenouillère.
Les Chartreux, couvent et enclos (p. 293).
Le Fief des Tombes.
Notre-Dame-des-Champs , église (p. 922).
Saint-Jacques-du-Haut-Pas (p. 922).
L'Hôpital de Saint -Jacques (p. 222), clos
des Francs-Mureaux.
L. Le Pressoir de l'Hôtel-Dieu (p. 923).
M. Le Séjour de Valois.
N. Le couvent d^s Cordelières (p. 922).
0. Saint-Hippolyte , église (p. 921).
F.
G.
H.
L
.1.
K.
P. Saint-Marcel, collégiale, et son cloître (291).
Q. Saint-Martin, chapelle (p. 221).
R. Le Séjour dOrléans.
S. Saint-Médard, t'giise (p. 991).
T. La maison du Patriarche.
U. La Butte et le Moulin des Coupeaux.
V. L'abbaye de Saint-Victor (p. 991) et la tour
dite d'Alexandre (?) à l'angle.
X , X , X. La rivière de Bièvre.
Y. Les terres d'Aletz.
Z, Z. Le Petit et le Grand Pré -aux -Clercs
(p. 994).
L'abbaye de Saint -Antoine -des -Champs
(p. 995).
Lieu dit plus tard Pincourt ou Popincourl.
La Courtille et la chaussée de Belleville.
a.
LÉGKNDK DU PLAN CAVALIKIt DE PARIS.
80?
(I. Saint-lMurent (p, aa8).
I'. \ja Foire Saint-Liureiit.
I. Sn'ml-Laiare , «on cfilombicr et «on clo»
(|). -j-jf,).
I{. La (îraii|{<!-Ualclit're,
h , II. \m butte (l<!N Moiiliiiit et le Marche aux
l'ourceaux.
i. Li-s iiiilt'i'it's (In i'nubouri; Saint-Honoré.
j. \ji r|ia|i«||H in Martyr» (p. 93 1 ,
k. L'aliliaye royalf tU Mtmtmmtn (p. sJi).
1.1,1. Im niÎMMU . et plo* lard r^pwl à»
MéoilaioaUoI , Invenaal le* janlUw ■•-
nleben.
m, m. Le* moulin» i «rul àm
le* rarriiTM à pliln-.
n. Lieu dit plu» lard let PordMrow.
•j" Rt'EH.
I . L<! ilioiiiiii Ai'M VaclicM.
■i. L« cliiMiiin <li! Vnu|[inird.
3. L<i nie Awjauhnurfr Saiiil-Jacqueê (p. 999).
h. Rue de Ijourcine, et le fiel' du même nom.
5. Le (ilos, ou l'n^ dit pluH tard de l'A-
\()('al.
0. La jjiaiitle rue Saint-Marcel.
7. La rue Moufetard.
8. des Fossés Saint-Marcel, ancienne
fortilicnlion du bourg.
9. Suinl-llippolyte.
10. des Sopt-Voies, plus lard de l'Ar-
baltMe. •
11. - lie la Iteine-UInncItc.
19. La rue de (Irouiebarbe, et l« UiMilin.
i3. lliWel Paillard, puis àe CoapMMs et da
Claroarl : plus Urd eUm M eimMlèn d»
Clamarl.
ik. Le canal de la Bie«rr.
1 5. Le chemin de Cbareoloû.
16. de l'ablMiye Swal-ABloitM> ■(
du rliAleau de Vincenu) -
17. Le Champ- rÉf^iue. plu* lard Muai-
Looiff el le Père-Lacliaiae.
18. Le chemin de Savies et Poilmn«îlii>. i^
puiit Belle«illp-Mr-Hablou.
19. L4>ti bulle» CbaunionL
90. Le gibet de MonlCiucoQ.
TABLE ALPHABftTIOlE
DES MATifcHES .
ABAILtRD. 17&.
AiBAri (Itufîdc t'), 9a3.
ABBArK (Rue cl place de 1'). h MonUnartn, «3i.
Xtiti (!<'), dans la Dame Macabre, t3ui.
.\ni-Dt-ior (Hue), voir Joor.
Abb^-de-Sai^it-Dknis (Riietie 1'), 17&.
Abbi!vii.lk (Mlle d'), g3, 98, 108.
Abbo^. niilciir du poënie intituld Ik Lulelin Pa-
ri finrum n AontMMM oitfMa, iGo, q.'Ii). AHtî.
Abirok. Hrlireu puni por Uieu, i35.
Aboi kin (llur> d'). anrieniipment des h'uurâ-Mimi-
marlre, ao(>, !n8. •i3o.
\nnoDicioH, |)i>iipladc de in famille Slave, |46.
AcHiRr (D"), auteur du SpiciUge, to.
Acrobticbrs, fioo jl âoQ.
AcTEO (L'), dans la Dante Macabre, M93, 3i&.
Ada, femme d'Élienne llelol, 187.
AuAi.GHi.s. prinre t\on l^ondiordit, l'iô.
Adam-IIoi Rno:« ii(uc), ou Sire-GuilbwNW-Bcmréoii,
voir Boi:rdo:«?iai!i.
Adam dr Marmi, fraiiriticain anglai«, 4ôo.
Adriem I", p(i|)e, serouni |>nr Cbarlemagne. ii&>
Adrien IV, {Nipe, 99.
ArrRT DE LA MoKiioTE (M. d'), 33».
ArRiuDE, t/i3, 535.
AoANippDfi, prêt, roi de France, 9S, 11 S, 119, lia.
AciAijiE (Abbaye d'). on de StÙMl-Mmuiet-en-
Valai», i65.
A(i:<b-u-HoiiciikRE (Bue), section de ta rue de la
Rretonnrri», 91 3.
Aigle (L), emblème delà maiton d'Autrich<>. ').'<t
AiouiLLERii (Bucdei'), 188, <o3.
•H.
Autv (Kem • ). cvCmI. tfrl^ d* CMéni.
i«6. 898. S99. — 0 miiiii i* «■%• éi
r^M-Jfaria, 170. — 8w fMttaJI (fn««M).
Aoi. — Qaaitioa Msbvit i m* a^. I«t.— >
n Ogurt dM Ht Krii 4'1nli|— . 44S. 447.
AiaoïR, chna^M». 4M.
Aii-it-Oiimu ( Vifle d" ) . 468.
Alai^a. ici. loa. iSa.
ALBiuc M iMMa-Pontma. lèmifMHr, 100.
Albibtm Buacu, 19.
Albert de Hoainan». 11.
Albbbt de PaA«ca. n.
AiaBBT Ll GtAR». I I.
AtaaiT ( La ciiwiirflaMe a'). aoS. aeC
Aut (La «nliMl •'). aUitf de !
Auanani
caDla, «84.
AicaiM Anna. èrlipH de \ 1
Atcmi. i46.
AuȂM(Coat4d'). 147.
ALa(M (C— taa •'). 196.
AuiiÇHi(BMiid'). 198.
Auiçoii (Le eoate •'), mm «ak*
346. 4o8.
Aunçeii (PiarM.eaarte •'). 194.
kixuoMM IV, papa; il adaal laa pdIaaIiaaB da h
dt SaiMl9*4NMaMW. 188. -~ H
I raabda dva rOaiaanild* Ina h» «
radian. 188.
Alkii^me V. pape, 4««.
ALttA«ME(Rue). «ida ABa»<SaBR*-fMlv. 181.
Ueia«»«r uGus». SS9. &&I. &&9. S81.
a8.
U prApartiion de catte UMt rtl dJM tai «mm 4* M.
■l»t. — 1.
Aa|Mtt Pmm , 111— m •■ 9tmm 4h iranMi i
n
610
DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
Alfiebi, 5i5.
Alincour ( D'), possesseur de l'hôtel de Conflans , a a 5 .
Allemagne, io5, 106, i34, i44, i45, a34.
Allemands, 109, io5, i3a, i34.
Allia (Bataille d'), i43.
Allobroges, liy.
Almanachs, 37.
Alpin, roi d'Ecosse, i46.
Ahand, prétendu martyr chrétien, 96, 11a, i4o.
Amandiers (Rue des), actuellement rue Laplace,
improprement appelée rue des Lavandiers, 179.
Amasias, roi de Juda, io3, i33.
Amadry-de-Roissï (Rue), plus tard Oignard, -210.
Ameline-Boyleade (Rue), voir Ermeline-Boiliaue.
Amiens (Ville d'), a36, aGa, 593. — Magnifi-
cence de sa cathédrale, 675, 677.
Ammien Marcellin, historien latin, io3.
Amoobedx (L'), dans la Dame Macabre, 307.
Ampodle (La sainte); son origine, i48.
Ahpsivares, peuplade germanique, 100.
Anchise, io3, i35.
André, prêtre, auteur du Liber de arte amatoria el
reprobalione amoris , UZ"].
Andresy (Ville d'), 44 1.
Andries, orfèvre gantois, 483.
Andry, bijoutier, i24, a33, 467, 489, 483.
Angers (Comté d'), 147.
Angers (Ville ou diocèse d'), 173.
Angevin (Thevenin), copiste, 464.
Anglais, lao, lai, 199; aoi, aaô, 394. —
Leurs dévastations en France, lat, 485, 547,
549. — L'origine de la Danse Macabre est rat-
tachée à l'occupation de Paris par leur armée,
985, a86, 987. — Résistance de Bureau de
Dampniartin à leur domination en France, 334 ,
335. — Sarcasmes qui leur sont adressés par
Christine de Pisan, 499, 423. 4a4, 495. —
Blâmés par Astesan, 549, 55 1.
Anglais (Impasse des), 998.
.\nglais (Rue des). 180.
Angle (Rue de 1'), a 19.
Angleterre, i i5. 190, 1 '49, 1 46, i 67. 199 , 4oo.
Angoolême (Jean, comte d), aïeul de François I",
protecteur du poète Astesan, 5i5, 5t8. — Gra-
vure qui le représente, 5 18. — Astesan lui dédie
son poème sur Paris, ôag.
Angrivares, peuplade germanique , io5.
.4NJon (Charles d"), voir Charles.
AîijoD (Le duc d'), l'rère de Charles V, 86. 97.
— Inventaire de son argenterie, 471 à 475.
Anjou-Dauphine (Rue d), 174.
Ajinoxciation (Tableau de 1'), dans l'église Sainte-
Cntherine du Val-des-Ecoliers , 199.
Anonyme de Senlis, nom donné d'abord à l'auteur
du Deturième éloge de Paris, 3.
Anquetin-le-Fadchecr (Rue), 916.
.\nselhe, augustin déchaiis.sé, auteur de I'/Zm-
toire généalogique et chronologique de la maiton
royale de France, 909, 397, 399, 33i, 34o,
345, 346,347, 535.
Anselme, chantre du Saint-Sépulcre à Jérusalem,
963.
Anselme de Gemblocx, chroniqueur, 109.
Anténor, 101, i3a.
Anti-Papes, voir Schisme.
Antoine, bâtard de Bourgogne, 85.
Antoine, prétendu empereur d'Occident. 961.
Antoine d'.Arezzo, cordelier italien, collaborateur
de Laurent de Premierfait. 3a6, 4ia. — Il
traduit Roccace en latin, 4i3, 4i4. — Fae-
siiiiile d'une miniature qui le représente, 4i4.
Antoine-Dlbois (Rue), i65.
Antony (Village d'), 335.
Anvers ( Ville d'). loa.
Apelles, 539.
Apollon ,ii3, ii4, i4i.
Apothicaires; leurs principales résidences, 45, ao8.
— A la fin du xiv' siècle et au commencement
du XT*, 356 à 36i.
Appexdices; nécessité d'y recourir, xi, xvi, 989.
Apl'lée , écrivain latin, 93.
Aqueducs, 198.
Aqoilée (Duché d'), «45.
Aquitaine, ii5, i49, i44, 961.
Arago (Roiilcvard), aai, aaa.
Aragon (Province d'), i44.
Arbalète ( Exercices de F ) , en l'Ile Notre-Dame . aao.
Arbre-Sec (Rue de 1), 108. 9o4.
Arc, voir Arbalète.
Arc de Triomphe, pour l'entrée de Henri II. 994.
Arche-.Marion (Rue de 1"), 198, 900, -9o4.
Arcuevâqce (L'), dans la Dame Macabre, 999.
Archevêques de Paris; leur villa a Conflans. 995.
Archives de l'Empire, 196, 337 , 338 , 34o. 34i.
348, 349, 35 1. — De I' .Assistance publique.
347, 348, 54i. — Delà ville de Lille, 34i , 345.
Abcis ( Rue des) , 109, 1 83 , 9 1 1 , 33o , 33 1 .
Arcole (Pont d), i64.
Arcole (Rue d'), i55, 157, 169.
Arcueil( Village d"), 109.
Arcy (Hugues d), évèque de Laon; il contribue à
la fondation du collège de Cambrai, 179.
TABI-K U,PHUJKTIO
\ iiuiiNTM ( Mal de*) , 1 56 , 1 9 1 .
Ahkghi», duc de li<^névcnt, t/i5.
AbKOPAOK, <)1 .
ARUE^fHox (Lt: comte d'), 194.
Aristote, 6, tG. 37, 53,6o,6i,6&,6â.66.7«.
73,. "{oQ. 39.'., 438.
A111.M ( Ville d'). 1/16.
Armaumac (licriKird, comte d'), etuf de la ftelioa
de» Armn{;iiacM , /io6.
AiiMAriMtcM, 191, ■j33, 958. 394,339, 334,343,
.'l/i.'). :Uyi, /io5. /106, fut, 436. 485.
Arnks rui)rii|ii)<i-8 il Poris, 03, 911, 807. — Rm-
Hcmlik-eii dan» l'IiAli-l dn Jnc(|ii(>if Diirliy, 9 ou.
Armoiribh de lu Belgique, 1 9H. — De la Tomille 1^
ileuf, 1 55. — De la Ville, 9 9 4. — De r.An^
twri-, 909. — Det duc» de llcrry, 969. — De
llun.-au de l)ani|)mortiii ((p-avure), 397. — De
la famille Dauipmartiii (iV/.),33o. — De Uuillc
min SuMfpiiri. 9' du nom (m/.), 34o. — DeaSao-
jfuiu de Livry (iV/.), 347. — De Miiei Baillet
(iW.), 349. — De Jeun llailict, ëcuyer, 36o. —
De Loui» d'Urlénns et de Valentine de Milan,
.'■)93.
\hki;bier», 63. — Siëge de leur induitlrie. 41 1.
— I,eur conWrie, an. — A la Hn du \i\' »Mf
et au commencement du w*. 367.
.AR\Atu. ohlx-deSainle-Colombe-lex-Sens, 448.
Uikvo DR ViLuiniuvB, médecin ailrologue. 445.
Arnould, aldu! de nonvaux. 94.
AnoDE (Komillc), 908.
Arordkllb (Rue de !'), voir Hiiio^iorlle.
Arbas (dolii'jje d'), 179.
Arras (Hue d'), ou de» Muri, 180, t8i.
Arra» (Ville nu diocèse d'), 171.
AH.sE!iAL(Bil>l.der),98, 196,198, 199,339.347.
Artevkluk, •i.")9.
Arthur, personmige li'gendoirc , ii5, 43i, ,^69.
Artikas du colli'ge de iNavarre, 5.
Artillikrs. Il la lin du \i\' sitVIe et au w. Joj.
Ahtisaks, dans lu |ireini^re moitii' du xiv' siMe.
16, 53, 55. — Sou» le règne de Charles VI.
933. — Liste dm |>lus notables d'entre eux k In
lin du xiv' siiVlo et nu roinmencenieni du i«'.
.'ir> 1 h 369. — Au milieu du xt*, Sai , 63i , 543.
Artistes, dniis In première moiti<< du xn* ntàe.
53. — Sou» le règuc de Cliarie» VI . 1 •■ \ «-I.T
399 4 397.
Artois (IIAleld'), 195. 196.
Arts (Kacult»! des), dans l'Université de Tan». 9.
i3, 35, 37, 39. 19G. 166, 174. 180. i8«.
Arts et Métiers ^Conservatoire dea). 186.
L<R DES matière;?
Aan uaàuet (Lea «r '
An aaicBuiu; wni
4 riavoeatioa dat >
Aaviasia, io<.
AsELiva (AiMMoa). dtojraa
Aa». io5.
A«a Umnm, teS. liS.
Aankua (Vl^i* 4*). 181.
Aaaaofa. panoMM^
Malt. tkh.
AaHtruwi ataupra. 161. SA7. StS.SAi
AaaMmos (Coavaol de T). 187
AsTiata (AntoàM). tirtar d'à
Pbria et laa priaripdaa vilaa da Pi
77. lae.iSA. iSç. 190.—
lirnÎMina lar aoa foiam, m . \n. —
sur son origine, sa faadW. aa «ie et aaa
lA. iS.
5i5i5e«. — Far liawh da h
de son poiaaa, SaS. - Sa* fwlaaa. ht» k (77.
Aaraau (l^icolas). ra%ra|ifa de OMaa iOt-
léana. 617. fie6.— Saa traaan. S18.
AtTtsia (Piene). pin das ftiMmÊÊ. fiiC.
.AsTi(VUIed').&iS.fiai.
AsTOLPBi. rot dea Loaharda. lAâ.
Aeraoioan (L'). daoa la OiaMa Mmmkn. Sot.
AanaMaaaa, A4S. — Lm plw nalaU» aaas la
rigMdeaHriaaVI.A48.A47.
rUnivenilé de Pkria, 37. A46.
Aoaaar. abbé de Soinie-Geaenèse. 18s.
ADBaBviuiaas (Village d*). lei, 18A. ea8.
AFBamT (Hngnea). PrMl de Paris: 0* Im alInUr
la eonslnidion dn ftt Kanf — pal Sainl Ms-
cM. i«i. — ncoMindilaa
Célestins. eao.
.AoBaT-u-BoeaiBa (Rw). 18&. 196. ii
Aopui: (Biaet a'), partisan dadnr dp I
343.
Aoaaaovaa^l^tlKneaaiie la eonirismii < j. i»^
AMe8Tta8(0rdrades), t88. 4oS. — !
4 Paria. 196.
Ano-riEua, amcarlaiHi. 9^. tâi.
ArvAiRR^Rne), A€o.
Aeaiun.
^t RELies Vktw (Saslna).
VmRAsa. lAA.
ViTRicaa (lUad'). aoS.
\rtr^ (Coflégv d"). 171
Vins (Mer d*).
ItHmM, iiA. i4a.
\c«ta«n. i46. 487.
77
612
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
AnxERRE (Ville d'), 969.
Ave-Maria (Coil(?ge de 1'), rive gauche, 170.
Ave-Mabia (Couvent de 1'), rive droite, 187.
AvERROËs, philosophe arabe, 5.
AvEDGLEs, logés aux C^lestins, 190.
AvicENNE, médecin arabe, /ISg.
Avignon (Rue d'), ou d'Avron, actuellement Bail-
leul, 3o5.
Avignon (Ville d'), 887, SgS, /toi. — Sa cour
pontificale, 898, 899, 4oo.
Avocat (L'), dans la Danse Macabre , 3o8.
Avoine; transport de cette denrée sur la Seine ,17,
67. — Endroit où on la vendait, a 18.
AvRON (Hameau d'), 9o5.
AwARES, peuple d'origine tartare, i45.
Ar (Jacqueline d'), femme de Jean Baillet, 35o.
Ayzac (M** Féiicie d'), auteur de YHittoire de l'ab-
baye de Saint-Denis en France, 229.
A ziNcouRT (Bataille d'), 901, ^58, 343, 35i, 606.
Azoïi (Mer d'), ici.
B
Bacon, poëte et chanteur, lai, 988, 497, ûag,
48o, 439,434.
Bagaddes, ou Bégaïuc , paysans gaulois révoltés
contre Rome, 119, i4o.
Bailie-Hod (Rue de), 919, 934.
Baillet (Guillaume), partisan du duc de Bour-
gogne, 85i, 35a.
Baillet (Miles), trésorier du Roi; son hôtel, 198,
901. — Sa richesse proverbiale, 39 4. — Ses ar-
moiries (gravure), 849. — .Notice sur ce person-
nage, 349 à 358. — Sa famille, 85o à 353.
Baillet (Rue), anciennement Gloriette, 9o4, 849.
Baillets (Ruelle des), ou des Ballets, 916, 35o.
Bailledl (Robert de), clerc des comptes, 9o5.
Bailledl (Rue), primitivement d'Averon, 9o5.
Bailleul (Ville de), 191.
Balanciers , h la fin du xiv* siècle et au commence-
ment du XV*, 867.
Balderic, voirBAUDRY.
Baldinucci, auteur du Disegno, 969, 970.
Balld (M.), architecte, chargé de la restauration
de la tour Saint-Jacques, 188.
Baltard (M.), architecte de la Ville, i6ô.
Baldze (Etienne), éditeur des Capitularia regnm
Francorum, 86, 87, 99, 101, 943.
Balynin (Jacques de), écrivain en i883, 19.
Bar (Le cardinal de), évêque de Châlons-sur-
Marne, 935. — Sa sortie violente contre le pré-
dicateur Renauld de la Marche, 4 06.
Bar (Leduc de), 935.
Barante ( De ) , auteur de V Histoire des Ducs de Bour-
gogne, 985.
Barba (Richard), soupçonné d'avoir traduit le De-
fensorpacis, 8, 19.
BARBEAD(Tour), 990.
Barbette (Porte), 187, 966.
Barbette (Bue), ou de la Porte-Barbelte , actuelle-
ment rue Vieille-du-Temple , a 16.
Barbiers; ils exercent indûment la chirurgie, 444
Barbin, libraire fameux du xvii" siècle, 159.
Barcelonnette (Ville de), i35.
Barillerie (Rue de la), 157, i63.
Barilliers, à la fin du xiv' siècle et au commen-
cement du XV*, 867, 368.
Barme (Roger), avocat au Parlement, 353.
Barnabites (Couvent des), 167, i63, 168.
Barnave, orateur français, 4 19.
Barre (Rue de la), 175.
Barre-du-Bec (Fontaine), 199.
Barre-duBec (Rue), comprise actuellement dans la
rue du Temple, 901, 9t3,9i4, 35a , 353.
Barrés (Rue des), 187, 9 «8.
Barrière (Pierre), évêque de Senlis; ses sym-
pathies pour Jean de Jandun, 1 o , 11.
Barrois, auteur de la Bibl. prolijpogrnphique , 197.
Barthélémy, docteur en théologie, 494.
Baribélemy-Saint-Hilaire (.M.), 58, 60.
Bassk-des-Ursins (Rue), ou d'fi'n/ér, dans la Cité,
i64.
Basse partie de la Ville . ou rive droite; ses églises ,
i83 h 198. — Ses principaux édifices et ses
hôtels les plus somptueux. 194 à 901. — Ses
mes, 901 à 990. — Ses murailles, 990. — Ses
portes et ses faubourgs, 9a4 à aSi.
Bastard (M. le comte Auguste de), auteur de La
peinture des manuscrits, 46 1.
Bastille, 161, 194, 9a4. 999, 5a t, 535.
Batave (Cour), 189.
Bateaux (Rue des), ou du Port-V Evêque , 161.
Batteurs de cuivTe ou d'airain ; siège principal de
leur industrie, 909. — D'or, voir Orfèvres.
Battoir ( Rue du ) , quartier S'-André-des-Arts ,175.
Bacchans (Jacques), traducteur, 895, 4ia.
Baudet (Porte), voir Baudover.
Baddoin-Prenage (Rue), voir Rollin-prend-gage.
Baudouin d'Avesnes, chroniqueur, 48 1.
TABLE ALI'HABKTIQ
lUuiKiDiKi DE Co5iDé, aut«ur ri'un dit nur la Trois
Morlf et les Troit Vi/i, 067,
Hai'iiovi.ii ukFi.axdrk, 43t.
IUi;i>i)TKii (l'Iucd), tiiS, 9i6, aiS.
Kaudoykr (l'(ii-t«-), ou Baiulel, 190, 901, 9*k,
W.\, Mo.
lUi.DRr, ou lialilerie, ou llaldericHê, abbé deBoor-
guuil, (;liroiiir|iu>ur, 9/1, 106, idy.
IhiifutoN (Charlmt et Robert oi), igi.
l)AviJ!iie, i/|/i. 1^5. i/i6. aSe.
HAViut ((lolk'gi? (In), 171, 179, 173.
Raykiix (Villi! (In), i5(),i7<i, Ail.
Bayokni! (Ville (Ji)), 5-j5.
ItAZociii! (Clernidc lo), 988.
llr.MJRouiKi ({tu(;), 'jog, 910, 9i9,9i6,46o.
\h.KVLt (IVovincf! dn), t-ii.
Ukadjed (Anne dr), lillcdt; Ix>uùXI, 97, 947.
Rkaumont (Dotnainc de), "Mti.
IkAi'MONT (Mathieu, comte db), 166.
IkAUTK des l'urisicnnes , .S7, 934,488, 4g4,&99,
SAS. — DcH jcuncti nilm de Blois, S69.
Beait*! (H(Melde), 0^7, S/l?.
Kkai;treillis (Itiic), igA.
IlEADVAlfi ((^olit'i'i! de), ou de Dormam-Beautait ,
1(18, tCg, fj-x.
Bkauvaih (Ville do), 119, 969, 467.
llRAOvoisn (Poyt de), 969.
IIkooci) (l'icrre de), rondateur du coll('|;i! de 0om-
court, 170.
llKbroRD (Le duc de), nagent; il transporte en An-
gleterre la l)ililiotli('fiuc myale du Ix>uvre, gli.
— Ses portisans diuis la bourgeoisie poriiiienne.
191. — Sa nÇi«idence à Pari», 19.^. — VMe lu-
gubre ordonn('c par lui après «es victoires, 986,
987. — Il fait obtenir h Guillemin Sanguin la
charge de PixW(\l des Mnn-liandt, 344.
B^GAi)\ (ChAteau des), 9S, 1 1 1.
B^dvlLi.RT, dessiiintiHir. t,^4,
Biir.vi^iAc.E, ou foniiniiiiauli' de ArJ^HMCf, dp l'Art-
Maria, 187. — De S'-Jac<|ue»-la-Bunrbcrie, 397.
|(t:i.KviK('.!iii!, nom fi|;in'nMt nu bas d'une note con-
cernant Booul III (le l'ivsles, 89.
IIkloes, io5, i34.
llKi.i.r.'(ÎARRiKi.l.E (Piivill(indeln).àrbnreiiton. 44S.
Bellk-Jardimiire (Anciens bâtiments de la l: leor
cnipinrement, 1S6.
Belleville pri^s Paris, 198.
Beli.oy (HoImm'I de), ÉclHivin. |iartisnn du dur de
Bouq;(>j;ne. 349. — Son esMition, 34.1.
Bklot (Ktienne). fondateur de la romnHuianté des
Boii»-EH/iml*-S<ml-lloHor«, 187.
UE DES MATIÈRES. fit
BaohXI.|Mf>«;aflOMfel«i
Gmmvww, ivS.
Bnoh XU, pape. 19.
BnolT XMI. «w /Vtrrv et Lmm, ftf» tkvfmm.
fmtàÊeà, Sfç. — fmtm odMa ptr m Ui»
mHalive m tém ttkiiimm, Aoé. ioy.
BEar.aEtti(Picn«), bidMlMr. S87. ii«. ICi.
BiacT(RMa«).«iS. cii.
Bnon (Le). <kw k Aimt ilMakn, Ztt.
Btasni (Rm). toS.
BnM>iau:(ViBede), S«9.
Bernard (M. Aog.). Minr #« MÉMm ar h
waiaaa debnta 4e MoataaroKy apiMftaMal k
NïmImPImmI. «S7.
BEa^tioiM (CoB^ ém), 1A7. — DMchpliaa 4r
son escalier. 1A7. — Seacadas. i";
BnaMMRs (Roe dca). 178.
BtaxitMrs GciMMH, hkfÊ» <k Larfètt. mMktm et
nombrem omi r^gw . yg . 106. i3i. 1S7.
BtR^ART (Frère). prédieriaor, éio. 4ii.
Berie (BibliolUquade). 419.
IUr^harb. atéMagm, 498.43i. 494.
Berriat Sun-Pui . wAmt <b itÊmm 4^ Ait, m Cssf
d'ofU nr kê nYiititni ii Frmt» m to^e ir
Omrh, VI H il Omtm VU, &i&. &i«. S17.
Sig. S19. S94.
Béret (Jean, due •■), ft^ et Ckmàm V. laS.
195, 99S. 398. 4o3. 4o«. 4<i. 4«t. 471.
— Soo hiHUà, «06. tS3. fl3». — B fait tàif^
1er an portail de fi^ àm laiorirt le aq|îl
de la U^Mde deelroM Marti al des Trais Vis.
96S. iM, 1C7. «71. 173. «88. —
{onà eo«ir» hn. S3S. — Lavent de
fait lui «Mir sa Iradadiaa 4m IMtieei^ia de
BoccMc*. 4i3, 4i4. — ileeMHMieoa paile
vn^ de Boeeaca. 4tS. 4iS. — .Iftidn nrlaiifi
isaliibBollièqw.4U.— (
naliire de aa naeeei. âgt. — D '
ka vttreos da cUUeaa de Canty. ii^. — Ow-
pelie Ibiidéa pw hn k BewfM. M7.
BasaT (Prenaee de). %%%.
BEataoL». dae de Cariadàe. 187.
lUsTi^-Poiiie (Raa). 198. ta*. «oA.
Hertrai» (Pierre), Mi^aa d*Aalaa.
Piem de Cogaiiree. i&S. — 1 1
d'Iafaa, 171.
BcBTtAa» Ml Car. éadieat h <
61i
DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
Bebtr*ndi (Pierre), professeur à l'université d'Or-
léans, 6.
Berty (A.), auteur de la Topographie du Vieux-
Paris, 108, i55, 161, i63, 175, 178, 180,
187, 188, 196, 2o5, 233, 9194, 974, 3/19,
595, 596.
Besançon (Ville de), i46.
BÊTES FAUVES cuvoyées par le ivi d'Angleterre à
Philippe-Auguste, 227.
Betuemont (Domaine de), 349.
Béthisy (Rue), 909, 9o4.
Bethmann, 109.
Bibliothèque impériale de Paris, i5, 18, 19, 56,
88, 99, 96, 97, 126, 127, 198, 924, 24o,
961, 990, 34o, 4i3, 4i8, 43o, 438, 44o.
477, 479, 487, 5o9, 517, 5i8. 56i, 583,
584. — Impériale de Vienne, 19, 18, 19.
— Royal; de Bruxelles, 6, 128, 4 18. — Saint-
Viclor, 19. — De Mazarin. 56. — Du Louvre,
ou Librairie de CÀarles V, 83, 90, 96. —
Sainte-Geneviève. 85, 98. — Des Visconti, 97.
— De l'Arsenal , 98 , 126, 128, 199,339,347.
— Cottonienne, 100,911,918. — Des ducs de
Bourgogne, 196, 127, 128. — Des Célestins ,
969. — De Saint-Germain-des-Prés , 961. — De
la Vallière, 967, 968, 969. — De Grenoble.
989, 5i5, 593, 594. — De IHôtel de Ville.
347, 35i. — De Berne, 419. — De Claude
Expilly, 594. — Royale de la Haye, 589.
BiÈvRE. rivière, ifi5, 181, 921.
BiÈvRE (Rue de), 181, 299.
BiGDE (Jean), Lclievin, 908.
BiGUE (Jean), valet du roi, 908.
BiGNON(Les), famille de littérateurs, 243.
BiLLETTEs (Eglise collégiale des), 189.
HiLLETTEs (Rue dcs), 189.
BiLLv (Tour de), 920.
BiRAGCE (Le cardinal de). 194.
BlTHVSIE, i43.
Blaise d'Asireo, amiral génois, 595.
Blanche, veuve de Fernand de la Cerda, 999.
Blanche de Castille, reine de France, 190. 947.
Blanche de Navarre, épouse de Jean d'Aragon . 196.
Blanchet (Pierre), poète satirique, 396.
Blanc-Mesnil (Nicolas Potier de), chancelier de
France, mari d'Isabelle Baillet. 35 1.
Blancs-Manteaux, nom donné successivement aux
Serfs de Sainte-Marie et aux Guitlemites, 190.
Blancs-Manteaux (Église des), 157, i85. 189.
Blancs-Manteaux (Rue des), 9i3, 46o.
BiAïE (Ville de), 399.
Blé; transport de cette denrée sur la Seine , 17,07.
— Halle où il est vendu, 906. — Chiffre de sa
consommation sous Charles VI, 494.
Blois (Ville de), 475, 517, 593. — Sa descrip-
tion par Astesan, 567, 569.
Blondel, architecte, 9 9 4.
BoccACE, 196, 198, t3o, 33G. 4i3, 4i4. 4i5,
4Ci.
Boesmarre (Symon de), astrologue, 447.
BwuFs (Buelleaux), 179.
BoEV (Guillaume), orfèvre; son marché avec l'abbé
de Saint-Germain-des-Prés pour l'exécution d'une
châsse, 48i, 482.
B01LEAD (Etienne), Prévôt de Paris, auteur du Liere
des métier», 53, 55, 470.
BoiLEAu (Nicolas), poète, 338, 497.
BoiLLEFÈvEs (Aubertin), orfèvre, 479, 4 80.
Bois; son transport sur la Seine, 57, 198, 199.
BoiviN, membre de l'Acad. des inscriptions, 4i5.
Bollandistes (Les), 99, 111.
Bollandus (Jean), auteur des ^cteSnnctorun», 273.
Bologne (Ville de), 4oo, 44i, 45o.
BoNAHY, historiographe de la Ville, 91. 93.
Bonaparte (Rue), 293.
BoNCOL'RT (Collège de), 169, 170, 173.
Bonet (Guillaume), évêque de Baycux, fondateur
du collège de Bayeux, 173.
Bongars (Jacques), auteur des Getla Dei per Fran-
cos, 106.
Bonhomme (Jean), libraire juré, 465.
Bo.mface Vlll ; sa lutte contre Philippe le Bel , 6 , 90.
BoNiFACE IX , pa|)e , 9.
BoNNARD, orfèvre, 470.
Bonnardot (.m.), Parisien, collectionneur, éditeur
dune partie de la Description de Paris par Guil-
lebert de Metz, et auteur d'une Dissertation sur
les enceintes de Paris , 193, i58, 174, 199, 193,
301, 390, 223, 224.
Bonne-Nouvelle (Quartier), 188, sBo.
Bonnet (Nicole), 333.
Bonnetiers, à la fin du \i\' siècle et au commen-
cement du XV*, 368.
Bon-Puits (Rue du), actuellement du Puits, quar-
tier Sainte-Avoie, 91 3.
Bon-Puits (Rue du), quartier de la place Mau-
bert, 181.
Bons enfants, ou écoliers laborieux , 91 5.
Bons-Enfants (Collège des), 168, 181.
Bons-Enfants (Rue des), 187.
Bons-Enfants-Saixt-Honoré (Les), 187.
Bons-Hommes du bois de Vincennes, 997, 547.
TAIM.K AI.PMUIKTI
ItoBOEADx (Ville (le). |/|C, 3iij.
KoiiDtLLK«(l'icrTODK), bourgeoU <Jfl Parif, 941.
ItoRDKLLEH (IWle), OU Bcrdelltt , plut tard Saim-
Mareet, a ai.
lioRou, 1 10. — Sigiiiliration de ce mot, t3o.
RoROET (Rue), nctiiellcmeot Dtêetarle», 180.
RotwH'ET ( François K «-véiiue de Lodive, 90.
Rome (Abraham), (graveur, i58.
RuiwiiET, /lia.
Roi'(:iiRR(Ariioul, itiironii et Pierre), bourgeoi* de
i'uriii, 35 1, 3r><i.
ilovuiiKR(IK>iiiiM*), ferniiiede Miliit Raiile(, 3Si, 35«.
Roi CHERIE (Hue de In), voir R^ciierir.
RoiciiKHiKH, «j.'>. 110, i3(j. — Du porvis Notre-
Dame, i5g, 'igi. — Du quai du MordM^Neuf,
i63. — Du Châlelet, i83, aoi, -juj, ^i.^gti.
— Du hourjf Soiiil-(»eriiioin, !in3, /191. — De
la iiionlnipie Sainte-Geneviève, Agi. — Du
Teni|iic, /191, '199. — De Snint-Reimtt, Aga.
— De Sniiil-Kloi , h^n. — De Saiut-Morcel , 4g«.
RolCIIERIE>-SAINT-GERMAn (Rlie des), 3)3.
R0UCHER8, il !<i fin du \ IV* siècle et au commence-
ment du XV'. 3C5,3()«. 367.
RouciiKRs (Rue den). (|uartier Sainte-Avoie. ig6.
RoucicAUT (1^ sire de), morr'rhnl de France et au-
teur de Mrmoireê, a3'i, 43 1.
RoiiCLERlR (Ruelle de la), 9l<l.
RoviLi.ART (Dom), auteur de l'Iluloire de /'attajf»
de Saml-Gennnin-dei- hég , 'it^.
RoiilLLET. aiit. de \'[Hdf!.r in Srnrcam pliiloêopkum , (ÎG.
RuitiLLOT (L'abtM<), auteur de la Biograpkit itrden-
natte, h.
RonLANoÉ (Georges), auteur des Noiu pour êtrvir à
la Slalulif/HC monumentale de la MouBe, ayi.
RotLAxuERs. iG. 53, 55. a 19. — A la lin du
Mv* siècle et au coromeiicement du x^'. ^f>'\.
ilGG.SGy.
Hoi'LARD (Nicolas), bourjjeois de Pnris . 'i5'i.
R<ii Lii^NV (Renier de), roiiseillerdedliarles VI, 3.13.
Roi'Lor.xK |>ivs Paris, 93^1, Aïo.
RovLOGXi (Reliant, rnnite de), 1^7.
Roll.o^.^E-sl;R-MER (Ville de). 939.
Roi'Qi'KT ^Doiii). autour du Heeueil det kùloheiu
drt Gaule», gg, 111.
RonuDETi^RK de Sainte -0|t|M)rtuni>; se* redevancm
annuelles, 188, 9 3'!.
Roi'RBOM (HAlel de). ig4.
RoiiRn<» (Louis II, dur de). Ho*'>. — {^.aurenl de
Preinierriiil lui diklie sa traduction de deui ou-
vro(;o!< de C.iréron , A 1 5. — CooaoMMlMm jour-
iinlièn! de sa maison, iga.
01 R DK.S MATIÈRES.
«IS
91-
Bocaaoa (Piem. due m), gmd 1
BonMMn. ioS.4i«.
llanMmiM(RM4M).94. teS.itJ. iM. ift,
•00, aoS. toi.
i(Viltdt).Sa9.
> (Le). daM la Dmm Mm»^. S»a.
BMMMia •■ P«M ( JmmmI #■■) . I « I . t«« . tM .
•8S. t84, ttf . tSé. ^»^. S««. ISt. Sl«.
343.3iS. «o6.4o<.S«i.
BovaaaoM roauM. laS. léi.SiçàMi Itm
origiM, S19. ~ MMfaflM
aoaa OMile» VI. S19 h ta&. — Imn 1
leun eaataM «1 lawt iààm. !•». >•«. %wj.
— Laqp(t luMlaM taM par Jaa hh Bmv *
regard de wot d'eaira •« ^pi m*! aOadrf» k
U cause royale. 334. — liitt daa ftmàftn
d'entre eut à r^|KN|M da Plvlippa la M. Ut
k 3«8. — Une daa priiirip ai tmtnmik la
fin du ut* Mkie a( aa MHMMMMal 4m vf.
353 k 370. — Lialedaganyi pdlÉlaw^
meot è Jaaa aa«a PHw. S?* k M9. — Fa».
timle du 1" r6le di> la Ktla cMaataa. S^t.
Bovaau (Ville dr). ii6.e&8. S4i, II7. SaS.—
Sa daacriptioo par AilMaa. M7.
BooBSiT (Le). p(«a Plwia. aa8.
BoaasHi'Aaii (Rne). ao8. et&. aao.
Bowwoaaa, 110, iSy. i44, i4&. i46
Boraaoain (Col<ga da). 171.
BMmeooaa (Doea at), 179. i9&.ao«. jj«. Mi.
463. — LaorUblialbèipa. laf. it7. itS. —
Articles des d^pwiaaa de laar aaisa* wlaiii
aaxaéi«*«ia.4Sfi.4M.
Bocaaoaa* (Jaap sa« Pmt. dac aa). iti. ••;.
19S. a44. 3Sa, 417. — Sas Mute. 333. —
ewfaw aaa «liai laiiaa . 334. — Mcabaadatpil-
<|uca«Ma da ses dépaam. 3S7. 338 . 34 1 . S4s.
— Il sa fait aîdir |iar Dïm Rafaadi daw saa
projet d'asaaasÙMT le dac Laos dXMtea. 338.
339. — Lisia daa Lsargaais da Pm i|ai las
prMinal aaiwal. 37a è 389.- far«aMbda
i-rAiedelalialadaecBKiailai pèlèil sar>
nient. 37t. — SaslMt«tgaasaasflHiisaaa.S9â.
saalwl aaa dMiaa. 343. - !*■ d'aaa MM-
— Saa aai|Mliaaa d'etjMs tm'jhime. \-,i
477. — Bilnili da rianalaira das jvfaaa ai
I da sa clMpla. 177. 178.
(WMlffi dt Fnam aa tUfp» k
Hméi, dac aa). t9&. 198. 398. 4o3. 4*4.
616
4.J1. — Services qui lui sont rendus par Dino
Rapondi, 338. — Articles des comptes de sa
maison relatifs aux travaux de copie et aux ac-
quisitions de manuscrits ,463,464. — Son luxe ,
477. — Consommation journalière de sa mai-
son, 492.
Bourgogne (Philipppe le Bon, duc de), 85, 986,
334, 339, 498, 5i8. — Ses lettres au Parle-
ment et à l'Échevinage de Paris, 344. — Ses
embarras financiers, 479.
Bourgogne (Jeanne, comtesse de), fondatrice du
collège de ce nom ,171.
BoDRGUEiL (Etienne de), archevêque de Tour», fon-
dateur du collège de Tours ,171.
Bourguignons, 191, 9a4, 358, 394, 333,394,
4i3,436,485.
BotRRELiERs, à la fin du \i\' siècle et au commen-
cement du iv', 369.
Boursiers du Roi, 173.
BoiRTIBOURG (Rue), 9 1 5.
BoDTARic (M.), éditeur des Actes du Parlement et
auteur de recherches sur les sources du Miroir
histortal, 100, i58.
BouTEBRiE (Rue), 173, 177.
Bouteille (Impasse de la), 928.
BouTRAïs (Raoul), auteur de Lutecia, i54.
BouvERiEs (Rue des), 919.
B0UVINES (Bataille de), i46, 190.
Brabant (Antoine, duc de), 196.
Bradant (Le duc de), sans autre désignation, 935.
Bradant (Province de), i46.
Braque (Chapelle de), 196.
Braque (Rue de), 491.
Bray; signification de ce mot, 1 10.
Brenne (Pierre de), 190.
Bretuencourt (Jean Sanguin, seigneur de), 34o.
34 1.
Bretonnerie (La), ou Fief des Flamands, ou Champ
aux Bretons, 189, 91 3.
Brial (Dom), savant bénédictin, 100.
Brice (Germain), nyxiauT à' wne Description de Paris,
197-
Brie, lai.
Brienne (Hôtel de), 194.
Brion (La présidente de), 594.
Brise-Miche (Rue), 919.
Brocher (Gui), 333.
Brossiers, à la fin du xiv' siècle et au commen-
cement du jv'. 367.
Bructères, peuplade germanique, io5.
Brijel (M.), archiviste-paléographe, 17, 5a6.
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
BRDGEs(Ville de), 336, 339.
Brcnehaut, reine de France, 180.
Brutos, héros du roman de Brut, ii5, i49.
Bruxelles (Ville de), 199, i3o. — Sa bibliothèque
royale, 6, 198, 4 18.
Bbuvs (François), aut. de Y Histoire des papes, 86.
BAcHERiE (Rue de la), 35, 189 , 917, 443.
BucHON , éditeur de la Chronique métrique de Gode-
froy de Paris, 487.
Bnci (Porte de), 993, 994, 344.
Buci (Simon Matiphas de), évêque de Paris, 196.
Bude (Ville de), 101, i39.
BoDÉ (Guillaume), Prévôt des Marchands, 346.
BUFFETERIE (La), 910, 919.
Buffetiers, à la fin du xiv* siècle et au commen-
cement du xv', 365, 366, 367.
Bulgares, peuple de TEurope orientale , i44.
Bulle d'Honorius 111 , interdisant en France l'étude
du droit romain, 6. — De Jean XXII, condam-
nant les doctrines de Marsile de Padoue, 7. —
Du même pontife, en faveur de l'Université, 10.
— Du même, réprimant les abus de l'Université,
10. — De Benoit Xlil, défendant aux universi-
taires d'outre-passer leurs privilèges, 10. — De
Jean XXII . portant condamnation des Fratricelles,
63. — D'Innocent IV, exemptant de tout péage
les écoliers allant à Paris ou en revenant, 933. —
De Clément VI. upprouvant des fondations pieuses
dans l'église Saint-Jacques-la-Boucherie , 399.
— De Benoit XIII, menaçant d'excommunication
ceux qui refuseraient l'obédience, 4o6, ioy.
Bulles (Jean de), archidiacre de Rouen, 169.
BcLiET, auteur de l'Histoire de l'établissement du
christianisme , 4i.
BuLLiON (Hôtel de), 196.
Bureau (Famille), 397, 3a8. 399. — Liste de ses
membres inhumés à Paris. 39 8.
Bureau (Gaspard), archidiacre de Coutances, 398,
399.
Bureau (Gaspard), maître de l'artillerie du Roi.
399.
Bureau (Jean), trésorier de France et Prévôt des
Marchands, 399. — Ëpitaphe de sa femme,
Jeanne Hesselin , 33 1 .
Bureau (Pierre), trésorier de France, 398, 399.
— Jeton frappé par son ordre (gravure), 399.
Bureau (Simon), l'ainé, 398. — Son épitaphe et
celle de sa femme, au cimetière des Innocents,
33 1.
Bubgondes, oa Bourguignons , 110. iSg.
BoRLEY (Gauthier), docteur en théologie. 5i5.
TABLE ALPIIAH|:;TI01'E DES M^TIJnF<î
ei7
IJabocrk, clicf i1«; faction, /kji.
CilocHiiiHii; Miitinienlft de Ji«ii miw Peur ii leur
(<gnr<l, .'I3<). — l.islc <lo ceit factieux , 370.
Cadillac (Ville de), .'Imij.
CiKcn.iuN (S<>xIuh), jiiriitcoiuiulte, |35.
Caui! (Kur il<t lu), i(i/«.
Caillku (l'icm;), iW^|ii(! du Seiili», 10.
Cairk (Hue et paHiuifjo du), 188.
ClLAIRE, |/|3, |/|.'>.
CALAfiDim (l\\M de la), appeltutioti inexacte de la
mu (laliimle, 18a.
CiLiis (Ville de), 9.58.
Calk^drk (Mue de la), en la (liti!, tb-j, iG«. iG3.
Calu ((;i)lié(;e de), ou Petite Sorbonue, 1(19.
Cambrai ((l<ill<(ge de), ou dos Troi»-kré^iie$, 179.
Cambrai (Ville du), io-j, ioG, i3f), 'loi.
Campbell (M.), DouH-bibliotlit't<-iiiri! 11 1» IIum'. it^.
Campo-Santo, voir Pibe.
CamilouIïmi!, di^fcnHeur du Pum. K17, 137.
Camdklabrrh du l'ApocalyiHtc, n!|>n'-seiit4k par U%
sept nrU lilx'rnux, ti3.
Caiidklib (Jean du), chanceliur de Notru-Daiiie. iGCi.
Ca^omistrm, nous le rè([nu de CliiirleH V 1 , 397 ii 'lo 1 .
Capel (Jacquett), auteur d'un discourt en riidiiiieiii
de Paris, 3&3.
CAPiiriK^!); virissiludcH de l'orlcvrene u partir de
leur (ivi'iieiiieiit, 'itiH et siiiv.
Capbttu, ou ëcoliem du rollt'ije de Mi>ntni(pi . 170.
Capoue (Ville de), SsA.
Capucim», II, i8â.
CA>A>iiii(Pemellela),93G.
Cardi:«al (Lk), dans lii Ihnte Moetàn, 996.
Cardixal Lemoinr ((^olli'gu du), 168.
CARDIlAL-liEMOME (Rllcdu), I G8 , l8l, <«l.
Carintiiik. I '1.5.
Carlomam, fri^re du Pi'pin le Bref, 1&6.
Cahma?ioli, voir Mamiel I'aliIolocui.
Cabmem; leur ordre, t68, 179, 607. — Leonoou-
ventM, 170. 189.
Carmrb (Riiedcs), (65, 1G9, 179.
Carmib-Dillettes (Conimiinautë des), i8ô, -iih
Carnavalet (HAlel), qqA.
Carreau (Itiic du), ou de la l\)i»»oniitrH , i8*.
Carmraux (Grande maisoD des), *oo.
Carom ^^^^leK 190.
Carpextikr. uuleur d'un suppk'iiient eu GhiM-
rium de Du Cange, 458.
CARRKrouR (Ituc au). 907.
CAMuiua (Ui). mr b tefJL et filial m. ««S.
Cunm mmdàf^itk CM. 1S7. ift«. —U. 4»
iaratUat-Viclar.iftS.— lk«pMi»f«apm
imknmithiiÊÊf, 181. — priiiliiiirii 4.
ligne d>M Iw hàUmmmiÊtÀté-Mmm. 187
Ibaàipikàm CékiÙm. 191. — Uèn. «18.
— NipoUaa. tiS.
Cuni (Bttoila ife). g^ntf» pw PU^pa ik V>.
loMmrksFlMBMMk. 9i4.9SS.tS7.
Gitrat., éàWtm it atémm'mm ém wiimm et
CtmuM (Vile de). S99.
CiTHERn* bAudiçm. 4po«e é» Pian à» .Natam.
19G.
Catnk«i!ib m Frarcs. fiUede dwk*
Cathrbixs m Uimm, immit ftimm. %
Catov , 1)3.
Cattu. peopiade fmHHwpe. loS.
Catclli (Baar)g H haeilifM de), f 1.
Cacbat. préiaidu roi MmMii ceaballi par QenB.
1&8. 149.
Cacut (D>), Mif» M ftime» de GmaUe. S«4.
CAtiHorr (M. le eoale m), Mlav 4a Cmn fam-
li^mléi mmtUÊumlak* , 193.
Calx (Pays de). 170.
Cave di Posthh (Rue i la). «o4.
CàoRi du Lil>an .«11
Ciuenn (Couvait dei); canoMUB <|ad minMii
k Tipogae de (ImkM VI . itt. 190. 19e.— 1»-
hiiniation du rot d'AméMe dMa aoa^yfae. tU.
—Se liiMietfcèTii. 9&9.— flifdii tÊmihftr
la faniledrOritea. S19. Sti. S39. S4i.
CiuMnn (Foriifiealiaa 4ai). «m.
Ciutarin (Qiwi 4m). 194.
CiLM» (ConMliM). ffciiiiifli et iiHirii . 499.
Cua«t(JdNn), airtaw 4*» fdviMa è
tarrt* d( Cmr, 9S. 94. 1
i4o. i4i.
CiML (Ruitert). ou
! >>u«ntg» itituM X*
I. itS. 907.
MM. iSS.
CiaiwMiAi. obMnd 4 b le«de
— /d. 4 fabdi 4m
dwaMT^e^pMefalp. tM
CauMn(ilw4eh). 19^
CiaTADi (Robert), cari 4e
•J7.
9VVMW wê nw
*7r
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
G18
César (Caius Julius), Sa, gi, 107. io3, 111,
11-2, 187, i38, lûo, i5i, 197, 55i , 559.
CÉVEMiiES, 467.
Chalgrin, architecte, aSa.
(.HALIGNY (Rue de), 225.
Ghambly (Adam de), évêque deSenlis, 10.
Chambly (Gautier de), ëvêcpie de Senlis, 10.
Champ de Mai, i45, 969.
Champdivers (Guillaume de), chevalier, envoyé du
duc de Bourgogne, 344.
Champeau.v (Halles des), voir Halles.
Champ-Gaillard (Le), 274.
Champollion (M. Aimé), 067, 817, 593, 5a4.
Champ-Petit (Rue), ou des Petits-Champs, 176.
Champ-Roussi (Rue du), 162.
Chamaan (Terre de), i35.
Change (Pont au), voir Grand-Pont.
Changeurs, 160, 469. — A la fin du \i\' siècle et
au commencement du xv', 36 1 , 862 , 363.
Chanoine (Le), dans la Danse Macabre , 3o3.
Chanoinesse (Rue), 16^.
Chanvrerie (Rue de la), 198, 207.
Chapelain, auteur de /a P««efle, 497.
Chapelains (Maison de la communalité des), dans
la Cité, 16a.
Chapeliers, h la fin du xiv* siècle et au commen-
cement du xv", 368.
Chapelle-Saint-Denis (La), 229.
Chapelle royale, voir Sainte-Chapelle.
Chaperons blancs (Émeute des), 3a3, 352. 4o8,
409.
Chapon (Rue), 46o.
Charbon; transport de cette denrée sur la Seine,
57. 198.199-
Charbonniers, h la fin du xiv' siècle et au com-
mencement du XV*, 365, 366, 367.
Charcutiers, à la fin du xiv' siècle et au commen-
cement du xv', 365, 366, 367.
Chardeporc (Adam), bourgeois de Paris, 9o4.
Chardonnet (Clos ou fief du), 170, 181.
Charenton (Pont de), 2a5, 226.
Charenton (Seigneurie de), aa5.
Charité (Communauté des filles de la), instituée
par saint Vincent de Paul, 229.
Charlemagne, roi de France et empereur d'Ocx:i-
dent, 82, 119, 120, i44, i45, »46. 149,
i5o, 191, 943, 43i, 539, 55i, 559.
Charlemagne (Lycée), 190.
Charlemagne (Rue), 187.
Charles, comte d'Anjou et de Provence, frère de
saint Louis, 194 , 216.
Charles, duc de Valois et d'Alençon, 194.
Charles U, dit le Chauve, roi de France, 9a, 160.
161, 188, aaô, 470.
Charles IV, dit le Bel, roi de France, Sa. —
Louanges qui lui sont adressées par Jean de
Jandun, 61, 63. — Tableau synoptique de ses
vertus, 63. — Il favorise Raoul I" de Pi-esles, 84.
Charles V, dit le Sage, roi de France, 84, 88, 90,
95, 97, to4, 191, i48, 178, i84, 191, aaa,
aa4, a3S, 339, a58, aSg, 4i5, 4i6, 34o.
348. — Il fonde la bibliothèque du Louvre, 83 .
96. — Il accorde diverses faveurs à Raoul III
de Presles, 85, 86. — Ses confesseurs, 89. —
Il relève le collège de Reims, 168. — Son por-
trait sculpté à l'un des angles du collège de
Dainville, 171. — Il fonde la Sainte-Chapelle
de Vincennes, 997. — Il fait, dit-on, peindre
la Dante Macabre sur les murs du cloître des
Innocents, a84, 988. — R&ullat de son gou-
vernement pour la fortune des bourgeois pari-
siens, 894. — Etal des lettres et des arts sous
son règne, 895. — Il fonde une école de tra-
ducteurs, 4i9, 499. — Il encourage l'étude
de l'astrologie, 446. — L'orfèvrerie sous son
règne, 471. — Son enceinte, voir Enceinte.
Charles VI, roi de France, 87,88, 96, 191, 196,
l54, 157, 160, 169, 190, 194, 196. 991,
aa4, aa5, 926, 985, 986, 394, 896, 84i,
407, 4i9, 417, 499, 43i. — Son règne s'i-
naugure par la levée de rOriflamnie, 958. —
Il assiste k un exercice dramatique donné à
l'hôtel de Nesles, 986. — Remontrances qui
lui sont adressées par l'Université, l'Èchevinage
et la bourgeoisie, 388. — Complot tramé contre
lui par la faction bourguignonne, 833. — Ré-
ponse faite k ses griefs par le duc de Bourgogne,
344. — Il accorde des privilèges à Dino Ra-
pondi et à sa famille, 336, 387. — Ex-voto
pour sa guérisoD, 887. — Extrait des comptes
de l'argenlerie de sa maison, 887. — Ses lettres
en faveur des frères de Dino Rapondi, 889. —
Ses lettres portant anoblissement de Guillaume
Sanguin, deuxième du nom, 34o, 34i. — Ar-
ticles des comptes de sa maison concernant
Jacques Ducy, 348, 849. — Son ordonnance
maintenant Miles Baillet et Guy Chrétien dans
leur office de trésorier des finances, 35 1. —
État des lettres et des arts sous son règne, 894
el suiv. — Il convoque l'assemblée générale
du clergé, 898. — Il appelle à sa cour le ca-
noniste Pierre Le Roy, 4 00. — Sermon pro-
TABLK ALIMIAUKTK^
nouer il<;\ nul lui |iur Jeun (îi>rM>n, /lo,!. — Dm
ilotéunci.it , rriAI)!i!H il*! loiiaiigi-x. lui «uni ailn-»'
tée» par J«'aii (iftDMin, 4o4. — Il entend un
Hwniori fie J(ir(|ucH \i; (imnil el rdconi|H'nM> c»<
|in-<lirnU>ui-, 'io5. — Il aiwiitei une baraugue lif
itr-nould lie la Marche, 4o6. — Kiutaelw de l'o-
villy nHMiy lin justilier devant lui la lëdilion dm
Chaperimn hlaiiri Ai)(). — Arliclof def dt^pOMM de
non liAtel relntiv'Nt aux mëncutreb, 436. — Sa cour
(l'amour, /137, 438. — Etat de l'art mi'tiioil
sous M)fi r^jfne, /l'io ji 4'i5. — StatJHtique de la
|>ii|iiilatioii et (le la coimoininalion de Paris mmu
non rèffne, 48.'» h 4 9 F).
(JHAiLED VII, roi d(* Kranrj'. i-ai, tftt). i83, ig4.
•197, •ilU'i, uSy, 3.t.'». 340. 'ih^ , 447, htjît .
.'itS, SaS, 5!i4, SaS, ByS. — Son irétor e»t
r(!ConHtilu(< par les bourgeoin parisiens, 3t4.
— Appel ndressd aux Parisiens, en bveur de sa
coiiite, par Cliriiitine de Pisan, 4ao k 4a0. —
l,()uan|reH (pii lui sont (IdiuM'en par Astesan, hhi.
(in^HLKsNill. riii île l''i'iince |SK («,r. '•',!'■
4(j.'..
(iiiAnLK.s IX, roi île Krnnc», i58.
(iiiARLES II, dit le Miiurai», roi de Navarre. i3Iy.
■'17 1 , 471. — S«>» hnnuijpics aux Parisiens. '.Ujît.
407.
(îiitRLEs 1\ . empereur (rAllema{jne. menlioiini-
comme empereur (le Home, par (îuiilelM>rl de
Metz , 190, 934. — Sa r<^eplion à Paris, «35.
(Iharlks dk Louvirrs. un des auteurs auxipielii on
attribue le ,S'om>iiM»i Mritlarii, ((o.
(ÏHARLIS DR NavaRRK, KjI)
('.hari.es Martrl, maire du palais. i4'i. t4.'i.
(iHARLUi-QuiKT, emj)ei-eur d'Allcniafrne. igi.
(jHar^iers. voir In^ocemts.
(Iharolais (Le comte de), (ils de Jean sans Peur.
34t.
Charpemerie (Rue de la), 4f>o.
Cbarpemtikrs, k la lin du xiv' siècle et au coinnien-
cenienl du xv'. 3(17, 368.
(iHARRKTIKHK (Hue). |68, I78, 1 79.
C.iikRRKTiKHs. Il la (in du xiv* siide et au eoiumen-
cenienl du \\'. 36i), 370.
(^iiARRONiF.RiR (Uiie (le la), section de la rue de la
Femmnerie, 9o3, 983, 988. 610.
(JHARRONH. fl la lin (lu \n' siède et au cammemr-
iiienl du x\'. 368. 369.
CiiARTiKR (Alain), |)oële. 4<i8.
('•HARTIER (JcanK rlinniiipieiir, 339.
(4IIARTRKS (('.alli(Mralc de), 909. 977.
CiiARTREi'SE de Dijon, 336 , 33H.
I K DKS MATIKKKS.
«19
CiuBTRtix (Coavail ém). k Fw». tSf . ««S.
CHtRTREL't (U). itm k Dmm Misiim, !•&.
CaiBTtoR (Rm éa).
(Ittrçcmt, 91 S.
i'Munitm ((ieorfas). énaiftim. 997.
CnItub (Rm du), m éi Oàlmm-Fim. •••.
<^HÂTi40«n)r (BenoJilM m). <
tMMftn, 49S.
CalTBir-TBuaat (Vile de). tSy.
CalTBLBT (Grand). 160. iM. 171. tfj. mi.
104 . 9 11. « 1 9, 333 . 3&« . 4o8.
(^aUstiT (Petit). 161, i8«, içè. 1^.
CmItblit (Place du). 188. 10-1 119.491.
CbItkut (ThMiiv da); bm ««flaeanflM. ««1.
909.
CNAOBBOT^itas. i la fin da sn' siècle et as tam-
nteMBOMat da it*. 367.
CBAitr (Jean). CMMhr de Ckvfas Vt :tM
Ca*D» (Rueda), 196.
CaAcaoKT-n-VBin (Vie de). 1 1«.
Chai !«T (Albert Ba).SSi.
OHicsssmas, i la fla do m' «ècie el aa OBaMaaH
canMDtdatT'. S68.
CHArrBT (Dooiaine de). 34«.
<<HA«ic»T (Ds), ministre. 194.
CRixiia (André), poile. «19.
CniEsue (M. Adidie), aalear dane noiiee mr b»
ancieaneB ^eoice de ■édwine de b rae de b
Bâdierie.i4, 43. 441.41.1
(^REBET (Renoid). biedâibar de r^ghae aoai-Ha-
norë, i84.
CasvAusa (Le), daas b Oaaar MmÊkn, «99.
Cbivalieb Bff «BIT (Le): il prsad part k b
tion de reoperear Cbariea fV. «3S.
CaivAUBa-ao-GsBT (Pbee da). to«.
(îa(VAU(B-ao-<jCBt(Raeda). 108. 176.
CastAUsas (Les), daoa b Gaab. 9^ •
i4i.
CaiTSDaama. k b fia da m' ékàm m (
ceaMBt do iv'. 389. S70.
CnrBrSAiirr4aMav (Rae da). i8«.
CasTiuiBa. Mb» de XWfim ér ta
/Ww.468.
CamBsaB(LeMreae),|
(^■traonm (Raedn). «i«
Cam (U pierre da). dav b t^. iM.
CBnaanT(llM).t«S.
CaaaBBBiT I". rai de PWaee. it&. «48.
CaiU(iMe.raifraae.487.
CanrtfMc. rei de FnMe. 487.
CanmMBM. k b la da u«* sikcle H m
<4o.
•M.
620
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
cément du xv', 356 h 36i. — Enseignement et
exercice de leur art au moyen âge, 438 à 445.
GiioLET (Jean), légat en France, 169.
CnoiETs( Collège des), 169,179.
CiioLETs ( Rue des ) , anciennement SaintSymphorien-
des-V ignés , 179.
Ciioppix (René), jurisconsulte, 166.
CiiousAT ( Jean ), receveur du duc de Bourgogne ,464.
Chrétien (Guy), successeur de Raoul III de Presles
dans les fonctions de maître des requêtes , 88.
Chrétien (Guy), trésorier des finances, 35 1.
Chrétien (Maître Gervais), chanoine deBayeux,
fondateur du coll. de Maître Gervais, 173, 446.
Chrétiens, persécutés dans la Gaule, iiq, i4o,
565.
Christine (Rue), 174.
Christine de Pisan , voir Pisan.
Choyés (Georges de), auteur du livre intitulé La
Guide de Paris, etc. 189.
Chynen0dy, joueur de cornemuse et de flûte, i94,
933,498.
Chypre (Le roi de), 935.
CicÉRON, 4i, 75, 93, i35, i36, 147, 3a6, 896,
4 10, 5oo.
Cilicie (Province de), i44.
Cimetière des Innocents , voir Innocents. — Saint-
Gervais, 918. — Saint-Jean, 9i5. — Saint-
Nicolas, 458. — Saint-Paul, i84. — Saint-
Paul de Londres, 987.
Cimetières en général, 95, 110, 193, 189, 193,-
987, 5io.
Gimetière-Saint-André (Rue du), o\i Suger, 175.
Cimetière-Saint-Benoît (Rue du), 174.
Cimetière-Saint-Gervais (Rue du), voir Monceau-
Saint'-Gervais.
Cimetière-Saint-Jean (Place du), ou du Marché-
Saint- Jean , 9 1 5 , 916.
CiNÉAs, ambassadeur de Pyrrhus, 59o. 53 1.
CixQ-DiAMANTS (Rue des) , anciennement la Courarie,
actuellement comprise dans la rue Quincampoix ,
196 , 210.
CiRiERs, à la fin du xiv* siècle et au commencement
du XV', 365, 366, 367,
Cisalpins, i43.
Cistercienne (Bibliothèque), recueil de diverses
chroniques, 100.
Cité ; églises contenues dons celte partie de Paris,
i59 à 157. — Ses autres édifices, i58, 159.
— Ses rues, 161 à i64. — Fae-simik d'une
miniature qui la représente, 197.
CÎTEAcx (L'abbaye de), 11.
CîTEADx (Ordre de), 187, aaS.
CIteadx (Rue de), aa5.
Clakin (Bertram), voirDn Gdbscliït.
Clamanges, théologien, 9.
Clarence (Lionel, duc de), 935.
Clai-de, dominicain, chargé de la réédification de
l'église des Billettes , 1 89.
Clément VI, pape, 19. — 11 enrichit le collège de
Narhonne, 171. — Il approuve une fondation
pieuse de la veuve de Jean de Dampmartin ,399.
Clément VII, pape, 9.
Clerc (Le), dans la Danse Macabre, 3i3.
Clerc normand (Le notable), auteur anonyme d'un
acrostiche tautogrammatique sur le nom de
Paris, 24 1. — Texte et interprétation de cet
acrostiche, 5o6 à 5ii.
Clercs , à la fin du xiv* siècle et au commencement
du xv', 356 h 36i.
Clermont (Collège de), plus tard Louis -le-Grand ,
168, 173, 179.
.Clermont (Comté de), 147.
Clermont (Louis de Bourbon, comte de), 189.
Clichy (Jean de), orfèvre; son marché avec l'abbé
de Saint -Germain -des -Prés pour l'exécution
d'une châsse, 48i, 489.
Clichv (Paroisse de), 981.
Climat de Paris, 17, 59, 61.
Climats; leur influence, 58, 59, 60, 61.
Clisson (Hôtel de), 197.
Clisson (Le connétable de), 9t5.
Clocheperce (Rue), 916.
Cloches de la cathédrale Notre-Dame, i54.
Clodion, roi franc, 106, i36.
Clodomir, roi franc, 969.
Cloître des Innocents, 984. — Notre-Dame, 169.
Saint-Benoit, 177. — Saint-Germain, 9o5. —
Sainte-Opportune, 188, 9o3. — Saint-Honorè,
i84, 187. — Saint-Merry, 919, 46o.
Cloître (Rue du), i85.
Ci.oîtbe-Saint-Jacqoes (Rue du), i83.
Clopin (Impasse), i8o.
Clopin (Rue), 180.
ClosBrunead, 169, 179, 180, 897, 899.
Clos-Brdneau (Rue du), ou de Condè, 4i.
Clos-Brl'nead (Rue du), ou Judas, 179.
Clos-Brdneau (Rue du), oa Saint-Jean-de-Beauvais,
4i, 7».
ClotaireII, roi de France, i44, 667.
Clodtiers; siège principal de leur industrie, 910.
Clovis , roi de France , 106, 111,189, i44, i48,
149. — Son tombeau, 167.
TABLE ALI'HABKTIOLE DES MATI^^RES.
•SI
CLOvu(Rue), 166, 167, 169.
Clu^ty (fWn«^(lictin» de), i8f}.
Ciuîir (ColMgc de), 170, 177.
Clonv (Ruo de), 177, 178.
CLU«ii;M(VillRdo), t/i3.
COCATKU (Kiin), 169.
CocHHEi, (BoUiilIc de), Ith'j.
CociiKaiH (M. lli|)|M)lyto).ë<litcurdeL«Beaf, i5S,
178. 180, 18G, 1H8, 1H9. m, hht.
CoiTM (Chambre aux), nu de la Lingtrit, «36,
CoÏTivY (Prëgent, «eigneur or.), oinirol de Pmiee,
995.
CoBDR (Jarquc*), argentier de Charte* Vil; mm
hAtel il Hourgea, 5(17 .
CorrRETiKRH, il la fin du %t\' ni^le et ao eotniMD-
ceiiient du \\', .Kiy, .168,
CoiatiM (Henri du Cuinbout, due oi), évéqne de
Metz. 98.
CoiTiER (Jacques), m<klccin do Louif XI. 195.
Col (Matlro (îautier), conwitler du Roi, 199.
/m 9.
CoLtRTDR Maubkoce, chantcur degealc, 63o.
COLIEET, 97,
COLCIIIOE, lflf>.
Coi-DE-H^coN (Kuc du), toh.
CoLitiMY( L'amiral ). 90/1.
CoLLABORATKI.'nS EXT^RIECRil DD HSRVICE HWTOMQl'l;
ils pr^tetil leur roncoiirs h la poblication du
prëitenl volume, wiv.
Collège Royal, arluollemr'nl Collrgt de France,
179.
Collèges, t68h 17/1. .'>99,3'i3.
Collégiale (Place de la), itt, laa.
CoM.^r.ui.r. (Iluo de la). 991.
CoLOGMR (Ville de). io5, i3&. i&C.
Colombe (Iluo de la), 16&.
CoLOMBiKR ( Ituc du), acluollenient Jaeoi, qnartier
Sainl-(î<>rmain. 19.1.
Colombier (Rue du), quartier Saint- \utoine. 190.
Colonelle , 99.
CÔME DE MELmRATI. Voir l>Mti:K1T \ 11.
C0MB8TOR (Pierre). rhanfelii-rdeNolro-Damo. il><».
CoMiNss, chroniqueur. 897, &3i.
COMMANDEEEMES, Voir RECOMMA^nKaOBB.
CoMMA!<DERiE du TcmpIc. I Hti . -iiS, 488. — De
Kranre, 191. — De Sainl-Jean-de-l,atran. 488.
(Commerce (Temple duK destination donni^e en
1793 ji IVjjlisc SaiHl-Merry, i8\.
CoMMiMCES (Ville de), 159.
CoMHIMIOn ET SntlH-COMMIMIO!! bE.I TRAV \t\ HKIO-
aigoEs; elle» occonicnl leur npprohaliim et |>r^
r fwiwwi > k
itut
CenMMMM. poito klai. S«i.
CowM. MlMr et DittÎÊmÊin iê h Oaw*. «#7.
CMHkn (VOt d»), S«}. Iji.
Camnrn (CfcwAw ém). «34. M8. SAf.
CoOT—i a'Atwai(llt).
iM.
ttt.
CoMutc prorraaai d Av^gMo . 1 1 . — M. 4t MarcMc .
it.-/£4a IMh. II. - /i. 4a8i*. (I,
— Id. à» ToaioMe, 11.— Id. 4» Qrnmm.
io«. — M da Ljfw. tS$. ^ Mwi à»
Paria. S98. ioo.— GliM4«na«,S«f . «o*.
— D« Cooataan. 399, 4ei . Ae4.
CoMowt (PMt d* b ). 181.
CoM<(L« prfaM ■•). ««<.
CoeiruRa(H«laid«).t«&.
C4Mnua(Vili^da).t«6.
Coiiruw-SâWW-HwwMH . liS.
Co^roaTABU dta MMiaM
«S*. 3«S.
Comiiau daa pcialna al di
— 0» SdaUdiM. m di
i«8. i34.tS7. — DiaU
196.— Deaorffnw. 188.— D«^iiam>|Éni
d'ooIreHnar. 189.-0» Nalft>DMw-d»4h^
logne, 93*.
Cosnian-Nom-Dun (Rm dt la), i*a.
CosaiTUU (La), daaala DlaM« Ifanair*, «98.
CoaaiTAau ( Le) , aana aalff déa^gaaliaa . «Si. 4«(.
CoMaaTATisi daa fnfwifÊê apaalan^MaalMyast .
168.
Coaaraaai (Caadbda). S99, 4ei. 4o4.
CaaariivTn u Gu^a. uuipi laiir. 7. 94.
CiHMTim^ VI , «aBpcraar d'Orint. 149. lâe.
CoaBTt:«TiiiR(Rueda). i&&, 1&7. iC«. 18S.
CoRaTiBTtaona. i4&, 149, iSo.
Coi«TtB«iuBn (Roe), 174.
CoKTT (Évrart aa), tradactaw. S9â.
Conio(B«ila), «ai.
Co« ( Raa da ) . qaaHicr da Lflanra , «air RoMBai».
Coq (Rb« da), ywrtiaa da b Cf»«». 19c. «it.
CoQ-lliaMi (Raa). 198.
CaQeB«u(la|iaaaa). aa Cfii*». tt;.
CognuAar, palla.43«. Soi.
Cooatuaa (Raa daa). «a 5Maar-4aaw, aaaifràr
■a la raa da Taa^. «iS,
i(Kan«X ptaiméBM d-aa» part» de
Icmà aar lH|ad a«m rhélai da riMdra. 198.
: (Raa), 19e. «•(.
(itmy tfdartaw. S9S. 4*9.
622
DOCUMENTS ET ECKITS ORIGINAUX.
CoRBiE (Maître Philippe de), 334.
CoRDELU, fille du roi Lear, 1 15.
CoKDEUER (Le), dans la Danse Macabre, 3 12.
Cordelières ( Prioré des) , ou couvent des Clarigses de
Lourcine-lez-Saint-Marcel, 2 a 2, el\o'\rV Errata.
Cordelières (Rue des), 222.
CoRDELiERS (Couvent des), i65, 923.
CoRDELiERs (Opdpe des), 168.
CoBDELiERS (Porte des), ou Saint-Germain, 223.
CoRDELiERs(Ruedes), ou de Y École de Médecine,
171 , 176.
CoRDiERs(Rue des), 177, 173.
Cordonnerie (La), dans le quartier Sainl-Jacques-
la-Roucherie , 219.
Cordonnerie (Rue delà), aux Halles, 198, aoG.
Cordonniers , à la fin du xiv* siècle et au commen-
cement du XV*, 368.
CoRÉ, Hébreu puni par Dieu, i35.
C0RMEILLES (Village de), io4, i3i.
CORROYEURS, I99.
CoRROZET (Gilles), auteur des Antiquitez de Paris,
gh, 199, i63, 182, 192, 197, 3o3, 2o5,
212, 224, 244, 4o3, 533.
CossoNNERiE (Rue de la), 189, 206, 207.
Costumiers du Palais, 169.
GoTTARD, architecte, 197.
CoTTONiENNE (Ribliothèqne), 100, 211, 218.
CoucY (Château de), résidence de la famille d'Or-
léans, 523. — Sa description, 553 à 563.
CoDCY ( Enguerrand III , seigneur de) . fondateur du
château de ce nom, 555, 559.
CoucY (Enguerrand IV, sire de), 83.
CouLON [GiWes) , physicien ou médecin, 339.
Coulons (Rue des), 161.
CoDPE-GoRGE (Rue), 177.
Codpe-Gdeule (Rue), 177.
CoDRARiE (La), ou rue de la Courroirie, ou de la
Vieille -Courroirie, actuellement comprise dans
la rue Quincampoix , 1 23 , 2 » o , 334 . 335 , 4 1 3.
CoiRcv (Jean de), auteur d'une chronique; notice
sur ce personnage et son œuvre. 58 1 à 587. —
Fac-similé d'une miniature de sa chronique, 584.
CotiR o'amodr instituée à l'hôtel Saint- Paul. 429.
437. — Son organisation, 438.
CouRDiMANCHE (Village de). 95, ii4, i4i. i42.
CocRBoiRiE (Rue de la), aux Halles. 198. 199.
Courroirie (Rue de la), primitivement appelée
Plàtrière, actuellement comprise dans la rue de
Venise, 199. 209.
Courroirie (Rue de la), ou de la Vieille-Courroirie ,
voir CouRARiE.
CouRTALON (Rue), 188, 2o3.
ConRTEcnissE(Jean), docteur en théologie, 4o6.
CoDsiN (Victor), philosophe français, 89.
CousiNOT, bourgeois de Paris, 438.
CocTANCEs (Ville de), 398.
Couteliers; siège principal de leur industrie, 180.
— A la fin du xiv* siècle et au commencement du
XV', 367.
Coutellerie (Rue delà), 108, 2i4, 219.
Couture (Chanoines de la), 190.
CoDTUBE-t'ÉvÉQUE (La). 2o6.
Couturiers, à la fin du xi\* siècle et au commence-
ment du xv', 368.
Crahaut (Simon de), patriarche d'Alexandrie, 399.
Craon (Pierre de), 2i5.
Crécy (Bataille de), 958, 393, 898, 43o, 471.
Cresceques. joueur de rebec, i24, a 33, 4 28.
Crespy, écrivain de Louis, duc d'Orléans, 126,
laS, 933, 453.
Cresson; impôt sur cette denrée, 234.
Cbessonsabt (Rol)ert de), évèque de Senlis, 10.
CaiTEiL (Village de), 35o.
Crevier , auteur de Y Histoire de l'Unirersité de Paris,
8, 168. 174.933. 459.
Criminels conduits au gibet de Montfancon; usage
suivi à leur égard, 188.
Crispus, voir Salluste.
Croist (Hans), orfèvre du duc d'Orléans, 48o.
Croix tumulaire des Bureau au cimetière des lono-
cents, 33i , 409. — W. (gravure). 33i.
Croix-Blanche (Rue de la), d'abord nommée An-
quetin-le-Faucheur , 916.
Croix-de-la-Reine (Hôpital de la), plus tard de la
Trinité, 186.
Croix-dd-Tiroir (Fontaine de la), ou de la Croix-
du-Trahoir, 198.
Crolx-du-Tiroir (Ruedela), 94, to8, i38, ao5.
Croix-Neuve (Rue de la). 206.
Croquetaine (Terre de), 349.
Crout , rivière ,121.
Crozatier (Rue), 225.
Grdcifii (Le grand), dans la cathédrale Noire-
Dame, 45, 47.
Cruxthesalo (Mathe), trésorier de l'empereur de
Grèce, 349.
Crypte de l'église Sainte-Geneviève-du-Mont. 167.
CuGNÈREs (Pien-e de), conseiller au Parlement de
Paris, i53, 171, 494.
Cuisiniers , à la fin du xiv' siècle et au commencement
du XV', 365, 366, 867.
CnjAS (Rue), voir Grès.
TABLE ALIMIABÉTIOUK DES MATIÈRE».
Ct!ti{ljt),àimêiêDmm
C«ul(RM«eM),to«.
CtMM. rMàra. thk.
Cnn (Rm da). «07. m6
Ctmm. rei^ Parw. S4i.
C1J1.DOB (Cliarl««), Pr<?¥At de» Marebamlf, 438.
CvuDoi (Défini), femme <!(• Guillaume de Saiot-
(jeriimin, lihi.
(>i;ltk ileii Gauloi» , ii'j, ti.'S, n'i, lio, i&i.
en
D
Dacc (Pay» de), i46. 179.
Dagoirrt 1". roi de France, gt, 99, ihh, tSj,
/i«7,r)3i.
Dm^imui {Co\léf(e lif), ou ilu Damptille, 171, 174.
Dainvillr (i'iérartl, Jiron et Micin'l bK), romlolviint
(lu rollqre <l(! IhiinviUe , 171.
l>«\ii>ir.nnK (Jnon dr). i'iolii-viii, ',\lil%.
l)AMi>MM\Tn (A(;n)!ti dr). iKiurfjeoiM* de Pari»; IM
lilx'rnliU'tt, 33o.
DAMPMtRTi^ ( llranche des), dans lo loinilli' Itunim.
3a8. — Kondutions pieuses dues à t]u*'li|ii<>»-iiii«
de iu>8 membres, 33o, 33t. — Ses (inii<>irii>«
(gravure). 33o.
Dampmarti'* (Bureau di), changeur et orfèvre; son
hâtei, 193, 196, 199, 910. — Hospitalité qu'il
acconle & Laurent de F'rcniicrfait , i93, 196,
197, 3'iti, /|19, '11 3, ^ii^i. — Ses armoines
(gravtire), 397. — Sa famille, 397 il 339. —
RenseiKncmonIs sur sa vie, 339 à 335. — Sa
femme . 3 3 i . — A ppnicitttion de son caractère et
de sa conduite |Militi(|ue, 336, 335. — Jetona
frappés pr son onlre (gravure), 335. — Son
sceon (frravure), 335.
Damphartim (Bureau dr), {Mmiasien de Saint-Jac-
(]ueit-la-B«)ucherie , 397.
DaMPMaRTIN (Jnn|llO!t dr). Iioiiqjroiii de l'nrii; sou
•>|)il<i|iliiT( ri'llr ili" Miiric (iiinrp«-nlii-r. *4i riinme.
33 1.
DwpMtiiTix I MnlJjiMi'. voiivo de Jran dr^: ««
rondiidiin dans IV)[lis<> Siiiiit-Jnn|ii<^-ln-ll<Mi-
clierie, 399.
l)»xf»iAiiTi^ (Jf'iiu i>K). tlrn|>i('r: •«m «■pilnplic ri
celle de Mnrie (ùivellier, sa fenuno , 33i> . .13 1 .
I)\mpmartifi (Sire Jean DR).mnrrhand dr.ipipr:s«n
é|)ilnplie et relie de NLii^nleleine . !tn femme. 33 1.
DAMPMkHTH (.SiiiKiii DR ) , volet dp rhamlire du roi.
rhnngeur il l'aris; il fonde. mnjoinlenH'nl aver
sa fnnnne Mor(;uerile. une rlin|M'lle dan« l'i'glise
Saint-JnripieH-ln-Bourlierie. 399.— .\mi«'» ligii-
ranl diui!) son épitaplie. 33o. — Question mmi-
levdk; il son sujet. 369.
Dampvillr (Coll(<gcde), voir DinviLLi.
Dtsctt (GdlMm). harpiM*. %*\. «3.! k«h.
DtsKataa, i46.
0<«iu (Gabrial). fkmàt. Mlaw île j'i r .1 m-
«ragM hiHariqjim. «S9.
Dtaaa Mmmu. i«S. 193. aA«. «ii. a*;, aji.
•7t. «73. 4&t. — Fiftwlii mm m mImv
at aoB mgm. aM t tS». -- fay linii é»
aoB no». 189. — Rtpwikrtiw éê pilai bm
poaë sur ce sujel. ayj à S17. — GtanMta i»
lai paMMwda aHt^M«Mr Im
\)un% Auauiai, (i&. («9.
DiavH, flaatre. 101. io«. im. ikh.
bkmuxnà, aniear île roanigr wiiiitW r^iWi.
judititnum iê aana iiiaislw, '•
Dathai, Hëbfw pHi par Dim. 13*.
Dacxoii, aaraal frmfaia. 100. 43o, 4Si.
DACpaia (Le), roi plwlani somleMM^aCWIest.
«<&. 35o.
DiDP«ia (I^). m plw iarë aaw la MB 4t
Chariea VII, «08. Ai«.
DAOPaiiii (Rue), 174.
Davrros ( Prievré da), «oà.
Da«i». roi de Jnda. io3. i33. &&f.
Da«id. peintre, 17a.
DiBaoai»(Le|iliili«l). i43.
Di BMiaaM (Salowa). iRldlwla da paHad San*.
lîervaia. i84. 918.
DRcaARctca* (Ruedaa). \o>
DicasTS tt aicairar* {F»<iitt. •bo.. «Uim 1 1 m
venilè de Pan- iM. 3f7. 3fS.
âaa. â4i. — .Itactnt^àa de aaa
eiMa^ 9MM''Jaatt« iv^ •■" 9as
tiana le doa BrwNaa. 179. i8«. 3ff.
Damaoa ruaa. oa Ùiftmmmm fam, aMMaga*»
Maniit da Mom « de JaM-4
h lapiiwatii lin ■ da Ptft. «. 7. 8.
Dtaciuinua (GwlBMBe at), m
Mya dt 4i fàr 4BMaia' '^~>
MiMRU. aaaaaoM, &61
Dit lasaaa . ddiliT daa il»aMsrM jmm mrm i fis»-
IMT* dr il /Vawa « dr la BmÊwmm, i«8^
624
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
De Lagrive, géographe de la ville, 59-2.
De Lamabe, auteur du Traité de la police, 53, 59,
197, a33, a34.
Delisle (M. Léopold), membre de l'Institut , biblio-
thécaire au département des manuscrits de la
Bibliothèque impériale, 127, 960, a6i.
De Lorme (Philibert), architecte, 188.
Demi-Saim (Ruelle du), primitivement du Trou-
Bernard, 20 5.
Denis (Michel), auteur de l'ouvrage intitulé Co-
dices manuscripti theologici Bibliolhecœ Palatinie
Vindobonensis , h, 18, 99, 3i, 79.
Dennemarche (Collège de), ou de Danemark, 17a.
Denys de GJteadx , ou Dionygius Cisterciensig , auteur
du Principium in prima Sentenliarum , 4 1 .
Dépôt du domaine de l'État, 168. — Des archives
du Trésor royal, 173.
Des Accords (Tabourot, seigneur), 498 à 5o9.
Descirtes (Rue), aai.
Deschamps (Eustaclie), poète. SgS, 498, 499.
43o, 569.
Deschamps (Gilles), docteur en théologie, a33. —
Notice sur ce personnage, 398. 399.
Des Champs (Hubert), Échevin, 344.
Deschamps (Pierre), cardinal, professeur à l'uni-
versité d'Orléans, 6.
Des Champs (Robert), seigneur de Tourville et
maire de Rouen, 398.
Des Essabts (Antoine), chevalier, sieur de Thieure
et de Glatigny, i54, 52i.
Des Ëssarts (Jeanne), femme de Henri Baillet, 35o.
Des Essarts (Pierre), surintendant des finances, 4o8.
Des Fossés (Bernard), pauvre bourgeois de Paris.
109, 110, i38.
Désir, Voir Didier.
Des Moulins (Guyart), traducteur de la Bible hi»-
toriale, 46l.
Des Portes (Marie), ou Des Vertus, mère de
Raoul ni de Presles, 85.
Des Ursins (Jacques Jouvenel ou Juvénal), arche-
vêque de Reims; son missel enrichi de minia-
tures, 197, 199, 918, 596, 585, 586, 587.
Des Ursins (Jean Jouvenel ou Juvénal). prélat et
historien, 934, 935, 398, 4o5, 407, 4o8, 595.
Deuï-Boules (Rue des), aoa.
Decx-Ecus (Rue des), 9o5, 906.
Deux-Ermites (Rue des), 162, i64.
Deux-Portes (Rue des), dans le quartier de la
Grève, 196, 91 5.
Deux-Portes (Rue des), ou des Trois-Porles , dans
le quartier Saint-Benoît, 189.
Devise ornant un manuscrit de la traduction de la
Cité de Dieu, par Raoul III de Presles, 98. —
De Valentine de Milan . au château de Blois , 569.
Dhecllano (Plan de), 906.
DiBDiN, antiquaire anglais, 979, 973.
Dictateur (Le), nom donné par Jean de Jandun à
l'auteur anonyme du Premier éloge de Parit , 3,
i3, 17, 19,90,95, 99, 33, 35, 57, 64,65,
67, 68, 70, 71, 74. — Son ouvrage, 99 à 99.
Didier, roi des Lombards, i45.
DiEUDONNÉ , un des premiers surnoms de Philippe-
Auguste, »46.
DiEP rncoNBO (Le); son autel dans l'Aréopage, 90.
Dijon (Ville de), 193, .336, 338, 389.
DiocLÉTiEN, empereur, 111, 119, i4o.
DioNYSiDS C1STERCIEI18I8, voir Denys de CIteaox.
DioPHiLAx (Jean), poëte latin moderne, 5o9.
Dissections; difficulté de les pratiquer au moyen
âge, 443.
Dix-Huit (Collège des), 157.
Dol (Ville de), 106.
Dominicains; les confesseurs de Charles V appar-
tiennent à cet ordre. 89. — Ceux qui demeurent
près de la rue Saint-Jacques prennent le nom
de Jacobin», 168, 178. — Leurs travaux . 399.
I)oMiNi(}UE DE CoRTONE, coustnicteur de l'Hôtel de
Ville, 9 1 4.
DoRMANs (Guillaume de), un des auteurs auxquels
on attribue le Somuium Viridarii, 90.
DoRMANs (Jean de), év^ue de Beauvais, fondateur
du collège de Beauvais, 168.
Doublet (Jacques), bénédictin, auteur de ï Histoire
de l'abbaye de Saint-Denys en France, ga, 999.
93o, 959.
Douce (Francis), auteur de The danse of Deatli,
969, 979, 987.
DoucHi (Jean de), clerc du roi en la Chambre des
comptes, 348.
Docët d'Arcq (M.) , sous-chef de section aux Archives
de l'Empire, 159, 333, 343, 436, 438, 535.
Docze-Tables (Loi des), i35.
Drach (Barthélémy de), contemporain de Jean de
Jandun, 52.
Drapiers, à la fin du xiv' siècle et au commence-
ment du xv', 365.
Dressoir au x\' siècle (Gravure représentant un),
476.
Droit civil, enseigné à l'université d'Orléans, 6,
1 4. — L'étude en est interdite en France par uni'
bulle pontificale, 6. — Inconnu à Paris pendant
le moyen âge, i4, 592. 543, 571.
TABLE ALI'IIAIJÉTIOIK DES MATIRHg».
l)ioiT»-DR-L'lioMiiNe (Plaee <!«•), ou du Martht-
Saint-Jean, ai 5.
Drciuch , g/i , n 9 , i 1 3 , I /io.
DHL'Kke.^, chi-rd(!it l'icUw, i/|G.
Ditoifi ([y; caniinal), iBA.
I)i HOIR (Le I'.), auteur de MlUtoirt eceléMtaitiqMi de
l'ariH, no, su 6.
De BotiLtr (CëMr-ÉgnH!t<-),(;r(5lli«rdcllIni*awK,
aiiti-iir (l<> rou\i-a)|i> iiitiliili' llittari» Vmurm-
liilis l'armenni» , h, fi, 7, 8, 84, I90, iM,
168, 179, a33, 398, 399, 4oo. 4io, hk%,
DvBoi'Bu (Aiiiip) , (-orisoilliT uu i'urieiiiiiit . (>.
f)u Roz (l'icrrc), rlinpuloiii de Soiiil-MarlitHlr»-
Orges, 'ia-i.
Du Breuil, orclK>v«^|u(! de Toulouse, 399.
Di; Breol, ouleur du Theatrt dii antùpàltt et
l'an», fl8, 44, 47, 94, tii, \h%, i63, 164.
i.'ifi, iiJ8, j5(), 161, 166. 167, 171. 177.
|84, 18C, KJ-J, 193, 198, 993, 994, 93i,
■i4o, 944, 945. 95o, 987, 9S8, 96S, 966,
•167, 971, -iSS. .'i4<). .')67.
I>i'c ((>k), (latut une (iditiou du Uil de» Trois Morlt
et tien Troit Vif», <fj9. — Dan» la Amm llm-
enhrr , 997.
Di; (Iamik, auteur <lu Glouarium médite et iitfmtt
Intinitatii, 3, 94, 96, 49, 5o, 5<, 58, 70.
MU, 190, 139, l55, 174, 900, 9l6, 93o,
■j59, 984, 985, 986, 489, 495. 535.
Du ChItel (Tanneguy), 334.
Di' Cerceau (Plan de), 91, 195, 990, 997, 93i.
De CiiE8!<E (Andrë), historiographe de France,
lof), 991, 994 , 486.
DucHi^ ( Mnllre Jacques) , ou Ihuchy, ou Ihry, rlerr
ilu roi en In Chambre des romples. rirlie liour-
éttm
geottdo Paria. igS.lti. ~
hAtol, 199. too. — Ndiw mm «
Si;. ih6. Si*.
OvDuc(J«m).SSo.
Dm-m-Bmmmi (Rm et), m éê Mmm, fm
d« tUkm, 179.
DvPuL(Ne«).««ëL<
Do Po«B (GmUmt).
■v«erabW«h
roémlioa ima éàm, 48i . 48«.
Do GoMcua (B«lfw4). 90. 447.— 8*
r^giiMS«iM«-CiliwiM da Vd-4»-tcdim.
i««, 199. — lém m riiHiiii et C— «f. tii.
Do ticLtnu (Ham). aataw Ai fartMaf et ffi-
Utfkê iê tmêm Pimn ài Cm/mil, 1&:;
lhtàtnt,»ttlearJimmHùtmnàt Burm, ta, «iv<
Do HàtUM (Bmmtiit Gkmi. iiigai»). hwto-
rHigni|itw<feaMri«IXc(d«ll«nlll. i«i.
Do Miro. (ÈiAmlmi). artf ém ftAw ^y
inrw Mm ■K*'iw « xifmiA, 498. &•«.
Dc«-u>RM(Vflk<b). 34i.
Dom>h(Lb contoM), Sai. M;. &5i.
DoPuMi(CoMfo). 179.174.
De PutaMt (Dont ToMMl). tmàrn ém Amm*>
Aimalm il Pwiê , 107, 1I8.
De Plewr (G«o<lra;). aatMradtrÉfiw. 174.
Do Port (Jen). bwgraplw im tmkt km thm-
goul^me. 5i8. Stg.
DsRiio (Uuiikaa»). «otaorda Aatiasa/ d« 4iMw
^bw. 159.
Dr TiLLRT, 943. •&9.
Du TiLUOT. MlaHr<i« MàÊmtmpmÊtmniritk»-
De \erdier ( Gilbert Saninier.Mar).
de Kraiice. i9o.
hlciiAUD^ (Hue de 1), 993.
É<:helle-du-Tehple ( Rue de 1'), 196.
Ki:iii:\ixi(iK parisiem; il transigo avec le» rrligieux
de Sniht-Mngloire, itio. — Il est iuipliqui' dans
un prortS îi l'ornisionde la rhute du |>onl Notre-
Dame. 160. — Son sit'gc hohiluel est l'HAlei d«
\illc. 197. — Il fait ronsiruirc des aqucdoca,
198. — Il prend part 4 la nVeptiou de l'om-
|>ereur Charles IV. 9,35. — Set doMancei 4
Chaiies VI, ;<:t:i. — Il est rhangë pendant la
doniinalion anglaise, 3V'(. — Il refoildoltUrai
du duc d'Aleufon, 345.
rxiiEvn EX cHEr de Meta, 19&.
Êcou impériale de daaMi. ttS. —
Iravaiu pobii». piw taid &eale fÊtyttémÊ^.
ir>9. 180. — DeMMactM. 171. — Da<
17.1. — Rovalé aâilaire. lot — Dm
i(BMdcr>. I'
£c0Ui (iMda»), i7«. 177. 17^. > ;.i
£o»u-&inT4inn*n (Qmï de T). •o^
Èn»*Simt4kmun (9m da T). 197.
toouMmi\mtmmknmmkHvmét(hmim\l
487. — Vair a— iCauéRaaal W ■!
ÊcMKiinu (RmIo da r ) , aa dt la TWm, 1 19.
.i4«.
7»
626
ÉcossK (Rued'), 179.
ÉcouFFEs (Rue des), 91C , 217.
ÉcRAMERs, à la fin du xiV siècle et au commence-
ment du xv', 367, 368.
Écrivains, dans la première moitié du xiv' siècle,
16, 54, 55. — Sous le règne de Charles VI,
195, 933. — Siège de leur industrie à la
même époque, 176, 177, 911. — Leur nombre
et leur importance, 177, 939, 486. — Liste
des personnes de cette catégorie h la fin du
xiv" siècle et au commencement du xv*, 364,
— Notice sur l'exercice de leur industrie.
447 à 453. — Articles de dépenses relatifs h
leurs travaux. 463 h 466.
Écrivains (Rue des), appelée aussi Lez-éffli»e-Sainl-
Jacques, 109, i83, 199, aïo, 911, 456, 46o,
46i.
ÉcRODELiES; pouvoir de les guérir attribué aux
rois de France, i48.
Écus (Rue des), voir Deux-Kccs.
ÉcDYER (I/), dans la Danse Macabre, 3oo.
ÉcuyERS, à la fin du xiv' siècle et au commence-
ment du xv', 369, 370.
Kdilité parisienne ; elle fonde VHùtoire générak de
Paris, V. — Elle remet en lumière les anciens
écrits relatifs à ses Annales, v. — Libéralité
avec laquelle elle soutient ces diverses entre-
prises, XMI.
Éginhard, chancelier de Charleinagne, i46.
Kgi.ises, 45, 535, 577. — De la Cite, i59 à 107.
— De Y Université , ou haute partie de la Ville, ou
rive gauche, i64 à 168. — De la basse partie
de la Ville, ou rive droite, i83 h igS.
Égoutiers, à la fin du xiv* siècle et au commen-
cemefit du xv', 368 , 369.
Égodts (Rue des), 198.
Egyptiens ( Vagabonds dits ) , logés dans la rue Sainl-
Symphorien-des-Vignes , 179.
Eue, prophète, 95, ii5, i49.
Elien, prétendu martyr chrétien. gS. 119. i4o.
EnGins, voir Saint-Éloi.
Elmham, auteur de la Vie de Henri V, roi d'Angle-
terre, 96.
Éloges de Paris par un anonyme et par Jean de
Jandun, ix. — Reproduction de ces documents,
99 à 99, 39 à 75.
Embrun (Ville d'), i46.
Empereur (L'), dans la Dame Macabre, 995.
Emprunt forcé, levé sur la bourgeoisie parisienne
par le gouvernement de Charles VII , 39 1 .
Enceinte de Philippe-Auguste, 108. tio, i65.
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
174, 181, i84, i85, 187, 195, 908, 917,
990, 991, 994, 997, 998, 93o, sSg — De
Charles V, 161, 188, 196, 908, 990, 994,
998, 93o, 93i, 593.
Énée, fils d'Anchise, io3, i33.
Enfant (L'), dans la Danse Macabre, 'i\-i.
Enfants-Bieus (Hospice des), auparavant hApital
de la Trinité, t86.
Enfants pauvres, 186.
Enfants-Trouvés (Hospice de»), i55, i56, i6j.
Enfer (Porte d'), auparavant Giharl et enfin Smnt-
Michel, 999.
Enlumineurs, 16. 54, 55, taS, 198, SgS. hltj à
459, 463 à 466, 58i.589, 587.
Ennios, poëte latin, 5oo.
Ensis (Ciaudius), on Claude {de l'Epéel') , auteur de
l'opuscule intitulé Pueliarum Avenionensium ad-
versus Parrhisianas de formœ prœstantia concer-
tatio, 57.
EpENTiièsE; emploi de cette figure dans l'élymologie
du mot Paris, 97, 57.
Épernon (Hôtel d'), 196.
Éperon (Rue de 1'), 994.
Épiciers; si^e principal de leur commerce. 908.
— A la fin du xiv' siècle et au commencement
du XV*, 365, 366, 867.
fipiCURE, 36.
Epileptiqdes; pèlerinagtis entrepris jiour leur guë-
rison, 996.
Epinav-sur-Orge (Village d"), 489.
Epitapue de Jean de Dampmartiii et de sa femme .
33o, 33 1. — D'un autre Jean de Dampmarlin
et de sa femme, 33 1 . — De Jacfjues de Daih[>-
martin et de sa femme. 33 1. — De Jeanne
Hesseliii, femme de Jean Bureau, 33 1. — De
Simon Bureau l'aîné et de sa femme, 33 1. —
De Cilles Deschanips, 399. — De Pierre Aste-
saii , 5i6.
ërmeline-Boiliaue (Rue), 318.
Ermite {L'), dans le Dit des Trois Morts et des Trois
V^s, 970, 971, 979. 976. — Dans la Dmise
Macabre, 3i3.
Escalier du collège des Bernardins, 167. — Dit
de Philippe-le-Bel , au Louvre, 936.
Esclavonie, i44, i46.
Escu (Guillaume), fondateur de l'hôpital de la Tri-
nité, 186.
Ésope, 68, 69, 75.
Espagne, i44, i46, 4oo, 598, 095, 398.
Espaulabd (Ruelle), probablement Pierre-Aulard ,
habitée par Raoul 111 de Presles, 86, 88.
TAinj; Ai,PM\r5f:;TiQiJE des matières.
fit?
uoe
l']itT(Kue(ler), 993.
KHTir-iiJiiî (Henri), imprimeur, loa.
KHTooTr.viLLK (rûiillouiDe d), ëvAqa« de Unmi
fondateur «In colliîge de Tonhi, 173.
KTABLK-DU-CLOtTRR (llue de 1*). 919.
Ktampkh (Je«n iln Foix, ctjintp d'), 59$.
Ktamhe» ( Lu (lucluwsc o'). .'{'ifi.
ÈtAHPta (Villcd'), 109.
Etienne , ubbë de Sainte-Geneviève , fondati-nr d
école daiiï ce monastère, 17/1,
Ktirx.iie , suco/wKcur du Kr-naidd de la Marche
miniêtrt det Matkurini, 4 07.
Ktolie, contrée de la Grèce, t/i.*).
Ktiïeh (Rue de«), ou de» Vieille»- ^Jueei , (|uartier
Sninl-Eustiirlie, -joS.
Etives (llue de»), quartier Suint-.Martin , 909. &r>n
Étuveh (Rue de»), quartier Sointe-Avoie, 91:1
KTuvmTKs, b la /iii du xiv* liècie et au
ruent du x\', 308.
Eudes, roi de France, 99.
EinES DE MoMTREViL. architerte. iH<j, q-j.T
Éviori d« Pari»; m» pMa. tU. —
Mjaridktioa.197.
Éfloet (L). dM b Am Ihaair». Sm.
HÊn MmMw Pb-
.9.— MLtoiriwhipH»-
eipaui nMorima Ai parti onMfMK. loi. —
Portéapar BaMM MU
ri»
Etnrrmi 4a la laia Mr la» «ÉB. «II.
BnMHai da TarMèta. 4» Tai*. aie
NobW-OMM. 17t. 99».
R>a»mo« de divan abiato daa* b
iVrira-fiao» al phMÎaan aiMi« 4|lbM. ifif. -.
i:\-votodab tieloiw da BnavèMa (frwraw). 19*.
191, 199. — Potir ahmir b gafciw 4»
ChaHei VI. SS;.
ExmxT (Cbode). préwfaM da riifirwl dt fW^
I. 594.
l'AHHU.as, l>ibliojjru|>liu ulleiiiuiiil . '1. ii>> '.
190, i35.
Fac-similé ( Liste des 1 . \ v 1 \
Fages (llernonl de). (UTli'.'vn|ii(! de .NarUmne.
loudateiir du colléye de \nrbfiiiite, 171.
Fagivola (Andréa L'jruzzione délia), 970.
Famal du cimetière dm Innocents. 193, 19^. «K'i.
— Gravure qui le reprëacnle, 193.
Farixe. vendue aux Halles, 906.
Faisoi Br.s de Wniv.riilt, ou Affuir parti» de h Ville.
ou rire /riiiiche, -j'ji h gai. — Oeb i»ui
partir de lo Ville, ou rire droit», 99i k 93i.
FAtcoTiKiEn (Hue du). 187. 917.
Fauriel, savant Français, A3i.
Fai°!>t. inventeur présumé de l'inipriinene, 33o.
Favorixvs, sophiste grec, i3ô.
F^cAMp( L'abbé do) . fondateur du collège de Torrlu ,
.7.3.
FiLiRiEK, historien de Paris. 99. 17t. 19&. 908,
999, 93o, 9&&, 9&5, 987, 959, 986. 3hh.
3&5. 359.353, &06. 407. «99.
Fer (Morchnnds de); «^ de bur commarce.
909.
Firmailleors, AGq.
Fermaxteacx (Rue de), ai 8.
FritHAiLLE (Quai de la), voir Miewiait.
Fr.RRkRi (AoloDw). évéi|wdaTartgM.6ii.
I rR*o.vaaHB (Rm da b). 108. ••!.
FuaosMtas. i b fin do uv* âiab al aa aMaaa»-
camaot da it*, SC7.
Fiu(Raaaas).qaartiardaiiUbi. «airfMaoï.
FHn (Gabria dea). h THM da Vila; aoa tm-
placement. 18S.
FECRHR(Ruedii).oa auifibai.aa «a>F«a, daaa
b quartier dae Haloa. 907.
Fivn (Rue aai), dawb Cild. 1&7. ifia. — Ohm
b qaarliar daa Haloa. voir Paaaaa.
Fkoot (M.). liiiiiiilHr awiiinhfa». 4i«.
Fi<;i°itR(Roedu). 917.
Fil (MordModa de); H%a pnoopl da bar om-
mcrea. 910.
Famrat (GaiBaoaw). daji da t4ffim da !■■».
S99.
Fiui»-Din (CaHMoaMK da). lU. S&o.
FioBiuo. Hlnr de aataa nblivai k b AoHt d*
morts. 984. 98&.
FiRUi^ Dwff (M.). iiiliiiiflTi'iii da faafMiiMi
da oMMii da Joefaaa Jiaiwii daa lUaa. al
aolaar d-oaa kadM* aw « ««M, M». iM.
— Hnalktai
rfdtiaMdab
19
628
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Klaccids (Mathias), surnommé Illyricus, auteur
du Catologus testium verilatis, h.
Flamands, aii , 257, 958, 896.
Flamands ( Fief des) , ou de la Breionnerie , ou Champ
aux BreloHs, 189.
Flamel (Jean), ou le jeune, écrivain du duc de
Berry, laS, a33. — Notice sur ce personnage,
i6i, 469, 463. — Fac-similé d'un ex libris
écrit par lui, 46 1.
Flamel (Nicolas), ou ïaîné, écrivain et bourgeois
de Paris, iu4, laS, i56, 198,911,939, 933,
284. — Notice sur ce personnage, 453 à 46i.
— Son portrait, 453. — Sa statue au portail
de l'église Sainte-Geneviève-des- Ardents (gra-
vure), 453. — Gravure représentant une de ses
maisons, 457. — Question soulevée au sujet de
sa contemporanéité et de sa parenté avec Jean
Flamel, 46a, 463.
Flaming (Reiuier), fondateur de la Maison des Mi-
racles, 189.
Flandre, 197, i46, 949, 953, 958. — Acros-
tiche tautogrammatique en l'honneur de ce pays,
5o9.
Flandre (Ferrand, comte de), i46.
Flandre (Guy de Dampierre, comte de), 196.
Flandre (Hôtel de), 196.
Flandre (Le comte de) , sans autre désignation ,944.
Fleurs ; consommation qui s'en faisait à Paris sous
le règne de Charles VI, 494.
Fleurs (Rue aux), i55.
F'leurs de Lis; origine de cet emblème, i48, 149.
— Vers latins en leur honneur, 95 1.
Florence (Ville de), 269.
Florus, diacre de Lyon, 9 4.
Florus,- historien latin, 98.
Foin; transport de cette denrée sur la Seine, 17,
57, 1 98 , 1 99. — Siège de son commerce. 9 1 8.
F^oin-Saint-Jacqdes (Rue du). 173, 177.
Foire Saint-Laurent, 998. — Du Lendit. 280,
45i.
Fondeors, à la fin du xiv' siècle et au commence-
ment du XV*, 368, 869.
Fontaine-Saint-Michel (Place de la), 175.
Fontaines de Senlis, 77. — De Paris, dans la
basse partie de la Ville, ou rive droite, 198.
Fontaines (Henri de), astrologue, 288. 446.
FoNTENAY (Fresques de), représentant les Trois
Morts et les Trois Vifs, 279, 978.
FoNTEVRAiiLT (Rellgieuscs de), 188.
FoRETz (Antoine), grenelier, 338.
Forez (Le comte de), 87.
FoRT-LE-Roi (Le), 197.
FoRT-L'hviQDB (I..e), I94, I97, I98.
FoRTDNAT, évêque de Poitiers, 5o9.
Fosse-aux-Chiens, ou Fossé-Saint -Gennain, dans
l'enceinte de Philippe-Auguste, 108, 109, 9o4,
9o5. — Hors de l'enceinte de Phihppe-.\ugu8te,
94, 108, i38.
Fossis-MoNTMARTRE (Ruc des), actuellement d'A-
boukir, 906.
Fo8s£s-Saint- Victor (Rue des), 180, 181, aai.
FossEUx (Jacques de), partisan du duc de Bour-
gogne, 843.
Fou (Le), dans la Datue Macabre, 3i4.
FouARRE (Rue du), ou du Feurre, dans V Univer-
sité; ses écoles , 1 3 , 35 , 87, 41,71, 182, 897.
398.
Foucault de Rociiechoiart, évêque de Noyon, 11.
FoucQUET (Jean), enlumineur, 58i.
FoDciRE (Jean), relieur h Blois, 5a3.
FoDR(Ruedu), actuellement Vauviltiers, 9o5.
FocRcv (Rue de). 917.
Fobr-du-Te«ple (Rue du), ai 4.
Fournier (M. Edouard), un des auteurs de V Histoire
de l'imprimerie et des arts qui s'y rattachent, 987.
448, 45i, 453, 454, 46i,469.
Fodbreurs (Rue des), 3o3, 919.
Fourriers , à la fin du xiv* siècle et au commence-
ment du xv', 869, 870.
Français; ce qu'en pense Jean de Jandun, 61. —
Leur origine, 94, 100, loa, toô, i3i. iSa.
— Leur établissement dans les Gaules , 94 , 1 oa .
iSa, i36. — Leurs conquêtes vraies ou pré-
tendues. 119, 120, i46, 147. — Leur cou-
rage et leur attachement à la l^i Salique, a47
à a55.
Française (Rue). 195.
France; louanges données h ce pays dans le Pre-
mier éloge de Paris, -ih. — Idem dans une
pièce de vers latins sur la Loi Salique, a 46 à
aô5. — Idnn dans le poënie d'Aslesan. 099.
531,577.
Francion, personnage légendaire, 109, 108. 106.
182, i33, 187.
Franciscains, appelés plus lard Cordeliers , 168.
176, 892.
Franc-MOrier (Rue du), actuellement Jeau-de-
MOUSSIJ, 9 1 5.
François I", roi de France, fondateur du Collège
Royal, 179. — Édifices construits, modifiés,
démolis ou aliénés sous son règne, 188, i84.
194. 195, 921, 299, 994, 997, 280.
TABLE ALIMIABI^.Tlg
KuARçoig DiVeitiK, (Kiunuivi |miir avoir aidé Mar-
lilr; (In l'odoue et Jean de Jandun, 9,11.
KiANvoiH-Miiiosi (Rue), voir MoRcitihSiiiiT-GcariM.
Fraikcokii, 106, t35.
Friikun (M. AlfrwJ), aatearde* Aneùmut bMm
tl^uei de l'arii, 9%d.
PitTRiciLLU, ieete iMue du lien ordre dea PraiH
ciscoins, 6, 7, fi.l.
VnioiakiM , niitiMir (!<• l'Kpilnme et Ckroninm , t A V
VnioiMv. d'Althiciik, 99.
PiiiEro:<i, critiqiii! friinrniM, khCt.
Frirurokr (Vlicliol). iiii|iriiiiciir. ViK.
Frioui. , iG5.
Friprrir (Kiicdc la), ig8, «07.
Ul DIS MATIÈRES.
•Sf
Kairnaa, k la 8a da uf iiMi « 1
menl du tt*. SM.
Faua. \ki.
Faoaoiaa, (bwri^Har. 107.
FaMtaa-L'Aams (>••). «air Qtmmmi-t'i
FaotaataT (JMi).ciM«aMpMr. 97. eSS. «Sf . St7.
PlMUMHS (Rm dt il). ••7. mS.
Paminm (Rm). 17J.
K»..uM(V«ed*).St9.
rMMtn, éuvnkk laln. al.
Pacimu. k la la da m* aède al a
miaildai*', StS.IM.M;.
Feauat (Raait daa). 19S. eo«.
G
(ÎAirrRR.on (Fai/rf, itiic d'Ai|iiitaitifl, i45.
(ÎAioiiiiiRr.N |'Françoig-Au{^nr or.), gouvermur d«>
Joinvillo. roll<;rtionmnir, 96, 97, itïny
(■AL«*IDK (itilc), ,'1.">, I7'i, 176, 180. iH'l.
(ÎALATEH, |i«ii|ilc d'origine gauluJM!, l'i.l.
(lALFRiDDH ARTiiniis, voir (iROrrROY DK Mo^aovTM.
(ÎALIRfl, /i.Iq.
(ÎALLKH (I/O |irinc(< ur). (j.3.
(lALLUs (QiiintiiH-FnltiiiH), \',\ft.
(iARD (Ville de). V
(lAi^Tr.Rir {\m). Hortiiiii lii; lu rtiu .Saiiiihlui , i63.
(lARDK-NOTKs, il lii liii (lii \iv' siMc et «Il ciiiiimen-
ceniniit du w', .').M) l'i .IG-i.
(ÎARI('il.UM(>, fl(MIV<>. |/|,').
(■ARLAMDK (Flllllilll! Ur), iSl.
(lAtLANDR (Jnan dr), auteur de i'ouvragi* intitule
Magiêtri Jnhniinu di Cariant DùtioHoritu , h6g.
(fAlRlRR (Rue), voir riRR|iilRR-SDR-l.'Rt|;.
GÂTINAIt, 19 1.
(ÎADCHY (linnri dk), Iniihicleur. ;(9.'i.
(îadloir; leur gouvernement et leurs rouluuie».
119, n3, 1 14, lAo. i&i. — l.«ur culte, 1 1«,
1 1.1. 1 14, i4o, lAi, 1^9. «ig. .îi-. — Leur
courage, «'«7, 9 4 9.
(ÎAUTiKR DR MtPE». cité connue auteur <le la Kmmm
de Fulbert ou Dêbot du torf€ el d» tdmt, «70.
t;*jiR8 (Ville de). .197, .iifi. 517. hth. 577.
(ÎRfikvR (l^r de), 104.
Ctimi* , outeur des Rènratiim» pkibdagi^im , h» 1
Crktik"! (Renoli). dorleur en Ihéotogia al raiigwnx
de Saint-Deniii, 4oH.
(iiNTiRR (Pierre. Jean et Jocqura). baufgaoia da
Paris . -M ^1 .
UR.iiTirx illiii'V iiii|irii)iri'iiii>nlnp|M>li(>> (>ntftrti.9l4.
(!nrm(Fraa(MR).ica^ilaar, 193.
Gaanuaaa Pouam. ai^dacîa Miaa. 439.
(iiRTiuaMSRa, ta oMyaa Iga. 3ao. Sa&.
tiaorrROT aa Moaaotia. aalaar da plafliaan
l^eodaina. 94.96. iiS. 119. i4*.
GaerraoT aaa BtMa(Raa).|daatordrwedaaAawa.
ao9.
Gawmwt-t'AiWfu (Raa). ao9.
GaorraoT-t'Aana (Raa). ai7. aie. 34â.
GRorraoi4>AnT-{Iti.AiaR(Raa). 181.
GaAuB«(Le).daiia la Oaai» Manàn, 3io.
GfaAaaaaCooBTiMrat.M^dtMRaan. ii.
GÉhuo», éditear dn R4le de la TaSa da ia9«. al
aatear de Pmfi» »mm PtiKffi k Bd, an. ai 4.
ai8. 119. ta4. a4i.4e9.464. 4S7.488. 4S9.
t'iRRRBicaa, pidlaada cW trayaa. laS. iS4.
GnuM (Uirie). iaipriiw. 4*8.
Gaauaa (DotMd). iaipriaMar. 4aS.
Gnuiina. loa, loS. loS. 106. iSa, lU. tll.
Gnnoa (Jeaa). AaatJiir da rUananM. 9. ii.
ia4. ia6, 178, #89, S9S. 407. 419. 4Î*. —
Soa portrait (gnvara). 4ei. — ISaHfa faa
aanaoa praaoacé par lai d>fMlClM4ai VI al aa
eov. 4oS.— OfciaiiHaai aar ■» aalra U-
rangw priawar^i par hn drtaal b «aar dt
(SaataaVI. 4oS. 4o4. — D eahiw Fartralagir.
445. 447.
<;iAc (Pien«aa).ckaMaiiardt Fnaer.aa».
«iiaon (Nkalaa). baaifaaia da Raria. 190.
GirvART ( Adriaa). iiimiMii daQMria* VI. »%.
333.
GiiaaBT-L4aouH vRaej> *«"' *•«*•«*.
.amdatTiiiilPMii.i».
630
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
GiNGUENÉ, littérateur français, 4i4.
GisoBS (Ville de), 35o.
GÎT-LE-CoEDR (Rue), 175.
Glatignï (Rue), iC4, 334.
Gloriette (Impasse), 182.
GLORiETTE(Rue), actuellement Bailtet, ao4.
GoBERT, scribe, auteur d'un traité sur l'art dV-
crire, 196, 233, 453.
GODEFROID DE BoDILLON, 203, 521, 533, 539, ^^9-
GoDEFROY, SOUS -prieur de l'abbaye Saint -Victor,
, 4 . — Ses vers latins sur le Petit-Pont , 1 4 , 1 5.
GoDEFROY (Denys), éditeur et annotateur de {'His-
toire de Charles VI, de Juvénal des Ursins, et
auteur de l'Histoire de Charles VII , 265, q6C,
2C7, 407, 4o8, 462.
GoDEFROY DE Paris, Buteur de la Chronique métrique ,
487.
Goix, membre de la faction Cabochienne, 4o8.
GoLDAST (Melchior), érudit du xvn' siècle, 4, 270.
GoLEiN (Jean), soupçonné d'avoir traduit le De-
fensor pacis, 8. — Il ouvre la voie aux tra-
ducteurs, 395, 4 12.
GoLFABius, prétendu roi d'Aquitaine figurant dans
le roman de Br«<, ii5, i42.
GoMBonsT, auteur d'un plan de Paris, Sga.
GoNDEBADD, roi dcs Burgondes, i44.
GoNDi (Jean-François de), premier archevêque do
Paris, 167.
GoNDom, architecte, constructeur des bâtiments de
l'École-de-Médecine ,17».
GoNERiLiE, fille du roi Lear, 11 5.
GoNTiER (Alain), maître de théologie au collège de
Navarre, 5.
GoNTRAN, roi des Burgondes, 467.
GossEUN.(Rue), voir Perrin-Gasselin.
GoTHS, peuple germanique, 106.
Gocjo.v (Jean), sculpteur, 224.
GoDPiL (Jacques), chirurgien, 443.
Gracier (Rue), voirGENTiEN.
Grammo.m (Ville de), 126, 127.
Grand bureau des pauvres, 191.
Gra^d'chambre (La), voirGRAxoE salle.
Gbande-Bodcherie (Rue de la), 219.
Grande-Bretagne, i46.
Grande charte (La), 147.
Grande-Force (La), portion de l'hôtel <le La Force,
194, 195.
Grande-Orberie (La), ou rue du Marché-Neuf, i63.
Grande-Rde de Bercy, 99 5.
Grande-Rue Sainte - Geneviève . voir Montagne-
Sainte-Geneviève.
Grande salle (La), au Palais, i5, iG, i56, iC4.
— Au château de Coucy, 559.
Grandes compagnies (Les), 90.
Gbaxd-Hi'Rleir (Rue du), 209.
Grand-Maître de Rhodes, i25, 233. — Des Tem-
pliers, 186.
Grandmont (Collée de), ou Mignon, 173.
Grandmont (Religieux de l'ordre de), ou Hiérony-
miles, ou Bons-Hommes, 997.
Grand-Pont, ou Pont-au-Chan(fe ; il est occh|K; prin-
cipalement par les orfèvres et les changeurs, 16,
54 ,55,1 60, 469. — Gravure qui le représente .
54. — Très-fréquenlé, 122, 160, 529. — Sa
situation par rapport au Palais, i58. — Sa situa-
lion par rapport à la Pelleterie, i64.
Grands-Augustins (Rue et quai des), 174, 175.
Grands-Degrés (Les), 181.
Grands-Ébats (Hôtel des), voir Saint-Padl (Hôtel).
Grange-aux-Merciers (La), 2a5.
Gbatien, empereur d'Occident , 99.
(ÎBATz (Ville de), i46.
Gravilliers (Rue des), 46o.
Gravures (Liste des), xxix, xix, xxxi.
(îrèce, ii5, i4a, i43.
Grecs, i45.
Grégoire VII, pape, 102.
Grégoire XI, pape; il dénonce au chancelier de
Notre-Dame la traduction française du Defensor
pacis, 8. — Une députalion du Roi fengage à
prolonger son séjour à Avignon, 80 , 87. 88.
Grégoire DE Tours, historien, io5, i64, 186, aa8.
Gresétat (Rue), 186, ao8, 209.
Gremer-Saint-Lazare (Rue), 209, 227.
Grenier-sdr-l'Eac (Rue) , ou Gamier-sur-t'Eau , a 1 8.
Grenoble (Bibliothèque de), 989, 5i5, 5 18, 533.
Grenouilles , mentionnées ironiquement comme
fun des agréments de Sonlis, 1 3.
Grès (Rue des), actuellemenlC«/"(i», 170. 177, 178.
Gresset, auteur du Méchantcl de ler-Vert, etc. 12.
Grève (Place de), 191, 197, 198, ai 4, 91 5. a 18,
407. — Fac-similé d'une miniature qui la re-
présente, 197.
Grève (Quai de). 218.
Grifon, frère de Pépin le Bref et de Carloman, i45.
GRiNGOiBE,poël« dramatique, 43a. — Articles des
Comptes de la Prévôté le concernant , 439, 433.
Grognet, poète, 5 18.
Grdn (A.), auteur d'une notice sur l'organisation
primitive du Parlement de Paris. 5i .
Gruthuvse (L. de Bruges, seigneur de la), 97. 583.
Guénebadlt (M.) , auteur du Dictionnaire iconogra-
TABLE AM'IIABKTIOIK DES MATIÉKES.
SS1
phiffue dei mommUHlê 4$ tmniqmli chrtùeniie rt
du tnmjen âge. ol d« phtoeun aulrai ouvn^
mlntifH h l'archëologM, iS.
(iuéBiiit), MiUmr it la CoOteiim du CÊrtaUrm Je
France, <>(i3, 48«j.
(ici^iii<i (irait), noiiwiller de CbariiM VI. 333.
(iir.nin-\Um»r.\v (itim), 186, 46(1.
Vtvinnr. (Marin lo), 35o.
(■ur.iii.r.ii (l'ayH do), ou de (îueldm, thù.
(iuET (OliRvnlinr du), voir (iiiivtLiu ou cutr.
(îuuiiT ((juillaunin), auteur d« la Bnmeki aux
lloi)iitij: Lignagu, «57, 9S8.
liijiBKHT (Rue), 90t.
(ÎDiDONia, voir Bernarduh Guiooru.
(îuicKr.couRT ((îuillniniu'),d(>ctrareii tliëoione,Si6.
(itji(;>K-oiiP.ii.i.K (I.<! c(irntfotir), voir (ioauMU.
GurLBADLT (M.), ju(^ lionornlm À Sainint, 371.
(înii.HKHMV (M. I<> linron dk), auUnir dp l'/ft'iMÎrairr
nrekéoln/riiiur de l'arin, tS*), yaS, aao, 93l.
(■L'n.i.Ai'iiK, nitl)*- do S(iiiit-(i(>nnaiu-<le»-t'réi; aon
marché nvnr trois orfi'vrcH paimeiH pov Vaé'
culiori d'une (•Iiiks4', liHt, /iSa.
(iuiLi.«i<'MK ii'AuvKRd^K, évètiun (lo Pari*, foodatoor
d'une cnmnmnauli! connue plus tard «ou* le noni
df! FilUt-Dieu, i8«.
(iini.i.ABMF. d'Adxom^ik, tfvèquR de Cauil>nii. fnndn-
Ifiir du rolMge de (Àimbrai, 17a.
<ïiiii.i.ai;mi! dr Comko, profegiteur k l'univentiti' d'Or-
lilnns, ().
(iuiLLADMR DR I^iGiiir, liiHtono(p-aplie nieutioiim' par
(îuilleliert de Molz, 14», i6(i.
(îuii.ui>HB DR Màcoh, ëvA<]ue d'Aniien». ti.
(îniLLAOMR DR MALMRHRi'Rr, clironiqueur anf^ais.
lOU.
(ÎDiLuuiiR DK TvR, archevN]ue et hi»toneu. &3i.
(iuiLLAiiHK d'Oraxcr, pnlndiu. vnii)<|ueur du f^nt
Ysorë, 109. t to, i38, aai, S09.
Gdillauiir-Jobbb (Rue), ou des Trm-iliam*, aiu.
GuiLLAOHR I.E Rretok, OU (iuiUtnmu Armeriemmu,
auteur de la PhUifipidt, <jA. luo. xnh. i3i.
i3;j. iâ5.
GmuHBr M ll»n. taitm it k Dmir^Êm éi
/Wiaaw OUri» W. iS. M, M. ,1. ^ ^
1 04. «44 . •(7. S« I . UJ. — OlMnMfaw piaift.
nmétmmgimmnÊfit.x.u.'-'kmipméÊtm
«m^fi. ttçèitS. — 8M«f%iw. ••&._
Pnûuikàv» filw M 4» XttfUt it
pnariin pifft 4* ■■■■•arjl et m ùmmftim
éaPmriê, tSo — iêDmmfUmétNné.ilt
i «M. — Fit iiiiiTi àt b dniin f^ é»
■iiiiigril dt m ff iptfn 4> IWi», tM. ~
OiiMrvatiMH MT 4mn |rwRy im Ifcwiy
IMH i( Parif, «37 è 49S.fMiéik
Gmunu.éermfaiMMrriai «h fmJ Mdb* <lr
RlMMiai. i«5. «M, 4St.
(icairarm, 190.
GnumTia(ilM4«). 190.
Gnuiaio* Aaaouusw, «otrGauMMU I
GmuMmn MoaManHa, ma 4i
meRlh C«<(Wfci M 1 m 'i - Ga^hy 4r
Mtmmtnà, Il S.
GsuuMi, OMvtcM. 108.
GmLUNu(C«rT«CMr), oaG^fa»-0«iar. 94 lalt.
1S8, 9o3, * il. ai 4.
(iciLioT, anienr dn Dit in rmm éê Ptrm, ••4.
16*, i63. 17&. 17S. 177, 178. i8«. 181. i8«.
aoi, «09, 9o3, 9o4. 908. 907. 908. taf.«ie.
911, 919. 9 13, 9i4.tifi. 918. 917. 918.91^
«90. 93o.
Gcn» (Jen al Eiyr wil m). 81.
Gnai(FMB3edM). 197.
Gn«(H4yde).i98.
Gmmm, iinlw é» Xm^namm, U«
Gdt. eompagiMMi «TanMa it CkvfaaagB». ttfHm
GoiiiatNrtdelkli. i4«.
GtT. IrèMfMr oa h SaMto-ChapiH
eal%ade Lmm, 170.
Gdt BaCaAnuc.MUaoa. 44i.
H
ilÀ (Kurt du), il Bordeaux, 'i%i^.
IIai^iaut, i&6.
Hu,i.K (Ville de), ttS.
llti.LKB^BDiKR {\.f), Adxw la DtMÊ* Mac»bn , 3i4.
IIaii.f..» (I.es), priniitiveinenl appela Hatm 4m
Ck»mpe«uj-, 16, 60, 5i. 53. gS. iii. i3f).
197, 198, 906, 907, &07.
HtuM(PaalMM4M). 196.
HAUas(RM 48a), aoa. aeS.
Htat«t<. penptada gv«HMfW. i*&
llixiuMi1ubppe).PN«4t4aParà. 9«4.
Hina pariMHW. 8if . &Si. <— >
53i.
lUacacn (CdU|*4'). 170 >7«
632
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
évêque de Lisieux, fondateur Henri IV, roi d'Angleterre; il reçoit le tl«?olo{jien
Harcodrt (Guy d
du collège de Lisieux, 178.
Harcourt (Raoul d'), chanoine de Paris, fondateur
du collëge (ïHarcourt, 170, 176.
Harcodrt (Rue d'), 176.
Harlay (François de), archevêque de Paris, aaS.
HARPE(Ruedela), 170, 171,172,175,176, 177,
178.
Hartnock (Christophe), lexicographe, 59.
Hattewares, peuplade germanique, io5.
Haubergerie (Rue de la), ou plutôt de la llarnn-
gerie, 2o3.
Habdriettes (Communauté des), ou Vieilks-Hmi-
driettes, 187.
Haudriettes (Ruelle des), 918.
Haudry (Etienne), grand panetier de Philippe le
Bel , fondateur de la communauté des Haudrieltes,
187.
Hauréad (M. Barthélémy), 100.
Hadte-des-Ubsins (Rue), i64.
HADTEFEUILLE(Rue), I7I, 175, 1 76.
HaDTE PARTIE DE LA ViLLE, OU TOC gOUChc , VOir
Université (L').
HADTiL(Le), 11 4.
Haut-Modli.n (Rue du) , ou Saint-Denit-de-la-Char-
tre, i64.
Heaumerie (Rue de la), 199, an.
Headmiers , à la fin du xiv' siècle et au commence-
ment du IV*, 367. — Voir aussi Armuriers.
Hector, fils de Priam, io3, i33, 559.
Heidelberg (Ville de), 11 5.
Helenus, fils de Priam, io3, i33.
Hélinand, moine de Froidmont, poële de cour et
auteur d'une chronique, 94, 100, 102, i3i.
Hélinand, religieux de l'ordre de CUeaux, auteur
d'un Commentaire sur l'Apocalypse, 100.
Hénai't (Le président), auteur de ÏAbrégé chro-
nologique de r Histoire de France, 2 45.
Hendebourc, ou Sendebourg, surnom de la rue
Trejilière, 209.
Hennin , auteur de l'ouvrage intitulé Les manus-
crits de l'Histoire de France, etc. 96.
Henri, duc de Silésie et de Pologne, 187.
Henri!", roi de France, i65. — Il fait recons-
truire le monastère de Saint-Martin-des-Champs ,
186.
Henri II, roi de France, igS, 220, 224, 282.
953.
Henri III, roi de France, i58, 282, 847.
Henri IV, roi de France, 2o3, 926, 959, 346.
Henri II, roi d'Angleterre, 297.
Pierre Le Roy, qui implore son secours pour
mettre fin au schisme, 4oo. — Jacques le Grand
est chargé de lui porter les propositions du parti
armagnac, 4o5.
Henri V, roi d'Angleterre, 235, 244. — Fournis-
seurs de sa cour, 334.
Henri VI, roi d'Angleterre; il vient dîner à la
table de marbre du Palais, 49. — Il a de nom-
breux partisans dans la bourgeoisie parisienne.
131, 192, 419. — Son ordonnance énuméranl
les prisons du Grand-Châtelet, 1 97. — il assiste
à un exercice dramatique à l'hôtel de Nesle.
a86. — Il exige qu'on lui prête serinent. 345.
— Les neuf Preuses figurent dans les réjouis-
sances de son entrée, 56t.
Henri IV, empereur d'Allemagne, 102.
Henri de Hesse, 1 1.
Henri de Mindrn ,11.
Hensciiel, éditeur de Du Gange, 94. 58.
Héracts, à la fin du xiv* siècle et au commence-
ment du XV*, 369, 870.
Hercule, 533.
Hebcynie (Forêt), io5.
Héris (Guillaume) , carme , auteur d'un panégyrique
des saints de son ordre, 5oo.
Herman, polisseur de diamants. i24. 288. 467,
489 , 488.
Hérode, 199, 565.
HÉRODARD(Jean), médecin de Louis Mil. 443.
Hesselin (Jeanne), femme de Jean Bureau; son
épitaphe au cimetière des Innocents, 33 1.
Hildebrand , duc de Spolète , i45.
Hildebrand, évêque deSéez, 188.
Hilddin, abbé de Saint-Denis, auteur de ÏAreopa-
gitica, 486.
Hippocrate, 98, 489.
Hippolyte, reine des Amazones. 56 1.
HutONDELLE (Rue de 1'), 171, 175.
Historiens de Paris oubliés ou inconnus; ils sont
importants au point de vue des Annales de la
ville, VI, vu. — Ils appartiennent à trois périodes
distinctes , ix , x , xi. — Ils doivent être lus avec
des éclaircissements de diverse nature et des re-
présentations figurées, xi à xxii.
Holbein (Hans), peintre, auteur de fresques repré-
sentant la Datise des morts, 274.
Hollande (Hôtel de), 196.
HoLTBOp(M.) , conservateur de la bibliothèque royale
de la Haye, 582.
Homère. 88, io3, 895.
TABLE ALI'MABr^rnOliB DES MATlèKES.
iloMMK-AnM^ ( Itijo de r), 9 13.
iliiMMK u'*HMf'.it(I/), dam ia Daiut Maeabrt, 3oi.
lloxiHiK. loj, io3, i3a, i33. i44. i46. /loo.
IIi»oiiii;h. cmjMTCiir d'Occident, 106, i34.
iloMORiuH III , |ui|)«; il iiiU-rdil en FranM I'oimmi»-
ment du <lroit roniuin. fi.
HAi>iTAL(Hii(!dfji'), DU Siiint-Jean-dê-Lalnm, 178.
lloRACK, \)oï'Xn latin, 93, 39O, igS, 699.
ll(iiii.o<;Kdii l'iilnis, i58, i(îo.
llosi-iTALums. 1/17. — De la Trinilë. 186. — Ih
\a (iliaritë- Notre-Dame, i8(j. — De Saint-Joe
(lueg-du-llaut-l'ai . m 9 a.
ii(Wi!L-(^oLBiiKT (Hue do I'), ou de» RaU, 189.
IIAtkl de Ville, 191, 197, 91&. 916, 33u. —
Su l)il)liiilli^(|iie , '.\ffj . 35 1.
HùTEL-Di.- Ville (Hue de 1"). anriennein«nt ilc la
Morlellerie, ifj, •118.
HrtTKL-DiEU, «99, i58. 169, 189, 189. 993,
•j.'t(),35o, D/i3, &A5, &99. TiAi. — Nouveau,
tûO. tCi . tf>i.
HôTEL-NEur, on liôtel du Petit-Mute, igi.
H<Welh, 11. 53, .'>3i. — Knumt^ralioii dm princi-
|Miux duiiit lu biiëne partie di- lu Ville. 19^ il 197.
•SI
— DeMriirtiM d» eHnipri
piuaricUibMMfMi». laS. iff . m», toi,
llocTui ( JflMM). ik»\âim MfWi. SS«.
HttMLtii» lie l.iù.t, 174.
llicuL» utHun-hutn,
Milfliird*M
HocMTn(llMd«k), 17t. 17S. ti;
HcauiM. à b flo Al an* «Mt M m
■Mldatt'. S67.S«S.
HMMwt-CiMj.màtfnaBÊ. tkk.
Hacuu M fiMn.dmmftim. «4. iia.
llMun M FoeuiM. dMwiiqwar. leo.
Hnoh m Sinr-ViciM. rluiiminMi. ^
loi. 109. io3. i3i. iSfl. lis, 4M.
iicccu M Tv%
IId^iuclo,
luIë //•
4,8.
HcM
H
pote. 4&t.
mlmr i» Tmnrwfgt mt»-
SiriXVIll. .oS.
109.
(M.).
dal
Parii . anlaur des jfiUu mt Im
. S4i
I
ki-DE-FRAficE; dialecte de ce paya, 39^.
Illustrations; leur importaiiro dans la publiratiim
du prissent volume, xviii, \u, x\. — Leur» di-
vers modes d'eM^rtitionmolériclle, xxi. xxii. wiii.
— Sources où elle» ont t'ti^ puiities. tiiii, m»,
XXV.
Illyrik, lui.
Image (Rue de 1), probableiiH'nt rue du CJttrH-
Suint- l.imdnj . 1 (1 4 .
Imagiers, h lu lin du xiv* siècle et au cunioMMeinent
du xV. 3GA.
hcoMsilquR?i(:R.H repnH^lii'e» par Jean île Jondiin à
son udverHuiiv. 17, (ï5 h 75.
hoosTRiEs de Paris dans la pn>iiiière nioitit' du
xiv siiVIc . I G . 53 , 54 , 55. — /W. >oa» le règM
de Clinrles VI, 909. 910. 9ii, 919. 919, —
Des hotirifs ou rniihoiirg», 919. 998.
Im.kriri;!:. tîpoilsi' de l'liilip|ie-.Vllguste, 100.
l.NXOCKNT II. |MI|ie. ibH.
Inrocent IV, pnpe, lo.
Nnocetit VII, pn|)e: srliisine ù son oornsiim. 3<|)).
Irrocemts ((iiuictitVe desK (j.'>, 110. i-j3. 'io; .
967, 971. — Ses prinriiMile!! curii>»ili>s . n3.
193, — (îrovun» n'pn's<'nlanl son fanal, ly^
— Se» charniers ronstmits jwr de riche» Imur-
193. uê, kik.—
préMotenl la Dmm MatÊtn, tyS. «83 4 «89.
— Viiitot ^'j kal )m MiÊmtkm. «84. —
Sépwliman BwMiAHaaMaMMlt. 33 1.^
lie BiMe-lkwI. S&i.— PtMmliMM^ ; 9«i
fiHtei pw b tméâkr Bkkart. 4of . 4i«. —
Gravure rcprtnalMl hm araaia à$ n» dMr-
nien, 4S4.
hMcc^ia (figiiw da»). o« dw Smm-lwmmiÊ»i.
199, i83, 193. — La £Mt d* Trm Hmm
« dii 7Vw ¥ffi acdpK lar b partai é» aMa
<l|iMa. a(S.aM.a87. 871. «73. — I
de ptmiewa ■•■hna da b
346.
IiiMica)n8(PoMlaiMdia). if8.
loM»(&abd).a«|li1 iiflli. \'>
Iruxc^e (Ruada f), 919.
Uiauo »a Btviiaa, tmm» da PiiMa
4 aoa aalida daM fmk. lao.
936. — Sm bahitadai da
339. — Sa aMtt 4 b lu d» aa 9ia.
— On In aUribw Ti
H JacfMa b Gaand b
dam ma aanna . 4o&. — BMlaifca dr IMif
laS. «U.
S«4.
334
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
C3/1
prononce nne harangue devant elle, 4o8. —
Elle institue une cour damour à Ihôlel Saint-
Paul, 437.
IsAÏE, prophète , 95 , ii5, iSa.
IsT/KVONEs, on Germains occidentaux, io5.
IsTF.R, fleuve, aujourd'hui le Danube, 101.
Italie, 101, io3, i63, i45, a34, 4io, 4ii.
Italiennes (Républiques); leurs cilovens comparés
avec les bourgeois de Pari», 3-j6.
Italiens, ili-j.
Ivoire (Ouvrages en); leur fabrication, 3o3.
IvBY (Le sieur de Saye, baron d'), aaS.
Jacinthe (Rue), 18a.
Jacob (Le P.), 5a4.
Jacobins (Ordre des), 168, 3a3.
Jacobins (Passage des), 177, 178.
Jacques de Saint-André, astrologue, 447.
Jacques d'Euse, élève de l'université d'Orléans, pape
sous le nom de Jean XXII , 6 , 87. — Voir aussi
Jean XXII.
Jaillot, auteur des Recherches critiques , hittoriiut»
et topo/fraphiques sur la ville de Paris, 108, 109,
110, i55, 159, 169, i63, i65. 171, 17a.
174, 175, 177, 178, 179, 181, 18a, i83,
187, 188, 191, 194, 198, 901 à ai6,9i8.
919, 99a.
Jandun, village de Champagne, lieu de naissance
de l'auteur du Deuxième éloge de Paris , 5.
Jardinet (Rue du), 176.
Jardins (Rue des), actuellement des Billettes, ai 4.
Jardins-Saint-Paul (Rue des), 187.
Jabente (Rue), 190.
Jargeau (Bourg de), 4io.
Jean, maître de philosophie scolastique à Paris, i4.
Jean II, roi de France, i48, 171, 191, aai, 997.
447,471. — H va chercher l'Oriflamme à Saint-
Denis, 908.
Jean XXII, pape, adversaire des gallicans, 7, 8,
9, 10. 11, 19 , 87, 99. — Il accorde des indul-
gences à l'église Notre-Dame de Boulogne, a3a.
Jean XXIII, pape, emprisonné par ordre du con-
cile de Constance, 399. — Il ganle près de sa
personne le canoniste Pierre le Roy, 4oo.
Jean-Bigue (Rue) , ou de la Réale, 908.
Jean d'Aragon, époux de Rlanche de Navarre, 196.
Jean d'Avignon, ménestrel de Charles VI, 436.
Jean de Chàteauvillain, évêque de Ghâlons , 83.
Jean-de-Goulier (Rue), nommée plus tard des
Trots-Visages , cl paraissant être la même que la
rue Guibert, 9o4.
Jean de Jandun, auteur du Deuxième éloge de Paris,
3, Sa, 34, 35, 99, 101, lao, i3o, iSg, 169,
160, 169, 177, 180, 906, aSi , 934, 943,
439, 397, 4oi, 45o, 5o4, 5i5, 599, 533.
— Observation» préliminaires sur son Éloge de
Paris, IX. — Notice sur sa vie, ses doctrines
et ses travaux, 4 à 90. — Foc-siV/u'fe partiel de
deux folios des manuscrits de son Éloge de Paris ,
91. — Son Éloge de Paris, 3a 375. — Sa jus-
tification des louanges qu'il a adressées à la ville
deSenh8,74 à 79. — Son mérite littéraire, 394.
Jean de Launot, auteur de Tllisloire du collège de
France, 5.
JeandeLignières, théologien , astrologue . 445, 5i5.
Jean de Marigny, évêque de Beauvais, 11.
Jean de Meulan, évêque de Paris, 188.
Jean de Mednu, auteur du /?o»uin de la Rose, Ittg.
Jean-de-Moussy (Rue), anciennement du Franc-
Mùrier, 91 5.
Jean de Passavant, doyen de la Faculté de méde-
cine, 44o.
Jean de Pise . ou Joannes de Pisis , licencié de la
Faculté de médecine de Paris, 44 1.
Jean-de-Saint-Pol (Rue), ou du Plâtre, 91 3.
Jean de Varennes, prédicateur, 43o.
Jean-d'Obléans (Rue), 9o4.
Jean du Vignay, traducteur du Spéculum hislorinte,
100.
Jean-Gilles ( Rue), section de la rue Mondélour, 307.
Jean-Jacques-Roo-sseau (Rue), voir PiÂTRiiiRE.
Jean-le-<>oiite . nom porté conjointement par la
rue Trognon et la rue d'Avignon, ai 1.
Jean-Lépine (Rue), ai 4.
Jean-Lointier (Rue), aoa.
Jean-Malet ( Rue) , ou André-Mallel , a 1 4.
Jeanne d'Arc iai,a3i. 345. 4ao,oi5. 5a5.5Gi,
563. — Elle reçoit la communion des mains du
cordelier Richarl, 4 10. — Poëme coni[)osé à sa
louange par Christine de Pisan . 49o à 4a6.
Jeanne de Navarre . épouse de Philippe le Bel , fon-
datrice du collège de Navarre, 5.
Jearnisson (Rue), a3i.
Jean-Pain-Mollbt (Rue), an, ai4.
Jean-Pourchelet (Rue). 907.
Jean sans Peur, voir Bourgogne.
Jean sans Terre, roi d'Angleterre, 147.
TABKK Af,PII\R^:TI
Jkan-Tiho!! (Hue), toS.
jR*n-Viuïii! (Itiio), voir Jea!I-Bicdi.
iiMmtm, roi il<; Jiida, io3, i33.
JiRDBiLKM, i/ig, 9G3, S5g, f>85, 587.
J^.MtJiTEH, 168.174, igo. — BercMiii do leur (oni-
|)(i{rni<>, u'ii.
Hhvh; ncriwticlK! laiilu|[rniii(ii(iti(|ue itiir «on iiuiii,
5o3,r>o/|. — Seit r«liijiien . bH'jiUêh, h-jt.—
(.«•({nnilt! 8iir lin do mm iniraclct, 5&7, 5^9.
Jr.To>H d<! l'iniTr lliin-nii, In'xiripr de Franm. .Tïg,
— I)e Bureau di; l)aiii|tiiiarlin, 335.
Jeu de paume dn Perpifptan, \('fi.
JKt)>iEi;iu(lttin doH), u.'ti.
J()t\>K (Adol|ili*!), auUiur du Uiclumimrt 4*ê «om-
muiteë de France, 83.
Jon. 1.5^1.
JociDH DE LoNiX);<i«A . rroi«ë. i5H.
JoDELLE, poiito. /l3-i.
JoA?i^rj) (Maître Jean), prdvAt de l'Ile, itg.
JoiK (Ahhnyn dn lu), |/ig.
JoiMviLLE, chroiii(|iieur, i&, 53, Sga, 43 1. &86.
Joiwii.LR ((iiii de); il établit un Mpilal danit la
Maimm lien Miracle*, 189.
JoLi.ois, auteur d'un Mémoire tur te» aiUiquUé» gatto-
rmnainen de Pari», 107, i38.
Jo"(*TIIA». juif, 18g.
Jd^clkurs, Il la liii du :iiv* siècle et au eommence-
iiient du xv', 36/i. — Voir auMti MtiiEiiTREi.o.
Joseph d' \himatiiik. .'>37.
Joseph, lils de Jaroli, t3.'>, i53.
JoHoé, hb\).
Joi'iKR (hue de), voir Jour.
Jour ( Uni' du). •Jor>.
QLK DES MATlhHBS. Ut
JoOTr(B-<l>).i|i|illiiiiiiirMAi.i«^.«i7. é<«.
Jo«»Ai. (AcUlb). mÊ»mu éa rfTfff lûiiii «r la
Dmm im wmU é» k Ckâmttim; amtim Mk
nfmdméétkgm. i«i. 171. «S4, «St. Iif
JocftiMi (Jommm), roHdiir. dHW|é d« b f«n»-
tmdiM Al pM( Hatn B— 1. léo.
JoMi Utmtwh, U^
Jn*a(RMib). 179.
JiwnnaT Ma<iE« ( lj>); m npnteaMÎM 4aM mm
JoMi (Rm dw). nniifcliwi iMMri» àÊlm tm
imSmgm, 9»
Ji)M»-CoM«u(flM det;. tit.
inu». tvj. --CmiÊmakk êmnm fiimm pm Ir
dHMhCM. ii4.~U
rMU^ibaniMi. tSS.— AMMbd>n>r<
(yriMT dat enCMrtt cMliaw, if«. — Oa bal*-
lenlb raede bTifhwia.aif. —ImmGrrtam
boe rj»rb> VI de k* unir tkmk. knk,
JoivEua (Rnede b). 110. ilê. i&S. iCt . i6«.
JcuAm (GwImmm). «Hihn*. 47.
Jdubsm (Rue), att.
JoucM (Paya de). 1 hi.
Jcai<«u (Abbaye de). i«S.
Jonria. lia. iiS. ii4. i4o. i4i.
JoaanmiB (Rue de b). 196.
JeeTKi(Coll%Bde). 170. 17a.
Jwnei(J««i m). duMine de Paria.
eafi%e de yiutief , fj*.
Jwmi, hialoriaa Mm, gS.
JgtAiu, poMi ktiê, fi.
Kr!<!(ETH II. roi d'Écoaae, 1&6.
KiMRis , |K!uple du noni , 101, 1 43.
aw Paria, 77, iSl. aae,&Sf.
Kaum (Martis). imriww, l«S.
d-M
La IUrrr (Jean de), avocat. 175.
Larre (Pliilippe), jt'suite, auteur de piiMaon on-
vro(r)<s liisloriipii's, gg.
Larie?ius, lieuteuiml deWsar dan» le* fianba. 107.
1.18,446.
La Borde (M. le iiianpiis de), ganle g^tH^I de»
arfliives. fn . ij8. 33«, 338. 3ài. 435.436.
463, 464, 465, 471, 479.483,543.
Larodr (Pays du), i43, i45.
Uaomm (Le), diaa b
La Bacrias (Pierre aa).
LM«aMR (M.).
U Citiui
177, 18e, en. eSi
LtcMwB (Pbee). aai.
LMM»a(RM)
La Cmauc* (Jaaa aa),
dM|<<riMlnirari
036
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
L* Chapelle (Jean de), ëciiyer, Sa.
La Chapelle (Village de), près Paris, lai.
Lacroix (M. Paul), conservateur de la bibliothèque
de l'Arsenal, ia6, 197, 199, 989, 43o, 433,
448, 45i, 453, 454, 46i, 469, 466, 469.
470, 471, 48o, 573.
La Croix do Maine (François Grudé, sieur de), 83,
89, 190.
liA Croix-Fadbin (Hameau de), 990.
La Paye, poëte français , 497.
Lafayette (Rue), 999.
La Force (Hôtel de), 194, 190.
Fi* Force (Le duc de), 194.
La Haye ( Bibliothèque royale de), 589.
L* Hérissaye (Noël du Fail, seigneur de), auteur
des Contes etdiscours d'Eulrapel, 1 53 , 984 ,987.
Laiin, rivière, voir Lands.
La Hodssaïe (Branche des), famille Bureau, SaS.
La Houssaye (Robert de), évêque de Senlis, 10.
Laitage, à Senlis, 77.
La Kalendre (Jean de), i63.
LALLiER(Miehault), trésorier de France; il prévient
un complot tramé par le parti bourguignon . 333 .
349. — Il est odieux à ce même parti, 334.
La Malle (DureauDE), 489.
La Marche (Olivier de), 196.
La Marche (Renauld de), plus connu sous le nom
de Maître des Mathurins, Sgb. — Jugements
contradictoires portés sur son caractère, 4o6. —
Sa harangue furieuse contre les porteurs de la
bulle de Benoît XIII, 407.
Lamballe (La princesse de), 195.
Lammens, délégué du roi des Pays-Bas, 197.
Lampédo, reine des Amazones, 56i.
LAHPERiE'(La), région de Paris, 91 a.
Lancastre (École à la), 168.
Lascelot (Antoine), auteur de plusieurs ouvrages
d'archéologie, 83, 84,85, 87, 88, 89. 90, 9a,
93, 96,97, 438.
Lanfranc , ou A lenfranc, chirurgien italien ; louanges
qu'il adresse à la ville de Paris, 439, 44o, 5o4.
Langlois (Hippolyte), auteur de ï Essai historique,
philosophique et pittoresque sttr les danses des
morts, 969, 974, 985, 986, 989, 454. —
Extraits de son ouvrage, 969 à 973.
Langres (Ville ou diocèse de), 190.
Langton (Etienne), chanoine de Notre-Dame; sin-
gulier texte d'un de ses sermons, 409.
Lanterne (Rue de la), i63, 187.
Lands, rivière, probablement \aLahn, 109, i39.
Laon (Collège de), 170, 179.
Laon (Ville de), 169, 467, SaS. — Sa situation
avantageuse, 675.
Lapidaires, ouyoai7/ier«;siégedeleurindustrie, 9 1 o.
— A la (In du xiv* siècle et au commencement du
xv', 36 1, 369, 363. — Voir aussi OBrévBRs.
La Râpée (Hameau de), aaS.
La Riboisière ( Hôpital de) ; son emplacement, aag.
La Rivière (Branche des), famille Bureau, 398.
La Roche-Flavin, auteur des Treize livres des Par-
lements de France, 5 1 .
Labochefoucal'ld (Le cardinal de), réformateur des
religieux de Sainte-Geneviève, 166.
Li Roque, auteur du Traûé de la noblesse, 35o.
Labbey (Rue), anciennement du Painn, 176. 993.
La Saobsaye (M. de), auteur de ï Histoire du châ-
teau de Blois, 569.
Latilly (Pierre de), évêque de Cbâions, membre
du concile de Senlis qui condamne les doctrines
de Marsile de Padoue, 11. — Soupçonné d'un
attentat contre la vie de Philippe le Bel, 83.
Latii'h, contrée d'Italie. i45.
La Tour ( Bertrand de ) , docteur en théologie , 5 1 5 .
La Todb-Landry (Geoffroy de), auteur de l'ouvrage
intitulé Le chevalier de la tour et le guidon de*
guerres, 3a5.
La Tr^moille (Gui de), 900.
La Tynna, topographe, 186.
Laurent DE Premierfait, traducteur et poëte . i93.
196, 138, 933, 335, 395. — Hospitalité qu'il
reçoit chez Bureau do Dampmartin, 199. 396.
4 19, 4i3, 4i4. — Ses travaux, 4i9 à 4i5. —
Fac-similé d'une miniature qui le représente. 4 1 4.
LaVallière (Biblioth. duducDE), 967, 968, tùg.
Lavandières (Rue des), 180.
Lavandières-Sainte-Opportcne (Ruades), aoa, 9o3.
Lavendiers (Rue des), voir Amandiers.
La Villegille (.M. de), archéologue, 456.
Layetiers; siège de leur industrie, ai 5. — A ta
fin du xiv' siècle et au commencement du xv'.
367, 368.
Lear, roi d'Angleterre. 90, ii5, i49.
Leber (M.) , auteur d'une lettre concernant la pro-
cession de la Mort à Paris, 980.
Le Beit; armoiries d'une famille de ce nom. i5ô.
Le Bedf (L'abbé), auteur de l'Histoire du diocèse
de Paris, i4, 1 5, 84, 87, 88, 95, io4, 107,
109, 111, lia, ii4, ii5, i34, 157, 160.
177, J78, 180, 189, i83, i84, 187, 188,
189, 193, 9o3, 906, 907, 909, 9i3. 917,
9a3, aa5, aa6, 998, 999. 93o. 93i. 939,
957, 455, 537, 549.
TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES.
en
Le Boi iMiRR ( Alex.), ■rgenlier He ChariM VI, 4ao.
Lr Boutrillkr (Jean), KutpUnir, i53. i54.
Lr CtNDRRURR (Nicolos), OU Le ftmdtrUir. tkhé
(ie Soinl-Wattt d'Arroa, foodateor dn colMffa
(i'Arrat, 178.
Lr Tr.KRC (Victor), doyen ilc In Fonill»'- ilim IfrUn*»
(In l'iiris, l'un des conliuuateun de l'Ilùioirt
litlmtire de la France, 6, 7, 8, 1 1, i3, 17, 35.
.•17, f)!, 86, 87. 88. i.j.=i, 395. .39.3, 396, 897.
/ioi,/io'j./i3!J,/j4.'J.4/'i7.yiy, 'i.'m 'i(>f> S«i
Lrcoiktr ( Cliaric*) , historien. 111.
Lr Comou^hant, un dcM prcniierH Htiriiniii-. ili- l'bi-
lip|)e-Anf[ii!ite. i/i<>.
Lr ('<)•) (Jcnnnc). fenimc d'un Jean Haillet. 35o.
Lr Favcoxihkr (Odon ou Kudfl«), i83.
LRriiVRR (Jean), traducteur. .Ig.^.
Le Klamaxd (J.). aq^criticr du duc d'()riëaD«,33«.
Lr Fort (Hoffcr). dit Taillefer, profeMeur i l'uni-
versit<? d'Orlt^on», iirclicviViuc de llourgei. 6.
L^OAT (Le), dons la Ihniie Macabre, 597.
lAotnnn DORéi(La), 973.
Lrgrakd ( M. Henry ) , architecte archéologue . oulpur
des notices sur les plans cavalien de Paris et de
Scnlis, 79. 5gi à 607.
Le Grand (Jacques), prédicateur, i-iCinS. «qS.
— Hanliessc de ses semions, Ao5. — Il eal hai
du |)arti l)our{[ui(;non. 'io5. &06.
Lrgrand d'Aussy, auteur do la Vie privée dt» Fron-
çai*, 56.
LtcDHRs; transport de cette denrée sur la Seine,
57. — Lieu où on les vendait, voir MARCHi.
liR Hardi, un des |)i-cniiere surnoms de Philip|M>-
Auguste, n)l>. i.'J.'J
Lribnitz. 6.
Lr Jov. iK)s.sessenr de l'IiAtel de (/inllans. ss».
Lr Kai)i. trag(<<lien, 5H'i.
Lr Kalr5drror (Nicolas), i63.
Lr Labodrrdr (Jean), auteur d'une //wtotrr de
Ckarlee VI, aSa. a34. ^06. 4o(j.
LRi.o!«(i (Le Père), outeur de In HihlioiUfm de k
France, 89.
Lr Mkrcirb (Thnmns), l>our}^is de Paris, 34o,
Ut.
Lriiaiinu», fleuve. prolMiblemenl le fl*«W, lOi. iSt.
Lr Mortrlirr (Pierre et Hichnnl). 117.
Lr Mortirr (Thomas), voir Lr Mrr<:irr.
Lrhpirr (Olivier dr), libmire, ht\ft.
Lficis, nffriirirlii de Pom|MV. i43.
Lkîidit (Pince tlu). i."{(>.
Lrroii», architecte. char}f»< de la reconatnirtioo du
couvent des Cisterriemies de Saint- Antoine. »«5.
I.BMaj'M. Alwt). Moétafa» 4* h
de IXeole impérmk im baMn-««. Ui. léi.
liM (Celé|t 4»), M é» f 1 miIi i. 17e.
LéM VI. rai 4'Am«rie; «M «§Mv k rtoia. «tt,
I Jortaa ( Le) . dat Im wwMriM d* Aafbtai* , •& • .
L« Pet, ville de Pmee. ioi.
La Rowi (NiedM). inniii dTam --"ri
ëdilioa de le Dmm Mmaln, rjt.
Le Ror. coBlrAlaar. ealear d*** Dineemem em
rerigine de rHM de VOe, K96.
Lr Rot (Pien«). eoMM aaw la mm tUU en
t33. — Notiee aar ee
LeaciueiM (Le ee«le et).
ioliloK Dieennn
I.,ucDTia (Robert). Kbrait*, 4M.
L'Em» (Jeea ••). eit.
L'EaroiLi ( Pienv m) , |nad aadh
I de PrMee. 9.
«9»
H9.
èMi.
Mivdeh
LamtMM (tee m), éréqve de !
eel.
k aaa n^. 4oi.
).
duPuy:
Lrscrcr . peiaire,
Iji Tru-iib ((
de Reina.g7.
\àni, fleove, 98.
Limi8periiiaHMiaaleri|M^CherW«1 ••&
leS. eS3, «34. fl4i. 391 4 3e4.
Lr Virtr ( Aubert). aieri de JeeMW Beflat. 1*1.
I^arrri (RoeHe de le). atS.
I.A-éetisihSâi]rr-JM9ni ( Rw). voir I
L'HAnriL (Jean et Pnaçeje m),
liculien da fort de Ckerartn. ««<.
IjicisiiRR (Jeeo), neevMT gditfral dai «idaB: er-
tide de aee eaaiplae Hnwt Rm>I RI ^
Prailee, 80.
Ltaovm (VBe de), 3*9.
LiiaAtaai, è la fin da u«* aiède H m
niml du tv*. 3C4. — Voir 1
LiRBAUUR periatane •■ ■•;•■ l|*. S9. (7. ie4.
168. «Se. 4So. 4&I. 4&t. 4tt. 4M.
Ijm pov hi iMmeii. éa* h «ritaie SeMle-
CalbaiM. «to.
LnNra (Rae de b). i(«.
Liiea (Pajeoa «Se de). i4t. 189.
I^ionma. ««6. 4i«, 470.
LIi^Amui (Pinrp de VWbn,m^ÊÊm ea). •%
iMxn (Ardùre* de); patae de ee dlfH iiaiir
I S«^. «' da MM. S4i. S4i.
i(PN<iMede)J
LnMee(Vflbde).4«7.
1,467.
638
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Limousins, i53.
LiNDEXBROG (Erpold), historien, a43.
LiNGENDEs, prédicateur, 'loa.
Lingerie (Rue de la), 198, 207, 454.
Linné (Rue), 181.
Lions-Saint-Paol (Rue des), 194.
LisiEiix (Collège de), 168, 173.
Littérature; rëflexions gënërales sur son état h
l'époque de Charles VI, 383 à 389, 391 à 397.
Livre des Seutexces, 39, 3ao.
Livres des Rois (Traduction des quatre), commen-
céo ou projetée par Raoul III de Presles, 89. —
Publiée par M. Le Roux de Lincy, 90.
Livry (Les Sanguin de); leurs armoiries, 347.
LizY (Seigneurie de), donnée à Raoul I" de Presles,
83.
LoBiNEAU, continuateur de Félibien, 171.
LoGOGRiPHE formant le tableau des vertus du roi
de France, 63. — Composé avec les noms des
douze pairs de France, lao, i5i.
Loire, fleuve, 571.
LoKESLEV (Raoul), docteur en théologie, 5i5.
Lombard (Pierre), évêque de Paris, connu sous
le nom de Mailre des Sentences , 38, aaa.
LOMBARDIE, i43.
Loubards, peuple d'Italie, i45.
LoM BAR Ds (Collège des) , l'un de» collèges de Toumay ,
169.
LoMHARDs (Marchands et banquiers appelés les),
a 10, 389, 469. — Etendue et prospérité de leur
commerce, 335, 336, 338.
Lombards (Rue des), 196, 199, a 10, an, aa8, 33a.
LoMPONT (Rue de), voir Long-Pont.
Lomdrës (Ville de), ii5, 147, 387.
LoNGiN, soldat romain, 537.
LoNG-PofiT (Religieux de), a 18.
LoNG-PoNT (Rue de), actuellement yac^iw-i-rfe-firosse,
ai8.
LoNGL'EiL (Mathieu de), 345.
LoNGDEviLLE (Rourg dc), aa8.
LoRME (Jean de) , médecin ordinaire de Louis XIII ,
443.
LoRHERiE (Ruelle de la), an.
LoRHiERs, an. — A la fin du iiv* siècle et au com-
mencement du xv', 367.
Lorraine, i46.
Lorraine (Hôtel de), ou de Bar, dans la rue des
Bernardins, 178.
Lorrains, io5, i34.
LoTERAiNE (Rue dc), vrnisemblablenient la r;ie
Froid-Mantel oa Fromentel, 178.
LoDANORE ( M. Ch. ) , auteur de \ Histoire d'AhbeviUe ,
43i.
I^uis II, dit le Bègue, roi de France, 188.
LoDis VI, (lit le Gros, roi de France, 188. — Il
acquiert le terrain des Champeaux, 198. — Il
institue la foire Saint-Laurent, aa8.
LoDisVll, Aille Jeune, roideFrance, 186, 188, 470.
Louis VIII , dit de Monlpengier, roi de France, 1 00 ,
1 46. — Il est envoyé par son père contre Jean,
roi d'Angleterre, 147.
Louis IX, voir Saist-Ix)cis.
Louis X, dit le Hutin, roi de France; il absout cl
gratifie Raoul I" de Presles, 84, 87. — Il donne
à son fils Philippe un hôtel confisqué sur Enguer-
rand de Marigny, «96.
LoDis XI, roi dc France, 97, aaS, 336, 49S. —
Il rétablit le collège de iNavarre, 169. — Ses
libéralités à l'égard des sœurs de Sainte-Claire,
187. — Il donne l'hôtel des Tournelles h Jacques
Coitier, igS. — Il confisque l'hôtel du duc de
Nemours , 1 96. — Il reçoit l'Oriflamme des mains
du cardinal d'Alby, 369.
Louis XII , roi de France , 5 1 8. — R donne aux Do-
minicains le ParLjir-ûux-Bourgeoii , attenant à
leur couvent , 1 78. — Il meurt au palais des Tour-
nelles, 19a. — Evaluation de la population de
Paris sous son règne, 495. — Édifices trans-
formés ou détruits à Rioissous son règne, 569.
Loois XIII, roi de France, 47, i53, 443. — Il dole
le collège d'Harcourt, 170. — Monuments anté-
rieurs h son règne, 937, aa8. — Il fait cons-
truire la troisième porte Montmartre, a3o.
Louis XIV, roi de France, 57, 397, 447. — Il ac-
complit un vœu fait par son père, i53. — Arc
de triomphe construit pour son entrée à Paris,
a a 4. — Changements apportés sous son règne
au château de Vincennes, 337. — Portes triom-
phales élevées en son honneur, a3o.
I>ODis XVI, roi de France; il supprime la prison
pour dettes du For-fÉvèque, 198.
Louis DE Baviidre; il protège Jean de Jandun, 11,99.
Louis-LE-GBiNo (Collège ou lycée de), 84, 168,
169, 170, 171, 173, 178, 179.
Ix)nis-PiiiLiPPE(Uue), a 18.
LoDP (Sanche), porteur d'une bulle de Benoît XIII ,
4o6, 407.
Lourcine-lez-Saint-Marcel (Religieuses de), aaa.
LouRi (Guillaume de), astrologue, 447.
L'Ours (Le seigneur de) , partisan du duc de Bour-
gogne, 34a. — Son exécution, 343.
LoDVBE (Château du), 159, j83, 194, aoa, 3o5,
TABLK ALPHABÉTIOUB DES MATIÉRIS.
9ig, 399, 3/18. — Sa bil)iiolhA({u« , dite Uind'
rie de Charlc» V, 83 , yo . 96.
liODVRK (hffliitf C()ll(<);illii- (lu), 1H8.
LoDVRR (Hue (lu), ancimiiioiiH'nt tloi Poutia$, 90&.
l.oiivRKH en l'oridiit, io/|, i3A.
Ldcam, pocti! latin, 93.
f/Oiuix (i^n pierre) , 961.
Ldcqdrh ( Ville de). 397, 336. 338, 33g.
iMv.Kkr.K, iKMttn latin, 36, 93.
LiiiLLiKH (Jean), PrëvAtd« MardiMMb. 916.
Ldpolde , |M>i»oimage de* Omsê m dùeamn d'Eutr»-
pel, ySA.
Lutkck; dlyinolo|fiR de ce mot. io3. 10&. i33.
•tf
àêPmk.tot, 1S7,
\jmn, 9.
l.cTNiain9. 189.
l^tRaiMM {imikt èi). 993.
Louaioi. • ■■),MfMd
■e(|iii«rt ^ r ir Ifii tMi
LciisRocRa (Paya 4e). 1 V
Usun (Ma). fcifcKiin 4» U
9S7.
Lfoa (Via da). i46. 1I6. SM. StS
dMcriptiaa par AtlaMi. M&. M7
LniQCB (TUAtra): aaa
S77.-8a
M
Marillom (Jean), bënëdictin, auteur des Acia SS.
ordinis S. Henedicti, 9a , 111.
MtCABRK (DulISC). voir Da^HK MtCARRE.
Mac^ (Rond), moine de Vend/tme, 1 10.
MAciSnoi^rR, 163.
MACiiAHi''r.s (IjC livre dcii); rituluiii <riiri de *n
poiwoifi'H . ()3, aSy.
MACMABéKs (Dnnsn des), 986, 987.
MArii«i;i.T ((înilinnme dr), auteur de la /Vim d'A-
Uixandrie, A .'{<>.
Maçor8, à la fin du xiv* siède et au conio
dn w. .3fi«. 369.
MAfo?!8-.SoRBoi^R (Rue dea), 170. 173.
Macrobe. écrivain latin, 93.
MAmiRRH (l)nniniri<> dr>), 34a.
Mauknta ( l!onlr>vnrd de). <fiv).
Ma<.i8tr\ts. il lu lin du xiv' siMeet au<
ment du xv*. 3.Î6 ë 36 1.
Mai (doiir d)>). dans la Cil*'. i63.
Mailli (l.c raidinnl dk). archevêque de Kfim«. 168.
Maillotims (Les). 393. 687.
Mai>r (RiiimIii), appelée aum nie du lhir,lr llmr-
ffOffiir et humIi* AaHNt, 179.
Mairir dn V' arrondinewent; Ron einplifiin.ni .
173. — Du I". jo.').— Du IV, iifi. ii«. —
De la cuiumiiiie de (ibarenlon. mmô.
Maim^i aux Piurrs, 191, 197. ■»*!>■ — Fat-*tmitt
d'niu' tniniiiliire qui la rfpnWiite, 197.
\Iaiiu>:<is de l'nris t>ii (jt'néml. h'i, It^h, SgS, 396.
— !)e Senlis, 77. 599. 600. — Sur le pnni
Notre-Dame. i6o. — VfmMém par ^ifola»
Plamcl ou ([revëea de renlea à loa proAt, ft&g .
&60. — Sur lee ponts, Seo. 53i .
MaItri-Alrkrt (Rue), voir I'rrdik.
MklTKK KiicoLR (1^). daiis In Dmm Mumkx i . 3oA.
MilTU aasSMiMcai. sOTMideHié è Ai«rr« tta».
kmi, MifÊB de Paris. S8. «ce . I98.
lUlrai Bas Turanm (Le). 199. i&&.
Mâfnn Omtm (Gel%e de). 17t. 17'
Mihan ec Pâaianar. 16. iy
MAiiiisH (PUfpt ■■). «air Pmjm M MuolM»
MALDianf. dviqâe de Péris. i8«.
M4LMRa(Rae). 196. eié. «17.
Malmcri . hislseian de fmm. 197.
MALLtT((;iiles).Mie*deeiR»da lai.97. M9.
Uuumm (DoaeaiM de b). lia.
Malts (CbevelierB de). tffU» aaparavaal Ckr*»-
liera de Swmt Itm ik ikmtlmi «M
MMs(Coaléda). 1*7.
MâM (Év4i|MS àê)', lew mmi de* la rw dr
RrioM. 179.
MtM(Vileoadiaelsada). 173.
MtRUBT ae Jo«r. «dMiact». 18S.
lUaaBi PuiaMOTt, tmftrmr pm: saa a^sar k
Pim. 98«.Si9.
MiUMcan de râyt dt /Wi» par Jasa de JaadM
sniertmsBt t h Billiiiy |ai ■ipiriili drPw*
i8.i9.eo.S«.4«.4e.««.Se.M.««.M.
68. 78.— Um. i|inrtniat * le tii H > |
iaspérWe de Visne. 18.19. 90. 99, 3«. 31
8<.S8.Ao.4«.U.M.&e.69.&«.«o «9
64. M. 68. 70. 79. 74. 78. — De Is litanf-
iomdtP^mm Oarib Vt, par Ciiilil H dr
MeU. 198.199.18». »*4. 419.— PsJiBiiaai
dsUniae. 197. 199. ai8. (a«. S8i. Mi. &»;
- ÊNaièBal des nifHS deas r^
Daaie. 94o. 9<i. — De dhwssa pjèap
sar *e IV«ii ihm if 1» IMs Pî|b. 9*7. •«•.
969. — DesflbraidiLaaRsXN.dBed'A^.
969.— CaatsaaalaiOirdsilWN* U-^^mJm
640
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Trois Vives, 971. — De Besançon, contenant un
passage relatif à la Danse des Machabées, aSS,
387. — Du poëme de la Danse Macabre, 289.
— Fournissant des détails sur la cour d'amour de
Charles VI, i38. — Contenant un acrostiche
tautogrammatique sur le nom de Jésus, 5o9. —
Contenant le poëme d'Astesan,5i5, 5i8, 593,
Sai, 596.
Mandscrits divers de la traduction de la Cité de
Dieu, par Raoul de Presles, gC, 97, 98. — De
Nicolas Astesan, 5 18. — De la Chronique de
Jean de Courcy, 589, 583.
Mabc (Perrin), assassin de Jean Baillet, le tréso-
rier général des finances du Dauphin, 35o.
Marc (Raymond), Échevin, 344.
Marcel ; une famille de ce nom contribue à l'établis-
sement des Cëlestins à Paris, 190.
Marcel (Etienne), Pi-évôt de Paris; il est nuisible
à la bourgeoisie parisienne, 39 3, 471.
Marcel (Guillaume), auteur d'une Histoire des
Gaules, aôg.
Marchandises exposées dans les halles des Cham-
peaux, 16, 5i, 198, 206. — Id. sur la place
de Grève, 198. — Id. dans la galerie des Mer-
ciers, au Palais, 5'Ji,533. — Voir aussi Marché.
Marchands parisiens au moyen Age, 3i5, 3 16,
390. — A la fin du xiv' siècle et au commence-
ment du xv", 353 et suiv. — Voir aussi Lomrards.
Marchant (Charles), maître charpentier delà Ville,
160.
Marchant (Guyot), imprimeur de la plus ancienne
édition de la Danse Macabre , 971, 973,987,989.
Marchant (Jean), charpentier, 439. 433;
Marché aux bestiaux, à la Croix-du-Tiroir, 108.
— Au,\: herbes et au poisson, dans la Cité, iC3.
— Auxfleiu^, dans la Cité, i64. — DelaF«//e«,
175. — Au linge et aux babils, sur l'emplace-
ment de Saint-Jacques-la-Boucherie , 1 83. — Au
sel , aux fruits et aux légumes , autour du grand
Châtelet, 901. — Au poisson, près du Châtelet,
901, 911. — De diverses denrées alimentaires,
à la porte Baudoyer, 901. — Au bois, sur le
quai de l'École, 909. — Des Poirées, 907. —
Au lait, dans la rue des Écrivains, 911.
Marché-Nedf ( Rue ou quai du ) , 157.
Marché-Pald (Rue du), appelée plus tard rue de la
Cité, 161, 169, i63.
Marcile d'Inghen , 11.
Marcomir, prétendu chef troyen. io5, i34.
Maréchacx, à la fin du xiv* siècle et au commence-
ment du xv', 368,369.
Marginal (Nicolas de), voir Nicolas de Marginal.
Marguerite de Flandre, comtesse d'Artois, 195,
336.
Marguerite de Provence, reine de France, 299.
Marie de Bourgogne, 196.
Mariete (Denis), secrétaire et auditeur des comptes
du duc d'Orléans, 479.
Mabigny (Enguerrand de), surintendant des finances,
196.
Marivaux (Grande et petite rues de), quartier Saint-
Jacques-la-Boucherie ,910,911,919, 46o.
Marivaux (Rue de), quartier des Italiens, 910.
Marle (Fontaine de) , 199.
Marle (Guillaume de), Prévâtdes Marchands. 346.
Marle (Henri de), chancelier, 333, 334.
Marmousets (Rue des), dans la Cité, i55, 169,
i63, i64.
Marmousets (Rue des), dans te faubourg Saint-
Marcel, 991.
Marmoutier (Collège de), 178.
Marmoctier (L'abbé de), administrateur du collège
du Plessis, 174.
Marne, rivière, 111, i4o, 996, 349, 35o.
Marpésie , reine des Amazones , 56 1 .
MARRiER(Dom Martin), bénédictin , auteur de l'ou-
vrage intitulé Hiitoria monaslerii S. Martini de
Campis, 110, i85, 93i.
Mars (Le dieu), ii3, i4i, 949.
Marsile de Padoue, 4,6, 9. — Ses propositions
hétérodoxes, 7, 8,61.
Martène (Dom), bénédictin, auteur de plusieurs
ouvrages historiques et théologiques, 99.
Martin V, pape, 399, 4oi.
Martroi (Rue du), ou Saint-Jean, i85, 9i4,3i5,
918.
Martyrs (Église des), 93 1.
Martyrs (Mont des), voir Montmartre.
Massacres des journées de juin i4i8, 343. 344.
Mathieu L.ensrergu, astrologue, 37.
Mathurins (Le maître ou ministre des), voir La
Marche (Regnauld de).
Mathurins (Les), 10, i65, 167, 177, 44i,45i.
Mathurins-Saint-Jacqurs (Rue des), 167, 177. —
Improprement placée par Guillebert de Melz
dans le quartier de la place Maubert, 181 .
Matiphas (Simon), cité à tort par Sauvai comme
distinct de l'évêque de Paris De Buci, 196.
Maueert (Place), 170, i8i, 189, 43o, 46o. —
Principal siège de la vente du pain, 174.
Maurcée (Fontaine), 198.
MaUBUÉE (Rué), 909, 919, 9 1 3.
TABLE ALPHABÉTIQ
MAUvonitKiL (Rue), don» lu qniirtier Sainl-Deni»,
no, 191, 195, •loH.
Mituconsmi, (Kuc), ou An» Mauvoisei-PmvIiÊ , dan*
l(! (|iittrlifir SainUvO|i|>ortuno, tos,
M«ubéToi)n (TlioiiiflHMc nr), nière de (iille* Dw-
r:liaiii|)H, '.ii)H.
Mavm. (Cour <lu), dani lo nie Saint-Martin, 186.
Mavhkuard (Ktieiiiic de), conseiller de <ibaH<>s VI,
:\'Mi.
M«uv*iHKH-PAROLrjt (Rue des), aos.
MAuvAis-GARçom, 168, 181, -nS.
MAt>vAis-(ÎAn(;oiiH (Rue des), aneienneinent du
Quirtron, ai 5.
Mauvoinim (CIo»), 189.
Maxknck (Miirc-AiirMe), improprement appela Do-
mitien, 1 1 /i , itfi.
Ma%imikn Hkrcole, em|icreur romain, i).> 111.
lia, I '10.
Maximilikn n'AuTUiciiE, 196.
Maye;«ck (Ville de), 100, 166, iaS.
Mavk^^k ((ilinrlrti do Lorrniiic, duc de), 19&.
Maïrosiih (Knmrois i>e), thëulof^iun , i^l'» ">ir>.
Ma7,ahi> ( ltil>lio(lii'-(]iie d*>), ,'><i.
Ma7.ariv (Colk'ije). ou de» (JuatreSahont, tth.
M*/.A!t (Boulovnrd), aaS.
Mai\s (Prinoii de), 19.').
Meai'\ (Ville de). 111, 1.I9, /I67.
MiÎDKciK (l-e). <lniis in l)»Me Moeahr», .107.
Mf-okciik (FncuUt' de), dans l'Univeniilé de Paria,
'1.'! . 1 1)6. — Son enseignement. &38 à hhh.
Mkdkcins, (Inns lii première moitii* du xiï* Mècle;
(?lo({e de leur siovoir et de leur diWoucmenI , ^.1,
ftït. — A la (In du xiv* siècle et au rommence-
lueiil du w". ;5.î6 h .'16 1. — Knseignefueiil et
exercice de leur art au moyen Age, 4.18 è 44.î.
— Le» plus notables d'entre eux sous le règne
de Charles VI, 44o.
VW,Diris (dntherine de), ^oii (.itiir.Ri5iR DiMiaiCM.
MKHiTERnA^n^K (Mcr), i4&.
M^r.issERiR (Quai delà), 198.901. "<' '
\Hr,is.iiERs, h \a Hn du xiT* liède et au roiiniienre-
iiicnt du x\', ,'ll'x).
Meld!» (Ville de), 107,111 \ ■'>- . iSg.
M^vAiiKRiK du piirr de V iiicemii- ■'■<-
Wiwaieti hk Paris; exlniils di rii ivinr.ijM-, .ii.i,
396. 483. &91. &99.
MiS^vuerK, reine di*s Aniiixoues. .'>t>i.
NUmard, outeur d'une histoire de Du GuettSn, &«9.
&3o.
Mkjidumts; leur noinhre h Pari», n4, laS, «S».
Me!«dia!«ts (Onin»); leurs dispoMtkmi btrorabk*
Mt
U 11 MATIÈRES.
II. — LMrhltoenlf*rU«««iM. tM.
MiMmuL (U). imm U Dmm Mttdn.Ut.
UÉnmmu fmiikm. 1 ti . 1 tt. Mf, «tt. — 4 b
0a <ln iiV aiide et m eoMMMMMal im %*'.
36A. — Euraeede lear i
6t8 k AS7.
Miawmu (Rœ im). m im MUty 1. m im
JtKfhmt, tof.
MniPMnM. k k tmèê ufmkàa «I m tammimm-
ment du 1%'. 3*7. SéS.
Mn«Mj»&in*4kot»(Vlmtde). sSs.
Hàw. eomenfiUar deb Miliaiyi9iM rwafc- n-
i3o.
MéiniMi, voir P*uw lUvnM*.
Màuiitt (Agnèi de). 187.
Mna (Convint de le), 196.
MBMani(SAiitiai).MieardKr«Um>d^lWit. 19B.
Mnona; ùi§t priaeipii de km tmmamm. «07.
— B«w de eeu qâi emwl b caw k I
9«â. — A le fiada tiv^àèdeat aai
aieal du >V. S(&.
MBMaw (Sale «• galme dai). ea Mm». 1&8.
&9I.S33.
Mnaat (l^edien). ii3. ni. i4i. ii«. Mj.
Mncru (Moat de), voir Vovraievet.
Mnin ( L'mchentHir
Mianuiei, prélenda gouverneur dr» PanNra». 99.
MiaovÉï. roi freae. toC, iM. 1 kk.
MiaoTneie»; d^vebppaaHal de TmU*mm mm
leur dyaMiie. 4<7, 468.
MiuuH (Mardumd* deh «^ feiaufy de bar
MiMenMi (Qow de b). votr
MouT (Rae), et?.
MmeaMaa. à b aa da uf aièeb et ea
aieat da xv*, SCg. 370.
Moan (Margacnb b). tS«.
Mmm (Pejf.), i3«.
Mm(ViDede), left. i«l. it6. e73.
Ma>aM(rkNMàMde).SIe.
Mmoa (U lerdiael aa). 19I.
MuM-en^Leoui (ViHe de). io«.
MarMiM. k b lada uv'aiieb al aa <
du IV*. ses. 8M. 3«7.
Maamaat (Poal aax). iCo.
Mme (M.), anlmil». «98. &«i.
lUtnuT. hhlBrii. 189.
Mi-Raâi (PbMhM de). ^. 109. 1 10. 1S8. ei ».
59S.S97.
llicaiLMCiBkn. lWeh|ba. •.9.&1I.
•1
642
DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
MicHELET, historien, a85,
MicHEi.-LE-CoMTE(Rue). sog, 9l3.
Mignon (CoHëge), lyS.
Mignon (Jean), archidiacre de Blois, fondateur du
coilége Miff non, 178.
Mignon (Rue), 175.
Milan (Ville de), 1/16, 336, 518, 677.
Millet (Germain), auteur du Trésor sacré, etc. de
l'abbaye royale de Saint-Deiiig en France, 939.
Millin, auteur des Antiguilés nationales, 190, 19a,
519.
Minerve, 90, ii3, i4i.
MiNUTDREs (Liste des), xxviii, xxn.
Miniatdristes, voir Enlumineurs.
Minimes (Lac des) , au bois de Vincennes, 337.
Minimes (Ordre des), 178.
Miraeeaii, orateur français, 4ia.
Miracles (Cour des), 188.
Miradlmont (Pierre de), auteur de l'ouvrage intitulé
De l'origine et establissement du Parlement et
autres juridictions royales estons dans l'enclos du
Palais- Royal de Paris, 61.
MiRON (François), Prëvôt des Marchands, inhumé
dans l'f'glise Sainte-Marine, i55. — Il fait re-
construire la deuxième porte du Temple, 397.
Mission (Congrégation de la), fondée par saint
Vincent de Paul au collée des Bons-Enfants,
168, 999.
MiTiiRiDATE, roi de Pont, 671.
MocREux (Oudart de), changeur et Inturgeois de
Paris, 160.
Moeurs et coutumes des Gaulois, 119, ii3, ii4.
— Des bourgeois parisiens, 395, 896, 897.
Moine (Le) , dans une édition du Dit des Trois Morts
et des Trois Vifs ,979. — Dans la Danse Macabre ,
3o6.
Moïse, législateur des Hébreux, i35.
Molands (Jean), théologien de Louvain, auteur
d'additions au Martyrologium Usuardi.
Monceau-Saint-Gervais (Rue du), ou du Ciinetière-
Saint-Gervais , ou du Pourtour, et actuellement
François-Miron , i85, 918.
Mondétocr (Rue), 191, 907, 908.
Monfalcon (M.), auteur de Y Histoire de Lyon, 565.
Monge (Rue), 181, 991.
MoNGLAT (Branche des), famille Bureau, 898.
Monglat (Jeanne de Chastel, dame de), femme de
Raoul 1" de Presles, 84.
Monmouth (Geoffroy de), voir Geoffroy de Mon-
mouth.
Monnaie (La), 166.
Monnaie (Ouvriers de la), fondateurs d'une lépro-
serie au faubourg du Roule, 981.
Monnaie (Rue de la), 9o4.
MoNs-EN-Pi'ELLE (Bataille de), 944, 958.
Monstrelet (Enguerrand de), chroniqueur. 190,
335, 959, 334, 349.
Montagne-Sainte-Gen«i4ve (Rue de la), 1 70. 1 79 .
179, 180.
Montagu (Gérard de), 465.
Montaiglon (M. Anatole de), auteur de YAlphnbel
de la Mort, 978 , 974.
Montaigo (Collège de), 169.
Montaigo (Gilles de), cardinal de Thérouenne, bien-
faiteur du collège de Monlaigu , 1 69.
Montaigc (Hôtel de), 197.
Montauban (Arthur de), 199.
Mont-Cassin (Abbaye de), i65.
MoNTEBELLo (Quai), 189.
MoNTEREAD (Pierre de), architecte de la Sainte-
Chapelle du Palais, 46, 47.
MoNTEREAO (Ville de), 198, 34i.
M0NTESQ01ED, 58, i36.
Montesquieu (Rue), 187.
MosTFAUcoN (Giliet de), 188, 196.
MoNTFAUcoii (Bernard de), bénédictin, auteur de
plusieurs ouvrages historiques, 945, 959.
MoNTFERRAT (Jeau 1 V , marquïs de), 5 1 5 . 59o. 53i.
MoNTFEBRAT (Théodore, marquis de), 517.
MoNTFORT (Jean de), duc de Bretagne, 980.
MoNTJAVocLT (Village de) , 9'! , 1 1 9, 1 1 4, 1 4o. 1 49.
MoNTJOiEs; explication de ce mot. 980. — Gra-
vure représentant celles qui étaient placées sur
le chemin de Paris à Saint-Denis, 980.
Montjoie-Saint-Dems; origine de ce cri. 1 48.
MoNTLiiéRT (Bourg de). 486.
.Montmartre, 95, 91, 99, 95, ii4. t94. i4i.
1 4 9, 99g. 981, 4 11, 547.
Montmartre (Abbaye de), 981.
Montmartre (Porte); 1", ou porte Saint-Eiislache,
appartenant à l'enceinte de Philippe-Augustf.
980. — 9', appartenante l'enceinte de Charles V.
980.
Montmartre (Rue), 196, 906, 908.
MoNTMORENcv (Fonlainc dite de), 981.
Montmorency (Rue de), 934, 456, 457 à 46o.
Montmorency (Vallée de), 849.
MoNTORGUEiL (Rue), 9o8.
Montpellier (Ville de), 336, 889, 489, 467.
MoNTPENsiER (Gilbert, comte de), dauphin A'Ui-
vergne, 98.
Mont-Raynirr (Château de), 517.
TABLE AIJMIUJÉTlg
MoKTRouoB (Village de) , 190.
MoNT-SimT-MicHEL {\.'a\>\tè (lu), voir Li Ror.
Mont-Smxt-VIiuiki. (Villfidu), 399. Huo.
MoiiKAn i)K .VUiJTttim. iiiiUmr de pluiieun ouvnigM
il'Hrcli(1«lo(p(', /i.'tH.
MiiHKRi (LoiiiK). iiiitiMir dtï la IhienpiHm éê k
France, uJJu.
MoHGUK (l<a), i63.
M(»Ko\A, iiiiliMir d<! /'m« illuttrata, 1170.
Mort ; 1 ", diiim Ik />i( </m 7'roM it/or(4 «I in Traw
Fi/i, uyy. — a*, «78. — 3', 379.
MoHTAijTé ((iroïKlv), à Paris, mmm le règne ia
ClinrlpR VI, a;iC.
MoHTKiiKns; leur sw^jour principal, 917.
VlonTKM.KRiE (Rue de la), «rtuellement de fHéld-
ile-Vilk, 917, 91 H.
Mort» (Diinse diw), voir Dame Macabre.
Morts (l-es). dann In Danse Maealtre, -194 i 3i5.
UE DES MATlfeRP-^^
(i«ap«M*da8aiii.
MoorrtTiu (Rne). 1 .
MiNMn (J«w M). Éd«rtn. ,ia
NocTM (Rw (!■). fli4.
MoatiuinM (Philippe ••)
OoMigufM, SéS.
de la bihliotli>yM Atgmi» Nkâm.
Msmm(VaBib), t«t.
MoBâiMi. awMologue italM. 70. SiS
M£un(Riieilu
Mm dt b Vile. tao. — Vmt
Mna(RMdM). oa^ilmw. 174 •«•
Men (LMraw). artralagaa. U7
MoiitBMaiainI, lai.
«U
186. 196.
IV
Naples (Koyaumede), 6a4.
Napol^ox (Lyc«'e), iftS.
NAi>oLéoN (Quai), 1S7, 16&.
Narboiiinr (Oolli^ge de), 17t.
N*RRo?i?(K (Ville de). i44. i46.
Nashaii (Uuclirf de), 109.
NATioi<iji( 1^8 quatre), dans r(JniversiU< de Pari*, 1 1.
3<), l'iC), /i'i.">.
Naud^. l)il>liolh)!caire de Matarin, 90. &16, 453.
!Nautr8 parisiens, 319.
Navarre (Coll<^e île), ."1, \(uy i-n iX,. 398,
axït.
Navarre (Grand liAtel du collai;. .1. 174,
Navarre (Hôlel de), 197.
Navarre (Le roi de), i-jo.
Navarre [Vx roi de), plus lanl roi de France aow
le nom de Louis X, 487.
Navarre ( Hois de); leur* bôleb k Pari*. 194,
Nrcker (Rue). 190.
Nemours (Beninrd d'Arniagniir. duc de), 19t.
Nexle (HiUel de); r\(>rrici<!< ilrHuiatii]ues dan ee
lieu, 986.
Nksle (Jenn. seigneur de). 90d.
\ksi.k (Porte de). 9 9 4.
Neub (Rue de). actuellenH>nt A'OrlêmuSmitili
Horr, 9(>r>.
Neslb (Tour de). 994.
NEnrcaiiEL-suR-AisiE (Viromli' deK propriété <ie
Guillemin Sanguin. 9' du nom. 34t.
Nser Pnaoa (Lea): laan iWaaa m éàkÊm «la
Cooey. &«i . ses.
Nier Paast (Lea); lean ftataee a« «Utan 4»
Cooey. S59.
NicfTou (Colin m;, fcdip«iii -ISt
Nnmtu (Nîeoba m), voir \ mcaoi
NEPiuT-ae»-M*m ( ViBagr ilr <. 1» j
Niinra-«as4>Qute (Bac), aedm de la im 4aa
ntntÊp 1^8*
Niova-NonuhDuii (Rae). iS«. lU. i«i. lU.
NHvn-JImmni (Rne). 170.
Nnvȉ4i]iT4)ma ( Une) . on BLmM ..K
Nnnra-Stnrr-llinHnr (Rne). 109
NnT»44iii»-Pi>i (Rw). en GUiM l, 194.
Nanntia (Raad h), «keealiar. 33S.
Nami (Le coarte ••). pina lard dnr de lanr-
fp(ne aow le Bam de /ta* aaw hm. 3M. —
Vur a^M Roooaaau.
NwobUHAwM (Rm). toS.
Nieoue-Roit (Rat). to8.
Nmous m Mtaanu. aalear i»tm ymn de mn
wmtlmTmiMmUtlImTmtffi, «%
Nnoua-Fuaat (Roe). «1 1.
NnariM. ni de Bilkjaie. 1 U.
Niowai«(Bitfbd»). «S4.9S8. «S«.
i(LMlliMMid(}. tt;.»;.
I (CkilM). «an» di riK*AvdM «if«e f-
^afarw aa 4r h blintm db «a^aMy . ^-
NoMn^'Airae» (Vlife de), ktf.
■1
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGflVAUX.
NoiDENT (Jean de), receveur du duc de Bonr(jogne,
34a, 464.
Noire (Mer), lot, t46.
NoNNAiNs-D YèRES (Rue des), 917.
Nord (Gare du); son emplacement, aag.
Normandie, 170.
Normandie (Charles de), 35o.
Normandie (Guillaume duc de), lao.
Normands, 106, !56, 167, i83, 186, 188, ao5,
aai, 296, 928, 55i, 571.
Notaires (Chambre des), 197.
Notaires DU Roi, 16, 69, 5i.
NoTAiRES-ET-EcRivAiNs(Rue des), 176, 177.
Notre-Dame; sa châsse dans la calhëdrale de Paris,
i54 ,961. — Son image dans l'église des Céles-
tins, 192. — Sa statue dans le cimetière des In-
nocent», 198, 194, 284. — Ses reliques, 280,
537, 575. — Son image sculptëe au petit por-
tail de l'ëglise Sainl-Jacques-la-Boucherie , 455.
Notre-Dame (Cathédrale), i5, 159, i63, i85,
389, 44i, 5ai, 539. — Sa description par
Jean de Jandun, i5, 45, 46. — Sa description
par Guillebert de Metz , laa, laa, i53, i54.
— Prétentions de sa chancellerie, 166. — Statue
équestre de Philippe de Valois dans sa nef, a44 ,
245. — Description des châsses qu'elle renferme.
— Son cartulairc, 263. — Hille est visitée par
les alchimistes, a84. — Procession générale qui
y est faite par la faction bourguignonne. 4o6.
Notre-Dame (lie), théitre des exercices du tir îi
l'arc ou à l'arbalète, 174, 220.
Notre-Dame (Pont), 160, 597.
Notre-Dame-de-Boulogne-la-Petite (Église). a3i.
Notre-Dame-de-Halle en Brabant, 338.
Notre-Dame-de-Liesse (Église), près Laon. 570.
Notre-Dame-de-Mesciie (Église), aaô.
Notre-Dame- DEs-Bois, ou statue de la Vierge dans
le cimetière des Innocents, 194 , 984.
Notre-Dame-des-Ciiamps (Eglise), 96, ii4, i42.
92a.
Notre-Damk-de-Vertd8, i84.
Notre-Dame-dd-Mont-Carmel (Ordre de). 189, 191.
-Noyers (Rue des), 180.
NoïON (Ville de), 171, 467,528, 578.
0
Observatoire (Avenue de 1'), 998.
OcTON ville (Raoul d'), l'un des assassins du duc
d'Orléans, 338.
Oder, fleuve, i46.
Odofhède, jurisconsulte, 45o.
Odon, abbé de Sainte-Geneviève, j8i.
OiGNARD (Rue), primitivement 'Amaury-de-Roissy,
puis comprise dans la rue de La Reytùe, 910.
Oiseliers, à la fin du xiv* siècle et au commen-
cement du xv', 367, 368.
Okah (Guillaume), ou Oecam, franciscain, auteur
d'ouvrages relatifs au pouvoir temporel, 9, 5i5.
Oleriks, chants religieux, 97.
Olivier, compagnon de Roland, t45.
Oratoire (L'), i3i.
Orderic Vital, moine de Saint-Évroul, 448, 449.
Oreshe (Nicolas) , professeur au collège de Navarre,
soupçonné d'avoir traduit le Defensor pacù , 8.
— Auteur présumé d'une translation complète
de la Bible, 89. — Regardé par quelques-uns
comme l'auteur du Somniitm Viridarii, 90. —
Il ouvre la voie aux traducteurs, 895, 4i9.
Orfèvres; siège de leur industrie, 16. 909, 469.
— Leur confrérie , 188, 470, 471. — Mentionnés
dans un mandat de payement donné par le duc
d'Orléans, 339, 333. — A la fin du xiv' siècle
et au commencement du xv*, 36i, 869. 363.
— Leur industrie au moyen âge, 466 à 483.
Orgagna (André), peintre; ses fresques représen-
tant les Trois Morts et les Trois Vifs, 969, 270.
Orgagna (Bernard), peintre, frère du précédent.
269.
Orgemont (Aniaury d'), archidiacre d'Amiens.
doyen de Tours, chanoine de Paris, partisan
du duc de Bourgogne, 342, 343.
Orgemont (Nicolas d'), évêque de Paris, 334, 843,
486.
Orgemont (Pierre d'), chancelier de France, ujâ.
348.
Orgues de la chapelle du château, à Blois. 569.
Oriflamme, 119. 201. — Son origine. i4y. i.">o.
— Cérémonial observé à sa réception et à sii
rentrée, lig, i5o. — Importance qui y est at-
tachée, 267. — I^evéesqui en sont faites. a58.
— Perte de cet insigne, 258, 259. — Trois
types, aux xiii', xiv* et xv* siècles, 959.
Orithve, reine des Amazones, 56 1.
Orléans (Charles d'), comte d'Angoulême. 498,
475, 517,520,591,528, 569. — Gravure qui
le représente, 5 18. — Astesan lui dédie un de
ses ouvrages, 594. — Texte et traduction latine
d'une de ses poésies, 095.
TABLE ALI'IIAHKTI
OniiA>is(HAU!l«r).9a3, ai4.
(hi.y.x'iH (l/tiiig duc d'), ri>ère de CbariM VI, 96,
fjî), 190. Mj», io5, 933, «30, «06, 987,
33/1, .'lijH, 4o3, Ittj. 'iiij, /mj, 5«t. —
Mandat dnriti/' |iar lui en faveur de piusiminar-
ri'vrcH, .'{.'{•j. — Influence do lon mar^ga rar
je d)->i'li>|i|M!iii<!iit du eominerw det Loadunb.
336. — Corliri potion de Dino Itapoudt i m
mort, 338, 33(j. — ]j>n Pariiiem ■Uribocot i
M'H ninwàJH ru);frrttvation de* intpAt*. hoh. —
AKirlcH d<-8 d('|M>niM» do m nuiMin rrlatib «ut
nifMicsIrclH. It'.ift, fi'.iîi, li'.\f). — Arlirlrii n'Ialif»
il dim Inivanx de copie et dVnluniinurt', 'ili'i. —
Vlii(;ni(iccnccde «on orgontmi,', h-jb, 676. A77.
/171J, /iK(t. — (iunfionnnalion joiinialii-n! de M
maison, tuyi. — Son tondtcau aux C^b-stini,
."ia-j, 54 1. — lilriii (gravure). .'>4i. — Aw-
timile dn Hon ëcuMton, .'i'jS. - Il enrichit de
nouvrIIcti ronKtnictions le rliAteau de (ioury.
ï)!)"]. — Il fond)! uni' liihliolliiVpm nu rliAlrau
de iilois, 5(i(j.
()ri,i!anh (l'liilip|H'. duc u'). hi-ri' du roi Jfnn.
auo.
QliK DES MATIÈRES.
OuÀu»{fmtti). t«S. i^k.
()iUm* (Viik d"). 109. t«i. Ui. S«)i
enpliMiwr AriMM.S;!.
thiiim Umtmnu (Pnîiçai* •'). tft.
Uui«>»ë*Mfll«MMé (Rm #).
Smh, «oS.
Oui de JÊktCtmm, tU, eiS.
OunwM (Dnwiim d*). S4«.
UuMMiUprMdMlO. ••*•
Omm> (Pkd). aoiev de fi
ne, iSi. i4o.
6U
OntL(PanMBed').a«<
(Hmumi. ebUdeSeiMUÈvrad. kW.
(Ml. propUle.çS. iiS. i4«.
Orem.eiqMnwd'AleMfw. 1(6.
Otmw •■ PMnsn, (lMMJi|Miir. io«.
Oeea {('munit), «nenl tnmfm, 4, &, 6
Ovii (Rue ma), voir Oeee.
Ovencuo, «flir OiM.
OvM(llaeedi). 196, coA. tto ee9.
Oovunw, voir AenuM.
()tt»k. |ioéte leliii, 9S. V,
()»«•• ^ Ville d*). i3&.
I'adour (Ville de), 101.
I'akkvi^ (Hue), i()().
I'ai.i fabriqué h l'orii;; sa Immum- tpialiti', 16. —
Kndroitsoù il s«> vendait, 174, ao6.
I'airs iik Franck; ns.sertion fabuleuse de Geolfroy
deMonnionth il leur ^l'aril, 1 1.'>. — Liste de ces
dignitains uu temps dedbarle» VI, 110, lâi.
Palais (!.e), dons la (;itt',i5, 16, 47,Jl«j. nia, i.'>7,
i63, 407. — Sa description par (îuilltdiert de
Metz, 1 58, i5(). — Sa description pr tslesan,
5!io, 591,533,535.
!'Ai.AiHr\ti (Villoffi* del. 489.
pALKrHK^iKns, ù la lin du \iv' siècle et «a oonuMO-
cenient du xv*, 36y. 370.
I'ai.kstiik, i45 , t8().
Palk.ht»o (Hue de), i8().
Palu (Morrli<<), voir MARCH^-PALt).
Palus MiioTinn, lot. io3, loft, i3«. i33.
Pammojiik, lui, i33, i46.
pANTHioit, i64, 173, 179, 190.
Paon (Hue du), octiiellinient Lmrty, 176. ««3.
Papk (l.e), dons la Ihinir Muettirt, «96.
Par«dis; com|Miraison de Ports k ce Itea de iMim.
43, «5, 97. 57, 439, 44o, 4tto,
Paradis (Jeon), ^rivnin, 583.
PAaAMa(RMde).ea Marais. 19e. 19*.
pARcHcentaia (Rnede le), mefawhe.
U rue des Mtmirm m ttwmmmÊ, 177. 4&i.
PAKumisma (lhMdela),medrail». aaiwdtls
PHtÊ^ttntÊimtnÊ t ei«.
Pâacnamaw,S4,S&, 177.— A btadiuVëialt
et aa eeMMMewMda t**, a«4. 3tt.->Ve»
aoaai Êcbituw et lifimi
PAaainmiaa(Raedra). 177.
pARSoeae. mkmr de k TMê rlrmlypi ém
orémmÊmtm im ni» d» Ftmtm, e4S.
PU». fibdeMM.te4.
Paiu (Gerioa). aaiew de XlUmàt r^fm S
Pisis (I^Âmtc). aai.
pAtt* (M. Padia). Mndwede llMliM.
aaCoMfedePr
crile de b KUiallilfW iafdriile. U. 88. 9ai.
97. 109, iSS. tSS. Sei. I9&. 4»4. 4iS.
4i4.44o. 4ee. US. U4.
fém (Phi* de), iiliili 1 I plese da UMrf.
49..
pAa» ( PeHe de). M S* perte Stàt-Omm, aeS.
pAa» (Vae de). ^essM. — TeUi al
d'an eweelirhi le1e|W— lifw eari
fi/jÔ
DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
5o6 à 5j 1. — Jeu de mots sur son nom (gra-
vure), 5 10. — Vue partielle {fac-similé d'une
miniature de la chronique de Jean de Courcy),
582. — Idetn [fac-similé d'une miniature du
missel de Jouvenel des Ursins), 586. — Plan ca-
valier en i38o (notice et légende), 691 à 607.
Parisiennes; leurs mœurs, 56, 57. — Leur beaulë,
57, a3i, 488, 496,592, 545.
Parisiens; leur ignorance du droit civil au moyen
âge, i4, 5a2, 543. — Appréciation de leur
caractère, 16, 17, 55, 67. — Leur portrait au
physique, 57. — Accueil qu'ils font aux Francs,
io5. — Leur résistance aux Romains, 137, i38,
996. — Leurs pèlerinages dans les environs de
leur ville, 926. — Leur attachement à la Loi
Sahque, 944. — Effet produit sur eux par les
prédications du cordelierRichart. 4to. — Chris-
tine de Pisan leur reproche leur grossièreté en-
vers les femmes, 4 16. — Apostrophe qui leur
est adressée par Christine de Pisan, 49o à 496.
— Leur condition physique et morale, 5o6 à
509.
Parisis ; description de plusieurs bourgs et villages
de cette région, 94. — Résistance opjwsëe par
ses habitants aux invasions des Francs , 1 06.
Pabisios; observation sur ce mot, 66.
Parlement de Paris, 16, 48, 49, 5 1, i58, 160, 168,
186, 9 43, 394,344, 35 1, 353, 59o, 599, 543.
Parloir-adx-Rodrgeois , 178, 390, 396.
Parvi-Ponti^is, ou AaJiVnnte rfu Petit-Pont, i4.
Parvis (Place du), i55, 161, 169, 407, 4gi.
Parvis (Ruelle du), 161.
Pascal (Rue), 999.
Pascal III, anti-pape, 100.
Pasqdier (-Etienne), auteur des Recherches sur la
France, 5i, 88, i53.
Passementerie (Rue de la), plus tard de la Vieille-
Monnaie, 199.
Passion (Confrères de la); ils louent une salle à la
Trinité pour représenter les Mystères, 186. —
Ils acquièrent une partie de l'hôtel d'Artois, 1 95.
— Ils donnent des représentations dans les bâ-
timents de l'hôtel de Flandre, 196.
Pastourel (Rue), 91 3.
Pâtissiers, à la fin du xiv" siècle et au commence-
ment du XV', 365, 366, 367.
Patriarche (Le), dans la Danse Macabre, 298.
Paclmy (Le marquis de), bibliophile, 196.
Pavée (Rue), 175, 195.
PAviE(Villede),5i6.
Pavilly (Eustache de) , carme, docteur en théologie ,
933, 390. — Se» efforts en faveur du parti
bourguignon, 407. — Sa participation à la sé-
dition des Chaperons blancs, 4o8. — Apprécia-
tion de la forme de ses discours, 4o8, 609.
Paysans, au moyen âge, Sao.
Pecqoai (Impasse), 9i3.
Pédagogies, ou Pensionnats, 176.
Peignot (Gabriel), auteur des Recherches sur les
danses des morts , etc. 193, 967, 969, 384, 463,
498, 5oo.
Peintres, 53. — Leur confrérie. 1 56. — A la fin du
xiv' siècle et au commencement du xv', 364.
Peihtres (Impasse des), 110, aaS.
Peintres (Porte aux), ou 9' porte Saint-Denis , aaS.
PÉL4GE, hérésiarque, 101.
Pèleriî» (Le), dans la Danse Macabre, 3i 1.
Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. 191.
— De Saint-.Maur-les-Fo8.ses, 996. — De Notre-
Dame-de-Mesche, aaô. — De Nolre-Dame-de-
Roulogne-la-Petile, 939.
Pèlerins (Rue des), 191.
Pelleterie (La), dans la Cité, i64.
Pelletiers; leur quartier, 16A. — A la fin du
XIV* siècle et au commencement du xv', 365.
Pénélope, reine d'Ithaque, 947.
Pentapole (La), en Italie, i45.
Penthésilée. reine des Amazones. 56 1.
Pépin, fils de Charlemagne, i45.
Pépinière du Luxemlxturg, 993.
Pépin le Rref, roi de France, i44, i45.
Percée (Rue), 917.
Percy, ëvéque anglais, 1 15.
Pebdde (Rue), ou Maître-Albert , 180, 181.
Perizonids (Jacques), auteur des Animadiersiones
historieœ, i36.
Pernelle, femme de Nicolas Flamel. 193. 911,
455,458.
Pernelle (Rue), quartier Saint -Jacques-la-Rou-
cberie ,911.
Pernelle (Ruelle), quartier de la Grève, 918.
Pernelle -la -Pastourelle (Rue), ou Pemelle-de-
Saint-Pol, quartier Sainte-Avoie, ai 3.
Perpignan (Rue de), 169.
Perquin (Jean) , marchand de laiton , exécuté comme
partisan du duc de Bourgogne, 343.
Perrin, écrivain de l'empereur Sigisniond. ia5,
933, 453.
Perrin de Sens, harpiste, lai, a33, 4a8.
Perrin-Gasselin (Rue), 108, i38, 909.
Perrinet le Clerc, fils d'un quartinier de Paris,
9a4, 344.
TABLK ALl'HABKTKi
PKRItE, |)0ëtC lotiii, (j't.
I'eiitz, ëiliU-iir (l'un recueil (lf> (lapilulaim, toi.
•j/i3.
l'r.RfiHiNO», lunioin im|iro|irciii'>iit iIhiiim- à Jran <lf
Jondiin, h.
I'P.T-*U-I)URI.K (l'tfflTC (iitc (lu), !il)l, •tio.
I'mit (J«an), (lu^il(i)[ieii , 39«j. — Il ligure lUm
une. IIhIc (i'n»tiï)l()|rii(>« , /|&6.
FuTIT-CiRUCIKU (IWhmIii), «HJ.
I'etitk-I'ohck, iiortion (!(> \'\it>Uà Av Im t'oni , t^k,
I'ktitk-Ohrrrik (l>n), 169.
l'rTiT-FoiiR (lliip (lu), t7(j.
Pktit-Lion (Uuiïdu), 110, 19&.
I'ktit-Muciik (IIu(>II(^ du), 91G.
I'kTIT-MiSC (IliUcI (lu), l(j/|.
I'rtit-Mi.w: (Uu<; du), 191, 19/1.
Pktit-I'ont ( Le) , liid)il(' |Mir de» prorcMeur» de plii-
JoHophic 8C(iiaiiti(|uc et icura élèves, tk. — Sa
(l(!8criplion iiertiiMlofroy, i.'>. — Il mI \tté'fMT
d'un i^riuid niiiiilirc d ii|Hitiiiciiin*it, /i.'l. — Fae-
«i/n(7r d'iiiK' iiiiiiiiitun! (|iii le tcpràMnitc, 44.—
(îrovun!» (|ui lo repr('-<MMiti'iit. '.tk. — On y vcihI
t()ut(!x Horlti) d(> d(>iiri'<-M, 109, 17&. ^Solidilt'
de HO coiiKtnirtion, iGo.
I'ktit-I'ont (llu(! du), 184.
Petit -Saint-Antoinr (lldpilal du), voir StiiT-
Axtoi!(e-i.e-Petit.
pKTiT!HCHAMI>!( (llut! (!(■!*). OU Ilrnnl6mt , iSÂ, «O9.
Petits-Souliers (Hue aux), 9o3.
Pkscab», rivi)\n> d'Italie, iA5.
I'kiipi.k ^l<(*), doiiH In (inidc, <jh, 1 1 ■( , ■ k>.
Pharamoxd, io5, t34, iS8, «49.
Pharamii!* (Ilpiiri), pr^ln?, 44i.
PiiAREN (Syiiion (le), iisintlogue, outcur du HtamI
lien jilu» cflèhre» axtmktgient , 445, 446, 4(7.
Pll\HMACIKN!), voir ApOTIIICAIREa.
PiiJiuRF,, |MM>t(> Inliii, .'18.
l'iiii.AHKT DE Camiia. voïr Alrxardrr V.
Philippe, comte d(> Valois H duc d'AIru^tn, fil» if
Louis l)> llutin. 196.
Phiupce II, dit Auguêtt, roi de Fraiire, 61. too,
i46, 147, i65, 167, i83, 190. «aS, 4«6. «17,
•j3(j, .'I'j I, 4.1 i , 5(j6, — Son enteinle, voir Rv
cbiihte.
Philippe lil , dit/r Hardi, roi de France. io4, 194.
Philippe IV. dit /c /W. roi do France, ii. fi . 8. 1 4 .
•1."», (il. •loi. -j.'Uj. ;{-ii. '117, 487. — Il (ail
lnMis|Mnt('r l'i In Sniiili>-t'.lin|ii>lle la tête et ami
Louis. 47. — Il confinm et Mi||nanla h» «Maip*
lions do taxe aoear«Maa«u fcoliaca. •SS.<— LmI*
LK DKS \IATIKRE.S. #47
àm piMripi tiH|iih daPbmt mméf,^.
3ai k SiS. ~ Éinlnitfi éê b |i|iilii ■ ^
Paria taMoaarlfM. «57.
PaiLirrt V. dil b Lm^, m éa fnmmx à mmtéf
piwiaiin bvMinè RMd r* (la rmW. M.»;.
— Il doM m jMafcJM kfmyftiâm m
HaiolMidHl. ««S. -^ U tam4» la
da floaHidn «M ^iia * BNiagw p«»
•Sa. — CaM*|MWM da rawapi ImI «ft* Im
a(ieee«tadaPkadn.ta.
Paium VI , dil d* VM$, nida Vnmm. »
iea piéààmàê et PhiImuI. «9. ■. U
daa latlna de f^M^aa à RMd U da
84. — Saa rnnrliiim • fe«M> 4t f^^W
iSJ. ~ 0 «ontriUa k b fcUaliM da rUfM
tioo d'une nowMfla aaiM* ivjrab m Um ^
VineenHa. 9tj. — Sa riataa éfmtn da» b
calbAinb NMi*-Dmm. «44 . %ki. — «A»
(gravure), «tS. — Sat fklaîni
«44. aS3. t6^, *M. — H bmm mm
(ialioB pitoia da b «•■«• da Jaai da
lin, 3*9.
pHium M (lalntUM, 4
kwbfaȃM|i .h,i
Paaipra at Funums. de
teitarmilklàipi.ith
Païufpi M fiaiva, ebt
meà» da Nak».lli»
i6r>
pMurw p« Mmiuw. c
Jhi d»Uw»<i»» 1
dMMaiitrda tvjmm
a d» Chypn. 97. M. —
()n lui aUriliae b Sm
wmm rwidÊfii, 90.-11
«t aa MMBbn dia 1
HiAiibwi fctariy» par
Ciiarka V. 4i«.
Païupvt aa Vriav. tradudaar. 39Â.
Philippe Ihacux (TaanMflpda). phaiard afpMa
tour de Smk, ««4.
pHiuppt La Boa. dw da
l'UunanMda Pkria. U. «7. 4«.
MB daMtf * jMadr
diwb«d^|*d>llaMn». C
hoitau: dbbab da «Ma prafàm. 394.
PmimM (JaaB). 107.
pKaod (M. b bana JdrtM). dfib» dv Jb-»
fNT dp /Ww . Sa&. 4M. 487. 491 . 49« . 49S.
Picaca (Hanaaa da). aa&.
Pkti*. aoEM» halàlaala d* b tiiinl n . ■«•
hill.pap». aai.
(■■a).49i.
1). iMi^otaw aaMaad. 499.
Puata-M-LuT (Iw d» b). ai 1.
6/18
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
PiERRE-A u-PoissoN ( Ruelle de la ) , ^ o 1 , 911,491.
PiERBE-Aux-BoEUFs, cordelicr, 898.
Pierre de Luna , voir Benoît XIII.
Pierre de Luxembodrg. 333.
PiERREFONDs (Ghâtcau (le), 557.
Pierre-Gasselin, appellation inexacte de la rue
Pierre-Sarrazin , 176.
Pierre-Sarrazin (Rue), 176.
PiET (Rue du), ou du Pressoir du Bret, section de
la rue des Deux-Ecus, 9o5.
PiGANioL DE LA FoRCE, autcup de la Description de
Paris et de ses environs, 198, igi, 901, 9Û4.
PiLATE, 565. 567.
Piliers des Halles, 908.
Piliers (Maison aux), voir Maisos adx Piliers.
Pilon (Germain), sculpteur, 188, 198.
Pilori du carrefour Guiilori, 108. — Des Halles,
198.
Piv de l'abbaye Saint-Victor, 991. — De l'arobet
Saint-Merry, 991.
PiNCHART (M.), conservateur des archives à Bruxelles ,
198.
PiRONEs (Rue des), appellation inexacte de la rue
des Prouvaires, 906.
Pirouette (Rue), 906.
PisAN (Gliristine de), femme poëte, 98, lai, 199,
i48, 900, 934,439, 44i. — Son dévouement
à la cause royale, 191, 419, 497. — Notice sur
ses travaux, 4i5 à 419, 497, 498. — Son
poëme en l'honneur de Jeanne d'Arc, 490 à 496.
— Gravure qui la représente oflrant le roman
A'Othea au duc d'Orléans, 4 18. — Fac-similé en
couleur d'une miniature qui la reprëseiilc com-
posant ses ouvrages, 497.
PisAN (Thomas de), médecin et astrologue, 4 16,
44o, 44i.
PisE (Ville de); fresques de son cimetière, 969.
970. — Extension de son commerce, 897. —
Son concile général, 899. 4oo.
PisEL (Robert), 1 10.
PiTHou (François), auteur d'un glossaire des Capi-
tulaires et de la Loi Salique, 948.
Placement (Maisons de) pour domestiques, 919.
Plailly (Guy de), évêque de Senlis, 10.
Plans cavaliers de Paris et de Senlis, 74, 691 à
600. — Légende des rues , etc. de celui de Paris ,
601 à 607.
PLANCHE-MiBRAi(Rue de la), 911, 919.
Plancher (Urbain), bénédictin, auteur d'une His-
toire de Bourgogne, 889.
Planchette (Impasse de la), 998.
Plaod, théologien, 899.
Plat-d'Ktain (Rue du), anciennement Raout-l'A-
veitier, 908.
Platon, 4i, 98.
Plâtre, employé pour la construction des maisons
de Paris, 77, 93 1.
Plâtre (Rue du), dans le quartier Saint -Benoit.
180.
Plâtre (Rue du), ou la Plâlriire, dans le quartier
Sainte Avoie, 91 3.
PLÀTRiiiRE (La), ou Vieille -Plâtrière, actuellement
rue du Battoir, dans le quartier Saint-André-
des-Arts, 176.
Plâtrière (Rue), actuellement Jean- Jacques-Rous-
seau, dans le quartier Saint-Eustacbe, 71, 196.
Plâtrière (Rue), plus tard rue de la Courroirie,
dans le quartier Saint-.Marlin , 1 99.
Pladte, poëte latin, 98, 5oo.
Plessis-lkz-Toi'rs (Château de), 578.
Plessis-Sorbonne (Collège du), voir De Plessis.
Pline, surnommé l'Ancien, 438.
Plumets (Ruelle des), 918.
Poètes parisiens sous le règne de Charles VI , 988.
— Voir aussi Pisan (Christine de) et Laurext
DE PrEMIERFAIT.
Pointe-Sainte-Eustache (Rue de la), 908.
PoiRÉEs ( Rue des ) , 178.
Poirier (Rue du). 919.
Poisson; son abondance à Senlis, 77. — Lieu ou
on le vendait h l'aris, 901. — De mer; maison
de la marchandise de cette denrée, 907. — Idem;
sa consommation sous Charles VI, 494.
Poissonnerie (Rue de la), ou place au Poissoji,
189.
Poissonniers, à la lin du xiv' siècle et au commen-
cement du \v*, 865, 866, 867.
Poissï (Ville de), 4i6.
Poitevins (Rue des), 170.
Poitiers (Bataille de), 958, 898, 43o, 471.
Poitiers (Comté de), 147.
PoiTiEBs (Ville de), i44,96i, 353.
Poitou (Philippe, comte de), régent du royaume,
plus tard roi sous le nom de Philippe le Long ,
87.
Poix (Jennet de), partisan du duc de Bourgogne.
348.
Pomard (Hugues de), évéque de Langres; il con-
tribue h la fondation du collège de Cambrai ,179.
Pomme (Rue de la), 169.
PoNCEAU (Fontaine du), 198.
Ponce-Trebatti (Paul), sculpteur, 198.
TABLK ALIMIAK^:T1oUK DES MATIÈIIES.
PoNT-AoClUNOB, VOÎr GuilD-PoKT.
Po^t-Kbxi^, 101 .
PoMTIIIBi; (OlIllU? (Ifl), tifj.
PoNTUiEij (liC comte de), ao&.
PojiT-N Eur (onricn), voir SjtruT-MiciEL.
PoNT-NEur (nouveau), la-i.
PoNT-NEur (Rue du), aoi.
PoinTOME (Ville de), ni, lai, tht, igs.
Pont-Peeeim (Mai«on du), igA.
Pont*, 5-io, 5.3 i. — Voir bum! CM*igtntM, Co»-
COHDE, (î«»JII>-P0MT. iN0TRE-|)«lE, PrtIT- Po«T,
PoKT-NErir, SaIIT-CIlOB», S*IKT-Mlr.HRL.
PoPiMcoiiAT (Ilnrncau <le), ooB.
PopvLtTio<t (l(! Paris; son chiiTre mmu ChariM VI.
■i3a, fiHïi h /189.
PoREL (Kue de), voir Poir<h.
Port aublë,ai8. — Au foin , < 1 8.
PoRT-A-MttTRK-PiERRE (Ruc du), OU de la Poùêim-
nerie, iSa.
PoRTR-lliODET (Fontaine de la), 198.
Portes de [Uiiireniilf, ou haute parlirAc \a Villi". ou
rive ifmirhe, gai h 9 a 6. — De la battt parité
de la Ville, ou rive droite, 99& à 93i. — Gra-
vures qui les représentent, 991, 996.
Portes (Hue des), ou des Deiur- Portée , acUielle-
luenl de Sorbonne, 177.
PoRTE-SAnT-MARCEL (Rue de la). 180.
PoRTKiRs, h la (in du \x\' siècle et au nu nirr-
inenl du w', .ICg, .370.
PoRT-t'EvÉgUE, 161.
PoTKHiR (Rue de la), quartier dus llnlies, 198,
•loO.
Poterie (Rue de la), quartier de la (Wve. 91&.
PoTRnNE-SAi<iT-PADL ( Ruc de la), actuellemeni de
Joui/, «117.
PoTiF.H ((îuillauuieetGuy), 9ii.
Potiers de terre; sit'(;n prinripnl dr leur iiidiistri»*.
•il /t. — DVlnin. ii la fin du xiv' tiède cl au
cominencemcnl du xv*, .367. — Mm; leor hâ-
l)ilH<<, 48.3.
PouiLLE, contrA» d'itnlie. i43, i45.
PoujootAT, A;rivnin fninçais, 4i5.
PoDLAiLLBRiE (Ruede la), 919.
Poiii.iEs(Une des), ocluellement du Ltmrrr, loâ.
PoiLTIER(lllie), 9Ï0.
Poi;p^E(Rue), 176.
PoiRi :K*r\ (MnrrhiÇ aux), dit auau YitiUe-pket^**'
Vourcfau.r, Pinct-anx-Ckatt fi Fo»J*^«»-Ok»«M .
94, 108, 90.3.
PorRroiNTERiE(I,nK \oir Liiirari» t Hoe d«).
Poi'Ri'ui>Ts. fabriqu«fs rue des LomWd*. «10.
Pai-APt-CtaM». If. «té. 4*7.
PiÉBnvM (Rm ém), «07.
PMkv (Jmhi m). «IraltgM. Sii.
PiiMeATma pwWaM. mMbrl|M4tCUilain.
•SS. S9S. -. OhwralinaH» b bnw4t Un
fcnBow. 4of . — V«irmw Cwm. UGww.
La llAaau(ibaMU m). Pânu*. Inuar.
?umamut (\JÊÊ^4»).mQmmf»pm. 4i«.
pR<>09Tti(AU«ytd>). 171.
P>i«u«TRÉi(CoM||t4«). 171.
Rama» (ColUfa <it). M. 9e. 17c.
PuKM (JaMNM M). Ut ia iMd U ^ PMrfa.
85.
Prm.» (RmmI h), ait da Lit;. 1 1 lu a» fwr-
iesMOl, 8S,8A,8S. 88. 117. iSi. 17*.
PwLM(RMdll).M«MAi piiliiil. 84.88.
Pâma (RwmI III). Indadav at la CM A Ow.
83. 1 19. t43. 9S7. — OfcHnviini piW-
naira» aar aa Otav^plMi 4» Pmi» mm CkeHm f,
II . 1. — S« faonb. 83. 84 . 84.— IMlMb «r
■a vie. 85 à 89. — IMk» em mUnmn. 89
h 98. — Fmtimile tmm lawiifii ^ la i*-
préaaote. 98. — Sa Deemftim ée fmà «w
OUriM F. 99 4 I iS. — VariMto 4a aa Hk»
myiiwii^ffariidaûarwwry <afwiiiirt4»
M<te.nirlaiMl«4*iSo4 i48. — SMM^-
ritolitMrairc. 394. S9S.
PaiMNB de riMlal-Dita. ««3.
P>Haon-a«-BuT (Rw Ai), ««r Pv.
PalîM wi Sinr-BatAoïa (Rae dv). 908.
PainM-SAnT-PAn. (Rw d«). 1
Imugm. 917.
P»éT«T»aPAaii(Lff).aHH«
339. S4o. — Pnwl iMrt 4 la
rmayiiM Oafai HT. «Sfi. —
pmimm de Jm m» Ptar. S3J. 334. 34«.
-Cuiia«>alafdeapiia%wd»4uiii^.48«.
PaifAt Mi MâMuna (U). aM MtoedÉifM-
lioa: MtariM <|W W en dA%««» pr Jim «»
pMr. 379. - Voir ««rf ficMtiuM.
PaïAi. io3. iSS.
Punm (Le), dma «w ddttMi di M dv IV«*
Ifwtt «t dM 7M( f^. •7«.
Pinca a Amm (U). «34. 398. 4«7. 487.
Pmsom de b P«Ne. 198. - D« CMirfrt. 197.
333. — De Uêêm, 198. — iÊàm-lmm*.
«98. 999. - SeÉrt-Martà. 198. — Cdbaea
mmà Vm ba ■iim twi de >■■ a4i8. 844.
Pioceu— .4b8idMW«i*rfei«w III 1
Idai**. 3&8 4 3«t.
fëbi
■ItT. — I.
650
DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
exerçaient à la fin du xiv' siècle el au comnien-
ceraent du xv", 356 à 36i.
Promotedh (Le), dans la Dame Macabre, 3io.
Propositions de Marsile de Padoue , condamnées à
Rome, 7. — Idem, à Paris, 7.
Prostituées, 208, 909, aia, a34.
PRODVAiREs(Rue dcs), 193, 199, 906, 348.
Prouvelles (Rue des), voir Procvaires.
Provence, i46.
Prud'hommes (Conseil des), à MeUs, laa.
Psaumes de David, a3.
Pcits-Gertaih (Le), 179.
Pdits-d'Amodr (Le), 907.
PoTE-y-MccE (Ruelle), voir Petit-Mochb.
Pdtigkedx (Impasse), a 18.
Pdy (L'évêque du), docteur en droit civil. 933.
— Question soulevée à son sujet, 4oi .
PrniKÉES, 1&&.
Q
Qdatre-Fils (Rue des), 197.
Quesnel, auteur d'un plan de Paris, 59a.
Qdicherat (M. J.), professeur à l'École des chartes,
107, i38, i5i, i83, aa6, ^19.
Qliscampoix ( Rue), 1 1 1, i85, 196, ao9,9io,&6o.
Qci!ite-Cdrce, historien latin, 395.
Odiktilie!» (L'abbé), i84.
Qdiuze-Viîiots (Hospice de»), 187, 189.
R
Raae, rivière, i46.
Rabelais (François), i53.
Rademont (Terre de), 34a.
Racine (Rue), i65.
Racoleurs; siège de leur industrie, aoa.
Ragad , fille du roi Lear, 1 1 5 .
Ragdeau, auteur de ï Indice des droits royaux, 535.
Ramboteau (Le comte de), Prdfet de la Seine, 455.
Rahbdteac (Rue), 111, 187, ao7, 908, ai 3.
Ramds (Jean), 11, 17a.
Raodl-l'Asnier (Rue), ou Raout-l'Avenier, actuel-
lement du Plat-d'Etain, 9o3.
Raodl-Mdcet (Rue), aoo.
Raodl-Roissolle (Rue), ao6.
Rapinat, commissaire ordonnateur sous le Direc-
toire, 359.
Rapine (Maître Germain), avocat au Ckâtelet, 359.
Rapioclt ( Hugues) , maître des requêtes de l'Hôtel ;
il prête serment à Henri VI, 345.
Rapondi ( Dino ), ou Digne Respondc , marchand lom-
bard et bourgeois de Paris; son hôtel, laS,
199, 3a4. — Son origine, 336. — Ses pa-
rents, 336 , 337, 339, 463, 463. — Privilèges
qui lui sont accordés par Charles VI, 336, 337.
— Sa complicité dans l'assassinat du duc d'Or-
léans, 338, 339. — Gravure représentant sa
statue, 338. — Ordonnance royale qui le con-
cerne, 339, 34o. — Fac-similé d'une quittance
à laquelle sont apposés son sceau et sa signa-
ture, 34o. — Article d'un compte de dépenses
qui le concerne, 463.
Rats (Rue aux), ou de YHôtel-Colbert, 189.
Ravenne (Exarchat de), i45, i46.
Ravt (Jean), sculpteur, auteur de bas-reliefs dé-
coratifs de l'église Notre-Dame, i53, i54.
Raïnocard, auteur français, 43i.
Réale (Rue de la), ou Jean-Bigue, ao8.
Réalistes et Nominaux, 4o.
Réaumur (Rue), i85.
Recommanderesses (Carrefour des), 108, 919.
Recteur de l'Université de Paris, 167.
Reginald, duc de Clusion , i45.
Regnaclt, raaitre es arts , partisan du duc de Bour-
gogne; son exécution, 343.
Reims (Collège de), 168, 179.
Reims (Rue de), 168, 178, 190. •■
Reims (Ville ou diocèse de), i46, i48, iSg, 168,
419, 467
Reine (Fontaine dite de la), 199.
Reine-Blanchb ( .Maison de la ) , dans la rue du Foin .
177.
Relieubs, 16, 54, 55. — A la lin du \iv' siècle el
au commencement du xv*, 364. — Voir aussi
Ecrivains el Librairie.
Reliques, dans la cathédrale Notre-Dame. i54,
961, 969,963. — Dans la Sainte-Chapelle , lôg,
591 , 537.539. — Dans l'abbaye de Saint-Denis,
93o. — A Lyon, 565, 577. — A Bourges, 567.
— A Orléans, 571. — A Tours el à Noyon, 073.
— A Compiègne et à Soissons, 575. — A
Amiens el à Saint-Jean-d'Angély, 577.
Remèdes, exposés dans des vases, 45.
Rempart (Rue du), a3i.
Rbnak (M. E.), 47, 53, 335,396, 397,396, 397.
TABLE ALI>ilAltt^:TI
an-
Kenard (nue (lu), ou <lu
rÀMmi'wcul cour IMiert, 919.
Ren*ui>-i.e-K1!vre (Run), 916.
RiN«uLT DE LuuiiAXH (1/! frère), venifleirtMir, 601.
Kk^^ d'Xhioo, roi de Provence, 3g5.
\\r.i)vhr.H { Motlrn de* ) , au Parkniipnl de Paria, 16 .
lit). Tm. 159.
Respomde, ou Reponde, m Baponde, voir Rim^m.
Rehtacit, f;rnmirioirien , 178.
R(ÏTHEL((;oll(!j;cd«'). «08.
REncHLiN, philologup Allemand, 6.
nKiiu.r.Y (llnmcflu dr). qa.S.
ItiiiN, fleuvn, toa, lo.l. io5, i"<'. »*<■• t3.1.
i3i, i36, \hh.
ItiiODKH (1,0 (rrnnd-mnitn* de), i-i;'). 'i^l-'t.
HllrtNE, llr'UVC, ïi(t'.\.
Itir.iiAHii. jrunr- onront niartyriw^ |uir k-H Juifit, igi.
Richard I", dit Gettr-de-Litm , roi irAiiglrterrf. 4.1 1
Richard II, roi d'AnfjJplorro, ii.'i, ^X\.
Richard de IIi'Ry, i'vi^<|iip dt> Diirliain, f^mml rhan-
celier d'AnijIrtfiTc ; «ou «ilmiratioii pour In villr
d<' Pari», .'>7, hho. Iitu . ïtoh.
llicHAHT, conleliiM'; m*» pn'dirationR au ciiiwtièw
des InnocenLs, «83, 988, 396, 409, 4to. —
Se» Rerinon» mi divers endroits, '110. fin.—
Résultat n(^|;atir di- ses eflorl!) dans l'inlérfl di> la
cause royale, 4i 1.
Riche (l,e), iiii des siininms de Clinrles \. l 'iH.
RicHER0UR(i (Rue), ou du fiM/ . dnri'. Ir- <|iinrlirr dit
Louvre, 46o.
RiCHEi.iRi) (Le rnnlinnl de), 169, 174. toti.
RicoKD, inoiiio de Sniiit-Denis, auteur d'uiir hio-
|rrn|iliie de Pliili|)|>(<-Au(piRte, 100. if»o, -n-j.
RioLAN, chinii^ien. 443.
Rive (Rue île lu), 918.
Rivet ( Antoine) Ix'iH^ilirlin .ni.
Rivoli (Ruede), 108, i83, 191, 199, «09. 9n3.
•Jo4 , -J I O . 111.914. •» I ,*» . •> 1 fi , « 1 9.
RoRKRT, nlib(< du Monl-Snint-Mirhel. 448.
RoRERT (Ooiir), actuellement rue du limard. 4 11.
Robert, roi de France. 99, 9»t).
RoRERT-LE-FàvRE ( Ruelle) , voir Rir>»m-ir-Fi»ii«.
RocHE-CiiivoM (HAlel de la), 197.
RocHK-i.E-MoiNE ( Rnlilille de la), 147.
Rocher (M. Rarl)eu du), |ialiV>graphe. 90.
RooER ( Pierre), voir ('.l<iieit VI.
RoHAfi-SouRisi (l/< prince pi). 196.
Roi (l,e). dans In OatMf Mât«hrt, *^.— MoH,
ihid. 3i,'>.
Roi-DR-SiciLE (Rue dn), 191. 196, «tG, 917.
Rois dk Fra<ici; leun lataM (Um la Gnndt Sdb
OLE DES MATI^.RES. «f
au Palaét. 16, 49. tM.~l
•Cm^B |Mr JcM 4a JaMin. Cl . — I
pootrair. 88. — MMb i^tlk k km mfié.
miAt, iik. — Lian mrktÊémm. i48. ik.
I S I . — I.IWI ÎMigMi. I «8 . 1 49. — CAte».
mk tkmm^fmmn h h iliiplfn é> fOX-
flMMW, 1*9. — Uar 4r«l4t ri%»a« Nr-
Véigka^tbà fwrii fAwwia.iga^ti—
Roiaar(ViHag»ib). ie4. iS4
Roua». BÊ-WtàtOtHkÊmfptt.rimmmmtfu pvv
iMMM. iflo. — Set d^laila. ilS.
Rotm. prinopal et eal%t ée R«— t— . iM.
RoLLiv-Mini»-«4ai(Rae).M Bmimm-^mtf». «•(.
Roiitm. 101. to«. ••7. it«. lia. 184. 187.
18. i49. i45. 147.871.
ll<><iE{UiUeiM>). «a6.
ll..aE(ViHe de). 108. i4S, i4S. i4«. 888.—
Sa mur pnntifcda. iSi.
RoqviuMui (U awiihii m). 194.
Rattcader^lBRHlIafevJlMie. iS. 44. 47.
Roaue (Rne). 180.
RuaBMCQ (Baiaflb et), t&é.
Rona: inptl aar «s iMn. «84.
Ratiiac(Riidkaa «i|MMdab). «19.
RiMt««»(Riiedea).dwwlt^—<wf Srit-4lBf .
t9&. ti4. 917.
RawwMM. (M.), mtém miimlir ém anèàm k
Dijoa. 479.
RoaiMHmu dMBlMl fMadMt ry«ar. ■•«. it4.
i&9.tSS.397.48S.
Rotsirr. dae de Fimri. i4&.
RAnatana. 4 k 8a dn tn* màd» H m cmbm»-
CMBMI da iv. 3«6. S««. 887.
de riavanv» o.
Roaonai. paMr, «9f|.
Rom (VOe •! •. 187. i4«.
17a. S98. 399.
Roau (U PMe). è r^giaa llalf»4laaM> , 1*8.
R«tLi(CkifA«lMrtelda). «-li
Roeaaate (liaa linaw). 71.
RorratT (FarM d>). *i*.
tUnuM (Plam). 19&. ao8.
RotAUt (PorteK oa 8* part» Smaê-lkmÊÊ, «aS.
RoTtii (Rae). aSi.
Roi irri: idéaa da tea dt laadaa mt m mj/ti,
49.88.
Raar •'^-•^ --V anhaflfwdrllaia». i«t.
•a.
652
Rdeil (Village de), io4, i34.
RoEsde la Cité, 161 à i64. — De VUniversité,
ou haute partie de la Ville, ou rive gauche, f]>t
DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
à 1 8a. — De la batte partie de la Ville, ou rite
droite, aot à 390.
Refus (Sextilius), citoyen romain, i36.
Saane (Guillaume de), trésorier de l'église de
Rouen, fondateur du collège des Trésoriers, 170.
Saba (Pays de), i44.
Sabine, province de l'État pontiOcal, i/i5.
Sacalie, voir Zacharie.
Sacrifices humains chez les Gaulois, ii3, i4i.
Sailly (Hugues de), partisan du duc de Bourgo-
gne, 343.
Sawt Amand, i54.
Saint Amatedr, i54.
Saint- André-des-A RTS (Eglise), i65, 171, 175.
Saint-André-des-Arts (Place), 176.
Saint-André-de3-Arts (Rue), 175, 223, 224, 46o.
Saint Anselme, archevêque de Cantorbéry, 100.
Saint-Antoine (Chanoines ou frères de), 191.
Saint-Antoine (Faubourg), 191.
Saint- Antoine (Grande abbaye), 191.
Saint- Antoine (Porte); i", ou porte Baudoi/er,
224.' 9% 924. 3*, 994.
Saint-Antoine (Religieuses de), 924, 22».
Saint-Antoine (Rue), 190, 191, 194, 195, 916,
917, 924, 46o, 535.
Saint-Antoine-le-Petit ( Eglise collégiale de ) , 191,
192.
Saint-Asaph (Diocèse de), 11 5.
Saint Augdstin, 83, 86, 88, 96, 101 , io4, 1 14,
119, 189, 466.
Saint-Acodstin ( Religieux de ) , 171, 176, 189.
Saint Avit, i54.
Saint Babolein, premier abbé de Saint-Maur-les-
Fossés, 111, 119, 139.
Saint -Bacqde, vocable primitif de l'égb'se Saint-
Hilaire, i65.
Saint-Bauthélemy (Église), i55, i56, i63, i85,
999.
Saint-Barthélemy (Rue), 160.
Saint Benoît, fondateur de l'ordre qui porte son
nom, 95, ii4, i49, 190.
Saint-Benoît (Cloître), 177.
Saint-Benoît (Collège), 179.
Saint-Benoît (Cul-de-sac), 919.
Saint-Benoît (Église), ii4, i65.
Saint-Benoît (Ordre de), 111, i56.
Saint-Benoît (Rue), 99 3.
Saint Bernard , 95, 100, 181. — Mentionné
comme auteur de la Vition de Fulbert ou Débat
du corps et de l'âme, 970.
Saint-Bernard (Église), à la Chapelle-Saint-Denis,
999.
Saint-Bernard (Rue), 181.
Saint Bertin, auteur des Annales de ce nom, 396.
Saint-Bertin (Abbaye de), 159.
Saint Blaise, ëvêque de Sébaste, 587.
Saint-Bon (Chapelle), 187.
Saint-Bon (Rue), 187, 919.
Saint Bonaventdhe, étudiant de l'Université de
Paris, 98.
Saint Brice, ëvêque de Tours, i54.
Saint Bruno, fondateur de l'ordre des Chartreux,
993.
Saint Christophe; sa statue dans l'église Notre-
Dame, i59, i53, 154,591,539.
Saint-Christophe (Chapelle), i55, 159.
Saint-Christophe (Rue), 161, 169.
Saint-Christophe (Ruelle), 161.
Saint-Claude (Impasse), 928.
Saint CLéMENT, 537.
Saint Cloud, (ils de Clodomir, i65, 939. 969.
Saint-Clodd (Pont et village de), 232.
Saint Cômb, i54. — Sa châsse dans la cathédrale
Notre-Dame, 262.
Saint-Côme (Rue), anciennement section de la rue
de la Harpe, 176.
Saint-Côme-et-Saint-Damien (Église), i65, 456.
Siint-CAme-et-Saint-Da«ien (Rue), actuellement de
YÉcole-de-Médecine , 176.
Saint Cortb, i54.
Saint Damien, i54. — Sa châsse dans la cathé-
drale Notre-Dame, 262.
Saint Denis, martyr, premier ëvêque de Paris, 91,
93, 95, ii4, ii5, i4a, i54, 106, 206.229.
93 1, 4 11, 468, 470, 547. — Fac-similé d'une
miniature qui représente son ensevelissement ,
11 4. — Gravure qui représente le Christ lui
dounant la communion dans sa prison. i56. —
Son cilice et ses vêtements conservés dans la ca-
thédrale Notre-Dame, 961.
Saint-Denis (Abbaye), 91, 109, 121, 199, i44,
i5o, 159, i83, 957, 958, 470. — Sa des-
cription par Guillebert de Metz, 929, 93o.
TABLE ALPIIARÉTIQUE DES MATIÈRES.
Pa«Mg« do poème d'A^tenan relaiift i lea Sun PuNHBrr. i64.
MS
(«(jlidf, 5/17,5/19. 5St,'653.
S4iNT-I)r.iis (iiaklillede), gS, no, t3g.
S*mT-Di!^i» (lioni-g de), 91, 99, 108, 191, t «4.
13/1, 138,5/17, 549,651,553.
Saisit-Dmis ((lolld)(o dn), 17/1, 176.
S.tnT-DKMiM ((iliroiiiqucit ilc), 119. tH3. ihh,
935, 396, /io3, Itoh, &07
Saii«t-Dei«ih (Porte); 1", antifncurc a Icnceiolede
l'hili|i|>e-Augu!*te, toH. — 9*, appuiaMiit k
l'nnreiiitn de Pliilip[ie-Au(pMte, 1 10, iSg, 188.
938. — 3', appartenante i'eDceiiito de ChariMV,
aa8. — /i', contemporaioe de Looia XIV, aag.
Saint-Deni8 (Rue), 108, m, i83, i84. t85.
t8ii, 188, 193, 197, 198, 199, 901, aoa,
907, 9o8, 909, aïo, 9tt. 919, 46o, 491.
697-
SAiRT-DEiiia-oE-Lt-CHAaTRE (Égliie), 109, |38,
i56, 16&.
Saint-Dbiii§-de-la4)iiartbe (Rue), voir Haot-
MooLirr.
Saint- DEfus-Dt-PAB (Éf^lisc), 157.
Saixt Demis i.'ArAopagitk, premier dvique d*A-
tlièncH ,91.
Saint Didier, i5/i.
Saint-Donat (Église), à Bruges, 339.
Saint ÉLEUTiiiRE, iiinrtjr. roiiipogiion de Mint
Denis, 91, •i-iij.
Saint Éloi, patron di's ordévrea, 108, a3o, &70.
— Ses reliques, 963, 671. — Sea travaux d'or-
fôvrerie, /167, /iG8, /170.
Saint-Eloi (Kglise), on rlio|)elle des Oi^tfrrM , 188.
Saint-Éi.oi (MonaHltV de), en la Cit<f, 167, i63,
i84.
Saint-Éjiii.ion ( Ville de), S-jg.
Saint-Esprit (An-ndedu), h l'Hôtel de Vdie, 191.
Saint-Esprit ((îoinniuiiniit)' des Enfantji du). 18&.
Saint-Esprit ( ilApituI du). 19t.
Saint Etiknmk; pien-es qui ont servi à son martyre
conservées dans la calliAlmleNotre-Dainc. a6i.
StiNT-^TiKN^K (ColkÇge ouëgiiae coiWgiaie), 17a.
Saint-Ktievnk (^Iglise), k Booi^, 566.
SAiNT-ÉTiENNR-DE»-('iRàs (Église), 96, M*, lit.
Saint ÉTiENNK-DE»-riRk8( Rue), voir fiai».
Saint-Étibnne-ou-Mont (Église). iti4. i6S. 170.
Saint-Edstache (Église). i83, 199, aoti.
Saint-Ehstache (Pointe^. 906.
SaINT-EusTACHE ( Porte), ou l" porte Momlimmrlrt.
93o.
Saint Eiitrope, thh.
Saint-Kirmin ((k>lk^). voir Bo»»-lùirum.
. «44.
4»).««
SaisT-FuNumn (Rat), «S ■
S4MT-Foa(PoNiWBM).l
StMT^aAMÇota (RaKgMMi di 1
■ttiirt de .Saiafc Owin, 187.
SuNT Gnan. o«aa«t Gmàifkt, Mrtyr: MCÉÉm»
'Umh«ÊAiirdt%iâi*1km. i&4. aia.
SAisT-GaoMB (CiMpalb). 186.
Saint G(aa*ni.é«lfwdiPliria,i44. 1&7. iM.—
SfMi ctliee daa k tÊétUnk Httn H—, ttt.
Su»T-Gnam{imàKmû). léS. 17S. 177. i9t.
SiiiT-tianin (G«il. ••). pncwwr ét9d. 44(.
StuT-GauAn (Parte). aa8.
Sânr-GaaaAn (Roe). «air Suw-Aaati a» Aw».
SAPrf-GiaHiia»m Paéa(Atfcqf). 1&7. i7&.««l.
3&a. - Sa hilKoAiyi. ««i. ~ iMm» 4,
aoa palTM. 48i. 48«. — Mna (gravm). 48«.
S«iNT-(;EaaAiN-»B»-l*a4a(Raaif Mfaéavf ). ««I.
!uMT-<iaaaA»-i'Acuaag« (CÛbv). aoi.
SAisT-Gaaun-t'Aasnaaa (Cgiat). iM. 18S.
Suw-Gaama-t'AaiiMBM (Rt). tfj. 198. a««.
•os, ao4. 817.
Sâiirr4iBaaâiiHL»Vim (Igliat). 1S7.
Siiar-GaavAia (Calage), voir Mahaa Gaa* •
SAi]iT-€aav*M(É(Kaa). t84. 186. —Oam fmtr
devant aa façada. i84.
Sii»T4<nvtia (HApiial). 4M.
SAm-r.iLua (ÊgliN). i&&.
SAiNT-TiiLLa (Rm). 19S.
SAiatGataonui, 1S6, 46<>
Saint GniLiciR »( Muxavtt. fawidalanf drlaea»
gr^tioo da» GiiiH»«iili . 190.
Saint Hiuiaa. étèfÊÊ à» tMm. ait.
SAiNT-HiLAïaa (Camfear). 179.
SAiNT-iiiLuaa(Égiiw). i(S. 179.
Saint-Hiuibe (Mool). 17S. if&.
Saint HiLAiRE (RneK 169. 178. 179.
SAiNT-HiraoïTTa (Égitie). aai.
SàiNT-HoMNii (Clallrc). i84. 187.
SAm4ioaoiii(figiia»). i84.
SiiNT-HoMiai (PaabMHf ). 187.
SAiNT-HoiMMii (Parte): 1*.
daPIgppe-A^MH.ali.— aMii iiiii4
raMMlada aMiaaV. toS. «Si. — S». «Ji.
Stm Bmoti fRne>. to8. i84.a»4. aoS.a^.
97*. 4».
Sus? JMWaa. apMre, 4a».
SuarJM«Mi(Caffainr). 178.
SAorvslAoqna {Cmmàmet m), I
moaaalidaSaialKjlaaw. 187.
Saint-Jm**» (PaaUMif >. iS&.
kl
65/1
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
Saim-Jacqdes (Hôpital), 191.
Saint-Jacqdes (Porte), 110, 189, aaa.
Saikt-Jacques (Rue), 178, 180, aaa, 45o, 46o.
SAIïVT-JACOnES DE CoMPOSTELLE, 19I.
Saint-Jacqdes DE WuRTZBouRG (Abbaycdc), io5.
Saikt-Jacodes-dd-Hadt-Pas (Hôpital), aaa.
Saint-Jacqces-et-Saist-Philippe (Église), aSi.
Saint-Jacqces-la-Bobcherie (Eglise), i83, an,
339,896, 459, 46o,46i. — Elle est construite
aux frais de plusieurs bourgeois de Paris, 896.
— Fondations qui y sont faites par des mem-
bres de la famille Dampmartin, Sag, 33o. —
Épitaphes de plusieurs membres de la famille
Dampmartin inhumés dans son enceinte, 33o,
33 1. — Son petit portail construit aux frais de
Nicolas Flamel, 454, 455, 450. — (Iravure
représentfmt son petit portail, 454.
SAlMT-JiCQDES-LA-BoDCHEBIE (Ruc), 301. alQ.
Saint-Jacqdes-la-Bodcuerie (Square), an, a 19.
Saint-Jacohes-l'Hôpital (Rue), 191.
Saint-Jean (Arcade), à l'Hôtel de Ville, 191.
Saint-Jean (Cimetière, puis marché), 9i5, ai6.
Saint -Jean (Collège), probablement le même que
le collège de Beauvau, 169.
Saint-Jean (Eglise), à Besançon, a85.
Saint-Jean (Église), à Lyon, 567.
Saint-Jean (Fillettes de), i85.
Saint-Jean (Rue), ou du Marlroi, i85, ai 4.
Saint Jean-Baptiste, 587, 565.
Saint-Jean-Baptiste, vocable primitif de l'église
Saint-Germaln-le-Vieux , iS"].
Saint-Jean-d'Angély (Ville de), 577.
Saint-Jean-de-Beadvais (Bue), 179. 180.
Saint-Jean -de-Jérdsalem (Chevaliers de),
Maltb.
Saint-Jean-de-Latran (Hôpital), 178, 488.
Saint-Jean-des-Vignes (L'abbé de), 169.
Saint Jean devant la Porte latine, 45 1.
Saint-Jean-en-Grève (Église), i84. i85,
2i4, 4oa, 4o4.
Saint-Jean-en-Grève (Rue), ai8, 46o.
Saint-Jean-le-Rond (Eglise), 157, 169, t84.
Saint-Jean-l'Évangéliste (Chapelle), dans le col-
lège de Beauvais, 169.
Saint Jérôme, docteur de l'Église, 101.
Saint-Josse (Église), i85.
Saint -JnLiEN (Confrérie de), ou des Ménestrels,
i85, 498, 434,487.
Saint-Julien (Fontaine de), 198.
Saint-Julien-des-Mé\étriers (Chapelle et hospice),
i85, 909, 499, 434, 487.
voir
901,
Siint-Jolien-le-Pauvre (Église), 189.
Saint-Julien-le-Pauvre (Rue), 176, 189.
Saint Justin d'Adxerre; sa chisse dans la cathé-
drale Notre-Dame, i54, aôa.
Saint-Ladre, voir Saint-Lazabk.
Saint-Landry (Charte de), gs.
Saint-Landry (Église), i56.
.Saint-Landry (Port), i64.
Saint-Lanobt (Rue), 167, i64.
Saint-Ladbent (Église ou paroisse), i85, 998.
Saint-Ladrent (Foire), 998.
Saint-Laurent (Rue), ou Gervais-Laurent , i63.
Saint-Lazare (damier de), i56.
.Saint-Lazare (Hôpital), 998, aag.
Saint-Lazare (Ordre de), 189, 191.
Saint-Lazare (Prieuré de), 998.
Saint-Léger (Geoffroy de), libraire parisien, 465.
Saint-Léger (Le seigneur de), partisan du duc de
Bourgogne, 343.
Saint-Led (Église), 111, i55.
,Saint-F.,eu et Saint-Gilles (Église), »85.
Saint Louis, roi de France, 47, 65, 100, iSg,
169, 189, 190, 194, 197. 916. 999. aaS,
997,989.948,891, 43t, 5oo. — L'orfèvrerie
sous son règne, 469, 470. — Évaluation de la
population de Paris sous son r^^e, 486.
.Saint \,vc , patron des peintres , des sculpteurs et
des graveurs, i56.
Saint Lucain, martyr; sa châsse dans la cathédrale
Notre-Dame. i54, 961, 969.
Saint Macaire l'Alexandrin, 973.
Saint Macaire l'Égyptien, anachorète, représenté
dans les peintures ou les gravures ayant [Knir
sujet les Trois Morts et les Trois Vifs, 370,
971, 378.
.Saint-Macloire (Église ou abbaye). 95, 111.189.
i56, 160, i83, i85. 908. 999.
Saint-Magloire ( Impasse) , 111.
Saint-Mandé (Le seigneur de), 9a5.
Saint-Marc (Rue), 981.
Saint Marcel, évoque de Paris, 333. — Sa châsse
dans la cathédrale Notre-Dame, i54, 961.
.Saint-Marcel, appellation inexacte de l'église Sff»n(-
Martin du faubourg Saint-Marcel ,991.
Saint-Marcel (Bourg ou faubourg). 166, 991.
Saint-Marcel (Église collégiale), 991.
Saint-Marcel (Petite rue), 939.
Saint-Marcel ( Buelle ) , actuellement rue des Prèlres-
Saint-Elienne , 180.
Saint Martial, évêque de Limoges, i5';
Saint-Martial (Église), 157.
'/•
TAHLK ALI'HABÉTIQ
Saint Mabtm, i5&, 17/i, 18'). — S<w r<!li<|ue« k
Tount, 57.3.
Sai"it-M*ktii ((Iiinnl), 'juX.
SArKT-MABTH ( Fonlaini! du primiré), njH.
Saikit-Mabtin (Porte); t", ou arclict Saint-Mtrry,
antérieure à l'Iiilippe-Augunte, 109, 110, iSS,
■jai, a a 7. — -j*, ap|Hirlciuiiit k l'enMiol* (k
PhilipiMî- Auguste, 337. — 3*, appOTteont k
l'enceinte do Charleo V, 918. — V, eonttniite
HOUX LouiH XiV, -jag.
.S\MT-VlABTm (l'riiion), lyf).
Saint-Martiki (Kuc), 109, i85, 186, 198, 199.
OOt), 911, OKJ, Afto, 597.
Sai(»t-Marthii-di»-Ciiaiipii (IVieurd de), t lo. i56,
i85, 186, 908,935, /t56,/iS7.
SArMT-MATHiiiiiM (Rue), 177,
SAiMT-MADn-Le»-Fo«wé8 ( Village ou abbaye de) , 9Ô ,
108, 111, 1*1, laA, 189, 167, 18&, 187.
996 , 3.')o. — Son rnrtulaire , a 1 '1
Saixt-Mkoaro (llourg), aai.
Saimt-Mkoard (KgliKc poroiMiale). a9i.
Sai:«t M^d^ric, ou mint Merry, iM.t, 996.
Saint-Merrv (Archet), ou 1" porte Sotal-Martia ,
109, 1 10, i38, 991, 997.
Saint-Merrï (dloitrc), 919, A60.
Saint-Merrv (K([lise), i83, 919. — Liai desi'pul-
tiire de Hiioul III de IVeoles, 88. — Id. de plu-
«ieuni ineiiibres de la fuinille Sanguin. 3&li. —
Id. delà riiniillelluillet.3.'>i.
Saint-Mehry (Une), voir NBDvB-SAnT-MiaaT.
Saint-Miciikl (Ancienne place), 393.
Saixt-Michel (Boiilevunl), 170, 176.
Sai.m-Miciiei. ((ilinpellc), 157.
Saint-Miciirl (Orotoire). 116.
Saim-Mh'.iiki. (Pince), 176.
Saimt- Michel (Porte), ou d'&'ij^, 933.
Saint-Miviiei. (Pont), appelé anewaMmenl /Wf-
Seuf, 199, i58, i5g, i6t, i63. &60.
Saim-Nicaise (Rue), 973.
SAl'<T-^u:oLA» (Cimetière), 458.
SAiNT-NicoLA»-DKs-CiiAaP!i(Kglife), 18Ô, 346.
SAI>T-NlCOI.A»-BU-('.IIAR0O:<JltT (Rgli»), 16.S. 168.
Saht-Nicola!i-di)-(1iiarih»\>iit (Rue), 181.
Sai«-Nicola»-du-Locvrb (Église coll(<giale), 188.
Saint Norrert, Tondaleur de l'ordre dea Prérao»-
tr»%, 171.
Saikt-Odën en Pori«i». iti.
SAiMT-OuitN (IIAlel ou cItAteau <le), aSâ.
Saimt Pabl, 38.
Sawt-Paol (Cimetièn»), ù Pari». i8V
Saint-Pavl (Cinielière), h Londre», 387.
lE DES MATIÈRES.
«&
Siiin-Pm(égl«e). i8«.4«8.
tgl.Saé. m. SM. ItS. k»ê. 4*9. 4*,.
437. bSi.
Sai>i^m(RM). i84. igA.
18V
Saist P*eua. Mqw à» Nalat i 1
moinra [m InmMn da I
St»T Paium; taa
No(i«-Daiae. tih.
StiMT Piaaaa, itS.
StwT-Pinai (Égtiae). i GaU, 9U.
SM%T-Pii»a»-Aes.BflnfB(ËgiM). tU. itt
SAurr-Fuaaa-ut-Bsafa (9m), 1(1.
SAWT-Piiaii aa IfcwiBiafaa (t|iia). aSi.
SAmPima-aaa-Aaoa (tigliaa). tU. iM.
Suir^Pnaaa kt Snvr-Ptat (t^). a«
awJaa èi Mmu, thi, iM. i«7.
SAoïT-Poactaa (Dwawi aa). tUahfiaa. &i&.
Saiht Pbi< . ou tmmi l^iftH, tik.
Suar Rsai, é«éi|iM da R«mb», i48.
SAiiiT-RiQciaa (FiaaqMada). iipMirti 1 i» Tr**
MurUH tn Trviê Yifê, <»i%, «7).
Surr Rtanori. inailjr.
91. 919.
S»irr Rct» , voir Saot I
Sinrr-SAwaaa (ÉgliBa). iM.
StaiT-SwTBaa (Rw). iM.
Samt Siaurm: laUaaad'argaal daréfM lanfBi^
■M régba Nalra-DMH>. a««. — Saa
kSaiMM.&7&.
SiurrSércuaa. 1 46. e63. — Sa nptaàHliaa iaM
régiiaa S"-CaliHriw et Val <ai ttaKi». 19*.
%Mn^hnam{if(kmtMfpÊl0ét). •■■ i^
SiHTSivnn.abbéd'AfaMH. itt.
Stcrf Sitaaw. aniilaira paiMw. iS4. iM. ••«.
S*nT-SéTBBn (£gliM). lU. 16&.
StixT-SifBBn (Raa). 17&. tT^. 177-
S*i!n>âtfTa8M(lhHla).<
ofMnRf ^77*
Su»TSn<aa;aaai«lifNa «bw faltaj* 4» !
DcMa. aSo. — Dawb SaiMa-Ckaf*. &>7.
Swrr Snra. i"d« aaa. pap». «ê«.
Sânr^hMinjs (BnaclM 4a»). badb ■■«■■. San.
&trr-xSiarMMUBa (ÊgliM). iM. i*4.
SâWT-Siwaaww ■■ Vwaa (>■»). 179.
Sun>TMM(iw). aTS.
Smkt TaMua a'A^an. AaAaal 4r
aS. 38. 444. 4M.
656
DOCUMEMS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
188,
S\int-Thomas-du-Lodvre (Église collégiale),
926.
Saint- Victor (Abbaye), 1/1, 181, i2ai. — Sa bi-
bliothèque, 19. — Son scriptorium, 448.
Saist- Victor (Chanoines de), 229.
Saint-Victor (Faubourg), i8).
Saint- Victor (Porte), 221, 22/1.
Saint-Victor (Rue), 168, 178, 181.
Saint- Vincent (Abbaye), voir SAiNT-GERMAiN-DES-PRfe.
Saint Vincent de Paul, 168, 229.
Saint-Yon , membre de la faction Cabochienne , 4o8.
Sainte-Agnès (Chapelle), i83.
Sainte-Anne (Chapelle), i83.
Sainte-Apolline (Rue), 228.
Sainte Adre, première abbesse de Saint -Éloy,
167, i84, 468.
Sainte Avoie, ou sainte Hedivige, 187.
Sainte-Avoie (Église), 187.
Sainte-Avoie ( Ancienne rue) , ou des Coquilles, com-
prise actuellement dans la rue du Temple, 209,
2i3, 2i4, 927.
Sainte-Avoie (Fontaine), 199.
Sainte-Avoie (Passage ou nouvelle rue), 297.
Sainte-Barbe (Collège), 168, 169. 179.
Sainte Catherine, vierge et martyre. 190.
Sainte-Catherine (Chapelle), i56.
Sainte-Catherine (Cour), 188.
Sainte-Catherine (Culture ou Couture), 920.
Sainte-Catherine du Val-des-Écoliers (Église col-
légiale), 199, 190, 269, 346. — Curiosités
qu'elle renferme, 192.
Sainte-Chapelle de Paris, 1 5, 47, 122, 157, 169,
397, 470. — Idem; sa description par Astesan,
62 1 , 535 , 537 , 539. — Idem ; fac-similé d'une
minialure qui représente son intérieur, 537. —
De Bourges, 99, 567. — De Vincennes, 927.
— De Dijon, 336, 339, 567.
Sainte-Claire (Chapelle), 187.
Sainte Clotilde, seconde femme de Clovis, 149.
— Son tombeau, 167.
Sainte-Croix (Chanoines réguliers de) , ou frères de
Sainte-Croix, 189.
Sainte-Croix (Chapelle de), dans la Cité, 167.
Sainte-Croix (Église collégiale de), sur la rive
droite, 189, 21 3.
Sainte-Croix (Rue), dans la Cité, i63.
Sainte-Croix-de-i.a-Bretonnerie (Rue), 189, 9i3,
9i4, 2i5, 46o.
Sainte Geneviève, patronne de Paris, 999. — Son
cierge conservé dans la cathédrale Notre-Dame,
261. — Sa châsse, 269, 470.
Sainte-Geneviève (Abbaye), 108, 179, 181, 335.
— Ses prérogatives, j66. — Sa chancellerie,
166, 168, 173, 174.
Sainte-Geneviève (Bibliothèque de), 85, 98.
Sainte-Geneviève (Carré), 178.
Sainte-Geneviève (Montagne), 35, 1 j5, 197,393.
397, 45i, 491.
Sainte-Genevièvb-des-Ardent8 (Eglise), ou Sainte-
Genemkve-k-Petite , i55, i56, 161, 456.
Sainte-Geneviève-dc-Mont (Église), voir Sairt-
PlERRE et SaINT-PaKL.
Sainte Julitte, ou sainte Julive, patronne de Ville-
juif, 137.
Sainte-Madeleine (Chapelle) , quartier Saint-Denis,
188.
Sainte-Madeleine (Église), dans la Cité, 1 55, 169.
Sainte-Margberite (Rue), ou Gozlin, 223.
Sainte-Marie (Serfs de), religieux mendiants de la
règle de Saint-Augustin , 1 89.
Sainte-Marine (Eglise), i55.
.Sainte-Marine (Ruelle), 162.
Sainte-Marthe (Les frères), auteurs de plusieurs
ouvrages historiques , 90.
Sainte Opportune, abbesse de Montreuil, 188.
Sainte-Opporthne (Cloître), 188, 9o3.
Sainte-Opportune (Collégiale), 188, 9o3, 934.
Sainte-Opportune (Place), 2o3.
Sainte-Opportdne (Quartier), 176, 919.
Sainte-Oppoetone (Rue), voir Tabletterie.
Sainte-Opportune (Terrains dits Ceinture de), 188.
Sainte-Palaye, auteur du Glossaire françoit , 499.
Sai!vte-,Sécolènb (Église), à Metz, 973.
Sainte Ursule, i54.
Saintonce (Province de), 347.
Saliens, tribu franque , 943, 944.
Saliens (Prêtres), 249.
Salique (Loi), io5, 106, 119. i35, 9 4o. — Son
origine et son but, 943, 944, 945. — Piècede
vers latins sur ce sujet, 946 à 955.
Salius, prétendu chef des Saliens, 949.
Salle-au-Comte (Rue), m.
Salldste, auteur latin, 93, i43, 147, 539.
Salomon, roi des Hébreux . 1 44.
Salphad, Hébreu, i35.
Saltzboorg (Ville de), i46.
Samo, roi des Tchèques, i44.
Sancerre (Jean de Beuil, comte de), amiral, 901.
Sanguin (Antoine), archevêque de Toulouse, grand
aumônier de France, 346.
Sanguin (Christophe). Prévôt des Marchands, 346,
347.
TAHLK ALPHAHKTK^UE DES MATIËBBS.
Saiwiuin ((îuillomin ou (Hiillaumn). i" du iknii.
nhnn((ciir (!l iMuirgwiit ilo l'arju. 34o.
SAJKium ((Jiiilleiniii ou (ntillaunM^). t' ilu nwii.
chorigpur, ^-niypr du dur di> Itourgogiw H Pr^
vAl de» Miirrlinml»; hou hfitfl, i<i3, «oo.
Sa rHlir-ss4!. 3-i/i. - Se» annoinM, 34o. — Son
oriipun, 3/io. -- flenMifpiemniU nr m vie pa-
l)lii|uo cl HO vie privée, 34o k 3i-j. — Sa e».
IJiiils, .1/1.'), 346. — Liste de* metubm de m
riiMiilli- iidiumàt il Pdns, ou figurant mU dânt
iii» li.HieH d)! IKclievinage, «oit dans les eompto»
de In TnivAli* d« Pnrin, 3'i(>.
Sahodw (Jean), frèn- do Cuillimiiu II, .llut, 34».
Sahooii» (Jeanne), fmniiip di- TliouiaH 1^ Maiticr.
3'u).
SaMTKUIL, \HM'll}, Oï.'t.
SaA^ik, riviiVn, fj!),').
SARRt.siiiis, ou Arabn , 149, i5(>.
Sabrazin (Piorm). >)our([ooiit de Pnri». 171.
.Sausikiiik (Li). ou Sonnerie, voir SAvn!«)riiiiK.
Sadkrrik (Rue de la), «01, <o<.
Saushaik ( Mnnoir <|e la). igi.
Sauvai,, niilciir dn l'oiivrnffn iiitiluM Hùtoire et rt-
eherrliei île» nndr/uilù de la Ville d» Parié, 108,
ia3. ifj.j, 178. 180. >8i, i83, i84, 187.
«1)3. «94. 195. 196, 197, 198. SOI. ao3.
•JOS, 906, 307, 910. 919, 9l3, 9l4, 9l5.
917, 9t8, <iiio. 994. 995, 93i, «57, aSg.
339, 334. 34(). 34g, .1.5o, 3.'i9. 431. 433.
Savarom, auteur de |ilu.tieur8 ouvrn;|e<> lii»toriqiM»,
90.
Savatbrik (Im), sorlion de la m.- \<,„i hUoi, i63.
Savrtikr, im|iriniciu- de IVdiliou de Pari* (iâ3i)
de In traduction de In Cité Je Dieu, |Kir lUnul III
de Presles, 97.
Savoir (l)iirW de), i46.
Savoir (Hue de), ou plutôt (\ea Sepl-l'oiet . dans !••
ipiartier Sainl-llenolt, 179.
Savon^rrik (^Hiio de In), 91 1.
Saxonir (Pays de), toi, iSa. i44, |4S.
.Saxons, 10,'), i3'i , i4.').
.ScRAO de lliireaii de Danipniiirtiii 1 gravure), 33.i.
— De Dino Itnpomli {/ac-tlmile en noir). 34o.
SciiisHR caiis<s |Mir U-* pn^lenlionH rivalen des dent
papes d'Avi}|ii(>ii et de Home, 398, 399, 4oo,
4 09, 5i I, — Sermon pHinone»* h ce «iijet par
Jean Gerson, 4o3.
Sr.iinRrFKn,riiiidesiiivenli'ui's(l>-i iiii|m:ni' 1 1 ■. .13o,
SciiwvRz ^(iollliehK auteur de roiiM.i^j'' ui:i:ii!<> /V
omnmeMi» lilirorum el nui» rei IHmri» rtlmm
*»prlleclile, hh^.
Wi
•4* - Va»
Scnaw, voir Écai««aM.
.ScoLPTRcw, S3. ~ \jmr nàbinm.
atuai iMMina.
!MuaioMi(Bo«l«m«ldr 'j. i«t. if?.
199. *o^, «09. «10. «II.
Sé»(Colk^da). 17a.
SowwM pwWm: OwMliMdb Km* Ulwbw*
balMladaa hnoMMi. 4i6.
iinm. 8eaiw. 17. io3. 110, lii. ia«. ilS.
181. 919. «3«.3&o. 694. -Saa
»7. 198. 199. «18, «Sa. h; &Ji.
SéjocB ta Rot (La), t C«ilMa. «ai.
Su; aoa tranapod aar la SaM», 67.
I« vendail.aoï. "-'--- fr f iiim il ni" 1 |.
ertia «ienrée. aoa.
StuniB (La), ««dioo di> la f«» .Ww-tJ^wii UiMiM>
par kl iiHiwa. ao><
ScaiRtaM. raÎM «TAaijna. à6i.
SraoMR I Vilaga de), ca fhiwpaga . 3*7.
S<aè9«a.36. 38.6«.»7.9S. 199. 3«i. Ai«.
Si4u iRiieauA). *o8.
Smui (ViJleda). S. 9. 10. 11. i«. iJ. 1;. «^.
33. S&. 69.71.398.467. &93.&73. ria*
el vue mtàini» ao m* riida. 74. — 9aa êaft
dau roovn^ da Joh et Umim, 7S 4 79. —
Notice mr la Tw ntùtaé». (97 4 •••.
.Sc«4(llAleide).9i7.
SBas(Villeou(fioeèaede). m. ii6. t's- -
467.
.SRrTi«tiiR(ProviMaib). i44.
SBrT-Voia8(Riiedea). 16S. 168. 179.
SénmcM (Jeao). Omnàm it Sain Minj. f«rfa.
Don de SaMia-Jaaar. 187.
Sonar (La), daaa la ÛMar Varaérr. SoJi
SaaaKins. 4 la fia da in* àMe H aa <
■toi du «V*. 3S6 i 36i.
SaaanTR (Rue). 179. i7.'>.
.SiTi«ti(yadaiMaa). 4o4.
Sroiit ( l^idonr). dar de Mim. •17.
SuutseckBi. Il S.
.SH;t«aaB(Ville de), loi. toi
i3«, i33. i34. 137.
.SKuaMW. Iriba ftiafta. km.
SiciRT.i<mvdBdelUciMrdll. i«&. «U. 4Ja.
Smju (lUMelde). 194.916.
Skilr (Le rai da). it». — Saa t^par 4 I^Mi».
933. — CaaiplBt lraai< (lailn ht H im ^law .
331
SwaaaRT m iiukocv, rlwimiwwi. ••»«. ti*.
«3
■6.
058
DOCUMENTS ET ÉCRITS ORIGINAUX.
SiGEK, philosophe, 87.
SiGisMOND, empereur d'Allemagne. i-iS, a33, Soy.
— Son entrée à Paris, a35, aSC.
Simon, prétendu chef troyen, io5, i3â.
Simon de Hesdin, traducteur, 398, 4 1 a.
Simon-le-P'raivc (Rue), a 09, ai a.
SmGEs (Rue des), ou Pieire-d' Etampes , at3.
SiPHONiE, instrument de musique, a33, ^ag, 43o.
Slaves, peuples de l'est de l'Europe, i45.
Sldter (Claux), sculpteur, 336.
SoissoiiNAis (Le). 106.
SoissoNs ( Hôtel de) , aoS , 4/47.
SoissoNs (Ville ou diocèse de), 168, aaS, 467.
5a3, 575.
Soldats blessés; leur premier hospice, a sa.
Sommeliers, à la fin du xiv" siècle et au commen-
cement du xv', 365, 366, 367.
SoRABEs, ou Serbes, peuple slave, i46.
SoRBON (Robert), fondateur de la Sorboniu, 169,
.89.
SoRBONNE(La), 7, 108, 169,177, 189,410,397.
4a 8. — Sa décision dans l'affaire du Defensor
pacis, 8, 9, 1 1, a5, 4i. — Sa fondation. 169.
SoRBONfiE (Place de la), 170, 177.
SocBisE (Hôtel). 197.
SouFFLOT, architecte, 173.
SouFFLOT (Rue), 168, aaa.
SoL'LECHAT (Denis) , traducteur français, 896 , 4 1 a.
SocLi (Les femmes de). a85.
Souliers ; siège de leur fabrication . u 1 9.
SoDRDis (Impasse de). ao4.
Souhds-Mcets , logés aux Célestins , 1 90. — - Installés
dans l'hôpital Saint-Jacques-du-Haut-Pas, aaa.
Sous-le-Fodr (Denis), doyen de la Faculté de mé-
decine 'de Paris, 445.
Sous-LE-FocR (Gilles), docteur en chirurgie, ia6,
a33. — Notice sur ce personnage, 443, 4 'i 4 , 445.
Sous-LE-FouR (Jean), chirurgien du Châlelet, 444.
445.
Spanheim ( Monastère de) . io5. 45a.
Stace, poète latin, 98, 887, 55 1.
Statille. ou Tunsile, adversaire de Charlemagne.
i45.
Statistiqde de la population et de la consommation
de Paris sous Charles VI, a3a, a33, a4i, 486
h 495.
Statue de Bertrand Du Guesclin, dans l'église
Sainte-Catherine du Val-des-Écolier», laa, 19a.
— Idem, au château de Coucy, 56i — De saint
Christophe, dans l'église Notre-Dame, lôa,
i53, iô4, 53g. — De Nicolas Flamel. dans
l'église Sainte-Geneviève-des-Ardents, i56. 456.
— De Philip|)e de Valois, dans l'église Notre-
Dame, i53, a44, a45. — De Notre-Dame,
dans le cimetière des Innocents, iy3, 194. —
De Dino Rapondi dans la Saiute-Chapelle de
Dijon, 339.
Statues des rois de France, dans le Palais, i5.
49, i58. — Hem, dans l'abbaye de .Saint-Denis .
549. — De Nicolas Flamel, érigées dans divers
, endroits, 456. — Des neuf Preux, au château
de Coucy, 559. — Des neuf Preuses. ibid. 5(ii,
563.
Stoa (Jean-François Conti , surnommé 1 . auteur d'un
poënie sur Paris, 77, i54.
Strasbourg (Pays de), i46.
SuwES, peuplade habitant le littoral de la mer
Noire, i46.
Sd^tonk. historien latin, 98, i43.
Sdger, abbé de Saint-Denis, 109, 469.
Sully, ministre de Henri IV, a 3a.
SoLLY (Maurice de), évêque de Paris; il fait re-
construire le Petit-Pont, 160.
Sdlly (Rue de), 191.
SuHius, hagiographe, 99.
Sybille. femme de Reiiold Cherey. i84.
Sylvids (jEneas), voir Pie II.
Sylvios (Jacques), auteur de Vlsagoge, 443.
Sykagogies dans la Cité, i55, i63. - Dans la
rue de la Tâcherie, a 1 9.
Tableaux de l'église des Célestins, laa, 19a.
Table de marbre, au Palais, i5, 16, 49, i58.
Table ronde (Romans de la), 110, 43o.
Tabletterie (Rue de la), ao3.
Tabourot, voir Des Accords.
Tàcherie (Rue delà), ai g.
Tacite, historien latin, 5a, io5.
Taillebourg (Ville de), ou plutôt Sallzbouig, 1 46.
Taillepain (Rue), aia.
Tailleurs, à la (hi du xiv' siècle et au commence-
ment du XV*, 368.
Talheliers, voir Boulangers.
Tamaïs, fleuve, 102.
Tancarville (Les comtes de). 194.
Tanneurs, à la lin du xiv' siècle et au commence-
ment du xv', 369.
TABLE ALI'IIAHÈTIQUK DES MATIÈRES.
TiiANNE, l'un des dditcun du Inle origiiiol de Jmo
de Jandiin, 3, 17, ao.
Tabeixjii! (Jean), cliaiig*!!!! |,..éi-..ii, /i^y. 'iHo.
Taresitaihk (l'rovincfl de), i4C.
Tame (Ville de), thli.
T\Mii.r. , voir Statili-k.
TAVTonRAMMKs, DU win lettrifét, A98 à âoh.
Tavkrkrh; Iniir nombre, laS, 939, 491,
Taverxikhh, Il In lin du xi\'itiècl» et au i»niinenci>-
nimil du w', •'iG'», 300, 3O7. Voir autsiTi-
VER<IEN.
TcHfcQUEH, |>CII|lllllll- hI<i«<>, |/|/|.
Teintueiehh, it lu lin du m\' Hit^cli- rt mi rmunieii-
cenient du xv', 3Gij.
TKi^TmrKiHi (Huf! dru), -jnj.
Tkmi'lk (1(! IVf^liso rdrorniiH!, rue diw BillelU», 189.
Temple ( liouclicric du), ^91, '199.
Tkmi'I.k ((Carrefour du), 9i3.
Tempi.k ((lonnnunderic du), 186. -^tS ^88. —
Son endos, 9117.
Temple (Porte du); 1". ytie |tarl'liili|i|M'-Augu«l«.
997. - 9*, hâtio |Mtr (Jliarlett V. 997.
Templk (iluti du lii Cuutun, de lo Culture ou d«>
YHffniU du), actuellement Vieille-du-Temple, 9 iC.
Tempi.k (Ww du), 9i3, 9i4, ^itio.
Temple (Vicillo-llue du), voir Vieille-oi-Temple.
Templiers, 1&7, 186.
TsHCTàREs, |icuplado (rermuniqui*. io5.
Terrah (Le), dans In (^it(', itii. iC3.
Tertullien, Père de l'Eglise, Ai.
Teoderodi;, clironi<|uour, 10)).
Tharsr (l'nys ilc), i6/i.
Tharsls (Pnys de), lUh.
Tiii^.ÀTRK-Kn\>çAis ( Place dn), aSi.
TiiEi!)8, rivii^rc, i&G.
Théodore df. BàzR, docteur de la Rt'fomie, 6.
Théodore de Celle-h, rlianoinc de Litige, fondateur
de In rommunouli! di' SfiiMle-(^roijr , 189.
Thkodohu'., nhU' d°()ui-lu-; il fonde une ecule lie
calligm|)hie, â&8.
TuÉoDosE LK Jei^^b, eni|>ereur d'Orieiil , 106, 137.
Théodosie^ ((^ode), 70.
THéoLosiE (Faculli^ de), dans l'Univentil»^ «le Pan».
9, i3, 35. 3(j, /io, lOO. &45. i>9o, ôSi.
TiiKOLociEMs, danx In |ireaiièn! inoili<< du u\' tiède.
39, /il. - S0U8 le règne de Charles VI. «33.
397. /|09.
TiiÉoiMiM.K. nuti'ur de l'ouvrage inlilulé Dittrmnum
tirlium ichrtluln, &08, h(i<Q.
THÉopiiRAiTTE. |iliilo!u>|ilie grwc. 93.
Thermes (Pninisdes), 107, 108, i38. 177.
UMB«ir«
•7"
TMàMltE««l (OMpt é»), flWM
d« «•!%•• 4c TmrwÊf, 169.
Uiêi:niêkÙkm,U$.
Themaue . cMrtrëe it b Ciém. t U.
Thevet, MUimir de k ÛÊimagnfim, tki.
TNi*»et.*-«eviM» (RtieJ, mo. —k.
TnitcT. eeatrécdtriaieeHlnlt. lol.
TNiaock. boMiyui» de Piti». • • û
TiiOTim (Jew M). |wdw deGwfc— Il îie«
goia, Sea.
TMio«tiu.B (Ville de). i4â,
Tmobas m Guw. dodear m ifciiligii de Tm»-
«eniltfd'Oiaefd. itt.
Thomas m Sior-PiiaH. dHMHalHr de tiffk» dr
B«]rMs <d dediir ea adéttim. «M. — W»r
tnr ce poMMeg», 44i. 44«.
Tmomamt. fbilel^e friaçeis. éift. Iif
TMoarue. reiae des MisaigtlM. Mi
THo«u.(Raede).sertia«dehrMdn<«r«i. 17S.
Tnchot, raleor de Tmtttwft Mlilalé FOtgmmÊÊim
i* TnmtgMma* dmu rVmmrmli it hmm, Sf.
Ti«.^o!«nLu (GoîImmhh). InéNtar. Sfi.
TiRAsoMai. lililiinfipliiiUlM. ét«.
TiREcMAPE (Rue). 108, «o4.
TiRo% (Rue), «16.
TiTE-U«E, hirterisa Um, é«, !•&.
TiiERtxsiau (Rm de la), aoi. «lA. «ib.
Tmlemi (Rue de la). 198.
Toujtm (Oljate de), opeés daw lai
Cbaaspaam, fio. Si. — Idsa. daas h
dea Maràen, a« Pirini, Ul.
TouMc (Balaie de). i44.
Tonaio de saiala CiMaiiiw. daas Té^bm de er
00». i«7, — De Cbm al de aairte CMUr
dan r^iM ci-dteeM, it7. — 0»
membres de la hnfle Bmaa daas le <
dnlnnoteoU.SSi. — DaGBaaOaaihaaifadaa»
b caiydrala da Raan. Iff. — ll«ii«M de
Fraacc das Tabbaj* de
DeUàsd-Oritest
ToMB(-l«aiRt. 109, IlS.
Tu^^EusaiR (R«e de la), aat.
Taacai(Col%ede). 17S.
Tos^i (Jcaa), dMalear de |
ToaT(Rwda), ai4.
T«>vi.(VillaMpapdeK leS. i44.
TocuMM (M. BelMe aa). aalav d'à» <
swiniM^aaMMaidti
TonttMwas (Jaaa. sc^aaarH). (
da dae da B«Hnae. S44.
TanMit (VSada). fy.
U.
Saa.Ui.
1.431.
660
DOCUMENTS ET ECRITS ORIGINAUX.
Tour (Chapelle de la), i84.
ToDRAiNE (Le duc de), 4o3.
TouR-DE-Bois (La), isao.
Tournant (Rue à ), 180.
TouRNAY (Collèges de), 169, 170.
TooRNAY (Hôtel de), 197.
Tournât (Les évéques de), 197.
TouRNAY (Ville de), loa, 106, i36, 667.
TocRNELLE (Quai de la), 178.
ToDRNELLES (Palais des), igS.
Tours (Collège de), 171.
Tours (Comte de), 1/17.
Tours (Ville de), i46, 338, 617, SaS.— Sa des-
cription par Astesan, 873.
Traducteurs, Sgô, 4ia. — Voir aussi Laurent de
Premierfait et Antoine d'Arezzo.
Traînée (Rue), ao6.
Transnonain (Rue), acluellement comprise dans la
rue Beimbourj, a 09.
Travaux historiques (Service des); il collabore à
la préparation et à la publication du présent
volume, xxiii.
Traversine (Rue), 179, 180, 181.
Trecis (Jean de), astrologue, 447.
Trefilière (La), ou rue de Berlaut-qui-Dort , ac-
tuellement comprise dans la rue de l'enise, aog.
Tréguier (Collège de), 173.
Treize (Conseil des), à Metz, ia5.
Tremhlai (Seigneurie du), 35a.
Trésoriers (Collège des), 170.
Tresseillie (La), voir Trefilière.
Thétaigne (M. Michel de), auteur d"une mono-
graphie de Montmartre, a3i.
Trêves (Ville ou pays de), i46.
Trévisane (Marche), i45.
Tribunal de commerce; son emplacement, i56.
Tribunaux ecclésiastiques, laa.
Tricines, mot signifiant la distance de Paris à Saint-
Denis, 91, 9a.
Triel (Village de), 11 5.
Trinitaires, voir Mathurins.
Trinité (Église de la), 98, ii4, lia, 189.
Trinité (Fontaine de la), 199.
Trinité (Hôpital de la), 186.
Triperie (Rue de la), a 19.
Tritheim, ou Trilliemiug, abbé de Spanheim et de
Saint-Jacques de Wurtzbourg, io5, 445. —
Impulsion qu'il donne aux travaux des copistes
de son monastère, 449.
Trognon (Rue), an.
Troie (Ville de), io3, i3a, i33.
Thoïld8, fils de France, io3, i33.
Trois-Canettes (Rue des), 16a.
Trois-Chandeliers (Ruelle des) 176.
Trois frères enlumineurs (Les), a33, 465.
Trois-Maures (Rue des) , ou Guillaume-Josse , a 10.
Trois Morts et les Trois Vifs (Les), 19a, 193,
a4o. — Notice, a65 h 974. — Leur Dit, 377
à a8i. ■ — fdem, gravures. 377 à 379.
Trois-Mobts et des Trois-Vifs (Maison des), 374.
Trompette (Château), à Bordeaux, 3ag.
Troubadours , voir Trouvères.
Trou-Bernard (Ruelle du), ou du Tronc-Iiernard ,
ao5.
Troussevacue (Eudes), bourgeois de Paris, a 10.
Troussevache (Rue), actuellement de La Reynie,
910, 9a8.
Trouvères, 4a8 à 437.
Troyens, i33, i34, 95i.
Troyes (Traité de), 944, 344, 359.
TaoYEs (Ville de), 971, 979, 344.
Truanderie (La), 907, 908.
Toileries (Palais des), a94.
Tuillères (Robert de), lieutenant du Prévôt de
Paris, 4 06.
TnRBico(Rue), iio,i85, 191,307,308,313,398.
Turcs, io3, 106, i33. 137, 935, 338.
Tdrcds, prétendu petit-Tils dePriam. io3. loO,
i33, 137.
TuRENNE (Rue). 190.
Turgot (Plan de), 593.
Turin (Ville de), 5i6.
TuRiNGiENs, peuple de Germanie. io5, i34.
Tdrkestan, contrée de l'Asie, io3.
TuRNUs, i33.
Tdrpin, chroniqueur, loa, 130.
u
Ubertino de Carrare, 439.
Ulpien , jurisconsulte latin, 34.
Urbain VI, pape, 9.
Ulrich d'Augsbourg, 11.
Université de Paris, 10, 11, i3, i4, 33, 63, 71,
196, i65, 166, 167, 168, 169, 170, 173, 173,
174, 190, 336. 333,393,398, 399, 4oi. 4o3.
4o3, 4o4, 4o6, 407, 439 à 444, 446. 45o.
45 1, 453, 494, 5 30, 53 9, 54 1,543, 571,593.
— D'Orléans, 6. 14,398, 571.
TABLE ALI'HAB(^:TI<^I K DES MATIÈKE.S
UHivtuni (I/). ou haute partie de la Vilk>: ttm
ëgliiet. i6Ab iA8. -rSHCoiUgM. t68i t;*.
— Sei rues, 176 à lëa. — 8« portai H mi
faubourg», 991 h ah.
l'iMM, voir Dm Umhm.
Vmnnm. on fîÊm 4t k
Vantn (L"). iêm la OaaM
fit
iM.
, !•&.
Vtn.i.v (Tprrn de); une |iartie de MO ravcott «al
RoiicAItU niiriul 1" (le Prmlea, 86. 89.
Val-d'Amoln, iioiii |Mirt^ autreloi* par la rue di>
(llntiffiiy, ifi'i.
Val-dkh-Kcoi.ikhs (Cuiijji^fation du), 190.
Valemi;»: ( Villi* île), en Kitpa(;rif' . ^iiiC>.
Vti.Kicir.NM» (Ville de), h'A<>
VaLK>TIM! or. Mll.A!*, «'IKHIM' lli' l,<>»l- 'l'Ii!. ,|„,
■j-ji^i, -jOt), 339, ii.'iti, &9(j, ô-j3. it'jij.
Valkmtinien, empereur, g.'>, 99, 101, 109, i<<'i
I ifi, t3a, t3/i, iht.
V\LJ!RK-MA\iaK, (écrivain Inlin, ()3.
Valebioh Fi.Arxr!<, |km'>Ic latin. 3().'i.
Valla, Hflvunt ilniien, Sifi.
VALI.éE-DE-MlNJiBK (1^), 901, 909.
Vallet de Viriviixe (M.), profeiiear kJ'Éeoie daa
rhorteti , auteur de Yllùloin dt Clurb$ VII «f d»
non époque, itiy, 339, 336, 338,339, ^^^>
/1.Î7, /i,58, /161, 5i8, 5Gi, 585.
Valoi« (Conite« de), 196.
Vais>ehik (Rue d«' In). to8, i\h, 918, 919.
VAN>r.s ^liP»), en Cliauipagne, 190.
Và!<xiehs, à la lin du xiv* uècle et au conunenrr-
nionl du w*. 3(17, 368.
Vax I'haet, liilili<i|[mplic, 97, 987.
Va8ARI, auteur des litede' Pillori, 969, 970.
Vaudemoiit (Le prinre de), 19A.
Vai'veet (Château de), 993.
VAt\-('.EBj(Aï (AblHi.Hde);leurhAlel d«n» la nie du
Foin, 177.
Veac\ (Pince aux), 919.
Vi(;kcE, ('rrivdin iuilitniii> lotin. -iii.
Veggio, Mvont italien, 5i().
VemMme (Mathieu i)K),ahb<> de .Nnnl-K'iiiv 17'!.
VéniTR*. p>uple de in VéntHie. lui.
Venise (Rue de). i58, 199, 909.
Ve^iise (Ville de). 397.
Vénitiems. ihâ.
VtND» (Ceinture de), 56, U-
VKmir:^ (DE),poa8eM«urde l'IiAlcId'ClonlInnt. ii'.^
\ FRi)t\ (Ville ou pay» de). 190, 1 i6.
Vkr!u\mkii!<; rnuipte du liailliage de ce pey*, eoo-
rernant Hnoul III de Pn<«le«, 88. 89.
Vr.B9*>m)is ( Kli'on 'n\ nmileswBE^, 1&6.
«m «i« «fi
US.
ViMMM.(BalMk4a).«M.
ViMiwn(Plaa4e).t9S.
Vtem(Vilaik).t<«.
Vnu (Omngm aa)s «%a db am
VKaaaa»(R«a •>•• 1<! oS
VK«iuiuai(lliwdrj. i«i.
VEanAuw (Karreaa), i8i.
VEarBonfRoeda). 186.
VèraiEm npoté» diM la» 1
w I •^-uuHia|pHnaQW lltfcwra.
Visun (GoSbmiw). KmM^««<lf<nii«( I
•7».
Vnn (Le ciMnhr nr
Saîa^-DcMB. «$7
CbarhaVl.flSa.IçoàigS.
Vun (Jaa|iie»). SSS.
Vierca (PMa). ^nmSutn-Vmm.
Vicn^Cotm» (Rw). 177.
Vicioau(A9«aM)^. •e«, tii. tiy.
VinLU-av-TiafU (lUe). 190, 197. *■■
917. 967. 388.
ViiiLui-bumn(llM<leb). 1&6. 1 ■-
Vinu»JoiaLBHi(llaa delà). 160
Vinui-V 'tiwdela). laS. i99,ci«kMt.
VllILLC»-! - ,.antfc«W' dBe).«l9.
V»iua»-«Aa«wx» ( Rw da»). tMtiaB dp h n» 4i
Mmirm, 18S, 191. «iS.
Viiiixi»-HAcaaicTT» ( Rw dr< ' - ■ ^
Vinxi (JoHnin de). «09.
\ttxa(MbiAàfÊrmfénÊk4t).t*. 18. if.
Vmn (Vile de), «n Hiii|iliil. i««.
Vun-Ammntm {Dm àm). 198.
V»; l'.dawblNrdM TnmMmlÊmém Tnm fff»,
t79. — «*, tW. t8o. — 3*. Mi. «S».
VwMaiai de S«Ke, 77.
ViLUn {VéJbt), mÊtm de TEmai tinryiir »m
rJ^Un îTiwl lai|aii k BtmimûiâètrHimmw
mtifvdtiKralwfkaMl.18S.19S.tS4.Sv7.
3t8. S«9. SSo. 4&S i 4M. IM. 4«i. 4êt.
Vouas** D'km (BNig de)» «a de
&18, Seâ.
662 DOCUMENTS ET ECRITS OHIGINALX.
ViLi-ARET, continuateur de Y Histoire de France de Vixce.nt (Frère), cordelier, liio.
Velly, a85, a86, 287.
ViLLEHARDOuiN, chroniqueuf, 899, 43 1.
ViLiEJuiF (Village de), J07, 187.
Ville-l'Evéque ( La ) , 2 3 1 .
ViLLÇMONBLE (BrBnche des), famille Bureau, 398.
Villeneuve-Bargemont (De), auteur de YHisloire de
René d'Anjou, 285, 986.
ViLiEROY (Nicolas de Neufville, seigneur de), 995.
Villes de France et de l'étranger expédiant des
marchandises à la foire du Lendit, 93o. — De
France possédant des sculptures et des peintures
l'elalives à la Danse Macabre, 985.- — De France
décrites ou mentionnées par Astesan, 565 à 577.
ViLLETTE (La), ou VUletleSaint-Ladre , 998.
Villiers-la-Garenne (Paroisse de), 981.
Villon (François), poète, 181, 934, a88, Sgô.
498,430.
Vm; transport de cette denrée sur la Seine, 17,
57, 198,1 99. — Principal siège de son com-
merce à Paris, 910. — Statistique de sa con-
sommation à Paris sous Charles VI, a33, 490,
491, 494, 495. - De Senlis; éloge qu'en fait
Jean de Jandun, 77.
ViNCENNES (Bois de), 147, 169, 178, aaô, 937,
545, 547.
VmcENNEs (Château de), aaô, 545, 547, 58i.
ViscENT DE Beauvau, dominicain, auteur du Spécu-
lum majus, 100, i3i.
Vis-LE-RoY (Rue), voir Goillacme-Josse.
Viollet-le-Ddc (M.), architecte du gouvernement,
inspecteur des monuments historiques, 553,
555, 557, 559, 568, 575.
Virgile, poêle latin. 68, 98, 101, io3, 3gb, hgh,
55i.
ViscoNTi (Bihiiothèque des), 97.
ViscoMi (Valentine), voir Valektinb de Milax.
Vitrdve, auteur latin, aa.
VivHEs; leur ahondance à Paris, 09. — Statist. de
leur consommation sous Charles \ 1 , 490 à 495.
Voco!(u(Loi),à Rome, i35, i36.
Voco.MDS, trihundu puple, i35.
Voirrie (Rue de la), voir Verrerie.
Volaille; lieu où on la vendait, 907. — Sa con-
sommation dans l'hôtel du Roi et les maisons
des princes du sang, 499.
Volga, fleuve, 109.
Voltaire, 497, 589.
VopiscDs, historien latin, 98.
Voracike (Jacques de), auteur de la légende de
saint Macaire, 978.
Vry ( Durant de ) , teinturier (mrisien , exécuté
comme partisan du duc de Bouigogne, 343.
w
Wace, auteur du roman du Brut, 1 15.
Wadding (Luke), auteur des Annale» ordinis mino-
rum, 5i5.
VVaddington (M.), auteur de Ramut, sa vie, ses écrits
et ses opinions, 179.
VVarwick (Le comte de), 485.
VVenceslas IV, empereur d'Allemagne, 898.
\VE?iDE8, voir Tchèques.
WÈ8(GillesDE), maître de françaisde Henri VIII, 5oi.
VVestphalie (Province de), 109.
Whartox, critique anglais, 4, 190.
WiLLELM, orfèvre parisien, »94, aSS, 467,489.
WlSIGOTHS, i44.
WoRMs (Ville de), i45.
Ybor, prétendu chef des Tioyens, io4, io5, 106,
i84, 187.
YsoRÉ (Le géant), tog, i38, 609.
YsoRE (Ruelle del'), 180.
Zacharie (Rue), 174.
Zeiller (Martin), auteur d'une carte de France,
d'une Topographia éditée par Gaspar .Meriau, et
d'autres ouvrages de géographie, 989.
COIIIUICTIONS KT M)hfTîO\S.
Page !nj, iouii-ti(m du chapitre vu . litei : Du uiat«Tfl a« m» vnrtw.
!%(> iQf). lifrtic :if,,liift:C^iie villi! (|iii, «u \«i' «iècb. U fÊtÛê Ai Owmnmwm .KTr*»» ttàd^
I Mi't/. Tout et VVrdiiii), relevait alont direrleiiirni île rRmfMreor. aie.
i'ii(;<! 160, note 1 , li|[iiR 5, au Ueu de : 16B1, lue: 1 1 1 1
l'a(;i! )i)i), iioti> !i, "liTtiiArclijjne, nu liru de : 100. luei : «10.
I'a|;e xi',\, riol*' H , lijpi»! -j , au lieu de : n 89 . /Mt{ ; 189.
I>fl|;(! •] ■) -i , ligne I , ail lieu de : la ;Mt« de» Corddiiraa. bn , aeioa rofMMM iem inià é^à b mm fait
iiutoriti* : In prinrr dcH (ionMii^rcs. Un tigni> olin'viaiif placé mtt loi dan wnmiàim blkw 4a ail «■ •
rendu in Icttun' fort dillicile; le premier éditeur d<! (iuilleLert «k Mali avail iaipîné : la fmtt 4a» CwJa
lient ( /JMm/)/iVin (/« /il Ville de Pari» m xv" êikie . Paru, 18S6. M-iS. Aabnr. p. 76). Cane bi{«i«a4la
nécesoainMiiRnt Ioïi annolaiiona tuggéréea par la laetim <in hmI pata. D «al i tmam^mr fw «a «mI . fM
doit être lu prioré , se trouve dans an poMaga oà raotaur parta <laa pariM 4a Paria al 4a laal aa fa ha
(■voisine.
Pflge 34 G , ligne -jO , /àei ; Il convient d'ajoolar fc ealta liala q««lq«ai mméHm 4a h fMdk SaagaÏB
(li> l.ivry, nynnt eu leur si-pulture à Paris.
l'ngr :i '1 7 . li),Mie 7 , nyoïKr; ; avec IroM roses isMnl de U poinla al da flaae 4aitf* 4a Xim.
I'ng)> hWA , planche. DauH la ii<gpnde du portrait île \icalaa PlaaaI. aise: : ralxrtwa 4p Pnd. lUUi. m
Uni de : Witrh.
I'aj;i> ûo^i, ligne .19, et 5i9, na lieu de : composé probablaifiit van la wémtltfafÊÊ. Sik : iimfhmé
par Jelinii Trf'p|M>rel h In fin de l'optiitciile inlituM l.ee Hue* et leu Sg^m i» fa stil ée /Wi*. mem It 4ai-
Itennr i\m »e faii par chauruH jour (sans date, inaia ronianaiH daa déladi aMirfiqMa nirtili à té
vivait le cicn- imriiiond). Voir ri-daasas, page AgS et k^. — ÂJÊeitut La wàÊÊ» maà
trouve dans Icsimivres de Pierre (îrosnet. on Gmgnei. poM» 4* caMMWaaaal 4a nf aiMi-
Page 573. note 3. au lieu de: Artesan, /mm; Astesan.
TABLK GÉNÉRALE.
I. AvANT-PHOPOS t
II. SoMMtIRKH DC TrXTK KTDM PI.(NCHRll. . Itlt
m. DkIIX Ki.cii,)^ IiK l.t UI.I.K l)K PiRIK, eom|KW^ CO |Dl1 I
IV. (loMMK?iTURK i)K R«oiji. DR pRMLiM. conteOMl UD« detCTiptioa ik Par» MNit IMahm ^
V. DiiiCRiPTioii OR L* viLLR DR ISri!! MiiH CHtRLRi V|, par (fuiilitbart dt Mata..
VI. VppKIiTDIURiI AUX DRUt ORRCIIPTIOJIIt PRiriDRVTR.«. . «S7
VII. Parin rt lrs PRIXUIPALR.S VILLR1 DR Fruicr «ont (latRU* VII JtS
VIII. l'vRU gRI.O^ LK.S «MUTURIIITKS Ul w' MÉCLR. . '^"f
l\. \vK RRSTiTvéR DR Parik Rf> i38u.etPLtti ctvtuRR M :miu» a la tatwetpoqae -'**•
\. I.KliK^DR DU PLUI CAVALIRI DR PtRI- (w 1
TaRI-R ALPIURIItIVUR dru «ITIRRRIt 6of
(ioRlUtUTIOI» RT AODITIU^ii W3
oc Lown ém LUw]
725 fietor
U7 Paria ,t Ml
aux ZI?« ot ITt
PLEASE DO NOT H
CAROSOR SUPS ntOM 1
UMVBsnrr op toroni